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CARTEL

 

Alain Bauer, criminologue, dans « Le Nouvel Economiste n° 1516 » du 14 avril 2010 en page 8 :


Article intitulé : Déni de réalité. Gouvernements et régulateurs feignent d’ignorer la criminalité qui se cache derrière les crises financières.
 " De la « récession Yakusa » des années 80, en passant par les Savings and Loans (caisses d’épargne) américaines de la même période, puis par le Mexique, la Russie ou la Thaïlande, une série de crises financières à dimension criminelle – plus ou moins prononcée – a ébranlé les principaux pays du Monde depuis les 30 dernières années, et ce sans aucune attention des régulateurs centraux. Alors même que le Fonds monétaire international (FMI) estime la masse d’argent sale entre 1% et 5% du produit intérieur brut (PIB) mondial. " 
" Etats-Unis : Savings and Loans, ces faillites ont été le résultat de malversations géantes et systématiques, menées de l’intérieur des caisses d’épargnes elles-mêmes par certains de leurs dirigeants – white collar crime – en liaison parfois avec des membres du Milieu traditionnel. En 1987, l’Attorney général des Etats-Unis reconnaît l’existence de ces fraudes massives."
Japon : Selon le gouvernement japonais, pour la seule année 1999, plus de 40% des prêts destinés à la construction se retrouvaient en fait entre les mains du crime organisé. En 2002, on estimait encore que les « mauvaises créances » - en fait des « créances mafieuses » pour l’essentiel – se situaient entre 800 milliards et 1 600 milliards de dollars. "
" Russie : A partir de 1992, la Russie privatise massivement, une « thérapie de choc » «étant lancée à partir de 1994 : 50% de secteur public (plus de 100 000 entreprises d’Etat) est alors privatisé. On assiste alors à un accaparement des biens publics par une coterie. Oligarques. L’évasion criminelle des capitaux durant cette période est estimée à 100 milliards de dollars. Division par deux du PIB. Le chômage, qui s’élevait à moins de 0,1% de la population active au début des années 1990, a grimpé jusqu’à 7 ,5% en 1994.
" Mexiques, la « crise Tequilla » : En grande partie, un effet « cocaïne » ;  Le blanchiment se combine avec l’afflux de capitaux internationaux pour créer une immense liquidité dans l’économie et une double « bulle » immobilière et boursière. Elle en coutera plus de 100 milliards de dollars au Trésor mexicain avec un chômage multiplié par 3."
" La crise Thaïe de 1997 : Scénario de même type au profit des jeux illicites. L’équivalent d’environ 10% du PIB était contrôlé par les réseaux du crime organisé."
La crise des subprimes : Les banques sont alimentées en demandes de prêts par des courtiers spécialisés qui promettent tout. Nombre de dossiers à la base sont pudiquement qualifiés de « non documentés » ; ils sont en truqués et relèvent à la fois de l’escroquerie, de l’abus de confiance et du faux en écritures. Ces courtiers adossés aux prêteurs hypothécaires distribuent des prêts douteux, consistant en fait à prêter beaucoup à des populations vulnérables (pauvres, minorités, etc .) Le montant des prêts dépasse fréquemment les 125% de la valeur du bien objet de l’emprunt, dont la valeur est elle-même fortement surévaluée.
Toute l’économie, gavée de dettes, est devenue une « économie pyramidale », un gigantesque système de Ponzi. Pour masquer ces réalités, les banques entreprennent de regrouper dans des pots communs les prêts, en les « titrisant » puis dans un deuxième temps en mêlant ces titres « pourris » avec d’autres créances dans des structures globales qui seront-elles-mêmes survalorisées."

 

Emmanuel Combe, professeur de sciences économiques à l’université de Paris-I et membre du collège de l’Autorité de concurrence, dans « Le Figaro » du 2 mars 2010 en page 16 :
Article intitulé : Les cartels restent un cancer pour l’économie.
 « Dans une étude récente sur l’ensemble des cartels condamnés par la Commission européenne depuis 1969, nous montrons pourtant que dans un cas sur deux l’amende infligée reste inférieure au gain illicite. En d’autres termes, organiser un cartel reste parfois une bonne affaire pour les contrevenants. Plus encore, si l’on tient compte de la (faible) probabilité de se faire prendre, les amendes demeurent peu dissuasives. Loin d’imploser rapidement, les cartels parviennent à s’organiser pour survivre en moyenne six à sept ans et infligent aux clients de substantielles mais injustifiables hausses de prix, de l’ordre de 20%. »

 



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