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Cyrille Lachèvre dans « Le Figaro » daté du 27 août 2010 en page 13 :
Article intitulé : Les petits pas du yuan comme devise mondiale.
« La Chine a franchi, hier, une nouvelle étape dans sa longue route la conduisant à faire de sa devise, le yuan, une future monnaie de réserve internationale. La Chine est prête à commercer directement dans sa propre devise avec ses voisins, plutôt que d’en passer par le dollar. La prochaine étape consiste pour les Chinois à diversifier leurs propres réserves de changes en investissant davantage dans les actifs en euros et en yens Les conséquences sont inévitables : à long terme, le dollar devrait se déprécier, l’euro et le yen s’apprécier. C’est dans cette optique que Nicolas Sarkozy a indiqué, qu’il comptait organiser une réunion de haut niveau, entre experts, pour réfléchir aux moyens de définir un « actif de réserve international qui ne soit pas émis par un seul pays ».»
Harold Thibault dans « Le Monde» daté du 24 août 2010 en page 9 :
Article intitulé : Les tribulations de la classe moyenne chinoise pour se loger.
« Michael Klibaner, directeur de la recherche du cabinet de conseil Jones Lang LaSalle en Chine, « Les prix ont augmenté de 10,3% en un an dans le pays. Pourtant, 64,5 millions de logements seraient vacants. La question est de savoir si l’on considère qu’un appartement est un toit pour des personnes ou pour de l’argent. Les investisseurs chinois se tournent vers l’immobilier parce qu’ils ont très peu d’alternatives et que c’est très rentable. » Sheng Feng, journaliste, « J’ai investi dedans car c’est le placement qui demande le moins de travail. Une fois acheté, pas besoin de se demander si les prix augmentent ou baissent, puisqu’il n’y a aucun doute sur la réponse. » Andy Xie, économiste, « Les gens informés sont terrifiés. Si la bulle crève, l’économie chinoise souffrira. Le problème est qu’aucune politique ne permettrait de résoudre le problème sans que la population n’en subisse les conséquences. Mais au bout du compte, le marché s’ajustera. On ne peut rien y faire. » »
Sébastien Falletti dans « Le Figaro» daté du 24 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : L’appel de Wen Jiabao à la démocratisation.
« « Si aucune réforme du système politique n’est assurée, les résultats de la réforme économique seront anéantis », a mis en garde Wen. « Nous devons résoudre le problème de concentration excessive du pouvoir, créer des conditions permettant au peuple de critiquer et de contrôler le gouvernement », a insisté le dirigeant le plus populaire de Chine. »
Philippe Mabille dans « La Tribune » daté du 20 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Aujourd’hui, le centre du monde, c’est l’Asie de l’Est.
« « Probablement n’échapperont-ils pas aux cycles économiques. Dans le bâtiment, ils ont trop construit, il y a beaucoup d’immeubles de bureaux vides. Il y a des risques économiques et sociaux, mais sur le long terme, je suis très optimiste »,Xavier Fontanet, président du conseil d’administration d’Essilor. »
Diana Hochraich, économiste et écrivain, dans « La tribune » daté du 16 août 2010 en page 8 :
Article intitulé : La Chine reste dépendante des pays industrialisés.
« Peut-on revendiquer être la deuxième économie du monde lorsque le revenu par tête vous place dans les profondeurs du classement ou lorsque la population paysanne vit quasiment de l’autoconsommation ? La Chine est encore un pays en développement. Son modèle économique repose toujours pour l’essentiel sur la sous-traitance, assurant la production des segments intensifs en main-d’œuvre, destinés à la réexportation. La Chine continue en effet d’importer 70% de ce qu’elle exporte. La Chine restent dépendante des pays industrialisés, tant pour les intrants à valeur ajoutée que pour les débouchés de sa production. L’innovation, c’est le produit d’une sédimentation de la culture, à travers des générations. La Chine est encore très loin de talonner les Etats-Unis ou le Japon dans ce domaine.»
Robert Jules dans « La Tribune » daté du 13 août 2010 en page 7 :
Article intitulé : L’argent « gris » pèse un tiers du PIB en Chine.
