Socioecopofi
Humeur
Dernières Nouvelles Formations

Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers

Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
les premiers mardis de chaque mois et certains samedis sur Annecy.

N'hésitez pas à nous contacter.
Prenez contact avec nous...

ASIE/CHINE

 

Alexandre Adler dans « Le Figaro » du 4 février 2012

Article intitulé : Une Chine peut en cacher une autre
« La Chine est-elle en train de devenir la puissance hégémonique mondiale, en lieu et place des États-Unis ? Ne répondons pas trop vite, ni par oui, ni par non, à cette interrogation devenue lancinante. Sans aucun doute, tous ceux qui connaissent la Chine de l’intérieur savent parfaitement à quelles difficultés considérables celle-ci continue de se heurter. Citons, dans le désordre, l’existence d’une population rurale encore presque majoritaire, un vieillissement très rapide de la population active et une productivité encore insuffisante, qui est pour beaucoup dans l’envol mondial du prix des matières premières. Mais précisément, dans les épreuves répétées et qui sont loin d’être terminées, la Chine a déjà su développer quatre atouts principaux. Le premier atout, contrairement aux préjugés les plus ancrés sur le caractère autocentré et exclusif de l’identité chinoise, c’est le triomphe du cosmopolitisme des dirigeants actuels et surtout futurs de la République populaire. Il faut, en effet, bien comprendre que si Deng Xiaoping a rétabli une sorte d’examens mandarinaux pour reconstituer, à pas de géant, une élite scientifique et intellectuelle, ces examens ont d’abord et prioritairement donné accès à des formations à l’étranger, en particulier aux États-Unis. Déjà, la génération précédente avait eu accès à la modernité à travers diverses expériences soviétiques qui lui avaient fourni d’importants points de repère. À cela s’ajoute l’injection nullement négligeable des cultures d’entreprise et juridiques purement britanniques en provenance de Hongkong et de Singapour. L’insertion progressive de Taïwan à la vie globale de la nation introduit enfin une culture purement américaine ; mais indigénisée. Paradoxalement, cette ouverture cosmopolite s’accompagne de son contraire dialectique que François Jullien aura particulièrement bien isolé en décrivant la réticence permanente à l’universalisation de la pensée chinoise. Spontanément, en effet, les Chinois acceptent la complémentarité de conceptions du monde bien distinctes, où la philosophie confucéenne, hégémonique, peut faire assez bon ménage avec le christianisme, le communisme, le bouddhisme et le taoïsme. De la même façon, les Chinois dans le monde ne cherchent pas systématiquement le prosélytisme. En revanche, un consensus très large est porté sans doute par l’effort considérable d’abstraction et de mémorisation que représente l’apprentissage à un âge très jeune de plus de 9 000 caractères d’écriture. Celui-ci conduit, dès l’adolescence, à une magnification des mathématiques et des sciences de l’ingénieur, dont on retrouve l’ombre portée dans toutes les cultures affines, au Vietnam ou en Corée, et jusque sur les campus des universités américaines. Enfin, la nouvelle culture des milieux dirigeants chinois conduit naturellement à une dévaluation particulièrement bienvenue de l’ego. Une Europe qui renoncerait à l’égolâtrie de ses cultures nationales au profit d’une direction collective, fondée sur le double culte du primat de la science et de l’héroïsme de la Résistance, aurait beaucoup appris de la Chine, autant qu’elle sut apprendre, à l’époque du plan Marshall, de l’esprit productiviste, égalitaire et fair-play de l’Amérique rooseveltienne. »

Dans « L’Express » du 20 janvier 2012

Article intitulé : Bulle de Chine

« Selon HomeLink China, une agence spécialisée, les prix des appartements neufs à Pékin auraient chuté de 35% pendant le seul mois de novembre 2011. A Shanghai, Wenzhou et dans d’autres villes, la tendance est la même. L’impact s’annonce important : les administrations locales, endettées par la construction de grands projets d’infrastructure, ont toujours compté sur les ventes de terrains pour remplir leurs caisses. »

Philippe Delmas dans « Le nouvel Economiste » du 12 au 18 janvier 2012

Article intitulé : Le doute chinois

«  Un système financier « informel » a été mis en place par les banques, qui prête aux collectivités et société insolvables à des taux usuraires pouvant dépasser 30%. Ces créances sont titrisées et « packagées » comme aux plus belles heures de l’immobilier américain. »

Marjorie Bertouille dans « La Tribune » du 2 janvier 2012

Article intitulé : Nouveau signe de ralentissement pour l'économie chinoise
« La demande bat de l'aile... aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. C'est le constat sans appel auquel il faut se résoudre en voyant la nouvelle dégradation subie par l'activité manufacturière en Chine. Publié vendredi, l'indice HSBC des directeurs d'achat (PMI) se situe en deçà du plafond fatidique de 50, ce qui traduit pour le mois de décembre une nouvelle contraction de l'activité. À cela rien d'étonnant, la production manufacturière chinoise reste dépendante des exportations vers les États-Unis et l'Europe, deux régions du monde frappées par la crise économique. Cet état de fait transparaît dans les chiffres livrés par les services des douanes : en novembre, les exportations chinoises ont connu leur plus faible croissance en deux ans (+ 13,8 % sur un an contre 15,9 % en octobre). Les importations, elles aussi, ont vu leur rythme de progression ralenti (22 % contre 28,7 % sur la même période). Dans un tel contexte, la Chine pourrait être rapidement contrainte d'appliquer de nouvelles mesures budgétaires et monétaires, d'autant que les pressions inflationnistes se sont nettement émoussées. « La Banque centrale pourrait procéder à la baisse du ratio des réserves obligatoires des banques d'ici le 3 janvier avant l'ouverture des marchés financiers », souligne Li Wei, économiste de la Standard Chartered Bank basé à Shanghaï. Une telle mesure permettrait aux établissements bancaires d'octroyer plus de prêts en vue de soutenir l'économie. La méthode donne déjà des sueurs froides à certains analystes. « La bulle immobilière a été entièrement créée par le gouvernement chinois. Elle aurait dû éclater en 2008, mais Pékin a injecté l'équivalent de 12 % du PIB pour stimuler l'économie, ce qui a permis à la bulle de continuer à gonfler », rappelle Vitaly Katsenelson, responsable d'Investment management Associates. Selon lui, cette bulle est « beaucoup plus importante que les bulles immobilières que les Japonais ou les Américains ont pu connaître : elle implique l'immobilier résidentiel, mais aussi l'immobilier commercial, le secteur de la propriété industrielle et celui de l'infrastructure ».

Virgine Mangin dans « La Tribune » du 29 novembre 2011

Article intitulé : Le sud de la Chine en proie aux conflits sociaux
« Depuis le début du mois de novembre, la presse locale et les ONG ont fait état de nombreux mouvements de grèves et de révoltes dans le sud de la Chine. Même s'il est trop tôt pour parler d'un mouvement généralisé - et rien ne prouve qu'il le deviendra -, ces manifestations témoignent d'un malaise croissant dans la zone industrielle du Guangdong, réputée être « l'usine de la Chine ». La région subit en effet la crise de l'euro et pâtit de délocalisations d'usines vers les régions du centre. Selon l'ONG China Watch, basée à New York, 7.000 personnes ont observé une grève dans une usine travaillant pour New Balance, Adidas et Nike. L'association alerte également sur des protestations dans d'autres usines de textile. L'organisation SACOM, basée à Hong Kong, et qui suit de près les mouvements sociaux, explique qu'elle a aussi observé une recrudescence de manifestations ces derniers mois. Selon l'association et les analystes, les mouvements de ce type vont prendre de l'ampleur dans les prochains mois. La Banque mondiale estime que 450 PME tournées vers l'export ont déjà fermé dans la région : il s'agit surtout d'usines de jouets où d'électronique. L'Europe est le premier client de la Chine. Le mois dernier, les exportations vers la zone euro étaient en hausse de 7,5 % contre 9,8 % en septembre. Comme en 2009, le risque existe de voir des millions de migrants licenciés devoir retourner chez eux. »

Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 22 novembre 2011

Article intitulé : Premier signe du retournement immobilier chinois  
« Parmi les 70 principales villes de Chine, celles qui ont vu le prix du mètre carré augmenter en octobre sont désormais très nettement minoritaires. D’après des chiffres récents, 33 villes ont connu une baisse des prix. Elles n’étaient que 16 à avoir suivi une telle trajectoire un mois plus tôt. Seules 14 villes sont encore à la hausse, les autres étant stationnaires. Désormais, les prix baissent à Shanghai, Canton et Shenzhen. Et le phénomène, au lieu de se cantonner aux très grandes villes, concerne également les cités de taille intermédiaire. Si ce retournement du marché constitue un bon résultat pour les autorités chinoises, déterminées depuis des mois à enrayer la hausse vertigineuse du prix du mètre carré, les milieux économiques l’ont accueilli, eux, avec inquiétude. En témoigne la baisse de 1,9 % de la Bourse de Shanghai, vendredi, à la suite de l’annonce de ces chiffres. Car l’évolution du marché immobilier conditionne en partie la santé des banques chinoises. Or, précisément, l’agence Bloomberg croit savoir que le régulateur bancaire chinois aurait mis en garde les banques chinoises, il y a une dizaine de jours, contre deux risques pour leur bilan. Les banques devraient procéder à des ventes d’actifs et à des restructurations de dettes afin de se prémunir contre les créances douteuses de certains gouvernements locaux et contre le risque immobilier, aurait prévenu la CBRC (China banking regulatory commission). »

Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 16 novembre 2011

Article intitulé : La Chine n’est pas à l’abri d’une crise financière, alerte le Fonds monétaire international  
« Le système financier chinois n’est pas à l’abri d’une crise financière. Tel est le message qui se dégage du rapport que publie le Fonds monétaire international (FMI) sur la stabilité financière de la deuxième économie mondiale. Pas de catastrophisme dans cette étude, dont les auteurs estiment que les banques chinoises« semblent résilientes à des chocs isolés ». Une baisse du marché immobilier, par exemple, ne suffirait pas à mettre à terre l’infrastructure financière de la Chine. Mais les risques augmentent. Le secteur financier, dont la complexité s’accroît, fait face à« une accumulation constante de vulnérabilités ». Le volume de prêts a très fortement augmenté. Le crédit informel et les mécanismes de prêts« hors bilan »se multiplient. Le pilotage du crédit est effectué via des mécanismes manquant de finesse. Si plusieurs chocs devaient se matérialiser simultanément, « l’impact pourrait être sévère sur le secteur bancaire ». La banque centrale a réagi positivement à ce rapport qu’elle juge « objectif ». Mais Pékin sait qu’en autorisant une ouverture de son système financier, il perdrait un important levier sur sa machine économique.


Commentaire : Banques chinoises « semblent résilientes à des chocs isolés », seul problème, le choc isolé peut à tout moment devenir systémique.
                                                                      

Pierre Larrouturou, diplômé de l’Agro et de Science Po dans « Le Monde » du 25 octobre 2011

Article intitulé : Pourquoi les " indignés " ont raison
« En Chine, la bulle immobilière a atteint deux fois la taille du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d'accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient. En un an, on a injecté dans l'économie 44 % du PIB (30 % par le crédit privé, 14 % par la dette publique). Partout, on a construit... Partout, il y a pléthore d'immeubles vides. En avril, les prix de l'immobilier ont baissé de 5 %. C'est la première baisse en vingt ans. On a vu en Espagne ce que donne l'éclatement d'une telle bulle : le chômage a triplé en trois ans. Que va-t-il se passer en Chine, où il y a déjà 20 % de chômage et où les émeutes sociales sont de plus en plus violentes ? »

Gabriel Grésillon dans «Les Echos » du 14 octobre 2011

Article intitulé : La Chine et le syndrome du château de cartes  
« Après avoir semblé insubmersible à la suite de la crise financière internationale de 2008, l’économie chinoise est à nouveau scrutée avec une inquiétude fiévreuse. Lundi dernier, la Bourse de Shanghai est revenue à sa valorisation de mars 2009, accusant une chute de 17 % depuis le début de l’année. Au point que le fonds souverain chinois CIC a fait savoir qu’il montait – légèrement – au capital des quatre principales banques du pays. Une méthode déjà utilisée en 2008 et 2009 par Pékin pour envoyer un signal positif au marché. La Bourse a rebondi, mais, sur le fond, les interrogations sur l’économie chinoise demeurent. Elles s’articulent autour de deux questions imbriquées, celle de l’impact des mesures prises pour calmer l’inflation, et celle du niveau d’endettement de la Chine. Les autorités chinoises n’ont pas fait les choses à moitié pour ralentir la hausse des prix, en particulier dans l’immobilier. La banque centrale a fortement limité les capacités de crédit des banques. Et des mesures ciblées ont été prises pour diminuer les transactions immobilières. Mesures dont la philosophie était la suivante : oui à l’achat d’une résidence principale, non aux simples placements financiers. On découvre aujourd’hui que ces politiques ont porté leurs fruits. Le nombre de transactions immobilières commence à baisser. Subitement, c’est la panique. En Bourse, les promoteurs dérapent. Le marché va-t-il s’effondrer ? Tout cela n’était-il qu’une bulle ? Ces dernières semaines, de nombreuses PME auraient fait faillite. Le zoom des médias sur ce sujet a poussé le Premier ministre, Wen Jiabao, à se rendre sur place. Il a promis de faire le nécessaire pour que les PME aient un accès normal au crédit. C’est là que la deuxième interrogation refait surface : les dettes cumulées de la Chine vont-elles devenir insoutenables ? Car les banques sont indirectement exposées au boom du crédit informel. La plupart des entreprises qui prêtent de l’argent ont en effet, elles-mêmes, emprunté auprès d’une banque. Les rentrées d’argent des gouvernements locaux reposent en effet à 70 % sur des revenus fonciers. Le scénario noir est simple : le marché immobilier se retournant, il précipite dans sa chute les finances locales. Ce qui entraîne par la même occasion les banques, par ailleurs indirectement exposées à une éventuelle hécatombe dans le secteur bancaire informel. Pourtant, cette hypothèse catastrophiste semble peu probable. Pour au moins quatre raisons. Le montant de dettes qui ne seront jamais remboursées, même s’il devait dépasser  substantiellement les 3.000 milliards de yuans considérés comme le pire scénario par Pékin, est déjà« très largement pris en compte par le marché »,note ainsi Wang Tao, économiste chez UBS. Quatrièmement, Pékin a les moyens d’intervenir. Il peut lâcher du lest en matière monétaire ou, le cas échéant, renflouer ses banques, comme cela s’est fait par le passé. On touche aujourd’hui du doigt les limites du système chinois. Limites d’un système monétaire qui, en maintenant le yuan à un niveau faible, alimente l’inflation. Limites d’un système financier trop dirigiste et pas assez diversifié, dans lequel les banques, aux ordres de Pékin, non seulement prennent peu le risque de prêter aux PME, mais rémunèrent mal les dépôts. Limites, enfin et surtout, d’un système caractérisé par son opacité, hautement préjudiciable à l’heure où nul ne semble en mesure d’estimer avec précision le montant des créances douteuses. C’est peut-être ce déficit de fiabilité qui représente le principal risque pour la Chine. » 


