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français, investissez...
6 janvier 2011
Dans « La Tribune » du 27 décembre 2010, Monsieur Jean-Michel Quatrepoint pose la question suivante :
« Comment financer la dette publique française, aujourd’hui détenue à 70% par l’étranger, tout en rassurant l’épargnant, inquiet de la perte de valeur de son patrimoine ? »
A cette question, il répond « Tout simplement, en faisant financer la première par les seconds » et de « proposer des bons du Trésor » comme solution.
A juste titre, il rappelle que « Le patrimoine financier (hors immobilier) des ménages ajouté à celui de l’Etat (toujours hors immobilier) se chiffre pour la maison France (hors entreprises) à 4 650 milliards. Contre une dette des ménages est de 1 300 milliards, dont les trois quarts de crédits immobiliers et de l’Etat de 1 600 milliards. Nous avons donc un solde largement positif. »
Cette solution qui consiste à transférer un flux d’épargne vers l’Etat via les bons du Trésor est naturellement opérationnelle.
Cependant, je pense que le contexte actuel impose une dynamique de régénérescence.
Le point fort de la réalisation possible de ce vœu est que les banquiers et les financiers nous montrent la technicité à mettre en place pour retrouver « rapidement » une situation financière des plus enviables tants pour les Etats que pour les citoyens.
Que font les banquiers et les financiers ?
Ils utilisent la faille principale du système de cotation des actions pour organiser un marché parallèle et gérer des paris sur ce marché. Paris, qu’ils organisent entres-eux.
Qu’elle est la faille principale du système de cotation ?
C’est le fait que peu de titres échangés sur une action suffisent à faire croire en sa hausse ou sa baisse. Variation qui peut toucher plusieurs centaines de millions de titres voir plus d’un milliard de titres de l’action sur laquelle se fait la transaction.
Ex : Il est annoncé que Total prend + 1,33% lors de la séance du 4 janvier 2011
En fait, seul 0, 35% du capital a été échangé soit 8 291 464 actions sur un total de 2 348 422 885.
Si nous tenons compte de l’effet volume (volume du jour/flottant), la hausse annoncée de 1,33% et officialisée juridiquement est ramenée à 0,079% !
En clair, l’objectif de certaines « financiers » est de créer une dynamique de variation de cours (volatilité) avec le moins de fonds possible et parier, avec effet de levier, via le marché parallèle sur les variations boursières qu’ils ont créées.
Pour rappel :
- Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 1er mars 2010 en page 12 :
Article intitulé : Petit cour de manipulation des marchés.
«….Dès lors, il suffit pour les fonds qui veulent faire chuter l’euro d’acheter massivement les CDS grecs. On peut les faire grimper avec très peu de volumes et très peu de moyens car c’est un marché minuscule…mais très visible. Dès que les CDS grecs montent, les analystes et les médias sèment la panique avec des titres accrocheurs : « Les CDS grecs flambent, la Grèce bientôt en faillite ». Dès lors, les petits investisseurs et les moutons tombent dans le piège qui leur est tendu. Ils vendent massivement de l’euro de crainte que la Grèce fasse faillite et entraîne le reste de l’Europe. On rajoute à cela un peu de vinaigre sur la plaie en sponsorisant deux ou trois prévisionnistes qui publient une étude sur « la disparition certaine de l’euro » et le tour est joué. L’euro baisse. Et c’est le jackpot pour nos fonds conspirateurs. »
- Le 19 novembre 2010, Samarth Agrawal, ex-trader à la Société générale était jugé pour avoir volé un procédé permettant de gagner des centaines de millions en Bourse. Trading qui aurait généré 20 milliards de dollars de revenus en 2009 sur les marchés américains. « Les grandes banques françaises pratiquent cette activité, comme tous les établissements de leur taille. » Que les banques françaises ne soient pas fières de cette activité, légale, « exercée par des gens qui sont passés directement de la Game Boy à l'ordinateur », selon l'eurodéputé Jean-Paul Gauzès, peut se comprendre.
Pourquoi ne pas mettre ces pratiques qui fonctionnent au profit du renouveau financier des Etats…avant de les interdire comme le suggérait Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, le 9 décembre 2010 ?
Comment transformer la faille principale du marché en dynamique de régénération étatique ?
La réponse est simple mais non simpliste.
Utiliser le système de cotation actuel des marchés financiers pour créer une dynamique haussière et retrouver une dynamique de confiance.
