Socioecopofi
Humeur
Dernières Nouvelles Formations

Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers

Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
les premiers mardis de chaque mois et certains samedis sur Annecy.

N'hésitez pas à nous contacter.
Prenez contact avec nous...

 

AMF/REGULATEUR

 

Arthur Dethomas, avocat, dans « Les Echos » du 30 janvier 2012

Article intitulé : Nouvelles incertitudes pour les sociétés de gestion  
« Alors que le 23 janvier s’ouvrait à Houston le procès d’Allen Stanford, surnommé le « petit Madoff », pour une escroquerie estimée à 7 milliards de dollars, les sociétés de gestion françaises s’apprêtent-elles à traverser une nouvelle zone de turbulences ?C’est ce que pourraient annoncer deux décisions de l’AMF du 21 octobre 2011 (Alternative Leaders France et EIM) qui ont sanctionné deux sociétés de gestion pour avoir manqué à leur obligation de« diligence et de professionnalisme dans le contrôle des risques » à l’occasion d’investissements dans plusieurs « hedge funds » dont la gestion avait été confiée à la société de Bernard Madoff, BMIS. Les sociétés de gestion n’avaient pu accéder ni aux locaux, ni aux équipes, ni aux modèles économiques de la société de Madoff. Dans ces conditions, l’AMF a considéré que ces sociétés de gestion n’avaient pas disposé« des éléments susceptibles de constituer le support fiable de [leurs] décisions [d’investissement] » et que les risques liés n’avaient pas été contrôlés avec diligence et professionnalisme. Selon l’AMF, ce manque de transparence aurait dû les dissuader de conserver leurs investissements dans les « hedge funds » gérés par Madoff. La réglementation française impose en effet aux sociétés de gestion de contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds. » 


Commentaire : La position de l’AMF est des plus ambiguës. Si son sceau ne suffit plus pour attester de la qualité juridique des produits, vers qui se tourner ? Que devient le rôle de l’AMF dans les produits financiers ? etc… Accéder aux locaux ne sert à rien, accéder aux équipes est effectivement un minimum. Mais comment les gérants peuvent-ils gérer s’ils doivent être en permanence disponibles ? Je propose à l’AMF qu’elle autorise tous les professionnels à avoir accès à tous ses services et à toutes les personnes qui travaillent pour elle.  Quant aux modèles économiques l’AMF évoqués dans l’article ? Qui dit modèle dit comportement moutonnier. Lors de la dernière crise l’AMF a dû reconnaître les failles des modèles quand ce n’était pas leur rôle accélérateur. Pour rappel, une très grande partie des modèles actuels (si ce n’est pas tous), sont litigieux par le fait qu’ils soient bâtis sur des cours illiquides et des variations boursières relevant pour près de 99% de l’application de normes comptables obsolètes. Le gérant doit redevenir un gérant de volume et non un gérant de valorisation fictive. Sur ce point, l’AMF reste silencieuse mais, à n’en pas douter, elle saura se retourner contre les professionnels en cas de besoin. Cela fait maintenant plusieurs années que j’attire votre attention sur les risques et sur les « détournements » juridiques. Aujourd’hui, il faut des coupables, coûte que coûte, pour expier les failles du système. Les coupables sont systématiquement les professionnels, quitte à fabriquer des preuves ou à retirer des pièces des dossiers. Il est écrit « contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds » C’est parce que cette obligation incombe également aux CGPI, CIF et autres professionnels qu’il est primordial d’analyser en terme de liquidité et de valorisation les OPCVM commercialisés. Pour vous, les clients lecteurs de cette revue de presse, il devient impératif de ne plus se contenter de souscrire des OPCVM (SICAV, FCP…) en prenant comme critère de décision les performances passées ou soit disant actuelles qui relèvent plus de la prestidigitation que de la réalisation ou des explications commerciales simplistes. Les faits sont là pour le prouver. Il est grand temps de comprendre qu’en adhérant au dictat « financier » de la performance du jour, on contribue à la fabrication des performances virtuelles issues du comportement moutonnier en défaveur d’investissements producteurs de richesses SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInancières. N’oubliez pas « Les biens pensants sont rarement les biens faisants » et « Même un miroir peut inverser la réalité dans certains cas. » Demandez le tableau de bord ISR de l’OPCVM (SICAV ou FCO) que vous désirez vendre ou acheter. Cessons de mettre à mal nos économies et nos enfants au chômage par le détournement des actifs financiers vers la finance virtuelle. La finance doit être Humaine sans cela le passé est là pour nous rappeler que la guerre débute toujours par la mise à l’index d’un groupe, d’une religion …Le moment est-il plus venu d’abattre les rentiers que de combattre par l’affectation de nos fonds la financiarisation ? Et si nous suivions l’enseignement du « Livre des Sagesses » : « La réflexion te gardera, la raison te protégera. »

Christèle Fradin dans « La Tribune » du 18 janvier 2012

Article intitulé : L'AMF veut la transparence sur les dérivés échangés de gré à gré
« Le régulateur français a décidé d'étendre le dispositif existant de déclaration des transactions aux produits dérivés échangés hors marché. Cette obligation, qui valait jusqu'alors pour les seuls échanges réalisés sur les marchés réglementés ou organisés, s'applique à l'ensemble des prestataires de services d'investissement en France et aux succursales hexagonales d'intermédiaires agréés dans l'espace économique européen. Exception faite des sociétés de gestion. Pour autant, tous les échanges sur dérivés ne seront pas photographiés par l'AMF. L'obligation de transparence porte sur les dérivés actions ou de crédit ayant un sous-jacent unique. »


Commentaire : Sauf erreur, lorsque l’on veut éteindre un feu, on ne laisse pas de porte ouverte. Porte ouverte qui attise le feu. Pourquoi gesticuler et non agir ? Quels sont les blocages ?                                                                                   

Paul Loubière, interview de Christian Walter, professeur de finance à l’Institut d’Administration des Entreprises, dans « Challenges » du 25 novembre 2011

Article intitulé : Crise financière : pourquoi les régulateurs vont dans le mur
« Oui. Nous avons connu des crises financières à répétition depuis une trentaine d’années. Elles sont une origine commune, l’utilisation de formules mathématiques fondées sur des hypothèses erronées. Le krach de 1987 était le résultat de l’utilisation des formules mathématiques de Black et Scholies. La crise des subprimes de 2008 découle directement de l’application de la copule de Li, une formule mathématique qui simplifie à outrance l’évaluation des risques liés aux crédits. Ces modèles sont dangereux. Ils laissent croire qu’on peut automatiser la gestion des risques et que des machines peuvent remplacer des professionnels humains. Même le cas de Kerviel aurait pu être évité si la banque avait mis en place un contrôle des risques plus réaliste. Le système ne considérait que les probabilités de pertes. Il était donc facile de construire une position à perte nulle en dissimulant les encours. Là encore, c’est le modèle mathématique qui est fautif. Que faudrait-il faire pour éviter ces crises ? Il faut intervenir sur Bâle 3. Cette réglementation bancaire qui se met en place est inspirée de l’école américaine du risque. Or cette école repose sur un modèle théorique erroné. Si la situation financière est catastrophique c’est parce que les régulateurs sont englués dans de mauvaises lois de l’incertitude. Dans ce monde, les accidents sont des tsunamis, ils sont extérieurs, exogènes. Le risque vient toujours d’ailleurs. Voilà pourquoi, il devient nécessaire de faire des stress tests pour vérifier la solidité des banques. »

Bertille Bayart dans « Le Figaro » du 25 novembre 2011

Article intitulé : Régulation: la France défend ses positions
« Les oreilles de Michel Barnier, commissaire européen - français - en charge des Services financiers, ont dû siffler hier matin. Jean-pierre Jouyet, le président de l’autorité des marchés financiers (AMF) qui tenait ses entretiens annuels, n’a pas mâché ses mots pour critiquer son projet de réforme de l’organisation des marchés financiers en Europe. «Les réponses apportées par ce texte ne sont pas à la hauteur » des enjeux, a déclaré Jean-pierre Jouyet qui redoute que «se poursuive le mouvement vers plus d’opacité». L’union européenne a présenté le mois dernier un projet de révision de la directive MIF entrée en vigueur en 2007, et qui a provoqué une multiplication des platesformes de transactions, qui rendent plus complexes le fonctionnement des marchés et le travail de surveillance de leurs gendarmes. Aujourd’hui, « on rejoue la même scène ! » , a déploré Jean-pierre Jouyet. Le tacle du président de L’AMF vis-à-vis de Bruxelles lui a valu un soutien appuyé des représentants de la Place de Paris présents hier matin, comme Gérard Mestrallet (PDG de GDF Suez et président d’europlace), Dominique Cerutti (numéro deux de Nyse Euronext) mais aussi Ramon Fernandez, le directeur du Trésor. Mais sur ce sujet comme sur d’autres, le bel alignement des positions entre gendarmes et gendarmés de la finance en France manque de relais à l’international. Or, «c’est à ce niveau qu’il faut faire partager nos idées» , relevait hier Ramon Fernandez. «C’est au G20 que se joue la partie.»  La valeur de marché comme référence, c’est aussi l’enjeu d’une bagarre féroce sur le terrain de la comptabilité, où se négocie la convergence entre les normes américaines et européennes. Dans le sillage de la crise de 2008, les Français pensaient que les événements leur avaient donné raison : vouloir tout valoriser au prix de marché même quand celui-ci est inexistant faute d’échanges n’a pas de sens et introduit une volatilité dangereuse dans les résultats des entreprises et des banques. Trois ans plus tard, les instances en charge de l’élaboration des normes comptables n’en semblent toujours pas convaincues. « Mieux vaut l’absence de convergence avec les Américains qu’une convergence néfaste», a estimé hier Jean-pierre Jouyet. » 


Bernard Spitz, président FFSA, dans « Les Echos » du 25 novembre 2011

Article intitulé : L’économie du désendettement  
« Nous entrons dans un cycle économique inédit et périlleux : celui de l’économie du désendettement. L’endettement non maîtrisé est le fil rouge de toutes les crises depuis quatre ans. Mais, aujourd’hui, ce sont les Etats qui sont menacés de faillite. Il leur faut réduire les déficits publics et l’endettement privé. Cela s’appelle l’économie du désendettement. nSi l’on veut éviter qu’elle ne dégénère en récession, il faut la maîtriser, ce qui nécessitera pendant plusieurs années une discipline de guerre en temps de paix. Dans cette période, un mot est avancé comme une formule magique : « régulation ». Mais celle qui se met en place à l’échelle mondiale n’est pas la bonne : notre abandon de souveraineté sur les normes comptables il y a une décennie a érigé en dogme une prétendue « fair value » qui consiste à retenir la seule valeur de marché dans les comptes des entreprises. En d’autres termes, on règle l’économie mondiale sur le court terme. Quant aux règles du jeu édictées, elles ne s’appliquent pas partout : les ventes à terme ne sont interdites qu’en Europe, Solvancy II ne pèse que sur les assureurs européens, seules les banques européennes appliquent les règles du Comité de Bâle… La supervision est confiée à des généraux vaincus, impuissants devant la crise précédente et se préparant à la prochaine, campés sur leur ligne Maginot. Que signifie le primat du court terme, sinon un frein général à l’investissement, une incitation à la spéculation et un effet dépressif sur l’économie ? On favorise un crédit plus rare et plus cher ; des plans de restructuration dans les entreprises ; un recul de la recherche et des projets d’avenir, la méfiance à l’égard des marchés actions et, à l’arrivée, une contraction de la croissance et de l’emploi. Un cercle vicieux fatal. Le fait que les ménages puisent dans leur épargne pour maintenir leur consommation – un phénomène qui impacte déjà l’assurance-vie en France – ou que les établissements financiers soient contraints de stériliser des capitaux est une double mauvaise nouvelle : pour la capacité des entreprises à investir, comme pour le taux de couverture domestique de notre dette. Ce désendettement doit intervenir dans la durée et suppose un minimum de croissance de notre économie pour en absorber les chocs. Nous n’aurons d’autre choix que d’économiser, innover, produire mieux et davantage. Au G20, à Cannes, les partenaires sociaux ont fait leur job, en signant la première déclaration commune sur l’emploi, la protection sociale et les droits au travail entre employeurs et syndicats. Mais, pour inverser cette spirale court-termiste et maîtriser le cycle du désendettement, il faudra la force, la dynamique, la qualité de réflexion, le sens de l’intérêt général et du long terme qui ont prévalu à Bretton Woods. Ses acteurs s’appelaient Keynes, White, Mendès France, Kojève. Où sont leurs successeurs ? » 


Commentaire : Il est totalement faux d’écrire « Etats qui sont menacés de faillite ». Les Etats sont très endettés mais restent très riches. Ce n’est pas parce qu’une grande partie des ressources est affectée au remboursement d’emprunts qu’il faut oublier le patrimoine détenu. Il y a des limites à ne pas franchir. Par contre, je ne peux qu’applaudir quand des responsables commencent à admettre que la situation actuelle soit issue du dogme comptable (qu’ils ont eux-mêmes mis en place) de la « fair value » lorsqu’il est écrit « notre abandon de souveraineté sur les normes comptables il y a une décennie a érigé en dogme une prétendue « fair value » qui consiste à retenir la seule valeur de marché dans les comptes des entreprises. En d’autres termes, on règle l’économie mondiale sur le court terme. ». En fait avec cette norme qui en ne prenant pas en compte les volumes échangés*, augmente artificiellement l’ampleur des variations boursières et les valorisations, on ne règle pas l’économie sur le court terme, contrairement à ce qui est écrit, mais on s’en sert pour « justifier » une chaîne d’honoraires et de rémunérations qui relève de « l’abus de confiance et de l’escroquerie ». Abus de confiance et escroquerie certifié par les commissaires aux comptes qui « touchent » et qui pour certains « balancent ». D’autre part, ces normes comptables qui amplifient les variations boursières de près de 90% « fabriquent » la volatilité des marchés impérative aux marchés dérivés spéculatifs et à la financiarisation. Il est écrit « La supervision est confiée à des généraux vaincus, impuissants devant la crise précédente et se préparant à la prochaine, campés sur leur ligne Maginot ». Ce fait a été confirmé à de nombreuses reprises par Monsieur Jouyet, président de l’AMF. Cependant, il faut noter qu’à partir de juin 2011, l’AMF a décidé de « replacer la protection des épargnants au cœur de son action. » Article de Cécile Prudhomme et Marie de Vergès dans « Le Monde » du 9 juin 2011 Article intitulé : Jean-Pierre Jouyet : " L'AMF a retrouvé sa crédibilité "
« Plus visible, l'institution a retrouvé de sa crédibilité. Elle avait été atteinte par l'affaire EADS - en 2009, cette affaire de délit d'initiés avait été classée sans suite par la Commission des sanctions contre l'avis des enquêteurs de l'AMF - . Enfin nous avons replacé la protection des épargnants au coeur de notre action, en créant une direction des relations avec l'épargnant.» Il est dommage que Monsieur Jouyet ne réponde toujours à pas mes courriers alors qu’il est de plus en plus obligé de reconnaître le rôle de son institution dans le système qui a abusé et escroqué les porteurs de parts. Cela dit, l’AMF qui parle beaucoup dans tous les sens devra tôt ou tard pratiquer les vertus qu’elle demande aux autres, à savoir l’éthique, la gouvernance, la transparence (là ce sera chaud !) etc… Naturellement, Monsieur Jouyet est en copie de cette revue de presse. Mes propos concernant Monsieur Jouyet sont à prendre, non à titre personnel, mais au titre de l’institution qu’il dirige. A titre personnel, je ne peux que reconnaître le courage de ses propos, même si je ne les partage pas tous. Courage, qui tranche avec la lâcheté, l’incompétence (à priori passée) de l’institution dont-il a repris la direction et aux comportements nazis de cette dernière. Comment appeler autrement une institution française qui se vante de « s en prendre à la réputation et au portefeuille » des personnes tout en devant avouer ses incompétences et ses malhonnêtetés. Le passé serait-il déjà oublié ?


Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à l’Université Paris Ouets Nanterre, par Jérémie Marais dans « L’Agefi » du 1 novembre 2011

Article intitulé : Les banques ont caché les problèmes avec la complicité des gouvernements
« Non. Les banques européennes, notamment, n’ont pas réglé le passif de la crise. Avec la complicité des gouvernements, elles ont caché les problèmes par une adaptation des règles comptables. Les régulateurs bancaires n’ont pas fait, comme aux Etats-Unis, des tests de résistance sérieux et précoces permettant des recapitalisations adéquates. Le comité de Bâle a certes énoncé des exigences en capital plus rigoureuses qu’auparavant, mais il faudrait surtout améliorer la qualité de la supervision, c’est-à-dire la rendre véritablement européenne. Les nouvelles autorités européennes ont très peu de pouvoir d’injonction, et les superviseurs nationaux ont conservé leur chasse gardée. Le Conseil européen du risque systémique peut bien émettre des alertes, mais il revient aux superviseurs nationaux de prendre des mesures sur les maillons faibles. Les règles de Bâle III sont-elles suffisantes ?
Si on voulait vraiment résoudre le problème du risque avec un ratio de capital, le niveau nécessaire serait incompatible avec le capitalisme actuel. Il faut surtout renforcer la supervision. Le problème est que l’application de Bâle III s’étale de 2013 à 2019 et que la finance parallèle n’est pas encore prise en compte. Les hedge funds et autres entités bancaires de l’ombre sont, pour la plupart, contreparties de banques d’investissement, lorsqu’ils n’en sont pas les filiales. Il est donc en principe possible de réguler leur levier d’endettement indirectement si l’ensemble des activités des banques d’investissement est strictement contrôlé. Toutefois, outre le levier, il y a les transferts de risque eux-mêmes via les transactions de gré à gré sur les produits dérivés. Il suffit qu’un de ces chaînons casse pour que l’ensemble s’effondre. Les chambres de compensation sont indispensables pour centraliser la compensation et le règlement, et doivent être assurées par les banques centrales car elles concentrent le risque. »

Commentaire : Cet article est clair sur la fumisterie dont nous héritons. Fumisterie créée, gérée et sous le « contrôle » des instances étatiques nationales chargées de la régulation et de la supervision. Ce fait est possible parce que les pouvoirs juridiques les plus étendus (émission des textes, vérification et sanction) ont été donnés à ces instances. En attendant, nous sommes bien sur une chaîne de risques systémiques du fait de l’absence totale d’analyse (ou de reconnaissance) de l’influence de la liquidité. Depuis plusieurs années, j’attire l’attention sur le fait de la stupidité des règles comptables et du risque systémique que cela nous fait courir. Cette thèse est maintenant (et enfin) évoquée par d’autres que moi. J’espère que les associations de professionnels (CGP, CIF, courtiers et autres) vont oser interpeller l’AMF sur ce sujet. Peut-être auront-elles plus de réponse (que moi qui n’en ai reçu aucune) car leurs adhérents sont en première place dans la chaîne de responsabilité. Je propose que les associations soient le moteur d’une nouvelle information boursière. A savoir, la mise en place de deux informations boursières distinctes. Une sur la variation de la spéculation du jour (information actuelle), une autre sur la variation socialement responsable prenant en compte les volumes aux fins d’éviter des effets euphorisants ou paniquants. L’obligation pour tous les OPCVM de fournir leur tableau de bord ISR qui mentionne la liquidité des lignes qu’ils détiennent par rapport au volume échangé, l’utilisation ou non de blocs ou de dark pools et ce qui est investi dans l’économie réelle ou virtuelle.

Amélie Laurin dans « L’Agefi » du 1 novembre 2011

Article intitulé : Le démantèlement de Dexia laisse prévoir de possibles contentieux

« Selon plusieurs journaux, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) aurait fermé les yeux en 2009 et 2010 sur des manquements de Dexia Crédit Local. Elle aurait notamment renoncé à placer la filiale française de Dexia sous surveillance spéciale malgré des problèmes de liquidité, d’après le journal bruxellois Le Soir. Un rapport de l’ACP consulté par Libération indique par ailleurs que la banque aurait sous-valorisé son portefeuille de produits dérivés d’au moins 50 milliards d’euros en nominal à fin 2009. Une source proche du régulateur confirme que celui-ci aurait transmis le dossier au superviseur belge… qui renvoie la balle en assurant s’être concerté avec l’ACP. En attendant de déterminer les responsabilités des autorités et de l’ancienne ou de l’actuelle direction, la polémique enfle en Belgique : pour qu’ils achètent ses titres, Dexia a prêté 1,5 milliard d’euros à deux actionnaires belges, Arco et le Holding Communal. Celui-ci, en liquidation, n’a pas remboursé sa dette. »

Commentaire : Affligeant ! A quand une commission d’enquête, sous le contrôle de la Brigade Financière, sur les agissements, les manquements et les malhonnêtetés des organes de régulation et de supervision ?

Dans « L’Agefi » du 1 novembre 2011

Article intitulé : Diplomatie comptable

« Les matières comptables, on le sait, opposent depuis des années les deux côtés de l’Atlantique, la France prônant, en la matière, une approche aussi cohérente que minoritaire. Elle n’est notamment pas partagée sur des points essentiels par l’IASB, l’instance chargée de mettre au point les normes en principe applicables à tous. Or les divergences sont telles que ses principaux dirigeants ont carrément menacé de se retirer d’un colloque sur le sujet organisé récemment à Paris si le président de BNP Paribas Michel Pébereau, notoirement hostile à la notion de « juste valeur » telle que l’entend l’IASB, venait à y prendre la parole ! Il a fallu tous les talents de diplomate de Yves-Thibault de Silguy, trustee de l’IFRS Foundation et organisateur du colloque, pour que celui-ci se tienne comme prévu, sans la participation du banquier français !»

Commentaire : Qui a dit démocratie ? Le système de « juste valeur » est un système pourri. C’est bien ce système qui est à la base de l’abus de confiance, de l’escroquerie voire du vol des porteurs de parts…sans parler des famines. Du fait de son passé Monsieur Pébereau qui gêne par ses réflexions est, pour l’instant, à l’abri du « s’en prendre à la réputation et au portefeuille »…mais pour combien de temps encore ? Attention, cette crise comptable étatique organisée n’a pas eu, pour l’instant, directement d’effet sur la « liquidité » des relevés de comptes. Si par la suite cela devait dégénérer en crise de liquidité en mettant au jour la différence entre la valorisation comptable, la valeur et le prix, cela toucherait les relevés de comptes mondiaux provoquant des ventes massives et donc un choc systémique de liquidité (syndrome Chinois) Il est grand temps d’en prendre conscience et de travailler, dès maintenant, à éviter ce schéma. Pourquoi l’IFRS passe par le statut d’un trustee ?
"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis » Thomas Jefferson (1802)
Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 11 octobre 2011 : L’IASB, dont les normes IFRS et IAS sont appliquées par les pays membres de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2005. Globalement moins détaillées que les US GAAP, ces normes insistent sur des principes, dont celui de la juste valeur, ou « fair value », au cœur des débats internationaux depuis trois ans. L’expression désigne une méthode d’évaluation des actifs à leur valeur de marché. Appliquée à des instruments financiers (actions, obligations, contrats à terme), la juste valeur peut donner lieu à de fortes variations de valeur selon que le marché est actif ou non.»  Commentaire : Je pense qu’il est inexact d’écrire « la juste valeur peut donner lieu à de fortes variations de valeur selon que le marché est actif ou non ». Dans les faits ; c’est bien elle qui fait plus de 90% des hausses ou des baisses des marchés. A ce titre, « elle ne donne pas lieu » mais elle crée volontairement des hausses et des baisses. Que faudrait-il faire pour que nous cessions de lire que les autorités sont sensibles aux pressions des lobbies de l’industrie financière ? Commentaire du 28 septembre : De nouveau, nous avons un exemple des dégâts de la valorisation comptable. Valorisation comptable qui amplifie à l’ensemble des titres les variations boursières momentanées qui ont eu lieu sur quelques titres. Je pense qu’il serait temps que la presse professionnelle distingue bien la valorisation comptable, du prix (pour un volume échangé), de la valeur de l’entreprise. Comme je ne cesse de le répéter, ce n’est pas la variation boursière qui déstabilise le système, c’est l’amplitude qui est donnée à cette dernière par le système comptable (ex : si l’on tient compte des volumes échangés le CAC 40 du 22/09 qui est annoncé à – 5,24% passe à -0,0611%. Cherchez l’erreur, plus de 98 % de la perte annoncée est d’origine comptable !) et la résonnance médiatique donnée à cette aberration qui sont les facteurs déterminants de la volatilité boursière. Volatilité qui à terme touche la consommation et l’affectation des capitaux. Le futur aura du mal à expliquer le maintien d’une telle débilité comptable…sauf à prouver que cette débilité n’était due qu’à la vénalité des intervenants (qui ont intérêt à « grossir » les montants et les mouvements pour facturer leurs commissions ou leurs honoraires) et à l’impérative existence de cette volatilité totalement artificielle pour la spéculation sur les marchés dérivés.
Jérôme Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) dans « La Tribune » du 16 septembre 2011 : « La référence au marché est a priori logique, pour des instruments financiers, mais peut-elle être automatique et exclusive, comme l’IASB semble le recommander alors que la norme IAS 39 prévoit de s’en écarter quand les circonstances le justifient (et la crise a livré des enseignements forts sur l’efficience des marchés) ? N’est-il pas indispensable de refléter, par exemple, un prix conclu publiquement entre toutes les parties prenantes ? Est-ce une bonne pratique comptable que de se contenter d’enregistrer la volatilité des prix, donc des pertes et des profits purement artificiels, pendant qu’aucun titre n’est acheté ni vendu ? Quelle est l’« utilité sociale » des comptes, s’ils sont un reflet mécanique d’opinions de marché, dont la volatilité se diffuse à toute l’économie de façon « procyclique », au lieu de représenter la stratégie et la performance économiques de chaque entreprise ?
Claude Bébéar et Edouard Tétreau dans « Le Figaro » du 12 août 2011 : « Nous avons laissé se mettre en place un système dont bénéficie une poignée de profiteurs de crise : les traders, les marchands de volatilité, les spéculateurs. Un système qui, dans le même temps, décourage l’investissement de long terme, industriel et non financier, seul garant de la prospérité durable pour le plus grand nombre. Ce système empêche les banques et les compagnies d’assurances de détenir des actions d’entreprises en grande quantité, et sur le long terme. Avec ces règles, dans un pays comme la France, il n’y aura bientôt plus que la Caisse des dépôts et quelques familles françaises pour investir durablement nos entreprises, et donc créer des emplois chez nous. Que faire ? Trois choses très simples : 1. Ce n’est pas à un aréopage de lobbys de décider de nos normes comptables et prudentielles, mais aux États se concertant entre eux. L’IASB, l’ISDA (lobby professionnel du marché des dérivés), et les comités Théodule de Bâle et de Solvency 2, ont produit des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés.
Commentaire : Article brillant et engagé. De nouveau, il met en exergue le problème comptable. Nos crises sont comptables. A la base, elles ne sont ni financières ou économiques. Il faut savoir que l’IASB qui est cité dans cet article pour avoir produit « des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés », est constituée comme le rappelle Monsieur Villepelet dans « Les Echos » du 12 août 2009, par les régulateurs boursiers mondiaux. Cherchez l’erreur ! Corruption, lobbies, incompétence (voir propos de Monsieur Jouyet sur l’AMF)…
Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 : « Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. »
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse. »                                                                                    

Christèle Fradin, propos de Jean-Pierre Jouyet, dans « La Tribune » du 26 septembre 2011

Article intitulé : « Recapitaliser les banques ne peut être la seule réponse à la crise »
« Jean-Pierre Jouyet : Nous assistons effectivement à des mouvements de défiance des marchés. Rien n'est insoluble, mais il faut aller vite. Notre détermination européenne doit être très forte : nous avons le choix entre laisser la souveraineté aux marchés ou partager au niveau européen notre souveraineté. En zone euro, la priorité est à une action coordonnée sur les déséquilibres structurels, à une meilleure coordination en amont de nos politiques budgétaires. Et la BCE doit continuer d'alimenter en liquidités les marchés car les besoins sont importants. Il faut un saut fédéral dans le domaine économique et financier qui soit fort. On peut avoir des divergences politiques, mais aujourd'hui, il y a urgence. C'est notre avenir qui est en jeu. Ce que disent les marchés, c'est que justement grâce à notre monnaie unique, il nous faut plus d'intégration politique et réglementaire. Certes, il y a de la spéculation, de l'irrationnel. Les marchés ont leur responsabilité. Mais il y a parfois des messages qui sont justes. Il ne faut pas tout mélanger. Il est vrai qu'il y a des banques en Europe et ailleurs qui doivent être recapitalisées. C'est au régulateur bancaire européen de dire lesquelles. Plus fondamentalement, la défiance actuelle des marchés repose sur un mixte d'incertitudes économiques et politiques, sur le traitement des dettes et les réformes de structure à accomplir. Ce qu'attendent les marchés, c'est surtout d'y voir... ...un peu plus clair. »


