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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Dans « H 24 », source Europerformance, du 31 janvier 2012
Article intitulé : En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire...
« La gestion collective a connu en 2011 un exercice particulièrement difficile avec un encours des fonds de droit français commercialisés ramené à 726,5 milliards d’euros, soit un très net recul annuel de -14%. Aussi bien les OPCVM de court terme que les OPCVM de long terme ont enregistré une baisse significative de leur encours : réduction de 30,8 milliards d’euros pour les fonds de Trésorerie (-8,9%), de 13,8 milliards d’euros pour les fonds Obligations (-18,1%), de 43,8 milliards d’euros pour les fonds Actions (-20,9%), de 19 milliards d’euros pour les fonds Diversifiés (-13,9%), de 8,5 milliards d’euros pour les fonds Garantis (-12,4%), de 1,8 milliard d’euros pour les OPCVM de fonds Alternatifs (- 23,9%). Sur l’année, 118 milliards d’euros ont été perdus par la gestion collective qui atteint son plus bas niveau d’encours depuis le départ, à l’été 2007, d’une crise d’abord circonscrite aux crédits subprimes américains et dont la portée systémique n’a eu de cesse de s’accroître, particulièrement en 2011. En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire avec -82,1 milliards d’euros de rachats de parts d’OPCVM. Cette décollecte, la 4ème au cours des 5 dernières années, est autrement significative puisque pour la 1ère fois toutes les classes d’actifs ont été simultanément touchées par les retraits. Seules des classes d’actifs très spécialisées ou des zones géographiques bien précises ont attiré des flux d’investissement : les fonds à Capital Garanti, les fonds Obligations Haut Rendement, les fonds sur Actions du Nord de l’Europe. Cette année, les mouvements de collecte ont favorisé certains assureurs tandis que les grands réseaux bancaires ont continué d’enregistrer des retraits, aussi bien sur leur gamme de fonds peu risqués que sur leur offre de fonds risqués. Les résultats des banques privées, avec le transfert d’une partie de la collecte depuis des actifs à risques vers des supports de Trésorerie, marquent leur réactivité aux conditions de marché. En Europe, l’année a été marquée par d’importants rachats, notamment au 2nd semestre, sur les OPCVM de long terme. Face à cette décollecte, les marchés de fonds de droit irlandais, britannique et luxembourgeois, ont affiché une forte résistance. Alors que le nombre de produits français ouverts à la commercialisation décroît depuis 2 ans (environ -5%), les demandes d’autorisation de commercialisation en France pour les produits étrangers continuent d’être soutenues (+10%). »
Philippe Escande dans « Les Echos » du 31 janvier 2012
Article intitulé : PME : la vie sans la Bourse
« Difficile aujourd’hui de croiser une entreprise petite ou moyenne qui trouve un mot aimable envers les marchés financiers. Et si une entreprise cotée sur six reconnaît ouvertement chercher une voie de sortie, bien plus en rêvent secrètement. Il faut dire que, comme le souligne l’un de nos patrons interrogés, multiplier son chiffre d’affaires par trois en cinq ans et voir dans le même temps sa valorisation boursière divisée par trois, ne porte pas particulièrement à l’enthousiasme. Le cercle vicieux est enclenché : la chute sans fin des volumes traités désintéresse une communauté financière qui fond à vue d’œil. Si l’on en croit le secrétaire général de la Société française des analystes financiers, moins de 20 % des PME cotées sur Alternext seraient encore suivies par un analyste. Pour les autres c’est désormais le règne de l’irrationnel, des montagnes russes et des sueurs froides. Et s’il n’y avait que la conjoncture ! Il faut compter aussi sur les centaines de pages d’informations à fournir aux autorités, les tracasseries administratives et, cerise sur le gâteau, la crainte de se voir attaqué par un fonds vautour spécialiste du chantage au retrait de cote. C’est donc entendu, la Bourse, comme la finance en général, tue la « vraie » économie. Supprimons-la, ou réservons-la à l’élite du CAC 40. Mais que resterait-il alors pour aider ces si précieuses et courtisées PME à grandir et à créer des emplois ? Les banques aimeraient bien, mais les nouvelles règles de prudence (Bâle III) leur imposent de moins prêter pour préserver leurs fonds propres. Les assurances ? Même motif, même punition. Les grandes familles ? Un jour, peut-être, s’apercevra-t-on que la Bourse, instrument de transparence, d’indépendance et de croissance est indispensable à une économie moderne et que, au lieu de la mépriser, il serait plus utile d’en améliorer le fonctionnement. »
Commentaire : Tout est dit !
Amid Faljaoui dans « www.trends.be » du 26 janvier 2012
Article intitulé : Et si les marchés financiers avaient tort ?
« Dire que les marchés financiers ont tort, c’est dire que, contrairement à ce qu’on écrit et dit depuis 30 ou 40 ans, les marchés financiers ne sont pas efficients. En entendant cela, certains professeurs de finance risquent d’avaler de travers leur petit déjeuner. Pourtant, c’est ce qu’ose dire et surtout démontrer André Orléan, directeur de recherche au CNRS en France. Il vient de publier un livre, L’Empire de la valeur, qui affirme en gros que nos gouvernants politiques ont faux sur toute la ligne en accordant trop d’importance à la finance. Pour lui, la solution de la crise de la dette passe d’abord par la «définanciarisation» de nos économies. La thèse de cet économiste tient en une phrase : les prix sur lesquels reposent les marchés financiers sont tronqués, pour ne pas dire totalement faux ! Voilà pourquoi, nous dit André Orléan, les marchés financiers sont si volatils, donnent naissance à des bulles et déstabilisent l’économie réelle. Autrement dit, les prix fixés par les marchés financiers sont faux. Conclusion d’André Orléan : les marchés financiers sont inefficients, contrairement à tout ce qu’on nous répète depuis les années 1970. Reste à savoir par quoi les remplacer. Mais ça, c’est une autre histoire. »
Commentaire : Même la Belgique s’y met ! Monsieur André Orléan étant un expert auprès de l’AMF, je ne doute plus que nos thèses avancent. Si les prix financiers sont faux, que valent toutes les statistiques et les raisonnements qui ont pour base ces « faux » prix financiers ? Quid de la validité des certifications des commissaires aux comptes ? Quid des frais et honoraires prélevés sur ces fausses valeurs ? Quand va-t-on reconnaître qu’il faut doubler l’information de la spéculation du jour par une information prenant en compte les volumes échangés ? Quand va-t-on obliger les OPCVM à communiquer leur variation socialement responsable ? Quand va-t-on cesser l’abus de confiance et l’escroquerie issus de ces faux prix ? Etc…
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 30 janvier 2012
Article intitulé : Les cessions de gros blocs d’actions se multiplient en Europe
« Les cessions de blocs d’actions ont repris de plus belle en ce début d’année. Au total, les transactions accélérées (dites « accelerated bookbuildings » ou « bought deals ») ont représenté plus de 3,1 milliards d’euros en Europe, en ce début d’année, selon Dealogic. Et la tendance devrait continuer de l’avis des banquiers d’affaires. Avant que ne débute la période de confidentialité obligatoire, qui entoure la publication des résultats des entreprises cotées, des sociétés pourraient profiter de la relative bonne orientation des Bourses pour réaliser des placements de blocs. « C’est un marché de ’fenêtres’ : des entreprises préparent les opérations en amont et se lancent dès que le moment est opportun, souligne Damien Girault-Husson, responsable marché primaire chez Credit Suisse, à Paris. Le climat d’incertitudes est paradoxalement favorable à ce type d’opérations, où la prise de risque est minimisée par le temps court. » Les candidats potentiels ?« On retrouve principalement trois profils types dans les opérations de blocs : la cession de participations résiduelles des fonds de sociétés introduites en Bourse ces dernières années à l’image de l’opération de Brenntag cette année ou celle de Legrand en 2011 ; les sociétés qui veulent se désendetter en cédant un actif non stratégique, mais aussi celles qui augmentent leurs fonds propres », explique Laurent Morel, responsable marché primaire actions à la Société Générale. Les banques et assurances qui ont des participations importantes dans certaines sociétés cotées pourraient également les revendre par ce biais. La décote moyenne consentie par les cédants – entre 4 à 7 % sur les derniers placements – est certes beaucoup plus importante que dans les années fastes 2005-2006-2007, mais apparaît toutefois beaucoup plus faible que celle des augmentations de capital avec droits préférentiels classiques, qui durent plus de temps. Bon nombre de placements se font avec une garantie de cours des banques qui réalisent l’opération.
Commentaire : L’existence des blocs est le constat de l’illiquidité des marchés et de la fausse valorisation appliquée par celui-ci. Ce système de détournement du marché doit être abandonné. En effet, si nous persistons dans cette voie, la dernière crise a montré que les marchés financiers n’étaient pas à l’abri d’un tsunami provoqué par un afflux des ventes qui ne trouvant plus contrepartie sur le marché des blocs pourrait arriver sur le marché « normal ».
Arthur Dethomas, avocat, dans « Les Echos » du 30 janvier 2012
Article intitulé : Nouvelles incertitudes pour les sociétés de gestion
« Alors que le 23 janvier s’ouvrait à Houston le procès d’Allen Stanford, surnommé le « petit Madoff », pour une escroquerie estimée à 7 milliards de dollars, les sociétés de gestion françaises s’apprêtent-elles à traverser une nouvelle zone de turbulences ?C’est ce que pourraient annoncer deux décisions de l’AMF du 21 octobre 2011 (Alternative Leaders France et EIM) qui ont sanctionné deux sociétés de gestion pour avoir manqué à leur obligation de« diligence et de professionnalisme dans le contrôle des risques » à l’occasion d’investissements dans plusieurs « hedge funds » dont la gestion avait été confiée à la société de Bernard Madoff, BMIS. Les sociétés de gestion n’avaient pu accéder ni aux locaux, ni aux équipes, ni aux modèles économiques de la société de Madoff. Dans ces conditions, l’AMF a considéré que ces sociétés de gestion n’avaient pas disposé« des éléments susceptibles de constituer le support fiable de [leurs] décisions [d’investissement] » et que les risques liés n’avaient pas été contrôlés avec diligence et professionnalisme. Selon l’AMF, ce manque de transparence aurait dû les dissuader de conserver leurs investissements dans les « hedge funds » gérés par Madoff. La réglementation française impose en effet aux sociétés de gestion de contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds. »
Commentaire : La position de l’AMF est des plus ambiguës. Si son sceau ne suffit plus pour attester de la qualité juridique des produits, vers qui se tourner ? Que devient le rôle de l’AMF dans les produits financiers ? etc… Accéder aux locaux ne sert à rien, accéder aux équipes est effectivement un minimum. Mais comment les gérants peuvent-ils gérer s’ils doivent être en permanence disponibles ? Je propose à l’AMF qu’elle autorise tous les professionnels à avoir accès à tous ses services et à toutes les personnes qui travaillent pour elle. Quant aux modèles économiques l’AMF évoqués dans l’article ? Qui dit modèle dit comportement moutonnier. Lors de la dernière crise l’AMF a dû reconnaître les failles des modèles quand ce n’était pas leur rôle accélérateur. Pour rappel, une très grande partie des modèles actuels (si ce n’est pas tous), sont litigieux par le fait qu’ils soient bâtis sur des cours illiquides et des variations boursières relevant pour près de 99% de l’application de normes comptables obsolètes. Le gérant doit redevenir un gérant de volume et non un gérant de valorisation fictive. Sur ce point, l’AMF reste silencieuse mais, à n’en pas douter, elle saura se retourner contre les professionnels en cas de besoin. Cela fait maintenant plusieurs années que j’attire votre attention sur les risques et sur les « détournements » juridiques. Aujourd’hui, il faut des coupables, coûte que coûte, pour expier les failles du système. Les coupables sont systématiquement les professionnels, quitte à fabriquer des preuves ou à retirer des pièces des dossiers. Il est écrit « contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds » C’est parce que cette obligation incombe également aux CGPI, CIF et autres professionnels qu’il est primordial d’analyser en terme de liquidité et de valorisation les OPCVM commercialisés. Pour vous, les clients lecteurs de cette revue de presse, il devient impératif de ne plus se contenter de souscrire des OPCVM (SICAV, FCP…) en prenant comme critère de décision les performances passées ou soit disant actuelles qui relèvent plus de la prestidigitation que de la réalisation ou des explications commerciales simplistes. Les faits sont là pour le prouver. Il est grand temps de comprendre qu’en adhérant au dictat « financier » de la performance du jour, on contribue à la fabrication des performances virtuelles issues du comportement moutonnier en défaveur d’investissements producteurs de richesses SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInancières. N’oubliez pas « Les biens pensants sont rarement les biens faisants » et « Même un miroir peut inverser la réalité dans certains cas. » Demandez le tableau de bord ISR de l’OPCVM (SICAV ou FCO) que vous désirez vendre ou acheter. Cessons de mettre à mal nos économies et nos enfants au chômage par le détournement des actifs financiers vers la finance virtuelle. La finance doit être Humaine sans cela le passé est là pour nous rappeler que la guerre débute toujours par la mise à l’index d’un groupe, d’une religion …Le moment est-il plus venu d’abattre les rentiers que de combattre par l’affectation de nos fonds la financiarisation ? Et si nous suivions l’enseignement du « Livre des Sagesses » : « La réflexion te gardera, la raison te protégera. »
Isabelle Couet dans « Les Echos » du 30 janvier 2012
Article intitulé : Les craintes sur les CDS grecs sont infondées, selon l’Isda
« En visite à Paris, les représentants de l’Isda, l’association internationale des swaps et dérivés, cherchent à désamorcer les inquiétudes autour des CDS grecs, ces contrats d’assurance censés protéger les détenteurs de dette hellénique. « L’encours total (net) de CDS sur la Grèce s’élève à seulement 3,2 milliards de dollars, explique Robert Pickel, le directeur de l’Isda. Le risque agrégé est donc réduit. » Et de rappeler que la situation est très différente de celle de 2008, lors de la faillite de Lehman Brothers. « A cette époque, les encours de CDS n’étaient pas dévoilés, c’est pourquoi il y a eu un mouvement de panique. » Mouvement qui, d’après l’Isda, aurait été évité si l’on avait su que les CDS sur Lehman Brothers ne représentaient que 5 à 6 milliards en net. Concernant la Grèce et les risques pour la zone euro, des éléments d’incertitude demeurent : on ne sait pas à ce jour qui sont les gros vendeurs de CDS grecs, ni les montants qu’ils pourraient individuellement être obligés de débourser pour dédommager les « assurés ». L’Isda laisse entendre qu’aucun intervenant n’a de positions extrêmes et que les vendeurs ont pris des précautions (ils se sont couverts). Les derniers chiffres fournis par l’autorité bancaire européenne (EBA) révèlent cependant des déséquilibres entre établissements européens : ainsi en septembre, UniCredit était vendeur (net) à hauteur de 299 millions de dollars, tandis qu’HSBC était acheteur (net) de CDS pour 243 millions. En revanche, aucune donnée sur les acteurs non-Européens – qui occupent une part importante du marché – n’a filtré. En cas d’échec des négociations entre Athènes et ses créanciers, ce sera la première fois qu’un comité de l’Isda se prononce sur la faillite d’un Etat. Les dirigeants européens semblent accorder plus d’importance à cet événement qu’au verdict des agences de notation, qui même en cas de succès des discussions décréteront un défaut. Le comité de l’Isda – composé des principaux acteurs du marché des CDS – forgera son jugement sur un critère précis :« les contrats de CDS seront dénoués si les nouvelles conditions s’appliquent à tous les détenteurs de dette grecque ».Autrement dit, si une majorité de créanciers impose une restructuration à tous (via des clauses d’action collective) ou si la Grèce n’honore pas une échéance. Mais si Athènes s’entend sur une décote avec une partie de ses créanciers, les « assurances » ne fonctionneront pas. Ce qui fait dire à certains que le marché des CDS souverains est mort puisqu’il ne protège pas d’un défaut…« Un investisseur qui a acheté un CDS peut toujours en vendre s’il veut récupérer du cash », répond l’Isda, qui assure qu’il y a encore des échanges dans le marché. Robert Pickel ajoute que les CDS restent un outil de référence – plus pertinent que les notes des agences de rating – pour mesurer l’appétit pour le risque. Pour preuve : même le FMI et la Banque des règlements internationaux s’en servent comme tel.
Gilles Coville dans « Les Echos » du 25 janvier 2012
Article intitulé : Double peine, double jeu
« En Bourse, ce début 2012 semble répéter 2011 : les risques systémiques s’éloignent, la volatilité s’atténue, les tentations d’achat remontent. Mais, énorme différence, alors que le dollar était en fort repli vis-à-vis du reste du monde sous la pression des liquidités distribuées par la Fed, c’est le pouvoir d’achat déclinant de l’euro face à de nombreuses devises qui structure désormais le paysage. Certains, tel Edouard Carmignac, grand pourfendeur de Jean-Claude Trichet, en datent l’heureux avènement de la présence à la tête de la BCE de Mario Draghi. Et parient qu’il continuera sur sa lancée, avec de nouvelles baisses de ses taux, d’autres injections de liquidités dans les banques, puis, ultimement, un rôle de prêteur de dernier ressort aux Etats membres. Autant d’accommodements monétaires qui dilueront la force de l’euro et le placeront dans un double jeu de forces. Certains capitaux chercheront ailleurs un gain local et une prime de change : 2012 semble bien partie pour un grand retour vers les places émergentes. Mais un euro plus compétitif reste la meilleure chance de remettre d’aplomb la zone et d’y faire revenir les investisseurs qui s’en méfient le plus. »
Nessim Aït-kacimi dans « Les Echos » du 24 janvier 2012
Article intitulé : Les traders haute fréquence sont devenus un maillon essentiel des marchés des changes
« Les traders haute fréquence (THF) ont effectué une entrée fracassante dans l’écosystème des marchés des changes, au point d’en être devenus aujourd’hui une pièce essentielle. C’est ce que confirme une récente étude de la plate-forme de transactions au comptant EBS, où les grandes banques et institutions financières traitent les devises, pour un montant quotidien moyen de 160 milliards de dollars en 2011 (1).Ainsi, entre mai et octobre, les THF s’emparent de l’écrasante majorité des ordres passés. Beaucoup d’ordres sont annulés avant d’être exécutés, du fait de leur très grande vitesse, ce qui constitue la valeur ajoutée et marque de fabrique de ces intervenants. Sur l’euro-dollar, les THF réalisent 29 % des ordres quotidiens. Les « ultra » (les plus rapides des THF, pouvant réaliser jusqu’à 15.000 ordres par jour) en font 61,6 % et les automates des banques 5,7 %. De telle sorte que les « humains » représentent à peine 4 % des transactions. La part des « humains » est encore plus réduite sur d’autres paires de monnaies comme l’euro contre yen (1 %) ou l’euro-franc suisse (2,1 %). En nombre d’intervenants, les opérateurs « en chair et en os » sont encore majoritaires. Ainsi, ils représentent les trois quarts des acteurs sur l’euro-dollar, le quart restant est composé des automates, ceux des banques (6 % du total) ou les traders haute fréquence. Selon les paires de monnaies, les automates représentent entre 20 % et 40 % des intervenants, avec aux deux extrêmes du spectre le dollar contre franc suisse (39,1 %) et l’euro-franc suisse (21,5 %). A l’échelon mondial et toutes plates-formes confondues, les THF représentent de 25 % à 30 % des montants traités chaque jour, selon la Banque des règlements internationaux. Lors d’épisodes particuliers, comme les interventions des banques centrales, ils sont parfois très actifs. Les ultra THF ont fourni de la liquidité, mais pas à certains moments. Notamment juste au début de l’intervention, peut-être pour laisser le temps à leurs concepteurs d’adapter leurs « machines » à la nouvelle donne du jour. Les plus lents des automates, ceux des banques notamment, ont bien compris qu’ils pouvaient perdre pas mal d’argent à cette occasion. Ils ont donc augmenté la taille de leur fourchette « achat-vente », l’écart entre les cours auxquels ils vendent et achètent du dollar-yen. »
Jack Dion, à propos du livre d’Isabelle Pivert « La création de valeur pour l’actionnaire ou la destruction de l’idée démocratique », dans « Marianne » du 11 novembre 2011
Article intitulé : Un concept financier qui tient du hold-up
« La création de valeur pour l’actionnaire est une notion inventée par les banques d’affaires anglo-saxonnes, dans les années 80, afin de franchir un nouveau palier dans la course effrénée à la rentabilité financière. Ainsi aboutira-t-on à ces retours sur investissement financiers atteignant des taux déments de 15%, générateurs de prélèvements massifs sur la « valeur ajoutée » (la vraie, celle qui correspond à la richesse produite). D’où la crise. Plus rien n’échappe à la logique de ce que l’auteur appelle l’ « emprise totalitaire d’un concept financier ». Désormais, l’entreprise est conçue uniquement comme un instrument destiné à produire du cash au profit de l’élite des affaires. »
Gilles Coville dans « L’Echos » du 23 janvier 2012
Article intitulé : Les mains courtes
« Voilà cinq semaines que le CAC 40 évolue au-dessus des 3.000 points. Sympathique, si l'on oublie que la première fois que l'indice parisien a franchi ce seuil remonte à près de quinze ans, fin juillet 1997 ! Ce fut le début d'une longue poussée haussière, achevée par l'éclatement de la bulle technologique à l'automne 2000. Il y en eut deux autres, de mars 2003 à l'été 2007, puis de mars 2009 à avril 2010. Les phases de rebonds sur « fonds de piscine » sont ainsi de plus en plus brèves. L'actuelle se fait en outre avec peu de munitions : les volumes moyens sont de 30 % inférieurs à ceux d'il y a un an. Tant que cet indicateur ne s'installe pas au-delà des 4 milliards par jour, tout rally haussier sera fragile. Les accès de volatilité découragent les épargnants individuels qui vident leurs sicav spécialisées. Les incohérences de l'Europe refroidissent les investisseurs étrangers. Les acheteurs qui font surtout défaut à l'animation du marché sont les sociétés elles-mêmes qui, en dépit de leurs trésors de guerre accumulés, ont rarement initié des opérations de fusions et acquisitions d'aussi faible envergure.
Commentaire : Nous retrouvons la logique SOCIOECOPOFI ainsi qu’une évocation des volumes. Les temps changent. Cependant, je marque mon étonnement lorsque Monsieur Coville écrit que 4 milliards est un indicateur. 4 milliards reste un montant bien trop faible pour justifier une quelconque crédibilité à un cours ou une situation boursière.
Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin dans « La Tribune » du 23 janvier 2012
Article intitulé : « Nous voulons une formation des prix honnête et équitable »
« Le numéro deux de l'Amafi s'inquiète des risques d'une taxe sur les transactions lancée unilatéralement par la France, alors qu'on devrait s'intéresser aux produits financiers « dangereux », tels les CDS, ainsi qu'au problématique trading à haute fréquence.. On parle éventuellement, pour prendre les devants, d'une forme de retour à l'impôt de Bourse...Cela nous choque presque encore plus. Fiscalement plus facile à faire, ce serait une mesure destructrice pour le marché des actions qui, par excellence, met la finance au service de l'industrie. S'il y a un problème financier dans ce pays, c'est bien celui de l'investissement en actions. La grande majorité des titres cotés est aujourd'hui détenue par des étrangers. Nous n'avons pas de fonds de pension. Et les normes prudentielles de Bâle ou Solvabilité II limiteront les investissements en actions des banques et des assureurs. Dans ce contexte, nous devrions avoir un plan Marshall pour les actions. Au lieu de cela, c'est notre propre aviation qui nous pilonne. Si l'on n'est pas content des marchés, si l'on veut les assainir, c'est sur les directives européennes, et d'abord Marchés d'instruments financiers (MIF), qu'il faut agir. Rappelons que les questions de fonctionnement des marchés ne nécessitent qu'une décision à la majorité qualifiée. Les questions de fiscalité, elles, se prennent à l'unanimité. Il serait déjà bon de réfléchir sur le sort... à donner à plusieurs produits financiers qui me paraissent discutables, voire dangereux. Comme les CDS [Credit Default Swap], dont le statut juridique n'est même pas clarifié. De même, serait-il utile de définir quel développement réserver au trading à haute fréquence, qui est loin de faire l'unanimité au sein de la profession. Évolutions qu'il aurait été bon d'aborder à l'occasion de la révision de la MIF, mais qui n'y sont pas vraiment traitées. Lacune d'autant plus regrettable que les marchés actions sont de plus en plus opaques en raison de la multiplication des plates-formes alternatives. Et pourtant, nous avons toujours la même demande : nous voulons un marché transparent, avec une formation des prix honnête et équitable. Ce qui suppose des règles publiques efficaces. »
Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » du 18 janvier 2012
Article intitulé : Les transactions OTC en inexorable croissance
« Les Bourses traditionnelles s'inquiètent beaucoup de la fragmentation des transactions. Fragmentation issue de la multiplication à vitesse stratosphérique des plates-formes de négociation alternatives. Lesquelles favorisent le développement des transactions OTC (over the counter), dites de gré à gré ne passant pas par des marchés réglementés ou organisés. Ces transactions ne cessent de grossir au fil des mois. A tel enseigne qu'en décembre dernier, elles ont représenté 61% de toutes les transactions enregistrées chez Nyse-Euronext. De la même manière, il est édifiant de constater que, selon les données avancées par cette même entreprise de marché, les transactions réalisées par le tandem Nyse-Euronext/Deutsche Börse sur les produits dérivés totalisent 90% des marchés réglementés européens. Si l'on se place à l'échelle mondiale et surtout si l'on y inclut les transactions de gré à gré, le poids des deux candidats au mariage tombe à ...3%. Cette explosion des transactions OTC en Europe est paradoxalement le fait de l'entreprise de marché américano-européenne puisqu'elle est notamment due au développement des ETF (exchange traded funds), ces fonds indiciels qui font les choux gras des grands intermédiaires, lesquels préfèrent traiter directement avec des courtiers spécialisés de manière à mieux maîtriser et coordonner les ordres et ainsi faire profiter de meilleurs prix à leurs clients. Car l'avantage des transactions OTC réside essentiellement dans les prix demandés, très largement inférieurs à ceux des places traditionnelles. »
Commentaire : D’un côté, les professionnels soumis à des règlements de comptes, à des chantages à la réputation et à leur portefeuille (déclaration AMF), à des réglementations stupides (mais rémunératrice pour les différents contrôleurs imposés, directement ou indirectement, par les régulateurs) et à des systèmes de cotation débiles. De l’autre, des professionnels libres de faire ce qu’ils veulent y compris dans les cotations (ce qui est ahurissant). Le summum : nous retrouvons ces mêmes professionnels sur les mêmes marchés avec les mêmes agréments. Les Etats ne sont pas malades du fait de l’économie. Les Etats sont malades du fait des décisions prises par certaines de leurs instances. Instances incompétentes, vérolées et corrompues. Seul problème, les Etats ont donné tous les droits à ces instances. Une des possibilités de susciter le changement est d’imposer une information claire, nette et précise, tant sur l’utilisation des fonds que sur la variation boursière. C’est pour cela que je propose que tous les OPCVM communiquent leur tableau de bord ISR (exemple en pièce attachée) et que la variation de la spéculation du jour (cours de bourse actuel) des indices et des cours soit doublée de la publication de la variation socialement responsable tenant compte des volumes échangés. Pour rappel, plus de 99% de la variation des cours est due à l’application de règles comptables stupides…pas pour tout le monde, puisque les marchés dérivés n’existent que par la volatilité créée par ces règles. D’un côté, les professionnels comme Monsieur Haas, président de l’Autorité des Normes Comptables, de l’autre des instances étatiques qui ne tiennent aucunement compte de la réalité. Pourquoi ou combien ?
Commentaire revue de presse du 7 janvier 2012 : Les Big Four financent l’IASB qui est en charge de définir les normes comptables internationales que les Big Four (entre autres) devront utiliser et appliquer. Comme par hasard, les normes IASB conviennent parfaitement au business des Big Four. Ces mêmes Big Four (notamment) appliquent, utilisent, détournent à titre privé et au détriment de pays (cas de la Grèce entre autres) ces mêmes normes. Pour « améliorer» ce schéma, il faut savoir que l’IASB (appelée loup dans l’article ci-dessus) est constituée par les régulateurs boursiers mondiaux et que ces derniers imposent quasiment les Big Four aux sociétés financières qui sont sous leur dictat. Eh oui ! Ceux-là mêmes qui sont censés protéger les épargnants et les Etats sont financés par les Big Four (entre autres) qui déstabilisent et détournent le système comptable à leur profit. Et dire que les organismes de régulation (loup, dans l’article) qui constituent l’IASB ne cessent de prôner la transparence et d’imposer aux chefs d’entreprise de multiples charges financières (commissaires aux comptes notamment) pour éviter les conflits d’intérêt. Cerise sur le gâteau, nous retrouvons les commissaires aux comptes dans les commissions consultatives permanentes des instances de régulation (AMF), qui ont pour rôle d’éclairer les décisions susceptibles d’avoir un impact sur les épargnants et sur les professionnels des domaines concernés. En synthèse, les systèmes comptables qui fabriquent « artificiellement » les cours et la volatilité boursière (impératifs aux produits dérivés et autres) et qui déstabilisent les marchés boursiers et les Etats, sont sous la tutelle des personnes censées réguler ces mêmes marchés boursiers, qui elles-mêmes sont sous la dépendance des Big Fours et des utilisateurs des produits dérivés. Cherchez l’erreur ou plutôt cherchez les corrompus ? Je terminerais en rappelant que l’idiotie de ce système comptable entre copains est décriée par Monsieur Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (excusez du peu)
Jérôme Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) dans « La Tribune » du 16 septembre 2011 : « La référence au marché est a priori logique, pour des instruments financiers, mais peut-elle être automatique et exclusive, comme l’IASB semble le recommander alors que la norme IAS 39 prévoit de s’en écarter quand les circonstances le justifient (et la crise a livré des enseignements forts sur l’efficience des marchés) ? N’est-il pas indispensable de refléter, par exemple, un prix conclu publiquement entre toutes les parties prenantes ? Est-ce une bonne pratique comptable que de se contenter d’enregistrer la volatilité des prix, donc des pertes et des profits purement artificiels, pendant qu’aucun titre n’est acheté ni vendu ? Quelle est l’« utilité sociale » des comptes, s’ils sont un reflet mécanique d’opinions de marché, dont la volatilité se diffuse à toute l’économie de façon « procyclique », au lieu de représenter la stratégie et la performance économiques de chaque entreprise ?
Claude Bébéar et Edouard Tétreau dans « Le Figaro » du 12 août 2011 : « Nous avons laissé se mettre en place un système dont bénéficie une poignée de profiteurs de crise : les traders, les marchands de volatilité, les spéculateurs. Un système qui, dans le même temps, décourage l’investissement de long terme, industriel et non financier, seul garant de la prospérité durable pour le plus grand nombre. Ce système empêche les banques et les compagnies d’assurances de détenir des actions d’entreprises en grande quantité, et sur le long terme. Avec ces règles, dans un pays comme la France, il n’y aura bientôt plus que la Caisse des dépôts et quelques familles françaises pour investir durablement nos entreprises, et donc créer des emplois chez nous. Que faire ? Trois choses très simples : 1. Ce n’est pas à un aréopage de lobbys de décider de nos normes comptables et prudentielles, mais aux États se concertant entre eux. L’IASB, l’ISDA (lobby professionnel du marché des dérivés), et les comités Théodule de Bâle et de Solvency 2, ont produit des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés. Corruption, lobbies, incompétence (voir propos de Monsieur Jouyet sur l’AMF)…Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 : « Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. »
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse
Stéphane Le Page dans « Les Echos » du 16 janvier 2012
Article intitulé : Comment Solvabilité II redéfinit les relations entre les investisseurs et leurs gérants
« Les gérants doivent pouvoir expliquer comment ils comptent générer des rendements à un horizon le plus prévisible possible, c’est-à-dire entre deux et trois ans », signale Jean-François Bay, directeur général de Morningstar France. Le contrat entre l’institutionnel et la société de gestion change aussi. « Les investisseurs institutionnels suivent au plus près les résultats des gérants et ne peuvent aujourd’hui tolérer qu’une performance se situe au-dessous des objectifs. Nous sommes passés d’une obligation de moyens à une obligation de résultats », note-t-il. »
Commentaire : Comment croire que les gérants peuvent expliquer la façon de générer des rendements à échéance de deux et trois ans ? Cette crise n’a-t-elle donc rien appris aux rédacteurs des normes comptables, principaux acteurs du dernier krach. Et les investisseurs institutionnels ? Toujours aussi aveugles ? Ces derniers « ne peuvent tolérer qu’une performance se situe au-dessous des objectifs ». Ils reviennent avec leur comportement d’hier. Les performances vont de nouveau être créées artificiellement et comptablement en créant les fondations du prochain krach. Ce krach, comme déjà écrit, sera le krach de surchauffe. Il verra, sauf changement du système de cotation, des indices progresser à des valeurs inconnues jusqu’alors...avant de sombrer à des valeurs inconnues jusqu’ici. Là, nous risquons de connaitre un véritable krach boursier dû au franchissement du seuil sociologique des baisses et à des retraits massifs. En attendant, retour à la débilité comptable et à la fabrication « maison » des performances. Les mêmes qui imposent d’appliquer des normes sur fonds propres, censées apporter une certaine sécurité, imposent aux systèmes des comportements dont le risque relève de la roulette russe. Roulette russe élevée à la puissance de l’idiotie du moment. D’un côté, les rédacteurs des normes comptables espèrent, par la mise en place de normes absurdes, se dédouaner de leurs erreurs et de leurs responsabilités et de l’autre côté, ils recommencent à appliquer leurs dogmatismes anciens. Fous ou fous à lier ? Il est peut-être temps de ne plus assimiler la comptabilité, qui ne reflète que les tares de certains hommes et leurs arrangements personnels, aux mathématiques. Les mathématiques sont un des « langages » ou un des « outils » de l’Universel. A ce titre, elles ne sont qu’humaines dans leur découverte et leur application. Il est grand temps de réfléchir en termes de physique économique (socio-économie) et de traduire les actions mathématiques à entreprendre en termes financiers. Les règles comptables ne doivent plus être décidées par des instances comptables.
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 16 janvier 2012
Article intitulé : Le consensus a toujours tort
« Trop, c'est trop non ? Placer de l'argent à des taux négatifs, empiler des centaines de milliards d'euros sur des comptes courants, des comptes à terme ou des livrets A. Avoir peur même de l'assurance-vie en fonds euros. Il ne reste plus qu'à stocker de l'eau, du riz, des pâtes, des conserves et se planquer dans un bunker pour être prêt pour l'apocalypse du calendrier Maya. Alors, c'est simple. Le consensus a tort. Il a toujours tort. Les mauvaises nouvelles sont dans les cours actuels. Il y aura de la volatilité, des à-coups, des plongeons. Mais je ne crois pas à la fin du monde. Personne ne veut d'actions européennes ? Je pense qu'il faut commencer à en acheter. À petites doses homéopathiques. En privilégiant les éternelles valeurs de rendements, et la liste des valeurs du CAC qui servent des taux d'intérêt de 7 à 10 % est longue. Personne ne croit à l'euro ? Je pense qu'il faut commencer à en acheter un peu. Il peut baisser certes, de 5 %, mais il a, si on se rend compte que l'Allemagne ne peut pas vivre sans les pays de la zone euro, un potentiel de hausse de 10 à 15 %. Tout le monde veut des emprunts d'État américains. Je pense qu'il faut au contraire commencer à les vendre. Prêter aux États-Unis à 10 ans à 1,90 %, c'est aussi absurde que de prêter en 2007 de l'argent à des Américains qui n'avaient pas de travail pour qu'ils s'achètent un bien immobilier et on sait comment cela s'est terminé. On prête de l'argent à des taux négatifs ou très bas à l'État allemand ? Je préfère prêter de l'argent à Mario Monti à 7 %. La perte du triple A français est peut-être l'opportunité qu'on attendait... »
Dans « Le nouvel Economiste » du 12 au 18 janvier 2012
Article intitulé : 700 000 Mds de dollars
« C’est la valeur des marchés de dérivés au premier semestre de 2011 selon la Banque des règlements internationaux. Le montant de ces transactions représente près de dix fois la valeur de la production de biens et services de l’ensemble de la planète (avec un PIB mondial estimé autour de 65 000 milliards de dollars en 2011). »
Commentaire : Les marchés dérivés valent dix fois la valeur de la production de biens et services de l’ensemble de la planète. Ces données, certes intéressantes, ne nous disent pas à combien est estimé le risque systémique et quelles sont les solutions qui vont être mises en place pour éviter le krach de surchauffe futur construit par le maintien de la virtualité du système actuel et l’arrivée, tôt ou tard, d’un afflux financier d’une ampleur inconnue. Peut-être que le risque systémique est incalculable faute de traçabilité des opérations…Encore plus qu’hier, il est devenu impératif de n’investir que dans l’économie réelle et dans le respect des volumes.
Gilles Coville dans « Les Echos » du 13 janvier 2012
Article intitulé : Le fossé transatlantique
« Les Européens ne sont pas rancuniers. Alors que les capitaux américains ont fui en masse la zone euro, stratèges et gérants sont, de ce côté-ci de l’Atlantique, presque unanimes à placer les Etats-Unis en tête de leur allocation d’actifs pour 2012. Depuis octobre, les sicav françaises investies en actions américaines sont les seules dont les capitaux sous gestion augmentent. Le paradoxe va loin. La plupart des continentaux ne croient pas au scénario catastrophe d’une implosion de l’euro qu’attendent les Anglo-Saxons d’un jour à l’autre. Ils devraient logiquement se placer en face, car toute amélioration, même légère, de la situation en Europe exercera un puissant levier sur la valorisation de ses marchés. Mais ce n’est pas ce que les clients des sociétés de gestion ont envie d’entendre. Tant que la Grèce ne sera pas vraiment sortie d’affaire et son sauvetage perçu comme un cas unique plutôt que le premier d’une série, les réflexes de précaution l’emporteront. Enfin, après les déceptions de 2011 sur la plupart des Bourses émergentes, l’Amérique fait d’autant plus figure de refuge que son horizon vient de se dégager. « Le consommateur y donne de nouveau signe de vie », résumait, devant des centaines de professionnels réunis par Ofiam, Peter Tanous, président Lynx Investment Advisory. L’expert souligne aussi que l’obligation à 30 ans du Trésor américain bat l’indice S&P 500 sur tous les délais de détention, de 1 an à 30 ans, signe d’une sous-évaluation historique des actions. Wall Street a confiance dans « Corporate America », qui déborde de cash à distribuer ou à investir et peut même espérer améliorer encore ses marges. »
Commentaire : L’argent va où a été choisie la relance par la consommation. Cela s’est fait au détriment de l’Europe qui a choisi d’appliquer des raisonnements comptables déconnectés de toutes réalités humaines pour s’affranchir de ses erreurs. Socio-économie contre économie mathématique ! Il faut expliquer aux citoyens que le seul moteur de l’économie c’est eux, c’est nous. A eux, à nous, de consommer intelligent ; à eux, à nous, de préférer l’épargne constructive sociologiquement et économiquement. A eux, à nous, de rejeter l’épargne qui détruit et qui paupérise. Il est impératif que les capitaux reviennent dans l’économie réelle.
Dans « Les Echos » du 10 janvier 2012
Article intitulé : Epargne : la grande peur de la Bourse
« Entre les Français et la Bourse, le divorce est consommé. La méfiance à l’égard des actions atteint des sommets, selon le 15e baromètre TNS Sofres réalisé pour La Banque Postale et « Les Echos ». Avec la chute quasi ininterrompue des indices depuis l’été dernier sur fond d’inquiétudes sur les dettes souveraines, les particuliers se détournent en masse des marchés. Seuls 9 % des Français estiment qu’il s’agit d’un « bon moment » pour placer une partie de son épargne en Bourse, du jamais-vu depuis le lancement de cette enquête en 2004 ! 93 % des sondés jugent les actions risquées et 82 % ont la même opinion sur les obligations, des proportions qui, là aussi, atteignent des sommets. Mais la méfiance s’étend aussi à d’autres produits financiers : l’assurance-vie a de moins en moins la cote auprès des Français, au profit des livrets. L’assurance-vie a ainsi subi une décollecte cumulée de 6,4 milliards d’euros entre septembre et novembre 2011. Les sondés s’interrogent sur la solidité de leur banque : presque un tiers des sondés se disent inquiets »
Commentaire : Il est urgent de faire revenir les fonds sur les marchés boursiers et sur l’économie réelle. Sans cela, nous nous exposons au risque de franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. Là, l’afflux d’ordre de vente provoquera le vrai krach boursier, à savoir : le krach de liquidité. Krach de liquidité = krach SOCIOECOPOFI (SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier)
Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin dans « La Tribune » du 26 décembre 2012
Article intitulé : Le Matif. La folle histoire d’un marché à terme.
« « Le cadre juridique permettant la création d’un marché à terme digne de ce nom n’existait pas. Depuis 1936, les marchés à terme d’instruments financiers étaient interdits pour empêcher les vils spéculateurs d’affamer le petit peuple », relate Gérad Pfauwadel (alors, en 1985, sous-directeur au Trésor) ; Il fallait donc passer par une loi de modernisation, permettant de lever l’exception de jeu. Celle-ci sera adoptée le 11 juillet 1985. « Ce marché était primordial pour la gestion de la dette publique et l’accès à une réelle liquidité », ajoute Pierre Fleuriot, chargé de mission auprès de la COB à cette époque. Gérard de la Martinière « Courant 1985, l'International Commodities Clearing House [la future London Clearing House], contactée pour obtenir un logiciel informatique de compensation, nous avait proposé les logiciels utilisés par un petit marché, celui de la laine en Nouvelle-Zélande ». »
Commentaire : Il est des articles que je mets du temps à commenter tant ils me révulsent. J’ai choisi de reprendre un extrait de cet article pour vous prouver la légèreté et l’aveuglement des personnes qui ont pris et qui prennent encore des décisions dans le monde dit « financier ». Il est écrit « Depuis 1936, les marchés à terme d’instruments financiers étaient interdits pour empêcher les vils spéculateurs d’affamer le petit peuple ». En dehors du dédain de cette phrase, qui en dit long sur l’attitude du fonctionnaire qui s’exprime (qui lui, n’a pas de problème de revenus, de chômage et encore moins de responsabilité) sur « le petit peuple » affamé, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Pour rappel, le rapport Jean Ziegler, ancien rapporteur des Nations Unies et professeur honoraire à l’université de Genève, relève que chaque année 35 000 000 millions de personnes meurent de « famine financière ». http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/revue-de-presse/faim.php» Il est écrit « Ce marché était primordial pour la gestion de la dette publique et l’accès à une réelle liquidité » Ces paroles sont d’autant plus choquantes au moment où les Etats sont appelés à couvrir les « errements » des financiers et la résultante des fautes et des manquements des autorités de régulation et de supervision. Nous découvrons tous les jours les failles du système bancaire et financier mises en place qui, en ne reposant que sur des valorisations virtuelles (sans aucune liquidité), n’est qu’une poudrière. Pendant ce temps là, les décideurs d’hier, malgré les évidences et la situation actuelle, sont toujours aussi aveugles quant à leurs manquements, à leurs vilénies et à leur pusillanimité. Réelle liquidité ? Comment oser dire cela dans la situation actuelle ? Comme il est écrit, les marchés à terme ont été détournés volontairement en terrain de jeu. Ce jeu qui fait des dizaines de millions de morts par an et qui met les Etats exsangues, n’empêche pas les banques relevées ou en faillite de se distribuer des bonus ou des primes. Dans www.trends.be du 6 janvier 2012 « Dexia SA : jusqu'à 45.000 euros de prime pour 2011 ! Malgré l'année catastrophique, le soutien de l'Etat et une perte probable de 10 milliards d'euros, le personnel belge de Dexia Holding SA s'est vu octroyer des primes, allant jusqu’à 45.000 euros, au titre de l'année 2011, lit-on ce vendredi dans l'Echo et De Tijd ». Denier point, à priori, la « légèreté » des logiciels étaient déjà présente à cette époque là « Courant 1985, l'International Commodities Clearing House [la future London Clearing House], contactée pour obtenir un logiciel informatique de compensation, nous avait proposé les logiciels utilisés par un petit marché, celui de la laine en Nouvelle-Zélande ». Se taire jusqu’à où, jusqu’à quand ?
Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 3 janvier 2012
Article intitulé : Bourses : pourquoi la baisse des volumes devrait se poursuivre
« Les Bourses mondiales pourraient bien entamer une quatrième année de vaches maigres sur le front des actions, si l’on en croit les chiffres de la World Federation of Exchanges (WFE). C’est bien simple : la valeur des volumes échangés sur les plates-formes et/ou parquets de ses 54 membres a chuté en moyenne de plus de 30 % entre le premier semestre 2008 et les premiers semestres 2009, 2010 et 2011 (elles sont quasiment au même niveau depuis trois ans).En valeur absolue, les volumes sont ainsi passés de 47.300 milliards de dollars de transactions pour le segment des actions entre janvier et juillet 2008 contre seulement 32.200 milliards de dollars sur la même période en 2011. Et la tendance s’est poursuivie sur la seconde moitié de l’année. Hormis au mois d’août – exceptionnellement riche en soubresauts boursiers, annonces et contre-annonces des gouvernements de la zone euro –, le tableau est resté morose. Ainsi, si août 2011 affiche 7.200 milliards de dollars de transactions sur les marchés actions, les mois de septembre et d’octobre ont vite retrouvé les niveaux du début d’année, à environ 5.000 milliards de dollars. Une situation qui stimule la volatilité de nombre de grandes valeurs, en particulier bancaires, et qui sape toute tentative de prévision quant à l’évolution des cours boursiers des indices de référence de part et d’autre de l’Atlantique. Vient ensuite la désaffection des investisseurs individuels. Bien que représentant une part modeste des échanges boursiers comparés aux investisseurs institutionnels et aux grands fonds alternatifs, les petits porteurs alimentent eux aussi les Bourses en liquidités. Or ces liquidités ne cessent de diminuer avec le départ de ces petits investisseurs. Rien qu’en France, ce sont plus de 2 millions d’actionnaires qui ont quitté la Bourse en un peu plus de deux ans, d’après le dernier baromètre semestriel TNS Sofres pour La Banque Postale et « Les Echos » (« Les Echos » du 8 juin). L’évolution des structures de marché, enfin, tend à renforcer la tendance baissière des volumes d’activité sur les marchés actions. La libéralisation du secteur boursier aux Etats-Unis et en Europe a donné naissance à une multitude de plates-formes électroniques alternatives. Celles-ci, à l’instar des « dark pools », peuvent offrir la possibilité aux grands investisseurs d’échanger des blocs de titres à l’abri du regard des marchés réglementés. L’attrait de ces plates-formes est d’autant plus grand que la volatilité est forte sur les marchés actions traditionnels. Sans parler des échanges qui ont lieu bilatéralement, pour échapper, là aussi, à la transparence inhérente au carnet d’ordres. »
Commentaire : Que de justes constatations ! Il est grand temps de travailler à proposer aux investisseurs particuliers un ensemble de produits et de services qui lui redonne confiance dans le moteur de l’économie. L’information actuelle n’est pas opérationnelle. Bien au contraire, en dehors d’ouvrir la porte à de graves poursuites juridiques, elle déstabilise totalement l’économie. Exemple : il est annoncé une hausse du CAC 40 de 1,98% rien que pour la journée d’hier, si l’on tient compte de la faiblesse volume cette hausse n’est que de 0,0064%. Cherchez l’erreur ! 99,67 % de la hausse des 1,98% annoncés n’est due qu’au système comptable. (www.agencedecotationisr.com) Système comptable qui en créant la volatilité des cours, crée la peur et la défiance des investisseurs. Comprendre & Investir, en collaboration avec un réseau de professionnels, va évoluer vers la réalisation d’un ensemble de services et de produits adaptés à cette réalité.
Muriel Motte dans « Les Echos » du 2 janvier 2012
Article intitulé : 2012, « annus renovationis »
« Hélas, les inédits 2011 des marchés financiers témoignent encore de la profondeur de la crise, vieille de quatre ans. Jamais depuis la naissance de l’euro en 1999, les banques, plutôt que de se prêter entre elles, n’ont déposé autant d’argent à la BCE au taux sans risque de 0,25 % que la semaine dernière. Jamais l’or n’a valu aussi cher que l’été dernier, et rarement depuis cinquante ans la volatilité n’a été aussi élevée à Wall Street. Quant aux actions européennes délaissées, leur valorisation mesurée par le rapport cours sur valeur d’actif est tombée pour la première fois depuis 1998 en dessous de celle des indices émergents. La liste est longue des comportements adverses au risque qui ont permis aux seules entreprises et pays jugés les plus sûrs de se financer à des taux incroyablement bas l’an dernier. Pour les plus faibles, les marchés de capitaux se sont fermés pendant que les régulateurs bancaires provoquaient, par leurs normes successives et parfois contradictoires, un rationnement du crédit qui est en train de dégénérer en récession sur le Vieux Continent. Aujourd’hui, l’Europe reste à reconstruire, sa monnaie unique à consolider et sa dette à restructurer. Il faut restaurer la confiance, gérer des budgets d’austérité en évitant la déflation, renforcer les banques, composer avec des rendements toujours médiocres sur la plupart des actifs, et avec une conjoncture mondiale affaiblie jusque dans les émergents…Ainsi s’ouvre 2012, dans un pessimisme consensuel face à l’ampleur de la tâche à accomplir. Les stratégistes annoncent beaucoup de volatilité et surtout une montée du risque politique dont les ténors – un certain nombre d’entre eux déjà en campagne – détiendraient les clefs de la sortie de crise, plus que les banques centrales. Les intéressés savent qu’il leur faut se renouveler, changer les vieilles recettes qui n’ont pas fait leurs preuves sous peine de perdre le contrôle de leur avenir personnel mais surtout de celui de leur pays. Souhaitons-leur de l’inspiration et de l’audace. »
Pierre Nothomb, Deminor, dans « L’Echo » Belgique du 28 décembre 2011
Article intitulé : La Bourse, "une mer infestée de requins" pour les particuliers
« Le marché est devenu beaucoup plus dangereux que par le passé pour l'investisseur privé. Et les États, qui sont garants de l'intérêt général, sont dans certains cas impuissants face à certains opérateurs, ce qui représente un vrai danger pour la pérennité de notre système financier, avertit Pierre Nothomb. La Bourse de papa c'est fini ! " Il y a vingt ans, la stratégie de bon père de famille était souvent gagnante. Les gens faisaient du Buy and Hold et si l'entreprise était de qualité, il était rare de perdre sa culotte au final. " Les investisseurs institutionnels ont accès aux analyses, influentes, des grandes banques, parfois la veille de leur publication. " En gérant son portefeuille avec la lecture du journal dans son salon le samedi matin, l'actionnaire se trouve, sans le savoir, en bout de ligne du traitement de l'information. " Par l'intermédiaire de " dark pools ", les grandes banques d'investissement passent quotidiennement un grand nombre de transactions sur une même valeur. Le volume de la transaction n'est pas disponible pour l'investisseur lambda. " Le problème est que si l'investisseur veut construire une position, il ne connaît pas la profondeur du marché pour la valeur qui l'intéresse. Ainsi il ne sera pas au courant s'il existe un énorme ordre de vente, déjà dans la machine, qui pénalisera durablement la valeur de l'action qu'il est en train d'acheter. " La crise des " subprimes " a souligné les lacunes des autorités de contrôle, leur manque de sophistication, de temps et d'équipes pour gérer les gros problèmes qui surviennent sur les marchés financiers. " Cela me fait penser à un mauvais western, dans lequel un village est infesté de cow-boys desperados qui tuent et pillent les habitants. Le shérif, lui, s'est enfermé à clé dans sa cellule, pour être sûr de ne pas être lui-même attaqué. " Dans leurs interventions, les gouvernements ont préféré sauvegarder l'épargne et les créanciers plutôt que les actionnaires. Cela était utile, mais rend impossible pour les banques un refinancement sur le marché au moyen d'augmentations de capital. Ce qui était une position justifiable dans un premier temps risque de condamner certaines banques dans un deuxième temps ". " La criminalité en col blanc à encore de belles années devant elle car la justice n'est pas équipée pour aller aussi vite et de manière aussi sophistiquée que les fraudeurs ", observe Pierre Nothomb, qui rappelle la pression médiatique et politique subie par les magistrats lors du dossier Fortis.»
Matthieu Courtecuisse dans « Les Echos » du 30 décembre 2011
Article intitulé : Bientôt la fin du CAC 40 ?
« La forte chute des capitalisations boursières a mécaniquement entraîné un écrasement et une interpénétration importante des entreprises qui composent les indices CAC 40 et SBF 120. Mais cette chute se combine à un processus de désendettement, qui ne frappe pas uniquement les émetteurs souverains, mais qui touche également les grandes entreprises, et en particulier, certaines sociétés du CAC qui ont bénéficié historiquement d’une prime à l’endettement, grâce à leur coût de financement très bas et à leur accès massif aux émissions obligataires. Le « deleveraging » de l’économie amène à anticiper en 2012 des cessions forcées de filiales de groupes du CAC 40 et parfois du SBF 120. Est-ce une bonne nouvelle pour notre économie ? Certes, ce mouvement se traduirait par une diminution forte de la part de marché de la France dans le Fortune 500. Mais le CAC 40 pourrait sans difficulté accoucher d’un bon millier d’ETI, dont une centaine pourrait être cotées et être valorisées entre 0,5 et 3 milliards d’euros. Avec parfois à la clef un véritable potentiel de développement. Le cas d’Essilor est frappant : le groupe vaut aujourd’hui près de 75 % de son ancien actionnaire de référence dix ans après son indépendance. Pour que ces sociétés restent néanmoins ancrées au territoire français, il faut en parallèle disposer d’un vivier de sociétés de capital-investissement utilisant modérément le levier des LBO, et des marchés financiers adaptés. Le risque existe, sinon, de voir les fonds souverains ou les prises de contrôle par des sociétés non européennes se multiplier, le cas de Dexia BIL illustrant ce phénomène. »
Dans « H24 » du 25 décembre 2011
Article intitulé : Marc Tournier, le gérant « Star » de Tocqueville négocie sa sortie...
« ….On n’oublie pas que le fonds Ulysse a très longtemps été un des meilleurs track record de la place de Paris. Merci à Marc Tournier et merci maintenant à La Banque Postale qui assure "la liquidité" des fonds et la solidité de Tocqueville Finance ».
Commentaire : Enfin ! De plus en plus d’articles parlent de « liquidité ». Mais de quoi parlent-ils ? Parlent-ils de la liquidité des lignes d’investissement ou est-ce un amalgame entre liquidité des lignes d’investissement et trésorerie ? Pour rappel, la liquidité des lignes d’investissement, est la résultante d’une détention d’un volume de titres cohérent avec les volumes échangés quotidiennement, hebdomadairement ou mensuellement. Comment la banque Postale peut-elle assurer la liquidité lorsque les volumes détenus dépassent très largement les volumes échangés en Bourse ? Est-ce à dire qu’elle se portera contrepartie pour acheter les titres au cours « massacré » par la vente rapide de l’un de ses gestionnaires ? Je vous engage pour tous les fonds communs de placement qui vous sont proposés à la souscription (ou que vous conseillez), de toujours comparer les volumes détenus par les principales lignes d’investissement de ce fonds avec les volumes traités en Bourse. Cela vous donnera une idée de la faisabilité des performances annoncées. Je vous garantis des surprises voire des sueurs…froides.
Ex : Données prises dans le dernier reporting en ligne (sauf erreur de ma part) du fonds Ulysse en date du 11 novembre
Actif du fonds : 382 346 005 euros
NRJ Group 4,29% de l’actif net soit 382 346 005*4,29% = 16 402 643 euros
Le cours d’NRJ Group du 26 décembre est de 6,89 euros cela donne en volume détenu 16 402 643/6,89 =2 380 644 titres. Il s’en est échangé le 26 décembre 6 579 !
L’attitude de l’AMF qui a sanctionné ce très grand gérant est incompréhensible. D’un côté, elle sanctionne parce que le gérant a mouvementé un trop grand nombre de titres par rapport à ce qui est échangé quotidiennement mais de l’autre, elle autorise, et elle valide (en occultant l’effet déstabilisateur des volumes), par la mention « les performances du passé ne présagent pas des performances du futur », des performances annoncées irréalisables et irréalisées (sauf pour ceux qui ont vendu) dans les publicités. Pour rappel, ces montants fictifs font l’objet de divers paiements d’honoraires et prélèvements qui relèvent juridiquement de faits graves. Pourquoi l’AMF ne met-elle pas en place son véto sur le système de valorisation actuel à partir d’une certaine quantité de vente ou d’achat ? Les gérants qui travaillent sur les Bourses officielles doivent faire face aux paradoxes, aux incohérences voire aux inepties des réglementations, tandis que les gérants qui travaillent via les dark pools (mis en place par les décisions des autorités de régulation type AMF) peuvent tout faire, tout dire et tout prélever avec le blanc-seing le plus total de ces mêmes autorités, des médias et des professionnels. Cherchez l’erreur !
Comment l’AMF, avec les enseignements de la dernière crise et la reconnaissance de ses erreurs et de ses manquements, peut-elle continuer de valider les performances annoncées lorsqu’il n’y a pas de cohérence entre les volumes détenus et ceux échangés quotidiennement ? Comment l’AMF, qui est censée protéger l’épargnant, peut-elle encore tolérer et couvrir de sa responsabilité la situation actuelle ? Malheureusement, si nous ne faisons rien, la crise de liquidité actuelle touchera tôt ou tard le monde des OPCVM. Ce jour là, tout le monde se dira mais comment a-t-on pu laisser faire cela ? Comment a-t-on pu laisser se bâtir une économie sur des valorisations comptables déconnectées de toute réalité en termes de prix et de valeur ? Alors que nous sommes à l’aube de la reprise SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière, nous vivons le meilleur moment pour effectuer les changements indispensables à la pérennité du système boursier et économique. Pourquoi ne pas le faire ?
Favilla dans « Les Echos » du 23 décembre 2011
Article intitulé : La bagarre déplaît aux marchés
« Il faut en prendre son parti : en France comme dans tous les pays qui traînent une lourde dette publique, la vie politique se déroule sous l’œil vigilant des marchés, dont la confiance se mesure au baromètre ultrasensible des taux d’intérêt qu’ils exigent des Etats. De quoi dépend cette confiance ? De critères économiques objectifs, mais aussi de la nature du débat public dans les nations débitrices. Les marchés, on le sait, aiment la stabilité : ils apprécient les pays où règne la « culture du compromis », ils se méfient de ceux où la vie politique se déroule sur le mode de l’affrontement radical, où chaque camp cherche à se démarquer à tout prix des initiatives ou des projets du camp adverse. La France appartient, à l’évidence, à la deuxième catégorie. »
Muriel Motte dans « Les Echos » du 23 décembre 2011
Article intitulé : Court terme
« Elle n’était pas la favorite des stratégistes en début d’année, mais pour celui qui a eu le cœur bien accroché, la dette souveraine espagnole fait actuellement partie des placements gagnants de 2011. Témoin d’une reconquête encore fragile de la confiance des marchés, le taux à 10 ans a reculé passant de 5,45 % en début d’année à 5,35 % hier. Au coupon versé s’ajoute donc un gain potentiel en capital, inespéré il y a un mois quand la rémunération exigée sur les obligations d’Etat culminait à 6,7 %. Certains liront dans cette détente l’effet Mariano Rajoy, le nouveau chef du gouvernement qui a fait des promesses de réformes et de coupes budgétaires pour 2012. D’autres y verront la patte de la BCE qui offre tous azimuts aux banques des liquidités bon marché afin qu’elles prêtent à l’économie et aux gouvernements. Les optimistes y détecteront la récompense des efforts entrepris pour restaurer la compétitivité du pays, « mix » de sagesse salariale et de dynamisme entrepreneurial. La Bourse madrilène a d’ailleurs moins souffert en 2011 que ses grandes voisines et deux valeurs espagnoles, Inditex et Repsol, font partie des quatre plus belles performances annuelles de l’Euro Stoxx 50. Quant aux exportations en volume, un indice 100 au premier trimestre 2008 calculé par Natixis valait 110 fin septembre (97 pour la France). Les plus amers enfin dénonceront, derrière l’apaisement des taux, le prix à payer pour rassurer les marchés. Le colossal ajustement de la demande interne qui a certes permis de ramener de 10 % à 4,1 % du produit intérieur brut le déficit de la balance courante entre fin 2007 et septembre 2011, mais au prix d’un triplement du taux de chômage. Autant de lectures d’une même réalité : l’austérité paie, comme en témoigne l’écart grandissant avec les taux d’intérêt italiens (6,83 % sur la même échéance à 10 ans hier). Mais pour achever de rassurer les investisseurs, l’Espagne accablée de chômeurs doit inventer un nouveau modèle de croissance. Le plus dur reste à faire. »
Dans « Boursorama » du 19 décembre 2011
Article intitulé : La Bourse de Paris rebondit dans de faibles volumes d'échanges
« La Bourse de Paris rebondissait lundi après-midi et prenait 0,90%, après avoir chuté la semaine dernière, dans un marché toutefois peu actif, sur fond d'inquiétudes persistantes pour la zone euro. Le marché parisien a effacé à la mi-journée ses pertes du début de séance, qui l'avait vu lâcher 1%. L'ouverture en légère hausse de Wall Street a contribué à soutenir la tendance. Le volume d'échanges était toutefois très limité, signe de la retenue de nombreux investisseurs à l'approche des fêtes de fin d'année. "C'est une petite reprise technique dans des volumes confidentiels. Les gérants ne veulent pas prendre trop d'initiatives", indique Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities. "Le marché a lâché 6% la semaine dernière, sous la menace des agences de notation qui nous ont fait passer une année épouvantable", ajoute-t-il. »
Commentaire : Comment peut-on encore « entendre » ces propos ?
Pour rappel, « entendre » vient du verbe intendere (latin), tendre l’oreille, tendre l’esprit, tendre l’attention.
1er acte de cet article : On constate une hausse dans un marché peu actif. En clair, une hausse non significative sauf pour ceux qui ont vendu. Pour les autres, il n’y a rien à voir et théoriquement rien à dire ni à écrire.
2ème acte : On extrapole cette hausse à tout le marché « Le marché parisien a effacé… » … avant de redire que « le volume était toutefois très limité »
3ème acte : L’explication de l’inexplicable « C'est une petite reprise technique dans des volumes confidentiels ». Comment une reprise technique peut-elle se faire dans des volumes confidentiels ? Au fait, c’est quoi une reprise technique ?
4ème acte : La synthèse « Le marché a lâché 6% la semaine dernière, sous la menace des agences de notation qui nous ont fait passer une année épouvantable ». Pour rappel, plus de 99% de la baisse est due au système comptable et non à des ventes. Maintenant, qu’il est prouvé que les agences de cotation n’ont pas tous les effets qu’on veut bien leur donner, ne faudrait-il pas en déduire (si nous tendons nos oreilles, notre attention et notre esprit) que nous les gérants, en n’ayant pas su investir quand il le fallait et aujourd’hui en ayant peur de notre ombre, nous avons participé et participons au déclin de l’économie et à la paupérisation des épargnants.
Commentaire du 7 septembre 2011 : Je pense que cette période restera dans les annales comme la période où la gestion boursière a sombré dans la bêtise. Comment expliquer à des étudiants futurs la période que nous vivons actuellement sans se décrédibiliser ? Comment croire en des gérants qui n’investissent pas aujourd’hui ? Il est grand temps que nous, les gérants, comprenions et assumions le fait que depuis le milieu des années 80 (libéralisation des marchés), nous ne soyons plus des spectateurs économiques. Nous sommes devenus des Réalisateurs, créateur de l’économie. Le temps est venu de quitter nos habits de spectateurs et de commentateurs financiers en faveur de Réalisateur d’Economie. Un spectateur peut commenter un film et sa réalisation. Un réalisateur, ne peut le faire qu’une fois le film terminé. Le jour où, nous les gérants, arrêterons de commenter pourquoi nous ne faisons rien ou de justifier, à l’aide de ratios bidons auto-justificateurs, auto-réalisateurs et autodestructeurs, pourquoi nous en faisons trop, alors nous aurons pris la place qui est la nôtre aujourd’hui, la place de Créateur et de Réalisateur. Mettons nous à la Création et à la Réalisation et tout se passera bien, restons des spectateurs commentateurs et le discrédit sera notre lot.
Laura Fort dans « La Tribune » du 19 décembre 2011
Réflexion : Les Français se détournent massivement des OPCVM
« La décollecte sur les OPCVM a atteint 20 milliards d'euros en septembre, 50 milliards en octobre, selon l'Efama*. « Depuis environ quatre ans, on assiste à une décollecte massive sur les OPCVM », constate Matteo Pacca, directeur associé chez McKinsey. Avant d'ajouter que « plusieurs facteurs peuvent aggraver ce mouvement de décollecte : les besoins de liquidités des groupes bancaires et le fait que ces produits soient considérés comme spéculatifs, qui les dessert quand les marchés vont mal ». France, Allemagne et Italie. Dans ces trois pays, le constat est le même : le manque de pédagogie au moment de la vente et tout au long de la durée de détention des OPCVM joue pour beaucoup. L'étude démontre ainsi que 61 % des investisseurs individuels visent un rendement au moins supérieur de 5 % à l'inflation. Par ailleurs, 38 % des Français ne lient pas le rendement au niveau de risque d'un placement. Les conseillers de clientèle et les sociétés de gestion doivent faire oeuvre de pédagogie pour regagner la confiance des souscripteurs d'OPCVM. Car 63 % des épargnants (et 72 % en France) qui se sont désengagés de leurs placements en OPCVM n'ont pas alerté leur conseiller avant de le faire. Améliorer le « service après-vente » et le conseil sont des pistes de travail importantes », suggère Matteo Pacca. »
Muriel Motte dans « Les Echos » du 15 décembre 2011
Article intitulé : Marchés biaisés
« Les mois passent mais le phénomène surprend toujours : les Etats-Unis viennent d’emprunter à trois ans au taux dérisoire de 0,352 %. Une performance pour un pays dont la dette n’est plus notée AAA par Standard & Poor’s et dont les prévisions de croissance l’an prochain et en 2013 tournent autour de 2,5 %, pour un taux d’inflation équivalent. Le Trésor américain qui plaçait 32 milliards de dollars a pourtant séduit les foules : le ratio demande sur offre a rarement été aussi élevé soulignent les économistes d’Aurel. Ils justifient ce quasi plébiscite par la crise européenne et par l’engagement de la banque centrale cet été de ne pas augmenter son taux directeur avant 2013 au moins, ce qui « protège » de facto les taux à trois ans et ceux qui les portent. Cela fait maintenant plus de deux ans que la main très visible de la Fed sur le marché de la dette publique permet à Washington de s’endetter à un coût quasi nul. Aux politiques de « quantitative easing », efficaces pour prévenir la hausse des taux à long terme, a succédé la déclaration du 9 août sur le maintien prolongé des taux à court terme à leur niveau proche de 0 %. Revers de la médaille, la chaîne de valorisation des actifs s’en trouve perturbée. Notamment, le calcul de la prime de risque, un des outils d’évaluation des actions fondé sur le taux sans risque. Référence en la matière, une obligation d’Etat est de moins en moins considérée comme sans risque et son taux est de plus en plus manipulé, y compris au Royaume-Uni et dans une moindre mesure dans le reste de l’Europe. Les modèles historiques volent en éclat. On le constate d’ailleurs, un contexte de taux bas ne va plus de pair avec un « pricing » élevé des actions. Les performances intrinsèques des entreprises, leurs résultats et leur capacité à verser des dividendes retrouvent leurs lettres de noblesse. On pourrait s’en réjouir si les poussées régulières et nocives de volatilité ne traduisaient, entre autres, le grand malaise de la Bourse face à la perte de ses repères. »
Commentaire : Cet article revient sur des évidences « chaîne de valorisation des actifs et des outils d’évaluation perturbés, modèles historiques volent en éclat ». En fait, toutes ces « évidences » sont absentes des hypothèses des programmes de trading qui travaillent sur des comportements passés…
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 14 décembre 2011
Article intitulé : Les fonds « zombies » refroidissent les investisseurs en private equity
« Remettre au pot ? Pas question. Telle est la réponse qu'assèneront 93 % des investisseurs institutionnels aux sociétés de private equity qui leur demanderont de participer à une nouvelle levée de fonds, au cours des 18 prochains mois, selon une enquête réalisée à l'échelle mondiale par la société d'investissement Coller Capital. Quant aux fonds de pension, compagnies d'assurances et autres zinzins qui accepteront de satisfaire pareille requête, un tiers d'entre eux seulement le feront pour un montant au moins égal à la précédente levée de fonds. Les autres n'hésiteront pas à réduire drastiquement leurs investissements, en particulier dans des fonds européens : un investisseur sur cinq, dans le monde, projette de diminuer l'argent alloué aux fonds de private equity européens. Pas plus de 11 % sont disposés à se montrer plus généreux que par le passé. Si les investisseurs battent froid le capital-investissement, notamment européen, c'est en raison de la crise de la dette dans la zone euro, qui s'éternise, renchérissant l'accès au crédit bancaire pour les fonds de LBO (Leverage Buy-Out), alors que ceux-ci jouent précisément sur l'effet de levier de la dette pour financer leurs acquisitions. La crise boursière empêche de surcroît les fonds de céder leurs participations dans des conditions intéressantes. Cerise sur le gâteau, la dégradation de l'économie pèse sur les résultats financiers de ces mêmes participations, et donc sur les dividendes qu'elles versent aux fonds propriétaires. Conséquence, dans le monde, près de la moitié des investisseurs en private equity se retrouvent aujourd'hui avec des fonds « zombies » en portefeuille. C'est-à-dire des fonds dont la valeur est quasinulle, dont les gérants savent qu'ils ne généreront aucune plus-value, mais qu'ils laissent vivoter afin de continuer à toucher des commissions de gestion. Près des trois quarts des investisseurs estiment qu'une minorité seulement de ces fonds « zombies » pourront être sauvés. Pas de quoi inciter les zinzins - qui avaient investi dans l'espoir de rendements supérieurs à 15 % - à participer à de nouveaux tours de table. Or les fonds de private equity auront besoin de refinancer 365 milliards de dollars de dette d'acquisition, d'ici à la fin 2016, selon les données de Thomson Reuters. Au total, à l'échelle mondiale, les fonds de capital-investissement, qui ont déjà subi une chute de 46 % des montants levés au troisième trimestre (par rapport au deuxième), sont actuellement en quête de 711 milliards de dollars, selon le cabinet Preqin. C'est le cas, entre autres, d'Apax Partners et de Permira, qui cherchent respectivement à lever 9 et 6,5 milliards d'euros. »
Commentaire : Si cela continue, les Etats au moment même où ils auront réussi à fabriquer la situation comptable qui leur « va bien » devront constater que cette « apogée » sera suivie immédiatement de la crise SOciale, ECOnomique, POlitique et FInancière la plus stupide de l’histoire.
Jean-Hervé Lorenzi dans « La Tribune » du 14 décembre 2011
Article intitulé : Les Bourses au secours des ETI et de l'emploi
« L'équation est simplissime. Sur les 2,8 millions d'emplois créés en France au cours des vingt dernières années, 2,3 millions l'ont été par des PME. Et, pour les cinq années qui viennent, l'équation risque de se simplifier encore. Les grandes entreprises créeront, certes, des emplois, mais pas en France. La création d'emplois en France reposera donc sur les fragiles épaules des PME. Fragiles épaules car les PME françaises, par rapport à leurs concurrentes européennes, manquent cruellement de fonds propres. Mais de quoi parle-t-on quand on parle de PME ? De deux catégories d'entreprises aux profils bien distincts. La France se distingue, en effet, moins par sa capacité à créer des entreprises, et donc par sa vitalité originelle, que par son incapacité à aider celles-ci à franchir le seuil de l'adolescence et à se transformer ainsi en « gazelles » ou en « entreprises de taille intermédiaire », en ETI. C'est dans cette catégorie d'entreprises (de 250 à 5.000 salariés) que le retard de la France est, en effet, le plus criant. Elles sont 4.000 à peine en France (comme en Italie) contre plus de 10.000 en Angleterre et en Allemagne. Résultat des courses ? 90.000 entreprises exportatrices en France contre 180.000 en Italie et... 360.000 en Allemagne. La multiplication du nombre d'ETI n'est a priori pas pour demain dans notre pays. Les nouvelles règles prudentielles qui s'imposent aux banquiers (Bâle III) comme aux assureurs (Solvency II) vont, en effet, dissuader ceux-ci d'investir au capital des PME. Et les ménages les plus fortunés, encouragés jusque-là par les réductions d'ISF, risquent fort de perdre cette incitation au nom de la désormais sacro-sainte (et partiellement justifiée) « chasse aux niches fiscales ». Un indicateur de ce qui attend les ETI dans ce domaine ? L'effondrement des levées de fonds des sociétés de capital-risque (divisées par six depuis 2008) aussi bien que d'Alternext (moins de 250 millions d'euros cumulés depuis 2008). Face à ce défi, deux solutions et deux seules, mais qui sont complémentaires. D'abord, une réforme fiscale de grande ampleur qui permettra à l'abondante épargne française de s'orienter enfin, non pas vers les obligations d'État, mais aussi vers l'entreprise et, donc, la création d'emplois. La deuxième solution consiste en la création d'un véritable marché européen du financement des ETI. De ce point de vue, la fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse constitue une opportunité historique. En France, 600 PME dont 257 ETI sont déjà financées via Nyse Euronext. Avec la fusion, on passera à un marché de 1.400 entreprises suffisamment profond et liquide pour attirer les capitaux. Par rapport au Nasdaq (plus de 2.000 entreprises cotées), on est encore loin du compte. Mais on est enfin sur la bonne voie. »
T.S dans « La Tribune » du 12 décembre 2011
Article intitulé : Affaire Madoff : trois ans déjà et peu d'indemnisations. Du beau monde était investi dans la Sicav Luxalpha
« Si à l'origine les grandes fortunes étaient ciblées, en 2005, l'Autorité des marchés financiers autorisait la commercialisation de Luxalpha, comme une directive européenne « l'imposait ». C'est à ce moment que « le loup est entré dans la bergerie, indique un gérant qui s'est fait piéger. N'importe qui pouvait y souscrire. » Le 11 décembre 2008, était révélée ce qui reste à ce jour la plus grande escroquerie financière jamais réalisée : l'affaire Madoff. Ce financier américain avait organisé une fraude pyramidale estimée à 65 milliards de dollars (en tenant compte des intérêts versés). Trois ans après, beaucoup d'investisseurs floués estiment que le dossier n'avance pas, craignant qu'avec le temps il ne tombe aux oubliettes. L'affaire Madoff a mis en lumière des failles à tous les niveaux de la chaîne d'un fonds, qu'il soit Ucits (coordonné, c'est-à-dire régi par une directive européenne qui se veut très protectrice des investisseurs) ou pas. Tout le monde a failli : le dépositaire, l'auditeur, les « due diligences » des gérants, quand elles étaient faites, les administrateurs des Sicav ou encore les responsables de la promotion. Sans oublier les régulateurs de marché, notamment au Luxembourg et aux États-Unis, qui ont fait preuve d'inefficacité dans leur rôle de surveillance et de protection des investisseurs. Mais que ce soit aux États-Unis, en France ou au Luxembourg, aucune n'a abouti. Aucun établissement financier assigné à New York par Irving Picard, le liquidateur de Bernard Madoff, comme HSBC, JP Morgan ou UBS et certaines de leurs filiales, n'a fait l'objet de sanctions pécuniaires ou pénales. »
Commentaire : Aucun progrès n’a été fait et les régulateurs ont permis, sous couvert de législations inadaptées, d’affaiblir encore plus le système financier. Comment l’AMF peut-elle demander à condamner des professionnels alors qu’elle a donné son sceau à cette chaîne de Ponzi (Madoff)…tout comme elle le donne aux « gros » OPCVM actuels et aux fonds structurés actuels ? Il est de nouveau à noter l’incohérence de la Commission des sanctions (dont les membres ne pouvaient pas ne pas savoir) qui fixe des amendes « forfaitaires » de 300 000 euros que vous ayez fait perdre de l’argent à vos clients ou que vous ayez eu une action qui les gène (sans faire perdre d’argent aux clients). Le principe actuel de l’AMF et de la commission des sanctions est : vous payez et on s’expie mutuellement, vous résistez et on vous « casse ». Collaborer or not ?
Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 9 décembre 2011
Article intitulé : Ventes à découvert sur Natixis : l’AMF poursuit six sociétés
« C’est l’un des premiers procès en spéculation du gendarme de la Bourse. Hier, la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) devait juger du cas de trois gérants d’actifs et de trois banques accusés d’avoir manqué à leurs obligations dans le cadre de ventes à découvert sur le titre Natixis en pleine débâcle financière, fin 2008. Plusieurs avocats de ces trois établissements ont vivement contesté les griefs qui leur ont été formulés, arguant de leur nullité juridique et soulignant la« volonté politique »de l’AMF de taper fort dans les affaires de ventes à découvert. »
Bernard Le Court dans « La Tribune » du 9 décembre 2011
Article intitulé : La gestion quantitative, une martingale dans des marchés chahutés ?
« Utilisées par la gestion collective, les approches quantitatives exploitent des modèles mathématiques pour construire des portefeuilles moins risqués. » «À l'opposé de la gestion de convictions basée sur une approche dite qualitative'', la gestion quantitative repose sur des modèles mathématiques et présente l'avantage de ne pas être affectée par la subjectivité humaine », résume Alexis Bienvenu, analyste chez Primonial AM. « Néanmoins, nuance-t-il, l'intervention de l'homme est nécessaire pour veiller au bon fonctionnement du modèle, particulièrement en situation de stress de marché, et pour y apporter, au besoin, les améliorations potentielles. »
Commentaire : Comment garder son calme en lisant de tels propos à 5h du matin ? Comment oser parler de portefeuilles moins risqués alors que cette gestion ne repose que sur le fait qu’elle estime que le sous-jacent ne sera jamais appelé en garantie. En clair, que les paris réalisés ne se solderont jamais par l’obligation de vendre les titres qui servent de garantie. La crise actuelle n’est manifestement pas assez forte pour certains. Si vous avez envie de jouer à la roulette russe sur la tête de vos enfants, vous avez le bon produit. Hier, tous les 30 ans, l’économie en créant des « camps de concentration » économiques dégénérait en camps de concentration humains et en boucherie militaire. Nos parents faisaient des enfants pour les mettre sur des champs de bataille (réfléchissez-y). Aujourd’hui, la financiarisation, la vénalité et la débilité des certains intervenants financiers sont en train de remettre en place le même processus annulant ainsi le travail des institutions internationales de la Paix (ONU, FAO, UNESCO etc…). La gestion quantitative est la vente, via une chaîne de Ponzi, de « subprimes », le tout élevé à une puissance dont personne ne connaît l’importance. Cela aucune formule mathématique ne l’a ou ne peut en calculer les dégâts. La gestion quantitative est forcément affectée par la subjectivité humaine puisqu’elle travaille sur le mouvement d’actions ou de titres gérés « humainement ». Comme le souligne Monsieur Alexis Bienvenu, en plus, c’est l’homme qui veille au bon fonctionnement du modèle. Dans la réalité, la gestion quantitative parie mathématiquement sur une chaîne de comportements humains en utilisant des effets de levier dont personne ne connaît l’ampleur ni les effets de destruction massive. Cette gestion, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, devrait être interdite tant elle déstabilise les économies par les sommes colossales qui sont retirées du circuit économique et qui servent de paris. Il est indéniable que ce type de gestion est une des causes de l’endettement des Etats. Nous, les professionnels, vous les clients, il est grand temps que nous nous associons dans la volonté de travailler avec des notions humaines d’utilisation de l’argent. Le mot est un peu fort pour certains d’entre vous, mais il est grand temps de devenir des Résistants financiers. Sans quoi nos enfants pourraient bien payer le fruit de nos errements, de nos aveuglements et j’ose l’écrire, dans certains cas, de nos lâchetés. Investissons dans l’économie réelle, investissons dans l’homme, investissons dans nos enfants. En pièce attachée le document « Humanity Invest ». Utilisez-le.
Jerôme Marin dans « La Tribune » du 9 décembre 2011
Article intitulé : Le patron de MF Global fait son mea culpa
« Leur sort me tracasse tous les jours, toutes les heures. » Devant une commission du Congrès américain, qui l'avait convoqué, Jon Corzine a présenté ses excuses jeudi aux employés, aux clients et aux employés de MF Global. L'ancien patron du courtier, qui a déposé le bilan fin octobre, a reconnu ses responsabilités. « Je pensais que les investissements dans des obligations européennes à court terme étaient prudents », a-t-il expliqué. Mais cette exposition de 6,3 milliards de dollars - combinée à un effet de levier de 40 - avait fini par devenir intenable alors que la défiance des marchés vis-à-vis de la situation en Europe s'amplifiait. Plus de 1.000 salariés du courtier en ont fait les frais, sèchement licenciés à la mi-novembre. La chute de MF Global a aussi entraîné la disparition de quelque 1,2 milliard de dollars des comptes de ses clients. Des fonds que les régulateurs et les liquidateurs n'ont toujours pas réussi à localiser. « Je ne sais tout simplement pas où se trouve l'argent », a assuré Jon Corzine, ancien sénateur, devant les parlementaires.
Commentaire : Imaginez ce que cela va donner avec la gestion quantitative.
