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ETATS-UNIS


Dans « @rret sur image » du 7 décembre 2011

Article intitulé : Bloomberg dévoile des milliers de milliards d'aide US aux banques

Combien d'argent public l'Etat fédéral américain a-t-il débloqué pour aider les banques opérant aux Etats-Unis ? On avait surtout retenu les 700 milliards de dollars (environ 500 milliards d'euros) d'aides du plan Paulson de 2008. L'agence de presse Bloomberg vient de révéler un plan de soutien d'une tout autre ampleur, resté jusqu'alors largement inconnu : entre 2007 et 2009, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, a mis sur la table... onze fois plus, pour sauver les banques de la faillite. En toute opacité, et sans que le Parlement ne soit mis au courant. Peu médiatisée en Europe, cette révélation pourrait nourrir le débat sur la faiblesse des pouvoirs accordés à la BCE, en comparaison de ceux dont dispose la Fed. C'était le plus important plan de renflouement financier de l'histoire des banques. Et il a bien failli rester secret. Son montant ? 7 770 milliards de dollars ("7,77 trillion", en anglais). Pour sauver les banques américaines, la Réserve fédérale (Fed) a accordé une dizaine de mesures diverses, dont des rachats de crédits, des garanties bancaires ou des reports de dates d'expirations de prêts. Mais aussi une bonne part de prêts à court terme, quasiment gratuits, consentis aux plus grands établissements financiers américains. Le dimanche 27 novembre au soir, le site de l'agence de presse financière américaine Bloomberg publiait sur son site une longue enquête sur les "prêts secrets de la Fed". Relayée par le New York Times, ou reprise en intégralité par le Washington Post, l'info n'a eu que très peu d'écho en France, où elle n'a guère été mentionnée que par les sites Atlantico et Slate. Ce sont des échanges entre @sinautes dans les forums qui nous ont alertés…Pourtant, l'article de Bloomberg, également publié dans un magazine mensuel du groupe aux Etats-Unis, vaut largement le détour. Il détaille, ainsi, que les six plus grosses banques américaines ont reçu en quelques mois 460 milliards de dollars de prêts de la Réserve fédérale. Soit presque trois fois plus que les 160 milliards qui leur ont été versés par ailleurs par le plan Paulson, concocté par le gouvernement américain et validé (après un premier rejet), par le Parlement. Sans aller jusqu'à épouser les thèses de Frédéric Lordon, qui estimait sur notre plateau que dans ce cas de figure, les banques devraient être nationalisées, Bloomberg estime que la situation est susceptible de créer ce que les économistes nomment un "aléa moral" : si les géants bancaires savent qu'ils seront toujours remis sur pied par l'Etat, ils prendront un maximum de risques, sans avoir à en subir le contrecoup, qui pourrait être fatal à une banque plus modeste. Une situation qui inquiète jusqu'au Congrès américain. Ces révélations de Bloomberg, en outre, ne vont certainement pas manquer de nourrir le débat sur la faiblesse des moyens dont dispose, en cas de crise, la BCE. Non seulement la Fed est armée d'un gros bazooka, mais on voit qu'elle l'utilise en secret. »


Commentaire : Et dire que les autorités de régulation et de supervision, qui ont reconnu leurs incompétences et leur mécompréhension des marchés (voir ci-dessous) continuent d’exercer, d’autoriser le développement de produits dérivés totalement immaitrisables, de couvrir des cours boursiers ubuesques, des frais et commissions boursiers qui relèvent de l’escroquerie, d’attaquer à la réputation et au portefeuille en amont de tout droit ceux qui gênent etc… J’espère avoir tort en pronostiquant qu’une des prochaines crises qui arrivera sera celle de la liquidité boursière. Dans l’affirmative de cette crise, non seulement les épargnants s’apercevront qu’ils auront été abusés et volés par les valorisations fictives et illiquides qui leur étaient communiquées mais ils découvriront avec stupéfaction que cette supercherie était « parrainée » par les Commissaires aux comptes et par les organes de régulation et de supervision censés être leur représentant.
Pour rappel : Christèle Fradin dans « La Tribune » du 18 janvier 2012
« Le régulateur français a décidé d'étendre le dispositif existant de déclaration des                       transactions aux produits dérivés échangés hors marché. Cette obligation, qui valait jusqu'alors pour les seuls échanges réalisés sur les marchés réglementés ou organisés, s'applique à l'ensemble des prestataires de services d'investissement en France et aux succursales hexagonales d'intermédiaires agréés dans l'espace économique européen. Exception faite des sociétés de gestion. Pour autant, tous les échanges sur dérivés ne seront pas photographiés par l'AMF. L'obligation de transparence porte sur les dérivés actions ou de crédit ayant un sous-jacent unique. » Commentaire : Sauf erreur, lorsque l’on veut éteindre un feu, on ne laisse pas de porte ouverte. Porte ouverte qui attise le feu. Pourquoi gesticuler et non agir ? Quels sont les blocages ?
Dans « Boursorama »  du 30 mai 2011
« Le trading à haute fréquence, qui repose sur des transactions financières effectuées à la nanoseconde, peut conduire à de multiples dérives et doit être impérativement encadré au niveau européen, selon le secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers Thierry Francq. On l'ignore bien souvent mais il y a déjà eu des +mini-krachs+ à la Bourse de Paris. Ils n'ont certes pas eu de conséquences graves, mais nous ne devons pas sous-estimer ce problème", souligne M. Francq. L'AMF n'a pas la compétence pour édicter des règles pour encadrer le HFT. "A ce stade, aucune sanction n'a été prononcée à la suite d'éventuelles dérives liées au HFT", reconnaît-il, tout en précisant que "des enquêtes sont en cours sur le sujet". »
Paul Lagneau-Ymonet, maître de conférence à Paris-Dauphine, Angelo Riva, professeur à l’European Business School Paris, dans « La tribune » du 2 mars 2011 :
Article intitulé : La bourse, une espèce en voie de disparition.   ""Les marchés actions ne financent plus l'économie. Ils sont, comme l'admet un banquier, faits pour permettre aux professionnels d'arbitrer les amateurs" (Le Figaro, 11-10-2010), sans que les régulateurs n'y puissent rien. Devant la Commission d'enquête parlementaire sur la spéculation, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, l'a admis : "nous ne sommes plus à même de remplir notre tâche fondamentale de surveillance des marchés financiers."
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, propos recueillis par Sophie Fay dans « Le Nouvel Observateur » daté du 15 octobre 2010 en page 84 :
« En règle générale, nous sommes toujours, nous les régulateurs, en retard d’un combat par rapport à l’innovation. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul individu qui sache vraiment comment fonctionne le système financier ! Toutes les activités de marché – celles qui sont utiles à l’économie réelle et celles qui le sont moins…. ».
Valérie De Senneville dans « Les Echos » du 21 décembre 2009 en page 33 :
On a entendu jeudi sur France Inter son président, Jean-Pierre Jouyet, furieux, critiquer la « schizophrénie » de l’institution qu’il préside : à la fois régulateur, gendarme et juge.
Jean-Pierre Jouyet dans "Les Echos" du 30 juin 2009 : "Depuis ma prise de fonction, j'ai été alerté par la multiplication, la fragmentation et l'inorganisation de nos marchés financiers."
Monsieur Jean-Pierre Jouyet, dans Challenges du 4 juin 2009 page 26 :
«…..les régulateurs, livrés à eux-mêmes, à leur jargon et à leur technicité, céderont aux pressions de l’industrie. »
        Et dire que l’AMF a tous les pouvoirs (émission des lois, application, contrôle et sanction) ? Comment peut-elle assurer cette mission en reconnaissant qu’elle ne connait pas le fonctionnement des marchés ? Que ses services sont perméables à l’extérieur et schizophrènes ?
Claire Gatinois dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 en page 12 :Article intitulé : L’UE doit-elle réguler davantage les marchés actions ?
« « Les régulateurs n’ont jamais rien compris à ce qu’on faisait. Ils ont toujours été dépassé », relativise Pierre-Antoine Dusoulier, patron de Saxo Banque. Ces échanges discrets. « Nous ne reprochons pas à la MIF d’avoir aboli le monopole des Bourses traditionnelles, cela était nécessaire. Nous observons simplement que cette directive a eu des effets secondaires tels que permettre un manque de transparence, qui est intolérable en Europe », dénonce M. Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext, à Paris. Pour les professionnels, ce n’est pas seulement le problème du régulateur. Car cette opacité perturbe aussi le fonctionnement des marchés et met à mal le mécanisme de formation des prix. Faute de transparence, celui-ci n’est plus le reflet de l’offre et de la demande.
Jean-Pierre Jouyet dans « Le Monde » daté du 9 décembre 2010 en page 12 :Article intitulé : On ne sait pas qui achète quoi, ni à quel prix « Nous n’avons pas eu une approche assez politique au moment de négocier la directive MIF (Marché d’instruments financiers, qui a ouvert à la concurrence les marchés boursiers en Europe). On ne s’est pas posé les bonnes questions : de quels marchés voulons-nous ? Comment faire pour qu’ils financent au mieux l’économie ? Ce texte a gravement accentué le désordre des marchés boursiers et conduit à une fragmentation et à une plus grande opacité des transactions. Nous avons, c’est vrai, un train de retard sur les technologies financières.
ET LE CLOU :
Benjamin Jullien dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 :