Elisabeth Pineau, édité par Benoît Van Overstraeten dans « Boursorama » du 23 septembre 2011

Article intitulé : 5 à 20 banques de l'UE auraient besoin d'être recapitalisées :
« Entre 15 et 20 banques européennes ont besoin d'une recapitalisation, a déclaré vendredi Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marches financiers "Il y a bien des problèmes en Europe de capitalisation des banques (...) 15 a 20 banques qui doivent être recapitalisées en Europe, on le sait", a-t-il déclaré sur France Inter. "J'espère que les Européens, les Américains, le Fonds monétaire international vont au moins arriver à émettre un diagnostic partagé et c'est ce qu'attendent les marches, c'est d'y voir un peu plus clair dans une situation très très préoccupante". »


Commentaire : Article repris dans la revue de presse du 9 septembre  « L'OCDE a remis de l'huile sur le feu jeudi en appelant à recapitaliser les banques européennes, comme l'avait déjà fait plusieurs fois la nouvelle directrice du FMI Christine Lagarde, un discours qui alimente la nervosité des marchés et suscite des critiques en Europe. Le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a immédiatement réagi, dénonçant "un prisme anglo-saxon". "Le gros problème ce sont les déclarations générales", a dit M. Jouyet sur BFM Business. "L'OCDE et le FMI, avec tout le respect que je leur dois, ce sont de grands organismes économiques, ce ne sont pas des régulateurs financiers", a-t-il ajouté »

Dans « Boursorama » du 9 septembre 2011

Article intitulé : Les appels à la recapitalisation des banques européennes se multiplient :
« L'OCDE a remis de l'huile sur le feu jeudi en appelant à recapitaliser les banques européennes, comme l'avait déjà fait plusieurs fois la nouvelle directrice du FMI Christine Lagarde, un discours qui alimente la nervosité des marchés et suscite des critiques en Europe. Le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a immédiatement réagi, dénonçant "un prisme anglo-saxon". "Le gros problème ce sont les déclarations générales", a dit M. Jouyet sur BFM Business. "L'OCDE et le FMI, avec tout le respect que je leur dois, ce sont de grands organismes économiques, ce ne sont pas des régulateurs financiers", a-t-il ajouté. Ses propos faisaient écho à ceux de plusieurs banquiers centraux en Europe. "Jusqu'ici, le marché était très préoccupé par la liquidité", c'est à dire par la capacité des banques européennes à se financer sur les marchés, explique un analyste sous couvert d'anonymat. Ayant, pour la plupart, plus de crédits que de dépôts, elles doivent trouver d'autres sources de financement, dont une partie au jour le jour, ce qui crée un facteur d'incertitude. Ce sont, en grande partie, les tensions sur ce marché qui ont fait chuter les cours boursiers des banques européennes mi-août. "Mais aujourd'hui, les inquiétudes (des marchés) se reportent sur les fonds propres", confirme l'analyste. "Le FMI n'a aucune raison de noircir le tableau a priori", selon Thomas Philippon, professeur à la Stern School of business de la New York University, qui estime même qu'"ils ont plus de chance d'être objectifs" que les banques ou les régulateurs européens. ".»

Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 16 août 2011

Article intitulé : Les ventes à découvert divisent régulateurs et opérateurs  
« Trois ans après l’éclatement de la bulle de crédit, les ventes à découvert continuent de diviser les régulateurs et les opérateurs de marché. Cette technique boursière, qui consiste à tirer profit de la baisse de certains titres, est placée sur le banc des accusés à chaque vent de panique financière. Du moins par certaines autorités. Ce fut le cas jeudi dernier des gendarmes boursiers de France, d’Italie, de Belgique et d’Espagne qui ont décidé d’interdire pour quinze jours cette pratique spéculative sur certaines valeurs. Une victoire en demi-teinte pour la jeune Autorité européenne des marchés financiers (Esma), censée coordonner les régulateurs des Vingt-Sept sur ces questions. Car cette coalition de pays latins n’a été suivie ni par les Britanniques ni par les Allemands, lesquels disposent pourtant des deux plus grands centres financiers du Vieux Continent : Londres et Francfort. Des échanges avaient eu lieu entre l’Esma et les gendarmes de la City et de la Bourse allemande. Mais ces derniers n’ont pas été convaincus de la nécessité de telles mesures. Et il y a de quoi, d’après les détracteurs de ce genre d’interdictions : plusieurs études académiques tendent à montrer que les ventes à découvert améliorent l’efficacité des marchés en garantissant une meilleure formation des prix sur les marchés. Leur prohibition irait à l’encontre même de l’objectif mis en avant par les autorités, car la disparition temporaire des vendeurs à découvert peut accroître la volatilité des cours, selon ces mêmes études. Aussi, l’une des principales associations représentatives du secteur de la gestion alternative, l’Alternative Investment Management Association (Aima), a dénoncé ouvertement les mesures prises par les quatre pays européens.« Nous regrettons ces actions », a indiqué vendredi Andrew Baker, le patron du lobby. « Les ventes à découvert sont une pratique de marché légitime qui aide les marchés de capitaux à fonctionner efficacement. » Même son de cloche du côté de l’Edhec-Risk Institute, un centre de  recherche français qui a noué des partenariats avec de grandes institutions financières. Qualifiées d’« écran de fumée politique doublement contre-productif », les restrictions sur les ventes à découvert« désorganis[ent]l’activité et[sont]susceptible[s]de dégrader les conditions de marché dans une période déjà hautement volatile », affirme l’institut.


Commentaire : De nouveau l’AMF est mise en cause. Cela dit, cela n’a pas grande importance vu la faible place occupée par la place française tant en termes de compétence (voir propos de son président) que de représentativité.

Claude Bébéar et Edouard Tétreau dans « Le Figaro » du 12 août 2011
Article intitulé : Aux États et aux investisseurs de reprendre la main sur le système financier 


«  La dégradation de la note de la dette américaine par Standard and Poor’s, le 4 août dernier, est un événement historique qui a fait deux principales victimes. La première : les agences de notation elles-mêmes, qui ont bizarrement survécu à leurs erreurs grossières sur les subprimes américains en 2008, à qui elles attribuaient les meilleures notes possibles pour d’évidentes raisons commerciales. Vendredi dernier, S & Pa signé un exploit supérieur : dégrader la dette américaine alors même que le Congrès avait entériné un accord ouvrant la voie à une nécessaire discipline budgétaire (2 500 milliards de dollars de coupes budgétaires sur dix ans, soit l’équivalent, pour la France, d’un plan d’économies de 300 milliards d’euros) ; le faire alors que les marchés financiers mondiaux sont dans l’état de fébrilité que l’on connaît – aggravé par la période estivale ; enfin, et surtout, précipiter une telle décision malgré une erreur de calcul gigantesque de 2000 milliards de dollars, cela fait beaucoup pour d’autoproclamés experts en finance. L’enquête que le Sénat américain a ouvert sur les méthodes de travail de S&P devrait signer l’arrêt de mort de cette profession, ou à tout le moins son strict encadrement. Qui s’en plaindra ? La deuxième victime est plus préoccupante : c’est nous, les épargnants, les entreprises, les États, qui réalisons à quel point nous avons abandonné trop rapidement notre épargne, nos projets et notre souveraineté à des organismes dont la compétence et la légitimité ont aujourd’hui trouvé leurs limites. Normes comptables européennes confiées à une officine privée londonienne (L’IASB) ; règles prudentielles pour les compagnies d’assurances et les banques, dévolues à des comités Théodule à géométrie variable, et aux identités indéfinissables ; notations des plus grandes entreprises comme des États souverains confiées à des sociétés commerciales… Nous avons laissé se mettre en place un système dont bénéficie une poignée de profiteurs de crise : les traders, les marchands de volatilité, les spéculateurs. Un système qui, dans le même temps, décourage l’investissement de long terme, industriel et non financier, seul garant de la prospérité durable pour le plus grand nombre. Ce système empêche les banques et les compagnies d’assurances de détenir des actions d’entreprises en grande quantité, et sur le long terme. Avec ces règles, dans un pays comme la France, il n’y aura bientôt plus que la Caisse des dépôts et quelques familles françaises pour investir durablement nos entreprises, et donc créer des emplois chez nous. Que faire ? Trois choses très simples : 1. Ce n’est pas à un aréopage de lobbys de décider de nos normes comptables et prudentielles, mais aux États se concertant entre eux. L’IASB, l’ISDA (lobby professionnel du marché des dérivés), et les comités Théodule de Bâle et de Solvency 2, ont produit des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés. 2. Aujourd’hui, quel gestionnaire d’actifs digne de ce nom mériterait de collecter de l’épargne publique, si l’on découvrait qu’il continue de fonder ses décisions d’investissement selon les humeurs des agences de notation ? 3. Enfin, et sans attendre de nouvelles attaques spéculatives, telle celle que vient de subir l’une des plus grandes banques européennes, les États, tout en travaillant à leur nécessaire désendettement, doivent sine die utiliser les moyens dont ils disposent pour désarmer et neutraliser les « profiteurs de crise » évoqués plus haut, qui n’hésitent pas à enfreindre la loi pour accroître leurs profits sur notre dos. Ces moyens s’appellent les sanctions financières, les enquêtes parlementaires, les procédures pénales et les arsenaux juridiques dont disposent les autorités de marché. 


Commentaire : Article brillant et engagé. De nouveau, il met en exergue le problème comptable. Nos crises sont comptables. A la base, elles ne sont ni financières ou économiques. Il faut savoir que l’IASB qui est cité dans cet article pour avoir produit « des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés », est constituée comme le rappelle Monsieur Villepelet dans « Les Echos » du 12 août 2009, par les régulateurs boursiers mondiaux. Cherchez l’erreur ! Corruption, lobbies, incompétence (voir propos de Monsieur Jouyet sur l’AMF)…

                                                                        
Emmanuel Sales dans « Le Figaro » du 19 juillet 2011
Article intitulé : Profitons de la crise de l’euro pour réformer la finance 


« Les difficultés de la Grèce ont fait passer au second plan les problèmes des banques. Pourtant, les ennuis de la zone euro sont en grande partie dus à la mauvaise gestion du secteur financier. L’Irlande et l’Espagne sont des pays où la dette publique en elle même était limitée avant le sauvetage des banques. C’est donc en amont qu’il faut gérer le risque de contagion à l’ensemble de l’économie, en évitant que les établissements prennent trop de poids et commettent ensemble les mêmes erreurs. Suggérons quelques pistes d’actions pour améliorer la moralité du système, à nos yeux plus efficaces que les codes de bonne conduite et les déclarations d’intention. D’abord, décollons les adhérences entre les banques et les pouvoirs publics. L’accès aux fonds des États donne un privilège exorbitant à certains intervenants. Si les grandes banques sont assurées d’être protégées contre le risque de faillite, elles doivent être nationalisées et leurs tarifs soigneusement régulés, comme c’est le cas pour les gestionnaires d’autoroute, les sociétés de distribution de gaz et d’électricité. Dans le cas contraire, leur chute doit être rapide et faire le minimum de dégâts. Les exigences de stabilité financière rejoignent ici l’intérêt public. Les organismes de tutelle ne peuvent à la fois exercer une mission de surveillance des institutions et de promotion des places financières. En second lieu, réduisons les risques de conflits d’intérêts. Comment une banque peut-elle à la fois collecter des dépôts, conseiller les entreprises, vendre des titres et gérer l’épargne en toute indépendance ? Les conflits d’intérêts et le manque de formation du public ont joué un rôle majeur dans la propagation de la crise. En troisième lieu, limitons la cyclicité des normes. La moindre mère de famille sait que c’est dans les périodes fastes qu’il faut constituer des réserves pour l’avenir. Pendant les phases de stress, la dégradation instantanée des indicateurs de risques incite les institutions financières à vendre les actifs à l’encan, au moment même où ils pourraient profiter de bons prix et augmenter leur effet de levier du fait de la baisse des taux d’intérêt. Il faut à l’évidence proposer de nouveaux outils de mesure de l’équilibre financier adaptés à la nature et à la maturité des engagements. Depuis la crise financière, les normes prudentielles incitent les institutions financières et notamment les assureurs à se libérer de risques qu’ils seraient pourtant seuls à même de soutenir. Comment peut-on continuer à s’engager aveuglément dans cette impasse, alors que tant d’enjeux à long terme (la retraite, la dépendance, la rénovation et le développement des infrastructures) pèsent sur la dette des États ? Plutôt que de favoriser le transfert des aléas financiers vers les particuliers, il faut au contraire encourager les mécanismes de solidarité collective, qui permettent d’organiser la mutualisation et le transfert des risques sur plusieurs générations. La raison d’être de la régulation financière est de protéger la petite épargne et de lutter contre les fraudes, non d’éviter la faillite des établissements, avec les risques d’aléa moral et de mauvaise utilisation des fonds publics que cela comporte. »                                                                            

Dans « Challenges » du 7 juillet 2011
Article intitulé : Les gendarmes de la Bourse sont en souffrance 
« Jean-Pierre Jouyet doit faire face à une fronde de l’intersyndicale CFDT-FO qui dénonce « l’existence de situations de surcharge, de pression, de souffrance, voire de harcèlement ». La direction nie toutefois « l’existence d’un problème de fond ». »                                                                                            

Anne Bodescot dans « Le Figaro » du 6 juillet 2011

Article intitulé : Les régulateurs s’inquiètent du succès croissant des ETF
« Près de 1 500 milliards de dollars ! C’est la somme colossale investie dans le monde dans les ETF (Exchange Traded Funds). Ces dix dernières années, les montants gérés par ces fonds ont bondi de 34 % par an. À ce rythme, ils rivaliseront bientôt avec les hedge funds (2 000 milliards de dollars). Et la valeur la plus échangée à Wall Street est un ETF. Car désormais, il existe des ETF sur presque tous les indices boursiers du monde - y compris dans les pays émergents -, sur les obligations et même sur les matières premières (un marché peu régulé, ce qui inquiète les autorités financières). Et l’imagination des émetteurs d’ETF est sans limite. Ils ont par exemple conçu des ETF qui jouent sur la volatilité des marchés ou qui copient des stratégies de hedge funds. Ou des ETF « inversés », dont la performance quotidienne est l’exact opposé de celle d’un indice boursier (par exemple, si le CAC 40 perd 2 % dans la journée, un ETF inversé sur cet indice gagne 2 %). Ou encore des ETF « à levier », qui doublent ou quadruplent la hausse ou la baisse de l’indice. De quoi semer une certaine confusion.  L’industrie des ETF, malgré son essor, représente moins de 4 % de l’ensemble de la gestion d’actifs. Mais les grands ordonnateurs de la finance mondiale l’ont vu avec la crise du subprime : un tout petit marché peut faire courir de grands dangers. Ils ont donc passé au crible le fonctionnement de ces produits. Les régulateurs s’intéressent aussi au rôle des teneurs de marché, ces banques qui assurent la liquidité des ETF tout au long de la séance boursière, en achetant et revendant les parts au gré de la demande des investisseurs… à des prix en principe les plus proches possibles de l’indice lui-même. Mais qui, dans certains cas, s’en écartent beaucoup trop. Pire, ces opérateurs cessent d’assurer leur mission quand les conditions de marché deviennent trop périlleuses. C’est ce qui a entraîné la suspension de cotation de certains ETF sur les actions japonaises après Fukushima. »


Commentaire : Les banques n’assurent pas la liquidité, elle l’organise…tant que tout va bien !

