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Favilla dans « Les Echos » du 24 janvier 2012

Article intitulé : L’Allemagne en clair-obscur  
« Pour la première fois depuis longtemps, son commerce extérieur devrait apporter une contribution négative à sa croissance. La raison n’en est pas l’affaiblissement de sa compétitivité industrielle, toujours remarquable, mais l’évolution des demandes : la demande intérieure y a été encouragée par une certaine hausse – légitime – des salaires, alors que la demande extérieure a épousé le ralentissement général, et principalement en Europe. Or celle-ci absorbe environ 60 % de ses exportations. Les responsables allemands en tirent la sage conclusion que« ce qui est bon pour l’Europe est bon pour l’Allemagne », salutaire reconnaissance de l’interdépendance de nos économies. Ce mouvement conjoncturel confirme d’ailleurs l’élasticité de l’économie d’outre-Rhin à son environnement, ce qu’avait paru occulter l’enchaînement de ses succès. Ainsi la croissance allemande cumulée, sur une base 100 en 2008 (début de la crise), s’établira à environ 102 en 2012 (prévision), à peu près exactement comme celle de la France à la même date. Mais on aura entre-temps, chez nous, envié ses hauts en passant sur ses bas, éternel pessimisme national…Relativiser ainsi les atouts allemands ne vise pas à les contester. »

Jack Dion, à propos du livre d’Isabelle Pivert «  La création de valeur pour l’actionnaire ou la destruction de l’idée démocratique », dans « Marianne » du 11 novembre 2011

Article intitulé : Un concept financier qui tient du hold-up
« La création de valeur pour l’actionnaire est une notion inventée par les banques d’affaires anglo-saxonnes, dans les années 80, afin de franchir un nouveau palier dans la course effrénée à la rentabilité financière. Ainsi aboutira-t-on à ces retours sur investissement financiers atteignant des taux déments de 15%, générateurs de prélèvements massifs sur la « valeur ajoutée » (la vraie, celle qui correspond à la richesse produite). D’où la crise. Plus rien n’échappe à la logique de ce que l’auteur appelle l’ « emprise totalitaire d’un concept financier ». Désormais, l’entreprise est conçue uniquement comme un instrument destiné à produire du cash au profit de l’élite des affaires. »


Laura Berny dans « Les Echos » du 23 janvier 2012

Article intitulé : La France et l'Allemagne prônent un assouplissement de Bâle III
« L'initiative risque de faire des vagues. La France et l'Allemagne souhaitent un assouplissement de certaines règles applicables aux banques dans le cadre de Bâle III. En vue d'éviter un resserrement brutal du financement à l'économie, connu sous le nom de « credit crunch », François Baroin, ministre des Finances, et Wolfgang Schäuble, son homologue allemand, vont appeler aujourd'hui, selon le « Financial Times », à des aménagements du futur cadre réglementaire, en particulier pour le traitement prudentiel des banques détenant des compagnies d'assurances. L'initiative franco-allemande risque de contrarier les marchés alors que les banques sont appelées par le régulateur européen à renforcer plus vite que prévu leurs fonds propres et que plusieurs pays, dont la Suisse, cherchent même encore à rehausser ces exigences. »


Commentaire : Et dire que leur ancienne position a mis nos économies en péril et quantité de gens au chômage… quand ce n’est pas à la rue !

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 12 janvier 2012

Article intitulé : Au pays des bonnes surprises  
« L’an dernier, l’Allemagne a dessiné le carré magique de l’économie. Une production en croissance de 3 %, un taux de chômage inférieur à 6 %, un budget déficitaire d’à peine 1 % du PIB et un excédent commercial de plus de 160 milliards d’euros qui aboutit à un excédent courant de 5 % du PIB. La France n’a jamais connu un tel surplus commercial et il faut remonter à… 1974 pour trouver un niveau aussi favorable sur le trio des autres indicateurs. L’explication de la performance saute aux yeux quand on regarde les différentes courbes des pays sur une décennie : les entreprises allemandes ont serré fortement les salaires. Le coût salarial par unité produite, l’indicateur fétiche de Jean-Claude Trichet quand il officiait dans la haute administration française, n’a presque pas augmenté chez elles alors qu’il a gagné 20 % en France et dans le reste de l’Europe. Cet effort s’insère dans toute une stratégie de compétitivité qui va de l’innovation jusqu’aux délocalisations en passant par des avancées spectaculaires sur des marchés aussi différents que les produits laitiers, la papeterie ou l’habillement. Et les investisseurs prêtent à 10 ans à l’Etat allemand à un taux ridiculement faible, moins de 2 %, parce qu’ils fuient des pays tels que l’Italie. Comme l’Europe est loin d’avoir réglé ses problèmes, l’Allemagne va continuer d’emprunter pas cher et d’annoncer de bonnes surprises. Sa réussite n’est donc pas un modèle : si tous les pays suivaient son exemple, la magie ne marcherait plus. il faut sûrement s’en inspirer, certainement pas la copier. »


Commentaire : Et si une partie du problème venait du fait que les Français en augmentant leur taux d’épargne paupérisaient le système économique ? D’un côté, malgré la crise, tout est fait pour maintenir le pouvoir d’achat et de l’autre ce pourvoir d’achat est détourné en pouvoir d’épargne. Epargne affectée à des produits ayant peu, voire pas de productivité économique, quand ce n’est pas, dans le cas de l’immobilier, participer à une déstabilisation économique. Faut-il systématiquement en passer par une paupérisation salariale pour faire en sorte que l’épargne sorte de sa léthargie et alimente enfin, la consommation en lieu et place des aides de l’Etat qui augmentent le déficit ? Ce que ne dit pas cet article, c’est que quantité d’Allemands ont accepté des conditions de vie délirantes et que les bases de calcul ne sont pas les mêmes entre pays. Comparaison n’est pas raison ! La vraie solution est le pouvoir d’achat utilisé et non paupérisé. L’économie financière n’existe que par la socio-économie. L’économie ne relève pas de formules mathématiques. L’économie est la résultante d’une dynamique (ou d’une absence de dynamique) Humaine. Quand allons-nous enfin travailler cette dynamique en lieu et place d’une affectation financière décidée entre différents acteurs représentant des lobbies ou des dogmatismes du moment ?


Dans « Trends.be avec Belga » du 9 janvier 2012

Article intitulé : L'Allemagne payée pour… emprunter !
« Emprunter ne coûte plus rien à l’Allemagne. Au contraire, les investisseurs paient une prime pour acquérir ses titres. D’où le rendement moyen négatif de - 0,0122 %. L'Allemagne s'est endettée lundi pour la première fois à taux négatif à court terme, a annoncé lundi l'Agence financière du pays. Signe de la soif de sécurité des investisseurs qui choisissent d'encourir des pertes pour investir en titres allemands. «C'est la première fois qu'un placement sur le marché monétaire se solde par un rendement négatif», a commenté un porte-parole de l'Agence financière. »

Antonio Vitorino, ancien commissaire européen, dans « Notre Europe » du 16 décembre 2011

Réflexion : « Le problème de l’Allemagne n’est pas d’avoir raison mais de devoir apprendre comment avoir raison »
                                                                            
