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CHANGE/DEVISE

 

Gilles Coville dans « Les Echos » du 27 octobre 2011

Article intitulé : Un moribond vigoureux  
« Jamais une puissance traversant une crise aussi grave que celle de la zone euro n’eut une monnaie d’apparence aussi solide. Sur un an comme depuis le début de l’année, le pouvoir d’achat de la monnaie unique, pour payer du pétrole ou des produits made in BRIC, s’est apprécié. Les évolutions de change sont certes à relativiser plus que celles de tout autre marché. La résilience de l’euro reflète en partie un accès de défiance vis-à-vis des monnaies des pays émergents non producteurs de matières premières, qui a elle-même pesé sur le dollar. Les interventions des banques centrales suisses ou japonaises pour faire baisser leur propre devise ont eu aussi leur impact. C’est en tout cas la seconde fois en quelques mois – la précédente remonte à août, qui a fini sur un euro à 1,45 dollar – qu’une poussée d’aversion aux risques se traduit par des arbitrages favorables à la monnaie européenne au lieu de bénéficier au billet vert. »

 

Dans « Boursorama » du 15 septembre 2011

Article intitulé : Les pays du Golfe déterminés à lancer leur monnaie unique :
« Les monarchies du Golfe sont déterminées à se doter d'une monnaie unique, en dépit de la crise financière qui secoue le monde, a déclaré jeudi à Doha le gouverneur de la Banque centrale saoudienne (SAMA). Les Emirats arabes unis et Oman se sont retirés de ce projet. Le retrait émirati faisait suite à des réserves exprimés par ce pays sur le choix de Ryad comme siège de la future Banque centrale. Le lancement de la monnaie unique des pays du CCG --qui contrôlent 45% des réserves mondiales de brut-- était initialement prévu en 2010, L'échéance 2013 est désormais jugée comme la plus vraisemblable par divers analystes. »

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 29 août 2011

Article intitulé : Le dollar s’est déprécié de 98 % vis-à-vis de l’or depuis 1971, et ce n’est pas fini
« Août, le mois d’Auguste, a la réputation d’être funeste pour la finance mondiale, et l’année 2011 restera un grand millésime à cet égard. On ne pouvait mieux célébrer le quarantième anniversaire du 15 août 1971 et l’annonce par le président Richard Nixon que le dollar ne serait plus convertible en or. En pleine guerre du Vietnam, les États-Unis avaient été obligés de dénoncer les accords de Bretton Woods de 1944, selon lesquels le dollar serait « aussi bon que l’or ». Le Trésor américain possédait 20 000 tonnes d’or dans ses coffres de Fort Knox à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. À l’été 1971, il n’en détenait plus que 8 100, car la défiance vis-à-vis du billet vert avait incité les partenaires de l’Oncle Sam – la France du général de Gaulle en tête – à convertir leurs avoirs en métal jaune au prix officiel de 35 dollars pour une once d’or de 31,1 grammes. En l’espace de quatre décennies, « la relique barbare », comme l’appelait Keynes, a vu son prix multiplié par plus de cinquante. Le billet vert a subi une dépréciation de 98 % depuis la décision du président Nixon. Les nouveaux records atteints cet été n’ont pourtant rien d’aberrant si on les compare non pas aux monnaies, mais à d’autres valeurs « réelles », comme le pétrole ou les actions d’entreprises. Dans les années 1980 et 1990, le cours de l’once d’or valait en moyenne dix-huit fois le prix d’un baril de pétrole (de 159 litres). Ce ratio n’est actuellement que de seize. De même, en 1980, dernière année de l’administration Carter, le métal jaune cotait cinq fois l’indice des actions américaines de l’indice S&P 500 ; le rapport entre les deux n’est aujourd’hui que de 1,5. Ces comparaisons servent d’argument aux analystes pour prédire que les cours n’ont pas encore atteint leur maximum. En dépit d’une sévère correction la semaine dernière – 200 dollars de chute en deux séances –, Gabor Vogel, l’expert pour les matières premières de la banque allemande DZ Bank, pense que la barre des 2 000 dollars l’once sera franchie dans les prochains mois. Le billet vert constitue par ailleurs la monnaie de réserve privilégiée pour l’ensemble des banques centrales de la planète (61 % au total, l’euro contribuant à hauteur de 22 %) et il sert de facturation pour plus de la moitié du commerce international.  Cette omniprésence de la devise américaine lui confère paradoxalement un rôle de refuge en cas de coup dur, malgré sa faiblesse chronique. « Quand un paquebot fait naufrage, le premier réflexe de ses passagers est de sauter dans la mer, pour ensuite s’accrocher à son épave ! » faisait remarquer le regretté Tommaso Padoa-Schioppa, ancien directeur de la BCE et ministre des Finances italien, justifiant ainsi le regain du dollar au lendemain de la faillite de Lehman Brothers à l’automne 2008. De même, jamais le Trésor américain n’a emprunté aussi bon marché que depuis qu’il a perdu son triple A en ce mois d’août 2011. Les investisseurs internationaux sont tétanisés par la dégradation des comptes publics de l’Amérique, mais ils la considèrent en même temps comme un sanctuaire. « Les États-Unis peuvent payer n’importe quelle dette, car ils peuvent toujours imprimer de la monnaie pour le faire », vient de déclarer, bravache, Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed, la banque de réserve fédérale. »                                                                           