 

Cécile Prudhomme et Marie de Vergès dans « Le Monde » du 9 juin 2011

Article intitulé : Jean-Pierre Jouyet : " L'AMF a retrouvé sa crédibilité "

« Plus visible, l'institution a retrouvé de sa crédibilité. Elle avait été atteinte par l'affaire EADS - en 2009, cette affaire de délit d'initiés avait été classée sans suite par la Commission des sanctions contre l'avis des enquêteurs de l'AMF - . Enfin nous avons replacé la protection des épargnants au coeur de notre action, en créant une direction des relations avec l'épargnant. On sait bien que des opérateurs manipulent les cours et se mettent de l'argent dans les poches en jouant sur des achats-ventes sur des dixièmes de seconde. Nous souhaitons que la question du trading à haute fréquence soit prise en compte dans le cadre du G20. On pourrait ralentir la vitesse, par exemple en exigeant un certain délai pour qu'un ordre soit jugé valable. Mais nous ne sommes pas majoritaires sur ce dossier. Les Américains sont les seuls, paradoxalement, à être conscients des dégâts du trading à haute fréquence ; et ce, depuis le krach éclair du 6 mai 2010 à Wall Street. Le vrai test de la volonté européenne à changer les règles du jeu sera, en 2012, la révision de la MIF. Cette directive, adoptée au temps d'une Commission européenne ultra-libérale, a encouragé l'opacité, la fragmentation et la dérégulation des marchés. Seulement 20 % à 40 % des transactions mondiales sont transparentes.»

                                                                                  
D.F dans « Le Canard Enchaîné » du 1 juin 2011

Article intitulé : Lagarde et l’ami des Bahamas  

« Par arrêté du 25 mai, Monsieur Guillaume Jalenques de Labeau, patron de la société privée et de conseil PGC a été nommé à la Commission des sanctions de l’AMF. Il est le gestionnaire délégué d’un discret fonds nommé Odyssey déposé dans une banque des Bahamas. « En respectant les règles bahamiennes…car il y en a ! » avait-il ironisé à l’adresse du « Canard » le 27/10/10. » »

Dans « Boursorama »  du 30 mai 2011
Article intitulé : Trading à haute fréquence : le secrétaire général de l'AMF pour une régulation


« Le trading à haute fréquence, qui repose sur des transactions financières effectuées à la nanoseconde, peut conduire à de multiples dérives et doit être impérativement encadré au niveau européen, selon le secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers Thierry Francq. On l'ignore bien souvent mais il y a déjà eu des +mini-krachs+ à la Bourse de Paris. Ils n'ont certes pas eu de conséquences graves, mais nous ne devons pas sous-estimer ce problème", souligne M. Francq. L'AMF n'a pas la compétence pour édicter des règles pour encadrer le HFT. "A ce stade, aucune sanction n'a été prononcée à la suite d'éventuelles dérives liées au HFT", reconnaît-il, tout en précisant que "des enquêtes sont en cours sur le sujet". »

Christèle Fradin dans « La Tribune » du 31 mai 2011
Article intitulé : L'AMF dresse sa cartographie des risques


« Thierry Francq, le secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers, l'AMF, est revenu sur un certain nombre de sujets qui lui sont chers. Et notamment les risques pesant sur le processus de formation des prix sur les marchés d'actions, du fait de l'ouverture à la concurrence des marchés en novembre 2007 et en raison de l'évolution des technologies de marché qui ont contribué à faire modifier les pratiques de négociation. « Le mouvement de consolidation des Bourses et les pressions concurrentielles, ainsi que la concentration de la liquidité sur les grandes valeurs renforcent les craintes pour l'animation du marché des petites et moyennes valeurs. » Côté investisseurs, c'est le développement d'une offre de produits de plus en plus complexes et plus risqués (fonds à formule, certificats, CFD) qui inquiète le régulateur. »                                                                                

Pascales Besses-Boumard dans « La Tribune » du 18 mai 2011 :
Article intitulé : Ventes à découvert : l'eurodéputé Pascal Canfin veut aller plus loin


« Comme attendu, un compromis a été trouvé, mardi, entre les États membres de l'Union européenne sur un texte visant à contrôler les ventes à découvert en Bourse. Selon l'eurodéputé, contacté par « La Tribune », l'un des paradoxes du texte présenté est qu'il aboutit à l'inverse de ce qu'il souhaitait, à savoir lutter contre la spéculation. Car pour éviter d'éventuelles rétorsions des marchés, le texte n'a pas interdit la spéculation sur les CDS (credit default swaps ou produit dérivé permettant de se couvrir contre le risque de défaut d'un État). Produits pourtant hautement volatils que les Allemands voient d'un très mauvais oeil, contrairement aux Italiens qui y voient un outil idéal. Le compromis trouvé entre les Vingt-sept prévoit aussi que l'Esma puisse interdire les ventes à découvert à nu en cas de tensions sur les marchés mais une fois seulement obtenu le « consentement » des États. Pascal Canfin estime en effet qu'il laisse la voie libre à des dérives où chaque État pourrait sortir ce joker au cas où la règle imposée ne lui plairait pas. « Cela suppose de doter l'Esma de pouvoirs réellement contraignants pour lui permettre d'être pleinement efficace », ajoute-t-il. »                                                                            

Florence Autret dans « Les Echos » du 17 mai 2011 :
Article intitulé : Le dilemme de l'État régulateur et débiteur


« C'est bien connu : les conflits d'intérêts au sein des gouvernements renforcent les lobbies. Voyez le tabac. Entre l'État percepteur, d'un côté, qui récupère la plus grosse part du produit des ventes de cigarettes, et l'État protecteur, de l'autre, qui se fait fort d'endiguer l'explosion des cancers liés au tabac, il y a comme une tension. Une tension qui a par exemple des conséquences très pratiques. C'est ainsi que la politique publique sur le prix des cigarettes ne vise pas tant à casser la consommation qu'à limiter l'impact des hausses de prix sur le flux de recettes des taxes. Les ventes à découvert de produits financiers, en particulier sur les dettes souveraines, fournissent une nouvelle illustration de ce dilemme de l'État tout à la fois acteur et régulateur. Que proposeront les ministres ? Essentiellement, plus de transparence : les opérateurs devront, au-delà d'un certain montant à préciser, communiquer leurs positions courtes nettes. En revanche, ils pourront toujours acheter des assurances sur un risque de défaut grec ou portugais sans pour autant détenir les obligations contre la perte de valeur desquelles ils s'assurent. Ils pourront toujours vendre à terme à un prix donné des titres qu'ils ne détiennent pas, autrement dit parier sur leur baisse et sur une hausse des taux d'intérêt. Tout juste devront-ils prétexter la possibilité d'emprunter le moment venu le titre sous-jacent... Ces mesures auront, de l'avis des participants au marché, un impact limité sur son fonctionnement. On est très loin des vigoureux appels à la régulation lancés il y a un an par des États préoccupés avant tout de leur rôle de régulateur, qui se rêvaient en justicier de la finance. »


Commentaire : C’est reparti…prochain krach mi 2010 ?                                                                                     

Irène Inchauspé dans « Challenges » du 21 avril 2011 :
Article intitulé : La leçon de Pébereau aux lycéens de Turgot  
« Quatre causes à la crise, donc : les grands déséquilibres mondiaux, la responsabilité de certaines banques (surtout anglo-saxonnes), des contrôleurs qui n'ont pas fait leur boulot et, plus original, l'illusion de liquidité. Là, les regards dans la salle sont perplexes : quèsaco ? Le pédagogue explique : les acteurs de marché ont cru que tous les actifs pouvaient être transformés en titres et vendus sur le marché. Interrogé sur le thème « pourquoi personne n'a rien prévu », il rappelle que « les banques françaises, italiennes, australiennes et canadiennes n'ont pas été aussi affectées par la crise que les autres ». »


Commentaire : Qu’hier, les banquiers et les contrôleurs n’aient rien prévu et/ou n’aient pas fait leur boulot est une chose, mais qu’ils continuent à fermer les yeux sur le manque de liquidité et les performances fictives annoncées aux épargnants et aux investisseurs en est une autre. Le système de « liquidité » et de valorisation boursier est totalement défaillant. Faudra-t-il attendre la prochaine crise pour qu’ils se bougent ? A qui rejetteront-ils le fruit de leurs défaillances ? Aux conseils en investissements financiers, aux conseils en gestion de patrimoine, aux courtiers, aux sociétés de gestion de portefeuille…

Hervé Causse dans « La Tribune » du 16 mars 2011 :
Article intitulé : La folle ronde des autorités de surveillance

« Pour éviter une nouvelle crise financière systémique, pas moins de quatre institutions ont été mises en place : le Comité européen du risque systémique (CERS) ; l'Autorité bancaire européenne (ABE) ; l'Autorité de surveillance des entreprises d'assurances et des pensions professionnelles (Aseam) et l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Ils sont les éléments constitutifs du Système européen de surveillance financière (SESF), organe administratif complexe, presque inédit. Le mot  système signifie que ces quatre institutions doivent travailler non seulement entre elles - c'est un impératif - mais aussi avec les autres autorités communautaires ou nationales. De son côté, l'Autorité européenne de surveillance (AES) est un autre fruit technocratique peu compréhensible. Née de trois règlements (et non de directives) qui se ressemblent, cette autorité aux contours flous intègre en pratique trois autorités concrètes (ABE, AEMF et Aesam). Ces nouvelles institutions soulignent paradoxalement les défaillances des régulateurs nationaux tout en s'appuyant sur eux pour bâtir une nouvelle régulation. Il s'agit bien de réguler le régulateur national. On peut craindre dès lors une probable guerre des autorités. Le fonctionnement même de ces institutions nombreuses et complexes pose question. De leurs comités mixtes ou de leurs commissions de recours (qui en sont partie intégrante) jusqu'à leur conseil d'administration, leur président et leur directeur exécutif, de multiples strates de décision se juxtaposent. Plus la mécanique administrative est complexe, plus le risque de heurter un principe de droit est grand. Les règles peuvent ainsi se neutraliser entre elles, selon le fameux principe trop de droit tue le droit, et rendre ainsi inopérante la mise en place de normes prudentielles et de contrôle au niveau européen, soulignant au passage l'incapacité de l'Europe à réguler efficacement son secteur financier. Ce montage complexe semble ignorer au final la mission fondamentale d'une institution administrative : réunir des compétences et décider vite et bien. A ressasser la stabilité financière, sans savoir la mettre en forme juridique, on comprend que ces règlements ne fassent qu'effleurer le point juridique névralgique que désigne la succession de crises financières. Créer des institutions ne détermine pas toujours les problèmes et ne les règle que rarement. »

Denys de Béchillon, professeur de droit public à l’université de Pau et membre du Club des juristes et Thierry Tuot, enseignant de droit de la régulation à Science po,  dans « Les Echos » du 10 mars 2011 :
Article intitulé : Autorités de régulation :   l’âge adulte   


« Selon Légifrance, la France possède 41 autorités administratives indépendantes. Parmi elles, un nombre élevé et mal défini d’autorités de « régulation » : l’autorité de la concurrence, l’autorité des marchés financiers, la commission de régulation de l’énergie, etc. Il n’y a jamais eu, en France, de politique globale de la régulation, ni même de corps de doctrine. De fait, ces institutions présentent la particularité d’avoir été mises en place avant d’avoir été conçues. Il est temps de remédier à cette infirmité congénitale en ce qu’elle est coûteuse, néfaste pour l’efficacité du droit et nuisible à notre compétitivité économique. Les décisions de ces autorités posent un problème récurrent au regard de la Convention européenne des droits de l’homme : les fonctions de poursuite et de jugement doivent être séparées afin que nul ne puisse douter de l’impartialité de son « juge ». Mais la France hésite à exiger que cette séparation se traduise par l’autonomisation complète du collège, d’une part, et de la commission des sanctions, de l’autre. Résultat : les opérateurs contestent systématiquement sous cet angle les décisions qui leur sont défavorables. A terme, parce que tel est le sens de l’histoire des rapports du droit européen et du droit français, l’issue de cette querelle est connue d’avance : on n’évitera de distinguer deux composantes. Autant imposer à tout le monde une coupure franche : un organe de régulation d’un côté ; un organe de sanction et de règlement des différends de l’autre. Deux organes, mais aussi deux présidents, deux collèges, des personnels spécifiques et une totale absence de porosité entre ces éléments. »


Commentaire : Cet article qui soulève un vrai problème omet, à mon avis, de traiter le sujet de la compétence des Autorités de régulation et de l’utilisation par ces dernières de techniques de diffamation et de délation (s’en prendre à la réputation et au portefeuille) dignes d’un autre temps.
Sur ce thème : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/revue-de-presse/amf.php

Valérie Pilcer, membre du comité de PRMIA, Professionnal Risk Managers International Association, dans « La Tribune » du 8 mars 2011 :
Article intitulé : Mais à quoi servent les modèles des banques ?