Eric Benhamou dans « La Tribune » du 7 septembre 2011
Article intitulé : Les CDS, une protection si inutile
« Autrement dit, pourquoi acheter un CDS sur la France ou sur HSBC alors qu'une faillite de la France ou de HSBC provoquerait un tel séisme financier qu'aucun émetteur de CDS ne pourrait vraisemblablement honorer ses engagements ? Parce qu'ils sont devenus des instruments essentiels pour les banques dans la gestion de leur capital et de leurs risques de contrepartie. En achetant des CDS, une banque peut limiter son engagement effectif et donc économiser des fonds propres car un actif couvert par un CDS consomme peu ou pas de capital. Mais surtout, grâce à sa profondeur de marché, ses multiples maturités, les CDS sont devenus les outils indispensables des gestions dynamiques des risques de contrepartie. Mieux, les régulateurs encouragent vivement les banques européennes à s'engager dans cette voie, où les CDS - si contestés par ces mêmes régulateurs - occupent une place de choix. Plus jamais de faillite Lehman Brothers, proclament à l'unisson politiques et régulateurs, qui viennent de créer une nouvelle catégorie de banques, les Sifis, à placer sous haute surveillance. Et puis, il y a eu la Grèce. Un défaut avéré - 21 % de décote négociée lors de l'accord du 21 juillet, puis 50 % le 21 octobre - n'a mystérieusement déclenché aucun CDS. La décote étant sur une base « volontaire », l'Isda, l'association professionnelle (contrôlée par les banques) a estimé qu'il n'y avait pas d'événement de crédit (contrairement aux agences de notation). « Les banques ont prévenu qu'au-delà de 50 % de décote elles ne pouvaient plus défendre l'idée d'un volontariat », résume un banquier proche des négociations. En clair, plus de 50 % de décote déclencherait automatiquement les CDS. Bref, tout est fait - et tout sera fait - pour que les CDS ne soient jamais exercés. »
Philippe Ricard avec Clément Lacombe dans « Le Monde » du 6 septembre 2011
Article intitulé : Bruxelles menace la fusion entre NYSE Euronext et Deutsche Börse
« Le projet de fusion entre Deutsche Börse et NYSE Euronext, qui vise à donner naissance à la plus grande Bourse mondiale sur tous les segments de marché, traverse une mauvaise passe. « Les Bourses se font tailler des croupières par les plateformes non réglementées, elles vont disparaître ou être absorbées par des rivaux moins régulés si la fusion de deux opérateurs dominants n'est pas autorisée ", dit un avocat proche de la transaction. » »
André Orléans, directeur de recherche au CNRS professeur à l’IEP de Paris, dans « L’Expansion » de décembre 2011
Article intitulé : Il faut définanciariser l'économie
« Ce que je mets en doute, c'est l'idée selon laquelle des marchés financiers même transparents permettraient une allocation du capital satisfaisante. Il faut a contrario considérer que les prix financiers ne fournissent pas de bons signaux aux acteurs économiques. C'est cette inadéquation des prix financiers qui est à l'origine des déséquilibres que nous connaissons, y compris macroéconomiques. Si ce diagnostic est exact, alors le capitalisme financiarisé, qui a pour trait distinctif de faire jouer un rôle central aux prix financiers dans sa régulation, doit être abandonné. Pour comprendre ce point de vue, il faut garder à l'esprit que les prix sont le coeur de la régulation économique. C'est sur leur justesse que repose entièrement l'efficacité tant vantée des économies de marché. Chaque agent n'a qu'une connaissance locale, limitée à son environnement, et il revient aux prix d'agréger toutes ces informations locales pour produire une vision globale cohérente. C'est au nom de l'aptitude supposée des marchés financiers à produire des prix justes que l'on a promu l'intense dérégulation financière qui est à l'origine du capitalisme financiarisé. Rappelons par exemple que, jusque dans les années 1970, la plupart des taux d'intérêt étaient des prix administrés par la puissance publique. Selon la théorie de l'efficience, de même que les prix des marchandises sont censés refléter leur rareté objective, les prix financiers sont supposés proposer une image juste du futur et de ses risques. Ainsi, les cours boursiers exprimeraient la profitabilité à venir des entreprises et les taux d'intérêt, la probabilité de défaut des emprunteurs. C'est cette analyse que je conteste : la concurrence financière ne fournit pas une juste valorisation des activités productives, que les marchés soient transparents ou opaques. Les taux d'intérêt sur les dettes publiques européennes nous en fournissent une illustration exemplaire. Les marchés n'ont pas joué le rôle que la théorie de l'efficience leur attribue : celui d'un signal informant les acteurs. Si on met de côté la Grèce, considérée comme insolvable par beaucoup, la majorité des économistes est d'accord pour considérer l'inadéquation de ces taux. Ils sont inappropriés pour au moins trois raisons : d'une part, ils impliquent une ponction sur la richesse sociale tout à fait démesurée ; d'autre part, ils incitent à des politiques de rigueur exagérées ; enfin, ils poussent des économies solvables à la faillite. C'est dire leur extrême dangerosité. Or, ce qui vient d'être dit des taux d'intérêt peut être aisément étendu à tous les prix financiers. Ils produisent périodiquement de mauvaises incitations, conduisant les économies à la dérive, comme on le voit aujourd'hui pour la dette publique. Ainsi, pour les actions, se souvient-on des valorisations démentes de la bulle Internet et de la crise qui s'en est suivie au début des années 2000. Les prix financiers peuvent monter très haut sans que la demande pour ces produits ne se tarisse, car les investisseurs peuvent continuer à anticiper une hausse des prix qui justifie de nouveaux achats. De même, les prix peuvent descendre très bas sans susciter une demande qui viendrait la freiner. C'est ce qu'a montré la crise en 2008, les prix des produits titrisés sont descendus à des niveaux bien plus bas que ce que pouvait justifier toute valorisation rationnelle, pourtant aucune demande ne s'est manifestée, parce que les investisseurs craignaient de nouvelles baisses. En conséquence, le système s'est trouvé au bord de la faillite générale. Si la chute des prix a été stoppée, ce n'est en rien par l'action des supposées propriétés autorégulatrices de la concurrence financière, c'est parce que les autorités publiques ont choisi d'acheter pour éviter une crise générale. La transparence financière ne résoudra pas nos problèmes. Il faut définanciariser nos économies. Cette emprise de la valeur financière doit être radicalement remise en cause. En son principe, la définanciarisation repose sur la constitution de pouvoirs d'évaluation hors des marchés (entrepreneurs, syndicats, pouvoirs publics, associations), aptes à proposer des finalités conformes à l'intérêt collectif. »
Julie Battilana, professeure associée à la Harvard Business School, dans « Le Monde » du 5 décembre 2011
Article intitulé : Malversations et performances sont corrélées
« Dix ans après la faillite d'Enron, le 2 décembre 2001, les dérives révélées par la récente crise financière ont rappelé les dangers que les malversations financières font courir aux entreprises et à l'ensemble de l'économie. Une étude parue récemment dans l'Academy of Management Journal (" Why "good" firms do bad things : The effects of high aspirations, high expectations, and prominence on the incidence of corporate illegality ", 2010) révèle que les entreprises dont la performance dépasse les attentes de leurs employés ou celles du marché sont celles qui sont le plus susceptibles d'être le foyer de pratiques illégales ! Ce risque accru peut s'expliquer, d'une part par la volonté des dirigeants de maintenir un niveau de performance élevé coûte que coûte pour continuer à s'attirer les louanges des analystes ; d'autre part, le succès renforçant la confiance parfois à l'excès, il peut conduire employés et dirigeants à prendre plus de risques, y compris en matière de malversations. Certains experts-comptables et avocats d'affaires, qui conseillent les entreprises, ont participé aux scandales qui ont marqué les dernières années, comme l'illustre le cas d'Arthur Andersen, auditeur des comptes d'Enron. Ces professionnels doivent de nouveau assumer le rôle de garde-fous qui est le leur. Les investisseurs et les analystes doivent changer eux aussi leur approche. Les critères encore souvent exclusivement financiers qu'ils utilisent pour évaluer les entreprises poussent ces dernières à viser des niveaux de profit parfois irréalisables. Une fuite en avant qui favorise les fraudes. »
Stéphane Lepage dans « Les Echos » du 5 décembre 2011
Article intitulé : La fiabilité des indices obligataires en question
« Au même titre que les actions, les obligations servent de support à des indices, utilisés comme « benchmark », autrement dit comme référence, pour mesurer la qualité d’une gestion. Ils sont aussi utilisés en sous-jacents de produits, tels les certificats, les contrats à terme, les options…. Près de 30 % des encours totaux des ETF (« exchange-traded funds »), ou fonds indiciels cotés, sont ainsi investis dans les indices obligataires. Le principe de base des grands indices obligataires, c’est que plus l’endettement d’un Etat ou d’une société augmente, plus ils pèsent lourds dans les indices. « La logique économique est difficile à saisir, estime Noël Amenc, directeur de l’Edhec Risk Institute. Les entreprises font appel à la dette en fonction du niveau des taux d’intérêt et de leur besoin de financement, et non pas en fonction des besoins des investisseurs. » Aujourd’hui, en raison de la crise de la dette de la zone euro, des Etats pèsent lourd dans les indices. Trop lourd. Ce qui inquiète les investisseurs. Comment justifier que l’Italie« représente environ 23 % dans les indices obligataires souverains traditionnels, alors que sa contribution au PIB européen ressort à 17 % », illustre Fabien Dornier, directeur de la gestion chez le fournisseur d’ETF et d’indices Ossiam. Il y a notamment des distorsions liées à la liquidité des instruments et sur les prix servant à leur valorisation, fournis en interne par les banques, qui constituent elles-mêmes ces indices », indique William Halff, analyste risques Tikehau IM. »
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 1 décembre 2011
Article intitulé : Bourses : les volumes sont très faibles, reflet de la prudence
« Les investisseurs seraient-ils déjà partis en vacances de fin d’année ? C’est ce qu’on pourrait penser au regard des volumes échangés, particulièrement faibles ces dernières semaines. Depuis début novembre, les transactions quotidiennes moyennes sur le CAC 40 ont été de quelque 3 milliards d’euros, selon Nyse Euronext (au 29 novembre). Cela représente un recul de 9 % par rapport au mois dernier et une chute de 33 % par rapport à août ! Seule la séance d’hier, marquée par une belle envolée des Bourses après l’action des banques centrales, s’est distinguée dans le marasme ambiant, les transactions étant relativement étoffées. La tendance au repli des échanges n’est pas que franco-française :« Sur les derniers jours, les transactions sur l’Euro Stoxx 50 n’ont pas dépassé les 7 milliards d’euros, contre plus de 10 milliards depuis le début de l’année », explique Stéphane Giordano, responsable des services d’exécution à la Société Générale. « Beaucoup d’intervenants sont sortis des actions en attendant d’y voir plus clair sur la situation des dettes souveraines en Europe, appuie Thomas Candillier, responsable de la vente actions en Europe chez JP Morgan. Les liquidités atteignent 5 % selon les derniers sondages de BofA Merrill Lynch auprès des professionnels de la gestion. Du jamais-vu depuis 2009. La faiblesse des volumes a été renforcée par la relative « désertion » des investisseurs américains. Qui « fait » donc le marché en ce moment ? Les acteurs habituels (gérants traditionnels, fonds alternatifs, compagnies d’assurances, etc.) mais aussi des transactions techniques, résultat des rachats de fonds, répond le spécialiste de JP Morgan.« Ces retraits diminuent d’autant l’activité dans le court terme. »Les fonds d’Europe de l’Ouest enregistrent, en effet, des flux nets négatifs cette année. Rien que, sur les trois premières semaines de novembre, les rachats ont atteint presque 3 milliards de dollars, d’après EPFR. « Il est rare de voir une telle atonie, conclut Thomas Candillier. L’activité risque d’être encore étroitement soumise à l’agenda politique. Il faudrait des décisions fortes pour revoir de la confiance. »
Commentaire : De plus en plus, les volumes attirent l’attention et entre dans une réflexion financière. Entrerions-nous, petit à petit, dans l’ère du bing bang Boursier ? Je le pense. Car à partir du moment où la prise de conscience des volumes sera réalisée, en tant que facteur de crédibilité des performances annoncées, il ne pourra plus être possible de continuer dans les travers actuels. Comment donner une crédibilité, hormis pour la très faible minorité qui acheté et/ou vendu en Bourse, à un cours boursier que l’on sait totalement fantaisiste ? Comment parler de prise de bénéfices ? Alors que cela ne veut strictement rien dire et que cette idiotie est basée sur un échange de quelques titres. Comment accepter des analyses réalisées à partir de ratios qui partent du principe que le cours de Bourse est réalisable par l’ensemble des porteurs de parts etc… Les théories financières et les « images » vont en prendre un coup. Comme il est dit en haut de la revue de presse : « Une erreur ne devient pas une vérité parce que tout le monde y croit. » Raymond Aron » Tôt ou tard, la vérité reprend ses droits. N’est-ce pas ce moment là que l’on appelle un Krach ? A quand le krach des fausses certitudes et des montages « intellectuels » arrangeants ?
Sur ce sujet : Article écrit en 2006 : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/et-si-levaluation-des-sicav-et-fcp-etait-fausse.php
Article écrit en 2007 : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/comparatif-de-performances.php
Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric, dans « La Tribune » du 30 novembre 2011
Article intitulé : Les entreprises ont besoin d’actionnaires de long terme
« Depuis plusieurs années, nous sommes quelques chefs d’entreprise à militer contre la dictature court-termiste des marchés financiers. Ce combat n’a jamais été autant d’actualité. Comme les clients, les collaborateurs, les fournisseurs, l’actionnaire est un partenaire vital pour l’entreprise. Il lui confie son épargne, il est en droit d’en attendre un retour sur investissement. Mais celui-ci ne peut pas se construire en un trimestre ou en un semestre. C’est à travers une vision de moyen et long terme que la relation entre l’entreprise et ses actionnaires doit se bâtir. Les entreprises ne doivent pas se laisser imposer la dictature court-termiste des marchés financiers, dont l’horizon n’est absolument pas celui des entreprises. Certes, les résultats semestriels sont de vrais rendez-vous avec les actionnaires, mais ils doivent être placés dans une perspective durable, car ils sont le fruit d’une stratégie mise en place sur plusieurs années. La définition de cette stratégie et la capacité de résister à la pression court-termiste des marchés financiers sont de la responsabilité des dirigeants d’entreprise. Ils doivent résister à la financiarisation de l’économie et à celle des entreprises devenues beaucoup trop importante. Ces entreprises ont besoin de l’épargne durable des actionnaires pour continuer à croître sur le long terme. Ce type d’actionnariat stable doit être favorisé, y compris au travers d’incitations fiscales. De même, si les entreprises ont besoin d’actionnaires de long terme, ceux-ci doivent être exigeants vis-à-vis des groupes dans lesquels ils investissent. Ils sont en droit d’attendre une vision stratégique claire, une transparence concernant les comptes de leur entreprise et la rémunération de leurs dirigeants. On ne peut pas faire de capitalisme sans capital et sans actionnaires stables. »
Commentaire : « Les entreprises ne doivent pas se laisser imposer la dictature court-termiste des marchés financiers, dont l’horizon n’est absolument pas celui des entreprises » En fait, les entreprises sont sous la dépendance d’une information qui relève de l’escroquerie. Comment imaginer que l’on puisse continuer à développer l’économie et nos entreprises alors qu’on l’on fait croire aux actionnaires que la valorisation comptable et/ou boursière est réelle et réalisable pour tous à tout instant alors qu’elle est fictive ? C’est bien parce que les autorités ont mis en place un système qui relève de l’escroquerie intellectuelle et financière que nos entreprises sont malades. Changeons les règles comptables et fiscales et quantité de problèmes seront résolus. Les hommes ne seront plus la variable d’ajustement de la réalisation d’objectifs comptables (à qui on n’impose pas d’être réalisables) qui, trop souvent, n’ont pour objet que d’assurer une chaîne de rémunération aux professions du chiffre, du contrôle, des normes etc... La devise pourrait être : « Fabriquons des chiffres, des règles comptables et de contrôle pour assurer nos commissions et notre emprise sur les entreprises ». Ce jeu est pour l’instant gagnant à tous les coups. En effet, lorsque les chiffres comptables se voient décrédibilisés par les crises qu’ils ont créées, les mêmes acteurs faisant partie du « gotha » et bien souvent des autorités de contrôle se voient chargé, à très grands frais, de réfléchir et de proposer de nouvelles normes pour que les catastrophes qu’ils ont créées ne se réalisent plus. Dans l’entreprise, il y a aura bientôt plus de conseillers, de contrôleurs de normes diverses et variées, d’intermédiaires comptables et autres professions de même acabit que d’éléments réellement producteurs. Il n’y a pas de dictature du court termisme. Il y a la fumisterie des normes comptables et financières.
IMMOBILIER
Dans « www.Boursorama.fr » du 30 novembre 2011
Article intitulé : France : à peine remis de la crise de 2008, le bâtiment voit rouge en 2012
« La crise des dettes publiques devrait faire basculer le secteur du bâtiment français dans le rouge en 2012, avec une perte de 35.000 emplois, alors qu'il commençait tout juste à se remettre cette année de la crise de 2008. "La crise des dettes publiques en zone euro et les politiques de réajustement budgétaire ont fracassé le mouvement de reprise économique qui a porté, et porte encore pour quelques mois, l'embellie quantitative de nos marchés", a déclaré le président de la FFB, Didier Ridoret, lors d'une conférence de presse. Il s'agit d'un retournement notable de tendance pour ce secteur qui va parvenir en 2011 à créer 9.000 emplois, dont 8.000 intérimaires. "Une digue va lâcher" en 2012 avec un scénario "proche de celui des années 1990, qui va durablement affecter l'appareil de production", a prévenu M. Ridoret. Le secteur devrait entrer en "récession" en 2012, avec une baisse de l'activité en volume de 1,9%, après avoir progressé de 1,2% en 2011, et chuté de 3,8% en 2010. La FFB craint aussi une chute des prix, alors que les coûts augmentent. »
Marc Gedoux, président de Pierre Etoile, dans « www.moniteur.fr » du 29 novembre 2011
Article intitulé : Suppression du Scellier : la chance des vrais promoteurs
« Et si la fin du Scellier, qui rompt avec près de 30 ans d'aides publiques à l'investissement locatif, remettait les choses à leur place ? Et si la disparition de l'aide était une chance pour les plus professionnels des promoteurs ? Et si cette évolution, qui rompt avec près de 30 ans d'aides publiques à l'investissement locatif, remettait les choses à leur place ? Il est clair que la fiscalité redressait de façon importante le rendement locatif - de l'ordre de 2% - sur la durée de la réduction d'impôt ou de l'amortissement, selon les époques et les formules. Le problème est que cet argument a fini par rendre les professionnels et les investisseurs moins exigeants sur l'essentiel, au point de conduire à des excès, ou en tout cas de rendre la production de logements moins qualitative intrinsèquement parlant. L'opération-vérité n'intervient d'ailleurs que lors de la sortie de la période de contrat fiscal. A quoi a-t-on souvent assisté ? On a vu des reventes qui révélaient des prix initiaux qui n'étaient pas en accord avec les qualités du bien, notamment en termes de localisation, et des espoirs de plus-values déçus. Les niveaux de loyer initiaux ayant servi de base au calcul de rendement ont été difficiles à tenir dès la première rotation de locataire, avec des difficultés à louer le logement. A la clef : une perte d'exploitation, généralement au bout de quelques années, ou en tout cas à la fin de la période fiscale. Le fard retiré, la construction locative va apparaître sous son vrai jour, et les promoteurs fiers de leur métier en sortiront grandis. Non, les promoteurs dignes de ce nom ne promettront pas des taux de rentabilité boostés, mais des taux rendant compte du potentiel réel du bien. Pour être clair, là où on annonçait du 3,5%, on présentera du 1,5 ou du 2%, hors plus-value de revente. Et alors? L'investissement immobilier restera compétitif et surtout un bien réel (par opposition aux placements mobiliers telles que les actions boursières ou l'assurance vie). L'euphorie de réduire ses impôts n'atténuera plus le manque de discernement de l'investisseur. »
Commentaire : « là où on annonçait du 3,5%, on présentera du 1,5 ou du 2%, hors plus-value de revente » = baisse comprise entre 45 et 50% des loyers (rentabilité). Concernant la plus-value, il ne faut pas oublier qu’elle est grevée des frais de maintien en l’état, qu’elle est dépendante du pouvoir d’achat au moment de la revente, du « flux » de ventes en sortie de défiscalisation, de la démographie du moment etc…Pour ma part, je pense qu’une baisse des prix très significative à échéance 2014 est très probable…et souhaitable.
Blandine Hénault dans « La Tribune » du 29 novembre 2011
Article intitulé : Les volumes de transactions en nette baisse à la Bourse de Paris
« Le rebond des places boursières lundi aura été soudain et brutal, à l'image de l'envolée de 5,46 % du CAC 40. Toutefois, ce regain d'optimisme ne s'est pas accompagné d'un réel retour des investisseurs vers les actions. En témoigne le volume d'affaires sur l'indice parisien : les transactions ont certes progressé par rapport aux dernières séances mais sont restées somme toute limitées à 3 milliards d'euros. « Le rebond de lundi est essentiellement technique, les volumes ne traduisant pas d'engouement global ni de baisse de l'aversion pour le risque », analyse Alexandre Baradez, analyste marchés chez Saxo Banque. À l'exception de la première semaine, les montants des opérations réalisées sur le CAC 40 ont eu du mal à dépasser les 2,5 milliards d'euros. Sur le même mois, le nombre d'actions échangées n'atteint en moyenne que 167,14 millions par jour. On est bien loin des niveaux atteints en août, en pleine période estivale. Les volumes d'affaires s'étaient alors élevés jusqu'à 8 milliards d'euros avec une moyenne sur le mois de 211 millions d'actions échangées quotidiennement. « Ces volumes faibles témoignent de la fébrilité ambiante. En novembre, les grands investisseurs institutionnels se sont tenus éloignés des marchés d'actions pour se positionner de préférence sur le monétaire ou sur du court terme sans grande rémunération dans l'attente d'une stabilisation sur les marchés », explique Alexandre Baradez. »
Commentaire : Pas de volume, pas de crédibilité des performances annoncées. Quelle est la formation politique qui va innover en utilisant le système de cotation actuel. Non pour lancer un emprunt, mais pour développer un fonds de stabilisation boursier qui permettrait à l’Etat, en relançant la confiance et la croissance, de trouver des ressources sans devoir emprunter. Voir en fin de document « Objectif 2016 ».
Dans « www.boursorama.fr » du 28 novembre 2011
Article intitulé : Crise : les marchés euphoriques malgré de sombres perspectives
« L'aggravation de la crise de la zone euro pourrait avoir des conséquences "dévastatrices" pour l'économie mondiale, a averti lundi l'OCDE, sans doucher les espoirs des marchés soudain euphoriques, sur fond de tractations franco-allemandes sur la gouvernance européenne. L'Organisation de coopération et de développement économiques a publié des prévisions drastiquement révisées à la baisse. La zone euro est, selon elle, déjà entrée dans une "légère récession", qui concerne particulièrement ses trois premières économies (Allemagne, France et Italie), et sa croissance devrait quasiment stagner l'an prochain. Surtout, une dégradation de la situation est probable et aurait un résultat "très dévastateur", plongeant aussi dans la récession les Etats-Unis et le Japon, estime le club des pays riches. Pas de quoi rassurer le président américain Barack Obama, qui devait recevoir dans la journée les dirigeants de l'Union européenne Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso pour un sommet largement consacré à la crise de la dette. L'OCDE s'invite aussi dans le débat européen en appelant la Banque centrale européenne (BCE) à "agir maintenant" pour endiguer la propagation de la crise -- alors que Berlin refuse une telle solution, au grand dam de la France. L'agence de notation Moody's a aussi prévenu qu'une aggravation rapide de la crise menacerait les notes de tous les pays européens, même les plus solides. Malgré ces mauvaises nouvelles et ces avertissements, les places financières européennes étaient en nette hausse à la mi-journée, portées par l'espoir d'une aide internationale imminente à l'Italie, pourtant démentie. »
Commentaire : Imaginez ce que donneront les marchés lorsque la solution sera trouvée et que la masse énorme de capitaux qui a été « déversée » par les Etats se retrouvera en Bourse.
Dans « Boursorama » du 26 novembre 2011
Article intitulé : La Bourse de Paris découragée s'attend à des jours difficiles :
« La Bourse de Paris, qui a perdu un quart de sa valeur depuis janvier, s'affiche de plus en plus découragée par l'aggravation de la crise de la dette et l'impuissance des responsables politiques de la zone euro, et s'attend à de nouvelles séances difficiles. D'un vendredi à l'autre, l'indice vedette parisien qui avait déjà perdu près de 5% la semaine dernière, a encore chuté de 4,67% à 2.856,97 points. Ses pertes depuis le début de l'année s'élèvent à 24,91%. "Or, le temps des marchés n'est pas celui de la politique", souligne M. Buzaré. »
Commentaire : Pour rappel, la Bourse n’est pas la Bourse de la valeur, elle est la Bourse des valeurs. La Bourse est le marché où se retrouvent les personnes qui ont absolument besoin de vendre pour avoir du cash ou celles qui veulent spéculer. A aucun moment, la Bourse n’a eu comme rôle de fixer la valorisation d’une société. C’est parce qu’à la libéralisation des marchés, il a été commis des erreurs et des manquements très importants que l’on a fait jouer ce rôle de valorisation à la Bourse. Est-ce parce que les spéculateurs sur « quelques titres » ont décidé de vendre que l’on doit détruire la valeur des entreprises qui, elles, produisent et vendent ?
Pour rappel :
Henri de Castries, patron de l’assureur AXA, dans "Le Nouvel Observateur" du 22 janvier 2010 en page 52 :
" C’est la régulation qui a conduit à cette situation. L’une des erreurs a été de penser que la stabilité du système serait atteinte par l’uniformité des règles, qu’elles soient comptables ou prudentielles. Cela a, au contraire créé un système moutonnier, instable. On ne peut demander à un marchand de fleurs et à un pépiniériste de valoriser leurs stocks de la même manière, c’est-à-dire tous les jours. Pour le producteur de fleurs, il s’agit d’un système comptable approprié. Mais le pépiniériste ne va pas sortir les plantes de terre tous les jours pour savoir combien il peut les vendre ! Demander aux assureurs de se comporter comme s’ils devaient tout vendre demain matin les empêche d’acheter des actions quand les marchés sont bas, et limiter ainsi l’effondrement, tout en créant de la valeur pour leurs assurés. Ce n’est pas un hasard si les grandes sociétés d’assurance européennes, qui avaient 30% d’actions dans leur bilan en 2000, et 15% en 2007, en ont moins de 5% aujourd’hui… »
Philippe Leroy, PDG de Détroyat Associé, dans « La Tribune » du 5 janvier 2010 en page 12 :
« Dans l’application des normes IFRS, les comptables doivent enregistrer des opérations de valorisations ou de dévalorisations d’actifs. Les valeurs sont déterminées par une approche financière qui, par nature, s’intéresse aux flux futurs et dont la matière première est le risque qui leur est associé, le gain ou la perte potentiels que cela représente. Autant de lots, de concepts et de pratique qui sont à l’opposé de la démarche comptable. D’une certaine façon, les financiers n’ont plus voulu faire leur métier, qui est d’évaluer les sociétés, et ils ont cherché à faite endosser la responsabilité de se prononcer sur la valeur des biens sur d’autres épaules que les leurs. Symétriquement, les comptables ont fait une ingérence dans la finance pour faire des évaluations d’actifs à la place des financiers. Le paradoxe de cette construction est que par besoin de se protéger (aussi), les comptables font alors signer toutes sortes de décharges aux dirigeants de l’entreprise qu’ils sont censés contrôler. C’est un exercice circulaire dont on a du mal à percevoir qui porte la responsabilité et où la zone grise procure, de bonne foi, aux sociétés des marges d’interprétation tout en donnant l’impression de respecter des règles très strictes. »
Muriel Motte dans « Les Echos » du 25 novembre 2011
Article intitulé : Tous, sauf l’Allemagne
« Selon Andrew Balls, les investisseurs fuient tous les pays de la zone euro sauf l’Allemagne (« Everyone Except Germany »). Ce qui fut démenti mercredi par l’émission plus que laborieuse d’obligations d’Etat à 10 ans lancée par Francfort. La vertu et l’intransigeance seules ne paient plus, notre voisin et ses marchés ne sont plus un havre de paix. L’équipe de DPA Invest, qui s’appuie sur une analyse poussée de la prime de risque, souligne à quel point, à son prix d’achat actuel, un Bund à 10 ans offre un rendement inférieur à ce que l’on peut espérer du marché monétaire au cours des dix prochaines années. »
Gilles Coville dans « Les Echos » du 24 novembre 2011
Article intitulé : Une défiance durable
« L’actualité des Bourses n’est pas tant l’érosion continue des indices que la faiblesse des volumes qui s’y échangent. La dernière séance du CAC 40 qui ait dépassé les 3 milliards d’euros de transactions remonte au 9 novembre. La moyenne mobile des volumes sur quinze jours, aujourd’hui de 2,8 milliards, ne cesse de baisser depuis plusieurs mois. Il se traite sur l’indice parisien 40 % de capitaux de moins qu’en août, et ce pour une valorisation voisine. Le recul est du même ordre (45 %) sur le S&P 500 américain qui n’a pas, quant à lui, connu une aussi forte chute. Le phénomène est d’autant plus intriguant qu’il s’accompagne d’un maintien à un niveau assez élevé de la volatilité des cours. Selon Yves Maillot, directeur des gestions actions chez Robeco, le marché est en ce moment déserté par les actionnaires de moyen et long terme, et pour l’essentiel réservé aux ordinateurs nourris d’algorithmes de trading ou aux opérations de couverture. « Face à la volatilité durable les investisseurs, institutionnels en tête, sont en train de développer une perception structurelle des risques portés par les actions, ajoute-t-il.Ce qui les incite à bâtir des protections de long terme contre les excès à venir. » En temps normal, un tel rejet unanime du risque serait un puissant signal pour les amateurs d’achats à bon compte. Mais le temps ne colle plus vraiment à la normalité. »
Commentaire : « 40 % de capitaux de moins qu’en août, et ce pour une valorisation voisine. Le recul est du même ordre (45 %) ». De nouveau, nous avons un exemple des limites (de la stupidité) du système de cotation actuel. « Le marché est en ce moment déserté par les actionnaires de moyen et long terme, et pour l’essentiel réservé aux ordinateurs nourris d’algorithmes de trading ou aux opérations de couverture ». C’est bien le système de cotation boursier actuel qui en faussant volontairement, via le système comptable, les valorisations boursières (qui servent à percevoir des commissions et honoraires divers qui relèvent de l’abus de confiance, de l’escroquerie voire du vol des porteurs de parts) rend possible cette volatilité impérative pour les produits dérivés qui déstabilisent au plus haut point les Etats. Déstabilisation des Etats sous l’autorité et le contrôle de ses propres fonctionnaires. Cherchez l’erreur !
Pour rappel :Benjamin Jullien dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :
Article intitulé : Les professionnels ne veulent pas de normes trop strictes
« L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC », mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes » indique Benoît de Juvigny, secrétaire général adjoint en charge de la direction des émetteurs de l’AMF. » Le titre de cet article est « Les professionnels ne veulent pas de normes trop strictes » En fait, les professionnels veulent des normes justes honnêtes et non des normes injustes et malhonnêtes. Les propos tenus par Monsieur de Juvigny n’engagent que l’AMF. Cela dit, il est clair que la terreur règne auprès des professionnels puisque l’AMF utilise des techniques utilisées en d’autre temps pour abattre toute « dissidence ». Comme elle le déclare, « S’en prendre à la réputation et au portefeuille ». Toute proportion gardée (quoique le financiarisation soit responsable de dizaines de millions de morts par an), hier l’étoile de David, aujourd’hui internet. « Collabos financières » ou « résistance financière » basée sur l’indignation ? Qu’en penserait Stéphane Hessel ? Qu’en pensez-vous ? Quelle vie future pour vos enfants ?
Sur ce thème : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/cotation-boursiere-ou-socio-economique.php
Gilles Coville dans « Les Echos » du 22 novembre 2011
Article intitulé : Risque d’apesanteur
« Selon Bloomberg, les membres de l’indice Stoxx Europe 600 verraient leurs profits 2012 croître de 10,5 % sur cette année, qui elle-même se terminera par un progrès de 11 % sur 2010. Ce serait la quatrième hausse annuelle d’affilée d’au moins 10 %. Cette continuité tiendrait au fait que 54 % des ventes des sociétés concernées s’effectuent déjà avec des clients situés hors d’Europe. Certes, les entreprises sont entrées dans cette nouvelle tempête en meilleure santé qu’il y a trois ans : en témoignent leurs défauts de paiement de plus en plus rares au moment même où les Etats souverains sont soupçonnés de pouvoir faire faillite. Des déceptions sur les bénéfices à venir sont malgré tout probables, sinon certaines. Christian Rabeau, directeur de la gestion chez AXA IM, en pointe trois sources. Les marges sont à un niveau historiquement élevé, donc davantage sujettes à l’érosion qu’à l’amélioration. Les années où la macroéconomie est en berne sont aussi propices à la publication par les sociétés de comptes sans concession. Enfin, les entreprises, instruites par l’expérience de 2008, adoptent des comportements de prudence, voire de rétention de trésorerie, qui alimentent la tendance récessive et pèseront sur leurs résultats. Depuis quatre mois les marchés actions ont encaissé de terrifiantes nouvelles en provenance du monde politique. Il en ressort l’idée qu’ils sont aujourd’hui bon marché. Il reste à vérifier que de banales mauvaises surprises venant des entreprises ne torpillent pas cette dernière conviction. »
Mathias Thépot dans « La Tribune » du 18 novembre 2011
Article intitulé : Le gotha français de la finance prône une réorientation de l'épargne
« Nous n'aurons pas de reprise économique si les banques ne sont pas prêteuses ». Pour Jacques de Larosière, président d'Eurofi, « Think Tank » dédié aux services financiers, l'heure est effectivement grave. Les ténors de la place parisienne préconisent l'utilisation de la masse d'épargne totale en France (évaluée à 3.700 milliards d'euros) pour accompagner les entreprises et les collectivités locales dans leur projet. Pour cela, « il faut que les investisseurs aient intérêt à investir sur le long terme », estime Claude Bébéar, président de l'Institut Montaigne. Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, préconise pour sa part « un effet fiscal en allégeant la fiscalité de long terme par rapport à la fiscalité de court terme ». L'État doit « garantir la stabilité fiscale sur la durée », ajoute Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances. En outre, le secteur financier pointe du doigt l'inadaptation des nouveaux dispositifs prudentiels, en particulier Bâle III pour les banques. « Il est indispensable de revisiter le contenu de ces normes », indique Gérard de la Martinière. Les futurs ratios de liquidités adossent en effet la durée des actifs d'une banque à la durée de ses passifs. Problème : la conjoncture économique n'incite pas à l'épargne de long terme. Difficile du coup, pour les banques, de financer des projets de longue durée. Pour Claude Bébéar, le mal réside surtout dans la spéculation de court terme qui aspire les liquidités. « Nous déplorons les effets des causes que nous avons vénéré », indique-t-il. Ajouté à cela, la nouvelle mode d'évaluation des actifs en valeur de marché n'est pas plus engageante. « C'est une monstruosité de penser que la valeur en Bourse d'une entreprise est égale à la valeur de ses actifs », déplore Claude Bébéar. Même son de cloche pour Michel Pébereau : « On ne peut pas demander aux entrepreneurs de penser long terme quand ils doivent se préoccuper de la valeur de marché au jour le jour de leurs actifs ». »
Commentaire : Petit à petit, on y vient à la fumisterie des cotations boursières. La deuxième étape sera la mise en cause de la réalité des différents honoraires et commissions prélevés sur les valorisations fictives issues de la fumisterie des cotations boursières. Ensuite arriveront les procès pour abus de confiance et escroquerie de la part des associations de consommateurs. Procès gagnés d’avance tant cela est évident (et impossible à étouffer). Reste à savoir qui payera ? Les autorités qui étaient censées protéger les épargnants, les commissaires aux comptes qui ont certifié n’importe quoi ou les intermédiaires financiers au titre de leur devoir de conseil et d’information ? Il est grand temps que les CGP, CIF, courtiers…se détachent de l’environnement actuel en prônant une information socialement responsable et une information juridique adaptée aux failles de la situation actuelle. Faute de quoi, ils subiront les attaques « à la réputation et au portefeuille » que lanceront, tôt ou tard, les instances de régulation et de supervision pour se dégager de leur propre responsabilité. Souvenez-vous, même le Conseil d’Etat est le service après-vente de la commission des sanctions AMF (dixit les propos de Madame Nocquet responsable de la commission des sanctions et ex-de la Cour de cassation. Cour de cassation dont le président avait avoué, avant son départ, qu’elle n’était pas indépendante des politiques. Combien d’innocents condamnés au titre de la « politique » ? Justice ou juridique politique ?). En clair, combat perdu d’avance…sauf à avoir les reins suffisamment solides pour aller en Cour Européenne et faire confiance en cette dernière, ou, autre solution, d’avoir fait preuve d’une action pro-active afin d’éviter toute mise en cause.
Fabio Marketty dans « La Tribune » du 17 novembre 2011
Article intitulé : Liquidités abondantes cherchent placements rémunérateurs
« Jamais les liquidités disponibles sur les marchés financiers n'ont été aussi élevées qu'aujourd'hui. Selon le cabinet Boston Consulting Group (BCG), les encours monétaires pour les fonds domiciliés en Europe frôlaient les 1.200 milliards d'euros à fin août 2011, à 1.112 milliards d'euros exactement. Un montant historique presque trois fois plus élevé que les 407 milliards d'euros recensés en 2000. Outre-Atlantique, la configuration est différente : le dernier pic remonte à 2008 avec une somme d'encours monétaires qui avait atteint 2.818 milliards d'euros à l'époque pour redescendre jusqu'à 1.933 milliards d'euros en septembre dernier. « Les détenteurs de cash ont préféré reporter leurs actifs monétaires sur des comptes à termes, les fonds monétaires apparaissant comme risqués du fait de la crise bancaire en Europe », commente Hélène Donnadieu, directrice de projets chez BCG. D'ailleurs, la spécialiste souligne que les volumes monétaires américains disponibles, incluant l'argent en circulation, les comptes bancaires courants, les comptes à terme et les fonds monétaires, ont grimpé d'environ 2.350 milliards d'euros depuis début 2007, pour atteindre 7.716 milliards d'euros en octobre. Cette abondance de capitaux immobilisés est d'autant plus étonnante que le loyer de l'argent évolue à des planchers historiques de part et d'autre de l'Atlantique. D'après Franck Nicolas, directeur de l'allocation d'actifs chez Natixis Asset Management, elle provient «à la fois des entreprises, dont les bilans regorgent de trésorerie, mais qui hésitent encore à se relancer dans des investissements par manque de visibilité, des banques centrales ayant créé des liquidités mais les ayant instantanément investies dans leurs propres obligations longues pour aplatir les courbes de taux, et des acteurs soumis à des contraintes réglementaires comme les banques, les assurances et les fonds de pension qui doivent dégager de la liquidité pour renforcer leur solvabilité». Reste que pour l'heure, une fois retraités de l'inflation et des frais de gestion, les taux de rendements réels sont désormais négatifs sur le compartiment monétaire. »
Commentaire : En avant pour le cycle surchauffe 2012/2016…sauf si les politiques continuent sur la voie de l’autodestruction.
Dans « Les Echos » du 16 novembre 2011
Article intitulé : Les marchés de dérivés dépassent le seuil des 700.000 milliards de dollars
« Les marchés de dérivés échangés de gré à gré ont repris du terrain au premier semestre, d’après un rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI) dévoilé hier soir. La valeur nominale de l’ensemble des transactions effectuées sur ces marchés, encore largement non régulés, s’élevait à plus de 707.000 milliards de dollars sur l’intervalle janvier-juin 2011, soit 18 % de plus qu’au second semestre 2010. Au premier semestre 2008, soit quelques mois avant la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers, le poids des marchés de dérivés échangés de gré à gré s’établissait à quelque 684.000 milliards de dollars, selon les archives de la BRI. L’ensemble des segments des marchés de dérivés ont augmenté. Celui des dérivés de taux d’intérêt, qui représente plus de 7 opérations sur 10, a crû en six mois de 19 %, à près de 554.000 milliards de dollars. Celui des dérivés d’actions a progressé au même rythme (+ 21 %), pour s’établir à 6.841 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année. Les « credit default swaps » (CDS), signés et/ou encore ouverts sur la période, ont vu leur valeur notionnelle augmenter d’environ 8 %, à 32.409 milliards de dollars. La valeur nominale des contrats de change a augmenté de 12 %, à quelque 65.000 milliards de dollars. »
Commentaire : Et si tous ces milliards étaient les milliards détournés de l’économie réelle ? L’économie réelle, n’est-ce pas celle qui permet aux Etres humains de vivre ? « Les profits d’aujourd’hui ne font plus les investissements de demain et les emplois d’après-demain », lu dans « Marianne » numéro du 12 au 18 novembre 2011.
REVUE DE PRESSE DU 15 NOVEMBRE 2011
CAC 40 du 14 novembre 2011:
-1,28% ou -0,0076% voir site : www.agencedecotationisr.com
ECONOMIE
De « Olivier Berruyer » source « Youphil » du 15 novembre 2011
Article intitulé : L'austérité ne marchera pas, par Joseph Stiglitz
« En 2007, l’économie avait une maladie qui a été masquée par la bulle immobilière qui a permis aux gens de consommer au-delà de leurs moyens. Si on n’avait pas eu cette bulle, on aurait eu un déficit en demande agrégée et l’économie aurait été faible. Revenir à un système bancaire réparé nous laisse donc quand même avec les problèmes d’une économie faible. Renflouer les banques était nécessaire, mais pas suffisant. Et c’est là que le gouvernement d’Obama et ceux qui étaient proches du système bancaire se sont trompés. Les banques se sont très mal comportées et elles ont aggravé la crise. En passant beaucoup de temps à s’occuper des banques, on en a oublié les problèmes de fonds.
Ceux qui ont causé la bulle. Il faut comprendre pourquoi nous avons eu besoin de diminuer les taux d’intérêts à ce point. C’est dû, entre autres, à la compétition avec les marchés émergents, la productivité croissante dans l’industrie qui se serait traduite par plus de chômage, le système monétaire international qui a amené les pays à épargner de plus en plus, les prix élevés de l’énergie qui transfèrent l’argent aux pays producteurs de pétrole. Voici certaines de ces causes auxquelles nous n’avons pas fait face. Vous parlez souvent de fétichisme du déficit. Qu’est-ce donc? C’est cette idée que la plus importante chose que nous devons faire est de se débarrasser du déficit et que, si nous ne faisons que cela, l’économie sera saine. C’est évidemment incorrect. En ce moment, diminuer le déficit affaiblira l’économie. L’austérité n’est pas la solution ; cela aggravera nos problèmes. Vraiment, ce que nous devons faire est trouver comment remettre les Etats-Unis au travail. Or cela requerra plus de dépenses et une augmentation du déficit. Cela demandera des dépenses publiques. Pour le moment, nous sommes en train de couper les dépenses publiques aux Etats-Unis. Ce faisant, le gouvernement est en fait en train de contribuer au problème du chômage plutôt que de compenser les faiblesses du secteur privé. Nous avons besoin d’énormes efforts d’investissements en infrastructure, en technologie et en éducation. Il faut donc un programme d’investissement créateur d’emplois, qui aide l’économie à restructurer sa dépendance par rapport aux secteurs qui doivent être affaiblis (l’immobilier, l’industrie, la finance) et à aller vers des secteurs qui doivent être intensifiés (les services, la santé, l’éducation) Que peut-on faire par rapport à la crise de l’euro? Une partie de la réponse repose sur la solidarité européenne et l’engagement à aider les pays en difficulté. Cela peut prendre différentes formes: une euro-obligation, un cadre physique commun avec des taxes communes pour soutenir l’activité économique européenne, une stratégie de croissance, reconnaître que la Grèce ne résoudra pas ses problèmes par l’austérité et qu’elle doit se concentrer sur la croissance. Il y a beaucoup de possibilités, mais ce qui ne marchera pas c’est l’austérité. Qu’en est-il du problème de l’inégalité croissante? Sur le court terme, il faut renforcer la taxation progressive, les filets de sécurité et la protection sociale. Sur le long terme, le plus important est de s’assurer que tout le monde ait accès à l’éducation qu’il mérite. Penser aussi à la manière dont les politiques industrielles peuvent augmenter la demande de main d’oeuvre au bas de l’échelle. Jusqu’à présent, le secteur privé a mis l’accent sur des innovations qui créent du chômage, au lieu d’innovations qui protègent notre environnement par exemple. Si on rééquilibre ces innovations, notre économie sera plus saine. Une de mes inquiétudes est que les taux d’intérêts de plus en plus bas encouragent les entreprises à choisir des robots qui remplaceront la main d’œuvre. Nous sommes en fait en train de créer les fondements d’une économie sans emploi. Vous étiez à Occupy Wall Street le 2 octobre. Qu’en pensez-vous? J’étais un peu surpris que ça ait mis autant de temps à se faire! C’est tout à fait compréhensible que les Américains soient furieux. On leur a dit: “si on donne 800 millions de dollars aux banques, elle recouvreront leur santé. Ne mettons pas de contraintes et les prêts seront restaurés et l’économie se rétablira.” Et c’était faux. A la place, on a vu le gouvernement donner de l’argent aux banques, les banques donner de l’argent à leurs cadres, payer les dividendes et les gros bonus. Les banques se sont rétablies mais les prêts aux petites et moyennes entreprises n’ont pas été rétablis. L’Américain moyen souffre, les banques continuent de l’expulser de chez lui, les saisies continuent avec la même violence, les abus des banques sous la forme de prêts prédateurs ou de cartes de crédits aussi, alors même que ce sont les contribuables américains qui ont renfloué les banques. »
Marions Leblanc-Wohrer dans « L’Agefi Hebdo » du 3 au 9 novembre 2011
Article intitulé : Occasion manquée pour la MIF
« En mettant fin au monopole des marchés réglementés, la première directive, dite MIF I, avait littéralement ouvert la boîte de pandore. Car les évolutions technologiques accélérées dans la négociation des ordres, et surtout la capacité d’adaptation des opérateurs qui ont profité des zones d’ombre de la législation pour se développer en dehors de toute contrainte réglementaire, ont conduit à une profonde fragmentation et désorganisation des marchés avec l’émergence de puissants acteurs. La tâche de remettre les marchés en ordre, de réintroduire de la transparence et de réduire les coûts était titanesque, un combat dans lequel la Commission s’est retrouvée bien isolée face à d’innombrables lobbies. »
Commentaire : Comment une Commission qui a tous les pouvoirs peut elle se dire « isolée face à d’innombrables lobbies » ? Qui mène la danse ? Les Etats, les Institutions internationales ou les lobbies ? Qui met en place les politiques d’austérités, les Etats, les Institutions internationales ou les lobbies ? Si les Etats ne sont plus les représentants des Peuples que pour pratiquer l’austérité en pleine pauvreté, alors les Peuples se doivent de reprendre leur destinée en mains. Les politiques trahissent la Charte de l’Atlantique, non par des décisions politiques, mais pire, par des vilénies personnelles et/ou financières. Et nous, désirons-nous y participer ? Fermerons-nous les yeux ou serons-nous dignes de la liberté qu’on nous a léguée ? Regardons et maîtrisons l’utilisation de nos fonds afin de ne pas participer à cette financiarisation destructrice. Refusons de travailler avec les produits dérivés spéculatifs. Refusons de parler de performances illiquides. Refusons la spéculation sur les matières premières. Refusons la « normalisation » de règles stupides. Les normes ne sont plus là pour organiser, elles sont devenues un exutoire de responsabilité. Refusons l’économie virtuelle car il est grand temps de revenir à la Volonté de bien faire sans nuire à autrui. En un mot, travaillons avec et pour l’Humanité. Si nous fermons les yeux sur les causes de la pauvreté actuelle, nous lèguerons cette dernière à nos enfants et à nos petits-enfants. La financiarisation ne vit et ne prospère que sur la pauvreté. C’est pour cela qu’elle n’a pas d’Avenir. Souvenons-nous : « Sachons dire non pour être digne de votre liberté. Ne jamais accepter de devenir, petit à petit, de façon insidieuse le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable. »
Muriel Motte dans « Les Echos » du 10 novembre 2011
Article intitulé : La quadrature du cercle
« Les gérants actions l’admettent bien volontiers : leur métier est devenu infernal. Eux qui avaient l’habitude de vendre à leurs clients des histoires industrielles sur la durée voient leurs objectifs boursiers réalisés en trois séances. Et défaits plus vite encore. Face à la volatilité croissante et à l’absence de corrélation entre le cours et les fondamentaux des sociétés, Nicolas Schimel, PDG de l’Union Financière de France s’inquiète d’« un appétit décroissant pour les actions ». Nelly Davies chez Tocqueville Finance parle d’« une forme de capitulation de la clientèle » devant la promesse non tenue de la Bourse, censée être le placement le plus rentable à long terme. Chez Mandarine Gestion enfin on rappelle que les équipes« ne sont pas des traders ». Et que ce que la société sait faire« c’est appliquer nos processus de gestion qui ont fait leurs preuves dans le temps ». Ne pas dévier de sa ligne de conduite lorsque les cours (et les performances) surréagissent aux nouvelles, tel est le grand défi. Tous les gérants bataillent contre un marché qui valorise moins cher qu’il y a vingt ans des entreprises européennes dont le bénéfice par action a pourtant plus que doublé sur la période ! Contre vents et marées les gérants vantent la qualité des bilans des entreprises, leurs marges record et les 300 milliards d’euros de flux de trésorerie générés cette année en Europe. Ils soulignent les excès de la Bourse, qui a ramené – par exemple – le cours de Lafarge en dessous de son niveau de 1991 en dépit du quintuplement de l’excédent brut d’exploitation d’un groupe aujourd’hui présent dans 82 pays. »
Commentaire : Nous sommes bien dans une crise politique qui, pour l’instant, n’avait rien d’économique et de financier. J’écris bien « pour l’instant » car nos politiques sont en train de perdre totalement pied dans leurs contradictions et leurs tergiversations.
