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COMPTABILITE

 

M. RN. dans « Les Echos » daté du 2 août 2010 en page 25 :
Article intitulé : L’IASB propose une norme unique pour les assureurs.
« Les compagnies d'assurances risquent d'avoir moins de liberté dans la manière dont elles comptabilisent leurs contrats d'assurance-vie.  « Une révision fondamentale de la comptabilité dans le secteur de l'assurance était attendue depuis longtemps, les pratiques actuelles rendant leurs informations financières incompréhensibles à tous, même aux experts », a expliqué le président de l'IASB, David Tweedie, dans un communiqué. Difficile pour l'heure de prévoir l'impact qu'aurait cette norme sur les mastodontes européens du secteur tels AXA ou Allianz. Mais, compte tenu de la méthode suivie par les membres de l'IASB, fondée sur l'évaluation actualisée des flux de trésorerie, celle-ci peut potentiellement accroître la volatilité des résultats des assureurs, en sensibilisant davantage leurs résultats aux mouvements du marché. »


Benjamin Jullien dans « La Tribune » du 26 juillet 2010 en page 23 :

Article intitulé : Paris veut remettre la comptabilité au service de l’économie réelle.

 « La comptabilité doit servir les intérêts de tous les acteurs de l’économie, et pas seulement ceux des investisseurs financiers. » C’est sur ce principe que Jérôme Haas compte fonder l’action de l’Autorité des normes comptables (ANC) qu’il préside. Pour lui, il faut modifier la gouvernance de l’IASB (« International Accounting Standards Board ») en faisant une place à toutes les parties prenantes, et notamment les entreprises et les organes de supervision, afin que la normalisation prenne bien en compte l’intérêt général. »

Pascal Boulard, portrait de Alain Pons président de Deloitte France, dans « La Tribune» du 21 juin 2010 en page 14 :


Article intitulé : Alain Pons, restaurateur de confiance.
« « Les gens se nourrissent de crainte et la volatilité du marché se nourrit d’elle-même », souligne-t-il. Les Etats eux-mêmes, garants en dernier recours, sont réduits à prendre des mesures, à décider des politiques de rigueur. On est condamné à restaurer la confiance, mais cela ne se décrète pas, car des phénomènes irrationnels entrent en jeu. »

Réjane Reibaud dans « Les Echos » daté du 17 juin 2010 en page 30 :

Article intitulé : Normes comptables : les contre-propositions des établissements bancaires.
« « Les régulateurs comptables se trompent dans leur projet de réforme. » Le ton était donné, hier, lors d’une conférence de presse de la Fédération bancaire française (FBF) sur les normes comptables. En cause toujours, la valorisation des actifs financiers à leur juste valeur ou valeur de marché. Cette méthode a été décriée par de nombreuses banques, spécialement françaises, mais aussi pas quelques politiques européens car elle a été considérée comme un vecteur de la crise dans les établissements financiers en les obligeant à déprécier sans cesse la valeur de leurs actifs dans des marchés devenus illiquides. Du coup, l’IASB (International Accounting Standards Boards) l’organisation internationale chargée de rédiger les normes comptables de référence a opté fin 2009 pour des règles mixtes : les instruments les plus prévisibles conservés jusqu’à leur échéance sont comptabilisés à leur coût amorti tandis que les instruments complexes et les actions cotées et non cotées le sont à la valeur de marché. La FBF veut croire à une troisième voie. « La crise n’a pas conforté la théorie des marchés efficients, qui constitue le fondement conceptuel de l’approche de la juste valeur, estime Pierre de Lauzun. Selon nous, un modèle de valorisation doit prendre en considération la combinaison de trois critères simultanés et non substituables, poursuit Jean Paul Caudal, directeur de la supervision bancaire et comptable de la FBF. Ces critères sont le modèle d’entreprise qui détient des actifs financiers, les caractéristiques du mixte de rémunération de l’instrument financier et la liquidité du marché de ces instruments. » »

 

Benjamin Jullien dans « La Tribune » du 17 mai 2010 en page 25 :


Article intitulé : l’IASB propose une réforme a minima sur la dette propre.
 «  Le seul amendement notable vise à mettre fin au paradoxe de la « dette propre ». Dans le système actuel, lorsqu'une société choisit de valoriser, au passif de son bilan, les obligations qu'elle a émises à la juste valeur, c'est-à-dire selon leur prix de marché, toute dégradation de sa signature de crédit a pour effet de réduire la valeur comptable de son passif. Ce qui se traduit dans ses états financiers par un gain au compte de résultat, de la même façon qu'une dépréciation de son actif se traduit par une perte. En somme, plus l'émetteur va mal, plus il dégage du profit ! Selon La Lettre Vernimmen, ce phénomène a permis en 2008 aux géants bancaires, dont la qualité de crédit s'effondrait, de comptabiliser d'énormes profit virtuels : 7,8 milliards pour Deutsche Bank, 5,6 milliards pour Morgan Stanley, 3,2 milliards pour Crédit Suisse ou encore 1,1 milliard pour BNP Paribas.  « Il aura fallu des années avant que l'IASB décide de corriger cette absurdité, critiquée unanimement ; mais elle refuse d'aborder la question de fond : ce cas limite montre que la valorisation de marché est, plus souvent qu'on croit, non pertinente, fait observer Jérôme Haas, président de l'Autorité des normes comptables. »