« Toute la finance de marché est basée sur des modèles mathématiques qui permettent, à partir de produits simples et liquides, de créer des produits sur mesure. Les modèles sont toujours calibrés pour répliquer les phénomènes passés de manière statistique. Les modèles complexes appliqués aux risques ne mesurent que les risques déjà identifiés. La crise a mis en lumière certaines carences de ces modèles : ils n'intégraient pas jusqu'à présent la liquidité des sous-jacents, fondement des méthodes de pricing et de gestion, ni le risque de changement de rating reflétant la dégradation de la santé financière des entreprises au cours du temps... Aujourd'hui, la réglementation incite à sophistiquer les modèles de risques pour tout capter et demande aux intervenants d'ajuster le montant de fonds propres associés. On rentre alors dans une véritable spirale où des modèles de plus en plus complexes sont mis en place pour affiner les montants mis en face de risques de plus en plus élaborés. Mais ne faut-il pas revenir à la base : calculer un montant de risque qui peut évoluer sans qu'on puisse le limiter ou le couper n'est finalement qu'une vue de l'esprit et un montant de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque. La crise de 2008 a été marquée par l'extinction pure et simple de toute liquidité sur certains marchés. Le régulateur a bien compris l'intérêt des modèles pour renforcer la sécurité du système financier. Mais il faut garder à l'esprit les enseignements de la crise : les résultats des modèles doivent toujours être analysés en regard des hypothèses de marché. Il faut donc s'interroger sur la fonction même des modèles : sont-ils des outils d'aide à la décision et peuvent-ils être utilisés pour réduire les expositions ? Ce n'est qu'à cette condition que la sophistication des calculs réglementaires pourra engendrer un cercle vertueux et une vraie dynamique de maîtrise des risques. »

Commentaire : Cet article (qu’il faut lire, comme tous les autres, dans sa totalité) est très intéressant car riche d’enseignements. En début d’article, l’auteur vante les « modèles mathématiques qui permettent, à partir de produits simples et liquides, de créer des produits sur mesure » avant d’expliquer  que « Les modèles complexes appliqués aux risques ne mesurent que les risques déjà identifiés (et pour cause)» et de poursuivre en stipulant que « La crise a mis en lumière certaines carences de ces modèles : ils n'intégraient pas jusqu'à présent la liquidité des sous-jacents » et de proposer de « calculer un montant de risque » en reconnaissant que ce « n'est finalement qu'une vue de l'esprit » et que « le montant de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». En clair, l’auteur explique, à juste titre, que les modèles mathématiques financiers ne prennent pas en compte le fait que les titres qu’ils utilisent comme sous-jacents (titres sur lesquels ils parient) ne soient pas liquides et que de ce fait le système de garantie mis en place « de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». Avant de rappeler que « la crise de 2008 a été marquée par l'extinction pure et simple de toute liquidité sur certains marchés. » En fait, le régulateur, sachant que nous sommes dans un système de risque croissant, met en place un système de garantie financière (fonds propres) censé minimiser les effets financiers d’un krach tout en sachant que le montant demandé « sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». Cet article démontre qu’il est grand temps de refuser de souscrire ou de conseiller les produits qui utilisent abusivement  les modèles mathématiques. Pour rappel, les mathématiques ne sont opérationnelles que si l’axiome (hypothèse) de base est permanent (1+1=2). Dans le monde financier, cet axiome de base n’existe pas. La finance n’est que la résultante d’un comportement sociologique, comportement qui est tout sauf prédictif. Il est urgent de mettre fin à l’utilisation abusive des produits dérivés (financiarisation) afin que les capitaux reviennent alimenter le marché de cotation des entreprises et non plus le marché des paris (PMB, pari mutuel boursier) qui ne vit que sur les variations artificielles (car réalisées sur peu de volume) des cotations boursières de ces entreprises. Madame Amor a appelé sa société « Epargne en conscience » n’est-ce pas notre devoir de citoyen d’appliquer ce postulat tant à titre privé qu’au titre des conseils que nous sommes appelés à donner (pour les professionnels de la finance) ?


Paul Lagneau-Ymonet, maître de conférence à Paris-Dauphine, Angelo Riva, professeur à l’European Business School Paris, dans « La tribune » du 2 mars 2011 :
Article intitulé : La bourse, une espèce en voie de disparition.   


« En Europe, la directive Marchés d'instruments financiers (MIF), en vigueur depuis 2007, a parachevé le processus trentenaire de privatisation des échanges boursiers et des institutions qui les organisent. La concurrence entre Bourses privatisées, systèmes privés de négociation, et quelques grandes banques internationales sert une complexité financière dont on n'interroge plus aujourd'hui l'utilité sociale. Il faut d'abord rappeler que l'anomie actuelle est la conséquence directe des politiques de déréglementation mises en oeuvre ces vingt dernières années, avec le soutien intéressé des grandes institutions financières.  Force est de constater, ensuite, que l'on est loin de l'enchaînement vertueux de la théorie qui a légitimé ces politiques : la concurrence entre dispositifs de négociation abaisserait les coûts des transactions, ce qui augmenterait la liquidité dont l'accroissement contribuerait, in fine, par l'abaissement du coût du capital. "Les marchés actions ne financent plus l'économie. Ils sont, comme l'admet un banquier, faits pour permettre aux professionnels d'arbitrer les amateurs" (Le Figaro, 11-10-2010), sans que les régulateurs n'y puissent rien. Devant la Commission d'enquête parlementaire sur la spéculation, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, l'a admis : "nous ne sommes plus à même de remplir notre tâche fondamentale de surveillance des marchés financiers." Dans ce contexte de concurrence déréglée, certaines Bourses fusionnent pour reconquérir leur position dominante, sans la dimension publique qui l'accompagnait jadis. La Bourse de Paris a d'ailleurs été pionnière, en participant, dès 2000, à la création d'Euronext, avec Amsterdam et Bruxelles, rejointes après par Lisbonne et la Bourse londonienne de produits dérivés (Liffe). En 2006, Euronext a préféré s'allier avec New York plutôt que l'opérateur boursier allemand. Pour Paris (a fortiori pour Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne), cette fusion constitue un camouflet, annonciateur d'une marginalisation qui n'est pas sans rappeler la fin des Bourses régionales, en France, dans les années 1990. La stratégie transnationale du nouvel ensemble bénéficiera à une poignée de banques et fonds d'investissement, seuls à même de profiter des opportunités de spéculation que l'opérateur boursier leur propose : colocation des serveurs informatiques, réduction des pas de cotation, gestion de dark pools... les profits de l'hyperliquidité pour les happy few ; les affres de la liquidité fragmentée, avec son lot d'indétectables abus de marché, pour tous les autres : intermédiaires de second rang, émetteurs noyés dans une cote pléthorique, gestionnaires d'actifs et régulateurs nécessiteux. Le mariage entre Nyse-Euronext et Deutsche Börse couronne la promotion bornée de la concurrence. Il démontre aussi qu'on n'a pas tiré les leçons de la crise. La constitution de multinationales de la finance est difficilement compatible avec la mise en place de règles qui permettent de contrôler l'activité des institutions financières. Une politique boursière alternative devrait se donner pour objectif de contenir et ordonner la liquidité financière.»


Commentaire : Cet article est très intéressant car il met, encore une fois, en exergue le problème de liquidité. Quelle bourse va se décider à être honnête devant ce problème de liquidité et mettre en place une « politique boursière alternative ayant pour objectif de contenir et ordonner la liquidité financière » ? Pour rappel, depuis plusieurs années (bien avant le krach) nous prônons la mise en place d’un système de cotation prenant en compte la liquidité. Actuellement, la plupart des OPCVM (SICAV et FCP) fournissent une fausse information aux porteurs de parts. Qui est responsable de cette fausse information et des abus de confiance (voire des vols) qui en découlent ? Tous les acteurs financiers et comptables. Quand va-t-on obliger les SICAV et les FCP à publier leur indice de liquidité 3L ainsi que leur pyramide des liquidités ? Vendre des performances irréalisables et irréalisées au public doit être rendu interdit par les régulateurs et les associations de Conseils en gestion de patrimoine, coutiers d’assurance, Conseils en investissements financiers etc…Sans cela, ces mêmes associations ne seront garantes que de prestations de piètre qualité. Piètre qualité qui, tôt ou tard, leur sera reprochée juridiquement par leurs clients et verront par l’ampleur de ces poursuites la fin de leur existence. A moins que ce soit leur « révolution éthique ».                                                                                         

Dans « La Tribune » du 17 février 2011 :
Article intitulé : L’Europe se démarque des États-Unis en matière de régulation financière

« Pour le patron de l’Autorité de régulation britannique, Adair Turner, les banques devraient multiplier par dix les provisions liées aux activités de trading. »

Commentaire : Même multipliées par dix, en cas de choc systémique, cela ne suffirait pas.

Sylvain Cypel dans  « Le Monde » du 29 janvier 2011 :
Article intitulé : L'irresponsabilité des marchés et l'absence de régulation, sources de la crise financière


« Le rapport n'exempte aucun intervenant de ses responsabilités dans ce que le président de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine), Ben Bernanke - qui n'est pas plus épargné que les autres, - a jugé le même jour avoir été " la pire crise de l'histoire - financière -, Grande Dépression incluse ". Cette crise " était évitable ; elle fut le résultat d'actions et d'inactions humaines, et non de Mère Nature ou de modèles informatisés devenus dingues ". " Qu'attendre d'une autoroute où personne n'aurait imposé de limitation de vitesse ? ",s'interroge le rapport. De leur côté, les agences de notation ont été " un rouage essentiel dans la débâcle ". En 2003, le " modèle " utilisé par Moody's tablait sur une hausse annuelle des prix immobiliers de 4 %, sans perspective d'interruption. Byron Georgiou, un important avocat d'affaires membre de la FCIC, a déclaré que " le système n'est pas vraiment différent aujourd'hui, la concentration des actifs bancaires est même supérieure à ce qu'elle était " avant la crise. »


Commentaire : Que penser du maintien du système de cotation boursier actuel qui, en ne prenant pas en compte les volumes échangés, accélère l’ampleur des hausses et des baisses boursières en créant un cours de référence d’estimation (cours boursier) de la valeur totalement virtuelle ?
Pour rappel, la crise que nous avons connue est une crise du système de cotation et non une crise due à des retraits massifs. La Bourse des valeurs n’est pas à confondre avec Bourse de la valeur. La Bourse des valeurs est là pour donner une information sur les mouvements spéculatifs réalisés ou sur les mouvements réalisés « à la casse » par des personnes qui devaient absolument vendre pour retrouver de la trésorerie. L’objectif de la Bourse des valeurs n’a jamais été de donner une valeur à l’entreprise. La bourse des valeurs pourrait donner une approximation de la valeur d’une entreprise dans le seul cas d’un échange significatif, équilibré entre acheteurs et vendeurs, en terme de volumes. Actuellement, et même pendant la crise, ce ne fût pas le cas (et heureusement). Trop souvent, nous confondons valeur comptable et valeur financière. Cela n’a rien à voir. Je propose aux professionnels financiers et aux autorités de contrôle de réfléchir sur ces propos car la quasi majorité des FCP et SICAV sont commercialisés en référence à des performances passées qui sont totalement fausses car irréalisées et irréalisables. Ces performances virtuelles « officialisées » par l’autorité quant elle impose une mention du type « les performances du passées ne présagent pas des performances futures » engage totalement la responsabilité de l’Etat dans le dédommagement des investisseurs et épargnants non avertis. Demain, les Autorités s’en sortiront-elles aussi bien et aussi facilement qu’aujourd’hui ? Demain, qu’elle sera l’attitude des organismes ou des associations de consommateurs (ou d’épargnants..) lorsqu’ils auront compris la « fictivité » des cours boursiers et où sont les responsabilités ? Même aujourd’hui, rien n’est fait pour traiter le vrai problème qui est l’utilisation du cours de bourse comme indicateur de valeur. Traiter les errements comptables actuels par des réponses comptables est une erreur. Le problème est financier. La réponse doit être financière. C’est le financier qui doit s’imposer à la comptabilité, non la comptabilité au financier… et le financier dépend des volumes. Il est vrai que dans ce cas la quasi totalité des intervenants, indépendamment de perdre énormément de commissions et d’honoraires, perdraient aussi leur « aura » et se verraient poursuivis en responsabilité. Je ne parle pas des bonus qui dans leur forme actuelle n’existeraient plus puisqu’ils ne sont basés que sur du « vent comptable ». Tout comme le montre la Tunisie (après les pays de l’Est, il y quelques années), le vent des dictatures et des dogmatismes tourne… « On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. » Abraham Lincoln (1809-1865). Les « dictatures » financières et les dogmatismes financiers ne sont pas tombés, rendez-vous à la prochaine crise.

Nicolas Baverez, économiste dans  « Le Monde » en date du 25 janvier 2011 :
Article intitulé : Le krach des régulateurs

 « L'éclatement de la bulle spéculative sur le crédit a rappelé que le risque de liquidité est central dans l'activité bancaire, tandis que la faillite de Lehman Brothers, à l'automne 2008, a mis en lumière la nature systémique du défaut d'un grand établissement. En 2010, le choc sur les dettes souveraines en Europe a souligné la liaison fatale qui unit désormais les Etats et les banques : la faillite de ces dernières peut provoquer l'implosion financière d'un pays, comme l'ont montré les crises islandaise et irlandaise ; à l'inverse, le défaut d'un Etat entraînerait la faillite des établissements bancaires et des assureurs, dont l'exposition aux risques grecs, irlandais, portugais et espagnols atteint 2 300 milliards d'euros. Mais, plus de deux ans après la faillite de Lehman, l'Europe tergiverse et multiplie les projets d'autorités et de normes contradictoires, créant un risque majeur de krach financier tout en minant la reprise. A défaut de traiter les problèmes-clés de la liquidité et des effets systémiques, elle s'abandonne à un populisme délétère en laissant s'installer une régulation aussi anarchique qu'inefficace. Les régulateurs sont ainsi en train de provoquer le krach qu'ils sont censés prévenir, en coupant les banques européennes des financements à long terme (actions et obligations) et en tarissant leurs ressources à court terme. Dans le même temps, avec les normes prudentielles Solvency II, ils interdisent aux assureurs d'investir en actions pour les forcer à acquérir des dettes publiques risquées. Ce faisant, ils assèchent le financement de l'économie européenne, qui dépend à 70 % des banques, et celui de l'investissement productif, détourné vers le trou noir des déficits publics. Il faut cesser cette course folle ; repenser la supervision et la régulation financière autour de la prévention du risque de liquidité et des enchaînements systémiques et les réintégrer dans le contexte de la compétition mondiale pour les capitaux. »

Commentaire : Cette synthèse de la situation est claire. Comment des organes censés réguler et superviser en sont-ils arrivés là ? Cela me rappelle les propos de Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, propos recueillis par Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » daté du 15 octobre 2010 en page 84 :
« En règle générale, nous sommes toujours, nous les régulateurs, en retard d’un combat par rapport à l’innovation. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul individu qui sache vraiment comment fonctionne le système financier ! Toutes les activités de marché – celles qui sont utiles à l’économie réelle et celles qui le sont moins…. ». Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 21 décembre 2009 en page 33 :
On a entendu jeudi sur France Inter son président, Jean-Pierre Jouyet, furieux, critiquer la « schizophrénie » de l’institution qu’il préside : à la fois régulateur, gendarme et juge. « Que la même institution fasse des poursuites et juge est incompréhensible par l’opinion publique. La perception l’emporte alors sur la réalité
Jean-Pierre Jouyet dans "Les Echos" du 30 juin 2009 : "Depuis ma prise de fonction, j'ai été alerté par la multiplication, la fragmentation et l'inorganisation de nos marchés financiers."
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, dans Challenges du 4 juin 2009 page 26 :
«…..les régulateurs, livrés à eux-mêmes, à leur jargon et à leur technicité, céderont aux pressions de l’industrie. »
Et dire que l’AMF a tous les pouvoirs (émission des lois, application, contrôle et sanction) ? Comment peut-elle assurer cette mission en reconnaissant qu’elle ne connait pas le fonctionnement des marchés ? Que ses services sont perméables à l’extérieur et schizophrènes ?

Patrick Roger, entretien avec Henri Emmanuelli, dans « Le Monde » en date du 22 décembre 2010 en page 16 :
Article intitulé : La spéculation a toujours eu un rôle économique effectif

 «Henri Emmanuelli a présidé la commission d’enquête de l’Assemblée créée au lendemain de la crise grecque. Les liquidités en circulation représentent près de douze fois le PIB mondial. En surplomb de l’économie réelle, cela représente 700 000 milliards d’euros. Le reproche essentiel que l’on peut adresser aux organisations financières internationales, que ce soit le FMI ou les banques centrales, c’est de n’avoir rien dit face à une augmentation des liquidités quatre fois plus rapide que la croissance. Ils se sont tus. Rapport après rapport, ils nous répétaient qu’il n’y avait pas de danger puisqu’ils surveillaient la masse salariale et que, par conséquent, il n’y avait pas de risque d’inflation. En revanche, ils ont oublié de nous dire que les liquidités, depuis 2004, croissaient d’environ 15% par an. Je considère qu’ils n’ont pas rempli leur rôle. Contrairement aux cycles économiques, où il y a des mécanismes de correction, la sphère financière engendre des phénomènes procycliques : la spéculation affole la spéculation. »

Dans « Le Monde » en date du 16 décembre 2010 en page 24 :
Article intitulé : Jean-Pierre Jouyet baisse lui-même son salaire de 35%

 « Le président de l’AMF a demandé que soit baissé son salaire annuel de 231 708 euros brut à 150 000 euros. Il continuera néanmoins à toucher son salaire de haut fonctionnaire (85 903 euros par an). Dans une lettre adressée le 3 novembre au ministre du budget, François Baroin, il estimait qu’il fallait « tenir compte de comparaisons avec les rémunérations versées à ses homologues européens… »

Claire Gatinois dans « Le Monde » en date du 11 décembre 2010 en page 14 :
Article intitulé : L’Autorité des marchés à nouveau mise à mal dans l’affaire Wendel – Saint-Gobain
« L’affaire est délicate et l’AMF fonde ses accusations sur un «  faisceau d’indices ».  Le coup le plus sévère porté à l’encontre de l’AMF est venu du rapporteur de la commission des sanctions, une entité indépendante au sein de l’AMF. Selon lui, les enquêteurs se sont trompés à tel point qu’il réclame à la commission des sanctions une annulation pure et simple des griefs formulés. Les juges de l’autorité des marchés seront-ils influencés par l’avis de ce rapporteur ? Le verdict est attendu mi-janvier 2011. »

Claire Gatinois dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 en page 12 :


Article intitulé : L’UE doit-elle réguler davantage les marchés actions ?
« L’aveu d’échec est à peine voilé. Trois ans après avoir provoqué un « Big Bang » sur les Bourses en Europe, la Commission européenne fait machine arrière. Les exubérances ont eu un rôle dans les émeutes de la faim en Haïti ou au Burkina Fasso, en 2008. « On a pris beaucoup de mauvaises habitudes. Je veux mettre de la lumière partout, explique Michel Barnier, commissaire européen aux marchés intérieurs et aux services financiers. Remettre les marchés au service de l’économie réelle.». Les nouveaux acteurs ont pris la place qu’on leur a donnée. Mais ils sont allés trop loin, trop vite. Les ordres sont éparpillés et le régulateur ne sait plus où donner de la tête. « Les régulateurs n’ont jamais rien compris à ce qu’on faisait. Ils ont toujours été dépassé », relativise Pierre-Antoine Dusoulier, patron de Saxo Banque. Ces échanges discrets. « Nous ne reprochons pas à la MIF d’avoir aboli le monopole des Bourses traditionnelles, cela était nécessaire. Nous observons simplement que cette directive a eu des effets secondaires tels que permettre un manque de transparence, qui est intolérable en Europe », dénonce M. Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext, à Paris. Pour les professionnels, ce n’est pas seulement le problème du régulateur. Car cette opacité perturbe aussi le fonctionnement des marchés et met à mal le mécanisme de formation des prix. Faute de transparence, celui-ci n’est plus le reflet de l’offre et de la demande. « C’est comme si on allait faire des courses et que l’on découvrait le prix de ce que l’on achète au moment de passer en caisse », explique M. Cerutti. »

Jean-Pierre Jouyet dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 en page 12 :


Article intitulé : On ne sait pas qui achète quoi, ni à quel prix
« Nous n’avons pas eu une approche assez politique au moment de négocier la directive MIF (Marché d’instruments financiers, qui a ouvert à la concurrence les marchés boursiers en Europe). On ne s’est pas posé les bonnes questions : de quels marchés voulons-nous ? Comment faire pour qu’ils financent au mieux l’économie ? Ce texte a gravement accentué le désordre des marchés boursiers et conduit à une fragmentation et à une plus grande opacité des transactions. Nous avons, c’est vrai, un train de retard sur les technologies financières. En quelques années, les marchés ont beaucoup évolué ; C’est un point que n’avait pas anticipé la directive. Aujourd’hui, on estime que 44% des transactions sont invisibles. Or le b.a.-ba de notre travail, c’est de savoir ce qui se passe. Si, demain, je veux vendre 100 000 actions d’une société cotée, il vaut mieux éviter que l’information soit sur la place sous peine de faire dévisser les cours. »

Benjamin Jullien dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :

Article intitulé : Les professionnels ne veulent pas de normes trop strictes
« L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC », mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes » indique Benoît de Juvigny, secrétaire général adjoint en charge de la direction des émetteurs de l’AMF. »

Cela veut dire que l’AMF ferme les yeux et laisse faire le marché alors que Jouyet prône aujourd’hui

Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, dans « Le Figaro » du 8 décembre 2010 en page 14 :

Article intitulé : Euro : osons toutes les hypothèses, même celles qui gênent les banquiers
« Nous traversons une crise qui réveille dans le domaine financier les vieux démons de l’Europe : divisions, communication incompréhensible, manque de vision et de cohérence. Tout se passe comme si nous nous satisfaisions d’une approche au cas par cas. Nous sommes à l’image de ces médecins qui attendraient toujours le prochain symptôme pour poser un diagnostic définitif et préconiser la médecine qui traitera la maladie. Que faire, il ne suffira pas de continuer à inonder les marchés de liquidité (au risque de créer de nouvelles bulles sur les matières premières, l’immobilier ou certaines dettes d’Etat) et d’imposer des mesures d’austérité draconiennes aux peuples les plus touchés pour traiter le problème. Nous ne faisons que repousser des échéances inéluctables tout en accablant les couches moyennes et populaires qui seront les premières victimes de nos atermoiements ; ce sont les montagnes de liquidité et de dette qui font le lit de la rigueur de demain. Osons réformer, assainir, mieux gouverner. Alors, et seulement alors, nous aurons bien servi l’Europe qui demeure notre horizon indépassable. »

Michel Prada dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :

Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance
« Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »

Commentaire : Enfin, on y vient à la fumisterie du système actuel de valorisation. Pour rappel, nous prônons l’application de l’indice de liquidité 3L dans la présentation des performances des FCP et SICAV. Voir site www.auroragestion.com rubrique gestion et inventaire.

Dans « L’Express» daté du 10 novembre 2010 en page 24 :
Article intitulé : Etrange transfert.
« Jean-Philippe Pons-Henry, qui avait mené, au sein de l’AMF, l’enquête très controversée sur l’affaire des manquements d’initié du groupe EADS, a rejoint le bureau parisien du cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel. Un transfert qui suscite un certain émoi. Car ce cabinet, dans la même affaire – dont l’instruction se poursuit au pénal – assure la défense de Thomas Enders, patron d’Airbus, cité comme témoin assisté. »

Dans « Les Echos » daté du 10 novembre 2010 en page 1 :
Article intitulé : Hermès : LVMH dit avoir respecté « l’esprit et le lettre »
« Pierre Godé, vice-président de LVMH « Notre prise de participation dans hermès doit être appréciée au regard de la réglementation actuelle, et non future. Au regard des faits réels, et non pas du procès d’intention que certains nous font. » »

Dans l'AGEFI du 8 novembre 2010 :

«Trop souvent la France reste le far-west en matière de prise de contrôle des sociétés, de dépassement de seuil, alors que d’un autre côté on vit dans un capitalisme de connivence dans ce pays, a déclaré Jean-Pierre Jouyet sur RMC Info. Toute sorte d’instrument qui permet d’acheter des actions d’une autre société doit être déclarée. Je ne veux connaître aucune exception, la réglementation doit être adaptée en conséquence»

Commentaire : Qui a mis ce far-west en place ?

Eric Benhamou dans « La Tribune » daté du 5 novembre 2010 en page 47 :
Article intitulé : LVMH – Hermès, un air de déjà-vu…
« Dans un monde boursier « régulé et transparent », dixit l’AMF, le raid réussi de LVMH au nez et à la barbe du marché, des régulateurs et des actionnaires, sur une valeur placée sous haute surveillance depuis des mois, a quelque chose de déconcertant. Cette opération met l’AMF en porte-à-faux, à peine quinze mois après la promulgation d’une réglementation censée garantir une plus grande transparence. »

Marion Leblanc -Wohrer dans « L’Agefi » daté du 4 au 10 novembre 2010 en page 5 :
Article intitulé : L’urgence de marchés.
« La directive marchés d’instruments financiers de 2004 (MIF) est largement critiquée pour avoir permis l’éclosion de nouveaux acteurs, plates-formes de trading alternatives (les fameux MTF), plates-formes d’échanges anonymes de blocs de titres (dark pools) et systèmes d’appariement des ordres internes des banques d’investissements (crossing networks), tous fondés sur des technologies de pointe et qui ont réussi, pour les premiers, à battre en brèche le monopole dont jouissaient les acteurs historiques, sans assurer toujours la transparence de la formation des prix. »

Dans « Challenge » daté du 4 novembre 2010 en page 7 :
Article intitulé : L’AMF se penche sur la délicate affaire de Clarins.
« Sur le dossier de manquements d’initiés concernant le retrait de la cote de Clarins, en 2008. L’affaire est délicate, mettant en cause deux anciens de l’AMF. »

Dans « Challenge » daté du 28 octobre 2010 en page 5 :
Article intitulé : Des « gendarmes » confortablement rémunérés.
« Dans un rapport sur les autorités administratives indépendantes, les députés René Dosière et Christian Vanneste pointent le « manque de cohérence » des rémunérations. En tête, l’Autorité des marchés financiers octroie 304 000 euros brut par an à son président et 207 000 euros en moyenne à ses cinq agents les mieux payés. »


Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, propos recueillis par Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » daté du 15 octobre 2010 en page 84 :
Article intitulé : Nous dansons sur un volcan financier.
« En règle générale, nous sommes toujours, nous les régulateurs, en retard d’un combat par rapport à l’innovation. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul individu qui sache vraiment comment fonctionne le système financier ! Toutes les activités de marché – celles qui sont utiles à l’économie réelle et celles qui le sont moins…. »

Commentaire : Et dire que se sont les paroles du « patron » de l’AMF ! Monsieur Jouyet a droit à tout mon respect. Cela dit, j’espère qu’il trouvera vite la solution à une meilleure compréhension des marchés car en attendant que de dégâts !

Pierre De Lauzun, délégué général de l’Association française des marchés financiers (AMAFI), propos recueillis par Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 12 octobre 2010 en page 29 :
Article intitulé : Les députés parachèvent la réforme de la régulation.
« Je suis frappé par la mauvaise régulation en France, en Europe et à l’international. Il n’y a aucune réflexion en profondeur ou prise de conscience du fait que les marchés sont un des éléments centraux de l’économie. A l’occasion de la crise grecque et de la crise de l’euro, les politiques ont découvert le fonctionnement des marchés financiers. »

G. PZ dans « Le Revenu » daté du 25 septembre 2010 numéro d'octobre en page 77 :
Article intitulé : Une nouvelle loi pour moraliser la finance.

"La loi de régulation bancaire et financière, qui doit être votée cet automne, va dans le bon sens. Elle créera un Conseil de la régulation financière et du risque systémique, donnera plus de pouvoirs et de moyens à l'AMF. Il n'y aura plus qu'à appliquer ces lois. En attendant, des épargnants sont victimes de placements opaques aux risques cachés, des dirigesants "initiés" courent toujours et le député Arnaud Montebourg soupçonne l'AMF de "connivence avec les marchés financiers" dont elle validerait certaines pratiques illégales. Affaires à suivre."