Dans « Boursorama » source AFP du 29 octobre 2011
Article intitulé : EDF demande à l'AMF d'enquêter sur la baisse de son cours de Bourse :
« Le groupe EDF a demandé au gendarme de la Bourse AMF d'ouvrir une enquête sur la forte baisse de son titre vendredi après-midi, après un article de presse évoquant un accord pré-electoral entre socialistes et écologistes pour fermer des centrales nucléaires. Une porte-parole du groupe a déclaré à l'AFP qu'EDF avait demandé une enquête sur une éventuelle "manipulation de cours". Le titre du groupe a terminé en baisse de 5,52% à 22,26 euros dans un marché en recul de 0,59%. L'action d'EDF a chuté vendredi après la publication d'un article du Monde affirmant que le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts sont parvenus à un accord de principe pour fermer plusieurs centrales en cas de victoire en 2012. »
Commentaire : Comment, dans une Bourse libérée en terme de volatilité du fait d’un système de cotation aléatoire, éviter ce type de situation ? Non seulement, le système de cotation et de calcul des variations sert à pratiquer de l’abus de confiance (performances irréalisables) et de l’escroquerie (montants prélevés sur ces performances irréalisables) mais en plus il peut mettre à mal une société sur une simple information. Un confrère vient de se faire sanctionner pour avoir provoqué, légalement, une forte variation de cours. Les autorités censées juger notre profession ne maîtrisent plus les conséquences de leurs erreurs et de leur système de castes. Comme il faut un coupable aux manquements, imprécisions et autres erreurs, ce sont les professionnels qui doivent payer. Pendant combien de temps les professionnels vont-ils accepter ce comportement indigne ? Pendant combien de temps vont-ils résister à l’appel de places européennes plus responsables et moins sujettes aux comportements approximatifs voire litigieux des instances dites « autorités » ? Rendons à Monsieur Jouyet, président de l’AMF, l’honnêteté de ses propos sur ces réalités concernant l’autorité qu’il dirige encore pour quelques mois. Cela dit, cela n’empêche pas l’AMF de nuire volontairement à la réputation des professionnels en utilisant internet. « S’en prendre à la réputation et au portefeuille » comme elle le déclare. En d’autre temps un signe distinctif sur les habits pour « s’en prendre à la réputation et au portefeuille », aujourd’hui internet et des déclarations basées sur la malhonnêteté. Les marchés sont malades des décisions prises en amont de la gestion. Les gestionnaires ne peuvent que subir les fruits des erreurs des instances qui se disent « autorité ». Sur le fait que l’AMF couvre l’abus de confiance, l’escroquerie voire le vol des porteurs de parts Monsieur Jouyet n’a toujours pas répondu à mes courriers.
Dans « La tribune » du 2 mars 2011 :"Les marchés actions ne financent plus l'économie. Ils sont, comme l'admet un banquier, faits pour permettre aux professionnels d'arbitrer les amateurs" (Le Figaro, 11-10-2010), sans que les régulateurs n'y puissent rien. Devant la Commission d'enquête parlementaire sur la spéculation, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, l'a admis : "nous ne sommes plus à même de remplir notre tâche fondamentale de surveillance des marchés financiers."
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, propos recueillis par Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » daté du 15 octobre 2010:
« En règle générale, nous sommes toujours, nous les régulateurs, en retard d’un combat par rapport à l’innovation. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul individu qui sache vraiment comment fonctionne le système financier ! Toutes les activités de marché – celles qui sont utiles à l’économie réelle et celles qui le sont moins…. ».
Jean-Pierre Jouyet dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 : On ne sait pas qui achète quoi, ni à quel prix
« Nous n’avons pas eu une approche assez politique au moment de négocier la directive MIF (Marché d’instruments financiers, qui a ouvert à la concurrence les marchés boursiers en Europe). On ne s’est pas posé les bonnes questions : de quels marchés voulons-nous ? Comment faire pour qu’ils financent au mieux l’économie ? Ce texte a gravement accentué le désordre des marchés boursiers et conduit à une fragmentation et à une plus grande opacité des transactions. Nous avons, c’est vrai, un train de retard sur les technologies financières.»
Joseph Stiglitz dans « Les Echos » du 28 juin 2010 en page 13 : Peut-on faire confiance d'ailleurs aux autorités de régulation ? Sans ambiguïté : non ! Les lobbies du secteur financier ont oeuvré avec force afin de s'assurer que les détails des nouvelles régulations fonctionnent dans le sens des intérêts de leurs employeurs.
Franck Nouchi dans « Le Monde » du 19 mai 2010 en page 26 : M. Jouyet eut cette phrase un rien vertigineuse : "Pour fermer un marché, il faut déjà le connaître, savoir où il est. Il faudrait déjà qu'il y ait un marché." Comme il fallait bien mettre un peu de cohérence dans cet océan d'incertitudes, il ajouta : "Avant de suspendre des marchés, il faudrait d'abord les organiser." »
Noël Amenc, commission scientifique de l’AMF, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 : Les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 27 octobre 2011
Article intitulé : Ces fonds qui regrettent... d'avoir trop d'argent à investir !
« Plus de 200 milliards de dollars doivent impérativement être investis d'ici fin 2013. Avoir beaucoup d'argent n'est pas forcément un avantage. Aussi scandaleuse soit-elle en ces temps de difficultés économiques, cette affirmation n'en est pas moins vraie pour les fonds de private equity. Le cabinet Preqin estime à 937 milliards de dollars les capitaux levés mais non encore investis (« dry powder ») par ces fonds, à l'échelle mondiale. Or, sur cette somme, pas moins de 204 milliards doivent être investis d'ici deux ans au plus tard. Pour la bonne raison que ces 204 milliards ont été levés en 2008, et que les fonds disposent de cinq ans au maximum pour investir l'argent confié par leurs actionnaires et le leur retourner avec une sympathique plus-value. Pourquoi les fonds de capital-investissement se retrouvent-ils avec tant d'argent sur les bras ? D'abord, les années 2006 à 2008 avaient été excellentes sur le front des levées de fonds, avant que la faillite de Lehman, en septembre 2008, ne bouleverse la donne. Au cours de la seule année 2008, les fonds de private equity avaient levé le montant record de 679 milliards de dollars. Mais ensuite, la crise financière déclenchée par la faillite de Lehman avait privé les fonds des crédits bancaires nécessaires au financement de leurs LBO (« Leveraged buy-out » pour acquisition utilisant l'effet de levier de l'endettement). Enfin, la récession économique de 2009 avait conduit les fonds à attendre des jours meilleurs pour procéder à des deals. Conséquence, les capitaux engagés (investis) par les fonds de LBO étaient tombés à 107 milliards de dollars en 2009, leur plus bas niveau en quatre ans. »
Commentaire : Qui a dit que la Bourse ne connaîtrait plus les fortes hausses du passé ?
Muriel Motte dans « Les Echos » du 26 octobre 2011
Article intitulé : Top à Wall Street
« Qui l’eût cru ? Wall Street pourrait clore dans quelques jours son meilleur mois boursier en près de vingt ans. Le S&P 500 qui abandonnait au plus fort de la crise, le 3 octobre, 12,6 % depuis janvier vient d’en regagner autant. 489 valeurs sur 500 s’affichaient lundi soir en hausse sur le mois, soutenues par un mix de facteurs techniques et conjoncturels. Il y a plus de baissiers que de haussiers, ce qui est paradoxalement souvent bon signe. Au chapitre des nouvelles économiques, la saison des résultats du troisième trimestre est conforme aux attentes, c’est-à-dire bonne, et les révisions en baisse pour 2012 sont pour l’instant limitées. Une poignée d’indicateurs récents (ventes au détail, dépenses de construction…) ont éloigné les craintes d’une récession. De quoi faire oublier un instant que la confiance des consommateurs a chuté en octobre et que l’indice de la misère, un indicateur informel qui additionne les taux de chômage et d’inflation, culmine actuellement à son plus haut niveau depuis 1983. »
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 25 octobre 2011
Article intitulé : Les stars de la Bourse sont valorisées à des niveaux historiquement bas
« C’est un fait : les marchés actions sont peu chers. En soldes, même. Ces faibles valorisations signifient à la fois que les investisseurs ne croient pas aux attentes de bénéfices, mais aussi que l’aversion au risque est forte. Compte tenu des incertitudes, les investisseurs ne sont pas prêts à payer beaucoup pour une action. » Conséquence directe : de nombreuses grandes sociétés valent en Bourse moins que leurs fonds propres. C’est le cas de 16 valeurs du CAC 40, alors qu’elles n’étaient « que » 10 avant l’été. Ces 16 valeurs appartiennent aux segments cycliques – les plus sensibles à la croissance – comme Lafarge, ArcelorMittal, Renault, Peugeot ; financiers – en première ligne de la crise des dettes souveraines – comme Crédit Agricole SA, Société Générale, AXA, BNP Paribas ; et des services aux collectivités – étroitement dépendants des dépenses et de la fiscalité des Etats – comme Veolia Environnement, GDF Suez. Globalement, le cours sur actif net – dit aussi « price to book » – du CAC 40 se situe à 1 pour 2011 et à 0,9 pour 2012, affichant ainsi un nouveau point bas. Les anticipations de bénéfices des analystes pourraient être révisées, les estimations pour l’an prochain apparaissant élevées (+ 12 % prévu en Europe, après une hausse de 9 % cette année). »
Commentaire : Aberrant ! Ou quand les peurs alimentées par les informations créent la propre perte des citoyens alors que les entreprises font du bénéfice. Et si c’était une période faste pour acheter…à moins de croire que tout est fini et que cela va se terminer par une révolution ou une guerre.
Jean-Philippe Robé, avocat aux barreaux de Paris et de New-York, propos recueillis par Antoine Reverchon, dans « Le Monde » du 25 octobre 2011
Article intitulé : " La finance grise doit être mise à contribution pour solder la dette des Etats "
« On estime qu'actuellement plus de 10 000 milliards de dollars sont détenus dans ces " pays à fiscalité privilégiée " via 400 banques, les deux tiers des 2 000 fonds spéculatifs (hedge funds) et deux millions de sociétés écrans installées - de façon très virtuelle - dans ces Etats. Et ce stock augmenterait de 1 200 milliards de dollars par an. Ce sont autant de capitaux qui, pour l'essentiel, échappent à la fiscalité des Etats classiques, qui ont des besoins budgétaires à satisfaire. La crise de la dette n'est pas qu'une crise de la dépense publique ; c'est aussi une crise de la recette, et les stratégies prédatrices des paradis fiscaux, en érodant la base fiscale des Etats, créent un problème fondamental. Mais comment le traiter, sachant qu'on se heurte à la souveraineté des Etats ? La crise de la dette nous donne l'opportunité de contourner ce problème. Le traitement d'un problème de solvabilité tel qu'il se pose aujourd'hui est d'une simplicité brutale : tous les créanciers ne sont pas remboursés de la totalité de leurs créances. La question qui se pose est de déterminer qui va supporter la charge du non-remboursement, et dans quelle proportion ? Il y a pourtant une alternative simple dans son principe : décider par traité que ne seront payées dans leur intégralité que les créances dont les détenteurs finaux, personnes physiques, seront identifiés. Seulement, les individus bénéficiaires de droits de créance auront le choix : soit ne pas se faire connaître, et ils ne toucheront rien ; soit se faire connaître et, éventuellement, devoir rendre des comptes...Un certain nombre d'entre eux préférera le premier choix ; mais qui viendra les plaindre ? Ce faisant, on aura réglé au moins en partie le problème d'un stock de dettes excessif ; on aura en partie purgé l'économie mondiale des circuits de recyclage des fonds accumulés grâce à la fraude, aux trafics ou aux crimes. »
Commentaire : Génial.
Pierre Larrouturou, diplômé de l’Agro et de Science Po dans « Le Monde » du 25 octobre 2011
Article intitulé : Pourquoi les " indignés " ont raison
« La question de la dette des Etats est très importante (entre 80 % et 90 % du PIB en France et en Allemagne), mais au lieu de bloquer les retraites et de couper dans le financement de la santé ou de l'éducation, ne faut-il pas utiliser tous les leviers fiscaux possibles pour récupérer une bonne part de la " dette des marchés ", ces 150 % du PIB que les 0,2 % les plus riches doivent aux peuples de nos pays, si on considère que le partage entre salariés et actionnaires était juste et efficace dans les années 1970 ? Les " indignés " ont raison : " Ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque ! " Si le diagnostic est faux, il n'y a aucune chance qu'on parvienne à vaincre le mal. Le 19 octobre à Francfort, la chancelière Angela Merkel affirmait qu'il fallait " attaquer la crise à la racine " au lieu de s'attaquer seulement aux symptômes. Elle a parfaitement raison ! Et les racines de la crise, c'est trente ans de chômage et de précarité. C'est à cause du chômage de masse que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dette. Le chômage n'est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l'une des causes premières. Pour sortir de notre dépendance à la dette, il faut réguler les marchés et taxer les plus hauts revenus mais il faut surtout s'attaquer au chômage : c'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu'on sortira durablement de la crise. En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods qui allait reconstruire le système financier, Franklin Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie, qui adoptait comme priorité absolue le respect d'un certain nombre de règles sociales : " Il n'y aura pas de paix durable sans justice sociale ", affirmaient Franklin Roosevelt et les autres chefs d'Etat avant de définir des règles sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes... Des règles très concrètes, à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis trente ans de prospérité sans dette. Bonne nouvelle ! Si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d'autres décisions politiques peuvent nous en sortir. La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Au contraire ! Reconstruire la justice sociale est la priorité absolue, le seul moyen de sortir de notre dépendance à la dette. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour agir ? Quand Franklin Roosevelt arrive au pouvoir, en 1933, il succède à Herbert Hoover, dont le surnom était " Do Nothing " (" ne fait rien "). Le but de Roosevelt n'est pas de " rassurer les marchés financiers " mais de les dompter ! Il lui suffit de trois mois pour mettre en oeuvre quinze réformes majeures. Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, comme ils s'opposent aux taxes sur les plus hauts revenus, mais le président Roosevelt tient bon. Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. Et l'économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle. " We must act ! " répétait Roosevelt. Nous devons agir ! Hélas, depuis 2008, nos dirigeants font preuve d'une inertie aux conséquences dramatiques. Si l'Europe avait créé une taxe Tobin fin 2008, au plus fort de la première crise financière, elle aurait déjà rapporté entre 200 et 600 milliards d'euros, selon les différents scénarios en débat à Bruxelles. Avec une telle cagnotte, le Parlement européen aurait réglé la crise grecque en quelques semaines sans demander le moindre effort aux citoyens et sans attendre le feu vert de seize Parlements nationaux. Et ce qui n'était qu'un problème modeste à l'origine (coût estimé à 50 milliards d'euros en 2009 et 110 milliards aujourd'hui) n'aurait jamais pris les proportions que la crise grecque a prises depuis quelques semaines. Le principe d'une taxe Tobin a été adopté par le Parlement européen, droite et gauche confondues, mais il est toujours " en discussion " dans les méandres du Conseil européen, et les lobbies financiers font tout pour ralentir son adoption définitive... Nos dirigeants discutent encore quand les spéculateurs agissent avec toujours plus de rapidité et d'efficacité. Qu'attendons-nous pour créer enfin cette taxe et rassurer le peuple allemand et les autres peuples d'Europe ? Le G20 va-t-il enfin déclarer la guerre à la spéculation et à l'injustice sociale ? Ce G20 va-t-il retrouver l'esprit de Philadelphie et être à l'origine d'un sursaut de coopération et de justice sociale, ou restera-t-il dans l'histoire comme un sommet de mensonges et de lâcheté, comme les accords de Munich à l'automne 1938 ? Le G20 va-t-il vouloir encore " rassurer les marchés financiers " ou va-t-il enfin décider de les remettre à leur place ? »
Commentaire : Rappel très intéressant. Cela dit, il ne faut pas oublier que les lobbies sont aujourd’hui très structurés et qu’ils font partie intégrante du processus de décision quand ce n’est pas être LE processus de décision. On s’aperçoit bien à la lecture de cet article que certaines crises ont été créées volontairement pour être le support de stratégies « politiciennes » en tout point. Comme toujours lorsque le politique n’est plus que le reflet de l’affairisme ou du carriérisme, nous retrouvons des sommets faits de « de mensonges et de lâchetés ». L’histoire a montré que dans ce cas-là, seule l’action des Peuples pouvait faire changer les choses. C’est bien en monopolisant les capitaux vers la création de l’Avenir, que les Peuples pourront mettre fin à ce cycle. L’Avenir ne se fera pas en retirant les capitaux des marchés, l’Avenir ne se fera pas en achetant de l’immobilier à des prix délirants, l’Avenir ne se fera pas en fermant les yeux sur les valorisations fictives des OPCVM, l’Avenir ne se créera pas en acceptant les compromissions ou les « mollesses » de comportement etc… ; l’Avenir se fera en regardant la réalité en face et en investissant à contre cycle de certains sentiments (crainte, peur, panique, euphorie). Pour cela, il faut que les professionnels organisent, en toute indépendance, leur propre média national d’information et de formation ainsi que des conférences nationales expliquant aux citoyens les marchés ainsi que l’importance de leurs investissements. C’est bien dans ce rôle que les prestataires financiers gagneront leurs lettres de noblesses et par ce fait qu’ils s’imposeront face aux politiciens. Les politiciens sont en train de tuer la concurrence financière par la mise en place de normes qui n’ont comme seul but (à moins que les rédacteurs soient totalement incompétents) d’organiser une concentration sur quelques « copains » ou « lobbies ». Que les politiciens s’appliquent à eux des normes de transparence, de compétence et d’honnêteté. Qu’ils apprennent à payer leurs erreurs et leurs mensonges en devant quitter leur poste et retourner à la vie « civile » sans salaire à vie et autre avantage, sans droit au chômage, comme un chef d’entreprise. Pour l’instant, ils parlent, ils votent et ils donnent des leçons à un monde qu’ils ne connaissent pas, mais qui les fait vivre eux et leur famille et qui paye les pots cassés de leurs erreurs et/ou compromissions. A quand la fin des avantages fiscaux des fonctionnaires européens pour affecter ces montants au remboursement des médicaments des plus nécessiteux qui, aujourd’hui, se voient au nom de l’austérité (issue des erreurs des politiciens) moins remboursés? Il faut que les politiciens mettent fin eux-mêmes à leur impunité, s’ils veulent un jour redevenir crédibles.
Clément Lacombe dans « Le Monde » du 22 octobre 2011
Article intitulé : Bruxelles veut plus de " transparence " sur les marchés
« Quatre ans à peine après avoir provoqué un " big bang " sur les Bourses européennes, cassant le monopole national des opérateurs historiques, la Commission européenne révise sa copie. La faute à des failles dans sa directive Marchés d'instruments financiers (MIF), entrée en vigueur en novembre 2007, mais aussi à l'ingéniosité, elle sans faille, du monde financier. Plus de transparence sur les marchés d'actions En cassant le monopole des Bourses, la première directive MIF a engendré d'innombrables plates-formes d'échange alternatives, dont certaines, les dark pools, permettent d'échanger des actions dans l'opacité la plus totale. Selon les différents chiffres circulant, entre 17 % et 40 % des ordres de Bourse auraient disparu des écrans radars. Avec la nouvelle MIF, toutes les plates-formes seront soumises aux mêmes règles de transparence avant et après négociation : chacun devra dire qu'il est prêt à acheter telle action à tel prix, puis qu'il a vendu telle action à tel prix. " Toutes les plates-formes seront mises sur un pied d'égalité ", résume Jean de Castries, directeur général du cabinet de conseil spécialisé Equinox Consulting. Seules les opérations sur de très gros blocs d'actions, susceptibles d'affecter profondément les marchés, pourront continuer à se faire dans l'ombre. Juguler la volatilité des cours des matières premières Le président de la République Nicolas Sarkozy a fait du sujet une des priorités du G20. " Sur ce point, on développe considérablement l'arsenal législatif ", juge-t-on à Bruxelles. Après s'être enregistrés auprès des régulateurs, les intervenants sur les marchés de matières premières pourront se voir imposer de réduire leurs positions. Un moyen d'éviter un assèchement du marché pour faire monter les prix. Le régulateur américain du secteur, la CFTC, vient d'adopter une position analogue, limitant les positions sur vingt-huit matières premières, du pétrole au blé en passant par le cacao. Plus moyen, dès lors, d'acheter la moitié du stock de cuivre de la Bourse de Londres comme l'a fait la banque JPMorgan fin 2010... »
Commentaire : Un des risques principaux perdure car « Seules les opérations sur de très gros blocs d'actions, susceptibles d'affecter profondément les marchés, pourront continuer à se faire dans l'ombre. ». Attention de l’ombre à la lumière, il n’y a qu’un pas. Les opérations réalisées par blocs (dans l’ombre) prouvent bien que le système mis en place est sujet à caution. Comment peut-on valider d’un côté des évaluations d’OPCVM plus que litigieuses, car pour partie évaluée sur l’extrapolation du cours d’échange réalisé sur un « petit » nombre de titres à des millions voire des milliards de titres alors que de l’autre coté des volumes très importants sont traités dans l’ombre ? Pourquoi continuer de détourner des opérations très importantes qui se débouclent entre acheteurs et vendeurs ? Qui ne cesse de parler de transparence et autres vœux de « chasteté » retrouvée ? Serait-ce pour occulter que la valorisation comptable faite d’un côté n’est pas réalisable et que de ce fait on détourne les grosses opérations qui se traitent, elles, à un prix réalisable inférieur à la valorisation comptable ? Attention, la dernière crise a montré les limites du système de cotation actuel. Jouer l’autruche et fermer les yeux sur l’abus de confiance et l’escroquerie est la tactique choisie. Il n’empêche que cette attitude qui consiste à parier que les échanges réalisés en blocs peuvent restés dans l’ombre parce qu’il y a toujours un équilibre entre acheteurs et vendeurs ou que le vendeur patientera au cas où est suicidaire. La crise a montré que lorsqu’il n’y a plus d’acheteur de blocs et que les vendeurs ne pouvant plus attendre se tournent vers le marché « officiel », ils créent un tsunami (grosse vague vendeuse) sur la valeur boursière. Si l’on y prend garde, le tsunami décrit ci-dessus aura lieu sur plusieurs, voire toutes les valeurs par effet systémique. Il est vrai que par la suite, les mêmes responsables qui ont fermé les yeux et ont refusé de répondre aux questions se retrouveront dans des commissions diverses et variées pour revoir les règles d’une catastrophe qui était « imprévisible » …pour eux. Eux qui sont rémunérés dans tous les cas et qui ne courent pas le risque du chômage ou d’être à la rue. Les lobbies et les dogmatismes qui sont à la base du maintien de cette situation devraient réfléchir car tout comme les tyrans tombent, il viendra un jour où ils tomberont entraînant avec eux tous les acteurs et les « autruches » dans des scandales à répétition. En soi, ce n’est pas grave. Sauf que là, nous aurons une véritable crise boursière issue des ventes et non une crise issue d’un dogmatisme comptable. L’histoire a montré que dans ces cas là personne ne peut arrêter les Peuples car après le tsunami des vendeurs boursiers vient le tsunami des Peuples qui descendent dans la rue pour le lynchage. Alors ; les indignés seront rejoints par les résignés et les blasés d’aujourd’hui. Avouez que cela fera un sacré nombre !
Brice Pedroletti dans « Le Monde » du 22 octobre 2011
Article intitulé : « Un froid si terrible " sur la société chinoise
« Une petite fille en pantalon rouge se dandine sur une portion d'allée couverte. En quelques secondes, c'est le drame. Une camionnette la renverse et passe sur son corps avec sa roue avant droite. Le chauffeur s'arrête un instant. Puis repart, écrasant une nouvelle fois la fillette avec sa roue arrière. Un passant déambule sans prêter attention à Yueyue qui gît à terre. Survient un homme à Mobylette qui contourne l'enfant. Une troisième personne jette un regard sans s'arrêter. Puis une deuxième camionnette apparaît. Elle roule sur les jambes de l'enfant - essieu avant, essieu arrière. Défileront devant l'enfant blessée un cycliste encapuchonné et dégoulinant de pluie, à la monture chargée de longues tiges. Un triporteur pressé dont la benne est remplie de cartons vides. Une dame trottinant avec sa fillette. Un motocycliste qui s'arrête, perplexe, et se retourne même vers Yueyue. Ainsi de suite jusqu'à la... dix-neuvième personne. Une petite dame sèche comme un coup de trique. Elle s'appelle Chen Xianmei et sera ensuite fêtée par les médias et couverte de récompenses. Mais, pour l'instant, ce n'est qu'une récupératrice de métaux qui arpente les allées du marché en quête d'un bout de ferraille. Quand elle voit la petite fille par terre, elle pose son baluchon et prend le corps mou comme une chiffe, le déplace sur le côté. Appelle à l'aide. La mère accourt, soulève sa fillette inanimée. La vidéo, capturée par une caméra de sécurité, a fait le tour des télés chinoises depuis mardi, et gagné les réseaux en ligne du monde entier. Vendredi 21 octobre, Yueyue est morte des suites de ses blessures. »
Commentaire : J’ai choisi de reprendre un extrait de cet écrit car lorsque l’on investit sur les matières premières (produits dérivés spéculatifs), je pense que l’on accepte à la fois la place du chauffeur et celle des personnes qui regardent sans rien dire et faire. Mon propos peut être critiquable, mais je pense qu’il vaut la peine d’y réfléchir. Notre profession ne peut avoir comme exemple que la dix-neuvième personne.
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 14 octobre 2011 « Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète »
Florence Autret dans « La Tribune » du 15 juin 2011 « Il s'échange chaque année à la Bourse de Chicago quarante-six fois la production annuelle mondiale de blé. Ces chiffres condamnent le système ». « Il n'est pas normal que l'on puisse acheter 15 % de la production mondiale de cacao et la revendre ensuite avec une plus-value sans avoir déboursé un centime », a-t-il dit. »
Dans « Boursorama » du 20 février 2011 : « M. Zoellick. La hausse continue des prix des denrées alimentaires, nourrie par la flambée des cours des matières premières agricoles, est une des causes des bouleversements en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La hausse des prix alimentaires a fait tomber entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale. Le seuil de l'extrême pauvreté est défini par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. D'après les dernières estimations en date de la Banque mondiale, 1,2 milliard de personnes dans le monde sont sous ce seuil. »
Dans « Boursorama » du 1er février 2011 : « "La hausse des prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques d'une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer", a déclaré M. Lamy, à l'ouverture d'une conférence de deux jours organisée par l'ONU sur la volatilité des marchés agricoles. » Monsieur Lamy qui déclarait lors de la dernière crise en 2008 :
Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) répondant à une interview dans « Les Echos » du 13 mai 2008 : Question posée : Le monde connaît une grave crise alimentaire. Comprenez-vous que des pays comme l’Argentine, la Chine ou l’Inde restreignent leurs exportations ? Réponse : En tant qu’économiste, j’estime qu’assécher l’offre va dans le mauvais sens. En tant qu’homme politique, je comprends. Les économistes voient cela globalement ; les politiques pensent à leur prochain mandat….
Commentaire : Bien qu’ayant le plus profond respect pour le travail et la personne de Monsieur Lamy (homme courageux, honnête et on ne peut plus tenace), je ne peux que m’étonner du pragmatisme de cette réponse. Comment analyser un assèchement de l’offre en terme uniquement économique et politique alors que nous parlons d’un meurtre de millions de personnes par « assèchement » dû à un manque d’eau et de nourriture ?
Allons-nous encore tolérer longtemps que l’on affame et que l’on tue au nom du gain financier des millions de personnes chaque année ? Non, l’économie de marché n’a jamais consisté à parquer les êtres humains en fonction de leur place dans le jeu financier. Il est temps de mettre fin à ce triage qui consiste à affamer et à faire mourir les Etres Humains qui ne rentrent pas dans le moule des stratégies financières. Hier, Hitler dans sa folie furieuse cachait ses camps de la mort. Aujourd’hui, les financiers et les lobbies les laissent à ciel ouvert. C’est tellement visible que cela en devient plus « acceptable » puisque tout le monde est complice. Ah la transparence…. Point d’idéologie et de folie raciste, xénophobe, antisémite ou autre ignominie. Tout le monde est le bienvenu dans l’idéologie de la finance reine. Tous, sans exception et sans condition aucune….. si ce n’est la plus parfaite insensibilité, le plus parfait silence (naturellement, lorsqu’il est dûment monnayé) et le tout sans aucun remords.
Et pourtant, comme le rappel Paul Fabra dans « Les Echos du 12 avril 2008 » :
« ….Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté de grands marchés du blé, soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissements en financent le stockage (accaparement). »
Dans « Boursorama » du 20 octobre 2011
Article intitulé : Marchés financiers : M. Barnier veut remettre "de la morale" dans le système
« Le commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, a présenté jeudi une batterie de mesures destinées notamment à améliorer la transparence sur les marchés financiers, expliquant qu'il voulait "remettre de la morale" dans un système financier. Ces nouvelles règles pour les marchés financiers, adoptées par la Commission européenne jeudi, devront être discutées par le Parlement européen et les Etats dans les prochains mois. "Ces propositions sont essentielles pour bâtir ce qu'attendent les entreprises, les épargnants, les citoyens: un système financier plus solide, plus sain", et pour "remettre les règles de la transparence, de la responsabilité, de la morale là où elles avaient disparu: au service de l'économie réelle", a expliqué M. Barnier. La directive Mifid révisée va donner un cadre aux plateformes de négociation alternatives, nées grâce à la libéralisation du secteur boursier mais qui ne sont pas aujourd'hui réglementées. Les contrats dérivés sont de plus en plus couramment négociés sur ce type de plateformes. Les marchés de dérivés sur les matières premières sont aussi visés, avec un rôle renforcé des autorités de régulation, notamment afin d'éviter l'hyper-spéculation sur les produits agricoles."
Commentaire : Je pense que c’est une très bonne chose que l’Europe prenne le dessus sur les régulateurs nationaux pour « "remettre les règles de la transparence, de la responsabilité, de la morale là où elles avaient disparu: au service de l'économie réelle" ». C’est dans ce cadre que je propose que tous les gérants de fonds fournissent, au minimum mensuellement, l’inventaire de leur portefeuille avec les volumes détenus, leur tableau de bord Information Socialement Responsable et que le client remplisse le document « Volontés sur la destination et utilisation de mes fonds ». Il est à noter que, tant pour les clients, que pour les gérants de fonds, que pour les conseillers financiers, ces documents auront une importance juridique prépondérante car, les autorités nationales n’ont toujours pas répondu sur qui repose la responsabilité des failles de l’information, sur la réalisation possible des performances annoncées aux clients, des frais prélevés sur les valorisations comptables fictives, de l’utilisation de comparatifs plus que litigieux etc…
• Blandine Blanc Durand dans « Les Echos » du 13 mai 2011 :
Article intitulé : OPCVM : comment évaluer les risques de chaque type de fonds
« « Le risque de liquidité est souvent méconnu, voire oublié alors qu’il est le premier risque de tout investissement », explique Denis Beaudoin, président de Finaltis. Lors de la crise de 2008, les marchés, dont certains figurent parmi les plus fluides (dette interbancaire, marché monétaire...) ont vu leur liquidité se réduire, voire disparaître, sous l’effet d’une défiance généralisée. Or« ce n’est pas l’OPCVM qui est liquide, mais les actifs dans lesquels il investit qui le sont un peu, beaucoup ou... pas du tout ». En d’autres termes, c’est donc la nature des actifs et leurs caractéristiques qui vont conférer à l’OPCVM plus ou moins de liquidité. »
• Irène Inchauspé dans « Challenges » du 21 avril 2011 :
Article intitulé : La leçon de Pébereau aux lycéens de Turgot
«Quatre causes à la crise, donc : les grands déséquilibres mondiaux, la responsabilité de certaines banques (surtout anglo-saxonnes), des contrôleurs qui n'ont pas fait leur boulot et, plus original, l'illusion de liquidité. Là, les regards dans la salle sont perplexes : quèsaco ? Le pédagogue explique : les acteurs de marché ont cru que tous les actifs pouvaient être transformés en titres et vendus sur le marché. Interrogé sur le thème « pourquoi personne n'a rien prévu », il rappelle que « les banques françaises, italiennes, australiennes et canadiennes n'ont pas été aussi affectées par la crise que les autres ». »
• Jean-Paul Fitoussi, président de l’OCDE écrit dans « Le Figaro magazine » du 29 août 2009 : À propos de la crise « On a consommé du capital. On se croyait riche, les marchés financiers nous disaient que les prix des actifs étaient très élevés alors que tel n’était pas le cas. »
• Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 :
« Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. »
• Paul-Henri de La Porte du Theil nouveau Président de l’Association de la Gestion Financière dans « Les Echos » du 18 mai 2009 : « Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité, qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux »
• Michel Prada, ex Président de l’AMF,dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :
Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance
« Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »
• Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse. »
• Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, membre du comité scientifique de l’AMF, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 en page 26 :
• Article intitulé : Le marché secondaire des fonds fermés doit s’organiser.
« La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »
A ces questions, qui relèvent juridiquement de l’abus de confiance, de l’escroquerie voire du vol, que je pose maintenant depuis plusieurs années à l’AMF, je n’ai reçu comme réponse que le silence et la diffamation. Je pense que les organisations professionnelles devraient prendre cette question très au sérieux car il en va de la responsabilité juridique de leurs adhérents et en cas de crise de leur crédibilité…sans parler de leur survie. Un dernier jugement du Conseil d’Etat prouve que nous devons passer de l’information légale, à l’information juridiquement opérationnelle. Respecter les règles et règlements ne suffit plus. Il faut se protéger de l’intention volontaire de nuire. L’aléa juridique existe, d’autant plus que nous travaillons dans un secteur ayant une certaine « virginité » face à l’expertise, à la « technicité », à l’ « inventivité » et au « brio » de certains avocats. Cela sans parler des autorités qui annoncent clairement leur méthode selon les déclarations de Madame Nocquet, présidente de la Commission des sanctions « s’en prendre à la réputation et au portefeuille » dans son allocution à la Cour de cassation en 2005. Madame Nocquet est une ex de la Cour de cassation, Cour de cassation qui a nié l’ « indépendance » et l’ « impartialité » du ministère public par rapport au pouvoir politique. * quant à Monsieur Jouyet lui désire agir « en amont » du droit** bien que reconnaissant :
Jean-Pierre Jouyet dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 en page 12 :Article intitulé : On ne sait pas qui achète quoi, ni à quel prix
« Nous n’avons pas eu une approche assez politique au moment de négocier la directive MIF (Marché d’instruments financiers, qui a ouvert à la concurrence les marchés boursiers en Europe). On ne s’est pas posé les bonnes questions : de quels marchés voulons-nous ? Comment faire pour qu’ils financent au mieux l’économie ? Ce texte a gravement accentué le désordre des marchés boursiers et conduit à une fragmentation et à une plus grande opacité des transactions. Nous avons, c’est vrai, un train de retard sur les technologies financières. En quelques années, les marchés ont beaucoup évolué ; C’est un point que n’avait pas anticipé la directive. Aujourd’hui, on estime que 44% des transactions sont invisibles. Or le b.a.-ba de notre travail, c’est de savoir ce qui se passe. Si, demain, je veux vendre 100 000 actions d’une société cotée, il vaut mieux éviter que l’information soit sur la place sous peine de faire dévisser les cours. »
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, propos recueillis par Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » daté du 15 octobre 2010 en page 84 :
« En règle générale, nous sommes toujours, nous les régulateurs, en retard d’un combat par rapport à l’innovation. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul individu qui sache vraiment comment fonctionne le système financier ! Toutes les activités de marché – celles qui sont utiles à l’économie réelle et celles qui le sont moins…. ».
Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 21 décembre 2009 en page 33 :
On a entendu jeudi sur France Inter son président, Jean-Pierre Jouyet, furieux, critiquer la « schizophrénie » de l’institution qu’il préside : à la fois régulateur, gendarme et juge. « Que la même institution fasse des poursuites et juge est incompréhensible par l’opinion publique. La perception l’emporte alors sur la réalité
Jean-Pierre Jouyet dans "Les Echos" du 30 juin 2009 : "Depuis ma prise de fonction, j'ai été alerté par la multiplication, la fragmentation et l'inorganisation de nos marchés financiers."
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, dans Challenges du 4 juin 2009 page 26 :
«…..les régulateurs, livrés à eux-mêmes, à leur jargon et à leur technicité, céderont aux pressions de l’industrie. »
Et dire que l’AMF a tous les pouvoirs (émission des lois, application, contrôle et sanction) ? Comment peut-elle assurer cette mission en reconnaissant qu’elle ne connait pas le fonctionnement des marchés ? Que ses services sont perméables à l’extérieur et schizophrènes ?
• * Yves Thréard dans « Le Figaro » en date du 17 décembre 2010 en page 19 :
Article intitulé : Retraites : La justice ébranlée « Il est grand temps que la justice française retrouve son équilibre. A force de polémiques et de critiques sur son fonctionnement et son indépendance, ce service public va finir par être l’objet de tous les soupçons. Si tel devait être le cas, comment faire respecter l’autorité de la chose jugée ? Pour la première fois, la Cour de cassation vient de « nier » l’ « indépendance » et l’ « impartialité » du ministère public par rapport au pouvoir politique. »
• ** Jean-Pierre Jouyet dans "Le Figaro" du 30 juin 2009 : "Nous devons passer d'une culture de sanctions à une surveillance intelligente, en amont, qui pourrait appuyer là où cela fait mal, c'est-à-dire la réputation."
