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ECONOMIE FUTURE

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, dans « Le Figaro » du 2 juillet 2010 en page 14 :
Article intitulé : A la recherche de l’épargne mondiale.
« Bien au-delà de la reprise hésitante, de la régulation balbutiante, nous devons désormais réfléchir à ce que sera le nouvel ordre économique mondial. Pour nous remettre sur une trajectoire de croissance, il nous faut capter notre propre épargne et surtout l’optimiser. La guerre de l’épargne sera remportée si l’on réussit à orienter une épargne privée grandissante vers les investissements économiquement et socialement rentables.

Commentaire : Ce sujet est largement abordé lors de mes conférences. La socioéconomie se dessine petit à petit.

Guy Démarest, agrégé de sciences économiques et sociales, dans « Les Echos » du 9 décembre 2009 en page 15 :
«  Aujourd’hui, en France comme aux Etats-Unis ou en Chine, la stagnation du pouvoir d’achat est le nœud de la crise, qui fait s’alimenter en boucle licenciements et chômage.  Pour tout remède, nos dirigeants s’accrochent au vieux schéma industriel libéral qui a nourri la croissance depuis deux siècles : organiser la compression des salaires et miser sur les gains de productivité et la concurrence pour obtenir des baisses de prix et faire croître ainsi le pouvoir d’achat et l’activité. En tentant de ranimer le crédit, bloqué. Mais ce schéma s’épuise quand l’industrie ne représente plus que 15 % des emplois, pour prendre l’exemple français, et le tertiaire  75 % (chiffres Insee). Les gains de productivité dans les services sont-ils alors la solution ? C’est au contraire une impasse, pour deux raisons. Le tertiaire ne prendra pas le relais de la course aux gains de productivité. Il s’agit d’activités à faibles gains de productivité physique (AFGPP) qui emploient déjà plus d’un salarié français sur deux.
Ensuite, parce que, pour parler de croissance, il faut pouvoir augmenter le pouvoir d’achat en continu. Mais les coûts et les prix des AFGPP ne peuvent pas baisser ni aussi vite que ceux des biens industriels, ni, surtout, en continu. Faute de mécanisation rapide ou possible, réduire le coût d’une AFGPP suppose de s’en prendre au travail : moins de personnel, moins payé, effectuent plus d’heures avec des charges physiques et mentales accrues. Transposer aux AFGPP le modèle de la croissance industrielle est une impasse, car cela signifie y réduire les salaires et l’emploi, ce qui réduit aussitôt – et d’autant – le pouvoir d’achat et la croissance. C’est pourquoi la hausse du pouvoir d’achat et la croissance passent désormais par la hausse des salaires et non plus la baisse des prix. Un SMIC-AFGPP peut en être l’outil. Ensuite, renouer avec l’idéal égalitaire et bâtir une vaste classe moyenne, une société de gens « ni riches ni pauvres » qui puissent payer des services chers et de qualité, maximisant ainsi l’emploi avec des revenus décents. L’outil principal en est une redistribution vigoureuse des revenus, ceux du travail et de la finance. »

 



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