Marie-Jeanne Pasquette dans « Les Echos » daté du 16 septembre 2010 en page 17 :
Article intitulé : Le gendarme à New York.
« Il n’y a pas pire épreuve pour un gendarme que d’avouer son incapacité à courir après les voleurs. Il y avait quelque chose de poignant dans le sentiment d’impuissance évoqué par Jean-Pierre Jouyet témoignant devant l’Assemblée nationale. Ce fin politique ne soupçonnait probablement pas qu’il lui faudrait se plonger aussi loin dans la technique informatique. Or, aujourd’hui, deux tiers des transactions américaines et un tiers des ordres européens sont passés par des ordinateurs surpuissants. Des bolides informatiques à grande vitesse, qui annulent jusqu’à 90% des ordres passés non sans avoir au passage tordu les cours. Imaginez le gendarme pêchant à la ligne dans cet océan d’ordres plus ou moins factices pour repérer les manipulations frauduleuses ! La sagesse voudrait qu’on s’interroge : s’il est trop complexe de surveiller des millions d’ordres annulés chaque jour, ne faudra-t-il pas tout bonnement les interdire. »

Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les régulateurs prônent davantage de transparence sur les marchés.
Les banques ont lancé leur propre moteur de confrontation des ordres, en dehors de tout statut prévu par la directive. Cela parfois en toute transparence des intérêts à l'achat et à la vente, mais parfois en toute opacité. MIF a prévu des obligations en matière de transparence pour compenser les effets de cette concurrence nouvelle. La directive a aussi prévu des exemptions, notamment pour éviter à des gérants institutionnels d'avoir à subir un impact de marché provoqué par un ordre important. Mais elles sont aussi utilisées pour de petits ordres ! »


Jean-Pierre Rondeau, président de CIF-CGPC, dans H24Finance daté du 29 juillet 2010 :
Article intitulé : Un dernier coup de g... avant les vacances
" Oui, les banques sont immorales. Oui, Madame MERKEL a raison d’interdire les ventes à découvert quand elles ne sont que des opérations de spéculation et pas de couverture. Je veux oublier ses rodomontades et celles de notre président quand ils demandaient, il y a à peine quatre ans encore, que l’on impose moins de contraintes aux hedge funds pour « permettre à l’industrie financière européenne de rattraper son retard sur NY et surtout la GB » ! J’espère aussi que Mr OBAMA fera ce qu’il prétend. Et donc qu’une banque de dépôts US ne pourra plus faire d’opérations pour compte propre, même à travers une filiale. Car même quand elle joue avec ses propres fonds, elle met en péril les capitaux de ses clients en prenant le risque de disparaitre. Et si elle est sauvée, c’est avec l’argent du contribuable. D’autre part, elle joue aussi avec l’argent de ses clients en leur vendant des produits "pourris", dits garantis ou structurés et des hedge funds ou fonds alternatifs (je parle des non monétaires surtout, car l’on met en avant les seuls monétaires pour dire qu’il y a de bons hedge). Mais elle utilise aussi les mandats de gestion directe ou OPCVM pour faire tourner les portefeuilles. Le tout lui permet actuellement de rembourser les Etats pour ne pas être sous tutelle informelle et pour pouvoir payer des bonus.
Enfin, quand c’est une très grande banque, elle manipule les cours comme cela peut se constater presque toutes les fins d’après midi sur le CAC ou à Wall Street. Jamais je n’avais vu autant de mensonges que depuis 2007 : chez des gérants, analystes, agences de notations, patrons de banques et de sociétés de gestion, ministres aussi, etc. La bourse actuelle ne veut plus rien dire. En 2007/2008 (avant Lehmann) j’étais invité à déjeuner par des gérants qui me disaient qu’il « fallait y aller », « que c’était le moment ». Et parce que je démolissais leurs arguments de vente, je les voyais se décomposer et me dire à la fin du repas, pour ne pas paraître trop incompétents : « Tu sais, Jean-Pierre, à titre personnel, j’ai tout vendu ! ». Il aurait fallu que je vende un marché à mes clients (et eux aux leurs) auquel eux-mêmes ne croyaient plus. Combien de banquiers ont-ils donné instructions aux conseillers des guichets pressés de campagne de vente de produits pour les faire simplement alléger les portefeuilles ? Oui, les banquiers (je ne parle pas de mes anciens collègues de terrain) se conduisent actuellement comme des voyous et avec eux beaucoup des intervenants en Finance. Heureusement, il existe encore de bons professionnels souvent gérants et conseillers indépendants, mais aussi des salariés de réseaux pour résister aux sollicitations." *Les propos rédigés par Jean-Pierre Rondeau ne sont pas nécessairement partagés par H24Finance. Ils n'engagent que leur auteur. »

Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » daté du 27 juillet 2010 en page 19 :
Article intitulé : Les banques vont bien, merci ! Maintenant, occupons-nous des Etats.
« Aussi rigoureux qu’a pu être cet audit (stress test), il s’agit avant tout d’un exercice de communication destiné à rassurer les investisseurs, à apaiser les banquiers eux-mêmes qui en sont venus à craindre de se prêter de l’argent entre eux et à montrer au monde entier le degré de sophistication de notre surveillance financière. Le problème, c’est que ces tests ont, en fait, le même degré de validité qu’un permis de conduire accordé par un examinateur aveugle, ivrogne, et ignorant lui-même le Code de la route. Car qui sont ces régulateurs qui ont accordé leur visa à 84 banques au bout de plusieurs semaines d’un suspense angoissant, sinon des institutions qui, jamais dans le passé, n’ont pu et n’ont su avertir des risque économiques, financiers ou boursiers qui s’apprêtaient à éclater. Jamais, on ne les a entendus dire une seule fois : attention aux produits dérivés, aux subprime ou à tel risque souverain. Ils n’ont jusqu’ici jamais rien vu, rien su, rien entendu. »

Andrei Shleifer, professeur à Harvard, dans « Les Echos » du 2 juillet 2010 en page 15 :

Article intitulé : La régulation financière, un échec probable.
« Je ne serais pas surpris que nous ne soyons qu'au début d'une période de grande volatilité. Il est plus que probable que les nouvelles régulations seront un échec et que les grands établissements financiers continueront à rouler les régulateurs dans la farine simplement parce qu'ils sont plus malins. Je suis prêt à parier que, dans cinq ans, les grandes institutions financières seront plus puissantes encore qu'aujourd'hui, qu'elles se livreront aux mêmes activités - et plus -, avec les mêmes effets de levier. Il n'est cependant pas impossible qu'une partie de ces nouvelles régulations empêchent certaines activités financières de se développer, mais nous ne sommes pas en mesure de dire si elles rendront le système plus stable ou si elles déclencheront un redoublement d'activités dans les zones non régulées du système. Ce n'est la faute de personne : il y a simplement trop de décalage entre les compétences des régulateurs et celles des institutions qu'ils sont censés réglementer, celles-ci par définition ne faisant de bénéfices qu'à condition de gonfler leur bilan. »

Joseph Stiglitz dans « Les Echos » du 28 juin 2010 en page 13 :


Article intitulé : Démocratie et déréglementation financière.
«  Cela aura pris trois ans depuis le début de la récession, la faillite de Lehman Brothers, pour que les Etats-Unis et l'Europe se décident enfin à réformer leurs réglementations financières. Peut-on faire confiance d'ailleurs aux autorités de régulation ? Sans ambiguïté : non ! Ce qu'il faudrait : c'est durcir encore leur cadre réglementaire.
Ce qui entraîne une autre question : à qui, donc, peut-on faire confiance ? Pour les questions économiques complexes, cette confiance a été remise entre les mains des banques et des régulateurs qui souvent viennent, eux-mêmes, des marchés. Même si les événements de ces dernières années ont prouvé que les banques peuvent gagner des milliards tout en mettant en péril l'économie et leurs propres solidités financières.
Mais comme toujours, le « diable se cache dans les détails », et les lobbies du secteur financier ont oeuvré avec force afin de s'assurer que les détails des nouvelles régulations fonctionnent dans le sens des intérêts de leurs employeurs.
Pourtant les critères d'analyse sont clairs : la nouvelle loi devrait limiter les pratiques qui ont compromis l'ensemble de l'économie mondiale, et réorienter le système financier vers ses métiers : gérer les risques, allouer le capital, accorder des prêts surtout aux petites et moyennes entreprises et développer un système de paiement efficace.
La disposition du projet de loi sénatoriale sur les produits financiers dérivés est un bon test décisif : le gouvernement Obama et la Fed, en s'opposant à de telles interdictions, se sont clairement alignés du côté des grandes banques. »

Frédérique Garrouste dans « L’AGEFI Hebdo » du 18 juin en page 14 :


Article intitulé : AMF sur tous les fronts
« « Tout se passe comme si l’objectif de protection de la place amenait l’AMF à ne pas faire de vagues, y compris sur le sujet de la transparence des banques sur leurs risques, qui reste très insuffisante » poursuit Colette Neuville. »  « La pensée de l’AMF n’a pas bougé, s’agissant de défendre les épargnants sans ennuyer les grands groupes, notamment bancaires, analyse Pierre-Henry Leroy, président de Proxinvest. Le régulateur n’aborde pas le vrai sujet soulevé par la crise, à savoir les conflits d’intérêts et le monopole bancaire. » « Une des grandes erreurs de la régulation est de ne pas avoir anticipé les risques existants sur le système bancaire, l’effet de levier, les finances publiques, les avoirs à l’étranger, a déclaré Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF » »

Franck Nouchi dans « Le Monde » du 19 mai 2010 en page 26 :


Article intitulé : Les marchés ? Quels marchés ?
« D'eux, tout dépend. Un jour, ils sont euphoriques, et nous avec. Un autre, ils ont un moment de déprime, et nous plongeons avec eux. Gare à leurs accès de nervosité : c'est alors toute la planète qui devient fébrile. De krach en boom, ils font la pluie et le beau temps.  Mêmes les économistes en perdent leur latin. Une semaine auparavant, "les marchés", inquiets des dettes accumulés par les Etats, avaient réclamé des plans de rigueur. A peine leur souhait avait-il été exaucé qu'ils étaient à nouveau inquiets en raison même de ces plans de rigueur dont ils pensent qu'ils pourraient nuire à la relance de l'économie. Difficile à comprendre. Jean-Pierre Jouyet (président de l’AMF) tente une explication : non seulement, "les marchés" souhaitent un assainissement financier et budgétaire, mais ils veulent de la visibilité, savoir à quel horizon les déficits et les dettes vont être réduits ; comment et quand sera restaurée une croissance saine et équilibrée. Rappelant qu'il existe un lien inversement proportionnel entre l'augmentation des déficits et de la dette et la croissance. Prédisant dix années de vaches maigres - "Ceux qui prétendent le contraire vous mentent" -, le patron de l'AMF ajouta que toute la question est, dorénavant, de savoir comment répartir les efforts, comment réduire les déficits dans le respect de l'équité et de la justice. Ne pourrait-on pas, ainsi que vient de le proposer le premier ministre grec, fermer certains d'entre eux de manière à retrouver un minimum de sérénité ? M. Jouyet eut cette phrase un rien vertigineuse : "Pour fermer un marché, il faut déjà le connaître, savoir où il est. Il faudrait déjà qu'il y ait un marché." Comme il fallait bien mettre un peu de cohérence dans cet océan d'incertitudes, il ajouta : "Avant de suspendre des marchés, il faudrait d'abord les organiser." »

Joshua Rosner dans "La Tribune" du 28 avril 2010 en page 13 :
Article intitulé : Crise de l’euro : les vrais coupables.


«  Au début, ce sont les spéculateurs, les « vendeurs à découvert » et les hedge funds qui ont été pointés du doigt. Pourtant, les véritables responsables sont plutôt ceux qui, profitant de l’inefficacité de la surveillance exercée par les autorités, ont créé des actifs toxiques et dissimulé leur niveau de risque : institutions bancaires, banques d’investissements et agence de notation. Les banques d’affaires exploitent les lacunes réglementaires, juridiques et comptables pour cacher la véritable situation économique de l’emprunteur. Et pour rassurer les marchés, elles utilisent la caution d’agences de notation. Ainsi, en dépit de leur devoir d’informer les investisseurs de l’ensemble des risques auxquels ils s’exposent, les banques induisent ces derniers en erreur. S’ils avaient été totalement informés de la situation de l’emprunteur, ces investisseurs auraient prêté à des taux d’intérêt bien plus élevés. Les banques se sont surtout appliquées à fabriquer, sur de fausses bases, une demande artificielle pour des produits financiers opaques et risqués. Et plutôt que d’agir dans l’intérêt de leurs concitoyens, les représentants officiels ont décidé qu’ils pouvaient appliquer la loi de façon arbitraire pour dissimuler leur complicité (crise grecque). La crise ne connaîtra pas de fin tant qu’ils n’admettront pas, tout comme nous tous, la réalité de ce délit. »

Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 en page 26 :


Article intitulé : Le marché secondaire des fonds fermés doit s’organiser.
 « La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »

Anne Michel dans « Le Monde » du 12 mars 2010 en page 13 :


Article intitulé : Michel Pébereau : « Rien ne sera plus comme avant »
 « Certains régulateurs ont failli à leur mission. Pour qu’on ait abouti à un risque de crise systémique et une récession mondiale, à partir du simple éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis, il faut qu’il y ait eu des responsables qui aient dérapés à plusieurs niveaux. Les défaillances les plus graves se sont produites aux Etats-Unis. Il y a quatre niveaux de responsabilité : la politique monétaire américaine de facilité, source de surendettement, et les déséquilibres structurels des paiements internationaux courants, dont le déficit des Etats-Unis ; l’illusion du tout-marché, entretenue par les normes comptables internationales, qui a conduit à s’imaginer qu’il y avait un marché, donc une liquidité, pour tout actif financier, même le plus baroque ; les imprudences d’établissements financiers qui ont pris des risques mortels de solvabilité ou de liquidité ; enfin, certains régulateurs ont failli à leur mission. Il faut s’assurer que les banques se sont dotées de systèmes adaptés pour maîtriser les risques de liquidité, sans les empêcher de faire leur métier, qui est pour une part de transformer de l’épargne à court terme en crédits plus longs. »


Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, dans « Le Figaro » du 1er mars 2010 en page 23 :
Article intitulé : Donner plus de pouvoirs au gendarme des marchés financiers.
 « Le problème les (hedge funds) dépasse largement à cause, disons-le, du caractère moutonnier des marchés. Tout le monde suit, parce que tout le monde veut en être… Nous sommes manifestement confrontés, sur certains segments de marchés, à une concentration entre les mains d’une poignée d’acteurs. Regardez l’impact d’un prétendu dîner à New York de quelques opérateurs. S’il s’est effectivement tenu, c’est pour le moins troublant. S’il s’agissait d’industriels, on parlerait d’un cartel qui serait vigoureusement sanctionné. Mais s’agissant de finance, c’est le néant total ! Un autre problème auquel nous sommes aussi confrontés, c’est la très grande difficulté pour les régulateurs comme pour les investisseurs de faire la différence entre ce qui relève des rumeurs et ce qui est effectivement une réalité sur le marché. »


Florence Guédas dans l’Agefi Hebdo du 22 janvier 2010 en page 12 :
Article intitulé : AMF En quête de crédibilité.