Christèle Fradin dans « La Tribune » du 20 octobre 2011
Article intitulé : Responsabiliser les traders à haute fréquence
« Pratique dangereuse, systémique, car susceptible de démultiplier les dégâts d'un ordre erroné ou au contraire incontournable du fait de sa contribution à la liquidité : sur le trading à haute fréquence, Bruxelles n'a pas souhaité trancher, préférant le pragmatisme. Cette pratique de marché permise par des outils informatiques de plus en plus performants offrant la possibilité de saisir le moindre décalage de cours ne constituera pas une nouvelle catégorie sujette à des règles spécifiques. Le régulateur, qui devra donc s'être entouré de nouvelles compétences, devra s'assurer que l'opérateur a bien mis en place des procédures de contrôle des risques et des coupe-circuits. Les opérateurs boursiers ne seront plus tout à fait libres de fixer eux-mêmes le « pas de cotation », c'est-à-dire l'écart minimum autorisé entre deux cotations pour une action. L'idée d'imposer un temps minimal de validité pour tout ordre entré dans le carnet d'ordres d'une Bourse n'a pas été retenue. Mais les utilisateurs d'algorithmes se verront imposer un ratio d'exécution minimum. Une manière d'éviter le flot d'ordres entrés, puis annulés. Et la manipulation de cours via le trading à haute fréquence (en abreuvant le marché d'ordres, afin de faire décaler les prix) sera interdite. Enfin, Bruxelles a décidé d'imposer une obligation de liquidité aux utilisateurs d'algorithmes, histoire de les obliger à rester dans les marchés même lorsque les conditions sont devenues adverses. Une manière de tirer les leçons du « krach éclair » survenu le 6 mai 2010 aux États-Unis, lorsque le Dow Jones avait dégringolé de plus de 9% en quelques minutes seulement. Les traders à haute fréquence s'étaient retirés du marché, participant ainsi à l'assèchement de la liquidité. »
Commentaire : « Bruxelles n'a pas souhaité trancher, préférant le pragmatisme », les lobbies ont gagné. Pas de temps minimal de validité, ratio d’exécution minimum… Quant à l’obligation de liquidité, bien qu’en soit ce soit un minimum, là il y a une réelle évolution intellectuelle et réglementaire puisque cette obligation était inexistante. Reste à connaître sa mise en pratique. A quand cette obligation de liquidité pour les OPCVM ? OPCVM, qui sous le silence de l’AMF, peuvent continuer à abuser la confiance des clients (performances virtuelles, irréalisables), à pratiquer l’escroquerie (honoraires et frais prélevés sur des valeurs fictives) voire le vol des porteurs de parts. L’AMF assumera-t-elle ses responsabilités juridiques lors des procès futurs ou se défaussera-t-elle sur les SGP, CGP, CIF, courtiers et autres intermédiaires financiers ? Les paris sont ouverts !
R. Ho, propos de Pascal Canfin, dans « Les Echos » du 19 octobre 2011
Article intitulé : « Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Europe interdit un produit financier »
« Interdire la détention de CDS à nu souverains [c’est-à-dire sans détenir la dette obligataire correspondante] comme c’est prévu dans l’accord politique conclu entre le Parlement européen et le Conseil, c’est quelque chose qui n’a été fait nulle part ailleurs dans le monde. Plus largement, c’est aussi la première fois depuis 2008 et le début de la crise que l’Europe interdit un produit financier. C’est un signal fort et une avancée importante. Initialement, seuls deux Etats membres, l’Allemagne et l’Autriche, étaient partisans de cette mesure. La France, elle, n’a jamais eu de position favorable par rapport à l’interdiction des CDS à nu. Les positions ont évolué car le Parlement a pesé de tout son poids, les trois quarts des eurodéputés ayant voté en faveur de cette mesure. La tempête estivale sur les marchés a également dû faire réfléchir certains pays réticents au départ, comme l’Espagne et l’Italie. Certains « hedge funds » achètent des CDS à nu pour en faire monter le prix, et donc la perception du risque associé à la dette souveraine. Du coup, les investisseurs qui ont vraiment la dette souveraine en question se ruent sur les CDS, et les fonds peuvent tranquillement leur revendre avec une plus-value. Deuxième effet, la hausse du prix des CDS fait monter les taux d’intérêt et réduire la valeur des obligations souveraines. C’est une deuxième source de revenus pour les « hedge funds », qui parient à la baisse sur la valeur des obligations. »
Commentaire : En effet, cette interdiction est réellement une première à tout point de vue. Comment expliquer que certains pays ont été contre ?
Marina Alcaraz et Guillaume Maujean dans « Les Echos » du 18 octobre 2011
Article intitulé : Forte augmentation en vue des dépréciations sur les « goodwills ». Les bombes à retardement des comptes du CAC 40
« La forte baisse des marchés financiers risque d’avoir de nombreuses conséquences pour les grandes entreprises. Elle pourrait inciter un certain nombre de sociétés à passer des charges pour déprécier les écarts d’acquisition, ou « goodwill ». Autrement dit, à tirer un trait sur une partie de la valeur de sociétés achetées au prix fort au cours des années récentes. « Les grands groupes français présentent des proportions de ’goodwill’ par rapport au total de leurs actifs plus élevées que celles de leurs homologues européens, ce qui peut s’expliquer par des stratégies plus actives en matière de croissance externe aux cours des dernières années, qui ont généré des ’goodwills’ importants. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il y aura de fortes dépréciations, mais cela renforce assurément l’attention qui doit être portée à ce sujet, tant sur la manière dont les tests sont menés que sur leur communication », explique Françoise Gintrac, associée de PwC. Au total, les groupes du CAC 40 portaient dans leurs bilans 337,6 milliards d’euros de « goodwills » fin 2010, les montants les plus importants étant pour Sanofi (31,9 milliards), France Télécom (29 milliards), GDF Suez (27,6 milliards) et Vivendi (25,3 milliards), selon les chiffres réunis par le cabinet Ricol Lasteyrie pour « Les Echos ». Cela représentait à ce moment-là, pour l’ensemble des groupes de l’indice vedette français, 43 % de la valeur totale de leur actif et 33 % de leur capitalisation boursière. Des chiffres relativement élevés. En Allemagne par exemple, le « goodwill » des 30 groupes du DAX atteint 40 % de leur actif total et 24 % de leur capitalisation boursière. Au Danemark, il n’en représente respectivement que 15 et 8 %, selon PwC. Pour l’heure, il est encore difficile de prédire l’ampleur exacte des dépréciations qui pourraient être passées par les grandes entreprises françaises.« Elles dépendent étroitement des perspectives des sociétés. Or, la plupart des entreprises ne tablent pas sur un marasme généralisé en 2012, malgré le manque de visibilité actuel. Il faut rappeler que les dépréciations de ’goodwill’ ont un impact négatif sur le résultat net et qu’elles ne peuvent pas être reprises lorsque la situation s’améliore », expliquent Sonia Bonnet-Bernard et Alban Eyssette, associée gérante et associé du cabinet Ricol Lasteyrie. « Bien que la capitalisation boursière ait baissé pour bon nombre de sociétés, les directions ont estimé que la valeur des actifs acquis par le passé était restée stable », reprend Sonia Bonnet-Bernard. »
Commentaire : Ah les dégâts de la comptabilité ! Combien de goodwills n’étaient en fait que des chiffres comptables n’ayant jamais eu aucune réalité possible, sauf dans le jeu de la virtualité temporaire. Situation exactement la même pour les OPCVM qui ne respectent pas les volumes échangés et qui annoncent des « goodwills » de performance. Il est vrai que ces « goodwills » permettent d’augmenter l’ensemble de la chaîne des honoraires (et autres revenus) de tous les acteurs qui les ont fabriqués et contrôlés. Comment ne pas rire de la stupidité du système actuel lorsqu’on lit « La forte baisse des marchés financiers risque d’avoir de nombreuses conséquences pour les grandes entreprises ». Pour rappel, la forte baisse de marché est aussi bidon que les fortes hausses. Si la comptabilité tenait enfin compte des volumes échangés en Bourse (ce qui serait un minimum), les baisses du marché quotidiennes qui sont annoncées de plusieurs pourcents seraient en fait toutes inférieures à 1%. Exemple : hier, le CAC 40 est annoncé avec une baisse de 1,61% ; baisse qui devient -0,0106% si l’on tient compte des volumes échangés. Voir www.agencedecotationisr.com
L.F dans « La Tribune » du 17 octobre 2011
Article intitulé : L'OCDE se penche sur la consommation de services financiers
« Christine Lagarde avait passé commande en février et souhaité que la protection des consommateurs de services financiers soit un « axe de travail » de la présidence française du G20. Sous l'égide de l'OCDE, les « principes de haut niveau du G20 sur la protection financière des consommateurs » ont été couchés sur le papier. Lors de la conférence de l'OCDE organisée vendredi à ce sujet, l'UFC a donc fait entendre sa voix. « La question n'est pas de protéger le consommateur, mais de faire en sorte qu'il soit en position de faire un choix éclairé », explique Alain Bazot, président de l'association de consommateurs. « Si la confiance est détruite, les gens vont revenir à l'idée que leur argent est mieux sous leur matelas », ajoute Alain Bazot. »
Commentaire : « Choix éclairé », tel est l’enjeu des professions financières afin d’éviter les excès et les détournements juridiques futurs. Pour que le client puisse réaliser un choix éclairé, il est impératif de compléter l’information actuelle, qui relève plus du marketing et du juridique (transfert de responsabilité) que d’une information financière sérieuse et pédagogique, par une information comprenant : - une évaluation des OPCVM prenant en compte la liquidité des lignes (fin des performances fictives et des OPCVM « chaîne de Ponzi ») - une information sur l’utilisation des fonds, - une information régulière décryptant l’actualité - une information sur le cycle économique en cours. Tels sont les objectifs du rapprochement de « Comprendre & Investir » avec un réseau de professionnels.
Clément Lacombe dans « Le Monde » du 16 octobre 2011
Article intitulé : Les places veulent voir la vie en rose
« Cette fois, pas de malédiction d'octobre, pas de brutaux accès de faiblesse en ce mois réputé maudit pour les Bourses, après les krachs de 1929, 1987, 1989 et 2008. Vendredi 14 octobre, les principales places mondiales ont achevé leur troisième semaine consécutive de hausse, le CAC 40 de la Bourse de Paris bondissant de 3,95 % sur cinq jours, à 3 217,89 points. Le DAX francfortois a lui progressé de 5,14 %, tandis que le Footsie londonien a pris 3,07 %. A New York, l'ensemble des trente valeurs du Dow Jones ont terminé la semaine dans le vert, l'indice gagnant 4,88 %. Après un troisième trimestre catastrophique, marqué par une chute inédite depuis 2002, c'est comme si les investisseurs réalisaient soudain qu'ils avaient vu trop noir. Actuellement, l'ensemble des entreprises de l'indice CAC 40 sont désormais valorisées environ huit fois les bénéfices attendus en 2011, " contre environ douze fois dans une période plus calme ", note Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse. »
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 14 octobre 2011
Article intitulé : Quand les spéculateurs ne savent plus quoi faire de leurs matières premières
« Il n'y aura peut-être plus de pétrole dans trente ans mais aujourd'hui les cuves sont pleines. Il n'y a pas non plus de pénurie d'or ou d'argent. Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète. Il y a un mois, Goldman Sachs a conseillé à ses clients de prendre leurs profits en se mettant à la vente sur les matières premières. Voici quelques jours, Morgan Stanley a répliqué en conseillant, au contraire, à ses clients de profiter de la baisse actuelle pour se remettre à acheter massivement. Du coup, chaque jour, on assiste à des "swings" de 3 ou 4 % sur toutes les matières premières. Un jour, un point pour Goldman Sachs, le lendemain Morgan Stanley égalise, le surlendemain c'est Goldman qui reprend l'avantage. En attendant, Glencore aura fait quelques milliardaires, un G8 ou un G20 aura sûrement encore fait des déclarations qu'il n'appliquera jamais, le prix de l'essence aura atteint de nouveaux records même si le cours du pétrole baisse et quelques milliers d'enfants seront morts de malnutrition. Vive la spéculation sur les matières premières... »
Commentaire : La Bourse n’est plus seulement un lieu d’échange, elle est devenue, en priorité, un lieu de mensonge et de combat d’égo servant à enrichir certains, au détriment des autres. La comptabilité, en transformant le réel en valorisation virtuelle, a détourné les capitaux destinés à l’économie, et donc aux Etres Humains, vers les jeux du cirque de la virtualité comptable et financière. Les décisions étatiques n’ont plus aucun lien avec le réel puisqu’elles sont prises dans le cadre de la gestion du monde (jeu) virtuel comptable. Monde virtuel comptable qui n’a plus de réel que les honoraires, les commissions prélevées par les organisateurs et ceux qui les couvrent. Pour le reste, trop souvent, il ne reste qu’un champ de bataille constitué de famine et d’indignés. « Coup de gueule » du 23 avril 2008 http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/coup-de-gueule.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
Apporter de la liquidité et non valoriser artificiellement des mouvements financiers, tel est le rôle du marché Boursier.
Marina Alcaraz dans « Les Echos » d’ 14 octobre 2011
Article intitulé : Des profits records attendus pour les sociétés américaines
« Vers un nouveau trimestre record aux Etats-Unis ? Malgré le pessimisme marqué des marchés au cours des dernières semaines, les entreprises devraient encore faire un pied de nez à la crise. C’est du moins le pronostic des analystes : ils s’attendent à des profits au plus haut, tablant sur des bénéfices totaux de quelque 231 milliards de dollars pour les entreprises du S & P 500 au troisième trimestre, selon Thomson Reuters. Les bénéfices par action sont ainsi prévus en hausse de 13 %. Cette progression a toutefois été révisée en baisse au cours de l’été : au pointage du 1er juillet, le consensus tablait sur une croissance de 17 %. « Les marchés ont une vision très noire : il faudra voir si les chefs d’entreprise commencent à la partager. Jusqu’à présent, la conjoncture n’a pas eu d’impact très négatif sur les sociétés dans leur ensemble, mais le ralentissement économique a commencé à se faire sentir et les effets de base deviennent moins favorables », résume Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel. »
Commentaire : « Entreprises devraient encore faire un pied de nez à la crise » En fait tout va bien, contrairement aux intérêts de ceux qui veulent qu’il y ait une crise pour manger les copains ou créer de la volatilité sur les marchés financiers pour travailler les ordres. Les marchés ne sont plus des marchés qui cotent les entreprises, ils sont devenus des outils stratégiques dans la réalisation d’objectifs financiers basés sur la déstabilisation financière. Les politiques en suivant les lobbies et les dogmes sont devenus des pions actifs dans ce jeu malsain.
Olivier Postel-Vinay, fondateur de la revue « Books » dans « La Tribune » du 13 octobre 2011
Article intitulé : Les mécanismes de la polarisation de l’opinion.
« Les réseaux sociaux ont servi de machines à polariser les esprits, écrit le juriste et sociologue américain Cass Sunstein. Comment le microcosme de la Maison-Blanche en est-il arrivé à se convaincre de l’ardente obligation d’intervenir en Irak ? Comment la communauté financière se laisse-t-elle entraîner à commettre une erreur collective ? La règle de base est celle-ci : « Quand des gens se retrouvent dans un groupe formé de gens qui ont tendance à penser de la même manière, ils sont incités à durcir leur position. » Au point, parfois, d’aboutir à un point de vue extrême, allant bien au-delà de ce qu’ils étaient prêts à penser au départ. Le phénomène est accentué si le groupe comprend un leader ou une autorité. »
Commentaire : J’ai choisi ce texte pour expliciter une courbe parue dans « Challenges » du 13 octobre qui avait comme titre « La Bourse devance et exagère les variations de la croissance ». En fait, la Bourse n’a jamais devancé ni exagéré les variations de la croissance. Elle crée via, la plus ou moins confiance ou l’intérêt dans une information, une réaction boursière qui est sur-amplifiée par la comptabilité, cette dernière amplification fabriquant la volatilité nécessaire aux marchés dérivés. Le schéma est : 1) Information vers la Bourse 2) Traduction « grégaire » de cette information en un sens boursier 3) Très importante amplification comptable de ce sens 4) Intervention des paris sur les marchés dérivés 5) Retour en un sens Boursier imposé par les paris des marchés dérivés qui eux-mêmes relancent le processus sauf nouvelle information.
Jean-Hervé Lorenzi et Olivier Pastré dans « Le Figaro » du 10 octobre 2011
Article intitulé : Bourses européennes : trois fronts, une seule guerre
« Un débat ne semble guère intéresser médias et responsables politiques mais pourtant engage de manière irrévocable l’avenir de l’Europe, c’est celui de la fusion entre NYSE Euronext, l’opérateur des Bourses de New York, Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne et du marché dérivé londonien Liffe et Deutsche Börse, l’opérateur de la Bourse de Francfort et du marché dérivé allemand Eurex. Cette opération survient dans une période de crise économique majeure et touche à des problématiques qui transcendent très largement l’opération boursière telle que les médias en ont rendu compte jusqu’à présent. Depuis le 1er novembre 2007, l’Europe financière est supposée être entrée dans une ère nouvelle. À cette date a correspondu, en effet, la mise en application de la directive sur les marchés d’instruments financiers (MIF). L’objectif de cette directive, âprement discutée, était, au départ, d’améliorer l’efficacité des marchés financiers européens en ouvrant ceux-ci à la concurrence. Fini le temps où les Bourses, à l’abri d’un monopole suranné, pouvaient entretenir des rentes qui, forcément, pénalisaient les utilisateurs finaux, c’est-à-dire les investisseurs. L’ouverture des marchés financiers à la concurrence devait avoir un triple effet : faire baisser les prix, améliorer la liquidité des marchés, et accroître leur transparence. Quatre ans après la mise en vigueur de cette directive, les prix des transactions ont certes baissé, mais ils n’ont pas été répercutés aux investisseurs finaux que sont les ménages et les entreprises. En matière de liquidité, des progrès ont été réalisés mais sur des marchés qui sont aujourd’hui beaucoup plus fragmentés. Quant à la transparence, c’est tout le contraire de l’objectif initial qui a été obtenu : la multiplication des « dark pools » et des « crossing networks », sous contrôle de très grandes banques, s’est traduite depuis deux ans par une bien plus grande opacité des marchés financiers européens. La directive MIF, en faisant le pari du « moins disant réglementaire », « détricote » avec une désarmante obstination ce que les G20 successifs sont en train d’essayer de construire ! La fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse constitue une réponse à ces problèmes, car elle contribue à la consolidation d’un marché boursier européen qui, plus centralisé, et, par nature, transparent, sera donc mieux contrôlable par les autorités de régulation. Le deuxième front est industriel. Il voit s’opposer clairement les principales Bourses mondiales. La complexification croissante des marchés financiers, de même que les mutations technologiques qui s’accélèrent poussent les Bourses à se concentrer pour bénéficier d’économies d’échelle et pour éviter de se faire marginaliser par les autres moins de cinq ans. Enfin, le dernier front est économique, de loin le plus difficile à défendre. Contrairement à ce que disent encore certains, la crise n’est pas finie, comme en témoigne ce qui se passe en Grèce. Pour sortir de cette crise en Europe, il faut créer des emplois. Pour cela, il faut aider au financement des formes de marché moins régulées. Dans ce domaine, Nyse Euronext a le choix entre rester maître de son destin et croître au coeur de l’Europe avec Deutsche Börse ou courir le risque d’être consolidé, soit par un autre acteur américain soit, plus tard, par un émergent asiatique. »
Pierre-Alexandre Sallier dans « Le Temps » (Suisse) du 6 octobre 2011
Article intitulé : Pourquoi la banque Dexia avait passé les tests européens en juillet
« Ces tests portaient sur la solvabilité des banques, et non sur leurs liquidités, rappelle Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue.»
Commentaire : Pas de liquidité, pas de faisabilité des chiffres comptables. Stress tests « illiquides » = tôt ou tard résultats catastrophiques. J’espère que cette leçon portera ses fruits dans le domaine de la gestion financière… sans que l’on passe par la case catastrophe.
Philippe Mabille dans « La Tribune » du 7 octobre 2011
Article intitulé : Arrêtons de tricher avec les taux !
« Peu s'en souviennent. En novembre 1995, deux grands patrons, Henri Lachmann (Strafor-Facom) et Jean-Marie Messier (Générale des eaux), cosignaient une longue chronique en une du « Monde », sous le titre « Cessons de tricher avec les taux ! ». Seize ans plus tard, à la veille de son départ, c'est au tour d'un financier, à coups de pages de pub dans la presse internationale : « Adieu, nous ne vous regretterons pas ! », écrit-il dans une lettre au président de la BCE, dénonçant en Trichet le fossoyeur de l'industrie et une action trop timorée pour sauver l'euro. Le procédé est peu élégant, mais le procès est-il injuste ? Force est de constater que les deux dernières hausses des taux de la BCE, en juillet 2008 et en juillet 2011, ont été suivies d'une crise économique gravissime en Europe. Trichet a peut-être eu l'habileté de laisser à son successeur, l'Italien Mario Draghi, le soin de convaincre les Allemands de baisser les taux. Mais on ne peut s'empêcher de voir dans son départ prochain le symbole de la fin du credo monétariste et donc le présage d'une bonne nouvelle : le retour d'un peu plus d'inflation. Et de croissance. »
Commentaire : Monsieur Trichet a agit selon son mandat. Que les gérants de fonds n’autorisent plus les valorisations comptables fictives de leurs fonds, que les gérants de fonds cessent de travailler aves les dark pools qui leur permettent tous les excès (voire les mensonges), que les gérants de fonds remettent les capitaux qu’ils gèrent dans l’économie réelle, en un mot qu’ils cessent d’aller à l’encontre des investisseurs, de l’économie et de leur rôle « étatique ». ALORS ET SEULEMENT ILS POURRONT PARLER HAUT ET FORT. Mais, même dans ce cas là, qu’ils se souviennent que l’histoire a montré que la propagande avait des limites à ne pas franchir. Pour l’instant, la plupart des gérants ne gèrent que des chaînes de Ponzi. Aujourd’hui, nous vivons une crise de vérité des chiffres. Nous sommes mis face à nos mensonges. Les chiffres n’ont aucune valeur s’ils ne sont pas « liquides ». Quel est la liquidité des lignes d’investissements de la plupart des OPCVM ? Quel est le potentiel de réalisation pour l’ensemble des porteurs de parts des performances annoncées ? Etc… Il est grand temps de mettre fin aux valorisations et aux performances comptables fictives. Le monde financier vit sur les mêmes leurres que les politiques. Les politiques sont tombés sur la liquidité. Pas de liquidité, pas de faisabilité donc pas de réalité. Reste à savoir jusqu’à quand les financiers (gérants de fonds) vont tolérer de travailler sur les mêmes leurres ? Tant que nous fermerons les yeux sur nos mensonges, la dignité veut que nous nous taisions. En l’occurrence, c’est bien la politique adoptée par l’AMF. Quid des responsabilités ? Abraham Lincoln << On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. >> Nous retrouvons dans cet article les cycles SOCIOECOPOFI 95=2011 et la durée de 16 ans qui correspond au 3ème cycle…avant celui de surchauffe.
Nicolette de Joncaire dans « L’Agefi » (Suisse) du 7 octobre 2011
Article intitulé : La bulle latente et discrète des instruments financiers.
« Le nombre de produits financiers explose. Sur une base relativement modeste de sous-jacents qui évolue peu. En comprenant les obligations émises par les états, les collectivités locales, les sociétés côtés, les sociétés non cotés, les indices et quelques fonds à stratégie non reproductibles, le nombre total de sous-jacents au niveau global n'excèderait pas 400.000 produits fondamentaux. Sur cette base, somme toute raisonnable à l'échelle planétaire, le système financier a produit des centaines de millions de produits financiers. Dérivés, fonds, hedge funds, produits structurés et autres combinaisons plus ou moins complexes des quelques actifs directement liés aux émetteurs de l'économie productive se multiplient. Et le rythme s'accélère. L'émission des seuls produits structurés affiche des chiffres vertigineux en hausse accélérée. Plus de 350.000 produits structurés ont été émis en Allemagne au mois de juillet seulement. On estime la moyenne d'émission quotidienne entre 8000 à 10.000 par jour. Près de 40.000 ont vu le jour en Suisse en 2010 et les chiffres des sept premiers mois laissent présager une hausse de 37,5% à 55.000 cette année. Pour mémoire, en 2007, ce nombre n'était que de 2000 par mois soit la moitié. Autre marchés particulièrement actifs, Singapour et Hong Kong avec près de 10.000 et 15.000 émissions respectivement au mois de juillet. Les autres grands acteurs mondiaux sont la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis bien que ces derniers soient plus modestes relativement à la taille de leur marché. »
Commentaire : Roulez jeunesse ! Le grand frisson des chiffres assuré avec pour seule garantie une absence de liquidité en cas de retraits importants et la garantie d’un choc systémique par les répercussions sur les sous-jacents. Et si vous n’investissiez que dans l’économie réelle ? Hors couverture, les produits dérivés sont des outils de destruction massive.
Fabio Marquetty dans « La Tribune » du 7 octobre 2011
Article intitulé : Plus que jamais les investisseurs affichent leur manque de confiance
« L'aversion des investisseurs pour le risque associé au compartiment des actions a rarement été aussi forte. Selon les données fournies par Bloomberg, le CAC 40 afficherait un taux de rendement de 5,3 %, soit 260 points de base de plus que celui de l'OAT à 10 ans. Du jamais-vu depuis la création de l'indice vedette de la Bourse de Paris en 1987. Cette prime est d'ailleurs supérieure de 420 points à la moyenne constatée entre le taux de coupon des emprunts d'État, qui, à l'inverse d'aujourd'hui est historiquement plus rémunérateur à hauteur de 160 points de base, et la rémunération des actions du CAC 40 basée sur les prévisions de dividendes futurs. Le décalage exceptionnel de perception des investisseurs à l'égard, d'une part des marchés boursiers, et, d'autre part, du marché obligataire, donne lieu à des excès susceptibles d'être corrigés. Comme lorsque France Télécom a progressé, à l'issue de la séance du 8 septembre dernier, deux fois plus vite que le CAC 40 après avoir annoncé l'émission d'une ligne obligataire de maturité 10 ans à 4,125 %, faisant ressortir un écart de rendement de 717 points de base par rapport au rendement de plus de 11 % de l'action. « Le groupe s'est engagé sur une hausse du dividende l'an prochain et ce malgré un repli attendu de 25 % de ses résultats cette année », soulignent les équipes de gestion de Groupama. »
Claire Gatinois dans « Le Monde » du 5 octobre 2011
Article intitulé : La volatilité des marchés reste forte, les " robots traders " sont pointés du doigt
« A Wall Street, à la City de Londres ou à la Bourse de Paris l'ampleur et la rapidité des mouvements intriguent. " En moins d'une heure, lundi, l'indice S & P 500 à New York a varié de 1,50 % ! ", note Gregori Volokhine, chez Meeschaert à New York. Les experts s'interrogent : les " robots traders " ne jouent-ils pas un rôle déstabilisateur ? Ces machines qui passent des ordres de Bourse n'ont-elles pas mis les marchés hors de contrôle ? Aujourd'hui, environ 70 % des volumes échangés en Bourse aux Etats-Unis, et plus de 50 % en Europe, sont l'oeuvre de machines et non plus d'êtres humains. A l'origine, il est question d'efficacité et d'économies. " Un robot ne réclame pas de bonus " plaisante Victor Lebreton, enseignant chercheur à l'Ecole centrale d'électronique (ECE). Mais les machines ne se contentent pas d'exécuter des ordres à moindre coût. Certaines sont dotées d'une intelligence artificielle, explique M. Lebreton. Les mathématiciens issus des meilleures universités - Harvard, Columbia, Polytechnique ou Centrale Paris -, programment les ordinateurs en intégrant des paramètres sur l'évolution de cours et de statistiques pour déclencher automatiquement l'achat ou la vente de titres. Ces systèmes, employés par des fonds spéculatifs comme Renaissance Technologies, permettent souvent de gagner - beaucoup - d'argent. Mais ils amplifient les tendances de marché. Pire, l'action d'un robot déclenche parfois celle d'un autre avec un risque d'emballement. Ainsi, une baisse de 15 % du titre Société générale peut se transformer en un plongeon de 23 %... Plus troublant encore, est le rôle du trading à haute fréquence (THF) ou " flash trading ". Ces robots ultrarapides sont apparus au début des années 2000 sur les marchés américains et en Europe vers 2007. Aujourd'hui le THF représenterait 40 % du marché européen, selon l'opérateur Euronext, et 56 % aux Etats-Unis. Ces automates surpuissants exécutent des ordres en un battement de cils. A Paris, le régulateur a ainsi recensé plus de 700 ordres passés en une seconde, dont 200 d'un même acteur ! Il a fallu six mois au gendarme de la Bourse aux Etats-Unis pour décortiquer les ordres passés, le 6 mai 2010, et identifier l'origine du krach éclair survenu à Wall Street. »
Commentaire : Sans commentaire...Si ce n’est : Comment expliquer l’inertie des décisions dans la réaction à avoir concernant cette situation des plus destructrices pour les Etats et les investisseurs ?
Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » du 5 octobre 2011
Article intitulé : Succès croissant pour les warrants et les certificats
« Les actions souffrent, c'est le moins que l'on puisse dire, d'une large désaffection depuis le début de l'année. Une bien mauvaise affaire pour tous ceux qui ont construit leur stratégie patrimoniale autour de cette classe d'actifs, que ce soit directement ou indirectement, via des enveloppes fiscales avantageuses (du type PEA ou assurance-vie). Une bien meilleure affaire, en revanche, pour tous ceux qui comptent sur les effets de levier et la volatilité pour tenter de sortir gagnant de ce contexte boursier calamiteux. Certains produits de Bourse permettent ainsi de tirer profit aussi bien de la hausse que de la baisse d'un sous-jacent. Plus de 40.000 warrants et certificats ont, de la sorte, été émis depuis janvier. Près de 800 sous-jacents sont couverts. Les performances enregistrées sur le seul mois d'août sont également éloquentes : près de 26.000 transactions ont été enregistrées en moyenne par jour alors que plus de 156 millions d'euros ont été échangés sur la période. Un record historique. 68 % des personnes interrogées estiment qu'elles ne connaissent pas suffisamment leur fonctionnement. Très étonnamment, elles ne sont que 56 % à penser que ces deux produits sont trop risqués pour se positionner dessus. »
Commentaire : Les actions constituent un pan de l’économie. A ce titre, elles ne peuvent être « banalisées » sous le vocable classe d’actif. Les produits type warrants et certificats sont des produits de spéculation qui nuisent à l’économie et, souvent, à l’Etre Humain (matières premières…). Je milite pour qu’il soit imposé à l’origine d’un conseil financier de faire remplir et signer au client un document de « Destination des fonds ». Les questions pourraient être :
- Désirez-vous que la totalité de vos capitaux servent l’économie ?
- Si non, quel est le montant que vous désirez affecter à l’économie virtuelle
- Sachant que les produits dérivés sur les matières premières peuvent créer des famines, désirez-vous autoriser un investissement direct ou indirect sur ces produits ?
- Si oui, quel montant ?
- Etc…
Les produits dérivés utilisés en spéculation pure sont des armes de destruction massive à tout point de vue (SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier)
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 4 octobre 2011
Article intitulé : La valorisation du non-coté retrouve son niveau de 2008
« On sait que les valorisations des PME cotées en France se portent plutôt bien, avec un indice CAC Mid & Small qui se paie 11,3 fois le bénéfice net estimé pour 2011, contre un multiple de 7,8 seulement pour le CAC 40 (« La Tribune » du 14 septembre). Mais quid des valorisations des PME non cotées ? Elles aussi sont tout à fait honorables, à en croire l'indice mid-market élaboré par la société de capital-investissement Argos Soditic : au premier semestre, la valorisation moyenne des PME non cotées de la zone euro représentait 7,2 fois leur excédent brut d'exploitation (EBE), soit une hausse de 12,5 % en l'espace d'un an. Surtout, pour la première fois depuis trois ans, cette valorisation s'approche de celle affichée en 2008 (7,6), avant la crise financière. Crise qui avait précipité la valorisation des PME non cotées de la zone euro à un plus bas historique de 6 fois l'EBE, en décembre 2009.Résultat, pour la première fois depuis la création de l'indice mid-market Argos Soditic, en 2006, les fonds d'investissement ont payé leurs acquisitions plus cher (de 10 %) que ne l'ont fait les acheteurs industriels. »
Commentaire : Economiquement tout va « bien », mais pourquoi donc cette situation financière ?
Christine Kerdellant dans « l’Express » du 28 septembre 2011
Article intitulé : La Bourse a entériné l’euthanasie de l’Occident
« C’est bien l’irresponsabilité politique que les marchés sanctionnent : l’Italie ne se porte pas plus mal que la France, mais elle vient de voir sa note dégradée parce que son gouvernement s’est décrédibilisé. Les politiques s’ingénient à creuser leur propre tombe. Le comble ? Les marchés font leur miel de l’absence de volonté qu’ils dénoncent : si, au lieu de discuter ratios de solvabilité bancaire ou d’organiser des mascarades de stress tests, les occidentaux s’étaient mis d’accord pour brider l’imagination des génies de la finance et empêcher les prises de position ultraspéculatives, ils ne seraient pas obligés d’envisager à nouveau de voler au secours des banquiers qu’ils ont déjà sauvés de la faillite en 2008 et qui, entre deux appels à l’aide, ont réalisé de jolis profits en encaissé de confortables bonus. »
Commentaire : Nous vivons une crise des institutions « politisées », « dogmatisées » et « lobbiisées » ».
Nicolas Barré et François Vidal, propos de Jacques de Larosière, dans « Les Echos » du 3 octobre 2011
Article intitulé : « L’effondrement de la valeur boursière des banques défie la raison »
« La plupart d’entre elles (banques) n’ont pas de problème de fonds propres. L’effondrement de leur valeur boursière défie manifestement la raison. Faut-il accroître les fonds propres bancaires ? Ce n’est pas le problème, comme je l’ai déjà souligné. Dans le cadre de l’application des nouvelles normes prudentielles, Bâle III, les banques ont accru leurs fonds propres à marche forcée. Elles ont théoriquement jusqu’à 2019 pour se hisser au niveau des nouvelles exigences, mais dans les faits tout le monde considère que l’effort devra être fait – et sera fait – d’ici à 2013. Au final, les banques disposeront de 4 à 5 fois plus de fonds propres qu’en 2007. Ce qui paraît suffisant, d’autant qu’il ne faut pas oublier que le secteur va également être soumis à des règles très, voire trop, contraignantes en matière de liquidités à court et long terme. Ce serait une erreur de charger encore la barque de plusieurs points de fonds propres pour les plus grandes banques. »
Roland Laskine dans « Le Figaro » du 3 octobre 2011
Article intitulé : Bourse : 216 milliards d’euros partis en fumée
« La baisse des marchés intervenue en août et septembre a fait partir en fumée l’équivalent de 216 milliards d’euros sur la valeur boursière des sociétés du CAC 40 depuis le 1er janvier. Au cours de la seule journée du 22 septembre, la chute de 5,25 % de l’indice phare de la Bourse de Paris a fait disparaître 40 milliards d’euros, soit autant que la capitalisation boursière de groupes de la taille d’EDF ou L’Oréal ! Aujourd’hui, l’ensemble des quarante plus importantes sociétés françaises pèse en Bourse l’équivalent de 794 milliards d’euros. Ce chiffre peut paraître élevé pour les non-initiés, mais il représente en réalité à peine plus que la valeur comptable des actifs des entreprises entrant dans le CAC 40. La chute des cours a atteint de telles proportions que les plus grands groupes industriels de la cote se traitent en Bourse au prix des usines, des stocks de marchandises ou des terrains sur lesquels sont bâtis les entrepôts ou les magasins. Avec un cours de Bourse tombé à 17,14 euros, Carrefour vaut ainsi en Bourse 3,4 milliards d’euros de moins que la valeur de son patrimoine immobilier évalué à 15 milliards d’euros. Autre exemple, la capitalisation boursière du groupe Total est tombée à 78,4 milliards d’euros, soit l’équivalent de 1,3 milliard de barils de pétrole brut. Ce calcul, auquel se livrent régulièrement les analystes financiers, conduit à une valeur du groupe équivalente à une année et demie de production au cours actuel du baril de pétrole à Londres. Une misère quand on sait que les réserves prouvées de Total représentent plus de douze années de production ! Que dire de la Société générale dont la valeur boursière était tombée à la mi-septembre à moins de 30 % du montant de ses fonds propres ? « En période de crise et de craintes majeures sur l’avenir, la chute des cours de Bourse peut provoquer un effondrement complet des cours pour la simple raison que la valeur des actifs n’est plus considérée comme un critère pertinent pour apprécier une société, explique Emmanuel Soupre, responsable de la gestion Actions France chez Neuflize Private Asset. Quand les marchés redoutent un ralentissement de l’activité, le seul critère que les investisseurs prennent en compte, ce sont les perspectives de croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices. »
Commentaire : Je reprends quelques derniers commentaires, mais avant, un commentaire de l’ancien président de l’AMF Michel Prada dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 « Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »
Commentaire du 22 août 2011 : « Le problème de cet article est qu’il oublie de mentionner que les pertes qu’il indique sont des pertes dues au système comptable et que ces dernières, en cas d’inversion des paris financiers, se résorberont par la magie de l’absurdité de ces mêmes règles comptables. Halte, aux parallèles entre la comptabilité et la finance ! »
Commentaire du 28 septembre : De nouveau, nous avons un exemple des dégâts de la valorisation comptable. Valorisation comptable qui amplifie à l’ensemble des titres les variations boursières momentanées qui ont eu lieu sur quelques titres. Je pense qu’il serait temps que la presse professionnelle distingue bien la valorisation comptable, du prix (pour un volume échangé), de la valeur de l’entreprise. Comme je ne cesse de le répéter, ce n’est pas la variation boursière qui déstabilise le système, c’est l’amplitude qui est donnée à cette dernière par le système comptable (ex : si l’on tient compte des volumes échangés le CAC 40 du 22/09 qui est annoncé à – 5,24% passe à -0,0611%. Cherchez l’erreur, plus de 98 % de la perte annoncée est d’origine comptable !) et la résonnance médiatique donnée à cette aberration qui sont les facteurs déterminants de la volatilité boursière. Volatilité qui à terme touche la consommation et l’affectation des capitaux. Le futur aura du mal à expliquer le maintien d’une telle débilité comptable…sauf à prouver que cette débilité n’était due qu’à la vénalité des intervenants (qui ont intérêt à « grossir » les montants et les mouvements pour facturer leurs commissions ou leurs honoraires) et à l’impérative existence de cette volatilité totalement artificielle pour la spéculation sur les marchés dérivés.
Commentaire du 22 septembre 2011 : Mais où sont les gérants ? Qu’attendent-ils ? Qu’il y ait moins de trésorerie ? Qu’il y ait moins de potentiel de hausse ?
Mais où sont les gérants d’OPCVM ? Où sont les gérants fondamentalistes ? Où sont les gérants qui déclarent gérer, comptablement, des fonds de plusieurs milliards ? Un peu de cohérence avec les pubs et les objectifs de gestion ferait le plus grand bien au marché…et aux clients.
Commentaire du 20 septembre 2011: L’irrationnalité n’est ni financière, ni économique, elle est comptable. C’est bien la comptabilité qui en donnant une fausse valorisation (transposition d’un prix réalisé sur un très faible volume à une heure donnée à l’ensemble des titres) fait croire en de faux prix (les porteurs de parts croient tous que les cours (prix) des OPCVM sont réalisables pour tous les porteurs de parts) et en de fausses valeurs (la valorisation boursière devient valeur de l’entreprise). Nous avons dans cet article un magnifique exemple de ce fait, il est écrit « banques françaises ont dégusté en Bourse ces dernières semaines. En moins de six mois, elles ont perdu la moitié de leur valeur, voire les deux tiers ». De nouveau, il est confondu la valorisation et la valeur réelle. Cette phrase extrapole, à l’ensemble des porteurs de parts et à la valeur économique de l’entreprise, le fait que les investisseurs spéculateurs du jour, qui ne sont qu’une très faible minorité, aient perdu. Souvenez-vous de la revue de presse d’hier et du cas d’Air France. Schématiquement, il a deux intervenants en Bourse, le spéculateur du jour (ajouté à celui qui doit retirer pour des besoins de trésorerie) et l’investisseur dans l’entreprise qui n’est pas là pour mouvementer ses titres au jour le jour. Comme déjà indiqué, le problème actuel est que la comptabilité en dehors de toute logique affecte le cours de spéculation réalisé à une heure précise, par une très faible minorité des porteurs de parts, à l’ensemble des porteurs de parts. Exemple des dégâts de ce système : hier, le CAC40 est annoncé avec une perte de 3%. Dans les faits, si le système comptable afin de donner une valorisation plus juste à l’ensemble des porteurs de parts pondérait, en toute logique, cette « perte » sur l’ensemble des porteurs de parts, la perte ne serait que de 0,0185%. Dans le cas actuel, l’indice multiplicateur de destruction comptable de valeur (en cas de hausse, c’est un indice multiplicateur de création comptable de valeur) est de 162 (3/0,0185=162). Ajouté à cet indice multiplicateur de destruction comptable de valeur s’ajoute l’effet retardateur de retour à la cotation. Si, nous prenons le CAC40 qui a baissé de 3%, pour qu’il revienne à son ancienne valeur, il devra, non pas monter de 3% mais de 3,1% soit une hausse supplémentaire de 0,1% (3,1-3). Cette hausse de 0,1 correspond à une hausse supplémentaire de 3,33% (0,1/3)! Dans cet exemple, nous cumulons, un effet multiplicateur de destruction comptable de valeur de 162 et un effet retardateur de retour à la cotation de 0,033%. Retenez que lorsque la variation est inférieure à 1, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 0,33% ; que lorsque d’elle est supérieure à 1, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 3,33 % et lorsqu’elle supérieure à 100 %, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 33,3%.
Exemple pour un CAC40 qui passe de 4 000 à 3 000 soit une baisse de 25%, pour qu’il revienne à son ancienne valeur, il devra, non pas monter de 25% mais de 33,3% soit une hausse supplémentaire de 8,3 (33,3-25). Cette hausse de 8,3 correspond à une hausse supplémentaire de 33,3% (8,3/25)! Dans cet exemple, nous cumulons, un effet multiplicateur de destruction comptable de valeur de 162 et un effet retardateur de retour à la cotation de 33,3%. Prenons maintenant le cas d’un CAC40 qui passe de 5000 à 2000, soit une baisse de 60%, il devra remonter de 150% soit une hausse supplémentaire de 90 (150-60). Cette hausse de 90 correspond à une hausse supplémentaire de 333% (90/60)! pour passer de 2 000 à 5000. L’effet retardateur de retour à la valeur sera de 33,3% (90/60). En synthèse, lorsque la baisse est inférieur à 10%, il faudra ajouté 0,3% pour revenir au cours, lorsque la baisse est entre 10 et 100%, il faudra ajouté 3% et au-delà de 100%, il faut ajouter 33,3%.
Commentaire du 7 septembre 2011 : Je pense que cette période restera dans les annales comme la période où la gestion boursière a sombré dans la bêtise. Comment expliquer à des étudiants futurs la période que nous vivons actuellement sans se décrédibiliser ? Comment croire en des gérants qui n’investissent pas aujourd’hui ? Il est grand temps que nous, les gérants, comprenions et assumions le fait que depuis le milieu des années 80 (libéralisation des marchés), nous ne soyons plus des spectateurs économiques. Nous sommes devenus des Réalisateurs, créateur de l’économie. Le temps est venu de quitter nos habits de spectateurs et de commentateurs financiers en faveur de Réalisateur d’Economie. Un spectateur peut commenter un film et sa réalisation. Un réalisateur, ne peut le faire qu’une fois le film terminé. Le jour où nous les gérants, arrêterons de commenter pourquoi nous ne faisons rien ou de justifier, à l’aide de ratios bidons auto-justificateurs, auto-réalisateurs et autodestructeurs, pourquoi nous en faisons trop, alors nous aurons pris la place qui est la nôtre aujourd’hui, la place de Créateur et de Réalisateur. Mettons nous à la Création et à la Réalisation et tout se passera bien, restons des spectateurs commentateurs et le discrédit sera notre lot.
