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BANQUE

 

Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les régulateurs prônent davantage de transparence sur les marchés.
Les banques ont lancé leur propre moteur de confrontation des ordres, en dehors de tout statut prévu par la directive. Cela parfois en toute transparence des intérêts à l'achat et à la vente, mais parfois en toute opacité. MIF a prévu des obligations en matière de transparence pour compenser les effets de cette concurrence nouvelle. La directive a aussi prévu des exemptions, notamment pour éviter à des gérants institutionnels d'avoir à subir un impact de marché provoqué par un ordre important. Mais elles sont aussi utilisées pour de petits ordres ! »

Jean-Pierre Rondeau, président de CIF-CGPC, dans H24Finance daté du 29 juillet 2010 :
Article intitulé : Un dernier coup de g... avant les vacances
" Oui, les banques sont immorales. Oui, Madame MERKEL a raison d’interdire les ventes à découvert quand elles ne sont que des opérations de spéculation et pas de couverture. Je veux oublier ses rodomontades et celles de notre président quand ils demandaient, il y a à peine quatre ans encore, que l’on impose moins de contraintes aux hedge funds pour « permettre à l’industrie financière européenne de rattraper son retard sur NY et surtout la GB » ! J’espère aussi que Mr OBAMA fera ce qu’il prétend. Et donc qu’une banque de dépôts US ne pourra plus faire d’opérations pour compte propre, même à travers une filiale. Car même quand elle joue avec ses propres fonds, elle met en péril les capitaux de ses clients en prenant le risque de disparaitre. Et si elle est sauvée, c’est avec l’argent du contribuable. D’autre part, elle joue aussi avec l’argent de ses clients en leur vendant des produits "pourris", dits garantis ou structurés et des hedge funds ou fonds alternatifs (je parle des non monétaires surtout, car l’on met en avant les seuls monétaires pour dire qu’il y a de bons hedge). Mais elle utilise aussi les mandats de gestion directe ou OPCVM pour faire tourner les portefeuilles. Le tout lui permet actuellement de rembourser les Etats pour ne pas être sous tutelle informelle et pour pouvoir payer des bonus.
Enfin, quand c’est une très grande banque, elle manipule les cours comme cela peut se constater presque toutes les fins d’après midi sur le CAC ou à Wall Street. Jamais je n’avais vu autant de mensonges que depuis 2007 : chez des gérants, analystes, agences de notations, patrons de banques et de sociétés de gestion, ministres aussi, etc. La bourse actuelle ne veut plus rien dire. En 2007/2008 (avant Lehmann) j’étais invité à déjeuner par des gérants qui me disaient qu’il « fallait y aller », « que c’était le moment ». Et parce que je démolissais leurs arguments de vente, je les voyais se décomposer et me dire à la fin du repas, pour ne pas paraître trop incompétents : « Tu sais, Jean-Pierre, à titre personnel, j’ai tout vendu ! ». Il aurait fallu que je vende un marché à mes clients (et eux aux leurs) auquel eux-mêmes ne croyaient plus. Combien de banquiers ont-ils donné instructions aux conseillers des guichets pressés de campagne de vente de produits pour les faire simplement alléger les portefeuilles ? Oui, les banquiers (je ne parle pas de mes anciens collègues de terrain) se conduisent actuellement comme des voyous et avec eux beaucoup des intervenants en Finance. Heureusement, il existe encore de bons professionnels souvent gérants et conseillers indépendants, mais aussi des salariés de réseaux pour résister aux sollicitations." *Les propos rédigés par Jean-Pierre Rondeau ne sont pas nécessairement partagés par H24Finance. Ils n'engagent que leur auteur. »

Karel Lannoo, directeur général du CEPS (Centre for European Policy Studies), dans « La Tribune » du 15 juillet 2010 en page 20 :


Article intitulé : A l’avenir, la taille des banques sera un handicap.
« Nous assistons à un changement de paradigme. A l’avenir, la tailles sera un handicap car, avec les nouvelles règles, plus les banques seront grandes, plus elles devront disposer de capital. Au lieu d’achever l’assainissement de leurs bilans, les banques tentent de remettre les réformes à plus tard. Cette attitude collective crée une incertitude dans le marché, qui elle-même leur coûte très cher. Les banques sont prises à leur propre piège. Leur erreur leur a éclaté au visage avec la crise de la dette souveraine.»

