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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
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Dans « Boursorama » du 8 décembre 2011
Article intitulé : La colère monte contre l'austérité, mais les dirigeants font les sourds :
« "C'est vers l'avenir des citoyens que vos préoccupations doivent se diriger, non vers l'opinion des agences de notation", a plaidé la Confédération européenne des syndicats (CES) dans un "message urgent" adressé aux dirigeants à la veille de leur réunion. "Le syndicalisme européen n'est pas écouté", ont déploré plusieurs responsables dans une tribune publiée mercredi par le quotidien espagnol El Pais. Elle est signée par les Français Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT), les Espagnols Ignacio Fernandez Toxo (CC.OO) et Candido Mendez (UGT), l'Allemand Michael Sommer (DGB), l'Italienne Susanna Camusso (CGIL), et les Belges Anne Demelenne (FGTB) et Claude Rolin (CSC). Employés, salariés, fonctionnaires, retraités descendent dans les rues un peu partout dans l'UE pour dire "trop c'est trop". Mais la rue ne semble pas effrayer les dirigeants européens. Ils sont plus traumatisés par les marchés financiers et les agences de notation. La situation est "dramatique" sur le plan social, reconnaît le commissaire européen en charge de l'Emploi Lazslo Andor. Le dernier rapport de ses services met en garde contre la spirale du chômage et de l'exclusion. 9,8% de la population active de l'UE était sans emploi en octobre. "C'est terrifiant de constater que face au risque de récession, les responsables européens restent muets sur la croissance et l'emploi", déplorent les syndicats. »
Commentaire : Henri Regnault « Tout corps plongé dans un bain d’austérité subit, du bas vers le haut, une poussée de fièvre sociale et politique dont la force est proportionnelle à l’intensité des inégalités dans la société considérée ».
Les politiques jouent avec le feu. S’il y a une chose que les Etats (comme les marchés) ne savent pas maîtriser, c’est bien le volume. Si les Peuples se décident à bouger, sauf à mettre en place une politique répressive dure à Bruxelles (attention à la réaction des Peuples du Nord), l’indignation pourrait évoluer en subversion. Faisons le pari que nos politiques se rendront bientôt compte que pratiquer l’austérité sur la pauvreté est débile. L’austérité ne peut être pratiquée que sur la « richesse ». La situation actuelle est due en très grande partie au fait que le système économique de ces dernières années était basé plus sur l’endettement des citoyens que sur la croissance de leur revenu du travail. Comme l’écrit Badia Benjelloun « La dérégulation imposée manu militari ou par le biais du FMI, la Banque Mondiale et l’OMC initiée depuis les pays anglo-saxons a été l’issue nécessaire pour maintenir en survie le capitalisme et son objet, le profit amenuisé sans cesse par d’énormes gains de productivité. Les entreprises réduisaient leurs coûts en s’hypertrophiant par fusion et acquisition, offrant de plus en plus de marchandises à des consommateurs qui se croyaient riches en empruntant. Anomalie contradictoire intrinsèque du fonctionnement capitaliste qui appauvrit ceux qui devraient absorber sa production. »
Diminuer les revenus, les emprunts et en plus organiser un désendettement sur une durée courte est incompréhensible en termes SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier. Et dire que tout cela provient de règles comptables obsolètes ! Fait reconnu par les instances qui les ont créées, mais fait ignoré par les politiques. Chercher l’erreur …ou chercher les lobbies ? Lobby financier peut-être ?
Revue de presse du 27 juillet
Robert Shiller, professeur d’économie à l’Université de Yale, dans « L’Echos (Belgique)» du 23 juillet 2011
Article intitulé : Dette et illusion
« On entend souvent dire, parfois dans une même phrase, que la dette de la Grèce équivaut à 153% de son PIB annuel et que la Grèce est insolvable. Ajoutez à ces déclarations les derniers reportages télévisés montrant les émeutes dans les rues grecques. Quel est l’effet produit ? Est-il possible qu’un pays devienne insolvable parce que sa dette dépasse 100% du PIB ? Bien sûr que non. Après tout, la dette (qui est mesurée en unités monétaires) et le PIB (qui est mesuré en unités monétaires par unité de temps) produisent un rapport en unités de temps pur. Il n’y a pas de raison particulière à utiliser une année comme unité. Une année est le temps dont la terre a besoin pour faire le tour du soleil. Excepté pour les industries saisonnières comme l’agriculture, cela ne présente aucune signification économique particulière. Nous devrions nous souvenir des cours de sciences de l’école secondaire : il faut toujours faire attention aux unités de mesures. Si l’on se trompe d’unité, on peut tirer des conclusions complètement faussées. Si les économistes ne suivaient pas la règle générale consistant à annualiser les données trimestrielles du PIB et multiplier le PIB trimestriel par quatre, le rapport dette sur PIB de la Grèce serait quatre fois plus élevé que ce qu’il n’est actuellement. Par contre, s’ils exprimaient le PIB en terme décennal, multipliant le PIB trimestriel par 40 au lieu de quatre, le poids de la dette grecque serait de 15%. Du point de vue de la capacité de remboursement de la Grèce, de telles unités seraient plus pertinentes, puisque le pays ne doit pas rembourser l’entièreté de sa dette en un an (sauf si la crise rend impossible de refinancer la dette actuelle). D’ailleurs, une partie de la dette nationale de la Grèce est une dette envers ses propres citoyens. En tant que tel, le poids de la dette sous-estime terriblement les obligations que les Grecs détiennent l’un envers l’autre (surtout sous la forme d’obligations familiales). A tout point de l’histoire, le rapport dette sur PIB annuel (y compris les dettes informelles) excéderait largement 100%. La plupart des gens ne pensent jamais à ça lorsqu’ils réagissent aux chiffres d’endettement publiés dans la presse. Sont-ils vraiment assez stupides pour se laisser embrouiller par ces chiffres ? Selon mon expérience personnelle, je dois dire qu’ils le peuvent, en effet, car même moi, un économiste professionnel, je dois parfois me contrôler pour ne pas faire exactement la même erreur. Les économistes qui adhèrent aux modèles d’attentes rationnelles ne l’admettront jamais, mais beaucoup d’évènements sur les marchés sont le reflet de pure stupidité – ou, plutôt, d’inattention, de désinformation à propos des fondamentaux et d’une trop grande insistance sur les histoires actuellement en circulation. Ce qui est véritablement en cours en Grèce est un mécanisme de réaction sociale. Quelque chose a fait en sorte que les investisseurs commencent à craindre que la dette grecque ait un risque de défaut à long terme légèrement plus élevé. La demande plus faible pour la dette grecque a causé la chute de son prix, ce qui a entrainé une augmentation de son rendement en terme de taux d’intérêt du marché. Les taux plus élevés ont renchéri le refinancement de la dette grecque, créant une crise fiscale qui a forcé le gouvernement à imposer des mesures d’austérité sévères. Ces mesures ont généré des troubles sociaux et un effondrement de l’économie, qui ont encouragé encore davantage de scepticisme chez les investisseurs quant à la capacité de la Grèce à honorer le service de sa dette. Cette réaction n’a rien à voir avec le fait que le rapport dette sur PIB annuel dépasse un certain seuil, sauf si les personnes qui contribuent à la réaction croient en ce rapport. Certainement, le rapport est un facteur qui nous aide à évaluer les risques de réactions négatives, car le gouvernement doit refinancer la dette de court terme plus rapidement et, si la crise élève les taux d’intérêts, les autorités devront faire face tôt ou tard à des pressions intenses en faveur d’une austérité fiscale. Mais le rapport d’endettement n’est pas la cause de la réaction. Il y a aussi un problème de causalité inversée. Les rapports dette sur PIB ont tendance à augmenter dans les pays qui connaissent des difficultés économiques. Si cela explique en partie pourquoi des rapports dette sur PIB plus élevés correspondent à une croissance économique plus faible, il y a moins de raisons de penser que les pays doivent éviter des rapports d’endettement élevés. Le problème fondamental auquel fait face une bonne partie du monde aujourd’hui est que les investisseurs réagissent de manière exagérée aux rapports d’endettement, craignant un quelconque seuil magique, et exigeant des programmes d’austérité fiscale trop rapidement. Ils demandent aux gouvernements de couper dans les dépenses alors que leurs économies sont encore trop vulnérables. Les ménages s’effraient, diminuant leurs dépenses à leur tour, et les entreprises sont dissuadées d’emprunter pour financer des dépenses de capital. La leçon est simple : nous devrions nous soucier moins des rapports d’endettement et des seuils, et plus de notre incapacité à voir ces indicateurs pour ce qu’ils sont : des constructions artificielles – et souvent non pertinentes. » Commentaire : Pourquoi limiter les raisonnements d’endettement des Etats à un an ? Pourquoi, après avoir autorisé depuis plus de 30 ans d’endettement non régulé, imposer aujourd’hui des critères draconiens sur un an ? D’autant plus que ces dernières années, dans le privé, on trouvait normal d’augmenter la durée des crédits immobiliers (donc de plomber la consommation) afin de permettre à plus de personnes (et notamment les jeunes) d’acheter en pleine bulle immobilière. Article brillant et juste. Que dire d’autre ?
Daniel Alvarenga, Gwénaëlle Barzic, édité par Jean Décotte dans « Boursorama » Reuters du 21 octobre 2011
Article intitulé : Carlos Ghosn prédit une année 2012 record pour l'automobile :
« Le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a bon espoir que les ventes dans l'industrie automobile atteignent à nouveau des records en 2012 pour la deuxième année consécutive, à moins que la crise de la dette souveraine n'échappe à tout contrôle. "A moins qu'il y ait une apocalypse économique et que l'on assiste à une crise de style Lehman, une énorme surprise, je peux vous dire que 2012 sera une nouvelle année record pour l'industrie automobile quoi que l'Europe fasse", a dit Carlos Ghosn qui dirige l'alliance des deux constructeurs. »
Philippe Mabille dans « La Tribune » du 13 septembre 2011
Article intitulé : Qui peut encore sauver les banques?
« Après la nouvelle débâcle d'hier, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale ont vu s'évanouir 60 milliards d'euros de capitalisation : si ceci n'est pas un krach bancaire... ! Après la nouvelle déroute d'hier, l'action Société Général vaut moins du tiers de sa valeur nette comptable Et si l'on se base sur les actifs nets par action publiés au 30 juin, la décote du cours de BNP Paribas dépasse les 50%... Une telle suréaction des marchés ne peut s'expliquer que par une grave crise de confiance qui dépasse les banques elles-mêmes. Même si la Grèce était rayée de la carte, ce serait un problème microscopique, même pour les banques les plus exposées : il n'y a donc pas de souci côté fonds propres, au risque près d'une contagion à l'Italie et l'Espagne... Côté liquidités, la Banque centrale européenne affirme disposer d'une capacité d'intervention «illimitée», les banques ayant plus de 5.000 milliards d'euros de créances mobilisables. Alors, où est le problème, sinon du côté des politiques? A force de tergiverser, de souffler sur les braises en évoquant ce week-end des scénarios de sortie de l'euro pour forcer Athènes à accélérer sa marche vers la rigueur, l'Allemagne est en train de transformer ce qui était un petit problème au départ (la Grèce pèse moins de 3% du PIB de l'eurozone) en un très, très gros danger. Danger qui menace, via l'affaiblissement des banques, l'ensemble des économies européennes et pourrait bientôt devenir incontrôlable. Il est donc plus que temps d'arrêter les frais : tant que les politiques ne feront pas leur boulot, comme les y a invités fermement Jean-Claude Trichet, la communication des banques restera inaudible. Heureusement, personne ne veut vraiment d'un krach bancaire en Europe. Pour preuve, Angela Merkel a assuré hier que le processus parlementaire d'approbation du Fonds européen de stabilité financière sera bouclé à la fin du mois. Le FESF pourra dés lors enfin prendre le relais de la BCE pour acheter la dette des pays en difficulté... en attendant les eurobonds. »
Charles Guay dans « Les Echos » du 29 août 2011
Article intitulé : Investissement : les industriels encore confiants avant la crise
« C’est probablement la meilleure nouvelle conjoncturelle de l’été : les industriels prévoient toujours d’accroître leurs investissements de 14 % en valeur cette année par rapport à l’an dernier, selon l’enquête de l’Insee publiée vendredi. Lors de la précédente enquête, en avril, ils tablaient sur une hausse de 15 %. En dépit de la stagnation de la croissance au deuxième trimestre, les chefs d’entreprise n’ont donc pas remisé leurs projets. Ils attendent un second semestre encore meilleur que le premier, qui présentait déjà une hausse des investissements par rapport au second semestre de 2010. Cet optimisme, toutefois, nécessite quelques bémols. « Si le signe est souvent le bon, ce n’est pas le cas de l’ordre de grandeur », met en garde Eric Heyer. Et, rappelle Denis Ferrand, même si le rebond prévu de 14 % se maintient, il fera suite à une quasi-stagnation l’an dernier et à une chute de 21 % en 2009. « L’économie est dans une phase de rattrapage et l’investissement industriel n’a pas retrouvé le niveau d’avant-crise », observe-t-il. »
Robert Shiller, professeur d’économie à l’Université de Yale, dans « L’Echos (Belgique)» du 23 juillet 2011
Article intitulé : Dette et illusion
« On entend souvent dire, parfois dans une même phrase, que la dette de la Grèce équivaut à 153% de son PIB annuel et que la Grèce est insolvable. Ajoutez à ces déclarations les derniers reportages télévisés montrant les émeutes dans les rues grecques. Quel est l’effet produit ? Est-il possible qu’un pays devienne insolvable parce que sa dette dépasse 100% du PIB ? Bien sûr que non. Après tout, la dette (qui est mesurée en unités monétaires) et le PIB (qui est mesuré en unités monétaires par unité de temps) produisent un rapport en unités de temps pur. Il n’y a pas de raison particulière à utiliser une année comme unité. Une année est le temps dont la terre a besoin pour faire le tour du soleil. Excepté pour les industries saisonnières comme l’agriculture, cela ne présente aucune signification économique particulière. Nous devrions nous souvenir des cours de sciences de l’école secondaire : il faut toujours faire attention aux unités de mesures. Si l’on se trompe d’unité, on peut tirer des conclusions complètement faussées. Si les économistes ne suivaient pas la règle générale consistant à annualiser les données trimestrielles du PIB et multiplier le PIB trimestriel par quatre, le rapport dette sur PIB de la Grèce serait quatre fois plus élevé que ce qu’il n’est actuellement. Par contre, s’ils exprimaient le PIB en terme décennal, multipliant le PIB trimestriel par 40 au lieu de quatre, le poids de la dette grecque serait de 15%. Du point de vue de la capacité de remboursement de la Grèce, de telles unités seraient plus pertinentes, puisque le pays ne doit pas rembourser l’entièreté de sa dette en un an (sauf si la crise rend impossible de refinancer la dette actuelle). D’ailleurs, une partie de la dette nationale de la Grèce est une dette envers ses propres citoyens. En tant que tel, le poids de la dette sous-estime terriblement les obligations que les Grecs détiennent l’un envers l’autre (surtout sous la forme d’obligations familiales). A tout point de l’histoire, le rapport dette sur PIB annuel (y compris les dettes informelles) excéderait largement 100%. La plupart des gens ne pensent jamais à ça lorsqu’ils réagissent aux chiffres d’endettement publiés dans la presse. Sont-ils vraiment assez stupides pour se laisser embrouiller par ces chiffres ? Selon mon expérience personnelle, je dois dire qu’ils le peuvent, en effet, car même moi, un économiste professionnel, je dois parfois me contrôler pour ne pas faire exactement la même erreur. Les économistes qui adhèrent aux modèles d’attentes rationnelles ne l’admettront jamais, mais beaucoup d’évènements sur les marchés sont le reflet de pure stupidité – ou, plutôt, d’inattention, de désinformation à propos des fondamentaux et d’une trop grande insistance sur les histoires actuellement en circulation. Ce qui est véritablement en cours en Grèce est un mécanisme de réaction sociale. Quelque chose a fait en sorte que les investisseurs commencent à craindre que la dette grecque ait un risque de défaut à long terme légèrement plus élevé. La demande plus faible pour la dette grecque a causé la chute de son prix, ce qui a entrainé une augmentation de son rendement en terme des taux d’intérêt du marché. Les taux plus élevés ont renchéri le refinancement de la dette grecque, créant une crise fiscale qui a forcé le gouvernement à imposer des mesures d’austérité sévères. Ces mesures ont généré des troubles sociaux et un effondrement de l’économie, qui ont encouragé encore davantage de scepticisme chez les investisseurs quant à la capacité de la Grèce à honorer le service de sa dette. Cette réaction n’a rien à voir avec le fait que le rapport dette sur PIB annuel dépasse un certain seuil, sauf si les personnes qui contribuent à la réaction croient en ce rapport. Certainement, le rapport est un facteur qui nous aide à évaluer les risques de réactions négatives, car le gouvernement doit refinancer la dette de court terme plus rapidement et, si la crise élève les taux d’intérêts, les autorités devront faire face tôt ou tard à des pressions intenses en faveur d’une austérité fiscale. Mais le rapport d’endettement n’est pas la cause de la réaction. Il y a aussi un problème de causalité inversée. Les rapports dette sur PIB ont tendance à augmenter dans les pays qui connaissent des difficultés économiques. Si cela explique en partie pourquoi des rapports dette sur PIB plus élevés correspondent à une croissance économique plus faible, il y a moins de raisons de penser que les pays doivent éviter des rapports d’endettement élevés. Le problème fondamental auquel fait face une bonne partie du monde aujourd’hui est que les investisseurs réagissent de manière exagérée aux rapports d’endettement, craignant un quelconque seuil magique, et exigeant des programmes d’austérité fiscale trop rapidement. Ils demandent aux gouvernements de couper dans les dépenses alors que leurs économies sont encore trop vulnérables. Les ménages s’effraient, diminuant leurs dépenses à leur tour, et les entreprises sont dissuadées d’emprunter pour financer des dépenses de capital. La leçon est simple : nous devrions nous soucier moins des rapports d’endettement et des seuils, et plus de notre incapacité à voir ces indicateurs pour ce qu’ils sont : des constructions artificielles – et souvent non pertinentes. »
Commentaire : Pourquoi limiter les raisonnements d’endettement des Etats à un an ? Pourquoi, après avoir autorisé depuis plus de 30 ans d’endettement non régulé, imposer aujourd’hui des critères draconiens sur un an ? D’autant plus que ces dernières années, dans le privé, on trouvait normal d’augmenter la durée des crédits immobiliers (donc de plomber la consommation) afin de permettre à plus de personnes (et notamment les jeunes) d’acheter en pleine bulle immobilière. Article brillant et juste. Que dire d’autre ?
