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Jean-Paul Betbèze dans "L’Agefi Hebdo" du 4 au 10 février 2010 page 16 :
Article intitulé : Les crises de l’après-crise.
« Une crise, c’est un effondrement de la demande privée. C’est donc, par compensation, un soutien par la demande publique, autrement dit par la dette d’Etat . Le public compense alors nécessairement le privé. Ensuite, une sortie de crise, c’est une période où, peu à peu, le privé reprend de la force et se met alors à payer les dettes contractées dans la période précédente. D’abord, la sortie de crise est une restructuration du tissu productif antérieur. Il y a des entreprises qui ont fermé, d’autres qui ont réduit la voilure, mais d’autres qui se préparent à faire des rachats. Avant l’investissement de capacité et d’innovation, il y a ainsi celui, financier, des restructurations. Nous entrons dans une nouvelle phase de fusions et acquisitions et de LBO (leveraged buy-out). Elle durera de un à deux ans et débouchera, ensuite, sur du véritable investissement immatériel et matériel, de la conquête de nouveaux marchés, de la création de nouveaux produits. Le premier risque à affronter, la première crise potentielle, est donc celle de l’emploi et du chômage, puisque la crise est une destruction, avant d’être une création. Elle tend le corps social et inquiète les esprits. Deuxième crise potentielle : au lieu de se mettre à investir, les entreprises et les épargnants peuvent épargner davantage. C’est l’effet Ricardo, celui où la dette pèse sur l’investissement parce que les agents se disent qu’il faut la payer, ce qui réduit d’autant la reprise. La crise nourrit la crise, par montée de l’inquiétude et de la défiance. La troisième crise potentielle, celle qu’il faut prendre le plus au sérieux est celle où les restructurations et les investissements de modernisation et d’innovation ne « payent pas », tout au moins « ne payent pas assez ». Crise sociale, crise d’excès d’épargne, crise de la concurrence gagnante : on voit que la voie de sortir de crise n’est pas facile. »