Socioecopofi
Humeur

Dernières parutions

Frais variables, réponse à l'Agefi Actif
10 juillet 2009

Emprunt de l'Etat ou Hedge funds
au service de l'Etat

14 juillet 2009  

Qui avait écrit cela dès janvier 2007 ?

Crédit carbone, Financiarisation
Crédit ESG

7 décembre 2009

 

Dernières Nouvelles Formations

Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers

Les vendredis de socioecopofi de 10h à 12h tous
les premiers vendredis de chaque mois et certains samedis sur Annecy et Paris.

N'hésitez pas à nous contacter.
Prenez contact avec nous...

 

ECONOMIE

Richard Hiault dans « Enjeux Les Echos » daté du 6 septembre 2010 en page 40 :
Article intitulé : L’étonnante solidité du système bancaire canadien.
« Il faut remonter à 1996 pour trouver une trace d’une faillite bancaire au Canada. La crise économique et financière n’a eu aucun impact majeur dans l’Etat voisin du Grand nord. Cette solidité est avant tout due à une régulation stricte, avec un acteur majeur, le surintendant des Finance. Celui-ci a le pouvoir d’imposer à un établissement donné un changement de stratégie si l’ensemble du système est menacé. Les banques canadiennes sont soumises à une réglementation plus contraignante que leurs homologues étrangères. Exemples : leur noyau dur de fonds propres doit comporter au moins 75% d’actions ordinaires pour couvrir leurs risques de crédit, un ratio de fonds propres de 10% est requis alors que les règles du Comité de Bâle n’en imposent que 8% ; les banques canadiennes ne doivent pas afficher un effet de levier (total des actifs rapportés aux capitaux propres) de plus de 20. En Europe ou aux Etats-Unis, ce ratio a pu grimper jusqu’à 60. « Le conservatisme des banques les a incités à ne pas aller sur des marchés et des produits qu’elles ne comprenaient pas », témoigne John Manley, ancien ministre canadien des Finances au début des années 2000. »

Michel Cicurel, président du Directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, dans « Les Echos » daté du 3 septembre 2010 en page 27 :
Article intitulé : C’est redoutable pour le financement de notre économie.
« Les marchés retrouveront des couleurs dès que la macroéconomie sera moins anxiogène et que les investisseurs scruteront à nouveau la microéconomie. Or, les analystes prévoient une hausse des profits de l’ordre de 15% en 2011. Le rendement du dividende des entreprises du CAC 40 est autour de 3,5%. Pourquoi prendre le risque bien réel d’investir dans un emprunt d’Etat qui rapporte environ 2% ? »

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » daté du 2 septembre 2010 en page 10 :
Article intitulé : La question à 4 000 milliards.
« Il s’échange chaque jour 4 000 milliards de dollars de devises sur les marchés des changes. C’est trois fois plus qu’il y a une décennie. Dix fois supérieurs à ceux des actions. Et moitié plus que l’ensemble des richesses produites en France en…un an. Comme en Bourse, il y a beaucoup de « flash trading » dans le lot. Les traders profitent d’infimes écarts, en jouant sur le marché au comptant, qui a bondi de moitié en trois ans. Paris pèse peu, avec 3% du négoce de devises et 7% sur les dérivés de taux. Les craquements sont de plus en plus bruyants, comme sur le yen aujourd’hui. Et la liquidité pourrait là aussi s’évanouir. »
Emmanuel Lechypre dans « L’Expansion » daté du 2 septembre 2010 en page 34 :
Article intitulé : Les marchés plus forts que les Etats.
« Sauvés par la puissance publique en 2008, les investisseurs ont fini par imposer le rigueur à des gouvernements surendettés. Activités sur les marchés de produits dérivés au quatrième trimestre 2009, 444 000 milliards de dollars ; Capitalisation boursière mondiale, en juin 2010, 50 000 milliards de dollars. 28 octobre 1966 « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille » s’exclame le général de Gaulle. Un quart de siècle plus tard, le Premier ministre socialiste Edith Cresson n’hésite pas à lancer « La Bourse, j’en ai rien à cirer ! ». Le 15 juillet 2010, François Fillon est contraint d’aller à Tokyo rassurer les investisseurs japonais. En septembre 2007, les Etats commencent par sauver les marchés, Trois ans plus tard, ils sont à leur botte. »

Commentaire : L’histoire a montré que suivre « les bottes » menait, tôt ou tard,  à des catastrophes humaines sans nom. Cette situation complètement aberrante est rendue possible par la médiocrité morale de l’environnement qui ne suit que des instincts grégaires ou des lobbys. Une de leur règle est : tout ce qui gène doit être détruit par tous les moyens. Ceux qui n’avaient rien vu venir de la crise (voire la cautionnaient) doivent être confortés dans leur rôle protecteur des lobbys. Pour les plus résistants à ce fait, ils doivent être détruits tant en réputation qu’en terme financier. « S’en prendre à la réputation et au portefeuille » comme ils disent dans la presse. Cela dit, ils ne prennent aucun risque puisque lorsqu’ils « plantent » le marché, ce sont les Etats qui les relèvent avec l’argent des citoyens. Citoyens à qui ils expliquent qu’il faudra dorénavant se serrer la ceinture et augmenter les impôts…ce qui, faisant baisser la consommation, va engendrer des problèmes de croissance etc… Infantiliser pour mieux spolier voire manipuler. Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Jean-Paul Caudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontations Europe, la revue » numéro d’août/septembre 2010 en page 12 :
Article intitulé : La casus belli des normes comptables.
« Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne à priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période de hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiées par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Ce concept, né de la théorie des marchés efficients, est en place en Europe comme norme internationale. Selon cette thèse, les prix des actifs observés sur les marchés à n’importe quel moment reflètent pleinement l’ensemble des informations disponibles sur ces actifs (et donc, la séquence des flux de trésorerie qu’ils vont générer dans le futur). La crise a permis d’invalider la thèse des marchés financiers efficients. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse. Ignorant ainsi la loi de l’offre et de la demande qui montre qu’un prix n’est pas indépendant des quantités offertes ou demandées, et générant un mouvement auto entretenu (donc procyclique) à la hausse comme à la baisse. Dès lors que les marchés sont imparfaits, il n’y a plus coïncidence absolue entre les fondamentaux de la valeur d’un actif et son prix observé sur le marché. Celui-ci ne reflète plus les flux de trésorerie futurs liés à l’actif, mais les vues existantes des participants sur la valeur qu’ils attribuent aux flux tels qu’ils peuvent les percevoir, sur la base d’informations fragmentaires. Investir dans la phase ascendante du cycle devient un jeu où tout le monde apparemment gagne, mais, ces gains latents sont des « gains sur le papier » et destinés à disparaître si les investisseurs voulaient les réaliser par cession effective des instruments sur le marché. »


Commentaire : Cet article de très grande qualité (d’un auteur incontestable) démontre qu’une cotation d’action qui ne prend pas en compte le volume échangé ne peut être considérée comme une information sérieuse….et pourtant, cette information non sérieuse est bien l’information que l’on donne aux investisseurs tous les jours lorsque l’on parle de cours de bourse.
Pondérer le cours de bourse par le volume échangé tel est l’objectif de www.agencedecotationesg.com.


Yann Le Galès dans « Le Figaro » daté du 31 août 2010 en page 20 :
Article intitulé : Coface prévoit une reprise à plusieurs vitesses.
« L’Allemagne devrait connaître une croissance plus de deux fois supérieure à celle de la France. La sortie de crise se confirme. « La crise du crédit est derrière nous. Nos prévisions pour 2010 tablent sur une croissance mondiale à peu près du même niveau que la croissance moyenne dans les années 2003-2007 », a expliqué hier François David, président de Coface. Selon la filiale de Natixis, la croissance mondiale sera de 3,7% cette année, contre un recul de 1,6% en 2009. Elle était de 3,8% en moyenne entre 2003 et 2007. »

Maurice Levy, président de l’Association française des entreprises privées (Afep), dans  « Le Figaro » daté du 31 août 2010 en page 14 :
Article intitulé : La baisse de la compétitivité française n’est pas irrémédiable.
«DE 1998 à 2008, la France a subi une perte relative de ses exportations de plus de 100 milliards d’euros, soit plus de 5% de PIB, privant ainsi l’Etat et la Sécurité sociale de près de 40 milliards d’euros de recettes additionnelles. Plus grave encore, l’industrie a perdu plus d’un million d’emplois entre 1990 et 2008. Nous souffrons de deux handicaps majeurs : le premier tient au coût du travail, devenu pénalisant, et le second vient des difficultés de financement qui freinent la recherche et les investissements. Le coût horaire de la main-d’œuvre est d’environ 32 euros en France, contre 28 euros en Allemagne et une moyenne de 26 euros en Europe. Les cotisations sociales pèsent pour 32% en France, contre 27% en Allemagne et 26% en moyenne européenne. On pourrait se consoler de ces écarts s’ils bénéficiaient aux salariés. Mais non, les salaires nets français sont inférieurs aux salaires nets allemands ! Un coût horaire plus élevé, un poids plus lourd des charges sociales sur la  masse salariale : l’effet ciseau est redoutable. »

