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Roger-Pol Droit, dans "Les Echos" du 27 janvier 2010 en page 15 :
Article intitulé : Avec ou sans bulles.
" Les voilà déjà de retour. Les contrecoups de la crise à peine résorbés, des poches spéculatives se constituent à nouveau. Le cours du pétrole gonfle artificiellement. L’immobilier chinois s’envole, dopé par la multiplication des crédits. Des métaux comme le nickel ou des rebus comme le soufre s’échangent par moments à des prix sans rapport avec les besoins de l’industrie. Depuis un an, le cours du cuivre a plus que doublé : les éleveurs de porcs chinois y investissent les subventions destinées à moderniser leurs élevages…Le paradoxe des bulles, c’est qu’elles donnent l’illusion d’être sans limites, alors mêmes qu’elles sont destinées à s’évanouir. Les bulles ne sont pas seulement affaires de finances et de spéculation. Elles appartiennent, comme les crises, à la structure même de la réalité, où nous sommes, à l’intrication des passions humaines et des outils relationnels, à l’entrecroisement de l’imaginaire et du réel. »
Sophie Gherardi, auteur de « Péchés capitaux. Le Roman de la crise financière, dans « Le Nouvel Observateur » du 16 décembre 2009 en page 30 :
« L’économie moderne est une énorme machine à faire des bulles. Le mécanisme est le suivant. Un bien quelconque (les financiers disent « un actif ») est désiré par un grand nombre de personnes prêtes à l’acheter. Son prix monte. Au lieu d’être découragés par la hausse, les acheteurs arrivent de plus en plus nombreux, le prix monte encore. D’autres acheteurs se précipitent, et ainsi de suite. Les nouveaux venus ne désirent plus l’actif en tant que tel, mais la possibilité de le revendre avec profit, puisqu’il monte sans cesse. Jusqu’au moment où la panique se déclenche et où tout le monde veut vendre en même temps. »