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Takeo Hoshi, professeur d’économie à l’université de Californie (San Diego), dans « Le Monde » du 14 novembre 2009 page 21 :
«Si l’essentiel de cette crise financière mondiale est maintenant derrière nous, il est important de souligner que ce ne sera pas la dernière. Sauf si des régulations très contraignantes encadrent le système financier (ce qui ne serait pas souhaitable), les agents économiques vont trouver de nouvelles voies pour faire des paris et des erreurs en même temps. »
Jean Peyrelevade, dans « Le Figaro » du 14 novembre 2009 page 20 :
« Le G20 de Pittsburgh fin septembre fut un succès, simplement de s’être tenu. Mais sur la régulation du capitalisme financier, son échec est déjà consommé. La prochaine crise mondiale est en route. On ne fait pas une politique à coup de réactions instantanées, émotionnelles et imposées par l’urgence des événements. Le système monétaire dématérialisé dans lequel vivent aujourd’hui les économies de la planète a moins de cent ans d’existence. La monnaie est un bien collectif, ciment du vivre-ensemble dans l’ordre économique. Or, elle porte la marque contradictoire de son origine. Sa création est le fait du système bancaire qui en a le monopole, en contrepartie exacte des crédits qu’il consent à l’économie. Le crédit bancaire crée de la monnaie. Celle-ci, bien public, naît d’une activité lucrative de prise de risques sur des emprunteurs privés. La banque, gardienne obligée de la monnaie qu’elle émet, n’exerce pas une activité marchande comme les autres mais est un vrai service public qui devrait être géré comme tel. On en est loin. Le système bancaire est le cœur du réacteur. Il doit être invulnérable. Le casino doit être extérieur à la banque. Les banques devenues universelles et attirées par l’appât du gain, se précipitèrent vers le risque de marché. Le pouvoir de lobbying des professions financières serait-il devenu si lourd que d’interdire une vraie réforme ? Si tel est le cas, l’avenir est sombre. »
François Ecalle, chargé de cours à l’Université Paris I, dans « Le Nouvel Economiste » du 5-11 novembre page 16 :
« ….aux disciples de Madoff qui gèrent les finances publique. La gestion publique de la dette publique, aussi bien en France que dans bien d’autres pays, est un grand jeu de Ponzi, tout à fait semblable à celui que Bernard Madoff a organisé. Comme dans celui de Ponzi, le jeu s’arrête lorsque le ministre des finances n’arrive pas à multiplier suffisamment les montants d’une période à l’autre. L’Etat ne peut alors plus honorer ses engagements et c’est la cession des paiements. Pour arrêter le jeu avant la catastrophe (…), il n’y a que deux solutions : augmenter les prélèvements obligatoires ou couper dans les dépenses. Plus le jeu dure longtemps et plus il est difficile de l’arrêter. »
Henry Lauret dans « Le Nouvel Economiste » du 5-11 novembre 2009 page 6 :
« Sait-on du reste que la monnaie en circulation progresse en ce moment de 31% par an, deux fois plus qu’avant la crise ? Pure folie. La bulle prospère ? Fausse monnaie ou pas, on voit mal de quoi les marchés qui n’ont pas su se raisonner hier, le feraient aujourd’hui. Bulle boursière. Bulle du pétrole et des matières, elles aussi directement imputable à la spéculation. Comme dans les belles années d’avant la crise… »
Jacques Julliard dans « Le Nouvel Observateur» du 4 novembre 2009 page 44 :
« Jacques Julliard cite Nicolas Baverez « Les banques de Wall Street ont versé 33 milliards de bonus pour 2008, en dépit de leurs 70 milliards de pertes et grâce aux 175 milliards d’aides publiques reçues ». J’ai déjà indiqué ici que la folie de l’enrichissement, chez les financiers, est devenue une véritable lèpre systémique ; car c’est elle, cette folie, auri sacra fames, qui explique la course vertigineuse de la spéculation, la création de bulles financières totalement extravagantes. Nous vivons au quotidien, nous mangeons, nous voyageons, nous aimons, nous raisonnons, nous éditorialisons comme si le monde entier n’était pas gouverné par des fous, j’entends des fous cliniques, que le moindre bon sens commanderait d’enfermer : les maîtres de la finance, qui retournent, une fois l’alerte passée, à leur thésaurisation comme des détraqués sexuels à leurs fantasmes. A quand une castration chimique pour les banquiers ? C’est toute l’économie mondiale qui s’est mise à ressembler à une véritable pyramide de Ponzi* Depuis un an, je l’ai souvent pensé, sans oser l’écrire. Merci à Baverez de l’avoir fait. »
* La pyramide de Ponzi est un système financier de fuite en avant perpétuelle, où les nouveaux dépôts paient les intérêts considérables des anciens, jusqu’à explosion de la bulle.
Michel Rocard dans « Les Echos » du 19 octobre 2009 :
A la question posée : Concernant le grand emprunt, ce sera un investissement public pour des bénéfices privés…..il répond « Nous sommes très attentif à cela, car c’est un peu l’état d’esprit de certains lobbys. Il n’est absolument pas question de tomber dans ce travers. Le secteur public n’est pas là pour être racketté ! C’est le credo d’une partie de la pensée capitaliste, foncièrement malhonnête. Il va falloir encore d’autres crises avant que cette culture du mépris de la puissance publique, cette mode monétariste, ne disparaisse. »
Martin Wolf, éditorialiste économique « Financial Times » dans « Le Monde » du 6 octobre 2009 page 2 :
« Ce qui a entraîné le monde dans la crise, c’est, nous le savons maintenant, un secteur financier mal géré, irresponsable, fortement concentré et sous-capitalisé, miné par les conflits d’intérêts et bénéficiant des garanties publiques implicites » « Ce qui en émerge est un secteur financier un peu mieux capitalisé, mais encore plus concentré et bénéficiant de garanties publiques explicites. Ce n’est pas un progrès : cela signifie que nous connaîtrons dans les années à venir de nouvelles crises, plus nombreuses et plus graves. »
Michel Rocard dans « Le Monde » du 28 septembre 2009 page 10 :
« Le système bancaire comporte encore en son sein des éléments porteurs de cris. Ces éléments doivent disparaître. Sinon ça va recommencer. Allusion est faite aux produits dérivés notamment. Ce sont eux qui ont provoqué le quadruplement des prix du pétrole entre 2002 et 2006 et le doublement des cours du blé, du maïs ou du soja. Cela a abouti aux émeutes de la faim en Afrique, qui ont fait plusieurs milliers de morts dans une douzaine de pays. »
Jean-Pierre Castel, consultant indépendant, dans « Les Echos » du 18 septembre 2009 :
« Dans le cas du cuivre, les investisseurs financiers ont ainsi été responsables de plus de 30% de la flambée des cours 2007-2008 et de plus de 60% de la reprise depuis début 2009.