« Selon un rapport, plus de 1.000 milliards d’euros de revenus des ménages vivant en ville sont non déclarés. La moyenne annuelle des revenus disponibles par ménage vivant en ville s’élevait en 2009 à 32 154 yuans (3 691 euros), soit un niveau supérieur de 90% aux chiffres officiels, ceux des 10% les plus riches atteignaient 139 000 yuans (15 077 euros) alors que ceux des 10% les plus faibles tombaient à 5350 yuans (615 euros). En fait, les 20% les plus fortunés détiennent à eux seuls plus de 80% de cet argent illégal. « Une fois que le pouvoir d’Etat et le capital sont unis, la libre concurrence de l’économie de marché commence à être remplacée par le monopole capitaliste de copinage, menant à des disparités dans la distribution de biens et des revenus, une faible efficience économique et exacerbation des conflits sociaux », estime Wang Xiaolu, l’un des rédacteurs de l’étude. »
Commentaire : Dans cet article, nous retrouvons la loi de Pareto (80/20). Tôt ou tard (c-à-d bientôt), ce pourcentage va s’inverser. C’est à ce moment là que de profonds déséquilibres toucheront l’ensemble des secteurs SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInanciers. Pour l’instant, nous vivons seulement les prémices de ces bouleversements…A moins qu’un krach stoppe momentanément l’évolution de la Chine..et de l’Inde.
Elsa Bembaron dans « Le Figaro » daté du 11 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : La Chine renforce sa mainmise sur les terres rares.
« Le gouvernement chinois vient de donner un nouveau tour de vis à sa politique de gestion des terres rares. Les deux plus grands producteurs chinois de ces métaux vont désormais s’entendre sur les prix de vente. Une telle concentration, impensable en Europe, va permettre à deux groupes miniers, Baotou Steel et Jiangxi Copper, de contrôler environ les deux tiers du marché mondial. En outre, Pékin limite à 89 200 tonnes la production nationale, ce qui représente une hausse de 8,2% inférieure à celle de la demande mondiale. Or le pays assure à lui seul 95% de la production mondiale de ces métaux, abusivement appelés « terres rares », qui entrent dans la composition de nombreux produits stratégiques (électronique, aéronautique, énergie atomique…). 95% des terres rares produites dans le monde viennent de Chine Les terres rares sont un groupe de dix-sept métaux, indispensables à certaines productions industrielles, comme les lampes à basse consommation ou les pots catalytiques de voitures. »
M.B dans « La Tribune » daté du 6 août 2010 en page 16 :
Article intitulé : La Chine teste la résistance des banques à un krach immobilier.
« Le spectre de la bulle immobilière refait surface en Chine… L’ordre intimé par la Commission de régulation bancaire de réaliser des tests de résistance sur les banques incluant un scénario noir de l’immobilier – à savoir une chute de 50 à 60% des prix des logements dans les grandes villes chinoises – a ranimé les craintes. »
M. RN. dans « Les Echos » daté du 5 août 2010 en page 20 :
Article intitulé : Les décisions de la Chine relancent les cours de l’or.
« La Banque centrale de l'empire du Milieu a indiqué mardi qu'elle laisserait plus de banques importer et exporter du métal jaune et qu'elle autoriserait des sociétés étrangères à participer aux échanges du précieux sur le sol chinois. La Chine est le principal producteur d'or et son deuxième consommateur derrière l'Inde. Les signes d'ouverture du marché intérieur chinois sont interprétés très positivement sur les marchés. Internationalisation, cela pourrait bel et bien être le cas si jamais les autorités chinoises se décident à complètement libéraliser leur marché en autorisant la création de fonds indexés sur le prix du métal jaune (« exchange-traded funds » ou ETF) ou la commercialisation de produits financiers venus de l'étranger. Mais la banque centrale chinoise ne va pas jusque-là. Ses mesures consistent à autoriser les banques à couvrir leurs positions en lingots sur les marchés étrangers ; à pousser ces mêmes établissements à prêter davantage aux sociétés spécialisées dans le commerce de l'or qui cherchent à traiter avec l'étranger et à développer les dérivés de métal jaune libellés en yuans. Les particuliers ne sont donc pas concernés. Ceux-ci ont prouvé dans le passé récent leur appétit pour le métal jaune, aussi bien sous forme de bijoux que d'investissement pur et dur, notamment pour se couvrir contre l'inflation. »
L. J. B. et JU. dans « La Tribune » daté du 3 août 2010 en page 6 :
Article intitulé : La machine de production chinoise marque le pas.