Eric Le Boucher dans « Les Echos » du 14 octobre 2011

Article intitulé : Pour une autre démondialisation  
« Que n’a-t-il été en Chine récemment ou lu la dernière étude du Boston Consulting Group (BCG) qui prévoit une « relocalisation » de 3 millions d’emplois de Chine vers les Etats-Unis d’ici à 2020 en raison des coûts du travail qui vont s’équilibrer. Inversion de tendance vraie pour tous les secteurs ou presque, dit le BCG : l’électronique comme les meubles, le métal comme les pneus. Du coup, le déficit commercial américain vis-à-vis du grand dragon va naturellement se réduire de 360 milliards de dollars en 2010 à 260 milliards à la fin de la décennie. Point n’est besoin d’élever des barrières douanières pour ça…Le PIB par tête en Chine ne s’élève encore qu’à 25 % du niveau des Etats-Unis en moyenne. Mais les régions industrialisées, à commencer par la plus avancée, Shanghai, donnent l’impression d’être déjà « plus développées » que nombre d’Etats américains ou de régions d’Europe. Les autoroutes sont neuves, le train aussi, les tours sont plus belles, tout fonctionne ; bref, l’infrastructure est en Chine bien « plus moderne » que sur les rives de l’Atlantique. Un top manager y gagne désormais 250.000 euros par an, autant qu’ici. Le « rattrapage » de l’économie chinoise sur l’occidentale est, vu de Shanghai, déjà achevé. Il est normal que le mouvement de « délocalisation » des emplois vers la Chine se ralentisse, puis, en effet, commence à s’inverser. L’inversion de balancier de l’économie mondiale est en cours, la mondialisation aborde une phase nouvelle. Tout va bien, alors ? En clair, la Chine n’arrive pas à aborder cette nouvelle phase où son moteur sera moins l’exportation que la consommation intérieure. Un bon ouvrier gagne en moyenne 2.500 euros par an, le centième de ce que gagne son patron. L’évolution est rapide, 15 % par an, ce qui accroît le turnover : l’augmentation est obtenue souvent en allant voir l’usine d’en face. Pourtant, paradoxe, ces revenus en hausse ne se transforment pas en boom de consommation. Le manque de systèmes de retraite et de sécurité santé impose aux Chinois d’épargner une large part de leur paie (40 % en moyenne, quatre fois plus qu’en France). Le tour de passe-passe est que cette épargne est placée dans les banques d’Etat et rémunérée à 3 % quand l’inflation est à 6% (au moins).Les banques survivent grâce à ce gain facile et elles prêtent l’argent aux organismes publics ou aux villes pour construire des infrastructures ou bien encore aux promoteurs immobiliers. Lesquels, corruption aidant, obtiennent des terrains, en expulsent les habitants, et construisent des tours à perte de vue. Tours souvent assez vides. La croissance de l’économie chinoise repose encore sur ce modèle : l’exportation (10 % de la croissance) mais surtout les investissements en infrastructure et en immobilier (45 % de la croissance). La part de la consommation est très faible, 35 %, et elle baisse depuis dix ans ! Pourquoi la Chine ne met-elle pas plus vite en place un grand système « socialiste » de santé et de retraite ? Sans doute pour ne pas alourdir les coûts du travail et accélérer les « délocalisations » dans les pays du Sud-Est asiatique. »Eric Le Boucher est directeur de la rédaction d’« Enjeux Les Echos » 


Commentaire : Excellent article pour mieux appréhender certaines réalités « Chinoises ». Montesquieu : De l’esprit des lois 1758 “L’effet naturel du commerce est de porter à la Paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.” Comme j’aime à le répéter : « Créons la Paix par le commerce, la Paix nourrira le commerce, le commerce entretiendra la Paix. »                                                                               

Victor Shih, professeur associé à Northwestern University (Etats-Unis), propos recueillis par Harold Thibault, dans « Le Monde » du 4 octobre 2011

Article intitulé : " Plutôt que de reconnaître l'ampleur de la dette, Pékin a fait le choix de l'inflation "
« Les dettes des gouvernements locaux en Chine sont intimement liées au marché immobilier. C'est un problème économique, car certains de ces gouvernements ont du mal à couvrir leurs dettes, surtout quand le marché immobilier ralentit comme aujourd'hui. C'est aussi une question politique fondamentale, du fait des tensions entre les habitants dont les terrains sont vendus et les autorités locales. Le rapport du Bureau national d'audit a largement sous-estimé le niveau d'endettement des gouvernements locaux en observant uniquement les dettes qui ont été complètement garanties par ces gouvernements ou par leurs partenaires directs. Les dettes directes et indirectes des collectivités locales chinoises s'élèveraient donc plutôt à 20 000 milliards de yuans. Leur montant a donc été sous-estimé de moitié par Pékin. Pour l'instant, Pékin a fait le choix de l'inflation. C'est une des raisons pour lesquelles la banque centrale chinoise se refuse à trop augmenter ses taux d'intérêt : par conséquent, les gens qui déposent leur argent à la banque subissent aujourd'hui un intérêt négatif. Cela équivaut à une taxe qui permet de prolonger, à l'autre bout, les prêts non performants d'entités proches de l'Etat. »

Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 19 septembre 2011

Article intitulé : Chine et Etats-Unis : les donneurs de leçons  
« Avez-vous vu le visage de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, qui s'étalait à la une de tous les journaux ? Un large sourire. Il faut dire qu'il venait de faire une bonne blague. Il avait fait croire qu'il était prêt à faire l'aumône à l'Italie. Tous les commentateurs et même les investisseurs y ont cru. Mais en fait, c'était une blague. Juste pour le plaisir de voir tous les responsables européens tendre leur sébile et repartir tout penauds en l'écoutant dire : "Si vous voulez qu'on vous aide, mettez un peu d'ordre chez vous... Faites comme nous." Monsieur Jiabao, vous pouvez sourire, mais votre situation n'a rien à envier à celle de l'Europe. Les 3.000 milliards de dollars que vous affichez en permanence comme réserves sont de la monnaie de singe. C'est principalement du dollar mais, surtout, cela ne couvre qu'une infime partie des créances douteuses que vous cachez dans vos banques, dans vos régions et dans vos bilans. Sans la croissance américaine et européenne, la machine à exportation s'essouffle et les troubles sociaux se multiplient. Si votre croissance chute, ce sera le chaos. Mais vous, vous trichez avec le yuan et vous avez l'armée et la censure pour calmer les populations. Ce n'est pas le modèle européen. L'Europe est en crise mais l'Europe est largement plus solide que les États-Unis et que la Chine. »                                                                                     

Dans « Challenges » du 15 septembre 2011

Article intitulé : Regards

« La France compte 500 voitures pour 1000 habitants, l’Italie 688 et la Chine, 42.
Le commerce sino-africain a atteint 127 milliards de dollars en 2010, il se chiffrait à 10 milliards en 2000
. »

Muriel Motte dans « Les Echos » du 12 septembre 2011

Article intitulé : Comptes   en banque  
« Entre fin 2008 et fin 2010, les prêts bancaires ont bondi de près de 60 %, un taux battu par le seul Bélarus, sur fond de croissance économique pilotée par Pékin. Mais si Charlene Chu, la spécialiste du secteur chez Fitch Ratings, insiste sur cette puissance construite en quelques années – à 14.570 milliards de dollars fin 2010, les actifs bancaires chinois pèsent aussi lourds que ceux des banques des 42 pays émergents suivants –, c’est pour mieux en souligner les faiblesses. Le secteur est trop faiblement capitalisé, au service d’une économie droguée à un crédit abondant – crédit dont on connaît mal l’évolution compte tenu des prêts obtenus par les entreprises auprès de non-banques et de trusts, via des lettres de crédit ou directement à Hong Kong. Pour cette année, l’agence de notation réévalue d’ailleurs de plus de 20 % les prévisions officielles en la matière, en soulignant au passage l’art maintenant consommé des banques chinoises pour multiplier les transactions hors bilan. Tôt ou tard, les banques chinoises aussi seront soumises à une opération transparence sur leurs comptes. »


Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 12 septembre 2011

Article intitulé : Deloitte pris au piège des scandales comptables chinois  
« Casse-tête en vue pour le cabinet d’audit  Deloitte Touche Tohmatsu  . Ancien auditeur d’une firme chinoise cotée à New York dont la comptabilité s’avère avoir été fantaisiste, celui-ci est aujourd’hui sommé par la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine de lui communiquer les documents d’audit établis en Chine… ce qui constituerait une violation des lois chinoises, avec à la clef des sanctions sévères pouvant aller jusqu’au pénal. A la suite de la découverte de manœuvres potentiellement frauduleuses, Deloitte avait rompu en mai son contrat avec  Longtop  , une société chinoise de logiciels ayant levé 210 millions de dollars à la Bourse de New York en 2007. Mais l’affaire, depuis, a pris de l’ampleur : toute une série de groupes chinois cotés sur le sol américain sont aujourd’hui dans le collimateur, soupçonnés d’avoir présenté des comptes fantaisistes. La plupart sont parvenus à lever des fonds aux Etats-Unis via une technique simplifiant les procédures. Les mésaventures du cabinet Deloitte illustrent les difficultés que rencontrent les grands cabinets d’audit en Chine. Tandis qu’Ernst&Young a audité le groupe Sino-Forest, qui semble avoir menti sur les surfaces de forêt qu’il gère, KPMG soupçonne China Forestry, un groupe qu’il auditait, d’avoir également fraudé. La question est de savoir si Pékin va faire preuve de flexibilité en autorisant Deloitte à communiquer ses dossiers à la SEC. Alors que la crédibilité des groupes chinois à l’étranger est mise à rude épreuve, la pression est forte sur les régulateurs chinois pour qu’ils fassent montre de transparence.                                                                                 

Jean-Louis Chambon dans « Le Figaro » du 8 septembre 2011

Article intitulé : Les trois péchés du capitalisme occidental
« La gravité des « péchés capitaux » tient, on le sait, ni à leur nombre ni à leur nature mais au risque d’en entraîner de bien pires… Regardons toutefois, sans autre inquiétude, ceux qui paraissent émerger du capitalisme occidental dans les dérives liées aux crises économiques et financières de 2008 et 2011 : l’arrogance, l’érosion du courage moral des dirigeants et la faiblesse du modèle face à la duplicité des « grandes firmes apatrides ». Ces nouvelles croyances et leurs représentations ont pensé pouvoir éliminer le risque et le facteur temps dans l’immédiateté et les modèles mathématiques. Elles ont en réalité ouvert la voie à « l’économie de la dette » et à l’ère de « la monnaie de singe », ceci dans le sillage de l’hégémonie américaine et de la financiarisation exubérante de l’économie alimentée par la confusion et la collusion des intérêts entre dirigeants et certaines parties prenantes des organisations. Tandis que le monde occidental continue de regarder « l’éléphant chinois » à travers des lunettes déformantes comme « la petite souris asiatique », image savamment entretenue par le Parti communiste chinois (PCC), la Chine poursuit sa visée hégémonique et son impérialisme économique avec la complicité plus ou moins consciente d’une logique de « chinamérique » et des « grandes firmes apatrides », continuant de ruiner l’industrie occidentale et d’engendrer des excédents gigantesques. Combien de temps faudra-t-il encore pour que les pays occidentaux comprennent que la croissance qu’ils appellent de leurs voeux est confisquée par l’hégémonie chinoise ? Il en faudra du courage… pour regarder la réalité en face et agir. La faiblesse congénitale du modèle capitaliste occidental face à la duplicité des « grandes firmes apatrides » a institué un système de dépendance tel un cheval de Troie installé au coeur même du système. Sans doute avec une large part de contraintes, le « capitalisme totalitaire » est patriotique. C’est l’une de ses grandes forces dans la compétition économique et son pouvoir lobbyiste : il suffit de constater les mesures de rétorsion contre les firmes, les personnes ou les États qui osent braver frontalement la politique chinoise… »

Sophie de Oliveira Leite dans « La Tribune » du 7 septembre 2011

Article intitulé : Normes comptables : un nouveau référentiel chinois

«  Les normes comptables jouent un rôle économique de premier plan : elles traduisent la santé et la performance d'une entreprise et permettent de comparer les états financiers des différentes sociétés à l'échelle mondiale. Les normes IFRS, créées en 1973, sont désormais devenues une référence internationale remplaçant progressivement les normes américaines (US GAAP). Face à cette généralisation croissante des IFRS, impossible pour la Chine de ne pas faire valoir son particularisme économique et culturel. Les Chinese Accounting Standards (CAS), concurrents directs des normes internationales IFRS, voient le jour en 1998 et se développent à une vitesse fulgurante : 38 normes instaurées par l'État chinois en l'espace de dix ans (contre 45 élaborées en 40 ans pour les normes comptables internationales). Les normes chinoises tendent à se rapprocher des IFRS : chaque norme internationale, à de rares exceptions près, trouve son équivalent en CAS. Les différences en termes de présentation restent mineures. Cette convergence, souhaitée par le gouvernement, cherche à rassurer les investisseurs étrangers. Les CAS encadrent et limitent plus les pratiques de recours à la juste valeur et la possibilité de constater des pertes de valeur sur des actifs suivies de reprises. L'affichage au bilan des actifs en juste valeur, c'est-à-dire schématiquement à la « valeur de marché », s'avère en effet potentiellement dangereux dans un marché encore jeune. C'est donc avec une certaine clairvoyance que les autorités chinoises en ont limité l'application. Les CAS permettent également de se prémunir d'une forme de manipulation des comptes : les dépréciations d'actifs suivies de reprise lors des exercices suivants, qui permettent d'améliorer fictivement le résultat. Les autorités chinoises ont jugé primordial d'encadrer ces pratiques afin d'éviter tout scandale financier et toute crise de confiance sur les marchés. Dans le cas d'une cotation à Hong Kong, les entreprises chinoises publient d'abord leurs comptes en CAS puis en IFRS. Les investisseurs sont donc d'ores et déjà accoutumés à la présentation selon le référentiel chinois, puisqu'ils consultent les premiers comptes publiés pour anticiper leurs mouvements. La crainte d'une opacité du référentiel local apparaît comme infondée, et il est probable qu'une partie des entreprises ayant opté pour la double présentation ne tardent pas à abandonner les IFRS. »


Commentaire : Article très complet. Et dire qu’il y a quelques semaines la « mode » était de « casser » les normes chinoises. Certes, tout n’est pas rose mais à n’en pas douter ces normes sont plus logiques et plus réfléchies en terme économique que les nôtres. Reste l’application…                                                                                        

Brice Pedroletti dans « Le Monde » du 9 août 2011

Article intitulé : La Chine fustige l'" irresponsabilité " des Etats-Unis pour cacher ses faiblesses
« La crise de la dette américaine est au coeur de la bataille feutrée que se livrent les cercles du pouvoir chinois autour de la politique économique à suivre. Elle oppose, schématiquement, les tenants d'une libéralisation plus profonde du système monétaire et financier aux partisans d'un statu quo plus autarcique en matière de changes. La dégradation de la note souveraine de la dette américaine n'est pas un cadeau pour Pékin. L'inflation rampante, les restrictions imposées au crédit bancaire et la possible rechute de la demande américaine et européenne menacent de mettre de nouveau à genoux une partie du secteur exportateur privé chinois. Alors que les effets secondaires du remède de cheval infligé à l'économie chinoise au moment de la crise financière globale - une surdose d'investissement - ont poussé le modèle de développement à ses limites, les créances douteuses virtuelles détenues par les banques (elles ne sont pas encore comptabilisées comme telles) et la cavalerie à laquelle se livrent collectivités locales et groupes industriels annoncent des lendemains difficiles. L'abyme de la dette américaine a pour pendant la montagne des surplus commerciaux chinois. C'est l'arrangement de " Chimerica " - ce couple Chine-Amérique intenable car chimérique - décrit par l'historien Niall Ferguson dans The Ascent of Money : A Financial History of the World (Penguin Press, 2008). L'explosion des surplus commerciaux chinois à partir de 2003, puis, dès 2007, des réserves de change chinoises - qui atteignent le montant astronomique de 3 200 milliards de dollars (2 200 milliards d'euros) - ont fait changer d'échelle les distorsions exercées sur chacune des économies par ce pas de deux endiablé qui a déjà mené à la débâcle de 2008 en finançant les excès américains. »

Julien Bonnet dans « La Tribune » du 27 juillet 2011
Article intitulé : Les pays émergents s'endettent de plus en plus pour consommer


« Acheter à crédit son réfrigérateur, sa télévision ou encore sa voiture est de moins en moins un privilège réservé aux économies dites développées. En 2010, si l'encours total de crédits à la consommation dans le monde a bien augmenté de 2,5 % à 5.473 milliards d'euros par rapport à l'année dernière, c'est clairement grâce au développement de ces produits financiers dans les pays émergents. C'est ce que révèle une étude réalisée par Crédit Agricole Consumer Finance pour la troisième année consécutive. Les encours pour ce type de financement ont ainsi bondi l'année dernière de 24 % en Asie-Moyen-Orient (Hors Japon) et de 22 % en Amérique du Sud. En revanche, ils ont continué à diminuer en Amérique du Nord (- 0,6 %) et en Europe (- 0,3 %), même si cette baisse reste moindre que celle constatée en 2009. Symbole de cette convergence accélérée entre marchés émergents et développés, le Brésil et la Chine, avec respectivement 172 et 229 milliards d'euros d'encours, sont passés en 2010 devant la France dans le classement des principaux marchés du crédit à la consommation. « On assiste actuellement à une transposition de ce qu'il s'est passé dans les économies développées, explique Nicolas Pécourt, directeur prospective et communication de Crédit Agricole Consumer Finance (Sofinco et Finaref). En France, le développement du crédit à la consommation a accompagné, pendant les Trente glorieuses, celui de l'économie avec en particulier l'émergence de nouveaux besoins en biens d'équipement. »  Une segmentation de ce marché qui se retrouve dans les chiffres de l'endettement moyen par continent : fin 2010, l'encours moyen par habitant observé dans l'Union européenne s'élevait à 2.200 euros et il était d'environ 4.800 euros en Amérique du Nord. À titre de comparaison, il affiche en Chine une moyenne de 158 euros par habitant malgré une croissance astronomique de 60 % ces trois dernières années. »


Commentaire : Cet article ne parle pas du pourcentage d’endettement et du fait qu’en Chine le système de tontine endette très fortement et pour de longues périodes les emprunteurs.

Julie Desné dans « Le Figaro » du 11 juillet 2011
Article intitulé : L’inflation chinoise au plus haut depuis trois ans
« Le Bureau national des statistiques a publié samedi les chiffres de l’indice des prix à la consommation, en hausse de 6,4 % au mois dernier, par rapport à la même période en 2010. Leur plus forte progression en trois ans. Les autorités chinoises s’attellent depuis bientôt neuf mois à réduire la première cause de l’inflation : l’excès de liquidités dans l’économie, après les milliards injectés dans la machine chinoise à la faveur du plan de relance adopté en 2008 pour faire face à la crise. Dernière mesure en date, mercredi dernier, la banque centrale relevait ses taux d’intérêt pour la cinquième fois depuis septembre. Autre outil de resserrement de la politique monétaire, les ratios de réserves obligatoires des banques ont été plusieurs fois revus à la hausse et atteignent désormais 21,5 %. Les signes de décélération de la machine Chine pointent déjà. Les chiffres du commerce chinois révélés hier par les douanes montrent, par ailleurs, un ralentissement de la croissance des exportations et des importations, qui ont respectivement enregistré des hausses de 17,9 % et 19,3 % en juin, contre 19,4 % et 28,4 %, le mois précédent. Il n’en reste pas moins que l’excédent commercial de la Chine a augmenté à 22,27 milliards de dollars en juin contre 13,05 milliards de dollars en mai. D’autres mesures restrictives ciblées portent aussi leurs fruits. Le marché automobile a progressé de 3,35 % sur les six premiers mois de l’année, contre 32 % pour l’ensemble de l’année 2010 ! Il s’agit maintenant pour Pékin de gérer un atterrissage en douceur de son économie. »

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 27 juin 2011

Article intitulé : Le grand déménagement en Chine des industries occidentales s’accélère
«  « La plus grave depuis les années 1930 », selon la formule consacrée, est un phénomène exclusivement occidental. La production industrielle a augmenté de 20 % dans les pays émergents depuis l’été 2008. La Chine remporte le pompon avec « un grand bond en avant » de 40 %, comme aurait dit Mao d’une telle performance. En revanche, l’industrie des pays avancés, États-Unis et Europe principalement, affiche un niveau d’activité aujourd’hui encore inférieur de 9 % à ce qu’il était avant la « crise ». Il serait pourtant injuste et trompeur d’en déduire que les Chinois sont devenus les premiers pollueurs de la planète. En réalité, ils polluent pour le compte d’autrui, pour les clients du « made in China ». Boston Consulting Group (BCG) a réalisé une étude, « Manufacturing Renaissance », pariant sur une prochaine relocalisation des industries dans les « pays avancés ». L’inflation salariale dépassant 17 % l’an en Chine et la part des coûts de main-d’oeuvre dans la valeur d’un produit n’étant que de 30 % en moyenne, les écarts de prix vont se réduire comme peau de chagrin d’ici à 2015, prévoit le BCG. »                                                                                    

Robert Jules dans « La Tribune » du 16 juin 2011

Article intitulé : Les autorités chinoises pilotent le ralentissement du marché immobilier
« La Banque populaire de Chine, la banque centrale, a en effet imposé cette semaine aux établissements bancaires d'augmenter - pour la neuvième fois depuis octobre - leur ratio de réserves obligatoires à 21,5 %, réduisant mécaniquement les montants disponibles pour des prêts. « Je ne peux pas dire qu'une bulle n'éclatera jamais, il y a toujours un risque de bulles sur des actifs dans n'importe quelle économie, même en Chine », expliquait jeudi à des journalistes à Shanghai Stephen Roach, économiste en chef chez Morgan Stanley Asia. « Les autorités chinoises ont envoyé un signal important : contrairement aux pays occidentaux, elles consacrent leurs efforts à dissiper et à dégonfler les bulles avant qu'elles ne deviennent un problème pour l'économie », a-t-il souligné. La semaine dernière, les économistes de la Banque mondiale ont mis en garde la Chine sur l'immobilier dont la bulle compterait parmi les risques majeurs qui menacent l'économie de la République populaire. »                                                                                 

Patrick Artus dans « La Tribune » du 8 juin 2011
Article intitulé : L'inflation en Chine va réveiller les relocalisations
« La croissance chinoise est trop dépendante des investissements immobiliers et infrastructures spéculatifs, souvent réalisés par les collectivités locales, et du commerce mondial. La faiblesse de la part de la consommation dans la demande totale en Chine est largement attribuable à la faiblesse de la part des revenus des ménages dans le revenu total, 43 % en Chine , contre 60 à 70 % dans tous les autres pays. Il semble donc parfaitement logique pour le gouvernement chinois d'accroître les salaires, en utilisant des hausses fortes du salaire minimum. Aujourd'hui, en moyenne, un produit chinois a un prix, une fois qu'il est distribué dans la zone euro, égal à 55 % du prix du produit européen comparable, quand il existe. Si la vitesse de hausse présente des prix des produits chinois se poursuit, dans cinq ans (seulement !), les produits chinois seront aussi chers que les produits européens : la Chine , très vite, va perdre la totalité de son avantage compétitif. Ceci aura deux types de conséquences. Pour les produits de bas de gamme, utilisant beaucoup de main-d'oeuvre, délocalisations de la Chine vers d'autres pays émergents ayant des coûts de production plus faibles : Vietnam, Indonésie, Pakistan, Bangladesh, même Bulgarie, Tunisie. Ceci a déjà commencé : depuis son pic en 2009-2010, la production de textile en Chine a baissé de 10 %. Pour les produits milieu de gamme, on peut envisager que les relocalisations dans les pays de l'OCDE, en Europe, se multiplient et ne soient plus des événements anecdotiques qu'on observe aujourd'hui. »

 

Dans « Boursorama » du 3 juin 2011

Article intitulé : Chine : restructurations dans le secteur des terres rares
« Le plus gros producteur chinois de terres rares va reprendre ces rivaux dans la région de Mongolie intérieure, a annoncé le gouvernement régional au moment où la Chine resserre son contrôle sur la production de ce groupe de minéraux essentiels à la haute technologie. Le groupe public Baotou Iron and Steel va acquérir quatre compagnies de la région et versera des compensations à 22 autres appelées à fermer, aux termes d'un plan de restructuration du secteur annoncé cette semaine et dont le quotidien China Daily se fait l'écho vendredi. Neuf autres acteurs opérant sans licence vont être fermés sans compensation, a annoncé le gouvernement de Mongolie intérieure dans un communiqué mercredi, dans le cadre de cette réorganisation devant être bouclée fin juin. La Chine produit environ 95% des terres rares dans le monde -- un groupe de 17 éléments minéraux nécessaires à la fabrication de très nombreux produits de haute technologie, des iPods aux éoliennes en passant par les piles pour véhicules électriques ou les missiles. Selon la presse, 87% des réserves chinoises se trouvent à Baotou, qui fournit environ la moitié des exportations de terres rares du pays. Le gouvernement régional avait demandé le mois dernier à Baotou Iron and Steel de mettre sur pied "le plus rapidement possible" une société pour gérer une bourse d'échange pour les terres rares. Pékin resserre de plus en plus le contrôle sur ces éléments minéraux stratégiques dont il a restreint les exportations, faisant monter les prix et provoquant des protestations de la part de plusieurs de ses principaux partenaires économiques, notamment du Japon.»   

G.G dans « Les Echos »  du 30 mai 2011
Article intitulé : La Chine annonce la création d’une Bourse des terres rares  
« Pékin met de l’ordre dans le secteur des terres rares. Les autorités de la Mongolie intérieure, province dans laquelle sont situées près de 90 % des réserves du pays en la matière, ont en effet donné leur aval pour la création d’une Bourse des terres rares, qui sera située dans la ville de Baotou. L’extraction de ces substances étant à la fois coûteuse et polluante, l’essentiel des acteurs de ce marché se sont retirés de la course, laissant à l’empire du Milieu 95 % de la production mondiale. Une situation dont Pékin a décidé de profiter, comme l’ont prouvé, l’année dernière, les quotas de plus en plus restrictifs mis à l’exportation de terres rares. Ceux-ci ont baissé de 72 % entre les seconds semestres 2009 et 2010, puis encore de 35 % sur un an au premier semestre 2011. Autant de mesures qui ont entraîné des difficultés d’approvisionnement pour les industriels et une envolée des prix. »


Eric Chalmet dans « La Tribune »  du 30 mai 2011
Article intitulé : Pékin exige une opération vérité sur les créances risquées des banques chinoises  
« Selon le « China Daily », les autorités ont donné aux plus grandes banques jusqu'à vendredi pour évaluer les risques liés à leur exposition aux promoteurs et aux collectivités. Pékin exige une opération vérité sur les créances risquées des banques chinoises Voilà peu, la même autorité avait prévenu que les banques qui, compte tenu de leur taille, sont susceptibles de représenter un risque systémique, devraient afficher un ratio de solvabilité de 11,5 % à la fin 2013 pour être en conformité avec l'adaptation chinoise de la réforme de Bâle III. Celui d'ICBC, la banque la plus grande et la plus rentable du monde, s'inscrivait déjà à 12,27 % à la fin 2010. L'agence de notation Standard and Poor's salue la détermination de Pékin à empêcher une crise. »

Eric Benhamou dans « La Tribune »  du 20 mai 2011
Article intitulé : La domination du yuan n’aura pas lieu

« Au bilan de la banque centrale de Chine, une dépréciation de 10% du dollar provoquerait une perte de change équivalente à 5% du PIB du pays ! »                                                                                         

Nouriel Roubini en collaboration avec Project syndicate dans « Les Echos » du 9 mai 2011 :
Article intitulé : La Chine malade du surinvestissement   


« L’économie chinoise est aujourd’hui en surchauffe. Et pourtant, à long terme, ses surinvestissements auront des  conséquences déflationnistes à la fois sur le plan intérieur et extérieur. Quand il ne sera plus possible d’augmenter les investissements fixes, probablement après 2013, la Chine connaîtra sans doute un fort ralentissement. Au lieu de se focaliser sur une légère baisse de la croissance aujourd’hui, les responsables chinois feraient mieux de se préoccuper du coup d’arrêt brutal qui pourrait l’affecter durant la deuxième partie du plan quinquennal. Lors des dernières décennies, la croissance chinoise reposait sur la production manufacturière destinée à l’exportation et sur une devise faible. Cela a favorisé une épargne énorme de la part des ménages et des entreprises et conduit le pays à compter sur les exportations nettes et les investissements fixes (dans les infrastructures, l’immobilier et les secteurs industriels importateurs et exportateurs) pour poursuivre sa croissance. Mais il est impossible à un pays quel qu’il soit d’être dynamique au point de réinvestir la moitié de son PIB dans la production sans finalement être  confronté à une énorme surcapacité et à un problème crucial de crédits en défaut de paiement. La Chine connaît un excès de capitaux physiques, d’infrastructures et de constructions. C’est évident lorsqu’on voit des aéroports magnifiques mais vides, des trains à grande vitesse (qui diminueront le besoin des 45 aéroports prévus) ultramodernes vides eux aussi, des autoroutes qui ne mènent nulle part, des milliers de nouveaux bâtiments officiels destinés au gouvernement central ou aux gouvernements provinciaux, des villes fantômes et des hauts-fourneaux d’aluminium flambant neufs qui restent fermés pour éviter que les prix mondiaux ne plongent. A court terme, le boom de l’investissement va alimenter l’inflation, car le maintien de la croissance nécessite une consommation intensive des ressources. Mais la surcapacité va ensuite conduire inévitablement à une forte pression déflationniste, en commençant par le secteur manufacturier et l’immobilier. »

                                                                                             
Marie de Vergès dans « Le Monde » du 2 mai 2011 :
Article intitulé : L'inflation au Sud redonne espoir au Nord

« Les maraîchers chinois n'ont vraiment pas de chance. Car le sujet numéro un, aujourd'hui, en République populaire, c'est bel et bien l'inflation. Un phénomène en train de s'emballer sous l'effet de l'envolée des prix des matières premières. La Chine n'est pas seule concernée. Inde, Brésil, Indonésie, Thaïlande, tout le monde émergent connaît cette valse folle des étiquettes. Les causes sont diverses, entre aléas climatiques, demande d'une industrie qui tourne à plein régime, populations en forte croissance et progression du pouvoir d'achat. Cette inflation trouve un terreau idéal dans des économies au bord de la surchauffe. Des Etats pour lesquels la crise financière n'est plus qu'un vague souvenir. Les capitaux y affluent en masse, font gonfler les liquidités en circulation, nourrissent l'expansion excessive du crédit et le surinvestissement. Plus concrètement ? Ecoutons Nouriel Roubini, le " Dr Malédiction " de l'économie, nous livrer ses impressions glanées lors de deux récents voyages en Chine. Sur le site Project Syndicate, il évoquait mi-avril " les aéroports magnifiques mais vides (...), les autoroutes qui ne mènent nulle part, les milliers de nouveaux bâtiments colossaux du gouvernement, les villes fantômes, les fonderies d'aluminium flambant neuves gardées fermées pour éviter une chute des prix mondiaux ". En clair, pour M. Roubini, sous l'effet d'un crédit surabondant, l'empire du Milieu est devenu le royaume des " bulles ". Une griserie qui ne peut pas éternellement durer : " Au bout du compte, vraisemblablement après 2013, la Chine connaîtra un atterrissage violent. Dans l'histoire, tous les épisodes d'investissement excessif - y compris en Asie du Sud-Est dans les années 1990 - se sont terminés en crise financière et/ou en longue période de croissance molle. " Les chiffres ont de quoi faire tourner la tête. Avec leurs taux de croissance mirobolants, ces économies ne sont-elles pas en train de foncer droit dans le mur pied au plancher ? Les pilotes sauront-ils freiner le bolide à temps ? Pour Roubini et consorts, c'est sûr, les banques centrales des émergents sont à la traîne. " Behind the curve ", comme on dit en jargon financier. Autrement dit, elles ne serrent pas la vis assez vite, assez fort. Mal contrôlée, l'inflation risque de franchement déraper. Et d'obliger au bout du compte les autorités monétaires à durcir les conditions du crédit, au risque de porter un coup d'arrêt à la croissance. Pas de quoi se réjouir quand on sait à quel point ces pays sont la locomotive de l'activité mondiale. Car qui dit décélération, dit moins de consommation, donc moins d'importations. " Dans les économies émergentes, il va y avoir une détérioration très claire de la compétitivité, soit par la hausse de la monnaie, soit par la hausse des salaires ", décrit Alain Bokobza, responsable de la stratégie d'investissement à la Société générale. Une " lueur d'espoir " pour la zone euro, surtout pour les pays ayant fait des efforts de réforme, estime-t-il : " Nous voilà peut-être au moment où nous allons pouvoir reconstruire chez nous un espace industriel. " C'est le concept, très en vogue, d'économie " à deux vitesses " qu'il faut peut-être remettre en cause. " Il n'y a qu'une économie mondiale, insiste M. Bokobza. Et avec le ralentissement des pays en développement, nous entamons un processus très doux de convergence. " 


Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 29 avril 2011 :
Article intitulé : La Chine fait face à un vieillissement de sa population estimée à 1,339 milliard   


« En dix ans, la population chinoise a vu son effectif augmenter de l’équivalent d’une France et une Suisse réunies (73,9 millions d’habitants). Démographie galopante ? Pas du tout : les analystes n’ont pas caché une certaine surprise, hier, à la publication des résultats du recensement national effectué à l’automne dernier : la population n’a crû que de 5,84 % depuis le dernier comptage de l’an 2000, pour atteindre 1,339 milliard d’habitants. Comme l’explique Wang Feng, le directeur du Centre Brookings de l’université Tsinghua, « cette fois, ce que beaucoup dans ce pays refusaient de croire est avéré : la fertilité est devenue extrêmement faible en Chine ». Avec en moyenne 1,5 enfant par femme au cours de la dernière décennie, la Chine se situe à des niveaux comparables à la Russie ou l’Espagne. Ce qui signifie que chaque génération est 25 % moins nombreuse que celle qui la précède. Avec les problèmes des retraites que cela implique : si l’on rapporte le nombre de personnes en âge de travailler à celui des individus âgés de plus de 65 ans,« le chiffre était de 10 en 1990, mais il est aujourd’hui de 8, et devrait être autour de 5 dans dix ans », estime ce démographe. Ce n’est pas tant le niveau absolu qui est inquiétant que la vitesse à laquelle les choses évoluent, juge-t-il, avant d’estimer qu’il« est urgent de mettre un terme à la politique de l’enfant unique, totalement dépassée ». Pour l’instant, difficile de savoir si Pékin en a le projet : les autorités sont également obnubilées par le souci de nourrir une population déjà pléthorique, et elles estiment que l’enfant unique leur a surtout permis d’éviter 400 millions de naissances. Ce vieillissement va-t-il déboucher sur une pénurie de main-d’œuvre et pousser les salaires à la hausse ? Sur ce point, l’économiste en chef de CLSA, Andy Rothman, invite à la modération. Selon lui, si le facteur démographique ne peut pas être totalement nié, il est connu depuis longtemps, et surtout,« c’est d’abord la volonté politique de Pékin de rééquilibrer la richesse qui explique que les salaires soient à la hausse ». « Il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre en Chine pour l’instant », martèle-t-il. Pour Andy Rothman, c’est d’abord la vitesse à laquelle la Chine s’urbanise qui est saisissante. Avec 665,6 millions de Chinois vivant en ville, le pays compte aujourd’hui 49,7 % d’urbains (contre 36 % en 2000, mais avec une méthode de comptage différente). Le corollaire de cette explosion urbaine est l’augmentation de 81 % en dix ans du nombre de Chinois considérés comme« migrants », c’est-à-dire ne résidant pas sur le territoire auquel ils sont officiellement rattachés. »

 

Dans « Boursorama » du 17 avril 2011 :
Article intitulé : Les banques chinoises sommées d'augmenter leurs réserves de liquidités :

« La banque centrale chinoise a annoncé dimanche qu'elle avait ordonné aux banques d'augmenter une nouvelle fois le niveau de leurs réserves de liquidités afin de réduire le crédit et de lutter contre l'inflation. C'est la quatrième fois depuis le début de l'année que ce niveau de réserves est augmenté. Le relèvement de ces réserves, exprimées en pourcentage de leurs dépôts que les banques doivent placer auprès de la banque centrale, limite le volume des prêts que les banques peuvent accorder à leurs clients et contribue ainsi à endiguer la croissance de la masse monétaire et à lutter contre l'inflation. Cette mesure intervient après l'annonce vendredi d'une croissance de l'économie chinoise de 9,7% du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre mais avec une inflation qui s'est accélérée pour atteindre 5,4% en mars, son plus haut niveau depuis juillet 2008. Cette inflation est alimentée par la forte croissance des liquidités dans l'économie, due à la grande quantité de crédits distribués par les banques en 2009 et 2010, ainsi qu'aux capitaux volatils qui affluent en Chine. L'excès de liquidités dans l'économie chinoise est une conséquence du plan de relance de l'économie pour lutter contre les effets de la crise financière, qui s'est traduit par un quasi-doublement du volume des prêts accordés en 2009. »                                                                                 

François Bourguignon, directeur de Paris School of Economics, dans « Les Echos » du 13 avril 2011 :

Article intitulé : Le Conseil de stabilité financière pointe les risques des ETF

« Des signes de tension sont apparus ces derniers temps sur le marché du travail urbain en Chine : fréquence croissante de mouvements sociaux (grève chez Honda en 2010), accélération de la hausse des salaires, et même, dit-on, recours à de la main-d'oeuvre étrangère. Certains analystes en déduisent que le surplus de main-d'oeuvre est en voie d'extinction et que l'économie est proche du « point de retournement de Lewis », du nom du fameux économiste du développement, prix Nobel 1979. Passé ce point, la croissance est susceptible de ralentir du fait d'une pression salariale croissante, et la structure économique s'en trouve modifiée. En particulier, une main-d'oeuvre plus chère devrait rendre les exportations moins compétitives et réorienter le développement vers les biens non échangeables et les marchés nationaux, réorientation qui figure en tête de l'agenda fixé par le XII e Plan quinquennal de développement, tout récemment approuvé par les instances politiques.  Une telle vision du développement à moyen terme chinois paraît optimiste. Peut-on en effet penser que le surplus de main-d'oeuvre d'une économie dont la population est encore aujourd'hui à 57 % rurale, avec une productivité qui représente moins du tiers de celle de la population urbaine, soit sur le point de disparaître ? Rien n'est moins sûr. Mais alors, comment expliquer le paradoxe d'une tension sur le marché du travail urbain coexistant avec un apparent surplus de main d'oeuvre rurale en l'absence d'un resserrement notable des contrôles migratoires ? L'explication réside dans l'hétérogénéité de la population rurale et la composition évolutive des flux migratoires. La migration récente concerne surtout des jeunes, mieux éduqués que leurs aînés, avec peu de charges de famille, et s'adaptant facilement aux contraintes de l'emploi industriel dans les grandes métropoles. De 2000 à 2010, les effectifs des 25-35 ans ont été divisés par deux dans la Chine rurale alors que sur l'ensemble de la population, ils ne diminuaient que de 10 %.  Les réserves de migrants restent cependant importantes et le XII e Plan prévoit encore la migration de quelque 200 millions de personnes dans les dix prochaines années. Mais ces migrants potentiels ont un profil moins intéressant pour les industries exportatrices et un coût migratoire plus élevé que la vague précédente. Les attirer en ville et continuer de résorber le surplus de main-d'oeuvre chinois exige donc non seulement un niveau de salaire plus élevé mais aussi des conditions administratives, économiques et sociales de la migration plus favorables. Une autre raison de douter d'un retournement proche du marché chinois du travail est la baisse continue de la part du travail dans le PIB constatée depuis une vingtaine d'année. Peu de données existent sur les toutes dernières années mais cette évolution, associée au maintien d'une croissance rapide, paraît peu compatible avec une économie où le travail deviendrait rare. Le point de retournement de Lewis, où la productivité du travail sera comparable dans les villes et dans les campagnes, est probablement encore lointain. Les dirigeants chinois désirent effectuer rapidement une réorientation majeure de leur économie en direction des marchés nationaux, suivant en cela les exhortations de leurs partenaires étrangers.»                                                                               

Dans « Challenges» du 11 avril 2011 :
« 25 millions de Chinois vont découvrir chaque année les joies du tourisme dans les dix ans à venir. La France est leur 5e destination favorite. »

                                                                                        
Dans « Boursorama » du 10 avril 2011 :
Article intitulé : La Chine affiche son 1er déficit commercial trimestriel depuis sept ans :
« La Chine a affiché début 2011 son premier déficit commercial trimestriel depuis sept ans, malgré un léger excédent en mars, en raison d'une hausse des prix des matières premières importées. Sur le premier trimestre 2011, la balance commerciale est déficitaire de 1,02 milliard USD, premier déficit depuis début 2004. Les exportations ont progressé de 26,5% sur un an et les importations de 32,6%. La Chine devrait cependant dégager un large excédent sur l'ensemble de l'année 2011, une fois de plus, selon les économistes. « Le déficit commercial au premier trimestre s'explique par la forte hausse des importations, a déclaré l'Administration générale des douanes dans un communiqué. "La valeur des importations au premier trimestre a atteint le montant record de plus de 400 milliards USD, pour la première fois", a-t-elle souligné. »                                                                                                

Valérie Segond dans « La Tribune » du 31 mars 2011 :
Article intitulé : Un autre regard sur la Chine


« Quelques mois après la « guerre des monnaies », la diabolisation de la Chine n'est plus de mise alors que les taux de change sont inchangés. À l'origine de ce nouveau regard, le changement de stratégie qui fait du marché chinois une formidable opportunité pour les groupes européens. Et qui marque peut-être la fin du déclin de l'industrie européenne. Peut-être y a-t-il aussi une autre explication à l'apaisement international : l'apparition d'une nouvelle lecture des déséquilibres du monde. Dans sa dernière « note de discussion » (1), l'économiste du FMI, Olivier Blanchard, qui s'interroge sur la légitimité des stratégies de développement basées sur l'exportation, se prête à d'étranges contorsions pour surtout ne pas fustiger la Chine. À l'évidence, l'heure n'est plus à la diabolisation du dragon chinois. Si le regard sur la Chine change, c'est aussi parce que la pression concurrentielle qu'elle impose depuis vingt ans à nos industriels s'est allégée depuis la crise. D'abord, les fortes hausses des salaires dans l'industrie, encouragées par le gouvernement, ont entamé la compétitivité prix du « made in China » : les prix à l'export de la Chine ont, depuis 2004, progressé de 40 %, soit deux fois plus vite que les prix à l'export de l'Europe. Si cela tient aussi à la montée en puissance des produits à fort contenu technologique, l'inflation chinoise contribue à réévaluer son taux de change réel face aux monnaies des pays où l'inflation est encore maîtrisée. Si la Chine est regardée avec des yeux plus conciliants, c'est aussi parce que « son changement de stratégie, visant à passer d'un développement par l'export à un développement par la consommation, contribue à faire croître le marché chinois à une vitesse qui avait été largement sous-estimée par les économistes », dit Véronique Riches-Flores. Il est vrai que l'investissement progressant trois fois plus vite que la consommation, la part de celle-ci dans le PIB a pu baisser en dix ans. Mais elle n'en progresse pas moins de 8 % à 10 % l'an depuis cinq ans. « La classe moyenne, avec plus de 4.500 dollars par an de revenus en parité de pouvoir d'achat, devrait passer de 200 millions à 400 millions de personnes entre aujourd'hui et 2015, dit Véronique Riches-Flores. Ce qui devrait faire doubler la consommation d'ici à... 2015, et la diversifier créant de fantastiques opportunités pour les groupes européens. »

Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 9 mars 2011 :
Article intitulé : L’explosion du crédit menace la stabilité financière de la Chine   


«  Le système bancaire chinois est-il solide ? Manifestement, l’agence de notation Fitch en doute. Richard Fox, l’un de ses analystes, a évalué, hier, à 60 % le risque d’une crise bancaire dans la deuxième économie mondiale d’ici à trois ans. En cause : l’explosion du volume des crédits dans le pays, conséquence du plan de relance voulu par Pékin lors de la crise financière internationale. Au cours des années 2009 et 2010, les banques chinoises ont en effet prêté, en cumulé, l’équivalent de 2,7 milliards de dollars. Pour l’agence, il y a risque systémique lorsque la croissance des crédits est supérieure à 15 % par an pendant plus de deux ans, et lorsque les prix de l’immobilier, sur la même période, augmentent d’au moins 5 % par an. Dans l’empire du Milieu, la croissance du crédit a été en moyenne de 18,6 % par an en 2008 et 2009. Et les hausses de l’immobilier, difficiles à chiffrer tant elles varient d’une ville à l’autre, sont devenues l’une des préoccupations principales du Premier ministre Wen Jiabao, qui vient de réitérer ses promesses de tout faire pour résoudre le problème des prix « exorbitants » de la pierre. D’après la société Asianomics, les créances douteuses pourraient s’élever à 400 milliards de dollars dans le système chinois. Les banques contournant les interdictions de prêter aux collectivités locales au moyen d’instruments financiers complexes. Fitch n’excluait pas que cette titrisation informelle puisse représenter un risque systémique. »


Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 9 mars 2011 :
Article intitulé : Les Chinois à la conquête du " droit au bonheur


  « Les Pères fondateurs de la République américaine jugeaient que la " quête du bonheur " faisait partie des " droits inaliénables " de tout homme, au même titre que " la vie et la liberté ". Ils consignèrent ce droit au bonheur dans la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. M. Wen, premier ministre chinois, a confirmé le virage que les dirigeants de Pékin entendent faire prendre à l'économie chinoise : passer à un modèle de croissance autant nourri par la demande intérieure que par les exportations et davantage respectueux de l'environnement. D'ici à 2016, la croissance devrait être de l'ordre de 7 % - pour une moyenne de 11,2 % ces dix dernières années. Le gouvernement promet de faire la guerre à l'inflation - de 4,9 %, selon les chiffres officiels, mais vraisemblablement très supérieure. Il se donne pour priorité de lutter contre la montée vertigineuse des inégalités dans la société chinoise. Cela passe, dit-il, par la revalorisation des salaires et la lutte contre la corruption. Et c'est là, dans le nouveau discours officiel chinois, que sont apparues, au-delà du mot d'ordre sur " l'harmonie ", les notions de bonheur et de bien-être du peuple, posées comme un " enjeu politique majeur ", selon une partie de la presse locale. La Chine est concernée par les événements du monde arabe. Elle ne peut être indifférente à la contestation des autocraties. Depuis la mi-février, des appels à manifester chaque dimanche sont relayés dans une dizaine de grandes villes par un réseau d'activistes usant de toutes les ressources de la communication électronique. A en juger par leurs réactions - militants arrêtés, journalistes étrangers intimidés -, les autorités prennent cette menace très au sérieux. »

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 2 mars 2011 :
Article intitulé : Le yin et le yang de l’inflation   


« La dernière brassée de statistiques a confirmé le ralentissement de l’activité économique et des prix de l’immobilier en Chine. Le gouvernement n’a donc pas perdu le contrôle de l’économie. Depuis des mois, les autorités avaient augmenté les taux d’intérêt et surtout relevé progressivement le taux des réserves obligatoires, sans exercer d’effet visible sur une activité qui avait encore bondi au dernier trimestre 2010. Poussée par la flambée des prix alimentaires et de l’énergie, la hausse des prix à la consommation frôle désormais les 5 %. Elle inquiète les consommateurs, en particulier les plus démunis, qui consacrent une part de leur budget plus importante que les autres à se nourrir. Et puis les prix de l’immobilier galopent. Un peu comme en France, les classes moyennes perdent l’espoir d’accéder à la propriété. Mais, en Chine, l’inflation n’est pas seulement placée sous le signe du yin. Elle est aussi sous le signe du yang. Si la hausse des salaires et donc des prix diminue la compétitivité des exportations, elle calme les récriminations des pays occidentaux. Et, surtout, elle soutient la consommation. Autrement dit, elle favorise le basculement de l’économie sur la demande intérieure, qui constitue un objectif majeur du gouvernement pour les prochaines années. »

Gabriel Grésillon dans « Les Echos » du 28 février 2011 :
Article intitulé : A Pékin, les ravages de la bombe immobilière

« Les gouvernements locaux ont utilisé la vente de terrains et l’activité immobilière pour équilibrer leur budget. »
                                                                               

Dans « Challenges » du 17 février 2011 :
Article intitulé : Part de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour


« Plus de 90% en 1981 ; moins de 40% en 2005 »

Jean-Luc Buchalet, président Pythagore Investissement, dans « Le Revenu » du 18 au 24 février 2011 :
Article intitulé : Il y a une immense bulle de l’investissement en Chine

« Contrairement à une idée reçue, la consommation n’est absolument pas le moteur de la croissance chinoise. Décomposition de la hausse du PIB en 2010. Sur les 10,3% enregistrés, la contribution des exportations a été négative, celle de l’investissement a atteint 7 points et celle de la consommation 3,6 points seulement. Le poids des salaires dans le PIB chinois n’est que de 25%, contre 50% en Inde, par exemple. Basculer vers une économie tirée par la demande nécessiterait une hausse spectaculaire des salaires, au prix d’une inflation débridée. On en est loin, même si la tendance est bien là avec une hausse de 60% du revenu minimum à Pékin, entre décembre 2009 et janvier 2011. La moitié du PIB repose pour l’essentiel sur les dépenses d’infrastructures et surtout sur la spéculation immobilière. C’est la distribution de crédits à tout va qui alimente cette bulle de l’investissement. Il reste très difficile d’anticiper le calendrier de l’éclatement de la bulle chinoise. »

Commentaire : Depuis plusieurs années, lors de mes conférences, j’insiste bien sur ce fait. La Chine regorge de villes « nouvelles » vident !

Dans  « Le Monde » en date du 23 janvier 2011 :
Article intitulé : Chine : la consommation intérieure bouleverse le commerce mondial

« Après avoir approvisionné les plus grandes marques mondiales de prêt-à-porter en produits textiles très bon marché, le Chine se met à l'ouvrage pour son propre compte. La demande explose : entre janvier et août 2010, la consommation de vêtements et de chaussures a augmenté de 23,7 %. D'une manière générale, les ventes de détail ont augmenté en Chine de 18,4 % en 2010, après une progression de 1,5 % en 2009. Lors de la Hongkong Fair Fashion Week, qui a eu lieu du 17 au 20 janvier, notre envoyée spéciale a pu constater à quel point la recherche de fournisseurs chinois à moindre coût devient difficile pour les acheteurs des grandes marques de textile européennes ou américaines. L'envolée des prix de fabrication - de 30 % à 40 % depuis 2008 - les incite à aller prospecter dans des pays comme le Pakistan, le Cambodge, le Vietnam, le Bangladesh, l'Inde, à la main-d'oeuvre bien moins chère. »
Commentaire : Et si, quand il n’y aura plus de pays « à la main-d’œuvre bien moins chère », nous commencions à réaliser que le monde va vers la Paix. Paix, non plus d’une minorité au détriment d’une majorité. Mais bien, une Paix mondiale. Commerce facteur de Paix ? Oui, s’il est organisé en ce sens.

Jean-Marc Vittori dans  « Les Echos » en date du 21 janvier 2011 :

Article intitulé : Deux « modèles » à revoir  
« La production chinoise a progressé de plus de 10 % en 2010, sans doute trois fois plus que la croissance américaine. A ce rythme, l’économie chinoise produira davantage que celle des Etats-Unis dès 2016 (en convertissant son produit intérieur brut au taux de change assurant la parité de pouvoir d’achat). Le grand défi de la Chine aujourd’hui est de devenir plus américaine. De basculer d’un modèle de croissance fondé sur l’export à un modèle tiré par la consommation. Tout en évitant les fléaux qui ont enflammé le tigre de papier qu’est l’Amérique : l’inflation dans les années 1970, la bulle immobilière et la sous-évaluation du risque par le système financier dans les années 2000. Quant à l’Amérique, elle va devoir devenir un peu plus chinoise. Maintenir une épargne plus élevée. Et parvenir à prendre des décisions, alors que le Congrès est de plus en plus ankylosé par des mécanismes institutionnels trop lourds et des lobbies trop puissants. »

Arnaud Rodier dans  « Le Figaro » en date du 15 janvier 2011 :

Article intitulé : L’Asie multiplie les mesures pour calmer les prix

«  Restrictions du crédit, recours aux stocks alimentaires, contrôle des prix : les pays asiatiques tentent toutes les initiatives d’urgences pour essayer d’enrayer l’inflation. Sans toujours parvenir à ses fins. A tel point que la Banque mondiale juge que la hausse des prix en Asie est une « menace pour la croissance » qui peut faire renaître des manifestations et des émeutes comme en 2008. »                                                                               

Valérie Second dans  « La Tribune » en date du 17 janvier 2011 :

Article intitulé : Les faux-semblants du resserrement chinois

« 18,5%. C’est le nouveau taux de réserves obligatoires des banques chinoises. « En restant passive face à la surchauffe mondiale, la Chine asphyxie les grandes économies occidentales. »

Valérie Second dans  « La Tribune » en date du 12 janvier 2011 :

Article intitulé : Des flux de capitaux massifs vers la Chine
« Avec 2.848 milliards de dollars, elle détient à elle seule 30 % des réserves mondiales. Et encore, ce chiffre ne tient-il pas compte des réserves déjà apportées à ses grands fonds souverains. Si l'on y ajoute les 269 milliards de dollars de Hong Kong Monetary Authority, la « Grande Chine » détient donc 3.117 milliards, soit 34,4 % des réserves mondiales. Mais ces chiffres recèlent d'autres informations intéressantes. Car ces 450 milliards de dollars d'augmentation viennent pour 183 milliards « seulement » des excédents commerciaux. Si l'on extrapole - faute de données complètes à fin décembre - les investissements directs étrangers (IDE) entrants à 100 milliards de dollars, et les sortants à 60 milliards, reste 227 milliards non expliqués. Si la balance courante, publiée bien plus tard, est, comme lors des cinq dernières années, supérieure de moitié à l'excédent commercial, les revenus chinois à l'étranger pourraient s'élever à quelque 90 milliards en 2010. Reste alors 137 milliards d'entrées de capitaux en Chine non expliquées : pour Bei Xu, spécialiste de la Chine chez Natixis, c'est la diaspora chinoise, voire des étrangers, qui placent des capitaux en yuans, pour jouer à la fois sur sa rémunération (2,75 % l'an) et sur ses perspectives d'appréciation, sachant que chaque résident chinois a le droit de recevoir 50.000 dollars par an de l'étranger. L'opération serait même si fructueuse que des circuits souterrains se sont créés pour faire entrer des capitaux et spéculer sur le yuan. Un flux de « hot money », lui aussi, considérable. » 


Gabriel Grésillon dans  « Les Echos » en date du 12 janvier 2011 :

Article intitulé : Les Trente Glorieuses chinoises touchent à leur fin  
« Cherchez l’erreur. Si l’on en croit les analystes, l’économie chinoise a connu une croissance d’un peu plus de 10 % en 2010. Sur la même période, le principal indice de la Bourse de Shanghai a accusé une baisse de 14 %.  Depuis deux mois, les débats qui animent le petit monde des économistes tournent autour d’un thème unique : l’inflation. Le Premier ministre, Wen Jiabao, a d’ailleurs déclaré avoir appris au cours de sa carrière qu’il y a« deux sujets qui peuvent fragiliser la stabilité sociale[…].L’un est la corruption, l’autre le niveau des prix ». Dès lors, deux scénarios se dessinent. Freiner une activité de crédit manifestement débridée, mettre de nouveaux bâtons dans les roues du secteur immobilier, en pleine bulle spéculative, relever substantiellement le taux de change du yuan, les mesures à prendre sont connues. La Bourse de Shanghai ne s’y trompe pas : cela signerait la fin d’un certain âge d’or du capitalisme chinois, qui a vu les entreprises accéder au crédit bancaire à des tarifs exceptionnellement bas, au détriment de ménages contraints de placer leur épargne sur des comptes très mal rémunérés. D’où le deuxième scénario auquel on assiste aujourd’hui. Aux banques, elles ont ordonné six hausses de leurs réserves obligatoires au cours de l’année 2010 et deux hausses des taux d’intérêt. C’est peu comparé à d’autres banques centrales d’Asie – six hausses de taux en Inde, trois en Malaisie. C’est surtout une demi-mesure lorsqu’on constate à quel point la banque centrale rechigne à limiter le niveau des crédits bancaires. L’an dernier, l’objectif – pourtant élevé – de 7.500 milliards de yuans de nouveaux prêts a été dépassé, et rien ne permet de penser que celui de 2011 sera revu à la baisse. Le volume des prêts dans le pays est pourtant en hausse de 60 % sur deux ans et la masse monétaire semble partir en dérapage incontrôlé. Pour certains économistes, cette hésitation à contenir fermement le crédit témoigne d’une inquiétude sur la santé du système financier. Après avoir prêté excessivement sur ordre de Pékin en 2009, afin de stimuler l’économie dans un contexte de récession internationale, les banques se retrouvent avec des créances plus que douteuses, contractées notamment par les collectivités locales. Et certains de leurs débiteurs n’ont d’autre choix que d’obtenir de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Pékin craindrait-il de provoquer une hécatombe en normalisant pour de bon l’activité bancaire ? En réalité, les autorités peuvent analyser le casse-tête sous tous les angles, elles savent bien que les choses se compliquent. Car derrière les causes climatiques qui peuvent expliquer, ici ou là, la hausse des cours du chou ou du riz, il y a des forces structurelles à l’œuvre dans la poussée d’inflation actuelle. L’une est l’envolée des salaires, qui se concrétise plus vite que prévu, et que l’évolution démographique va accélérer dans des délais assez courts. L’autre est, paradoxalement, le statut de « star » qu’a désormais la Chine sur les marchés. Conformément à son nom chinois, la deuxième économie mondiale est véritablement devenue « le pays du centre », ce qui lui vaut d’attirer les capitaux du monde entier, et alimente des bulles spéculatives sur toutes sortes d’actifs. Au final, entre coûts de main-d’œuvre en hausse, inflation d’actifs multiples et devise appelée à s’apprécier, la Chine ne peut plus être ce pays low cost qui a bouleversé l’équilibre du monde. Certes, cela ne signifie en aucun cas la fin de la croissance. Mais les Trente Glorieuses chinoises touchent sans doute à leur fin. »

Harold Thibault dans « Le Monde » en date du 8 janvier 2011 :
Article intitulé : La Chine, nouvelle championne

« Informatique Dans le dernier classement mondial des supercalculateurs, Pékin arrive en première et troisième position, dépassant les Etats-Unis. Les ingénieurs chinois font le pari d'une architecture hybride. »

Arnaud de La Grange dans « Le Figaro » en date du 6 janvier 2011 :
Article intitulé : Chine : des milliers de diplômés en panne d’avenir  

« Des bataillons de jeunes souffrent de ne pouvoir se faire une place dans la société chinoise. On les surnomme «les fourmis». Ils se regroupent à la périphérie des villes, entassés dans des logements souvent sordides. Les autorités commencent à prendre conscience de cette bombe sociale à retardement. »

Dans « Les Echos » en date du 29 décembre 2010 :
Article intitulé : La Chine réduit ses exportations de terres rares

 « La Chine a réduit hier les quotas de sa  première série d’exportations de terres rares pour l’année prochaine de plus de 10 % malgré la menace des Etats-Unis de porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Le ministère a  indiqué qu’il avait ajouté des producteurs sur la liste des quotas, mais qu’il avait réduit les volumes alloués aux sociétés commerciales pour les métaux utilisés dans les produits de haute technologie. Le pays va également augmenter à 25 % les taxes à l’export, contre 15 % actuellement. La Chine produit plus de 90 % des terres rares utilisées dans le monde. Cette appellation désigne 17 métaux aux propriétés électromagnétiques très recherchées dans les  technologies de pointe : voitures hybrides, énergies renouvelables, électronique et armement. Les prix de ces matières premières ont augmenté depuis que les autorités chinoises ont réduit leurs exportations de terres rares de 40 % cet été, une mesure que Pékin justifie par la priorité donnée à ses propres besoins. »

Keren Lentschner dans « Le Figaro » en date du 22 décembre 2010 en page 24 :
Article intitulé : Jouets : la fin de l’eldorado chinois

 « La pénurie de main-d’œuvre très bon marché dans l’ « atelier du monde » oblige les industriels à revoir leur modèle."

Muriel Motte dans  « Les Echos » en date du 21 décembre 2010 :

Article intitulé : Ombres chinoises

 « En Bourse, la croissance économique ne paie pas toujours. En Chine, elle finit même par coûter cher aux actionnaires. Le score annuel de l’indice Composite de la Bourse de Shanghai s’annonce aussi à deux chiffres… mais en négatif. En queue de peloton de ses voisins asiatiques et à rebours des places émergentes qui affichent un gain de 16 % depuis janvier selon l’indice MSCI Emerging Markets, le marché chinois a perdu 13 % par rapport à son sommet annuel du 5 janvier. »

Julie Desné dans « Le Figaro » daté du 30 novembre 2010 en page 23 :

Article intitulé : La Chine inondée de capitaux spéculatifs

« Face à un afflux galopant de capitaux spéculatifs, d’une croissance rapide du crédit et d’une inflation montante, la Chine pourrait maintenant resserrer sérieusement sa politique monétaire afin d’assurer un atterrissage en douceur » de son économie, estime l’agence officielle Xinhua.  »

Julie Desné dans « Le Figaro » daté du 30 novembre 2010 en page 23 :
Article intitulé : La Chine inondée de capitaux spéculatifs

« Face à un afflux galopant de capitaux spéculatifs, d’une croissance rapide du crédit et d’une inflation montante, la Chine pourrait maintenant resserrer sérieusement sa politique monétaire afin d’assurer un atterrissage en douceur » de son économie, estime l’agence officielle Xinhua.  »

Laurence Pericone dans « La Tribune » daté du 16 novembre 2010 en page 13 :
Article intitulé : La Chine dispose du supercalculateur le plus puissant au monde
« Le classement du top 500 consacre les Chinois qui raflent la première et la troisième place des puissances de calcul. Numéro un européen, le Tera 100 français de Bull conçu pour le CEA se classe au 6e rang mondial. »

Olivier Provost dans « La Tribune » daté du 5 novembre 2010 en page 47 :
Article intitulé : Amers transferts
« L’économie chinoise avance à la vitesse d’un avion de chasse. Les Chinois y arrivent d’autant plus qu’ils ont été totalement sous-estimés. Les centaines de milliers d’ingénieurs qui sortent chaque année de ces universités ont renvoyé nos écoles, Centrale, Polytechnique ou MIT, à leur sort de brillant vestige d’un monde mature en mal de développement. Le discours de nos valeureux PDG sur le coup d’avance que conserveraient nos firmes occidentales en vendant à la Chine des produits d’hier pendant que nos centres de recherche et développement préparent les produits de demain ne tient plus la route. » »

Friedbert Pflüger dans « Le Monde » daté du 5 novembre 2010 en page 20 :
Article intitulé : La compétition pour les minerais rares est une source de conflits majeurs.
 « Indispensables aux technologies de pointe, ils sont monopolisés par la Chine. La Chine a procédé, pour le second semestre, à une réduction drastique de 72% de ses exportations de terres rares. Les terres rares sont essentielles pour la quasi-totalité des technologies du futur. Les relations politiques internationales des prochaines décennies se caractériseront peut-être encore plus nettement par une nouvelle forme d’ « impérialisme des ressources ». La sauvegarde des ressources ne restera viable que si l’Europe ne considère plus les pays du monde en développement comme de simples gisements de matières premières, mais comme des partenaires. »

Virginie Mangin dans « La Tribune» daté du 3 novembre 2010 en page 16 :
Article intitulé : La Chine, eldorado ou mirage pour les cleantechs ?
 « La part des étrangers dans l’éolien en Chine est passée de 80% à 10% en quatre ans. Les géants de l’énergie se sont retirés après avoir tenté de s’imposer. »

Arnaud De La Grange dans « Le Figaro» daté du 25 octobre 2010 en page 19 et 20 :
Article intitulé : La Chine lance la bataille des terres rares.

« Le pays, qui concentre 95% de la production des matières rares utilisées dans les hautes technologies, multiplie les restrictions à l’exportation. »

François Lenglet, directeur des rédactions, dans « La Tribune » daté du 8 octobre 2010 en page 13 :
Article intitulé : Pourquoi la Chine dit non.
« Depuis le début des années 1990, la part de la consommation intérieure dans le PIB s’est littéralement effondrée, passant de 50% à un peu plus de 30% du PIB, le reste se partageant entre l’exportation et l’investissement, celui-ci étant corrélé aux venets à l’étranger. Toute la stratégie économique chinoise repose sur la conquête des marchés extérieurs grâce à une monnaie délibérément sous-évaluée, et sur l’accumulation d’excédents commerciaux d’une ampleur sans précédent. Que le yuan se mette à flotter comme la plupart des autres devises mondiales, et la croissance du pays subirait un fort ralentissement. L’empire du milieu ne pourrait plus alors créer les 15 millions d’emplois annuels nécessaires pour mettre au travail les contingents massifs de l’exode rural. Dans cette guerre qui pointe, chacun des deux camps possède une arme de dissuasion. En Occident, c’est l’accès aux marchés. Qu’il soit interdit aux exportateurs chinois, et l’empire du Milieu s’effondre comme un château de cartes. Sur l’autre côté du Pacifique, on fourbit également son arme : l’argent. La Chine, assise sur 2 500 milliards de dollars – le fruit des excédents qu’elle a indûment dégagés -, est l’une premières acheteuse de dette souveraine américaine. Qu’elle boycotte les T bonds, et l’Amérique en déficit se dégonfle comme une baudruche. »

Jacques de Boissécon, représentant général du groupe Total en Chine, il préside la Chambre de commerce de l’union européenne en Chine, et André Loesekrug-Pietri, président du fonds d’investissement A Capital dans « Les Echos » daté du 8 octobre 2010 en page 17 :
Article intitulé : Chine : le « moment » européen.
« Environ 3% des exportations des pays européens vont vers la Chine, quand la Chine dirige près de 20% des ses produits vers l’Union européenne, son tout premier client. L’union investit tous les ans deux fois plus en Suisse qu’en Chine. Même si ces chiffres sont appelés à croître, cela met bien en lumière combien la  Chine a au moins autant besoin de l’Europe que le Vieux Continent de la Chine. »

Hélène Rey, professeur à la London Business School, dans « Les Echos » daté du 6 octobre 2010 en page 15 :
Article intitulé : Les vraies raisons de la guerre des changes.
« La monnaie chinoise, le renminbi, est considérée comme sous-évaluée par rapport au dollar, ce qui est équivalent en commerce international à une subvention aux exportations. La Chambre des représentants vient d'approuver le projet de loi Levin qui, s'il est adopté par le Sénat et ratifié par le président Obama, permettrait d'appliquer des sanctions commerciales contre la Chine. Allons-nous droit à une guerre commerciale ? Que nous dit la théorie économique sur ces grands déséquilibres mondiaux ? La théorie économique prédirait un processus d'ajustement qui passerait par l'appréciation des taux de change réels des pays émergents. En effet, cette appréciation accompagnerait des flux de capitaux allant des pays développés vers les pays émergents où l'investissement a des rendements plus élevés. Elle conduirait à un processus d'équilibrage de l'économie mondiale en renchérissant les prix des exportations des pays émergents par rapport à celle des pays développés, ce qui permettrait aux Etats-Unis en particulier d'améliorer leur balance commerciale et de croître plus rapidement. L’autorités chinoises, qui ont acheté massivement du dollar. Les réserves chinoises de change étaient en juin d'environ 2.500 milliards de dollars, la moitié du PIB chinois. Ce faisant, la Chine est parvenue à maintenir un prix relativement bas de ses produits et à soutenir l'activité de son énorme secteur manufacturier tourné vers l'exportation. D'ordinaire, un pays qui accumule des réserves de change massives voit son inflation augmenter. Mais les autorités chinoises ont réussi jusqu'à présent à contenir les poussées inflationnistes dans une large mesure (bien que de claires tensions soient en train d'émerger). L'absorption dans la force de travail de la population rurale, peu qualifiée et mal payée, permet de maintenir un coût de la main d'oeuvre très bas, agissant comme une subvention à la production manufacturière et aux exportations. » 

Pierre-Yves Dugua dans « Le Figaro » daté du 30 septembre 2010 en page 24 :
Article intitulé : Yuan : les députés américains votent pour sanctionner la Chine.

«  Une majorité de députés démocrates et républicains devait adopter hier une loi autorisant des sanctions commerciales contre la Chine, accusée de sous-évaluer délibérément sa monnaie. Ils passent outre les objections des lobbies de grandes entreprises et des exportateurs agricoles. 25% de sous-évaluation minimum du Yuan face au dollar, d’après les experts. »

Martin Wolf, éditorialiste économique,  dans « Le Monde » daté du 28 septembre 2010 en page 2 :
Article intitulé : Inquiétudes chinoises.
« Le développement économique de la Chine manque d'équilibre, de coordination et de durabilité." C'est le premier ministre chinois Wen Jiabao qui a porté ce jugement négatif sur l'économie la plus dynamique du monde lors du "Davos d'été", qui s'est tenu du 13 au 15 septembre à Tianjin. "Nous devons notre réussite à la (...) mise en oeuvre des mesures de relance." Grâce à elles, l'économie chinoise a connu une croissance de 9,1 % en 2009 et de 11,1 % au cours des six premiers mois de 2010. Ce succès vient après trois décennies de forte croissance. En parité de pouvoir d'achat, le produit intérieur brut (PIB) par tête a été quasiment multiplié par dix depuis le lancement, par Deng Xiaoping, de la politique "de réforme et d'ouverture" en 1978. Qu'est-ce qui pourrait freiner ce poids lourd ? Certains évoquent la vive croissance monétaire, les bulles de crédit, des prix d'actifs surévalués et des dettes pourries. Mais ces inquiétudes sont exagérées. Le point de vue pessimiste le plus intéressant est celui de Michael Pettis, de la Guanghua School of Management de l'université de Pékin ("Chinese consumption and the Japanese "sorpasso"", consultable sur Mpettis.com). La caractéristique de la croissance chinoise est, comme le note M. Wen, d'être "déséquilibrée" : elle dépend fortement de l'investissement en tant que source de demande et moteur de l'offre. C'est, d'une certaine façon, l'économie la plus "capitaliste" de tous les temps. Ainsi, entre 1997 et 2009, l'investissement brut est passé de 32 % à 46 % du PIB, quand la consommation des ménages chutait de 45 % à 36 % du PIB. Cela doit représenter la part de consommation la plus faible jamais enregistrée dans une économie significative. Dans un pays qui compte des centaines de millions de pauvres, le chiffre est même choquant. Dans le même temps, la hausse du taux d'investissement a été le principal moteur de la croissance. »

Michel Aglietta, professeur d’économie, propos recueillis par Catherine Chatignoux et Richard Hiault, dans « Les Echos » daté du 22 septembre 2010 en page 7 :
Article intitulé : En Chine, la conquête du marché intérieur a déjà commencé.
« Ces dernières années en effet, la croissance quantitative, lourde en capital, a créé des distorsions dans la répartition des revenus et produit des effets néfastes sur l'environnement. Elle n'a pas permis de développer suffisamment les régions intérieures. La crise, de son côté, l'a privée d'un support majeur : une croissance durablement forte dans les pays occidentaux. Cette conquête du marché intérieur a déjà commencé : les régions qui croissent le plus vite depuis 2009 ne sont plus les régions situées sur la côte Est. De plus, il y a un assèchement de la main d'oeuvre des 14 -25 ans qui a longtemps constitué la masse des migrants corvéables à merci et le marché du travail n'est plus aussi flexible : il va y avoir des hausses de salaires que le gouvernement a décidé de renforcer en faisant appliquer le droit du travail introduit en 2008 et en appuyant un syndicalisme corporatiste d'entreprise. D'ici quinze à vingt ans, 300 millions d'individus vont passer du monde rural au monde urbain. Cela suppose des investissements en infrastructures considérables. Dans ses relations extérieures, même si elle se dégagera en partie de ses clients traditionnels, la Chine aura besoin d'une sécurité d'approvisionnement en matières premières et elle développera ses exportations vers les autres émergents. Cela se traduit déjà par un renforcement de l'intégration asiatique dans les relations commerciales et financières, ainsi que des relations plus denses entre la Chine et les autres émergents, Amérique latine et Afrique. »


Virginie Mangin dans « La Tribune » daté du 22 septembre 2010 en page 9 :
Article intitulé : Pékin va doubler le salaire minimum de ses travailleurs.
« La Chine va continuer de majorer les bas salaires. L’influent lobby privé des industriels fixe le cap à 20% par an au cours des cinq prochaines années. « Les salaires ne représentent que 1% dans le prix final du produit. Il y a de la marge », confiait le PDG de Sony Ericsson. »

Arnaud De La Grange dans « Le Figaro » daté du 7 septembre 2010 en page 18 :
Article intitulé : La Chine est devenue le cinquième investisseur mondial.
« Malgré la crise financière, Pékin a multiplié ses investissements à l’étranger en 2009, une tendance qui devrait se poursuivre dans les années qui viennent.  Une progression spectaculaire, puisqu’elle n’occupait que la douzième place en 2008. Ce résultat est à mettre en rapport avec le chiffre global des investissements étrangers dans le monde, en recul d’environ 40% l’an dernier.»

J. B.L dans « Le Figaro » daté du 6 septembre 2010 en page 23 :
Article intitulé : Des Chinois au bord du gouffre face à la flambe de l’immobilier.
« Après que la question eut été négligée pendant des années, la grogne de l’opinion a poussé les autorités chinoises à lancer des mesures d’aide à l’investissement immobilier pour les foyer modestes. Pékin ambitionne ainsi de construire cette année 5,8 millions de logements sociaux offerts à la vente. A Shanghaï, par exemple, pour bénéficier de ce programme il faut justifier d’un revenu familial annuel inférieur à 27 600 yuans (3 150 euros) et disposer de moins de 15 m2 par personne. » 

H
Jean-Marc Vittori dans « Enjeux Les Echos » daté du 6 septembre 2010 en page 19 :
Article intitulé : A la recherche du temps, long, perdu.
« L’action politique et économique des pays industrialisés est soumise au diktat du court terme. Un seul pays échappe à cette course folle : la Chine. Dans toutes les démocraties des pays industrialisés, le temps politique ne cesse de raccourcir. Et la crise économique et financière accélère encore le mouvement. Difficile dans ces conditions d’agir à long terme. Les gouvernements n’ont pas le temps de penser au surlendemain ? Et même s’ils l’avaient, ils n’auraient pas la volonté d’agir car leur priorité est de gagner la prochaine élection, qui n’est jamais très loin. Ce n’est pas nouveau. Mais le problème est devenu particulièrement aigu avec la crise. D’abord parce qu’elle vient d’une préférence généralisée pour le court terme. Ensuite, la sortie de crise passera inévitablement par un retour vers le long terme, à la fois dans l’action et la réflexion. Nous ne pourrons pas financer les investissements préparant l’avenir, comme par exemple en matière de production d’énergie, si l’horizon des placements se compte en mois et non en décennies. Il y a bien un pays qui semble avoir trouvé la voie du long terme : la Chine. Le fameux consensus de Pékin » comprend trois grands principes. Premier principe : Le développement économique est la priorité absolue. Deuxième principe : pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons « Peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu’il attrape les souris ». Troisième principe : le despotisme éclairé est le meilleur système politique pour réussir en économie. Ces trois principes, Pékin les applique résolument dans une perspective de long terme. Il n’est pas question de maximiser le taux de croissance du prochain trimestre, mais de faire accéder des centaines de millions de personnes à la prospérité en une ou deux générations. Il ne s’agit pas de gagner la prochaine élection, mais de perpétuer le pouvoir du parti. »

Cyrille Lachèvre dans « Le Figaro » daté du 27 août 2010 en page 13 :
Article intitulé : Les petits pas du yuan comme devise mondiale.
« La Chine a franchi, hier, une nouvelle étape dans sa longue route la conduisant à faire de sa devise, le yuan, une future monnaie de réserve internationale. La Chine est prête à commercer directement dans sa propre devise avec ses voisins, plutôt que d’en passer par le dollar. La prochaine étape consiste pour les Chinois à diversifier leurs propres réserves de changes en investissant davantage dans les actifs en euros et en yens Les conséquences sont inévitables : à long terme, le dollar devrait se déprécier, l’euro et le yen s’apprécier. C’est dans cette optique que Nicolas Sarkozy a indiqué, qu’il comptait organiser une réunion de haut niveau, entre experts, pour réfléchir aux moyens de définir un « actif de réserve international qui ne soit pas émis par un seul pays ».»

Harold Thibault dans « Le Monde» daté du 24 août 2010 en page 9 :
Article intitulé : Les tribulations de la classe moyenne chinoise pour se loger.
« Michael Klibaner, directeur de la recherche du cabinet de conseil Jones Lang LaSalle en Chine, « Les prix ont augmenté de 10,3% en un an dans le pays. Pourtant, 64,5 millions de logements seraient vacants. La question est de savoir si l’on considère qu’un appartement est un toit pour des personnes ou pour de l’argent. Les investisseurs chinois se tournent vers l’immobilier parce qu’ils ont très peu d’alternatives et que c’est très rentable. » Sheng Feng, journaliste, « J’ai investi dedans car c’est le placement qui demande le moins de travail. Une fois acheté, pas besoin de se demander si les prix augmentent ou baissent, puisqu’il n’y a aucun doute sur la réponse. » Andy Xie, économiste, « Les gens informés sont terrifiés. Si la bulle crève, l’économie chinoise souffrira. Le problème est qu’aucune politique ne permettrait de résoudre le problème sans que la population n’en subisse les conséquences. Mais au bout du compte, le marché s’ajustera. On ne peut rien y faire. » »

Sébastien Falletti dans « Le Figaro» daté du 24 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : L’appel de Wen Jiabao à la démocratisation.
« « Si aucune réforme du système politique n’est assurée, les résultats de la réforme économique seront anéantis », a mis en garde Wen. «  Nous devons résoudre le problème de concentration excessive du pouvoir, créer des conditions permettant au peuple de critiquer et de contrôler le gouvernement », a insisté le dirigeant le plus populaire de Chine. »

Philippe Mabille dans « La Tribune » daté du 20 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Aujourd’hui, le centre du monde, c’est l’Asie de l’Est.
« « Probablement n’échapperont-ils pas aux cycles économiques. Dans le bâtiment, ils ont trop construit, il y a beaucoup d’immeubles de bureaux vides. Il y a des risques économiques et sociaux, mais sur le long terme, je suis très optimiste »,Xavier Fontanet, président du conseil d’administration d’Essilor. »
                                                                                    
Diana Hochraich, économiste et écrivain, dans « La tribune » daté du 16 août 2010 en page 8 :
Article intitulé : La Chine reste dépendante des pays industrialisés.
« Peut-on revendiquer être la deuxième économie du monde lorsque le revenu par tête vous place dans les profondeurs du classement ou lorsque la population paysanne vit quasiment de l’autoconsommation ? La Chine est encore un pays en développement. Son modèle économique repose toujours pour l’essentiel sur la sous-traitance, assurant la production des segments intensifs en main-d’œuvre, destinés à la réexportation. La Chine continue en effet d’importer 70% de ce qu’elle exporte. La Chine restent dépendante des pays industrialisés, tant pour les intrants à valeur ajoutée que pour les débouchés de sa production. L’innovation, c’est le produit d’une sédimentation de la culture, à travers des générations. La Chine est encore très loin de talonner les Etats-Unis ou le Japon dans ce domaine.»

 

Robert Jules dans « La Tribune » daté du 13 août 2010 en page 7 :
Article intitulé : L’argent « gris » pèse un tiers du PIB en Chine.
« Selon un rapport, plus de 1.000 milliards d’euros de revenus des ménages vivant en ville sont non déclarés. La moyenne annuelle des revenus disponibles par ménage vivant en ville s’élevait en 2009 à 32 154 yuans (3 691 euros), soit un niveau supérieur de 90% aux chiffres officiels, ceux des 10% les plus riches atteignaient 139 000 yuans (15 077 euros) alors que ceux des 10% les plus faibles tombaient à 5350 yuans (615 euros). En fait, les 20% les plus fortunés détiennent à eux seuls plus de 80% de cet argent illégal. « Une fois que le pouvoir d’Etat et le capital sont unis, la libre concurrence de l’économie de marché commence à être remplacée par le monopole capitaliste de copinage, menant à des disparités dans la distribution de biens et des revenus, une faible efficience économique et exacerbation des conflits sociaux », estime Wang Xiaolu, l’un des rédacteurs de l’étude. »

Commentaire : Dans cet article, nous retrouvons la loi de Pareto (80/20). Tôt ou tard (c-à-d bientôt), ce pourcentage va s’inverser. C’est à ce moment là que de profonds déséquilibres toucheront l’ensemble des secteurs SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInanciers. Pour l’instant, nous vivons seulement les prémices de ces bouleversements…A moins qu’un krach stoppe momentanément l’évolution de la Chine..et de l’Inde.

Elsa Bembaron dans « Le Figaro » daté du 11 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : La Chine renforce sa mainmise sur les terres rares.
« Le gouvernement chinois vient de donner un nouveau tour de vis à sa politique de gestion des terres rares. Les deux plus grands producteurs chinois de ces métaux vont désormais s’entendre sur les prix de vente. Une telle concentration, impensable en Europe, va permettre à deux groupes miniers, Baotou Steel et Jiangxi Copper, de contrôler environ les deux tiers du marché mondial. En outre, Pékin limite à 89 200 tonnes la production nationale, ce qui représente une hausse de 8,2% inférieure à celle de la demande mondiale. Or le pays assure à lui seul 95% de la production mondiale de ces métaux, abusivement appelés « terres rares », qui entrent dans la composition de nombreux produits stratégiques (électronique, aéronautique, énergie atomique…). 95% des terres rares produites dans le monde viennent de Chine Les terres rares sont un groupe de dix-sept métaux, indispensables à certaines productions industrielles, comme les lampes à basse consommation ou les pots catalytiques de voitures. »

M.B dans « La Tribune » daté du 6 août 2010 en page 16 :
Article intitulé : La Chine teste la résistance des banques à un krach immobilier.
« Le spectre de la bulle immobilière refait surface en Chine… L’ordre intimé par la Commission de régulation bancaire de réaliser des tests de résistance sur les banques incluant un scénario noir de l’immobilier – à savoir une chute de 50 à 60% des prix des logements dans les grandes villes chinoises – a ranimé les craintes. »

M. RN. dans « Les Echos » daté du 5 août 2010 en page 20 :
Article intitulé : Les décisions de la Chine relancent les cours de l’or.
« La Banque centrale de l'empire du Milieu a indiqué mardi qu'elle laisserait plus de banques importer et exporter du métal jaune et qu'elle autoriserait des sociétés étrangères à participer aux échanges du précieux sur le sol chinois. La Chine est le principal producteur d'or et son deuxième consommateur derrière l'Inde. Les signes d'ouverture du marché intérieur chinois sont interprétés très positivement sur les marchés. Internationalisation, cela pourrait bel et bien être le cas si jamais les autorités chinoises se décident à complètement libéraliser leur marché en autorisant la création de fonds indexés sur le prix du métal jaune (« exchange-traded funds » ou ETF) ou la commercialisation de produits financiers venus de l'étranger. Mais la banque centrale chinoise ne va pas jusque-là. Ses mesures consistent à autoriser les banques à couvrir leurs positions en lingots sur les marchés étrangers ; à pousser ces mêmes établissements à prêter davantage aux sociétés spécialisées dans le commerce de l'or qui cherchent à traiter avec l'étranger et à développer les dérivés de métal jaune libellés en yuans. Les particuliers ne sont donc pas concernés. Ceux-ci ont prouvé dans le passé récent leur appétit pour le métal jaune, aussi bien sous forme de bijoux que d'investissement pur et dur, notamment pour se couvrir contre l'inflation. »

L. J. B. et JU. dans « La Tribune » daté du 3 août 2010 en page 6 :
Article intitulé : La machine de production chinoise marque le pas.
« Il n’y a aucune raison de paniquer car il s’agit davantage d’un ralentissement que d’un effondrement », Hongbin Qu, économiste en chef chez HSBC Asia.

Renaud Girard dans « Le Figaro » daté du 2 août 2010 en page 5 :

Article intitulé : Obama veut endiguer l’expansionnisme marin chinois.

« Et mardi, le vice-ministre chinois de l'Information, Dong Yunhu, déclara au Figaro que les Américains n'avaient pas à se mêler des différends maritimes d'une région qui n'était pas la leur, à laquelle ils avaient naguère apporté la guerre, et que tous les problèmes seraient résolus pacifiquement «entre Asiatiques». Dans les années 1930, les Japonais expliquaient déjà que l'homme blanc n'avait rien à faire en Asie, où ils avaient l'intention d'édifier, entre peuples indigènes, une «sphère de coprospérité». On sait où mena cette belle rhétorique… »

G.G dans « Les Echos » du 27 juillet 2010 en page 5 :
Article intitulé : Les banques chinoises s’inquiètent de la solvabilité des collectivités locales.
«  Un Etat central riche peut cacher des collectivités locales endettées. C'est ce qui semble être le cas en Chine, où l'on craint désormais que la mauvaise situation financière des régions représente un risque pour l'ensemble du secteur bancaire. Mardi, l'agence de presse Bloomberg, citant une source anonyme à la Commission chinoise pour la régulation bancaire, croyait savoir qu'environ 23 % des prêts que les banques chinoises ont accordés en 2009 à des organismes émanant des collectivités locales risquaient de ne pas être remboursés. C'est un total de 7.700 milliards de yuans (874 milliards d'euros) qui ont été indirectement prêtés, l'an dernier, aux collectivités - car ces dernières n'ont pas le droit de s'endetter et créent donc des véhicules financiers à cette fin. Si le chiffre de 23 % était confirmé, cela représenterait donc une perte potentielle de 200 milliards d'euros pour les banques chinoises. L'interrogation sur la solidité des prêts aux collectivités locales est en tout cas révélatrice de la fébrilité qui entoure le système financier chinois. Ce climat a en outre été alimenté par l'agence de notation Fitch qui a estimé, il y a deux semaines, que les banques chinoises avaient prêté plus encore que ne le laissent entendre les chiffres officiels. Elles auraient procédé à des titrisations, revendant à des investisseurs des produits financiers complexes visant à diluer le risque… et rappelant certains ingrédients de la crise des « subprimes ». Il reste que, comme le note Xu Bei, économiste chez Natixis, « l'innovation financière reste à des niveaux plus que raisonnables en Chine ». Surtout, l'Etat central, dont la dette représente environ 17 % du PIB, aurait probablement les moyens de remettre à flots les collectivités. D'après Standard Chartered, le niveau global de la dette publique en Chine tournerait autour de 80 % du PIB. Pas de quoi effrayer un Européen. »

Frédéric Lasserre, économiste à la Société Générale, dans « La Tribune » du 27 juillet 2010 en page 7 :
Article intitulé : Les gouvernants chinois pilotent leur siècle.
 « Ce qui a changé c'est la perception de la Chine par le reste du monde. Durant les années 2000, le pays avait l'image de l'usine du monde, celle qui transformait les matières premières pour les réexporter sous forme de biens de consommation. On dit aujourd'hui que la Chine veut réorienter sa croissance économique. Mais c'est faux ; en fait, la Chine a toujours eu une optique de développement, et non de croissance. Les gouvernants chinois ne gèrent pas de la politique économique et de la croissance. Ils pilotent leur siècle, ils savent très bien que le 21ième siècle va être le leur, et ils s'organisent dans cette optique. Dans une économie de marché c'est le client qui est roi. C'est ce qui s'est passé avec les Etats-Unis durant un demi-siècle : les américains ont assis leur pouvoir sur le fait qu'ils étaient les premiers consommateurs du monde. Les marchés financiers leur font confiance, et supportent leur dette parce qu'ils sont les premiers et qu'on prête toujours à son plus gros client. La Chine a l'ambition de devenir le premier client du monde. Leur certitude d'y arriver repose sur leurs atouts. Ils ont un vrai problème en ce qui concerne les ressources physiques. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils s'arc-boutent sur le Tibet, d'où proviennent les deux tiers des ressources en eau du pays. Ils ont une approche très rigide de la gestion des ressources, actuelles et à venir. Aujourd'hui, ils sont prêts à offrir des conditions financières extraordinaires aux pays qui en détiennent, notamment en Afrique, mais aussi à l'Iran, qui a du pétrole et du gaz. »

Valérie Segond, propos de Bernard Ramanantsoa directeur général d’HEC Paris, dans « La Tribune » du 28 juillet 2010 en page 8 :
Article intitulé : Avec la Chine, capitalisme ne rime plus avec démocratie.
 « Tout a changé, y compris pour les « business schools ». Il y a quinze ans, il n'y avait pas de grands acteurs dans ce domaine ni en Chine ni même à Hong Kong. Aujourd'hui, les écoles de la grande Chine sont très puissantes : grâce à des rémunérations élevées, elles attirent de très bons professeurs chinois et occidentaux et forment des étudiants de niveau équivalent aux nôtres. On ne peut plus débarquer dans la vie active avec l'idée que la Chine est un monde émergent, qui se développe grâce à des bas coûts de main-d'oeuvre et qui se satisfait de quelques années de retard sur le monde développé, car même dans des secteurs technologiques pointus, comme les télécoms, ils se révèlent de redoutables concurrents. C'est un pays qui a créé un modèle inédit, reposant sur un capitalisme poussé à son point extrême lié à un État très fort. Un élève d'HEC, futur dirigeant d'entreprise dans un contexte mondialisé doit impérativement intégrer la Chine dans son approche du monde, et connaître non seulement les Chinois, mais aussi leurs entreprises et leurs systèmes de décision. Sans oublier le mode de fonctionnement, y compris mental, de la Chine. »

Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 12 juillet 2010 en page 12 :


Article intitulé : Que faire avec 2.500 milliards de dollars ?
« Les gérants de ces réserves (2.500 milliards de dollars) savent pertinemment qu’elles sont un écran de fumée pour les étrangers qui dissimulent la situation désastreuse des finances des régions et probablement des banques chinoises. Si la bulle immobilière éclate, comme elle doit le faire dans les mois qui viennent, il ne restera rien. 30% des réserves sont investis en emprunts du Trésor américain et deux tiers en dollars. Les Chinois eux savent ce que le marché ne veut pas admettre : les Etats-Unis ne remboursent pas intégralement leur dette, ils n’en ont pas les moyens, et les Etats-Unis vont laisser leur monnaie se déprécier pour relancer leurs exportations. Les Chinois vont donc être pris dans un jeu dont ils étaient jusqu’à présents les champions, le jeu de t’étau : perte sur les emprunts américains en cas de renégociation ou de krach et perte sur le dollar. »

Favilla dans « Les Echos» du 9 juillet 2010 en page 12 :


Article intitulé : Taiwan, le commerce et la démocratie.
« Les oppositions idéologiques les plus radicales sont-elles solubles dans l'économie ? En Europe, l'échec économique du communisme a mis fin à la guerre froide et redessiné la carte politique. A l'autre extrémité du continent eurasiatique s'ébauche peut-être un scénario différent, avec l'accord commercial historique que viennent de signer Taiwan et la Chine : l'accession progressive de celle-ci à la prospérité, le tournant qu'elle semble prendre en faveur du pouvoir d'achat interne et de la consommation - bref, la convergence entre le niveau de vie d'une fraction de plus en plus large du peuple chinois et celui des Taïwanais -vont-ils vider, à terme, de sa charge explosive la question de l'indépendance de l'île ? La politique d'assouplissement des relations avec la Chine continentale, menée par le président Ma Ying-jeou depuis son élection en 2008, repose sur l'idée, exprimée par Montesquieu, que « l'effet naturel du commerce est de porter à la paix ». »


Héloïse Bolle dans « Challenges » du 8 juillet 2010 en page 52 :


Article intitulé : Pékin calme la frénésie immobilière.
« En Chine, les prix des logements de moins de 90 mètres carrés ont flambé de 19,5% sur un an dans les 70 plus grosses villes, et même jusqu’à 50% dans certains quartiers de Pékin ou de Shanghai. Colossal comparé au taux de croissance de l’empire du milieu (8,9% en 2009). « Actuellement, la plupart des investissements sont risqués, analyse Li Dequan, chercheuse au ministère du logement. L’immobilier est une valeur refuge. Résultat : dans certains quartiers de la capitale, 60% des logements sont vides.» Mais cette envolée des prix a laissé à l’écart les classes moyennes, et le marché locatif est quasi inexistant. Du coup, la grogne monte. »

Commentaire : Voir sur www.socioecopofi.com mes articles sur l’immobilier. Les gouvernements ont tort de ne pas vouloir voir en l’immobilier l’un des principaux déstabilisateurs sociologique de notre société.

François D’Alançon, propos de Massimo D’Alena, ancien premier ministre italien, dans « La Croix » du 9 juillet 2010 en page 11 :


Article intitulé : Le projet européen comme antidote à politique de la peur.
« Il serait paradoxal d’abandonner notre modèle social européen au moment où la Chine l’étudie pour l’appliquer chez elle. Les Chinois sont en train d’introduire la retraite sociale pour les paysans dans les campagnes, d’augmenter les salaires, de renforcer leur système de santé publique. Les Etats –Unis ont adopté une réforme de l’assurance-maladie d’inspiration européenne. Le modèle social européen est un atout à défendre en le transformant et en le réformant pour tenir compte du changement dans la structure démographique et sur le marché du travail. »

Commentaire : Et si nous allions vers une socio-économie mondiale ?

Yann Rousseau dans « Les Echos » du 30 juin 2010 en page 8 :


Article intitulé : Chine : le ras-le-bol des Européens.
« En Chine, les entreprises étrangères commencent à ne plus digérer les procès iniques, les contrefaçons flagrantes, la fiscalité rétroactive, les tracasseries administratives ou encore les marchés publics truqués qui brouillent leur quotidien. Quelques semaines après son homologue américaine, la Chambre de commerce européenne en Chine a, à son tour, fermement mis en garde Pékin contre la dégradation du climat des affaires dans le pays, qui pourrait pousser certains groupes étrangers à remettre en cause leur stratégie d'investissement.  «  C'est inquiétant qu'il n'y ait pas, un an après la crise, plus de membres qui se déclarent optimistes », a pointé le président de la Chambre de commerce, qui remarque que le nombre de groupes se déclarant profitables en Chine «  recule sérieusement ». Alors que 70 % des entreprises européennes se déclaraient profitables en 2008, elles sont désormais moins de 60 % à prétendre gagner de l'argent dans le pays. «  Dans la réalité, c'est même beaucoup moins », soufflait hier un avocat travaillant avec des grands groupes occidentaux, toujours très discrets sur leurs résultats dans le pays. »

François Godement, professeur à Sciences Po, et Jean-François Di Meglio, président d’Asia Centre, dans « Le Figaro » du 29 juin 2010 en page 16 :


Article intitulé : Pourquoi la Chine a fait le choix de laisser fluctuer le yuan.
« Où et quand a-t-on jamais vu une monnaie non complètement convertible acquérir une dimension internationale aussi forte ? Où et quand a-t-on jamais vu un pays globalement créditeur vis-à-vis du reste du monde préserver une situation de sous-évaluation, y compris par rapport à des partenaires dont l’endettement extérieur est très important ? Il y a transparence de la procédure, mais opacité des motivations. La décision de laisser fluctuer un tant soit peu le renminbi relève à la fois d’un rattrapage attendu, et de la révolution économique en germe. La diversification des devises de références annoncerait l’engagement vers une nouvelle « monnaie internationale », inspirée du DTS. On s’orienterait vers l’effacement progressif du roi dollar, conséquence ultime de l’abus d’une position de seigneuriage due au rôle de monnaie de réserve. »

Marie de Vergès dans « Le Monde » du 24 juin 2010 en page 13 :


Article intitulé : L’assouplissement du yuan, un plan machiavélique ?
« Pékin vient d’annoncer un assouplissement des règles de fluctuation du yuan. Le RMB (ou yuan) est autorisé à fluctuer quotidiennement dans un couloir de plus ou moins 0,5% autour du cours de référence. Il faut essayer de comprendre ce que cela signifie. En clair, le pays concède plus de volatilité de sa monnaie, à la hausse…comme à la baisse. Avec leur nouveau système de change qui se réfère à un panier de devises et non plus au seul billet vert, « si l’euro se cassait la figure, les Chinois feraient sûrement en sorte de déprécier le yuan par rapport au dollar », juge M.Artus. Autrement dit, la Chine prouve qu’elle souhaite rester maître du jeu malgré les pressions. »

Brice Pedroletti dans « Le Monde » du 22 juin 2010 en page 3 :


Article intitulé : Quand la Chine se ruinera…
« Dans le South China Morning Post de Hongkong, l’un des économistes chinois les plus audacieux, dresse un parallèle entre la situation de la Chine et celle de l’Union européenne, où « des pays membres ont laissé filer leur dette souveraine ». En Chine, le problème vient de « l’endettement des gouvernements locaux qui ont emprunté pour s’assurer que les taux de croissance de leurs régions se maintiennent à deux chiffres, écrit-il. Tout comme les pays lourdement endettés de la zone euro, les provinces et les localités chinoises ont abusé d’une devise commune. » Les plates-formes de financement local qui ont contracté les prêts sont de véritables « trous noirs » : une partie des prêts, sait-on désormais n’a aucun collatéral. « Les banques croient parfois prêter à cinq société différentes, quand il s’agit de cinq filiales de la même structure », souligne Victor Shih qui a répertorié 8 000 plates-formes de financement local en Chine, dont il estime l’endettement total à 11,4 trillions de yuans (1000 milliards d’euros, soit 34% du PIB chinois), dont 7 trillions contractés rien qu’en 2009.  « C’est une source de risque bancaire majeure. »»


François Lenglet, rédacteur en chef, dans « La Tribune » du 22 juin 2010 en page 13 :


Article intitulé : Billet rouge contre billet vert.
« La Chine a fini par accepter un assouplissement de son régime de change. A court terme, l'Amérique et l'Europe en tireront des bénéfices commerciaux. Mais parallèlement, la Chine au pouvoir d'achat réévalué va multiplier, à l'étranger, les acquisitions d'entreprises, d'infrastructures et d'exploitations minières. Et lorsque le yuan sera pleinement convertible, le «billet rouge» pourrait s'affirmer comme un concurrent du dollar. Elle y a tout intérêt, plutôt que d'investir comme elle le fait aujourd'hui dans des titres en dollars, dont la dévaluation par rapport à sa devise est programmée, alors que le prix d'une entreprise ou d'une mine ne dépend pas seulement de la monnaie dans lequel il est libellé. Déjà, le rythme des prises de participations s'accélère. Sur les seuls derniers jours, les Chinois ont investi le port du Pirée, en Grèce, pris une participation indirecte dans la seule entreprise américaine de retraitement d'uranium, USEC, et manqué de peu le rachat de l'hebdomadaire «Newsweek». Ce n'est qu'un début. »

. JU dans « La Tribune » du 16 juin 2010 en page 8 :


Article intitulé : La Chine investit massivement en Grèce.

«  La Chine a signé des contrats de coopération qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les principaux secteurs concernés sont le transport maritime, la logistique et les infrastructures aériennes. L’entreprise chinoise Cosco a d’ores et déjà passé commande aux armateurs grecs de sept cargos et pris une option sur huit autres. La Chine cherche surtout via la Grèce à prendre solidement pied sur le marché européen ce qui passe par des investissements massifs dans le port du Pirée. »

Virginie Mangin dans "La Tribune" du 3 juin 2010 page 10 :
Article intitulé : Montée des revendications salariales en Chine.
« Après une semaine de conflits sociaux, l'usine Honda à Foshan a repris ses opérations mercredi, la direction ayant accordé une augmentation de salaire de 24 %, qui intervient après celle de 30 % concédée par Foxconn, l'entreprise récemment médiatisée après une série de suicides. Ces deux exemples pourraient se multiplier dans toute l'industrie chinoise. L'inflation est de retour et les prix de l'immobilier dans certaines provinces flambent. Les salariés veulent que cette hausse soit répercutée sur leurs salaires », estime Xianfeng Ren, analyste basée à Shanghai pour IHS Global Insight, qui n'exclut pas que d'autres usines se mettent en grève. Il semble que cette fois-ci le rapport de force ne soit plus entièrement entre les seules mains des employeurs. Une partie des employés de Honda n'a toujours pas accepté les nouvelles conditions négociées entre le syndicat et le patronat. Contrairement à la période précédant la crise, les ouvriers ne font plus la queue pour être embauchés et ont une meilleure connaissance de leurs droits.  »

Patrick Artus et Jacques Mistral dans « Le Monde » du 27 avril 2010 en page 18 :
Article intitulé : La Chine s’éveille à la consommation.


 « La Chine a été sévèrement frappée par la récession qui a suivi la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Il n’y a pas eu découplage, l’effondrement du commerce mondial (-30% entre le début de 2008 et le début de 2009) a frappé la Chine de plein fouet. Officiellement, et a posteriori, la croissance a été ramenée à 8%, en réalité le choc a été bien plus violent : fin 2008, début 2009, on observe un recul de la production d’électricité ou d’acier, de la consommation, de pétrole, un arrêt des migrations des campagnes vers les villes et même un retour des migrants vers les campagnes. Face à ces risques, le gouvernement chinois a précocement mis en œuvre un plan de relance de très grande ampleur. Des mesures en faveur de la consommation des ménages et des dépenses d’infrastructures massives (du gouvernement central et des collectivités locales) ont été rapidement engagées, elles ont été financées non pas sur crédits budgétaires mais par une très forte expansion du crédit bancaire (l’encours a augmenté d’un tiers en 2009). Résultat : la croissance est, au début de 2010, de l’ordre de 12% en rythme annuel. Les autorités chinoises sont persuadées que le désendettement des ménages et les problèmes budgétaires placent les pays de l’OCDE dans une situation économique durablement difficile. La croissance chinoise ne sera plus tirée à l’avenir par les exportations, comme elle l’a été au temps du miracle économique. La contribution du commerce extérieur à la croissance chinoise est d’ores et déjà devenue négative (probablement un recul de 3 points en 2010). La seule vraie priorité, c’est la stabilité sociale, garante de stabilité politique. La Chine devrait dans ce contexte schanger de modèle de croissance et privilégier à l’avenir une dynamique fondée sur la demande intérieure plus que sur les exportations. Il faut véritablement changer la donne et cela porte sur la protection sociale, sur les salaires, sur le marché du travail. »

Arnaud Rodier dans "Le Figaro" du 31 mars 2010 en page 24 :
Article intitulé : Pékin se prépare à réévaluer sa monnaie.

«  En matière économique, Pékin veut choisir son calendrier et va lâcher de lest sur renminbi, autre appellation du yuan. »

Virginie Mangin dans « La Tribune » du 26 mars 2010 en page 11 :
Article intitulé : Le vrai-faux problème des dettes des autorités chinoises.
 « L’autoroute à 10 voies qui relie Hangzhou, une ville du sud de la Chine, au « lac des 1.000 îles » est vide. Autour du lac, tout est prêt : appartements du week-end, hôtels, magasins… Mais il manque les clients : la classe moyenne de Shanghai. De tels scénarios sont communs en Chine, où les gouvernements locaux investissent massivement dans des projets d’infrastructure sans souci de rentabilité : le client finira bien par venir et entre-temps la province crée de la richesse et des emplois. La question pour Pékin est de connaître le niveau des dettes des gouvernements locaux car elles sont comptabilisées dans le budget. Victor Shih, professeur à l’université de Northwestern, les estime à 3.500 milliards de dollars à la fin de 2011, soit 97% du PIB. Pour l’instant, les intérêts sont financés par d’autres prêts et la vente de terrains, le tout soutenu par une hausse constante de l’immobilier. Que va-t-il se passer si les taux d’intérêts augmentent, que la bulle spéculative éclate et que les banques se retrouvent paralysées par des prêts non performants ? La Chine a accumulé 2.400 milliards de dollars de réserves de change dont beaucoup d’économistes pensent qu’elles serviront à financer les dettes cachées des gouvernements locaux. »

Philippe Chalmin, professeur à l’université de Paris-Dauphine, dans « Le Monde » du 17 mars 2010 en page 3 :
Article intitulé : La renaissance du Palais d’été.
 « La semaine dernière se tenait à Pékin la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire de Chine (l'équivalent de notre parlement). Le premier ministre, Wen Jiabao, a présenté des objectifs pour 2010 tellement mesurés et modestes qu'ils ne peuvent manquer de surprendre : notamment les 8% de croissance pour le PIB. 8%, c'était l'objectif officiel des autorités chinoises au début de 2009, en pleine tourmente économique et financière mondiale : la croissance de l'empire du Milieu était alors tombée à 6 % et la plupart des analystes avaient critiqué l'optimisme irraisonnable des dirigeants chinois. Ceux-ci avaient pourtant péché par modestie et la croissance chinoise en 2009 s'est établie à 8,7% avec un deuxième semestre durant lequel la croissance du PIB est revenue au dessus de 10 % (ce qui est à peu près la moyenne de la Chine depuis 1976 et la mort de Mao). Alors que le consensus des économistes place la croissance chinoise pour 2010 à 10 % et au-delà pour les plus optimistes, et alors que la Chine s'affirme comme le principal moteur d'une économie mondiale bien faiblarde, comment expliquer la "modestie" d'un objectif pratiquement acquis d'avance ? C'est que le message est à usage interne : les autorités veulent calmer l'exubérance liée au plan de relance de 2009, maîtriser les bulles en formation, qu'il s'agisse de l'immobilier ou des surcapacités industrielles, comme dans le domaine de l'acier. Le véritable objectif économique des dirigeants chinois, c'est l'inflation, qui devrait être contenue à 3 %. Or tous les observateurs conviennent que l'on assiste à une véritable dérive inflationniste alimentée par les hausses de salaires liées aux pénuries de main d'oeuvre dans les provinces côtières, du fait notamment de l'efficacité du plan de relance : le tigre se mord la queue ! Alors que le monde entier se dope de potions keynésiennes, les autorités chinoises font presque du monétarisme dans le texte ! Il y a là en tout cas une maturité en termes de gouvernance économique qu'il faut saluer. Elle marque bien le retour de la Chine sur la scène économique - mais aussi des politiques économiques - mondiale. »


Wei Gu, point de vue de l’agence économique et financière Breakingviews, dans "Le Monde" du 21 janvier 2010 en page 15 :
Article intitulé : L’endettement des ménages chinois, une bombe à retardement.
" Le volume des crédits accordés aux ménages a bondi de 43% en 2009 pour atteindre 1 200 milliards de dollars (850 milliards d’euros). Les deux tiers de cette progression sont imputables aux crédits immobiliers. Certes, aujourd’hui, il n’y a pas de raison de s’inquiéter : après tout, la dette des particuliers ne représente qu’un tiers de leurs dépôts ; leur solvabilité est donc assurée. L’encours des crédits aux ménages équivaut à moins de 30% du produit intérieur brut (PIB), mais au train où vont les choses, la proportion passera à 70% d’ici trois ans, pour se rapprocher sérieusement des 80% observés aux Etats-Unis. Les emprunts étant gagés sur des biens surévalués comme les logements, ce sont les banques qui devront encaisser le choc en cas de défaut des débiteurs. Elles ne seront peut-être même pas en mesure de récupérer les actifs mis en garantie, puisque la législation leur interdit de priver les primo accédants de leur domicile. C’est ainsi que l’on peut voir des ménages s’endetter à tout-va, sans avoir à se soucier des conséquences. »


Wei GU, point de vue de l’agence économique et financière Breakingviews.com, dans « Le Monde » du 11 décembre 2009
«En Chine, les aides de l’Etat ont permis aux ventes de voitures particulières de doubler au mois de novembre. Il ne sera assurément pas facile de renouveler cette performance sur l’exercice 2010. », « En achetant pour 334 millions de dollars (227 millions d’euros) d’actions convertibles il y a quelques mois, la banque Goldman Sachs a fait bondir le titre Geely. Dans le cas de BYD, on a vu le cours quintupler à partir du moment où l’homme d’affaires américain Warren Buffet a pris une participation au printemps, alors même que la gamme de voitures hybrides qui fait l’originalité du constructeur n’est pas encore distribuée sur le marché. »

 



socioecopofi.com – Tous droits réservés – L’ensemble du contenu du site socioecopofi.com est protégé par les lois internationales sur les droits d’auteur, les programmes informatiques, les dessins et la protection de la propriété intellectuelle. La copie et la reproduction sont strictement interdites, tant dans la forme, ses idées ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord écrit de son auteur Christian PIRE. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3°a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement, réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que « les analyses et reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4), cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle