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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
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- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Bruno Biais, chercheur à la Toulouse School of Economics, dans « Les Echos » du 31 août 2011
Article intitulé : Le système bancaire, maillon faible de la zone euro
« La crise financière que nous traversons conduit de nombreux commentateurs à annoncer une crise de l’euro. Or le lien n’est pas clair entre ces deux événements. L’euro est une monnaie, un moyen de paiement visant à faciliter les échanges. Rien à voir avec les obligations grecques, titres de dette visant à financer le fonctionnement et l’investissement d’un Etat. D’ailleurs, si les marchés sont défiants vis-à-vis de ces obligations, ils ont une attitude toute différente vis-à-vis de l’euro. Le cours de cette devise reste élevé. Toutes choses égales par ailleurs, on n’observe pas plus de réticence à détenir des titres libellés en euros que des titres libellés en dollars ou en livres. Cette confiance en la monnaie européenne est justifiée, puisque, grâce à l’indépendance de la Banque centrale, le risque d’érosion de sa valeur par l’inflation est faible. Quant aux Cassandre prédisant que l’Allemagne risque de sortir de l’euro, qu’ils se rassurent. Les industriels allemands ne désirent nullement voir leur compétitivité anéantie par des prix libellés en une devise surévaluée par le marché, à l’instar du franc suisse. Il existe néanmoins un lien possible entre la monnaie et la dette des Etats européens, et ce lien passe par le système bancaire. Ce n’est pas la Banque centrale qui fournit des moyens de paiement aux ménages et aux entreprises, ce sont les banques. Celles-ci se retournent ensuite vers l’institut d’émission, qui leur prête de la monnaie banque centrale. Les conditions auxquelles elle accorde ces prêts sont l’élément central de la politique monétaire. Une des conditions est que ces prêts sont gagés sur le collatéral apporté par les banques à la Banque centrale. Au cas où une banque ferait défaut, la Banque centrale entrerait en possession du collatéral. Or, et c’est là que s’établit un lien entre crise de la dette publique et crise de la monnaie, le collatéral apporté par les banques européennes à la BCE est un des actifs essentiels de leur bilan : les obligations émises par des Etats européens. Si le défaut de la Grèce sur sa dette prenait une très grande ampleur, des banques (en particulier des banques grecques) feraient à leur tour défaut. Au lieu du remboursement promis, la BCE obtiendrait le collatéral : des obligations grecques fortement dépréciées. Si les pertes résultantes pour la BCE étaient élevées par rapport à son capital, la Banque centrale elle-même serait fragilisée. Elle devrait être recapitalisée par ses actionnaires : les banques centrales nationales, et, in fine les Etats européens. Une telle situation risquerait d’entamer la confiance des marchés en la BCE, et, par là, leur confiance dans l’euro. Or c’est la confiance qui est au principe de la valeur d’une monnaie. Fort heureusement, ce scénario catastrophe est peu probable. Il importe néanmoins, à la fois pour cette crise et pour ses éventuels avatars, de mettre en place des garde-fous. D’une part, les banques doivent être suffisamment capitalisées pour réduire considérablement le risque de leur défaut, et du contrecoup qu’il aurait sur les autres acteurs du marché, en particulier la BCE. Il est donc nécessaire que les banques émettent rapidement des actions nouvelles pour consolider leur situation financière et parvenir à des ratios de capital très solides. D’autre part, il convient de cesser de confondre solidarité européenne et incitation à la débauche. Rappelons-nous que, jusqu’en 2008, les marchés prêtaient sans rechigner à la Grèce ou l’Espagne, à des taux extrêmement faibles, très proches des taux allemands. C’est à cause de cette attitude que la Grèce a pu s’endetter déraisonnablement. Or les investisseurs étaient motivés par l’espoir qu’en cas de crise les autres pays européens voleraient au secours des pays menacés de défaut. Pour éviter le renouvellement de tels excès, il faut annoncer qu’à l’avenir les investisseurs devront supporter le coût du défaut de paiement des pays auxquels ils auront imprudemment prêté. Le renforcement du capital des banques, proposé plus haut, permettra cette responsabilisation. En effet, il permettra d’éviter la logique perverse du « too big to fail », qui commande de sauver les institutions défaillantes, réduisant considérablement pour elles (mais non pour la société) le coût d’investissements s’avérant peu judicieux.Ces conditions peuvent sembler exigeantes. Mais elles sont nécessaires pour éviter que des comportements irresponsables ne menacent la construction monétaire européenne et la stabilité de notre monnaie – bien commun fort précieux en ces temps incertains. »
Commentaire : Article très didactique. A lire et relire.
Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, dans « Le Figaro » du 8 décembre 2010 en page 14 :
Article intitulé : Euro : osons toutes les hypothèses, même celles qui gênent les banquiers
« Nous traversons une crise qui réveille dans le domaine financier les vieux démons de l’Europe : divisions, communication incompréhensible, manque de vision et de cohérence. Tout se passe comme si nous nous satisfaisions d’une approche au cas par cas. Nous sommes à l’image de ces médecins qui attendraient toujours le prochain symptôme pour poser un diagnostic définitif et préconiser la médecine qui traitera la maladie. Que faire, il ne suffira pas de continuer à inonder les marchés de liquidité (au risque de créer de nouvelles bulles sur les matières premières, l’immobilier ou certaines dettes d’Etat) et d’imposer des mesures d’austérité draconiennes aux peuples les plus touchés pour traiter le problème. Nous ne faisons que repousser des échéances inéluctables tout en accablant les couches moyennes et populaires qui seront les premières victimes de nos atermoiements ; ce sont les montagnes de liquidité et de dette qui font le lit de la rigueur de demain. Osons réformer, assainir, mieux gouverner. Alors, et seulement alors, nous aurons bien servi l’Europe qui demeure notre horizon indépassable. »
Jacques Delors dans « Le figaro » du 16 juin 2010 en page 14 :
Article intitulé : Après les pompiers, l’Europe attend les architectes.
« L’Euro représente 27% des réserves mondiales des banques centrales. Dans les plus graves crises qu’ait connues l’Europe, il signale la crise des changes des années 1992-1993. Il y a un paradoxe. L’endettement des Etats s’est accru de façon spectaculaire, parce qu’ils sont venus au secours des banques et du système financier. Et c’est ce même système financier qui, maintenant, pointe le doigt sut les déficits excessifs tout en s’inquiétant de l’effet de la rigueur nécessaire sur la croissance et l’emploi.
Commentaire : La crise 1992-1993 donne en cycle SOCIOECOPOFI crise en 2008-2010. CQFD.
Isabelle Croizard dans « La Tribune » du 16 juin 2010 en page 27 :
Article intitulé : L’euro commence à résister aux mauvaises nouvelles.
« En des temps pas si lointains, la série de mauvaises nouvelles annoncées depuis lundi soir aurait fait chuter l'euro. Elle n'est pourtant pas parvenue à briser son élan. Le marché, qui a retrouvé un certain goût du risque, commencerait-il à croire que la « révolution » de la gouvernance de la zone euro, dont parlait mardi Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, est bel et bien en marche. A moyen terme, en tout cas, nul doute que la crise, si elle permet la réduction des déficits publics, même en pesant momentanément sur la croissance, sera favorable à l'euro et aux actifs libellés en monnaie unique. Même si la plupart des stratèges continuent à prévoir une nouvelle dégradation de l'euro."
Joshua Rosner dans "La Tribune" du 28 avril 2010 en page 13 :
Article intitulé : Crise de l’euro : les vrais coupables.
« Au début, ce sont les spéculateurs, les « vendeurs à découvert » et les hedge funds qui ont été pointés du doigt. Pourtant, les véritables responsables sont plutôt ceux qui, profitant de l’inefficacité de la surveillance exercée par les autorités, ont créé des actifs toxiques et dissimulé leur niveau de risque : institutions bancaires, banques d’investissements et agence de notation. Les banques d’affaires exploitent les lacunes réglementaires, juridiques et comptables pour cacher la véritable situation économique de l’emprunteur. Et pour rassurer les marchés, elles utilisent la caution d’agences de notation. Ainsi, en dépit de leur devoir d’informer les investisseurs de l’ensemble des risques auxquels ils s’exposent, les banques induisent ces derniers en erreur. S’ils avaient été totalement informés de la situation de l’emprunteur, ces investisseurs auraient prêté à des taux d’intérêt bien plus élevés. Les banques se sont surtout appliquées à fabriquer, sur de fausses bases, une demande artificielle pour des produits financiers opaques et risqués. Et plutôt que d’agir dans l’intérêt de leurs concitoyens, les représentants officiels ont décidé qu’ils pouvaient appliquer la loi de façon arbitraire pour dissimuler leur complicité (crise grecque). La crise ne connaîtra pas de fin tant qu’ils n’admettront pas, tout comme nous tous, la réalité de ce délit. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 26 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : La Grèce et les marchés : le sage montre l’étoile et l’imbécile regarde le doigt.
« Proverbe chinois, que nous rappelle Hubert Jousset, le président du fonds Gefip : « Quand le sage montre l’étoile, l’imbécile regarde le doigt. » L’ « étoile » est en l’occurrence l’économie grecque, le « sage » représente les marchés qui s’inquiètent de son rôle étoile pâlissante. Et dans le rôle de l’ « imbécile », l’opinion publique, qui ne veut pas voir la réalité en face. »
Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » du 27 octobre 2009 :
« Vous qui croyez – ou – plutôt à qui l’on tente de faire croire que le monde est passé à côté du gouffre - passez votre chemin ! La baisse du dollar serait orchestrée depuis la Maison-Blanche…Ce qui agace prodigieusement les Russes, les Emirats ou les Américains du Sud qui vendent leurs matières premières en dollar. Si le dollar baisse ainsi, c’est parce que tel est le désir des Américains. Dans une économie mondialisée où les barrières douanières ont presque disparu, la meilleure protection consiste à jouer sur les parités de change. Avec un dollar faible, voire très faible, les entreprises exportatrices localisées aux Etats-Unis voient la compétitivité de leurs produits s’accroître de 20% en un an. En faisant baisser le dollar, non seulement les Américains se donnent de l’oxygène supplémentaire, mais ils diminuent en plus le coût du travail sur leur sol. Dans les mois qui viennent ils vont ainsi rapatrier des usines délocalisées aux Etats-Unis où le prix de revient des produits (salaires plus transports) sera équivalent à celui qu’ils obtiendraient au Sichuan ou à Bangalore . »