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35 HEURES


Pierre de Nomazy dans « La Croix » du 24 avril 2012

Article intitulé : Les 35 heures

« Le travail est en quantité infinie ! C’est l’emploi qui est en quantité limitée, l’emploi rémunéré, car c’est le PNB qui est en quantité définie à une période donnée. »

Commentaire : Malheureusement, à la lecture du graphique ci-dessous, vous ne pourrez que constater la faible variation du PIB face à une explosion de la valeur des actifs. N’est-ce pas le fait de l’explosion de la valorisation comptable des actifs et du modèle économique basé sur la paupérisation (optimisation) des salaires qui finit par s’auto détruire et qui crée des krachs répétitifs ? Il est impératif que l’épargne revienne dans le circuit économique. Tous les investissements hors circuit économiques sont des bombes à retardement. Investir en dehors de l’économie est une folie, même si cette folie prend la forme de produits structurés et autres « leurres financiers ». Je prône une taxation sur les gains de ces produits de 50%. Que vous soyez conseiller financier ou investisseur, refusez tout investissement en dehors du circuit économique ! Dans la situation actuelle, investir en dehors du circuit économique est une vilénie.

 

Pierre Larrouturou, économiste, dans « Terraeco.net » du 15 février 2012

Article intitulé : Il faut passer à la semaine de 32 heures »
« Initiateur de la semaine de quatre jours, Pierre Larrouturou propose un système de partage du temps de travail équivalant à 32 heures. La répartition se ferait à la carte, en fonction de l’activité et de la profession. En échange de cotisations sociales, les entreprises s’engageraient à embaucher en CDI. Le concept a abouti à la « loi Robien » en 1996. Facultative, elle n’a été mise en place que dans 400 entreprises. Avec les 35 heures, le concept de Pierre Larrouturou a été vidé de sa substance. En 2009, l’Allemagne connaissait une récession de - 4,8 %, contre - 2,4 % chez nous. Aujourd’hui, on compte 1,2 million de chômeurs de plus en France qu’il y a deux ans tandis que, en Allemagne, cette hausse se chiffre à 220 000. Le Kurzarbeit (chômage partiel en allemand, ndlr) est une des mesures qui a permis ce résultat, en maintenant le revenu à 95 % (1). J’avais moi-même critiqué la réforme des 35 heures. Les deux lois successives exigeaient trop peu. Pour que la réduction du temps de travail fonctionne, il faut qu’elle soit forte, à 32 heures. Surtout, il faut exiger des employeurs 10 % d’embauches en CDI en contrepartie des exonérations de charges sociales (2). En France, 400 entreprises, comme Mamie Nova ou Fleury Michon, utilisent ce système. Elles n’ont ni augmenté leurs coûts de production ni touché aux salaires. Ainsi, on pourrait créer 1,5 million d’emplois, à condition que la loi soit réellement négociée. La mentalité change petit à petit. Depuis quelques années, les agriculteurs aussi veulent prendre des vacances. Chez Mamie Nova, après dix ans d’expérimentation, on voit que le stress des salariés est moindre, au point qu’ils s’engagent plus dans la vie associative. Cela peut changer notre vie, si l’on œuvre sur d’autres leviers en même temps, une politique culturelle par exemple. Sous le Front populaire, entre 1936 et 1938, on a fait en sorte que les villages puissent accueillir les vacanciers pour peu d’argent. On ne peut pas attendre 65 ans pour avoir le temps de vivre. »


Nicolas Bouzou, économiste et membre de Conseil d’analyse de la société auprès de Premier ministre, dans « Terraeco.net » du 15 février 2012

Article intitulé : La notion de temps de travail n’a plus de sens »
« Le chômage partiel pour sauver son emploi, n’est-ce pas une étape de plus vers la précarité ? Bien sûr. C’est une situation difficile pour l’employé qui va gagner moins que le Smic. Mais il vaut mieux cela qu’un licenciement, la pire situation pour l’employeur et le salarié. L’apport de cette flexibilité est une bonne chose, mais je ne pense pas que cela fonctionne dans notre pays. Les syndicats sont trop faiblement représentés et, finalement, la majorité des salariés va subir les accords signés avec l’Etat. Et dans une économie composée à 80 % par le secteur tertiaire, la notion de temps de travail n’a plus vraiment de sens. Dans les professions intellectuelles, les gens consultent leurs e-mails le week-end, emportent des dossiers chez eux, etc. Telle quelle, la durée légale de travail est une contrainte administrative. Avec le taux de chômage que nous avons, on ne peut pas laisser les employeurs et les salariés décider entre eux. Il faut garder une durée légale, mais la définir secteur par secteur, en convergeant vers une harmonisation européenne. Actuellement, il faudrait l’augmenter dans l’aéronautique, où les commandes sont nombreuses, et la diminuer dans des industries en difficulté comme l’automobile. Le temps de travail et le salaire évolueraient en fonction des pics et des baisses d’activité. »


