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HEDGE FUNDS AU SERVICE DE L’ETAT
Écrit et publié le 14 juillet 2009


A l’heure où l’on attire l’attention sur l’extrême endettement des Etats, les mêmes réponses reviennent toujours.  
Parmi celles-ci nous retrouvons systématiquement l’émission d’un emprunt.

Pour ma part, je pense que :

 L’ampleur des besoins impose une solution à la hauteur de la situation.

Comment dans la situation actuelle croire que l’on peut via des obligations assainir les finances de l’Etat ?

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle.

L’Etat doit utiliser les techniques des hedge funds pour assainir les finances étatiques.

Situation actuelle

Afin de rétablir une certaine orthodoxie financière, l’Etat veut émettre un emprunt.
En clair augmenter son endettement à long terme auprès de tiers pour faire face à ses besoins court terme.

But de cette note
Eviter à l’Etat d’emprunter.
Utiliser les mêmes outils que les financiers (effets de levier).

Objectifs

Trouver des ressources pour l’Etat sans augmenter ses charges.
Soutenir et relancer les marchés financiers sans bourse déliée pour l’Etat.
Relancer la confiance, source d’emplois.

Pour comprendre, notre réponse, il faut auparavant  comprendre l’environnement de nos réponses

a) Comprendre la sociologie des marchés financiers

Que le marché soit à la hausse ou à la baisse, il est la résultante d’un mouvement mimétique.
L’économie dépend de l’état de la psychologie de l’inconscient collectif.
Organisons et régulons les effets haussiers de l’inconscient collectif  et nous serons surpris par la puissance régénératrice pour les finances de l’Etat de ce mouvement. 

Le moment est on ne peut plus opportun.

En effet, c’est un euphémisme de dire que les cours boursiers actuels représentent une opportunité.

Pour rappel 
 
Le travail des politiques est de gérer des dynamiques et non des flux.
Gérer des flux équivaut à affecter des données présentes, reflets du passé.
Gérer des dynamiques, c’est se donner les moyens de se libérer du présent pour créer le futur. C’est un comportement pro actif.
Actuellement, sans la mise en place d’un projet pro actif, les Etats ne pourront que gérer des flux (financiers ou humains) et non des dynamiques.

Dans « BILAN » du 17 juin 2009, le milliardaire Ernesto Bertarelli nous rappelle :
« On construit les difficultés dans les moments de succès et les succès dans les moments de difficulté ».

Boris Cyrulnik Ethologue et psychiatre écrit dans Le Monde du 21 juin 2009 : « Un seul achat ne change pas un marché, mais la contagion des idées, en induisant une tendance, peut provoquer un mouvement financier. Cette illusion euphorisante crée la confiance qui provoque la réussite du marché », « La rationalité n’est plus mathématique, elle est évolutive » : « Le panurgisme psychologique participe à la course économique » 

Le système économique actuel ne se maîtrisera que par la gestion des dynamiques sociologiques.
C’est bien le dédain de l’aspect sociologique et le manque d’anticipation de ses dynamiques qui a perdu les marchés financiers internationaux. 

Créons les dynamiques sociologiques qui assureront le renouveau de la croissance économique et nous obtiendrons de facto une terre politique fertile pour assurer l’assainissement des finances étatiques.

Créons une dynamique financière de hausse des marchés boursiers et nous obtiendrons de facto une terre fertile pour le développement de l’ensemble des dynamiques sociologiques qui assureront le renouveau de la croissance économique et l’assainissement des finances étatiques.

La croissance revenue, l’Etat pourra « travailler » cette nouvelle ère prospère afin de retrouver une situation financière meilleure.

b) Comprendre le système de cotation des titres boursiers
Le système de cotation, dans la situation actuelle, offre une opportunité exceptionnelle.
En effet, il suffit de quelques actions échangées à la hausse pour que l’on valorise mécaniquement des centaines de millions voire des milliards de titres d’une même société et, de ce fait, créer sa « renaissance » boursière.

À situation exceptionnelle, hommes exceptionnels.

Ce dream team Etat/financiers sera assurément facteur de confiance retrouvée.


DEVELOPPEMENT DE L’IDEE

Synthèse
Phase 1 : Utiliser le système de cotation actuel des marchés financiers pour créer une dynamique haussière.
Toute dynamique haussière est génératrice de dynamique de confiance.
Confiance revenue =  dynamique de consommation ; Dynamique de consommation = flux financiers ; Flux financiers = reprise de la production ; Reprise de la production = emplois et impôts.