Muriel Motte dans « Les Echos » du 9 mai 2011 :
Article intitulé : Tout, sauf le dollar   


« En toute discrétion, la semaine dernière, les représentants de treize pays d’Asie ont préparé à Hanoi leur putsch monétaire. Comprenez la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les dix membres de l’Asean ont posément discuté des bienfaits d’une monnaie régionale sur la base d’une étude préparée par un institut japonais et deux universités de Singapour et d’Indonésie. Sur un marché des changes toujours ultradominé par le dollar, le grand soir n’est pas pour demain, car les protagonistes ne sont pas fougueux. Mais, pendant que la prudence pousse le Mexique et d’autres à convertir en or une partie de leurs réserves accumulées en devise américaine déclinante, l’Asie tisse une toile où le billet vert n’a plus sa place. A Hanoi il a été question de renforcer le processus d’intégration issu de « l’initiative de Chiang Mai », qui prévoit la mise en commun de réserves monétaires pour affronter les chocs. Le genre d’idée que Washington avait combattu lors de la crise asiatique de 1997-1998. On a aussi parlé d’un fonds régional pour financer les infrastructures et Pékin a annoncé la signature d’un accord de swap avec la Mongolie visant à favoriser leurs échanges commerciaux et financiers. Outre les grands voisins de la Chine, l’Argentine, la Biélorussie et l’Islande font déjà partie de ce club. Enfin, s’inspirant de Moscou et Pékin, qui ont convenu en novembre d’utiliser dorénavant leurs propres monnaies dans leurs échanges bilatéraux, les membres du sommet de Hanoi pourraient bientôt en faire autant »                                                                                  

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 8 mars 2011 :
Article intitulé : Le dollar ne parvient plus à jouer son rôle de valeur refuge 


« L’or a battu hier un nouveau record historique atteignant 144,95 dollars l’once. En revanche, le billet vert, autre valeur refuge classique en période d’instabilité géopolitique, n’arrive plus à jouer ce rôle. Du coup, l’euro reprend du poil de la bête. Patrick Legland, directeur global de la recherche à la Société générale : « On observe sur le marché une inquiétude de plus en plus forte sur la notation AAA de la dette de l’État fédéral américain. La politique budgétaire de l’Administration Obama est perçue comme une fuite en avant. La hausse de l’or exprime notamment la perte de confiance sur le dollar qui tend de moins en moins à jouer son rôle de valeur refuge traditionnelle. » 

Gilles Coville dans « Les Echos » en date du 10 janvier 2011 :
Article intitulé : Le goût et son absence  
« Sans le clamer, les dirigeants d’entreprise prennent goût à une tendance qui voit la monnaie unique perdre de sa superbe vis-à-vis de toutes les devises impliquées dans la mondialisation, à l’exception du bolivar vénézuélien et du peso argentin. Si certains patrons nourrissent quelques craintes quant aux coûts qui en dérivent, la plupart bénéficient de cette érosion, comme exportateurs directs ou producteurs locaux. Pendant des années, les sociétés cotées ont dû corriger leurs comptes consolidés d’un effet devise négatif dû à la vigueur de l’euro. Cette fois, dans un contexte où la croissance des ventes et des bénéfices en monnaies locales est déjà vigoureuse sur beaucoup de marchés, en particulier émergents, l’effet de conversion va jouer dans le bon sens. Et accentuer l’impression que la crise de 2008-2009 est bel et bien finie pour les entreprises, du moins pour celles qui participent au jeu mondial. Oddo calcule ainsi que son échantillon de 92 capitalisations moyennes affichera en 2010 une croissance de 10 % des ventes et de 25 % du résultat opérationnel courant. Mieux, le bureau d’études s’attend à ce que les perspectives 2011 des dirigeants poursuivent sur cette lancée : cette année, les ventes dépasseraient le niveau record de 2008 et le taux moyen de marge celui de 2007. Ne reste qu’à lever la contradiction qui a couru toute l’année 2010 : lorsque les investisseurs se font peur avec l’euro, ils perdent goût à (presque) toute prise de risque. »

Jean-Dominique Giuliani,  président de la fondation Robert-Schuman, dans « La Tribune » en date du 31 décembre 2010 :

Article intitulé : Entendu sur BFM Business« Il faut que s'habituer - c'est la ...

« Il faut que s'habituer - c'est la première fois dans l'histoire - au fait que plusieurs monnaies comptent sur le marché des changes. L'histoire monétaire du monde a toujours été celle d'une monnaie dominante. Le dollar l'a été, et il reste très important, mais je crois qu'il y a désormais d'autres monnaies qui peuvent compter. Peut-être qu'il y en aura une en Asie qui émergera dans la décennie qui vient, c'est probable. Mais, pour l'instant, l'euro est une monnaie qui compte et qui inspire confiance. »


Editorial du « Monde » daté du 18 septembre 2010 en page 1 :
Article intitulé : Le G20 et la grande bataille des taux de change.
« Des millions d’emplois, voire des dizaines de millions, sont en jeu, aux Etats-Unis, en Europe, en Asie. En ces temps de globalisation accrue, quand le commerce extérieur est plus que jamais l’une des sources de la croissance, les taux de change sont un élément-clé des relations entre grande zones économiques. Les taux conditionnent une partie de l’emploi ou une fraction du chômage chez nous. On dira que le problème n’est pas forcément ou uniquement celui du taux de change du yuan, mais plutôt le fait que la Chine gèle une économie de masse d’épargne en dollars avec les revenus de ses exportations. L’avantage comparatif injuste dont Pékin bénéfice avec ce taux de change pérennise un déséquilibre structurel majeur dans l’économie mondiale. D’un côté, une gigantesque machine à exporter (et épargner), de l’autre, les destinataires (l’Europe et les Etats-Unis), gargantuesque machine à consommer et à s’endetter… »

Joseph S.Nye dans « Le Figaro » du 21 juillet 2010 en page 19 :
Article intitulé : Le yuan, le dollar et le dragon.
 « L’Amérique absorbe les importations chinoises, paie la Chine en dollars que la Chine conserve, amassant ainsi des réserves en devises étrangères s’élevant à 2,5 trillions de dollars, dont la plupart sont détenus en bons du Trésor américain. Pour certains observateurs,, cela représente un glissement fondamental dans l’équilibre global, parce que la Chine pourrait mettre les Etats-Unis à genoux en menaçant de vendre ses dollars. Dans ce cas de figure, cette dernière pourrait elle aussi être entraînée dans le mouvement. Non seulement la valeur de ses réserves serait réduite en fonction de la baisse du dollar, mais la Chine compromettrait aussi la volonté des Américains d’importer les produits chinois bon marché. La Chine y perdrait en emplois et en stabilité. L’interdépendance a créé un « équilibre de la terreur financière »»



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