Commentaire : Mais qui va consommer ? Je ne suis ni adepte du travailler plus pour gagner plus, parce que cela ne fonctionne pas, ni de l’idée que l’Etre humain ne soit plus qu’un « outil ». Pour rappel, si les « outils » ne consomment pas, il n’y a pas de demande, donc pas de production, pas d’emploi etc…Pour rappel, le Prix Nobel d’économie Akerlof et son épouse Yellen appellent «salaire d’efficience» pour exprimer l’idée qu’un salaire plus élevé incite les travailleurs à se montrer plus efficaces ou efficients dans leur travail. Globalement, cette décision judicieuse des employeurs a pour conséquence qu’il y aura toujours du chômage, parce que les salaires seront plus élevés que le taux auquel tous les demandeurs seraient employés. Akerlof écrit : «Le marché de l’emploi ressemble donc à une partie de chaises musicales, avec plus de danseurs que de chaises. Quand la musique s’arrête, certains ne trouvent pas de chaise» (Akerlof et Shiller, 2009) ». Le rôle de l’Etat est qu’il doit veiller à laisser le moins possible de « danseurs » sans chaise et dans tous les cas sans ressources. D’autant plus que si l’on suit le raisonnement ci-dessus l’Etat retirant de plus en plus de chaises provoquerait le mécontentement des « sans chaises » qui pourrait dégénérer en conflit. Le temps de travail est une variable d’ajustement (cela l’Allemagne l’a bien compris) mais cette variable d’ajustement ne doit en aucun cas être la variable d’ajustement qui permet en paupérisant la majorité de créer la sur-richesse d’une minorité. Sur-richesse qui en se concentrant sur quelques uns provoque des bulles (notamment sur les marchés dérivés) qui tôt ou tard s’autodétruisent. Autodestruction mise à la charge…des contribuables. Mais s’il n’y a plus assez de contribuables pour payer l’addition ? Le FMI, l’Europe etc…pas possible puisque les ratios comptables, vu la paupérisation, marquerait une faillite des Etats. Sortons des dogmes comptables (décriés par leurs propres responsables) et nous aurons fait un très grand pas vers la solution et mettons fin au scandale que les Etats soient redevables d’un intérêt confiscatoire.                                                           

Isabelle Moreau dans « La Tribune » du 12 janvier 2012

Article intitulé :   Les salariés français sont ceux qui travaillent le moins en Europe
« L'étude de l'Institut Coe-Rexecode, dévoilée ce mercredi, comparant la durée effective de travail entre la France et les pays européens arrive à point nommé. Celle-ci montre, sur la base de statistiques fournies par Eurostat, que la durée effective de travail des salariés français à temps plein est la plus faible de l'Union européenne, la Roumanie étant le pays où l'on travaille le plus, tandis que l'Allemagne se situe à la 15ème place. En 2010, précise l'étude, « les salariés français ont travaillé 1.679 heures, soit 224 heures de moins que l'Allemagne, 134 heures de moins que l'Italie et 177 heures de moins que le Royaume-Uni ». Et « en dix ans, soit entre 1999 et 2010, la durée de travail des salariés français à temps plein est passée de 1.950 heures à 1.679 heures, soit une baisse de 14 %, alors que cette baisse était de 6 % en Allemagne », souligne Michel Didier, président de Coe-Rexecode. Qui ajoute, « tous les pays européens ont baissé la durée du travail, mais en France, on a ajouté les 35 heures à la baisse tendancielle. Sur les 14 % de baisse de la durée de travail observée ces dix dernières années, 9 points sont dus au passage de 39 à 35 heures ». À l'inverse des salariés à temps plein, les travailleurs indépendants français ont, eux, une durée moyenne de travail parmi les plus importantes d'Europe. L'étude montre également qu'en France 18 % des salariés travaillent à temps partiel, contre 26,2 % en Allemagne. Et conclut que « dans un contexte de démographie déclinante, l'Allemagne a réussi son « partage du travail » qui s'est opéré, non par des mesures de baisse provoquée de la durée du travail, mais par un développement du travail à temps partiel ».».

Philippe Bas, secrétaire général de l’Elysée, dans « Le Monde » du 11 janvier 2012

Article intitulé : Le partage du travail n'est plus tabou à droite. Il est urgent d'employer plus pour chômer moins
« Depuis 2007, date à laquelle il avait atteint son plus bas niveau depuis un quart de siècle, le chômage a augmenté de 25 %. Il frappe par priorité les jeunes (un sur cinq), les adultes sans qualification (deux sur cinq) et les travailleurs âgés (trois sur cinq). Or, jamais la situation démographique n'a été plus favorable à l'emploi : il n'y a chaque année que 50 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail, contre 200 000 en moyenne entre 1999 et 2007 ! Sans le secours de la démographie, c'est donc plus d'un million de chômeurs supplémentaires que nous aurions eus au lieu de 600 000 ! C'est dire la gravité de la situation. La politique de l'emploi doit être repensée sans dogmatisme ni tabou. Le partage du travail ne doit plus être un tabou idéologique. Mieux vaut un bon accord de partage du travail que des licenciements ! Par ailleurs, il est paradoxal que le volume des heures supplémentaires augmente fortement en 2011 tandis que le chômage s'accroît : les entreprises paient ainsi une partie des salaires à compte d'Etat. La politique de l'emploi n'est pas affaire de théories. Dans le même esprit, avec une partie des moyens ainsi dégagés, sachons encourager le travail à temps partiel choisi. Dans bien des cas, le choix actuel n'est pas entre le temps partiel et l'emploi à temps plein, mais entre le temps partiel et le chômage. Dans le monde de l'économie numérique et du développement durable, la référence à la seule durée du travail perd de sa pertinence. La priorité au revenu doit se transformer en priorité à l'emploi, le sophistiqué " travailler plus pour gagner plus " en un basique " employer plus pour chômer moins ". »