Article intitulé : Les professionnels ne veulent pas de normes trop strictes
« L’évaluation financière est si peu encadrée qu’elle fait presque figure d’anomalie dans l’univers réglementé de la finance. Mais avec l’essor du concept de « juste valeur », l’évaluation est apparue comme le maillon faible de l’information financière lors de la crise du « subprime », qui a mis en évidence la difficulté à cerner la valeur intrinsèque d’un actif en l’absence de transactions sur le marché. L’AMF n’exclut pas la « possibilité de faire référence, à terme, aux standards de l’IVSC », mais « ne se prononce pas, à ce jour, en faveur de normes précises et contraignantes » indique Benoît de Juvigny, secrétaire général adjoint en charge de la direction des émetteurs de l’AMF. »

Cela veut dire que l’AMF ferme les yeux et laisse faire le marché alors que Jouyet prône aujourd’hui

Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, dans « Le Figaro » du 8 décembre 2010 en page 14 :

Article intitulé : Euro : osons toutes les hypothèses, même celles qui gênent les banquiers
« Nous traversons une crise qui réveille dans le domaine financier les vieux démons de l’Europe : divisions, communication incompréhensible, manque de vision et de cohérence. Tout se passe comme si nous nous satisfaisions d’une approche au cas par cas. Nous sommes à l’image de ces médecins qui attendraient toujours le prochain symptôme pour poser un diagnostic définitif et préconiser la médecine qui traitera la maladie. Que faire, il ne suffira pas de continuer à inonder les marchés de liquidité (au risque de créer de nouvelles bulles sur les matières premières, l’immobilier ou certaines dettes d’Etat) et d’imposer des mesures d’austérité draconiennes aux peuples les plus touchés pour traiter le problème. Nous ne faisons que repousser des échéances inéluctables tout en accablant les couches moyennes et populaires qui seront les premières victimes de nos atermoiements ; ce sont les montagnes de liquidité et de dette qui font le lit de la rigueur de demain. Osons réformer, assainir, mieux gouverner. Alors, et seulement alors, nous aurons bien servi l’Europe qui demeure notre horizon indépassable. »
Commentaire : L’AMF couvre toujours la fumisterie actuelle ainsi que l’abus de confiance et l’escroquerie des porteurs de parts.
Michel Prada, ex président de la COB, dans « La Tribune » daté du 6 décembre 2010 en page 37 : Article intitulé : Refonder l’évaluation financière pour restaurer la confiance
« Les problèmes de valorisation sont au cœur des crises. Le sujet de l’évaluation financière échappe aujourd’hui à l’écran radar de la plupart des acteurs et des observateurs des marchés financiers. C’est là un véritable paradoxe au regard du rôle central joué par les problèmes de valorisation des actifs dans les dernières crises qui ont secoué non économies. L’incapacité des institutions financières à valoriser de façon précise et convaincante leurs actifs financiers complexes en l’absence de transactions sur le marché a en effet déclenché une crise de confiance sans précédent depuis 1929. L’heure est aujourd’hui à une refondation de l’évaluation financière, qui doit concerner tant les pratiques de place de la profession et sa déontologie. »

Commentaire : Enfin, on y vient à la fumisterie du système actuel de valorisation. Pour rappel, nous prônons l’application de l’indice de liquidité 3L dans la présentation des performances des FCP et SICAV. Voir site www.auroragestion.com rubrique gestion et inventaire.
   