Confiance revenue = dynamique de consommation ;
Dynamique de consommation = flux financiers ;
Flux financiers = reprise de la production ;
Reprise de la production = emplois et impôts
Et nous arriverons à réaliser l’objectif de Bernanke, à savoir obtenir : « une revalorisation des titres boursiers qui augmentera la richesse et aidera à renforcer la confiance, laquelle pourra aiguillonner les dépenses de consommation. Cela amènera, à un accroissement des revenus et des profits qui, en conséquence, soutiendra l’expansion »[1].
Pour cela, il faut :
- orienter, via un fonds commun de placement étatique, l’épargne des citoyens vers le marché boursier
- que l’Etat accepte de travailler main dans la main avec les banquiers et les financiers afin de travailler dans le même sens, à savoir : gérer l’épargne afin de créer une dynamique haussière régulière. En fait, le FCP étatique se portera acquéreur ou vendeur de titres en fonction de la situation. Son objectif sera de maintenir une dynamique haussière (mais non de surchauffe) des indices boursiers.
- Donner une garantie sur le capital et un taux d’intérêt minimum au terme de cinq ans
- Que l’Etat, toujours via les banquiers et les financiers, travaillent en sa faveur (ce qui est de l’intérêt des citoyens) la dynamique de hausse des marchés sur les marchés dérivés en y incluant des effets de levier.
Cette configuration verra sa fin lorsque les Etats auront retrouvé une situation répondant aux objectifs de « bonne santé » financière.
Financièrement vôtre
Christian PIRE
Suivi de cet article
Isabelle Chaperon dans « Le Figaro » du 9 octobre 2012
Article intitulé : Des assureurs s’unissent pour investir en Bourse
« Fonds stratégique de participations (FSP), qui vient d’être créé dans la plus grande discrétion par quatre leaders de l’assurance-vie : CNP Assurances, Prédica (Crédit agricole), BNP Paribas Cardif et Sogécap (Société générale). Une grande première dans le secteur privé. Ces concurrents, qui représentent ensemble environ la moitié des 1 400 milliards d’euros d’encours de l’assurance-vie en France, ont décidé de mettre en commun leurs participations jugées stratégiques dans les entreprises françaises. « Nous regroupons nos forces pour mieux jouer notre rôle d’investisseur à long terme et contribuer ainsi plus efficacement au développement des entreprises françaises », relate Éric Lombard, PDG de BNP Paribas Cardif, la filiale d’assurances de BNP Paribas, qui assure la première présidence tournante du FSP : « Nous demanderons à être associés à leur gouvernance, y compris le cas échéant à travers un siège au conseil d’administration. » Le FSP s’engagera à rester au moins cinq ans au capital de ses participations. Le fonds va s’installer de manière progressive, avec une force de frappe d’environ 1 milliard d’euros pour commencer. Il en reste sous le pied pour monter en puissance, les quatre partenaires initiaux totalisant ensemble plus de 40 milliards d’euros placés en Bourse. Le fonds, en outre, a vocation à accueillir d’autres assureurs. Actuellement, les discussions battent surtout leur plein entre les fondateurs afin de déterminer quelles participations existantes seront apportées. « Nous nous autorisons également à construire des positions nouvelles », précise Éric Lombard. Cible principale, les belles mid-caps françaises. La gestion du Fonds stratégique de participation a été confiée à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. Afin d’être irréprochable sur la gouvernance, le FSP proposera à des administrateurs indépendants les sièges qui lui seront attribués. Sur le plan prudentiel, enfin, cette union sera positive pour les assureurs. Elle leur permet, en effet, de bénéficier d’une disposition du nouveau cadre réglementaire Solvabilité 2, qui atténue les exigences de fonds propres nécessaires pour couvrir les placements en actions, s’il s’agit de « participations stratégiques ». Jusque-là, la perspective de Solvabilité 2, combinée à des performances désastreuses, avait conduit les compagnies d’assurances à réduire la part des actions dans leurs placements, pour bâtir des portefeuilles de dettes souveraines qui se sont révélés très néfastes. À travers le FSP, les assureurs trouvent le moyen de revenir en Bourse, au moment où les investisseurs en actions se font rares. Les entreprises françaises ne s’en plaindront pas. « Les assureurs ont dans leur ADN le fait d’être des investisseurs de long terme », se félicite Jean-Hervé Lorenzi, conseiller de la Compagnie financière, associé au dossier.
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