Claire Gatinois et Frédéric Lemaître dans « Le Monde » du 19 novembre 2011

Article intitulé : Et si l'Allemagne n'était pas si exemplaire...
« Ce sont les marchés qui l'ont consacrée. Mais aussi l'opinion publique. Désormais, la chancelière allemande, Angela Merkel, peut faire la leçon et imposer ses vues pour résoudre la "pire crise depuis l'après guerre" de l'Union monétaire. Mythe ou réalité ? Un déficit public en baisse que le Fonds monétaire international (FMI) voit à moins de 1,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2011. Un stock de dettes, certes élevé à 82,6 % du PIB, mais sur la pente descendante. Un chômage contenu à 6 % de la population active (contre 9,5 % prévu en France). Et, enfin, une balance des paiements courants excédentaire. Mais, aux yeux des experts, Berlin n'est pas si exemplaire. "Son déficit est honteusement truqué !", dénonce Sylvain Broyer, économiste chez Natixis. Et de développer : après le choc de 2008, le pays a eu recours à une tactique légale, mais peu éthique, pour comptabiliser les dizaines de milliards d'euros déboursés (ou offerts en garanties) afin de relancer son économie et sauver son secteur financier. Les sommes, poursuit M. Broyer, ont été logées dans un fonds spécial "Sondervermögen" qui a contribué à faire grossir la dette mais n'est pas pris en compte dans le calcul du déficit public. Sans cette astuce le déficit allemand en 2009 n'aurait pas été de 3,2 % mais de 5,1 %, calcule Natixis. Un niveau comparable à celui de la France... De quoi faire écho aux propos de Jean-Claude Juncker, le président luxembourgeois de l'Eurogroupe. "L'Allemagne a une dette plus élevée que celle de l'Espagne. Seulement personne ne veut le savoir ici." De fait, selon la Commission européenne, si l'on regarde le ratio dette sur PIB, l'Allemagne fait moins bien que neuf autres pays de la zone euro. Et malgré des recettes fiscales en forte hausse (de 40 milliards d'euros) en 2011 grâce à une croissance dynamique, la dette publique devrait croître, en valeur absolue, cette année de 25 milliards d'euros. La rigueur allemande serait donc toute relative ? D'influents économistes allemands, de sensibilités différentes, partagent l'avis de M. Juncker. " La dette est bien au-dessus des 60 % prévus par le traité de Maastricht. L'Allemagne non plus n'a pas rempli sa tache", déplore Hans-Werner Sinn. Le très influent président de l'Ifo poursuit : "L'endettement déjà élevé montre que l'Allemagne ne peut sauver personne sans perdre elle-même sa notation." Autrement dit, le pays ne serait pas à l'abri, lui non plus, d'une dégradation qui le verrait perdre, un jour, son "AAA", sésame pour emprunter à bon compte sur les marchés financiers. »


Commentaire : Nous sommes bien dans une crise « comptable ». C’est bien la comptabilité qui déconnectée de toute réalité a engendré cette crise. Paradoxalement, cette crise comptable ne touchant que très peu les volumes de vente des OPCVM n’est que peu dangereuse. La réponse politique même si elle tarde se fera avec d’autant plus de force et de vigueur que tous les continents se tiennent l’un l’autre. Par contre, il est primordial de se préserver à tout prix du franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. Lorsque ce seuil est atteint, les clients vendent par lassitude sans réfléchir aux conséquences (effet de masse, instinct grégaire). En mettant à jour l’imposture de la valorisation fictive des OPCVM les bases sociologiques d’une révolte humaine sont remplies. Dans un premier temps, il est impératif de mettre au service des Etats les possibilités des règles comptables actuelles (voir en fin de cette revue de presse le fonds « Objectif 2016 ». Dans un deuxième temps, il sera impératif de CHANGER les règles comptables. 

Jean-Luc Mélenchon dans « Les Echos » du 4 novembre 2011

Article intitulé : Le mythe du modèle allemand  
« Le « modèle allemand » est la nouvelle coqueluche. Test : les investisseurs font-ils davantage confiance à l’Allemagne qu’à la France ? Non. La France est largement devant l’Allemagne pour les investissements directs étrangers : plus de 1 milliard de dollars en France contre 674 millions en Allemagne, selon les statistiques publiées par la Cnuced. Les Allemands sont-ils meilleurs que nous en matière de dette ? Non. En 2010, l’Allemagne avait une dette de 83,2 % du PIB contre 81,7 % pour la France, selon Eurostat. L’Allemagne est donc tout autant que la France en dehors de la limite des 60 % du PIB exigée par le Pacte de stabilité. La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous ? Non plus. Sur la dernière décennie, elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu’en France. D’ailleurs, le « modèle allemand » n’a pas protégé ce pays de la crise : avec une chute de 4,9 % du PIB, il a subi en 2009 une récession deux fois plus importante qu’en France. L’embellie en 2010 est donc un rattrapage. Au final, par rapport à 2008, l’Allemagne marque encore un retard de croissance plus grand qu’en France. Le taux de chômage en Allemagne est-il vraiment plus faible que chez nous ? Non. Officiellement de 6 % contre 9,9 % en France, il a été facialement dégonflé grâce à la réforme sociale-démocrate. Elle a rayé des comptes 1,5 million de sans-emploi. Cela correspond exactement à la baisse du chômage affichée depuis 2002. En septembre dernier, le journal « Die Welt » a aussi révélé que 200.000 chômeurs âgés avaient été radiés. Le ministère allemand du Travail a reconnu que 57 % des seniors chômeurs n’étaient plus comptés. Ainsi, en 2010, selon Eurostat, il concernait 26,2 % des salariés allemands contre 17,8 % des salariés français. La croissance allemande basée sur les exportations est-elle un modèle généralisable ? Non. 65 % des exportations allemandes sont destinées à la demande des autres pays européens. Si ces derniers imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats, l’export made by Germany s’écroulerait. De plus, ces exportations ne révèlent pas une plus grande performance technique. Selon Eurostat, 16 % de celles-ci concernent des produits de haute technologie. En France, c’est 26 % des exportations. L’OCDE note que les Français travaillent 154 heures de plus par an que les Allemands. Et la productivité des travailleurs français est la plus élevée d’Europe. Elle a progressé sur la dernière décennie deux fois plus vite qu’en Allemagne. Le taux de fécondité allemand est moitié moindre qu’en France. Depuis trente ans, il y a donc davantage de décès que de naissances outre-Rhin. Le pays est donc poussé à privilégier une économie de rente. D’ici à 2060, la population allemande devrait passer de 82 à 65 millions d’habitants. Celle de la France devrait passer dès 2050 à 73 millions d’habitants. Les Français veulent-ils vraiment aller plus loin dans la contraction des salaires et la précarité de l’emploi ? Car c’est là l’unique secret qui distingue l’Allemagne des autres pays depuis dix ans. Le « modèle allemand » est un leurre. Etendu à l’ensemble de l’Union européenne, il mènerait tout droit à la récession. »

Dans « L’Agefi Suisse » du 1er novembre 2011

Article intitulé : Vers un retournement sur le salaire minimum

« « La question n’est plus, est-ce que nous allons avoir un salaire minimum, mais comment négocier son niveau exact ? », a déclaré la ministre du Travail.  Il s’orienterait sur celui fixé pour le travail partiel, qui est actuellement de 7,79 euros brut à l’ouest, et de 6,86 euros, à l’est.»

Dans « L’Agefi Suisse » du 1er novembre 2011

Article intitulé : En Allemagne, la CDU brise le tabou du salaire minimum

«  L’Allemagne est aujourd’hui l’un des rares pays de l’OCDE à ne pas avoir de salaire minimum interbranche. Ils sont 5 millions à gagner moins de 8,50 euros de l’heure. Les cas de coiffeuses payées deux euros de l’heure ou de femmes de chambre gagnant un euro par chambre nettoyée dans les hôtels ont défrayé la chronique ces derniers temps, provoquant la colère de l’opinion, à l’heure où le secteur bancaire jongle avec les milliards. Près de 10% des actifs ne peuvent vivre de leur salaire. Et cela coûte cher au contribuable. En clair, ça veut dire que l’Etat subventionne les entreprises qui s’enrichissent sur le dos du contribuable. »

Dans « Le Monde » du 2 août 2011
Article intitulé : L’Allemagne, exaspérante première de la classe

« L’Allemagne n’a pas été en aussi bonne santé depuis longtemps. Elle a laissé la crise derrière elle » a déclaré Angela Merkel »
                                                                                   

Dans « L’Agefi » du 10 juin 2011
Article intitulé : Mises en garde de la BuBa contre le risque de surchauffe