Jean-Jacques Mevel dans « Le Figaro » du 12 juillet 2010 en page 25 :


Article intitulé : Mieux protéger les dépôts bancaires.
« Bruxelles veut garantir 100 000 euros en cas de faillite. Le régime pourrait s’appliquer dès 2012. »

Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune  » du 26 avril 2010 en page 10 :


Article intitulé : Régulation financière : paroles, paroles…
 « Dix-huit mois après la faillite de Lehman, elles gagnent (les banques) de l'argent, beaucoup d'argent, 3,3 milliards de dollars pour un Goldman Sachs qu'on dit en pleine tourmente, 1,3 milliard pour un Morgan Stanley qui était en perte, et plus de 4 milliards de dollars pour un Citigroup quasi nationalisé et en quasi-faillite il y a un an. Et cet argent, comment l'ont-elles gagné ? En "prêtant aux familles qui essaient d'acheter une maison ? Ou de financer des études ?" Non !!! En spéculant. SPÉ-CU-LANT. Sur le marché des changes, sur les marchés des obligations, grecques, portugaises ou autres pays en difficulté, ou sur le marché des actions sans oublier les fameux dérivés et produits structurés. Car depuis la faillite de Lehman Brothers, les politiques du monde entier n'ont rien fait. Rien. Que des paroles, rien que de mots. Les bonus ? Record absolu des rémunérations des traders en 2009 avec une petite manipulation des chiffres pour mettre une partie de la rémunération en salaires et un petit décalage du paiement du bonus de quelques mois pour que cela soit moins choquant. Les hedge funds ? Vous vous rappelez ? Le G20 devait les brider, les briser, les anéantir. Le chiffre est tombé cette semaine. Les actifs sous gestion dans les hedge funds ont littéralement explosé depuis quelques mois et sont, à 2% près, à leur record absolu de 2007. Les banques ? Les gouvernements les avaient averties : elles allaient voir ce qu'elles allaient voir si elles ne prêtaient pas aux particuliers et aux entreprises...
Aujourd'hui, les PME et les TPE du monde entier n'ont pas accès au crédit et les particuliers, sauf en Chine, encore moins parce que tout l'argent des banques va sur les marchés. Quant aux paradis fiscaux, un petit miracle les a blanchis miraculeusement en quelques semaines : la liste noire est devenue grise, puis blanche... Sur papier, il n'y a plus de paradis fiscaux...
Malgré tous ces échecs, les grands de ce monde n'ont pas peur du ridicule et continuent à jouer la même partition : régulation financière, taxe sur les banques, taxe sur les transactions financières. Sans aucune peur du ridicule, ils nous répètent à chaque G20 et à chaque discours, exactement, mot pour mot, ce qu'ils ont dit avant. »

Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » du 27 avril 2010 en page 15 :


