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Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les régulateurs prônent davantage de transparence sur les marchés.
" Les banques ont lancé leur propre moteur de confrontation des ordres, en dehors de tout statut prévu par la directive. Cela parfois en toute transparence des intérêts à l'achat et à la vente, mais parfois en toute opacité. MIF a prévu des obligations en matière de transparence pour compenser les effets de cette concurrence nouvelle. La directive a aussi prévu des exemptions, notamment pour éviter à des gérants institutionnels d'avoir à subir un impact de marché provoqué par un ordre important. Mais elles sont aussi utilisées pour de petits ordres ! »
Jean-Pierre Rondeau, président de CIF-CGPC, dans H24Finance daté du 29 juillet 2010 :
Article intitulé : Un dernier coup de g... avant les vacances
" Oui, les banques sont immorales. Oui, Madame MERKEL a raison d’interdire les ventes à découvert quand elles ne sont que des opérations de spéculation et pas de couverture. Je veux oublier ses rodomontades et celles de notre président quand ils demandaient, il y a à peine quatre ans encore, que l’on impose moins de contraintes aux hedge funds pour « permettre à l’industrie financière européenne de rattraper son retard sur NY et surtout la GB » ! J’espère aussi que Mr OBAMA fera ce qu’il prétend. Et donc qu’une banque de dépôts US ne pourra plus faire d’opérations pour compte propre, même à travers une filiale. Car même quand elle joue avec ses propres fonds, elle met en péril les capitaux de ses clients en prenant le risque de disparaitre. Et si elle est sauvée, c’est avec l’argent du contribuable. D’autre part, elle joue aussi avec l’argent de ses clients en leur vendant des produits "pourris", dits garantis ou structurés et des hedge funds ou fonds alternatifs (je parle des non monétaires surtout, car l’on met en avant les seuls monétaires pour dire qu’il y a de bons hedge). Mais elle utilise aussi les mandats de gestion directe ou OPCVM pour faire tourner les portefeuilles. Le tout lui permet actuellement de rembourser les Etats pour ne pas être sous tutelle informelle et pour pouvoir payer des bonus.
Enfin, quand c’est une très grande banque, elle manipule les cours comme cela peut se constater presque toutes les fins d’après midi sur le CAC ou à Wall Street. Jamais je n’avais vu autant de mensonges que depuis 2007 : chez des gérants, analystes, agences de notations, patrons de banques et de sociétés de gestion, ministres aussi, etc. La bourse actuelle ne veut plus rien dire. En 2007/2008 (avant Lehmann) j’étais invité à déjeuner par des gérants qui me disaient qu’il « fallait y aller », « que c’était le moment ». Et parce que je démolissais leurs arguments de vente, je les voyais se décomposer et me dire à la fin du repas, pour ne pas paraître trop incompétents : « Tu sais, Jean-Pierre, à titre personnel, j’ai tout vendu ! ». Il aurait fallu que je vende un marché à mes clients (et eux aux leurs) auquel eux-mêmes ne croyaient plus. Combien de banquiers ont-ils donné instructions aux conseillers des guichets pressés de campagne de vente de produits pour les faire simplement alléger les portefeuilles ? Oui, les banquiers (je ne parle pas de mes anciens collègues de terrain) se conduisent actuellement comme des voyous et avec eux beaucoup des intervenants en Finance. Heureusement, il existe encore de bons professionnels souvent gérants et conseillers indépendants, mais aussi des salariés de réseaux pour résister aux sollicitations." *Les propos rédigés par Jean-Pierre Rondeau ne sont pas nécessairement partagés par H24Finance. Ils n'engagent que leur auteur. »
Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » daté du 27 juillet 2010 en page 19 :
Article intitulé : Les banques vont bien, merci ! Maintenant, occupons-nous des Etats.
« Aussi rigoureux qu’a pu être cet audit (stress test), il s’agit avant tout d’un exercice de communication destiné à rassurer les investisseurs, à apaiser les banquiers eux-mêmes qui en sont venus à craindre de se prêter de l’argent entre eux et à montrer au monde entier le degré de sophistication de notre surveillance financière. Le problème, c’est que ces tests ont, en fait, le même degré de validité qu’un permis de conduire accordé par un examinateur aveugle, ivrogne, et ignorant lui-même le Code de la route. Car qui sont ces régulateurs qui ont accordé leur visa à 84 banques au bout de plusieurs semaines d’un suspense angoissant, sinon des institutions qui, jamais dans le passé, n’ont pu et n’ont su avertir des risque économiques, financiers ou boursiers qui s’apprêtaient à éclater. Jamais, on ne les a entendus dire une seule fois : attention aux produits dérivés, aux subprime ou à tel risque souverain. Ils n’ont jusqu’ici jamais rien vu, rien su, rien entendu. »
Andrei Shleifer, professeur à Harvard, dans « Les Echos » du 2 juillet 2010 en page 15 :
Article intitulé : La régulation financière, un échec probable.
« Je ne serais pas surpris que nous ne soyons qu'au début d'une période de grande volatilité. Il est plus que probable que les nouvelles régulations seront un échec et que les grands établissements financiers continueront à rouler les régulateurs dans la farine simplement parce qu'ils sont plus malins. Je suis prêt à parier que, dans cinq ans, les grandes institutions financières seront plus puissantes encore qu'aujourd'hui, qu'elles se livreront aux mêmes activités - et plus -, avec les mêmes effets de levier. Il n'est cependant pas impossible qu'une partie de ces nouvelles régulations empêchent certaines activités financières de se développer, mais nous ne sommes pas en mesure de dire si elles rendront le système plus stable ou si elles déclencheront un redoublement d'activités dans les zones non régulées du système. Ce n'est la faute de personne : il y a simplement trop de décalage entre les compétences des régulateurs et celles des institutions qu'ils sont censés réglementer, celles-ci par définition ne faisant de bénéfices qu'à condition de gonfler leur bilan. »
Joseph Stiglitz dans « Les Echos » du 28 juin 2010 en page 13 :
Article intitulé : Démocratie et déréglementation financière.
« Cela aura pris trois ans depuis le début de la récession, la faillite de Lehman Brothers, pour que les Etats-Unis et l'Europe se décident enfin à réformer leurs réglementations financières. Peut-on faire confiance d'ailleurs aux autorités de régulation ? Sans ambiguïté : non ! Ce qu'il faudrait : c'est durcir encore leur cadre réglementaire.
Ce qui entraîne une autre question : à qui, donc, peut-on faire confiance ? Pour les questions économiques complexes, cette confiance a été remise entre les mains des banques et des régulateurs qui souvent viennent, eux-mêmes, des marchés. Même si les événements de ces dernières années ont prouvé que les banques peuvent gagner des milliards tout en mettant en péril l'économie et leurs propres solidités financières.
Mais comme toujours, le « diable se cache dans les détails », et les lobbies du secteur financier ont oeuvré avec force afin de s'assurer que les détails des nouvelles régulations fonctionnent dans le sens des intérêts de leurs employeurs.
Pourtant les critères d'analyse sont clairs : la nouvelle loi devrait limiter les pratiques qui ont compromis l'ensemble de l'économie mondiale, et réorienter le système financier vers ses métiers : gérer les risques, allouer le capital, accorder des prêts surtout aux petites et moyennes entreprises et développer un système de paiement efficace.