« Le dossier EADS a mis en lumière un profond déséquilibre des pouvoirs en interne, révélateur d’un état d’inachèvement de l’institution. Le dossier EADS a mis en lumière un déséquilibre entre les deux piliers sur lesquels l’AMF fonde son autorité : un pouvoir d’enquête défaillant d’un côté et un pouvoir de sanction renforcé de l’autre. Avec, en filigrane, la question de l’influence exercée par la direction générale de l’AMF dans le déroulement de l’enquête qui discrédite le travail des enquêteurs. La procédure d’enquête menée par l’AMF est en effet loin de respecter les droits de la défense. Outre que « les enquêtes sont menées ‘à charge’, les ordres de mission ne sont pas suffisamment explicités pour permettre aux personnes d’identifier les manquements qui fondent les investigations. » 
Noël Forgeard, ancien coprésident exécutif d’EADS, l’AMF « vient de laver un soupçon entretenu depuis plus de trois ans, sur moi, mon honneur, mon travail et celui des équipes d’Airbus »
Fabrice Rémon, associé Deminor « L’omerta continue à régner sur la place de Paris, comme dans les dossiers Natixis et Madoff »


Maître Marc Levis, avocat associé au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation « Premièrement, on ne peut pas dire que l’AMF ait vraiment une doctrine. On a parfois le sentiment que les affaires sont jugées au cas par cas. Cette insécurité juridique est associée à l’impression d’un manque de loyauté, à une imprévisibilité. »

Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 21 décembre 2009 en page 33 :
Dossier EADS « L’AMF renoue avec ses vieux démons qui la font soupçonner d’être faible avec les forts et forte avec les faibles. On a entendu jeudi sur France Inter son président, Jean-Pierre Jouyet, furieux, critiquer la « schizophrénie » de l’institution qu’il préside : à la fois régulateur, gendarme et juge. « Que la même institution fasse des poursuites et juge est incompréhensible par l’opinion publique. La perception l’emporte alors sur la réalité » Il y a comme du changement de stratégie dans l’air. Là où ses prédécesseurs comptaient sur leur fermeté dans l’affaire EADS pour asseoir la crédibilité de l’institution après le flot de critiques sur la gestion des affaires Rhodia et Vivendi, et faire oublier le sulfureux passé de la COB, le nouveau patron de l’AMF compte plus sur la force de sa régulation pour jouer un rôle politique. »

Jean-Pierre Jouyet dans "Le Monde" du 17 décembre 2009 :

"Il faut donner plus de visibilité à notre mission de protection de l'épargne, remettre l'église au milieu du village."

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, est professeur à Columbia University dans « Les Echos » du 14 décembre 2009 en page 15 :
« Les régulateurs, chargés en principe d’empêcher toute action pouvant entraîner un risque systémique, ont échoué. Nombre d’entre eux n’ont pas compris le rôle de la réglementation et nombre d’entre eux sont devenus « otages » de ceux-là mêmes qu’ils étaient supposés réguler. Laisser de telles banques continuer à se livrer à des transactions pour leur propre compte dénature les marchés financiers. Pourquoi seraient-elles autorisées à faire des paris, alors que ce sont les contribuables qui assumeront leurs pertes ? Soit ils (les banquiers) ont trompé leurs actionnaires et les investisseurs, soit ils n’ont pas compris la nature des risques et des profits. Probablement les deux. De toute façon, c’est décourageant. Le manque de compréhension des risques par les investisseurs et les défaillances de la gouvernance ont encouragé les banquiers à ne pas concevoir des bonnes structures d’incitation. Il est crucial de corriger ces défauts. Plus la banque est importante en taille, et plus les risques qu’elle est autorisée à prendre sont importants, plus est grande la menace qu’elle constitue pour nos économies et nos sociétés. »

Jean-Pierret Jouyet dans "Le Nouvel Observateur" de décembre 2009 :

"Si nous avions un pouvoir de transaction, nous pourrions classer plus vite les petites affaires." "Ce qui est légal n'est pas toujours moral."

Gérard Rameix dans "Le Nouvel Observateur" de décembre 2009 :

"Il fallait protéger le secret des affaires" pour expliquer le fait que des documents avaient été écartés.

Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 24 novembre 2009 page 7 :
« Depuis sa création, il y a six ans, elle se voit régulièrement reprocher son opacité, sa faiblesse juridique, ses ambiguïtés. Nommé à sa tête il y a un an, Jean-Pierre Jouyet s’efforce de lui redonner une crédibilité. Un souci, aussi, d’en finir avec une certaine façon de travailler de l’ancienne COB, dont la perméabilité au monde extérieur était l’une des failles. Bilan ? Rien n’a vraiment changé. Ce sont des cabinets d’avocats qui recrutent d’anciens de l’autorité afin d’en comprendre les arcanes et de passer les bons coups de fils ; ce sont des magistrats passant de l’AMF au pôle financier de Paris.. S’est ainsi formée, par une sorte d’endogamie, une aristocratie de la régulation boursière avec ses clans se faisant et se défaisant au gré des affaires traitées par l’autorité et des affinités politiques. Dernier exemple en date, le tribunal de grande instance de Paris a débouté l’AMF de son action contre les auteurs du livre « L’affaire Rhodia, l’histoire du plus grand nombre scandale financier français » qui dénonce les trucages de l’AMF pour protéger les administrateurs de Rhodia », parmi lesquels Thierry Breton, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances. La juge d’instruction Xavière Siméoni a recommencé toute l’enquête. Résultat : des bureaux perquisitionnés deux, trois fois, des pièces retrouvées dans le dossier pénal dont l’AMF n’a pas tenu compte, des gardes à vue pour entendre à nouveau des dépositions déjà recueillies dans le cadre de l’enquête administrative…un vrai bazar de procédure qui fait le bonheur des avocats et des communicants. »

Odile Benyahia-Kouider et Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » du 11 novembre 2009 :
« Trop jeune, inexpérimenté, dans une logique à charge, bourré de certitudes, obnubilé à l’idée de se faire un nom, hermétique à la science du planning aéronautique….Que n’a-t-on pas entendu depuis des mois au sujet du malheureux inspecteur de l’AMF qui a enquêté durant deux ans sur les délits d’initié supposés au sein d’EADS. Un an après le début des investigations, en septembre 2007, le secrétaire général de l’AMF demande une note d’étape et la transmet au parquet, puisqu’une procédure pénale est en cours. Quelques semaines plus tard, le 3 octobre 2007, elle se retrouve…à la une du « Figaro » ! Même si personne ne sait d’où vient la fuite, l’AMF est pointée du doigt. « L’AMF a voulu montrer qu’elle était capable de travailler plus vite et aussi bien que la justice, estime un avocat. Elle en a fait une affaire personnelle, parce qu’à l’époque le rapport Coulon (sur la dépénalisation des affaires) faisait planer une menace sur l’institution, dont les enquêtes font double emploi avec celles de la justice. Pire : les avocats font planer le doute sur le sérieux, voire l’honnêteté de l’enquête. Maître Peltier s’étonne de l’absence au dossier de deux documents complémentaires aux auditions de ses clients. Une manière de sous-entendre que les enquêteurs de l’AMF ne conservent que les pièces à charge. Dans l’affaire EADS, il en manquait certains écartés parce qu’"il fallait protéger le secret des affaires », reconnaît l’ancien secrétaire général Gérard Rameix. Thierry Francq, le secrétaire général de l’AMF, a déjà lancé un audit du service des enquêtes qui pourrait, si nécessaire, déboucher sur ne réforme. »

Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des Marches Financiers, dans « La Croix » du 20 octobre 2009 :
« A son arrivée, l’heure est à la remise en ordre des marchés financiers qu’il trouve « anarchiques, opaques, court-termistes » « Il voudrait « convaincre  les responsables politiques » que l’origine du mal actuel se trouve dans ce complet désordre ».


Monsieur Jean Montaldo dans son livre « Lettre ouverte aux bandits de la finance » : page 181
«  Que penser, dans ces conditions, du contenu de l’épais Rapport établi à Paris, par l’AMF, l’Autorité des Marchés Financiers, le 18 septembre 2007 (pour rappel dès janvier 2007 j’expliquais qu’il fallait sortir des marchés) ? Un pavé de 90 pages … qui, bien sûr sans le dire, prend le contre-pied des avertissements lancés par les experts de la Banque de France. Quatre-vingt-dix pages pour, en quelque sorte, nous chanter des balivernes mathématisées et encenser les hedge funds, ces grands consommateurs de produits titrisés qui ont échappé à tout contrôle, étant réfugiés dans les paradis fiscaux. A l’AMF, installé dans les anciens locaux du Club Med, des hedge funds on en veut et on en redemande, même pour les petits épargnants ». Et la crise arriva et….
http://www.amf-France.org/documents/general/7924_1.pdf

Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel « Le Monde » 26 septembre 2009 :

« Déclarer un prévenu coupable avant qu’il ne soit jugé est un des manquements constitutionnels les plus graves »

Jean-Pierre Feldman, professeur agrégé des facultés de droit et avocat à la cour de Parisdans « Les Echos » 23 octobre 2009 :

« L’AMF se doit de respecter les droits de la défense garantis par les textes internes et internationaux »

Jérôme Monod dans « Les Echos » du 29 août 2009 :
« Une fois, je demandais à un éminent acteur de la régulation financière pourquoi le scandale du Crédit Lyonnais avait changé si peu de chose dans la surveillance des institutions financières. Il a  commencé par m’expliquer que la Commission des opérations de Bourse, l’un des organismes qui s’est fondu dans l’Autorité des marchés financiers, était une émanation du Trésor. Et qu’au-dessus du Trésor il y avait le ministre des Finances. Et qu’il ne fallait pas non plus oublier le rôle des patrons précédents du Crédit Lyonnais. Je lui fais alors remarquer que cette dilution à l’infini des responsabilités est l’une des caractéristiques de la mafia. Il m’a simplement répondu : « oui » » ; « Il faut des institutions financières mais aussi économiques, sociales, morales pour édicter des règles claires et les faire respecter, sur un socle solide, fondé par le pouvoir politique sur les principes du bien commun »

Jean-Paul Fitoussi écrit dans « Le Figaro magazine » du 29 août 2009 :
A propos de la crise « On a consommé du capital. On se croyait riche, les marchés financiers nous disaient que les prix des actifs étaient très élevés alors que tel n’était pas le cas. Le fait que le système financier se soit mis à dysfonctionner n’est qu’un symptôme, ce n’est pas la cause de la crise. La cause profonde est la très grande croissance des inégalités que nous connaissons depuis un quart de siècle. »

Monsieur Jean-Pierre Teyssier, président de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité et de l’Alliance pour l’éthique en publicité, dans Les Echos du 14 août 2009 :
« Or, dans le secteur financier et bancaire, les dysfonctionnements qui ont été observés proviennent aussi bien de la régulation publique que de la régulation privée »

Monsieur Serge Villepelet, dans Les Echos du 12 août 2009 :
« Faut-il une organisation comptable mondiale ? Depuis 2008, on aurait pu croire que c’était chose faite ! Car les trustees, qui nomment les membres de l’IASB, sont désormais chapeautés par un nouvel organisme, le Monitoring Group, constitué des régulateurs boursiers mondiaux »

Jean-Pierre Jouyet dans "Le Monde" du 10 juillet 2009 :

"La publication de ce rapport, l'écho que les médias en donneront les conduidont à renforcer leurs efforts de transparence. Si cela n'était pas le cas, nous pourrions décider de publier les noms des sociétés qui ne repectent pas les règles."

Jean-Pierre Jouyet dans "Le Figaro" du 30 juin 2009 :

"Nous devons passer d'une culture de sanctions à une surveillance intelligente, en amont, qui pourrait appuyer là où cela fait mal, c'est-à-dire la réputation."

Jean-Pierre Jouyet dans "Les Echos" du 30 juin 2009 :

"Depuis ma prise de fonction, j'ai été alerté par la multiplication, la fragmentation et l'inorganisation de nos marchés financiers."

Monsieur Jean-Pierre Jouyet, dans Challenges du 4 juin 2009 page 26 :
«…..les régulateurs, livrés à eux-mêmes, à leur jargon et à leur technicité, céderont aux pressions de l’industrie. »

Jean-Pierre Jouyet dans "Le Monde" du 27 mai 2009 :

"Or le premier devoir des régulateurs et des responsables européens est de protéger les petits épargnants et d'assurer la sécurité des investisseurs. Sans protection, pas de sécurité. Sans sécurité, pas de confiance? Sans confiance, pas de reprise."

Paul-Henri de la Porte du Theil, Président de l’AFG dans Le Monde du 18 mai 2009 « Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux ».

Monsieur Pierre-Antoine Delhommais dans Le Monde du 18 janvier 2009 :
« Les autorités de contrôle qui ne contrôlaient rien du tout »

Monsieur Valéry Giscard d’Estaing dans Le Monde du 13 janvier 2009 :
« Il est incroyable que les organismes de contrôle n’aient pas fait leur travail, que personne n’ait été averti de rien.»

Discours de Monsieur Le Président de la République, Doha le 29 novembre 2008 :
« Face à cette crise, il y a deux attitudes. La première consisterait à continuer comme avant, sans tirer aucune leçon des erreurs du passé. La seconde consiste à faire de cette crise sans précédent, une opportunité pour changer le monde »

Messieurs Denis Chemillier-Gendreau, consultant financier, et Elyès Jouini, vice-président de l’université Paris-Dauphine, dans Le Monde du 5 novembre 2008 :
« La vérité est que l’Etat régulateur n’a pas régulé ! Son premier péché est de ne pas avoir osé endiguer la croissance artificielle »

Monsieur Jeffrey D. Sachs, professeur d’économie et dirige l’institut de la Terre de l’université de Columbia, Les Echos du 3 novembre 2008 :
« Soutenue (la crise) par des organismes de surveillance qui n’ont pas joué leur rôle »

Monsieur Jacques DELPLA, membre du Conseil d’analyse économique, Les Echos du 30 octobre 2008 :
« Premièrement, les régulateurs ont failli dans leurs domaines de compétence. Ils ont été incapables de voir de mesurer les risques excessifs de crédit pris par les banques » ; « Le crise est une énorme faillite des régulateurs bancaires, selon le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn. L’effondrement financier actuel n’est pas né là où on l’attendait, dans les secteurs non régulés de la finance (« Hedge funds », « private equity », dérivé). Mais au sein des banques, le secteur le plus régulé de l’économie avec les centrales nucléaires. »

Monsieur Jacques Docquiert, dans Les Echos du 13 septembre 2008 :
« Jacques de Larosière, le coprésident d’EUROFI, a cependant tenu à rappeler leur responsabilité à tous les acteurs – banques, gestionnaires d’actifs, superviseurs, pouvoirs publics et banques centrales – en refusant ainsi de faire des seules agences de notation les responsables d’une crise dont la plupart des intervenants refusent de pronostiquer l’évolution. Plusieurs responsables de ces agences de notation s’en sont félicités en rappelant notamment l’absence d’outils scientifiques à leur disposition et qu’elles émettent des avis qui doivent demeurer sujets à caution »

 



socioecopofi.com – Tous droits réservés – L’ensemble du contenu du site socioecopofi.com est protégé par les lois internationales sur les droits d’auteur, les programmes informatiques, les dessins et la protection de la propriété intellectuelle. La copie et la reproduction sont strictement interdites, tant dans la forme, ses idées ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord écrit de son auteur Christian PIRE. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3°a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement, réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que « les analyses et reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4), cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle