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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
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information socialement responsable
mis en ligne le 6 janvier 2011
Préambule à l’article ci-dessous
Extrait de la revue de presse
R.R. dans « Les Echos » en date du 4 janvier 2011 :
Article intitulé : BNP Paribas a gelé deux fonds pour mieux assurer leur liquidité
« Ce gel, confirmé par la banque, n’est pas sans rappeler celui auquel elle avait procédé en août 2007 sur trois fonds d’investissement montrant que la crise américaine des crédits « subprime » était en train de se répandre en Europe. Néanmoins, l’agence Reuters s’est procuré hier une lettre envoyée par la banque à ses clients où elle indique que ces fonds en question – des fonds de fonds investis dans des hedge funds et baptisés « Opportunity » et « Serenity » – auraient été gelés à la suite de demandes« significatives » de rachat et non pas uniquement pour des raisons techniques liées à un transfert de gestion. Dans sa lettre datée du 26 novembre 2010, la banque écrit à ses clients que, « compte tenu des montants actuels et envisagés de rachats significatifs, le conseil d’administration considère qu’honorer immédiatement ces demandes de rachat avec les actifs liquides disponibles laisserait les investisseurs des fonds sous-jacents avec une portion plus importante d’actifs illiquides. »
Commentaire : Cette situation d’illiquidité est la situation de quasiment tous les FCP et SICAV commercialisés en France. A quand l’obligation pour les promoteurs de FCP et de SICAV de communiquer leur indice de liquidité 3L? Comment se fait-il que les Commissaires aux comptes certifient ce type de fonds ?
INFORMATION SOCIALEMENT RESPONSABLE
A l’heure où l’on parle de protection des consommateurs, de risque systémique et d’investissement socialement responsable, est-il pertinent, si l’on veut transformer ces paroles « socialement responsable » et de « bonne gouvernance » en un postulat, de maintenir le système d’information actuel sur les cours de bourse ?
Dans le cadre de la réalisation de ces objectifs d’honnêteté, cette question mérite d’être, non seulement posée, mais réfléchie.
En effet, il est totalement paradoxal de maintenir un système de cotation et de valorisation boursier qui, en ne prenant pas en compte les volumes échangés, communique une valeur sujette à caution.
Actuellement, il suffit d’un faible échange de titres pour faire croire, à l’ensemble des porteurs de parts, en une hausse ou en une baisse de l’ensemble des titres.
Exemple : Lors de la séance boursière du 4 janvier, la plus forte hausse est Société Générale + 3,01% Le capital échangé est de 0,49%. Soit 3 653 845 actions sur un total de 746 241 631 actions.
Aujourd’hui, comment peut-on encore donner ce type d’information, source de croyances erronées, à des épargnants ?
Ces cours totalement virtuels deviennent des réalités pour les investisseurs et les épargnants non professionnels.
Pire, ils sont, par la mention juridique « Les performances du passé ne présagent pas des performances du futur » validés juridiquement comme des performances réalisés pour l’ensemble des porteurs de parts.
En clair, le juridique en « certifiant » la valeur officialise un cours irréel. Situation juridique ambigüe issue de la certification des Commissaires aux comptes.
Combien d’investisseurs en se croyant riches lors des phases de hausses boursières n’ont-ils pas emprunté pour de l’immobilier en mettant leur contrat d’assurance-vie en garantie ?
Combien d’investisseurs n’ont-ils pas augmenté ou diminué leur consommation du fait de l’information boursière ?
Ah, l’effet euphorisant… ou paniquant du journal de 13h annonçant une énième hausse ou baisse boursière !
Situation encore plus aberrante, lorsque l’on sait que la volatilité artificielle due à ce système de cotation fait quotidiennement l’objet de nombreuses proses pour la justifier et en tirer un enseignement pour le futur.
Si cette situation ubuesque s’arrêtait là, cela pourrait encore être « acceptable ».
Mais de ces mouvements, somme toute anodins, l’environnement économique, politique et financier en extrapole une réalité financière globale et systémique sur laquelle sont prises des décisions engageant tous les Etats et les citoyens.
L’importance d’un cours de bourse et d’une information raisonnée doit s’imposer aux financiers afin d’éviter les déstabilisations étatiques suite aux effets inflationnistes ou déflationniste des cours.
Effets boostés ou empirés par les crédits.
C’est pourquoi, je propose deux améliorations :
- Distinguer le cours officiel, qui en fait est le cours de spéculation (échange à un moment donné et pour un volume donné), d’un cours relevant de l’information socialement responsable (cours dit ISR). Ce cours serait pondéré par le volume jour échangé sur le flottant. Pour exemple dans le cas ci-dessus la performance de +3,01% deviendrait 0,085% (voir site www.agencedecotationisr.com)
- Imposer aux OPCVM de communiquer leur indice de liquidité 3L et leur pyramide des liquidités tenant compte des volumes échangés sur le marché officiel selon les principes suivants :
Indice de liquidité 3L
LLL : liquidité respectant les volumes quotidiens. Feu vert.
LL : liquidité respectant les volumes hebdomadaires. Feu orange.
L : liquidité respectant les volumes mensuels. Feu rouge. Faire attention en cas de crise.
HL : Hors liquidité. L'absence de liquidité ne permet pas de donner une quelconque validité aux performances annoncées. Notamment, en cas de forts retraits des investisseurs. Ce fait ne signifie pas que le titre est mauvais mais simplement que la ligne d'investissement est trop importante par rapport au marché avec pour conséquence que les performances annoncées sont irréalisables pour la plupart des investisseurs.
Exemple de la « Pyramide des liquidités© » d’un FCP.
Cette pyramide permet à l’investisseur de visualiser immédiatement les pourcentages des différentes liquidités.
Pour terminer cet article, un extrait du rapport « Gouvernance dans l’Union Européenne » de 2001 rédigé par le groupe de travail et présidé par Helmut Schmitt Von Sydow.
« Dans le contexte plus spécifique de la gouvernance, l’évaluation et la transparence cesse d’être une option pour devenir un impératif. »
et
Michel Prada, ancien président de l’AMF et président du Conseil des trustees de l’International Valuation Standards Board, dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :
Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance
« Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué nos économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession que sa déontologie. »
Avis aux « politiques », aux associations de CIF, CGP et autres intervenants financiers !