Article intitulé : Taxer les banques, c’est tuer la croissance.
 « Ce n’est pas parce qu’une absurdité est partagée par le plus grand nombre, qu’elle devient une vérité. Mais le fait d’être largement répandue dans l’opinion publique en fait un argument d’autant plus difficile à abattre, même avec les idées les plus simples. Prenons l’exemple de cette fameuse taxe que la plupart des gouvernements veulent imposer à leurs banquiers ou à certaines de leurs activités. D’autant qu’il n’y a pas un grand pays qui ne veuille pas réguler, codifier, ou mettre de l’ordre dans les professions financières, ne serait-ce que pour montrer – ou faire croire à leurs électeurs qu’ils ont retenu les leçons de l’automne 2008. En France, comme en Allemagne, et dans quelques autres pays, une certaine élite autoproclamée, des gens que l’on appelle les « sachants » car on n’ose même plus les appeler « experts », tant ils se sont trompés à de nombreuses reprises, ont estimé qu’en instaurant une taxe sur les profits des banques, cela permettrait de constituer une cagnotte pour leur venir en aide…lors de la prochaine crise. Sauf que cette taxe ira bien sûr dans le budget général de l’Etat, et servira à payer les fins de mois de la fonction publique ! Mais a-t-on pensé que chaque euro gagné par les banques permet de faire douze euros de crédit supplémentaire ? Si la France a enregistré, en 2009, une décélération moins forte que celle de la plupart des pays européens, ce n’est pas quoi qu’on en dise dans les milieux bien-pensants, à cause de « ce –modèle-social-que-le-monde-entier-nous-envie », mais parce que les banques ont augmenté en moyenne de 2,7% la distribution de crédit. »


Martin Wolf dans « Le Monde » du 27 avril 2010 en page 2 :
Article intitulé : Dire aux banquiers qu’il faut cesser de prendre des risques inconsidérés ne suffit pas. On doit faire en sorte qu’ils en aient peur. Stopper la machine infernale.
 « Plus nous prenons conscience des risques que fait courir à l’économie mondiale le fonctionnement de notre système financier, plus il apparaît évident que le radicalisme est l’option la plus sûre pour mener à bien une réforme de son fonctionnement. L’aspect le plus dangereux réside dans l’obligation faite aux autorités de laisser gonfler une nouvelle série de bulles de crédit afin d’enrayer l’impact dévastateur de l’implosion des précédentes. Engorgés comme il l’est, l’actuel système financier génère-t-il des gains qui justifient ces coûts pour l’économie réelle ? S’ils sont des serviteurs précieux de l’économie, les systèmes financiers font de biens piètres maîtres. Même l’argument souvent avancé selon lequel une plus grande liquidité du marché est préférable à une moindre liquidité n’est pas irréfutable, car cette liquidité exacerbe la « négligence rationnelle ». »

Dans « La Tribune » du 13 avril 2010 en page 24 :


Article intitulé : Les banques essayent déjà de contourner la future réglementation.
 " Plusieurs d’entre elles étudient la création de nouveaux produits financiers permettant d’éviter la levée de fonds propres additionnels dans le cadre des nouvelles réglementations, selon le « Financial Times ». Goldman Sachs, JPMorgan et Deutsche Bank notamment se concentre sur les crédits d’impôts. Elles pourraient créer des produits dérivés indexés sur ces crédits. " 

Elsa Conesa, chef adjoint du service « Finances » aux Echos, dans « Les Echos » du 25 mars 2010 en page 14 :
Article intitulé : Bâle III : ce qui fait vraiment peur aux banquiers.
«  Les banquiers n'y vont pas de main morte. Après avoir déclenché la crise, appelé les pouvoirs publics à l'aide, restreint le crédit pour les PME, surpayé leurs traders, voilà qu'ils menacent de ne plus financer l'économie. « On va dans le mur », répètent-ils d'une seule et même voix. A les entendre, les futures normes de solvabilité, dites de Bâle III, qui doivent éviter que les excès de la crise ne se reproduisent, sonnent la fin du financement bancaire.  Après la faillite de Lehman fin 2008, le monde a progressivement pris conscience de l'état des bilans des grands établissements et de l'ampleur de l'endettement auquel ils avaient eu recours pour chercher la rentabilité. Autrement dit, du très faible niveau de capital mis en face des actifs ou activités risqués. Résultat : des rentabilités stratosphériques, dépassant 100 % dans certains métiers. Et des recapitalisations massives par les Etats lorsque les défauts sont survenus. Les banques devront aussi rallonger leur refinancement, et ne plus financer des crédits à 15 ans avec de la dette à 3 mois. Mais voilà que l'industrie de la finance, qu'on attendait plus proactive, crie au scandale. Trop de fonds propres, trop de contraintes sur la liquidité, cela va peser sur la distribution du crédit, nous dit-on. Un raisonnement efficace, mais pas totalement honnête. En privé, certains banquiers divergent. La réalité, c'est que les banques européennes sont encore trop endettées, beaucoup plus que les banques américaines, même en tenant compte des différences de traitement comptable. Un an et demi après le déclenchement de la crise, leurs bilans valent encore plus de 40 fois leurs fonds propres. Trois fois trop. Si l'on s'en tient au bon vieux ratio de solvabilité qui imposait aux banques de détenir l'équivalent de 8 % de leurs actifs en fonds propres, le multiple ne devrait pas dépasser 12. Moralité, il faut réduire le levier, facteur redoutable d'amplification et de distribution du risque au reste du marché. Ce qui implique à la fois d'augmenter les fonds propres et de réduire le bilan des banques en cédant des actifs. Un ajustement qui ne doit pas se faire par la restriction du crédit, mais bel et bien là où est logé le risque : dans la banque d'investissement. Si l'on s'en tient aux fondamentaux de la banque, les crédits doivent pouvoir être financés par les dépôts des clients, le recours aux marchés devant rester marginal. C'est même la base du métier, la crise l'a rappelé. Critique émise par les professionnels, la création de « coussins contracycliques », ces réserves de fonds propres que les banques devront constituer en haut de cycle pour faire face aux crises, en réduisant la distribution aux actionnaires. En relevant le niveau général des fonds propres, ces coussins viendraient grever là encore la distribution du crédit. Pourtant, une étude de la Banque d'Angleterre montre que si les banques britanniques avaient réduit de 20 % la distribution du résultat à leurs actionnaires entre 2000 et 2008, elles auraient eu suffisamment de fonds propres pour traverser la crise sans avoir recours aux injections de l'Etat. La réalité, c'est aussi que, pour les banques, l'enjeu n'est pas celui du financement de l'économie, mais bien celui de la rentabilité. Le premier effet des nouvelles normes, c'est de réduire mécaniquement le rendement des fonds propres des banques, le sacro-saint « RoE ». Mais, c'est là encore une des leçons de la crise, on ne peut pas durablement afficher une rentabilité de 15 % quand la croissance mondiale est de 3 %. La rentabilité des banques doit baisser. »

Anne de Guigné dans « Le Figaro » du 19 mars 2010 en page 25 :
Article intitulé : Les grandes banques doivent pouvoir faire faillite.
« Le G20 a demandé aux banques de réfléchir à leurs propres plans de gestion de crise. Suivant une mesure britannique, il exige même que chaque banque présente d’ici à la fin de l’année un plan de liquidation. Pour l’instant, seule l’espagnole Santander s’est déclarée prête. »

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, dans « Le Nouvel Observateur » du 4 mars 2010 en page 86 :
Article intitulé : L’écrasante responsabilité des banquiers.
 «  Les dettes extérieures et les déficits publics de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie sont le résultat du sauvetage des banques, dont les méfaits ont causé la crise. Et maintenant ces mêmes institutions financières font des fortunes en mordant la main de leurs sauveteurs ! On ne devrait cependant pas s’en étonner : on n’a changé ni les règles ni les motivations de ces établissements. On leur a donné de l’argent bon marché pour faire ce qu’ils voulaient sans contraintes, et ils l’utilisent pour maximiser leurs profits, sans se soucier des coûts sociaux induits ! Pis : ces financiers qui nous ont mis dans le pétrin réclament maintenant une aggravation de la situation. Car si on réduit les déficits publics l’économie replongera…C’est une excellente illustration de la myopie des marchés, et de l’urgence des réformes. Les financiers ont failli par incompétence et par cupidité. Bien sûr, les économistes ont aussi joué un rôle en légitimant l’idéologie de la dérégulation. L’idée de rejeter la faute sur une politique monétaire laxiste est absurde : prendriez-vous au sérieux un industriel qui vous expliquerait qu’il perd de l’argent parce que sa main-d’œuvre est trop bon marché ? L’argument est stupide ! Il est tout aussi malhonnête de rejeter la faute sur les politiques d’accès à la propriété : ayant fait partie de l’administration Clinton, je peux vous assurer qu’on n’a jamais recommandé de vendre des palaces à des pauvres. »