V.L. B dans « Les Echos » daté du 30 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les industriels confirment un début de reprise.
« Après avoir chuté de 21 % en valeur l'an dernier, un niveau supérieur à ce qui avait été enregistré lors de la dernière récession, en 1993 (- 17 %), les industriels anticipent un rebond de 5 % de leurs dépenses cette année, indique l'enquête menée en juillet et publiée vendredi par l'Insee auprès du secteur manufacturier. Ce n'est pas négligeable : en 1994, l'investissement avait encore reculé de 4 %, avant de rebondir, nettement cette fois, l'année suivante.  « Il y a en outre une accélération dans les secteurs qui sont eux-mêmes producteurs de biens d'investissement - équipements électriques, électroniques et informatiques », note aussi Exane BNP Paribas. Ces secteurs prévoient ainsi une croissance de 11 % en valeur cette année, alors qu'ils ne tablaient que sur une croissance de 5 % en avril. Le secteur automobile a également révisé en hausse ses prévisions de dépenses (+ 4 % contre - 1 % en avril), tandis que l'agroalimentaire, qui a moins souffert pendant la crise, ne redémarrerait pas (- 3 % prévus cette année).  « L'industrie n'en est toutefois pas encore à réaliser des investissements d'extension de capacités mais seulement de renouvellement de l'appareil productif », note Exane BNP Paribas. Le taux d'utilisation des capacités reste encore loin de son niveau d'avant-crise et de sa moyenne de longue période. »


Commentaire : Cet article est très intéressant car indépendamment de parler des investissements de renouvellements (souvenez-vous de la formation, investissement de renouvellement = confirmation reprise), il confirme totalement les cycles SOCIOECOPOFI.
93 est dans le cycle 92 -96 ce qu’est 2009 dans le cycle 2008-2012
94 est dans le cycle 92 -96 ce qu’est 2010 dans le cycle 2008-2012


Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » daté du 30 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : L’Allemagne et la Chine, les deux usines du monde concurrentes et complices.
«  La France urbaine est dominée par ses hangars commerciaux criards, construits de façon anarchique à la périphérie, quand l’Allemagne maintient une production manufacturière au centre des bourgs. Dans l’hexagone, les activités commerciales font jeu égal avec l’industrie. La contribution du commerce à la « richesse nationale » s’est élevée à 172,3 milliards d’euros, quand la valeur ajoutée dégagée par les secteurs de l’industrie  manufacturière (hors énergie) atteignait à peine 182,2 milliards d’euros. Les Français gagnent désormais autant d’argent en distribuant des produits qu’en en fabriquant. Une première depuis la révolution industrielle du XIX siècle. En Allemagne, l’industrie pèse deux fois plus lourd et contribue à 22,2% du PIB. Anne Marie Idrac, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, se félicite que les entreprises françaises « exportent un milliard d’euros par jour » mais le « made in Germany » se déverse sur le monde au rythme de 2,5 milliards. Au premier semestre 2010, les exportations de produits allemands en Chine ont bondi de 56%, atteignant 25,2 milliards d’euro (à comparer aux 5,5 milliards d’euros pour le «made in France ». «  La Chine représente en quelque sorte l’établi du monde et les Allemands livrent les outils », selon la formule des chercheurs de l’IFRI. » 


Patrick Artus dans « Alternatives économiques » daté du 30 août 2010 en page 18 :
Article intitulé : La déflation est là.
« L’économie mondiale présente toutes les caractéristiques d’une économie en déflation : excès d’épargne, et donc faiblesse de la demande ; inefficacité des politiques économiques pour faire repartir l’activité ; chômage et sous-utilisation des capacités conduisant à une inflation très faible. De ce fait, les taux d’intérêt réels (une fois l’inflation prise en compte) sont anormalement élevés, ce qui augmente l’endettement et renforce le recul de la demande. Aux Etats-Unis, la productivité par tête du travail a augmenté de 6%  en un an, les salaires réels seulement de 1% ; au niveau mondial, respectivement de 3% et 1,5%. Tant que le partage de la valeur ajoutée ne sera pas moins défavorable à la demande, il est à craindre que l’équilibre déflationniste persiste. »

Jacques Attali dans « La Tribune » daté du 26 août 2010 en page 11 :
Article intitulé : Américains et Chinois veulent régenter le monde.
« AU XXIe siècle, l’innovation fleurira là où se trouve la démocratie. De fait, je pense que le Brésil sera beaucoup plus puissant que la Chine. Les chiffres et les bilans présentés par les banques chinoises sont faux. De plus, la croissance du pays est beaucoup moins élevée qu’on ne le dit. Il ne faut pas craindre le développement de ce pays…à condition d’être capable d’imposer aux Chinois le respect des règles du droit du travail. »

Claire Gatinois dans « Le Monde» daté du 25 août 2010 en page 13 :
Article intitulé : Malgré la crise de la dette, les emprunts d’Etat s’arrachent.
« La reprise de l'économie américaine est-elle en train de caler ? Reflet de cette crainte, ils cherchent à mettre leur argent à l'abri. Ils se ruent ainsi sur l'or, dont le prix dépasse 1 220 dollars l'once, mais aussi, et surtout, sur les titres de dettes souveraines. En particulier sur les emprunts des Etats qui, pensent-ils, ne feront jamais faillite. De façon un peu paradoxale, au moment où les grands pays occidentaux sont plus endettés que jamais, les bons du Trésor américains, mais aussi les titres de dettes française, allemande, japonaise ou britannique, sont plébiscités. Conséquence, sur les marchés, le prix de ces emprunts s'envole, ce qui fait chuter les taux d'intérêt. Les bons du Trésor américain à dix ans, les OAT françaises et les Bunds allemands offrent des rémunérations inférieures à 2,6 %. Du jamais vu depuis la seconde guerre ! Les investisseurs sont prêts à accepter un rendement médiocre pour s'assurer de ne pas voir leur épargne partir en fumée. Pour les Etats concernés, cette angoisse des marchés offre un avantage : elle leur permet de financer leurs déficits à moindre coût. Les marchés sont sélectifs. Les emprunts d'Etats jugés trop fragiles, comme ceux de la Grèce, de l'Espagne ou de l'Irlande, sont, eux, délaissés et leurs taux restent élevés. Les Etats les mieux notés savent aussi qu'au moindre dérapage de leurs déficits publics, les marchés les sanctionneront. Pour Steen Jakobsen, économiste chez Limus Capital Partners, "le marché a changé de prophétie. Il pense maintenant que l'économie américaine est très faible et il a raison". Mais l'offre a beau être surabondante, elle ne suffit pas à satisfaire toute la demande. Car il y a beaucoup, peut-être trop, d'argent à investir. Les politiques monétaires anticrise ont contribué à faire grossir le volume de liquidités en circulation. Les ménages inquiets épargnent davantage. Or, à part les dettes d'Etat, "ils n'ont rien d'autre à acheter", explique un gérant. » 
Commentaire : C’est parce qu’il est urgent que les épargnants comprennent les bases de l’économie et de la finance que le réseau Comprendre & Investir est en création. Il est bon de rappeler aux épargnants qu’ils arrêtent de réagir à l’envers. Refusent-ils d’acheter lorsque c’est les soldes au prétexte que les prix sont trop bas ou que les entreprises risquent de faire faillite ?

Guy Sorman dans « Le Figaro » daté du 23 août 2010 en page 13 :
Article intitulé : Les désillusions de la relance.
« Barack Obama, en campagne électorale, accusa les spéculateurs d’avoir provoqué la crise. Le Message plut et fut repris par tous les gouvernements occidentaux : les banques voilà l’ennemi – ce qui gèlera le crédit et interrompra la création d’activités. Cette première erreur d’interprétation conduit à une seconde fausse manœuvre : puisque les entreprises privées stagnent, ne fallait-il pas que les Etats prennent le relais ? Cette relance par la dépense publique a séduit l’opinion publique et donné aux gouvernements l’illusion d’agir. Ce « volontarisme » devint la pensée unique du G20. Hélas ! L’économie n’obéit pas aux ordres. Aux Etats-Unis, il est avéré que tout emploi public créé a été compensé par la perte d’un emploi privé. Autre exemple classique : les primes à l’achat d’automobiles ont accéléré les achats mais n’en ont pas créé de nouveaux. Jusqu’au moment où les Etats ne peuvent plus doper la demande parce que les caisses sont vides. On suppose que les gouvernants savent cela, alors pourquoi n’en tiennent-ils pas compte ?
La croissance chinoise est due pour l’essentiel à la consommation occidentale : si nous arrêtons de consommer, la Chine ralentit. Sans être tombée en panne (l’économie occidentale), elle ne profite en rien à l’économie mondiale. Et ces pays émergents restent, pour l’essentiel, des ateliers de main-d’œuvre et non des sources d’innovation. Notre prospérité dépendra de la capacité de nos entreprises à s’adapter à la nouvelle donne : elles devront se recentrer sur des activités incorporant plus d’innovation et moins de matières. »


Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » daté du 23 août 2010 en page 19 :
Article intitulé : De 10 à 100 dollars par jour : bienvenue dans la classe moyenne mondiale.
« On scrute avec envie les patrons de la Chine communiste dans les palmarès des milliardaires. Les statistiques « des pauvres », vivant avec moins de 1,25 dollar par jour», attisent notre mauvaise conscience. Ce qui est entre les deux suscite beaucoup moins l’attention. Chercheur au Wolfensohn Center for Development , Hormi Kharas a franchi le pas. Selon lui, «la classe moyenne mondiale regroupe les ménages dont les dépenses quotidiennes par personne sont comprise entre 10 et 100 dollars (américains) ». Près de 30% des Terriens en font partie. Dès 2015, le nombre de consommateurs asiatiques appartenant à la classe moyenne devrait égaler celui des Européens et des Nord-Américains, pour la première fois depuis trois cents ans. L’avenir de l’économie mondiale parait donc assuré. Le marché global des classes moyennes pourrait tripler en nombre et passer de 21 milliards de dollars actuellement à 35 milliards en 2020 et 56 milliards en 2030. Les multinationales et les marques sont sur le pied de guerre. »


Dans « Le Monde » daté du 23 août 2010 en page 1 :
Article intitulé : Gare au décrochage vis-à-vis de l’Allemagne.
« « Magnifique ! ». C’est ainsi que la ministre de l’économie, Christine Lagarde a accueilli, il y a une semaine, les chiffres de la croissance française au deuxième trimestre. Nettement supérieure à celle de l’Italie ou à celle de l’Espagne. Mais quatre fois inférieure à celle de l’Allemagne. Un décrochage de l’économie française vis-à-vis de son principal partenaire commercial aurait des conséquences potentiellement désastreuses. Le risque est clair : voir les investisseurs séparer le bon grain de l’ivraie (entre la dette française périlleuse et la dette allemande maîtrisée. »

Didier Burg dans « Les Echos » daté du 20 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Des retraités néerlandais pénalisés par les difficultés de leurs fonds de pension.
« Pour la première fois dans l’histoire économique des Pays-Bas, des fonds de pension s’apprêtent à amputer la retraite de milliers de pensionnés néerlandais. Cette annonce qui a provoqué une onde de choc dans l’opinion, a été faite par le ministre des Affaires sociales et par la Banque centrale néerlandaise. Une quinzaine de fonds de pension vont rogner de 1% à 14% le montant des prestations mensuelles. Il avait été décidé de repousser cette éventualité en 2012, mais l’embellie n’est pas venue. » »

Commentaire : Ce type de situation montre qu’il est IMPERATIF de garder notre système de répartition. Contrairement à ce qui est claironné tous les jours, ce système est totalement viable. A partir du moment où l’économie ne fabrique plus de paupérisation. Paupérisation qui n’est créée que par nos dogmes et non par la réalité ou la compétitivité etc... Imaginez ce que cela pourrait donner en termes de révolte sociologique si cette situation touchait une grande partie des fonds de pension. Imaginez les effets systémiques SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier. Le problème n’est pas les montants distribués mais leur retour dans le circuit économique et financier. Et si nous réfléchissions en termes de dynamique et non plus uniquement de flux ? En mathématique, il y a les mathématiques additionnelles (pour les éléments de base) et les mathématiques combinatoires (pour la réalité), dans nos raisonnements, nous devons cesser de prendre les flux (mathématique additionnelle) comme la réalité et raisonner en dynamique (mathématique combinatoire) SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière.

Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » daté du 19 août 2010 en page 12 :
Article intitulé : Le retour des méga-OPA se confirme.
« On les attendait au début de l’année, force est de constater qu’il a fallut attendre l’été pour observer le grand retour des méga-OPA. Opérations que les marchés boursiers avaient complètement oubliées depuis le début de la crise des « subprimes » en 2007. Les banques ont connu l’une de leur pire période. Empêchant les entrepreneurs de mener à bien leur projet de consolidation. Les niveaux de valorisation ont fondu en l’espace de trois ans, offrant par la même de très belles opportunités. Nombre de société sont à la tête d’importantes liquidités et peuvent élaborer de savantes stratégies d’expansion. Et l’heure est justement aux politiques de développement pour aborder de nouveaux marchés. »

Commentaire : Le retour des OPA est toujours annonciateur de renouveau. Les entreprises, après s’être restructurées pour faire face à la crise, croient maintenant à la reprise économique. Elles choisissent de transformer leur liquidité en investissements. Certes, les marchés resteront volatils jusqu’en 2012, mais cette volatilité ne sera qu’une volatilité sociologique (effets d’annonces, croyances déçues etc…) et non économique. Et si nous revenions à un cycle d’hystérie à partir de 2012 ?
                                                                  
François D’Orcival dans « Le Figaro magazine » daté du 14 août 2010 en page 12 :
Article intitulé : Croissance, « ceinture attachée ».
« Bonne nouvelle, notre déficit budgétaire commence à se combler ; mauvaise nouvelle, notre déficit commercial continue de se creuser. L’explication de ces résultats, Benoît Potier, président d’Air liquide, l’a fournie au Figaro : « La crise a frappé tellement fort que les entreprises n’ont pas eu le choix. Elles ont dû se reposer des questions fondamentales sur leurs structures, leurs capacités de réaction, leur exposition au marché, leur paramètres de gestion ; » Ce que les entreprises ont su faire, l’Etat le pourra-t-il ? »

Ivan Best dans « La Tribune » daté du 12 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : L’augmentation de la niche fiscale « emploi à domicile » n’a pas incité à l’embauche.
« Manque à gagner pour l’Etat de 75 millions d’euros pour l’Etat. Voir Revue « Economie et Statistique » publiée par l’Insee. »


Marc Landré dans « Le Figaro » daté du 12 août 2010 en page 21 :
Article intitulé : Les entreprises n’ont jamais autant recruté de CDD.
« Huit embauches sur dix se font en contrats courts qui représentent désormais 9% de l’emploi salarié total. »


Jean-Philippe Delsol, avocat et administrateur délégué de l’Iref, dans « Les Echos » daté du 12 août 2010 en page 10 : 


Article intitulé : Niches fiscales : des privilèges onéreux et inutiles.


« Le débat est ouvert, fort utilement, pour savoir comment tailler dans les niches fiscales. S'interroger sur la longueur de la lame du rabot fiscal à appliquer aux niches, c'est déjà considérer qu'elles sont inutiles. En réalité, il faudrait avoir le courage de supprimer toutes les niches, sauf à convenir pour certaines d'entre elles qu'elles ne sont pas des niches mais des règles de justice fiscale.
Une niche est toujours une exception constituée au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres. Ce que certains économisent, les autres le payent. Le coût de ces niches en 2010 représente près de 75 milliards d'euros qu'il faut compenser par d'autres impôts pesant sur l'ensemble des contribuables. Les quelque 500 niches qui ont fleuri en France sont parfois le fruit de l'histoire mais plus souvent celui des lobbys qui ont livré bataille pour obtenir une loi privée pour eux, une privata lex, un privilège au sens strict du terme. Les gouvernements successifs utilisent également les niches fiscales comme des instruments de leur politique, pour aider la recherche ou la construction de logements ou encore pour lutter contre la fraude et favoriser l'emploi familial ou la France d'outre-mer… Mais ces niches atteignent-elles leur but ? Les mesures de faveur consenties pour aider l'outre-mer se sont fréquemment traduites par des investissements douteux vendus à prix excessifs à des contribuables naïfs et vite surendettés pour profiter de ces avantages fiscaux éphémères et illusoires. Les appartements Besson, Borloo, Scellier et Robien ont permis de donner le nom d'un ministre à une loi et, pour le bonheur des promoteurs, d'augmenter le prix des petits logements vendus par ces derniers à des acquéreurs peu regardants sur la rentabilité d'un achat défiscalisé. Certes, il existe des exonérations fiscales qui ont toute leur logique et leur raison d'être et qui dès lors sont à tort classées parmi les niches. Déduire les frais d'employés de maison et gardes d'enfants, souvent engagés pour permettre à la mère de famille d'aller travailler, de son revenu relève d'un principe fiscal général qui veut que soient imputés sur le revenu imposable les frais engagés pour sa conservation et/ou son obtention. Au moment où un autre débat est celui de la rigueur, il serait utile d'aller au bout de la démarche entreprise qui permettrait de supprimer toutes les niches et en contrepartie de ne faire aucune augmentation d'impôt, voire de procéder à des réductions d'impôt pour tous et pas seulement pour quelques-uns, dans le respect des promesses présidentielles. La simplicité fiscale y trouverait son compte au profit des contribuables et de l'économie. » 


AFP dans Boursorama daté du 12 août 2010 :

Article intitulé : Le chômage record des jeunes risque de créer une "génération perdue"

« Le chômage des jeunes, qui a atteint l'année dernière un niveau record, avec 81 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans sans emploi, risque de créer une "génération perdue", a averti jeudi le Bureau international du travail (BIT).  «  Le taux de chômage des jeunes dans le monde a atteint le plus haut niveau jamais enregistré et devrait encore augmenter en 2010", a précisé le BIT dans un rapport sur l'emploi des jeunes. Ce taux est passé de 11,9% en 2007 à 13% l'année dernière. Il devrait progresser légèrement à 13,1% en 2010 avant de retomber à 12,7% l'année suivante, selon les projections de l'organisation. "Les jeunes gens sont le moteur du développement économique", a estimé le directeur général du BIT Juan Somavia, ajoutant que "renoncer à ce potentiel est un gâchis économique qui peut saper la stabilité de la société". Le chômage des jeunes, qui a augmenté de 7,8 millions de personnes depuis 2007, risque de produire une "+génération perdue+ de jeunes gens qui sont sortis du marché de l'emploi et qui ont perdu tout espoir d'obtenir un travail qui leur assure une vie décente", a prévenu le BIT. Ces jeunes "font toutes les démarches mais les portes se ferment devant eux", a ajouté Sarah Elder, co-auteur de l'étude et économiste au BIT. Dans les pays émergents, qui totalisent 90% de la population de jeunes, ces derniers sont particulièrement affectés par cette situation qui se traduit souvent par une réduction des horaires de travail et des salaires pour ceux qui ont encore un emploi. En 2008, quelque 152 millions de jeunes, soit 28% de la population active de cette catégorie d'âge, ne sont pas parvenus à sortir de la pauvreté malgré leur travail et ont gagné moins de 1,25 dollar (moins de 1 euro) par jour, a souligné l'organisation. Environ 45% de cette hausse du chômage touche la population de pays industrialisés, principalement en Europe centrale, de l'est et du sud (Estonie, Lettonie, Lituanie, Espagne). Aux Etats-Unis, le chômage des jeunes a augmenté de 8 points de pourcentage à 18%. Pour lutter contre cette situation, le BIT a appelé les gouvernements à maintenir leurs programmes de soutien pour l'emploi des jeunes, malgré les coupes budgétaires annoncées ces derniers mois. »

L’éditorial dans « Le Monde » daté du 11 août 2010 en page 1 :
Article intitulé : Bonne nouvelle : le ouvriers d’Asie se révoltent.
« En matière sociale aussi, c’est en Asie que le monde se transforme à toute allure. Les pays asiatiques connaissent aujourd’hui des conflits sociaux de grande ampleur, alors qu’en Occident les salariés restent – pour l’instant – tétanisés par la crise, le chômage sur les salaires et les plans de rigueur budgétaire. Ces mouvements sociaux marquent la fin d’une grande illusion, largement répandue chez les économistes et les chefs d’entreprise occidentaux. A leurs yeux, l’Asie constituait un réservoir de main-d’œuvre docile, quasi inépuisable et exploitable à l’infini. De façon plus égoïste, la hausse des salaires en Asie est une aubaine pour les économies occidentales. Certes, les consommateurs devront payer un peu plus cher leurs vêtements. Mais les délocalisations dans les pays asiatiques vont devenir de moins en moins attractives au fur et mesure que le coût du travail y progressera. En outre, tous ces salariés mieux payés constitueront peu à peu de nouveaux clients à qui vendre des sacs à main et des automobiles, ou de nouveau touristes à accueillir. En se battant pour leurs salaires, les ouvriers chinois ou bangladais défendent aussi nos emplois. »

Nicolas Baverez, historien et économiste, dans «  Le Monde » daté du 10 août 2010 en page 13 :
Article intitulé : Innovons dans le domaine social pour réinventer l’Etat-providence.
 « Fin de la croissance à crédit et du modèle social de l’Etat-providence. Né en Europe après la seconde guerre mondiale, il répondait à deux objectifs : offrir à la population une garantie contre les risques sociaux, notamment le chômage et la misère de masse qui dominèrent les années 30 ; réduire les inégalités par un système de transferts financiers. Force est de constater que le surendettement des Etats européens est largement lié à la dérive des Etats-providences, qui a été accélérée par la grande récession de 2008. Crise financière, découlant de l’accumulation de déficits et de dettes sociales, mais surtout de la distribution de nombreux droits non financés : ainsi les engagements de retraite atteignent 440% du PIB dans l’Union, 550% en France, 875% en Grèce. Crise économique avec le blocage de la croissance tirée par une consommation alimentée par les transferts sociaux, qui va de pair avec l’euthanasie de l’investissement, de l’innovation et de l’emploi.  Crise sociale avec l’incapacité à faire face aux nouveaux fléaux : exclusion, ghettoïsation,  déscolarisation, vieillissement et dépendance. Crise morale avec l’implosion de la nation et la dissolution d’une citoyenneté aux acquis sociaux. Le pacte social de l’après-seconde guerre mondiale est mort. Il doit être réinventé car il demeure vital pour la démocratie, tant la liberté est indissociable de la sécurité. »

Ian Campbell dans « Le Monde » daté du 10 août 2010 en page 11 :

Article intitulé : Monsieur Trichet doit bien profiter de ses vacances à Saint-Malo.

« Reprise mondiale. La BCE a virtuellement cessé d’acheter des obligations d’Etat. Peu d’établissement financier ont fait appel à ses offres de refinancement. Oui, la zone euro prend bien sa part de la reprise mondiale.  »

Nicolas Baverez, économiste et historien, dans « Le Monde » daté du 10 août 2010 en page 13 :

Article intitulé : Innovons dans le domaine social pour réinventer l’Etat-providence.

« Force est de constater que le surendettement des Etats européens est largement lié à la dérive des Etats-providence, qui a été accélérée mais non pas provoquée par la grande récession de 2008. Crise financière, découlant de l’accumulation des déficits et des dettes sociales, mais surtout de la distribution de nombreux droits non financés : ainsi les engagements de retraites atteignent 440% du PIB dans l’Union, 550% en France »

Jacques-Olivier Martin dans « Le Figaro » daté du 7 août 2010 en page 22 :
Article intitulé : Hausse des profits et sortie de crise pour les entreprises du CAC 40.
« Près d’un tiers des demandeurs d’emploi de plus de 58 ans inscrits à Pôle emploi touchent moins de 450 euros par mois. La tendance est d’autant plus inquiétante que le recul de l’âge légal de départ à 62 ans prévu dans la réforme des retraites risque de gonfler les rangs des chômeurs âgés à faibles ressources. »

A.L dans « La Tribune » daté du 6 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Vers une paupérisation des chômeurs âgés.
« Près d’un tiers des demandeurs d’emploi de plus de 58 ans inscrits à Pôle emploi touchent moins de 450 euros par mois. La tendance est d’autant plus inquiétante que le recul de l’âge légal de départ à 62 ans prévu dans la réforme des retraites risque de gonfler les rangs des chômeurs âgés à faibles ressources. »

Isabelle Couet dans « Les Echos » daté du 5 août 2010 en page 20 :
Article intitulé : Les levées de dettes spéculatives vont battre des records en 2010.
« Les émissions d'obligations « pourries » ont atteint des niveaux historiques en juillet et devraient battre leur record annuel, soutenues par une forte demande. Sur le marché secondaire, des signes de formation d'une bulle apparaissent. L'année 2010 s'annonce historique pour les levées de dettes spéculatives (dite « high yield »). A fin juillet, les émissions de ces titres mal notés par les agences de notation ont totalisé 145,7 milliards d'euros dans le monde, dont 18,4 milliards pour les opérations libellées en euros, d'après Dealogic. Ces niveaux n'ont été dépassés qu'une seule fois dans l'histoire : en 2007. «  L'afflux d'émissions est essentiellement lié à des refinancements ; les émetteurs profitent de l'ouverture du marché pour allonger la maturité de leur dette », explique Andrew Jessop, gérant chez Pimco. Ce phénomène risque de s'accentuer, compte tenu des remboursements très importants attendus dans les prochaines années, avec un pic prévu en 2014. L'augmentation des volumes est pour l'instant rendue possible du fait d'une demande qui excède l'offre. «  La recherche de rendement explique en grande partie le fait que l'activité primaire soit plus intense pour les sociétés moins bien notées : les investisseurs sont obligés de descendre dans l'échelle de notation », fait valoir l'équipe de Société Générale. La situation pourrait perdurer si les signes de faiblesse de l'économie américaine se confirmaient, repoussant l'échéance d'un relèvement des taux directeurs et donc des rendements des actifs les plus sûrs. La confiance du marché fait d'ailleurs craindre qu'une bulle soit en train de se former.»


Jean-Philippe Lacour dans « Les Echos » daté du 5 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Natixis défend une hausse des salaires dans les pays de l’OCDE.
« Dans une étude publiée récemment, le directeur de la recherche économique de Natixis, Patrick Artus, défendait un accroissement des salaires dans la totalité des pays de l'OCDE plutôt qu'une augmentation des dettes publiques. Estimant qu'une déformation du partage des revenus au détriment des salariés est déjà apparue ou va rapidement apparaître. Compte tenu du besoin de financement des entreprises réduit, les profits seront utilisés pour augmenter les réserves et les dividendes, selon lui. Or la faiblesse des salaires renforce celle de la demande interne. Cet affaiblissement de la demande des ménages, qui résulte, d'abord de l'arrêt de leur endettement puis, maintenant de la déformation du partage salaire-profit, est une des causes essentielles des déficits publics. »


Richard Hiault, interview de Christian de Boissieu, président du Conseil d’analyse économique, dans « Les Echos » daté du 5 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Il est urgent de se consacrer aux créations d’emplois en Europe.
« Compte tenu des énormes efforts de compétitivité réalisés par l'Allemagne ces dernières années, il est compréhensible que les salariés revendiquent une partie des fruits de leurs sacrifices. Cela permettrait sans doute de revitaliser la consommation interne outre-Rhin, ce que certains leaders politiques européens et américains appellent de leur voeu. Cela dit, il me semble qu'au regard du niveau élevé du chômage, tant en Allemagne que dans la plupart des pays européens, et sans pour autant négliger la question particulière des bas salaires, il est plus urgent de se consacrer aux créations d'emplois. Une trop forte revalorisation des salaires pourrait freiner les capacités d'embauche des entreprises. En Chine, mais aussi dans plusieurs pays émergents, une tendance à la revalorisation des salaires émerge. Cela n'ouvre-t-il pas une porte pour les entreprises européennes pour faire de même ? Il ne faut surtout pas relâcher les efforts de compétitivité. Il en va de la survie des économies européennes à long terme. C'est pourquoi il me semble important que les profits réalisés par les entreprises du Vieux Continent soient consacrés, en priorité, à l'innovation et à la recherche et développement. »

CY. L dans « Le Figaro » daté du 4 août 2010 en page 20 :
Article intitulé : L’épargne des Français retrouve des niveaux records.
« En 2009, le taux d’épargne des Français a bondi de 16,2%, retrouvant le seuil du début des années 1980. »

Manoj Pradhan, un des responsable de l’équipe de Global Economics de Morgan Stanley, dans « Les Echos » daté du 4 août 2010 en page 8 :
Article intitulé : Il n’y aura pas de deuxième récession.
« Quant aux économies émergentes, le moins que l’on puisse dire est qu’elles n’ont pas du tout ces interrogations (récession à double creux) : les banques centrales d’Inde, de Corée, de Malaisie, de Thaïlande, du Brésil, du Pérou ont ainsi toutes décidé ces dernières semaines de relever leurs taux directeurs, et la banque centrale de Chine a annoncé voici moins d’un mois la désindexation du yuan sur le dollar américain. A en juger par les apparences, les décideurs, du moins ceux des marchés émergents, semblent bien plus croire que les marchés à la pérennité de la reprise mondiale. »

David Barroux dans « Les Echos » daté du 2 août 2010 en page 10 :
Article intitulé : Reprise, acte I
« La publication en rafale des résultats des entreprises du CAC 40 a ainsi été bien plus l'occasion de bonnes que de mauvaises surprises. On craignait que nos sociétés soient encore engluées dans la récession, on découvre que les chiffres d'affaires progressent plus rapidement que prévu et que les bénéfices bondissent dans des proportions surprenantes. Certes, cette amélioration des performances tient d'abord de l'effet d'optique. Les résultats avaient tellement plongé entre 2008 et 2009 qu'une simple amélioration en 2010 peut donner lieu en pourcentage à un impressionnant rebond. Ainsi, même si elles vont nettement mieux, rares sont encore les entreprises à avoir renoué avec des marges ou des volumes d'affaires équivalant à ceux d'avant l'été 2008. Mais l'amélioration n'en reste pas moins réelle car, au-delà de cet effet de base, l'industrie comme les services, qui ont considérablement réduit leurs coûts pendant la crise, bénéficient d'un redémarrage global qui dope les recettes sans guère peser sur des frais de fonctionnement encore largement sous contrôle. »
Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et professeur à l’université de Columbia, dans « Les Echos » daté du 2 août 2010 en page 10 :
Article intitulé : L’austérité est une menace pour la reprise économique.
« Le secteur financier et l'idéologie de l'économie de marché avaient conduit le monde au bord du gouffre. En réalité, l'« innovation » financière a été conçue pour contourner les normes comptables et échapper aux impôts nécessaires pour financer les investissements publics en matière d'infrastructure et de technologie (comme Internet) qui sous-tendent la croissance réelle et non la croissance fantôme promue par le secteur financier. Un ménage dont la dette est supérieure à sa capacité de remboursement doit réduire ses dépenses. Mais lorsqu'un Etat fait de même, la production et les revenus diminuent, le chômage augmente et sa capacité de remboursement peut diminuer. Les marchés financiers sont parvenus à instituer un système qui les conforte dans leur fonctionnement : avec un marché des capitaux entièrement libre, un petit pays peut être inondé sous un flux de capitaux pour devoir immédiatement après faire face à des taux d'intérêt élevés ou bien à une fermeture du robinet financier. Dans cette situation, les petits pays n'ont pas le choix, ils doivent se soumettre au diktat du marché. Le lendemain de l'annonce par l'Espagne de son programme d'austérité, ses obligations chutaient. Le problème n'était pas dû à un manque de confiance dans les promesses du gouvernement, mais à la certitude qu'il allait s'y tenir et que ça allait réduire la croissance et augmenter le chômage. Autrement dit, après avoir entraîné le monde au bord de l'effondrement économique, le marché financier dit maintenant à des pays comme la Grèce et l'Espagne : malheur à vous si vous diminuez les dépenses, et malheur à vous si vous ne les diminuez pas ! »

Elisa Perrigueur, propos de Jacques Bichot, professeur à l’université de Lyon III, dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 7 :
Article intitulé : Une réforme de justice serait plus efficace que des mesures policières.
« Vous êtes l'auteur d'une étude sur le coût de la criminalité et de la délinquance en France, que vous évaluez, pour la période juillet 2008-juin 2009, à 115 milliards d'euros, soit 5,6% du PIB. Ce chiffre est-il en augmentation ? Oui, il croît depuis douze ans, mais cela ne signifie pas pour autant que la délinquance augmente. Ce chiffre est en effet gonflé par des nouveaux coûts comme celui par exemple des investissements élevés dans les assurances, les dispositifs de sécurité... Paradoxalement, on constate que le coût de la délinquance en banlieue n'est pas le poste le plus élevé. La délinquance en cols blancs, qui intègre les faux, les délits financiers ou encore les fraudes aux prestations sociales a un coût bien supérieur, de l'ordre de 20 milliards d'euros par an. On constate une recrudescence des émeutes. Pour autant, les tensions y sont cycliques et n'augmentent pas : elles n'ont rien à voir avec les émeutes qu'on a connues par exemple en France dans les années 1950. Il y a surtout un effet de médiatisation. »

Rémy Prud’homme, économiste,  dans « Les Echos » daté du 30 juillet 2010 en page 10 :
Article intitulé : Transports : pitié pour les finances publiques !
« La politique des transports repose tout entière sur l'impératif catégorique du report modal : moins de voitures et de camions, plus de trams et de trains. Cette politique a été conçue sans référence aux finances publiques. Notre politique des transports a en effet un coût pour nos finances publiques. Deux chiffres le résument. D'un côté, le transport routier représente pour les budgets publics un gain net d'environ 20 milliards d'euros chaque année (les taxes spécifiques s'élèvent à 36 milliards, les dépenses publiques pour les routes à 16 milliards). D'un autre côté, le transport ferroviaire et le transport public urbain ont pour les finances publiques un coût net d'environ 17 milliards (les transports publics locaux sont subventionnés à hauteur de 70 % et le train l'est à hauteur d'environ 50 % - les seuls salaires de la SNCF sont du même ordre de grandeur que les paiements des usagers). Bien sûr, cet argent public n'est pas complètement perdu. Il permettra aux riches, qui sont les principaux utilisateurs des TGV, de se déplacer plus rapidement et plus confortablement. Il économisera aussi quelques centaines de milliers de tonnes de CO2 par an - moins que ce que la Chine crache par heure (1 million de tonnes). Certes, il n'y a pas que les budgets publics dans la vie d'un pays. Mais il y a aussi les budgets publics et le malheur des temps veut que les prêteurs rechignent de plus en plus à les financer. La politique des transports de la France peut-elle être laissée aux seuls bien-pensants du politiquement correct ? »

Pascal de Lima, économiste et maître de conférences à Sciences po, dans « Les Echos » daté du 27 juillet 2010 en page 8 :

Article intitulé : Les mythes de l’austérité fiscale.
« Fer de lance du combat pour l'austérité, les déficits publics sont souvent considérés comme quelque chose de négatif. Ces termes sophistiqués signifient… dépenser moins et prélever plus d'impôts. Il aurait eu une unanimité parfaite aussi pour dire combien il faudrait augmenter les fonds propres des banques… nonobstant les origines de la crise financière, qui, faut-il le rappeler, ne se trouvent pas dans la liquidité des banques, mais dans les marchés financiers secondaires de la renégociation permanente et sans limite. Le problème est que, généralement, les partisans traditionnels de la baisse des dépenses devraient prôner une baisse des impôts, puisque leur argument clef est l'incitation fiscale. La préoccupation collective et presque obsessionnelle aujourd'hui est celle de l'endettement des Etats, et des citoyens d'ailleurs, alors que l'endettement n'est que la conséquence. Car le problème réside dans le rapport entre, d'un côté, les taux d'intérêt nominaux, qui peuvent alourdir le poids de l'endettement mais dont la charge peut diminuer s'il existe un peu d'inflation, et, d'un autre côté, le taux de croissance économique. Les partisans de l'austérité fiscale font de la rigueur le maître mot de la résolution de tous les maux dont souffrent les pays développés et sous-estiment ce faisant la question des réformes structurelles et des politiques de relance par l'offre. Prenons garde à ne pas étouffer une économie qui peine à se relever, mais, au contraire, laissons-la respirer en lui apportant un peu d'oxygène. »