Frédréric Schaeffer dans « Les Echos » du 20 juillet 2011
Article intitulé : Pourquoi l’investissement des entreprises repart en France
« C’est le principal relais de croissance : selon l’Insee, l’investissement des entreprises devrait continuer de progresser tout au long de l’année, renforçant la dynamique de reprise en dépit d’un trou d’air au printemps. Alors que la consommation des ménages resterait limitée, les entrepreneurs augmenteraient leurs dépenses d’investissements de 5,9 %. Les perspectives d’investissement sont favorables, les taux d’intérêt restant bas. Pourtant, le taux d’utilisation des capacités de production (le TUC), c’est-à-dire la proportion de machines et équipements réellement utilisés n’est pas revenu à la normale. En juin, il se situait à 80,2 % selon la Banque de France contre 82 % en moyenne au cours des trente dernières années. Et il se trouvait à« des niveaux historiquement faibles » quand les entreprises se sont remises au printemps 2010. Si cette situation peut paraître paradoxale, elle« n’est pas une spécificité du cycle actuel de reprise », note le Trésor. Même si la chute a été plus sévère que pendant la crise de 1993, la durée du recul de l’investissement a été équivalente (six trimestres). Et, en 1993, la reprise de l’investissement avait également précédé (de six trimestres) le retour à la normale des taux de capacité d’utilisation. « La reprise de l’investissement depuis la mi-2010 pourrait résulter de la perception par beaucoup d’entreprises d’une forte demande anticipée et de leur volonté de lisser les coûts d’ajustement de leur stock de capital », explique le Trésor. Face à ces perspectives favorables, une entreprise peut avoir intérêt à investir au plus vite, quitte à sous-utiliser ses capacités existantes. »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI. Pour rappel, le cycle de croisière (mouvementée) était dans les années 90, de 92 à 96 Aujourd’hui, il est de 2008 à 2012. L’année 93 citée correspond à 2009. Si nous suivons la logique de 93/94, nous retrouvons ce qui c’est passé en 2009/2010. Cela nous permet de penser que les prospectives SOCIOECOPOFI sont exactes.
La reprise redonne du moral aux cadres. Sept sur dix se disent confiants quant à leur avenir professionnel sur les douze prochains mois dans « la tribune » du 13 juillet 2011
Philippe Escande dans « Les Echos » du 7 juillet 2011
Article intitulé : Naviguer dans les turbulences
« L’investissement repart dans le monde. Les usines sortent de terre comme champignons après la pluie. Près de 4.000 sur la planète, selon l’ONU. Automobile, chimie, biens d’équipement… Une forme de cercle vertueux s’engage qui pousse les grands acteurs industriels à dépenser leur argent en masse pour élever de nouvelles cathédrales industrielles. C’est évidemment une bonne nouvelle, et pas seulement pour les heureux pays d’accueil. Une telle reprise de l’investissement profite aussi aux innombrables fournisseurs de biens d’équipement, notamment européens, Allemagne en tête. Trois facteurs expliquent cette embellie, qui peut paraître surprenante pour un esprit européen plutôt enclin, en ce moment, à la neurasthénie. D’abord, la demande mondiale, portée par l’immense vague chinoise. Sa boulimie de matières premières, d’énergie et de biens de consommation attire comme un aimant tous les fournisseurs de la planète. Cette lame de fond pousse avec elle nombre de ses collègues émergents, comme le Brésil. Le fameux découplage entre économies occidentales et émergentes, longtemps considéré comme une chimère, est désormais une réalité tangible et quantifiable. Ensuite, les entreprises ont retenu la leçon des crises précédentes et réduit la voilure à une vitesse stupéfiante. La crise de trésorerie subie début 2009 a été tellement violente qu’elle a poussé les industriels à gonfler celle-ci et à réduire leurs capacités de production à grande vitesse. Enfin, les vents favorables sont réunis en ce moment pour pousser à la dépense : l’argent est bon marché et le coût de l’énergie s’est effondré aux Etats-Unis avec la découverte des gaz et pétrole de schiste. »
Jean Pisani-Ferry dans « Le Figaro » du 5 juillet 2011
Article intitulé : Alerte sur le déficit français
« Quelle est la limite à l’endettement public ? La dette n’est pas un mal en soi. Il est, par exemple, légitime de s’endetter pour financer son développement, pour éviter un effondrement de la demande, pour lisser les fluctuations, ou simplement pour étaler dans le temps la charge de dépenses d’avenir. Le tocsin s’est mis à sonner quand les marchés de la dette souveraine ont basculé de l’apathie à l’affolement. Pourtant, l’endettement de l’Espagne est de vingt points de produit intérieur brut (PIB) inférieur à celui du Royaume-Uni et les finances de l’Irlande sont à bien des égards en meilleur état que celles des Etats-Unis. Alors, panique ? Comportement moutonnier ? Pas seulement. Il y a une rationalité à ce traitement inégal parce qu’il ne leur est plus possible d’effacer leur dette par l’inflation, la participation à une union monétaire limite les capacités d’endettement des Etats. Oubliée pendant la première décennie de l’euro, cette contrainte est revenue en force. »
James Dyson dans « Le Figaro » du 3 juin 2011
Article intitulé : Stimuler l’innovation, c’est possible !
« Levier de croissance incontournable de nos économies, l’innovation ne fonctionne que si elle est stimulée. C’est le cas pour l’Angleterre. Et pour la France? Nos deux nations ont une grande tradition en la matière. Il y a Dassault, Renault et Citroën en France, Rolls-Royce, McLaren et Williams en Angleterre. Pourtant, les entreprises anglaises se font racheter les unes après les autres. Côté français, aucune ne figure parmi les 50 entreprises mondiales les plus innovantes du classement 2010 de Business Week. La patrie d’Eiffel, du TGV et du nucléaire est seulement 15e au classement du World Economic Forum sur la compétitivité et figure au 6e rang pour le nombre de brevets déposés. En 2007, elle occupait la 4e place derrière les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. D’où vient la panne? Outre les considérations salariales, qui font que certains jeunes ingénieurs s’orientent vers des activités plus rémunératrices, on semble assister à une crise de vocation au profit de carrières plus « business » comme le management, la finance ou le marketing. À titre d’exemple chez nous, seules 4 % des jeunes Anglaises veulent devenir ingénieurs, contre 32 % qui souhaitent faire du mannequinat. 22000 postes d’ingénieurs restent vacants. Chez Dyson, »
Valérie Second dans « La Tribune » du 26 mai 2011
Article intitulé : Le choc des générations
« Il y a quelque chose d'indécent dans le face-à-face générationnel qui éclate aujourd'hui. D'un côté, la retraite est vue dans le monde entier comme un moment privilégié d'émancipation, de joie et de satisfaction, comme le montre la dernière étude de HSBC. Le jeune retraité en bonne santé et vivant en couple représente une certaine figure du bonheur, même s'il commence à soupçonner que les systèmes de répartition ne pourront lui assurer « ad vitam aeternam » le généreux niveau de vie dont il bénéficie aujourd'hui dans nos pays développés. De l'autre, les jeunes « Indignados » qui campent sur la Puerta del Sol à Madrid et commencent à surgir dans d'autres pays, et qui n'en peuvent plus d'un taux de chômage à 45 %, de l'impuissance de la politique à leur donner un avenir, et de partis et syndicats qui ne défendent plus guère leurs intérêts. Ces jeunes veulent leur place dans le système. Nos gouvernants, tout occupés à concocter un programme pour ne pas se faire sortir lors des prochains scrutins, feraient bien de prendre garde à ce mouvement. D'abord pour ce qu'il dit. Comme l'avait bien identifié une étude mondiale sur la jeunesse de la Fondation pour l'innovation politique, les jeunes Européens ne veulent plus payer pour maintenir le train de vie de leurs aînés. Le rejet de l'austérité, c'est aussi cela : ne pas payer l'addition de l'égoïsme doublé de l'incurie des baby-boomers. Ensuite pour la manière dont ils le disent. Si ces enfants de la démocratie suivent les méthodes qu'utilisaient en début d'année les enfants des dictatures, c'est parce que nos démocraties ne leur permettent plus de se faire entendre : les leviers économiques, les mandats politiques, les corps intermédiaires comme les urnes, qu'ils ont résolument snobées, sont aujourd'hui aux mains des vieux. Des « seniors », comme l'on dit aujourd'hui. Voilà pourquoi la fracture générationnelle est en train de tourner au choc des générations.
Raymond Soubie dans « Les Echos » du 22 avril 2011 :
Article intitulé : Il faut sortir du pessimisme
« Ainsi, le pouvoir d’achat serait en régression notoire. Or tel n’est pas le cas. Si sa progression a ralenti en 2010 et sera sans doute plutôt faible ces prochaines années, par rapport à la dernière décennie, elle demeure légèrement positive. Les raisons de cet écart entre le réel et le perçu sont connues. Les prix des biens et services que les Français achètent le plus souvent, l’essence à la pompe en est un parfait exemple, sont ceux qui progressent le plus. En outre, ce qui importe à nos concitoyens, ce sont les revenus qui leur restent, après les dépenses contraintes comme les notes du gaz et de l’électricité, les primes d’assurances et bien plus encore le logement. Or le montant de ces dépenses augmente, lui, rapidement. Le coût de l’achat d’un logement aura ainsi doublé en dix ans. La France s’est plutôt bien sortie de la crise mondiale, comparé aux autres pays. Elle a créé plus de 120.000 emplois en 2010. Le taux de chômage s’est stabilisé, il est vrai, à un haut niveau, légèrement au-dessus de 9 %. Mais n’oublions pas que ce taux a été très longtemps supérieur à 8%, avant même la période de crise..Raymond Soubie, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée,est président du groupe AEFet de la société de conseil Alixio. »
L de C dans « Les Echos » du 20 avril 2011 :
Article intitulé : Emploi des cadres : l’embellie va se poursuivre, selon l’Apec
« Le premier trimestre a été bon pour l’emploi des cadres ; le deuxième s’annonce encore meilleur. C’est en tout cas ce qui ressort de la note de conjoncture publiée aujourd’hui par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) et qui confirme une embellie identifiée aussi par l’enquête sur les besoins de main-d’œuvre publiée début avril par Pôle emploi. Déjà, en février, l’Apec faisait état de 169.000 à 181.000 embauches nettes de cadres, soit de + 3 % à + 10 % par rapport à 2010, jugeant le haut de la fourchette comme le« plus probable » : les données publiées aujourd’hui vont dans ce sens. Selon les résultats du dernier baromètre trimestriel de recrutement de l’Apec, 56 % des entreprises ont embauché au moins un cadre entre janvier et mars ; soit une hausse de 6 points par rapport à la même période de 2010 et même de 12 points par rapport à la même période de 2009. Ce ratio retrouve ainsi son niveau du premier trimestre de 2008, année qui a connu un niveau historique de recrutement de cadres, précise l’Apec. »
Muriel Motte dans « Les Echos » du 14 avril 2011 :
Article intitulé : Principe de précaution
« Trente-cinq milliards de dollars, tel est le montant du plan Marshall pour le logement que vient de débloquer l’Algérie, secouée par le mécontentement social. C’est aussi l’enveloppe allouée par la Corée du Sud à son plan d’investissement à cinq ans dans les technologies vertes. Et c’est exactement le montant du cash stocké dans les comptes du moteur de recherche Google au 31 décembre dernier. Apple fait encore mieux, avec un trésor de guerre de 60 milliards. La crise a transformé les grandes entreprises en coffres-forts, en fourmis besogneuses, à l’image des groupes du S&P 500 qui ont généré l’an dernier un flux de trésorerie disponible de 495 milliards de dollars. Un montant record après les 302 milliards de 2009. Les géants de Wall Street ne sont pas les seuls à être obsédés par la liquidité de leur bilan. Depuis 2002, le poids du cash dans les comptes des 3.000 plus grandes capitalisations boursières mondiales a bondi, souligne une étude publiée par « La Lettre Vernimmen ». Les disponibilités et valeurs mobilières de placement, qui représentaient il y a moins de dix ans entre 3,5 % et 4 % du total de leurs actifs, atteignent aujourd’hui des taux compris entre 6 % (pour les groupes européens et japonais) et près de 9,5 % (reste du monde), les entreprises américaines affichant un ratio moyen d’environ 7,5 %. Rassurer les tiers – et soi-même – au lendemain d’une crise mondiale de liquidités, gérer au mieux son endettement, maîtriser le tempo de ses investissements, gâter ses actionnaires avec un dividende exceptionnel ou des rachats d’actions, amortir les aléas des flux de trésorerie dans les secteurs à forte intensité de recherche-développement (santé, technologie)… dans un monde de plus en plus instable, on trouve cent bonnes raisons d’accumuler des munitions. Et quelques belles occasions de les dépenser, sauf à négliger l’intérêt même de l’entreprise en s’accommodant trop longtemps de la très faible rentabilité du cash »
Commentaire : Cette situation est paradoxale. Les gouvernements ont dû s’endetter pour faire face à la crise financière bancaire tandis que les banques dégageaient des ressources fictives dues au système de cotation boursier et à des « manipulations comptables ». Les grands groupes qui travaillent dans le domaine économique ont fait, eux, des profits élevés qu’ils ne remettent pas sur le marché de peur de la situation financière globale ! Nous avons de nouveau une situation qui marque bien la différence entre la finance et l’économie. Tant que le système de valorisation ne sera pas adapté, ce décalage existera toujours et…s’amplifiera. Pour rappel, la valeur est économique, le prix est financier. Le lien entre la valeur et le prix est la valorisation comptable. Revoyons les normes comptables et l’on sera sur la voie de la sagesse. Pour rappel, est-il normal que l’on décide de la valeur économique d’une entreprise sur la base d’un échange financier de quelques titres en Bourse ? Est-il normal que ce prix financier de quelques titres en Bourse extrapole la valorisation d’une entreprise ? Quelques titres à la hausse génèrent une inflation, quelques titres à la baisse une déflation ? Qu’y-a-t-il de plus stupide ? Stupide, oui, mais cela permet aux marchés dérivés d’exister et donc de créer des commissions et honoraires divers fictifs mais colossaux pendant que les déstabilisations économiques et financières sont laissées à la charge de l’Etat donc aux citoyens. Et si le krach faisait revenir la valeur financière à une valeur économique ?