« Il n’y a aucune raison de paniquer car il s’agit davantage d’un ralentissement que d’un effondrement », Hongbin Qu, économiste en chef chez HSBC Asia.
Renaud Girard dans « Le Figaro » daté du 2 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Obama veut endiguer l’expansionnisme marin chinois.
« Et mardi, le vice-ministre chinois de l'Information, Dong Yunhu, déclara au Figaro que les Américains n'avaient pas à se mêler des différends maritimes d'une région qui n'était pas la leur, à laquelle ils avaient naguère apporté la guerre, et que tous les problèmes seraient résolus pacifiquement «entre Asiatiques». Dans les années 1930, les Japonais expliquaient déjà que l'homme blanc n'avait rien à faire en Asie, où ils avaient l'intention d'édifier, entre peuples indigènes, une «sphère de coprospérité». On sait où mena cette belle rhétorique… »
G.G dans « Les Echos » du 27 juillet 2010 en page 5 :
Article intitulé : Les banques chinoises s’inquiètent de la solvabilité des collectivités locales.
« Un Etat central riche peut cacher des collectivités locales endettées. C'est ce qui semble être le cas en Chine, où l'on craint désormais que la mauvaise situation financière des régions représente un risque pour l'ensemble du secteur bancaire. Mardi, l'agence de presse Bloomberg, citant une source anonyme à la Commission chinoise pour la régulation bancaire, croyait savoir qu'environ 23 % des prêts que les banques chinoises ont accordés en 2009 à des organismes émanant des collectivités locales risquaient de ne pas être remboursés. C'est un total de 7.700 milliards de yuans (874 milliards d'euros) qui ont été indirectement prêtés, l'an dernier, aux collectivités - car ces dernières n'ont pas le droit de s'endetter et créent donc des véhicules financiers à cette fin. Si le chiffre de 23 % était confirmé, cela représenterait donc une perte potentielle de 200 milliards d'euros pour les banques chinoises. L'interrogation sur la solidité des prêts aux collectivités locales est en tout cas révélatrice de la fébrilité qui entoure le système financier chinois. Ce climat a en outre été alimenté par l'agence de notation Fitch qui a estimé, il y a deux semaines, que les banques chinoises avaient prêté plus encore que ne le laissent entendre les chiffres officiels. Elles auraient procédé à des titrisations, revendant à des investisseurs des produits financiers complexes visant à diluer le risque… et rappelant certains ingrédients de la crise des « subprimes ». Il reste que, comme le note Xu Bei, économiste chez Natixis, « l'innovation financière reste à des niveaux plus que raisonnables en Chine ». Surtout, l'Etat central, dont la dette représente environ 17 % du PIB, aurait probablement les moyens de remettre à flots les collectivités. D'après Standard Chartered, le niveau global de la dette publique en Chine tournerait autour de 80 % du PIB. Pas de quoi effrayer un Européen. »
Frédéric Lasserre, économiste à la Société Générale, dans « La Tribune » du 27 juillet 2010 en page 7 :
Article intitulé : Les gouvernants chinois pilotent leur siècle.
« Ce qui a changé c'est la perception de la Chine par le reste du monde. Durant les années 2000, le pays avait l'image de l'usine du monde, celle qui transformait les matières premières pour les réexporter sous forme de biens de consommation. On dit aujourd'hui que la Chine veut réorienter sa croissance économique. Mais c'est faux ; en fait, la Chine a toujours eu une optique de développement, et non de croissance. Les gouvernants chinois ne gèrent pas de la politique économique et de la croissance. Ils pilotent leur siècle, ils savent très bien que le 21ième siècle va être le leur, et ils s'organisent dans cette optique. Dans une économie de marché c'est le client qui est roi. C'est ce qui s'est passé avec les Etats-Unis durant un demi-siècle : les américains ont assis leur pouvoir sur le fait qu'ils étaient les premiers consommateurs du monde. Les marchés financiers leur font confiance, et supportent leur dette parce qu'ils sont les premiers et qu'on prête toujours à son plus gros client. La Chine a l'ambition de devenir le premier client du monde. Leur certitude d'y arriver repose sur leurs atouts. Ils ont un vrai problème en ce qui concerne les ressources physiques. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils s'arc-boutent sur le Tibet, d'où proviennent les deux tiers des ressources en eau du pays. Ils ont une approche très rigide de la gestion des ressources, actuelles et à venir. Aujourd'hui, ils sont prêts à offrir des conditions financières extraordinaires aux pays qui en détiennent, notamment en Afrique, mais aussi à l'Iran, qui a du pétrole et du gaz. »
Valérie Segond, propos de Bernard Ramanantsoa directeur général d’HEC Paris, dans « La Tribune » du 28 juillet 2010 en page 8 :
Article intitulé : Avec la Chine, capitalisme ne rime plus avec démocratie.