Dans « Gestion de Fortune » de septembre 2011
Article intitulé : 5 300 milliards de dollars
« En l’espace de quatre semaine seulement (mi-juillet/mi août), la capitalisation des principales bourses dans le monde a fondu de 5 300 milliards de dollars. Sur cette même période, le seul CAC 40 a perdu près de 22%. »
Commentaire : De nouveau, nous avons un exemple des dégâts de la valorisation comptable. Valorisation comptable qui amplifie à l’ensemble des titres les variations boursières momentanées qui ont eu lieu sur quelques titres. Je pense qu’il serait temps que la presse professionnelle distingue bien la valorisation comptable, du prix (pour un volume échangé), de la valeur de l’entreprise. Qu’elle est l’implication du phénomène comptable dans les 5 300 milliards de dollars qui soit disant ont fondu ? 50%, 70%, 90% ou plus ?
Gilles Coville dans « Les Echos » du 27 septembre 2011
Article intitulé : Le risque de retournement
« Sommes-nous début septembre 2008, à quelques jours de la faillite de Lehmann Brothers, qui transforma la crise financière en récession ? Ou fin février 2009, à la veille du puissant rebond des Bourses, qui anticipa très tôt le retour de l’économie mondiale à un minimum de normalité ? Là où d’habitude ce sont les marchés qui prennent conscience de leur excès de pessimisme, cette fois ce serait les politiques qui, dos au mur, s’apprêteraient à sonner la fin de la spirale baissière. David Shairp, stratégiste chez JPMorgan Asset Management, souligne que l’indicateur d’appétit pour le risque de Credit Suisse est à un point bas de trente ans et que dans les trois occasions précédentes où cela s’est produit, dont l’hiver 2009,« les actions se sont appréciées d’environ 30 % pendant les douze mois suivants ». Selon le dernier sondage Bank of America-Merrill Lynch, les gérants de fonds en sont revenus à leur sous-pondération en actions du début 2009, signe de leur profonde inquiétude. Mais ils sont aussi pour plus d’un tiers surpondérés en cash, donc prêts à réagir. »
Virginie Robert dans « Les Echos » du 27 septembre 2011
Article intitulé : Berkshire Hathaway va racheter ses propres actions
« Warren Buffett ne craint pas d’expérimenter. Pour la première fois de sa carrière d’investisseur, il est tombé d’accord avec son conseil d’administration pour utiliser l’énorme réserve de cash (47,8 milliards de dollars à fin juin) de Berkshire Hathaway non pas pour ajouter une société à son portefeuille mais pour lancer un plan de rachat d’actions. Aujourd’hui,« les activités de Berkshire Hathaway valent considérablement plus que la valeur actuelle des actions », estime la société.« Si notre opinion est correcte, les rachats vont augmenter la valeur intrinsèque des titres de Berkshire et vont bénéficier aux actionnaires qui les conservent. » Berkshire Hathaway ne donne pas de montant limite à ce plan mais n’abaissera pas ses réserves de cash sous les 20 milliards de dollars, conservant ainsi assez de puissance de feu pour des acquisitions. Regorgeant de cash, de nombreuses entreprises, comme Wal-Mart, Pepsi, Raytheon, Intel, Microsoft, ou IBM, ont eu recours aux rachats d’actions depuis 2008. »
Dominique Barbet, économiste, dans « Le Figaro » du 24 septembre 2011
Article intitulé : La déprime des marchés menace l’économie réelle
« Les marchés boursiers ont commencé à s’effondrer le 1er août, immédiatement après l’apparition des premiers signes de sérieux ralentissement de l’économie américaine. Il est clair, désormais, que cette chute brutale des marchés tout au long des dernières semaines entretient en retour la déprime de l’économie réelle. Et ce faisant, le cercle vicieux autoréalisateur est enclenché. « Les ménages français sont prudents mais ne sont pas fortement inquiets d’une dégradation de leurs finances et parallèlement ils restent plutôt confiants sur l’inflation à moyen terme », nuance Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas. « La situation des ménages n’est donc peut-être pas aussi mauvaise qu’elle aurait pu l’être compte tenu du contexte économique global, ce qui plaide pour une petite progression de la consommation privée de nature à éviter une plongée en récession ». Malgré tout, la baisse de la confiance des acteurs économiques rend de plus en plus hypothétiques les prévisions de croissance pour la fin de l’année. »
Commentaire : Dès les premiers mots, cet article fait bien la différence entre économie réelle et marché financier. Distinction confirmée par la suite dans la phrases « « Les ménages français sont prudents mais ne sont pas fortement inquiets d’une dégradation de leurs finances et parallèlement ils restent plutôt confiants sur l’inflation à moyen terme ». Phrase étonnante lorsque l’on lit à longueur de journée la catastrophe qui est censée être là ou celle qui arrive. Si nous nous arrêtons à un raisonnement simpliste, nous pourrions croire que nous sommes bien dans la situation où les variations des marchés financiers, qui n’ont rien à voir avec l’économie, déstabilisent cette dernière par un effet auto réalisateur. Comme je ne cesse de le répéter, ce n’est pas la variation boursière qui déstabilise le système, c’est l’amplitude qui est donnée à cette dernière par le système comptable (ex : si l’on tient compte des volumes échangés le CAC 40 du 22/09 qui est annoncé à – 5,24% passe à -0,0611%. Cherchez l’erreur, plus de 98 % de la perte annoncée est d’origine comptable !) et la résonnance médiatique donnée à cette aberration qui sont les facteurs déterminants de la volatilité boursière. Volatilité qui à terme touche la consommation et l’affectation des capitaux. Le futur aura du mal à expliquer le maintien d’une telle débilité comptable…sauf à prouver que cette débilité n’était due qu’à la vénalité des intervenants (qui ont intérêt à « grossir » les montants et les mouvements pour facturer leurs commissions ou leurs honoraires) et à l’impérative existence de cette volatilité totalement artificielle pour la spéculation sur les marchés dérivés.
Sophie Fay et Thierry Philippon dans « Le Nouvel Observateur » du 22 septembre 2011
Article intitulé : Pourquoi les marchés disjonctent
« « Les marchés ont régulièrement des accès de folie, cela discrédite nos métiers », reconnaît Pascal Heurtault, directeur de la gestion d’Aviva Investors (assurances). C’est que l’ingénierie financière débridée et la déréglementation constituent un mélange plus explosif que la nitroglycérine. Dominique Cerutti, directeur général adjoint de la bourse NYSE Euronext, nous livrait son évaluation de la proportion ultradominante des « flux financiers opaques » : 90% des transactions sur le marché à terme ou futures (au total 600 000 milliards de dollars de contrats/jour sur les matières premières et les produits financiers) ; 99% des transactions sur le marché des obligations ; 100% des transactions sur le marché des changes (4000 milliards de dollars de transactions/jour) ; 40% des transactions sur le marché des actions en Europe (400 milliards de dollars/jour). « Une bonne partie des transactions étrangères vient des îles Caïmans, expliquent Jean-Louis Mourier et Christian Parisot, économistes du courtier Aurel BGC. Organisées par les banques, les « dark pools », ces Bourses noires, ces plates-formes de négoce parallèles et discrètes permettent aux gros investisseurs de s’échanger à moindre coût des blocs d’actions. En fin de journée, les « dark pools » déclarent le solde des opérations à la Bourse officielle, au cours de clôture, mais sans détails sur les échanges. Il y a encore plus opaque : les échanges « de gré à gré » entre opérateurs »
Article intitulé : L'affaire UBS illustre l'incroyable croissance des produits ETF
« Dans les salles Delta One à travers la planète, la star montante depuis quelques années s'appelle « exchange-traded fund » (ETF). Kweku Adoboli en était un spécialiste. Certes, selon UBS, les pertes réalisées par le trader proviennent de produits plus simples : des contrats à terme sur le Dax, le S & P 500 ou l'Eurostoxx lors des trois derniers mois. Mais il aurait utilisé un jeu de fausses écritures donnant l'impression qu'il couvrait ses positions avec des ETF factices... Comme souvent, l'idée de départ des ETF est simple et attirante. Il s'agit d'un fonds qui suit un indice (par exemple le Dow Jones 50 ou le SMI). La nouveauté réside dans le fait qu'il est lui-même coté en Bourse. Cela permet aux investisseurs d'acheter et de vendre très facilement une exposition à l'indice, sans avoir à acheter les actifs sous-jacents eux-mêmes. Le succès aidant, des ETF permettant de vendre à découvert des indices sont apparus, de même que d'autres à effet de levier. Les encours des ETF ont grimpé en moyenne de 40 % par an en moyenne ces dix dernières années pour atteindre 1 .200 milliards de dollars au troisième trimestre 2010 et sans doute 2.000 milliards d'ici à la fin de l'année. Pour l'heure, 85 % des ETF sont adossés à des indices « actions » mais les ETF sur les matières premières rencontrent un certain engouement. Gouvernements, experts et régulateurs commencent à tirer la sonnette d'alarme. Tant que ces produits se basaient sur des marchés très liquides, il n'y avait pas de problème. Mais sur le blé ou les valeurs russes, les actifs sous-jacents peuvent être plus difficiles à vendre rapidement. En cas de crise, les investisseurs sont-ils conscients des limites de ces produits ? Terry Smith, de la société de gestion Tullett Prebon, avertissait dès janvier dernier, avec un billet sur son blog au titre évocateur : « Savez-vous ce qu'il y a dans votre ETF ? » Les fabricants d'ETF sont cependant allés encore plus loin. Plutôt que d'acheter les actifs sous-jacents des indices, ils ont commencé à créer des ETF « synthétiques ». Ceux-ci utilisent des produits dérivés qui sont censés suivre l'indice en question. Entrent alors en jeu des contrats de « swap », avec des risques de contrepartie en cas de défaut. « Ce sont les nouvelles boîtes noires de la finance », s'alarme un analyste financier.»
Commentaire : Il est indiqué « Cela permet aux investisseurs d'acheter et de vendre très facilement une exposition à l'indice, sans avoir à acheter les actifs sous-jacents eux-mêmes ». En clair, l’utilisation des ETF permet de parier sur des indices que l’on sait illiquides. Ce jeu est extrêmement dangereux car en cas de fortes baisses, les sous-jacents (actions sur lesquelles se reposent les paris) seraient in-fine attaqués à la vente. Là, nous aurions un effet systémique dévastateur (sans parler des effets des opérations à effet de levier). Pour rappel, il est indiqué « Les encours des ETF ont grimpé en moyenne de 40 % par an en moyenne ces dix dernières années pour atteindre 1.200 milliards de dollars au troisième trimestre 2010 et sans doute 2.000 milliards d'ici à la fin de l'année. ». Imaginez cet argent dans le circuit économique normal ! Je ne suis pas d’accord avec « ces produits se basaient sur des marchés très liquides ». L’utilisation de la notion de liquidité est plus qu’hypothétique car en cas d’afflux de vente, la chute des cours serait systémique et se terminerait par la vente du sous-jacent qui deviendrait illiquide car à 0…ou bloqué (mais trop tard) par les instances de régulation. Au secours !
Cela dit, l’article mentionne ce risque même s’il le cantonne, à priori (et sauf erreur de ma part) aux contrats de « swap » dans la phrase « Entrent alors en jeu des contrats de « swap », avec des risques de contrepartie en cas de défaut. « Ce sont les nouvelles boîtes noires de la finance », s'alarme un analyste financier.»
Si vous êtes un particulier, refusez tout investissement dans ce type de produit. Si vous êtes un professionnel, pour notre futur et votre protection juridique, je vous propose de ne pas en conseiller.
Fabio Marquetty avec Jérôme Marin dans « La Tribune » du 22 septembre 2011
Article intitulé : Les groupes du S&P 500 s'acheminent vers des bénéfices records
« Les entreprises du S&P 500 semblent, à moins d'un revirement brutal de tendance, en bonne voie pour dépasser, cette année, leur dernier pic bénéficiaire de 2007. C'est du moins ce qu'il ressort des statistiques consolidées établies sur la base des dernières publications de résultats trimestriels des poids lourds de Wall Street. Entre avril et juin 2011, ces derniers ont engrangé plus de 200 milliards de dollars de bénéfices nets et près de 230 milliards de dollars de résultats opérationnels. Un record historique qui contraste avec la morosité conjoncturelle ambiante. À cela deux raisons : d'un côté, la nette hausse de la contribution des pays émergents à la croissance des bénéfices au cours des cinq dernières années, de l'autre, l'effet des diminutions de coûts drastiques consécutives à la crise economico-financière de 2008. Pour autant, cette relative solidité financière affichée par les grandes entreprises américaines ne se reflète pas dans leurs cours de Bourse. Au contraire, actuellement, les prix des actions intègrent implicitement une croissance quasi-nulle des résultats en 2011. Et cela, alors que l'indice S&P 500 cote plus de 20 % en-dessous de son plus haut historique atteint le 9 octobre 2007 à 1.565,15 points. Cette situation est visiblement jugée opportune par les groupes, qui se reposent sur d'abondantes ressources pour acquérir leurs propres titres à moindre coût. »
Commentaire : Mais où sont les gérants ? Qu’attendent-ils ? Qu’il y ait moins de trésorerie ? Qu’il y ait moins de potentiel de hausse ?
Sophie Péters dans « La Tribune » du 22 septembre 2011
Article intitulé : Du bon usage des prophéties autoréalisatrices
« C'est désormais un classique du monde de l'économie et de la finance remis aujourd'hui spectaculairement en selle par la crise : la prophétie autoréalisatrice ! Elle se produit lorsqu'une croyance a modifié des comportements de telle sorte que ce qui n'était que croyance devient réalité. Elle charrie le pire comme le meilleur. Le pire ? C'est la Bourse qui s'agite à la moindre information et l'économie qui dérape quand les difficultés redoublent. Dans l'entreprise, ce sont des managers démotivés et démobilisés qui n'adhèrent plus à la stratégie... ce qui lui donne encore moins de chances de se réaliser. Le meilleur ? C'est en matière d'éducation quand un professeur particulièrement convaincu d'avoir de bons élèves, leur fera mieux apprécier ses travaux, mais motivera également ses élèves qui feront des progrès. C'est vrai aussi dans l'entreprise en matière de management, ce que les psychosociologues nomment l'effet Pygmalion. « Si les hommes considèrent des situations comme réelles, alors elles le deviennent dans leurs conséquences », disait le sociologue américain William Isaac Thomas dans les années 1930. Il a donné naissance au « théorème de Thomas » pour rendre compte du fait que les comportements des individus s'expliquent par leur perception de la réalité et non par la réalité elle-même. En 1949, dans « Social Theory and Social Structure », le sociologue Robert K. Merton, va un cran plus loin que le théorème de Thomas estimant : « C'est, au début, une définition fausse de la situation qui provoque un comportement qui fait que cette définition initialement fausse devient vraie. » À la différence du « théorème de Thomas », ce ne sont donc plus simplement les conséquences de la croyance qui sont vraies, mais la croyance qui le devient. Dans un contexte où les politiques et les économistes jouent à celui qui sera le plus inquiétant et où beaucoup veulent croire que le pire est devant nous, rassurer devient suspect. »
Commentaire : Attention, je suis suspect…
Muriel Motte dans « Les Echos » du 22 septembre 2011
Article intitulé : Le prix de l’incertitude
« Philippe-Henri Burlisson chez Groupama AM constate que« les marchés évoluent en mode extrême, à des niveaux irrationnels qui reflètent le stress des investisseurs plus que les fondamentaux et une tendance flagrante au tout sauf l’euro ». A trois reprises seulement au cours des trente dernières années (1982, 2002, 2008), les degrés de panique et d’aversion au risque sur les actions ont dépassé le niveau actuel. Le taux de défaut implicite des entreprises les mieux notées mesuré par l’indice Itraxx atteint le niveau aberrant de 14 % à 15 % alors que les agences de notation anticipent moins de 2 % de défaillance sur les émetteurs de la catégorie spéculative. Enfin, la ruée sur certaines obligations d’Etat tels les emprunts suisses laisse songeur puisque sur les titres à 2 ans le rendement du taux nominal, avant la prise en compte de l’inflation, est aujourd’hui négatif. »
Commentaire : Mais où sont les gérants d’OPCVM ? Où sont les gérants fondamentalistes ? Où sont les gérants qui déclarent gérer, comptablement, des fonds de plusieurs milliards ? Un peu de cohérence avec les pubs et les objectifs de gestion ferait le plus grand bien au marché…et aux clients.
Renaud Honoré dans « Les Echos » du 21 septembre 2011
Article intitulé : L’Europe avance vers un accord sur la régulation des CDS
« Les eurodéputés et le Conseil se sont retrouvés hier pour trouver un compromis autour de l’encadrement des CDS souverains. Les deux camps travaillent sur une interdiction de la détention de CDS à nu, sauf en cas de mise sous tension de la liquidité. Les contrats d’assurance sur le risque de défaut souverain reviennent sur le devant de la scène à Bruxelles. Alors même que le CDS (« credit default swaps ») à 5 ans de l’Italie a atteint de nouveaux records, l’encadrement de cet instrument financier – devenu un des symboles de la crise actuelle – était hier à nouveau au menu des législateurs européens. Les parlementaires européens s’étaient initialement accordés au printemps sur un principe très simple : il doit être impossible d’acheter un CDS sur dette souveraine si l’on n’est pas soi-même détenteur de la dette sous-jacente. En clair, pas question de pouvoir s’assurer contre un risque auquel on n’est pas exposé. Les eurodéputés ont dans le viseur les ventes à découvert à nu sur CDS souverains, accusées d’être depuis le début de la crise de la dette une arme de spéculation aux mains des « hedge funds ». Cette interdiction est loin de faire l’unanimité parmi les Vingt-Sept. Sans surprise, le Royaume-Uni y est opposé, et se montre d’une façon générale très réticent sur le règlement sur les ventes à découvert mis sur la table il y a un an par la Commission européenne, et dans lequel on retrouve ce volet sur les CDS souverains. De façon plus surprenante, l’Espagne et l’Italie ne font pas non plus preuve d’un grand enthousiasme. Les deux pays ont déjà suffisamment de mal à se financer sur les marchés, et craignent de dégrader la liquidité de leurs dettes avec un encadrement trop contraignant des CDS . »
Renaud Honoré dans « Les Echos » du 21 septembre 2011
Article intitulé : L’Europe avance vers un accord sur la régulation des CDS
« Les eurodéputés et le Conseil se sont retrouvés hier pour trouver un compromis autour de l’encadrement des CDS souverains. Les deux camps travaillent sur une interdiction de la détention de CDS à nu, sauf en cas de mise sous tension de la liquidité. Les contrats d’assurance sur le risque de défaut souverain reviennent sur le devant de la scène à Bruxelles. Alors même que le CDS (« credit default swaps ») à 5 ans de l’Italie a atteint de nouveaux records, l’encadrement de cet instrument financier – devenu un des symboles de la crise actuelle – était hier à nouveau au menu des législateurs européens. Les parlementaires européens s’étaient initialement accordés au printemps sur un principe très simple : il doit être impossible d’acheter un CDS sur dette souveraine si l’on n’est pas soi-même détenteur de la dette sous-jacente. En clair, pas question de pouvoir s’assurer contre un risque auquel on n’est pas exposé. Les eurodéputés ont dans le viseur les ventes à découvert à nu sur CDS souverains, accusées d’être depuis le début de la crise de la dette une arme de spéculation aux mains des « hedge funds ». Cette interdiction est loin de faire l’unanimité parmi les Vingt-Sept. Sans surprise, le Royaume-Uni y est opposé, et se montre d’une façon générale très réticent sur le règlement sur les ventes à découvert mis sur la table il y a un an par la Commission européenne, et dans lequel on retrouve ce volet sur les CDS souverains. De façon plus surprenante, l’Espagne et l’Italie ne font pas non plus preuve d’un grand enthousiasme. Les deux pays ont déjà suffisamment de mal à se financer sur les marchés, et craignent de dégrader la liquidité de leurs dettes avec un encadrement trop contraignant des CDS . »
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 20 septembre 2011
Article intitulé : Quand l’économie perd la raison
« C’est vrai que les banques françaises ont dégusté en Bourse ces dernières semaines. En moins de six mois, elles ont perdu la moitié de leur valeur, voire les deux tiers. Gorgées d’obligations publiques françaises, italiennes ou grecques, elles inspirent la crainte aux investisseurs, et aussi à d’autres établissements financiers qui hésitent parfois à leur prêter de l’argent. Mais le mot nouveau, ici, est « irrationnel ». Ainsi donc, la finance serait parfois irrationnelle ! Et donc l’économie ! Il n’y a aucune raison que ce soit le cas seulement quand les banques s’écrasent en Bourse. Nous attendons donc avec gourmandise le jour où ça ira mieux, et ça ira fatalement mieux un jour, la note bancaire titrée« Euphorie irrationnelle sur les banques ! ». L’aveu va bien au-delà. Car l’hypothèse de la rationalité est centrale en économie. C’est par exemple en son nom que sont justifiés des salaires injustifiables, le recul de l’action de l’Etat (car nos anticipations annihileraient son efficacité) ou les perpétuelles réorganisations des entreprises. Henri Poincaré, l’avait ainsi commenté : « Quand des hommes sont rapprochés, ils ne se décident plus au hasard et indépendamment les uns des autres ; ils réagissent les uns sur les autres. Des causes multiples entrent en action et elles troublent les hommes[…]mais il y a une chose qu’elles ne peuvent détruire, ce sont leurs habitudes de moutons de Panurge. » Les marchés ne raisonnent pas, ils résonnent. Un adage des gérants de fonds reflète cette étrange mécanique : « Mieux vaut avoir tort avec tout le monde que raison tout seul. » Un comportement en fait rationnel… car il minimise le risque de se faire licencier. »
Commentaire : L’irrationnalité n’est ni financière, ni économique, elle est comptable. C’est bien la comptabilité qui en donnant une fausse valorisation (transposition d’un prix réalisé sur un très faible volume à une heure donnée à l’ensemble des titres) fait croire en de faux prix (les porteurs de parts croient tous que les cours (prix) des OPCVM sont réalisables pour tous les porteurs de parts) et en de fausses valeurs (la valorisation boursière devient valeur de l’entreprise). Nous avons dans cet article un magnifique exemple de ce fait, il est écrit « banques françaises ont dégusté en Bourse ces dernières semaines. En moins de six mois, elles ont perdu la moitié de leur valeur, voire les deux tiers ». De nouveau, il est confondu la valorisation et la valeur réelle. Cette phrase extrapole, à l’ensemble des porteurs de parts et à la valeur économique de l’entreprise, le fait que les investisseurs spéculateurs du jour, qui ne sont qu’une très faible minorité, aient perdu. Souvenez-vous de la revue de presse d’hier et du cas d’Air France. Schématiquement, il a deux intervenants en Bourse, le spéculateur du jour (ajouté à celui qui doit retirer pour des besoins de trésorerie) et l’investisseur dans l’entreprise qui n’est pas là pour mouvementer ses titres au jour le jour. Comme déjà indiqué, le problème actuel est que la comptabilité en dehors de toute logique affecte le cours de spéculation réalisé à une heure précise, par une très faible minorité des porteurs de parts, à l’ensemble des porteurs de parts. Exemple des dégâts de ce système : hier, le CAC40 est annoncé avec une perte de 3%. Dans les faits, si le système comptable afin de donner une valorisation plus juste à l’ensemble des porteurs de parts pondérait, en toute logique, cette « perte » sur l’ensemble des porteurs de parts, la perte ne serait que de 0,0185%. Dans le cas actuel, l’indice multiplicateur de destruction comptable de valeur (en cas de hausse, c’est un indice multiplicateur de création comptable de valeur) est de 162 (3/0,0185=162). Ajouté à cet indice multiplicateur de destruction comptable de valeur s’ajoute l’effet retardateur de retour à la cotation. Si, nous prenons le CAC40 qui a baissé de 3%, pour qu’il revienne à son ancienne valeur, il devra, non pas monter de 3% mais de 3,1% soit une hausse supplémentaire de 0,1% (3,1-3). Cette hausse de 0,1 correspond à une hausse supplémentaire de 3,33% (0,1/3)! Dans cet exemple, nous cumulons, un effet multiplicateur de destruction comptable de valeur de 162 et un effet retardateur de retour à la cotation de 0,033%. Retenez que lorsque la variation est inférieure à 1, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 0,33% ; que lorsque d’elle est supérieure à 1, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 3,33 % et lorsqu’elle supérieure à 100 %, l’effet retardateur de retour à la cotation sera de 33,3%.
Exemple pour un CAC40 qui passe de 4 000 à 3 000 soit une baisse de 25%, pour qu’il revienne à son ancienne valeur, il devra, non pas monter de 25% mais de 33,3% soit une hausse supplémentaire de 8,3 (33,3-25). Cette hausse de 8,3 correspond à une hausse supplémentaire de 33,3% (8,3/25)! Dans cet exemple, nous cumulons, un effet multiplicateur de destruction comptable de valeur de 162 et un effet retardateur de retour à la cotation de 33,3%. Prenons maintenant le cas d’un CAC40 qui passe de 5000 à 2000, soit une baisse de 60%, il devra remonter de 150% soit une hausse supplémentaire de 90 (150-60). Cette hausse de 90 correspond à une hausse supplémentaire de 333% (90/60)! pour passer de 2 000 à 5000. L’effet retardateur de retour à la valeur sera de 33,3% (90/60). En synthèse, lorsque la baisse est inférieur à 10%, il faudra ajouté 0,3% pour revenir au cours, lorsque la baisse est entre 10 et 100%, il faudra ajouté 3% et au-delà de 100%, il faut ajouter 33,3%.
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 20 septembre 2011
Article intitulé : Sélectifs, les investisseurs en « private equity » exigent des rendements plus élevés
« Malgré une année 2011 difficile, le capital-investissement continue de séduire. Selon un récent sondage du cabinet Preqin, réalisé à l'échelle mondiale, les trois quarts des Limited Partners (LPs, souscripteurs aux fonds de private equity) envisagent de continuer à investir dans le secteur, au cours des douze prochains mois. Une bonne volonté qui a déjà permis à 311 fonds de boucler une levée, au premier semestre, pour un montant global de 141,8 milliards de dollars (104 milliards d'euros), soit plus de la moitié du total des levées finalisées sur l'ensemble de 2010 (265,7 milliards de dollars). Mais cette générosité des investisseurs en private equity a un prix. À commencer par le rendement exigé. Toujours selon Preqin, 70 % des LPs réclament désormais des rendements supérieurs de plus de 400 points de base à ceux des marchés boursiers, alors qu'ils n'étaient que 53 % à formuler pareille exigence un an plus tôt. Il faut dire que, ces deux dernières années, les fonds de capital-investissement les ont habitués à des rendements égaux ou supérieurs à leurs attentes, explique Preqin. Reste que la donne pourrait changer cette année, la réticence des banques à financer les opérations de LBO (Leveraged buy-out, rachat par endettement) et la fermeture du marché du « high-yield » (haut rendement), autre source de financement des LBO, risquant d'entamer la rentabilité des fonds d'investissement. Conscients de cette éventualité, les Limited Partners cherchent plus que jamais à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier : 87 % d'entre eux entendent augmenter le nombre de fonds de private equity dans lesquels ils investissent. »
Commentaire : Les professionnels (qui se moquent des valorisations comptables) investissent au bon moment, les autres (qui suivent les valorisations comptables) désinvestissent…pour revenir acheter quand les professionnels vendront pour prendre leur bénéfice et laisser les risques et les pertes aux autres. Alors, vendeur de valorisation comptable ou acheteur en investisseur éclairé ?
Marc Roche dans « Le Monde » du 20 septembre 2011
Article intitulé : Derrière l'affaire UBS, une nouvelle bulle financière
« L'histoire de Kweku Adoboli, le trader d'UBS qui a fait perdre 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) à la banque suisse, c'est d'abord celle d'une planète finance prise de folie en raison d'un placement potentiellement explosif : les Exchanged Traded Funds (ETF). Le " Kerviel suisse ", arrêté et inculpé vendredi 16 septembre pour " abus de position " et " fraudes comptables ", était chargé du négoce de ces instruments ultra-sophistiqués et risqués surnommés " fonds indiciels " en français et " trackers " dans le jargon. Le chiffre des sommes investies de par le monde dans ces " trackers " est astronomique : 1 500 milliards de dollars à ce jour, 2 000 milliards de dollars à la fin de l'année, soit l'équivalent du produit national brut (PNB) français ! L'ingénierie financière s'est déchaînée. Les grosses têtes, qui mettent tout en équations, ont bourré les ETF de produits dérivés aux acronymes barbares assis sur toute la panoplie des actifs. " Comme lors du scandale des crédits subprimes, l'affaire UBS démontre une nouvelle fois l'incapacité de la hiérarchie des banques à comprendre la construction, le négoce et la détention de ces instruments très compliqués " : à écouter Terry Smith, directeur du courtier londonien Tullet Prebon, l'argument clé des fabricants d'ETF, à savoir la transparence et la simplicité, est aujourd'hui battu en brèche par l'innovation technologique et le trading à grande vitesse. Par ailleurs, la concentration du marché, organisé autour d'un club fermé d'établissements émetteurs, l'influence de ces produits sur les valeurs concernées, en particulier les cours des matières premières, le manque de lien avec l'économie réelle et l'utilisation du hors-bilan ainsi que des paradis fiscaux sont autant d'écueils. Tout comme le recours à l'endettement de nombreux émetteurs et le caractère hautement spéculatif ainsi que la sophistication croissante des ETF. Les failles de la supervision de ces produits financiers posent également problème. Du Fonds monétaire international (FMI) au Conseil de stabilité financière en passant par la Banque des règlements internationaux (BRI), les inquiétudes exprimées par les organisations internationales et les régulateurs à propos des ETF se sont heurtées au lobby bancaire. Il en avait été de même lors de l'envolée des crédits subprimes entre 2000 et 2007, avec les conséquences que l'on connaît. »
Commentaire : Investissez dans l’économie réelle ! Refusez tout ce qui est virtuel et détruit l’économie. L’économie n’a jamais été financière, elle est sociologique. L’histoire montre que tant que la finance est au service de l’économie, nous avons un Avenir et que dans l’inverse, en fait d’Avenir, nous n’avons qu’un futur fait, tôt ou tard, de nationalisme qui dégénère en conflit voire en guerre. Je n’ose imaginer ce que nous aurions pu vivre sans la puissance et la sérénité (oui, j’ose le dire) de l’Europe. Il est grand temps que les professionnels et les investisseurs retravaillent avec et pour l’économie réelle en sachant dire non aux offres « alléchantes » mais factices de la finance « virtuelle ». Offres créées et soutenues par les lobbies bancaires sous le contrôle des régulateurs ! Comment expliquer que les lobbies bancaires soient plus forts que le Fonds monétaire international (FMI), le Conseil de stabilité financière, la Banque des règlements internationaux (BRI) et les régulateurs ?
En pièce attachée, je vous propose de prendre connaissance du Tableau de bord Information Socialement Responsable©. Que vous soyez un investisseur ou un professionnel demandez toujours ces informations « responsables » au gestionnaire de l’OPCVM (FCP, SICAV…) que vous désirez acheter ou conseiller suivant le cas. Un gestionnaire qui ne veut pas répondre aux questions de ce tableau équivaut à un signal d’alerte. Quittez-le ! Quel que soit le marketing fait autour de lui et/ou de son FCP ou sa SICAV. Si vous avez des questions sur ce tableau, je suis à votre disposition.
Je profite de ce commentaire pour vous rappeler l’importance de la vérification de l’adéquation entre les volumes détenus par l’OPCVM (FCP, SICAV…) et les volumes échangés régulièrement. Dans l’inverse, les performances annoncées ne sont que du « vent ». Madoff ne me contredirait pas. N’oubliez pas, seule la liquidité de chacune des lignes d’investissement est garante de la réalisation des performances annoncées et de la disponibilité des avoirs. Comme écrit ci-dessus, sans liquidité, le reste n’est que du vent. Malheureusement, le régulateur n’impose toujours pas, malgré la crise, d’intégrer dans les performances annoncées une information ou un critère de liquidité. En toute légalité, on peut faire de la publicité sur des performances irréalisables. Et pourtant, Paul-Henri de la Porte du Theil, Président de l’Association Française de Gestion dans Le Monde du 18 mai 2009 « « Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux ». » Quel lobby ou association de consommateurs va un jour être suffisamment puissant ou volontaire pour « mettre les pieds dans le plat » ? Et si c’était une femme ou un homme politique à l’occasion des échéances qui s’annoncent ?
Marc Roche dans « Le Monde » du 20 septembre 2011
Article intitulé : L'activité très spéculative et très rentable de Delta One, le " desk " de Kweku Adoboli
« Comment un individu de 31 ans, qui n'était pas très en vue, a pu, à lui seul, sans que les contrôleurs ne remarquent rien, embarquer cet établissement renommé dans des positions ouvertes représentant 10 milliards de dollars (environ 7,3 milliards d'euros) trois ans durant ? L'intéressé - fort de sa connaissance du back office, où s'enregistrent les opérations de trading, et du système informatique d'alerte - a su échapper à la vigilance des superviseurs en effectuant une kyrielle de petites transactions. Le directeur général, Oswald Grübel, qui a affirmé dimanche ne pas envisager de démissionner, avait encouragé ses traders à prendre des risques pour aider la banque à sortir de l'ornière. Au printemps 2009, il avait d'ailleurs embauché, dans cette logique, Carsten Kengeter, pour prendre la tête de la banque d'investissement d'UBS et superviser les activités de trading. Cet ancien de Goldman Sachs s'était vu octroyer une rémunération de 10 millions de dollars sur trois ans. Quant à la directrice du contrôle des risques, Maureen Miskovic, elle vient de Lehman Brothers, la banque américaine dont l'effondrement, le 15 septembre 2008, a provoqué la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression. »
Dans « L’Agefi Actifs » du 16 au 22 septembre 2011
Article intitulé : Les gérants préoccupés par le négoce haute fréquence.
« Au sein des cinq plus grandes institutions mondiales, 73% des traders estiment que le trading haute fréquence constitue un problème de structure de marché à traiter d’urgence »
Dans « L’Agefi » du 16 septembre 2011
Article intitulé : Air France va commander 12 milliards de dollars d'avions à Airbus et Boeing
« Air France-KLM prévoit de commander 110 avions long-courriers, dont la part de commandes fermes se chiffre à quelque 12 milliards de dollars, soit 50 appareils répartis également entre le constructeur européen Airbus et l'américain Boeing . La commande, qui porte sur le modèle A350-900 d' Airbus, et le 787-9 "Dreamliner" de Boeing, sera financée par le cash flow généré par les opérations du groupe. »
Commentaire : Heureusement qu’Air France est dirigée par des gestionnaires d’entreprises et non certains gérants financiers. Souvenez-vous de la revue de presse du 5 septembre 2011 « Air France en chute de 53 % depuis janvier culminait à 38 euros en 2007. Aujourd'hui, elle végète autour des 6,5 euros pour un cours d'introduction de 14 euros en 1999 = alors que ses actifs se comptent en dizaines de milliards d'euros, la valorisation boursière du groupe est inférieure à 2 milliards d'euros, l'équivalent de cinq malheureux A380 ; 145 millions d'euros de résultat d'exploitation ; Le groupe dispose néanmoins d'un trésor de guerre avec ses 15 % dans Amadeus, un gain potentiel d'environ 1 milliard d'euros. Pour information, si l’on pondère le cours par le volume échangé/volume du flottant, la baisse est de 0,079%. Pour rappel, l’Etat est actionnaire à hauteur de 15,70%. »
Qui a dit « Mort de rire » ? Conclusion : si vous voulez un Avenir ne faites aucune confiance dans les «purs » financiers. Investissez et faites confiance dans les entreprises. Là, où trop souvent, l’avenir des financiers se limite à des raisonnements court terme moutonniers d’opportunité, et à leur intérêt personnel, les entreprises et les gérants d’OPCVM « responsables » investissent, créent de l’emploi et fabriquent l’Avenir. Trop souvent, la gestion des OPCVM s’est laissée entraîner dans un environnement financier où la platitude et la bêtise des raisonnements n’a d’égal que la virtualité et la « fictivité » des chiffres qu’il manipule.
Jean-Paul Herteman, président-directeur général de safran, propos recueillis par David Barroux, Bruno Trévidic et Alain Ruello, dans « Les Echos » du 19 septembre 2011
Article intitulé : Budget de l’Etat : « La Bourse n’empêche pas une stratégie de long terme »
« Je souhaite tout le bien possible à la Société Générale et aux banques françaises qui ne méritent pas la sanction boursière actuelle. Safran valait trois fois moins qu’aujourd’hui en Bourse il y a trois ans. En si peu de temps, nos fondamentaux n’ont pourtant pas été transformés de façon aussi profonde. Nous ne sommes pas trois fois plus forts aujourd’hui. »
Jérôme Marin dans « La Tribune » du 16 septembre 2011
Article intitulé : À Wall Street, la bulle Internet se dégonfle
« « Il y a un changement d'état d'esprit dans la Silicon Valley, explique Lou Kremer de Wedbush Securities. Les sociétés préfèrent rester focalisées sur leur croissance plutôt que de penser à l'optimisation de la valeur de leurs actions. En 1999, elles réalisaient leur introduction en Bourse après deux ou trois ans d'existence. Aujourd'hui, elles le font, en moyenne, au bout de dix ans. » L'euphorie qui régnait au printemps autour des valeurs technologiques semble être retombée. À Wall Street, l'action du réseau social destiné aux professionnels LinkedIn cote autour de 88 dollars, en recul par rapport à sa première clôture de la mi-mai, mais bien au-dessus de son prix d'introduction (45 dollars). La webradio Pandora, introduite à 16 dollars en juin, est tombée sous les 10 dollars. »
Commentaire : Le monde tourne, les réflexions avancent. « Les sociétés préfèrent rester focalisées sur leur croissance plutôt que de penser à l'optimisation de la valeur de leurs actions ». La valeur économique et le futur ont été choisis au détriment de la « furtivité » et de la« fictivité » de la valorisation boursière (valorisation comptable).
Christèle Fradin dans « La Tribune » du 16 septembre 2011
Article intitulé : Chi-X, bientôt première Bourse européenne ?
« À l'heure de l'élaboration de la directive européenne Marchés d'instruments Financiers (adoptée en 2004 et entrée en vigueur au 1er novembre 2007) qui devait abolir les derniers monopoles, à l'image de celui d'Euronext Paris, les Bourses traditionnelles ne montraient guère d'inquiétude quant à l'arrivée de nouvelles plates-formes offrant une alternative à leur service de confrontation des ordres. Il n'y avait pas de places pour elles. La liquidité ne pouvait être détournée. Aujourd'hui, après quatre petites années de libéralisation du secteur, le constat est pourtant à l'opposé et la question qui se pose maintenant est de savoir si Chi-X Europe ravira la place de première Bourse européenne. Au mois d'août dernier, selon les chiffres de la Fédération européenne des Bourses (FESE), la petite plate-forme alternative créée en mars 2007 est parvenue à concentrer 213,8 milliards d'euros d'échanges sur les actions européennes tandis que les opérateurs historiques, tels Nyse Euronext ou le groupe London Stock Exchange (qui réunit les Bourses de Londres et de Milan) affichent des volumes d'activité moindres, avec 166 milliards et 205 milliards respectivement. Chi-X n'a pas encore ravi pour autant la plus haute marche du podium au LSE. Car il convient de rajouter aux volumes de ce dernier l'activité enregistrée par une autre plate-forme alternative, Turquoise, dont le rachat a été bouclé en février 2010. Avec Turquoise, le groupe LSE remonte à 270,8 milliards d'euros. En outre, Londres était fermé le 29?août Mais son avance semble se réduire. En juillet août, Chi-X a réalisé l'équivalent de 72% et 79% respectivement des volumes du groupe londonien, contre 65?% en fin d'année dernière. Sur l'indice CAC parisien, la plate-forme alternative affiche 23 % des échanges. Le paysage européen ressemble à s'y méprendre au secteur de la téléphonie : peu de réseaux, le nombre des opérateurs traditionnels se réduisant, et des offres multiples avec des plates-formes alternatives ».