La disposition du projet de loi sénatoriale sur les produits financiers dérivés est un bon test décisif : le gouvernement Obama et la Fed, en s'opposant à de telles interdictions, se sont clairement alignés du côté des grandes banques. »
Frédérique Garrouste dans « L’AGEFI Hebdo » du 18 juin en page 14 :
Article intitulé : AMF sur tous les fronts
« « Tout se passe comme si l’objectif de protection de la place amenait l’AMF à ne pas faire de vagues, y compris sur le sujet de la transparence des banques sur leurs risques, qui reste très insuffisante » poursuit Colette Neuville. » « La pensée de l’AMF n’a pas bougé, s’agissant de défendre les épargnants sans ennuyer les grands groupes, notamment bancaires, analyse Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest. Le régulateur n’aborde pas le vrai sujet soulevé par la crise, à savoir les conflits d’intérêts et le monopole bancaire. » « Une des grandes erreurs de la régulation est de ne pas avoir anticipé les risques existants sur le système bancaire, l’effet de levier, les finances publiques, les avoirs à l’étranger, a déclaré Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF » »
Franck Nouchi dans « Le Monde » du 19 mai 2010 en page 26 :
Article intitulé : Les marchés ? Quels marchés ?
« D'eux, tout dépend. Un jour, ils sont euphoriques, et nous avec. Un autre, ils ont un moment de déprime, et nous plongeons avec eux. Gare à leurs accès de nervosité : c'est alors toute la planète qui devient fébrile. De krach en boom, ils font la pluie et le beau temps. Mêmes les économistes en perdent leur latin. Une semaine auparavant, "les marchés", inquiets des dettes accumulés par les Etats, avaient réclamé des plans de rigueur. A peine leur souhait avait-il été exaucé qu'ils étaient à nouveau inquiets en raison même de ces plans de rigueur dont ils pensent qu'ils pourraient nuire à la relance de l'économie. Difficile à comprendre. Jean-Pierre Jouyet (président de l’AMF) tente une explication : non seulement, "les marchés" souhaitent un assainissement financier et budgétaire, mais ils veulent de la visibilité, savoir à quel horizon les déficits et les dettes vont être réduits ; comment et quand sera restaurée une croissance saine et équilibrée. Rappelant qu'il existe un lien inversement proportionnel entre l'augmentation des déficits et de la dette et la croissance. Prédisant dix années de vaches maigres - "Ceux qui prétendent le contraire vous mentent" -, le patron de l'AMF ajouta que toute la question est, dorénavant, de savoir comment répartir les efforts, comment réduire les déficits dans le respect de l'équité et de la justice. Ne pourrait-on pas, ainsi que vient de le proposer le premier ministre grec, fermer certains d'entre eux de manière à retrouver un minimum de sérénité ? M. Jouyet eut cette phrase un rien vertigineuse : "Pour fermer un marché, il faut déjà le connaître, savoir où il est. Il faudrait déjà qu'il y ait un marché." Comme il fallait bien mettre un peu de cohérence dans cet océan d'incertitudes, il ajouta : "Avant de suspendre des marchés, il faudrait d'abord les organiser." »
Joshua Rosner dans "La Tribune" du 28 avril 2010 en page 13 :
Article intitulé : Crise de l’euro : les vrais coupables.
« Au début, ce sont les spéculateurs, les « vendeurs à découvert » et les hedge funds qui ont été pointés du doigt. Pourtant, les véritables responsables sont plutôt ceux qui, profitant de l’inefficacité de la surveillance exercée par les autorités, ont créé des actifs toxiques et dissimulé leur niveau de risque : institutions bancaires, banques d’investissements et agence de notation. Les banques d’affaires exploitent les lacunes réglementaires, juridiques et comptables pour cacher la véritable situation économique de l’emprunteur. Et pour rassurer les marchés, elles utilisent la caution d’agences de notation. Ainsi, en dépit de leur devoir d’informer les investisseurs de l’ensemble des risques auxquels ils s’exposent, les banques induisent ces derniers en erreur. S’ils avaient été totalement informés de la situation de l’emprunteur, ces investisseurs auraient prêté à des taux d’intérêt bien plus élevés. Les banques se sont surtout appliquées à fabriquer, sur de fausses bases, une demande artificielle pour des produits financiers opaques et risqués. Et plutôt que d’agir dans l’intérêt de leurs concitoyens, les représentants officiels ont décidé qu’ils pouvaient appliquer la loi de façon arbitraire pour dissimuler leur complicité (crise grecque). La crise ne connaîtra pas de fin tant qu’ils n’admettront pas, tout comme nous tous, la réalité de ce délit. »
Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : Le marché secondaire des fonds fermés doit s’organiser.
« La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »
Anne Michel dans « Le Monde » du 12 mars 2010 en page 13 :
Article intitulé : Michel Pébereau : « Rien ne sera plus comme avant »
« Certains régulateurs ont failli à leur mission. Pour qu’on ait abouti à un risque de crise systémique et une récession mondiale, à partir du simple éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis, il faut qu’il y ait eu des responsables qui aient dérapés à plusieurs niveaux. Les défaillances les plus graves se sont produites aux Etats-Unis. Il y a quatre niveaux de responsabilité : la politique monétaire américaine de facilité, source de surendettement, et les déséquilibres structurels des paiements internationaux courants, dont le déficit des Etats-Unis ; l’illusion du tout-marché, entretenue par les normes comptables internationales, qui a conduit à s’imaginer qu’il y avait un marché, donc une liquidité, pour tout actif financier, même le plus baroque ; les imprudences d’établissements financiers qui ont pris des risques mortels de solvabilité ou de liquidité ; enfin, certains régulateurs ont failli à leur mission. Il faut s’assurer que les banques se sont dotées de systèmes adaptés pour maîtriser les risques de liquidité, sans les empêcher de faire leur métier, qui est pour une part de transformer de l’épargne à court terme en crédits plus longs. »
Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, dans « Le Figaro » du 1er mars 2010 en page 23 :
Article intitulé : Donner plus de pouvoirs au gendarme des marchés financiers.
« Le problème les (hedge funds) dépasse largement à cause, disons-le, du caractère moutonnier des marchés. Tout le monde suit, parce que tout le monde veut en être… Nous sommes manifestement confrontés, sur certains segments de marchés, à une concentration entre les mains d’une poignée d’acteurs. Regardez l’impact d’un prétendu dîner à New York de quelques opérateurs. S’il s’est effectivement tenu, c’est pour le moins troublant. S’il s’agissait d’industriels, on parlerait d’un cartel qui serait vigoureusement sanctionné. Mais s’agissant de finance, c’est le néant total ! Un autre problème auquel nous sommes aussi confrontés, c’est la très grande difficulté pour les régulateurs comme pour les investisseurs de faire la différence entre ce qui relève des rumeurs et ce qui est effectivement une réalité sur le marché. »
Florence Guédas dans l’Agefi Hebdo du 22 janvier 2010 en page 12 :
Article intitulé : AMF En quête de crédibilité.
« Le dossier EADS a mis en lumière un profond déséquilibre des pouvoirs en interne, révélateur d’un état d’inachèvement de l’institution. Le dossier EADS a mis en lumière un déséquilibre entre les deux piliers sur lesquels l’AMF fonde son autorité : un pouvoir d’enquête défaillant d’un côté et un pouvoir de sanction renforcé de l’autre. Avec, en filigrane, la question de l’influence exercée par la direction générale de l’AMF dans le déroulement de l’enquête qui discrédite le travail des enquêteurs. La procédure d’enquête menée par l’AMF est en effet loin de respecter les droits de la défense. Outre que « les enquêtes sont menées ‘à charge’, les ordres de mission ne sont pas suffisamment explicités pour permettre aux personnes d’identifier les manquements qui fondent les investigations. »
Noël Forgeard, ancien coprésident exécutif d’EADS, l’AMF « vient de laver un soupçon entretenu depuis plus de trois ans, sur moi, mon honneur, mon travail et celui des équipes d’Airbus »
Fabrice Rémon, associé Deminor « L’omerta continue à régner sur la place de Paris, comme dans les dossiers Natixis et Madoff »
