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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
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REVUE DE PRESSE DU 21 FEVRIER 2012
CAC 40 du 20 février 2012:
0,96% ou 0,0055% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,42) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,42 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BANQUE
Andrien de Tricornot dans « Le Monde » du 21 février 2012
Article intitulé : Dé-lobbying, livre de Pascal canfin
« Le story telling des banques - l'histoire qu'elles nous racontent sur leur rôle dans le financement de l'économie réelle ou leur volonté de mettre de l'ordre dans leurs pratiques - a sa face cachée : le lobbying auprès des décideurs politiques qui clament leur volonté de les réguler. Ancien journaliste économique, député européen et vice-président de la commission spéciale sur la crise financière, Pascal Canfin est un des rares parlementaires à maîtriser les enjeux très techniques des négociations qu'il mène avec ces groupes d'intérêt. Et il a été à l'origine de la création récente de l'organisation non gouvernementale Finance Watch, qui vise précisément à expertiser et rééquilibrer le discours financier dominant. Dans ce livre clair, accessible à tous, il explique la partie traditionnellement la moins transparente des discussions avec le secteur privé, démontant ou relativisant point par point le lobbying de la finance. Au passage, il donne aussi son propre point de vue d'acteur des négociations européennes, loin des déclarations de victoire d'après sommet... Ainsi, résume M. Canfin, " l'histoire selon laquelle la France serait le fer de lance mondial de la régulation du capitalisme est donc une belle fable à usage interne. La réalité est plus banale : la France pousse parfois dans le bon sens (sur les produits dérivés ou la taxe sur les transactions financières), elle est parfois neutre (sur les CDS - credit default swaps - ou les paradis fiscaux) et parfois un frein (sur les bonus et les réformes bancaires) ". Mais l'objet principal du livre reste bel est bien de nous expliquer " pourquoi il ne faut presque jamais croire " l'histoire racontée par les banques, en France ou ailleurs, mais aussi par les agences de notation, sur leur responsabilité dans la crise actuelle et sur les arguments qu'elles avancent pour s'opposer à de nouvelles règles. Les banques françaises n'ont rien coûté au contribuable ? Les banques ne sont pour rien dans la crise ? Les réformes risquent de les étouffer et de nuire à l'économie ? On en doute encore plus sérieusement après avoir lu l'ouvrage de Pascal Canfin. »
BOURSE
Muriel Motte dans « Les Echos » du 21 février 2012
Article intitulé : Le choc silencieux
« Rien n’arrête la Bourse, à l’image de l’indice MSCI monde qui a franchi une belle résistance à 1.266 points. A en croire l’analyse technique, le voilà en route vers 1.306 points, ce qui porterait sa hausse à 15 % depuis le creux de décembre. Autant dire que, du retour des cours du pétrole à un sommet vieux de neuf mois, les opérateurs ne retiennent que l’indicateur positif pour l’activité et donc les actions »
ECONOMIE
Guillaume Delacroix dans « Les Echos » du 21 février 2012
Article intitulé : En pleine récession, Rome va baisser l’impôt sur le revenu
« Le gouvernement Monti finalise une grande réforme fiscale visant à soulager les familles modestes. La chasse aux fraudeurs pourrait rapporter 11 milliards d’euros dès cette année. Les niches fiscales vont faire l’objet d’un examen approfondi. En visite hier à la Bourse de Milan, Mario Monti a affirmé devant la communauté financière qu’aucun nouveau tour de vis ne serait nécessaire. Son pari ? Les vases communicants. D’un côté, l’impôt sur le revenu des ménages imposables les moins favorisés sera réduit, le taux de la première tranche du barème passant de 23 % à 20 %. De l’autre, le président du Conseil escompte 11 milliards d’euros de recettes nouvelles grâce à l’intensification de la lutte contre la fraude fiscale. De fait, le fisc multiplie les opérations coups de poing depuis le début de l’année chez les commerçants. »
Commentaire : Enfin une approche de l’économie relevant de la science « physique » et non uniquement d’une approche strictement mathématique et/ou comptable. Commentaire de la revue de presse du 17 février 2012 : Il est grand temps d’intégrer dans nos raisonnements économiques la technique des vases communicants. L’économie n’est pas et ne peut être financière ou comptable, elle relève de la physique « sociologique ». C’est de cette physique que sortent certaines réalités financières et comptables. Actuellement, au détriment du plus grand nombre, c’est la mathématique et la comptabilité qui fabriquent un système économique. L’économie ne peut être un système car elle n’est que « résultante ». Force est de constater qu’après les cycles de guerres trentenaires créés par cette logique, nous avons encore du travail à faire. Comme je l’écrivais dans un article du 11 mars 2003 (en lien ci-dessous) « Comment demander à des gens ayant des revenus « normaux » qui ne sont plus indexés sur l’inflation :- D’économiser pour leur retraite, - De payer des loyers ou des charges importantes de remboursement de crédit,- De se constituer un minimum d’épargne en cas de coups durs,- Tout en consommant suffisamment pour faire tourner la machine économique ?Machine économique, qui elle seule crée et maintient l’emploi et le tout sans diminuer leurs charges fixes (logement et impôts) et leur donner du temps pour consommer ? » L’économie dirigée par la finance et la comptabilité est une bombe. En effet, qu’on le veuille ou non, pour avoir en bout de chaîne les chiffres les plus importants pour certains ou pour réponde aux critères financiers et comptables à la mode pour d’autres, il faut optimiser toute la chaîne (minimisation des coûts) au détriment du plus grand nombre. En fait, le terme détriment n’est pas exact. Le problème est que pour l’instant on n’a pas trouvé le juste milieu entre le tout pour les uns et le « détriment » pour les autres. Ces dernières années ce « détriment » avait pu être masqué par l’accès au crédit non régulé, la facilitation des donations, les défiscalisations, les hausses boursières (fictives car sans volume et sans liquidité), les hausses immobilières etc…. qui créaient pour la plupart une richesse virtuelle. Même les Etats s’étaient asservis à cette situation du plein gré de certains fonctionnaires et certains politiciens « lobbyisés ». Force est de constater, qu’à priori, la leçon a été comprise. Tant que la socio-économie ne déterminera la physique « économique » à mettre en place, nous serons dans des marchés paupérisant en termes de revenus, cycliques en termes de richesse boursière et immobilière, éphémères et humiliants en terme Humain.
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 21 février 2012
Article intitulé : Et si Free s’occupait aussi des impôts…
« Quel bonheur de voir la tempête déclenchée par Free ! Avec son forfait illimité de téléphone mobile à moins de 20 euros par mois, le franc-tireur tricolore des technologies de l’information donne de formidables leçons d’économie qu’il serait dommage de rater. La première est évidente, mais doit être rappelée dans une France favorable depuis des siècles aux champions nationaux : la concurrence fait baisser les prix. La deuxième leçon est essentielle pour l’avenir : comme l’industrie, les services peuvent gagner beaucoup en efficacité. Des économistes expliquent que l’industrie est vitale dans un pays, car elle seule sait augmenter encore et toujours la production par tête. Il n’y aurait pas de croissance forte hors les usines. C’est faux. Les prestataires de services peuvent aussi dégager de formidables gains de productivité. Le coiffeur et l’infirmière, le plus souvent évoqués, ont certes du mal. Mais les services ne se limitent pas aux coups de ciseaux et de seringue. Il y a aussi le commerce, qui explique à lui seul le tiers de l’accélération de la productivité observée aux Etats-Unis dans les années 1990. La troisième leçon porte sur la méthode. Il serait naïf de croire que la puissance d’un Free se limite à quelques centres d’appels délocalisés au Maroc ou à « l’effet coucou » d’un opérateur profitant du réseau de ses concurrents. Chez les autres opérateurs, on l’admet d’ailleurs en privé : le bazooka de Free, c’est la simplicité, comme le décryptait de manière limpide mon confrère Philippe Escande. Simplicité de l’offre (deux forfaits contre plusieurs centaines chez les rivaux) et simplicité de l’organisation, en recourant massivement aux technologies de l’information. Là encore, c’est un principe difficile à accepter dans un pays où la complexité passe souvent pour une preuve absolue de supériorité. La quatrième leçon s’inscrit dans le prolongement de la précédente : ne parlez plus de low cost ! Les progrès étant possibles dans nombre de secteurs, ce n’est pas Free (ou Ryanair, ou Logan, ou Ikea) qui est low cost, ce sont les autres qui sont high cost. Imaginez la logique Free dans le fisc : un impôt simplissime, une chaîne électronique complète, de la déclaration des revenus à la perception des taxes. L’administration agirait alors avec beaucoup moins de fonctionnaires, tout en étant bien plus efficace. »
Commentaire : Comme déjà écrit, le low cost fabrique de la paupérisation et ne peut exister que par les ressources du passé générées par une économie non low cost.
Nicolas Véron dans « Les Echos » du 21 février 2012
Article intitulé : La détente des marchés ne signifie pas que la crise est finie
« Mais les problèmes de fond restent non résolus. Trois éléments apparaissent de plus en plus incontournables. Premièrement, le cœur de la crise est la perte progressive du statut de référence des obligations souveraines des pays de la zone euro. Dans les économies développées, un actif souverain « sans risque » est la fondation sur laquelle se construit le reste du système financier. Pour briser cette spirale de défiance, il faudra créer un actif de référence sous forme d’obligations émises au niveau de la zone euro, soutenu soit par une garantie solidaire des Etats membres (« eurobonds »), soit par une compétence fiscale fédérale. Deuxièmement, le risque souverain affecte les systèmes financiers nationaux d’une manière qui ne peut être traitée par les outils habituels de résolution des crises bancaires. C’est la raison pour laquelle le plan de recapitalisation annoncé fin octobre 2011, qui évalue les besoins en fonds propres sur la base des prix de marché très volatils des titres souverains, ne peut réussir à faire revenir la confiance. Troisièmement, les clés de la résolution de la crise ne sont pas des montages innovants d’ingénierie financière, mais des avancées politiques et institutionnelles au niveau européen. »
EUROPE
Dans « Le Figaro » du 21 février 2012
Article intitulé : Grèce: l’Europe finalise un sauvetage historique à plus de 350 milliards d’euros
« Les pays de l’euro devaient donner dans la nuit leur feu vert à un plan massif d’assistance à Athènes, afin de lui épargner une fois encore la faillite : toute assistance, remise de dettes et contribution confondues, la Grèce aura coûté plus de 350 milliards d’euros en vingt mois à peine à L’UE, aux banques et aux institutions internationales. Soit autant que la dette que le pays continue de pousser comme Sisyphe son rocher. L’assistance discutée lundi à Bruxelles, d’un montant de 130 milliards d’euros, affiche des ambitions plus modestes qu’un premier plan de 110 milliards présenté en mai 2010 comme le remède miracle. La version 2012 couvre les huit prochaines années, mais elle est loin de régler tous les échéances d’ici là. Elle ne comble pas non plus une défiance croissante entre la Grèce, qui se dit saignée à blanc, et des créanciers qui tels l’Allemagne estiment qu’elle n’en fait jamais assez. « Le peuple grec a fait des efforts considérables, c’est maintenant aux autres d’en faire autant » , assurait à son arrivée une Christine Lagarde pourtant soucieuse des deniers du FMI La Grèce semblait sur le point de consentir un abandon de souveraineté unique : la mise en place d’un compte budgétaire bloqué, destiné à garantir le remboursement de la dette et le paiement des intérêts. Le mécanisme, suggéré comme un gage de confiance par Berlin et Paris, revient à servir les créanciers étrangers avant d’engager le moindre sou de dépense publique nationale. »
IMMOBILIER
Marc Fiorentino, propos recueillis par Philippe Mabille, dans « La Tribune » du 21 février 2012
Article intitulé : Marc Fiorentino : "je m'attends à une baisse des prix immobiliers de l'ordre de 15% au cours des dix-huit mois à venir"
« Ce qui a soutenu l'immobilier, contre toute logique apparente, ce n'est pas l'immobilier en tant que simple placement, mais la crainte de se retrouver sans toit. En France, ce n'est pas le surendettement qui pourrait être à l'origine de ventes forcées. Pour qu'il y ait une forte chute des prix de l'immobilier, il faudrait une explosion du chômage qui fasse baisser durablement les revenus des acheteurs. Je m'attends à une baisse de l'ordre de 15% au cours des dix-huit mois à venir. Mais guère plus, parce que la course à l'achat de sa résidence principale va alors reprendre et soutenir le marché. En revanche, ce qui risque de se produire, c'est un creusement de la fracture immobilière entre les seniors, propriétaires et non endettés, et les jeunes, obligés de rester locataires en raison du niveau des prix. L'immobilier devenant l'unique façon de se constituer une retraite, la question du logement va s'imposer dans l'agenda politique du prochain quinquennat"
PAUVRETE
Guillaume Delacroix dans « Les Echos » du 21 février 2012
Article intitulé : Un européen sur quatre menacé par la pauvreté ou l'exclusion sociale
« Selon une étude publiée par Eurostat, citée par le site de l'Observatoire des inégalités, 23 % des Européens, soit 115,5 millions de personnes, sont menacés par la pauvreté ou l'exclusion sociale. Plus de 40 % des Roumains et des Bulgares se sentent concernés, contre 15 % des Suédois, Tchèques et Néerlandais. 19,3 % de la population française se sent également menacée. Les jeunes de moins de 17 ans sont davantage touchés que le reste de la population (26,9 % contre 23,3 % pour les 18-64 ans et 23,4 % pour les personnes âgées de 65 ans et plus). 16% de la population menacée de pauvreté monétaire dans l'UE27, 8% en situation de privation matérielle grave et 10% vivant dans des ménages à très faible intensité de travail Les enfants davantage menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale que le reste de la population Dans l'UE27 en 2010, 27% des enfants de moins de 18 ans étaient confrontés à au moins une des trois formes de pauvreté ou d'exclusion sociale, contre 23% pour la population en âge de travailler (18-64 ans) et 20% pour la population âgée (65 ans et plus). Les enfants étaient les plus touchés dans 20 États membres, tandis que les personnes âgées étaient les plus touchées en Bulgarie, en Slovénie, en Finlande et en Suède, et la population en âge de travailler au Danemark. »
REVUE DE PRESSE DU 18 AU 20 FEVRIER 2012
CAC 40 du 17 février 2012:
1,37% ou 0,0109% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,20) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,20 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
Vidéo
La France vous connaissez…
Même si cette vidéo peut être dérangeante, beaucoup de réalités sont exprimées
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/videos.php
Merci au lecteur qui ma fait parvenir ce lien.
D’ores et déjà je vous présente mes excuses si mes commentaires vous choquent, mais trop c’est trop.
ALLEMAGNE
Soren Seelow dans « Le Monde » du 18 février 2012
Article intitulé : L'Allemagne a-t-elle une dette de guerre envers la Grèce ?
« Début 2010, lors d'un voyage en Allemagne, Theodoros Pangalos, alors vice-premier ministre, avait lancé une bombe sur les ondes de la BBC : "Ils ont pris les réserves d'or de la Banque de Grèce, ils ont pris l'argent grec et ne l'ont jamais rendu. C'est un sujet qu'il faudra bien aborder un jour ou l'autre." En décembre de la même année, le secrétaire d'Etat aux finances hellènes, Philippos Sahinidis, était allé plus loin en chiffrant la dette allemande envers son pays à 162 milliards d'euros, à comparer au montant de la dette grecque qui s'élevait à 350 milliards d'euros fin 2011. Combien doit l'Allemagne ? 81 milliards, comme le dit Cohn-Bendit ? 162 milliards, à en croire les revendications grecques ? 68 milliards comme l'affirme Le Point ? ou rien du tout, comme le soutient Berlin ? La bataille de chiffres qui entoure cette question est à la mesure de la complexité de la situation. Dans son ouvrage Dans la Grèce d'Hitler, l'historien Mark Mazower estime que la Grèce est le pays qui a le plus souffert du joug nazi – derrière la Russie et la Pologne – et qu'elle a subi un "pillage systématique de ses ressources". Cet "emprunt" ne sera jamais remboursé, pour la simple raison qu'il ne figure pas dans l'accord de Londres de 1953 qui fixe le montant des dettes extérieures contractées par l'Allemagne entre 1919 et 1945. Afin de ne pas répéter les erreurs du traité de Versailles et de ménager ce nouvel allié de l'Ouest face à la menace communiste, les Etats-Unis consentent à réduire la dette de l'Allemagne de moitié. Les victimes de l'Occupation sont priées d'oublier leurs demandes de réparation. L'objectif stratégique des alliés est d'édifier une Allemagne forte et sereine, plutôt que ruinée par les dettes et humiliée. Washington obtient surtout des pays bénéficiaires du plan Marshall qu'ils renoncent à exiger immédiatement leur dû, repoussant d'éventuelles réparations à une réunification de l'Allemagne dans le cadre d'un "traité de paix". "A partir de là, l'Allemagne s'est portée comme un charme pendant que le reste de l'Europe se saignait aux quatre veines pour panser les plaies laissées par la guerre et l'occupation allemande", résume l'historien de l'économie allemand Albrecht Ritschl, professeur à la London School of Economics, dans un entretien à Der Spiegel (en version française dans Courrier international). Ce sursis permettra à la RFA de connaître un véritable "miracle économique", le fameux Wirtschaftswunder pendant quatre décennies. Et au moment de passer à la caisse, Bonn s'arrangera pour ne pas honorer ses engagements. Le chancelier Helmut Kohl obtient en effet que le traité de Moscou de 1990 entérinant la réunification ne porte pas la mention "traité de paix", une des conditions figurant dans l'accord de 1953 pour d'éventuels remboursements. " C'était un moyen de continuer à fuir les réparations", souligne le Süddeutsche Zeitung (article traduit en français). En approuvant ce traité, la Grèce a perdu, aux yeux de Berlin, toute légitimité à réclamer des réparations. Daniel Cohn-Bendit, lui, se place sur un "plan moral" : "Les Allemands, qui se disent vertueux, estiment que les Grecs ont péché et qu'ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus péché, ce sont tout de même les Allemands, dont la dette a pourtant été effacée parce que les Américains y voyaient un intérêt stratégique. Pourquoi ne pas considérer que sauver la Grèce est stratégique, au lieu de mettre ce pays à genoux ?" »
Commentaire : Que penser du comportement du chancelier Helmut Kohl ? Que penser des autres politiques qui étaient signataires ? Aujourd’hui, ce n’est pas la Grèce qu’ils ont à genoux ce sont les Peuples. La différence est énorme. Les politiques grecs tout comme les nôtres sont en dehors de l’austérité qu’ils prônent. Contrairement au chef d’entreprise qui, pour un oui ou un non, est accusé d’abus de biens sociaux (alors que c’est lui avec son argent, avec les risques qu’il prend qui fait vivre son entreprise), les hauts fonctionnaires (rémunérés à vie même au placard) et les politiques peuvent quasiment tout faire. L’abus de biens d’Etat n’existe pas. Certains sont même nommés « automatiquement » à des postes supérieurs six mois avant leur retraite pour que leur indemnité soit plus importante. Comment appellerait-on cela en terme juridique dans le civil ? Et pendant ce temps là, vivent à la rue des gens qui y sont du fait de la stupidité des décisions, des actions ou inactions de ces politiques ou fonctionnaires. Il est grand temps que la Fédération Européenne qui se créée impose l’égalité entre les personnes. L’Etat est au service des Peuples et à ce titre lui est redevable et non l’inverse. Les peuples ont gagné leur liberté et leur indépendance en 1945.
BOURSE
Adrien de Tricornot dans « Le Monde » du 19 février 2012
Article intitulé : Le rebond a fini par l'emporter sur la peur
« Un vent d'optimisme a finalement soufflé sur les marchés boursiers européens en fin de semaine. Après avoir hésité et pris peur au cours des premiers jours - n'écartant pas le scénario d'un défaut de paiement grec -, les opérateurs se sont persuadés que la réunion de l'Eurogroupe, prévue lundi 20 février, allait déboucher sur la conclusion d'un accord permettant de répondre aux besoins de financement du pays. L'indice Euro Stoxx 50 des valeurs de la zone euro s'est ainsi inscrit en hausse de 1,59 % sur la semaine, à 2 520,31 points. Son homologue britannique, le Footsie, a grappillé 0,9 %, à 5 905,07 points. Madrid a cependant fait exception (-1,59 %) dans ce mouvement d'optimisme. »
Commentaire : Quelques titres échangés et voilà une des explications toute faite dont le monde financier a le secret.
ECONOMIE
Nathalie Birchem dans « La Croix » du 17 février 2012
Article intitulé : Diminuer les salaires pour sauver l’emploi, incertaine équation
« Il s’agit de permettre aux entreprises d’ajuster le temps de travail et le salaire à la conjoncture. Mais, comme le salaire est un élément substantiel du contrat de travail, le salarié doit donner son accord pour que cet accord puisse s’appliquer. Il s’agirait donc de changer la loi pour se passer du consentement individuel, comme c’est le cas en Allemagne. « C’est grâce à ce genre d’accords que l’emploi est resté stable en Allemagne malgré la crise » explique Gilbert Cette, professeur à l’université de Méditerranée. »
Commentaire : Et dire que certains prônent encore l’allongement généralisé de la durée de travail ! Les Allemands sont, certes, apparemment les gagnants de la situation actuelle…mais à quel prix ! Il est vrai que ce prix c’est le peuple qui le paie…jusqu’au jour où ce Peuple et les autres en auront assez de se faire manipuler et de ce fait risqueront d’opter par dépit pour la démagogie d’une idéologie destructrice. L’économie, si elle est bien gérée, doit permettre à tous de vivre dans la dignité tout en ayant une vision d’avenir. Aujourd’hui, seuls les politiques, les fonctionnaires et les mafieux ont un avenir. Pour les autres, ils n’ont qu’une somme de futurs hypothétiques en guise d’un « certain » avenir. Cela dit, d’ici quelques mois, nous allons entrer dans une phase boursière très fortement haussière qui fera oublier ces réalités en faveur du retour de la « fictivité » Si l’on ne change pas le système de cotation des titres, en avant pour la plus forte hausse boursière jamais connue avant de connaître …..
EURO
Patrick Artus dans « Challenges » du 19 février 2012
Article intitulé : Qui sait encore à quel euro se vouer
« Alors qu'elle oscille autour de 1,30 dollar et qu'elle est descendue récemment jusqu'à 1,26 dollar, la monnaie européenne est très faible par rapport à ce qu'elle serait sans la crise des dettes souveraines, autour de 1,50 dollar. Même en cas de très mauvaises nouvelles, par exemple en provenance de Grèce, son potentiel de baisse est très limité. Car tous les facteurs qui pouvaient l'affaiblir sont déjà présents. Depuis l'été dernier, hedge funds, trésoriers d'entreprises et de banques sont vendeurs nets d'euros, ce qui est un signe de défiance. Pourtant, nombre d'analystes se réjouissent de cette dépréciation. Un euro faible soutient l'industrie et le commerce extérieur, puisqu'en volume on exporte plus et importe moins. Mais cela réduit aussi le PIB, donc la croissance. Car il y a un effet négatif dû à la dégradation des termes de l'échange: la hausse du prix relatif des importations dégrade le pouvoir d'achat des revenus. Dans les années 1990, jouer sur les taux de change bénéficiait à l'industrie comme au PIB. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, entre l'industrie et le PIB, il faut choisir. Si l'euro venait à remonter fortement, ce que l'on ne peut pas exclure, on rétablirait du pouvoir d'achat, et donc du PIB, mais on tuerait ce qu'il reste d'industrie, en faisant aussi, au passage, du mal au secteur des services. Et inversement. Les recettes simplistes n'existent plus. »
Dans « Boursorama » du 19 février 2012
Article intitulé : Grèce : les nouvelles conditions, sans grand effet sur les créanciers privés
« Les nouvelles conditions fixées par l'accord d'échange de dette attendu pour la Grèce, beaucoup plus dures que celles prévues initialement, seront digérées sans heurt par les créanciers privés, qui ont déjà encaissé l'essentiel des pertes. Après avoir obtenu des créanciers privés qu'ils acceptent des pertes de 21% (fin juillet), puis de 50% (fin octobre), les autorités grecques, le Fonds monétaire international et les représentants de la zone euro ont finalement poussé le curseur jusqu'à 70%. Mais, fidèles au principe de prudence, quasiment tous les établissements concernés, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement, ont déjà mis en réserve des montants importants pour faire face à ses pertes. Beaucoup ont fixé le niveau de leurs provisions sur le prix de marché des obligations grecques concernées, qui s'est effondré et présente actuellement une décote d'environ 75% sur la plupart des échéances. Les assureurs français, eux, en étaient souvent restés à 21% de décote, sur le principe du premier accord conclu fin juillet, considéré comme insuffisant depuis. Mais ils bénéficient de mécanismes spécifiques qui amortissent considérablement l'effet d'un alignement sur les conditions de l'accord. "Mon attention et mes inquiétudes se portent désormais sur les conséquences d'un tel exemple sur la dette portugaise", prévient néanmoins Christophe Nijdam, analyste de AlphaValue. " Le gouvernement portugais ne sera-t-il pas désormais enclin à prendre l'autoroute ouverte par la Grèce vis-à-vis de ses créanciers privés ?", s'inquiète-t-il. Un tel scénario replacerait banques et assureurs en position inconfortable. »
Commentaire : Pour ceux qui ont le courage, je leur propose de relire les articles du lien ci-dessous pour s’apercevoir que la Grèce n’a été qu’un outil de « propagande » pour imposer certaines logiques. Ces logiques imposées, le problème s’estompe comme par hasard. Et les Grecs qui s’en soucie ? Les Peuples ne sont plus que des pions, des objets dans un jeu politico/financier/comptable. http://www.socioecopofi.com/admin/pages/modify.php?page_id=93
Pour rappel, Philippe Gonnet, propos de Pascal Lamy, directeur de l’OMC, dans « Le Dauphiné » du 11 novembre 2011 Article intitulé : Pascal Lamy : « Le fédéralisme, c’est la prochaine étape » « Ce qui se passe en Grèce concerne une partie infime de l’économie européenne. Je note en outre d’une part que l’on se préoccupe d’un endettement public antérieur à la crise, d’autre part que le Japon et les Etats-Unis sont confrontés aux mêmes types de problèmes. Que des gouvernements chutent, c’est normal ; ce sont ceux qui ne chutent pas qui constituent l’exception…Il y a bien évidemment un problème de régulation des marchés qui se pose. Mais il est assez cocasse qu’on dise le lundi « Souscrivez à ma dette ! » et qu’on s’indigne le mardi sur le monde « Qui sont ces loups qui veulent me dévorer ? » Pour rappel : Elie Cohen, propos recueillis par Christelle Dupraz, dans « Le Dauphiné Libéré » du 28 octobre 2011 Article intitulé : Grèce : “Toute cette dramaturgie était inutile” "Toute cette dramaturgie était inutile car on aurait pu rédiger les termes de cet accord depuis deux semaines ! Dans des négociations, il y en a toujours qui veulent tirer un avantage, là, c’est le lobby bancaire qui ne voulait pas dépasser 40 % pour la décote de la dette grecque alors que les gouvernements en voulaient 60 %. Finalement, ils sont tombés d’accord sur 50 %." "-La Grèce est toujours insolvable même si on supprime 100 milliards de sa dette de 350 milliards. Si tout se passe bien, le niveau de la dette grecque sera dans 10 ans, à 120 % du PIB, soit le niveau de l’Italie aujourd’hui, qui est intenable. »
Alain Faujas et Claire Gatinois dans « Les Monde » du 19 octobre 2011 Article intitulé : M. Delors dénonce le " coup de poker " de Sarkozy et Merkel «L'économiste Patrick Artus, en prenant l'hypothèse d'un défaut de 50 % pour la dette de la Grèce, a conclu qu'il n'y avait pas le feu au lac même s'il faudra, bien sûr, passer aux règles de Bâle III et renforcer la solidité des banques. L'assaut d'une spéculation irrationnelle peut-il être stoppé par des ressources rationnelles et d'application difficile comme la recapitalisation des banques ? En trois ans, la Grèce aura perdu plus de 10 % de son produit intérieur brut (PIB). Quel effort raisonnable peut-elle réaliser dans ces conditions pour réduire son déficit ? On lui demande de privatiser, mais qui ne connaît les vautours du marché ? Comment voulez-vous qu'un pays aux abois négocie au mieux ses privatisations ? Il aurait fallu mettre ses entreprises publiques dans une structure, les évaluer à un prix raisonnable, donner l'argent correspondant aux Grecs et consolider ces actifs et les vendre au bon moment. C'est du bon sens. »
Pierre Larrouturou, diplômé de l’Agro et de Science Po dans « Le Monde » du 25 octobre 2011 Article intitulé : Pourquoi les " indignés " ont raison « Avec une telle cagnotte, le Parlement européen aurait réglé la crise grecque en quelques semaines sans demander le moindre effort aux citoyens et sans attendre le feu vert de seize Parlements nationaux. Et ce qui n'était qu'un problème modeste à l'origine (coût estimé à 50 milliards d'euros en 2009 et 110 milliards aujourd'hui) n'aurait jamais pris les proportions que la crise grecque a prises depuis quelques semaines.» Commentaire : Rappel très intéressant. Cela dit, il ne faut pas oublier que les lobbies sont aujourd’hui très structurés et qu’ils font partie intégrante du processus de décision quand ce n’est pas être LE processus de décision. On s’aperçoit bien à la lecture de cet article que certaines crises ont été créées volontairement pour être le support de stratégies « politiciennes » en tout point. Comme toujours lorsque le politique n’est plus que le reflet de l’affairisme ou du carriérisme, nous retrouvons des sommets faits de « de mensonges et de lâchetés »….