P. DE G. (à New York) et G. M. dans « Les Echos » du 15 février 2010 en page 28 :
Article intitulé : Goldman Sachs mis en cause pour son rôle dans la crise grecque.
« Après le « Spiegel », c’est au tour du « New York Times » de mettre en cause le rôle de Goldman Sachs dans la présentation « créative » des comptes de la Grèce qui aurait contribué à « camoufler » l’ampleur de sa dette. Selon le « New York Times », un montage élaboré par Goldman Sachs en 2001, à travers des swaps de devises, aurait notamment permis au gouvernement grec, juste après l’adhésion d’Athènes à l’Union monétaire, d’emprunter plusieurs milliards en « dissimulant la transaction aux yeux du public ». Ce schéma aurait aidé la Grèce à respecter les règles imposées par Bruxelles en matière de déficit tout en continuant de vivre au-dessus de ses moyens. Le gouvernement grec soupçonne désormais Goldman Sachs d’avoir massivement investi en « crédit default swaps » (CDS), en pariant sur un défaut de paiement d’Athènes. »


Philippe Boulet-Gercourt et service économie dans « Le Nouvel Observateur » du 11 février 2010 en page 61 :
Article intitulé : Une crise pour rien ?
« L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laisser-faire, c’est fini (…) Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité » Olivier Besancenot ? Joseph Stiglitz ? Non : Nicolas Sarkozy, à Toulon le 25 septembre 2008 ! Et le président de poursuivre : « Comment admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis, emmenant tout le système financier à la faillite ? L’impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires,les clients et les salariés les plus modestes, en exonérant les principaux responsables. Qui pourrait accepter une telle injustice ? » Un beau discours, vraiment… « Les banques ne jouent pas le jeu, juge Muriel Nahmias, du cabinet de conseil Bfinance. Le crédit est ainsi en train de diminuer dans le financement des groupes. Pour Pernod Ricard ou Lafarge, il constituera moins de la moitié des financements. » Les citoyens ordinaires ne sont pas mieux lotis. « Les banques font payer à leurs clients leurs erreurs et les pertes enregistrées pendant la crise, explique Serge Maître, secrétaire général de l’Afub (Association française des Usagers des Banques). Elles cherchent à reconstituer leurs marges sur le dos des consommateurs. » »


Yves Denoyelle dans "Le Figaro" du 5 février 2010 page 21 :
Article intitulé : Supervision : les banques françaises inquiètent.

« « Pas indispensable », « extraordinairement sévère », « excessif », « une soupe qu’on ne peut avaler ». Ariane Obolensky, la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF) ne mâche pas ses mots. Les Européens déplorent de plus une situation de concurrence déloyale : les Américains n’adopteront pas, du moins dans un proche avenir, le nouveau corpus réglementaire. Les régulateurs ont pris brutalement conscience de l’ampleur des dégâts provoqués par le système anglo-saxon, déplore Pierre de Lauzun, directeur général adjoint de la FBF. »

François Vidal dans son éditorial paru dans « Les Echos » du 12 janvier 2010 :
Editorial intitulé : Rappel à l’ordre.
« Jean-Claude Trichet a appelé hier les banquiers commerciaux à améliorer significativement la gestion de leurs risques. Depuis plus d’un an maintenant, nombre de voix s’élèvent pour que les banques limitent leur prise de risque. Pour quel résultat ? Pas grand-chose de concret jusqu’ici. Car il ne faut pas s’y tromper, les profits engrangés par les banques en 2009, dont certains ont atteint des sommets, ne sont pas la preuve que ces dernières ont appris à gérer correctement leurs risques. Ils résultent pour une bonne part de l’exploitation d’une situation exceptionnelle dans laquelle les liquidités sont abondantes et la courbe des taux très pentue. En 2010, on le sait, les taux d’intérêt repartiront à la hausse et les mesures non conventionnelles, mises en place en urgence au cœur de la crise, seront remisées dans la boîte à outils des banquiers centraux. Ce qui signifie la fin de l’argent gratuit pour les investisseurs en général et les banques en particulier. Les banques pourraient se trouver confrontées à l’éclatement de bulles formées par l’inflation actuelle de certains actifs (matières premières, actifs de pays émergents..). »

Bertille Bayart dans « Le Figaro » du 18 décembre 2009 en page 25 :
« Nouvelles normes qui encadreront à l’avenir le métier bancaire commenceront à être mise en œuvre à la fin de 2012. Un axe essentiel guide la réflexion : la nécessité pour les établissements financiers de constituer leur capital avec les fonds propres les plus « purs » possibles, dont les pourvoyeurs ont donc le moins de recours possible. Pour schématiser, les actions ordinaires sont les plus éligibles à cette définition, dont les instruments « hybrides » - entre dette et capital – s’éloignent en revanche. » «  Les nouvelles normes consacreront un meilleur équilibre entre l’innovation financière et une croissance durable. »

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, est professeur à Columbia University dans « Les Echos » du 14 décembre 2009 en page 15 :
« Les régulateurs, chargés en principe d’empêcher toute action pouvant entraîner un risque systémique, ont échoué. Nombre d’entre eux n’ont pas compris le rôle de la réglementation et nombre d’entre eux sont devenus « otages » de ceux-là mêmes qu’ils étaient supposés réguler. Laisser de telles banques continuer à se livrer à des transactions pour leur propre compte dénature les marchés financiers. Pourquoi seraient-elles autorisées à faire des paris, alors que ce sont les contribuables qui assumeront leurs pertes ? Soit ils (les banquiers) ont trompé leurs actionnaires et les investisseurs, soit ils n’ont pas compris la nature des risques et des profits. Probablement les deux. De toute façon, c’est décourageant. Le manque de compréhension des risques par les investisseurs et les défaillances de la gouvernance ont encouragé les banquiers à ne pas concevoir des bonnes structures d’incitation. Il est crucial de corriger ces défauts. Plus la banque est importante en taille, et plus les risques qu’elle est autorisée à prendre sont importants, plus est grande la menace qu’elle constitue pour nos économies et nos sociétés. »

Nicolas Barré dans « Les Echos » du 2 décembre 2009 page 28 :
Propos de Lord Turner, président de la Financial Services Authority (FSA), l’autorité de surveillance des marchés britanniques : « Nous baignons toujours dans l’aveuglement collectif. C’est hallucinant, nous n’avons retenu aucune leçon ! Si on avait tenu compte du marché des CDS pour évaluer les risques du système financier, on en aurait conclu au printemps 2007 que le monde avait atteint une niveau de risque historiquement bas. Or on sait aujourd’hui que la fragilité du système était au contraire maximale !... Analyse, il est vrai édifiante, du Fonds monétaire international en avril 2006 à propos des bienfaits de l’innovation financière, en l’occurrence des « subprimes » : « la dispersion du risque de crédit par les banques en direction d’un groupe plus large et plus diversifié d’investisseurs a permis aux banques, plutôt que de conserver ces risques dans leur bilan, de rendre le système financier plus résistant. » Le FMI en concluait que « les banques commerciales sont désormais moins vulnérables aux chocs économiques et de crédit ». Lord Turner avait horrifié la City en juin dernier en évoquant un secteur financier « hypertrophié ». Toutes les activités de « trading » ont-elles une justification économique ou comportent-elles une part de « rente » prélevée sur l’économie réelle ? « Depuis la crise, cette question n’est plus considérée comme illégitime » Constate-t-il. La valeur des dérivés de crédit a été multipliée par 20 depuis 1995, passant de 18.000 à 400.000 milliards de dollars alors que la valeur du PIB mondial a été multipliée par 3. Les transactions de change représentent 50 fois les échanges mondiaux. »