« Tout a changé, y compris pour les « business schools ». Il y a quinze ans, il n'y avait pas de grands acteurs dans ce domaine ni en Chine ni même à Hong Kong. Aujourd'hui, les écoles de la grande Chine sont très puissantes : grâce à des rémunérations élevées, elles attirent de très bons professeurs chinois et occidentaux et forment des étudiants de niveau équivalent aux nôtres. On ne peut plus débarquer dans la vie active avec l'idée que la Chine est un monde émergent, qui se développe grâce à des bas coûts de main-d'oeuvre et qui se satisfait de quelques années de retard sur le monde développé, car même dans des secteurs technologiques pointus, comme les télécoms, ils se révèlent de redoutables concurrents. C'est un pays qui a créé un modèle inédit, reposant sur un capitalisme poussé à son point extrême lié à un État très fort. Un élève d'HEC, futur dirigeant d'entreprise dans un contexte mondialisé doit impérativement intégrer la Chine dans son approche du monde, et connaître non seulement les Chinois, mais aussi leurs entreprises et leurs systèmes de décision. Sans oublier le mode de fonctionnement, y compris mental, de la Chine. »
Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 12 juillet 2010 en page 12 :
Article intitulé : Que faire avec 2.500 milliards de dollars ?
« Les gérants de ces réserves (2.500 milliards de dollars) savent pertinemment qu’elles sont un écran de fumée pour les étrangers qui dissimulent la situation désastreuse des finances des régions et probablement des banques chinoises. Si la bulle immobilière éclate, comme elle doit le faire dans les mois qui viennent, il ne restera rien. 30% des réserves sont investis en emprunts du Trésor américain et deux tiers en dollars. Les Chinois eux savent ce que le marché ne veut pas admettre : les Etats-Unis ne remboursent pas intégralement leur dette, ils n’en ont pas les moyens, et les Etats-Unis vont laisser leur monnaie se déprécier pour relancer leurs exportations. Les Chinois vont donc être pris dans un jeu dont ils étaient jusqu’à présents les champions, le jeu de t’étau : perte sur les emprunts américains en cas de renégociation ou de krach et perte sur le dollar. »
Favilla dans « Les Echos» du 9 juillet 2010 en page 12 :
Article intitulé : Taiwan, le commerce et la démocratie.
« Les oppositions idéologiques les plus radicales sont-elles solubles dans l'économie ? En Europe, l'échec économique du communisme a mis fin à la guerre froide et redessiné la carte politique. A l'autre extrémité du continent eurasiatique s'ébauche peut-être un scénario différent, avec l'accord commercial historique que viennent de signer Taiwan et la Chine : l'accession progressive de celle-ci à la prospérité, le tournant qu'elle semble prendre en faveur du pouvoir d'achat interne et de la consommation - bref, la convergence entre le niveau de vie d'une fraction de plus en plus large du peuple chinois et celui des Taïwanais -vont-ils vider, à terme, de sa charge explosive la question de l'indépendance de l'île ? La politique d'assouplissement des relations avec la Chine continentale, menée par le président Ma Ying-jeou depuis son élection en 2008, repose sur l'idée, exprimée par Montesquieu, que « l'effet naturel du commerce est de porter à la paix ». »
Héloïse Bolle dans « Challenges » du 8 juillet 2010 en page 52 :
Article intitulé : Pékin calme la frénésie immobilière.
