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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Claire Gatinois et Laurence Girard dans « Le Monde » du 2 juillet 2011
Article intitulé : Le spectre d'une nouvelle bulle Internet apparaît
« L'histoire bégaie-t-elle ? Dix ans après la bulle Internet, une nouvelle forme d'euphorie s'empare des investisseurs à Wall Street. Cette fois-ci la nouvelle génération des AOL, Lycos ou Yahoo! sont les sociétés agissant dans le domaine des réseaux sociaux sur Internet. Entré en Bourse en mai, LinkedIn, le réseau social professionnel, affiche une capitalisation boursière de 8,6 milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires de 240 millions de dollars en 2010. " Du délire ", commente un analyste à New York. Le cours de Bourse valorise en effet la société 517 fois ses bénéfices ! A titre de comparaison, une entreprise " ordinaire " s'échange sur le marché 10 à 12 fois les bénéfices. Les gérants ont de l'argent à placer : la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale américaines (Fed), le " QE2 ", a provoqué une abondance de liquidités aux Etats-Unis. Autre élément qui alimente la fièvre des chercheurs d'or : les grands acteurs de la high-tech sont assis sur des montagnes de cash. Microsoft, qui dispose de 50 milliards de dollars de trésorerie, vient de débourser 8,5 milliards pour s'emparer du réseau de téléphonie Les experts mettent en garde contre ce qui ressemble étrangement à une nouvelle bulle prête à éclater. La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme des marchés aux Etats-Unis, alerte les investisseurs sur son site contre les introductions en Bourse parfois spéculatives. Les analystes ont le sentiment de revivre une période passée avec les mêmes travers. " En présentant ces sociétés aux investisseurs, le discours des "capitaux-risqueurs" est le même qu'il y a dix ans ", faisant miroiter des croissances phénoménales, observe Clément Decombe analyste chez Meeschaert Capital Markets, à New York. A une différence notable : les sociétés qui se présentent sur les marchés ont déjà des revenus. »
Anne Drif dans « Les Echos » du 21 juin 2011
Article intitulé : Bâle III pousse les banques à relancer le « shadow banking »
« C’est l’un des paradoxes de la réforme de la régulation bancaire. Les nouvelles normes de Bâle III favorisent le « shadow banking » (finance parallèle peu ou pas régulée) et, plus précisément, la titrisation, cette technique de transferts de crédits en plein boom avant la crise financière. « Les besoins de financement de l’Europe seront considérables dans les années qui viennent, avec 1.000 milliards de dette qui doivent être refinancés dans les deux ans selon la BCE. Il est ainsi crucial qu’un marché plus solide et renforcé ait sa part aux côtés d’autres outils de financement, comme les prêts bancaires, les obligations sécurisées et les dépôts. » Bien que convalescente, la titrisation repart. Au premier trimestre, les banques européennes ont émis 114 milliards d’euros, le volume le plus significatif depuis dix ans après les années 2007 et 2009. L’an dernier, elles ont mené 382 milliards de transactions, plus que de 2000 à 2005. Parmi les actifs cédés par les banques, les prêts et obligations d’entreprises (CDO-CLO) qui avaient beaucoup souffert de la crise de 2008 dans leurs versions les plus complexes (CDO de CDO) ont été très actifs avec 29,6 milliards émis. La relance des CDO a été particulièrement forte sur les trois premiers mois de l’année, à 7,1 milliards , contre un rythme de 1 milliard seulement l’an dernier par trimestre. Aux Etats-Unis, les banques ont vendu pour 3,4 milliards de dollars de dette l’an dernier, plus que le double de 2009, relève de son côté Bloomberg. Dernier signe de ce retour en grâce, Morgan Stanley a bouclé un fonds CLO de 461 millions de dollars, confié à Apollo. En transférant du risque, ces transactions sont en outre un garde-fou aux crises futures. En 2002, une grave crise bancaire a été évitée grâce aux transferts sur les crédits aux entreprises. »En face des banques, les contreparties sont demandeuses. Les fonds souverains et les « family offices » viennent chercher du rendement, quand les assureurs et les institutionnels y trouvent aussi un moyen de diversifier leurs risques. « Certains investisseurs, tels que les ’family offices’ sont circonspects à l’égard des dettes bancaires, mais cherchent des capacités de rendement, souligne-t-il. Grâce aux économies de fonds propres, les banques peuvent leur offrir un rendement supplémentaire, soit de 12 à 15 % d’intérêts nets. En outre, alors que les ’hedge funds’, les plus à même de dégager de la performance, prennent des commissions de 2 à 20 % dès le premier euro investi, ces transactions gérées par des fonds fermés n’impliquent des frais qu’une fois le rendement réalisé. » Des intérêts convergents, qui assurent un solide futur à la titrisation. Ironie du sort, ce sont aussi parfois des intermédiaires qui ont été les plus agressifs en titrisation avec la création des SIV, tombées en quasi-faillite, comme celle de Cheyne Capital, sauvée par Goldman Sachs, qui s’en trouvent aujourd’hui les arrangeurs. »
Commentaire : Sans parole.
Jérôme Marin dans « La Tribune » du 25 mai 2011
Article intitulé : Et revoilà la bulle internet
« Chacun des 1 300 employés de Linkedln vaut aujourd’hui près de 7 millions de dollars. Le réseau social est valorisé 600 fois son bénéfice net 2010. Et 37 fois son chiffre d’affaires, contre moins de 6 fois pour Google. »
Takeo Hoshi, professeur d’économie à l’université de Californie (San Diego), dans « Le Monde » du 14 novembre 2009 page 21 :
«Si l’essentiel de cette crise financière mondiale est maintenant derrière nous, il est important de souligner que ce ne sera pas la dernière. Sauf si des régulations très contraignantes encadrent le système financier (ce qui ne serait pas souhaitable), les agents économiques vont trouver de nouvelles voies pour faire des paris et des erreurs en même temps. »
Jean Peyrelevade, dans « Le Figaro » du 14 novembre 2009 page 20 :
« Le G20 de Pittsburgh fin septembre fut un succès, simplement de s’être tenu. Mais sur la régulation du capitalisme financier, son échec est déjà consommé. La prochaine crise mondiale est en route. On ne fait pas une politique à coup de réactions instantanées, émotionnelles et imposées par l’urgence des événements. Le système monétaire dématérialisé dans lequel vivent aujourd’hui les économies de la planète a moins de cent ans d’existence. La monnaie est un bien collectif, ciment du vivre-ensemble dans l’ordre économique. Or, elle porte la marque contradictoire de son origine. Sa création est le fait du système bancaire qui en a le monopole, en contrepartie exacte des crédits qu’il consent à l’économie. Le crédit bancaire crée de la monnaie. Celle-ci, bien public, naît d’une activité lucrative de prise de risques sur des emprunteurs privés. La banque, gardienne obligée de la monnaie qu’elle émet, n’exerce pas une activité marchande comme les autres mais est un vrai service public qui devrait être géré comme tel. On en est loin. Le système bancaire est le cœur du réacteur. Il doit être invulnérable. Le casino doit être extérieur à la banque. Les banques devenues universelles et attirées par l’appât du gain, se précipitèrent vers le risque de marché. Le pouvoir de lobbying des professions financières serait-il devenu si lourd que d’interdire une vraie réforme ? Si tel est le cas, l’avenir est sombre. »
François Ecalle, chargé de cours à l’Université Paris I, dans « Le Nouvel Economiste » du 5-11 novembre page 16 :
« ….aux disciples de Madoff qui gèrent les finances publique. La gestion publique de la dette publique, aussi bien en France que dans bien d’autres pays, est un grand jeu de Ponzi, tout à fait semblable à celui que Bernard Madoff a organisé. Comme dans celui de Ponzi, le jeu s’arrête lorsque le ministre des finances n’arrive pas à multiplier suffisamment les montants d’une période à l’autre. L’Etat ne peut alors plus honorer ses engagements et c’est la cession des paiements. Pour arrêter le jeu avant la catastrophe (…), il n’y a que deux solutions : augmenter les prélèvements obligatoires ou couper dans les dépenses. Plus le jeu dure longtemps et plus il est difficile de l’arrêter. »
Henry Lauret dans « Le Nouvel Economiste » du 5-11 novembre 2009 page 6 :
« Sait-on du reste que la monnaie en circulation progresse en ce moment de 31% par an, deux fois plus qu’avant la crise ? Pure folie. La bulle prospère ? Fausse monnaie ou pas, on voit mal de quoi les marchés qui n’ont pas su se raisonner hier, le feraient aujourd’hui. Bulle boursière. Bulle du pétrole et des matières, elles aussi directement imputable à la spéculation. Comme dans les belles années d’avant la crise… »
Jacques Julliard dans « Le Nouvel Observateur» du 4 novembre 2009 page 44 :
« Jacques Julliard cite Nicolas Baverez « Les banques de Wall Street ont versé 33 milliards de bonus pour 2008, en dépit de leurs 70 milliards de pertes et grâce aux 175 milliards d’aides publiques reçues ». J’ai déjà indiqué ici que la folie de l’enrichissement, chez les financiers, est devenue une véritable lèpre systémique ; car c’est elle, cette folie, auri sacra fames, qui explique la course vertigineuse de la spéculation, la création de bulles financières totalement extravagantes. Nous vivons au quotidien, nous mangeons, nous voyageons, nous aimons, nous raisonnons, nous éditorialisons comme si le monde entier n’était pas gouverné par des fous, j’entends des fous cliniques, que le moindre bon sens commanderait d’enfermer : les maîtres de la finance, qui retournent, une fois l’alerte passée, à leur thésaurisation comme des détraqués sexuels à leurs fantasmes. A quand une castration chimique pour les banquiers ? C’est toute l’économie mondiale qui s’est mise à ressembler à une véritable pyramide de Ponzi* Depuis un an, je l’ai souvent pensé, sans oser l’écrire. Merci à Baverez de l’avoir fait. »
* La pyramide de Ponzi est un système financier de fuite en avant perpétuelle, où les nouveaux dépôts paient les intérêts considérables des anciens, jusqu’à explosion de la bulle.
Michel Rocard dans « Les Echos » du 19 octobre 2009 :
A la question posée : Concernant le grand emprunt, ce sera un investissement public pour des bénéfices privés…..il répond « Nous sommes très attentif à cela, car c’est un peu l’état d’esprit de certains lobbys. Il n’est absolument pas question de tomber dans ce travers. Le secteur public n’est pas là pour être racketté ! C’est le credo d’une partie de la pensée capitaliste, foncièrement malhonnête. Il va falloir encore d’autres crises avant que cette culture du mépris de la puissance publique, cette mode monétariste, ne disparaisse. »
Martin Wolf, éditorialiste économique « Financial Times » dans « Le Monde » du 6 octobre 2009 page 2 :
« Ce qui a entraîné le monde dans la crise, c’est, nous le savons maintenant, un secteur financier mal géré, irresponsable, fortement concentré et sous-capitalisé, miné par les conflits d’intérêts et bénéficiant des garanties publiques implicites » « Ce qui en émerge est un secteur financier un peu mieux capitalisé, mais encore plus concentré et bénéficiant de garanties publiques explicites. Ce n’est pas un progrès : cela signifie que nous connaîtrons dans les années à venir de nouvelles crises, plus nombreuses et plus graves. »
Michel Rocard dans « Le Monde » du 28 septembre 2009 page 10 :
« Le système bancaire comporte encore en son sein des éléments porteurs de cris. Ces éléments doivent disparaître. Sinon ça va recommencer. Allusion est faite aux produits dérivés notamment. Ce sont eux qui ont provoqué le quadruplement des prix du pétrole entre 2002 et 2006 et le doublement des cours du blé, du maïs ou du soja. Cela a abouti aux émeutes de la faim en Afrique, qui ont fait plusieurs milliers de morts dans une douzaine de pays. »
Jean-Pierre Castel, consultant indépendant, dans « Les Echos » du 18 septembre 2009 :
« Dans le cas du cuivre, les investisseurs financiers ont ainsi été responsables de plus de 30% de la flambée des cours 2007-2008 et de plus de 60% de la reprise depuis début 2009.