Gaël Giraud, jésuite, Ceras, Ecole d’économie de Paris dans « La Croix » du 1er décembre 2009 page 23 :
« En 2009, beaucoup de banques d’investissement occidentales semblent avoir renoué avec la bonne santé financière. BNP Paribas aurait ainsi provisionné un milliard d’euros pour récompenser ses traders en février prochain. Goldman Sachs, 11,4 milliards de dollars. Pourtant, une large part des bénéfices affichés par les banques est fictive. Elle résulte d’une opération comptable qui masque l’étendue du désastre provoqué par le krach des subprimes. A l’automne 2008, en effet, le régulateur a consenti aux banques prises de panique une dérogation les autorisant à ne plus comptabiliser leurs « actifs toxiques » sur la base de leur valeur de marché – laquelle était devenue nulle. Ce régime d’exception constitue une entorse aux normes comptables internationales européennes IFRS destinées à éviter la répétition de 1929. Les bénéfices bancaires reposent donc sur des bilans largement suspects où beaucoup d’actifs toxiques sont valorisés d’une manière qui échappe à la « vérité du marché ». Quant à la partie non fictive des profits bancaires, elle provient de l’octroi de prêts à taux élevés d’un argent que les banques empruntent à bas taux aux banques centrales : une stratégie dont l’économie réelle est la perdante comme en témoigne la croissance du chômage »

Hélène Rey dans « Les Echos » du 25 novembre 2009 page 15 :
« Les banquiers centraux et certaines autorités budgétaires ont été de bons docteurs pendant la crise. En revanche, en matière de prévention, banquiers centraux, régulateurs et autres responsables de politiques économiques méritent un zéro pointé. On aurait pu penser que la crise avait amplement démontré les abus du système bancaire et l’incompétence ou l’impuissance des régulateurs et des agences de notation. Or que voyons-nous ? Les banques font une campagne de lobbying impressionnante pour freiner les réformes. Les liquidités massives injectées par les banques centrales ne trouvent pas souvent le chemin des entreprises. Elles servent à acheter des obligations et des actions garantissant aux banques qui les détiennent un rendement peu risqué alors que le coût du financement est quasiment nul. Soyons clairs. Les profits des banques, à l’heure actuelle, viennent en grande partie de rentes monopolistiques, de la garantie implicite de l’Etat qui n’est pas facturée, contrairement à tout autre police d’assurance, et du coût très bas de la liquidité. Ainsi les profits des banques dépendent directement des distorsions du marché engendrées par la crise. Ces profits sont dus en grande part à l’aide publique. Pendant ce temps, gonflées par la marée mondiale de liquidités, les bulles financières enflent dans nombre de pays émergents. »

Paul Jorion, anthropologue et économiste, dans « Le Monde économie» du 3 novembre 2009 page 5 :
« Quel que soit le niveau auquel la finance tombe, elle repart ensuite dans une dynamique de bulle, car rien n’a été fait pour changer le mécanisme qui préside aux mouvements spéculatifs. Il serait naïf de croire que la vraie réponse à la crise se trouve dans la science économique. Il faut la trouver ailleurs…Toutes les pertes n’ont pas été encaissées. Elles (les banques) ont pu falsifier leurs comptes en obtenant de valoriser leurs actifs non plus aux prix du marché (marked to market) mais au moyen d’un modèle (marked to model). C’est une hérésie. Ce changement de méthode ne fait que reculer le moment de vérité. »

Valérie Second, grand reporter, dans « La Tribune » du 22 octobre 2009  en page 9 :
« Si, dans la banque, les bonus sont trop gros, c’est parce que les profits sont devenus exorbitants. Inaudible il y a peu, ce constat a gagné en respectabilité lorsque lord Turner, le patron du régulateur britannique dénonça haut et fort les « profits indécents d’un secteur hypertrophié ». Une rentabilité moyenne des capitaux engagés de 23% selon l’agence de notation Standard & Poor’s, et jusqu’à 40% à 50% dans certaines d’entre elles, contre un timide 10% dans les entreprises commerciales. Leur position de force n’a fait que s’accroître avec la fantastique concentration du secteur. Ce qui a fini par créer un véritable oligopole, en particulier sur les produits financiers les plus juteux, comme par exemple les produits dérivés. Et, au nom de la compétitivité de la place et grâce à un copinage entre gens issus des mêmes écoles, les champions nationaux ont imposé leur loi aux régulateurs bancaires nationaux. Même encore aujourd’hui, peu de personnes osent évoquer l’existence d’un lien entre cette situation et la crise. En juin dernier, l’OCDE concluait sans sourciller que la crise résultait « d’un défaut de réglementation du marché des capitaux et non d’une défaillance de la concurrence ». Noël Diricq, conseiller maître à la cour des comptes, tente aujourd’hui une analyse plus subtile : « L’aveuglement du système financier est bien lié à la puissance de sa rente, tout comme la force de l’aléa moral dans ce secteur et la captation des régulateurs qui a abouti à l’inhibition pure et simple des mécanismes de sanction ».

Olivier Pastré, professeur à l’université Paris-VII et producteur à France-Culture, dans « Le Nouvel Observateur » du 22 octobre 2009 :
« Les banques ont aujourd’hui le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Le beurre : les banques ont une garantie totale d’intervention des pouvoirs publics, elles n’encourent donc aucun risque de faillite. L’argent du beurre : elles ont -et c’est très bien- relevé leurs marges sur les crédits. Et le sourire de la crémière : elles considèrent que, sur les marchés, on est revenu à une situation de business as usual.. »

Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie et professeur d’économie à l’université de Columbia, dans « Les Echos » du 19 octobre 2009 :
« Concernant les opérateurs financiers « Leurs innovations ont consisté à contourner des règles comptables et financières qui visaient à assurer plus de transparence et de stabilité, et à empêcher l’exploitation des personnes les plus vulnérables. Les banquiers ont pu emporter dans leurs valises des centaines de millions de dollars alors que tout le reste de la société – actionnaires, créanciers, contribuables, propriétaires fonciers, travailleurs – a souffert »

Baudouin Prot, directeur général de la BNP Paribas et président de la fédération bancaire française, dans « Challenges » du 1 octobre 2009 :
« Nos banques n’ont rien coûté au contribuable ». et « Je ne connais pas d’autre système bancaire dans le monde qui a contribué autant aux finances de l’Etat ».
 « Le Monde » du 13 octobre 2009 : « BNP Paribas quitte le Panama, le Costa Rica et l’Uruguay mais elle reste en Malaise et à Singapour ». Et la palme du faux cul dans ce même article, BNP Paribas rétorque «  Panama n’a encore signé aucun accord d’échange fiscal, ce n’est pas acceptable. » …
Et le jour de rédaction de cet article, le lundi 19 octobre « Les Echos » en page 28 titre BNP Paribas Japon de nouveau dans les filets du gendarme boursier. Tout cela vient s’ajouter à une injonction adressée par la FSA en novembre 2008, à la suite d’irrégularités dans un placement privé d’obligations convertibles en actions pour le compte du promoteur immobilier Urban, qui a fait faillite depuis. »

 



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