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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis, dans « La Tribune » du 8 février 2011 :
Article intitulé : Où apparaîtra la prochaine bulle ?
« La liquidité mondiale progressant toujours aussi vite, de nouvelles bulles se formeront. Pour l'éviter, il faudrait que la liquidité reste sous cette forme, et ne serve pas à acheter des actifs à rendement plus élevé. C'est très peu probable. C'est ainsi qu'on a déjà vu dans le passé différentes bulles. La bulle sur les actions à la fin des années 1990 était liée d'une part à des achats d'actions par les investisseurs, d'autre part à des acquisitions d'entreprises des nouvelles technologies par d'autres entreprises, d'où la hausse de l'endettement des sociétés. La bulle sur l'immobilier de 2002 à 2007 aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone euro en dehors de l'Allemagne, ainsi que celle sur les actifs liés au crédit immobilier (actifs liés à la titrisation), a été associée à l'excès d'endettement des ménages. La bulle sur les prix des matières premières et sur les actions des pays émergents au second semestre 2007 et au premier semestre 2008 était due à la conviction, à cette époque, que la crise des subprimes ne s'étendrait pas aux pays émergents (thèse dite du « decoupling »). Empêcher ce phénomène nécessiterait de freiner la liquidité mondiale, ce qui est impossible aujourd'hui avec la volonté farouche des Américains de doper leur économie »
Commentaire : Cet article, qui « date » un peu, met bien l’accent sur la bulle future des actifs. Que donnera cette bulle lorsque l’on sait la quantité historique de liquidité « déversée » sur les marchés ? Si l’on ne change pas de système de cotation, à combien le CAC 40 ? 7 000, 10 000, 15 000….
Roger-Pol Droit, dans "Les Echos" du 27 janvier 2010 en page 15 :
Article intitulé : Avec ou sans bulles.
" Les voilà déjà de retour. Les contrecoups de la crise à peine résorbés, des poches spéculatives se constituent à nouveau. Le cours du pétrole gonfle artificiellement. L’immobilier chinois s’envole, dopé par la multiplication des crédits. Des métaux comme le nickel ou des rebus comme le soufre s’échangent par moments à des prix sans rapport avec les besoins de l’industrie. Depuis un an, le cours du cuivre a plus que doublé : les éleveurs de porcs chinois y investissent les subventions destinées à moderniser leurs élevages…Le paradoxe des bulles, c’est qu’elles donnent l’illusion d’être sans limites, alors mêmes qu’elles sont destinées à s’évanouir. Les bulles ne sont pas seulement affaires de finances et de spéculation. Elles appartiennent, comme les crises, à la structure même de la réalité, où nous sommes, à l’intrication des passions humaines et des outils relationnels, à l’entrecroisement de l’imaginaire et du réel. »
Sophie Gherardi, auteur de « Péchés capitaux. Le Roman de la crise financière, dans « Le Nouvel Observateur » du 16 décembre 2009 en page 30 :
« L’économie moderne est une énorme machine à faire des bulles. Le mécanisme est le suivant. Un bien quelconque (les financiers disent « un actif ») est désiré par un grand nombre de personnes prêtes à l’acheter. Son prix monte. Au lieu d’être découragés par la hausse, les acheteurs arrivent de plus en plus nombreux, le prix monte encore. D’autres acheteurs se précipitent, et ainsi de suite. Les nouveaux venus ne désirent plus l’actif en tant que tel, mais la possibilité de le revendre avec profit, puisqu’il monte sans cesse. Jusqu’au moment où la panique se déclenche et où tout le monde veut vendre en même temps. »