André Merlin, vice-président de l’institut Presage, dans « Les Echos » du 29 juillet 2010 en page 8 :
Article intitulé : Réhabiliter la productivité.
« Alfred Sauvy prenait soin de présenter la productivité sous ses deux aspects : l'aspect « récessif » (produire autant à moindre coût) et l'aspect « progressif » (produire plus à coût inchangé). Mais c'est parce qu'on ne s'intéresse qu'au dénominateur du ratio de productivité, et plus précisément au facteur travail ; en réalité, pour juger de la productivité, il faut regarder l'ensemble des facteurs de production et l'ensemble des produits. Philippe Lemoine, spécialiste de la grande distribution, explique à l'envi que pour un même chiffre d'affaires de 65.000 euros, un superstore Wall-Mart emploie 450 personnes contre 280 dans un hypermarché en France, mais que les stocks tournent 25 fois dans l'année aux Etats-Unis contre 10,5 fois en France : comme quoi il convient de raisonner sur la productivité globale des facteurs ! Comment faire comprendre que, face aux chemises, aux Tee-shirts et aux gadgets électroniques fabriqués en Chine, l'Europe ne s'en sortira que par la créativité, la mise sur le marché de l'inédit. C'est encore de la productivité : du temps gagné et des ressources dégagées pour la création de cette offre nouvelle. On le sait, et l'on souligne les mérites de la destruction créatrice vantée depuis Saint-Jean (« Si le grain ne meurt »…) et plus encore depuis Schumpeter, mais on fait tout pour la freiner.  La raison ? Il nous faut, dit-on, accorder la priorité au rééquilibrage de nos finances. Soit. Mais les pays qui ont réussi sont ceux qui ont su conjuguer les deux approches (Suède en tête). Parce que, tout simplement, le triptyque productivité/innovation/croissance est le grand géniteur des recettes fiscales indispensables. On invoque souvent l'étroitesse des ressources financières, alors que nous sommes dans un pays où l'épargne liquide est extraordinairement développée ! »

Danièle Guinot dans « Le Figaro » du 29 juillet 2010 en page 25 :
Article intitulé : La France compte 60 millions de livrets A.
« Dix millions de livrets ont été ouverts depuis la généralisation de sa distribution, le 1er janvier 2009. Les encours des livrets A et bleus s’élevaient à 183,4 milliards d’euros, en hausse de 11%. »

Sophie Gherardi dans « La Tribune » du 26 juillet 2010 en page 10 :

Article intitulé : Malentendus transatlantiques.

 « En Europe, 70% des fonds qui irriguent l’appareil productif proviennent des banques. En Amérique, la proportion est inverse 80% des financements des entreprises sont apportés par le marché. Voilà pourquoi les Etats-Unis peuvent enregistrer sans broncher plus de 100 faillites de banques depuis le début de cette année. »

 

Eric Pictet, président du Mouvement pour l’instauration de l’égalité face au patrimoine (MIDEP), dans « Les Echos » du 21 juillet 2010 en page 10 :
Article intitulé : Une plus juste répartition du capital.
 « Et si la cause véritable, profonde, de la banqueroute qui menace les pays occidentaux n'était ni la mondialisation, ni la crise financière de 2008, ni l'évolution démographique, mais, tout simplement… leur modèle social ?
Lorsque les socialistes suédois arrivent au pouvoir en 1932, ils décident de prendre leurs distances avec le marxisme et de s'accommoder du capitalisme et de l'économie de marché, mais en essayant de corriger les inégalités qui en découlent par une audacieuse redistribution des revenus. Et ce nouveau modèle allait très vite faire merveille. En dépit de la hausse permanente des dépenses sociales, financée dans un premier temps par une forte augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux, et dans un deuxième temps par un recours massif à l'emprunt, force est de constater que, vingt ans après la chute du communisme, le modèle social-démocrate s'achemine lui aussi vers un constat d'échec : non seulement il mène les Etats à la banqueroute mais, face à la mondialisation, il n'a réussi à éviter ni le creusement des inégalités ni l'extension de la pauvreté et de la précarité dont les jeunes sont les principales victimes. Mais existe-t-il d'autres modèles sociaux ?
Dans le cadre de l'économie de marché, nous n'en voyons qu'un. Il consiste à corriger les inégalités inhérentes au fonctionnement du capitalisme non plus par la redistribution des revenus mais par une plus juste répartition du capital. Le moyen d'y parvenir : allouer un capital aux jeunes lorsqu'ils démarrent dans la vie, sous la forme d'une avance sur héritage (de 50.000 à 70.000 euros) que chacun rembourserait lorsqu'il hériterait ou recevrait une donation, ce qui signifie que, grâce aux remboursements, le système s'autofinancerait au fil des années. Une telle mesure réduirait les inégalités de fortune et éradiquerait la catégorie des « déshérités », réduirait l'écart qui se creuse chaque jour davantage entre les générations du fait du vieillissement de la population (on hérite aujourd'hui à l'âge de la retraite) ; en opérant un transfert massif et récurrent de capital (et donc de revenus) en faveur des jeunes ménages, elle entraînerait une relance immédiate de la croissance ; elle permettrait enfin de redéfinir le rôle social de l'Etat, ce qui se traduirait par la suppression des aides publiques.
En conclusion, l'instauration d'un capital de départ pour les jeunes permettrait d'atteindre deux objectifs majeurs : réduire les inégalités et la fracture sociale, c'est-à-dire réussir là où la redistribution des revenus a échoué ; rétablir l'équilibre des finances publiques grâce à la reprise de la croissance et au démantèlement partiel de l'Etat providence.
Quant au financement d'une telle mesure qui, au départ, coûterait 30 milliards par an, il serait assuré à terme par le flux croissant des remboursements. Dans l'intervalle, et pour la France, le besoin de financement pourrait être couvert par un impôt provisoire et dégressif de pourcentage modeste (0,2 à 0,3 %) sur l'ensemble du patrimoine des ménages (10.000 milliards d'euros), qui remplacerait l'ISF. »

Commentaire : Cette idée, qui est excellente, doit être encadrée afin de se prémunir de l’inflation des prix des biens et services bénéficiaires de la demande.

Article complémentaire à cette idée : Joseph Leddet, administrateur de l’Insee, économiste et consultant, dans « La Tribune » du 8 juin 2010 en page 12 :
Article intitulé : Plaidoyer pour un keynésianisme radical.

Gaël Giraud, jésuite, chercheur en économie au CNRS, dans « Le Figaro » du 13 juillet 2010 en page 21 :


Article intitulé : Quelle politique industrielle européenne ?
« Lutter contre la désindustrialisation devrait être l’objectif prioritaire d’une politique européenne. Le France, dont l’industrie ne représente plus que 12,4% de la valeur ajoutée nationale, derrière le Royaume-Uni (16,2%), l’Italie (18,8%) ou l’Espagne (15,1%), aurait tout intérêt à jouer un rôle moteur dans ce sens. Quant au leitmotiv de la compétitivité et de l’attractivité territoriale, il n’aura bientôt pour nous qu’un sens très limité, dans un capitalisme en voie de « régionalisation » pour cause de transports trop chers et où la Chine commence déjà à substituer ses produits domestiques aux exportations européennes. Il s’agit d’imposer  des barrières tarifaires aux frontières de l’Union Européenne à l’égard des biens dont la production ou l’usage sont trop gourmands en hydrocarbure ou trop « sale » - ce qui était l’intention initiale d’une taxe carbone européenne. Le rapport de Nicolas Stern recommande de consacrer 1% du PIB aux économies d’énergies – soit 19 milliards chez nous. Défi d’autant plus énorme qu’il doit se conjuguer avec une revalorisation de la demande intérieure des ménages européens. Car l’asthénie salariale ne permettra pas de rendre rentable, à l’échelle européenne, l’effort d’investissement pharaonique (public et privé) que requiert un tel programme. Il faut donc soutenir les salaires européens dans les activités et pour les consommations moins polluantes et moins énergivores. Les salaires réels franco-allemands sont inférieurs à la  productivité des salariés. Ce retard explique l’insuffisance chronique de la demande des ménages de l’OCDE depuis une vingtaine d’années. »

Michel Rocard dans « Le Figaro » du 10 juillet 2010 en page 16 :


