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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
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Christian Gollier, directeur de la Toulouse School of Economics, dans "Le Monde" du 27 janvier 2010 en page 18 :
Article intitulé : Vers l’éclatement de la bulle verte ?
" Pour inciter au développement du rachat d’électricité photovoltaïque les particuliers et les entreprises qui investissent à leur compte dans l’installation de panneaux solaires bénéficient d’une garantie de revente de l’électricité produite à EDF à un prix préférentiel pendant les vingt prochaines années. En 2009, ce prix garanti était de 60 centimes le kilowattheure. L’engouement pour ce système a été très important et les seules nouvelles demandes fin 2009 permettraient de mettre en place une capacité de production de 5,4 gigawatts, l’équivalent de six centrales nucléaires ! Faut-il se réjouir de ce succès ? Rappelons que le coût total (amortissement des investissements, gestion des déchets, démantèlement…) du kwh moyen en Europe est d’environ 6 centimes d’euros, et émet 400 grammes de CO2. Il est donc dix fois moins cher que le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque ! Si on reprend le chiffre de 5,4 gigawatts des seules nouvelles demandes d’installation qui ont émergé fin 2009, on arrive à un surcoût pour EDF de 2,9 milliards d’euros par an ! Ce surcoût se trouve in fine dans la facture d’électricité des ménages. Si on rapporte cette charge collective au bénéfice écologique, ce système représente un coût pour la société de plus de 1 000 euros par tonne de CO2 évitée. En accord avec les conclusions scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), la commission Quinet en 2008, puis la commission Rocard en 2009 ont considéré que la tonne de dioxyde de carbone devait être valorisée à 32 euros. En d’autres termes, on demande aux clients d’EDF de financer une technologie verte dont le bénéfice social est plus de trente fois inférieur à son coût social ! Aujourd’hui, on a l’impression que tout ce qui est « vert » est bon, un peu comme certains pensaient, avant l’éclatement de la bulle internet que tout ce qui était « dotcom » ne pouvait qu’être génial. »