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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
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François Luguenot, responsable des marchés chez Union InVivo, dans « Les Echos » du 22 décembre 2011
Article intitulé : L’agriculture, un bien commun de l'humanité
« Au IVe siècle, Libanios, qui enseignait la rhétorique en Grèce, écrivait :« Dieu n’a pas accordé toutes choses à toutes les parties de la terre, mais il a distribué ses dons à différents pays, afin que les hommes, ayant besoin les uns des autres, entretinssent société ensemble. Ainsi, a-t-il suscité le négoce comme un moyen facile à tout le monde de jouir en commun de toutes choses, en quelque endroit de la terre qu’elles naissent. » L’Amérique et l’Europe sont dotées à la fois de terres de grande qualité et d’une pluviométrie régulière et abondante que des hommes savants ont su mettre en valeur afin de produire bien et beaucoup. L’Asie, à force de travail, de volontarisme politique, réussit pour l’heure à couvrir ses besoins. En revanche, le bassin méditerranéen, où le blé a été originellement isolé et sélectionné, ne dispose aujourd’hui ni des terres ni de l’eau qui lui permettent de subvenir à ses besoins alimentaires. La croissance démographique et le réchauffement climatique vont amplifier ces déséquilibres. Au reste, l’irrégularité interannuelle du rendement mondial moyen des céréales est statistiquement inférieure à celle de chaque zone prise isolément : les déceptions, voire les catastrophes, ici sont compensées par de bons résultats ailleurs. Le commerce agricole consiste à transférer des quantités de régions favorisées vers celles qui le sont moins. Quel choix a-t-elle sinon de produire davantage pour mieux répondre à l’attente de ses clients européens ainsi que pour contribuer à la sécurité alimentaire de la Méditerranée ? Quel choix a-t-elle sinon d’adopter des procédés respectueux de l’environnement afin de mieux assurer l’avenir ? Pourtant, il serait naïf et irresponsable de ne mobiliser que nos forces domestiques en omettant de contribuer au développement de la grande Afrique. Il s’agit de favoriser un développement et non d’imposer un modèle. Dans de nombreux pays, la population agricole reste l’épine dorsale de la cohésion sociale ; sa désagrégation due à l’impossibilité de vivre de son travail cause des dommages tragiques. L’agriculture est donc bien autre chose qu’un terrain de jeux pour opérateurs sans scrupules. Que les variations de prix constituent un précieux indicateur des tensions qu’il convient de gérer, nul n’en disconvient. Mais que des événements imprévisibles soient un tremplin pour quelques opérateurs qui n’y voient qu’une source de gains brutaux, voilà qui ne peut que scandaliser les populations des pays développés et riches comme celles des trop nombreuses régions du monde où s’alimenter est la préoccupation principale de chaque jour qui se lève. Les outils tels que les marchés à terme sont certes des éléments essentiels de la gestion du risque par tous les acteurs des filières agricoles. Mais le commerce des produits alimentaires contient une dimension éthique qui interdit qu’ils soient considérés comme une classe d’actifs financiers parmi tant d’autres. François Luguenot est responsable de l’analyse des marchéschez Union InVivo. »
Gaëlle Dupont dans « Le Monde » du 12 décembre 2009 en page 1 et 6 :
« Nourriture jetée, récoltes perdues… enquête sur le grand gâchis alimentaire. Les pays développés gaspillent jusqu’à 40% de l’alimentation possible. Et si, au lieu de chercher à augmenter la production agricole pour nourrir le monde, les hommes commençaient par cesser de gaspiller la nourriture ? Une étude, parue dans la revue scientifique PLOS One de novembre, démontre que, chaque année, 40% de l’alimentation disponible aux Etats-Unis est jetée. Ce gâchis entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée annuellement dans le pays (utilisée pour produire ces aliments) et de l’équivalent en énergie de 300 millions de barils de pétrole par an. Ces données confirment des estimations antérieures du gaspillage alimentaire dans les pays développés, évalué de 30% à 40% des denrées. Le phénomène touche également les pays en développement. Les chiffres sont discutés, mais les pertes atteindraient entre 10% et 60% des récoltes en fonction des produits agricoles. »