Maître Marc Levis, avocat associé au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation « Premièrement, on ne peut pas dire que l’AMF ait vraiment une doctrine. On a parfois le sentiment que les affaires sont jugées au cas par cas. Cette insécurité juridique est associée à l’impression d’un manque de loyauté, à une imprévisibilité. »
Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 21 décembre 2009 en page 33 :
Dossier EADS « L’AMF renoue avec ses vieux démons qui la font soupçonner d’être faible avec les forts et forte avec les faibles. On a entendu jeudi sur France Inter son président, Jean-Pierre Jouyet, furieux, critiquer la « schizophrénie » de l’institution qu’il préside : à la fois régulateur, gendarme et juge. « Que la même institution fasse des poursuites et juge est incompréhensible par l’opinion publique. La perception l’emporte alors sur la réalité » Il y a comme du changement de stratégie dans l’air. Là où ses prédécesseurs comptaient sur leur fermeté dans l’affaire EADS pour asseoir la crédibilité de l’institution après le flot de critiques sur la gestion des affaires Rhodia et Vivendi, et faire oublier le sulfureux passé de la COB, le nouveau patron de l’AMF compte plus sur la force de sa régulation pour jouer un rôle politique. »
Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, est professeur à Columbia University dans « Les Echos » du 14 décembre 2009 en page 15 :
« Les régulateurs, chargés en principe d’empêcher toute action pouvant entraîner un risque systémique, ont échoué. Nombre d’entre eux n’ont pas compris le rôle de la réglementation et nombre d’entre eux sont devenus « otages » de ceux-là mêmes qu’ils étaient supposés réguler. Laisser de telles banques continuer à se livrer à des transactions pour leur propre compte dénature les marchés financiers. Pourquoi seraient-elles autorisées à faire des paris, alors que ce sont les contribuables qui assumeront leurs pertes ? Soit ils (les banquiers) ont trompé leurs actionnaires et les investisseurs, soit ils n’ont pas compris la nature des risques et des profits. Probablement les deux. De toute façon, c’est décourageant. Le manque de compréhension des risques par les investisseurs et les défaillances de la gouvernance ont encouragé les banquiers à ne pas concevoir des bonnes structures d’incitation. Il est crucial de corriger ces défauts. Plus la banque est importante en taille, et plus les risques qu’elle est autorisée à prendre sont importants, plus est grande la menace qu’elle constitue pour nos économies et nos sociétés. »
Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 24 novembre 2009 page 7 :
« Depuis sa création, il y a six ans, elle se voit régulièrement reprocher son opacité, sa faiblesse juridique, ses ambiguïtés. Nommé à sa tête il y a un an, Jean-Pierre Jouyet s’efforce de lui redonner une crédibilité. Un souci, aussi, d’en finir avec une certaine façon de travailler de l’ancienne COB, dont la perméabilité au monde extérieur était l’une des failles. Bilan ? Rien n’a vraiment changé. Ce sont des cabinets d’avocats qui recrutent d’anciens de l’autorité afin d’en comprendre les arcanes et de passer les bons coups de fils ; ce sont des magistrats passant de l’AMF au pôle financier de Paris.. S’est ainsi formée, par une sorte d’endogamie, une aristocratie de la régulation boursière avec ses clans se faisant et se défaisant au gré des affaires traitées par l’autorité et des affinités politiques. Dernier exemple en date, le tribunal de grande instance de Paris a débouté l’AMF de son action contre les auteurs du livre « L’affaire Rhodia, l’histoire du plus grand nombre scandale financier français » qui dénonce les trucages de l’AMF pour protéger les administrateurs de Rhodia », parmi lesquels Thierry Breton, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances. La juge d’instruction Xavière Siméoni a recommencé toute l’enquête. Résultat : des bureaux perquisitionnés deux, trois fois, des pièces retrouvées dans le dossier pénal dont l’AMF n’a pas tenu compte, des gardes à vue pour entendre à nouveau des dépositions déjà recueillies dans le cadre de l’enquête administrative…un vrai bazar de procédure qui fait le bonheur des avocats et des communicants. »
Odile Benyahia-Kouider et Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » du 11 novembre 2009 :
« Trop jeune, inexpérimenté, dans une logique à charge, bourré de certitudes, obnubilé à l’idée de se faire un nom, hermétique à la science du planning aéronautique….Que n’a-t-on pas entendu depuis des mois au sujet du malheureux inspecteur de l’AMF qui a enquêté durant deux ans sur les délits d’initié supposés au sein d’EADS. Un an après le début des investigations, en septembre 2007, le secrétaire général de l’AMF demande une note d’étape et la transmet au parquet, puisqu’une procédure pénale est en cours. Quelques semaines plus tard, le 3 octobre 2007, elle se retrouve…à la une du « Figaro » ! Même si personne ne sait d’où vient la fuite, l’AMF est pointée du doigt. « L’AMF a voulu montrer qu’elle était capable de travailler plus vite et aussi bien que la justice, estime un avocat. Elle en a fait une affaire personnelle, parce qu’à l’époque le rapport Coulon (sur la dépénalisation des affaires) faisait planer une menace sur l’institution, dont les enquêtes font double emploi avec celles de la justice. Pire : les avocats font planer le doute sur le sérieux, voire l’honnêteté de l’enquête. Maître Peltier s’étonne de l’absence au dossier de deux documents complémentaires aux auditions de ses clients. Une manière de sous-entendre que les enquêteurs de l’AMF ne conservent que les pièces à charge. Dans l’affaire EADS, il en manquait certains écartés parce qu’"il fallait protéger le secret des affaires », reconnaît l’ancien secrétaire général Gérard Rameix. Thierry Francq, le secrétaire général de l’AMF, a déjà lancé un audit du service des enquêtes qui pourrait, si nécessaire, déboucher sur ne réforme. »
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des Marches Financiers, dans « La Croix » du 20 octobre 2009 :
« A son arrivée, l’heure est à la remise en ordre des marchés financiers qu’il trouve « anarchiques, opaques, court-termistes » « Il voudrait « convaincre les responsables politiques » que l’origine du mal actuel se trouve dans ce complet désordre ».
Monsieur Jean Montaldo dans son livre « Lettre ouverte aux bandits de la finance » : page 181
« Que penser, dans ces conditions, du contenu de l’épais Rapport établi à Paris, par l’AMF, l’Autorité des Marchés Financiers, le 18 septembre 2007 (pour rappel dès janvier 2007 j’expliquais qu’il fallait sortir des marchés) ? Un pavé de 90 pages … qui, bien sûr sans le dire, prend le contre-pied des avertissements lancés par les experts de la Banque de France. Quatre-vingt-dix pages pour, en quelque sorte, nous chanter des balivernes mathématisées et encenser les hedge funds, ces grands consommateurs de produits titrisés qui ont échappé à tout contrôle, étant réfugiés dans les paradis fiscaux. A l’AMF, installé dans les anciens locaux du Club Med, des hedge funds on en veut et on en redemande, même pour les petits épargnants ». Et la crise arriva et….
http://www.amf-France.org/documents/general/7924_1.pdf Jérôme Monod dans « Les Echos » du 29 août 2009 :
« Une fois, je demandais à un éminent acteur de la régulation financière pourquoi le scandale du Crédit Lyonnais avait changé si peu de chose dans la surveillance des institutions financières. Il a commencé par m’expliquer que la Commission des opérations de Bourse, l’un des organismes qui s’est fondu dans l’Autorité des marchés financiers, était une émanation du Trésor. Et qu’au-dessus du Trésor il y avait le ministre des Finances. Et qu’il ne fallait pas non plus oublier le rôle des patrons précédents du Crédit Lyonnais. Je lui fais alors remarquer que cette dilution à l’infini des responsabilités est l’une des caractéristiques de la mafia. Il m’a simplement répondu : « oui » » ; « Il faut des institutions financières mais aussi économiques, sociales, morales pour édicter des règles claires et les faire respecter, sur un socle solide, fondé par le pouvoir politique sur les principes du bien commun »
Monsieur Jean-Pierre Teyssier, président de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité et de l’Alliance pour l’éthique en publicité, dans Les Echos du 14 août 2009 :
« Or, dans le secteur financier et bancaire, les dysfonctionnements qui ont été observés proviennent aussi bien de la régulation publique que de la régulation privée »
Monsieur Serge Villepelet, dans Les Echos du 12 août 2009 :
« Faut-il une organisation comptable mondiale ? Depuis 2008, on aurait pu croire que c’était chose faite ! Car les trustees, qui nomment les membres de l’IASB, sont désormais chapeautés par un nouvel organisme, le Monitoring Group, constitué des régulateurs boursiers mondiaux »
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, dans Challenges du 4 juin 2009 page 26 :
«…..les régulateurs, livrés à eux-mêmes, à leur jargon et à leur technicité, céderont aux pressions de l’industrie. »
Monsieur Pierre-Antoine Delhommais dans Le Monde du 18 janvier 2009 :
« Les autorités de contrôle qui ne contrôlaient rien du tout »
Monsieur Valéry Giscard d’Estaing dans Le Monde du 13 janvier 2009 :
« Il est incroyable que les organismes de contrôle n’aient pas fait leur travail, que personne n’ait été averti de rien.»
Discours de Monsieur Le Président de la République, Doha le 29 novembre 2008 :
« Face à cette crise, il y a deux attitudes. La première consisterait à continuer comme avant, sans tirer aucune leçon des erreurs du passé. La seconde consiste à faire de cette crise sans précédent, une opportunité pour changer le monde »
Messieurs Denis Chemillier-Gendreau, consultant financier, et Elyès Jouini, vice-président de l’université Paris-Dauphine, dans Le Monde du 5 novembre 2008 :
« La vérité est que l’Etat régulateur n’a pas régulé ! Son premier péché est de ne pas avoir osé endiguer la croissance artificielle »
Monsieur Jeffrey D. Sachs, professeur d’économie et dirige l’institut de la Terre de l’université de Columbia, Les Echos du 3 novembre 2008 :
« Soutenue (la crise) par des organismes de surveillance qui n’ont pas joué leur rôle »
Monsieur Jacques DELPLA, membre du Conseil d’analyse économique, Les Echos du 30 octobre 2008 :
« Premièrement, les régulateurs ont failli dans leurs domaines de compétence. Ils ont été incapables de voir de mesurer les risques excessifs de crédit pris par les banques » ; « Le crise est une énorme faillite des régulateurs bancaires, selon le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn. L’effondrement financier actuel n’est pas né là où on l’attendait, dans les secteurs non régulés de la finance (« Hedge funds », « private equity », dérivé). Mais au sein des banques, le secteur le plus régulé de l’économie avec les centrales nucléaires. »
Monsieur Jacques Docquiert, dans Les Echos du 13 septembre 2008 :
« Jacques de Larosière, le coprésident d’EUROFI, a cependant tenu à rappeler leur responsabilité à tous les acteurs – banques, gestionnaires d’actifs, superviseurs, pouvoirs publics et banques centrales – en refusant ainsi de faire des seules agences de notation les responsables d’une crise dont la plupart des intervenants refusent de pronostiquer l’évolution. Plusieurs responsables de ces agences de notation s’en sont félicités en rappelant notamment l’absence d’outils scientifiques à leur disposition et qu’elles émettent des avis qui doivent demeurer sujets à caution »
Jean-Paul Fitoussi écrit dans « Le Figaro magazine » du 29 août 2009 :
A propos de la crise « On a consommé du capital. On se croyait riche, les marchés financiers nous disaient que les prix des actifs étaient très élevés alors que tel n’était pas le cas. Le fait que le système financier se soit mis à dysfonctionner n’est qu’un symptôme, ce n’est pas la cause de la crise. La cause profonde est la très grande croissance des inégalités que nous connaissons depuis un quart de siècle. »