                                                                                                

Dans « Les Crises.fr » du 27 avril 2012

Article intitulé : La détention étrangère de la dette américaine

Dans « Challenges » du 12 avril 2012

Article intitulé : Regards

« La valeur des introductions en Bourse dans le secteur high-tech s’élève à 4,5 milliards de dollars aux Etats-Unis en 2011, contre 389 millions en Europe. »

« Apple et Samsung ont réalisé 95% des profits de l’industrie du mobile au dernier trimestre 2011. »

Dans « Boursorama » du 6 avril 2012 

Article intitulé : Etats-Unis : baisse du chômage en mars malgré le ralentissement des embauches
« Le taux de chômage a baissé à 8,2% aux Etats-Unis en mars, malgré un net ralentissement des embauches dans le pays, selon des chiffres publiés vendredi par le gouvernement. En données corrigées des variations saisonnières, la première économie mondiale a créé 120.000 emplois nets, selon le département du Travail, soit beaucoup moins qu'attendu par les analystes qui tablaient sur 200.000.  Le président Barack Obama a salué cette nouvelle baisse du chômage, mais souligné que davantage de progrès étaient nécessaires pour compenser les emplois perdus à la suite de la crise économique. Le chômage peut évoluer différemment des créations d'emplois: son taux est déterminé par des sondages auprès des ménages alors que les créations d'emplois sont calculées à partir de sondages auprès des entreprises, il est sensible aux variations de la population active (qui a moins augmenté en mars qu'en janvier ou en février), et il est calculé au dixième de point de pourcentage près, d'où des effets de seuil. Cette tendance est aussi claire pour une autre mesure du marché du travail, le taux de chômage et de sous-emploi (comprenant entre autres les salariés travaillant à temps partiel contre leur gré, ou les personnes ayant abandonné la recherche active d'un emploi), qui a chuté à 14,5% en mars contre 14,9% en février. C'est le taux le plus bas depuis janvier 2009. »


Dans « Challenges » du 5 avril 2012 

Article intitulé : Regards
« La dette des étudiants américains atteint 1 000 milliards de dollars. »

Dans « Challenges » du 29 mars 2012 

Article intitulé : Regards
« Aujourd’hui, 3 constructeurs d’automobiles américains sont cotés à la Bourse de New York, Ils étaient 700 en 1929.»
Commentaire : Souvenez-vous des conférences SOCIOECOPOFI lorsque l’on compare les cycles de l’automobile et les cycles technologiques actuels


Dans « Challenges » du 29 mars 2012 

Article intitulé : Regards
« 20 % des Américains âgés de 18 à 34 ans ont reporté leur mariage pour raisons financières et 22% ont repoussé leur décision d’avoir un enfant. »»                                                                                          

Dans « Les crises.fr » du 20 mars 2012 

Article intitulé : Dette totale américaine :
 

Dans « Challenges » du 15 mars 2012 

Article intitulé : Regards

« 1,5 million d’Américains vivent avec moins de 2 dollars par jour. C’est 130% de plus qu’en 1996. »

Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI. 1996 = 2012
                                                                                                   
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 16 mars 2012 

Article intitulé : Pourquoi l’Amérique fait mieux que l’Europe  
« C’est l’histoire amorale de deux sœurs. Il y a longtemps, l’aînée a nourri la cadette, qui a fini par devenir plus grande qu’elle et qui lui a sauvé la vie dans des circonstances dramatiques. Au fil des ans, les deux jeunes filles ont progressé, la cadette révélant une énergie et un sens de l’initiative étonnants. Mais, en tentant des expériences toujours plus périlleuses, ladite cadette a fini par mettre le feu à la maison. Elle a apparemment vite surmonté ses graves brûlures. Mais sa grande sœur, elle, en est toujours à gratter ses plaies. Trois ans plus tard, elle a du mal à marcher. Elle s’appelle Europe et sa petite sœur Amérique. Cette histoire amorale est une histoire économique. Aujourd’hui, une sœur va nettement mieux que l’autre. Dans leurs carnets de santé, il faut remonter au milieu des années 1990, en pleine frénésie Internet, pour retrouver un tel écart entre les deux premières économies mondiales ! L’an dernier, la production a autant progressé au dernier trimestre 2011 aux Etats-Unis que sur toute l’année dans la zone euro (+ 0,7 %). Cette année, elle risque de stagner de ce côté-ci de l’Atlantique alors qu’elle va progresser de plus de 2 % de l’autre côté. Les autres indicateurs sont à l’avenant. Le chômage, qui touchait 10 % des actifs dans les deux zones fin 2009, est revenu aujourd’hui à 8,3 % aux Etats-Unis alors qu’il culmine à 10,7 % dans la zone euro. Les industriels américains ont le moral qui monte, à l’inverse de leurs rivaux européens. Les consommateurs ont recommencé à accroître leurs achats de 2 % à 3 % l’an aux Etats-Unis alors qu’ils n’ont pas pu dépasser 1 % en Europe. En Bourse, l’indice Dow Jones n’est plus très éloigné de son pic de 2007 et l’indice Nasdaq l’a dépassé de près de 10 %, tandis que le CAC 40 est 40 % au dessous. Et tutti quanti. Pourquoi une telle différence entre les deux sœurs, qui sont pourtant infiniment plus proches l’une de l’autre que de leurs cousins émergents ? A vrai dire, elles ont souvent été décalées, Amérique transmettant ses mauvais virus avec un délai moyen de deux ans. Sa récession de 1991 a frappé l’Europe en 1993, celle de 2001 en 2003. Mais, avec l’incendie de 2008, elles sont tombées toutes les deux malades en même temps. Derrière cette divergence, il y a deux choix. Europe a fait le premier il y a plus d’une décennie, en bâtissant une monnaie bancale. Amérique a fait le second il y a trois ans, en employant massivement des outils puissants mais dangereux qu’elle est seule à posséder. Du côté d’Europe, il est désormais impossible de le nier : la construction d’une union monétaire sans union budgétaire plombe la croissance. Ce n’était pas visible tant que la plupart des pays soutenaient l’activité par une accumulation facile de dette publique (Grèce, France) ou privée (Portugal, Espagne, Irlande). Mais la crise a révélé brutalement la réalité, et contraint les investisseurs à évaluer les risques ligne à ligne. En l’absence de fédéralisme budgétaire, les pays en situation de faiblesse doivent donc désormais rééquilibrer leurs budgets et leurs comptes extérieurs tout en payant des taux d’intérêt plus élevés. L’économiste en chef de la banque Natixis, Patrick Artus, estime que ce fardeau ralentira la croissance de près de 1 % par an d’ici à 2015. Amérique n’a pas ce problème : elle a fini de mettre en place son fédéralisme budgétaire au milieu du XIXe siècle. Elle a surtout décidé d’appuyer à fond sur deux leviers de croissance, alors qu’Europe a très vite cessé d’employer le premier et toujours hésité à actionner le second. Mais il ne suffit pas de vouloir une politique budgétaire au service exclusif de la croissance, il faut aussi le pouvoir. Amérique a ici employé une arme qu’elle est la seule à détenir : elle imprime la monnaie du monde. Les titres de dette émis pour financer son gouffre budgétaire sont achetés massivement par les banques centrales étrangères, en particulier celles d’Asie. Et quand ces bailleurs publics rechignent à acheter du papier américain, c’est carrément… la Réserve fédérale des Etats-Unis qui prend le relais – ce qui s’appelle dans l’inimitable jargon financier « la facilitation quantitative » (« quantitative easing » en américain). Europe n’a pas ces deux canaux. Elle n’imprime pas la monnaie du monde. Et elle a interdit à sa banque centrale d’acheter des obligations publiques, même si cette dernière a dû se résoudre à le faire à la marge. Aujourd’hui, la Banque centrale européenne en détient un peu plus de 200 milliards d’euros alors que la Fed en a 1.700 milliards de dollars. Si Amérique va aujourd’hui beaucoup mieux qu’Europe, c’est largement parce qu’elle a mobilisé des moyens qu’elle est la seule à avoir. La Réserve fédérale a récemment changé son vocabulaire pour parler d’une reprise « modérée » et non plus « modeste ». Les hausses d’impôt prévues pour l’instant en 2013 dépassent 4 % du PIB, de quoi faire retomber le pays en récession. Les consommateurs n’ont pas les moyens d’augmenter leurs achats comme ils l’ont fait récemment. Amérique s’est soignée en pratiquant la fuite en avant, sans guérir vraiment. Espérons qu’Europe ne se lancera pas dans une fuite en arrière. »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI

M. A dans « Les Echos » du 7 mars 2012 

Article intitulé : La trésorerie des grandes sociétés américaines dépasse les 1.000 milliards de dollars  

« Les entreprises américaines sont assises sur des montagnes de liquidités. La trésorerie des entreprises industrielles a dépassé le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars, selon Standard & Poor’s. Les bénéfices agrégés des entreprises du S&P 500 atteignent un record depuis 2006. L’année 2011 a été celle de tous les records pour les grandes entreprises américaines. Les liquidités ont progressé d’environ 8 %, par rapport à fin 2010, mais surtout de 64 % depuis fin 2007. Apple, par exemple, affiche une trésorerie pléthorique autour de 100 milliards. Cette manne de cash – que les groupes peuvent utiliser pour choyer leurs actionnaires ou se constituer un trésor de guerre pour de futures acquisitions – est directement liée aux efforts de réduction des coûts menés par les entreprises depuis la crise mais aussi à des résultats opérationnels en forte hausse. En 2011, les entreprises du S&P  500 ont dégagé des bénéfices récurrents (hors exceptionnels) agrégés de 902 milliards de dollars, en hausse de presque 16 %. C’est un record depuis 2006, d’après les données du consensus FactSet, retraitées par PrimeView. Les marges atteignent, elles, un sommet à 10,3 %. « Après d’importantes restructurations, les entreprises ont retrouvé des niveaux de profitabilité historiquement élevés, souligne Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView. Cela est le reflet d’une consommation intérieure qui se porte globalement bien, avec des pays émergents qui tirent les ventes vers le haut. »
                                                                                     I

Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 1 février 2012

Article intitulé : En 2006, pour la Fed, rien à signaler
« Comme aiment répéter les financiers, pour mieux s'en persuader : " Voyons, mais personne n'avait rien vu venir ! " Dans le cas présent, l'exercice est cependant très révélateur, puisqu'il porte sur ceux dont le métier est, précisément, de " voir venir ". De quoi s'agit-il ? La Réserve fédérale américaine (Fed) a divulgué, à la mi-janvier, comme c'est son devoir après cinq ans, les débats internes, en 2006, de sa plus haute instance, le Comité de politique monétaire (FOMC, qui réunit gouverneurs et présidents de ses banques régionales). Le rapport fait 1 200 pages et s'il fallait conférer une note aux dirigeants de cette très digne instance, nul doute qu'à sa lecture on leur attribuerait facilement un 0/20. Car, à la veille de l'explosion de la bulle financière des emprunts subprimes, qui a engendré la plus grave crise mondiale, financière puis économique depuis quatre-vingts ans, ceux-ci se montrent incapables de saisir la portée d'événements qui s'affichent pourtant sous leurs yeux. Or qu'observe-t-on dès ce moment aux Etats-Unis ? Depuis la fin de l'année précédente, la valeur des appartements et locaux, après une croissance délirante - plus 50 % en trois ans ! - a commencé de tanguer. Mais les dirigeants de la Fed, à aucun moment, ne s'en émeuvent. Au contraire, l'immobilier " atterrit en douceur ", analyse Ben Bernanke, son nouveau président, qui juge, en mars, " improbable que la croissance déraille à cause du marché immobilier ". D'autres vont jusqu'à se réjouir : l'immobilier est entré dans " un sain processus d'ajustement ", assure, en juin, M. Geithner. Mieux, pour la gouverneure Susan Bies, sa chute, en dirigeant les flux monétaires " vers d'autres secteurs ", assurera une " croissance plus vivace encore "... En septembre, M. Geithner ne voit toujours " aucun signe troublant de dommage collatéral " lié aux difficultés immobilières. D'ailleurs, il n'en " attend pas à l'avenir ". Les flux du crédit, avait-il pronostiqué en mars, " suggèrent que la confiance reste considérable dans les perspectives de croissance ". Il n'a toujours pas changé d'avis en décembre 2006 : " L'expansion va se poursuivre ", annonce-t-il (dès janvier 2007, le chômage commence d'enfler). Lors de l'ultime réunion annuelle, le 12 décembre, le marasme immobilier croissant, le rythme exponentiel de l'augmentation des emprunteurs insolvables sont encore perçus par le FOMC comme une " correction " d'errements passés. Juste avant, le gouverneur Kevin Warsh expliquait que " les marchés des capitaux sont aujourd'hui plus bénéficiaires et plus robustes que jamais ". Au fond, rien n'est plus important. Là réside sans doute la clé de l'énigme. Pourquoi cette cécité fatale ? La Fed dispose aux Etats-Unis du personnel le plus nombreux, des ordinateurs les plus puissants pour mouliner les données statistiques, des analystes les mieux formés. Ses dirigeants savent alors que le taux d'emprunteurs insolvables croît rapidement ; ils voient que la valeur du bâti s'affaiblit chroniquement. Ils constatent que les créations d'emplois commencent à décliner. Pourtant, et c'est l'aspect le plus fascinant de ce rapport, ils n'établissent pas de lien entre les signaux qui s'accumulent en provenance de l'économie réelle et leurs conséquences potentielles pour la finance. »


Commentaire : Cette situation de cécité a-t-elle changée ?                                                                                         