Paul Sérieys dans « L’Agefi » du 15 septembre 2011
Article intitulé : Niveau record pour l'épargne financière des ménages dans le monde
« A fin 2010, l'épargne financière brute des ménages dans le monde s'est accrue de 6,2 % pour atteindre 95.264 milliards d'euros, ce qui est supérieur au record historique de 2007, selon la dernière livraison du Global Wealth Report d'Allianz *. Sur les dix dernières années, la hausse moyenne a été de 4,1 % et même de seulement 3,2 % sur une base par tête. L'augmentation de l'épargne financière brute dans les pays industrialisés a été inférieure à celle enregistrée à l'échelon mondial, de sorte que le stock à fin 2010 était encore légèrement inférieur au niveau d'avant la crise. En revanche l'épargne financière brute des pays émergents d'Asie, d'Amérique latine et d'Europe orientale a enregistré des taux de croissance à deux chiffres sur la dernière décennie, et dans les deux premières régions, même la crise financière n'a pas fait baisser l'épargne financière. Dans les pays les plus pauvres, l'épargne financière par tête se situe déjà à un niveau supérieur de plus de 50 % à celui d'avant la crise. En termes nets, les statistiques d'Allianz font ressortir que le pays où l'épargne financière par tête est la plus élevée est la Suisse (135.558 euros), devant le Japon (84.267 euros) et les Etats-Unis (79.165 euros). Le Royaume-Uni se classe huitième (52.719 euros), la France, onzième (41.550 euros) et l'Allemagne, treizième (41.402 euros). »
POLITIQUE
Raphaël Gutmann, professeur à l’ESG Management School, dans « Le Figaro » du 16 septembre 2011
Article intitulé : Ne pas négliger le rôle de la doctrine Bush dans les révoltes arabes
« Depuis plusieurs mois, les observateurs politiques tentent d’identifier les racines de la contestation qui bouleverse le monde arabe. L’ampleur et la force de ce mouvement ont été, pour la majorité d’entre nous, inattendues et imprévisibles. Face à cette incompréhension, de nombreux analystes se sont sentis obligés de trouver un détonateur à ces événements historiques. Les plus pressés ont cru le trouver avec l’immolation d’un jeune homme dans une ville obscure de province tunisienne, en décembre 2010. Le mécanisme menant à ces révoltes a été mis en marche plusieurs années auparavant dans une autre région de l’aire culturelle arabe. Il s’agit de la seconde guerre d’Irak, qui a abouti à l’éviction de l’archétype du dictateur arabe : Saddam Hussein. Or cette hypothèse nous amène à réévaluer le legs de l’intervention lancée en 2003 par les États-Unis. Toutefois, la guerre en Irak avait un autre objectif clairement énoncé, mais que la plupart des commentateurs pensaient n’être que de façade : le renversement des dictatures et la démocratisation d’un ensemble de pays, regroupé sous le nom de « Grand Moyen-Orient ». Lors de son discours prononcé le 26 février 2003 devant l’American Enterprise Institute, le président américain appelait ainsi à un remodelage politique de cette région afin de lutter contre la tyrannie, synonyme de menace terroriste et de déstabilisation. George W. Bush maniait un argument de poids, selon lequel les démocraties ont comme avantage de ne jamais se faire la guerre. Un Moyen-Orient démocratisé cesserait donc d’être un foyer de violences et de tensions, notamment en Israël et dans les « territoires », où les groupes radicaux palestiniens reçoivent le soutien financier, voire logistique, de plusieurs régimes autoritaires voisins. G.W. Bush et ses conseillers néoconservateurs soutenaient que la chute d’un tyran local enclencherait un « effet domino », en servant d’exemple pour que les autres peuples arabes se débarrassent à leur tour, et sans intervention directe étrangère, de leur dictateur respectif. L’éviction de Saddam Hussein devait jouer ce rôle de déclencheur. Avec du recul, cette stratégie a porté ses fruits. L’onde de choc aura, en fait, pris plus de sept ans pour se propager du centre irakien au reste de la région. Avant la guerre de 2003, les peuples arabes ne pouvaient imaginer se défaire des despotes qui les asservissaient. Mais le sort infligé à un dirigeant, que l’on croyait inamovible et inatteignable, a transformé de manière profonde, et dans la durée, le cadre mental de ces nations. »
Commentaire : Rendre à César… Il est très rare de lire des articles qui prennent de la « hauteur ». Trop souvent, les articles ne font que traiter le sujet du moment, dans le « sens du vent » du moment sans accepter ou sans pouvoir réfléchir en dehors du « bien penser ». Faire un article sur ce thème, aujourd’hui, est preuve de qualité.
Jérôme Marin dans « La Tribune » du 16 septembre 2011
Article intitulé : À Wall Street, la bulle Internet se dégonfle
« « Il y a un changement d'état d'esprit dans la Silicon Valley, explique Lou Kremer de Wedbush Securities. Les sociétés préfèrent rester focalisées sur leur croissance plutôt que de penser à l'optimisation de la valeur de leurs actions. En 1999, elles réalisaient leur introduction en Bourse après deux ou trois ans d'existence. Aujourd'hui, elles le font, en moyenne, au bout de dix ans. » L'euphorie qui régnait au printemps autour des valeurs technologiques semble être retombée. À Wall Street, l'action du réseau social destiné aux professionnels LinkedIn cote autour de 88 dollars, en recul par rapport à sa première clôture de la mi-mai, mais bien au-dessus de son prix d'introduction (45 dollars). La webradio Pandora, introduite à 16 dollars en juin, est tombée sous les 10 dollars. »
Commentaire : Le monde tourne, les réflexions avancent. « Les sociétés préfèrent rester focalisées sur leur croissance plutôt que de penser à l'optimisation de la valeur de leurs actions ». La valeur économique et le futur ont été choisis au détriment de la « furtivité » et de la« fictivité » de la valorisation boursière (valorisation comptable).
Gilles Coville dans « Les Echos » du 15 septembre 2011
Article intitulé : La corde et les pendus
« La moitié des sociétés du CAC 40 affichent en ce moment des rendements supérieurs à 5 %, calculés sur les dividendes attendus des bénéfices 2011. Pour 32 d’entre elles, le dividende procurerait davantage que les 2,63 % de l’OAT à 10 ans. En temps normal ce serait un puissant signal d’achat car, en théorie, des actions ne font pas longtemps mieux que des obligations d’Etat. En réalité, ces dernières années montrent que les rendements soutiennent les cours comme la corde soutient les pendus, et l’on voit mal ce qui pourrait inverser la tendance. »
Gilles Coville dans « Les Echos » du 9 septembre 2011
Article intitulé : L’urgence d’attendre
« Aujourd’hui, mieux vaut acheter cher ce qui ne rapporte rien plutôt qu’acheter bon marché ce qui risque de valoir encore moins demain. Les flux de capitaux persistent donc à se diriger vers l’or, l’argent, les bons du trésor américains, les obligations allemandes, voire les monnaies des pays refuges, tels que le Japon et la Suisse. Les métaux ne rapportent rien, mais leurs cours ascendants compensent ce handicap. Les rendements des dettes souveraines fréquentables sont inférieurs à l’inflation, mais la baisse des taux a revalorisé les portefeuilles qui les détiennent de 8,7 % aux Etats-Unis et de 7,6% en Europe depuis le début de l’année, selon les relevés d’Axa Investment Managers. Les banques centrales des monnaies trop recherchées deviennent plus efficaces pour bloquer la spéculation, mais celle-ci se déplace vers des devises plus confidentielles. Face à ces positions d’attente ou de peur, il faudrait être zen ou regarder très loin pour augmenter son exposition aux actions. »
Commentaire : Ce qui ne rapporte rien, ne crée rien…si ce n’est tôt ou tard sa propre implosion. Il est grand temps d’expliquer l’économie et la finance. Tel est l’objectif des conférences « Comprendre et Investir ».
Isabelle Chaperon dans « Le Figaro » du 8 septembre 2011
Article intitulé : Marchés financiers: la peur fait exploser l’activité
« Des records en plein mois d’août, voilà un concept jusque-là plutôt réservé aux mondiaux d’athlétisme. Pourtant, la panique des uns faisant le bonheur des autres, ce sont bien de nouveaux records d’activité que Nyse Euronext a établi le mois dernier, très loin de la torpeur estivale traditionnelle des marchés financiers. À chacun sa médaille d’or au sein de la Bourse transatlantique : aux États-Unis, elle revient aux produits dérivés, en Europe, elle échoit aux actions. Les chiffres de Nyse Euronext sont spectaculaires. Côté options sur valeurs ou indices américains, Nyse Euronext a enregistré le mois dernier un volume journalier moyen de 5,8 millions de contrats, marquant un bond de 91,3 % par rapport à août 2010 et de 40 % sur juillet 2011. L’activité sur les produits dérivés traduit soit un besoin de protection de la part des investisseurs qui veulent couvrir leurs portefeuilles contre des variations adverses, soit une volonté de spéculer à travers ces instruments. Mais dans tous les cas, une suractivité sur ces marchés témoigne d’une anticipation de turbulences. Le précédent record sur les options sur valeurs américaines avait d’ailleurs été établi en mars dernier après le tsunami japonais. En Europe, côté cash, l’activité a été tout aussi exceptionnelle pour les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles ou Lisbonne : 2,2 millions d’actions se sont échangées en moyenne chaque jour, soit 70 % de plus qu’en août 2010 et 33 % de plus qu’en juillet 2011. En vérité, les marchés européens ont été tout aussi actifs sur les produits dérivés, mais les données de Nyse Euronext - propriétaire du Liffe britannique - ne donnent qu’une image partielle compte tenu du poids de son concurrent Eurex sur le Vieux Continent. « Nous avons traité des flux, aussi bien sur le cash que sur les dérivés, représentant deux fois l’activité d’un mois normal et trois fois celle d’un mois d’août », relate Stéphane Mattatia, responsable de l’ingénierie sur les flux actions à la Société générale. Cette explosion de la volatilité devrait relancer le débat sur les programmes électroniques accusés régulièrement d’accentuer les tendances. Selon le Wall Street Journal, le gendarme de la Bourse américaine enquête déjà sur l’influence qu’ont eue certains produits dérivés - ETF ou trackers - sur les marchés cet été. »
Commentaire : Il est parlé d’anticipation, c’est bien l’anticipation relayée par l’effet moutonnier et accentuée par la débilité du système comptable qui crée des crises. Crises qui à la base ne sont que des crises « imaginaires » et « moutonnières » anticipées. Et si les Autorités censées superviser et réguler les marchés apprenaient les techniques des bergers ?
Muriel Motte dans « Les Echos » du 8 septembre 2011
Article intitulé : Concours de beauté
« Débuter calmement puis perdre ou gagner 3, 6 ou 8 % quelques heures plus tard, tel est devenu l’enfer quasi quotidien des valeurs bancaires européennes. En matière de séances à sensation, septembre n’a rien à envier à l’éprouvant mois d’août, et Wall Street n’est pas en reste. Reste à comprendre ce qui, en dehors de tout événement vraiment nouveau, peut faire dévisser telle valeur ou tel marché. Robert Shiller se réfère à Keynes qui comparait la Bourse à un concours de beauté dans lequel le gagnant n’est pas celui qui sélectionne la valeur la plus (ou moins) solide, mais celui qui détecte le titre le plus susceptible d’être choisi par d’autres investisseurs participant au même concours que lui. Le choix d’acheter ou de vendre ne serait donc pas le fruit d’une opinion personnelle mais de sa dérivée seconde (que pense l’autre), voire troisième (que pense l’autre de ce que pensent les autres). En découlent en période de stress des phases d’emballement moutonnier à la hausse ou à la baisse au moindre signal, même mineur, envoyé par le marché. A ce compte, dans un environnement boursier très déprimé, la lumière surgit au bout du tunnel lorsque le premier juge que le second présume que le troisième est d’avis qu’il est temps d’acheter. Bref, lorsque le sentiment se diffuse que le fond a été touché. Une belle séance de hausse n’y suffira pas. »
Commentaire : Historiquement, nous répétons ce que nous avons appris à la fac et nous nous référons à Keynes. Cette référence est, à mon avis, devenue obsolète dans les marchés actuels. Au temps de Keynes n’existaient pas les outils de destruction massive que sont les OPCVM, SICAV, Hedge Funds …lorsqu’ils sont utilisés sans retenue morale sous la certification des commissaires aux comptes. Le problème est l’amalgame entre le prix, la valeur et la valorisation. Voir l’article en fin de revue de presse : LIMITES ET OPPORTUNITES DU SYSTEME DE COTATION BOURSIER.
ARTICLE
LIMITES ET OPPORTUNITES DU SYSTEME DE COTATION BOURSIER
Avant la révolution des marchés financiers des années 80, les « boursicoteurs » avaient pour objectif de tirer profit d’un échange de titres à un prix pour un volume donné. Aujourd’hui, la « démocratisation » et le marketing « boursier » ont totalement occulté la réalité du prix pour un volume donné. Le prix, la valeur, la valorisation sont totalement confondus et abusés. Pour rappel, la valeur d’une entreprise est économique: si le prix qui résulte d’un échange matérialisé pour un volume donné est financier, la valorisation qui fixe les règles d’évaluation des OPCVM (SICAV, FCP…) est, elle, comptable. Le problème est là, car la comptabilité extrapole en toute illogique le prix négocié pour un volume donné à un instant donnés comme valorisation pour l’ensemble des titres. Dans le cadre des OPCVM, ne serait-il pas plus juste de ramener la hausse ou la baisse à l’ensemble des titres qui aurait pu être négocié ?
Prenons un exemple : le 1er septembre, le titre Alcatel est annoncé en hausse de 3,39% alors que seul 42,2 millions de titres ont été échangés à des cours divers sur plus d’un milliards de titres (1 276,1 millions) du flottant (nombre de titres échangeables). Si l’on pondère la variation de la spéculation du jour (3,39%) par le volume échangé du jour / volume du flottant nous obtenons une hausse de 0,11% pour chaque titre en circulation. Sans commentaire. C’est bien la valorisation comptable qui crée la majeur partie de l’inflation ou de la déflation des cours (volatilité). Autre exemple : A l’heure où l’on n’a de cesse de parler de responsabilité, d’éthique, de transparence, est-il normal de déclarer que le CAC du 2 septembre a baisser de 3,59% alors que si l’on intègre une notion de volume, afin de ramener la baisse à l’ensemble des titres en circulation) la baisse n’est que de 0,0169%. Est-ce parce que quelques spéculateurs ou joueurs.ont gagné ou on perdu que l’on dit à tous les Français qu’ils ont gagnés ou perdus ? Aujourd’hui, c’est le message qui est délivré au public. Message qui détermine leur confiance dans l’économie et leur consommation !
Cette problématique a permis d’établir trois constats : le premier veut qu’entre « les performances réelles d’une société et son cours de Bourse, le fossé se creuse. Au point que l’on s’interroge sur l’utilité d’une cotation », comme l’a démontré François Vidal. (1) Avant lui, Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l’Association de la Gestion Financière avait rappelé que dans la crise de 2008, deux préoccupations étaient ressorties: « la liquidité et la transparence. Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité, qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux » (2). Troisième constat que l’on doit à Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française : « Le concept de « fair value », la « juste valeur », sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période de hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier.» (3)
Tant que les Commissaires aux comptes des OPCVM (SICAV, FCP…) considèreront que le lien entre la valeur économique d’une entreprise et sa valorisation comptable est le prix réalisé lors d’un échange limité à une heure donnée, nous serons en zone instable. C’est bien le système de valorisation comptable qui, déconnecté de toutes réalités économique et financière, crée une valorisation fictive et met en place les germes des crises de solvabilité et de liquidité lorsque les investisseurs veulent transformer l’information comptable en monnaie sonnante et trébuchante.
Valorisation comptable « fictive » qui tôt ou tard se terminera par un krach.
Krach financier ou krach de la valorisation comptable ?
Cette situation aberrante est autorisée et validée par l’AMF comme l’indique Benjamin Jullien dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 « L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC », mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes » indique Benoît de Juvigny, secrétaire général adjoint en charge de la direction des émetteurs de l’AMF. »
Les crises que nous vivons sont avant tout des crises de valorisation. Cessons de transposer un prix réalisé pour un échange limité à une heure donnée à l’ensemble des titres et nous aurons fait un grand pas vers la sagesse et le retour à une volatilité « sereine ».
En attendant, je propose de transformer l’information sur la hausse ou la baisse du jour du cours de Bourse en Variation de la Spéculation du jour (VSJ) et d’ajouter la publication de la « Variation Socialement Responsable » (VSR), prenant en compte les volumes échangés. Cette dernière, moins « euphorisante » en cas de hausse des marchés et moins « anxiogène » en cas de baisse constituera, à n’en pas douter, un élément sociologique stabilisateur en termes économique, politique et financier ramenant la confiance des investisseurs et des consommateurs.
Pour conclure, quant on y réfléchit bien, à quoi cela sert-il de maintenir l’information quotidienne de la hausse ou de la baisse boursière qui n’a aucune importance (telle qu’elle est aujourd’hui) car toujours irréalisable par l’ensemble des porteurs de parts ? A contrario, étant la référence des comparatifs et lors des décisionnels d’investissement, juridiquement, ne sommes-nous pas sommes pas, dans certains cas, dans de l’abus de confiance voire de l’escroquerie (frais prélevés et commission de surperformance prélevés sur des valeurs virtuelles ). Je vous rappelle que le site www.agencedecotationisr.com retraite tous les jours les variations du CAC 40, du SMI (Suisse), du BEL 20 (Belgique) et du MIB (Italie) en fonction des volumes échangés.
Financièrement vôtre
Christian PIRE
(1) Voir « Enjeux Les Echos » du 5 juin 2010.
(2) Cf. « Les Echos » du 18 mai 2009.
(3) Voir « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010.
Hervé Rousseau dans « Le Figaro » du 7 septembre 2011
Article intitulé : Les entreprises préfèrent les rachats d’actions aux investissements
« Les rachats d’actions sont en vogue. Selon Natixis, fin août les opérations menées par les entreprises du SBF 120 avaient déjà totalisé près de 4,3 milliards d’euros, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2010 qui fut déjà un cru honorable, avec près de 3,4 milliards d’euros. Et le mouvement devrait encore s’accélérer. Depuis, Bouygues a frappé un grand coup en annonçant une vaste offre publique de rachat (OPRA) de 1,25 milliard d’euros portant sur 11,7 % de son capital. Hier encore, GDF Suez a annoncé le lancement d’un programme portant sur 500 millions d’euros. Tout comme Valeo. La philosophie de ces opérations peut être différente. Bouygues compte annuler les titres, ce qui a pour effet de doper le bénéfice par action et donc le cours de Bourse, tandis que GDF Suez souhaite les distribuer à ses salariés. En août, BNP Paribas et Peugeot ont racheté chacun plus de 10 millions de leurs actions, indiquent des sources de marchés. Et, d’autres devraient suivre. Arnaud Lagardère a déclaré hier dans un entretien aux Échos qu’il étudiait la question afin « de récompenser la fidélité des actionnaires ». Hier également, Sanofi, déjà très actif ( voir le tableau ci-contre), a déclaré qu’il continuait à surveiller « les opportunités » de nouveaux rachats. « Aujourd’hui, avec l’effondrement des marchés, bon nombre de grandes sociétés se traitent à des cours inférieurs à la valeur de leur actif industriel ce qui est totalement excessif », explique Éric Bleines directeur général adjoint de CCR Asset Management. « Profondément restructurées et largement désendettées, elles disposent souvent d’importantes réserves de cash pour racheter leurs propres titres et tenter de soutenir leur cours de Bourse », explique de son côté Marc Renaud, président de Mandarine Gestion. Le cas de Bouygues est emblématique. « Notre capitalisation boursière est inférieure à nos fonds propres, ce qui est un comble ! », a lancé Martin Bouygues le président du groupe mercredi dernier. L’opération n’est pas passée inaperçue. À 30 euros par titre elle offre une prime de 30 % par rapport au dernier cours coté. Peu endetté, le groupe la finance sur sa propre trésorerie. Pour les analystes de Natixis, « avec un dividende de 1,60 euro par titre le rendement ressort à 7 % » contre environ 1 % pour de la trésorerie placée à court terme. Pour Éric Bleines, chez CCR Asset Management, la multiplication des rachats d’actions illustre également la belle capacité de résistance des entreprises. « Elles ont profité de la crise pour améliorer leur solidité financière et mettre le cap sur l’international, afin d’aller chercher la croissance là où elle se trouve », explique-t-il. »
Commentaire : Je pense que cette période restera dans les annales comme la période où la gestion boursière a sombré dans la bêtise. Comment expliquer à des étudiants futurs la période que nous vivons actuellement sans se décrédibiliser ? Comment croire en des gérants qui n’investissent pas aujourd’hui ? Il est grand temps que nous, les gérants, comprenions et assumions le fait que depuis le milieu des années 80 (libéralisation des marchés), nous ne soyons plus des spectateurs économiques. Nous sommes devenus des Réalisateurs, créateur de l’économie. Le temps est venu de quitter nos habits de spectateurs et de commentateurs financiers en faveur de Réalisateur d’Economie. Un spectateur peut commenter un film et sa réalisation. Un réalisateur, ne peut le faire qu’une fois le film terminé. Le jour où nous les gérants, arrêterons de commenter pourquoi nous ne faisons rien ou de justifier, à l’aide de ratios bidons auto-justificateurs, auto-réalisateurs et autodestructeurs, pourquoi nous en faisons trop, alors nous aurons pris la place qui est la nôtre aujourd’hui, la place de Créateur et de Réalisateur. Mettons nous à la Création et à la Réalisation et tout se passera bien, restons des spectateurs commentateurs et le discrédit sera notre lot.
Dans « Boursorama » du 5 septembre 2011
Article intitulé : Bourse de Paris : nouvelle débâcle, l'indice sous les 3.000 points
« La Bourse de Paris a cassé lundi à la baisse le seuil psychologique des 3.000 points, pour la première fois depuis deux ans, à l'issue d'une nouvelle débâcle (-4,73%) provoquée par les incertitudes sur l'évolution de l'économie mondiale et la crise de la dette en zone euro."C'est la débandade, la chute libre. La confiance est aux tréfonds et personne ne fait quoi que ce soit pour rassurer", commentait Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities. "Les investisseurs n'ont aucune raison d'investir" actuellement dans les marchés actions, a fait remarquer M. de Villepion. "Nous sommes dans une dynamique de marché proche de celle de l'automne 2008", quand régnait la psychose déclenchée par la crise des "subprime", a indiqué Patrick Jacq, stratégiste obligataire à la BNP Paribas. "Tout le monde va dans le même sens et se réfugie vers les obligations à long terme allemandes", a-t-il souligné.
Les banques ont été une nouvelle fois les grandes perdantes de la séance, soumises à un faisceau de mauvaises nouvelles. La Société Générale a dégringolé de 8,64% à 20,25 euros, signant la plus forte baisse du CAC 40. BNP Paribas a perdu 6,34% à 31,30 euros, Crédit Agricole 5,51%, à 5,84 euros et Natixis 5,68%, à 2,55 euros. Les valeurs dépendantes de la conjoncture ont été très chahutées à l'image des automobiles comme Peugeot (-7,08% à 18,45 euros), Renault (-6,44% à 24,77 euros). Autre preuve de la crise de confiance sur le marché action: les opérations programmées sont reportées. Foncière des Régions (FDR) a ainsi dû renoncer in-extremis à un rapprochement avec une autre foncière à cause des "conditions de marché actuelles". »
Commentaire : Aujourd’hui mon commentaire sera sous forme d’interrogation : Décryptage :
« Seuil psychologique » : S’il y a effectivement un seuil psychologique, cela veut dire que les « professionnels » sensibles à ce seuil psychologique sont des girouettes. Dans ce cas, ils sont des dangers pour l’économie et pour leurs clients. En effet, le principe étant d’investir lorsque les cours sont « cassés » (par le système de cotation qui ne tient pas compte des volumes), ces derniers, au contraire d’investir, accentueront cette baisse et du fait de leur pouvoir sur les marchés financiers et économiques créeront eux-mêmes une vrai crise financière et économique. Les crises économiques ne sont que la résultante de l’environnement politique et financier. L’économie en tant que telle n’existe pas, elle est à la « branche » financière de la sociologie.
« Nouvelle débâcle » : -4,73%. En fait, c’est une nouvelle débâcle du système de cotation car si l’on tient compte des volumes la baisse est de 0,027%
« Incertitude sur l’économie mondiale » : quand n’y a-t’il pas d’incertitudes ? D’autant plus que ces incertitudes sont créées par le financier ? On est incertain de ce que l’on crée nous-mêmes (les financiers).
« Crise de la dette en euros » : Qui provoque la crise ? Si ce n’est des raisonnements financiers inadaptés. Nous sommes dans la situation où l’on demanderait à un alcoolique endetté mais ayant un emploi, de se sevrer et de rembourser les crédits qui lui avaient été accordés sur plusieurs années au moment où on le met au chômage. Cherchez l’erreur ! La crise est-elle une réalité où est-elle créée volontairement ou involontairement ?
« Débandade » : Ce que nous vivons est une crise du système de cotation, s’il y avait « débandade », nous serions dans le cas de volumes très importants du fait du franchissement du Seuil Sociologique d’Acceptation des Baisses. Là, nous serions en pleine « débandade » qui provoquerait un réel krach boursier. La seule « débandade » actuelle est la « débandade » de la « raison gardée ».
« La confiance est au tréfonds » : Même remarque que ci-dessus.
"Les investisseurs n'ont aucune raison d'investir" : Quand vont-ils investir ? En pleine surchauffe ? Pour rappel, ce sont les investissements qui créent la finance. C’est bien les investisseurs eux-mêmes qui s’enrichissent ou s’appauvrissent selon leurs décisions ou celles de leur conseillers. Peut-être est ce le moment de choisir son conseiller ? Quand investir, si ce n’est aujourd’hui ? Nous sommes les propres acteurs de notre situation financière.
"Tout le monde va dans le même sens » : Non, seuls les moutons qui se jettent bêtement d’une falaises sans regarder sur les côtés. En finance, on appelle cette idiotie, l’autoréalisation.
« Les banques ont été une nouvelle fois les grandes perdantes de la séance » : Crédit Agricole a perdu 5,51% en fait il s’est échangé 10 900 000 titres sur les 1 498 000 000 (flottant) à différents cours soit un volume de 0,72%. Si l’on prend en compte le volume échangé la baisse est de 0,04%, à 5,84 euros, BNP Paribas a perdu 6,34% à 31,30 euros (si l’on tient compte du raisonnement ci-dessus la perte est de 0,0409%), et Natixis 5,68% à 2,55 euros (si l’on tient compte du raisonnement ci-dessus la perte est de 0,0628%).
« Les valeurs dépendantes de la conjoncture ont été très chahutées à l'image des automobiles comme Peugeot (-7,08% à 18,45 euros, si l’on tient compte du raisonnement ci-dessus la perte est de 0,0764%)), Renault (-6,44% à 24,77 euros, si l’on tient compte du raisonnement ci-dessus la perte est de 0,0457%)). »
« Autre preuve de la crise de confiance sur le marché action: les opérations programmées sont reportées » : Preuve de la crise de confiance, preuve de l’absence de réflexion ou preuve d’instinct grégaire (moutonnier) ?
Dans « Wansquare » du 5 septembre 2011
Article intitulé : Décote historique des actions européennes
« Selon une étude que Crédit Suisse s'apprêterait à publier, un quart des sociétés européennes s'échangent en dessous de leur valeur de remplacement. »
Commentaire : Pour rappel, l’ancien président de l’AMF Michel Prada dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 : Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance « Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »
Fabrice Gliszczynski dans « La tribune » du 5 septembre 2011
Article intitulé : Air France-KLM, dernier de la classe à la Bourse de Paris
« En chute de 53 % depuis janvier, l'action affiche la plus mauvaise performance du SBF 120. Le groupe vaut moins de 2 milliards en Bourse, soit le prix de cinq A380. » Il est bien loin le temps où l'action d'Air France-KLM culminait à 38 euros. C'était en 2007. Aujourd'hui, après la tempête financière estivale, elle végète autour des 6,5 euros (6,4 euros vendredi), très loin de son cours d'introduction de 14 euros en... 1999. Résultat, alors que ses actifs se comptent en dizaines de milliards d'euros, la valorisation boursière du groupe est inférieure à 2 milliards d'euros, l'équivalent de cinq malheureux A380. Pis, avec une chute de 53 % depuis le 1er janvier, l'action Air France-KLM enregistre la plus mauvaise performance de l'indice SBF 120. Si le prix bradé d'Air France-KLM devrait pousser les investisseurs à acheter, cela n'a pourtant pas été le cas jusqu'ici. Après la déception des résultats trimestriels d'Air France-KLM (? 145 millions d'euros de résultat d'exploitation courant, en partie à cause du faible gain sur les couvertures carburant), les investisseurs craignent l'impact sur la performance du groupe des révisions à la baisse des perspectives de croissance économique. Le groupe dispose néanmoins d'un trésor de guerre avec ses 15 % dans Amadeus, un gain potentiel d'environ 1 milliard d'euros. »
Commentaire : Exemple parfait des dégâts du système de cotation. Air France en chute de 53 % depuis janvier culminait à 38 euros en 2007. Aujourd'hui, elle végète autour des 6,5 euros pour un cours d'introduction de 14 euros en 1999 = alors que ses actifs se comptent en dizaines de milliards d'euros, la valorisation boursière du groupe est inférieure à 2 milliards d'euros, l'équivalent de cinq malheureux A380 ; 145 millions d'euros de résultat d'exploitation ; Le groupe dispose néanmoins d'un trésor de guerre avec ses 15 % dans Amadeus, un gain potentiel d'environ 1 milliard d'euros. Pour information, si l’on pondère le cours par le volume échangé/volume du flottant, la baisse est de 0,079%. Pour rappel, l’Etat est actionnaire à hauteur de 15,70%.
François Pilet dans « Le Temps », journal Suisse, du 3 septembre 2011
Article intitulé : Une société helvétique manipulait les cours
« Le technique dite du « layering » employée par Da Vinci Invest consistait à placer des ordres très importants que les courtiers n’avaient pas l’intention d’honorer. Ces transactions fictives étaient destinées à « donner une fausse perception de l’offre et de la demande sur ces actions », explique la FSA (Financial Services Authority, régulateur des marchés financiers britanniques). Les traders en profitaient pour réaliser leurs gains en annulant aussitôt l’ordre initial. Da Vinci Invest décrit sa stratégie, sur son site internet, consistant à « prendre avantage d’anomalies sur les marchés », notamment grâce à des serveurs à « ultra-faible latence » situés à proximité des grandes bourses européennes. »
Commentaire : Pour rappel, revue de presse du 23 août 2011 : Solenn Pouliennec dans « www.wansquare.com » du 23 août 2011 « Alors que les régulateurs internationaux s’interrogent sur les bénéfices du trading à haute fréquence, les acteurs de marchés mettent en garde contre plusieurs des régulations envisagées. L’Association SIFMA (Securities Industry and Financial Markets Association), qui représente les banques et les gestionnaires d’actifs américains, met en garde contre toute régulation qui définirait trop généralement certains acteurs comme « high frequency trader ». Elle s’oppose à ce que les régulateurs imposent des temps de latence minimum ou des taxes sur l’annulation des ordres, estimant que ce dernier type d’intervention « soulèverait des problèmes extrêmement complexes et difficiles ». Et M.A dans « Les Echos » du 25 août 2011 : « Sur le CAC 40, les échanges ont atteint près de 8 milliards, le 10 août. Aux Etats-Unis, ils ont enregistré une semaine record entre le 4 et le 10 août. Les transactions ont été en partie soutenues par la montée du trading haute fréquence (65 % des volumes Outre-Atlantique, contre 53 % avant l’été, selon Tabb Group). »
Dans « L’Agefi » du 31 août 2011
Article intitulé : Bouygues se renforce à bon prix à son capital
« Le groupe profite de la chute de son cours pour acheter et annuler11,7% de ses propres actions. »
François Vidal dans « Les Echos » du 1 septembre 2011
Article intitulé : CAC 40 : la crise ? quelle crise ?
« Les groupes du CAC 40 se portent bien. Très bien même. La saison des résultats semestriels en a apporté une nouvelle preuve. Une fois de plus, les principaux indicateurs sont à la hausse, profits et chiffre d’affaires en tête. Mieux, les investissements s’inscrivent en forte progression, signe d’une confiance retrouvée dans l’avenir. Bref, après la rupture de fin 2008-début 2009, les poids lourds du capitalisme français confirment leur retour à meilleure fortune à un rythme accéléré. Quel contraste avec la santé chancelante des Etats ! Mais il ne faudrait pas oublier que ces performances ne sont que le reflet du passé. D’une période où l’idée d’un ralentissement économique général n’était pas l’hypothèse centrale. Depuis, le mois d’août est passé par là, avec son cortège de mauvaises nouvelles sur le front de la dette publique et le retour du spectre de la récession. Résultat, le niveau d’inquiétude est monté de plusieurs crans. La Bourse a brutalement ajusté la valeur de nombreux titres, tandis que les groupes financiers sont passés en mode survie, victimes de la crise de la dette souveraine. Et pourtant les fleurons de l’industrie et des services hexagonaux n’ont pour la plupart pas dévié de leur trajectoire. L’heure n’est pas au repli et encore moins à la panique, seulement à une relative prudence. Mais, en lançant hier une opération de rachat d’actions massive, Bouygues – qui, lui, est centré sur la France – témoigne aussi de cet optimisme. Car s’il ne s’agit pas d’une opération de croissance externe flamboyante, le groupe diversifié investit tout de même plus de 1 milliard d’euros dans cette affaire. Un gage de confiance dans l’évolution de ses propres métiers au moment où la croissance se tasse. »
Commentaire : Je serais curieux de voir la tête de ceux qui ont écrit et « décrit » ces dernières semaines la catastrophe.
Souvenez-vous : Gilles Coville dans « Les Echos » du 22 août 2011
Article intitulé : Prime à la médiocrité
« Ce qui se passe sur les marchés peut se résumer à deux mouvements d’une incohérence réciproque. Les investisseurs se replient massivement sur les obligations souveraines. Leurs achats font baisser les taux d’intérêt : à 2 %, les Trésors américain et allemand, entre autres, se sont rarement financés à si bon compte ! Pour ce faire, les détenteurs de capitaux liquident tout aussi frénétiquement leurs positions en actions, voire en obligations d’entreprises. Et cela bien que ces dernières affichent des bilans sains, des résultats positifs et, pour la plupart, des stratégies connues et lisibles. A l’inverse de ce que l’on entend souvent, c’est à une fuite devant la qualité (celle des sociétés) et à une ruée vers la médiocrité (celle des Etats) que l’on assiste. Si la dette souveraine des économies les plus importantes ou les mieux gérées n’offre plus de rémunération réelle, au moins présente-t-elle, n’en déplaise aux agences de notation, très peu de risques immédiats. Il n’y a pas si longtemps, les marchés jouaient à se faire peur avec un krach obligataire : la baisse historique des taux d’intérêt, prolongée par la crise de 2008-2009, allait s’interrompre et l’énorme masse des titres publics y aurait perdu beaucoup de valeur. Aujourd’hui, cette hypothèse n’est pas près de resurgir, avec une Fed engagée sur des taux minimaux jusqu’en 2013 et une BCE attachée à éviter tout dérapage systémique. Dès lors, immobiliser ses capitaux dans les parkings publics, c’est renoncer à investir et faire le choix de la seule liquidité, comme le plus frileux des épargnants. C’est médiocre, mais humain. »
Commentaire : Cet article décrit bien les incohérences de la situation actuelle. De nouveau, le monde ne s’arrêtera pas de tourner et les gagnants seront ceux qui auront su s’élever au-dessus de la médiocrité. Quitter les marchés aujourd’hui (tout comme hier) est inconcevable pour les gérants responsables. Bien au contraire, seule la peur « organisée » via les médias est source de cette situation. L’économie va bien et les entreprises aussi. A nous de ne pas répondre à ceux qui créent la volatilité de la peur et de préférer l’investissement productif des les entreprises. Entreprises qui nous font vivre et développent le pays.
Annie Kahn dans « Le Monde » du 1 septembre 2011
Article intitulé : CAC 40 : les profits des sociétés resteront élevés en 2011
« La croissance des entreprises françaises composant l'indice CAC 40 n'a pas faibli au deuxième trimestre. Contrairement à ce qui a pu être observé pour l'économie française, qui a stagné durant cette période, les grands groupes mondialisés poursuivent leur trajectoire. Leur chiffre d'affaires a globalement progressé de 6,6 %, à 657,4 milliards d'euros, sur le semestre, et leur résultat net de 9,5 %, à 46,2 milliards d'euros, selon les données compilées par le cabinet d'audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC) en exclusivité pour Le Monde. Conséquence : les analystes financiers s'attendent à ce que ces groupes dégagent collectivement 94 milliards de profits en 2011, soit 15 % de plus qu'en 2010, et presqu'autant qu'en 2008, quand les profits du CAC 40 avaient atteint leur record historique (101,4 milliards). Les prévisions de ces analystes n'ont quasiment pas varié depuis un mois, c'est-à-dire depuis les révisions à la baisse des taux de croissance des économies, et la crise des dettes souveraines. Ces bons résultats ont pu être enregistrés malgré les conséquences économiques du séisme au Japon en mars, les soulèvements populaires au Maghreb et au Moyen-Orient, ou encore la crise grecque, même si 18 entreprises disent avoir été affectées par ces événements. »
Commentaire : Tout est dit. Il ne reste plus que la prise de conscience de cette réalité pour que les cours de Bourse redeviennent cohérents.
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 30 août 2011
Article intitulé : Bourse : les fondamentaux économiques ne dictent plus la tendance
« La Bourse n’est finalement que peu guidée par l’économie au sens traditionnel du terme. C’est la conclusion – relativement surprenante à première vue – d’une étude de Patrick Artus, responsable de la recherche économique de Natixis, en cette période tourmentée. Celui-ci démontre en effet que, depuis le début de la crise, le lien entre les « fondamentaux » (tels des indicateurs avancés de croissance ou les bénéfices des entreprises) et les indices boursiers, surtout dans la zone euro, est« bien distendu. Sur le front microéconomique, le lien entre Bourse et résultats des sociétés est assez faible en zone euro, à la différence des Etats-Unis, toujours selon les calculs de Natixis. « La saison des publications commence plus tôt outre-Atlantique, ce qui donne déjà une orientation pour les entreprises européennes d’un même secteur. Pour l’Europe, Wall Street est un catalyseur bien plus fort que les bénéfices des sociétés de la zone », explique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel. « Le marché est guidé depuis cet été par les décisions des gouvernements sur les déficits publics. La crédibilité des politiques concentre toutes les attentions, ce qui rend plus ou moins inopérantes les considérations fondamentales de valorisations, souligne Sylvain Goyon. »
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 25 août 2011
Article intitulé : Les entreprises profitent des cours bas pour racheter leurs propres actions
« Une foule de sociétés des deux côtés de l’Atlantique ont procédé à des rachats. En Europe aussi, les annonces de ce type pleuvent. Les montants ont explosé dans l’Hexagone : les rachats d’actions sur le SBF 120 ont totalisé 747 millions d’euros sur les trois premières semaines d’août, selon les données de Natixis. Cela porte à presque 4,3 milliards les rachats effectués depuis le début de l’année, si bien que 2011 dépasse déjà 2010 dans sa totalité (3,36 milliards). Certes, le montant reste loin du pic de 2007 (plus de 19 milliards), mais il montre que la pratique revient au goût du jour en cette période tourmentée. « La chute de certains cours de Bourse incite les sociétés à racheter leurs propres titres. D’autant que les grands groupes ont dans l’ensemble une structure financière saine, avec beaucoup de cash », souligne Pascal Quiry, coauteur du « Vernimmen ». Aussi, les rachats sont appelés à continuer, « à moins que la conjoncture économique ne se dégrade brutalement et fortement ». Par nature discrétionnaire, cette pratique est une alternative ou un complément aux dividendes pour choyer les actionnaires. « Au-delà de plans destinés à couvrir des plans de stock-options, les rachats permettent de donner un signal de confiance dans le titre au marché. Si l’on croit que ses actions sont fortement sous-évaluées, les racheter revient à augmenter la valeur de celles qui restent, c’est donc, d’un point de vue financier, une bonne décision, pour autant que l’entreprise n’ait pas un meilleur usage de cet argent. » Les rachats font progresser mécaniquement le bénéfice par action, très regardé par les analystes. Mais ils n’ont pas que des avantages. Des professionnels s’inquiètent de la croissance des sommes versées. « Cela traduit aussi que les entreprises n’utilisent pas leurs liquidités pour des investissements, ce qui laisse penser que leurs perspectives de croissance sont assez limitées », conclut Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel.
Commentaire : Il est écrit « Cela traduit aussi que les entreprises n’utilisent pas leurs liquidités pour des investissements, ce qui laisse penser que leurs perspectives de croissance sont assez limitées ». Cette « phrase » fait partie des « incontournables » que l’on nous apprend sur les bancs de la Fac. Je n’ai de cesse d’insister sur le fait que la reprise économique est là et que ce que nous vivons n’est que la mise en place d’une nouvelle structure géo-politique mondiale en termes SOcilogique, ECOnomique, POlitique et FInancier. Pensez-vous qu’un entrepreneur achèterait les titres de sa société s’il ne croyait pas dans une ou des perspective(s) de croissance ? L’entrepreneur gère et fabrique du réel là ou le gérant financier, sur le réel fabriqué par l’entrepreneur, « gère du vent » (qui a dit girouette ?) et fabrique, trop souvent, de l’illusion qu’il essaye de crédibiliser ex-post par des raisonnements qu’il étaye en disant tout et son contraire ? Qui est le meilleur gérant ? Qui bâtit l’Avenir ? Je vous propose la version suivante de l’explication de cette phrase : Les entreprises et les ENTREPRENEURS, parce que suffisamment confiants dans leur avenir et vu la stupidité du cours de leur titre choisissent d’investir dans leurs titres afin de profiter de la croissance qui est là. Pour rappel, en investissant dans les titres de son entreprise au moment où ces derniers sont bradés, on démultiplie sa puissance de feu tout en s’assurant un gain à court ou moyen terme. De nouveau, le cours de bourse tel qu’il est aujourd’hui n’est qu’un cours financier comptable. Le vrai cours d’une entreprise est celui résultant de son bilan, de sa politique d’investissement, de ses perspectives et surtout du timing du cycle socio-économique en cours, non d’un échange de quelques titres sur le marché boursier qui, selon le cycle en cours, aura plus ou moins de crédibilité et de réalisation possible pour le plus grand nombre des porteurs de parts. Les mêmes « professionnels » qui n’achètent pas aujourd’hui (mais qui achetaient il y a quelques semaines), alors que les prix sont bradés, seront les mêmes qui vous feront acheter demain au plus haut et en pleine surchauffe. Comme déjà écrit « contrairement aux tomates qui doivent être vendues quand elles sont mûres, les produits financiers c'est avant la hausse ou peu de temps après celle-ci qu'ils doivent être conseillés. En effet, au plus la hausse est déjà réalisée à la souscription, au plus le risque de perte est accentué. » A votre avis, quel est le risque d’un achat aujourd’hui et même celui d’un achat avant cette soi-disant crise ?
Annie Kahn dans « Le Monde » du 25 août 2011
Article intitulé : Les actions plongent ? Pas de panique !
« Les Bourses s'effondrent et les investisseurs voient leurs économies fondre quand celles-ci ont été placées en actions. Le problème est sérieux si ces investisseurs ou épargnants ont un besoin immédiat de leurs fonds et qu'il leur faille donc vendre leurs titres à un très mauvais moment. Il est encore plus grave si cette chute des cours est prémonitoire d'une dégradation de l'économie réelle, et donc non seulement d'une poursuite de la glissade boursière, mais aussi d'une détérioration de l'activité des entreprises et de l'emploi. Est-ce le cas aujourd'hui et cela le sera-t-il demain ? Oui, si l'on se fie à certaines théories économiques, tel " l'effet richesse ", qui veut que face à un appauvrissement, même virtuel, comme la baisse de la valeur d'un portefeuille d'actions, les épargnants réduisent leur consommation. Mais pourtant, les grandes entreprises continuent de se développer comme elles l'avaient prévu avant que leurs actions ne chutent. Or en dehors des périodes de forte turbulence, comme celle traversée actuellement, le cours est le reflet de l'activité des firmes. Les grandes entreprises françaises maintiennent leur cap. Elles confirment leurs objectifs de hausse d'activité et ne remettent pas en cause leurs projets de développement. Même celles dont le cours de Bourse a le plus plongé. Les signaux qui inquiètent les investisseurs n'ont donc pas, pour l'instant, d'incidence sur la stratégie des grands groupes. Premier indice : ils recommencent à embaucher. Bien que le nombre de chômeurs ait augmenté depuis trois mois, l'industrie a créé des emplois au premier semestre, après en avoir détruit depuis dix ans, selon les chiffres publiés par l'Insee en août. Deuxième indice : l'investissement dans l'industrie manufacturière augmenterait de 14 % par rapport à 2010, indique l'Insee dans sa note de conjoncture publiée vendredi 26 août. Or les entreprises françaises ont les moyens de continuer d'investir. Elles ont tiré les leçons de la crise financière de 2008 et se sont prémunies contre les problèmes de liquidités. Profitant des faibles taux d'intérêt de ces deux dernières années, elles ont emprunté, émis des obligations. La dernière étude de l'Association française des trésoriers d'entreprises (AFTE) et de l'Institut COE-Rexecode le confirme : la trésorerie d'exploitation des entreprises françaises atteint son plus haut niveau depuis juillet 2007. Cette trésorerie s'élevait à 170 milliards d'euros, en mai, pour les groupes du CAC 40 (hors finance), selon les calculs du cabinet Ricol-Lasteyrie réalisés pour Les Echos. Même les banques les plus touchées par la crise actuelle, comme la Société générale, et qui pourraient devoir être recapitalisées, seraient en bien meilleure situation qu'en 2007 quand la crise a éclaté, selon une étude de Citigroup, citée par le Financial Times du 24 août. Les entreprises du CAC ont de l'argent en réserve dans leurs caisses pour assurer leur développement. Le sidérurgiste Arcelor Mittal est ainsi le groupe du CAC 40 dont le cours a le plus souffert de la débâcle actuelle. Il a perdu plus de la moitié (52,43 %) de sa valeur depuis le début de l'année. Ce qui ne l'empêche pas de multiplier les acquisitions d'entreprises, dans les mines en particulier. Il prévoit d'accroître ses investissements de 10 % à 5, 5 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) en 2011. Et pour cause : " Le marché mondial de l'acier devrait augmenter de 7 % en 2011, tiré par les pays émergents ", explique un porte-parole du groupe. Et comme l'entreprise dispose de réserves financières conséquentes (12,39 milliards de dollars de liquidités au 30 juin), l'effondrement de son cours de Bourse ne l'empêche nullement de poursuivre sa stratégie. Pas de remise en cause non plus chez Renault, qui figure pourtant aussi parmi les groupes du CAC 40 dont le cours s'est le plus déprécié (- 41,05 %) depuis le début de l'année, ou chez Accor (- 32,09 % depuis le 1er janvier). " L'impact sur la stratégie est quasiment nul ", explique un porte-parole du constructeur automobile. Certes, l'entreprise scrute néanmoins son carnet de commandes. " Nous n'avons observé aucune déviation par rapport à nos prévisions. Pour le moment ", poursuit-il. Tandis que le groupe hôtelier se congratule " des bonnes performances de l'été, sans relever d'éléments mesurables d'inflexion de son activité à ce jour ".
Commentaire : Et si la « crise » actuelle n’était qu’une création ? Création, oui mais de qui ?
Les futures hausses boursières +5%, + 10%, +20%, +30%... ? Les paris sont ouverts.
M.A dans « Les Echos » du 25 août 2011
Article intitulé : Bourse : décrue des volumes de transactions, signe d’attentisme
« Les volumes de transactions sur les marchés d’actions sont en baisse sensible, après un début de mois explosif. Sur le CAC 40, par exemple, il s’échange quotidiennement moins de 3 milliards d’euros depuis le début de la semaine, soit moitié moins que les 6,2 milliards d’euros enregistrés en moyenne chaque jour sur la première quinzaine d’août, selon les données de Nyse-Euronext. La tendance est similaire pour les indices européens. « Le recul des volumes est l’expression d’un certain attentisme. Les investisseurs sont réticents à se positionner avant des indicateurs macroéconomiques et la conférence de Ben Bernanke à Jackson Hole, vendredi », explique Stéphane Giordano, responsable des services d’exécutions chez Société Générale. « Bon nombre d’opérateurs sont K.-O., après la chute des marchés », ajoute un spécialiste. Les fonds actions ont subi des retraits massifs au cours de l’été. Par exemple, les fonds dédiés aux titres américains ont enregistré cinq semaines consécutives de rachats, du jamais-vu depuis janvier 2010, selon les données d’EPFR. Toutefois, de nombreux courtiers basés en France – de différentes tailles – indiquent n’avoir pas vu passer des ordres massifs de ventes sur les banques, au plus fort de la crise. En tout cas, pas à la hauteur des plongeons connus. Plusieurs explications possibles : ces ventes peuvent être le fait d’étrangers passant par des courtiers internationaux, ou alors le fait d’intervenants ayant leurs propres systèmes de négociation et/ou effectuant leurs transactions de gré à gré. Quoi qu’il en soit, ce recul récent des volumes contraste avec la dynamique du début du mois. Sur le CAC 40, les échanges ont atteint près de 8 milliards, le 10 août. Aux Etats-Unis, ils ont enregistré une semaine record entre le 4 et le 10 août. Les transactions ont été en partie soutenues par la montée du trading haute fréquence (65 % des volumes Outre-Atlantique, contre 53 % avant l’été, selon Tabb Group). »
Commentaire : Cet article est très intéressant car il met en exergue le fait que l’on ne sache absolument pas tracer les volumes. On ne sait pas qui achète et qui vend. Il met bien l’accent sur le fait que le marché officiel est totalement dépassé par « les intervenants ayant leurs propres systèmes de négociation et/ou effectuant leurs transactions de gré à gré » et pour plus de la moitié par le trading haute fréquence.
Ninon Renaud dans « Les Echos » du 24 août 2011
Article intitulé : La Société Générale passe par Rothschild pour lutter contre la volatilité de son cours
« La Société Générale a indiqué lundi en fin de journée qu'elle avait confié à la banque Rothschild & Cie un contrat de liquidité sur son action d'un montant de 170 millions d'euros. Durant les douze prochains mois, période renouvelable par accord tacite, la banque d'affaires utilisera cette enveloppe afin de limiter la volatilité du cours de Bourse de la Société Générale et de maîtriser les mouvements de marché atypiques. Un tel contrat est classique, « c'est un acte dynamique de gestion de son cours de Bourse pour une entreprise, souligne un acteur du secteur. La moitié des sociétés du CAC 40 en ont un ». Parmi les banques, BNP Paribas et Crédit Agricole SA ont chacun confié un contrat de liquidité à leur filiale spécialisée, respectivement BNP Paribas Exane et CA Cheuvreux. Le seul fait notable tient donc à ce que Société Générale n'ait pas ressenti le besoin d'en avoir un ces deux dernières années. Les multiples attaques qui ont fait fondre de près de la moitié son cours de Bourse depuis début juillet, avec une accélération des rumeurs ces dernières semaines, expliquent sans doute que le groupe bancaire ait décidé de souscrire un contrat de liquidité. Signe de la volonté de la Société Générale de stopper cette hémorragie, « l'enveloppe de 170 millions d'euros est très élevée, c'est l'une des plus importantes parmi les sociétés du CAC 40 », observe le même acteur du secteur. A titre de comparaison, le contrat de liquidité de Crédit Agricole SA, dont la capitalisation est proche de celle de la Société Générale, porte sur un montant de 50 millions d'euros. Compte tenu des importants volumes de titres échangés, ce contrat n'a de fait pas permis d'éviter au cours de la Banque verte de chuter de 11,81 % le 10 août. En revanche, au cours de 22,18 euros le même jour, date à laquelle le titre de Société Générale a glissé de 14,74 %, l'enveloppe de 170 millions d'euros aurait représenté près de 27 % des volumes échangés, une proportion suffisante pour peser. Une pratique de marché reconnue. L'Autorité des marchés financiers (AMF) estime dans une décision du 22 mars 2005 que le recours au contrat de liquidité est une pratique de marché admise. « Le contrat de liquidité définit les conditions dans lesquelles le prestataire de services d'investissement intervient pour le compte de l'émetteur à l'achat ou à la vente, pour favoriser la liquidité des transactions et la régularité des cotations des titres de l'émetteur ou éviter des décalages de cours non justifiés par la tendance du marché. » Selon l'AMF, cette pratique peut être favorable aux investisseurs non professionnels qui peuvent ainsi « acquérir ou céder leurs titres à des conditions de marché raisonnables ».
Commentaire : Depuis juin 2009, je milite pour la création d’un fonds étatique qui, après avoir collecté des fonds auprès des particuliers, aurait pour objectif, non pas d’être un contrat de liquidité sur un titre, mais sur les titres du CAC 40. Comme indiqué ci-dessus, une intervention organisée sur les titres du CAC 40 permettrait de limiter la volatilité, de créer de la richesse et donc de redonner confiance et dynamique. Lien sur ce sujet :
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/hedge-funds-au-service-de-letat.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/francais-investissez.php
Gilles Coville dans « Les Echos » du 24 août 2011
Article intitulé : Le bal des impatients
« Les partisans d’un imminent rebond des indices martèlent 3 arguments : les valorisations très faibles des sociétés ouvrent des opportunités historiques ; la récession anticipée par les cours actuels peut tourner au simple ralentissement ; les politiques finiront par trouver les mots et les gestes pour relancer le jeu, et le discours que le président de la Fed délivrera vendredi donnera le top départ. Le raisonnement incorpore une forte dose de méthode Coué. L’envie de hausse est pourtant mesurable par d’autres indicateurs. Valérie Gastaldy, directeur général du bureau d’études Day By Day, s’étonne ainsi qu’en pleine crise les achats de « calls » (options d’achat) aient été aussi élevés comparé aux achats de « put » (options de ventes), preuve que certains audacieux ont joué très tôt le rebond. Les positions ouvertes en « call » continuent de progresser plus vite que celles en « put ». Ce qui suggère que s’accumulent des munitions pour acheter, et cela à un rythme rarement vu dans des périodes aussi volatiles. »
Commentaire : Et si c’était le bon moment pour lancer le Fonds Etatique (voir ci-dessus) ?
Solenn Pouliennec dans « www.wansquare.com » du 23 août 2011
Article intitulé : Les traders à haute fréquence ne veulent pas ralentir
« Alors que les régulateurs internationaux s’interrogent sur les bénéfices du trading à haute fréquence, les acteurs de marchés mettent en garde contre plusieurs des régulations envisagées. L’Association SIFMA (Securities Industry and Financial Markets Association), qui représente les banques et les gestionnaires d’actifs américains, met en garde contre toute régulation qui définirait trop généralement certains acteurs comme « high frequency trader ». Elle s’oppose à ce que les régulateurs imposent des temps de latence minimum ou des taxes sur l’annulation des ordres, estimant que ce dernier type d’intervention « soulèverait des problèmes extrêmement complexes et difficiles ».
Commentaire : Qui contrôle qui ?
Dans « Les Echos » du 23 août 2011
Article intitulé : Bourse : ce qui plaide pour un rebond
« La plupart des Bourses mondiales ont profité d’un rebond hier, les « forces de rappel » ne manquant pas après la violente chute d’août. Le CAC 40 a ainsi repris 1,14 %, à 3.051,36 points. Les spécialistes mettent en avant la faible valorisation des marchés et la bonne santé des entreprises. La Banque centrale européenne reste par ailleurs très active pour soulager les tensions sur le marché obligataire. »
Commentaire : Quels spécialistes ? Avant ce week-end, ils pensaient l’inverse.
Marc Roche dans « Le Monde » du 23 août 2011
Article intitulé : Les hedge funds traversent la crise en ordre dispersé
« La réalité est que certains fonds de gestion alternative, aux prises avec la chute des marchés, ont subi de lourdes pertes en juillet-août, tandis que d'autres ont su tirer leur épingle du jeu face au brusque décrochage des actions. A écouter ses thuriféraires, l'industrie des hedge funds ne fait que réagir aux données économiques fondamentales, en l'occurrence les déficits publics. Ces entités amplifient les mouvements des marchés, mais ne les provoquent pas. Par ailleurs, leur force de frappe a été considérablement amoindrie depuis la crise des subprimes. Les banques ont limité leurs crédits aux hedge funds, réduisant de façon drastique leur effet de levier - ces emprunts contractés pour amplifier les paris pris sur les marchés. Les gérants affirment en chœur qu'ils n'ont joué qu'un rôle dérisoire dans la présente crise en raison de la faible taille de leurs avoirs. A les écouter, les fautifs sont les grandes banques d'investissement qui, fortes de leur bilan, recourent massivement au trading à haute vélocité et aux ventes à découvert. Basées sur la lecture des marchés et des systèmes informatiques ultrasophistiqués, les stratégies d'investissement de ces fonds sont restées en place. A écouter un opérateur londonien, " le marché offre des opportunités, notamment des actions aux rendements intéressants de sociétés de qualité, pas chères, aux positions solides dans des secteurs peu cycliques tournés vers les pays émergents. A long terme, leur rendement se révélera supérieur à celui de valeurs refuges, comme les bons du Trésor américains, le franc suisse ou l'or ".Selon le consultant londonien Precinq, plus d'un tiers des institutionnels envisagent même d'augmenter leurs placements dans la gestion alternative lors des douze prochains mois dans le cadre d'une stratégie de diversification de portefeuille.
Commentaire : Il est écrit « Les gérants affirment en chœur qu'ils n'ont joué qu'un rôle dérisoire dans la présente crise en raison de la faible taille de leurs avoirs. A les écouter, les fautifs sont les grandes banques d'investissement qui, fortes de leur bilan, recourent massivement au trading à haute vélocité et aux ventes à découvert », et s’il n’y avait plus de différence entre les hedge funds et les grandes banques d’investissements ? Petit à petit, la vérité se fait jour…mais qui doutait encore de cette réalité ?
Gilles Coville dans « Les Echos » du 22 août 2011
Article intitulé : Prime à la médiocrité
« Ce qui se passe sur les marchés peut se résumer à deux mouvements d’une incohérence réciproque. Les investisseurs se replient massivement sur les obligations souveraines. Leurs achats font baisser les taux d’intérêt : à 2 %, les Trésors américain et allemand, entre autres, se sont rarement financés à si bon compte ! Pour ce faire, les détenteurs de capitaux liquident tout aussi frénétiquement leurs positions en actions, voire en obligations d’entreprises. Et cela bien que ces dernières affichent des bilans sains, des résultats positifs et, pour la plupart, des stratégies connues et lisibles. A l’inverse de ce que l’on entend souvent, c’est à une fuite devant la qualité (celle des sociétés) et à une ruée vers la médiocrité (celle des Etats) que l’on assiste. Si la dette souveraine des économies les plus importantes ou les mieux gérées n’offre plus de rémunération réelle, au moins présente-t-elle, n’en déplaise aux agences de notation, très peu de risques immédiats. Il n’y a pas si longtemps, les marchés jouaient à se faire peur avec un krach obligataire : la baisse historique des taux d’intérêt, prolongée par la crise de 2008-2009, allait s’interrompre et l’énorme masse des titres publics y aurait perdu beaucoup de valeur. Aujourd’hui, cette hypothèse n’est pas près de resurgir, avec une Fed engagée sur des taux minimaux jusqu’en 2013 et une BCE attachée à éviter tout dérapage systémique. Dès lors, immobiliser ses capitaux dans les parkings publics, c’est renoncer à investir et faire le choix de la seule liquidité, comme le plus frileux des épargnants. C’est médiocre, mais humain. »
Commentaire : Cet article décrit bien les incohérences de la situation actuelle. De nouveau, le monde ne s’arrêtera pas de tourner et les gagnants seront ceux qui auront su s’élever au-dessus de la médiocrité. Quitter les marchés aujourd’hui (tout comme hier) est inconcevable pour les gérants responsables. Bien au contraire, seule la peur « organisée » via les médias est source de cette situation. L’économie va bien et les entreprises aussi. A nous de ne pas répondre à ceux qui créent la volatilité de la peur et de préférer l’investissement productif des les entreprises. Entreprises qui nous font vivre et développent le pays.
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 22 août 2011
Article intitulé : Bourse : 5.300 milliards de dollars perdus en un mois
« Catastrophique, cauchemardesque, complètement fou, déprimant… Les professionnels des marchés ne manquent pas d’adjectifs pour qualifier cet été. En quatre semaines, les Bourses mondiales ont fondu de plus de 5.300 milliards de dollars, selon les calculs de Standard & Poor’s (à la clôture du 18 août). Les plongeons des indices ont de quoi donner le vertige : rien que sur la semaine dernière – la quatrième dans le rouge d’affilée –, le CAC 40 a chuté de 6,13 %. Et, depuis la clôture du 22 juillet (date à laquelle la Bourse s’est mise à chuter presque sans interruption), Paris a plongé de 21,5 %, revenant à ses niveaux de l’été 2009. A Wall Street, le S&P 500 a dégringolé de 16,5 %, en route vers son pire mois depuis octobre 2008. En quatre semaines, les investisseurs américains ont perdu quelque 1.900 milliards de dollars. »
Commentaire : Le problème de cet article est qu’il oublie de mentionner que les pertes qu’il indique sont des pertes dues au système comptable et que ces dernières, en cas d’inversion des paris financiers, se résorberont par la magie de l’absurdité de ces mêmes règles comptables. Halte, aux parallèles entre la comptabilité et la finance !
Dans « www.wansquare.com » du 19 août 2011
Article intitulé : Les hedge funds très vendeurs
« Les ventes à découvert ont atteint un record depuis 2009. La nervosité des marchés et l’incertitude macroéconomique pousse les fonds à parier sur une poursuite de la baisse des marchés. Selon l’un des gestionnaires de fonds américain dont le fonds fait partie de ceux suivis par l’indice, les hedge se préparent à un éventuel effondrement des marchés financiers et préfèrent vendre afin de récupérer du cash rapidement et ainsi réduire l’endettement qu’ils avaient contracté. » »
Commentaire : Cet article est une parfaite synthèse des tares du système actuel. Alors que les titres ont atteint des cours « ridicules » et que tous les gérants devraient acheter, les hedge funds en « jouant » contre l’économie par leurs paris à la baisse entraînent les Bourses dans la réalisation de celle-ci. Cet article met également en exergue le fait que ces mêmes gérants avaient parié à crédit avant la baisse. Comment peut-on encore faire coexister les gérants qui investissent dans les entreprises et se font un point d’honneur à ne pas participer à la déstabilisation et les gérants de certains hedge funds et autres « saloperies » financières? De nouveau, un simple changement dans l’information des cours anéantirait toutes les nuisances des gérants de certains hedge funds qui « jouent » au pari mutuel boursier avec l’aval et sous le contrôle des instances nationales et internationales chargées de réguler les marchés !
Dans « Boursorama » du 18 août 2011
Article intitulé : Séance catastrophique à la Bourse de Paris, les banques en première ligne
« La Bourse de Paris a vécu une séance catastrophique jeudi, affolée par les signes toujours plus évidents d'un ralentissement économique aux Etats-Unis et le secteur bancaire a plongé, victime de vives inquiétudes sur sa capacité à se financer. Le volume d'échanges, de 4,586 milliards d'euros, a été étoffé en ce mois estival, signe de la nervosité extrême des investisseurs. A Paris, "on a encore vécu une séance folle. C'est une véritable capitulation, aucun secteur n'a été épargné même si les bancaires ont énormément souffert", commente Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse. Le marché a accusé le coup après une série de statistiques américaines beaucoup plus faibles que prévu, ravivant les inquiétudes sur l'essoufflement de la première économie mondiale. Le secteur financier, qui représente 20% de l'indice CAC 40, a dégringolé, Société Générale dévissant de 12,34% à 21,60 euros, Crédit Agricole de 7,29% à 6,23 euros, et BNP Paribas de 6,76% à 34,21 euros. Les valeurs cycliques, particulièrement sensibles à la conjoncture, ont également énormément souffert. Peugeot a abandonné 9,06% à 19,18 euros, Renault 7,95% à 26,68 euros, Alcatel-Lucent 8,81% à 2,39 euros et STMicroelectronics 9,14% à 4,28 euros. »
Commentaire : « S’élever pour mieux voir, relier pour mieux comprendre, situer pour mieux agir » Joël de Rosnay. Cet article parle de véritable capitulation. Il est cité : la Société Générale qui dévisse de 12,34% (variation spéculation du jour) mais qui ne varie que de -0,2367%, si l’on tient compte des volumes échangés (variation socialement responsable), le Crédit Agricole qui est annoncé avec une perte de 7,29% mais qui en fait, si l’on tient des volumes échangés ne perd que 0,0574% etc… En fait, le problème n’est même pas l’aspect aberrant du calcul des cours, ni les commentaires catastrophistes qui sont faits, mais simplement le fait que ses derniers peuvent avoir comme conséquence de franchir le seuil sociologique d’acceptation des baisses des investisseurs non spéculateurs et dans ce cas créer un mouvement de vente généralisé qui, lui, donnerait corps à de véritables baisses boursières car résultantes de volumes importants à le vente. Il est clair que dans ce cas, on pourrait parler de catastrophe, de capitulation et de panique. Mais aujourd’hui, est-ce bien sérieux de parler en ces termes ?
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 17 août 2011
Article intitulé : Le trading à haute fréquence a explosé durant le krach estival
« Le trading à haute fréquence a explosé durant la crise estivale. Le nombre de traders utilisant cette forme de négoce automatisée qui consiste à envoyer à toute vitesse des paquets d'ordres a triplé ce mois-ci, aux Etats-Unis. Selon Tabb Group, cette forme de trading a représenté environ 65 % des volumes sur les actions outre-Atlantique ces jours derniers, contre 53 % les mois précédents. La proportion serait ainsi son niveau record et supérieur à celui enregistré sur l'ensemble de 2008 (52 %), année marquée par la faillite de Lehman Brothers, d'après la société d'études et de conseil. Conséquence de l'essor de cette activité : les spécialistes du trading à haute fréquence ont engrangé des profits record. Rien qu'aux Etats-Unis, le 8 août, sur fond de fort recul de Wall Street, ils auraient atteint un pic à 60 millions de dollars. Un chiffre qui donnerait un gain de 15 milliards en tendance annualisée, soit au-dessus du millésime pourtant excellent de 2009, d'après le « Wall Street Journal ». « La volatilité [qui a fortement progressé en août, NDLR] a créé des opportunités », souligne Gary Wedbush, chez Wedbush Securities, un important courtier américain. Pour le spécialiste cité par l'agence Bloomberg, les traders haute fréquence, qui se concentrent sur les valeurs les plus actives, ont fortement augmenté leur activité sur des stars de la cote, comme Apple, Google, Bank of America, Goldman Sachs, mais aussi sur plusieurs ETF. Au premier semestre, ces opérateurs spécialisés étaient moins présents. La croissance du trading à haute fréquence a ainsi largement contribué à la progression du volume des transactions. En moyenne, celui-ci a atteint un record entre le 4 et le 10 août aux Etats-Unis, dépassant même le pic hebdomadaire enregistré au moment de la faillite de Lehman Brothers. En Europe aussi, les échanges ont fortement bondi. A titre d'exemple, sur le CAC 40, le volume quotidien moyen a avoisiné les 6 milliards d'euros durant la première quinzaine d'août, soit bien au-delà de la moyenne du premier semestre (3,9 milliards d'euros) et de celle de l'été dernier (3,2 milliards).
Commentaire : Voilà un commentaire de ma revue de presse du 8 août 2011 :
Comme par hasard « au mois de juillet comme durant le reste de l’année, les « hedge funds » étaient vendeurs nets sur l’indice Standard & Poor’s 500 »
et dans ma revue de presse du 10 et 11 août 2011 :
Et si nous nous trouvions dans la situation suivante :
1) Des marchés déstabilisés par des « prédateurs » financiers (certains hedge funds et autres créateurs de volatilité),
2) Déstabilisation qui se voit approfondie par l’intervention de la gestion algorithmique,
3) Situation qui devant être expliquée et commentée fait l’objet de multiples versions qui vont du film au délire.
4) Film et délire qui provoquent crainte et peur absolument injustifiées mais qui constituent l’effet recherché par les joueurs prédateurs. Situation des plus délirantes, elle-même alimentée par l’obsolescence du système de cotation. Pour exemple : hier on parle panique des bancaires dont la société générale qui perd apparemment 14,74 % et qui en fait si l’on tenait compte des volumes échangés ressort avec une perte de 0,7594%. Jusqu’à quand les autorités de régulation vont-elles se taire sur cette situation ? Et si c’était elles qui organisaient cette volatilité ? Quel Homme politique va enfin avoir le courage de poser cette question au gouvernement ? La France qui se targue souvent d’être pionnière ne devrait-elle pas, après les aveux de Monsieur Jouyet sur l’AMF qu’il préside, être pionnière dans les actes en provoquant une réelle réflexion sur ce sujet ?
Mon commentaire de ce jour : Rebelote.
Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 16 août 2011
Article intitulé : Les ventes à découvert divisent régulateurs et opérateurs
« Trois ans après l’éclatement de la bulle de crédit, les ventes à découvert continuent de diviser les régulateurs et les opérateurs de marché. Cette technique boursière, qui consiste à tirer profit de la baisse de certains titres, est placée sur le banc des accusés à chaque vent de panique financière. Du moins par certaines autorités. Ce fut le cas jeudi dernier des gendarmes boursiers de France, d’Italie, de Belgique et d’Espagne qui ont décidé d’interdire pour quinze jours cette pratique spéculative sur certaines valeurs. Une victoire en demi-teinte pour la jeune Autorité européenne des marchés financiers (Esma), censée coordonner les régulateurs des Vingt-Sept sur ces questions. Car cette coalition de pays latins n’a été suivie ni par les Britanniques ni par les Allemands, lesquels disposent pourtant des deux plus grands centres financiers du Vieux Continent : Londres et Francfort. Des échanges avaient eu lieu entre l’Esma et les gendarmes de la City et de la Bourse allemande. Mais ces derniers n’ont pas été convaincus de la nécessité de telles mesures. Et il y a de quoi, d’après les détracteurs de ce genre d’interdictions : plusieurs études académiques tendent à montrer que les ventes à découvert améliorent l’efficacité des marchés en garantissant une meilleure formation des prix sur les marchés. Leur prohibition irait à l’encontre même de l’objectif mis en avant par les autorités, car la disparition temporaire des vendeurs à découvert peut accroître la volatilité des cours, selon ces mêmes études. Aussi, l’une des principales associations représentatives du secteur de la gestion alternative, l’Alternative Investment Management Association (Aima), a dénoncé ouvertement les mesures prises par les quatre pays européens.« Nous regrettons ces actions », a indiqué vendredi Andrew Baker, le patron du lobby. « Les ventes à découvert sont une pratique de marché légitime qui aide les marchés de capitaux à fonctionner efficacement. » Même son de cloche du côté de l’Edhec-Risk Institute, un centre de recherche français qui a noué des partenariats avec de grandes institutions financières. Qualifiées d’« écran de fumée politique doublement contre-productif », les restrictions sur les ventes à découvert« désorganis[ent]l’activité et[sont]susceptible[s]de dégrader les conditions de marché dans une période déjà hautement volatile », affirme l’institut.
Commentaire : De nouveau l’AMF est mise en cause. Cela dit, cela n’a pas grande importance vu la faible place occupée par la place française tant en termes de compétence (voir propos de son président) que de représentativité.
Chroniqueurs de l’agence économique Reuters Breakingviews, Christopher Hugues, dans « Le Monde » du 16 août 2011
Article intitulé : Suspendre les ventes à découvert n'est pas la solution miracle
« La mode financière de 2008 redevient d'actualité. Les cours de Bourse des banques ont flambé, vendredi 12 août, à la suite de la suspension durant quinze jours - en France, en Italie, en Espagne et en Belgique - des " ventes à découvert " sur les titres des établissements financiers, comme durant la crise des subprimes. Cette pratique consiste à parier sur la baisse d'une action : l'investisseur emprunte un actif, le vend alors qu'il ne le possède pas et attend que son cours baisse pour le racheter à bas prix et ainsi gagner de l'argent. Les cours des actions ont certes été soumis à une forte volatilité, mais les investisseurs devraient y être préparés. On peut comprendre que ceux qui ont constitué un portefeuille composé entièrement de valeurs financières françaises soient anéantis par la récente baisse. Mais si les régulateurs interviennent aux premières difficultés, les actionnaires qui ont veillé à diversifier leur investissement seront dissuadés de faire preuve de prudence à l'avenir. Un régime " imprévisible " pourrait alors inciter ceux qui investissent dans les actions à exiger une prime de risque plus élevée pour la détention de titres, provoquant une inflation du coût du capital pour les entreprises. Les interdictions préalables des ventes à découvert ont eu pour seul effet d'interrompre temporairement la volatilité. Et il existe un frein naturel aux ventes spéculatives : un brusque retournement de la confiance peut faire beaucoup de tort aux investisseurs. Les cours des actions sont un symptôme, et non une cause, de la contagion financière... »
Commentaire : Cet article met bien en avant les limites des suspensions ciblées. Ces suspensions ciblées aboutissent à un non respect des droits et de l’égalité des porteurs de parts. Situation aberrante puisqu’elle est mise en place par les mêmes autorités qui sont censées éviter cela. A la réflexion, on peut émettre un commencement de réponse à leurs actes lorsque l’on sait les liens plus qu’étroits qui lient les autorités aux banques, les commissaires aux comptes etc…. En fait, dans bien des cas, les autorités étatiques prennent des décisions qui n’ont rien à voir avec le droit ni leur mission. Elles ne sont qu’un relais du privé. Force est de le constater, malheureusement.
Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, Ecole d’économie de Paris, dans « Le Monde » du 16 août 2011
Article intitulé : Absence de résultat ou de politique économiques ?
« La reconstitution de stocks avait transitoirement boosté le premier trimestre. Les statistiques du chômage sont, elles, brouillées par un marché du travail tellement décomposé en une multiplicité de statuts à la frontière de l'activité et de la non-activité qu'une montée ou une baisse de 30 000 chômeurs est peu informative. Derrière le voile de réformes de la recherche publique s'enchaînant dans l'improvisation, l'effort essentiel de l'Etat repose sur un dispositif fiscal ultra-avantageux pour les entreprises. Entre 10 et 20 milliards d'euros auront été engloutis dans ce dispositif censé faire de la France un leader en matière de R & D privée. Or c'est l'encéphalogramme plat. De fait, le gros des sommes est allé directement des caisses de l'Etat aux dividendes versés par des entreprises du CAC 40. Plutôt que revoir d'urgence le dispositif, la priorité s'est alors muée en déni. Le dispositif est bon car ses bénéficiaires sont satisfaits ! Des rapports d'évaluation sont commandés. Mais ils sont confiés à l'inspection des finances, placée sous la tutelle du ministre du budget. Pourtant, il existe des évaluations microéconomiques indépendantes ; mais l'accès aux données comporte une clause de veto du ministère sur la publication des résultats, clause dont il use. La France pouvait, avec quelques années d'avance sur l'Allemagne d'aujourd'hui, choisir la voie de la reconversion écologique. Mais comme pour les préconisations Attali, les réalisations concrètes sont maigres. Pire, le développement du solaire fut largement favorisé une année pour être sabré l'année suivante : cette fois, les bénéficiaires sont satisfaits, donc il faut supprimer le dispositif ! Fini le tissu de PME, maintenant, il faut se tourner vers l'éolien offshore dont le coût d'entrée est tel que seuls les gros acteurs du nucléaire pourront investir... s'ils le souhaitent. »
Commentaire : Monsieur Askenazy a beaucoup de courage car dans le système français lorsque l’on met en exergue les liens entre les groupes et les fonctionnaires (politiques ou non), on s’expose à ce qu’on s’en prenne à sa réputation et à son portefeuille.
Claire Gatinois dans « Le Monde » du 13 août 2011
Article intitulé : La spéculation accusée de faire chuter les actions des banques
« Et si l'interminable dérapage des marchés financiers n'était que le fruit de spéculateurs malveillants... Depuis la fin du mois de juillet et la glissade des indices boursiers aux Etats-Unis et en Europe (le CAC 40 a chuté de près de 20 % entre le 22 juillet et le 11 août), les opérateurs et régulateurs sont intrigués par l'ampleur de la baisse, la volatilité, et certaines incohérences du marché. Le plongeon frénétique de l'action Société générale de plus de 20 % en séance, mercredi 10 août à Paris, de BNP Paribas ou d'UniCredit à Milan, sur fond de rumeurs insensées, laisse peu de doutes : les spéculateurs sont aux commandes, assurent les professionnels. Ces financiers vendraient à découvert les titres des banques pour empocher des petites fortunes. Leur technique : promettre à un acheteur de se délester tel jour à tel prix d'un titre que l'on emprunte mais ne possède pas encore. Le jour J, si le titre a baissé, le pari est gagné : il suffit de racheter l'action et d'empocher la différence de valeur constatée sur l'intervalle. Autrement dit, ces fonds ont tout intérêt à ce qu'une action s'effondre. Quitte à faire courir des bruits affolants sur la santé d'un établissement ? L'AMF enquête. En interdisant ces ventes - "short selling" dans le jargon des marchés -, les régulateurs ont en tout cas supprimé un outil essentiel à d'éventuels financiers diaboliques. Car cette tactique serait l'option privilégiée par ceux qui misent sur la déconfiture d'un Etat surendetté de la zone euro. Timothy Griskey, directeur du fonds d'investissement Solaris AM à New York : "Les spéculateurs rendent les marchés plus violents." A l'écouter, le système serait vérolé par des investisseurs de court terme et sans vergogne et par les "high frequency traders". Derrière ces "traders à haute fréquence" se cachent en fait des machines. Des logiciels programmés pour passer des ordres à la microseconde ou moins. Leur objectif consiste à s'immiscer avant "les humains" pour passer un ordre et grappiller ainsi un cent de dollar, raconte un courtier. Apparus il y a une dizaine d'années avec le développement des échanges électroniques, ils se sont peu à peu imposés. Or, pour ces "robots traders", un bain de sang sur les marchés est une aubaine car synonyme de forte volatilité. Et plus les variations brutales de cours liées à la nervosité sont élevées, plus ils peuvent devenir riches. Le Wall Street Journal rapporte d'ailleurs que les opérations de trading à haute fréquence de la société Tradeworx ont enregistré des résultats records ces derniers jours... Le problème est que ces automates ajoutent au trouble. D'autant qu'à cela se greffe le phénomène des logiciels dits "quantitatifs" - leurs algorithmes accentuent les mouvements à la hausse et à la baisse en déclenchant des ordres automatiques. Pour les experts, la présence de ces machines infernales est évidente, à observer les volumes spectaculaires des ordres en Bourse en plein mois d'août. Reste que si la spéculation a un rôle, elle ne déclenche pas, à elle seule, un krach. "Il ne peut y avoir de spéculation sans réelles inquiétudes", rappelle Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. »
Commentaire : En prolongement de mon commentaire ci-dessus, le résultat de cette spéculation (prix) étant officialisé par la comptabilité comme valorisation (effet démultiplicateur) fait plus de dégâts que les spéculateurs eux-mêmes ! Et si la solution était d’intégrer dans la valorisation le volume échangé ? Intégrer les volumes échangés dans la valorisation, indépendamment d’être plus honnête, diminuerait très fortement la volatilité (moins de fortes hausses et baisses) et donc limiterait très fortement la spéculation « mathématique ». Spéculation qui ne vit que de cette volatilité virtuelle. Il est vrai que ce faisant, elle limiterait les ressources des banques et des gérants qui en détournant les actifs gérés vers l’économie « virtuelle » mettent à leurs services les capitaux qui en temps normal devraient être au service et à la disposition des Etats. Dans le cas présent, les Etats et les citoyens sont spoliés (spoliation sous contrôle, officialisée et certifiée par les commissaires aux comptes, les régulateurs et les agences de régulation) et, comble de la situation, les Etats sont obligés d’emprunter les capitaux qui normalement devraient être à leur service. Avec, situation exceptionnelle, un chantage fait aux Etats de se désendetter très fortement sous un an par les mêmes personnes qui ont pillé le système. Je ne parlerai pas du nombre de morts « financiers » (famine, guerre etc…) qui dépasse largement celui de l’ignominie de la dernière guerre. Fermer les yeux, ne pas entendre, ne pas parler…oui, mais jusqu’où et jusqu’à quand ?
Laurent Joffrin dans « Le Nouvel Observateur » du 11 août 2011
Article intitulé : Crise : les incendiaires
« Trois sortes de pyromanes sont en ce moment à l’œuvre pour déclencher l’incendie mondial. Les agences de notation forment la première catégorie. Quand Standard & Poor’s a rendu son oracle négatif sur l’économie américaine, l’équipe Obama lui a fait remarquer qu’elle avait commis une erreur de 2 000 milliards de dollars dans ses prévisions de dette (une paille…). En dépit de cette gigantesque erreur, l’agence a maintenu son diagnostic, se contentant de produire un deuxième papier où le faux calcul avait été caviardé ! La troisième catégorie de délinquants est constituée par le gang des spéculateurs professionnels. Il s’agit de déclencher volontairement des crises pour se livrer ensuite au pillage financier dans un champ de ruines. »
Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 10 août 2011
Article intitulé : La volatilité des marchés relance les interrogations sur le trading de haute fréquence
« L’extraordinaire volatilité qu’ont connue les marchés ces derniers jours relance les interrogations autour du rôle du trading de haute fréquence (THF) dans les échanges boursiers. Cette forme de négoce de titres automatisé a pour particularité d’envoyer à toute vitesse des paquets d’ordres à l’achat et à la vente sur les plates formes électroniques en Bourse. « Je ne comprends pas ce qui est en train de se passer », lançait lundi Barton Biggs, l’ex-patron de la stratégie de Morgan Stanley, lors d’une interview à Bloomberg.« J’ai le sentiment que nous sommes rentrés dans une phase de baisse en cascade conduite à grande vitesse par le trading de haute fréquence. Et je veux y échapper. » Les craintes sont les mêmes de ce côté-ci de l’Atlantique. Des sources proches des régulateurs français indiquent ainsi que les récents incidents techniques essuyés par la Bourse transatlantique Nyse Euronext sur ses principaux indices seraient dus à une « surchauffe » de ses systèmes. Surchauffe causée par le poids grandissant du THF, qui représente environ 40 % des ordres passés sur les marchés européens, d’après l’opérateur boursier lui-même. « Les incidents techniques que nous avons rencontrés font partie de l’évolution de l’architecture informatique de nos systèmes, tempère cependant Roland Bellegarde, vice-président exécutif de Nyse Euronext en charge des activités européennes de négociation cash et de cotation. »
Commentaire : Et si nous nous trouvions dans la situation suivante :
1) Des marchés déstabilisés par des « prédateurs » financiers (certains hedge funds et autres créateurs de volatilité),
2) Déstabilisation qui se voit approfondi par l’intervention de la gestion algorithmique,
3) Situation qui devant être expliquée et commentée fait l’objet de multiples versions qui vont du film au délire.
4) Film et délire qui provoquent crainte et peur absolument injustifiées mais qui constituent l’effet recherché par les joueurs prédateurs. Situation des plus délirantes, elle-même alimentée par l’obsolescence de système de cotation. Pour exemple : hier on parle panique des bancaires dont la société générale qui perd apparemment 14,74 % et qui en fait si l’on tenait compte des volumes échangés ressort avec une perte de 0,7594%. Jusqu’à quand les autorités de régulation vont-elles se taire sur cette situation ? Et si c’était elles qui organisaient cette volatilité ? Quel Homme politique va enfin avoir le courage de poser cette question au gouvernement ? La France qui se targue souvent d’être pionnière ne devrait-elle pas, après les aveux de Monsieur Jouyet sur l’AMF qu’il préside, être pionnière dans les actes en provoquant une réelle réflexion sur ce sujet ?
Jean-David Vincent dans « Les Echos » du 9 août 2011
Article intitulé : Les ETF doivent gagner en transparence
« Avec près de 1.442,7 milliards de dollars d’encours dans le monde, les fonds indiciels cotés attirent l’attention des régulateurs. D’autant plus que le marché de ces ETF (« exchange-traded funds ») est en pleine expansion : + 40 % d’encours en 2011. Coup sur coup, le FSB (Financial Stability Board), la BRI (Banque des règlements internationaux) et l’Esma (European Securities and Markets Authority) ont publié récemment des rapports pointant les risques liés à cette industrie. Les inquiétudes sont nombreuses : manque de transparence des ETF, risque de liquidité et de contrepartie, pratique du prêt de titre, déstabilisation des marchés…Les ETF dits synthétiques sont plus particulièrement visés. Utilisant des swaps (contrats d’échange) pour « coller » à la performance des indices, ils créent tout d’abord un risque de contrepartie, si la banque avec qui le swap est conclu fait défaut. Se pose également la question de la… qualité du collatéral offert par la banque en contrepartie du swap. Même inquiétude pour le prêt de titres, dont les conditions sont encore mal définies : ainsi, l’étude du FSB (1) révèle que ces prêts, utilisés uniquement dans le cadre d’une réplication physique,« créent les mêmes risques de contreparties et de collatéral que les ETF synthétiques[…]en cas de demande inattendue de liquidité des investisseurs ». Le succès des produits indiciels pose également le problème de leur influence sur les cours. « Sur les grands indices comme l’Eurostoxx 50, les ETF représentent des volumes minimes par rapport au marché sous-jacent, et de l’ordre de 50 fois moins que les ’futures’ », analyse Eric Wohleber, directeur général de BlackRock en France. Cependant, les ETF – particulièrement les ETF synthétiques – permettent une exposition facile à des classes d’actifs considérées comme exotiques, y compris des paniers de matières premières. Si un gros ETF se désengage d’un marché étroit, il peut créer des problèmes de liquidité. Une situation qui peut augmenter la volatilité : « La part importante des ETF sur des marchés sous-jacents à la liquidité variable est un facteur d’inertie, d’amplification des tendances et peut, en cela, favoriser l’apparition de bulles »,avertit Frédéric Bonnevay, associé d’Anthera Partners.« D’autant que, en période de stress, on utilise plus volontiers les ’trackers’, ce qui accentue encore la volatilité », renchérit Tangi Le Liboux, analyste sell-side chez Aurel BGC. »
Commentaire : Et si c’était ce que nous vivons à la baisse (déstabilisation des marchés par ces « outils financiers » avant de le connaître à la hausse lorsque la Fédération Européenne Financière sera créée et que les Etats-Unis auront fait une grosse peur aux pays émergents et aux autres pays. Obama a raison ! De facto, pour l’instant, les Etats-Unis sont AAA. Qui peut remplacer le rôle international des Etats-Unis ? Ils sont endettés d’avoir sauvé le système mis à mal par les banquiers, et alors ? La crise vient plus de leur jeu politique interne et des élections à venir que de la situation financière. Nous vivons une phase de stabilisation géopolitique internationale. S’il existe un risque, il est sociologique. Ce dernier consisterait en une union internationale des indignés. Imaginez la réussite de ce que veulent créer les indignés espagnols, c’est-à-dire créer un regroupement à Bruxelles de tous les mécontents