Jacques Barthélémy, avocat et Gilbert Cette, professeur associé à l’université de la méditerranée, dans « La Tribune » du 3 janvier 2012

Article intitulé : 35 heures, fantasmes et réalités
Depuis leur mise en oeuvre, les 35 heures font l'objet de critiques péremptoires. Au mépris de la réalité, certains soutiennent que les lois Aubry ont créé un carcan rigide bridant les besoins de flexibilité des entreprises, et sont responsables des difficultés économiques de notre pays. Il nous paraît utile de rappeler quelques faits et réalités. En restant sur le seul aspect quantitatif de la durée du travail, la France, comparée aux autres pays industrialisés, se situe dans une position intermédiaire. La durée annuelle moyenne du travail des employés (1.554 heures en 2009, selon l'OCDE) y est plus longue qu'en Belgique (1.550), Allemagne (1.390)... De même pour la durée hebdomadaire de travail réelle. La condamnation habituelle de rigidités relatives aux 35 heures est peu fondée. Les modalités de répartition et d'aménagement des horaires sont par excellence, depuis l'ordonnance des 39 heures, le domaine de la dérogation. C'est un facteur de gains de productivité, en permettant le remplacement de normes réglementaires par des normes conventionnelles adaptées à chaque contexte. Or, les lois Aubry ont contribué à accroître le champ et l'amplitude de l'autonomie du tissu conventionnel. Un effort de simplification s'y est en outre manifesté, par exemple en unifiant les différentes formes d'annualisation des horaires. Elles ont introduit une approche plus réaliste de la notion de durée du travail, avec par exemple l'instauration de la possibilité du forfait jours pour les cadres, qui correspond davantage qu'un décompte en heures à la réalité de leur temps de travail. Plus de 10 %.des salariés sont actuellement au forfait jours. Les accords 35 heures ont généralement fait un tout indivisible de la réduction à 35 heures de la durée effective du travail, de l'adaptation des normes aux caractéristiques de l'entreprise, de la modération salariale, de l'augmentation des effectifs. Cela explique la réticence de nombreux chefs d'entreprise à remettre à plat tout cela. Il est inexact que les 35 heures ont dégradé la compétitivité. Au demeurant, la dynamique des coûts unitaires du travail a été en France, sur la période de mise en oeuvre des 35 heures, plus modérée que dans la zone euro hors France et hors Allemagne. Elle n'a été plus ralentie en Allemagne que du fait d'une forte modération salariale spécifique à ce pays. Soulignons par ailleurs que l'Allemagne est le pays dans lequel la durée hebdomadaire habituellement travaillée dans le secteur de la métallurgie, axe fort de la compétitivité de ce pays, est la plus faible : 35 heures. Si les effets sur l'emploi de la réduction du temps de travail sont incertains sur le long terme, ils sont généralement positifs à court et moyen terme s'ils n'entraînent pas de dérapage des coûts de production. En témoignent les expériences réussies de nombreuses entreprises, par exemple le sauvetage de Volkswagen en 1993 par le passage aux 29 heures hebdomadaires, ou les dispositifs réglementaires de chômage partiel existants dans de très nombreux pays, dont la France et l'Allemagne. En France, diverses études montrent que les 35 heures auraient eu un effet favorable sur l'emploi d'environ 300.000 à 400.000 postes dans les deux à cinq ans suivant leur mise en œuvre »


Commentaire : Petit exercice mathématique : Sachant que l’on doit produire X et que nous avons un nombre de personnes Y à employer (pour produire et CONSOMMER), pourquoi ne pourrait-on pas en déduire une base de travail horaire informative ? Notre notion du travail doit évoluer.

Commentaire du 13 octobre 2011 : L’histoire montrera que c’est bien la reprise économique, donc la consommation, qui doit dégager les ressources pour assainir la situation des Etats et des bilans. L’inverse, à savoir, favoriser en premier lieu les bilans ne fonctionne pas. Les politiques en cédant aux dogmatismes comptables et financiers se sont trompés. Et pour cause, ce n’est pas en diminuant le pouvoir d’achat, carburant de la consommation donc de la répartition des richesses et de la perception des impôts, que l’on va assainir la situation. Bien au contraire, de beaux bilans comptables, s’ils sont créés en défaveur de l’économie ne seront que l’instigateur de grèves, de révoltes qui finiront pas des Etats et des bilans encore plus déstructurés qu’auparavant. La dernière crise est là pour nous rappeler cette évidence. La seule réalité opérationnelle est la réalité humaine. L’Humain est à la fois le moteur (production) et le carburant (consommation) de l’économie. La comptabilité et le financier ne sont que des résultantes de l’économie Humaine c’est-à-dire la Socio-Economie. Comme nous le rappelaient nos professeurs Hollandais : « Ce n’est pas le port qui fait le commerce mais le commerce qui fait le port » La notion de « travail » doit évoluer. Hier, n’était considéré comme travail que la production. Quelle différence y a-t-il entre conduire une voiture pendant mon temps dit « libre » et fabriquer une voiture pendant mon temps dit « de travail » ? Dans les deux cas mes membres bougent. La grande différence est que dans un cas j’utilise mes membres pour consommer (temps de consommation) donc maintenir du travail à autrui (temps de production) et dans l’autre, j’utilise mes membres pour produire (temps de production) en réponse à une consommation d’autrui (temps de consommation). Le temps de consommation tout comme le temps production doit être considéré comme un temps économique à part entière. Dorénavant, ce facteur de temps de consommation doit être pris en compte comme un facteur économique essentiel. Accepter qu’il y ait une monopolisation du temps de production sur une partie de la population obère le temps de consommation, tant de ceux qui ont du « temps de travail » que de ceux qui n’en n’ont pas. Cette réalité déstabilise l’économie, la comptabilité et le financier. Nous connaissons la masse de biens et services à fournir et le nombre de personnes sur le marché de la production, pourquoi ne pas répartir le temps de production et de consommation sur le plus grand nombre pour que ce plus grand nombre puisse assurer la pérennité du circuit économique et une situation comptable et financière stable ?

Dans « Alternatives Economiques » juin 2011
Article intitulé ; Le scandale des heures sup reprend de plus belle

« Les affaires ont repris du côté des heures supplémentaires subventionnées à coups d’exonérations sociales et fiscales massives depuis le « paquet fiscal » de 2007. Bien qu’il manque encore 375 000 emplois par rapport au premier trimestre 2008 dans le secteur marchand, les salariés qui ont conservé leur poste ont effectué 1,5 million d’heures supplémentaires de plus qu’il y a trois ans …Les 174 millions d’heures supplémentaires totalisées au cours du seul premier trimestre représentant l’équivalent de 382 000 emplois à temps plein. Autrement dit, si on en avait effectué la moitié seulement, on aurait pu combler déjà la moitié du retard pour revenir au niveau d’emploi d’avant la crise. Avec la disparition annoncée du bouclier fiscal, il est regrettable que la seule mesure qui subsiste, celle sur les heures sup défiscalisées, soit aussi la plus nocive pour l’emploi. »

Laurent Jeanneau dans « Alternative Economique Poche n°049 »  du 26 mai 2011

Article intitulé : Et si on travaillait moins ?

« Les 35 heures sont mortes, vive les 32 heures ! Pourquoi, en effet, ne pas se réconcilier avec la réduction du temps de travail, aujourd'hui accusée de tous les maux. En un siècle et demi, la durée annuelle moyenne de travail des Français a été divisée par deux. Ce qui a permis de développer les loisirs, les activités associatives, de mieux s'occuper de nos enfants, etc. Autrement dit, de réduire la place du travail contraint dans la vie de chacun. Continuer dans cette voie n'est pas irréaliste : contrairement aux idées reçues, les actifs français travaillent en moyenne plus par semaine (38 heures) que les Allemands (35,7 heures), les Scandinaves (33,9 heures en Norvège, 36,3 en Suède, 33,7 au Danemark), les Néerlandais (30,6 heures) Au lieu d'inciter les salariés à réaliser des heures supplémentaires, mieux vaudrait privilégier le travailler tous et mieux avec une rémunération décente. Travailler moins passe aussi par une meilleure articulation des temps sociaux, plus souple et à géométrie variable. La réduction du temps de travail ne se limite pas aux journées de RTT calculées sur la semaine ou l'année, elle peut aussi passer par une répartition différente de l'activité tout au long de la vie. On pourrait, par exemple, accorder à chacun le droit à une année sabbatique rémunérée tous les dix ans, ce qui représenterait une nouvelle réduction du temps de travail de 10 % ! »

Michel Rocard dans « Challenges » du 10 mars 2011 :
Article intitulé : Relancer le travail avec les 32 heures


« A l’exception des périodes de crise, le capitalisme est un système du plein-emploi. Une réduction massive et irréversible du temps de travail qui passe de 4 000 heures par an en 1820 à environ 1 600 heures aujourd’hui. Vu le nombre de chômeurs, Michel Rocard suggère de passer de 41 ou 42 milliards d’heures. Et pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il propose de passer aux 32 heures. Dans le même temps, il reconnaît qu’il faut reculer l’âge de la retraite, car nous, vivons plus vieux d’un an tous les quatre ans. Mais pour éviter le fiasco des 35 heures, Rocard ne veut pas enfermer cette réduction hebdomadaire dans une loi. « Il faut jouer la carte de l’incitation et ne pas brandir la menace du patron voyou ». Et de ressortir le pacte qu’il avait suggéré à Lionel Jospin en 1997. Le principe est simple : plus on abaisse la durée du travail hebdomadaire, plus on allège les cotisations sociales de l’entreprise. Concrètement, il s’agit de diviser les charges par quatre pour les 32 premières heures et de les multiplier par quatre au-delà.»

Eric Heyer, économiste à l’OFCE, propos recueillis par Sara Sampaio dans « La Tribune » du 24 février 2011 :
Article intitulé : Le succès des heures supplémentaires retarde les créations d'emplois
« L'incitation aux heures supplémentaires avait un sens en 2007, lorsque le dispositif a été pensé, parce que le chômage baissait. Aujourd'hui, le succès des heures supplémentaires pose problème, car il faudrait qu'elles diminuent fortement, afin de laisser de la place aux personnes sans emploi. La durée du travail doit augmenter en période de chômage faible et diminuer en période de chômage de masse. La défiscalisation des heures supplémentaires (loi Tepa) a-t-elle permis aux salariés de retrouver du pouvoir d'achat ? Si elle a amélioré le pouvoir d'achat des salariés, elle a détérioré celui des chômeurs. Or la proportion marginale à consommer est supérieure chez les personnes sans emploi que chez les personnes qui ont un emploi. Ainsi, rien n'indique que ces milliards aient été profitables à l'économie, même s'ils l'ont été aux salariés. On paie actuellement les conséquences de l'entêtement à maintenir une mesure qui n'est plus intéressante, parce que le chômage est élevé.» 

 

Guillaume Duval dans  « Alternatives Economiques » de février 2011 :
Article intitulé : Les 35 heures ? Non coupables !

« Dans tous les pays qu’on nous a montrés en exemple, la durée de travail est sensiblement plus faible qu’en France : 30,3 heures aux Pays-Bas, 33,6 au Danemark, 34,4 en Allemagne et même 35 heures seulement au Royaume-Uni… Certes, le coût du travail français est l’un des plus chers au monde, mais c’était déjà le cas en 1998 avant les 35 heures. Malgré le passage aux 35 heures, la position de la France en termes de coût du travail s’est un peu améliorée (Source Bureau of Labor Statistics (BLS), du ministère américain du Travail. Quantité de richesses produites en moyenne en France 76 000 euros en 2010, dans le même temps, un Allemand n’a produit que 62 000 euros, un Anglais 59 000 euros et un Européen moyen 55 000 euros. »

Commentaire : Sur les 35 heures, j’évite de faire des commentaires car, trop souvent, l’image politique prend le dessus sur les faits et les analyses. Quelques commentaires et analyses sur ce sujet sur le site http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/revue-de-presse/35-h.php

Dans  « Les Echos » en date du 24 janvier 2011 :
Article intitulé : Rocard propose d’abaisser la durée de travail à moins de 35 heures

« Il faut essayer de retrouver l’indexation des salaires sur la productivité, car il nous faut de la croissance. Nous travaillons quelque 38 milliards d’heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs, il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d’heures collectivement. Mais, pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c’est d’autant plus nécessaire que la durée de vie s’allonge. »

Commentaire : C’est tellement évident…et tout le monde le sais. Seulement, voilà ! Il y a la politique politicienne. Il est à noter qu’une meilleure répartition du travail a pour conséquence une baisse du chômage (et de ses charges SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière), et une augmentation pérenne de la consommation (à la condition de maîtriser le crédit et de « limiter » la hausse de l’intérêt de l’épargne à ce moment là). Baisse du temps de travail ne veut pas dire, dans certains cas, une adaptation de celui-ci en fonction de la demande. Le temps de travail doit devenir une variable d’ajustement. Les rémunérations doivent être assurées à charge pour les bénéficiaires d’alimenter la « machine économique » par leur consommation.

Romaric Godin dans  « La Tribune » en date du 24 janvier 2011 :
Article intitulé : La flexibilité, clé de la solide croissance allemande


 « La flexibilité des temps de travail a contribué de façon notable au retour d'un fort taux de croissance en Allemagne ». Après avoir baissé le temps de travail global de 1,2 % en 2009, les entreprises allemandes ont pu réagir rapidement à la reprise de l'activité en augmentant de 0,4 % le temps travaillé en 2010. Les commandes ont ainsi pu être rapidement honorées. Après la récession de 2003, le temps de travail n'avait cessé de reculer durant quatre ans. Cette capacité d'adaptation s'explique en grande partie par un recours croissant aux formes d'emplois précaires. L'IAB souligne que le travail à temps partiel est en progression. Sa part dans l'emploi global est passée de 27,2 % à 34,8 % en dix ans. Même en 2009, cette forme d'emploi a continué de progresser de 2,2 %. Mais une autre stratégie semble être apparue au cours de cette crise : la volonté de conserver le coeur de ses effectifs malgré la crise. L'emploi à temps plein n'a ainsi reculé que de 1,1 % en 2009, malgré un recul du PIB de 4,7 %, et est remonté de 0,3 % l'an passé. On est très loin de la saignée de 2003 où, avec un PIB en recul de 0,2 %, l'emploi à temps plein avait baissé de 2,8 %, poursuivant sa baisse de plus de 2 % jusqu'en 2005. C'est que les patrons allemands, voulant être rapidement prêts à réagir à un rebond d'activité, ont eu recours à la flexibilité interne du temps de travail, que ce soit par le chômage partiel, le recours aux comptes d'épargne temps ou à l'ajustement des heures supplémentaires. Ces dernières, par exemple, ont été réduites de 19,6 % en 2009 avant de rebondir de 13,5 % en 2010. Ce sont ainsi 281 millions d'heures travaillées qui ont pu être économisées en 2009 et 162 millions qui ont pu immédiatement être mobilisées pour faire face à la reprise de la demande. 


Commentaire : Nous retrouvons les éléments de SOCIOECOPOFI.

Collectif : Catherine Bloch-London,sociologue ;François Desriaux, journaliste ;Geneviève Azam, Mireille Bruyère, Benjamin Coriat, Thomas Coutrot, Jean Gadrey, Jérôme Gleizes, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Dany Lang, Philippe Légé, Frédéric Lordon, Gus Massiah, Fabienne Orsi, Dominique Plihon, Gilles Raveaud, Maël Theulière, Aurélie Trouvé sont économistes Pierre Khalfa, syndicaliste ; Dominique Méda, Evelyne Serverin, juriste dans  « Le Monde » en date du 13 janvier 2011 :
Article intitulé : Pour la semaine de 32 heures

« Il y a quelque chose d'insultant pour les millions de chômeurs recensés ou non, de travailleurs précaires ou épuisés, de salariés contraints au temps partiel, de s'entendre dire à nouveau, qu'il leur serait possible de gagner plus en travaillant plus. Les pays qui ont le mieux réussi à contenir la montée du chômage durant la crise ont pu le faire " en encourageant notamment des réductions du temps de travail afin d'éviter des licenciements ", comme le souligne l'OCDE en faisant allusion au chômage partiel. Ce qui ne l'empêche pas, fidèle à son idéologie, de prôner " le retrait progressif de ces mesures à mesure que la reprise économique se confirme " parce qu'elles coûtent cher, soit aux entreprises, soit aux finances publiques. Le gouvernement reconduit au contraire les cadeaux fiscaux aux privilégiés - 100 milliards d'euros par an pour les mesures fiscales prises depuis 2000 - alors que le service de la dette publique atteint 50 milliards d'euros par an et que les dividendes ont repris leur progression. Voilà pourquoi la question de la répartition est décisive : il faut choisir entre verser des intérêts et des dividendes ou créer des emplois par la reconversion écologique et la réduction du temps de travail. Le bilan des 35 heures est certes ambivalent : créations massives d'emplois pérennes d'un côté - le chiffre officiel de 350 000 emplois créés par les lois Aubry n'a jamais été contesté -, intensification du travail et gel des salaires de l'autre. Mais à court et moyen terme, la réduction du temps de travail demeure un moyen indispensable pour faire reculer le taux de chômage. Deux principes doivent être respectés. Une réduction du temps de travail de 10 % - vers les 32 heures - doit impliquer 10 % d'embauches supplémentaires, de manière à ne pas intensifier le travail et à réduire sa pénibilité. Et il faut maintenir les salaires mensuels (compensation intégrale). L'augmentation de la masse salariale (plus d'emplois payés autant qu'avant) ne conduit pas à une perte de compétitivité, dès lors que le supplément de salaires est compensé par une moindre distribution d'intérêts et de dividendes. Contre le chômage, " on a tout essayé ", disait François Mitterrand... sauf de toucher aux profits financiers. Quant à l'idée d'allonger la durée du travail, c'est une véritable aberration économique et écologique. En donnant la priorité au temps libre sur le productivisme et le consumérisme, elle est la condition d'émergence de nouveaux modes de consommation, de vie, de participation à la vie de la cité, qui permettront seuls de faire face aux défis environnementaux et sociaux. Il faut rompre avec la logique perverse qui fait dépendre l'emploi de la rentabilité et prendre les choses à l'envers : quels emplois utiles pour quels besoins sociaux ? »


Commentaire : Cet article est très intéressant car il montre bien le choix à faire en terme de temps de travail. Il faut accepter un temps de travail variable selon la situation économique pour pouvoir assurer " le retrait progressif de ces mesures (35h) à mesure que la reprise économique se confirme " parce qu'elles coûtent cher, soit aux entreprises, soit aux finances publiques. ». Et surtout, le fait que si l’on n’arrive pas à baisser les profits financiers (profits financiers qui, dans une certaine partie, sont issus, dans la plupart des cas, de l’ingéniosité comptable ou de cadeaux fiscaux), il n’y aura pas de solution. Si l’on fait baisser les produits financiers recherchés à court terme (1 an), profits qui, parce qu’artificiels et inflationnistes, s’autodétruisent par des krachs réguliers, il y aura moins de charges pour les entreprises et pour les finances publiques. Paradoxalement, à moyen terme, cette action augmentera très fortement les produits financiers futurs du fait de l’assainissement de la situation et d’une augmentation généralisée du pouvoir d’achat sur le plus grand nombre. Plus grand nombre ayant un besoin de consommation pérenne. En clair, la gourmandise financière engendre l’excès qui eux-mêmes créent les krachs SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier.

Patrick Artus, propos recueillis par Valérie Segond, dans  « La Tribune » en date du 12 janvier 2011 :
Article intitulé : Les problèmes de la France n'ont rien à voir avec la durée du travail
« Hors recours au temps partiel, on travaille autant en France que dans le reste de l'Europe.
Loin des débats idéologiques, des conflits de personnes pour la conquête d'un leadership et des faux chiffres sur les 35 heures, l'économiste Patrick Artus replace la question du temps de travail dans celle de la compétitivité de la France. Où il ressort que le temps de travail pèse beaucoup moins lourd dans la compétitivité française qu'il n'y paraît. Et que le débat lancé par le socialiste Manuel Valls et le sénateur UMP Gérard Longuet, repris à droite par Jean-François Copé, et clos à l'Élysée, cache la vraie question de la faiblesse des gains de productivité. Corrigé du temps partiel, il apparaît que la durée hebdomadaire du travail est à peu près analogue dans les pays de l'Union : 41 heures si l'on prend le temps de travail des salariés et des indépendants, ramenées à 39 heures pour les seuls salariés. En clair, on ne peut en rien attribuer les écarts de compétitivité aux écarts de durée du travail.  Ce qui est frappant en France, c'est que même en période de crise, les salaires continuent à progresser de 3 % l'an. Le marché du travail y est à la fois rigide et très peu concurrentiel. Alors qu'en Allemagne, les salaires se révèlent beaucoup plus sensibles à la conjoncture : s'ils devraient augmenter sensiblement cette année, ils n'ont crû que de 1 % l'an jusqu'en 2010. À cette pratique salariale, il faut ajouter une fiscalité qui renchérit le coût du travail : quand l'Allemagne a fait basculer une bonne partie du financement de sa sécurité sociale sur la consommation, en France, c'est le coût du travail qui la finance. À l'heure de travail, le coût chargé d'un salarié est de 31 euros en France, contre 28 euros en Allemagne, et 18 en Espagne, où l'on a vu un phénomène de rattrapage dans les dix dernières années. Sans doute, car il n'y a pas de gains de productivité suffisants. L'important n'est pas tant de travailler plus que d'accélérer nos gains de productivité pour financer le vieillissement sans écraser les actifs. Si les Allemands exportent tant, c'est que leurs entreprises innovent et grossissent, c'est que leurs entrepreneurs ne vendent pas leurs entreprises avant qu'elles n'aient grandi. C'est tout cela qu'il faut changer en France, cela touche à la fiscalité, au financement des entreprises, au rapport à la recherche, au fonctionnement de la sous-traitance... Cela n'a rien à voir avec les 35 heures ! »


Commentaire : Enfin ! Nous allons sortir, sur ce thème, des raisonnements politicards, opportunistes ou d’allégeances.

Pierre Larrouturou, économiste, dans « Le Monde » en date du 7 janvier 2011 :
Article intitulé : Non, il n'est pas vrai qu'on travaille moins en France qu'ailleurs

« L'Allemagne a connu, en 2009, une récession deux fois plus grave que la France. A la demande des syndicats, Angela Merkel a décidé de développer le " KurzArbeit " (travail à temps réduit) : plutôt que de licencier 20 % des effectifs, une entreprise en difficulté baisse son temps de travail de 20 % et garde tous les salariés. Elle baisse les salaires mais l'Etat maintient les revenus. Quand le gouvernement français favorisait les heures supplémentaires, les Allemands réduisaient leur temps de travail. Grâce au KurzArbeit, malgré une récession deux fois plus forte, le chômage a augmenté cinq fois moins vite en Allemagne qu'en France. Si nous avions agi comme nos amis allemands, nous aurions 1 million de chômeurs en moins ! En quarante ans, la durée moyenne du travail aux Etats-Unis est passée de 38,6 à 33,7 heures. Qu'en est-il en France ? Quelle est, chez nous, la durée moyenne du travail ? Si l'on en croit le Portrait social 2010 de l'Insee, " en 2009, la durée hebdomadaire moyenne du travail déclarée par les personnes ayant un emploi est de 37,8 heures en France métropolitaine : 41 heures pour les personnes à temps complet et 22,8 heures pour celles à temps partiel ". Dans beaucoup d'entreprises, si l'on tient compte des heures supplémentaires, déclarées ou non, la durée réelle d'un temps plein est plus proche aujourd'hui des 40 heures que des 35. En 1978, quand la commission Giraudet rendait ses conclusions à Raymond Barre, elle affirmait qu'il fallait baisser le temps de travail de 10 %. En 1995, la commission Boissonnat (créée par Edouard Balladur) affirmait qu'il fallait " une baisse de 20 % à 25 % du temps de travail " mais, quinze ans plus tard, la durée moyenne d'un temps plein reste supérieure à 39 heures et un socialiste nous dit qu'il faut travailler plus ! Entre 1900 et 1970, alors que la productivité augmentait assez lentement, on a divisé par deux le temps de travail : on est passé de sept à six jours, puis de six à cinq jours, tout en donnant cinq semaines de congés payés. Mais, depuis 1970, alors que la productivité a fait des pas de géant, nous sommes incapables de faire évoluer vraiment notre contrat social. Au lieu de profiter à tous, les gains de productivité colossaux débouchent sur un partage du travail non dit : d'un côté, ceux qui travaillent plein pot et, de l'autre, plus de 3 millions de chômeurs et de RMIstes qui travaillent zéro heure par semaine. Et au milieu, la foule de tous ceux et celles - les femmes sont les plus touchées - qui galèrent avec des emplois à 20 heures par semaine... Ce " partage du travail " sauvage, réalisé par le marché, est très favorable aux actionnaires : quand il y a autant de chômeurs, quel salarié peut exiger une augmentation de salaire ? Dans beaucoup d'entreprises, la négociation sur les salaires se résume à un " si tu n'es pas content, tu peux aller voir ailleurs ". Dans tous les pays, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB) a nettement baissé depuis trente ans. La réduction du temps de travail est aujourd'hui le levier le plus puissant dont nous disposons pour sortir du chômage. C'est aussi un révélateur de notre vision de la société : le peuple est-il une masse d'individus un peu stupides auxquels on s'adresse avec des slogans ou le peuple est-il un ensemble d'hommes et de femmes libres, de citoyens capables d'intelligence, capables, ensemble, de comprendre le monde et de choisir en conscience l'avenir qu'ils veulent construire ? »

Commentaire : Aucun. Cet extrait de l’article est lumineux car exsangue d’idéologie politicienne. Souvenez-vous des formations SOCIOECOPOFI !

Marc Landré dans « Le Figaro » en date du 4 janvier 2011 :
Article intitulé : Le patronat ne veut pas renégocier les 35 heures tout de suite   
« Si la proposition de Manuel Valls de « déverrouiller les 35 heures » n’a pas fait d’émule à gauche, elle n’est pas non plus très soutenue dans le patronat. « Ce n’est pas un débat opportun, juge Jean-Eudes du Mesnil, le secrétaire général de la CGPME. Revenir sur les 35 heures consisterait à revenir sur les allégements de charges sur les bas salaires et les PME n’en ressortiraient pas gagnantes. »

Michel Verrier dans « La Croix » en date du 23 décembre 2010 en page 17 :
Article intitulé : En Allemagne, Lidl veut généraliser le salaire minimum

«  Alors que le nombre de travailleurs précaires ne cesse d’augmenter dans le pays, l’enseigne à bas prix demande la mise en place d’une rémunération minimale de 10 euros l’heure. Seul moyen de  mette fin au « dumping salarial ». Dans certaines branches, la coiffure par exemple, les salaires descendent jusqu’à 3 euros de l’heure, voire moins. « Le Jurzarbeit – les mesures gouvernementales de rémunération partielle par l’Etat du chômage dû à la crise – nous permet de ne pas produire une auto de trop dans no sites, expliquait Martin Winterkorn, président de Volkswagen, en mars 2009. La semaine des 35 heures, qui peut être réduite jusqu’à 28,  permet à la fois de réduire la production et de maintenir nos effectifs. »

Commentaire : Nous retrouvons dans ce texte les 28 h, les 35 h et surtout le principe que la durée de travail devienne une variable d’ajustement. De nouveau, l’avènement de la socio-économie mettra « les pendules à l’heure ».

Hélène Fontanaud dans « La Tribune » daté du 29 septembre 2010 en page 8 :
Article intitulé : Jean-François Copé veut rouvrir le front des 35 heures.
« Encore une fois, cela n’a pas de sens de dire travailler plus si l’on ne dit pas en même temps travailler mieux »

Charles Gautier, dans « Le Figaro » du 22 octobre 2009 page 12 :
Le sport dopé en France par les RTT. «La pratique du sport « loisir » ne cesse d’augmenter. Et si les Français font plus de sport, c’est tout simplement parce qu’ils ont plus de temps pour en faire. Le temps libéré en semaine par l’accord sur la réduction du temps de travail est à 79 % mis à profit pour faire du sport plutôt que de le consacrer à d’autres loisirs. Du coup, 24 % des personnes interrogées assurent pratique un sport plus de quatre heures par semaine. Avec les ventes d’appareils et de vêtements, le sport est un secteur très dynamique qui génère 31,7 milliards par an. »

 



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