Isabelle Croizard dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : La Réserve fédérale américaine en marche vers une plus grande transparence
« L'année 2011 avait été un riche millésime : la Réserve fédérale américaine avait pris la décision de publier des prévisions de croissance et d'inflation trimestrielles et d'organiser quatre conférences de presse par an à l'issue de la moitié de ses huit conseils annuels. La Fed pourrait franchir un nouveau pas vers davantage de transparence, en annonçant l'adoption d'un objectif chiffré d'inflation. Une telle décision rapprocherait la politique monétaire américaine de celle des autres grandes banques centrales. À commencer par la Banque d'Angleterre qui est chargée de faire respecter dans ses décisions de politique monétaire un objectif d'inflation de 2 % en glissement annuel fixé par le gouvernement, ou de la Banque centrale européenne dont l'objectif de 2 % maximum de hausse des prix a toujours eu une incidence majeure sur la fixation de ses taux d'intérêt. Dont les deux dernières décisions prises par Jean-Claude Trichet, qui avait relevé les taux en avril et juillet pour tenter de juguler l'inflation. La fixation d'un objectif d'inflation empêcherait la Fed de laisser filer les prix pour faire reculer le chômage ou alléger le fardeau de la dette publique. En outre, elle permettrait de guider les marchés sur l'évolution prévisible des taux, plutôt que d'enfermer la Fed dans un discours qui prend des allures de carcan. Depuis août dernier par exemple, elle s'est engagée à maintenir les taux à un niveau exceptionnellement bas au moins jusqu'à mi 2013. Cette démarche a néanmoins des détracteurs, notamment parmi les élus démocrates du Congrès, qui craignent de voir la banque centrale privilégier la maîtrise des prix aux dépens du plein-emploi, l'autre pilier de son mandat. Un argument que Ben Bernanke réfute d'un revers de manche. « Les discussions sur les objectifs d'inflation dans les médias américains me rappellent la vision qu'ont les Américains du système métrique: il ne savent pas vraiment de quoi il s'agit, mais ils le trouvent incompréhensible et peut-être légèrement subversif », avait-il ainsi déclaré en 2003. » 


Commentaire : La finance prend le dessus sur l’emploi et le « parapluie » militaire. Comment vont-ils rester les garants d’une certaine stabilité mondiale avec ce système ? Alors que nous sommes en passe de réussir la mise en place de la Paix mondiale, nous cassons cette construction planétaire en faveur d’une vue financière simpliste et stupide. Que sommes-nous en train de faire de la liberté que l’on nous a léguée ? 

                                                                                   
Jack Dion, à propos du livre d’Isabelle Pivert «  La création de valeur pour l’actionnaire ou la destruction de l’idée démocratique », dans « Marianne » du 11 novembre 2011

Article intitulé : Un concept financier qui tient du hold-up
« La création de valeur pour l’actionnaire est une notion inventée par les banques d’affaires anglo-saxonnes, dans les années 80, afin de franchir un nouveau palier dans la course effrénée à la rentabilité financière. Ainsi aboutira-t-on à ces retours sur investissement financiers atteignant des taux déments de 15%, générateurs de prélèvements massifs sur la « valeur ajoutée » (la vraie, celle qui correspond à la richesse produite). D’où la crise. Plus rien n’échappe à la logique de ce que l’auteur appelle l’ « emprise totalitaire d’un concept financier ». Désormais, l’entreprise est conçue uniquement comme un instrument destiné à produire du cash au profit de l’élite des affaires. »


Virginie Robert dans « Les Echos » du 12 janvier 2012

Article intitulé :   La Fed dégage de très importants profits de son portefeuille de titres  
« Toute la politique de soutien à l’économie mise en place par la Réserve fédérale depuis 2008 – avec le rachat massif d’emprunts d’Etat et de produits structurés liés à l’immobilier garantis par les agences hypothécaires – s’est avérée très bénéfique pour le Trésor américain. Comme l’exige la loi, la Fed va verser 76,9 milliards de dollars dans les caisses du Trésor, provenant des profits annuels qu’elle a réalisés (un total de 78,9 milliards de dollars), notamment grâce aux intérêts perçus sur un portefeuille qui atteint maintenant 2.900 milliards de dollars, selon les résultats préliminaires publiés mardi soir. D’autres profits résultent de la vente d’emprunts d’Etat (2,3 milliards de dollars) ou d’opérations sur les taux de change (152 millions de dollars). Le millésime 2011 n’atteint pourtant pas le record de 2010 (79,3 milliards de dollars versés pour un bénéfice de 81,7 milliards) car certaines sources de profits se sont taries, comme celles provenant de l’assureur AIG par exemple, qui a fini de rembourser ce qu’il devait après son sauvetage en 2008. Elle a fait en tout cas beaucoup mieux que toute l’industrie des fonds alternatifs, qui devrait afficher des performances négatives en 2011. 

Dans « Boursorama » du 8 décembre 2011 


Article intitulé : USA: nouvelles inscriptions au chômage à leur plus bas en dix mois
 « Selon le rapport officiel sur l'emploi publié vendredi, le taux de chômage des Etats-Unis a chuté de 0,4 point en novembre pour s'établir à 8,6%, son niveau le plus bas depuis mars 2009, en dépit de créations nettes d'emplois (120.000) théoriquement trop faibles pour permettre à ce taux de baisser. La baisse des nouvelles inscriptions au chômage publiée jeudi laisse présager d'une révision à la hausse des créations d'emplois de novembre, comme cela avait déjà été le cas pour les deux mois précédents. »

Fabio Marketty dans « La Tribune » du 17 novembre 2011

Article intitulé : Etats-Unis : la dette publique dépasse 15.000 milliards, les républicains chargent
 « La dette de l'Etat fédéral américain dépasse 15.000 milliards de dollars depuis mardi, selon des chiffres publiés mercredi par le département du Trésor, au grand dam de nombre de républicains qui font porter toute la responsabilité à l'administration Obama. Elle atteignait ce jour-là 15.033,6 milliards de dollars à la clôture des comptes quotidiens du Trésor, soit 55,8 milliards de plus que la veille, a indiqué le ministère. Cela correspond à 99% du PIB américain prévu par la Maison Blanche pour l'ensemble de l'année 2011. "L'Amérique vient de passer un cap inimaginable: notre dette dépasse 15.000 milliards de dollars. Cela fait plus de 48.000 dollars par Américain", a tonné Reince Priebus, président du Comité national du parti républicain. Le sénateur Mitch McConnell a ajouté dans un communiqué: "Nous avons une dette qui pèse autant que notre économie. Cela nous fait beaucoup ressembler à la Grèce", a-t-il déclaré. Dans son dernier "Moniteur des finances publiques" publié en septembre, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la dette publique des Etats-unis devrait atteindre 100% du PIB à la fin de l'année, 105% en 2012, et continuer de progresser jusqu'à 115% en 2016. »