Réalisation

Créer et encadrer une dynamique haussière des marchés financiers en collectant via un Hedge funds étatique une grande quantité de l’épargne des citoyens.
Cette réalité haussière ASSUREE par des achats réguliers constituera un support idéal pour accélérer et décupler les effets positifs des décisions gouvernementales.
Dans ce schéma, l’Etat n’est pas débiteur de ses citoyens via un emprunt mais bien collecteur d’impôts grâce à une croissance boursière et économique retrouvée.
Il est à noter que les capitaux qui seront investis dans les sociétés cotées  seront régénérateurs pour les sociétés en manque de capitaux pour assurer leur développement.

La mise en application de cette idée nécessitera la mise en place d’un comité de régulation composé de représentants de l’Etat, de banquiers et d’assureurs qui auront comme mission d’éviter les surchauffes boursières et de gérer le canal haussier.
Il est primordial que ces représentants soient soigneusement choisis et sélectionnés parmi ceux qui ont su dénoncer les excès de la financiarisation et ne pas suivre le reflex moutonnier de leurs collègues.  Dans l’inverse, les acteurs n’auraient aucun intérêt à la réussite de cette action. Bien au contraire.

Phase 2 : Optimiser financièrement les hausses boursières par l’utilisation des techniques utilisées par les financiers (effet de levier..) pour rééquilibrer les finances publiques.
L’objectif doit être un assainissement pour 2015.

Réalisation

Travailler la dynamique de reprise des marchés financiers avec les techniques des financiers (effet de levier) pour créer des ressources très importantes pour l’Etat.
La visibilité et la durabilité de la hausse boursière permettront d’emprunter à un taux très faible des capitaux. Ces derniers valorisés par la hausse des marchés boursiers dégageront une plus value importante à court et moyen terme. Plus values affectées aux redressements des comptes de l’Etat.
Le tout arrosé d’une légère incitation fiscale au terme de l’opération (pas ou peu d’impôts sur les plus values, exonération de droits de succession sur les sommes ayant été affectées à cet investissement …) et nous devrions avoir une solution efficace pour régler certains problèmes actuels.

Dom Helder Camara : « Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve ; quand on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. L’utopie partagée est le ressort de l’histoire ».

Réflexion : Et si nous passions de l’utopie à la mise en place d’un ressort de l’histoire économique et financière ?

Financièrement vôtre.

Christian Piré


Suivi de cet article

Frédéric Schaeffer dans « Les Echos » du 8 juin 2010 en page 5 :
Article intitulé : L’Etat appelé à agir pour réformer l’épargne vers les investissements.

 
« Le Conseil d'analyse économique (CAE) a publié, hier, un rapport mettant en avant la nécessité d'un retour de l'Etat au premier plan pour relancer les investissements de long terme. Ce rapport part du constat que les réserves de capitaux en France, comme dans le monde, ne manquent pas : en 2008, le patrimoine financier des Français était de l'ordre de 3.500 milliards d'euros, dont plus du tiers est contenu dans des contrats d'assurance-vie. Depuis, la crise a encore renforcé la propension des ménages à épargner. Problème, cette épargne privée ne parvient pas à s'investir dans des projets de long terme. Les investisseurs de long terme (fonds de pension, compagnies d'assurances, fonds souverains…) sont rares « dans les pays de l'OCDE et particulièrement en France ». Et la crise n'a fait qu'accentuer « l'insatiable appétit des investisseurs pour des titres sécurisés ». « Pour les pays développés, le défi immédiat est bien de transformer la réserve de valeur de l'épargne en investissement productif, comme "du plomb en or", », indique le rapport. »

Commentaire : Enfin ! Une réflexion sur la puissance et les dynamiques de l’épargne mises au service de l’Etat et non l’inverse. Ce thème est développé dans mes conférences depuis plusieurs années. A quand la création d’un hedge fund d’Etat comme je le préconise dans mes écrits. Hedge fund étant un « gros mot » pour beaucoup, nous pourrions opter pour « fonds de stabilisation boursier » à l’image du « fonds de stabilisation » européen.

Philippe Plassart dans le Nouvel Economiste du 10 septembre 2009 : « Les pouvoirs publics n’ont pour l’instant pas encore mis en place les nouveaux instruments de la régulation au-delà de la déclaration d’intention »



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