«  Corrigée des jours ouvrables, l'économie allemande pourrait dépasser "de loin" son potentiel de croissance en 2012, accentuant le risque de surchauffe, a déclaré vendredi la Bundesbank. «Les résultats des études semblent indiquer que la croissance économique allemande pourrait, dans ce scénario, surpasser les prévisions», explique la banque centrale allemande dans ce rapport consacré à la révision de ses estimations économiques. La Bundesbank dit prévoir une croissance de 3,1% du PIB allemand en 2011 et de 1,8% en 2012. Le taux de chômage devrait quant à lui tomber à 7% cette année et à 6,5% l'année prochaine. »
                                                                                      

Dans « Boursorama » du 4 juin 2011

Article intitulé : Les Européens du sud travaillent plus et plus longtemps que les Allemands :
« "Les Allemands travaillent beaucoup moins (sur l'année, sur leur vie) que les Européens du sud. Ils ne travaillent pas non plus plus intensément", écrit Patrick Artus, chef économiste de la banque française Natixis et rédacteur de cette étude qui s'appuie notamment sur des chiffres de l'OCDE et d'Eurostat. La durée annuelle moyenne du travail d'un Allemand (1.390 heures) est ainsi beaucoup plus faible que celle d'un Grec (2.119 heures), d'un Italien (1.773 heures), d'un Portugais (1.719 heures), d'un Espagnol (1.654 heures) ou d'un Français (1.554 heures), attestent les chiffres publiés en 2010 par l'OCDE. "La performance de productivité par tête de l'Allemagne est dans la moyenne des pays du sud, celle de la productivité horaire est au-dessus de la moyenne mais pas meilleure que celle de la France ou de la Grèce", précise également Natixis. Si l'âge légal de départ à la retraite est plus tardif outre-Rhin (65 ans actuellement, 67 ans dans le futur), les Portugais et les Espagnols travaillent de facto plus longtemps. Seuls les Français (60 ans) et les Italiens (60,1 ans) partent actuellement en retraite deux ans plus tôt en moyenne que les Allemands, souligne encore l'étude, datée du 30 mai. "Angela Merkel ne montre pas les vrais problèmes des pays du sud de la zone euro", estime le chef économiste de Natixis. La performance économique de l'Allemagne est due, selon M. Artus, à son effort d'innovation et de spécialisation dans l'industrie haut de gamme, à l'épargne élevée de son secteur privé et à sa main d'oeuvre très qualifiée par rapport à ses voisins du sud. Berlin dépense par exemple plus que l'Espagne et le Portugal réunis dans la recherche. Les résultats ne se font d'ailleurs pas attendre: l'Allemagne dépose 70 fois plus de brevets que l'Espagne, le Portugal et la Grèce réunis. Les entreprises et les ménages allemands épargnent en outre plus que ceux des pays du sud de la zone euro, ce qui explique les excédents extérieurs de Berlin, relève également l'enquête de Natixis. »                                             

Marc Fiorentino dans « La Tribune »  du 23 mai 2011
Article intitulé : Allemagne : le sentiment de puissance


« On s'est réjoui en France de notre croissance de 1 % au premier trimestre. C'est normal. Une croissance déjà acquise pour l'année de 1,6 % et des perspectives de croissance de 2 % pour 2011, c'est une satisfaction. Mais si, en France, on se réjouit, en Allemagne on peut parler d'euphorie. L'Allemagne sort du tunnel. Le tunnel de la réunification suivie de la crise financière. Vingt ans d'efforts, vingt ans de sacrifices, vingt ans où, contrairement à la France, personne n'a réclamé de hausse des dépenses publiques ou des salaires tant que les caisses étaient vides. Vingt ans de consensus social avec des syndicats de système responsables, des grandes entreprises challengées mais socialement responsables, un tissu de PME puissant et soutenu par les pouvoirs publics, des salariés patients, des actionnaires décents et un gouvernement sobre et efficace. Les résultats sont tout simplement bluffants. Une croissance au premier trimestre de 1,5 % par rapport au trimestre précédent mais de 5,2 % par rapport à l'année précédente. Une croissance tirée par TOUS les moteurs de l'économie, y compris la consommation des ménages et, bien sûr, l'investissement, comme toujours. Le chômage allemand est en chute libre : 7,1 %. Au plus bas depuis 1992 avec moins de 3 millions de chômeurs. L'Allemagne est le seul pays européen, avec son satellite, le Luxembourg, à avoir retrouvé les niveaux d'emplois de l'avant-crise. Et on parle maintenant outre-Rhin de hausse de salaires et même de baisse d'impôts. Hausse des salaires et baisse d'impôts... le rêve !»                                                                                        

Olivier Auguste dans « Le Figaro » du 18 mai 2011 :

Article intitulé : La démographie, talon d’Achille de l’Allemagne 


« La population active (le nombre de personnes qui ont ou cherchent un travail) a stagné depuis cinq ans en Allemagne, et reculé l’an dernier. Pendant ce temps, elle ne cessait d’augmenter en France. Mais, surtout, les projections sont claires : moins d’actifs d’année en année dans le premier cas, contre une augmentation « assez dynamique jusqu’en 2025 » dans le second, avec 110000 personnes supplémentaires par an anticipées par l’Insee. Dans L’Express : « Avant de faire reculer le chômage d’une unité, il faut avoir déjà créé 110000 emplois ! » Dans ce contexte, si le patronat (Allemand) a longtemps évité une flambée des salaires, c’est par une entente tacite avec les syndicats : les entreprises (Allemandes) se sont abstenues de trop recourir à la main d’oeuvre étrangère, en échange de la modération des revendications salariales. » Excuses faciles L’envolée du chômage, en France, a commencé au milieu des années 1970, dix ans après celle de la population active, consécutive au babyboom. À l’inverse, le chômage a reculé autour de l’an 2000, alors que la population active croissait toujours. Une population âgée épargne ; une population jeune consomme, ce qui soutient la croissance, donc l’emploi. Les entreprises ont aussi tendance à investir si elles savent que leur marché va se développer à long terme, car la population augmente. Le quasi-plein emploi en Allemagne ne s’explique donc pas seulement par le facteur démographique. D’autres raisons, mille fois évoquées, y participent : efficacité du système d’apprentissage, PME tournées vers l’export, obsession de la compétitivité avec l’instauration d’une TVA sociale pour alléger les cotisations sociales, utilisation massive du chômage partiel en période de crise pour ne pas avoir perdu le savoir-faire des salariés expérimentés quand vient la reprise… Bref, gare aux excuses faciles pour justifier les résultats décevants de la France en matière de chômage !                                                                 

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 15 avril 2011 :
Article intitulé : Le vrai dopant de l’Allemagne   


« L’Allemagne triomphe. La croissance devrait atteindre finalement 2,6 % cette année au lieu de 2 %, à en croire les prévisions publiées hier par Berlin. Et le ministère fédéral de l’Economie serait trop modeste. Nombre d’économistes estiment que l’activité est sur une pente de plus de 3 % l’an. En France, c’est plutôt l’inverse. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le revenu par tête a progressé en cinq ans de 8 % outre-Rhin, alors qu’il n’a gagné que 1 % de ce côté-ci et qu’il a même reculé de 5 % en Espagne. Et c’est un juste retour des choses. Car les Allemands ont fait des efforts colossaux pour restaurer leur compétitivité. Ils se sont serrés la ceinture. Au cours de la décennie écoulée, ils ont accru leur consommation par tête de 3 %, contre 16 % pour les Français. Ils ont réinventé leurs chaînes de production. Ils ont réaffecté des dizaines de milliards d’euros de recettes et de dépenses publiques pendant que les Français déplaçaient à grand-peine 1 milliard par-ci 1 milliard par-là. L’Allemagne profite à plein d’une politique monétaire devenue trop accommodante pour son économie. Elle va donc accumuler les bonnes nouvelles. Sa croissance sera meilleure que prévu. Son budget va revenir à l’équilibre avec une facilité déconcertante. Beaucoup d’experts crieront au miracle allemand. Il s’est passé exactement la même chose dans les années 2000 en Irlande et en Espagne. Symétriquement, ces deux pays vont souffrir d’un corset monétaire trop serré, tout comme l’Allemagne au cours de la décennie écoulée. Dans une union fédérale comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, les effets de la politique monétaire sont compensés par des transferts budgétaires d’un Etat ou d’un Land à l’autre. Dans la zone euro, ce n’est pas le cas. Les uns souffrent trop, tandis que les autres vont trop bien, gonflant une bulle qui finit par exploser. C’est le prochain défi allemand. »                                                                              

Caroline Bruneau dans « Le Figaro » du 1 mars 2011 :
Article intitulé : L’Allemagne ouvre la chasse aux « docteurs-copieurs  


« Depuis quelques mois, la question de la compétitivité française est au coeur du discours gouvernemental. Au cours des dernières semaines, l’exécutif a pointé comme handicap le coût du travail. Seulement voilà, après avoir publié cette estimation et l’avoir envoyé à Eurostat – chiffre cité depuis par l’Institut de conjoncture Rexecode dans un rapport remis à Bercy, et repris par le Medef– l’Insee s’est ravisé, trouvant « suspecte » une telle progression en quatre ans. Et il a fini par trouver l’erreur. « Entre 2004 et 2008, nous avons changé la méthode d’enquête, pour tenir compte de la durée effective du travail », explique Sylvie Lagarde, chef du département Emploi et Revenus d’activité à l’Insee. Certes, entre 2004 et 2008, le coût horaire du travail a augmenté de 12,3 % tous secteurs confondus et de 12,6 % dans l’industrie. Mais surtout, le différentiel avec l’Allemagne est bien moins important que ne le laissait supposer la première estimation erronée. Tous secteurs confondus (industrie, construction et services), le coût horaire de la main-d’oeuvre s’élève à 31,53 euros en France et à 28,91 euros en Allemagne. Soit 2,62 euros d’écart. Dans la seule industrie, les coûts sont quasiment similaires… avec même un petit avantage pour l’Hexagone ! Le gouvernement risque quand même de devoir trouver d’autres facteurs à la différence de compétitivité entre la France et l’Allemagne… »                                                                                         

Frank Paul Weber dans « La Tribune » du 23 février 2011 :

Article intitulé : Après dix ans de « vaches maigres », les revalorisations salariales bien supérieures à l'inflation se multiplient outre-Rhin avec l'appui de la classe politique.

« Jean-Claude Trichet: « dans la zone euro ceux qui ont su maîtriser leurs coûts connaissent un grand succès, en matière notamment de réduction du chômage, qui est l'objectif majeur ». Il souligne qu'en dix ans, « les hausses des traitements et des salaires dans la fonction publique ont progressé de 35 % en France comme en moyenne dans la zone euro et de seulement 17 % en Allemagne »... De fait, côté hausse des salaires, les Allemands se sont serrés la ceinture durant une décennie. Avec une progression des rémunérations brutes de seulement 21,8 % entre 2000 et 2010, l'Allemagne était la lanterne rouge des 27 pays de l'Union européenne (UE). Pendant ce temps les salaires français progressaient de 30,5 %. Mais cette modération est aujourd'hui révolue. Depuis l'été les partenaires sociaux allemands (qui ont le monopole des négociations salariales) renouvellent les conventions collectives avec des hausses bien supérieures à l'inflation : 3,6 % l'automne dernier dans la métallurgie ou encore lundi dernier pour les 130.000 employés du secteur textile et de l'habillement ouest-allemand. En échange de ces augmentations, la validité des conventions collectives dépasse souvent 18 mois, garantissant aux employeurs une stabilité. De grands groupes comme Siemens et Bosch ont même anticipé de deux mois des hausses de salaires déjà actées : « avancer les hausses est juste afin de partager avec les salariés l'effet de la reprise » explique Helga Schwitzer, une dirigeante du puissant syndicat IG Metall. La hausse des salaires est aussi alimentée par le manque de main d'oeuvre patent dans nombre de secteurs : les rares candidats à des postes peuvent négocier une bien meilleure rémunération.

Frédéric Lemaître dans « Le Monde » du 14 février 2011 :
Article intitulé : Compétitivité allemande, la myopie française


« En 2010, la France affiche son huitième déficit commercial d'affilée : 51,4 milliards d'euros, alors que l'Allemagne présente un excédent de 154,3 milliards, le dix-septième d'affilée. L'institut COE-Rexecode a remis, fin janvier, à Eric Besson, ministre de l'industrie, un énième rapport sur l'écart de compétitivité entre les deux pays. On y lit qu'" il ne fait aucun doute que le coût de l'heure de travail a augmenté plus rapidement en France qu'en Allemagne depuis dix ans, et qu'il s'établit, aujourd'hui, au moins au niveau du coût allemand et plus probablement au-dessus. En outre, les coûts salariaux unitaires (...) qui tiennent compte de l'évolution relative de la productivité, ont progressé d'un peu moins de 3 %, entre début 2000 et fin 2007 en France, alors qu'ils reculaient de 11 % en Allemagne. L'écart qui s'est creusé est ainsi de 14 % et suffit à expliquer très largement la divergence de compétitivité. " L'explication est simple : le boom des exportations n'a pas relancé la croissance, car il a été gagé sur la contraction de la demande interne. La logique politique implicite est insoutenable : appauvrir les salariés allemands pour qu'ils soient compétitifs sur le marché mondial. Cet appauvrissement est réel : le revenu par habitant allemand était supérieur de 15 % à la France en 2000 ; il est aujourd'hui inférieur de 10 %. " Résultat : 15,5 % des Allemands vivaient en 2008 (derniers chiffres connus) sous le seuil de pauvreté, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne européenne, mais en nette augmentation par rapport aux années précédentes. Cela ne signifie pas que le pays s'appauvrit mais que les inégalités augmentent. Car, globalement, le pays va bien.  Il y a peu de chances que l'écart se réduise en 2011 : le moral des chefs d'entreprise allemands n'a jamais été aussi haut, et les instituts de prévision misent sur une croissance comprise entre 2,5 % et 3 % cette année - plus qu'en France. Les salariés devraient en profiter. Pour la première fois depuis 1994, le pouvoir d'achat réel a augmenté de 1,1 % en 2010, selon l'institut WSI, proche des syndicats. » 

Pierre-Cyrille Hautcoeur, Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris, dans  « Le Monde » du 1er février 2011 :
Article intitulé : Et l'Allemagne fit faillite...


« Deux grands déséquilibres financiers mondiaux suscitent actuellement l'inquiétude. D'un côté, l'endettement des Etats-Unis, dont la dette nette envers l'extérieur s'élève à près de 3 000 milliards de dollars - soit 25 % de leur produit intérieur brut (PIB) -, fait face aux positions excédentaires du Japon mais aussi de la Chine, dont l'actif net sur l'étranger atteint 40 % de son PIB. L'autre déséquilibre oppose au sein de l'Europe l'Allemagne, qui accumule les excédents (sa position créditrice internationale atteint 40 % de son PIB). Les dettes publiques engendrent la défiance des investisseurs, car elles sont largement détenues par des investisseurs étrangers, ce qui peut créer la tentation d'un défaut souverain. Durant l'entre-deux-guerres, des déséquilibres comparables ont été réglés par des défauts massifs, en particulier celui de l'Allemagne entre 1931 et 1933. Certes, ce furent les crises bancaires de 1931 qui transformèrent la crise de 1929 en " grande dépression ", mais ces crises furent elles-mêmes le résultat de l'incapacité des grands pays à régler pacifiquement les déséquilibres des paiements internationaux et les dettes qui les liaient. »

Frédéric Lemaître dans  « Le Monde » en date du 26 janvier 2011 :
Article intitulé : L'Allemagne veut mesurer autrement sa richesse

 « L’Allemagne a beau se féliciter tous les jours d'être redevenue la locomotive économique de l'Europe et de connaître une " croissance XXL ", selon la formule du ministre de l'économie Rainer Brüderle, ses dirigeants s'interrogent néanmoins sur la pérennité de ce modèle. La commission d'enquête allemande va travailler plus particulièrement sur le thème " croissance, bien-être, qualité de vie : les voies pour une économie durable et le progrès social dans l'économie sociale de marché ". Elle doit " établir l'importance de la croissance dans l'économie et la société, développer un indicateur global de bien-être et de progrès et sonder les possibilités et les limites du découplage de la croissance, de la consommation des ressources et du progrès technique ". Pour l'un des experts, l'économiste Henrik Enderlein, " la commission Stiglitz-Sen-Fitousssi a remarquablement analysé la question d'une nouvelle mesure de la richesse, mais, sans doute en raison de sa composition très internationale, a été plus faible sur les propositions concrètes. En Allemagne, nous n'allons pas réinventer la roue, mais la faire tourner ". »

Dans  « Boursorama » en date du 12 janvier 2011 :
Article intitulé : Allemagne : croissance de 3,6% en 2010, record depuis la Réunification


« L'Allemagne, faisant fi de la crise économique qui continue de frapper nombre de ses voisins, a enregistré une croissance record en 2010 avec +3,6%, un chiffre jamais vu depuis la Réunification du pays. « Notre croissance est deux fois plus élevée que la moyenne de l'Union européenne", a immédiatement souligné le ministre de l'Economie Rainer Brüderle dans un communiqué. Après avoir été très durement touchée par la crise, avec un recul de 4,7% en 2009, l'Allemagne s'est reprise grâce à un secteur exportateur très dynamique mais aussi grâce à la demande intérieure, soutenue par un chômage en baisse, a poursuivi le ministre, qui juge que son pays "prend le chemin du plein emploi". Le premier exportateur européen a notamment profité de l'appétit des pays en développement pour ses voitures, produits chimiques ou machines industrielles, qui s'est traduit par une envolée des exportations (14,2%). Fonte du chômage aidant, les Allemands ont également semblé retrouver le chemin des magasins, et la consommation des ménages, traditionnellement anémique, a frémi (+0,5%). En 2010, le déficit public allemand s'est creusé à 3,5% du Produit intérieur brut (PIB), a également annoncé Destatis, après 3% en 2009 et un léger excédent en 2008 (+0,1%). » 

Dans Boursorama en date du 3 janvier 2011 :
Article intitulé : Les salaires vont fortement augmenter en Allemagne

« Les salaires devraient enregistrer une forte hausse en Allemagne cette année en raison notamment d'une baisse continue du chômage, déclare la ministre du Travail Ursula von der Leyen "S'il n'y avait qu'une seule raison à citer, ils augmenteront parce qu'il y a moins de travailleurs disponibles", ajoute la ministre. »

Michel Verrier dans « La Croix » en date du 23 décembre 2010 en page 17 :
Article intitulé : En Allemagne, Lidl veut généraliser le salaire minimum

«  Alors que le nombre de travailleurs précaires ne cesse d’augmenter dans le pays, l’enseigne à bas prix demande la mise en place d’une rémunération minimale de 10 euros l’heure. Seul moyen de  mette fin au « dumping salarial ». Dans certaines branches, la coiffure par exemple, les salaires descendent jusqu’à 3 euros de l’heure, voire moins. « Le Jurzarbeit – les mesures gouvernementales de rémunération partielle par l’Etat du chômage dû à la crise – nous permet de ne pas produire une auto de trop dans no sites, expliquait Martin Winterkorn, président de Volkswagen, en mars 2009. La semaine des 35 heures, qui peut être réduite jusqu’à 28,  permet à la fois de réduire la production et de maintenir nos effectifs. »

Commentaire : Nous retrouvons dans ce texte les 28 h, les 35 h et surtout le principe que la durée de travail devienne une variable d’ajustement. De nouveau, l’avènement de la socio-économie mettra « les pendules à l’heure ».

Caroline Bruneau dans « Le Figaro » daté du 28 octobre 2010 en page 19 :
Article intitulé : Fonds immobiliers : 100 000 épargnants allemands piégés.

« Morgan Stanley va liquider son produit P2 Value. C’est la troisième annonce de ce type en un mois. Au total, les Allemands auraient misé environ 90 milliards d’euros sur des placements comparables. »

Philippe Brossard, président de Macrorama, dans «La Tribune» daté du 29 septembre 2010 en page 14 :
Article intitulé : Les mythes de la prospérité allemande.
« Les Allemands (29 250 euros) gagnent moins d’argent que les Français (30 600 euros en 2009) ; cela depuis 2003. Le revenu allemand a connu un déclin relatif considérable depuis quinze ans. Notons que la stabilité du PIB par Allemand relativement à celui des Français ces dernières années tient en partie à des évolutions démographiques divergentes. La population allemande a culminé en 2002 et elle a reculé de presque 800 000 personnes depuis lors. Au contraire, la population française continue d’augmenter d’environ 0,5% par an ; elle a gagné presque 3 millions de personnes depuis 2002. »

Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » daté du 6 septembre 2010 en page 10 :
Article intitulé : Un été allemand.
« Bluffant ! Je ne vois d’autre mot pour qualifier la façon dont l’Allemagne pilote la crise et s’achemine, à son, rythme, vers un retour à une croissance pérenne. Le déluge d’indicateurs économiques de l’été a montré  clairement qu’un seul pays maîtrisait son économie et ses finances. Face à la gesticulation de certains leaders (je ne vise personne…) et l’absence totale de leadership économique d’autres (je vise Obama), le pilotage allemand nous rappelle les grandes années de Michael Schumacher. Il est vrai que parler et appliquer l’austérité est moins facile que de promettre de ne pas monter les impôts alors qu’on ajoute des taxes tous les jours et qu’on supprime des niches fiscales. »

Franck Paul Weber dans « La Tribune » du 31 août 2010 en page 6 :
Article intitulé : Berlin prône la fin de la modération salariale.
« La Chancelière Merkel soutient les revendications syndicales pour une hausse des salaires, espérant un rebond de la consommation des ménages, quitte à risquer une baisse de sa compétitivité à l’export. Les syndicats veulent également mettre la réduction de l’intérim au centre des négociations. »

Michel Verrier dans « La Croix » daté du 10 août 2010 en page 9 :
Article intitulé : L’immigration devient nécessaire à l’industrie allemande.
« Boom des commandes, boom de l’emploi, on parle d’un « job wunder » d’un miracle de l’emploi. »

Caroline Bruneau dans « Le Figaro » daté du 10 août 2010 en page 1 et 21 :

Article intitulé : L’Allemagne a effacé la crise.

« Berlin affiche un excédent commercial de 74,6 milliards d’euros au premier semestre. « On n’avait pas enregistré un tel rythme de progression d’un mois sut l’autre depuis 1984 » relève Julian Callow, chef économiste Europe de Barclays Capital. La France, dont les exportations se tiennent bien également, a pourtant enregistré un déficit de 24,5 milliards d’euros. En 2009, année de la récession, le pays n’avait perdu que 200 000 emplois, grâce notamment au recours massif au travail partiel. Cela a permis aux entreprises, dès la reprise en vue, de tourner de nouveau à plein régime et sans délai. Et à embaucher.»

Commentaire : En France, le temps de travail est analysé sous forme de flux et argument politique. Comme je l’explique lors de mes conférences, le temps de travail est une dynamique qui doit être considéré comme une variable d’ajustement. L’Allemagne nous donne l’exemple de l’utilisation du temps de travail comme dynamique de gestion.

Dans « La Tribune » daté du 9 août 2010 en page 15 :

Article intitulé : L’Allemagne va dépasser ses objectifs 2020 de consommation d’énergies renouvelables.
« Quelque 20% de l’énergie consommée en 2020 proviendra de sources renouvelables, selon le ministère de l’Environnement. A cet horizon, le vent, le soleil, l’eau et la biomasse fourniront 39% de l’électricité consommée par les ménages et 13% de celle absorbée par les transports. »

Dans « Les Echos » du 1 juillet 2010 en page 9 :


Article intitulé : En Allemagne, l’emploi reflète un vif mais peut-être court rebond de l’économie.
« Le nombre de chômeurs pourrait revenir à l’automne à ses niveaux d’avant la crise. Mais les plans d’austérité en Europe devraient freiner cette embellie. Cette décrue du chômage s’explique toujours, en partie, par les mécanismes de chômage partiel mis en place par Berlin, aussi par le vieillissement démographique, mais de plus en plus par le boom des exportations, liés à la reprise du commerce mondial et facilité par la baisse sensible de l’Euro. La plupart des instituts de conjoncture ont ainsi relevé, ces derniers jours, leurs prévisions de croissance pour 2010. »
 
Commentaire : Vous retrouver dans cet article plusieurs notions expliquées lors de mes conférences : l’emploi comme variable d’ajustement, l’extrême importance de l’analyse de la démographique et la baisse de l’Euro.

Markus Gabel, directeur de l’Idefa et chercheur associé au Cirac, dans « Les Echos » du 15 juin 2010 en page 11 :


Article intitulé : Crise de l’euro : comprendre la position allemande.
« Mais la situation critique dans laquelle se trouvent certains pays, ne résulte-t-elle pas avant tout de leurs propres erreurs de politiques économiques ? Pour comprendre ceci, revenons plus de dix ans en arrière. La réalisation de l'union monétaire a conduit à une harmonisation spectaculaire des taux d'intérêt en Europe. Quasiment du jour au lendemain, les pays à taux élevé ont pu bénéficier de taux nettement plus bas déclenchant un boom d'investissement, notamment dans l'immobilier. Cette baisse des taux a conduit à un enrichissement global dans ces pays, mais également, faute de réformes structurelles, à une perte de compétitivité (forte hausse des prix et des salaires) et une dépendance croissante vis-à-vis de l'étranger (importations de biens et de capitaux). En Allemagne, la situation était inverse : baisse de la dynamique économique, recul de l'investissement intérieur et exportation massive de capitaux, conduisant d'abord à une désinflation et des gains de compétitivité, puis au boom des exportations que l'on connaît. Si plus de 40 % de la production allemande est exportée, c'est donc moins le résultat de la politique économique d'outre-Rhin que des conditions de l'union économique et monétaire qui renforce la spécialisation entre les pays. C'est le prix à payer pour la stabilité monétaire et des taux d'intérêt bas. Compte tenu du vieillissement de sa population, l'endettement allemand est déjà insoutenable. Si la France souhaite des salaires plus élevés en Allemagne, le risque est que l'ensemble des partenaires européens récolte un alourdissement de ses coûts via l'importation. Finalement, le chômage augmenterait et toute l'Europe serait perdante, notamment face à la concurrence asiatique. »

Marc Fiorentino, fondateur d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 14 juin 2010 en page 12 :

Article intitulé : Le mondial de la rigueur.

« Une seule explication : la psychologie des ménages, des ménages de plus en plus vieux et préoccupés par leurs retraites. Le raisonnement est simple. Si l'État continue à accroître son déficit, il va droit vers la faillite et ma retraite ne sera pas versée. Je dois donc constituer une épargne de précaution, en réduisant ma consommation, pour compenser l'absence de rigueur de l'Etat. Si au contraire l'Etat, comme en Allemagne, tient les cordons de la bourse, les craintes sur l'avenir de mes retraites mais également de mes droits en tout genre s'estompent et je peux arbitrer en faveur de la consommation. La rigueur crée la confiance. La confiance entraîne l'investissement et la consommation. CQFD. »

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 14 juin 2010 en page 26 :

Article intitulé : Ici Berlin, les Allemands parlent aux Français.

 « « Les salaires allemands dans l’industrie restent nettement plus élevés que dans la plupart des pays de l’UE ». Dont la France, hélas. « La compétitivité est en fait largement le fruit de l’innovation, de la spécialisation et de la qualité. Cela explique pourquoi, en 2009, l’Allemagne est devenue le premier exportateur européen en matière agricole et alimentaire », souligne le francophile et francophone Doktor Cromme.  L’expression même de « Made in Germany » a été créée en 1887 par le Parlement britannique, qui l’a rendue obligatoire sur tous les produits importés d’Allemagne, de façon à inciter les Britanniques «  a acheter anglais ». Or, c’est le contraire qui s’est produit : le made in Germany est devenu synonyme d’un excellent rapport qualité/prix. Les consommateurs européens de 2010 en restent plus que jamais convaincus. »

Roland Hureaux dans « Le Figaro » du 24 mai 2010 en page 14 :


Article intitulé : La rigueur, vertu ou névrose allemande ?
« La puissance économique allemande est avérée depuis longtemps, mais le rapport entre l’Allemagne et la France n’a pas bougé depuis 1958. La France a les deux tiers du PIB allemand et la moitié de son industrie. Les taux de croissance à long terme sont meilleurs en France ou en Italie, au moins jusqu’à l’entrée dans l’euro. Il y a une évolution aberrante, celle du mark. Nous disons qu’il s’agit d’une névrose allemande, une obsession de la sécurité propre à ce peuple, la même crainte de l’avenir qui explique sa natalité catastrophique. Cette crainte s’explique par les drames que l’Allemagne a traversé mais surtout par le fait que, seule des grands pays d’Europe, elle a connu au XXe siècle, à deux reprises, en 1923 et en 1947, l’inflation galopante. Si l’on compare l’inflation à l’alcool, l’Allemagne est l’alcoolique repenti qui a dû faire une cure de désintoxication et ne peut donc se permettre aucun écart, là où les autres peuvent prendre un peu de vin tous les jours sans risquer de sombrer. Comme dans une course cycliste, imposer à tous les coureurs le même braquet est le meilleur moyen de faire éclater le peloton. En réalité, ce ne sont pas ses intérêts qui la guident, c’est sa névrose»

Pierre Héritier, ancien responsable syndical et fondateur de Lasaire, et Joël Maurice, économiste et animateur du groupe Lasaire-éco, dans "Les Echos" du 2 avril 2010 en page 17 :
Article intitulé : Non à la désinflation compétitive à l’allemande.

« Cette crise, comme celle de 1929, tient à la déconnexion des salaires et des profits et au développement d’une financiarisation qui cannibalise les résultats de l’économie. La part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé dans les deux tiers des économies du monde et de façon particulièrement spectaculaire en Allemagne. La France n’échappe pas à la tendance observée, elle l’a précédée il y a vingt-cinq ans !...Or, le gonflement des profits n’accroît pas l’autofinancement des entreprises mais la bulle financière ! L’économie mondiale a besoin de régulation, et la réduction des inégalités constitue un effet de levier de développement et pas seulement un objectif social. La solution la plus judicieuse résiderait dans une augmentation coordonnée des salaires, d’abord au sein de l’UE. La part des salaires allemands dans la valeur ajoutée de l’économie germanique a chuté spectaculairement, les salaires français sont encore, aujourd’hui, plus bas que ceux pratiqués en Allemagne, car l’industrie allemande est plus productive et mieux spécialisée que l’industrie française. Le capital a vis-à-vis du travail une dette, qui se lit dans l’anémie des salaires et dans le déficit des budgets sociaux. »

Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 22 mars 2010 en page 10 :
Article intitulé : L’Allemagne ne triche pas, elle réussit.
« On pouvait s'attendre à tout sauf à cela ! Qui aurait pu imaginer que l'Allemagne se retrouverait au banc des accusés par la faute de son principal allié supposé... la France ! A travers la déclaration de Christine Lagarde, c'est toute la France qui a exprimé sa soif d'égalitarisme, pas par l'excellence mais par le nivellement par le bas. "Je ne veux pas voir une tête qui dépasse !" Tous égaux, tout en bas... Vous savez maintenant ce que vous devrez dire à votre enfant s'il vous rapporte un mauvais classement scolaire : "ce n'est pas de ta faute, c'est de la faute des premiers de la classe ! Demande-leur de moins bien travailler ou on ira se plaindre au directeur." Ce qu'on reproche à l'Allemagne, c'est de réussir là où nous échouons : exportations, PME, modération des salaires, consensus syndicats-patronat pour sauvegarder l'emploi. Nos PME sont abandonnées au profit de grands groupes qui ne paient plus d'impôts en France et ne recrutent pas ici, nos exportations faiblissent et ne sont pas suffisamment diversifiées, la progression des salaires est un dû même si elle se fait au détriment de la solidité de certaines entreprises et nos syndicats ne comprennent rien à l'économie et déclenchent des grèves dans des entreprises en quasi-faillite ce qui achève de les achever. La France n'aurait pas dû se tromper de cible. L'Allemagne n'est pas la Chine. D'ailleurs on entend peu la voix de la France pour critiquer le dumping par le yuan de la Chine, un dumping meurtrier pour nos industries et nos exportateurs. L'Allemagne ne triche pas, elle réussit. Et ça, c'est quelque chose qu'on a du mal à supporter dans notre pays. Celui qui réussit est forcément un tricheur. Celui qui travaille trop est un "jaune". Celui qui ne prend pas toutes les vacances scolaires fait de la "concurrence déloyale". Celui qui accepte un gel de son salaire pour préserver l'emploi est "un suppôt du capitalisme". Nous, nous protestons, nous parlons, nous annonçons mais nous n'agissons pas. Le gouvernement a, depuis des mois, accumulé les effets d'annonce : les 1.000 mesures pour la relance, les dizaines de faux plans de relance pour les PME, les dizaines de rappels à l'ordre des banquiers pour les prêts aux entreprises, rappels sans effet, les centaines de commissions inutiles, les grands emprunts qui deviennent des petits riens, les taxes carbone qui partent en fumée, les taxes sur tout qui financent les commissions qui ne servent à rien...N'en veux pas à ceux qui expriment leur rancoeur devant vos succès. Ils ne comptent pas. Il y a encore en France des entrepreneurs qui rêvent d'une France qui gagne, comme l'Allemagne, sans tricher, ni pleurnicher. »


Romaric Godin, correspondant à Francfort, dans « La Tribune » du 22 mars 2010 en page 11 :
Article intitulé : Europe : puissance de la misère ou misère de la puissance.
« Grâce aux critiques de Christine Lagarde, les Allemands redécouvrent les vertus de leur modèle économique. Et verraient bien l'Europe l'adopter. Mais ce système est-il vraiment celui dont l'Europe a besoin ? Aujourd'hui, 6,52 millions d'Allemands vivent encore avec les minima sociaux, en moyenne, 446 euros mensuels. Ils sont 450.000 de moins qu'en 2006, certes, mais ils vivent aussi avec 20 euros de moins qu'alors. Et si le chômage a baissé, la précarité a envahi le marché du travail, des salaires de misère ont vu le jour, alimentés par ce cas unique en Europe : l'inexistence d'un salaire minimum. Là encore, le bilan est donc bien maigre, mais il n'est pas fini. Sans ressource sur leurs marchés intérieurs, les banques allemandes sont allées chercher de la croissance ailleurs, souvent, comme dans le cas d'Hypo Real ou des Landesbanken, en prenant des risques inconsidérés. Elles ne doivent aujourd'hui leur survie qu'à la générosité publique. Et n'est-ce pas la faiblesse de la demande intérieure qui a provoqué la faillite de Karstadt et le retard allemand dans le secteur en croissance de la vente en ligne ? Oui, l'Allemagne est puissante, mais sa puissance est faible. Et impuissante. La croissance allemande dépend entièrement de l'évolution du commerce mondial sur laquelle elle n'a aucune prise. En deux ans, elle aura dépensé pas moins de 120 milliards d'euros pour réduire le recul du PIB à 5% l'an dernier et s'offrir une croissance de 1,2% cette année ! Cette impuissance, les entreprises pourraient la découvrir également. Car les tant vantées PME du Bade-Wurtemberg pourront-elles éternellement lutter face à des groupes chinois qui produisent mieux et moins cher ? Déjà, dans le secteur de l'énergie solaire, la compétitivité allemande n'est plus qu'un mirage face aux produits asiatiques. Le modèle allemand n'a, en réalité, qu'une vertu : en comprimant la demande, il évite l'inflation. Et de fait, les prix croissent depuis dix ans moins vite outre-Rhin que dans la zone euro. Il rappelle ces bourgeois d'Issoudun décrits par Balzac dans "la Rabouilleuse" qui refusent de voir passer la route de Paris à Toulouse "en objectant que si la grande route traversait leur ville, les vivres augmenteraient de prix et l'on serait exposé à payer les poulets trente sous". Cette route, c'est celle de la croissance que l'Allemagne a sacrifiée sur l'autel de la stabilité. Face aux appels des responsables allemands qui invitent le reste de l'Europe à faire "comme eux", l'Europe doit de façon urgente se demander si son besoin le plus urgent est celui de la stabilité ou de la croissance. »


Vincent Beaufils dans « Challenges » du 18 mars 2010 en page 13 :
Article intitulé : France-Allemagne, transgression.
« S’il est exacte que, depuis 1998, les coûts salariaux allemands ont augmenté seulement de 10%, pour 25% en France, cet écart de 15 points n’existe quasiment plus quand on s’intéresse à la seule industrie  manufacturière, celle qui produit l’insupportable excédent allemand. La France industrieuse était même plus vertueuse que l’Allemagne jusqu’en 2005, un effet de la rigueur salariale qui a fait suite à la mise en place des 35 heures. ! »

 

REVUE DE PRESSE DES 1er ET 2 AOUT 2011

                                                                        CAC 40 du 1er août 2011:
                                                -2,27% ou -0,193% voir site : www.agencedecotationisr.com

                                                                        AGENCE DE NOTATION

Dominique Seux dans « Les Echos » du 1 août 2011
Article intitulé : De l’utilité de Moody’s et S&P   


« Les esprits suspicieux auront relevé ce paradoxe. Alors qu’il ne se passe pas un jour sans que les agences de notation ne lancent des avertissements sur les perspectives financières des Etats, les deux principales viennent de publier les résultats de leur propre activité et ils sont exceptionnels. Standard & Poor’s et Moody’s ont ainsi annoncé des taux de marge de 44 %. Le procès fait à ces agences – Fitch est la troisième – est aisé à instruire : elles ne se contentent pas d’être des thermomètres des comptes publics, elles font monter la fièvre ; elles n’ont pas vu venir la crise des « subprimes », leur crédibilité est donc limitée ; elles sont souvent en conflit d’intérêts, voire dans des stratégies marketing ; leur compétence technique est douteuse quand une équipe de quelques analystes prétend cerner la situation, forcément complexe, d’un pays. Difficile de nier qu’elles ont amplifié les crises grecque et portugaise. Tout cela est vrai, à deux points près. La responsabilité n’incombe pas d’abord aux agences, mais à tous ceux qui en ont fait des oracles omniscients. Les investisseurs, qui ont renoncé à faire leurs propres expertises, et les Etats, qui ont fixé des contraintes réglementaires aux banques liées aux notes, ont sous-traité aux agences ce qui n’aurait pas dû l’être. Ensuite et surtout, ces thermomètres, même de qualité discutable, ont leur utilité. Dans le cas de la Grèce, les agences ont été les premières à dire que la dette n’était pas « soutenable », en clair qu’Athènes n’arriverait pas à rembourser. Qu’en est-il de la France et de son triple A ? On peut penser que des observateurs extérieurs sont nécessaires dans un pays qui n’a jamais affiché un budget en équilibre depuis trente ans, dont les dépenses publiques sont presque les plus élevées des Vingt-Sept, qui s’était mis d’accord avec l’Allemagne en 2004 pour oublier les critères de Maastricht. Alors que la génération au pouvoir transmet ni vu ni connu depuis vingt ans le boulet de la dette à la suivante, les agences ont le mérite de dire : ce petit jeu ne peut pas durer éternellement. »


                                                                                    ALLEMAGNE

Dans « Le Monde » du 2 août 2011
Article intitulé : L’Allemagne, exaspérante première de la classe

« L’Allemagne n’a pas été en aussi bonne santé depuis longtemps. Elle a laissé la crise derrière elle » a déclaré Angela Merkel »

                                                                                    BOURSE

Dans « Boursorama » du 2 août 2011
Article intitulé : HSBC va embaucher 15.000 personnes sur les marchés émergents en 3 ans

« La banque britannique HSBC, une des premières d'Europe, va embaucher quelque 15.000 personnes dans les pays émergents au cours des trois prochaines années, a indiqué mardi une porte-parole à l'AFP, au lendemain de l'annonce de la suppression de 30.000 emplois dans le monde. La veille, le groupe avait annoncé jusqu'à 30.000 suppressions de postes d'ici à 2013, soit près de 10% des effectifs, pour réduire ses coûts. "HSBC en Asie est sur la bonne voie pour atteindre nos buts stratégiques, à savoir créer un dynamisme de revenus provenant d'une hausse des actifs de qualité et des revenus", a déclaré Peter Wong, directeur général de HSBC Asie-Pacifique, dans un communiqué. Le directeur général du groupe avait annoncé lundi 30.000 suppressions d'emplois alors que la banque venait de publier un bond de 35% de son bénéfice net au premier semestre de cette année, à 8,9 milliards de dollars (6,2 milliards d'euros). Ces résultats incluaient la perspective de 5.000 suppressions de postes dans le monde, dans le cadre d'un vaste plan visant à économiser entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars d'ici à 2013. »


Dans « Boursorama » du 1 août 2011
Article intitulé : Le géant HSBC sabre à son tour ses effectifs malgré de gros profits 


« La banque britannique HSBC, une des premières d'Europe, a annoncé lundi qu'elle allait supprimer jusqu'à 30.000 postes dans le monde malgré d'excellents résultats, suivant ainsi la stratégie d'autres grandes banques qui sabrent leurs effectifs pour préserver leurs bénéfices. Mises face à face, les deux informations délivrées le même jour par HSBC sont particulièrement frappantes : un bénéfice semestriel qui a bondi de 35%, pour atteindre 8,9 milliards de dollars (6,2 milliards d'euros), mais des réductions d'emplois devant toucher près de 10% de l'effectif mondial de la banque dans les deux ans. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'un plan visant à réduire les coûts de 3,5 milliards de dollars d'ici à 2013, sous la pression des actionnaires qui veulent sauvegarder leurs dividendes y compris en période de crise. Les investisseurs n'ont d'ailleurs pas manqué de saluer lundi les annonces de HSBC, dont le cours à la Bourse de Londres gagnait près de 4,5% en milieu de séance. Quant à la star de la finance mondiale, l'américaine Goldman Sachs, elle prévoit un millier de licenciements d'ici la fin de cette année pour "raisons économiques". »

Commentaire : « Actionnaires qui veulent sauvegarder leurs dividendes » ! Oui mais à sauvegarder les dividendes, ils détruisent la société. Il est vrai qu’entre temps ils auront retiré leurs fonds et seront partis investir ailleurs en laissant une société moins compétitive. 30 000 postes contre des bénéfices virtuels, ils ont choisi. Quant à Goldmann Sachs, il vaut mieux en rire…enfin si l’on en a encore l’envie ! Et si les clients européens changeaient de banque ?

                                                                                      ECONOMIE

Michel Rocard dans « Les Echos » du 2 août 2011
Article intitulé : Une nouvelle tempête approche sur les marchés financiers   


« Rien ne borne, toujours, le champ illimité des marchés « virtuels », c’est-à-dire des marchés de produits dérivés déconnectés de tous contrats d’économie réelle, et rien n’est fait non plus pour limiter la propension des grandes banques, surtout la Fed américaine, à inonder le monde d’un volume hallucinant de liquidités créées pour la spéculation et totalement étrangères à toute orientation vers l’investissement. Il n’y a donc aucun frein à ce que se reproduisent des bulles financières de même nature que celle qui explosa en 2007-2008. Les paradis fiscaux n’ont guère perdu de leur ampleur ni naturellement de leur anarchique volatilité. Le léger renforcement des autorités de contrôle ou de régulation bancaires qui est tout de même intervenu n’est en rien à la hauteur des enjeux. On a en 2008 empêché la mutation d’un krach boursier en récession grâce à la transformation partielle de la dette privée menacée en dette publique. Ce coup génial a réussi, et il est en partie à l’origine de la nouvelle crise qui menace, celle de la dette publique. Depuis plus de vingt ans, la dominance nouvelle du capitalisme financier sur les économies contemporaines a mis les Etats en situation de devoir emprunter massivement. Une des règles du nouveau jeu établie un peu partout dès les décennies 1970 et 1980 fut l’interdiction faite aux banques centrales d’émettre la monnaie. Cette idée dangereuse, émise en France par Jacques Rueff dès 1958, généralisée en Europe dans les vingt ans qui suivirent, avait pour objet de limiter la propension des économies capitalistes à pratiquer l’inflation dès qu’elles étaient en plein-emploi. Mais elle eut surtout ce résultat terrifiant d’obliger les Etats à emprunter aux taux du marché de la monnaie émise par les banques privées pour assurer leur trésorerie, créant ainsi un puissant freinage à l’investissement public, un énorme flot de dépense publique nouvelle et irrépressible et une gigantesque rente de situation pour l’appareil bancaire privé. C’est ainsi qu’on est arrivés, avant la crise de 2008, à une dette publique comprise entre 50 et 100 % du PIB en Europe et dépassant 100 % aux Etats-Unis. Le traitement de la crise de 2008 a tout aggravé. En outre, 17 pays d’Europe se sont donné une monnaie commune, l’euro. Ils ne peuvent donc plus dévaluer chacun de leur côté. C’est un progrès collectif important, mais qui suppose que l’euro soit géré comme une vraie monnaie commune, c’est-à-dire avec une totale solidarité. Imagine-t-on, avant l’euro, que la France ait pu renvoyer la Seine-Saint-Denis ou la Corse devant les marchés financiers pour solder leur dette internationale ? Il est encore possible de parer à tout cela. Les techniques financières sont brutales mais connues. Mais il n’est plus possible de le faire dans le respect des exigences nationales souveraines de chacun. Les Etats-Unis devront renoncer à l’impérialisme du dollar, l’Allemagne doit renoncer au rêve de voir l’euro géré comme si les 16 autres pays de la zone avaient la même histoire et la même culture qu’elle. La tempête qui s’annonce comportera de grands bouleversements. »


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Pascal Lacorie dans « La Tribune » du 1 août 2011
Article intitulé : Les « indignés » d'Israël font plier Benyamin Netanyahou


« Israël est submergé par une vague de contestation sociale sans précédent. Plus de 150.000 manifestants ont défilé samedi soir à Tel-Aviv et dans plusieurs autres villes pour dénoncer la hausse effrénée des logements. Ce mouvement totalement spontané, qui s'est traduit depuis deux semaines par l'apparition de centaines de tentes de protestation au beau milieu des grandes villes, a ainsi franchi une nouvelle étape et contraint le gouvernement de Benyamin Netanyahou à promettre des logements sociaux et à desserrer l'emprise sur l'économie d'une vingtaine de puissants holdings familiaux financiers et industriels. Le coût des logements a grimpé de 63 % en quatre ans alors que les revenus des employés, des cadres et de la plus grande partie des professions libérales ont stagné. Résultat : plus de 80 % des Israéliens soutiennent les manifestants, selon un sondage. »

 



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