Commentaire : Revue de presse d’hier : « Hélène Donnadieu, directrice de projets chez BCG souligne que les volumes monétaires américains disponibles, incluant l'argent en circulation, les comptes bancaires courants, les comptes à terme et les fonds monétaires, ont grimpé d'environ 2.350 milliards d'euros depuis début 2007, pour atteindre 7.716 milliards d'euros en octobre. Cette abondance de capitaux immobilisés est d'autant plus étonnante que le loyer de l'argent évolue à des planchers historiques de part et d'autre de l'Atlantique. D'après Franck Nicolas, directeur de l'allocation d'actifs chez Natixis Asset Management, elle provient «à la fois des entreprises, dont les bilans regorgent de trésorerie, mais qui hésitent encore à se relancer dans des investissements par manque de visibilité… »                                                                                    

Jérôme Marin dans « La Tribune » du 28 octobre 2011

Article intitulé : L'Amérique a renoué avec une croissance soutenue cet été
 « La croissance de l'économie américaine s'est bien renforcée cet été, écartant tout risque de récession à court terme. Au troisième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 2,5 % en rythme annuel, conformément aux attentes des économistes. Ces derniers avaient relevé leurs prévisions ces dernières semaines après avoir craint le pire en début d'été. « Les dernières données macro-économiques suggéraient déjà que le deuxième semestre sera meilleur que le premier, où la croissance avait été affectée par les prix de l'énergie, la catastrophe japonaise et les incertitudes sur le plafond de la dette », renchérit Kevin Cummins d'UBS. Certes, le moral des ménages américains est en berne - il a chuté en octobre à son plus bas niveau depuis mars 2009 -, mais les dépenses de consommation ont augmenté de 2,4 % pendant l'été. Un rythme trois plus élevé qu'au deuxième trimestre. Plus significatif encore que la progression des ventes de voitures ou d'appareils électroménagers, les dépenses dans les services ont grimpé de 3 % sur le trimestre. Du jamais vu depuis 2006, mettant en évidence une déconnexion entre la confiance des Américains, affectée par la déprime des marchés boursiers, et leur comportement de consommateurs.


Commentaire : « déconnexion entre la confiance des Américains, affectée par la déprime des marchés boursiers, et leur comportement de consommateurs », cette déconnexion s’appelle la consommation de renouvellement (quoiqu’il arrive nous devons, d’une façon ou d’une autre, remplacer nos biens usés.) Cette consommation qui se fait sur une grande masse est la première étape de la reprise retrouvée et du « redémarrage » de l’économie.

Dans « Challenges » du 6 octobre 2011

Article intitulé : Taxer les riches, Oui, mais bien !
« Désormais, aucun ménage gagnant plus de 1 million de dollars par an ne devrait pouvoir acquitter un impôt inférieur à celui d’une famille de la classe moyenne. Capter les revenus des riches pour réduire les déficits n’est pas une question de « lutte de classes » mais de « mathématiques », a dit le président américain. Aux Etats-Unis, par exemple, il suffirait de supprimer les multiples mesures de déductions fiscales dont bénéficient les contribuables, et principalement les hauts revenus, pour permettre à l’Etat de lever près de 1 000 milliards de dollars par an !» 

                                                                        

Patrick Artus dans « Challenges » du 15 septembre 2011

Article intitulé : Les Etats-Unis sont mal barrés
« Le partage des revenus est très défavorable aux employés. Les salaires réels ont baissé outre-Atlantique, ils sont même plats depuis 2002, ce qui a engendré des profits qui n’ont pas été utilisés pour l’investissement. Les entreprises américaines, à l’instar des nipponnes, se sont retrouvées avec des montagnes de cash qui n’ont bénéficié ni la croissance à moyen terme, ni à la croissance à long terme. La dette a remplacé les salaires comme moteur. Elle a cru pour stimuler la demande. Depuis, le désendettement s’est amorcé, mais il a été moins rapide que la baisse du prix des actifs. »


Commentaire : Seul le pouvoir d’achat utilisé par le plus grand nombre est garant de pérennité en termes SOCIOECOPOFI (SOCIOlogie, ECOnomie, POlitique, FInance). La financiarisation, la stagnation des salaires et le chômage mènent à la régression SOCIOECOPOFI.

Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du FMI, dans « Les Echos » du 30 mai 2011
Article intitulé : Le dilemme de la Fed  
« Beaucoup de traders avisés de Wall Street sont convaincus que le relâchement monétaire n’est rien d’autre que le vieux « Greenspan put » renforcé (politique portant le nom du prédécesseur de Bernanke qui consiste à intervenir sur les taux dès que les indices boursiers sont mauvais).Les traders ont-ils raison ? Le relâchement monétaire n’est-il que la prolongation du « Greenspan put » ? Il est vrai que les taux d’intérêt sont tellement bas que cela encourage les investissements dans des actifs à risque. La Fed estime sans doute que c’est le rôle des régulateurs de veiller à ce qu’une bulle des actifs ne provoque pas un excès de crédit et finalement une crise de la dette, même si la politique monétaire doit intervenir. L’année prochaine ou guère plus tard, la Fed va probablement entrer dans une phase de resserrement monétaire et va augmenter par paliers importants les taux d’intérêt. Elle ne veut pas se précipiter, car l’économie américaine est encore faible, le taux de croissance du premier trimestre n’étant que de 1,8 %. Mais elle ne peut pas non plus attendre trop longtemps, car l’attente d’inflation pourrait s’accroître dangereusement, ce qui contraindrait la Fed à prendre des mesures plus agressives, avec tous les inconvénients que cela comporte, pour se débarrasser de l’inflation. » 


Muriel Motte dans « Les Echos »  du 30 mai 2011
Article intitulé : Ombres et brouillard
« Deux ans déjà que la plus longue récession de l’après-guerre – dix-huit mois, de décembre 2007 à juin 2009 – a pris fin aux Etats-Unis. Nonobstant l’état de délabrement du secteur immobilier et le niveau élevé du chômage selon les standards américains, Washington va célébrer l’événement en supprimant à la fin du mois un élément essentiel de sa politique de relance, le « quantitative easing » (QE1, puis QE2) mené par la banque centrale. La perspective redonne quelques couleurs au billet vert, dont la valeur a fondu à mesure que grossissait le bilan de la Fed, passé de 900 à plus de 2.700 milliards de dollars. Rien de grave, la compétitivité du made in America n’est pas compromise par son rebond de 3 % face à six grandes devises depuis début mai. L’embellie tient beaucoup à la prudence des fonds spéculatifs qui ont réduit leurs positions vendeuses à leur plus bas niveau depuis janvier, révèlent les statistiques du Chicago Mercantile Exchange. Voilà deux ans que des milliards de dollars nouvellement émis sont revendus contre d’autres actifs mieux rémunérés qu’au taux zéro de la Fed, sur les marchés émergents notamment (actions, dette, devises). L’arrêt du QE2 devrait couper un robinet néfaste au cours du billet le plus négocié au monde. »

