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ETAT

Plantu dans  « Le Monde » du 29 juillet 2011 :
Article intitulé : Le monde arabe défie le mur de la peur


« Un mur s'écroule sur l'autre rive de la Méditerranée. Ce mur est celui de la peur. La peur d'un arbitraire systématique, à tous les échelons régaliens, à commencer par ceux de la police et de la justice, auxiliaires zélées prêtes à broyer entre leurs meules ceux qui osent revendiquer leurs droits. La peur ensuite d'une violence d'Etat laissée à la discrétion d'un cercle restreint mais omnipotent et assuré de son impunité. »

Irène Inchauspé Dans « Challenges » en date du 16 décembre 2010 :

Article intitulé : L’Etat n’a rien gagné à sauver les banques
« Bonne nouvelle pour le contribuable américain. Le sauvetage de Citigroup, dans lequel il avait injecté 45 milliards de dollars, lui a rapporté 12 milliards (cession de titres, dividendes, intérêts). « L'Etat a pris un risque en ne vendant pas plus tôt ses actions, juge le Wall Street Journal. Mais, au final, l'opération est réussie. » Les contribuables français, eux, n'ont pas eu cette chance. « Bercy s'est privé d'une plus-value potentielle de 86 % en choisissant des actions préférentielles et non ordinaires pour soutenir BNP Paribas, note Christophe Nijdam, à AlphaValue. L'Etat est en revanche assis sur une moins-value latente de 70 %, ayant choisi des actions ordinaires pour sauver Dexia. »
En entrant au capital de BNP Paribas au moyen d'actions de préférence, titres dont la valeur ne suit pas le cours, l'Etat n'a pu percevoir que des intérêts sur son placement. « Si on compare le cours lors de l'achat des titres et celui d'aujourd'hui, le manque à gagner s'élève à 4,4 milliards », calcule Christophe Nijdam. Pour Dexia, l'Etat et la Caisse des dépôts ont bien opté pour des actions ordinaires. Mais le prix retenu pour l'augmentation de capital du 30 septembre 2008, 9,90 euros par action, était nettement supérieur à celui du cours (7,20 euros). Ce qui permettait aux actionnaires belges d'éviter une trop forte dilution. Mais à un tel tarif, le retour sur investissement est hasardeux. Après un plus haut à 6,80 euros en octobre 2009, l'action Dexia a lourdement rechuté pour s'échanger à 3 euros. De quoi effacer le bénéfice net de 2 milliards qu'aurait engrangé l'Etat, dixit la ministre Christine Largarde, via les intérêts perçus sur le soutien public aux banques. La Cour des comptes a publié en mai un rapport mitigé sur le sujet. « Si les concours publics aux banques ont généré des recettes ponctuelles, ils engendrent aussi des coûts et des dépenses permanents », indique-t-elle. Car l'Etat n'a pas ménagé son aide pour que les banques soutiennent les PME. Des dotations ont été allouées à Oséo. Les banques ont aussi eu l'autorisation de gérer une partie des ressources du livret A, mesure qui va faire perdre à l'Etat, « chaque année et sur vingt-cinq ans, 125 millions », note la Cour des comptes. Au total, les mesures adoptées ont fait gonfler le budget de l'Etat de 11,8 milliards d'euros. Le solde, soit 9,5 milliards, a été financé par endettement, ce qui représente un coût supplémentaire de 350 millions d'euros par an. »

Erik Izarelewicz dans « La Tribune » du 12 juin 2010 :

Article intitulé : Les Etats moutonniers, comme les marchés ?
« Moutonniers, excessifs, volatils, voire irrationnels : c'est ainsi que les Etats, surfant sur le sentiment largement partagé dans l'opinion publique, décrivent, volontiers, les marchés. Il suffirait que l'un d'entre eux prenne une position pour que tous, tel Panurge, ils s'alignent. Ils changeraient d'ailleurs d'avis comme de chemise, n'hésitant pas à balancer d'un extrême à l'autre ? D'où les yoyos souvent inexplicables de la Bourse. La manière dont l'ensemble des Etats européens se sont engagés, depuis quelques semaines, dans des politiques de rigueur, conduit aujourd'hui à se demander si les Etats ne sont pas en définitive plus moutonniers, plus volatils, plus excessifs, voire plus irrationnels que les marchés ! Rappelez-vous, les dirigeants politiques expliquaient qu'il fallait injecter massivement des fonds publics dans l'économie pour soutenir une activité défaillante. 10, 20, 200 ou 700 milliards d'euros : c'était à qui présenterait le plus gros plan ! Un an après, quel revirement. De la relance à la rigueur : tout le monde a basculé, d'un même mouvement, sans état d'âme. Les mêmes dirigeants sont engagés, en Europe notamment, dans une surenchère mais cette fois-ci une surenchère dans la rigueur. C'est finalement une politique économique irrationnelle qui est engagée en Europe depuis quelques mois. Il faut finalement espérer que les marchés seront là pour rappeler à l'ordre... les Etats ! »