Elsa Conesa, chef adjoint du service « Finances » aux Echos, dans « Les Echos » du 25 mars 2010 en page 14 :
Article intitulé : Bâle III : ce qui fait vraiment peur aux banquiers.
«  Les banquiers n'y vont pas de main morte. Après avoir déclenché la crise, appelé les pouvoirs publics à l'aide, restreint le crédit pour les PME, surpayé leurs traders, voilà qu'ils menacent de ne plus financer l'économie. « On va dans le mur », répètent-ils d'une seule et même voix. A les entendre, les futures normes de solvabilité, dites de Bâle III, qui doivent éviter que les excès de la crise ne se reproduisent, sonnent la fin du financement bancaire.  Après la faillite de Lehman fin 2008, le monde a progressivement pris conscience de l'état des bilans des grands établissements et de l'ampleur de l'endettement auquel ils avaient eu recours pour chercher la rentabilité. Autrement dit, du très faible niveau de capital mis en face des actifs ou activités risqués. Résultat : des rentabilités stratosphériques, dépassant 100 % dans certains métiers. Et des recapitalisations massives par les Etats lorsque les défauts sont survenus. Les banques devront aussi rallonger leur refinancement, et ne plus financer des crédits à 15 ans avec de la dette à 3 mois. Mais voilà que l'industrie de la finance, qu'on attendait plus proactive, crie au scandale. Trop de fonds propres, trop de contraintes sur la liquidité, cela va peser sur la distribution du crédit, nous dit-on. Un raisonnement efficace, mais pas totalement honnête. En privé, certains banquiers divergent. La réalité, c'est que les banques européennes sont encore trop endettées, beaucoup plus que les banques américaines, même en tenant compte des différences de traitement comptable. Un an et demi après le déclenchement de la crise, leurs bilans valent encore plus de 40 fois leurs fonds propres. Trois fois trop. Si l'on s'en tient au bon vieux ratio de solvabilité qui imposait aux banques de détenir l'équivalent de 8 % de leurs actifs en fonds propres, le multiple ne devrait pas dépasser 12. Moralité, il faut réduire le levier, facteur redoutable d'amplification et de distribution du risque au reste du marché. Ce qui implique à la fois d'augmenter les fonds propres et de réduire le bilan des banques en cédant des actifs. Un ajustement qui ne doit pas se faire par la restriction du crédit, mais bel et bien là où est logé le risque : dans la banque d'investissement. Si l'on s'en tient aux fondamentaux de la banque, les crédits doivent pouvoir être financés par les dépôts des clients, le recours aux marchés devant rester marginal. C'est même la base du métier, la crise l'a rappelé. Critique émise par les professionnels, la création de « coussins contracycliques », ces réserves de fonds propres que les banques devront constituer en haut de cycle pour faire face aux crises, en réduisant la distribution aux actionnaires. En relevant le niveau général des fonds propres, ces coussins viendraient grever là encore la distribution du crédit. Pourtant, une étude de la Banque d'Angleterre montre que si les banques britanniques avaient réduit de 20 % la distribution du résultat à leurs actionnaires entre 2000 et 2008, elles auraient eu suffisamment de fonds propres pour traverser la crise sans avoir recours aux injections de l'Etat. La réalité, c'est aussi que, pour les banques, l'enjeu n'est pas celui du financement de l'économie, mais bien celui de la rentabilité. Le premier effet des nouvelles normes, c'est de réduire mécaniquement le rendement des fonds propres des banques, le sacro-saint « RoE ». Mais, c'est là encore une des leçons de la crise, on ne peut pas durablement afficher une rentabilité de 15 % quand la croissance mondiale est de 3 %. La rentabilité des banques doit baisser. »

Olivier Pastré, professeur à l’université Paris-VIII dans « Les Echos » du 25 février 2010 en page 13 :
Article intitulé : Solvency II est une usine à chômeurs.
« Ce titre peut paraître provocateur, mais il est simplement prémonitoire. Dans l’indifférence générale, en pleine crise, les autorités de régulation internationale des compagnies d’assurances sont en train de définir de nouvelles normes prudentielles qui – pour simplifier à peine – vont interdire aux assureurs d’investir en actions. Plus exactement, les exigences de fonds propres complémentaires que les assureurs vont se voir infliger seront tellement lourdes que deux-ci seront presque obligés de vendre leur portefeuille action (cotées et, plus grave encore, non cotées) ou, à tout le moins, de ne pas accroître celui-ci. On marche sur la tête ! En plein coeur de la crise (car celle-ci n’est pas finie), tout semble fait pour décourager les institutions financières de faire leur métier (c’est-à-dire de financer les entreprises). Le portefeuille actions des assureurs français représentait 352 milliards d’euros en 2008, soit l’équivalent de 40% de la capitalisation boursière de la place de Paris. Il faut cesser de croire que les modifications des réglementations financières n’ont aucun impact social. Moins de retraites et, surtout, moins de financement des entreprises, cela se traduit aussi par de la « casse » humaine. Il n’est que de constater la dégradation des conditions d’existence de certaines catégories de retraités ou d’observer les « dégâts du progrès » dans les entreprises qui déposent leur bilan faute de financement, pour s’en rendre compte. Solvency II, réforme concoctée en chambre, est probablement une des réformes financières dont le pouvoir de destruction d’emplois est le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les politiques doivent cesser de considérer qu’il s’agit d’un problème strictement technique. »


Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, dans "Le Figaro" du 22 janvier 2010 en page 14 :
Article intitulé : Les enjeux politiques insoupçonnés des règles comptables.
" Fin janvier, chefs d’Etats, dirigeant d’entreprise et experts seront réunis à Davos pour « repenser, redessiner, reconstruire l’état du monde ». Au cœur de cette régulation se trouve la question des normes comptables dont l’insuffisance a amplifié la crise, en la diffusant à l’économie mondiale. Leurs effets déstabilisateurs sont pour l’essentiel, venus de l’application du mécanisme de la « valeur de marché » : la baisse des Bourses a entraîné la baisse des actifs des institutions financières, les conduisant à réduire leurs prêts et leurs investissements dans l’économie, ce qui a encore amplifié la crise et entrave aujourd’hui la reprise. La publication, il y a quelques semaines, de la première réponse de l’IASB est inquiétante. Ce nouveau texte accroît en effet l’utilisation de la valeur de marché, notamment, en prévoyant que les variations des Bourses impacteront le résultat des investisseurs, même s’ils n’ont pas vendu d’actions ! Il ne s’agit pas de faire des normes comptables le bouc émissaire de la crise financière. Mais les principes proposés par les normalisateurs internationaux accroissent le risque de contraction des sources de financement de l’économe. Comptabiliser les actifs selon leur valeur instantanée transfèrerait sur les fonds propres la volatilité des marchés. « Accroître la volatilité des bilans des grandes entreprises et des institutions financières, ce sera autant d’emplois détruits, d’investissements bloqués, d’efforts d’innovation contrariés. ». »


Henri de Castries, patron de l’assureur AXA, dans "Le Nouvel Observateur" du 22 janvier 2010 en page 52 :
Article intitulé : Le capitalisme a échappé à ses maîtres…
" C’est la régulation qui a conduit à cette situation. L’une des erreurs a été de penser que la stabilité du système serait atteinte par l’uniformité des règles, qu’elles soient comptables ou prudentielles. Cela a, au contraire créé un système moutonnier, instable. On ne peut demander à un marchand de fleurs et à un pépiniériste de valoriser leurs stocks de la même manière, c’est-à-dire tous les jours. Pour le producteur de fleurs, il s’agit d’un système comptable approprié. Mais le pépiniériste ne va pas sortir les plantes de terre tous les jours pour savoir combien il peut les vendre ! Demander aux assureurs de se comporter comme s’ils devaient tout vendre demain matin les empêche d’acheter des actions quand les marchés sont bas, et limiter ainsi l’effondrement, tout en créant de la valeur pour leurs assurés. Ce n’est pas un hasard si les grandes sociétés d’assurance européennes, qui avaient 30% d’actions dans leur bilan en 2000, et 15% en 2007, en ont moins de 5% aujourd’hui… »

Philippe Leroy, PDG de Détroyat Associé,  dans « La Tribune » du 5 janvier 2010 en page 12 :
«  Dans l’application des normes IFRS, les comptables doivent enregistrer des opérations de valorisations ou de dévalorisations d’actifs. Les valeurs sont déterminées par une approche financière qui, par nature, s’intéresse aux flux futurs et dont la matière première est le risque qui leur est associé, le gain ou la perte potentiels que cela représente. Autant de lots, de concepts et de pratique qui sont à l’opposé de la démarche comptable. D’une certaine façon, les financiers n’ont plus voulu faire leur métier, qui est d’évaluer les sociétés, et ils ont cherché à faite endosser la responsabilité de se prononcer sur la valeur des biens sur d’autres épaules que les leurs. Symétriquement, les comptables ont fait une ingérence dans la finance pour faire des évaluations d’actifs à la place des financiers. Le paradoxe de cette construction est que par besoin de se protéger (aussi), les comptables font alors signer toutes sortes de décharges aux dirigeants de l’entreprise qu’ils sont censés contrôler. C’est un exercice circulaire dont on a du mal à percevoir qui porte la responsabilité et où la zone grise procure, de bonne foi, aux sociétés des marges d’interprétation tout en donnant l’impression de respecter des règles très strictes. »

 



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