Dans « Boursorama » du 11 avril 2011 :
Article intitulé : FMI : "bonnes" perspectives pour l'économie mondiale, sauf choc pétrolier
« Le Fonds monétaire international a estimé lundi que les perspectives de l'économie mondiale étaient "bonnes", sauf à imaginer un choc pétrolier, notant cependant que la croissance est insuffisante pour faire chuter des taux de chômage élevés.
Le FMI a laissé inchangée lundi sa prévision de croissance mondiale établie en janvier, à 4,4% en 2011, après 5% en 2010. Cette croissance se fait toujours à "deux vitesses", rapide dans les pays émergents et en développement (6,5% prévus), plus lente dans les pays développés (2,4%). "Les perspectives économiques pour 2011-2012 sont bonnes, en dépit de la volatilité à nouveau causée par les craintes de perturbations de l'offre de pétrole", a relevé le FMI dans ses "Perspectives économiques mondiales" semestrielles. Son hypothèse principale repose sur un baril à 107 dollars en moyenne en 2011. Mais le FMI en a examiné une autre où cette moyenne s'établirait à 150 dollars (contre 79 en 2010). Dans ce cas, les pays développés, l'Asie et l'Afrique subsaharienne perdraient 0,75 point de croissance, l'Amérique latine 0,5 point et les pays producteurs de pétrole verraient leur croissance s'élever. Les économistes du FMI restent inquiets face à la pénurie d'emplois. "La croissance n'est pas suffisamment forte pour entamer profondément des taux de chômage élevés. Quelque 205 millions de personnes recherchent encore un emploi, soit 30 millions de plus dans le monde qu'en 2007", ont-ils rappelé. Or "le fardeau de plus en plus lourd du chômage supporté par les jeunes génère des risques pour la cohésion sociale", ont-ils expliqué. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 12 avril 2011 :
Article intitulé : Le FMI très confiant sur la croissance, malgré le Japon et le pétrole
« Cette hausse des cours fait renaître le spectre de la stagflation des années 1970, mais ne risque guère, semble-t-il, de faire capoter la reprise Olivier Blanchard conseiller économique du FMI. Ni les séismes qui ont frappé le Japon ni la flambée du pétrole ne dévieront l’économie mondiale de sa trajectoire d’expansion rapide. Le PIB mondial devrait augmenter de 4,4 % cette année et de 4,5 % l’an prochain, sans aucune modification. Les changements apportés aux niveaux nationaux restent à la marge. Y compris pour l’économie nippone, dont la progression du PIB a été abaissée de 0,2 point pour 2011 (à 1,4 %), le score de 2012 étant relevé de 0,3 point (à 2,1 %), selon le principe « on reconstruit ce qui a été détruit ». Ces révisions, qui ne dépassent pas l’épaisseur du trait, laisseront pantois le profane qui voit à la télévision un pays meurtri et en ruines. Ce à quoi Olivier Blanchard, le conseiller économique du FMI, répond : « Le tremblement de terre au Japon a fait un nombre épouvantable de victimes. Ses retombées macroéconomiques devraient être limitées, bien que l’incertitude reste élevée. » Le FMI campe sur ses positions concernant la France, qu’il crédite d’une croissance de 1,6 % cette année et 1,8 % l’an prochain, contrairement à l’OCDE qui vient de réviser sensiblement à la hausse de 1,6 % à 2 % son pronostic 2011. »
Isabelle Lesniak dans « Enjeux Les Echos » d’avril 2011 :
Article intitulé : La reprise économique se confirme
« Les instituts français et allemands de conjoncture ont sensiblement relevé leurs prévisions économiques pour ces deux pays en 2011. L’Insee prédit ainsi une croissance de 0,6 % en France au premier trimestre contre 0,5 % auparavant. L’Allemagne, elle, pourrait enregistrer une progression de 2,8 % de son PIB cette année. Signe de l’amélioration de la conjoncture, la Banque centrale européenne a comme prévu relevé ses taux pour calmer les tensions inflationnistes. Le titre de la note trimestrielle de l’Insee est très clair : « Les chocs passent, l’activité résiste. » Même si elle en subit encore certains effets, l’économie européenne continue de bien se remettre de la récession de 2008, malgré le séisme au Japon début 2011, le renchérissement des prix des matières premières, les révolutions arabes ou encore le ralentissement de l’activité en Asie… En témoignent les prévisions publiées hier pour l’Allemagne (voir ci-dessous) et la France. Si l’Hexagone est encore loin d’un redémarrage sur les chapeaux de roues, les dernières données confirment que la reprise est bien ancrée.»
Claire Gatinois dans « Le Monde » daté du 7 avril 2011 :
Article intitulé : La distribution s'attend à un changement de comportement des consommateurs
« Mercredi 6 avril, le secrétaire d'Etat chargé du commerce et de la consommation, qui se dit obsédé par le pouvoir d'achat, devait présenter le " panier des essentiels ", autrefois baptisé " panier de première nécessité " : une offre de dix produits de base sains (fruits et légumes, viande, poisson, boisson, laitages...), de saison, et à prix " attractifs ", que les acteurs de la grande distribution, de Carrefour à Leclerc, en passant par Cora ou Système U, se sont engagés à mettre en avant et à faire évoluer chaque semaine. En outre, le gouvernement n'a pas - ou plus - le pouvoir de contrôler les prix des produits en rayons. Autrement dit, l'Etat est impuissant et les Français devront s'adapter. Car si la hausse des prix ne s'est pas encore traduite sur les étiquettes, " on va bientôt entrer dans le dur ", prédit Alexandre Mirlicourtois, directeur de la recherche économique chez Xerfi. Selon lui, l'inflation devrait croître cette année de l'ordre de 2 % (dont 13 % seront imputables à la hausse des prix alimentaires) alors que les salaires augmenteraient d'environ 1,5 %. Conséquence : le pouvoir d'achat par ménage, qui avait tenu jusqu'ici, risque de reculer d'environ 0,4 % en 2011. Dans ce contexte, les consommateurs, confrontés à des dépenses " incompressibles " (gaz, électricité, essence, loyer...), devraient utiliser l'alimentation comme variable d'ajustement. »
Catherine Pacary dans « Le Monde » daté du 7 avril 2011 :
Article intitulé : Pour les consommateurs, à bas la dramatisation, vive l'effet papillon !
« Au menu, ces temps-ci, la soupe à la grimace est très tendance. Avec mise en garde à l'appui, du style " Assiette tous risques ", " Poison à tous les repas ", " Attention ! suicide écologique ". De quoi couper les plus gros appétits. Et décourager les meilleures volontés. Chiffres à l'appui : l'édition 2011 du baromètre Ethicity, publiée le 31 mars, révèle que, pour la première fois depuis sa création, il y a sept ans, moins d'un Français sur deux (49 %) se dit " très sensible " aux enjeux environnementaux mondiaux, contre 55 % en 2008 et 62 % en 2006, par exemple. Cette dramatisation était nécessaire dans une première étape, estime Serge Michels, ingénieur agronome aujourd'hui PDG de l'agence Protéines, spécialisée dans la stratégie et la communication santé grand public - à condition qu'elle s'arrête maintenant. Elle constituerait en effet la première des trois phases nécessaires à un changement de comportement chez l'individu, théorisé par le sociologue Kurt Lewin : phase 1, la sensibilisation ; phase 2, la réassurance ; phase 3, de nouvelles habitudes vécues comme un élément de mieux-être. " Passons à la deuxième phase, sortons de la dramatisation pour simplifier la vie du consommateur. L'étiquetage va y contribuer ", martèle M. Michels. A partir du second semestre 2012, l'expérimentation sera évaluée. Etape charnière vers la phase 3 tant désirée ? Celle décrite, sans le savoir, par Keynes dès 1930 dans Perspectives économiques pour nos petits-enfants. Il imaginait que l'humanité parviendrait à résoudre le problème économique de la rareté ; que le progrès autoriserait l'homme à travailler moins afin qu'il puisse accéder enfin, à nouveau, aux arts, à la connaissance désintéressée, une forte décroissance énergétique ne le privant alors en rien. »
Dans « Boursorama » daté du 7 avril 2011 :
Article intitulé : La part des Français qui ont un crédit au plus bas depuis 15 ans
« "L'année 2010 est une année de reprise rapide de l'activité après une année 2009 épouvantable", selon Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris-X Nanterre, qui a présenté mercredi l'Observatoire du crédit aux ménages. Le nombre de crédits immobiliers a ainsi progressé de 18% par rapport à 2009 et retrouvé un niveau supérieur aux années qui ont précédé la crise. Profitant de l'amélioration de la conjoncture et des conditions de taux historiquement basses, 1,38 million de ménages a emprunté en 2010 pour habiter un logement ou l'acquérir pour le mettre en location, et éventuellement pour le rénover. Paradoxalement, la proportion des ménages français détenant un crédit n'a plus été aussi faible depuis 15 ans. En 2010, 49,5% des ménages détenaient un crédit fin 2010, soit une baisse de 1,3 point par rapport à 2009 et de 3,1 points par rapport à 2008. Egalement pour la première fois depuis 15 ans, le nombre de ménages détenant un crédit immobilier (30,5%) est supérieur à celui ayant un crédit à la consommation (30,1%). Jamais, depuis 1996, la part des Français ayant un crédit à la consommation n'avait été si basse. "Ce recul est essentiellement dû à l'évolution de l'usage du crédit consommation", a expliqué M. Mouillart. M. Mouillart y voit la montée d'une "forme de responsabilisation dans l'utilisation du crédit", laquelle "reforge les comportements". Le repli du crédit à la consommation en général aurait même sans doute été plus spectaculaire si les données de l'Observatoire avaient intégré le crédit renouvelable, écarté car jugé d'"une très grande volatilité" (les données peuvent varier sensiblement au sein même d'une année donnée), selon M. Mouillart.
Commentaire : Indépendamment de retrouver les cycles SOCIOECOPOFI, depuis plusieurs années les crédits à tout crin, les valorisations boursières fictives et les espoirs de plus-values immobilières ont masqué la paupérisation salariale. Aujourd’hui, nous sommes dans la situation d’un manque de consommation dû à un manque d’appel au crédit, un endettement élevé des ménages sur de longues années (voire très longues années pour certains), une valorisation boursière erratique et un marché immobilier qui vacille. En ce qui me concerne, je pense que nous sommes dans une phase de transition qui verra demain une reprise des cours boursiers (sauf en cas de changement du système de cotation) les faisant atteindre des niveaux jamais atteints. Ce qui reportera les changements impératifs au milieu des années 2010/2020 après une crise de surchauffe.
Gilles Tanguy dans « Capital » d’avril 2011 :
Article intitulé : Au secours, la bulle internet revient !
« Même le patron de Viadeo ne sait plus comment gérer ses contacts. « C’est de la folie en ce moment, raconte Dan Serfaty, le fondateur de ce réseau professionnel en ligne ». Plein de gestionnaire de fortune m’appellent pour investir. Twitter, 204 millions d’inscrits mais toujours aucun business model. La valeur de certains business dépend du bon vouloir de Google. Et… »
Dans « Le Figaro » du 31 mars 2011 :
Article intitulé : Les défaillances d’entreprises ont baissé en 2010
« Le pire de la crise appartient au passé. Les sociétés qui connaissent des difficultés résistent mieux. Les défaillances ont reculé de 5 % l’an dernier par rapport à 2009 avec un peu moins de 59000 procédures ouvertes selon une enquête réalisée par Deloitte et Altares auprès des tribunaux de commerce, des tribunaux d’instance et de grande instance. La baisse est significative dans l’industrie et l’immobilier (moins 18%) qui avait particulièrement souffert en 2009. Malgré des signes positifs, 2011 sera une «année de transition ». «Les sociétés françaises semblent aujourd’hui moins fragiles. On ne constate pas un niveau anormal de rechute parmi les sociétés ayant fait l’objet d’un traitement amiable en 2009» , constate Vincent Batlle. Par contre, les services aux entreprises subissent les contrecoups des coupes claires décidées par leurs clients dans leurs investissements. »
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 31 mars 2011 :
Article intitulé : C'est reparti pour les fusions et acquisitions dans la high-tech
« Les banquiers d'affaires chargés de l'industrie high-tech peuvent se frotter les mains. Après deux années de vaches maigres, 2010 a sonné le grand retour des fusions et acquisitions dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), souligne IDC, dans une étude publiée mardi. Selon le cabinet, l'industrie mondiale des TIC a totalisé près de 2.000 opérations l'an dernier. Plus précis, les analystes de Ernst & Young ont recensé 2.658 fusions ou acquisitions dans la high-tech, en 2010, soit un bond de 41 % par rapport à 2009. Les montants se sont eux aussi envolés l'an dernier, avec des transactions estimées à près de 120 milliards de dollars, au total, par Ernst & Young, ce qui représente une augmentation de 26 % par rapport à l'année précédente. »
Dans « Boursorama » du 14 mars 2011 :
Article intitulé : OCDE : vers une accélération de la croissance, ralentissement possible en Chine
« Les indicateurs avancés pour le mois de janvier publiés lundi par l'OCDE signalent une accélération de la croissance dans la plupart des pays riches, notamment en France où elle avait ralenti, tandis qu'un "possible infléchissement modéré" se dessine en Chine. Ces "indicateurs composites avancés" sont censés "anticiper les points de retournement de l'activité économique par rapport à sa tendance", rappelle l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un communiqué. »
Dans « Challenges » du 10 mars 2011 :
Article intitulé : Regards
« Il se vend chaque année 90 milliards de bouteilles d’eau en plastique dans le monde. »
Commentaire : Sachant que le plastique pollue l’eau et la terre…Pour rappel, n’oubliez pas de vérifier les résidus à sec de l’eau que vous achetez. Vous aurez des surprises. Ou comment, dans la plupart des cas, payer pour s’empoisonner !
Alain Madellin dans « La Tribune » du 14 mars 2011 :
Article intitulé : La justice sociale ne se confond pas avec la redistribution
« La paupérisation des Français est bien réelle. 40 % d'entre eux gagnent moins de 1,3 Smic. 3.600.000 sont en dessous du seuil de pauvreté (657 euros par mois) et celui qui gagne 3.500 euros par mois avant impôts fait partie des 10 % des Français les plus riches. La part les dépenses contraintes ne cesse d'augmenter (du loyer à l'abonnement téléphonique en passant par le chauffage). Le « reste à vivre », c'est-à-dire la part d'argent que l'on peut librement affecter aux vacances, au restaurant, au cinéma, à des petits cadeaux, celle qui fait le bonheur de vivre, ne cesse de se réduire. En fait, la perception des inégalités et de l'injustice sociale est relative. Une forte croissance l'atténue, une faible l'exaspère. On connaît la bonne vieille règle de 72. Elle vous dit le nombre d'années nécessaires pour doubler votre épargne ou votre salaire. Il suffit de diviser 72 par le taux d'intérêt ou le taux de croissance. Avec une croissance de 7 %, les habitants des pays émergents voient leur revenu doubler tous les dix ans. Avec 1,2 % de croissance (hors inflation), il faut soixante ans pour doubler le revenu des Français ! À 1 %, ils ont le sentiment du surplace et les hauts revenus de ceux qui sont en tête du train apparaissent illégitimes et comme prélevés sur l'ensemble des voyageurs. Quand, au contraire, le revenu de tous double en dix ans, les inégalités qui séparent le gros des voyageurs de ceux qui sont en tête du train apparaissent comme des inégalités motrices dont tous tirent profit et elles sont dès lors plus facilement acceptées. C'est là l'idée forte d'un philosophe américain, John Rawls, auteur d'une célèbre « Théorie de la justice ». Son approche de la justice sociale se veut consensuelle. Pour illustrer cette théorie, imaginons une personne débarquant dans un pays inconnu où la place de chacun dans la société serait déterminée au moyen d'une grande loterie sociale. Dans une telle situation imaginaire dans laquelle chacun devrait prendre en compte du fait qu'il peut se voir attribuer la plus mauvaise place sociale, l'accord se fait alors naturellement sur un équilibre entre le maximum de libertés pour chacun et un état social qui maximise les chances des plus défavorisés. Ce qui conduit John Rawls à accepter les « inégalités fécondes », celles qui en assurant la récompense des créateurs de richesse tirent la croissance et permettent l'augmentation du pouvoir d'achat de tous. Aujourd'hui, le travail peu qualifié est abondant et le travail hautement qualifié est rare. À l'instar de ce qui s'est passé au xixe siècle lors de la révolution industrielle, les découvertes des opportunités de la mondialisation et des nouvelles technologies entraînent le creusement des inégalités et la formation de nouvelles fortunes. Du moins dans un premier temps. Car comme l'a montré le Prix Nobel, l'Américain Simon Kuznets, si dans un tel cycle de développement les inégalités s'accroissent mécaniquement au début, elles diminuent ensuite (selon une courbe de U inversé qui porte son nom). Il ne s’agit plus d’enrichir les pauvres en appauvrissant les riches mais de tirer le plus efficacement et le plus rapidement les revenus de tous vers le haut. Ajoutons que cette nouvelle croissance mondialisée intègre un autre mécanisme d'augmentation du pouvoir d'achat que celui de l'accroissement des salaires : la baisse des prix. Elle constitue une forme de redistribution des bénéfices de la compétitivité au profit des revenus les plus modestes. Pour lutter contre la paupérisation des Français, pour maintenir un haut niveau de protection sociale et de solidarité, nous avons besoin de croissance.»
Commentaire : Dans cet article, où plusieurs notions et raisonnements économiques sont présents, notons qu’il est fait mention du cycle vers lequel nous allons, à savoir : « tirer le plus efficacement et le plus rapidement les revenus de tous vers le haut. ». L’objet de cette revue de presse n’étant pas « politique » mais seulement « pédagogique », je ne peux m’empêcher de développer les mots suivants écrits par l’auteur « autre mécanisme d’augmentation du pouvoir d'achat que celui de l'accroissement des salaires : la baisse des prix ». Derrière ces quelques mots figure une réalité extraordinaire. En effet, la mondialisation fait que nous pouvons exporter notre inflation potentielle vers les pays émergents et que cette « exportation » d’inflation potentielle est le carburant économique et financier de l’accès à la démocratie pour des milliards d’Etres Humains. Ex : Lorsque l’on achète du textile produit dans un pays émergent à un prix inférieur à celui produit en France, on peut exprimer sa révolte en disant que d’un côté on licencie en France et que de l’autre on alimente l’exploitation de travailleurs étrangers. Cette vue est réelle. Mais, on peut aussi avoir une autre analyse. Cette dernière est de dire que le gain généré par les achats de textiles étrangers à bas prix va générer un pouvoir d’achat pour des millions d’européens qui vont acheter moins cher leur textile. Cela en diminuant petit à petit l’exploitation de la main d’œuvre des pays émergents du fait de la croissance des dynamiques sociologiques d’amélioration du niveau de vie (augmentation des salaires, des libertés…voire révoltes). En Europe, la déflation créatrice de pouvoir d’achat ; dans les pays émergents, « l’inflation » de pouvoir d’achat créatrice de liberté. Hier, nous collaborions en fermant les yeux sur les exploitations humaines (quand nous n’en profitions pas nous-mêmes voire y participions) ; aujourd’hui, nous coopérons à la libération de ces peuples tout en améliorant l’économie mondiale et la nôtre. Cette situation mériterait un développement plus approfondi mais ce n’est pas l’objet de la revue de presse. Cela dit, je reste à votre disposition pour répondre à vos questions.
Dans « Challenges » du 17 février 2011 :
Article intitulé : Regards
« Les compagnies aériennes transporteront 3,3 milliards de passagers en 2014 soit 800 millions de lus qu’en 2009. » « Apple représente 4% du marché mondial des téléphones mobiles mais 50% des profits de l’industrie »
Dans « Boursorama » du 24 février 2011 :
Article intitulé : Zone euro : la confiance économique au plus haut depuis trois ans et demi
« La confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro est remontée en février à son plus haut niveau depuis trois ans et demi, les économistes y voyant un signe supplémentaire d'une nette accélération de la croissance au premier trimestre. »
Dans « Les Echos » du 23 février 2011 :
Article intitulé : EMPLOI : Dynamisme des embauches en janvier. Heures supplémentaires : la reprise se confirme
« Ce n’est pas encore le niveau record de la fin de 2008, mais la hausse du volume des heures supplémentaires déclarées s’est confirmée au quatrième trimestre de 2010. Selon l’Acoss, 181 millions d’heures ont été effectuées au-delà de la durée légale de 35 heures. A la veille de la publication des chiffres du chômage, l’Acoss pointe aussi une« forte progression en janvier des embauches de plus d’un mois hors intérim ». »
Olivier Lecomte dans « La Tribune » du 15 février 2011 :
Article intitulé : Reprise des LBO et effet sablier
« Les LBO sont de retour. Selon les données publiées en janvier par l'université de Nottingham, l'année 2010 aura marqué un quasi-triplement du volume d'opérations, à 49 milliards d'euros. On est encore loin des montants d'avant-2008 et une part importante des entreprises rachetées en 2010 étaient déjà en LBO. Surtout, le niveau des prix et l'effet de levier (presque divisé par deux) traduisent un retour à des deals nettement moins échevelé. »
Jérôme Marin dans « La Tribune » du 15 février 2011 :
Article intitulé : L'insoluble équation de la dette américaine
« Se creusant tous les jours de quelques milliards de dollars, la dette publique américaine se rapproche à grands pas des 14.300 milliards autorisés. Selon les estimations du département du Trésor, elle devrait toucher cette barre entre le 5 avril et le 31 mai. Le temps presse donc : si le Congrès ne parvient pas à un accord, l'État fédéral serait alors contraint de suspendre une grande partie de ses opérations. Du paiement des retraites aux dépenses de guerre, jusqu'au remboursement des emprunts d'État... « Au-delà d'un certain point, les États-Unis seraient obligés de se placer en position de défaut de paiement », prévient Ben Bernanke. Le relèvement de ce plafond, aussi nécessaire soit-il, ne fera que repousser la question : comment réduire la dette quand le déficit devrait encore atteindre près de 1.500 milliards de dollars cette année ? À ce rythme-là, elle pourrait dépasser la barre symbolique des 100 % du PIB au cours des dix prochaines années. Lors de son discours sur l'état de l'Union, fin janvier, Barack Obama a bien insisté sur la nécessité de réduire l'endettement public. « Les États-Unis ne peuvent plus se permettre de remettre cela à plus tard, » a-t-il répété le week-end dernier avant de présenter lundi un budget 2012 qui permettrait de réduire de 1.100 milliards de dollars les déficits cumulés au cours des dix prochaines années. Pour résorber leurs déficits chroniques, les États-Unis comptent sur un retour de la croissance et sur une baisse des dépenses. Pas sur une hausse des impôts. »
Dominique Seux dans « Les Echos » du 15 février 2011 :
Article intitulé : L’homme fort de l’euro
« Les erreurs ne deviennent pas des vérités par la seule force de la répétition : non, la deuxième économie mondiale n’est ni le Japon déchu ni la Chine nominée depuis hier. C’est la zone euro et les seize pays la composant qui occupent cette place derrière les Etats-Unis. Pourquoi cette réalité pourtant assise sur une histoire commune et une monnaie unique a-t-elle tant de mal à être vue et reconnue ? Pour une raison simple. L’Europe n’a ni numéro de téléphone, selon la formule consacrée, ni visage clairement identifié. »
Frédéric Schaeffer dans « Les Echos » du 14 février 2011 :
Article intitulé : Plus de 100.000 emplois ont été créés en 2010, essentiellement grâce au rebond de l’intérim
« L’économie se remet à créer des emplois, mais à un rythme encore modeste. Au quatrième trimestre 2010, l’emploi salarié des secteurs marchands a augmenté de 0,2 % par rapport aux trois mois précédents, selon l’estimation « flash » publiée vendredi par l’Insee. D’après cette publication (qui ne couvre pas les entreprises de moins de 10 salariés et qui est susceptible d’être révisée le 10 mars), 35.500 postes ont été créés. C’est mieux qu’au troisième trimestre (19.200) mais moins bien qu’au deuxième (38.600). Après sept trimestres consécutifs de repli, l’emploi marchand se sera redressé dès le début de 2010, bien plus tôt que ne l’attendaient les économistes. Modeste, l’embellie demeure également très dépendante de l’intérim. L’emploi intérimaire a vu ses effectifs augmenter de 24.000 au quatrième trimestre (+ 4,2 %). Avec 103.100 créations sur l’ensemble de année (+ 20,9 %), il représente donc la quasi-totalité des emplois créés. « Dès février, l’emploi intérimaire enregistrait les premières évolutions positives après vingt-sept mois consécutifs de baisse », rappelle le Prisme, la fédération des professionnels du secteur, qui évalue de son côté à 14,8 % la hausse des effectifs intérimaires en 2010. Dans ce contexte, les gains salariaux sont bien maigres : le salaire mensuel de base (qui n’intègre ni les primes ni les heures supplémentaires) a progressé de 1,7 % au quatrième trimestre sur un an, soit au même rythme que les prix (hors tabac) en décembre. De quoi réduire quasiment à néant les gains de pouvoir d’achat, même si les revenus disponibles des ménages vont au-delà du seul salaire de base. »
Dans « Boursorama » du 8 février 2011 :
Article intitulé : Le moral des investisseurs de la zone euro au plus haut
« L'indice Sentix du moral des investisseurs en zone euro a atteint en février un plus haut de trois ans et demi. L'indice publié lundi ressort à 16,7 en février contre 16,0 en janvier et un consensus Reuters le donnant à 12,5. Il est au plus haut depuis septembre 2007. »
Dans « Challenges » du 3 février 2011 :
Article intitulé : Les Français ne s’endettent plus
« L’endettement des français est au plus bas depuis quinze ans : moins de la moitié d’entre eux (49,5% exactement) détiennent au moins un crédit. « Dans le contexte de la crise, ouverte en 2008, ce recul tient au moindre usage des crédits à la consommation, alors que les crédits immobiliers n’enregistrent qu’un très léger repli », détaille la fédération bancaire française. Ce sont bien les crédit à la consommation qui sont les premiers touchés par cette propension à moins s’endetter, ils ont même atteint leurs plus bas niveaux depuis 1997 (30%) »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI.
Claire Gatinois dans « Le Monde » du 1er février 2011 :
Article intitulé : Retour en grâce attendu des introductions en Bourse
« " Le "pipeline" est plutôt prometteur ", observe Marc Lefèvre, directeur des relations avec les émetteurs européens chez NYSE-Euronext. En 2011, nous attendons plusieurs très grosses opérations. " Les projets se bousculent en Europe car nombre de dossiers avortés en 2010 attendent leur feu vert. Les financiers n'oublient pas non plus les usual suspects : un terme, qui désigne les sociétés ou filiales de grands groupes qui nourrissent depuis des mois le projet d'entrer en Bourse, mais qui, régulièrement, ont été obligé de renoncer, en raison des conditions de marché. " Certaines de ces opérations auraient pu être envisagées en 2010 mais les conditions de marché n'étaient pas réunies ", indique Gilles Smertnik associé gérant chez Lazard. Aujourd'hui la confiance revient peu à peu. A moins d'une nouvelle crise aiguë de dettes souveraines en Europe ou d'un embrasement géopolitique au Maghreb, les marchés devraient être plus accueillants. Les premières opérations donneront le ton. »
Plantu dans « Le Monde » du 29 janvier 2011 :
Article intitulé : Le monde arabe défie le mur de la peur
« Un mur s'écroule sur l'autre rive de la Méditerranée. Ce mur est celui de la peur. La peur d'un arbitraire systématique, à tous les échelons régaliens, à commencer par ceux de la police et de la justice, auxiliaires zélées prêtes à broyer entre leurs meules ceux qui osent revendiquer leurs droits. La peur ensuite d'une violence d'Etat laissée à la discrétion d'un cercle restreint mais omnipotent et assuré de son impunité. »
Marc Visot dans « Le Figaro » en date du 22 janvier 2011 :
Article intitulé : La confiance des industriels au plus haut
« Comme si la crise n'avait jamais eu lieu! Des deux côtés du Rhin, les industriels ont, en ce début d'année, retrouvé le sourire. Le moral des chefs d'entreprise français est désormais bien au-dessus de sa moyenne de long terme. Interrogés par l'Insee, ces derniers déclarent que leur activité passée a progressé et que leurs carnets de commandes, globaux comme étrangers, «se regarnissent nettement». Une bonne nouvelle dans la mesure où, en dépit d'une confiance aussi bonne que celle qui prévalait avant la crise, l'activité en porte encore les stigmates: le niveau de production est encore 10% inférieur à celui de début 2008. Les entreprises survivantes ont pris les parts de marché de celles qui ont disparu: d'où un sentiment de confiance qui n'est pas tout à fait compatible avec un niveau d'activité revenu à ses niveaux du milieu des années 1990. Outre-Rhin, l'indice IFO du climat des affaires allemand a atteint en janvier son meilleur niveau depuis la réunification du pays (110,3 points). Les entrepreneurs sondés voient notamment «de plus grandes opportunités, principalement dans les exports», note l'IFO. «Ils ont fait un important pas en avant et sont désormais pleinement guéris de la crise», estime Klaus Abberger, économiste de l'institut IFO. Cela fait maintenant huit mois que leur moral remonte. »»
Dans « Les Echos » en date du 4 janvier 2011 :
Article intitulé : Les plans sociaux sont retombés à leur niveau d’avant la crise
« Le nombre est symbolique. En octobre, seuls 65 plans de sauvegarde de l’emploi – l’appellation officielle des plans sociaux – ont été notifiés à l’administration, selon les données du ministère du Travail. C’est le score le plus bas enregistré dans l’Hexagone depuis près de dix ans pour un mois d’octobre. Cette chute spectaculaire ramène au niveau d’avant la crise. Le nombre actuel de plans est similaire à celui, très bas, de la fin de 2007 et du début de 2008, et plutôt inférieur à la moyenne des années précédentes. Un effet direct de la reprise.»
Sylvain Cypel dans « Le Monde » en date du 29 décembre 2010 :
Article intitulé : Aux Etats-Unis, une consommation accrue nourrit les espoirs de reprise
« En novembre, pour le cinquième mois consécutif, l'investissement industriel est reparti à la hausse. Même si les données ne sont pas spectaculaires, c'est un signe que la confiance remonte. Surtout, là encore pour le cinquième mois consécutif, les Américains ont accru leur consommation. Même les achats d'appartement, l'un des secteurs les plus flapis, ont poursuivi en novembre une lente remontée : + 0,4 %, après + 0,7 % en octobre, mois qui avait constitué la plus forte hausse de ce secteur depuis août 2009. Se fondant sur les données générales à leur disposition, les analystes de Morgan Stanley ont révisé leur prévision de consommation des Américains au dernier trimestre de + 3,5 % à + 4,1 %. Selon une enquête menée sur 50 jours (du 5 novembre au 24 décembre) pour MasterCard par le cabinet SpendingPulse dans les grandes surfaces et les magasins spécialisés, les Américains, hors achats de véhicules, ont accru leurs dépenses de consommation courante avant les fêtes de 5,5 %, après une régression de 6 % en 2008 et une légère reprise l'an dernier. Habillement en hausse de 11,2 %, bijouterie de 8,4 %, produits de luxe tous confondus de 6,7 %, sont symptomatiques de cette évolution. Même les achats de meubles d'appartement, après quatre ans de recul ininterrompu, ont augmenté pour la première fois de volume en fin d'année. Nombre d'analystes insistent sur le fait que les Américains retrouvent un niveau de consommation supérieur à celui des mois d'avant le début de la crise. Ainsi, l'estimation des achats d'avant Noël par SpendingPulse atteint cette année 584,3 milliards de dollars (444,2 milliards d'euros), à comparer aux 566,3 milliards de 2007. Une comparaison qui, ne tenant pas compte de l'inflation, reste cependant peu convaincante. »
Dans « Les Echos » en date du 27 décembre 2010 :
Article intitulé : Reprise : L’Amérique commence à y croire
« L’année 2011 sera-t-elle celle du grand retour de l’Amérique, au moins sur le plan économique ? C’est la conviction d’un nombre croissant d’économistes, qui voient se dessiner un scénario d’accélération de la reprise. Ils attendent un effet positif du compromis fiscal tout récemment adopté par le Congrès, qui reconduit les « cadeaux fiscaux » de l’ère Bush et écarte tout risque de hausse des impôts au 1er janvier. Ils constatent aussi que les ventes de logements reprennent de la vigueur et prennent acte de la vitalité du secteur manufacturier. Goldman Sachs et Moody’s prévoient une nette accélération de la croissance au dernier trimestre de 2010 et surtout un niveau de croissance pour 2011 très supérieur aux prévisions les plus récentes de l’OCDE, qui misait, en novembre, sur une progression du PIB de 2,9 % l’an prochain. Goldman Sachs et Morgan Stanley tablent désormais sur 4 % de croissance en 2011. »
Frédéric Schaeffer, propos de Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, dans « Les Echos » en date du 23 décembre 2010 :
Article intitulé : La crise de l’euro n’est pas économique mais politique
« La construction européenne, avec la création de la monnaie unique ou la mise en place du pacte de stabilité, a été un laboratoire extraordinaire pour les économistes. Cette construction a changé la face du monde, faisant de l’Europe la plus grande économie mondiale en termes de PIB. Aujourd’hui, l’Europe paie le coût économique de l’absence de gouvernement politique. Cela se percevait dès sa création et cela éclate au grand jour, avec la crise actuelle de la zone euro. Car il ne s’agit pas d’une crise économique mais bien d’une crise politique. D’un point de vue financier, l’Europe est certainement l’économie la plus saine du monde industrialisé, avec une dette publique bien plus faible que celle des Etats-Unis ou du Japon et un taux d’épargne très élevé. Le deuxième phénomène majeur est l’émergence de la Chine et de l’Inde, qui a conduit à l’apparition d’énormes déséquilibres de balances des paiements, avec des réserves monétaires considérables accumulées par les pays émergents et un déficit considérable et persistant aux Etats-Unis. Face à cette nouvelle donne, les institutions internationales mises en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus adaptées. Je suis stupéfait de voir que la crise n’a été qu’une parenthèse pour une majorité d’économistes désireux de retrouver très vite leur boîte à outils, leur grille d’analyse qui prévalait jusque-là. Il faut absolument renforcer notre connaissance du fonctionnement des marchés et renoncer aux théories fondées sur une dichotomie entre sphère financière et sphère réelle. Au cours des vingt-cinq dernières années, 80 % de la population de l’OCDE a vu son revenu progresser moins rapidement que le revenu moyen. Même chose pour l’inflation : celle-ci a été plus marquée pour les ménages les plus pauvres que la moyenne, tandis qu’elle a été négative pour les plus aisés. Le manque d’attention à la qualité de vie (santé, éducation, emploi, sécurité…) explique en partie le malaise social dans les pays riches. »
Commentaire : Nous retrouvons le passage de l’économie politique à la politique économique de 1985. 2016 sera-t-elle l’année du passage à la socio-économie ? 2012–2016 verra-t-on une envolée boursière ? Et 2011…Suite aux prochaines conférences SOCIOECOPOFI.
R.H. dans « Les Echos » en date du 23 décembre 2010 :
Article intitulé : La reconstitution des stocks a soutenu l’augmentation du PIB américain
« La croissance du PIB américain a été revue en légère hausse, hier, à 2,6 % pour le troisième trimestre. La hausse des stocks a compensé les résultats décevants sur le plan de la consommation des ménages. Les entreprises ont suppléé les ménages. En publiant hier sa troisième et dernière estimation de la hausse du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre, le département du Commerce des Etats-Unis a fait état d’une hausse plus importante que prévu des stocks des entreprises qui est venue compenser une consommation moins élevée qu’attendu initialement. Au total, la croissance s’est donc établie à 2,6 % (en rythme annuel) contre 2,5 % alors qu’en moyenne les économistes attendaient 2,7 %.Dans le détail, le département a revu en baisse de 0,4 point son estimation de la hausse de la consommation des ménages. Toutefois, cette composante de la croissance est malgré tout restée à son plus haut niveau depuis le quatrième trimestre 2006."
Emmanuel Guimard dans « Les Echos » en date du 23 décembre 2010 :
Article intitulé : La reprise pousse Bénéteau à créer 400 emplois en 2011
« Conforté par les Salons d’automne, le constructeur de bateaux de plaisance renforce ses usines françaises et intensifie ses investissements industriels. Bénéteau annonce un programme de 400 embauches sur l’exercice qui s’achèvera le 31 août 2011. Selon Bruno Cathelinais, le président du directoire, ces recrutements s’effectueront à 80 % en France, c’est-à-dire principalement en Vendée, où se trouvent la plupart des usines du groupe, mais aussi sur le site Jeanneau de Cholet et à Bordeaux, chez le constructeur de yachts CNB. »
Muriel Jasor dans « Les Echos » en date du 20 décembre 2010 :
Article intitulé : Les recrutements s’accélèrent dans l’audit et le conseil
« Malgré des statistiques globalement ternes sur le terrain de l’emploi, les recrutements reprennent dans l’audit et le conseil. Les jeunes diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs sont très appréciés ainsi que certains profils expérimentés. Il y a des signes qui ne trompent pas. « Nous avons observé un arrêt des recrutements durant toute l’année 2009 et début 2010, puis les choses ont redémarré avant d’accélérer à partir de mai et juin », constate Marlène Ribeiro, manager responsable de la division audit conseil et expertise chez Michael Page. « Le secteur bancaire est le premier à s’être manifesté auprès des cabinets pour résoudre des problématiques de réorganisation ou encore de contrôle de procédures en relation avec des évolutions réglementaires », explique la responsable chez Michael Page. Petit à petit, des sociétés du SBF 120 ou du CAC 40 se sont, à leur tour, lancées dans des opérations de réorganisation (fonctions financière, logistique, etc.) et des rapprochements d’entreprises de toutes tailles ont également sollicité les conseils d’experts en transactions. »
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » en date du 17 décembre 2010 en page 14 :
Article intitulé : L’emploi et son revers
« L’emploi ne va pas si mal. Le propos peut paraître provocateur dans un pays où près d’un actif sur dix est au chômage et où beaucoup d’autres ont des postes précaires. Mais ça devrait être bien pire. Si les employeurs avaient réagi à la crise comme ils l’ont fait par le passé, le nombre de leurs salariés auraient chuté d’un demi-million de plus entre la mi-2008 et la mi-2010. Ils ont donc changé de comportement, en sacrifiant leurs marges, en embauchant dès le redémarrage des affaires. Les industriels se sont aussi sans doute souvenus que les licenciements brutaux lors de la récession de 1993 les avaient affaiblis au moment de la reprise. Au point de perdre des contrats faute de ressources humaines. La crise pourrait bien révéler une rupture dans la productivité. La productivité, c’est la production par tête, le seul vrai moteur durable de la croissance. Sa forte hausse, de plus de 5% l’an, avait fait les Trente Glorieuses. Après le choc pétrolier de 1973, son rythme de progression avait décliné, jusqu’à 2% au début des années 1990. Ces dernières années, elle gagnait plutôt 1,5% par an. Cela constituerait une bonne nouvelle pour l’emploi à court terme : quand la productivité ralentit, les entreprises doivent embaucher davantage. Mais derrière, c’est aussi toute la machine à produire de la richesse qui faiblit. »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI (93 =09).
Eric Le Boucher dans « Les Echos » en date du 17 décembre 2010 en page 15 :
Article intitulé : Tout ne va pas si mal
« L’année 2010 s’achève sur une croissance record en Asie, ce que l’on n’ignorait pas, mais aussi sur une consolidation de la reprise en Amérique et en Europe, ce dont on avait douté avant l’été. L’année 2011 s’annonce de la même veine avec une croissance partout consolidée. Le navire de l‘économie mondiale reste frêle, sans doute, mais aucune méchante vague ne semble plus en mesure de l’envoyer par le fond. »
Marie-Christine Corbier dans « Les Echos » en date du 16 décembre 2010 :
Article intitulé : Salaires : l’écart se resserre entre les pays émergents et les pays développés
« Pénalisée par la crise, la hausse mondiale des salaires ralentit considérablement, estime l’OIT dans un rapport publié hier. L’écart se resserre entre des économies avancées soumises à la modération salariale et des pays émergents qui voient une explosion de leurs salaires. Les économies avancées tirent la moyenne à la baisse (– 0,5 % en 2008), tandis que l’explosion des salaires de certains pays émergents agit en sens inverse. Résultat : l’écart entre les salaires des premiers et des seconds se resserre. Depuis 2000, les salaires moyens ont augmenté de 25 % au niveau mondial. Ils ont doublé en Asie, triplé dans certains pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, mais ne se sont accrus que d’un faible 5 % dans les pays avancés. Dans les économies avancées, la tendance risque de se poursuivre, même en cas de reprise. « On s’attend à une reprise au niveau du PIB et des profits, mais elle s’accompagnera probablement d’une stagnation des salaires, confie Patrick Belser. Pour les salariés, la crise est loin d’être terminée. Cette « modération salariale »inquiète l’OIT, qui la voit comme un handicap pour la demande ; ce qui pèsera sur le rythme de la reprise. Si l’écart des salaires entre pays avancés et émergents se resserre, un autre augmente, celui des inégalités salariales. L’écart entre les 10 % de travailleurs les moins bien rémunérés et les 10 % les mieux rémunérés se creuse, regrette l’OIT. Qui souligne aussi l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres. »
Marc Landré dans « Le Figaro » daté du 10 décembre 2010 en page 23 :
Article intitulé : La France crée encore des emplois, mais moins.
« Entre 19 200 et 53 000 postes ont été créés au troisième trimestre. Les prévisions pour 2011 vont de 50 000 à 100 000 emplois supplémentaires, selon la croissance. »
Leïla de Comarmond dans « Les Echos » daté du 10 décembre 2010 en page 4 :
Article intitulé : Près de 100 000 créations de postes en 2010 selon Pôle emploi.
« Pour le troisième trimestre consécutif, l’emploi salarié a progressé en France entre juillet et septembre, indiquent les statistiques publiées hier par Pôle emploi, l’Acoss et l’Insee. Mais la reprise reste modérée. Pour 2011, la prudence reste de mise. Le marché du travail est bien entré dans une phase de convalescence, mais son rétablissement complet n’est pas pour de main. La crise apparaît donc derrière nous, mais la reprise reste modérée. Une tendance qui pourrait se poursuivre en 2011, si l’on en croit les prévisions également publiées hier par Pôle emploi. »
Frédéric Schaeffer dans « Les Echos » daté 9 décembre 2010 :
Article intitulé : Les chefs d’entreprises restent pessimistes sur la conjoncture
« Selon un sondage Viavoice pour l’ACFCI, Grant Thornton et « Les Echos », les trois quarts des dirigeants d’entreprise n’anticipent pas de vraie sortie de crise avant 2012. Sortie de récession et sortie de crise ne sont pas synonymes. Malgré six trimestres consécutifs de croissance de l’économie, les chefs d’entreprise ont visiblement toujours les deux pieds dans la crise. Et ils ne pensent pas en sortir de sitôt. Selon le dernier sondage Viavoice pour l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (l’ACFCI), Grant Thornton et « Les Echos », 62 % des dirigeants s’estiment encore directement touchés par la crise, une proportion qui se stabilise depuis le printemps, mais qui ne se réduit pas. Les raisons avancées sont bien identifiées : les perspectives de commandes se réduisent (pour 76 %) et les clients négocient toujours les prix (87 %). Tout compte fait, plus de deux tiers (71 %) des 504 entrepreneurs interrogés fin novembre considèrent que l’année 2010 n’aura pas été meilleure que 2009. Un tiers juge même que l’exercice qui s’achève aura été moins bon… »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI.
L de C dans « Les Echos » daté du 25 novembre 2010 :
Article intitulé : Les cadres, des salariés de plus en plus comme les autres
« Plus de femmes, plus de chômeurs, plus de précarité. En vingt ans, la cartographie et la sociologie de l’encadrement, dont les effectifs sont passés de 2 millions à 3,5 millions de salariés, se sont rapprochées de celles des autres salariés. Huit cadres sur dix continuent cependant à donner un sens à l’expression « être cadre », constate l’Apec, qui rend publique aujourd’hui une enquête sur l’évolution de cette catégorie bien française entre 1990 et 2010.Pour autant, le cadre se considère de plus en plus désormais presque comme un salarié « ordinaire ».
Romain Hueugneau dans « Les Echos » du 10 novembre 2010 en page 27 :
Article intitulé : Le retour de la croissance dans l’informatique s’accompagne de créations nettes d’emplois
« Après une chute de 4% en 2009, le marché repart en légère hausse en 2010, avant d’accélérer en 2011. Les besoins en main-d’œuvre sont importants, alors que cette industrie est l’un des principaux employeurs de cadres. »
Fabio Marquetty dans « La Tribune » du 12 novembre 2010 en page 2 :
Article intitulé : La reprise au rendez-vous dans les grands groupes français.
« Les poids lourds du CAC 40 totalisent d’ores et déjà 284 milliards d’euros de revenus trimestriels. Soit une croissance de 12% sur un an. »
Natacha Valla dans « Les Echos » daté du 12 novembre 2010 en page 33 :
Article intitulé : La BCE pourrait être moins patiente avec les Etats qu’avec les banques.
« La reprise se confirme et l’inflation est déjà proche mais en deçà de 2% », comme le stipule le mandat de la Banque centrale européenne. Le système bancaire a spontanément résorbé une bonne partie de la liquidité excessive offerte par l’institut d’émission. »
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » daté du 27 septembre 2010 en page 12 :
Article intitulé : Le petit miracle de l’emploi.
« Il y a comme un petit miracle de l'emploi en France. L'idée peut paraître provocatrice dans un pays où près de 5 millions d'hommes et de femmes sont inscrits sur l'ensemble des listes de Pôle emploi. Les entreprises créent 10.000 postes par mois. Il y a moins de plans sociaux. L'intérim est reparti à la hausse. Les employeurs recommencent à embaucher des jeunes diplômés. Les offres d'emploi pour les cadres ont rebondi. Même chez les industriels, il y a des signes favorables : 21% d'entre eux ont du mal à recruter. Les Français ressentent le mouvement. S'ils restent très nombreux à s'inquiéter du chômage (81 %), ce n'est plus leur premier souci, qui concerne désormais la dette et le déficit publics. Au total, l'emploi a mieux traversé la crise qu'on pouvait le redouter. Dans la récession, il a moins baissé que prévu. Après, il est reparti plus fort. L'an dernier, 250.000 emplois ont disparu, soit une baisse de 1 %, alors que la production, elle, a chuté de plus de 2 %. Sans les stages créés dans le secteur public pour limiter la casse, la baisse aurait été de 300.000. C'est évidemment trop… mais si l'emploi avait réagi de la même manière qu'en 1993*, plus de 1 million de postes auraient été détruits. L'emploi ne suit plus autant la production. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) évoquait dans sa revue d'avril « une relative résistance face à un choc de production d'une ampleur sans précédent depuis les années 1930 » dans les grands pays développés. Après avoir limité les licenciements depuis deux ans, les entreprises françaises auraient dû logiquement se montrer très prudentes dans leurs recrutements quand les affaires ont recommencé à progresser. Mais pas du tout ! Elles ont commencé par augmenter leurs heures supplémentaires au printemps 2009. Mais dès le premier semestre 2010, elles ont accru leurs emplois de 65.000. Autant qu'en 1994… avec un redémarrage de l'activité deux fois moins fort. Cette relative résistance de l'emploi a été alimentée par au moins trois canaux. D'abord, les entreprises ont appris. Elles gèrent plus finement leurs ressources. Après la récession de 1993, beaucoup d'entre elles ont dû refuser des commandes parce qu'elles avaient trop réduit leur main-d'oeuvre. »
*Commentaire : Pour ceux qui suivent les cycles SOCIOECOPOFI, nous les retrouvons dans cet article. L’année 1993 est l’équivalent de 2009 et 1994 de 2010.
Frédéric Schaeffer dans « Les Echos » daté du 24 septembre 2010 :
Article intitulé : Les perspectives d’activité des industriels s’améliorent.
« C'est un message d'espoir qu'ont envoyé hier les chefs d'entreprises. L'indicateur du climat des affaires, repasse « pour la première fois depuis plus de deux ans au-dessus de sa moyenne de longue période », observe l'institut statistique INSEE, gagnant 4 points par rapport à l'enquête de juillet. Cette amélioration se constate dans tous les secteurs, à l'exception du bâtiment. Elle est particulièrement marquée dans le commerce de détail (+ 7 points), mais nettement plus mesurée dans les services et l'industrie (+ 1 point chacun). Dans l'industrie manufacturière, l'amélioration est quasi constante depuis le plus bas de mars 2009. Désormais, l'indicateur synthétique de l'Insee revient à son niveau de juillet 2008 et se rapproche de sa moyenne de longue période (à 98, contre une moyenne de 100). Signe encourageant, les perspectives personnelles de production restent en dessous de leur moyenne mais se redressent fortement alors qu'elles s'étaient repliées en juin et juillet. Si l'activité passée a ralenti, cette enquête suggère donc qu'elle devrait se redresser au cours des prochains mois. « Si un ralentissement est en cours lié au cycle des stocks, les perspectives restent bien orientées pour la suite de l'année, estime Pierre-Olivier Beffy, économiste chez Exane BNP Paribas. Les industriels bénéficient d'une bonne demande domestique et des pays émergents. » Cette embellie est corroborée par les enquêtes de l'institut Markit réalisées auprès des directeurs d'achats. « Les dernières données signalent de nouveau une croissance soutenue en septembre, terminant sur une note positive un troisième trimestre particulièrement performant », indique son économiste, Jack Kennedy.».
Chris Roebuck, professeur honoraire à la Cas Business School, dans « Les Echos » daté du 24 septembre 2010 :
Article intitulé : Régulation : les banques joueront-elle vraiment le jeu ?
« Les accords de Bâle III, qui seront ratifiés par le G20 de novembre, permettent enfin de s'accorder sur la définition des termes « capital » et « liquidité ». C'est une avancée importante, car la crise financière a notamment été causée par les différentes interprétations du terme « capital ». Avant la crise, les banques établissaient elles-mêmes leurs propres règles, se conformant -en théorie -à quelques principes généraux. Mais dans les faits, certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas, pour accroître leur risque et ainsi faire plus d'argent, avec les conséquences désastreuses que l'on sait. Elles espéraient que personne ne se soucierait de cette « interprétation flexible ». Mais l'histoire a montré que les dirigeants de banques ne semblent pas capables de respecter les grands principes régulateurs. Mais les banques, si elles le veulent, peuvent remporter la bataille pour minimiser le contrôle externe de leurs activités : en exerçant un fort lobbying contre un contrôle plus strict, en menaçant de quitter les pays qui leur demanderaient de payer plus de taxes. Nous avons affaire à une crise de leadership: les leaders du G20 ont déçu l'attente des gens qui espéraient une limitation des bonus excessifs et un rétablissement de la stabilité financière. En attendant, les patrons de banques n'ont pas montré le moindre signe de changement dans leur comportement. »
Commentaire : Tout comme « certaines banques faisaient passer pour du « capital » ou du « liquide » des choses qui ne l'étaient pas » est-il encore sérieux aujourd’hui de faire croire à l’ensemble des investisseurs que les cours de bourse reflètent une réalité « liquide » ?
Gabrielle Serraz dans « Les Echos » daté du 24 septembre 2010 :
Article intitulé : Rossignol remonte la pente et relocalise en Haute-Savoie.
« Deux ans après le départ de Quicksilver et son rachat par le groupe Macquarie, Rossignol retrouve l'équilibre et entame une croissance de l'ordre de 3 %. Il rapatrie sa production de Pologne et de Chine sur son site de Sallanches. Aujourd'hui, retournement spectaculaire : la firme iséroise fête son centenaire avec un résultat d'exploitation positif de 63 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 200 millions. Autre retournement, ce dernier, qui sous-traite 6 à 7 % de sa production à Taiwan, a décidé de la relocaliser, toujours à Sallanches. Une première vague a déjà eu lieu, début 2010, avec le rapatriement des fixations Look de Pologne sur l'usine de Nevers. En Haute-Savoie, la première étape de relocalisation concerne les skis Junior, une production d'environ 60.000 paires. « Ce choix doit permettre de maintenir le savoir-faire sur cette technologie de skis injectés qui s'était fortement réduite à Sallanches », souligne le groupe. « C'est un moyen d'y sécuriser l'emploi. Ce choix s'inscrit dans le projet de pérennisation du site », ajoute Bruno Cercley. Selon lui, exporter de la matière première pour faire fabriquer des skis en Asie qui sont ensuite réimportés n'était pas très rentable. »
Marina Alcaraz dans « Les Echos » daté du 14 septembre 2010 en page 30 :
Article intitulé : Le rendement des dividendes dépasse celui des obligations d’entreprises.
« La période est historique pour les dividendes. Non seulement le coupon des entreprises cotées sur les grands marchés développés a dépassé le rendement des obligations d'Etat, ce qui est très rare (à l'exception de fin 2008-début 2009). Mais, en plus, le rendement des grandes valeurs dépasse maintenant celui de leurs propres obligations. Selon les travaux d'Aurel. « C'est une situation exceptionnelle ! commente Christian Parisot, économiste d'Aurel. C es derniers mois, on avait ce phénomène sur quelques secteurs défensifs, mais cela s'est généralisé depuis cet été. Certains fonds commencent d'ailleurs à arbitrer entre obligation et action sur cette base là. « Les entreprises se sont désendettées et ont beaucoup de cash. Compte tenu des incertitudes, elles hésitent à investir et ont ainsi tendance à redistribuer l'argent aux actionnaires », analyse Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView. « Le taux d'investissement rapporté au PIB reste relativement faible des deux côtés de l'Atlantique », ajoute Christian Parisot. »
Dans « Le Monde » daté du 23 août 2010 en page 1 :
Article intitulé : Gare au décrochage vis-à-vis de l’Allemagne.
« « Magnifique ! ». C’est ainsi que la ministre de l’économie, Christine Lagarde a accueilli, il y a une semaine, les chiffres de la croissance française au deuxième trimestre. Nettement supérieure à celle de l’Italie ou à celle de l’Espagne. Mais quatre fois inférieure à celle de l’Allemagne. Un décrochage de l’économie française vis-à-vis de son principal partenaire commercial aurait des conséquences potentiellement désastreuses. Le risque est clair : voir les investisseurs séparer le bon grain de l’ivraie (entre la dette française périlleuse et la dette allemande maîtrisée. »
Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » daté du 19 août 2010 en page 12 :
Article intitulé : Le retour des méga-OPA se confirme.
« On les attendait au début de l’année, force est de constater qu’il a fallut attendre l’été pour observer le grand retour des méga-OPA. Opérations que les marchés boursiers avaient complètement oubliées depuis le début de la crise des « subprimes » en 2007. Les banques ont connu l’une de leur pire période. Empêchant les entrepreneurs de mener à bien leur projet de consolidation. Les niveaux de valorisation ont fondu en l’espace de trois ans, offrant par la même de très belles opportunités. Nombre de société sont à la tête d’importantes liquidités et peuvent élaborer de savantes stratégies d’expansion. Et l’heure est justement aux politiques de développement pour aborder de nouveaux marchés. »
Commentaire : Le retour des OPA est toujours annonciateur de renouveau. Les entreprises, après s’être restructurées pour faire face à la crise, croient maintenant à la reprise économique. Elles choisissent de transformer leur liquidité en investissements. Certes, les marchés resteront volatils jusqu’en 2012, mais cette volatilité ne sera qu’une volatilité sociologique (effets d’annonces, croyances déçues etc…) et non économique. Et si nous revenions à un cycle d’hystérie à partir de 2012 ?
Gaël Vautrin dans « La Tribune » daté du 13 août 2010 en page 2 :
Article intitulé : Le CAC 40 multiplie par deux ses bénéfices.
« Les 29 sociétés de l’indice parisien qui ont déjà publié leurs résultats ont vu leurs bénéfices bondir de plus de 100% à 36,6 milliards d’euros sur le premier semestre »
Catherine Rollot dans « Le Monde » daté du 13 août 2010 en page 8 :
Article intitulé : L’emploi saisonnier, ultime recours pour les chômeurs.
« Enrico Riboni, directeur de la maison de la saisonnalité à Vallon-Pont-d’Arc, « L’emploi saisonnier est traditionnellement un marché pour les moins de 26 ans. Or, depuis deux ans, on a vu passer des quinquagénaires expérimentés en recherche d’emploi, des chômeurs de longue durée ou des personnes qui n’arrivaient plus à joindre les deux bouts et avaient besoin de cumuler deux salaires. » »
Commentaire : Peu de gens prennent conscience de la paupérisation actuelle générée « mécaniquement » par notre système, jusqu’à quand ?
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » daté du 3 août 2010 en page 8 :
Article intitulé : Le rattrapage inachevé.
« Il est trop tôt pour crier victoire. Car une bonne partie de cette embellie n’est rien d’autre qu’un rebond consécutif à un mouvement de panique générale, dans la foulée de l’implosion de Wall Street à l’automne 2008. L’Insee révélera la semaine prochaine que la production nationale était, au printemps de cette année, encore inférieure à son niveau de l’été 2008, malgré cinq trimestres d’affilée de progression, dont la persistance n’est pas acquise, il faudra attendre l’automne 2011 pour que la production comble son retard. »
« Le Monde » du 20 juillet 2010 en page 2 :
Article intitulé : Espagne, 7,7 hectares de côtes en moins par jour.
« Le bétonnage des côtes Espagnoles se poursuit en dépit de la crise selon Greenpeace. »
Robert Rochefort et Stéphane Cossé dans « Le Figaro » du 19 juillet 2010 en page 21 :
Article intitulé : Europe financière : sortons de l’impasse !
« L’actualité montre que les profondes turbulences créées par la crise sont loin de s’éteindre. Les établissements financiers sont à nouveau florissants. La spéculation s’attaque à l’euro, seconde monnaie de réserve au monde. Les volumes de transactions sur les dérivés et autres produits à haut risque sont en forte croissance. Les pays de l’OCDE sont, eux, implacablement plombés par les 5 000 000 milliards qu’ils ont dû injecter en deux ans pour sauver le secteur financier, relancer leurs économies et éviter le désastre total. Et la probabilité d’une nouvelle crise financière est de plus en plus élevée, selon de nombreux analystes. »
Luc Ferry dans « Le Figaro » du 15 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Le peuple plus moral que ses élites ?
« Il fallait bien que les valeurs traditionnelles fussent déconstruites pour que nos enfants puissent entrer de plain-pied dans l’ère de la consommation universelle. Si nos petits avaient les valeurs de nos arrière-grands-mères, ils n’achèteraient pas trois téléphones portables par an (ou l’équivalent en gadgets numériques divers et variés). Rien ne freine davantage la logique addictive de la consommation frénétique que le fait de posséder des principes éthiques ou spirituels forts. Que l’érosion des valeurs traditionnelles ait eu lieu au XXe siècle et en Occident ne fut donc pas un accident de parcours, mais une impérative nécessité du développement du capitalisme moderne. Plus de sept millions de nos concitoyens vivent avec moins de 800 euros par mois, tandis que deux millions et demi d’entre eux sont payés sur la base du smic (autour de 1 055 euros net), on comprendra aisément que la situation devient explosive. »
Alexandrine Bouilhet dans « Le Figaro » du 10 juillet 2010 en page 19 :
Article intitulé : Le fisc grec menace de saisir des villas à Mykonos et Santorin.
« Le ministère grec des Finances a menacé, hier, les contribuables en délicatesse avec le fisc de saisir leurs propriétés de Mykonos ou Santorin pour les vendre aux enchères. Ces mauvais payeurs possèdent 2 917 propriétés d’une valeur de 288 millions d’euros. Le fisc avait déjà pris des photos aériennes des piscines de la capital pour vérifier si elles étaient bien déclarées. Sport national en Grèce, la lutte contre la fraude fiscale vise surtout les plus riches, qui possèdent des yachts et des voitures immatriculées au Luxembourg. La Grèce a promis d’améliorer sa collecte des impôts archaïque en échange de l’aide internationale de 110 milliards d’euros. »
Commentaire : Souvenez-vous des véritables raisons de la crise Grecque expliquées lors des conférences « Une heure pour comprendre ».
Alexia Kefalas dans « Le Figaro » du 6 juillet 2010 en page 21 :
Article intitulé : Le déficit budgétaire de la Grèce a déjà baissé de plus de 40%.
« Le pays est bien placé pour atteindre 8% de déficit en fin d’année et 3% en 2013. Avec le plan d’austérité imposé par le FMI et l’UE, les Grecs ont réussi à réduire leur déficit budgétaire de 41,6% au premier semestre 2010. Le pays pourrait atteindre son objectif des 8% de déficit d’ici à la fin de l’année contre 14% actuellement. Giannis Stournaras, de l’Institut d’études économiques IOBE, « ils démentent les scénarios tragiques de sortie de crise de la Grèce de la zone euro ou de faillite du pays. A ce rythme, la Grèce sera le seul pays à respecter le seuil des 3% en 2013 ! » Mais attention à ne pas crier victoire trop tôt, préviennent les experts « Ces résultats reposent sur des bases fragiles, ils n’ont pas été obtenus grâce à l’investissement, mais par des mesures d’austérité. S’il ne veut pas perdre le fruit de ses efforts, le gouvernement devrait relancer au plus vite l’investissement ». »
Commentaire : En fonction de ce qui est expliqué lors des conférences « Une heure pour comprendre », je pense que les chiffres sont explicites. Et les dépenses d’armement….
Denis Cosnard avec Claude Barjonet dans « Les Echos » du 15 juin 2010 en page 21 :
Article intitulé : L’industrie face à de surprenantes pénuries.
« Confrontés à la crise, les industriels ont massivement réduit leurs stocks et diminué leurs capacités. Un effort tellement drastique que, même s'ils sont encore loin de fonctionner globalement à pleine capacité, ils ont aujourd'hui du mal à faire face ici ou là au redémarrage économique. Les prix montent, les délais de livraison s'allongent, et il faut parfois fixer des contingents. Surtout lorsqu'un pépin supplémentaire vient compliquer la situation. Des exemples ? La rosine, fabriquée à partir de résine de pin. Le gros de la production mondiale est concentré en Chine, où la main d'oeuvre est moins chère. Mais la météo trop sèche a nettement réduit la récolte. Les prix ont triplé en six mois. »
Pierre de Gasquet dans « Les Echos » du 11 juin 2010 en page 25 :
Article intitulé : Le nombre de millionnaires a crû de 14% en 2009.
« Selon le dernier rapport annuel « Global Wealth 2010 » présenté hier, à New York, par le Boston Consulting Group (BCG), le niveau global de la richesse privée a opéré un « remarquable come-back » en 2009 avec un rebond de 11,5 % (contre une chute de 10 % en 2008). A 111.500 milliards de dollars, le niveau global de richesse estimé par montants d'actifs sous gestion a pratiquement retrouvé son pic de 2007 (111.600 milliards de dollars). Stimulé par la poussée des économies émergentes, le nombre global des foyers millionnaires a également bondi de 14 %, à 11,2 millions de foyers, soit moins de 1 % des foyers de la planète qui se répartissent quelque 38 % de la richesse privée mondiale.
« L'année 2008 était dominée par la morosité. Le retour à un niveau de richesse d'avant la crise a été plus rapide que nous ne le pensions », a expliqué hier Monish Kumar, « senior partner » du BCG. »
Eric le Boucher dans « Les Echos » du 11 juin 2010 en page 23 :
Article intitulé : Trop d’austérité ?
« Est-ce trop tôt ? D'abord il faut souligner que les plans d'austérité en question ne s'appliqueront dans les grands pays qu'à partir de 2011. Pour cette année, on note que le plan d'Obama est plus lourd en dépenses que l'an passé. Qu'en France le déficit de 7,5 % en 2009 est attendu à 8 % en 2010, il ne décroît donc pas encore, au contraire. Que la Grande-Bretagne n'a pour l'instant coupé que de 6 milliards de livres le budget de 2010. Que l'Allemagne attend aussi son budget 2011 pour boire la purge. Or, entre-temps, la reprise se solidifie. Elle reste « molle » en Europe, comme le dit le FMI (1 % en 2010), mais se confirme ces dernières semaines : l'industrie a enregistré des fortes hausses de commandes. L'Allemagne tire des bénéfices de la forte croissance asiatique et de celle des Etats-Unis qui est plus rapide qu'attendu (le FMI y prévoit maintenant 3,1 %). Au total, à l'heure qu'il est, commencer à inverser les moteurs en 2011 ne semble pas si casse-cou. Mais si toute l'Europe fait de même, ne risque-t-on pas un effet récessif cumulatif ? Natacha Valla et Nick Kojucharov, économistes chez Goldman Sachs estiment que les plans de rigueur vont « couper » la croissance européenne de seulement 0,1 à 0,3 % d'ici à 2013. C'est « gérable », concluent-ils. Il faudrait des plans trois fois plus durs pour diviser la croissance par deux. Même jugement de Laurence Boone de Barclays Capital : les plans d'ajustement pénaliseront la croissance de 0,2 % cette année et moins de 0,7 % en 2011. Car si le mot austérité est justifié pour l'Europe du Sud, au Nord il s'agit plutôt de plans sévères d'économie. En Allemagne, le projet Merkel ne représente que 0,4 % du PIB par an, selon Barclays. En France, les 90 milliards d'économies annoncés (sans précision) paraissent beaucoup : il ne s'agit que de ramener les dépenses au niveau de 2007. En outre, la baisse de l'euro, de 10 % depuis six mois, vient donner de l'oxygène compensatoire. A elle seule, selon l'OCDE, cette chute de la monnaie unique permet un surcroît de croissance de 0,7 % la première année et de 1,3 % en deux ans, un effet supérieur. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 10 juin 2010 en page 19 :
Article intitulé : La France tétanisée à l’idée de perdre son rang.
« Pour être « heureux, il ne suffit pas d’avoir le bonheur, il faut le mériter », comme disait Victor Hugo. Méritons-nous vraiment ce triple A ? Lorsque l’on est le quinzième pays au monde pour l’importance de sa dette publique en proportion de sa production annuelle de richesses (79,8% du PIB). Ce classement émane de la CIA. Elle classe encore moins bien Singapour, dont le ratio dépasse 117% du PIB, tout en étant le seul pays non-occidental à afficher un triple AAA de la part des trois agences Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s. »
Georges Pauget, ancien directeur général de Crédit Agricole SA, est président fondateur de la société de conseil Economie, Finance et Stratégie, dans « Les Echos » du 2 février 2010 page 15 :
Article intitulé : Sommes-nous à la veille d’une nouvelle crise financière ?
« L’apport de liquidité est une absolue nécessité à court terme ; sur une période plus longue cela devient un poison.
En effet, un excès de liquidité conduit à des taux d'intérêt bas, anormalement bas. Dans ce contexte, les investisseurs ont naturellement tendance à rechercher un taux supérieur aux 1 % ou 1,5 % qui leur est spontanément proposé. Ils acceptent plus de risques et, ainsi que l'histoire économique récente nous l'apprend, trop de risques. Un excès de liquidité sur une période prolongée conduit à une prise de risque excessive et alimente les fameuses bulles dont on connaît les ravages lorsqu'elles éclatent.
Considérée globalement, l'économie de l'Europe et plus encore celle de la zone euro n'est pas en si mauvaise situation que cela. Un commerce extérieur excédentaire, une inflation faible, un pouvoir d'achat maintenu, une croissance certes molle (1,1 % en 2010) mais qui devrait s'accroître en 2011 pour atteindre 1,7 %
Les projets d'évolution de la régulation des banques et des marchés vont complètement changer les règles du jeu. Plus de capital pour les banques, plus de taxes aussi. Plus de contraintes sur les marchés ou pour les « hedge funds ». »
Marc Fiorentino, stratège d’allofinance.com, dans "La Tribune" du 31 mai 2010 en page 10 :
Article intitulé : « Greed » et « fear », les deux mamelles du marché..
« L'appât du gain et la peur sont les deux moteurs des marchés financiers. Les spéculateurs professionnels jouent à merveille de ces deux cordes, qui engendrent une volatilité inégalée. Et une accélération du rythme des crises financières. Le marché en apparaît de plus en plus humain, d'où la folie qui s'empare de lui, parfois, comme aujourd'hui. Alors, pourquoi cette panique avec un CAC à 3.287 points le 25 mai ? Mais pourquoi aussi l'euphorie le 15 avril avec un CAC proche des 4.100 points ? Soyons honnêtes. Il n'y a pas d'explication rationnelle, ni dans un cas, ni dans l'autre. Car les marchés sont en fait guidés, et uniquement guidés par « greed », l'appât du gain, et « fear », la peur. Aucun « fondamentaliste » ne pourra m'expliquer le CAC à 4.085 points, puis le CAC à 3.287 points quelques jours après, et peut-être un CAC au-dessus de 4.000 points avant la fin de l'année. Alors, deux conseils : ne cherchez pas d'explication à ce qui est inexplicable, et ne tombez pas dans le piège que le diable vous tend Prenez de la hauteur… »
Valérie Segond dans « La Tribune » du 26 mai 2010 «en page 13 :
Article intitulé : Marchés : attachez vos ceintures !
« Tout est bon pour flanquer le bourdon aux investisseurs, qui, à chaque statistique prêtant à l'optimisme, n'y voient que le verre à moitié vide. Ils ont pourtant obtenu tout ce qu'ils ont exigé. Ils redoutaient hier un effondrement des systèmes bancaires ? Ces derniers ont été sauvés fissa par les États. Ils se sont effrayés des déficits publics abyssaux ? La Grèce, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni et, hier, l'Italie ont saisi sans mollir leur grande hache pour tailler dans leurs dépenses avec un zèle que l'on n'imaginait guère possible dans nos démocraties. Las ! Les marchés auront surtout retenu que les cures d'austérité n'entament pas seulement le gras mais aussi le muscle. En d'autres termes, qu'elles se paient cher en dynamisme économique, et partant en profits des entreprises. On dénonçait la faiblesse de la régulation financière ? Et voilà que le vote de quelques règles aux États-Unis a brutalement rappelé aux marchés que, mieux régulées, les banques seront moins rentables. À chaque angoisse, une réponse. À chaque réponse, une angoisse. Alors, les marchés sont-ils totalement névrosés ? Ou plutôt paniqués ? Car, tôt ou tard, les forces de rappel, comme la baisse de l'euro, celle des taux longs sur les emprunts d'État ou la hausse du rendement des actions, finiront par jouer. Mais cela, les marchés ne veulent pas l'entendre. L'aversion au risque est devenue si aiguë qu'elle s'est muée en un sauve-qui-peut général se propageant à la planète tout entière. Il est vrai que si la zone euro est à plat pour trois ans, cela aura une répercussion non négligeable sur la croissance mondiale : 0,75 % de croissance par an, a calculé Natixis. Mais il n'y a pas que cela. Tout au bout du cercle vicieux des plans de sauvetage, une loi semble s'imposer : quand il n'y a plus ni dette publique, ni dette privée pour soutenir l'activité, tout se dégonfle. On savait le désendettement des économies occidentales inévitable. Sans comprendre que cet effet de levier à tous les étages était précisément ce qui avait soutenu et la croissance, et la valeur des actifs. »
« Le Monde » du 24 mai 2010 en page 24 :
630 millions d’euros, collecte nette du livret A en avril.
Bruno Moschetto, professeur de sciences économiques, dans « La Tribune » du 20 mai 2010 en page 12 :
Article intitulé : Pour l’Europe, tout sauf l’austérité.
« Les responsables politiques semblent ramer à contre-courant de la sortie de crise. Il serait temps qu'ils prennent conscience de la réalité des choses et de la fiction des dogmes. Tous les pays européens connaissent une récession significative et un chômage de masse permanent. Dans ce cas de figure, une politique de soutien de la demande s'impose. Et cette demande doit être soutenue dans ses trois composantes : consommation, investissement et exportations. Aussi, la réduction des dépenses publiques, qu'elles soient d'investissement ou de fonctionnement, est insoutenable dans le contexte actuel. Tarir la dépense publique, c'est mécaniquement réduire l'activité économique. Autrement dit, n'ajoutons pas, par une politique de l'offre, de la déflation à la déflation, selon le modèle allemand. En revanche, au risque d'un retour à une inflation maîtrisée, favorisons par une vigoureuse relance de la demande le retour de la croissance et la réduction du chômage, la pire des inégalités. L'Europe a besoin de prospérité et non pas d'austérité. »
Marie-Christine Corbier dans « Les Echos » du 20 mai 2010 en page 7 :
Article intitulé : L’Afrique veut financer son développement autrement.
« Le regard sur l’Afrique change. Le financement de son développement, aussi. D’abord, l’Afrique n’est plus obnubilée, par son problème de dette. « L’enjeu du financement des Etats ne consiste plus à re-financer leurs dettes mais à les aider à investir dans les infrastructures », explique Olivier Ray, de l’Agence française de développement. »
Alain-Gérard Slama dans « Le Figaro » du 19 mai 2008 en page 17 :
Article intitulé : Du poids des mots en économie.
« Si l’on raisonne en termes de moyenne nationale, les ménages français des classes dites moyennes n’ont pas à se plaindre par rapport à leurs voisins. Mais comment expliquer leur propension à consommer moins et à épargner davantage ? La réponse réside dans le fait que, compte tenu du creusement exponentiel de l’écart entre les revenus les plus élevés et les salaires les plus bas, le chiffrage du revenu moyen, qui paraît relativement stable, n’a aucun sens. En revanche, le revenu médian, qui concerne le plus grand nombre, ne cesse de baisser. Au-delà des complaintes sur la pauvreté des plus démunis – protégés par les minimums sociaux - , le vrai problème de la société française est celui du déclin des catégories médianes, traduit dans leur « ressenti » et dans leur crainte du déclassement de leurs enfants. Parler de rigueur à cette majorité frustrée et silencieuse est le meilleur moyen de rendre celle-ci disponible aux appels populistes du pire égalitarisme de gauche. En économie comme en politique, le choix du mot juste est un art. Dans le contexte actuel de la société française, refuser de parler de rigueur se justifie moins par la peur de dire la vérité que par la nécessité de résister à la démagogie. »
Franck Nouchi dans « Le Monde » du 19 mai 2010 en page 26 :
Article intitulé : Les marchés ? Quels marchés ?
« D'eux, tout dépend. Un jour, ils sont euphoriques, et nous avec. Un autre, ils ont un moment de déprime, et nous plongeons avec eux. Gare à leurs accès de nervosité : c'est alors toute la planète qui devient fébrile. De krach en boom, ils font la pluie et le beau temps. Mêmes les économistes en perdent leur latin. Une semaine auparavant, "les marchés", inquiets des dettes accumulés par les Etats, avaient réclamé des plans de rigueur. A peine leur souhait avait-il été exaucé qu'ils étaient à nouveau inquiets en raison même de ces plans de rigueur dont ils pensent qu'ils pourraient nuire à la relance de l'économie. Difficile à comprendre. Jean-Pierre Jouyet (président de l’AMF) tente une explication : non seulement, "les marchés" souhaitent un assainissement financier et budgétaire, mais ils veulent de la visibilité, savoir à quel horizon les déficits et les dettes vont être réduits ; comment et quand sera restaurée une croissance saine et équilibrée. Rappelant qu'il existe un lien inversement proportionnel entre l'augmentation des déficits et de la dette et la croissance. Prédisant dix années de vaches maigres - "Ceux qui prétendent le contraire vous mentent" -, le patron de l'AMF ajouta que toute la question est, dorénavant, de savoir comment répartir les efforts, comment réduire les déficits dans le respect de l'équité et de la justice. Ne pourrait-on pas, ainsi que vient de le proposer le premier ministre grec, fermer certains d'entre eux de manière à retrouver un minimum de sérénité ? M. Jouyet eut cette phrase un rien vertigineuse : "Pour fermer un marché, il faut déjà le connaître, savoir où il est. Il faudrait déjà qu'il y ait un marché." Comme il fallait bien mettre un peu de cohérence dans cet océan d'incertitudes, il ajouta : "Avant de suspendre des marchés, il faudrait d'abord les organiser." »
Agnès Bénassy-Quéré, directrice du centre d’études prospectives et d’informations internationales, propos recueillis par J.B. dans « Les Echos » du 18 mai 2010 en page 8 :
Article intitulé : La monnaie est faible au bon moment.
« Pour une fois, l'euro varie dans le sens qui nous intéresse. Traditionnellement, depuis la création de la monnaie unique, l'euro a été faible quand on voulait qu'il soit fort, et fort quand on voulait qu'il soit faible. Pour une fois il est faible à un bon moment, puisque la croissance dans la zone euro n'est pas garantie. C'est donc une bonne nouvelle pour l'Europe dans son ensemble et surtout pour les pays qui doivent s'ajuster. Ces derniers ont certes un problème de compétitivité interne par rapport au reste de la zone euro - dans ce cas, la baisse de l'euro n'y change rien -, mais cet affaiblissement de la monnaie unique va quand même leur permettre de souffler un peu. »
Les mouvements de change très rapides sont toutefois problématiques pour les entreprises, car leurs prévisions se révèlent fausses. Celles qui ont un marché essentiellement local mais qui importent des biens sont perdantes. A l'inverse, les entreprises qui fabriquent beaucoup localement mais qui vendent à l'étranger sont gagnantes. Il y a une redistribution entre les secteurs, avec des gagnants et des perdants.
Doit-on redouter un surcroît d'inflation du fait de cet affaiblissement de l'euro ?
Il y aura un surcroît d'inflation mais ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle. La baisse de l'euro permet en effet de lutter contre la déflation. Dans certains pays de la zone euro, l'inflation est très proche de zéro et menace d'être négative. Il faut éviter un scénario à la japonaise, car, une fois la déflation enclenchée, il est très difficile d'en sortir.
De plus, il n'y a pas eu de spirale inflationniste en 2007 lors de la flambée des prix des matières premières. Et c'est encore plus improbable aujourd'hui. »
François Ewald, professeur au conservatoire national des arts et métiers, « Les Echos » du 18 mai 2010 en page 17 :
Article intitulé : Les marchés ont toujours raison.
« On marche à reculons. Avant la crise, les Etats de la zone euro présentaient des budgets en déficit à la hauteur de 3 % du PIB, comme le prévoyait le Pacte de stabilité (pour autant que les comptes furent sincères). Les déficits ont explosé pour faire face à la crise, bousculant toutes les règles qu'on s'était donné. Quand cela fut fait, tout le monde applaudit la sagesse des Etats qui surent faire face par les mesures nécessaires à préserver de la catastrophe. Les marchés eux-mêmes ne pouvaient qu'applaudir puisque c'était la condition pour que la valeur des actifs cesse de s'effondrer et retrouve cette couleur qui s'intensifie avec la croissance. Mais ce sont les mêmes qui retirent aujourd'hui leur confiance dans la dette souveraine de certains Etats européens, faisant craindre un effet domino, lui-même catastrophique. Et s'ils peuvent le faire, c'est que l'observation de la conduite de dirigeants européens leur enseigne qu'elle n'obéit à aucune autre vision que de prendre dans l'urgence les mesures qui semblent permettre de sortir de la crise de l'instant.»
Sylvain Cypel dans "Le Monde" du 28 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : Une réforme XL pour les banques.
« Alan Greenspan, ancien patron mythique de la Fed et ultralibéral (« conservateur » dans le langage politique américain), a récemment jugé que « si (certaines institutions financières) sont trop grosses pour être lâchées, alors cela signifie qu’elles sont trop grosses pour exister ». »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 26 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : La Grèce et les marchés : le sage montre l’étoile et l’imbécile regarde le doigt.
« Proverbe chinois, que nous rappelle Hubert Jousset, le président du fonds Gefip : « Quand le sage montre l’étoile, l’imbécile regarde le doigt. » L’ « étoile » est en l’occurrence l’économie grecque, le « sage » représente les marchés qui s’inquiètent de son rôle étoile pâlissante. Et dans le rôle de l’ « imbécile », l’opinion publique, qui ne veut pas voir la réalité en face. »
Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 26 avril 2010 en page 10 :
Article intitulé : Régulation financière : paroles, paroles…
« Dix-huit mois après la faillite de Lehman, elles gagnent (les banques) de l'argent, beaucoup d'argent, 3,3 milliards de dollars pour un Goldman Sachs qu'on dit en pleine tourmente, 1,3 milliard pour un Morgan Stanley qui était en perte, et plus de 4 milliards de dollars pour un Citigroup quasi nationalisé et en quasi-faillite il y a un an. Et cet argent, comment l'ont-elles gagné ? En "prêtant aux familles qui essaient d'acheter une maison ? Ou de financer des études ?" Non !!! En spéculant. SPÉ-CU-LANT. Sur le marché des changes, sur les marchés des obligations, grecques, portugaises ou autres pays en difficulté, ou sur le marché des actions sans oublier les fameux dérivés et produits structurés. Car depuis la faillite de Lehman Brothers, les politiques du monde entier n'ont rien fait. Rien. Que des paroles, rien que de mots. Les bonus ? Record absolu des rémunérations des traders en 2009 avec une petite manipulation des chiffres pour mettre une partie de la rémunération en salaires et un petit décalage du paiement du bonus de quelques mois pour que cela soit moins choquant. Les hedge funds ? Vous vous rappelez ? Le G20 devait les brider, les briser, les anéantir. Le chiffre est tombé cette semaine. Les actifs sous gestion dans les hedge funds ont littéralement explosé depuis quelques mois et sont, à 2% près, à leur record absolu de 2007. Les banques ? Les gouvernements les avaient averties : elles allaient voir ce qu'elles allaient voir si elles ne prêtaient pas aux particuliers et aux entreprises...
Aujourd'hui, les PME et les TPE du monde entier n'ont pas accès au crédit et les particuliers, sauf en Chine, encore moins parce que tout l'argent des banques va sur les marchés. Quant aux paradis fiscaux, un petit miracle les a blanchis miraculeusement en quelques semaines : la liste noire est devenue grise, puis blanche... Sur papier, il n'y a plus de paradis fiscaux...
Malgré tous ces échecs, les grands de ce monde n'ont pas peur du ridicule et continuent à jouer la même partition : régulation financière, taxe sur les banques, taxe sur les transactions financières. Sans aucune peur du ridicule, ils nous répètent à chaque G20 et à chaque discours, exactement, mot pour mot, ce qu'ils ont dit avant. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 19 avril 2010 en page 25 :
Article intitulé : Nos régions ont plus avantage à attirer des retraités que des usines.
« Les sinistres se situent majoritairement au nord d’une ligne Bordeaux-Lyon, ils se produisent dans des régions relativement moins ensoleillées et plus souvent éloignées du littoral. Le géographe économiste Laurent Davezies, professeur à Paris-XII, nous le confirme dans une étude « La crise et nos territoires », que lui ont demandée la Caisse des dépôts et l’Assemblée des communautés de France. Trois grandes tendances émergent. « Les territoires productifs les plus modernes, dotés des activités à haute valeur ajoutée, s’en sont généralement mieux tirés que les autres. » C’est avant tout le cas de l’Ile-de-France. Deuxième leçon majeure, la crise a accéléré la désindustrialisation, « pour l’essentiel dans la partie nord du pays ». Troisième élément du diagnostic : « Une grande partie du Sud et de l’Ouest…n’a finalement que peu souffert de ces deux années de crise exceptionnelle. » Le grand mérite du Pr Davezies est de nous offrir une explication fine et originale. Qu’est-ce qui fait « la richesse d’un territoire » ? Au lieu de privilégier la production, industrielle, agricole ou de services, il s’intéresse aux revenus de ses habitants. Or il y a quatre façons de gagner de l’argent dans une commune. La plus voyante consiste à produire des biens ou des services vendus « à l’extérieur » (en France ou à l’étranger). Cela représente en moyenne 21,9% des revenus dans l’Hexagone. 45% des ressources proviennent de « l’économie résidentielle ». Exemple : les Parisiens qui prennent leur retraite à Nice, les salariés vivant loin de leur lieu de travail ou encore les touristes. Autant de populations qui ne dépensent pas leur argent là où elles l’ont gagné. A quoi s’ajoutent deux autres sources de revenus. Les services publics, ceux de l’Etat, des communes et des hôpitaux, qui contribuent à 10,3% de l’ensemble des gains distribués en France. De l’autre les prestations sociales (hors retraites) et sanitaires, lesquelles en représentent 22,8%. Près des quatre cinquièmes des recettes du pays, voire des emplois, échappent ainsi aux soubresauts de la conjoncture mondiale. Quelle crise ? « Jamais les stations de ski n’ont été aussi fréquentées qu’en 2008 et 2009. Les Français sont moins allés à l’étranger et de nombreuses catégories socioprofessionnelles n’ont pas vu leurs revenus baisser ! », note Laurent Davezies. »
Rémy Prud’homme, professeur émérite à l’université de Paris XII, dans "La Tribune" du 7 avril 2010 en page 13 :
Article intitulé : LGV (lignes à grande vitesse) : une économie de plus en plus onéreuse
« Le contrat de la LGV Tours-Bordeaux révèle que sans subvention publique d’au moins 50% de l’investissement total, ces lignes à grande vitesse ne pourraient être rentabilisées. Et qu’avec la construction de lignes de moins en moins rentables, ce taux de subvention sera amené à augmenter, à 70%, voire davantage. Cela fait du TGV un investissement régressif, pour lequel les pauvres financent, via la TVA, un train que ne prennent que les riches. Les 4 milliards d’euros de dépense publique génèrent donc quelque 100 millions d’euros d’économies par an : c’est une mauvaise affaire, un gaspillage de fonds publics. Qui paye les 4 milliards de subvention ? Tous les Français, principalement par l’intermédiaire de la TVA. A qui vont les gains de temps ? A ceux qui prennent les LGV. Avez-vous jamais vu beaucoup de smicards dans un TGV ? Les dirigeants, cadres supérieurs, et professions libérales, qui sont 8% de la population adulte, font 46% des utilisateurs du TGV Nord et 37% du TGV Méditerranée. Les TGV sont d’admirables machines à transférer les ressources des pauvres vers les riches. »
Anne-Marie Rocco dans « Challenges » du 25 mars 2010 en page 22 :
Article intitulé : De cette interminable crise, Stiglitz fait un cas d’école.
« Cette crise n’est pas un simple accident de parcours, comme le prétendent les banquiers, explique le professeur Stiglitz. C’est la faute du système financier. C’est un véritable cas d’école qui illustre mes théories. Une crise créée par les spéculateurs. L’orthodoxie budgétaire « fétichisme » ! Lors d’une récession, ce n’est pas le moment de réduire les dépenses, ou vous vous retrouvez dans la même situation que le président Hoover en 1929. Les pays endettés, comme la Grèce ou l’Espagne, ne sont pas en faillite. D’ailleurs, il n’y a pas besoin de les renflouer comme les gouvernements ont renfloué les banques qui, elles, étaient bel et bien en faillite. Il y a eu de grosses contributions de campagne (aux Etats-Unis) de la part des banques pour obtenir « le meilleur gouvernement que l’argent puisse acheter »»
Et dans « Capital » en page 144 :
« Joseph Stiglitz : le changement des comportements prendra du temps. Pour l’instant, nos dirigeants n’ont pas vraiment pris conscience des véritables causes de la crise. Notamment parce que nombre d’entre eux sont toujours conseillés par des gourous venus de la finance. Les institutions financières comptent aussi parmi les principaux pourvoyeurs de fonds lors des campagnes électorales. Ce très influent lobby de la finance se préoccupe avant tout de rendements élevés ou de lutte contre l’inflation et se moque de la croissance et de l’emploi. »
Philippe Escande, éditorialiste, dans « Les Echos » du 4 mars 2010 en page 14 :
Article intitulé : Pourquoi l’industrie doit se réinventer.
« L’industrie, comme l’agriculture avant elle, continue de perdre des emplois et de l’influence, sous l’effet de deux tendances inéluctables. La première d’entre elles est la course à la productivité et à l’automatisation qui ne s’arrêtera pas et qui réduit le besoin en hommes. D’autant qu’un inévitable repositionnement de la France sur le haut de gamme conduirait à accélérer encore délocalisations (pour le bas de gamme) et pertes d’emplois à cour terme, comme on l’a vu avec l’Allemagne jusqu’en 2006. La deuxième tendance de fond est l’évolution des modes de consommation vers moins de biens matériels et plus de services. Comme le montre une récente étude du trésor sur la désindustrialisation, la demande en services des ménages augmente avec le niveau de vie et a dépassé depuis deux ans la demande en biens industriels. »
Claire Gatinois et Marie de Vergès dans « Le Monde » du 20 février 2008 en page 11 :
Article intitulé : La Grèce n’est pas la seule à « maquiller » sa dette.
« Mais le pays (la Grèce) est semble-t-il, loin d’être le seul à avoir eu recours à des astuces financières conseillées par des banques de New York et de Londres. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie le Portugal mais aussi la France ont, eux aussi, « optimisé » leurs comptes avec l’aide de Goldman Sachs, JO Morgan, Barclays ou encore « feu Lehman Brothers ». « Ce serait une honte s’il s’avérait que les banques, qui nous déjà amenés au bord du précipice, ont également participé à la falsification des statistiques budgétaires de la Grèce », a réagi la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi 17 février. « Quant on est limite », on a forcément la tentation d’utiliser ces astuces-là pour essayer de réduire sa dette, commente René Defossez, stratège sur le marché des taux chez Natixis. Ce n’est pas très orthodoxe, mais ce n’est pas forcément contestable. Les mécaniques sont variées. « Elles n’ont de limites que la créativité des financiers », indique un ancien haut responsable de banque. « En utilisant des outils sophistiqués, les Etats se rendent dépendants des banques. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 22 février 2010 en page 27 :
Article intitulé : L’opinion publique allemande impose ses normes aux autres Européens.
« Des retraites aux déficits budgétaires, les pays les plus rigoureux estiment légitime de faire prévaloir leurs conceptions. Les Allemands ont décidé, il y a déjà plus de deux ans que l’âge légal de la retraite serait porté, par étapes, à 67 ans. Au nom de quoi consentiraient-ils un secours financier à la Grèce, dont les salariés se mettent en grève sous prétexte que leur gouvernement veut relever de 61 à 63 ans le départ à la retraite ? Cette question, posée par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, exprime bien l’état d’esprit qui règne outre-Rhin. Et c’est la raison pour laquelle la chancelière Angela Merkel a renoncé – à aider le gouvernement Papandréou en espèces sonnantes et trébuchantes. Les salaires ont progressé pratiquement trois fois plus vite en Grèce qu’en Allemagne au cours des quatre années 2005 – 2008. La hausse a été de 24,9% en moyenne chez l’une et de 8,4% dans l’autre. Les Berlinois n’ont donc pas lieu de s’émouvoir quand ils apprennent que les traitements des fonctionnaires pourraient baisser à Athènes »
Rubrique regards de « Challenges » du 4 février en page 9 :
« Dans la tranche des 24-29 ans, un jeune Britannique sur quatre vit chez ses parents. Pour les filles, c’est une sur huit. »
François Lenglet, dans "La Tribune" du 30 janvier 2010 ;
Article intitulé : Le déjeuner de François Lenglet : George Soros, le financier qui ne croit pas à la fin de la crise
« Nous ne sommes pas sortis du bois », avertit-il d'entrée. « La superbulle financière qui a explosé en 2008 a été en partie regonflée par les mesures de sauvetage de l'économie mondiale. Il y a un vrai risque de rechute en 2011. » Selon lui, les acteurs s'alimentent mutuellement en illusions qui gagnent en force à mesure qu'elles se transmettent de l'un à l'autre. Illusions d'autant plus séduisantes qu'elles permettent d'encaisser des fortunes, lorsqu'on sait en jouer. Les esprits simples diraient que les financiers sont moutonniers, mais Soros, qui se pique de philosophie, a inventé un nouveau mot pour qualifier le phénomène : la « réflexivité. Quand une voiture dérape, il faut accompagner sa trajectoire avec le volant, avant de reprendre le contrôle avec un mouvement vigoureux. Avec la finance, c'est pareil. Le coup de volant d'Obama est prématuré, car la voiture dérape toujours. Et si même c'était l'heure, il n'est pas suffisant. Alors, que faire ? Contrôler la production du crédit, qui permettra de lutter contre les bulles spéculatives. « Si l'accès au crédit est facile, il n'y a rien de plus rationnel, pour un investisseur, que de mettre son argent dans une bulle. Dès que j'en vois une, j'achète. » »
Corinne Lhaïk et Benjamin Masse-Stamberger, dans "L’Express" du 21 janvier 2010 en page 14 :

Article intitulé : Denis Kessler. Il faut réformer l’organisation du patronat.
" La régulation est toujours en retard d’une crise. Tout krach économique est suivi d’un boom réglementaire. Cela rassure, on se dit : « Plus jamais ça ! » Mais cela permet rarement de prévenir le cycle et la crise suivante. La preuve, c’est qu’on vient d’en connaître une grave, que tous les développements réglementaires et prudentiels précédents n’ont pas empêchée : CQFD. De nouvelles bulles sont d’ailleurs déjà en train de se constituer. La première, c’est la bulle monétaire. La Réserve fédérale a été créée en 1913. En septembre 2008, avant la chute de Lehman, son bilan était de 1 000 milliards de dollars. A la fin d’octobre 2008, il a atteint le double : 2 000 milliards ! 95 ans d’un côté, six semaines de l’autre ! Certes, cela a été salutaire pour empêcher que la crise aiguë de liquidité ne dégénère en crise systémique. Mais cela crée un risque de reprise de l’inflation si on ne parvient pas à stériliser les effets de cette incroyable création monétaire. Le problème de notre pays, c’est qu’il s’est déséquilibré il y a maintenant près de quarante ans et qu’on n’a jamais réussi à rattraper le temps perdu. Du coup, les réformes arrivent toujours en retard et l’on se retrouve en train de les faire au moment où c’est le plus difficile. Prenez les retraites le livre blanc de Michel Rocard date de 1991 et l’on ne va s’en occuper vraiment qu’en 2010. La vraie politique économique est toujours structurelles, jamais conjoncturelle. Depuis trop longtemps, on gère dans l’urgence, on let en œuvre des plans de crise, on essaie de boucler les fins de mois. Notre pays ne s’en sortira vraiment que si son horizon politique et économique redevient un horizon long terme, intégrant le sort des générations futures. L’histoire montre que l’entropie est croissante au cours de la crise, et que la troisième année est souvent la pire, car les gens fatigués, n’ont plus la patience d’attendre…2010 risque donc d’être difficile. »
Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 18 janvier 2010 page 12 :
« Plus personne ne veut consommer, tout le monde veut épargner. Dès lors aucun pays ne peut compter sur sa consommation intérieure pour se relancer, malgré les centaines de milliards coulés par les gouvernements dans des plans inefficaces. Or, on a appris au premier cours d’économie que la croissance ne peut avoir que trois moteurs. La consommation. Pour l’instant c’est foutu. L’investissement. Bof. Quelle entreprise a vraiment envie d’investir dans un climat aussi incertain ? Et… les exportations ! Eureka ! Il faut donc relancer les exportations pour relancer l’économie. Et comment relancer les exportations ? En suivant l’exemple de la Chine bien sûr. Cela fait des années que le yuan est volontairement sous-évalué de 30% à 50%. Et ça marche. Oui mais voilà, il y a un petit problème. Le marché des changes est un jeu à sommes nulle. Pour qu’une monnaie baisse, il faut donc trouver le pays ou la zone « pigeon » qui va accepter de voir sa devise monter pour que les autres pays puissent solder. Les traders sur le marché des changes se disent que finalement l’euro pourrait bien être le dindon de la farce de cette vague de soldes de devises de tous les pays. »
Michel Cicurel, président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, dans « Les Echos » du 4 janvier 2010 page 10 :
« La reprise actuelle est alimentée par la baisse des prix des produits de base, la fin du mouvement de déstockage des entreprises, le soutien des Etats aux banques et à l’économie, et le déluge de liquidité déversées par les banques centrales. Une chose est certaine : les guichets de la Sécurité sociale mondiale ont fermé et laissent la planète travailler sans filet. Mais il faut dire que les principaux facteurs qui ont déclenché la crise se sont aggravés depuis. Les grandes banques, jugées incontrôlables avant la crise, ont encore pris de l’embonpoint. »