Article intitulé : Michet Rocard : « Le capitalisme est d’une immense efficacité et d’une abominable cruauté ».
« Vers 1820-1850, avec la révolution industrielle, les gens travaillaient 4000 heures par an, soit dix-sept heures par jour, samedis compris, sans congés payés ni retraite. Le capitalisme est né dans la violence sociale: grèves, émeutes, répression. L'enjeu de la bagarre, c'était la baisse de la durée quotidienne des heures de travail. Les populations des pays développés - États-Unis, Europe, Japon - ont adopté le capitalisme, autant de gré que de force, en espérant que son efficacité permettrait de réduire sa cruauté. De fait, la durée du travail annuelle est passée de 4000 heures en 1850 à 3000 en 1900, 2000 en 1935 pour tomber à moins de 1550 maintenant. Et tout cela, sans que l'État s'en mêle, sauf en France où il a fallu en passer par trois lois maladroites et trop brutales. Sur les premiers 150 ans, le capitalisme a connu des crises, d'inégale puissance, tous les dix ans. Elles marquent alors des ruptures vis-à-vis du plein-emploi qu'offre en temps normal le capitalisme. En 1929, le chômage en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Allemagne passe à près de 40% en six mois, tandis que la richesse produite baisse d'un tiers, et cela sans aides sociales. Les dégâts sont socialement énormes et entraînent un cataclysme politique, l'élection de Hitler en 1933. De fait, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, un accord au sein des pays développés va se faire sur trois régulateurs de principe. Le premier s'appelle la Sécurité sociale, c'est-à-dire l'assurance-maladie, l'assurance-chômage, les allocations familiales ou les retraites, et a favorisé le capitalisme en limitant la cruauté du système, mais aussi assuré des revenus déconnectés des aléas économiques. Dans les années 1950, la Sécu redistribuait le tiers de la totalité des revenus de tous les Français. Le second régulateur, issu des idées de Keynes, permet de limiter les mouvements cycliques et donc les crises grâce au budget et la politique monétaire. À partir de 1945, le keynésianisme inspire tous les pays développés et donne naissance aux Trente Glorieuses. Le troisième régulateur, le plus puissant, c'est le pouvoir d'achat. Henry Ford l'avait bien compris lorsqu'il disait: «Je paye mes salariés pour qu'ils m'achètent mes voitures.» Grâce à ces trois régulateurs, le revenu par habitant dans les pays développés va tripler en quinze ans. Les Trente Glorieuses ont offert aux pays développés le plein-emploi, une croissance rapide et régulière avec un début de resserrement de l'éventail des rémunérations et jamais de crise financière. Voilà de quoi nous sortons. Pourquoi cela craque-t-il au début des années 1970 ? Parce que l'on a cassé les régulateurs. Notamment le système international de change fixe qui donnait, via les accords de Bretton Woods signés en 1944, de la prévisibilité aux agents économiques, en organisant le système monétaire mondial autour du dollar avec un rattachement nominal à l'or. Toutefois, avec une monnaie qui domine le monde, les États-Unis vont vite entrer dans la spirale des déficits budgétaires. La guerre du Vietnam, très coûteuse, n'a pas arrangé les choses. Ces déficits entament le crédit des Américains sur les marchés financiers. Sous l'influence de Dick Cheney, dont le caractère maléfique se manifeste très jeune, le président Nixon décide de suspendre en 1971 la convertibilité du dollar en or. Le monde est envoyé à la pagaille internationale sous le beau nom de changes flottants, et donc des prix aussi. Face à la volatilité des changes et des prix des matières premières - pétrole, blé, riz… -, le monde du commerce cherche à se mettre à l'abri de ces risques. La science financière va ainsi inventer les produits dérivés: on s'engage à livrer des produits à des prix fixés à l'avance. Mais le marché, c'est le goût du gain par définition, mais aussi du lucre. Les marchés font une trouvaille géniale, le contrat annexe (qui fixe les prix et la date de règlement) va être déconnecté du contrat principal (qui traite de la nature du produit et de son volume). Il se crée ainsi des produits dérivés déconnectés de l'économie réelle et qui n'ont plus de limites physiques. C'est la porte ouverte à la spéculation. En effet. En 1970, pour un dollar qui circulait dans le monde pour des raisons commerciales circulait un autre dollar pour des raisons financières (prêts, emprunts, remboursements, achats d'actions). En 2006, le rapport était de 1 à 120, avec un volume quotidien supérieur à 20.000 milliards de dollars. Cette technique de produits dérivés repose sur le pari d'une croissance régulière des prix. D'où des bulles gigantesques.  Toutes les banques américaines passent au rouge. Et, au lieu de provisionner leurs créances douteuses, elles inventent la titrisation de leurs prêts en les transformant en actifs transférables de banques à banques. Elles vont ainsi distiller des créances pourries dans le monde entier, même si la France a été à peu près sage.  Deux ruptures inouïes dans l'histoire du capitalisme. Lesquelles ? D'abord, l'organisation des actionnaires sous forme de fonds de pensions et de fonds d'investissements extrêmement cyniques, puisqu'ils donnent la priorité au versement de dividendes sur l'activité même de l'entreprise. Cette pression du capital développe la précarité du travail et la pauvreté. En trente ans, on assiste au passage du plein-emploi à une population fragilisée qui atteint 25% de la population des pays développés. La seconde rupture est l'émergence d'une doctrine monétaire qui revient à de l'ultralibéralisme et peut se résumer à «moins l'État est là, mieux on se porte». Les pays développés ont privatisé et n'ont pas accru les impôts, ce qui a aggravé leur endettement public. Comment dégage-t-on un consensus ? Les voies de sortie sont d'ordre financier. Il faut d'abord réadopter partout le Glass Steagall Act, loi américaine de 1933 abrogée en 1999 qui interdisait aux banques de faire des investissements avec l'argent de leurs dépôts. Ensuite un traitement fiscal des surrevenus qui fasse apparaître que, même s'il doit favoriser l'aisance, le capitalisme ne permet pas une multiplicité d'immenses fortunes. Ensuite, l'interdiction de tous les produits dérivés détachés des contrats d'économie réelle. Il faut en outre éradiquer les paradis fiscaux, puisqu'ils accueillent la moitié des immenses liquidités qui circulent dans le monde. Enfin, redonner du pouvoir d'achat aux salariés pour favoriser la croissance. »

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 5 juillet 2010 en page 24 :


Article intitulé : Comment empêcher que l’Europe ne devienne « un grand Disneyland »
« Plus que les perspectives de croissance de la Chine à 10% ou de l’Inde à 9%, c’est son contenu qui nous interpelle. « 40% des étudiants sont aujourd’hui en Asie et la Chine, qui double tous les cinq ans ses dépenses en rechercher et développement, a déjà dépassé le Japon », note le professeur Lionel Fontagné. « La Chine est l’atelier du monde et elle en train de devenir son laboratoire » dixit  Alain Juppé et Louis Gallois. Les Européens sont « riches et vieux » et, à ce titre, ils manifestent une véritable aversion pour le risque. D’où leur prédilection pour les protections sociales, avec pour corollaire des impôts élevés qui pénalisent la compétitivité tout comme la rigidité du marché du travail qui handicapent l’emploi. Henri de Castries de stigmatiser les réglementations européennes dans le domaine des métiers de la finance, qui ont conduit les compagnies d’assurance à vendre 700 milliards d’euros de titres en action depuis 2000, avec pour conséquence un renchérissement pervers du coût du capital pour les entreprises. Il cite ce proverbe portugais : « Quand le vent souffle, certains construisent des murs et d’autres des moulins à vent. » »

Eric Le Boucher dans « Les Echos » du 2 juillet 2010 en page 15 :


Article intitulé : Misère de l’économie.
« La question posée par les gouvernements est pourtant simple : faut-il aujourd'hui maintenir l'accélérateur enfoncé ou appuyer sur le frein ? Et bien les réponses des économistes sont radicalement opposées : les Américains disent à Barack Obama « relance », les Allemands disent à Angela Merkel « austérité ». Comment est-il possible pour une discipline (l’économie) qui s'inscrit crânement dans les « sciences » sociales de ne pas savoir s'il faut aller en avant ou en arrière ?
Les marchés « savent-ils » mieux ? Que nenni : un jour ils montent les taux pour forcer à l'austérité et le lendemain, comme s'effrayant eux-mêmes, ils craignent que le trop d'austérité ne casse la croissance. Et voilà que les Bourses s'effondrent. Bref, les marchés sont aussi peu dignes de confiance que les économistes.
On dira que ce n'est pas facile. Car tout dépend de la fameuse question de l'« anticipation ». Comment les gens vont-ils réagir si un gouvernement annonce la rigueur ? Seront-ils effrayés et mettront-ils de l'argent de côté ? Ou bien seront-ils rassurés et vont-ils puiser dans leur épargne ? Cette question, voilà trente ans qu'elle est au centre des études des économistes : ils sont toujours incapables d'y apporter une réponse claire, « scientifique », qui aide les politiques à choisir.
Vouloir revenir à l'emploi stable toute la vie est une hérésie mais laisser faire aussi, puisque cela conduit à la fin des classes moyennes, aux troubles sociaux et à une remise en cause populiste de la démocratie.
Il faut trouver à donner une sécurité dans l'instabilité et donc refonder tout le modèle social autour de cette question. »

Commentaire : Mieux maîtriser la volatilité des marchés sera tôt ou tard une obligation. Adapter le temps de travail et en faire une variable d’ajustement sera tôt ou tard nécessaire.

Philippe Brossard, président de Macrorama, et Stéphane Capet, consultant chez Capeco dans « La Tribune » du 1 juillet 2010 en page 13 :Article intitulé : L’austérité, accélérateur de dette publique.

« Les marchés redoutent que la chute du PIB en valeur (le dénominateur) engendrée par la cure d’austérité soit plus rapide que celle de la dette (le numérateur), et que le ratio dette /PIB monte à rebours de l’effet visé. »

Commentaire : Les marchés ne redoutent rien. Ils se servent d’informations pour créer et justifier une volatilité. Volatilité qui leur sert au détriment des investisseurs et des Etats.