 

Caroline Talbot dans « Les Echos »  du 24 mai 2011
Article intitulé : 56 %
« Les jeunes Américains, titulaires d'un diplôme universitaire après quatre ans d'études, peinent à trouver un premier emploi. Selon une enquête menée par Knowledge Networks pour l'université Rutgers auprès de 571 jeunes de 22 à 29 ans ayant reçu leur diplôme au printemps 2010, seuls 56 % ont été embauchés. Ils étaient 90 % en 2006, avant la récession. Les salaires ont été aussi revus à la baisse. En 2006, les jeunes diplômés gagnaient en moyenne 30.000 dollars par an (21.417 euros) contre 27.000 dollars (19.272 euros) aujourd'hui. Les garçons perçoivent 5.000 dollars annuels de plus que les filles. Les élèves qui ont fait des stages pendant leurs études sont mieux rémunérés (+ 20 %) que les autres »                                                                                      

Luis Lema dans « Le Soir », journal Belge, du 19 mai 2011
Article intitulé : Un système coûteux et peu efficace   


« 1% des Américains sont en prison. Dans le cas des jeunes Noirs, la proportion croît exponentiellement jusqu’à 33 % ! C’est de loin de le taux le plus élevé des « pays développés », et même du monde entier, bien devant la Russie, l’Iran ou la Chine. Aux States contrevenir à la loi, même s’il ne s’agit que d’une affaire de roulage, peut conduire à la prison. Et les peines sont cumulatives. »                                                                                    

Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 16 mai 2011 :
Article intitulé : La cotation à Wall Street séduit à nouveau   les sociétés étrangères   


« Depuis le début de l’année, Wall Street est redevenue la terre d’accueil de nombreuses sociétés étrangères : les montants levés par les 17 entrées à la cote d’entreprises non américaines ont dépassé les 4 milliards de dollars entre janvier et mai selon Dealogic. Du jamais-vu sur la période ! Les entreprises chinoises se sont notamment pressées à la cote. Ce regain d’intérêt marque un vrai tournant, alors que nombre de sociétés occidentales se sont retirées de Wall Street ces trois dernières années. Il s’explique d’abord par le dynamisme du marché primaire : presque 24 milliards de dollars ont été levés en presque cinq mois sur les marchés américains contre seulement 9 milliards en Europe. »                                                                                           


Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 13 mai 2011 :
Article intitulé : Les Etats-Unis s'enfoncent dans la crise immobilière


« L'agent immobilier trouve un propriétaire déterminé à vendre son appartement le plus vite possible. La chose est aisée : 28,4 % des emprunteurs américains sont under-water (sous la ligne de flottaison), la valeur de leur propriété étant devenue inférieure au montant emprunté pour l'acquérir, selon l'étude immobilière Zilow. Paniqués à l'idée de payer des années pour un bien dévalorisé, nombreux sont ceux qui cherchent à s'en débarrasser. L'agent trouve alors des " experts " qui l'évaluent au plus bas. Puis il convainc le propriétaire aux abois de vendre à un prix très inférieur à la cote du marché, pour éviter une perte plus grande à l'avenir. Affaire conclue, un acolyte acquiert le logement puis l'agent le revend au prix du marché. Les deux hommes se partagent la différence. Depuis bientôt cinq ans, rien n'enraye ce recul dévastateur. De plus en plus d'Américains privilégient la location où, la demande aidant, on observe une reprise à la hausse des loyers dans des grandes villes. La construction est un champ de ruines. Enfin, les fournisseurs d'emprunts se payent sur la bête. »                                                                                                

Muriel Motte dans « Les Echos » du 20 avril 2011 :
Article intitulé : Entre deux eaux   


« Le budget, la politique monétaire et le taux de change sont les trois armes dont disposent les grandes puissances pour piloter leur économie. Après le coup de semonce de Standard & Poor’s sur les finances publiques américaines, dont on attend qu’il accélère les compromis sur la réduction du déficit budgétaire, Wall Street guette les intentions de la banque centrale sur l’avenir de sa politique d’assouplissement quantitatif (le QE2) et ses taux d’intérêt. A huit jours de la première conférence de presse que tiendra Ben Bernanke à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire, « colombes » et « faucons » de la Fed donnent de la voix. Les premiers (Janet Yellen, William Dudley) soulignent le bien-fondé des mesures en vigueur et la fragilité de la reprise. Les seconds (Charles Plosser, Richard Fisher) réclament la fin des rachats de dette (le QE2) et une hausse des taux pour contrer la poussée inflationniste. Les « faucons » s’inquiètent, eux, de la remontée des anticipations d’inflation à leur niveau de 2008. Ils jugent que, à l’aune des profits record des entreprises et du réveil des créations d’emplois, l’économie n’a plus besoin de la béquille des liquidités monétaires. Bref, l’Amérique n’irait ni assez mal pour justifier un troisième plan de rachat de dette (QE3), ni assez bien pour annoncer un prochain relèvement de ses taux. »

   
Virginie Robert et Pierre de Gasquet dans « Le Monde » du 19 avril 2011 :
Article intitulé : S&P envisage de dégrader la note des Etats-Unis   


« Standard & Poor’s a envoyé un grand coup de semonce hier, en abaissant à « négative » la perspective attachée à la dette des Etats-Unis tout en maintenant sa notation AAA. « Nous pensons qu’il y a un risque significatif à ce que les législateurs américains ne parviennent pas à trouver avant 2013 un accord sur la façon de gérer les déficits budgétaires à moyen et long terme », affirme l’agence. Le Royaume-Uni, par exemple, dont la perspective a été abaissée en mai 2009, a retrouvé une perspective stable quatre mois après qu’un nouveau gouvernement de coalition a instauré un budget d’austérité en juin 2010. « La Grande-Bretagne et la France notamment ont déjà pris des actions correctrices pour réduire les dégâts de la crise financière, les Etats-Unis ne l’ont pas encore fait », a indiqué hier Nikola Swann, de S&P. Pour Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez et président de Paris Europlace, qui était hier à New York,« cela montre que les Etats- Unis ne peuvent pas forcément conserver le rating dont ils jouissaient naturellement tant que le dollar était la monnaie de réserve mondiale incontestable. Avec un déficit double de celui de la zone euro, les Américains vont devoir s’attaquer sérieusement au problème de leur dette publique, car c’est le reste du monde qui finance aujourd’hui le déficit américain. » « Clairement, S&P a tiré un premier coup de semonce au regard de la trajectoire de la dette américaine et attend des améliorations dans les six prochains mois », observe Chris Turner, chez ING. Le déficit budgétaire américain pourrait osciller entre 1.500 et 1.650 milliards de dollars cette année, tandis que la dette fédérale va dépasser le plafond de 14.300 milliards fixé par le Congrès, un seuil que les parlementaires vont devoir rapidement réviser à la hausse s’ils veulent éviter que les Etats-Unis soient en défaut de paiement. Avec plusieurs mois de retard, le Congrès vient tout juste de voter le budget pour l’exercice fiscal en cours (2011), le réduisant de 38 milliards de dollars. Les législateurs doivent à présent commencer les négociations sur le prochain budget 2012. La dernière fois que la notation de la dette souveraine américaine a été sous pression remonte aux années 1995-1996, quand Moody’s avait placé une partie de la dette fédérale sous surveillance négative. »


Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI 95/96 = 2011/2012. Pas de panique !

Pierre de Gasguet dans « Les Echos » du 31 mars 2011 :
Article intitulé : Washington veut réduire d’un tiers ses importations de pétrole  


« En axant le débat sur la sécurité énergétique et le renforcement de l’indépendance des Etats-Unis, le président américain a annoncé un objectif ambitieux de réduction d’un tiers des importations de produits pétroliers d’ici à 2025, par rapport au niveau actuel de 11,7 millions de barils importés par jour tout en réaffirmant son objectif de 80 % d’électricité provenant d’énergies propres en 2035. En revanche, même au lendemain de la catastrophe de Fukushima, il continue à voir dans le nucléaire un élément important de l’avenir énergétique du pays. « Nous devons augmenter notre production de pétrole domestique, mais aussi investir dans le solaire et l’éolien, le géothermique et les biocarburants et faire en sorte que nos immeubles et nos voitures soient plus efficients », a lancé Barack Obama, insistant sur la nécessité de ne pas seulement réagir aux soubresauts des « prix à la pompe ». Selon les calculs de l’administration démocrate, les nouveaux standards imposés aux constructeurs automobiles en matière d’économies d’énergie sur 2012-2016 devraient permettre d’épargner quelque 1,8 milliard de barils sur cette période. Le projet de budget 2012 prévoit également un crédit d’impôt de 7.500 dollars pour favoriser l’achat de véhicules propres en vue d’atteindre le chiffre de 1 million de voitures électriques vendues en 2015. »

Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI
                                                                             

Dans « Challenges » du 17 février 2011 :
Article intitulé : Regards
« Pour chaque dollar dépensé, l’Etat américain emprunte 40 cents »
« 700 milliards de dollars, c’est le budget annuel américain de la défense, autant que les 20 plus grosses dépenses militaires mondiales réunies. »

Virginie Robert dans  « Les Echos » du 10 février 2011 :
Article intitulé : Bernanke encourage le Congrès à la maîtrise de la dette publique et des déficits  

 « Le président de la bourse centrale américaine semble plus optimiste sur le front de l’emploi et voit la croissance s’accélérer en 2011. Il écarte toujours le risque d’une inflation trop forte mais s’inquiète de la politique fiscale des Etats-Unis. Agir maintenant pour développer un programme qui réduira les déficits à venir ne va pas seulement améliorer la croissance économique et la stabilité sur le long terme, mais pourrait créer des bénéfices substantiels à court terme en réduisant les taux d’intérêt à long terme et en accroissant la confiance des consommateurs et des entreprises », a insisté le président de la Fed. »

Pierre de Gasquet dans  « Les Echos » daté du 31 janvier 2011
Article intitulé : Etats-Unis : l’économie a retrouvé  sa croissance d’avant-crise 


«  Le consommateur américain est de retour. Du moins à en juger par le boom de la demande intérieure au dernier trimestre (+ 4,4 %). Selon les derniers chiffres publiés vendredi par le département du Commerce américain, la croissance du PIB s’est établie à 3,2 % en rythme annuel au dernier trimestre (après un gain de 2,6 % au trimestre précédent). Sur l’ensemble de l’année 2010, cela porte la croissance du PIB américain à 2,9 % (contre un recul de 2,6 % en 2009), soit un niveau comparable à celui de 2006.  « Les signaux de demande ont été pour la plupart solides et cela  restera une force motrice pour la croissance en 2011 », estime Kevin Logan, chef économiste de HSBC pour les Etats-Unis. Selon certains analystes, ce rebond de la demande intérieure indique que l’économie américaine semble désormais passée d’une phase de reprise à une phase d’expansion. Pour 2011, le consensus des analystes prévoit un niveau de croissance de 3,1 % pour l’économie américaine. »

Sylvain Cypel dans « Le Monde » en date du 29 décembre 2010 :

Article intitulé : Aux Etats-Unis, une consommation accrue nourrit les espoirs de reprise
« En novembre, pour le cinquième mois consécutif, l'investissement industriel est reparti à la hausse. Même si les données ne sont pas spectaculaires, c'est un signe que la confiance remonte. Surtout, là encore pour le cinquième mois consécutif, les Américains ont accru leur consommation. Même les achats d'appartement, l'un des secteurs les plus flapis, ont poursuivi en novembre une lente remontée : + 0,4 %, après + 0,7 % en octobre, mois qui avait constitué la plus forte hausse de ce secteur depuis août 2009. Se fondant sur les données générales à leur disposition, les analystes de Morgan Stanley ont révisé leur prévision de consommation des Américains au dernier trimestre de + 3,5 % à + 4,1 %. Selon une enquête menée sur 50 jours (du 5 novembre au 24 décembre) pour MasterCard par le cabinet SpendingPulse dans les grandes surfaces et les magasins spécialisés, les Américains, hors achats de véhicules, ont accru leurs dépenses de consommation courante avant les fêtes de 5,5 %, après une régression de 6 % en 2008 et une légère reprise l'an dernier. Habillement en hausse de 11,2 %, bijouterie de 8,4 %, produits de luxe tous confondus de 6,7 %, sont symptomatiques de cette évolution. Même les achats de meubles d'appartement, après quatre ans de recul ininterrompu, ont augmenté pour la première fois de volume en fin d'année. Nombre d'analystes insistent sur le fait que les Américains retrouvent un niveau de consommation supérieur à celui des mois d'avant le début de la crise. Ainsi, l'estimation des achats d'avant Noël par SpendingPulse atteint cette année 584,3 milliards de dollars (444,2 milliards d'euros), à comparer aux 566,3 milliards de 2007. Une comparaison qui, ne tenant pas compte de l'inflation, reste cependant peu convaincante. »



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