Nicolas Barré dans « Les Echos » du 20 février 2012
Article intitulé : Dire la vérité sur la Grèce
« Il y a deux ans, les dirigeants européens ont occulté la gravité de la situation de l’économie la plus malade de la zone euro et fait semblant de croire que, moyennant quelques dizaines de milliards d’euros d’aides, celle-ci se redresserait et retrouverait miraculeusement la confiance des marchés. Non seulement ce fut un échec total mais ce déni de réalité a laminé la crédibilité de toute la zone euro et contribué à aggraver la crise. Si bien qu’aujourd’hui il est franchement paradoxal que les plus prudents, ceux qui mettent en garde contre les risques, ceux qui n’excluent pas une faillite de la Grèce dans les mois à venir, soient rangés avec dédain dans le camps des « anti-européens »… Dire la vérité, faire preuve de lucidité est ce qui aura le plus manqué depuis le début de cette calamiteuse affaire grecque. Le résultat est là, logique : plus de défiance vis-à-vis de l’Europe. »
Commentaire : Que vont devenir les dirigeants européens qui ont occulté, fait semblant… ? Quel réquisitoire à charge. On ne parle pas d’erreurs mais bien d’actes volontaires. Rassurez-vous, ces dirigeants ne risquent rien et surtout pas de connaître la situation des paupérisés et des sans-abris qu’ils ont laissés derrière eux. Le dossier Grec a bien été un dossier monté de toute pièce. Que de dégâts ? Mais quelle remontée rapide des Banques et d diverses sociétés d’audit…
Dominique Moïsi dans « Les Echos » du 20 février 2012
Article intitulé : La Grèce et la culture de l’humiliation
« Les relations entre l’Allemagne et la Grèce sont anciennes et complexes et ne sauraient se résumer à la seule occupation nazie du pays entre 1941 et 1944. Les puissances européennes ont installé une famille princière bavaroise à la tête du pays une fois qu’il eut conquis son indépendance de l’Empire ottoman en 1832. L’Allemagne n’est pas seulement le pays le plus puissant d’Europe aujourd’hui, il est aussi celui qui incarne la création de l’Etat dès les origines. Il est aussi celui où des centaines de milliers d’émigrants grecs ont trouvé du travail au lendemain de la guerre civile qui ensanglanta le pays, de 1946 à 1949. Aux travailleurs Grecs en Allemagne répondaient les touristes allemands en Grèce en nombre encore plus important. La Grèce a vu dans l’Allemagne un miroir reflétant tout à la fois ses espoirs de réussite et la réalité de ses faiblesses. Certes la responsabilité des Grecs dans le désastre économique actuel est incontestable. Ne dit-on pas qu’il existait une forme de pacte implicite entre la population et ses dirigeants reposant sur le mensonge de tous : « Vous ne me demandez pas d’efforts et je fais semblant de croire que je n’ai pas besoin d’en faire. » Mais on n’humilie pas sans danger un peuple à terre, pas plus que l’on ne doit lui imposer des remèdes qui le tueront avant de le guérir. Trop d’inégalités entre les nations constitutives de l’Union européenne est aussi dangereux au niveau communautaire que peut l’être l’inégalité sociale au sein d’une communauté nationale. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 20 février 2012
Article intitulé : Pour en finir avec la défiance, ce mal sournois qui ronge les Français
« La France est la championne mondiale de la sinistrose, comme l’attestent tous les sondages internationaux. Et la principale raison, à leurs yeux, est l’absence de confiance collective qui mine le moral du pays et son économie. Ils citent l’expression grinçante de l’écrivain Jules Renard, bien connu des écoliers : « Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas. » Ils invoquent également le général de Gaulle, qui, dans ses Mémoires d’espoir, écrits en 1970 quelques mois après avoir quitté le pouvoir, faisait ce constat désabusé : « Les rapports sociaux restent empreints de méfiance et d’aigreur. Chacun ressent ce qui lui manque plutôt que ce qu’il a. » C’est dire si le diagnostic sur notre « psychologie collective » dépressive n’est pas nouveau. Les analyses et les livres d’alain Peyrefitte, qui remontent aux années 1980 et 1990, dénonçaient déjà « une société de défiance, frileuse, gagnant-perdant, où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative (si tu gagnes, je perds) ». Le mérite d’algan, Cahuc et Zylberberg est de bien mettre en exergue les deux éléments directeurs qui, selon eux, conduisent à « la fabrique de la défiance ». C’est, d’une part, « l’école, un appareil vertical » , où la relation de maître à élève ne laisse aucune place au travail de groupe et au sens de la réciprocité. C’est, d’autre part, à l’âge adulte cette fois, l’obsession hiérarchique dans les relations de travail : « l’univers professionnel des Français est hiérarchisé à l’extrême » et le résultat en est totalement contre-productif. À partir de là, il est possible de décliner toutes les spécificités françaises. Elles ont été maintes fois décriées, mai elles trouvent ici une parfaite cohérence. « Le culte du diplôme, la reproduction sociale des élites » sont autant de facteurs de rigidité. Notre paysage social est sans équivalent au monde, avec son « droit du travail ubuesque », un taux de syndicalisation minuscule (8 %).. Les négociations salariales s’en trouvent complètement dévitalisées. La conséquence pratique est l’importance exceptionnelle du nombre de gens payés au smic (près de 17 % des salariés, le record en Europe). L’état se comporte partout comme le maître des horloges : il fixe les rémunérations du travail tout comme celles du capital. Nulle part ailleurs, l’épargne administrée par l’état n’occupe une place aussi envahissante. Avec ce rituel ridicule de la fixation « du taux du livret A », où le pays semble chaque fois retenir son souffle. Cette « société bloquée », pour reprendre la formule du premier ministre Jacques Chaban-delmas*, dans son discours de 1969 à l’assemblée nationale resté fameux, est synonyme de corporatisme et de clientélisme. Nous comptons pas moins de 600 régimes de retraites différents : chaque profession essaie de préserver son statut aux dépens du voisin. Quant aux quelque 504 niches fiscales, elles reflètent les efforts acharnés des lobbys pour obtenir un avantage particulier de l’état Sondage TNS Sofres d’octobre 2008, « 60 % des Français avaient - déjà - peur de devenir SDF » . L’évidence, l’impératif « de restaurer l’exemplarité des pouvoirs politiques ». C’est le moment ou jamais d’en débattre. »
Commentaire : Les France a très souvent de grands hommes politiques. Seul problème, ces derniers sont bloqués car indépendants des systèmes et suffisamment honnêtes que pour ne pas accepter de jouer avec les différentes « castes ». Commentaire de la revue de presse du 2 et 3 février 2012 : La France est malade de ses réseaux, sous-réseaux etc… Trop souvent, les réseaux ne reposent que sur le principe détourné de la bande velcro, à savoir : des éléments faibles qui se regroupent pour asseoir ensemble leur existence sur le principe de la nuisance aux réalités et aux idées nouvelles, via une collaboration « protectrice » partagée, Naturellement et heureusement, cette vision des réseaux n’est pas une généralité.
* http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Chaban1969.asp Je vous conseille de savourer ce document écrit en 1969 !
REVUE DE PRESSE DU 17 FEVRIER 2012
CAC 40 du 16 février 2012:
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*L’indice de création comptable de valeur calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,33 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
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Comme je l’écris souvent : Se taire jusqu’à où, jusqu’à quand ?
ECONOMIE/CYCLE SOCIOECOPOFI 2012-2016
Dans « Les crises.fr » source GEAB du 17 février 2012
Article intitulé : Crise systémique globale – Euroland 2012-2016 : Pérennisation d’une nouvelle puissance globale sous condition de démocratisation
« La peur largement entretenue par la City de Londres et Wall Street d’un éclatement de la zone Euro à l’occasion de la crise de la dette grecque s’est avérée infondée. L’Euroland sort très renforcé de cet épisode violemment conflictuel avec ses « alliés naturels ». Selon notre équipe, 2012 va donc marquer le point de départ de la pérennisation d’une nouvelle puissance globale, l’Euroland. Ces cinq années vont conduire les Européens a influencer profondément un rééquilibrage géopolitique mondial tandis qu’en interne une phase radicalement nouvelle de l’intégration européenne s’ouvre dans les mois à venir. Les années 2012 et 2013 vont en effet apporter de grands bouleversements dans ce domaine affectant directement le commerce global comme la puissance respective des devises concernées. Dans le contexte de crise systémique globale, pour les européens, deux tendances stratégiques vont marquer ces cinq années : d’une part la pérennisation de l’Euroland comme nouvelle puissance globale à part entière ; et d’autre part, l’impératif absolu pour les élites européennes de lever l’hypothèque démocratique qui pèse désormais lourdement sur le processus d’intégration européenne. Notre équipe analyse dans ce GEAB N°62 pourquoi à partir de la seconde moitié de 2012, les conditions seront optimales pour que l’Euroland puisse assumer pleinement ces deux tendances. De 2012 à 2016, trois séquences majeures vont caractériser la pérennisation de l’Euroland comme souverain à part entière et la levée de l’hypothèque démocratique. Avant d’entrer dans le détail du cas européen, notre équipe souhaite rappeler que la grande différence aujourd’hui entre l’anticipation de l’évolution des Etats-Unis et celle de l’Europe tient au fait que les Etats-Unis ont un système politico-institutionnel archaique et complètement paralysé, alors que l’intégration européenne possède une forte dynamique associée à une grande souplesse institutionnelle. L’absence de réformes majeures aux Etats-Unis depuis le début de la crise en 2008 comparée à l’impressionnante série de bonds institutionnels européens depuis mi-2010 (des évolutions jugées impossibles par beaucoup il y a encore deux ans) en offre une frappante illustration. Dernier point de préambule, le processus décisionnel européen va considérablement s’améliorer pour ce qui est de l’Euroland puisque désormais seuls les pays partageant l’Euro prendront les décisions. C’est d’ailleurs l’un des grands mérites de ces années de crise que d’avoir enfin clarifié une situation aberrante qui voyait des pays hors zone Euro, voire anti-Euro (comme le Royaume-Uni), participer aux décisions sur l’Euro. Séquence 1 – 2012-2013 : Fin de la consolidation opérationnelle budgétaro-financière de l’Euroland / Lancement des premières politiques socio-économiques communes pro-actives / Accélération de la différenciation Euroland-UE A la mi-2012, l’Euroland se sera dotée de tout une série de nouveaux dirigeants nationaux (Espagne, Italie, Grèce, France, Slovénie, Belgique, …). L’Euroland sera donc dirigée par des hommes et des femmes qui pour la plupart seront arrivés au pouvoir après le déclenchement de la crise. Jusqu’à la fin 2011, ce n’était pas le cas ; bien au contraire, la plupart des dirigeants de la zone Euro étaient des produits électoraux du monde d’avant la crise. Le fait que ces dirigeants, médiocres politiciens pour la plupart, et totalement non préparés à l’effondrement des valeurs/convictions qui étaient les leurs jusqu’en 2008, aient néanmoins pu affronter relativement bien la crise globale est une preuve de la dynamique d’intégration européenne à l’œuvre au sein de l’Euroland. Notre équipe considère en effet qu’ils étaient la génération de politiciens la moins bien armée pour « sauver la construction européenne » puisque généralement pas très intéressés par l’Europe et souvent sous la coupe des banques et de Washington. Pour reprendre une analyse de Franck Biancheri datant de 1989, « les politiciens babyboomers risquent de casser le projet européen auquel ils ne comprennent rien, avant que les générations « Erasmus » ne puissent entrer en jeu ». Ce que nous enseigne cet épisode, c’est que si même des dirigeants non préparés et peu fiables ont su trouver les réponses permettant de bâtir les fondements de l’Euroland au milieu d’une crise historique, il est très rationnel de considérer que des dirigeants plus inspirés et mieux préparés (au moins par le fait qu’ils auront vécu cette crise avant d’arriver au pouvoir) seront capables de faire au moins pareil, sinon mieux. Le passage par la phase d’austérité était inévitable, comme nous l’avions anticipé depuis 2008/2009, car l’intégration de l’Euroland impose d’avoir des règles communes, réellement appliquées et de cesser les politiques de surendettement collectif promues ces dernières décennies par les banquiers et les pôles financiers de la City et Wall Street. Le cas de la Grèce est exemplaire. Pour surmonter le problème grec, il faut casser la classe dirigeante parasitaire qui a conduit ce pays à la ruine. Or l’Euroland n’a pas beaucoup de moyen à ce jour pour ce faire, sinon bien montrer aux Grecs que personne ne fait plus confiance à leurs dirigeants. C’est aussi un moyen dissuasif vis-à-vis des dirigeants des autres pays tentés par l’endettement pour essayer de garder le pouvoir. Ainsi 2012 et 2013 vont voir la finalisation des nouvelles règles de gouvernance budgétaire, fiscale et économique communes de l’Euroland. Contrôle commun des budgets, évolution vers une harmonisation fiscale, rapatriement des marchés financiers en Euro dans l’Euroland, réglementation financière renforcée, agence de notation européenne, taxe sur les transactions financières, Eurobonds, instauration d’un degré maximum d’exposition des dettes gouvernementales aux marchés financiers hors Euroland, …Pour les équipes qui arrivent au pouvoir dans l’Euroland, ces évolutions sont des évidences ; alors qu’elles étaient révolutionnaires pour leurs prédécesseurs. Mais, sur ces bases, les deux années à venir vont également voir le lancement de plusieurs grandes initiatives communes destinées à construire l’avenir : programme commun d’investissements publics (infrastructures communes dans le domaine des transports, de l’éducation, de la formation, de la santé, de la science et de la technologie, …). Leur financement va déclencher l’un des grands débats des deux prochaines années car il sera impossible, selon notre équipe, d’éviter un recours à l’emprunt direct auprès des citoyens, court-circuitant ainsi les banques et le financement sur les marchés financiers. D’autre part, à partir de la seconde moitié de 2012, l’Euroland va assister au retour constructif des Français dans le projet européen. C’est une réalité oubliée de beaucoup puisque cela fait 17 ans qu’elle a disparu du processus décisionnel européen. Ces tendances au repli ou à l’anecdotisme ont bien entendu été renforcées par la domination anglo-saxonne sur l’agenda européen, poussant l’élargissement et l’Europe-marché au détriment de l’intégration et de l’Europe-puissance. Cette « absence française » au niveau européen n’aura été que le reflet d’une déconnection croissante du pouvoir parisien avec le pays réel . L’Euroland qui fonctionne beaucoup sous forme de réseaux informels va progressivement devoir se doter de quelques bases institutionnelles. Ainsi, après une quinzaine d’années d’errements sous influence britannique et américaine, pendant lesquelles les Européens se sont fourvoyés de projets d’élargissement sans avenir (Turquie, Ukraine, …) à des stratégies économico-financière illusoires (stratégie de Lisbonne, … ), les années à venir porteront la marque du retour à l’intégration politique et économique, comme c’était le cas lors de la première renaissance communautaire des années 1984-1992. »
CYCLE SOCIOECOPOFI 2012-2016
Emmanuel Grasland « Les Echos» du 17 février 2012
Article intitulé : GDF Suez : Mestrallet en passe d’être reconduit jusqu’en 2016
« GDF Suez devrait conserver Gérard Mestrallet comme capitaine pendant encore quatre ans. Lors de l’assemblée générale des actionnaires du 23 avril, le conseil d’administration du groupe va proposer de repousser la limite d’âge du président et du directeur général de GDF Suez de soixante-cinq à soixante-sept ans, indiquent plusieurs sources au sein du conseil. Cette modification des statuts a été actée lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu la semaine dernière. En l’espace de seize ans, il a totalement métamorphosé le holding financier d’origine, pour en faire un géant du gaz et de l’électricité. »
DEMOGRAPHIE
Florence Autret dans « La Tribune » du 17 février 2012
Article intitulé : Les Européens menacés de vieillir... pauvres
« La chute de la démographie en Europe fragilise la solidarité entre générations. Mais la phase de destruction de richesse financière dans laquelle le monde est entré après la crise de 2008 questionne tout autant les retraites par capitalisation. Décidément, il n'y a pas de solution simple au casse-tête des retraites. La situation ne s'arrange pas, nous dit la Commission européenne dans un document publié jeudi. Le Vieux continent n'a jamais autant mérité son nom. Il connaîtra cette année un basculement historique : la population européenne âgée de 20 à 59 ans va commencer à baisser alors qu'elle était restée en augmentation constante depuis la dernière guerre. Pendant ce temps, le nombre d'Européens âgés de plus de 60 ans seront 2 millions de plus chaque année pendant au moins une décennie. Les systèmes par répartition avaient du plomb dans l'aile mais on pensait connaître la parade : la capitalisation. A présent, même Bruxelles reconnaît que la crise financière a sérieusement hypothéqué cette option. Elle a littéralement laminé les bilans des fonds de pension. "Nous devrions porter un regard nouveau (sur) la connexion entre marchés financiers et fonds de pension, pas dans la perspective de réduire leur taille mais de revoir" leur fonctionnement, a dit jeudi Laszlo Andor. Pour un quart des Européens, la retraite est déjà la principale source de revenus. « Si les pays européens ne parviennent pas » à créer des systèmes soutenables, « des millions d'Européens feront face à la pauvreté », souligne cet économiste socialiste hongrois. Après la crise, la destruction de richesse détenue par les fonds de pension a été brutale. La baisse des actifs des fonds de pension fin 2010 en comparaison à fin 2007 atteignait respectivement 10 et 13% en Belgique et en Espagne. « En Irlande, certains fonds ont perdu 50% de leurs actifs », a dit jeudi Laszlo Andor. Le problème n'est pas circonscrit aux pays traditionnellement dotés de grands fonds de pension comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni. Il est particulièrement grave dans les pays qui, comme en Europe centrale ou dans les Balkans, ont fait le choix, à la fin des années 1990 de système de retraite obligatoire par capitalisation. La Pologne, la Hongrie, la République slovaque, l'Espagne ont vu leurs fonds afficher des taux de rendement réels... négatif entre 2008 et 2010. »
Commentaire : Comme je l’écris souvent « Vive la répartition ». Tout miser sur la capitalisation est un non sens dans une économie paupérisante. Dans une économie bien organisée et gérée, la répartition devrait représenter 100% de la retraite. Attention, dans ce cas de figure, la retraite devrait être consommée pour « retourner » dans les flux économiques ou investie dans des produits ciblés, eux-mêmes investis dans l’économie réelle. Sans cela, une taxation très dissuasive serait appliquée. Il est grand temps d’intégrer dans nos raisonnements économiques la technique des vases communiquants. L’économie n’est pas et ne peut être financière ou comptable, elle relève de la physique « sociologique ». C’est de cette physique que sortent certaines réalités financières et comptables. Actuellement, au détriment du plus grand nombre, c’est la mathématique et la comptabilité qui fabriquent un système économique. L’économie ne peut être un système car elle n’est que « résultante ». Force est de constater qu’après les cycles de guerres trentenaires créés par cette logique, nous avons encore du travail à faire. Comme je l’écrivais dans un article du 11 mars 2003 (en lien ci-dessous) « Comment demander à des gens ayant des revenus « normaux » qui ne sont plus indexés sur l’inflation :- D’économiser pour leur retraite, - De payer des loyers ou des charges importantes de remboursement de crédit,- De se constituer un minimum d’épargne en cas de coups durs,- Tout en consommant suffisamment pour faire tourner la machine économique ?Machine économique, qui elle seule crée et maintient l’emploi et le tout sans diminuer leurs charges fixes (logement et impôts) et leur donner du temps pour consommer ? » L’économie dirigée par la finance et la comptabilité est une bombe. En effet, qu’on le veuille ou non, pour avoir en bout de chaîne les chiffres les plus importants pour certains ou pour réponde aux critères financiers et comptables à la mode pour d’autres, il faut optimiser toute la chaîne (minimisation des coûts) au détriment du plus grand nombre. En fait, le terme détriment n’est pas exact. Le problème est que pour l’instant on n’a pas trouvé le juste milieu entre le tout pour les uns et le « détriment » pour les autres. Ces dernières années ce « détriment » avait pu être masqué par l’accès au crédit non régulé, la facilitation des donations, les défiscalisations, les hausses boursières (fictives car sans volume et sans liquidité), les hausses immobilières etc…. qui créaient pour la plupart une richesse virtuelle. Même les Etats s’étaient asservis à cette situation du plein gré de certains fonctionnaires et certains politiciens « lobbyisés ». Force est de constater, qu’à priori, la leçon a été comprise. Tant que la socio-économie ne déterminera la physique « économique » à mettre en place, nous serons dans des marchés paupérisant en termes de revenus, cycliques en termes de richesse boursière et immobilière, éphémères et humiliants en terme Humain.
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/economie/la-place-de-limmobilier-dans-leconomie-future.php
ESSENCE
Sur le site socioecopofi : L’arnaque du prix de l’essence
Un grand merci à la personne qui m’a signalé cette vidéo (source youtube)
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/videos.php
IMMOBILIER
Anne-laure Declaye dans « Agefi » du 16 février 2012
Article intitulé : 2012, les professionnels prévoient une baisse des ventes de logements collectifs de 15 % à 20 % par rapport à 2011
« Malgré un rebond des ventes au quatrième trimestre sous l'effet de la diminution annoncée des aides à l'investissement locatif pour 2012, l'année 2011 enregistre, sans surprise, une baisse des ventes au détail de logements collectifs neufs de 11 % par rapport à 2010. Dans ce climat tendu, sur fond d'élection présidentielle et de crise économique persistante, rien ne présage d'un quelconque changement qui puisse renverser cette tendance baissière.
D'après la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), les ventes devraient donc décroître sensiblement en 2012, de l'ordre de 15 à 20 %, à 80.000 ou 85.000 unités, contre 100.000 environ en 2011. Bien que le coup de rabot sur le dispositif Scellier n'ait été, en 2011, que de 10 %, portant ainsi la réduction d'impôt à 22 % pour les logements BBC (contre 13 % en 2012), les ventes nettes aux investisseurs ont fortement fléchi l'année dernière, de 16 % selon l'observatoire de la FPI. La part de ces derniers s'est donc réduite de 63 % en 2010 à 57 % en 2011. »
OR
Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 17 février 2012
Article intitulé : Les banques centrales n’ont jamais acheté autant d’or depuis un demi-siècle
« La libre convertibilité du dollar en or n’existe plus depuis 1972, quand s’est éteint le système monétaire de Bretton Woods. Pourtant, quarante ans après, les banques centrales continuent de stocker beaucoup de métal jaune. En 2011, selon les chiffres du Conseil mondial de l’or qui ont été publiés hier matin, elles ont acheté près de 440 tonnes d’or. Un niveau jamais atteint depuis 1964. Est-ce le signe qu’au niveau institutionnel, le métal jaune reste toujours une monnaie de réserve et de garantie ? Sans doute. Les acheteurs sont surtout des banques centrales des pays émergents à forts excédents commerciaux. Elles ont le souci de diversifier leurs réserves de change au-delà de la monnaie de référence que représente le dollar, et elles investissent dans l’or pour préserver leur pouvoir d’achat ou pour maintenir la stabilité financière dans le pays. La crise de la dette en Europe comme aux Etats-Unis en 2010 et en 2011 les a incitées à rechercher une valeur refuge. L’or est le seul actif entièrement souverain dont la valeur n’est pas soumise à des décisions d’autorités politiques. Dans leur majorité, depuis le premier semestre 2009, les banques centrales occidentales préfèrent aujourd’hui rester assises sur leur tas d’or. Une posture qui contraste avec les ventes massives constatées dans les années 1990. Pour éviter une chute brutale des cours, les banques centrales des 15 pays les plus gros détenteurs d’or avaient même été jusqu’à s’imposer en 1999 des quotas de 400 tonnes pour limiter les ventes d’or. Cette précaution n’a plus aucune raison d’être désormais. Pour 2012, le Conseil mondial de l’or est convaincu que les banques centrales des économies émergentes, qui ont déjà acheté un peu plus de 500 tonnes au cours des deux dernières années, vont continuer leurs achats. D’autant que les sommes engagées ont beau être très élevées en raison de l’envolée des prix, la part de l’or dans les réserves de ces pays reste encore peu significative : elle ne représente que 2 % pour la Chine, 8 % pour l’Inde et 7 % pour la Russie. La France détient 71 % de ses réserves en or ; les Etats-Unis 75,5 %. La« relique barbare »tant décriée par Keynes semble donc avoir encore de beaux jours devant elle.3
REVUE DE PRESSE DU 16 FEVRIER 2012
CAC 40 du 15 février 2012:
0,44% ou 0,0030% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,31) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,31 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
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Comme je l’écris souvent : Se taire jusqu’à où, jusqu’à quand ?
BOURSE
Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 16 février 2012
Article intitulé : Croissance : le « scénario noir » s’éloigne pour les marchés
« « On a sans doute échappé au pire. » Cette réflexion d’un économiste résume assez bien l’état d’esprit sur les marchés. Les récentes statistiques économiques sur le Vieux Continent sont plutôt rassurantes. Ou du moins meilleures que prévu. « A l’automne, les marchés anticipaient une récession très dure. Or, à la lecture des derniers indicateurs, elle devrait être finalement modérée », résume Stéphane Deo, responsable de la recherche économique européenne chez UBS. Les marchés en ont pris la mesure : depuis le début de l’année, les grandes Bourses affichent des gains spectaculaires, profitant en outre de l’apport massif de liquidités de la Banque centrale européenne. Le DAX s’est envolé de presque 15 %, le CAC 40 de 7 %. Hier encore, les chiffres du PIB en zone euro ont contribué à la bonne tenue des marchés, avant que les inquiétudes sur la Grèce ne viennent encore jouer les trouble- fête. Bon nombre d’établissements financiers viennent de réviser ou revoient en ce moment même à la hausse leurs prévisions sur la croissance 2012, en zone euro. « Le ’credit crunch’ est moins marqué qu’on ne le craignait il y a quelques mois, les investissements sont très bas et les Etats-Unis et l’Asie se tiennent bien », explique le spécialiste. Conséquence : les bénéfices des entreprises pourraient, certes, baisser, de l’avis des économistes, mais ils ne devraient pas chuter dramatiquement, ce qui rassure les investisseurs. « Les profits devraient reculer de 10 %, soit moins qu’en 2008-2009. L’international, qui représente plus de la moitié des ventes des grandes entreprises européennes, va soutenir les résultats », souligne Franz Wenzel, responsable de la stratégie d’investissement d’AXA IM.
Commentaire : Cet article met bien évidence les effets néfastes de l’aura des prévisionnistes. Prévisionnistes qui, trop souvent, ne basent leurs raisonnements que sur des dogmatismes personnels et non sur des prospectives réfléchies. Que de volatilités pourraient été évitées, si nous cessions de vouloir déléguer nos actions aux croyances médiatiques du moment. Croyances médiatiques portées par des bonimenteurs à l égo aussi élevé que ne sont basses leurs analyses. Comment oser parler de « Bourses qui affichent des gains spectaculaires » ? Pour rappel, la Bourse ne peut pas afficher de gain ou de perte. La Bourse donne simplement une indication des cours réalisés à une heure précise pour un volume précis. Extrapoler cette réalité à l’ensemble des porteurs de parts relève de l’abus de confiance. Se servir des ces variations pour établir des ratios ou des stratégies censées être applicables à tous porteurs de titres, une escroquerie intellectuelle. Ayons « Les cycles sociologiques comme boussole, les paradigmes du moment comme baromètre et, à la place du pifomètre moutonnier, le bon sens comme décisionnaire ©.
ECONOMIE
Jean-Paul Fitoussi, directeur à l’OFCE, dans « Le Monde » du 16 février 2012
Article intitulé : Contre la crise, les politiques européennes doivent relancer la demande
Ne cédons pas aux sirènes de l'austérité, destructrices de capital humain
« Au commencement fut la crise financière (2007-2008) dont les conséquences réelles se firent sentir, comme toujours en pareil cas, au travers d'un effondrement de la demande globale sur l'activité et l'emploi. La communauté internationale mobilisée par les réunions du G20 réagit à juste titre en utilisant tous les moyens pour soutenir la demande : politique monétaire expansive et non conventionnelle, relance budgétaire. Cette réaction évita au monde de sombrer dans la dépression. L'équation est a posteriori simple à comprendre. Les marchés financiers ont durant plusieurs années surévalués le prix des actifs incitant ainsi les ménages et les entreprises à s'endetter.Lorsque ce prix est revenu sur terre, le secteur privé a réalisé brutalement qu'il était surendetté, la valeur de sa dette étant inchangée alors que celle de ses contreparties (actions, immobilier, etc.) s'effondrait. Il n'avait d'autre choix que de se désendetter : réduction de la consommation pour les ménages, des investissements et de l'emploi pour les entreprises. L'ajustement de chacune de ces deux catégories d'acteurs rétroagit sur l'autre et l'oblige à réduire encore davantage ses dépenses. Les entreprises devront ajouter à leur adaptation initiale, une adaptation induite par la baisse de leurs débouchés. Alors que l'aggravation du chômage incite les ménages, par précaution ou contrainte, à davantage de parcimonie. Il fallait donc rompre ce face-à-face dépressif par des interventions publiques massives seules à même de mettre un terme à l'ajustement à la baisse. Cela fut fait, et partout le surcroît d'épargne privé fut compensé par un surcroît de désépargne publique (déficit budgétaire). Mais le processus de désendettement du secteur privé est long et pénible. Les gouvernements doivent garder les nerfs solides devant la montée de la dette publique, pour ne point eux-mêmes céder à la tentation d'un désendettement trop précoce. Encore faut-il qu'ils en aient la liberté. Tel n'est pas le cas dans la zone euro où les dettes sont souveraines et la monnaie sans souverain. La fragmentation de la dette européenne en autant de dettes nationales non protégées par une banque centrale, ouvre grand la porte à l'arbitrage des marchés prompts à discriminer entre elles selon leur évaluation des risques relatifs qui y sont attachés. D'où l'importance que prennent chez nous les instances d'évaluation, c'est-à-dire les agences de notation, qui pourtant sont à peine audibles dans un autre contexte (Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni). Aussi la crise se double-t-elle en Europe d'une crise des dettes souveraines qui incite les Etats membres à davantage d'austérité. Faute de s'accorder pour " réparer " la Constitution européenne - faire de la BCE une banque centrale de plein exercice ; mutualiser la dette pour rendre impossible l'arbitrage des marchés, comme la monnaie unique (la mutualisation des monnaies) avait mis fin à la spéculation sur les taux de change intra-européens -, les Etats européens sont aussi contraints, dans le cadre des traités actuels, au désendettement. Les craintes d'une récession européenne trouvent ici leur origine. Il faut faire d'un mal un bien, et rechercher dans ce qui nous contraint les moyens de faire quelque chose d'utile : des réformes à coût zéro, aptes à muscler les économies nationales pour en accroître la compétitivité. Produire français, grec, italien, portugais, espagnol etc. en espérant vendre aux autres pays, faute de pouvoir compter sur une demande intérieure doublement bridée, par la poursuite du désendettement privé d'une part, par l'augmentation des impôts et la réduction des dépenses publiques et sociales nécessaires au désendettement public, d'autre part. La compétitivité est pourtant un concept relatif et les politiques cherchant à l'accroître ne peuvent toutes aboutir simultanément. La fragmentation des dettes conduit ainsi à une autre fragmentation, celle des politiques nationales, au grand dam de l'intérêt général européen. La généralisation de la rigueur réduit les débouchés en Europe, ce qui constitue un bien mauvaise prémisse à l'augmentation des exportations de chaque pays. Certes, l'augmentation de la compétitivité européenne pourrait tailler des croupières aux autres régions du monde, mais celles-ci disposent d'une arme pour en atténuer si ce n'est annuler ses effets : la dépréciation du taux de change. L'augmentation de la production (de l'offre) a besoin de débouchés pour devenir effective. Or, nous étions partis du constat de la déficience de la demande. Ce tête-à-queue des stratégies européennes - lutter contre une insuffisance de la demande par une politique d'austérité aux fins d'augmenter l'offre - est pour le moins énigmatique. Le PIB de la zone euro est encore aujourd'hui inférieur de 1 point à ce qu'il était en 2008. Et que nous réserve l'avenir ? On pourrait arguer qu'une politique d'offre pourrait à long terme s'avérer bénéfique. Cela est indiscutable, mais à condition qu'elle permette d'augmenter le capital des nations, et sa productivité. Or, l'austérité en période de crise détruit du capital humain. Que nous ne sachions pas mesurer un tel capital n'empêche en rien qu'il soit un déterminant essentiel de l'offre productive présente et future. Voilà pourquoi les politiques d'offre et de demande sont si difficiles à démêler. S'il faut désendetter les Etats aujourd'hui, cela ne peut se faire au détriment de la croissance potentielle de demain. Seules des politiques d'investissement parce qu'elles alimentent la demande d'aujourd'hui et augmentent l'offre de demain pourraient faire sortir l'Europe du cercle récessif dans lequel elle se trouve. Car comment augmenter la production et sa qualité sans investir ? En 1929, au lendemain de la crise, le gouvernement britannique publia un Livre blanc, connu sous le nom de The Treasury View, pour dire qu'une politique d'investissement public n'aurait aucun effet sauf de dégrader les finances de l'Etat, alors que seul l'équilibre budgétaire était de bonne gestion. Huit décennies plus tard, l'Europe se range à la même opinion. Fort heureusement, cette fois, cette opinion n'est pas partagée par le reste du monde ! »
Commentaire : Le surcroit d’épargne n’est un problème que s’il est mal investi ou investi à contre temps. Un des challenges du futur (techniquement facilement à réaliser mais humainement beaucoup plus difficile à faire « passer ») est de transformer des investissements dans l’économie réelle « dits à risque » en produits sécurisés.
FRANCE
Claire Guélaud dans « Le Monde » du 16 février 2012
Article intitulé : La croissance française fait de la résistance
« C'est plutôt une bonne surprise. L'activité économique ne s'est pas contractée en France au quatrième trimestre 2011, contrairement à ce que prévoyait la majorité des conjoncturistes et à ce que laissaient présager les enquêtes sur le climat des affaires. Le produit intérieur brut (PIB) en volume a progressé de 0,2 %, après une hausse de 0,3 % au troisième trimestre, a annoncé mercredi 15 février l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Sur l'année, la croissance s'établit à 1,7 % en 2011, après 1,4 % en 2010. Le spectre d'une nouvelle récession, même légère, s'éloigne - il faut pour cela deux trimestres consécutifs de contraction du PIB - ; celui de la croissance faible (+ 0,5 % prévu par le gouvernement) demeure pour 2012. Rien ne permet aujourd'hui d'anticiper un rebond marqué de l'activité, comme cela est le cas au sortir d'une récession classique (ce que ne fut pas la crise de 2008-2009). Deux facteurs, dit-elle, permettent d'expliquer la surprise de la fin 2011 : " La bonne tenue de l'activité industrielle et le rebond de l'investissement des entreprises. " La consommation des ménages est restée faible au quatrième trimestre (+ 0,2 % après + 0,3 %). Avec la douceur de l'automne, les dépenses d'énergie-eau-déchets ont reculé (- 3,6 % après + 5,7 %). Les dépenses alimentaires continuent de baisser mais moins fortement. Au total, le ralentissement de la consommation des ménages a été marqué en 2011 : + 0,3 % après + 1,3 % en 2010. »
CYCLE 2016
Dans « Le Figaro » du 15 février 2012
Article intitulé : 800.000 emplois créés d'ici 2016
« Le centre d'analyse stratégique évalue les secteurs créateurs et destructeurs d'emploi sur les cinq prochaines années. D'ici 2016, 783.000 emplois pourraient être créés dans le secteur marchand, soit en moyenne environ 160.000 emplois chaque année, selon les prévisions du Centre d'analyse stratégique »
LOBBY
Claire Guélaud dans « Le Monde » du 16 février 2012
Article intitulé : Finance Watch, ONG en première ligne face aux lobbys financiers
« Finance Watch partage, à Bruxelles, le même bâtiment que Merrill Lynch et la Bank of America. Mais c'est à peu près tout. Entre l'ONG et les banques américaines, les intérêts sont bien souvent contraires. La première se bat contre les excès de la finance sauvage, les secondes contre des règlementations trop excessives que pourraient mettre en place les pouvoirs européens. L'association Finance Watch a été portée sur les fonts baptismaux en septembre 2011. Elle répond à l'appel de deux cents eurodéputés de tous bords, qui ne supportaient plus d'entendre le seul discours de l'industrie financière, dans les couloirs du Parlement européen. Pour la préparation d'une directive européenne portant sur l'encadrement des fonds d'investissement alternatifs, l'eurodéputé UMP Jean-Paul Gauzès a reçu par exemple près de 200 lobbyistes financiers. Mais aucune autre partie. En septembre 2009, alors que la discussion faisait rage autour de ce même projet, le maire de Londres Boris Johnson est descendu en Eurostar avec 300 lobbyistes pour préserver le business de la City. L'eurodéputé écolo Pascal Canfin, l'un des initiateurs de l'appel, argue : « Le lobbying financier a longtemps bénéficié d'une situation de monopole. En face de lui, il n'y avait aucun contre-pouvoir. » A la manière de David contre Goliath, Finance Watch essaie donc de changer la donne. Avec un budget qui doit atteindre deux millions d'euros (un million doit être apporté par la Commission européenne), le secrétaire général Thierry Philipponnat se bat comme il peut. Aidé de ses sept collaborateurs permanents contre plus de 700 lobbyistes dans le camp d'en face et 350 millions d'euros. « En “ off ”, de nombreux dirigeants nous disent en tout cas que notre impact est réel. Nous sommes clairement entrés dans le jeu. Nous sommes systématiquement invités aux auditions du Parlement. » Les ministres français et allemand veulent donner aux banques la possibilité d'avoir un délai supplémentaire pour révéler leurs ratios d'endettement. Philipponnat de commenter sèchement : « En clair, les lobbys financiers ne veulent pas donner d'information sur leur état de santé et les ministres disent “ Touche pas à mes banques”.» »
Commentaire : Beaucoup de vérités sont dites. 350 millions d’euros voilà les frais de représentation versés à Bruxelles. Il est étonnant que les lobbyistes, pour rappel ce sont des groupes de pression, soient devenus une normalité. Les mêmes (certains politiques et certains hauts fonctionnaires) qui instaurent des normes délirantes et souvent stupides aux Peuples érigent les groupes de pression en partenaire. Partenaire sur qui ils peuvent compter pour leur donner la direction de leurs décisions voire, très souvent, leur fournir les textes qu’ils doivent faire voter. Qui critiquera le service après-vente des lobbyistes ? 350 millions d’euros ramenés aux nombre de personnes « lobbyisées », cela fait combien ?
REVUE DE PRESSE DU 15 FEVRIER 2012
CAC 40 du 14 février 2012:
-0,26% ou -0,0017% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,34) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de destruction comptable de valeur calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,34 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?
Information
Mise en ligne du site de l'Association de défense des victimes de l'Autorité de Contrôle Prudentielle
www.associationdedefensedesvictimesdelacp.com
ALLEMAGNE
Jacques Attali dans « L’Express » du 8 février 2012
Article intitulé : Demain, l’Euro-Allemagne ?
« L'Allemagne semble, en Europe, prendre le pouvoir; et personne ne peut le lui reprocher: elle fait ce qu'elle doit, dans son intérêt. Quatre informations, cette semaine, le confirment: - La Chine devient le premier partenaire commercial de l'Allemagne, devant la France; 5000 entreprises allemandes sont déjà présentes là-bas, contre moins de 900 françaises. - Les 12 premières entreprises allemandes, parmi lesquelles les géants de la chimie, de l'automobile, de la sidérurgie et de l'électronique, se sont regroupées dans une entreprise nommée "Alliance", pour se donner les moyens de contrôler l'accès aux matières premières les plus précieuses, et en particulier aux terres rares, si essentielles à l'industrie de demain. On les trouve notamment en Chine, en Mongolie, au Japon et dans quelques pays d'Afrique et d'Amérique latine. - Le ministre des Finances allemand a convoqué, pour la deuxième fois en trois semaines, à Berlin, les ministres de quelques pays européens, sans la France, pour discuter de la crise de l'euro; il a invité plusieurs jours plus tard le ministre des Finances français, pour lui donner le résultat de cette première rencontre. - Enfin, le président de la plus grande banque allemande vient de déclarer que son établissement n'aura sans doute pas besoin du soutien que la Banque centrale apportera de nouveau, à la fin de février, à toutes les banques européennes. Ainsi, l'Allemagne, pour la première fois dans la courte période démocratique de son histoire, se trouve en situation de dominer l'Europe. Les institutions communautaires, trop faibles et bureaucratiques, n'ont pas su prendre le relais. On en voit déjà les conséquences: sur tous les terrains, les Européens sont absents. Ils viennent même, dans le silence le plus absolu des dirigeants politiques français, de se faire imposer la mise en place d'un bouclier antimissile entièrement sous contrôle américain et dont le poste de commandement sera justement en Allemagne; par sa nature même, il vise à détruire la crédibilité de la force de frappe ennemie et, par symétrie, celle de la force de frappe française, victime collatérale recherchée depuis longtemps. »
Commentaire : Il est écrit « …dans le silence le plus absolu des dirigeants politiques français, de se faire imposer la mise en place d'un bouclier antimissile entièrement sous contrôle américain… », je pense que notre histoire rend évident notre besoin de ce bouclier.
BOURSE
Muriel Motte dans « Les Echos » du 15 février 2012
Article intitulé : Tendance piégée
« Le monde développé n’en a pas fini avec ses vieux démons, contrairement à ce que le rétablissement de ses marchés laisse penser. Japon mis à part, le rebond des actions depuis l’automne dépasse 20 %. Un « bull market » qui ignore les menaces que continue de faire planer la crise européenne et les signes de ralentissement de la croissance. Néanmoins, l’indice des profits mondiaux des sociétés est bel et bien en train de se retourner, constate-t-on chez Amundi. En Europe comme aux Etats-Unis, les volumes de transactions restent trop anémiques pour nourrir la hausse très au-delà du rattrapage d’un second semestre 2011 chaotique. Les valorisations, particulièrement à Wall Street, sont tout sauf bradées, et la rotation sectorielle a déjà profité aux valeurs financières et cycliques les plus malmenées l’an dernier. Enfin, des indicateurs de surachat ont surgi ici et là.
BANQUE
Guillaume Maujean dans « Les Echos » du 15 février 2012
Article intitulé : Les marchés défient les mauvaises nouvelles
« Le nouvel avertissement de Moody’s a à peine fait ciller les investisseurs. Les grandes places financières ont une nouvelle fois fait preuve de leur résistance hier, après que l’agence de notation a dégradé l’Italie, le Portugal et l’Espagne (de deux crans pour cette dernière) et attaché une perspective négative au Aaa de la France, du Royaume-Uni et de l’Autriche. Comme si rien ne pouvait remettre en cause l’élan haussier entamé mi-novembre par les marchés d’actions. Ce renouveau – à mettre en rapport avec la forte chute des Bourses au second semestre 2011 – repose en grande partie sur« l’agressivité des banques centrales, qui ont relancé l’appétit pour le risque », comme l’explique David Shairp de JPMorgan AM. La BCE a abreuvé les banques de liquidités et laisse la porte ouverte à une baisse des taux. Les craintes d’un emballement de la crise de la zone euro se sont parallèlement apaisées, au moins momentanément. Nombreux sont pourtant les stratèges de marché qui affichent désormais leur réserve sur les perspectives des marchés européens. Ils estiment que le rebond est allé trop vite et trop loin. « Les volumes de transaction ont décliné, les marchés semblent fatigués et un reflux pourrait se produire », estime ainsi Christopher Potts de CA Cheuvreux. »
ECONOMIE
Jean-Paul Fitoussi dans « La Croix » du 10 février 2012
Article intitulé : L’Europe a organisé sa propre impuissance
« Les marchés ont besoin de la démocratie pour survivre et la démocratie a besoin des marchés pour ne pas devenir intrusive. Cette crise n’existe qu’en Europe. Des pays plus endettés que les nôtres (Etats-Unis, Japon ou Grande-Bretagne) ne sont pas dans ce rapport de force. Parce que dans ces pays, la souveraineté nationale est à même de discipliner les marchés. Les Etats européens ont renoncé à des pans entiers de souveraineté sans que ce renoncement ait été compensé par la naissance d’une souveraineté européenne. La création de la monnaie unique a mis fin à la spéculation sur les taux de change intra-européens mais a créé un autre espace de spéculation sur la valeur relative des dettes publiques nationales. »
Jean Peyrelevade dans « La Croix » du 10 février 2012
Article intitulé : Un pays surendetté perd sa souveraineté
« Quand la politique s’émeut de la dictature des marchés, c’est parce qu’elle n’a pas fait son travail. Si vous organisez la circulation automobile sans code de la route, sans feux rouges, et sans policiers pour contrôler, vous aurez un certain désordre. Laisser la finance sans règles entraîne fatalement le désordre. Un désordre dont le pouvoir politique porte une large responsabilité. Il faut bien comprendre que la matière première de la finance, c’est la dette. S’il n’y a pas de dette, il n’y a pas de crédit donc pas de finance. Le rôle de la finance est d’émettre de la dette, de la faire circuler, de la placer, de la négocier, de l’escompter, de la consolider. Si la finance est hypertrophiée, c’est parce que les États sont surendettés. La crise que nous traversons n’est pas une crise mondiale, c’est une crise de la zone euro. Car qui sont les porteurs de la dette des États ? Peu de gens le savent. Les marchés seraient-ils une sorte de dictateur anonyme ? La dette souveraine de la zone euro est détenue aux trois quarts par des résidents de la zone euro, par vous et moi dont l’épargne est placée dans des institutions financières. C’est avant tout un problème domestique que nous ne parvenons pas à régler entre européens. La raison de cette crise est que les prêteurs ne veulent plus prêter. Quand un ménage est surendetté, il ne peut plus emprunter et on le prive de chéquier et de carte bleue. Un gouvernement qui est surendetté perd sa souveraineté. Les États se sont placés eux-mêmes dans cette situation de dépendance par rapport à un monde de la finance qu’ils n’ont pas voulu réguler et à l’intérieur duquel il y a des phénomènes d’attaque spéculative, que je ne néglige pas, mais qui ne sont que des microbes périphériques par rapport à des États qui sont fondamentalement en mauvaise santé. »
EUROPE
Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman, et Emmanuel Sales, Financière de la Cité, dans « Le Figaro » du 15 février 2012
Article intitulé : Pour une souveraineté budgétaire Européenne.
« L’Europe est venue au secours de ses banques et de ses maillons faibles, mais ce n’est pas, comme d’autres, à fonds perdus, en faisant tourner la planche à billets. En contrepartie des interventions de la banque centrale (par ailleurs limitées et proportionnées à l’ampleur des enjeux), les États européens se sont engagés dans un processus sans précédent de réformes économiques et institutionnelles : adoption d’un nouveau pacte budgétaire, mise en place d’une supervision économique de la zone euro, efforts de libéralisation du marché du travail et des services publics, ouverture de secteurs protégés dans certains États membres. Le futur Fonds monétaire européen constitue à la fois le couronnement et la sanction de ces efforts, en créant un mécanisme propre à éviter que la libéralisation des échanges n’entraîne le déficit dans les comptes publics. L’Europe est ainsi le continent qui s’est le plus réformé au cours des derniers mois. Aujourd’hui, elle sort renforcée de la crise, avec un endettement vis-à-vis de l’extérieur négligeable, une monnaie fiable - garantie par l’ordre économique et non par un quelconque privilège d’émission -, avec la première épargne mondiale et des institutions raffermies autour des pays fondateurs. Son potentiel de développement est immense, et les fonds d’investissement américains ou chinois ne s’y trompent pas, qui rachètent à l’encan les portefeuilles d’actifs de banques européennes fragilisées par les carcans prudentiels qu’elles s’imposent. La croissance de l’Europe va donc de pair avec un authentique fédéralisme budgétaire, même si le mot est difficilement audible en France. Perte de souveraineté, dira-t-on ? Mais que vaut la souveraineté lorsque l’action publique est dépendante des salles de marché ? La crise de la dette conduit à une alternative claire : ou bien faire le choix du repli sur soi par le renoncement à l’euro avec ses conséquences extraordinairement risquées tant sur les plans économique que politique ; ou bien compléter le projet européen – aujourd’hui inachevé - en avançant vers l’intégration budgétaire, ce qui suppose d’accepter une limitation de la souveraineté, en contrepartie d’une solidarité financière renforcée entre pays membres de la zone euro. Par l’institution d’une discipline budgétaire commune, ce que perdront les gouvernements nationaux, c’est leur capacité à mentir librement en promettant à leur population des satisfactions illusoires ou financées par le déficit. »
Commentaire : Je reprendrais mon commentaire du 26 octobre 2011 : La crise actuelle est issue de la création du dernier étage de l’Europe. Paradoxalement (pour moi), ce sont les Allemands, qui en étant à abandonner leur souveraineté en faveur de l’Europe, sont en avance sur les Français qui ont difficile à joindre leurs actes à leurs paroles. Cela dit, cela se fera car le Président de la République a totalement raison « parlant de guerre et de paix », comme jadis le chancelier Helmut Kohl (1982-1998) ». Le problème est certainement que l’on n’a jamais expliqué clairement l’Europe et la mondialisation aux citoyens et que beaucoup de politiciens ne jouent que leur carte personnelle en se contentant de suivre le sens du vent.
FAIM
Philippe Douste-Blazy dans « Le nouvel Economiste » du 9 au 15 février 2012
Article intitulé : La vraie bombe atomique, aujourd’hui, c’est la faim.
« Qui saurait dire, à l’euro près, combien lui a coûté son dernier billet d’avion ? Personne. Misant sur cette certitude, le 30 juillet 2006, Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires étrangères, faisait de la France “le laboratoire de la première taxe mondiale de solidarité” en instaurant une nouvelle forme d’impôt consistant à prélever un euro sur chaque billet d’avion. Indolore, efficace puisqu’en 5 ans et demi, ce système – adopté depuis par 13 autres pays – lui a permis de récolter 2,5 milliards de dollars. De quoi financer Unitaid, organisation qu’il a fondée à la même époque afin de financer dans les pays les plus pauvres la recherche et le développement de traitements contre la tuberculose, le sida et le paludisme. Le premier problème de politique internationale aujourd’hui tient au fait que 1,5 milliard d’habitants de la planète n’ont ni eau potable, ni de quoi manger à leur faim, ni médicaments, ni accès à l’éducation et à l’assainissement. Et il en sera de même pour les deux prochains milliards d’êtres humains. Si bien que dans trente ans, environ 3,5 milliards de personnes dans le monde gagneront moins de 1,25 dollar par jour, le seuil de l’extrême pauvreté. Mais on sait que, d’une façon ou d’une autre, ces gens auront peu à peu accès à Internet, ce qui leur donnera une idée de la façon dont vit le reste du monde. Dès l’instant où ils s’apercevront qu’ils sont les seuls sur terre à ne pas avoir accès aux antibiotiques qui pourraient sauver leurs enfants, qu’ils comprendront qu’avec le prix d’un déjeuner dans un grand hôtel parisien on aurait de quoi sauver tous les nouveaux-nés de la tuberculose pendant deux ans, ce sera un véritable tsunami C’est essentiel dans un système qui est passé d’un capitalisme social – qui produisait des richesses, permettait de construire des écoles, des hôpitaux… – à un capitalisme financier où seuls comptent désormais le consommateur et l’actionnaire. Ce capitalisme devient fou lorsqu’il achète des cargos de blé le matin à 8h pour les revendre à 11h et les racheter ensuite à 14h dans le seul but de faire monter le prix du blé et qu’il affame au passage 1,5 million de gens. Voilà à quoi mène le système actuel : entretenir l’extrême pauvreté en faisant monter arbitrairement et virtuellement le prix de certaines denrées. »
IMMOBILIER
Jean-Yves Guérin dans « Le Figaro » du 15 février 2012
Article intitulé : Le Centre d’analyse stratégique veut rationaliser les aides au logement
« Le constat fait par le Centre d’analyse stratégique dans un rapport sur le logement publié aujourd’hui est brutal : alors que le sujet mobilise des aides énormes (37 milliards d’euros) de la part de l’état et des collectivités locales, les ménages les moins favorisés dépensent de plus en plus pour se loger. En 2005, ils consacraient à ce poste 41,4 % de leurs revenus contre 25 % en 1988. Le Centre d’analyse stratégique a planché sur un système où le loyer payé par les locataires serait modulé en fonction de leurs revenus. Aujourd’hui, jusqu’à 64 % des ménages peuvent prétendre à un HLM. En revanche, il a planché sur un système où le loyer payé par les locataires serait modulé en fonction de leurs revenus. « En fait, les loyers seraient nominalement plus élevés et les locataires percevraient une subvention qui couvrirait en partie cette charge, explique Vincent Chriqui. Le montant de cette prime serait revu à la baisse lorsque le locataire verrait ses revenus augmenter. »
Commentaire : Est-ce encore des HLM, lorsque 64% des ménages peuvent y prétendre ?
En 2005 (voir graph ci-dessous), les ménages les moins favorisés consacraient 41,4% de leurs revenus au logement et aujourd’hui ?
Patrick Michaud, avocat fiscaliste, dans « Le nouvel Economiste » du 11 février 2012
Article intitulé : L’immobilier et la consommation vont devenir les mamelles fiscales de la France
« On recherche depuis plusieurs années des assiettes fiscales non délocalisables. Notamment l’assiette de l’immobilier et celle de la consommation. Bien que cela ne soit pas déclaré publiquement, l’idée est de rapprocher la fiscalité immobilière de la fiscalité des valeurs mobilières, notamment en matière de plus-values. »
Commentaire : L’immobilier, en entrant dans un schéma spéculatif antinomique avec l’objectif de logement, a créé des excès au détriment des investisseurs, des locataires, de l’investissement dans l’industrie et l’économie. Tout cela, au détriment de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’écologie etc.... De ce fait, il est normal que certaines « opérations immobilières » soient taxées comme des valeurs mobilières. La fiscalité à géométrie variable que nous défendons va totalement dans ce sens. Voir le lien : http://immowebpartner.fr/conseils-immobilier/l%E2%80%99immobilier-et-la-defiscalisation-23/
REVUE DE PRESSE DU 13 ET 14 FEVRIER 2012
CAC 40 du 13 février 2012:
0,34% ou 0,0021% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,38) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,38 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BOURSE/OR
Gilles Coville dans « Les Echos » du 14 février 2012
Article intitulé : Assurance avant accident
« Athènes flambe, l’Europe est entrée en récession, l’Amérique s’installe dans le chômage de longue durée, les foyers de tensions géopolitiques se multiplient, mais les actions sont en hausse et leur volatilité en baisse. Comme si de rien n’était ? Pas tout à fait. Si l’on en juge par l’évolution de l’or, la sérénité de surface s’accompagne de comportements discrets de précaution. Les cours du métal jaune n’ont connu que cinq séances de baisse cette année et sont en hausse de 12,6 % sur leur point bas de décembre, davantage que la plupart des indices boursiers. Les quantités d’or détenues par les trackers, les véhicules les plus populaires pour y investir, se maintiennent à un niveau record. La cassure d’octobre dans une tendance à la hausse presque rectiligne sur onze ans sera bientôt effacée. Les voix les plus autorisées ne sont guère entendues quand elles appellent à la méfiance. Le magazine américain « Fortune » vient ainsi de mettre en ligne un extrait du prochain message de Warren Buffett aux actionnaires de son fonds, Berkshire Hathaway, dans lequel il déconstruit la protection du pouvoir d’achat que procurerait l’or et décrit la bulle spéculative que le métal précieux serait en train de former. Mais les internautes qui répondent à l’Oracle d’Ohama opposent en majorité à sa certitude de s’enrichir avec des actions dans le siècle à venir leurs craintes plus urgentes face aux monceaux de dollars et d’euros imprimés par les banques centrales.»
CAPITAL RISQUE
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 13 février 2012
Article intitulé : Vous avez aimé l'investissement éthique ? Vous allez adorer le capital-risque "social"
« Citizen Capital, créé il y a quatre ans, vient enfin de boucler la levée de son premier fonds, d'un montant de 22 millions d'euros. Notamment grâce au tout récent apport d'un million d'euros effectué par HSBC France, qui se retrouve ainsi actionnaire d'une société de capital-développement très spéciale, au côté d'autres investisseurs institutionnels, comme La Banque Postale, AG2R La Mondiale ou bien encore la CNP. Très spéciale car Citizen Capital, fondée en 2008 par Laurence Méhaignerie et Pierre-Olivier Barennes, a pour but d'allier performance financière et "impact social positif." Concrètement, la société de capital-développement promet à ses actionnaires une rentabilité brute annuelle de 15% au moins, et leur assure que l'argent qu'ils lui confient financera des entrepreneurs issus des cités et des minorités, souvent oubliés par les investisseurs traditionnels. »
Commentaire : Bonne chance !
CHINE
Harold Thibault dans « Le Monde » du 11 février 2012
Article intitulé : En Chine, on parle désormais de déficit commercial
«Signe que la deuxième économie mondiale n'est pas épargnée par le ralentissement chez ses partenaires commerciaux, les exportations de la Chine se sont contractées de 0,5 % en janvier par rapport au même mois de 2011, plafonnant à 149,9 milliards de dollars (113,1 milliards d'euros). Sous l'effet du net ralentissement du marché immobilier et des restrictions sur le crédit, les importations ont, quant à elles, chuté de 15,3 % par rapport à janvier 2011, à 122,7 milliards de dollars, selon les données publiées, vendredi 10 février, par le gouvernement. Le ministre du commerce, Chen Deming, avait préparé le terrain dès jeudi, rappelant que la croissance des échanges de la Chine avec le monde a déjà ralenti au cours de la seconde moitié de l'année 2011. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu, le 6 février, que les risques européens actuels sont, pour elle, " à la fois importants et tangibles ", recommandant à Pékin d'être prêt à dégainer un plan de relance par la fiscalité, équivalent à 3 % de son PIB. L'administration chargée de gérer les changes, sous l'autorité de la banque centrale, a toutefois estimé, jeudi, que la Chine maintiendra un surplus commercial en 2012, mais que cet excédent " chutera de manière significative ". Certains n'hésitent plus à évoquer l'hypothèse d'un déficit commercial annuel pour " l'atelier du monde ". La Chine a d'ailleurs déjà enregistré, début 2011, son premier déficit trimestriel en sept ans. Ce qui, depuis, a amené plusieurs économistes à plancher sur le sujet. Cette évolution de la balance commerciale colle au projet des autorités chinoises de rééquilibrage d'une économie fondée sur une main-d'oeuvre à bas coût - des travailleurs migrants assemblant des produits destinés aux étrangers -, vers une croissance durable, tirée par les dépenses d'employés devenus eux-mêmes consommateurs. »
CYCLE 2012/2016
Harold Thibault dans « La Tribune » du 13 février 2012
Article intitulé : Quand le PDG d'Air France se voit numéro 1 mondial en 2016...
« Alexandre de Juniac a déclaré qu'il visait le leadership dans quatre ans en termes de nombre de passagers transportés et de qualité de services. »
Bertrand Jacquillat dans « Le nouvel Economiste » du 9 au 15 février 2012
Article intitulé : La main invisible du marché 400 milliards de dollars
« A l’annonce par la société d’un doublement de ses bénéfices en 2011 par rapport à 2010, l’action d’Apple n’a progressé que de 6 %. Et pourtant, sur la base des critères élémentaires de valorisation, Apple apparaît bon marché : à peine 10 fois ses bénéfices 2011, c’est-à-dire 15 % de moins que la moyenne des sociétés américaines, avec une rentabilité des capitaux employés près de deux fois supérieure à celle de Google et supérieure à toutes les sociétés de l’industrie électronique, tant pour 2012 qu’à l’horizon 2016 selon les estimations d’Associés en Finance. Par ailleurs, Apple a la trésorerie la plus élevée de toutes les sociétés, près de 100 milliards de dollars, c’est-à-dire autant que toute la capitalisation boursière de Mc Donald’s ou le PIB de la Slovaquie… Malgré sa liquidité pléthorique, Apple ne verse aucun dividende et ne semble pas près d’en prendre le chemin. Mais c’est peut-être là que le bât blesse. Les investisseurs sont soucieux des emplois hasardeux que les dirigeants pourraient faire de cette manne. »
ECONOMIE
Pierre-Cyrille Hautcoeur, EHESS, Ecole d’économie de Paris, dans « Le Monde » du 14 février 2012
Article intitulé : Le pacte budgétaire, un choix de vieux
« La crise de la zone euro n'est pas terminée. Si des fonds d'intervention et la Banque centrale européenne peuvent résoudre les problèmes aigus de court terme, ils risquent de faire oublier les problèmes structurels qui minent durablement la croissance européenne et avec elle le modèle politique et social européen. La préférence systématique pour l'austérité, le régime amaigrissant et la course à la compétitivité-prix à l'intérieur de la zone euro rappellent les années 1930, quand les membres du " bloc or " (Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Pologne et Suisse), fidèles à l'étalon or, rivalisaient dans les politiques déflationnistes tandis que leurs partenaires commerciaux sortaient les uns après les autres de la dépression par des dévaluations, des politiques monétaires expansionnistes et de vigoureuses interventions de l'Etat. Le rôle tenu à l'époque par la France est aujourd'hui celui de l'Allemagne, qui impose une austérité générale aux autres membres de la zone euro au nom de sa passion exagérée pour la stabilité monétaire et pour l'épargne. Malheureusement, cette épargne ne se transforme pas en investissements porteurs de croissance, mais risque de transformer les Allemands en propriétaires d'une Europe ravagée par la dépression... ce qui provoquerait des tensions intra-européennes violentes. Il est urgent de lancer une politique de relance européenne, c'est-à-dire, d'abord, de relance allemande. Pourquoi cela n'a-t-il pas lieu ? La raison officielle est que les politiques de relance alourdiraient des dettes publiques déjà trop élevées, et que seuls des gains de compétitivité permettront de sortir de l'impasse actuelle. En réalité, rien n'interdit de mener en Allemagne, parallèlement à des politiques de stimulation de l'offre dans les pays déficitaires, une politique de relance de la demande qui rééquilibrerait les balances commerciales à l'intérieur de la zone euro et permettrait aux Allemands de profiter des résultats des efforts qu'ils ont faits depuis dix ans. D'une part, la dette allemande peut être alourdie modérément sans effets néfastes. D'autre part, il existe des moyens de relance autres que budgétaires, par exemple un relèvement substantiel du salaire minimum, ou des mesures temporaires d'incitation à l'utilisation de l'épargne par les ménages. »
Jean-Francis Pégresse dans « Les Echos » du 13 février 2012
Article intitulé : La folie Free, symbole d’une schizophrénie française
« Ils sont Free ? Ils n’ont pas tout compris… Plaisanterie mise à part, le million de Français qui, en un mois, ont déjà souscrit aux offres alléchantes du 4e opérateur mobile ne se doutent pas toujours à quel point ils favorisent la délocalisation d’emplois et d’investissements, phénomène qu’ils déplorent par ailleurs. L’engouement spectaculaire pour Free Mobile est révélateur d’une schizophrénie, celle qui oppose, en nous, le consommateur et le producteur, l’agent économique et le citoyen. L’un est arrimé à son pouvoir d’achat, l’autre est attaché à l’emploi. L’un arbitre en faveur de produits et services importés moins chers, l’autre déplore que son pays offre si peu d’emplois nouveaux. Conflit d’intérêts légitimes duquel le consommateur sort presque toujours vainqueur… à court terme. Lorsque, après avoir fabriqué à moindres coûts ses monospaces Lodgy dans sa nouvelle usine de Tanger, Renault les proposera au marché européen, ils séduiront par leur prix attractif des milliers de clients français aujourd’hui sincèrement heurtés par cette localisation marocaine. « Il faut s’interroger sur le déferlement des modèles low cost », a calmement expliqué Stéphane Richard, PDG de France Télécom-Orange. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas l’ouverture à la concurrence, a fortiori sur un marché aussi régulé n’ayant pas vocation à être libéralisé, c’est l’avenir d’un modèle économique qui permettait jusque-là un équilibre entre les objectifs d’emploi et de pouvoir d’achat. Employant 4.100 collaborateurs fin 2010 en France, Free s’est engagé, en contrepartie de sa licence, à y créer 1.500 postes, notamment dans 2 centres d’appels ouverts en région parisienne, à Colombes et Vitry, s’ajoutant à ceux déjà créés à Paris, Marseille et Bordeaux. Obtenus, en réalité, pour l’essentiel, par redéploiements internes, ces nouveaux postes ne changent pas la nature d’un paradigme reposant largement sur la délocalisation de la relation client, et la dématérialisation de la distribution – Free disposant d’à peine 3 boutiques. Ces emplois sont loin de pouvoir compenser les emplois voués à disparaître dans le secteur des télécoms. La riposte commerciale des autres opérateurs aux offres à bas prix de Free Mobile est d’ailleurs symptomatique. Sosh, Red, B&You : dans les trois cas, c’est sur Internet et non en boutique que les clients peuvent y souscrire. C’est logiquement sur le réseau de distribution que la pression est la plus forte. Dans ses 650 boutiques, Bouygues Telecom, le plus petit des trois grands, emploie directement 4.100 collaborateurs et constate, dans les seuls points exclusivement consacrés à la vente, une baisse de 20 % de la fréquentation depuis un mois. Mais il faut aussi compter avec les emplois indirects, ceux des réseaux indépendants. Et les opérateurs historiques ont déjà commencé à réduire le nombre de prestataires affectés à la vente et à la démonstration dans les grandes surfaces. Pour résister à la concurrence tarifaire, l’incitation devient forte, également, à délocaliser les centres d’appels – comme Free qui emploie déjà 1.720 personnes à l’étranger –, alors même que les grands opérateurs se sont efforcés, jusqu’ici, de limiter les solutions off shore – à 10 % des effectifs chez Orange, à 25 % chez SFR. Bouygues Telecom emploie au Maroc un millier de téléconseillers, sur un total de 2.500. En 2012, le groupe va trans férer en Roumanie et en Pologne 250 emplois de techniciens. Avec des rentabilités aujourd’hui confortables (35 % de marge brute sur le mobile pour Orange) mais appelées à baisser, les opérateurs traditionnels vont inévitablement couper dans leurs budgets d’équipement et de fonctionnement, prévenait il y a quelques jours la Fédération française des télécoms. C’est déjà en cours. Il ne faut pas, cependant, jeter le bébé avec l’eau du bain : s’interroger sur les effets pervers de l’arrivée de Free Mobile, ce n’est pas remettre en cause le modèle low cost qui a bien des vertus concurrentielles, par exemple dans l’aérien ou l’automobile. En fait, si ce cas fait légitimement débat, c’est qu’il est spécifique sur 3 points. Premièrement, Free Mobile se voit offrir une place sur un marché mature, où la demande est presque saturée, où l’arrivée d’un nouvel acteur n’est justifiée ni par un élargissement de la gamme ni par une innovation technologique. Free a innové dans l’ADSL, mais pas dans le mobile. Comme le dit Stéphane Richard, « il y a une perte de perception de la valeur du service ». Le low cost ne tire pas que les coûts vers le bas. »
Commentaire : Le low cost n’est que le signe de la paupérisation croissante. Cette paupérisation est due à l’adhésion des politiques à des dogmatismes comptables fallacieux favorables à la concentration des richesses sur une minorité et sur l’économie virtuelle. Dans cette configuration, le retour financier ne se fait plus sur l’investissement économique (et donc en faveur des Peuples) mais sur l’optimisation financière. La folie comptable actuelle et la duplicité des gouvernants mènent les Peuples à une économie spoliatrice et à une paupérisation généralisée. Comment combattre cela ? Une des solutions est de s’assurer que notre épargne est bien utilisée dans l’économie réelle et non détournée dans la finance virtuelle (produits dérivés). C’est bien de ce détournement que nous sommes malades. Plus besoin d’investir dans les Hommes et les entreprises puisque la finance virtuelle s’auto alimente et s’auto reproduit. Pourquoi investir dans l’action d’une société en espérant que le fruit de son travail et de ses embauches vont à terme augmenter sa valeur quant on peut jouer à tout instant sur la variation du cours tout en se protégeant d’une baisse ? Qui a déstabilisé la Grèce ? Est-ce plus les Peuples, la comptabilité et/ou les politiques financières ? Est-il normal de mettre des Peuples à « plat » pour maintenir des ratios comptables. Ratios comptables qui n’ont rien à voir avec des ratios financiers.
EUROPE
Joseph Stiglitz dans « Les Echos » du 13 février 2012
Article intitulé : Main basse sur la Banque centrale
« Rien n’illustre mieux les divergences politiques, la présence d’intérêts particuliers et les considérations économiques à court terme en Europe que le débat sur la restructuration de la dette souveraine de la Grèce. L’Allemagne veut une restructuration en profondeur alors que la Banque centrale européenne demande à ce que la restructuration se fasse sur la base du volontariat. Dans le temps, lors de la crise de la dette latino-américaine des années 1980, on pouvait obtenir facilement un crédit, en général d’une grande banque, souvent avec le soutien ou grâce à la pression exercée par la puissance publique. Mais, avec la titrisation des dettes, il y a de plus en plus de prêteurs – en particulier des fonds spéculatifs et d’autres investisseurs qui échappent pour l’essentiel à l’influence de l’Etat. Par ailleurs, « l’innovation » dans les marchés financiers a permis aux détenteurs de titres de s’assurer. Ils ont des intérêts à défendre : ils veulent faire jouer leur assurance et il faut pour cela que la restructuration soit considérée comme un incident de crédit équivalent à un défaut de paiement. Or la position de la BCE en faveur d’une restructuration « volontaire » est contraire à leur intérêt. La position de la BCE est curieuse. On aurait pu supposer que, face au risque de défaut sur leurs obligations, les banques achètent une assurance. Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité systémique veille en principe à ce que l’assureur paie en cas de perte. Mais, la BCE veut que les banques perdent plus de 50 % sur les obligations qu’elles détiennent, sans être dédommagées. Pourtant, il n’y a guère d’éléments qui laissent à penser qu’une restructuration en profondeur soit plus traumatisante si elle est imposée. En voulant à tout prix qu’elle soit volontaire, la BCE essaie peut-être de limiter la part de la dette qui va être restructurée ; mais, dans ce cas, elle fait passer les intérêts des banques avant ceux de la Grèce. Enfin, dernière étrangeté, l’opposition de la BCE à une gouvernance démocratique. C’est un comité secret de l’Association internationale des « swaps » et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision. Il paraît inconcevable que la BCE délègue à un comité secret d’acteurs du marché en situation de conflit d’intérêts le droit de décider ce qu’est une restructuration acceptable. Seul un argument paraît – au moins à première vue – privilégier l’intérêt général : une restructuration imposée pourrait aboutir à une contagion financière, avec comme conséquence une hausse importante et peut-être prohibitive du coût du crédit pour les grandes économies de la zone euro. Cela conduit à la question suivante : si elles sont réalisées dans les mêmes proportions, pourquoi une restructuration imposée produirait-elle une contagion pire que si elle était volontaire ? Si le système bancaire était bien régulé, les banques détentrices de dettes souveraines étant assurées, une restructuration imposée serait moins perturbatrice pour les marchés financiers. On pourrait dire que si la Grèce s’en tire avec une restructuration imposée, d’autres pourraient être tentés de suivre son exemple. Mais craignant cela, les marchés financiers augmenteraient instantanément les taux d’intérêt sur les autres pays – petits et grands – de la zone euro. Le comportement de la BCE n’est pas surprenant : les institutions qui n’ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d’intérêts particuliers. C’était vrai avant 2008. Malheureusement pour l’Europe, le problème n’a pas été résolu depuis. »
Commentaire : De la finance toujours de la finance…et l’économie et les Hommes ? Les Etats se sont mis sous dépendance « fonds spéculatifs et d’autres investisseurs qui échappent pour l’essentiel à l’influence de l’Etat. », et une institution qui fait « passer les intérêts des banques avant ceux de la Grèce. ». Cerise sur la gâteau c’est un « comité secret de l’Association internationale des « swaps » et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision » Ou comment transférer tous les pouvoirs à la financiarisation De nouveau, il revient aux citoyens de combattre la financiarisation et à forcer les politiques à redevenir des représentants des peuples, à contrario d’être ceux des lobbies, en imposant que l’épargne soit investie sur l’économie réelle. La clé de l’avenir de nos enfants est entre nos mains. Les banques sont sous dépendance. Seuls les conseillers financiers (CGP, CIF, courtiers…) peuvent agir en toute honnêteté et indépendance. A eux, à nous de prendre cette indépendance et de la mettre en pratique pour le bien de tous et de l’Etat. Différencions-nous par notre action volontaire et non par des produits « partenaires ».

REVUE DE PRESSE DU 10 AU 12 FEVRIER 2012
CAC 40 du 10 février 2012:
-1,51% ou -0,0165% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 98,90) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de destruction comptable de valeur calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 98,90 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?
Prochaine revue de presse mardi 14 février.
BOURSE
R. HO dans « Les Echos » du 10 février 2012
Article intitulé : L’Europe s’accorde enfin pour encadrer les produits dérivés
« Après dix-huit mois de négociations tumultueuses, l’Europe s’accorde enfin sur une législation communautaire pour les produits dérivés. Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, s’en est aussitôt félicité, estimant que le texte allait« renforcer la stabilité, la transparence et l’efficacité des marchés de produits dérivés » et « restaurer la confiance dans le secteur financier ». D’autres font davantage la moue, comme l’eurodéputé Verts Pascal Canfin, qui regrette que les « ambitions initiales n’aient pas été tenues, notamment en termes de supervision ».Cette législation européenne avait initialement été pensée pour répondre aux graves carences réglementaires apparues lors de la crise financière. Le développement incontrôlé du marché des dérivés échangés de gré à gré (« OTC ») a ainsi été pointé du doigt à de nombreuses reprises – y compris par le G20 – comme une des causes majeures du gonflement de la bulle spéculative des crédits « subprime ». »
Commentaire : Les lobbies (groupes de pression) ont bien travaillé.
COMPTABILITE
Michel Pébereau dans « Confrontations Europe » du 10 février 2012
Article intitulé : « Sortir de la tyrannie de la valeur instantanée du marché »
« La performance économique et la performance de marché peuvent-elles se mesurer à l’aune de la même valeur ? Michel Pébereau, ancien président de BNP Paribas, alerte depuis longtemps sur les effets pervers induits par le dogme comptable de la « fair market value ». Il faut en finir, comme il l’a souligné dans un discours(1) prononcé à l’occasion de la séance solennelle de rentrée des cinq académies en tant que délégué de l’académie des Sciences morales et politiques. Dans les années 1980, à la suite des États-Unis, les pays avancés ont déréglementé, décloisonné et désintermédié leurs activités financières pour attirer les capitaux nécessaires à leur développement. Les marchés, jusqu’alors essentiellement nationaux, se sont globalisés. Ils ont exploité immédiatement les progrès des technologies de l’information. C’est que l’objet même de la finance, l’argent, peut être traité comme une information numérique. La finance est devenue un univers électronique. À la criée des agents de change ont succédé des marchés dont l’unité de temps est la microseconde ; qui assurent l’accès direct des professionnels du monde entier via internet ; et qui fonctionnent sans interruption. Dans l’enthousiasme de ces années de croissance, une foi excessive dans l’efficience des marchés a conduit à oublier l’importance de la confiance pour la stabilité financière. […] Ce sont l’utopie des marchés efficients, et sa traduction comptable, la « fair market value », qui ont entraîné une partie de la finance dans cet univers virtuel. L’utopie de l’efficience des marchés est née d’une simple hypothèse formulée par un professeur de l’Université de Chicago. « Dans un marché efficient », disait Eugène Fama en 1970, « la concurrence entre de nombreux investisseurs intelligents conduit à une situation où, à tout instant, le prix effectif du titre est une bonne estimation de sa valeur intrinsèque ». La meilleure prédiction que l’on puisse faire sur le prix futur d’un actif financier serait donc son prix de marché présent. Ce qui était une hypothèse est devenu le postulat sur lequel, aux États-Unis, le courant économique dominant et les banques d’investissement ont construit le socle intellectuel d’un univers virtuel de la finance. L’hypothèse a été intégrée dans les outils de décision de financiers. Plus grave : des responsables d’entreprises cotées se sont focalisés sur la valeur boursière de leur société. Analystes financiers et investisseurs les ont poussés à des gestions de court terme plutôt qu’à des stratégies de long terme. Pourtant, cette hypothèse ignore les nombreux facteurs qui affectent la rationalité des acteurs : en particulier leur mimétisme et leur instinct grégaire, qui sont générateurs de bulles et de crises. Et puis, avec leur volatilité croissante, les marchés sont de moins en moins susceptibles de fixer la valeur fondamentale des actifs financiers. La théorie des marchés efficients a entraîné une partie de la finance dans un monde parallèle dont le seul guide est le prix du marché. Les conséquences ont été d’autant plus lourdes que l’influence de ce courant a conduit les normalisateurs comptables à imposer aux entreprises un système fondé sur le principe dit de la « full fair market value ». Pour les tenants de cette nouvelle orthodoxie comptable, la seule valeur juste (fair) d’un actif est sa valeur de marché. Toute variation du prix de marché d’un actif doit avoir un impact direct sur les comptes des entreprises qui le détiennent. Ce principe a joué un rôle central dans l’accélération et l’élargissement de la crise financière. Les instruments dont le marché s’est quasi fermé à partir de l’été 2007 n’ont plus eu de « valeur juste », faute de valeur de marché. Comment les comptabiliser ? C’est ainsi que la défiance s’est installée. L’application de ce principe explique aussi l’inquiétude qu’ont récemment suscitée certaines dettes publiques européennes : l’augmentation de leur prime de risque conduit à une dépréciation des titres correspondants dans les comptes des investisseurs qui les détiennent. Le monde virtuel du marché efficient et les nouveaux dogmes comptables ont ainsi fini par affecter l’économie, l’économie réelle. La volatilité actuelle des marchés et leurs excès démontrent chaque jour l’inanité de l’hypothèse du marché efficient. La valeur instantanée de marché est incontestablement la juste valeur pour les activités des professionnels de marché, mais pour elles seules. La comptabilité doit permettre d’apprécier la qualité de la gestion des responsables d’entreprises ; et il faut rendre à la stratégie la place qui doit être la sienne dans cette gestion. Il est irrationnel de pénaliser les placements de long terme. Le traitement comptable des actifs stables ne doit donc plus être soumis à la tyrannie de la valeur instantanée de marché. Mais la liberté ne peut être durablement assurée sans responsabilité : en matière financière comme dans tous les autres domaines. Pour la finance, la responsabilité c’est de corriger certains errements et de se concentrer sur sa mission : servir ses clients et l’économie, et assurer avec efficacité son rôle d’intermédiaire financier. ■ »
Commentaire : Pourquoi ne pas établir, comme nous le proposons, une variation spéculative du jour (cours de Bourse actuel) et une variation socialement responsable prenant en compte la faiblesse des volumes ? Les solutions sont simples mais sont-elles réellement recherchées. En ce qui nous concerne, nous dénonçons cette situation « comptable » et travaillons aux solutions depuis plusieurs années. Nous ne sommes certainement pas les seuls…Comme je l’expliquais à Avignon devant les Professionnels regroupés au sein de Serenalis (http://www.serenalis.fr/), nous devons (professionnels et clients) refuser d’investir dans les produits dérivés qui ne vivent que du détournement des capitaux de l’économie réelle. C’est bien de ce détournement validé, autorisé et couvert par les autorités de régulation que les Etats et nous les citoyens sommes « malades ». Sur ce sujet, je vous propose le document Humanity Invest en pièce attachée. Dans l’article ci-dessus, il est écrit « le courant économique dominant et les banques d’investissement ont construit le socle intellectuel d’un univers virtuel de la finance La volatilité actuelle des marchés et leurs excès démontrent chaque jour l’inanité de l’hypothèse du marché efficient. » Ce détournement relève de l’abus de confiance, de l’escroquerie et du vol en bande organisée s’il persiste.
Jérôme Haas, président de l’Autorité des normes comptables, propos recueillis par Marie-France Baud, dans « Confrontations Europe » du 10 février 2012
Article intitulé : « Sortir de la tyrannie de la valeur instantanée du marché »
« Nous assistons, depuis cinquante ans, à une opposition assez nette entre deux traditions. La première est juridique, inscrite dans une économie dominée par les entrepreneurs industriels de long terme : les différentes branches du droit – droit social, commercial, de la faillite, fiscal... – sont ordonnancées de façon harmonieuse autour du système productif. C’est le modèle européen continental. Il est l’aboutissement d’un développement qui date de la Renaissance, aujourd’hui stabilisé notamment dans les directives comptables européennes. S’oppose à cette tradition séculaire une tradition plus marchande, où l’on veut saisir la valeur instantanée du patrimoine, mesurée comme s’il était à vendre ; en ce cas, le profit est une variation de valeur de marché, inévitablement établie par une mesure approximative (néanmoins baptisée « fair value ») et potentiellement volatile : c’est elle qui, seule, est réputée intéresser les investisseurs boursiers, considérés comme les principaux utilisateurs des comptes des entreprises. Ces deux mondes s’opposent. Lorsque les directives ont été adoptées dans les années 70, elles ne correspondaient pas à la manière marchande de conduite des affaires, d’autant plus que la finance venait de s’installer comme l’avenir de l’Angleterre. S’il manquait indubitablement à la comptabilité continentale des règles de comptabilisation des instruments financiers complexes, notons que ceux-ci n’existaient pas encore, d’autant qu’ils n’étaient pas plus qu’aujourd’hui indispensables au financement de nos économies. Autrement dit, l’Europe a perçu trop tard que les IFRS(1), malgré des objectifs ambitieux et certains mérites, avaient été conçues par l’IASB en opposition à la comptabilité continentale, et n’ont en définitive eu d’autre but et d’autre effet que de favoriser le développement des marchés financiers. Avec les IFRS, le marché a toujours raison et cette approche a abouti à des résultats indésirables, voire dangereux. Les comptes d’une entreprise doivent montrer la spécificité de sa performance économique et non reproduire la volatilité de marché. Tout récemment, la Financial Services Authority a écrit que le fait essentiel de la crise bancaire de 2008, qui a été en partie précipitée par des pertes mesurées en « fair value », a été de conduire à une récession économique qui a alors généré des pertes réelles sur les créances des banques. La « fair value » a masqué la réalité économique par un phénomène de miroir : les comptes des entreprises reflètent les mouvements du marché lui-même et donc personne – entreprises, marchés, régulateurs – ne peut voir ce qui se passe réellement dans l’économie. La comptabilité y perd son âme, car son rôle est de fournir des chiffres sûrs, de servir d’ancre au système économique, et non d’amplifier les bulles ou d’accélérer des krachs. Depuis deux ans à l’ANC, nous demandons un débat sur la finalité et les enjeux économiques des normes comptables et le débat international y vient aujourd’hui. Nous faisons déjà des propositions pour préparer ce débat ; nous développons aussi la recherche. Le corps de normes comptables globales, que tous appellent de leurs voeux, ne peut pas être fondé sur une vision exclusivement financière et court-termiste. »
DEFISCALISATION
Dans « Les Nouvelles Calédoniennes », Nouvelle Calédonie, du 10 février 2012
Article intitulé : La défiscalisation et ses effets « pervers »
« C’est une première. Dans son rapport annuel, présenté à Paris, la Cour des comptes développe quatre volets sur la Nouvelle-Calédonie, dont un gros morceau sur la défiscalisation. Elle recommande d’ailleurs « purement et simplement » la suppression du dispositif de défiscalisation national dit« Girardin ». Ici, la Chambre territoriale des comptes présentait hier son rapport sur la défisc locale en place depuis 2002. Si elle émet de nombreuses critiques, elle ne recommande pas sa suppression. « Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en ajoutant ce que l’Etat et la Calédonie donnent, on peut aboutir à une dépense fiscale qui peut être supérieure au montant du projet, ceci en aidant le promoteur, mais surtout en permettant aux contribuables de défiscaliser et en payant les cabinets de défiscalisation », précise le président. Le rapport insiste sur le fait qu’une part importante a bénéficié aux intermédiaires. Sur les 30,8 milliards de la dépense fiscale (pour un volume d’investissement total de 62,3 milliards), 10,3 sont allés aux contribuables, 2,3 milliards aux cabinets d’ingénierie et « seulement 18,2 milliards aux opérateurs de projets. Certaines entreprises sont parvenues, en toute légalité, à bénéficier à la fois de l’aide fiscale en qualité d’opérateur et du gain fiscal en qualité de bailleur de fonds ». C’est le cas des cabinets de défisc. Ainsi, I2F a bénéficié de 101 millions de crédits d’impôt, mais également de 227 millions en tant que bailleur de fonds, Calinvest de 71 millions et de 160 millions et SNCIP de 58 millions et de 131 millions. La Chambre révèle également que l’un d’entre eux, début 2010, a racheté une société dont il avait piloté la défisc quatre ans auparavant. « Les cabinets réduisent ainsi une imposition dont ils sont redevables au titre d’une activité intégralement financée par la puissance publique », soulève le rapport. La deuxième critique émise par les magistrats de la Chambre concerne l’absence de systèmes d’évaluation statistique « fiable » qui permettent de mesurer l’impact sur les emplois créés ainsi que la valeur ajoutée créée. La troisième critique, et non des moindres, concerne les « effets d’aubaine ». « Des contribuables, souvent des entreprises, ont créé des filiales pour défiscaliser leurs bénéfices, tout simplement et en toute légalité », dénoncent les magistrats qui se désolent que la défiscalisation n’a en fait bénéficié qu’à 290 entreprises, dont les banques, et 50 particuliers. Et dans ces 340 contribuables, 14 % ont récupéré 60 % des gains fiscaux. Il y a aussi des côtés positifs notamment l'aide aux secteurs dans l'hôtellerie (25 projets pour 32,2 milliards) et l'aquaculture (11 projets pour 4,5 milliards). La Chambre a aussi noté la capacité du dispositif à créer des emplois, 1 583 précisément depuis 2002.
« Malheureusement, ces projets ont souvent des résultats d’exploitation déficitaire pendant une longue période et il ne faudrait pas, comme c’est le cas en Polynésie, que certains ferment », met en garde François Monti, qui estime que les autres projets aidés le sont dans des domaines trop dispersés ne comportant pas de logique structurante Malgré ces critiques, la Chambre territoriale des comptes considère l’impact économique de la défiscalisation locale « indéniable » et elle préconise donc un certain nombre de solutions pour en limiter les effets pervers. Rassurons-nous, même les magistrats de la Chambre territoriale des comptes, des spécialistes des chiffres, avouent sans honte qu’elle est très complexe. Pour mieux comprendre, prenons l’exemple d’un projet d’investissement à 100 millions de francs qui bénéficierait d’une double défiscalisation, locale et nationale. Au total, en menant cette opération en double défiscalisation, le promoteur reçoit 73 millions d’aides (42 localement et 31 nationalement) et le projet ne lui coûte que 27 millions. Les contribuables locaux et nationaux réalisent un gain net cumulé de 37 millions (18 + 19). Le coût pour les finances publiques de la Nouvelle-Calédonie et de l’Etat est de 110 millions (60 pour la Calédonie et 50 pour l’Etat), soit un montant supérieur à ce qui aurait été versé, si ce projet privé avait été subventionné en totalité. »
ECONOMIE
Sylvie Kauffmann dans « Le Monde » du 1 février 2012
Article intitulé : L’heure du capitalisme à visage humain a sonné.
« Et pourtant ! La crise était là, omniprésente, dans ces têtes bien faites et bien pleines. Pas moins de 2 600 têtes, de la politique, du monde des affaires et du monde intellectuel, réunies pour réfléchir ensemble sur les "grandes transformations" et leur suite logique : "élaborer de nouveaux modèles". C'est du côté de la zone euro que l'on fait grise mine, inévitablement. Et même avec leur indécrottable optimisme, les Américains n'ont, pas plus que les Européens, réussi à masquer le mal qui ronge l'Occident : le chômage de masse. Bousculés par les chiffres et la contestation, d'un panel à l'autre, PDG et dirigeants politiques ont dû admettre qu'une telle proportion d'êtres humains sans travail, 9 % de la population active aux Etats-Unis ou 22 % en Espagne, est intolérable. Le monde des affaires "a perdu sa boussole morale", a accusé une syndicaliste européenne. "Ça ne vous dérange pas, les bonus de millions de dollars aux PDG qui licencient leur personnel ?", a interpellé la directrice d'une ONG indienne. Allié au fossé croissant des inégalités, dont les économies développées n'ont malheureusement pas l'exclusivité, le chômage de masse, particulièrement désastreux chez les jeunes, ne rend que plus urgente la recherche des "nouveaux modèles". "Dans les dix années à venir, 300 millions de jeunes vont arriver sur le marché du travail, souligne Ben Verwaayen, PDG d'Alcatel-Lucent. Il ne suffit plus de sécuriser des emplois. Il faut en créer." Il est une région du monde qui, elle, plus discrètement, fait figure de modèle : la Scandinavie. Brillamment défendu à Davos par la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, et le ministre suédois des finances, Anders Borg, pourtant de sensibilités politiques opposées, le modèle nordique repose sur trois concepts : la confiance, la sécurité et la liberté. Son succès, avance Mme Thorning-Schmidt, prouve que "la prospérité n'exclut pas la solidarité, et que la solidarité n'exclut pas la prospérité". De droite comme de gauche, dit un autre, les Scandinaves préfèrent au "capitalisme monstrueux" un "capitalisme socialement responsable". On parle beaucoup des banques, "trop grosses pour échouer", mais attention à ne pas oublier les gens, qui finissent par se demander s'ils ne sont pas "trop petits pour compter". »
CYCLE 2012/2016
Alain Gabriel Verdevoye dans « La Tribune » du 10 février 2012
Article intitulé : Ultra low-cost -Renault lancera un véhicule à 3000 euros avant 2016
« On travaille sur une plate-forme de véhicules « Ultra Low cost » (à très bas coût) », a affirmé ce jeudi après-midi Carlos Ghosn, lors de l’inauguration de l’usine géante de Tanger, au Maroc. « L’offre aujourd’hui n’est pas suffisante. Il faut descendre en gamme pour créer une offre supplémentaire. Cette plate-forme à très bas coût générera une nouvelle demande. En Inde, il n’y a que 30 voitures pour 1.000 habitants, contre 500 dans un pays comme le Portugal et 800 aux Etats-Unis. Cette offre supplémentaire permettra d’augmenter les volumes », souligne le PDG. Prix d’un tel modèle ? Officiellement, personne ne s’exprime sur le sujet. Selon des sources internes, le prix de base pourrait tourner autour de 3.000 euros. Chez Renault, on évoquait récemment 2.500 euros et chez Nissan 3.500. Il s’agira bien sûr d’un projet de l’Alliance sous la responsabilité de Gérard Detourbet, l’ancien responsable de l’entre de gamme chez Renault. Carlos Ghosn a en tous cas nié farouchement que les véhicules à bas coûts, et a fortiori à très bas coûts, nuisent à l’activité de… Renault en France. De tels véhicules « ne pourraient pas être faits en France ». Ils « sont le fer de lance de Renault dans les pays émergents. Et, si nous ne le faisions pas, d’autres le feraient. Ils permettent à Renault de venir dans des pays où il n’aurait pu s’implanter autrement », explique Carlos Ghosn. Au passage, le PDG a indiqué que « chaque véhicule produit aujourd’hui dans la nouvelle usine de Tanger « génère 800 euros d’activité en France ». Le site marocain vient de démarrer la production d’un monospace à bas prix, le Dacia Lodgy, qui sera commercialisé en avril. 60 à 70.000 véhicules sont prévus cette année et 180.000 l’an prochain. »
OR
Dans « H 24 », source Business Insider du 10 février 2012
Article intitulé : L’Oracle d’Omaha explique pourquoi investir dans l’économie est infiniment préférable…
« Contrairement à beaucoup d’investisseurs qui aiment l’or pour une protection contre l’instabilité et/ou une dévaluation Warrent Buffett préfère les entreprises. «Le stock d’or dans le monde est d’environ 170 000 tonnes, soit au cours actuel 9.6 trillions de $. Avec cette somme, vous pourriez acheter tous les champs agricoles américains + 16 fois Exxon Mobil… il vous restera alors environ 1 trillion d'argent de poche. Non seulement l'or ne produit rien mais pour maintenir sa valeur, ses investisseurs doivent acheter l'ensemble de la production annuelle du métal (ou espérer que d'autres le fassent)… soit 160 Mds $ supplémentaires par an.»
REVUE DE PRESSE DU 9 FEVRIER 2012
CAC 40 du 8 février 2012:
-0,05% ou -0,0003% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,40) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de destruction comptable de valeur © calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,40 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?
PAS DE REVUE DE PRESSE DEMAIN
BOURSE
Muriel Motte dans « Les Echos » du 9 février 2012
Article intitulé : Tant d’argent, pour quoi faire ?
« Du jamais-vu. IBM vient d’emprunter sur les marchés 1,5 milliard de dollars à 3 ans au taux défiant toute concurrence de 0,55 %. Presque aussi fort que l’Etat américain, qui a levé mardi sur la même échéance 32 milliards à 0,347 % ! Au pays de l’argent bon marché les grandes entreprises font d’incroyables affaires. McDonald’s s’est endetté sans difficulté à 30 ans au taux inédit pour un « corporate » de 3,7 %, tandis que Procter & Gamble s’engageait sur un modeste coupon de 2,3 % pour son tout nouvel emprunt à 10 ans. Faute d’alternatives, le couple rendement-risque offert par ces belles signatures aimante les gérants : aux Etats-Unis les capitaux affluent à des niveaux record dans les fonds dédiés à la dette des entreprises. Elles en profitent : les émissions au niveau mondial ont pratiquement doublé entre décembre et janvier, selon les données de l’agence Bloomberg, qui souligne au passage la baisse de la prime payée par ces emprunteurs privés à la faveur de la détente générale constatée sur les marchés. Tant de milliards levés – 337 le mois dernier, dont près de 14 à plus de 15 ans –, est-ce bien utile ? En théorie, l’argent bon marché pervertit les entreprises quand il facilite, voire nourrit, des investissements peu rentables, des diversifications hasardeuses. En pratique, ces capitaux participent surtout au réaménagement de leurs dettes, à leurs politiques de rachat d’actions, quand ils ne gonflent pas leurs réserves de liquidités. Elles atteignent déjà 2.100 milliards de dollars, 7,2 % des actifs des sociétés non financières américaines, chiffre la Fed. Et environ 672 milliards chez leurs alter ego européennes, avance l’agence Moody’s. Face à l’atonie de l’investissement, faible contributeur à la croissance du 4etrimestre aux Etats-Unis derrière les stocks et la consommation, on en viendrait presque à souhaiter quelques lubies de patron, quelques allocations audacieuses du précieux capital qui marqueraient le véritable début de la fin de la crise.»
Commentaire : Le cycle 2012/2016 se met en place…en avant pour la surchauffe des marchés.
EUROPE
Nicolas Barré dans « Les Echos » du 9 février 2012
Article intitulé : Le temps des Italiens
« Au moment où il est tant question de modèle allemand, ce sont deux grands Européens italiens qui, dans le déprimant brouillard de la zone euro, se distinguent par la clarté de leurs idées pour en sortir .Le premier est Mario Monti. Outre qu’il a instantanément effacé l’image laissée par son prédécesseur, le Premier ministre italien offre une vision du redressement de son pays qui va au-delà du discours univoque sur la nécessaire réduction des déficits et de la dette. Lui, le technicien, peut-être parce qu’il sait son capital politique limité, a mieux compris que quiconque que rien de durable ne se construirait sans une stratégie de croissance et sans l’adhésion des peuples. A entendre bien des leaders européens, la politique économique se réduirait pourtant à un choix entre relance et rigueur. On a vu que la première ne marchait pas – mais en politique, les idées qui ne marchent pas ont toujours de l’avenir – et la seconde ne fait pas à elle seule une politique. Si le respect de normes budgétaires arbitraires suffisait à garantir le succès économique – hier 3 % de déficit, demain, dans un nouveau traité, 0,5 % –, alors l’Espagne et l’Irlande n’en seraient pas où elles sont, elles qui respectaient tous les critères avant la crise ! A la tête de la troisième économie européenne, le professeur Monti fait, depuis son entrée en fonction, la pédagogie de la rigueur associée à une politique de l’offre : libéralisation, concurrence, flexibilité, révision du périmètre de l’Etat. Là se trouve la seule voie de sortie de crise pour l’Europe, mais cela prendra du temps car il y a des limites à ce que les peuples peuvent accepter. Il est vain – on le verra très vite en Grèce – de prétendre mener en accéléré des réformes que l’on n’a pas su faire nous-mêmes en trente ans. Il faut donc du temps et un autre Italien, Mario Draghi, l’a compris. Sitôt arrivé à la présidence de la BCE, il a dégagé d’un coup l’horizon financier de banques européennes qui frisaient l’asphyxie. »
Commentaire : Eh oui ! Il n’y a pas que la France et l’Allemagne.
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 9 février 2012
Article intitulé : La BCE prête à voler au secours de la Grèce
« Le principe en est acquis : la Banque centrale européenne participera à la restructuration « volontaire » de la dette grecque (voir nos éditions du 7 février). Selon le Wall Street Journal de mercredi, cette aide prendrait la forme d’un abandon du coupon (le paiement des intérêts) que l’emprunteur verse à son créancier à l’échéance des titres. Au total, le sacrifice s’élèverait pour la BCE à 12 milliards d’euros, alors que les abandons de créance des investisseurs privés, toujours en discussion, se chiffrent à 100 milliards d’euros. »
REVUE DE PRESSE DU 8 FEVRIER 2012
CAC 40 du 7 février 2012:
0,18% ou 0,0009% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,50) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,50 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BOURSE
Gilles Coville dans « Les Echos » du 8 février 2012
Article intitulé : A bout de souffle
« L’année boursière est-elle terminée ? A ce stade, ce ne serait pas un si mauvais millésime. Les plus belles hausses de 2012 dépassent déjà les taux à 2 chiffres : Russie (17 %), Inde (14 %), Allemagne (13 %), Nasdaq 100 (11 %). D’autres places clefs affichent aussi de beaux scores mesurés sur la fin novembre qui marque le vrai début du rebond : Paris (20 %), Londres et New York (14 %). Une issue à la négociation entre la Grèce et ses créanciers ajouterait quelques points de bonus. Mais au-delà ? Selon Christophe Donay, responsable de l’allocation d’actifs du suisse Pictet, les marchés actions ont avant tout corrigé la prime de risque excessive d’il y a deux mois. Celle-ci correspondait au nouvel accident systémique qui menaçait une économie mondiale suspendue à la crise de la zone euro et de ses banques. L’ouverture en grand des vannes de liquidités bancaires par la BCE écarte cette perspective. La volatilité des marchés d’options, en baisse déjà sensible, reflète très bien ce soulagement. Mais selon l’économiste, il faudrait qu’elle descende encore plus bas pour que les indices prolongent leur rebond. Et cela supposerait des révisions en hausse de la croissance mondiale qui ne sont pas encore d’actualité, en dépit de signaux positifs aux Etats-Unis ou en Chine. Contrairement à de nombreuses sociétés de gestion de premier plan qui jouent une vraie sortie de crise en surpondérant les Etats-Unis et les marchés émergents, Pictet maintient une approche très défensive : priorité aux obligations d’entreprises et aux actions, mais de la plus faible volatilité possible ; quelques initiatives tactiques mais sur des marchés très liquides, avec le minimum de risque de change ; enfin de l’or et des obligations américaines ou allemandes, amortisseurs de chocs par excellence. On se croirait revenu en 2011 ! Mais qu’y a-t-il dans l’actualité économique et géopolitique qui laisse imaginer une année si différente ? »
Commentaire : Il est écrit « priorité aux obligations d’entreprises et aux actions, mais de la plus faible volatilité possible ». Dans la mise place de cette politique sera-t-il tenu compte du fait que la volatilité, en étant dépendante de l’échange de quelques titres, n’est pas un critère objectif dans le cadre de la gestion de volumes supérieurs à ce qui est traité quotidiennement voire hebdomadairement ? Echange tout à fait aléatoire et non significatif sur l’ensemble du volume des titres cotés. Les années futures vont voir arriver avec le big bang financier la remise en cause de quantité de raisonnements qui n’avaient aucune base et aucune réalité.
ECONOMIE
Jean-Pierre Ghelfi dans « Domaine Publique », revue Suisse, du 7 février 2012
Article intitulé : Le capitalisme en crise. Il faut soigner un système malade… dont on ne saurait se passer
« C’était à Neuchâtel, il y a une bonne vingtaine d’années, à l’occasion d’une assemblée des délégués du syndicat FTMH avec comme guest star Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum. Son propos était d’informer des syndicalistes sur les perspectives de l’économie.Tant d’eau a coulé sous les ponts depuis lors que je ne me souviens pas vraiment des considérations émises. Sinon cette affirmation péremptoire qui m’avait d’emblée un peu choqué (et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je m’en souviens). En gros K. Schwab avait dit que la croissance future de l’économie était assurée car «nous» savons maintenant de quelle manière la politique économique doit être conduite pour éviter de nouvelle crise. « C’est un peu compliqué à expliquer – il s’adressait à des syndicalistes! – mais vous pouvez me croire: il n’y aura plus de crise». Il est vraisemblable, c’est une hypothèse, que Klaus Schwab, à Neuchâtel, faisait référence aux théories de l’offre et surtout aux (pseudo-)capacités auto-régulatrices de l’économie de marché. Le discours d’alors était celui de la déréglementation et de la libération des «forces du marché» qui nous assureraient une croissance économique continue. Aux gouvernements et aux banques centrales d’assurer le fine tuning pour que tout aille bien, et même mieux qu’auparavant. Le marché s’occuperait du reste. En Suisse, on se souvient probablement que ces théories étaient portées, entre autres, par David de Pury et ses divers «livres blancs». Toujours prompt à saisir l’air du temps, Klaus Schwab n’hésite pas maintenant à déclarer que le capitalisme d’aujourd’hui ne passe plus. On pourrait dire, bien sûr, qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Mais tout de même! Au cours de ces vingt dernières années – celles qui précèdent la crise financière de 2007-2008 –, le forum de Davos a été celui des «global players» qui n’ont eu de cesse de distiller les mérites infinis du marché, de la mondialisation et de la finance, dans un contexte de néolibéralisme autorégulateur. D’ailleurs, le Financial Times, qui finit par se poser des questions pertinentes sur le fonctionnement du capitalisme, a aussi été un partisan et un propagandiste émérite de la déréglementation et de l’autorégulation des marchés durant ces deux dernières décennies. Que nous montre un bilan, tout rapide et sommaire qu’il soit, des soixante dernières années? En gros, les politiques économiques et sociales, européennes et anglo-saxonnes, ont comporté, durant les trois premières décennies, une bonne dose de propositions réformistes, progressistes, social-démocrates (la terminologie varie selon les pays). Il y a eu des périodes de surchauffe et d’inflation, mais surtout des progressions régulières et significatives du pouvoir d’achat des salariés. Les inégalités salariales ont aussi plutôt reculé, même si ce ne fut pas dans des proportions spectaculaires. Le rôle de l’Etat n’était pas non plus fondamentalement remis en cause, quoique les divergences étaient grandes quant à la manière de l’exercer. Et le bilan des trois dernières décennies, inaugurées par les conservateurs Thatcher et Reagan, la théorie économique de l’offre, les réductions d’impôts pour les plus aisés, le néolibéralisme? Aussi bien Klaus Schwab que la plupart des contributeurs du Financial Times ne pipent plus mot sur ces thèmes. Très peu de considérations en particulier sur le lien entre néolibéralisme et endettement des Etats, entre déréglementation, creusement des inégalités sociales et hausse du chômage; autant de souffrances que cette idéologie a infligées à un nombre élevé et croissant de ménages.»
EUROPE
Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique dans « Les Echos » du 8 février 2012
Article intitulé : « L’Allemagne paiera ! »… Nous aussi
« L’Allemagne paiera », disaient, en 1919, après le traité de Versailles, Clémenceau et son ministre des Finances, Klotz. Dès 1919, dans « Conséquences économiques de la paix », Keynes critiquait les exorbitantes réparations imposées à l’Allemagne, impossibles à rembourser et dangereuses politiquement (« Si nous cherchons délibérément à appauvrir, j’ose prédire que la vengeance sera terrible », prédisait Keynes). L’hyperinflation allemande de 1923 en fut la conséquence et fit le lit du nazisme…Aujourd’hui, soyons keynésiens, version 1919 ! Nous sortons de la plus grande bulle de crédit, il est illusoire de croire que toutes les dettes seront remboursées. Si nous l’exigeons, nous risquons l’Allemagne de 1923. Mais aussi l’Allemagne de 1930-1932, quand le chancelier Brüning imposa des politiques très déflationnistes et restrictives pour rembourser la dette publique. A chaque cran supplémentaire d’austérité, le chômage et le vote pour le parti nazi augmentaient de même – et la dette ne fut pas remboursée. C’est ce que nous devons éviter aujourd’hui, alors que l’extrême droite progresse en Europe. « L’Allemagne paiera » était absurde : vouloir faire payer aux pays les plus en crise l’intégralité de leur dette est illusoire et contre-productif. Mais l’Allemagne de 1923 ou de 1930, ce sont aujourd’hui les pays du sud de l’Europe. Aujourd’hui, il existe un dilemme existentiel pour la zone euro : le défaut organisé (la restructuration des dettes) ou bien l’explosion de la monnaie unique. En effet, la crise actuelle est la réalisation de risques financiers : les prêteurs des années 2000 ont surestimé la richesse et la croissance futures des pays d’Europe du Sud. Depuis 2009, il apparaît de plus en plus évident que leur croissance n’était que dopée au crédit et qu’ils sont en réalité plus pauvres. L’ajustement doit se faire quelque part. La solution de l’hyperaustérité à la Brüning 1931 amènera à une impasse (cf. Grèce maintenant) et ouvrira le champ politique aux extrémistes. Ne restent que deux solutions : la dévaluation-inflation ou bien la restructuration des dettes. La première solution signifie la fin de la zone euro, car si la Grèce venait à sortir de l’euro, les autres pays du Sud, souffrant à des degrés divers du même mal, quitteraient aussi l’euro. Si l’on veut garder l’euro et éviter le désastre politique, il ne reste donc que la solution de la restructuration des dettes. Donc l’Allemagne paiera ! Je veux dire ici que les pays créanciers de l’Europe du Sud (l’Allemagne, l’Autriche mais aussi la France et le Benelux) paieront dans tous les cas pour la crise actuelle. Nous voulons que la zone euro demeure : il faudra aussi que « l’Allemagne paie », avec les autres pays riches. Comment ? Tout d’abord, une restructuration des dettes des pays du Sud s’imposera. Pour les dettes publiques, je crois plus que jamais à mon système de « dettes bleues » et « dettes rouges ». En Europe du Sud, les « dettes bleues » seraient maintenues mais les « dettes rouges » seraient restructurées massivement. La « dette rouge » (junior, au-dessus de 60 % du PIB), c’est le seul moyen de restructurer les dettes des pays faibles sans faire exploser l’euro. Pour les dettes privées, essentiellement bancaires, il y aura aussi restructuration : le mieux serait de transformer les créances bancaires en fonds propres des emprunteurs (« debt equity swap »), en diluant massivement les actionnaires historiques, responsables de la bulle bancaire. » Jacques Delpla est membredu Conseil d’analyse économique »
Commentaire : Cela fait du bien de lire des articles structurés qui, que l’on soit d’accord ou non, proposent une réponse. « De la réflexion naît la lumière. »
http://www.les-crises.fr/j-ai-honte/
FRANCE
Laurent Flallo dans « Les Echos » du 8er février 2012
Article intitulé : Entreprises : l’heure des comptes
« De la compétitivité industrielle aux « superprofits », la frontière peut paraître bien mince. La première a été remise par l’Elysée au cœur des débats de la campagne présidentielle, quand la polémique sur les seconds avait émaillé celle de 2007. La saison des comptes annuels qui s’est ouverte ne manquera pas de troubler cette ligne de démarcation sensible. Les bénéfices nets cumulés des 120 premiers groupes cotés à la Bourse de Paris pour 2011 ne devront probablement qu’aux pertes de Dexia de ne pas repasser le seuil des 100 milliards d’euros, selon les estimations des courtiers. Rien de flamboyant en soi puisqu’en excluant l’argentier désargenté des collectivités locales, les 102 milliards attendus marqueraient une progression de juste 4 % par rapport à 2010. Mais plus très loin du Graal de 2007 situé sur un sommet historique plus élevé d’un sixième. A plus du double de 2009 (50 milliards), ils prouveront que les champions boursiers français encaissent beaucoup mieux les contrecoups de la crise que son choc initial, après la faillite de Lehman Brothers en 2008. Total, qui publie ses comptes après-demain, ne devrait être qu’à un mois et demi de bénéfices du pic de 13,2 milliards qui avait tant agité l’opinion il y a cinq ans. Et les nouveaux records déjà enregistrés chez LVMH et prévisibles chez Air Liquide, Danone, Michelin, Pernod Ricard, Saint-Gobain, Schneider Electric et Vinci (en résultat net ajusté) éclipseront les dérapages ici et là. Qu’ils tiennent à une concurrence affûtée (Peugeot), à l’accumulation de retards de compétitivité (Air France-KLM, Alcatel-Lucent), à des opérations en haut de cycle (Areva) qui vont parfois de pair avec un endettement accablant (Lafarge, Veolia), ils relèvent des quelques exceptions qui confirment la règle. Les Français font traditionnellement preuve de mauvaise volonté face au « goodwill », ce surcroît de prix déboursé par l’acquéreur par rapport à la valeur nette d’un actif, qui finit parfois par se révéler trop élevé en raison des évolutions (de marché, de technologies, de concurrence) ou de la simple révision à la baisse de la croissance mondiale. Les compteurs ne sont généralement remis à zéro que lorsqu’une crise a éclaté et qu’elle aboutit à un changement brutal de direction. Ces « survaleurs » pèsent pourtant pour plus de la moitié des fonds propres chez 39 des 91 entreprises françaises suivies par le cabinet d’analyse indépendant AlphaValue – contre 20 en Allemagne –, et pour plus de 100 % chez dix d’entre elles parmi lesquelles Carrefour, Alcatel-Lucent, Havas, Alstom et Eiffage. Bien que les sommes en jeu ne soient pas négligeables, la méfiance des investisseurs à l’égard des actions intègre en partie ce risque. Un quart des sociétés suivies par AlphaValue capitalisent en effet en Bourse moins que leur valeur à la casse. Et s’ils actent une réelle destruction de valeur, ces nettoyages, qu’un ex-patron célèbre qualifia un jour de « comptables », n’affectent pas le cash des entreprises, plus que jamais le nerf de la guerre avec la raréfaction du crédit bancaire. Il n’en va pas de même avec une autre épée de Damoclès qui ne pèse pas que sur les comptes de la Nation, celle des retraites. Leur internationalisation a fait entrer un nombre croissant d’entreprises françaises dans une problématique réservée jusque-là aux anglo-saxonnes, qui abondent les fonds de pension de leurs salariés. Entre le dividende des actionnaires et l’abondement des pensions, certains devront un jour trancher un choix cornélien. »
SOCIOLOGIE
Alfred Grosser dans « La Croix » du 1er février 2012
Article intitulé : Pierre Joxe et l’élargissement d’une fracture sociale.
« Dans un livre allemand sur le langage des jeunes, on trouve une formulation terrible : « Quelle est la différence entre désordre et ordre ? Désordre : où rien n’est à sa vraie place. Ordre : où, à la vraie place, il n’y a rien. » A quelles violences la certitude d’être abandonnés à l’injustice ne peut-elle pas conduire ? Mais l’idée que la sécurité doit être assurée par la répression s’est si bien répandue qu’elle semble acceptée par tous les partis et tous les candidats. Pour le moment, du moins, il est un thème qui n’apparaît guère dans le discours et dans les médias : celui de la nécessité d’une justice réhabilitante qui permette d’espérer la transformation de l’exclusion définitive en citoyenneté, ne serait-ce que pour accroître la sécurité par la diminution du risque d’explosion. »
Commentaire : Je profite de cet écrit d’Alfred Grosser pour rappeler une de ses idées que je trouve géniale : Alfred Grosser dans « La Croix » du 24 mars 2010: Article intitulé : Les leçons de l’abstention. « Je propose depuis longtemps – de façon peu sérieuse – un autre moyen. Chaque candidat ou parti proposerait deux bulletins, l’un bleu, l’autre jaune. Le premier signifierait : « Je vote vraiment pour toi » : le second « Je vote simplement contre l’autre ou les autres. » Le système aurait pour avantage de rendre les vainqueurs plus modestes et de les faire mieux réfléchir sur ce que les électeurs désirent vraiment. »
REVUE DE PRESSE DU 7 FEVRIER 2012
CAC 40 du 6 février 2012:
-0,66% ou -0,0033% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,28) voir site : www.agencedecotationisr.com
* L’indice de destruction comptable de valeur © calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,28 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?
BOURSE
Nessim Aït-Kacimi dans « Le Monde » du 7 février 2012
Article intitulé : Les fonds souverains ont repris leur marche en avant
« Conçus pour gérer la richesse des Etats et protéger leurs économies contre les à-coups de la conjoncture, les fonds souverains sortent d’une crise qui a effacé un cinquième de leurs actifs patiemment accumulés. Malgré la nouvelle baisse des marchés en 2011, leurs actifs ont progressé de 9 %, à 4.800 milliards de dollars, selon une étude sponsorisée par Invesco et émanant de TheCityUK, un des lobbys de la place de Londres ; L’année passée, l’énergie, les infrastructures et les services aux collectivités ont été les secteurs privilégiés. Les Etats-Unis restent aussi leur destination préférée avec un investissement sur cinq entre 2005 et 2011. Ils sont suivis de près par la Grande-Bretagne. La France, la Suisse et l’Allemagne ont attiré chacune autour de 25 milliards de dollars d’investissement sur la période. Toutefois, depuis 2010 et la crise de la zone euro, les fonds souverains s’intéressent davantage à l’Afrique et aux marchés émergents en général. Une zone dont ils sont naturellement proches puisque les trois quarts des actifs totaux des fonds sont détenus par des acteurs asiatiques (Chine, Singapour…) ou du Moyen-Orient (Abu Dhabi, Arabie saoudite, Qatar…).Les fonds alimentés par le transfert d’une partie des réserves de change du pays s’accaparent une part croissante du secteur, au détriment des fonds alimentés par les matières premières (pétrole, gaz). Leur part dans le total des actifs a doublé entre 2002 et 2011, à 44 %, du fait de l’envolée des réserves de change, dont ils gèrent aujourd’hui autour de 17 %. Or ces fonds ont une politique d’investissement bien plus prudente que les fonds pétrole. Ils ont moins d’investissements alternatifs (« hedge funds »…) et d’actions en portefeuille, et davantage d’obligations d’Etat. Ils vont donc être encore très courtisés par les Etats, notamment européens, pour acheter leurs dettes. »
COMPTABILITE
Christian Walter, professeur à l’IAE, propos recueilli par A de T dans « Le Figaro » du 7 février 2012
Article intitulé : " Il faut sortir de l'illusion qu'on peut tout calculer, contrôler et prévoir "
« Des mesures sont prises pour sortir de la situation actuelle du moins mal que l'on peut. Il est difficile d'agir autrement. Dans le but de limiter les risques, cependant, la surenchère des normes prudentielles (Bâle 3 pour les banques, Solvabilité 2 pour les assureurs, UCITS 4 pour les fonds d'investissement) conduit ces institutions à réduire leurs investissements. Il y a donc une contradiction qui peut être dangereuse pour le financement de l'économie réelle et des Etats. Il faudra sortir de l'illusion prudentielle selon laquelle, par le calcul, on peut tout contrôler et prévoir. Cela a conduit à une spéculation sans limites et à la crise. La représentation de l'incertitude véhiculée par la culture anglo-saxonne du risque - réduire l'incertitude par un calcul de probabilités - a conduit à une vision à court terme de la profitabilité, de la solvabilité et du risque, à l'origine de conceptions très dangereuses comme la " fair value ", qui relève plus de l'idéologie que de fondements scientifiques. Les besoins en fonds propres deviennent très élevés, sauf pour les dettes souveraines classées " sans risque ", où le besoin en capital est nul. Jusqu'au moment où les pays sont dégradés par les agences de notation. Ce qui fragilise à nouveau le système financier. L'idée que le risque est maîtrisable par le calcul repose sur des modèles mathématiques qui structurent le système financier et ont un grand impact sur celui-ci. Des valeurs extrêmes ont été intégrées dans les modèles pour tenir compte des épisodes de crise. Cela revient à dire que les agents sont rationnels quand tout va bien, et qu'ils sont fous quand tout va mal. Un peu clivé, comme conception...Les théories néoclassiques en vigueur depuis les années 1970, dont est issue la théorie financière dite " moderne ", ne pensent pas la discontinuité des marchés. Les normes financières ont tendance à homogénéiser les évolutions économiques. La physique ou la génétique ont abandonné l'hypothèse de la continuité... mais pas la finance, qui repose sur une conception continue des variations économiques. Le mathématicien franco- américain Benoît Mandelbrot (1924-2010), père de la théorie des fractales, avait pourtant mis en garde sur cette discontinuité. Cette piste a été complétée par d'autres travaux, mais qui ne sont pas encore passés dans les pratiques professionnelles. A côté des dérives humaines comme l'avidité, je pense aussi qu'il y a un problème éthique dans la technique. Cela vient d'une dérive créative des mathématiques financières. Une barrière cognitive conduit à une forme de scientisme, où l'on considère le modèle technique comme éthiquement neutre. Mais des systèmes de valeurs implicitement contenus dans les modèles influencent les comportements individuels, sans que les acteurs financiers en soient même toujours conscients. Il ne suffit donc pas de mettre des freins. Il faut aller au coeur des instruments pour en percevoir l'axe : comment envisagent-ils l'homme, les équilibres économiques, le système productif, le rapport à l'incertitude ? En réalité, il existe une relation entre un système de normes et une vision du monde sur l'incertitude.
Commentaire : Que du bonheur ! Il est écrit « surenchère des normes prudentielles …. conduit ces institutions à réduire leurs investissements……. contradiction qui peut être dangereuse pour le financement de l'économie réelle et des Etats….sortir de l'illusion prudentielle selon laquelle, par le calcul, on peut tout contrôler et prévoir…. ». Comment expliquer que ces dogmatismes comptables continuent d’être appliqués, avec différentes variantes, par des personnes et des institutions censées protéger les Citoyens et les Etats ? Dans cet article, il est cité Benoît Mandelbrot. Benoît Mandelbrot a « du » quitter la France tant il était houspillé par les personnes qui sclérosent le système actuel. Rappelez-vous le système de la bande velcro évoqué il y a quelques jours.
ECONOMIE
Jean-Marc Jancovici, Geneviève Férone et MicheL Lepetit dans « Les Echos » du 7 février 2012
Article intitulé : Réindustrialiser ? Relancer ? Désendetter ? Décarboner !
« La dette publique apparaît en 1974, après le premier choc pétrolier, et n’a cessé de croître depuis. La part de l’industrie dans l’emploi, qui avait crû sans discontinuer de 1800 à 1974, s’est mise à décroître après cette date et n’a cessé de le faire depuis. Le chômage, à peu près nul pendant l’essentiel du XXe siècle, semble impossible à éradiquer depuis 1974. La transformation d’une fraction du système financier mondial en pyramide de Ponzi, à grands coups de produits parfois très exotiques, a commencé au début des années 1980. Tout cela n’est-il que coïncidences ? A bien y regarder, pas du tout. Au moment des chocs pétroliers, l’approvisionnement énergétique par Terrien, qui progressait de 2 % par an depuis les débuts de la machine à vapeur, cesse brutalement de croître. Tout le reste va suivre. Le secteur industriel servant à manipuler de la matière et des flux physiques, à grand renfort de machines et non de muscles, voit son activité immédiatement impactée. Tout PIB supplémentaire devra alors être moins intensif en énergie par emploi : envolée des services. Si ces derniers permettent une augmentation de la valeur des biens sans augmentation du nombre de biens – et sans que l’on appelle cela de l’inflation –, ils sont alors particulièrement favorisés. Or le meilleur candidat pour ce cahier des charges, ce sont… les bulles spéculatives ! En outre, plus de finance et un PIB freiné ont créé une envolée de la dette, publique comme privée. Le problème du pétrole n’est pas pour demain : il a démarré il y a trente-cinq ans. Il n’est toutefois rien au regard d’une dérive climatique massive qui nous guette, et qui est susceptible d’amener le chaos en Europe. La solution s’impose : il faut réorganiser notre vie économique avec de moins en moins d’énergie carbonée (pétrole, gaz, charbon). La bonne nouvelle est que cela structure tout. Il faut reconfigurer les villes – plus petites, mieux réparties, plus denses, thermiquement plus performantes – et cette transition nous occupera cinquante ans. Il faut changer le parc de véhicules, faire le choix de voitures plus petites ou électriques, de trains, d’autocars, de vélos, ou d’avions plus économes, même s’ils sont moins rapides. Une filière bois solide nous amènerait matériaux de construction, énergie, emplois ruraux, et éviterait 6 milliards d’euros de déficit commercial par an. Il faut rendre l’agriculture moins dépendante d’intrants de synthèse (fabriqués au gaz) et de transports longue distance (fonctionnant au pétrole). Pour servir cet ensemble, il faut modifier l’enseignement, refondre la fiscalité, adapter notre politique étrangère… Bref, nous avons là la trame d’une ambition claire, qui est justement ce qui nous manque. Il faut réorganiser notre vie économique avec de moins en moins d’énergie carbonée. Est-ce que cela permettra d’assurer la croissance perpétuelle sur d’autres bases ? Rien n’est moins sûr, mais tenter la relance sans nous réinventer assure un échec certain. Comment financer cela à l’heure d’une dette omniprésente ? Avec des économies fortes sur les importations d’énergie (plus de 50 milliards d’euros par an), des recettes à l’exportation augmentées si nous misons sur les bons secteurs, l’épargne existante et les ressources mobilisables via une création monétaire européenne dédiée, nous ne sommes pas encore à la rue. La dette accumulée peut se gérer avec le patrimoine existant, le tout est d’arrêter de l’augmenter. Où sont les candidats sérieux qui voudront bien suivre cette voie ? »
Commentaire : Article à lire et relire. Une analyse structurée faisant ressortir des constatations et des solutions. Mettre fin aux valorisations financières type « chaîne de Ponzi), urbanisme à adapter (voilà une des sorties de l’immobilier), agriculture à revoir etc… Si ce programme est suivi d’effets, la France sera un pays émergent. Mais voilà, où sont les candidats sérieux ? En fait, il y a en a ! Mais comment émerger avec les mafias politiques actuelles qui en bloquant ces personnes dans leur ascension tuent la démocratie ?
Nicolas Baverez, économiste et historien, dans « Le Monde » du 7 février 2012
Article intitulé : Réformes contre inégalités
« La mondialisation a permis de réduire les inégalités entre les nations, mais pas à l'intérieur des nations. Le décollage des pays du Sud, dont la croissance moyenne s'élève à 5,2 % depuis 1990, leur permet de compter pour 52 % de la production industrielle et 36 % des échanges mondiaux. Il a permis l'émergence d'une nouvelle classe moyenne d'un milliard de personnes et la réduction de 28 % de l'écart de richesse par habitant avec le Nord depuis 1990. Dans le même temps, les inégalités internes se sont creusées. La Chine, devenue en trente ans la deuxième puissance économique, est le pays le plus inégalitaire avec la Russie. Dans le monde développé, la déréglementation et les baisses d'impôts ont favorisé un déplacement de la valeur ajoutée en faveur du capital qui a bénéficié aux plus favorisés. Aux Etats-Unis, les revenus des 1 % les plus riches ont progressé de 300 % depuis 1980 contre 40 % pour le revenu médian, et l'écart de rémunération entre chef d'entreprise et salarié de base a décuplé. La montée des inégalités, acceptable en période de forte croissance et de plein-emploi, devient insupportable avec la crise et l'installation d'un chômage de masse, qui touche près de 15 % de la population active aux Etats-Unis et en Europe si l'on inclut les travailleurs découragés. Du côté des pays émergents, la reconversion des modèles économiques vers le marché intérieur implique le développement de la consommation. Du côté des pays développés, l'austérité et le redressement de la compétitivité appellent la justice sociale, qui constitue aussi le meilleur antidote au basculement des classes moyennes, laminées par la déflation, vers le populisme. La lutte contre les inégalités s'affirme donc comme l'une des clés de la sortie de crise. La Chine a placé au coeur de son 12e Plan quinquennal l'atterrissage en douceur de son hypercroissance autour de 7 %, le dégonflement des bulles spéculatives allant de pair avec un développement plus harmonieux de la société et des territoires. Les mouvements sociaux en faveur d'une hausse des salaires et d'une amélioration des conditions de travail se multiplient dans les pays émergents. Enfin, la crise de la zone euro, qui continue à créer une menace de dépression mondiale, impose un coup d'arrêt à la croissance à crédit dans les Etats surendettés, mais aussi à la divergence explosive entre l'Europe du Nord et celle du Sud. La survie du capitalisme universel se jouera dans sa capacité à répondre aux risques systémiques et aux inégalités qu'il génère. L'accès des 7 milliards d'hommes aux ressources de la planète, notamment aux biens communs que sont l'eau, l'air, mais aussi les réseaux d'information, devra être assuré. Le secteur financier devra être régulé - mais non réprimé - afin de le remettre au service du financement de l'activité, notamment de l'investissement et de l'innovation, tout en évitant la reconstitution de bulles financières et en contrôlant la spirale infernale des dettes privées et publiques. Mais l'austérité ne doit pas éradiquer la croissance, sauf à risquer l'engrenage de la récession, de la paupérisation et du chômage, aujourd'hui à l'oeuvre en Grèce. La lutte contre les inégalités est indissociable de la croissance, elle-même liée à la modernisation des modèles économiques, comme de l'activation des politiques sociales pour casser la reproduction de la pauvreté et favoriser la mobilité, en premier lieu par l'accès à la connaissance. A l'image de la Suède qui affiche une croissance de 4 % et un quasi-plein emploi, investit 4,2 % du PIB dans la recherche, dégage un excédent budgétaire de 1,8 % du PIB après avoir réduit la dette publique de 83 % à 32 % du PIB en quinze ans. ».
EUROPE
Richard Hiault dans « Les Echos » du 7 février 2012
Article intitulé : Zone euro : les vraies racines de la crise
« L’opinion publique attribue, à tort, la crise européenne aux seules difficultés budgétaires des Etats membres de la zone euro. La problématique actuelle des dettes souveraines qui en découle ne constitue pourtant que la résultante d’une crise plus grave. Celle de la balance des paiements courants. Depuis la création de la monnaie unique, la majeure partie des pays de la zone euro ont subi une dégradation incontestable de leur position externe. La Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et même la France, dernièrement, ont accumulé des déficits de la balance courante. Les statistiques sont édifiantes. A commencer par la Grèce, un cas particulièrement intéressant puisque le pays n’a jamais affiché un excédent en trente ans. En 1980, Athènes affichait déjà un déficit de 2 milliards de dollars. Il était de 32 milliards en 2010. Pour l’Italie, le déficit était de 5,7 milliards de dollars en 2000, il culmine à 68 milliards en 2010. Quant à la France, son excédent de 19 milliards de dollars en 2000 s’est transformé en un déficit de 44 milliards de dollars dix ans plus tard. Tout démontre que les Européens ont vécu au-dessus de leurs moyens par un recours à un endettement excessif. Et bien souvent les achats des ménages profitent avant tout à l’étranger. Leur équipement en smartphones, pour ne prendre que cet exemple, a un coût : le creusement de la balance commerciale, qui se répercute sur la balance des paiements. Ce phénomène a été d’autant plus marqué que les pays de la zone euro ont, de manière générale, accordé des hausses de salaires trop importantes par rapport à ce que pouvaient permettre leurs gains de productivité. Dans une récente étude, Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, a calculé que, pour redresser la compétitivité des entreprises, il faudrait abaisser le coût salarial de 33 % en France, de 12 % en Espagne, de 54 % en Italie et de… 0 % en Allemagne. Car l’Allemagne, avec les Pays-Bas, fait figure d’exception dans ce paysage dégradé. Contrairement à ses partenaires européens, sa balance des paiements n’a cessé de se redresser grâce aux revenus générés par ses surplus commerciaux. Alors que son solde était déficitaire de 32 milliards en 2000, elle affichait près de 190 milliards de surplus en 2010. Cette asymétrie, au sein de la zone euro, a été récemment montrée du doigt : l’Allemagne, par la politique de compression des coûts du travail conduite dans les années 2000, serait donc responsable des maux de ses voisins européens. Le dernier rapport annuel de l’Organisation internationale du travail (OIT) franchit le pas. Pour l’OIT, « les coûts du travail allemands ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques ». Un discours qui mérite d’être nuancé : si les entreprises allemandes ont incontestablement bénéficié des largesses salariales des pays voisins et de l’appétit de consommation de leur population, elles ne sont pas les seules. La Chine, par ailleurs avantagée par un taux de change du yuan très favorable, en a profité pour écouler en masse ses produits, et pour concurrencer de plus en plus frontalement les entreprises du Vieux Continent. Quant à l’austérité budgétaire généralisée, de plus en plus d’économistes considèrent qu’elle ne peut que renforcer, à court terme, la crise économique et qu’elle va plonger la zone euro dans la récession. Dans l’absolu, une réforme structurelle des économies européennes nécessiterait avant tout une dévaluation monétaire, une cure d’austérité budgétaire et des mesures visant à restaurer la compétitivité des pays qui en ont besoin. En clair, un programme comme ceux que le Fonds monétaire international sait si bien imposer lorsqu’il vient au secours d’un pays en difficulté, avec plus ou moins de succès. Or, les Dix-Sept appartiennent à une Union monétaire. Sauf à sortir de la zone euro et à réintroduire des monnaies nationales, cette voie est impraticable. Ce n’est d’ailleurs pas le chemin souhaité par les leaders politiques européens, qui entendent sauver cet acquis historique majeur du Vieux Continent qu’est l’euro. Une autre solution serait d’imposer une dévaluation globale de la monnaie unique, notamment vis-à-vis du yuan chinois, afin de protéger les entreprises locales ou de régénérer une industrie européenne créatrice d’emploi. Car, sans croissance, il sera difficile à l’Europe de sortir de l’ornière. C’était d’ailleurs l’un des thèmes centraux du conseil informel des chefs d’Etat européen, le 30 janvier dernier. »
IMPOTS
Lucie Robequain, Marina Alcaraz et Laurence Boisseau dans « Le Monde » du 7 février 2012
Article intitulé : Taxe sur les transactions : les dernières surprises
« Les contours de la taxe sur les transactions financières sont enfin arrêtés. L’article de loi, qui sera présenté demain en Conseil des ministres, vise trois activités : l’achat d’actions, le trading à haute fréquence et l’achat de CDS « nus » (une assurance contre le risque de défaut d’un émetteur), ces deux derniers étant considérés par Bercy comme« purement spéculatifs ». La taxe doit rapporter 1,1 milliard d’euros chaque année, soit quatre fois plus que l’impôt de Bourse supprimé en 2008. Elle ne concerne ni les actions émises dans le cadre d’une augmentation de capital ni les obligations (de société ou d’Etat), des marchés pourtant bien plus larges. Les actions seront taxées à hauteur de 0,1 % à compter du 1er août (« Les Echos » du 30 janvier), ce qui laisse quelques mois à l’Allemagne et à l’Espagne pour éventuellement se rallier au mouvement. Ne seront concernés que les titres d’entreprises dont le siège social est en France et dont la capitalisation boursière dépasse 1 milliard d’euros. Seuls une soixantaine de groupes cumulent ces deux critères. Le champ est donc beaucoup plus étroit que celui de la directive européenne : Bercy veut ainsi éviter de décourager les groupes étrangers de se coter à Paris. La taxe vise aussi le trading à haute fréquence. Le gouvernement se focalise sur les annulations d’ordre liées à cette pratique avec un impôt à 0,01 %, mais seulement sur les intermédiaires français – qui ne sont pas majoritaires. Il ne taxera que les ordinateurs ayant annulé plus de deux tiers de leurs ordres sur une seule journée. Paradoxalement, cette taxe sur le trading à haute fréquence est censée ne rien rapporter à l’Etat : « Nous espérons repousser cette activité hors de France. C’est une force de dissuasion », indique Bercy. Cette mesure devrait être efficace, de l’avis des professionnels, car le modèle économique de ces acteurs repose sur des profits unitaires très faibles, mais sur un grand nombre de transactions.« Ces sociétés vont tout simplement arrêter d’intervenir sur des titres français », indique un spécialiste. « Je crains que cela se traduise par une baisse des volumes sur les titres français », appuie Phil Gough, chez Knight Capital Europe. Enfin, le gouvernement taxera à 0,01 % les porteurs de CDS « nus », ceux qui ne détiennent aucune obligation sous-jacente. Une mesure vouée à être temporaire puisque ces instruments seront interdits dans toute l’Union européenne à compter du 1er novembre. « Les méthodes pour contourner la loi sont multiples et très faciles à mettre en œuvre au travers de sociétés holdings domiciliées à l’étranger. Il suffirait de céder ensuite des titres de ces holdings pour que l’acquisition de titres ne tombe pas sous le joug de la législation française », indique un avocat. »
Commentaire : Repoussez les activités hors de France, c’est se fermer toute connaissance de ce qui se passe. Cette politique n’empêche en rien les déferlantes de ventes qui arriveront quand même en France en cas de choc systémique. Simplement, nous aurons encore moins d’informations. Cela dit, comme le démontre en fin d’article un avocat, ce texte relève plus d’un essai d’attirer d’autres pays vers cette taxation que d’être un texte opérationnel. Si véritablement les politiques voulaient agir, il suffirait de supprimer la volatilité des titres due aux règles comptables. Mais pour cela, il faudrait qu’ils soient indépendants des marchés. Pour l’instant, ils jouent encore un rôle d’équilibriste entre ce qu’ils doivent faire passer comme image aux électeurs et la réalité de leurs dépendances.
REVUE DE PRESSE DU 4 AU 6 FEVRIER 2012
CAC 40 du 3 février 2012:
1,52% ou 0,0109% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,28) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,28 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BANQUE
Christian Lejoux dans « La Tribune » du 3 février 2012
Article intitulé : Douze banques dans le collimateur des autorités suisses
« La Commission de la concurrence suisse vient d'ouvrir une enquête, au sujet d'un possible cartel, qui aurait manipulé les taux interbancaires Libor (London Interbank Offered rate) et Tibor (Tokyo Bank Offered Rate), ainsi que le commerce sur dérivés. La "Comco" n'a pas eu à se donner beaucoup de mal pour soulever ce lièvre puisque, de son propre aveu, elle a eu connaissance de ces éventuels agissements grâce à une "auto-dénonciation." Douze banques européennes, américaines et japonaises figurent dans le collimateur de la Commission de la concurrence. Parmi celles-ci figure une française : la Société générale. Les autres établissements soupçonnés sont suisses (UBS, Credit Suisse), américains (Citigroup, JP Morgan Chase), britanniques (HSBC, Royal Bank of Scotland), japonais (Bank of Tokyo-Mitsubushi, Mizuho Financial Group, Sumitomo Mitsui Banking Corporation) et néerlandais (Rabobank). Concrètement, des traders de ces établissements se seraient mis d'accord pour diminuer les taux auxquels les banques se prêtent de l'argent entre elles. Ils se seraient également entendus sur les différences entre les cours d'achat et de vente de produits sur dérivés, afin de les vendre à des conditions désavantageuses pour les acquéreurs. En décembre, déjà, les autorités japonaises avaient ordonné la suspension temporaire des activités des filiales de négoce nippones de Citigroup et d'UBS, au motif de manipulations des taux interbancaires. Et la "Comco" a indiqué qu'elle était en contact avec le département américain de la Justice et les autorités européennes de la concurrence, qui nourrissent elles aussi des soupçons de cartel sur les taux interbancaires.
Commentaire : En attendant de savoir si cette information est exacte, je préfère limiter mon commentaire à : Ahurissant !
Anne Drif dans « Les Echos » du 6 février 2012
Article intitulé : Des Etats-Unis au Japon, l’affaire de la manipulation du Libor s’étend encore
« Nouveau volet dans l’affaire de collusion d’intérêts sur la fixation du Libor, l’indice interbancaire en dollars qui sert de référence aux taux de 350.000 milliards de dollars de produits financiers. Des Etats-Unis au Japon et à la Grande-Bretagne, le dossier s’élargit à la Suisse. Le gendarme helvétique a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête sur des collusions d’intérêts entre les équipes de trading de dérivés sur le Libor et son équivalent japonais, le Tibor. Douze établissements sont mis en cause, dont UBS , Credit Suisse , Deutsche Bank , Citigroup , HSBC , JP Morgan , Mizuho , RBS , ainsi que la Société Générale . UBS est déjà sous les feux du régulateur américain, de même que Citigroup. Les enquêtes ont été déclenchées par des soupçons de sous-valorisation de l’indice en dollars au printemps 2008. Les analystes estimaient alors qu’il était valorisé de 20 à 30 points de base en dessous du coût réel de liquidité en dollars des banques. La première semaine d’avril, le taux est même passé en dessous du taux sans risque de la Réserve fédérale américaine. Les banques participant à l’indice craignent d’afficher des taux de refinancement trop élevés révélant leurs difficultés, alors que l’accès à la liquidité dollars pousse les banques fédérales à intervenir. Une sous-évaluation qui pénalise en revanche les autres banques qui assument un coût réel beaucoup plus élevé et ne peuvent le répercuter dans les contrats. Depuis, le doute a aussi été jeté sur l’indice interbancaire en euros, l’Euribor, conduisant la Commission européenne à perquisitionner dans un panel de banques. Dans les deux cas, les gendarmes ont été alertés par les dénonciations d’une banque, en échange de plus de clémence. Les banques continentales européennes, alliées à des banques chinoises, doivent lancer, mi-février, leur nouvel indice dollars concurrent du Libor. Après six mois de test, le niveau de cotation de l’indice s’avère beaucoup plus« pertinent », indique-t-on. Autrement dit à un taux beaucoup plus élevé que celui du Libor. »
EUROPE
Dans « Boursorama » du 5 février 2012
Article intitulé : Dette grecque : J. Ackermann, patron du lobby bancaire, se rend en Grèce
« Le président de l'Institut de la finance internationale (IIF) Josef Ackermann, lobby qui représente les banques dans les difficiles négociations sur l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce, a annoncé samedi qu'il se rendait sur place dans la soirée. "Le secteur privé est extrêmement généreux en offrant maintenant une perte de plus de 70% (et) je peux seulement appeler les autres parties (les investisseurs institutionnels, ndlr) à faire de même", a déclaré Joseph Ackermann, également patron de Deutsche Bank, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich. Une partie des obligations grecques qui ne sont pas détenues par les banques se trouvent dans les coffres de la Banque centrale européenne (BCE), pressée de participer à son effacement partiel, ce qu'elle refuse. "Nous sommes dans une situation où soit l'on construit, soit l'on détruit, et la Grèce joue un rôle très important", a dit M. Ackermann, précisant qu'il s'envolait "dès ce soir" pour ce pays. "Si nous trouvons une solution dans les quelques jours qui viennent, je crois que nous serons sur la bonne voie", a-t-il ajouté. Lors de la même conférence à Munich, le chef de gouvernement italien Mario Monti a jugé que l'Europe n'était plus "en pleine crise", mais "sur la voie d'une solution". "Rétrospectivement, ce que nous avons vu ces dernières années, c'est que le couronnement de l'intégration européenne, l'euro, a en réalité à cause de la crise de l'euro, ramené dans le paysage européen des idées fausses et des préjugés". »
CHINE
Alexandre Adler dans « Le Figaro » du 4 février 2012
Article intitulé : Une Chine peut en cacher une autre
« La Chine est-elle en train de devenir la puissance hégémonique mondiale, en lieu et place des États-Unis ? Ne répondons pas trop vite, ni par oui, ni par non, à cette interrogation devenue lancinante. Sans aucun doute, tous ceux qui connaissent la Chine de l’intérieur savent parfaitement à quelles difficultés considérables celle-ci continue de se heurter. Citons, dans le désordre, l’existence d’une population rurale encore presque majoritaire, un vieillissement très rapide de la population active et une productivité encore insuffisante, qui est pour beaucoup dans l’envol mondial du prix des matières premières. Mais précisément, dans les épreuves répétées et qui sont loin d’être terminées, la Chine a déjà su développer quatre atouts principaux. Le premier atout, contrairement aux préjugés les plus ancrés sur le caractère autocentré et exclusif de l’identité chinoise, c’est le triomphe du cosmopolitisme des dirigeants actuels et surtout futurs de la République populaire. Il faut, en effet, bien comprendre que si Deng Xiaoping a rétabli une sorte d’examens mandarinaux pour reconstituer, à pas de géant, une élite scientifique et intellectuelle, ces examens ont d’abord et prioritairement donné accès à des formations à l’étranger, en particulier aux États-Unis. Déjà, la génération précédente avait eu accès à la modernité à travers diverses expériences soviétiques qui lui avaient fourni d’importants points de repère. À cela s’ajoute l’injection nullement négligeable des cultures d’entreprise et juridiques purement britanniques en provenance de Hongkong et de Singapour. L’insertion progressive de Taïwan à la vie globale de la nation introduit enfin une culture purement américaine ; mais indigénisée. Paradoxalement, cette ouverture cosmopolite s’accompagne de son contraire dialectique que François Jullien aura particulièrement bien isolé en décrivant la réticence permanente à l’universalisation de la pensée chinoise. Spontanément, en effet, les Chinois acceptent la complémentarité de conceptions du monde bien distinctes, où la philosophie confucéenne, hégémonique, peut faire assez bon ménage avec le christianisme, le communisme, le bouddhisme et le taoïsme. De la même façon, les Chinois dans le monde ne cherchent pas systématiquement le prosélytisme. En revanche, un consensus très large est porté sans doute par l’effort considérable d’abstraction et de mémorisation que représente l’apprentissage à un âge très jeune de plus de 9 000 caractères d’écriture. Celui-ci conduit, dès l’adolescence, à une magnification des mathématiques et des sciences de l’ingénieur, dont on retrouve l’ombre portée dans toutes les cultures affines, au Vietnam ou en Corée, et jusque sur les campus des universités américaines. Enfin, la nouvelle culture des milieux dirigeants chinois conduit naturellement à une dévaluation particulièrement bienvenue de l’ego. Une Europe qui renoncerait à l’égolâtrie de ses cultures nationales au profit d’une direction collective, fondée sur le double culte du primat de la science et de l’héroïsme de la Résistance, aurait beaucoup appris de la Chine, autant qu’elle sut apprendre, à l’époque du plan Marshall, de l’esprit productiviste, égalitaire et fair-play de l’Amérique rooseveltienne. »
CHOMAGE
Dans « Challenges » du 4 février 2012
Article intitulé : Regards
« Huit pays de l’Union européenne ont un taux de chômage des jeunes supérieur à 30% : Espagne, Grès, Irlande, Lettonie, Lituanie, Portugal et Slovaquie »
Commentaire : Personnellement, je pense que ce chiffre ne reflète pas la réalité. Plusieurs pays se sont fait une « spécialité » du « masquage » du nombre de sans emploi
FRANCE
André Babeau, économiste, dans « Le Figaro » du 6 février 2012
Article intitulé : Pouvoir d’achat : il faudra patienter
« Pendant des décennies, l’amélioration de notre niveau de vie a beaucoup dépendu de l’augmentation des prestations sociales : 25 % de l’ensemble de nos ressources en 1970, près de 40 % en 2010. Depuis longtemps, nous vivons à crédit, via nos déficits publics. Au cours des dernières décennies, la croissance du niveau de vie des Français a fortement décéléré. Pendant les trente glorieuses, ils avaient le sentiment qu’il augmentait régulièrement, ce que confirment nos comptes nationaux : entre 3,5 % et 4 % de croissance par an, débarrassée de l’inflation. À partir de 1980, les choses commencent à se gâter, la croissance n’est plus comprise qu’entre 1 % et 2 %. Mais c’est au cours de la décennie 2000-2010, et spécialement au moment du passage à l’euro, qu’est apparu le divorce entre la progression mesurée du niveau de vie encore supérieure à 1 % et l’impression de stagnation et même de recul que ressentent les Français. La croissance potentielle de l’économie de notre pays est à présent modeste, sans doute comprise entre 1 % et 1,5 % par an. Mais il faut en retrancher d’abord l’augmentation de la population, encore de l’ordre de 0,5 %. Les revenus monétaires par tête ne croîtraient dès lors en valeur réelle qu’à un rythme annuel de 0,5 % à 1 %. L’augmentation des prélèvements obligatoires pourrait, de son côté, ralentir cette allure. Si, en outre, on fait entrer dans le niveau de vie des Français ces consommations importantes financées par le secteur public (dépenses de santé ou d’éducation), la progression devrait encore être plus faible : les frais d’inscription dans les universités pourraient, par exemple, augmenter et les taux de remboursement des dépenses maladie à nouveau régresser. La reprise de l’augmentation du niveau de vie des Français ne peut maintenant provenir que d’un nouveau dynamisme des revenus d’activité. Les prestations sociales ont fini de jouer leur rôle de locomotive. Les revenus du patrimoine, quant à eux, sont minoritaires et n’ont guère de possibilité de rebond. Tout repose donc sur l’augmentation de la proportion d’actifs employés dans notre économie, tout spécialement pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Si les bonnes décisions sont prises, on voit le cercle vertueux qui pourrait s’enclencher : grâce à l’amélioration de notre compétitivité, la hausse de l’investissement dans des secteurs bien choisis permet de réduire le taux de chômage et la croissance de la production et des revenus facilite le désendettement public.
Commentaire : Cet article ne traite pas du détournement des fonds du système économique via des produits financiers pernicieux (produits dérivés), du scandale de la paupérisation Humaine et immobilière (défiscalisation, urbanisme, etc…), de la déstabilisation boursière due au système de cotation et aux décisions des régulateurs et superviseurs etc… C’est bien dommage que ces notions soient oubliées. Cela enlève une grande partie de l’intérêt et de la pertinence des propos tenus. Sus à l’image de la France sous assistance des aides sociales et autres vues réductrices et simplistes. D’un côté, on sort ces propos usités et de l’autre on ne cesse de louer la qualité de vie française. Il est vrai que les économistes ne sont ni des financiers, ni des sociologues et qu’ils doivent construire ex-post un film qui explique la « réalité » du moment pour vendre leur « sauce ». Pour rappel, une grande partie de l’endettement des Etats (si ce n’est la totalité dans certains cas) est due au scandale que ces derniers doivent payer un intérêt sur les capitaux qu’ils empruntent alors que c’est eux (nous les citoyens) qui relèvent les banques de leurs erreurs et de leurs détournements. « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles. » Il est grand temps, pour nous les citoyens (conseillers financiers et investisseurs), de redonner du cœur à notre argent en investissant dans l’économie réelle. Seule, elle est garante de futur pour nous et nos enfants. Le fait que nos actes soient dictés par des paroles à nos oreilles fait oublier que ces paroles peuvent être (et sont aujourd’hui) spoliatrices et destructrices (dérivés, matières premières, défiscalisation organisées et maîtrisées par les lobbies, accélération d’endettement des Etats aux profits de certains groupes ou familles, remise en cause de l’aide aux plus pauvres etc…). N’oubliez pas : « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles ».
Dans « Challenges » du 4 février 2012
Article intitulé : Regards
« Le patrimoine net de la population française atteint 510% du PIB, contre 590% en Italie, et 320% en Allemagne »
« 9% des millionnaires de la planète se trouvent en France. »
REVUE DE PRESSE DU 2 FEVRIER 2012
CAC 40 du 2 février 2012:
0,27% ou 0,0016% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,40) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,40 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BOURSE
Gilles Coville dans « Les Echos » du 2 février 2012
Article intitulé : Le mois de la médiocrité
« Les quarante plus fortes hausses de la Bourse de Paris depuis début janvier confèrent pour le moment une qualité assez douteuse au « rally » général qui s’y produit. Elles sont emmenées par Technicolor qui ne vaut encore que 2 euros par action et 500 millions au total après avoir doublé en un mois. Derrière lui se presse un gros peloton de ce que les anglais appellent des « penny stocks » et de très petites capitalisations qui font surtout les délices des boursicoteurs individuels. A l’inverse, les plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés de taille intermédiaire, bien identifiées, dotées de modèle économique solide, telles que Virbac (pharmacie vétérinaire), Eutelsat (satellites), Iliad (téléphonie), Orpea (résidences médicales) ou Edenred (services prépayés). Les investisseurs se tournent mécaniquement vers ce qu’ils ont le plus négligé ou vendu l’an dernier : les petites valeurs plutôt que le CAC 40, les secteurs en effervescence tels que la technologie au détriment des plus matures tels que la santé. La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Excepté les éternels retardataires (Carrefour et EDF) et les victimes du récent effet Free (France Télécom, Bouygues et Vivendi), les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! Sous son humeur acheteuse de janvier, le marché a surtout tourné en rond. Rien ne l’illustre mieux que les volumes d’échanges qui n’ont pas vraiment grossi avec le rebond des indices."
Commentaire : Cet article est très intéressant car il énonce et démontre des réalités qui prouvent combien l’amalgame entre Bourse des valeurs (marché où l’on s’échange un volume donné à un prix donné) et Bourse de la valeur (Bourse qui déterminerait une véritable valeur pour tous les porteurs de parts) est inexacte et suicidaire en termes SOCIOECOnomique, POlitique et FInancier. Il est écrit « « penny stocks » et de très petites capitalisations qui font surtout les délices des boursicoteurs individuels » Cette notion de boursicoteurs individuels est très importante car se sont les seuls (avec les comptes titres et les OPCVM qui gèrent dans le respect des volumes) qui, par un échange de volume à un prix, donnent une valeur à leurs gains…ou les pertes. Pour les autres, ils ne font qu’extrapoler à tort des cours réalisés dans le cadre d’un échange de faible volume à l’ensemble des titres qu’ils ont en portefeuille. Cette situation en dehors d’être illogique et aberrante (ce qui commence, enfin, à être reconnu par certains professionnels) relève de l’abus de confiance et de l’escroquerie intellectuelle et financière. Cet article marque également la dichotomie entre la spéculation court terme et l’investissement moyen long terme. L’ambiguïté de l’amalgame entre bourse des valeurs et bourse de la valeur est encore mise en exergue lorsque Monsieur Coville écrit « les plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés de taille intermédiaire, bien identifiées, dotées de modèle économique solide, telles que Virbac (pharmacie vétérinaire), Eutelsat (satellites), Iliad (téléphonie), Orpea (résidences médicales) ou Edenred (services prépayés). La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! ». Dans les faits, c’est parce que les spéculateurs ont choisi de « travailler » (achat/vente) des titres de petits prix et de délaisser les autres valeurs qu’avec ce système de cotation stupide, il est écrit « plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés dotées de modèle économique solide, La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! ». Il devient impératif, pour éviter ces raccourcis fallacieux (mais tout à fait compréhensible dans le mode de pensée actuel), de doubler l’information de la variation boursière du jour, d’une variation prenant en compte la faiblesse des volumes. Pour rappel, plus de 99% des hausses ou des baisses annoncées aux porteurs de parts sont issues du système comptable qui « oublie » l’importance des volumes. Voir : www.agencedecotationisr.com Petit à petit le « big bang » financier va s’imposer.
CHOMAGE
Bernard Zimmern, président de la fondation Ifrap, dans « Le Figaro », du 1 février 2012
Article intitulé : Chômage : finissons-en avec les petits boulots !
« Face à l'aggravation du chômage, résultat d'un manque de création d'emplois par l'économie française qui dure depuis plus de trente ans, et à propos duquel l'OCDE a publié de multiples alertes, c'est d'une politique à long terme dont nous avons besoin, pas de quelques rustines. L'emploi est avant tout le fait des entreprises privées, qui représentent un peu plus de 75 % des postes. Et la France n'est pas la première à découvrir que ce sont des très petites entreprises que dépend l'emploi, et non des grandes entreprises qui, en moyenne, en perdent. Nos stratégies à long terme ont été tragiquement absentes, d'une part parce que les instituts chargés de mesurer l'état de l'économie française, notamment l'Insee, n'ont pas rempli leur rôle ; d'autre part parce que notre haute administration, notamment fiscale, a tout fait pour éviter le repeuplement de nos entreprises. Nos gouvernants se sont contentés de multiplier les petits boulots qui permettent aujourd'hui de publier encore des statistiques du chômage avec un taux inférieur, de peu, à 10 %, même si le taux de personnes à la recherche d'un emploi parce qu'elles sont employées seulement quelques heures par mois est autour de 17 % de la population active. L'Insee comme le gouvernement s'obstinent à ne publier que des chiffres où le néophyte est incapable de voir que nos créations d'entreprises sont un désastre. Ils se gargarisent des cinq à six cent mille créations d'entreprises en 2010 qui font de la France le pays le plus prolifique d'Europe, sans mentionner que la plupart sont vides d'emplois. Nous créons depuis plus de dix ans moitié moins d'entreprises comptant au moins un salarié que les Allemands ou les Anglais, et trois fois moins d'emplois nouveaux que les Allemands (105.000 par an contre 315.000 en Allemagne). Contrairement à un mythe fort répandu, nous ne manquons pas de PME ou de grandes entreprises, nous avons tout simplement moitié moins d'entreprises de plus de dix salariés que nos voisins nordiques. C'est toute notre chaîne d'entreprises au-dessus de 10 salariés qui est frappée de nanisme. Ensuite, les comparaisons montrent que les créations d'emplois ont essentiellement eu lieu en France dans des petits boulots, notamment les services à la personne, à près de 80 % depuis 2005. Or ce secteur représente moins de 5 % des créations d'emplois en Allemagne où la croissance de l'emploi a eu lieu dans des secteurs comme l'industrie manufacturière. Ce résultat était-il inattendu? Ce n'est pas seulement depuis 2002, avec notamment la SARL à 1 euro de Renaud Dutreil, ou avec l'autoentrepreneur (en 2007), que les gouvernements encouragent la création d'entreprises de petits boulots. Mais imaginer qu'il faille pousser ceux qui ont de l'argent à le mettre dans des créations d'entreprises à fort potentiel de croissance se heurte au mur anticapitaliste de Bercy. Le rendement d'une incitation fiscale à investir dans la création d'entreprise est, dès la première année, largement supérieur à son coût pour le budget. Pourtant, la politique de Bercy depuis quarante ans a toujours été de limiter ces déductions à des niveaux ridicules. Ce qui fait le bonheur des fonds communs de placement, mais interdit les investissements directs, qui seuls sont économiquement efficaces pour créer des entreprises à forte croissance avec un capital social de 100.000 à 1 million d'euros. L'emploi et le chômage n'évolueront que si la France prend conscience du fait que créer les entreprises de croissance dont nous avons impérativement besoin nécessite une politique d'encouragement fiscal qui ne peut pas être une politique de petits bras et de petits boulots. »
Commentaire : Que dire de plus ? Si ce n’est un constat de plus du manque de vision et de réflexion structurée. Quant à l’utilisation de l’Insee… Les instances professionnelles type OCDE existent. Seul problème, la compétence n’est pas sujette à la dépendance aux idées toutes faites, aux lobbies et aux réseaux. A ce titre, on ne peut l’éliminer mais on peut l’ignorer. La France est malade de ses réseaux, sous-réseaux etc… Trop souvent, les réseaux ne reposent que sur le principe détourné de la bande velcro, à savoir : des éléments faibles qui se regroupent pour asseoir ensemble leur existence sur le principe de la nuisance, via une collaboration « protectrice » partagée, aux réalités et aux idées nouvelles. Naturellement et heureusement, cette vision des réseaux n’est pas une généralité.
ECONOMIE
Christian Stoffaës, professeur à l’université de paris II Panthéon-Assas dans « Les Echos » du 2 février 2012
Article intitulé : La dette sonne la fin du monétarisme.
« La dette publique atteint un niveau d’alerte rouge, analogue à celui des dettes de guerre – circonstances où les Etats dépensent toutes leurs ressources pour le salut de la nation : en 1918, en 1945 aussi, la dette dépassait le produit intérieur brut. En 2012, les Etats-Unis en sont à 100 % ; la France à 85 % ; les pays impécunieux d’Europe – les Gipsis (populations persécutées, appellation certes moins déshonorante que PIGS…) ; même la vertueuse Allemagne à 75 %. Pour imposer la stabilité des prix, le monétarisme imposa l’indépendance des banques centrales, mandatées pour soustraire la création de crédits aux pressions de la fatale spirale salaires-prix, du corporatisme revendicatif et des « politiciens » à leurs yeux nécessairement dépensiers, démagogiques, inflationnistes. La question est comment en est-on arrivé là puisque la politique monétariste avait précisément pour but de contrôler tout dérapage de la masse monétaire, c’est-à-dire de la création de crédits ? La crise n’est pas seule responsable. La fatale spirale s’est enclenchée bien avant que les « bailouts » bancaires, stimulus et autres plans de relance ne viennent gonfler la dette publique : + 25 points depuis le krach – mais déjà 30 % du PIB dans les années 1980 ; 60 % dans les années 1990. En 1981, après la grave récession des chocs pétroliers, la dette française n’atteignait que 20 %. Car le monétarisme a aussi engendré la dérégulation financière – c’est-à-dire la prohibition de toute intervention de l’Etat susceptible de déranger les équilibres du libre marché concurrentiel et globalisé. La théorie des « marchés efficients » portait en germe l’euphorie spéculative et la crise des « subprimes » : la projection sur les marchés de capitaux des immenses ressources des banques de dépôt, la titrisation ; la dissimulation du risque derrière les « innovations financières », les produits dérivés d’assurance – les CDS – qui en réalité n’assuraient rien et permettaient aux spéculateurs de faire semblant de croire qu’ils étaient assurés. C’est-à-dire l’« aléa moral » – formulé en termes simples : « ma dette c’est votre problème », l’encouragement à spéculer sans couverture : donc l’insolvabilité des banquiers devenus spéculateurs, l’inéluctable krach, le sauvetage des déposants au bord de la spoliation et de la panique, le mistigri de la dette privée transférée sur la dette publique. D’une certaine manière le monétarisme est victime d’avoir trop bien réussi, ayant maintenu des taux d’intérêt bas sur très longue période et engendré un esprit de facilité, en facteur commun de toutes les vagues spéculatives. La stabilité monétaire retrouvée a créé un climat favorable à l’endettement, faisant oublier qu’il faudrait rembourser : l’endettement des ménages et des banques a explosé au cours des années 2000 jusqu’à ce que le krach de 2008 engendre le désendettement accéléré et provoque la nécessité pour l’Etat de se substituer en laissant déraper la dette publique. Du côté de l’Europe c’est l’euphorie de l’euro facile, sans prix à payer qui a engendré la facilité, les flux de capitaux à bon marché vers les périphéries impécunieuses, la spéculation immobilière, le sentiment que la rigueur est d’un autre temps. On a confié aux banques centrales le mandat d’assurer la stabilité monétaire : on avait oublié que la stabilité financière fait aussi partie de leur mission historique : c’est la question du jour – prêteur en dernier ressort ; planche à billets ; dettes souveraines ; sauvetage de la Grèce (en attendant le Portugal, l’Espagne ?). »
FRANCE
Gérard Courtois dans « Le Monde » du 2 février 2012
Article intitulé : Les Français estiment que l'éthique recule en politique
« Le constat n'est pas brillant : une large majorité de Français ne sont pas convaincus de la moralité des hommes et des femmes politiques. Tel est l'enseignement le plus saisissant du sondage réalisé par Ipsos et Logica Business Consulting pour Le Monde et l'association Lire la société, à l'occasion de la Journée du livre politique, organisée avec l'Assemblée nationale, samedi 4 février. Il ne se trouve, en effet, que 22 % des personnes interrogées pour considérer que tous les politiques ou la plupart d'entre eux respectent les grandes règles de la morale ; cette confiance est notamment partagée par les cadres (34 %) et les plus diplômés (30 %). En revanche, un pourcentage équivalent (20 %) estime qu'aucune femme ou aucun homme politique respecte ces grandes règles morales ; cette défiance totale est particulièrement marquée chez les ouvriers (28 %), les sympathisants du Front national (28 %), les inactifs (32 %) et les personnes sans diplôme (35 %). Entre le groupe des "tous honnêtes" et celui des "tous pourris", la grande majorité des sondés (57 %) estime que "seuls certaines femmes et certains hommes politiques" respectent les grandes règles de l'éthique personnelle et publique. On ne saurait être plus dubitatif ou critique. Le constat est d'autant plus sévère qu'une majorité des sondés estime que la situation s'est dégradée depuis vingt ans. Plus inquiétant encore, près de trois Français sur cinq (58 %) et les deux tiers des sympathisants de gauche jugent que les gouvernants et les élus confondent leurs intérêts personnels et leurs responsabilités publiques davantage aujourd'hui qu'il y a vingt ans. 7 % seulement estiment que cette confusion a reculé. Enfin, les Français interrogés par Ipsos considèrent également que les hommes et femmes politiques sont de moins en moins sincères. La moitié exactement le pensent (et jusqu'à 56 % chez les sympathisants du FN et 60 % des non diplômés), contre 39 % pour qui les choses n'ont pas changé dans ce domaine et 9 % seulement pour qui elles se sont améliorées. Là encore, les responsables politiques payent clairement le prix des promesses non tenues et des engagements oubliés. »
Olivier Auguste dans « Le Figaro » du 2 février 2012
Article intitulé : Compétitivité: attention aux approches caricaturales
«Des approches simplistes - voire caricaturales - de la compétitivité se sont développées: pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme. Résultat: des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l'action économiques.» De qui, ces quelques lignes assénées sans détour? Elles sont cosignées (par ordre alphabétique…) par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGPME, le Medef et l'UPA. Les syndicats signataires de ce rapport, intitulé «Approche de la compétitivité française», ont pris sur eux pour reconnaître qu'il fallait «repenser l'assiette du financement de la protection sociale» afin d'alléger le coût du travail. Le patronat, de son côté, a concédé dans ce rapport que le coût du travail n'était pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité. Non plus que la durée hebdomadaire du travail (les 35 heures ne sont même pas mentionnées dans le rapport!). Il note, parmi les facteurs de compétitivité, la qualité des infrastructures, l'équipement en nouvelles technologies ou encore… l'organisation du travail et le management qui, s'ils permettent de limiter stress et usure physique, réduisent l'absentéisme. On se prend en tout cas à rêver que syndicats et patronat aillent, main dans la main, rappeler leur diagnostic partagé aux candidats. »
Commentaire : En période de forte crise, certaines vérités et réalités imposent d’opter pour la coopération au détriment de la collaboration à certains dogmes et certaines allégeances. En cela, la crise est « rénovatrice » et « libératrice ».
TECHNIQUE PATRIMONIALE
(article pour les professionnels)
François Le Brun dans « Les Echos » du 2 février 2012
Article intitulé : Le charme discret de la fiducie
« Un entrepreneur a toujours besoin de rassurer son banquier, ses créanciers, ses clients et fournisseurs, voire l’éventuel repreneur de sa société. De même, il est sans cesse à la recherche de liquidités ou d’une meilleure visibilité… Or, souvent, il ignore que toutes ses interrogations trouveraient leur réponse dans une seule et même solution juridique : la fiducie, autrement dit, le trust à la française. Eh oui ! celui-là même qui sentait le soufre jusqu’à une époque récente, le voici adoubé par le Code civil depuis 2007, à l’article 2011. Nathalie Gilly, directrice des services bancaires à la Caisse des Dépôts et présidente de la commission fiducie à Paris Europlace détaille les avantages de ce principe juridique encore hermétique 1 Un instrument de garantie « C’est un contrat par lequel un patrimoine est transféré », explique-t-elle. Cette translation d’argent, de biens immobiliers ou de titres boursiers doit être justifiée par un motif. Il est défini par les trois personnages qui composent habituellement une fiducie : le fiduciaire, le constituant et le bénéficiaire .Le premier réceptionne le patrimoine et le loge dans un compartiment spécifique. Le plus souvent, c’est une banque qui tient ce rôle, ou bien une société de gestion agréée par l’AMF. Ensuite, le constituant est celui qui apporte une partie de ses biens à la fiducie. Enfin, le bénéficiaire est celui qui perçoit les revenus du patrimoine logé dans la fiducie. Par exemple, si c’est un immeuble de rapport, ce sont les loyers. Dans bien des cas, le bénéficiaire peut être le constituant. Le plus souvent, une fiducie est créée pour cautionner une dette, à la façon d’une hypothèque. Mais elle peut aussi servir de garantie de passif. Ainsi, selon Nathalie Gilly, elle est idéale dans une reprise de société. Une partie du produit de la vente est sanctuarisée. De sorte que, si le repreneur n’est pas satisfait de son acquisition, il sait qu’il peut actionner cette réserve et cela le rassure. Résultat, la transaction est conclue plus vite. Pour le vendeur, c’est aussi tout bénéfice, car si tout se passe finalement bien, il récupère les fonds à l’issue du contrat de fiducie, dont la durée aura été librement déterminée C’est une des applications possibles. Mais il y en a tant d’autres ! 2 Un moyen de rassurer les clients Jean-Pierre Charlet, directeur juridique de Gemalto était confronté à un problème de marketing et de conflit d’intérêts. Son employeur avait racheté une société de son univers, Trusted Logic, dont une filiale, Trusted Labs, est spécialisée dans la certification sécuritaire. Dans les faits, elle agit comme une agence de notation de la sûreté des systèmes installés notamment par les banques. Du coup, Gemalto risquait de se retrouver en position de juger ses propres clients ! En outre, la réputation d’indépendance de Trusted Labs pouvait s’en trouver entachée. La solution a consisté à loger la filiale dans une fiducie. Elle a donc été confiée temporairement à une société de gestion, Equitis, le temps de voir comment réagissaient les clients. Le constituant Gemalto a fixé ses conditions : pas question que sa filiale se dévalorise ou agisse à l’encontre des intérêts de la maison mère. Le fiduciaire a présenté ses tarifs.Finalement, l’accord a été facilement finalisé, d’autant plus que,« sur le plan juridique et fiscal, le transfert a été très simple »,comme l’explique Jean-Pierre Charlet. Aufinal, Gemalto conserve le contrôlede sa filiale, mais, aux yeux des clients, celle-ci est extériorisée. 3 Une façon de donner du temps au temps De son côté, Pierre-Ange Le Pogam voyait s’achever une amitié de trente ans avec le cinéaste Luc Besson. Une nouvelle aventure de producteur indépendant s’ouvrait devant lui. Mais encore fallait-il clarifier les faits. Aussi, pour bien montrer qu’il n’avait plus de liens avec son ancien associé, il était bien décidé à céder sa participation dans Europacorp. Sauf qu’à ce moment-là les cours de l’action étaient au plus bas. Il a logé ses titres dans une fiducie. A charge pour son gérant de remettre les actions sur le marché dès que le cours atteindrait un certain montant, préalablement déterminé. En l’espèce, la fiducie a permis de donner du temps au temps. »
REVUE DE PRESSE DU 1 FEVRIER 2012
CAC 40 du 31 janvier 2012:
1,01% ou 0,0054% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,46) voir site : www.agencedecotationisr.com
*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,46 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?
BOURSE
Dans « H 24 », source Europerformance, du 31 janvier 2012
Article intitulé : En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire...
« La gestion collective a connu en 2011 un exercice particulièrement difficile avec un encours des fonds de droit français commercialisés ramené à 726,5 milliards d’euros, soit un très net recul annuel de -14%. Aussi bien les OPCVM de court terme que les OPCVM de long terme ont enregistré une baisse significative de leur encours : réduction de 30,8 milliards d’euros pour les fonds de Trésorerie (-8,9%), de 13,8 milliards d’euros pour les fonds Obligations (-18,1%), de 43,8 milliards d’euros pour les fonds Actions (-20,9%), de 19 milliards d’euros pour les fonds Diversifiés (-13,9%), de 8,5 milliards d’euros pour les fonds Garantis (-12,4%), de 1,8 milliard d’euros pour les OPCVM de fonds Alternatifs (- 23,9%). Sur l’année, 118 milliards d’euros ont été perdus par la gestion collective qui atteint son plus bas niveau d’encours depuis le départ, à l’été 2007, d’une crise d’abord circonscrite aux crédits subprimes américains et dont la portée systémique n’a eu de cesse de s’accroître, particulièrement en 2011. En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire avec -82,1 milliards d’euros de rachats de parts d’OPCVM. Cette décollecte, la 4ème au cours des 5 dernières années, est autrement significative puisque pour la 1ère fois toutes les classes d’actifs ont été simultanément touchées par les retraits. Seules des classes d’actifs très spécialisées ou des zones géographiques bien précises ont attiré des flux d’investissement : les fonds à Capital Garanti, les fonds Obligations Haut Rendement, les fonds sur Actions du Nord de l’Europe. Cette année, les mouvements de collecte ont favorisé certains assureurs tandis que les grands réseaux bancaires ont continué d’enregistrer des retraits, aussi bien sur leur gamme de fonds peu risqués que sur leur offre de fonds risqués. Les résultats des banques privées, avec le transfert d’une partie de la collecte depuis des actifs à risques vers des supports de Trésorerie, marquent leur réactivité aux conditions de marché. En Europe, l’année a été marquée par d’importants rachats, notamment au 2nd semestre, sur les OPCVM de long terme. Face à cette décollecte, les marchés de fonds de droit irlandais, britannique et luxembourgeois, ont affiché une forte résistance. Alors que le nombre de produits français ouverts à la commercialisation décroît depuis 2 ans (environ -5%), les demandes d’autorisation de commercialisation en France pour les produits étrangers continuent d’être soutenues (+10%). »
CHOMAGE
Bernard Zimmern, président de la fondation Ifrap, dans « Le Figaro », du 1 février 2012
Article intitulé : Chômage : finissons-en avec les petits boulots !
« Face à l'aggravation du chômage, résultat d'un manque de création d'emplois par l'économie française qui dure depuis plus de trente ans, et à propos duquel l'OCDE a publié de multiples alertes, c'est d'une politique à long terme dont nous avons besoin, pas de quelques rustines. L'emploi est avant tout le fait des entreprises privées, qui représentent un peu plus de 75 % des postes. Et la France n'est pas la première à découvrir que ce sont des très petites entreprises que dépend l'emploi, et non des grandes entreprises qui, en moyenne, en perdent. Nos stratégies à long terme ont été tragiquement absentes, d'une part parce que les instituts chargés de mesurer l'état de l'économie française, notamment l'Insee, n'ont pas rempli leur rôle ; d'autre part parce que notre haute administration, notamment fiscale, a tout fait pour éviter le repeuplement de nos entreprises. Nos gouvernants se sont contentés de multiplier les petits boulots qui permettent aujourd'hui de publier encore des statistiques du chômage avec un taux inférieur, de peu, à 10 %, même si le taux de personnes à la recherche d'un emploi parce qu'elles sont employées seulement quelques heures par mois est autour de 17 % de la population active. L'Insee comme le gouvernement s'obstinent à ne publier que des chiffres où le néophyte est incapable de voir que nos créations d'entreprises sont un désastre. Ils se gargarisent des cinq à six cent mille créations d'entreprises en 2010 qui font de la France le pays le plus prolifique d'Europe, sans mentionner que la plupart sont vides d'emplois. Nous créons depuis plus de dix ans moitié moins d'entreprises comptant au moins un salarié que les Allemands ou les Anglais, et trois fois moins d'emplois nouveaux que les Allemands (105.000 par an contre 315.000 en Allemagne). Contrairement à un mythe fort répandu, nous ne manquons pas de PME ou de grandes entreprises, nous avons tout simplement moitié moins d'entreprises de plus de dix salariés que nos voisins nordiques. C'est toute notre chaîne d'entreprises au-dessus de 10 salariés qui est frappée de nanisme. Ensuite, les comparaisons montrent que les créations d'emplois ont essentiellement eu lieu en France dans des petits boulots, notamment les services à la personne, à près de 80 % depuis 2005. Or ce secteur représente moins de 5 % des créations d'emplois en Allemagne où la croissance de l'emploi a eu lieu dans des secteurs comme l'industrie manufacturière. Ce résultat était-il inattendu? Ce n'est pas seulement depuis 2002, avec notamment la SARL à 1 euro de Renaud Dutreil, ou avec l'autoentrepreneur (en 2007), que les gouvernements encouragent la création d'entreprises de petits boulots. Mais imaginer qu'il faille pousser ceux qui ont de l'argent à le mettre dans des créations d'entreprises à fort potentiel de croissance se heurte au mur anticapitaliste de Bercy. Le rendement d'une incitation fiscale à investir dans la création d'entreprise est, dès la première année, largement supérieur à son coût pour le budget. Pourtant, la politique de Bercy depuis quarante ans a toujours été de limiter ces déductions à des niveaux ridicules. Ce qui fait le bonheur des fonds communs de placement, mais interdit les investissements directs, qui seuls sont économiquement efficaces pour créer des entreprises à forte croissance avec un capital social de 100.000 à 1 million d'euros. L'emploi et le chômage n'évolueront que si la France prend conscience du fait que créer les entreprises de croissance dont nous avons impérativement besoin nécessite une politique d'encouragement fiscal qui ne peut pas être une politique de petits bras et de petits boulots.
Commentaire : Que dire de plus ? Si ce n’est un constat de plus du manque de vision et de réflexion structurée. Quant à l’utilisation de l’Insee… Les instances professionnelles type OCDE existent. Seul problème, la compétence n’est pas sujette à la dépendance aux idées toutes faites, aux lobbies et aux réseaux. A ce titre, on ne peut l’éliminer mais on peut l’ignorer. La France est malade de ses réseaux, sous-réseaux etc… Trop souvent, les réseaux ne reposent que sur le principe détourné de la bande velcro, à savoir : des éléments faibles qui se regroupent pour asseoir ensemble leur existence sur le principe de la nuisance, via une collaboration « protectrice » partagée, aux réalités et aux idées nouvelles. Naturellement et heureusement, cette vision des réseaux n’est pas une généralité.
DROIT
Nathalie Guibert dans « Le Monde » du 1 février 2012
Article intitulé : L'armée craint une judiciarisation des actions de guerre
« La cour d'appel de Paris a décidé qu'une enquête pouvait être ouverte sur la tuerie d'Uzbin Pour les proches des soldats tués dans l'embuscade d'Uzbin, le 18 août 2008, en Afghanistan, c'est un soulagement, l'espoir d'en savoir plus sur la tragédie la plus meurtrière pour l'armée française dans ce conflit. Pour les militaires, c'est un nouveau drame. En décidant, lundi 30 janvier, qu'une enquête judiciaire pouvait s'ouvrir pour " mise en danger de la vie d'autrui ", la cour d'appel de Paris a ouvert une brèche : elle autorise un regard civil au coeur de l'acte de guerre, qui évalue le risque au combat. Pour l'état-major, c'est le signal d'une " judiciarisation " de l'action militaire, frein à sa vocation même. La " judiciarisation " reste relative. Quelque 2 000 dossiers concernant des militaires (auteurs et victimes) en opérations extérieures sont portés chaque année devant la justice. Hors ces opérations, 200 plaintes visent l'armée. Des nombres stables. »
Commentaire : Et si la Cour d’appel de Paris ouvrait une brèche dans l’utilisation des investissements sur les matières premières pour « mise en danger de la vie d’autrui » ? Pour rappel, 35 millions de morts par an du fait de la spéculation sur les matières premières. Les morts de la famine n’étaient pas des militaires. Militaires, pour qui j’ai le plus grand respect, mais qui sont trop souvent devenus des « outils » de guerres politiques et politiciennes.
ECONOMIE
Marie Bellan dans « Les Echos», du 1 février 2012
Article intitulé : Consommation : la fin d’un mythe
« Cette consommation a baissé l’an dernier pour la troisième fois en quatre ans. Et, comme elle constitue le moteur essentiel de la croissance, son recul condamnerait l’économie française aux enfers de la récession éternelle. Seule une bonne vieille relance budgétaire du pouvoir d’achat serait donc à même de nous sauver. En réalité, toutes les étapes de ce raisonnement sont fausses. D’abord, la baisse de 0,5 % en 2011 communiquée hier porte seulement sur la consommation des ménages en produits (alimentation, énergie, produits industriels). Même si l’Insee a doublé le champ de cet indicateur l’an dernier, un effort rarement souligné, il n’y a pas intégré les services, qui pèsent autant que les biens. Au total, il est vraisemblable que les Français ont encore un peu accru leurs achats l’an dernier. Ensuite, la consommation a contribué à la moitié de la croissance française au cours du dernier demi-siècle. Si c’est bien le premier moteur de l’activité, ce n’est pas le seul. Et la hausse de la consommation de produits industriels profite de plus en plus aux industriels étrangers. Quand les Français ont un peu plus d’argent, ils se ruent sur les télévisions ou les téléphones mobiles et ce sont des usines coréennes ou chinoises qui en profitent. Enfin, une relance du pouvoir d’achat irait directement dans le bas de laine, car les Français sont profondément inquiets. D’une part, ils sentent la montée du chômage, qui frappe chaque jour 1.000 actifs de plus depuis maintenant quatre mois, avec une régularité terrifiante. D’autre part, ils ont des craintes sur les comptes publics. Dans la décennie qui a précédé la crise (1997-2007), la consommation a contribué non à la moitié de la croissance mais aux deux tiers, un alourdissement rendu possible par un endettement accru de l’Etat et, plus encore, des particuliers. Puis la crise financière a été amortie par une envolée de la dette publique. Il n’est désormais plus possible de continuer. »
ETATS-UNIS
Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 1 février 2012
Article intitulé : En 2006, pour la Fed, rien à signaler
« Comme aiment répéter les financiers, pour mieux s'en persuader : " Voyons, mais personne n'avait rien vu venir ! " Dans le cas présent, l'exercice est cependant très révélateur, puisqu'il porte sur ceux dont le métier est, précisément, de " voir venir ". De quoi s'agit-il ? La Réserve fédérale américaine (Fed) a divulgué, à la mi-janvier, comme c'est son devoir après cinq ans, les débats internes, en 2006, de sa plus haute instance, le Comité de politique monétaire (FOMC, qui réunit gouverneurs et présidents de ses banques régionales). Le rapport fait 1 200 pages et s'il fallait conférer une note aux dirigeants de cette très digne instance, nul doute qu'à sa lecture on leur attribuerait facilement un 0/20. Car, à la veille de l'explosion de la bulle financière des emprunts subprimes, qui a engendré la plus grave crise mondiale, financière puis économique depuis quatre-vingts ans, ceux-ci se montrent incapables de saisir la portée d'événements qui s'affichent pourtant sous leurs yeux. Or qu'observe-t-on dès ce moment aux Etats-Unis ? Depuis la fin de l'année précédente, la valeur des appartements et locaux, après une croissance délirante - plus 50 % en trois ans ! - a commencé de tanguer. Mais les dirigeants de la Fed, à aucun moment, ne s'en émeuvent. Au contraire, l'immobilier " atterrit en douceur ", analyse Ben Bernanke, son nouveau président, qui juge, en mars, " improbable que la croissance déraille à cause du marché immobilier ". D'autres vont jusqu'à se réjouir : l'immobilier est entré dans " un sain processus d'ajustement ", assure, en juin, M. Geithner. Mieux, pour la gouverneure Susan Bies, sa chute, en dirigeant les flux monétaires " vers d'autres secteurs ", assurera une " croissance plus vivace encore "... En septembre, M. Geithner ne voit toujours " aucun signe troublant de dommage collatéral " lié aux difficultés immobilières. D'ailleurs, il n'en " attend pas à l'avenir ". Les flux du crédit, avait-il pronostiqué en mars, " suggèrent que la confiance reste considérable dans les perspectives de croissance ". Il n'a toujours pas changé d'avis en décembre 2006 : " L'expansion va se poursuivre ", annonce-t-il (dès janvier 2007, le chômage commence d'enfler). Lors de l'ultime réunion annuelle, le 12 décembre, le marasme immobilier croissant, le rythme exponentiel de l'augmentation des emprunteurs insolvables sont encore perçus par le FOMC comme une " correction " d'errements passés. Juste avant, le gouverneur Kevin Warsh expliquait que " les marchés des capitaux sont aujourd'hui plus bénéficiaires et plus robustes que jamais ". Au fond, rien n'est plus important. Là réside sans doute la clé de l'énigme. Pourquoi cette cécité fatale ? La Fed dispose aux Etats-Unis du personnel le plus nombreux, des ordinateurs les plus puissants pour mouliner les données statistiques, des analystes les mieux formés. Ses dirigeants savent alors que le taux d'emprunteurs insolvables croît rapidement ; ils voient que la valeur du bâti s'affaiblit chroniquement. Ils constatent que les créations d'emplois commencent à décliner. Pourtant, et c'est l'aspect le plus fascinant de ce rapport, ils n'établissent pas de lien entre les signaux qui s'accumulent en provenance de l'économie réelle et leurs conséquences potentielles pour la finance. »
Commentaire : Cette situation de cécité a-t-elle changée ?
IMMOBILIER
Marie Bellan dans « Les Echos», du 1 février 2012
Article intitulé : Logement : la Fondation Abbé Pierre est alarmiste
« Dans son 17e rapport annuel sur le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre est alarmiste comme jamais. « Il y a dix-sept ans, le mal-logement existait déjà, bien sûr, mais nous n’aurions jamais envisagé qu’il puisse prendre l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui », s’inquiétait Patrick Doutreligne, délégué général de l’association, voilà quelques jours, lors de la présentation du rapport publié aujourd’hui. « La crise économique a eu un rôle d’accélérateur. Le mal-logement s’est aujourd’hui enraciné et il touche des catégories de plus en plus variées », complétait Christophe Deltombe, directeur des études de la fondation. Selon l’association, 700.000 personnes sont aujourd’hui privées de domicile personnel. Un constat qui fait dire à la fondation que« le logement est devenu une machine à exclure »et que« les politiques menées en la matière depuis dix ans n’ont fait que creuser les inégalités existantes ».
Commentaire : Je vous rappelle qu’Habitat et Humanisme, indépendamment de lutter contre la pauvreté (j’ose à peine l’écrire tant cela fait looser à notre époque), permet d’investir dans des biens immobiliers NON SURCOTES et à ce titre être un des meilleurs outils dans la recherche de plus-value à terme et de rentabilité immédiate. De plus en plus, les investisseurs vont reprendre conscience qu’un bien immobilier « bien acheté » est un bien immobilier qui offre à la fois une rentabilité immédiate et un espoir de plus-value future dus à son emplacement et à son entretien (les biens Habitat et Humanisme sont entretenus et bénéficient d’un très bon emplacement). Trop souvent, en période de hausse immobilière, les investisseurs, en ne basant leur raisonnement que sur la hausse immobilière « future », se transforment en « marchand de biens » …qui ne vendent pas. De ce fait, ils se condamnent à subir le krach. C’est bien l’emplacement, le rendement immédiat et l’entretien qui donnent la crédibilité de la plus value future. Ceux qui ont oublié ces réalités, en plus d’avoir perdu de la rentabilité, perdront du capital lorsque le marché corrigera ses excès.
Pour information sur les programmes Habitat et Humanisme : Josette Amor au 06 13 24 73 58 ou directement chez Habitat et Humanisme Tel : 04 72 27 42 58 - Fax: 04 78 23 82 53