Olivier Lecomte dans « Le Figaro » du 30 juin 2010 en page 18 :


Article intitulé : Le G20 n’a pas eu lieu.
 « La Banque des règlements internationaux a, ce 28 juin, émis une mise en garde sévère : « Les Etats (Etats-Unis compris) doivent réduire résolument leurs déficits et les banques centrales ne doivent pas trop trader à relever leurs taux, car les effets collatéraux des remèdes prescrits contre la récession mondiale pourraient déclencher une nouvelle crise. » Paul Krugman, Prix Nobel d’économie, fait chorus, et à l’évidence la probabilité d’une panique provoquant une nouvelle crise massive de liquidité est élevée. Récemment, Mc Kinsey, dans un document intitulé « les déséquilibres majeurs de la globalisation », conseillait aux dirigeants des grandes entreprises de se préparer à un éventuel bouleversement, dû « à la forte probabilité d’un prochain choc financier ». Et les enjoint à « travailler sur des scénarii incluant même l’inimaginable »… L’erreur historique consisterait à se croire assez fort tout seul. L’histoire a malheureusement prouvé que ce n’est souvent que dans la crise que la raison prévaut. L’Europe, qui s’est construite à la suite d’une crise encore bien plus grande, la Seconde Guerre mondiale, et connaît les bénéfices de la coopération, devrait se ressaisir, sortir de l’état de stupeur et de division dans laquelle la crise grecque et les marchés financiers l’ont plongée. »

François Vidal dans « Les Echos » du 29 juin 2010 en page 14 :


Article intitulé : Nettoyage de printemps.
« Paradoxal. L'analyse de la situation financière des groupes du CAC 40 a de quoi laisser perplexe. A voir leurs comptes, on a en effet le sentiment que la crise n'est plus qu'un lointain souvenir. En dépit de la violence du choc qui a frappé l'économie mondiale et de la lenteur de la reprise en cours, les plus grands groupes français ont déjà retrouvé un profil financier des plus solides. A fin 2009, leur dette nette ne représentait plus que 44 % de leurs fonds propres. Un record depuis 2006. Et les choses devraient aller en s'améliorant, puisque, après avoir fléchi en 2008 et en 2009, leurs profits devraient rebondir sensiblement cette année. De plus de 30 %, si l'on en croit les analystes. Bref, les stars de la cote parisienne se portent mieux que bien. De quoi, pourrait-on croire, doper la confiance qu'ils inspirent. Las, leur capitalisation boursière se traîne. En cumulé, elle est à peine supérieure à la valeur de leurs fonds propres. Neuf groupes du CAC 40 valent aujourd'hui moins que leurs fonds propres ! Ce paradoxe apparent tient évidemment aux incertitudes macroéconomiques. Mais il résulte surtout du fait que nos fleurons portent un impressionnant stock d'actifs incorporels de 500 milliards d'euros. Et c'est bien là le problème. Car une bonne partie de ces 500 milliards reflète les primes payées sur les cibles acquises au cours des années 2000 pour tenir compte d'un hypothétique potentiel de croissance. Or, du fait de la crise, une part non négligeable de ce potentiel s'est définitivement évanouie. Aujourd'hui, les investisseurs ne demandent rien d'autre aux groupes du CAC 40 que d'en prendre acte. Un nettoyage s'impose. Et il sera sans doute moins douloureux pour les bilans que pour l'ego des dirigeants des groupes concernés. »

Marina  Alcaraz dans « Les Echos » du 29 juin 2010 en page 30 :


Article intitulé : Les groupes du CAC 40 ont retrouvé leur structure financière d’avant-crise.
« Les ratios d'endettement des quarante sociétés listées dans l'indice phare de la place parisienne ont retrouvé les niveaux d'avant la crise, malgré la détérioration de l'environnement économique, selon l'étude annuelle de Ricol Lasteyrie. Leur niveau d'investissement, en particulier, a baissé. Malgré la crise, les grandes entreprises françaises sont parvenues à renforcer leur bilan. Telle est la principale conclusion qui ressort du quatrième profil financier du CAC 40, réalisé chaque année par Ricol Lasteyrie.  Une claire inversion de tendance par rapport aux années précédentes, où la dette avait eu tendance à grimper vertigineusement. Le ratio moyen entre dette nette et capitaux propres ressort à 44 %, soit 14 points de moins qu'en 2008. Il se situe au niveau le plus bas depuis le lancement de cette étude en 2006. Le rapport dette nette/capitalisation boursière a reculé, lui, de 25 points, à 28 %.
 « Les entreprises ont privilégié le désendettement à la préparation de l'avenir pour se prémunir d'un risque de liquidité », note Pierre Sabatier, stratège chez PrimeView. « Le désendettement pourra difficilement se poursuivre, alors que les entreprises vont devoir investir et que les taux d'intérêt sont bas », ajoutent toutefois Pierre Astolfi et Sonia Bonnet-Bernard, associés du cabinet Ricol Lasteyrie. « L'Etat a en quelque sorte pris le relais des entreprises dans la tempête, appuie Jean-Charles de Lasteyrie. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que ce soient les Etats qui se retrouvent en difficulté. Même si on ne peut pas faire de lien direct entre endettement des pays et des entreprises. »
Le montant des charges de dépréciation a diminué en une année, passant de 12,9 milliards d'euros en 2008, à 8,5 milliards en 2009, selon une étude de PwC. On peut faire de ces chiffres deux lectures différentes. La première serait de considérer que les entreprises françaises n'ont pas suffisamment nettoyé leurs bilans. Autrement dit, qu'elles ont choisi la politique de l'autruche faute de visibilité sur la reprise. La deuxième serait de dire que, au contraire, elles sont plutôt optimistes sur la tenue de leur activité à long terme »
 
 

Jean-François Pégresse, éditorialiste, dans « Les Echos » du 28 juin 2010 en page 12 :


Article intitulé : La dictature du séniorat.
« Dominant dans l’expression des choix collectifs, les retraités ont  déjà gagné la bataille idéologique. Fait sans précédent, la France de 2010 compte presque autant de plus de 65 ans (23 millions) que de moins de 20 ans (24 millions), alors qu’ils étaient trois fois moins nombreux, il y a un siècle. En 250, ils seront 25% de plus. » L’analyse de Mathilde est « Le vieillissement risque d’engendrer une chute de la croissance et une forte aversion à l’inflation pour privilégier le patrimoine. Il est donc peu probable que la réduction de l’endettement public soit une priorité constatable. » »

René Padieu, inspecteur général honoraire de l’Insee, président de la commission de la déontologie de la Société française de statistique  dans « La Croix » du 15 juin 2010 en page 15 :


Article intitulé : L’économie et la politique
« L’économique semble la plus scientifique des sciences sociales : parue au XVIIIe siècle, avant la sociologie et la psychologie, elle assoit ses théories sur des données soigneusement recueillies. » Edmond Malinvaud auditionné sur la montée du chômage. A la remarque : «Si l’on vous comprend, on savait ce qu’il fallait faire ! » il répondit : « Oui, mais en politique, il ne suffit pas de savoir ce qu’il faut faire ! » 

Jean-Marc Vittori  dans « Les Echos » du 15 juin 2010 en page 17 :


Article intitulé : La révolution, côté entreprise.
« Nous ne vivons pas une crise du marché mais une crise du capitalisme. Raisonnant en historien, Fernand Braudel estimait que le capitalisme était une couche supérieure du marché. Mais, en économie, le capitalisme se construit en opposition au marché. Le marché est un mécanisme d'échanges qui nivelle les pouvoirs, d'autant plus efficace que la concurrence est intense. Le capitalisme est une organisation où la propriété privée du capital donne tout le pouvoir aux actionnaires, d'autant plus efficace que la concurrence est limitée. Les actionnaires gagnent plus d'argent avec un monopole ! Par nature, le capitalisme pousse à l'accumulation du profit. Une accumulation déséquilibrée, qui aboutit à « l'économie de surépargne » (sous-titre du livre de Sébastien Groyer « Le krach de le dette publique »). C'est intenable. Et ça n'aurait pas tenu s'il n'y avait pas eu l'Etat, qui n'a cessé de sauver le capitalisme de ses excès. »

René Padieu, inspecteur général honoraire de l’Insee, président de la commission de la déontologie de la Société française de statistique  dans « La Croix » du 15 juin 2010 en page 15 :


Article intitulé : L’économie et la politique
« L’économique semble la plus scientifique des sciences sociales : parue au XVIIIe siècle, avant la sociologie et la psychologie, elle assoit ses théories sur des données soigneusement recueillies. » Edmond Malinvaud auditionné sur la montée du chômage. A la remarque : «Si l’on vous comprend, on savait ce qu’il fallait faire ! » il répondit : « Oui, mais en politique, il ne suffit pas de savoir ce qu’il faut faire ! »



socioecopofi.com – Tous droits réservés – L’ensemble du contenu du site socioecopofi.com est protégé par les lois internationales sur les droits d’auteur, les programmes informatiques, les dessins et la protection de la propriété intellectuelle. La copie et la reproduction sont strictement interdites, tant dans la forme, ses idées ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord écrit de son auteur Christian PIRE. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3°a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement, réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que « les analyses et reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4), cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle