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Jean-Hervé Lorenzi, Christian De Boissieu et Bertrand Jacquillat dans « La Tribune » du 19 février 2010 en page 13 :
Article intitulé : A quoi servent les économistes ?
« Pour anticiper la crise, il eût fallu être à la fois un expert des marchés immobiliers et des marchés financiers, comprendre ce que les banques tramaient dans leurs comptes, nécessairement opaques, avec leur prolongation dans le « Shadow Financial System », apprécier la perversité des incitations données aux dirigeants et aux opérateurs financiers etc. Les éléments explicatifs de cette crise se trouvent dans différentes disciplines de la science économique – finance, comptabilité, macroéconomie internationale, économie industrielle – et peu d’économistes les maîtrisent toutes. Ensuite, les incitations dans leur carrière universitaire, qui dépend de leur capacité à publier dans des revues scientifiques de haut niveau, dans des domaines de la recherche ne répondant pas nécessairement aux questions utiles à la politique économique. Et les macroéconomistes de jeter la pierre sur les économistes financiers, qui ont trop compté sur l’autorégulation des marchés et sur l’innovation financière pour stimuler l’économie et qui n’ont pas ou insuffisamment pris en compte dans leurs modèles les risques d’illiquidité et de contrepartie. Quant aux économistes de banques, leur carrière reposant sur les profits réalisés par les gestionnaires d’actifs et autres opérateurs de marché, il leur aurait été difficile de jouer les Cassandre. »
Frédéric Lemaître dans « Le Monde » du 6 février en page 2 :
Article intitulé : Les économistes en question.
« Il y a quelques jours, à Davos, l’historien britannique, Niall Ferguson, enseignant à Harvard, a laissé coi le gratin mondiale de la profession en assénant que « les économistes aliment les histoires. A partir d’une histoire, ils ont une intuition, bâtissent un modèle, puis emploient des maths. Les historiens, eux, aiment les histoires…vraies. On retiendra l’article collectif écrit par Agnès Benassy-Quéré, Benoît Coeuré, Pierre Jacquet et Jean Pisani-Ferry. Après avoir reconnu « l’échec de la profession », ce quartette évoque un sujet jusqu’ici tabou dans le microcosme parisien : « Le fait que les économistes eux-mêmes sont soumis à des incitations variées qui peuvent les détourner d’un diagnostic objectif de la réalité(…) La carrière des économistes financiers repose sur des profits réalisés par des gestionnaires d’actifs et autres opérateurs de marché qui utilisent leur diagnostic et dont l’horizon est très court. Difficile pour eux de jouer trop longtemps les Cassandre contre l’avis du marché. Difficile aussi de remettre en cause un système qui les fait (bien) vivre. » Voilà qui est (bien) dit… »