« En Chine, les prix des logements de moins de 90 mètres carrés ont flambé de 19,5% sur un an dans les 70 plus grosses villes, et même jusqu’à 50% dans certains quartiers de Pékin ou de Shanghai. Colossal comparé au taux de croissance de l’empire du milieu (8,9% en 2009). « Actuellement, la plupart des investissements sont risqués, analyse Li Dequan, chercheuse au ministère du logement. L’immobilier est une valeur refuge. Résultat : dans certains quartiers de la capitale, 60% des logements sont vides.» Mais cette envolée des prix a laissé à l’écart les classes moyennes, et le marché locatif est quasi inexistant. Du coup, la grogne monte. »
Commentaire : Voir sur www.socioecopofi.com mes articles sur l’immobilier. Les gouvernements ont tort de ne pas vouloir voir en l’immobilier l’un des principaux déstabilisateurs sociologique de notre société.
François D’Alançon, propos de Massimo D’Alena, ancien premier ministre italien, dans « La Croix » du 9 juillet 2010 en page 11 :
Article intitulé : Le projet européen comme antidote à politique de la peur.
« Il serait paradoxal d’abandonner notre modèle social européen au moment où la Chine l’étudie pour l’appliquer chez elle. Les Chinois sont en train d’introduire la retraite sociale pour les paysans dans les campagnes, d’augmenter les salaires, de renforcer leur système de santé publique. Les Etats –Unis ont adopté une réforme de l’assurance-maladie d’inspiration européenne. Le modèle social européen est un atout à défendre en le transformant et en le réformant pour tenir compte du changement dans la structure démographique et sur le marché du travail. »
Commentaire : Et si nous allions vers une socio-économie mondiale ?
Yann Rousseau dans « Les Echos » du 30 juin 2010 en page 8 :
Article intitulé : Chine : le ras-le-bol des Européens.
« En Chine, les entreprises étrangères commencent à ne plus digérer les procès iniques, les contrefaçons flagrantes, la fiscalité rétroactive, les tracasseries administratives ou encore les marchés publics truqués qui brouillent leur quotidien. Quelques semaines après son homologue américaine, la Chambre de commerce européenne en Chine a, à son tour, fermement mis en garde Pékin contre la dégradation du climat des affaires dans le pays, qui pourrait pousser certains groupes étrangers à remettre en cause leur stratégie d'investissement. « C'est inquiétant qu'il n'y ait pas, un an après la crise, plus de membres qui se déclarent optimistes », a pointé le président de la Chambre de commerce, qui remarque que le nombre de groupes se déclarant profitables en Chine « recule sérieusement ». Alors que 70 % des entreprises européennes se déclaraient profitables en 2008, elles sont désormais moins de 60 % à prétendre gagner de l'argent dans le pays. « Dans la réalité, c'est même beaucoup moins », soufflait hier un avocat travaillant avec des grands groupes occidentaux, toujours très discrets sur leurs résultats dans le pays. »
François Godement, professeur à Sciences Po, et Jean-François Di Meglio, président d’Asia Centre, dans « Le Figaro » du 29 juin 2010 en page 16 :
Article intitulé : Pourquoi la Chine a fait le choix de laisser fluctuer le yuan.
« Où et quand a-t-on jamais vu une monnaie non complètement convertible acquérir une dimension internationale aussi forte ? Où et quand a-t-on jamais vu un pays globalement créditeur vis-à-vis du reste du monde préserver une situation de sous-évaluation, y compris par rapport à des partenaires dont l’endettement extérieur est très important ? Il y a transparence de la procédure, mais opacité des motivations. La décision de laisser fluctuer un tant soit peu le renminbi relève à la fois d’un rattrapage attendu, et de la révolution économique en germe. La diversification des devises de références annoncerait l’engagement vers une nouvelle « monnaie internationale », inspirée du DTS. On s’orienterait vers l’effacement progressif du roi dollar, conséquence ultime de l’abus d’une position de seigneuriage due au rôle de monnaie de réserve. »
Marie de Vergès dans « Le Monde » du 24 juin 2010 en page 13 :
Article intitulé : L’assouplissement du yuan, un plan machiavélique ?
« Pékin vient d’annoncer un assouplissement des règles de fluctuation du yuan. Le RMB (ou yuan) est autorisé à fluctuer quotidiennement dans un couloir de plus ou moins 0,5% autour du cours de référence. Il faut essayer de comprendre ce que cela signifie. En clair, le pays concède plus de volatilité de sa monnaie, à la hausse…comme à la baisse. Avec leur nouveau système de change qui se réfère à un panier de devises et non plus au seul billet vert, « si l’euro se cassait la figure, les Chinois feraient sûrement en sorte de déprécier le yuan par rapport au dollar », juge M.Artus. Autrement dit, la Chine prouve qu’elle souhaite rester maître du jeu malgré les pressions. »
Brice Pedroletti dans « Le Monde » du 22 juin 2010 en page 3 :
Article intitulé : Quand la Chine se ruinera…
« Dans le South China Morning Post de Hongkong, l’un des économistes chinois les plus audacieux, dresse un parallèle entre la situation de la Chine et celle de l’Union européenne, où « des pays membres ont laissé filer leur dette souveraine ». En Chine, le problème vient de « l’endettement des gouvernements locaux qui ont emprunté pour s’assurer que les taux de croissance de leurs régions se maintiennent à deux chiffres, écrit-il. Tout comme les pays lourdement endettés de la zone euro, les provinces et les localités chinoises ont abusé d’une devise commune. » Les plates-formes de financement local qui ont contracté les prêts sont de véritables « trous noirs » : une partie des prêts, sait-on désormais n’a aucun collatéral. « Les banques croient parfois prêter à cinq société différentes, quand il s’agit de cinq filiales de la même structure », souligne Victor Shih qui a répertorié 8 000 plates-formes de financement local en Chine, dont il estime l’endettement total à 11,4 trillions de yuans (1000 milliards d’euros, soit 34% du PIB chinois), dont 7 trillions contractés rien qu’en 2009. « C’est une source de risque bancaire majeure. »»
François Lenglet, rédacteur en chef, dans « La Tribune » du 22 juin 2010 en page 13 :
Article intitulé : Billet rouge contre billet vert.
« La Chine a fini par accepter un assouplissement de son régime de change. A court terme, l'Amérique et l'Europe en tireront des bénéfices commerciaux. Mais parallèlement, la Chine au pouvoir d'achat réévalué va multiplier, à l'étranger, les acquisitions d'entreprises, d'infrastructures et d'exploitations minières. Et lorsque le yuan sera pleinement convertible, le «billet rouge» pourrait s'affirmer comme un concurrent du dollar. Elle y a tout intérêt, plutôt que d'investir comme elle le fait aujourd'hui dans des titres en dollars, dont la dévaluation par rapport à sa devise est programmée, alors que le prix d'une entreprise ou d'une mine ne dépend pas seulement de la monnaie dans lequel il est libellé. Déjà, le rythme des prises de participations s'accélère. Sur les seuls derniers jours, les Chinois ont investi le port du Pirée, en Grèce, pris une participation indirecte dans la seule entreprise américaine de retraitement d'uranium, USEC, et manqué de peu le rachat de l'hebdomadaire «Newsweek». Ce n'est qu'un début. »
. JU dans « La Tribune » du 16 juin 2010 en page 8 :
Article intitulé : La Chine investit massivement en Grèce.
« La Chine a signé des contrats de coopération qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les principaux secteurs concernés sont le transport maritime, la logistique et les infrastructures aériennes. L’entreprise chinoise Cosco a d’ores et déjà passé commande aux armateurs grecs de sept cargos et pris une option sur huit autres. La Chine cherche surtout via la Grèce à prendre solidement pied sur le marché européen ce qui passe par des investissements massifs dans le port du Pirée. »
Virginie Mangin dans "La Tribune" du 3 juin 2010 page 10 :
Article intitulé : Montée des revendications salariales en Chine.
« Après une semaine de conflits sociaux, l'usine Honda à Foshan a repris ses opérations mercredi, la direction ayant accordé une augmentation de salaire de 24 %, qui intervient après celle de 30 % concédée par Foxconn, l'entreprise récemment médiatisée après une série de suicides. Ces deux exemples pourraient se multiplier dans toute l'industrie chinoise. L'inflation est de retour et les prix de l'immobilier dans certaines provinces flambent. Les salariés veulent que cette hausse soit répercutée sur leurs salaires », estime Xianfeng Ren, analyste basée à Shanghai pour IHS Global Insight, qui n'exclut pas que d'autres usines se mettent en grève. Il semble que cette fois-ci le rapport de force ne soit plus entièrement entre les seules mains des employeurs. Une partie des employés de Honda n'a toujours pas accepté les nouvelles conditions négociées entre le syndicat et le patronat. Contrairement à la période précédant la crise, les ouvriers ne font plus la queue pour être embauchés et ont une meilleure connaissance de leurs droits. »
Patrick Artus et Jacques Mistral dans « Le Monde » du 27 avril 2010 en page 18 :
Article intitulé : La Chine s’éveille à la consommation.
« La Chine a été sévèrement frappée par la récession qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Il n’y a pas eu découplage, l’effondrement du commerce mondial (-30% entre le début de 2008 et le début de 2009) a frappé la Chine de plein fouet. Officiellement, et a posteriori, la croissance a été ramenée à 8%, en réalité le choc a été bien plus violent : fin 2008, début 2009, on observe un recul de la production d’électricité ou d’acier, de la consommation, de pétrole, un arrêt des migrations des campagnes vers les villes et même un retour des migrants vers les campagnes. Face à ces risques, le gouvernement chinois a précocement mis en œuvre un plan de relance de très grande ampleur. Des mesures en faveur de la consommation des ménages et des dépenses d’infrastructures massives (du gouvernement central et des collectivités locales) ont été rapidement engagées, elles ont été financées non pas sur crédits budgétaires mais par une très forte expansion du crédit bancaire (l’encours a augmenté d’un tiers en 2009). Résultat : la croissance est, au début de 2010, de l’ordre de 12% en rythme annuel. Les autorités chinoises sont persuadées que le désendettement des ménages et les problèmes budgétaires placent les pays de l’OCDE dans une situation économique durablement difficile. La croissance chinoise ne sera plus tirée à l’avenir par les exportations, comme elle l’a été au temps du miracle économique. La contribution du commerce extérieur à la croissance chinoise est d’ores et déjà devenue négative (probablement un recul de 3 points en 2010). La seule vraie priorité, c’est la stabilité sociale, garante de stabilité politique. La Chine devrait dans ce contexte schanger de modèle de croissance et privilégier à l’avenir une dynamique fondée sur la demande intérieure plus que sur les exportations. Il faut véritablement changer la donne et cela porte sur la protection sociale, sur les salaires, sur le marché du travail. »
Arnaud Rodier dans "Le Figaro" du 31 mars 2010 en page 24 :
Article intitulé : Pékin se prépare à réévaluer sa monnaie.
« En matière économique, Pékin veut choisir son calendrier et va lâcher de lest sur renminbi, autre appellation du yuan. »
Virginie Mangin dans « La Tribune » du 26 mars 2010 en page 11 :
Article intitulé : Le vrai-faux problème des dettes des autorités chinoises.
« L’autoroute à 10 voies qui relie Hangzhou, une ville du sud de la Chine, au « lac des 1.000 îles » est vide. Autour du lac, tout est prêt : appartements du week-end, hôtels, magasins… Mais il manque les clients : la classe moyenne de Shanghai. De tels scénarios sont communs en Chine, où les gouvernements locaux investissent massivement dans des projets d’infrastructure sans souci de rentabilité : le client finira bien par venir et entre-temps la province crée de la richesse et des emplois. La question pour Pékin est de connaître le niveau des dettes des gouvernements locaux car elles sont comptabilisées dans le budget. Victor Shih, professeur à l’université de Northwestern, les estime à 3.500 milliards de dollars à la fin de 2011, soit 97% du PIB. Pour l’instant, les intérêts sont financés par d’autres prêts et la vente de terrains, le tout soutenu par une hausse constante de l’immobilier. Que va-t-il se passer si les taux d’intérêts augmentent, que la bulle spéculative éclate et que les banques se retrouvent paralysées par des prêts non performants ? La Chine a accumulé 2.400 milliards de dollars de réserves de change dont beaucoup d’économistes pensent qu’elles serviront à financer les dettes cachées des gouvernements locaux. »
Philippe Chalmin, professeur à l’université de Paris-Dauphine, dans « Le Monde » du 17 mars 2010 en page 3 :
Article intitulé : La renaissance du Palais d’été.
« La semaine dernière se tenait à Pékin la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire de Chine (l'équivalent de notre parlement). Le premier ministre, Wen Jiabao, a présenté des objectifs pour 2010 tellement mesurés et modestes qu'ils ne peuvent manquer de surprendre : notamment les 8% de croissance pour le PIB. 8%, c'était l'objectif officiel des autorités chinoises au début de 2009, en pleine tourmente économique et financière mondiale : la croissance de l'empire du Milieu était alors tombée à 6 % et la plupart des analystes avaient critiqué l'optimisme irraisonnable des dirigeants chinois. Ceux-ci avaient pourtant péché par modestie et la croissance chinoise en 2009 s'est établie à 8,7% avec un deuxième semestre durant lequel la croissance du PIB est revenue au dessus de 10 % (ce qui est à peu près la moyenne de la Chine depuis 1976 et la mort de Mao). Alors que le consensus des économistes place la croissance chinoise pour 2010 à 10 % et au-delà pour les plus optimistes, et alors que la Chine s'affirme comme le principal moteur d'une économie mondiale bien faiblarde, comment expliquer la "modestie" d'un objectif pratiquement acquis d'avance ? C'est que le message est à usage interne : les autorités veulent calmer l'exubérance liée au plan de relance de 2009, maîtriser les bulles en formation, qu'il s'agisse de l'immobilier ou des surcapacités industrielles, comme dans le domaine de l'acier. Le véritable objectif économique des dirigeants chinois, c'est l'inflation, qui devrait être contenue à 3 %. Or tous les observateurs conviennent que l'on assiste à une véritable dérive inflationniste alimentée par les hausses de salaires liées aux pénuries de main d'oeuvre dans les provinces côtières, du fait notamment de l'efficacité du plan de relance : le tigre se mord la queue ! Alors que le monde entier se dope de potions keynésiennes, les autorités chinoises font presque du monétarisme dans le texte ! Il y a là en tout cas une maturité en termes de gouvernance économique qu'il faut saluer. Elle marque bien le retour de la Chine sur la scène économique - mais aussi des politiques économiques - mondiale. »
Wei Gu, point de vue de l’agence économique et financière Breakingviews, dans "Le Monde" du 21 janvier 2010 en page 15 :
Article intitulé : L’endettement des ménages chinois, une bombe à retardement.
" Le volume des crédits accordés aux ménages a bondi de 43% en 2009 pour atteindre 1 200 milliards de dollars (850 milliards d’euros). Les deux tiers de cette progression sont imputables aux crédits immobiliers. Certes, aujourd’hui, il n’y a pas de raison de s’inquiéter : après tout, la dette des particuliers ne représente qu’un tiers de leurs dépôts ; leur solvabilité est donc assurée. L’encours des crédits aux ménages équivaut à moins de 30% du produit intérieur brut (PIB), mais au train où vont les choses, la proportion passera à 70% d’ici trois ans, pour se rapprocher sérieusement des 80% observés aux Etats-Unis. Les emprunts étant gagés sur des biens surévalués comme les logements, ce sont les banques qui devront encaisser le choc en cas de défaut des débiteurs. Elles ne seront peut-être même pas en mesure de récupérer les actifs mis en garantie, puisque la législation leur interdit de priver les primo accédants de leur domicile. C’est ainsi que l’on peut voir des ménages s’endetter à tout-va, sans avoir à se soucier des conséquences. »
Wei GU, point de vue de l’agence économique et financière Breakingviews.com, dans « Le Monde » du 11 décembre 2009
«En Chine, les aides de l’Etat ont permis aux ventes de voitures particulières de doubler au mois de novembre. Il ne sera assurément pas facile de renouveler cette performance sur l’exercice 2010. », « En achetant pour 334 millions de dollars (227 millions d’euros) d’actions convertibles il y a quelques mois, la banque Goldman Sachs a fait bondir le titre Geely. Dans le cas de BYD, on a vu le cours quintupler à partir du moment où l’homme d’affaires américain Warren Buffet a pris une participation au printemps, alors même que la gamme de voitures hybrides qui fait l’originalité du constructeur n’est pas encore distribuée sur le marché. »