Jean-Pierre Bassenge dans « La Croix » du 26 février 2010 en page 9 :
Article intitulé : Le gouvernement allemand se déchire lors du débat sur l’«Etat social ».
 « Est-il équitable qu’un chômeur ait des revenus comparables à quelqu’un qui travaille toute la journée mais à un salaire indécent ? C’est sur cette question que le ministre des affaires étrangères et vice-chancelier allemand Guido Westerwelle a déclenché un débat qui divise profondément le gouvernement depuis quatre mois. Pour rappel, la Cour constitutionnelle a estimé que les allocations de chômage, 359 €  par adulte plus un logement social, ne permettent pas une « vie digne » exigeant que le gouvernement les relève d’ici à la fin de l’année. Une coiffeuse qui travaille dans le Brandebourg (la région qui entoure Berlin) gagne par exemple 3 €  de l’heure, ce qui la contraint à solliciter l’aide sociale complémentaire. »


Roger-Pol Droit dans « Les Echos » du 3 mars 2010 en page 17 :
Article intitulé : Détecteur à domicile.
 «  L’autorité même de l’Etat repose sur ce contrat bien connu : chacun, en principe, renonce à faire usage de la violence et donc au droit de se venger et reçoit en contrepartie la protection de sa personne et de ses biens par la puissance publique. C’est déjà ce qu’expliquait Thomas Hobbes, en 1642, dans le « De Cive » (Le Citoyen). »


Denis Kessler, éditorialiste, dans « Challenges » du 25 février 2010 en page 42 :
Article intitulé : Une signature pas si souveraine.
«  Dans tous les manuels de finance, on évoque le taux sans risque. Le taux sans risque est toujours fixé pour une maturité donnée par le taux auquel l'Etat s'endette. L'Etat est considéré comme étant de facto le meilleur émetteur d'un pays donné, la preuve étant que les entreprises situées dans le pays en question ne peuvent pas avoir une note supérieure à celle de l'Etat, quelle que soit leur qualité intrinsèque. L'Etat est supposé ne pas pouvoir faire faillite, contrairement à tous les émetteurs privés, contrairement aussi aux collectivités locales. Mais voilà que s'est insinué un doute sur la qualité de la signature de certains Etats en particulier, mais aussi sur celle de l'Etat en général. C'est évidemment l'un des effets de la crise. Les Etats ont très largement recouru au déficit budgétaire pour stabiliser les économies, et ont vu leur dette gonfler très rapidement. C'est aussi l'un des paradoxes de la crise : depuis trois ans, les Etats affirmaient à grands cris vouloir surveiller les marchés, et les voilà, par un surprenant retour de flamme, surveillés à leur tour par les marchés. Il n'est plus certain que l'Etat ait toujours la meilleure signature. Enfin, la règle selon laquelle la qualité de la signature d'un émetteur ne peut être supérieure à celle de l'Etat où il se situe a de moins en moins de sens. Beaucoup d'entreprises bien gérées présentent un profil de risque significativement inférieur à celui de nombreux Etats. Ces entreprises génèrent un cash-flow élevé, sont diversifiées par zone économique, sont multidevises, maîtrisent leur endettement. Le temps va venir où l'Etat empruntera à un taux plus élevé que les entreprises qui exercent leurs activités dans la nation en question.  L'hypothèse que les Etats pourront augmenter sans problème la pression fiscale pour limiter le creusement explosif du déficit est de moins en moins vraie, au fur et à mesure que la globalisation se poursuit. La mobilité géographique des hommes et des capitaux ne fait que croître, et les activités, comme le vent, se déplaceront des zones de haute pression fiscale vers les zones de basse pression. Le critère-clé de la compétitivité des nations sera demain celui de leurs systèmes fiscaux, compte tenu de l'ampleur des déséquilibres accumulés. Pour maintenir leur crédibilité, donc éviter que le prix du risque ne s'envole, les Etats doivent se donner un programme contraignant de retour à l'équilibre des finances publiques, avec un calendrier indépassable prévoyant des étapes intermédiaires. Sans cela, les dépenses de consommation et d'investissement du secteur privé ne se substitueront pas aux dépenses publiques, et l'économie ne retrouvera pas la croissance durable... L'Etat est appelé à se réformer, se désendetter, s'il veut retrouver son statut de meilleur emprunteur. »

Maître Emmanuel Daoud  dans « Le Monde » du 18 décembre 2009 :
 « Dans une société démocratique, l’Etat est non seulement garant mais aussi débiteur d’une obligation de loyauté dans la conduite des poursuites menées par ses services » ; « La fin ne justifie les moyens, sauf à transformer l’Etat en un Etat voyou. »

 



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