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Article intitulé : Régulation financière : « les Etats refusent de céder la moindre autorité à l’Europe.
« Jean-Paul Gauzes : Le Parlement européen n’est pas inflexible. Il cherche simplement à mettre un peu plus d’Europe dans la règle du jeu. C’est la leçon de la crise : les futures instances européennes de surveillance doivent avoir un pouvoir d’injonction aux organismes nationaux, faute de quoi elles ne seront pas des autorités européennes. C’est une question de bon sens et d’efficacité. Le Parlement ne cédera pas parce que c’est le minimum qui est dû à l’Europe. »
Commentaire : Nous vivons la transformation du pouvoir National en pouvoir Européen. L’Europe économique et politique vit sa mise en place.
Article intitulé : On ne peut pas résoudre une crise de dette par plus d’endettement.
Thorsten Polliet, chef économiste de Barclays Capital en Allemagne : « On ne peut pas résoudre le problème par de l’endettement supplémentaire. Pour soutenir certains pays pris dans une crise de dette, les gouvernements vont devoir emprunter encore. Ce n’est pas une solution. L’urgence aujourd’hui, pour la zone euro, c’est d’annoncer une stratégie crédible de réduction des déficits. On doit se rappeler qu’à l’origine, si le pacte de stabilité avait été respecté à la lettre, on n’en serait pas là. »
Article intitulé : Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette.
« Le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18% pour les emprunts à deux ans ».
Article intitulé : Vers un pacte de stabilité renforcé.
« La solidarité aura un prix : celui d’une plus grande rigueur budgétaire. Les Allemands, qui ont inscrits l’objectif de l’équilibre budgétaire dans leur Constitution, ne peuvent faire monnaie commune avec des pays qui laissent filer leur déficits. Encore moins s’ils doivent les renflouer ! Les politiques entravant la compétitivité, comme par exemple le relâchement des salaires, seront surveillées. »
Article intitulé : La crise de l’Europe est idéologique.
« Les fondements de l’Union européenne sont incompatibles avec la manière dont sont gérés les Etats européens. L’Union européenne est libérale, les gouvernements nationaux, fussent-ils de droite, sont d’inspiration idéologique socialiste. A l’origine de l’Europe, un entrepreneur (pas un diplomate mais un négociant en cognac), Jean Monnet, après la seconde guerre mondiale, constatait que les gouvernements européens n’étaient jamais parvenus et ne parviendraient jamais à faire de l’Europe une zone de Paix et de prospérité. Au moteur diplomatique, il substitua le moteur économique : le libre échange et l’esprit d’entreprise devraient, envisageait-il générer des « solidarités concrètes », qui élimineraient la guerre et la misère. Hélas, les gouvernements nationaux ont cru qu’il serait possible d’accumuler les bénéfices de l’Europe libérale, tout en superposant les délices électoraux du socialisme. Il en est résulté un endettement remarquablement homogène, dans tous les pays d’Europe, de l’ordre de 100% de la richesse nationale, entre 91% en Allemagne et 133% en Grèce : un écart assez modeste entre ces extrêmes. La différence aujourd’hui tient moins à l’endettement et au mode de gestion des Etats qu’à la capacité de remboursement variable selon ses débiteurs. Ces Etats providences, par leur coût financier et la déresponsabilisation éthique qu’ils légitiment, ont asphyxié la croissance économique en Europe : nous sommes le continent du déclin, mais du déclin solidaire. Pourquoi un modeste contribuable français ou allemand paierait-il les impôts auxquels a échappé un Grec riche, tout cela pour financer des syndicats ou des militaires grecs ? La finance européenne est si enchevêtrée que l’euro dû par la Grèce l’est en réalité à une banque allemande ou française. Par conséquent, que les non-Grecs volent au secours ou pas de la Grèce n’y changerait rien : notre faillite serait collective. Il s’agit de mettre un terme ou non à la stratégie du déclin européen. A tout prendre, on devrait remercier les Grecs, qui, par inadvertance certes, ont interrompu la sieste européenne. »
Article intitulé : Ordre régional, solution de Paix ?
« C’est ainsi que l’Europe s’est construite, sur les ruines et les atrocités du second conflit mondial. C’est selon cette logique aussi que l’Amérique latine (notamment avec le Mercosur), mais également l’Afrique et des fragments d’Asie rencontrent la modernité. Le vieux continent sut jadis satisfaire de telles exigences : il n’est pas sûr aujourd’hui que les conditions y restent favorables et qu’au-delà du défaut de leadership, la plupart des Etats n’aient pas choisi une intégration sélective, renouant partiellement avec une logique de compétition à laquelle l’élargissement à l’est n’est pas étranger. »
Article intitulé : L’Europe est morte, vive l’Europe !
« Il s’agit de rappeler que les peuples sans mémoire n’ont pas d’avenir. »
Article intitulé : Pour l’Europe, prenons nos responsabilités.
« Si Robert Schuman avait écouté des « conseillers en communication » plutôt que sa conscience, et commandé un sondage d’opinion avant d’agir, jamais il n’aurait proposé à l’Allemagne, cinq années après la guerre, un partenariat égalitaire. Les relations franco-allemandes auraient sans doute pris une tournure moins amicale. Si, en 1985, à Milan, la présidence italienne n’était pas passée outre l’opposition résolue de Margaret Thatcher, le marché unique imaginé par Jacques Delors n’aurait pas vu le jour, au détriment de nos entreprises et de nos emplois. Si le chancelier Kohl avait cédé aux innombrables voix hostiles à la monnaie unique et si des partenaires comme François Mitterrand ou Felipe Gonzalez ne l’avaient pas soutenu par-delà les appartenances politiques, l’euro n’existerait pas. La crise financière de 2008 aurait eu pour l’Europe des conséquences catastrophiques.
Loin de nous l’idée que l’Union européenne puisse être faite sans associer les citoyens ! Mais sur certains sujets où l’intérêt général est en jeu, les pouvoirs publics doivent faire preuve de pédagogie et de courage pour aller à l’encontre des idées reçues et des préjugés. »
Jean-Louis Bourlanges, Institut Thoma More, dans "Le Figaro" du 8 février 2010 page 16 :
Article intitulé : Existe-t-il une identité européenne ?
« Quant au défi que nous lance notre héritage de grandeur, il nous oblige, comme Pierre Manent le dit à juste titre, à repenser l’articulation de nos deux identités, la nationale et l’européenne. Affaire délicate parce que les Etats nationaux ont été inventés par l’Europe et que la monstrueuse rivalité de ces nations a conduit les Européens à un quasi-suicide collectif : pour l’Europe, les Etats sont à la fois un élément d’identité et une promesse de destruction. La réussite de la construction européenne suppose que nous dépassions cette contradiction. »
Marie-France Baud dans « Confrontations Europe » de janvier à Mars 2010 en page 44 :
Article intitulé : L’itinéraire de Jérôme Monod.
« Si Jérôme Monod déplore que le monde économique prenne le dessus sur le monde politique, il regrette encore que ce dernier n’ait ni la force ni les hommes ni le soutien suffisant de l’opinion publique pour réagir et avancer ensemble au niveau de l’Europe alors que 450 millions d’habitants pourraient avoir une force économique et politique majeure. Je ne crois pas que l’on puisse faire une Europe qui soit simplement de bonne harmonie entre les nations. Il faut un pouvoir politique européen qui soit enlevé aux nations. »
Rémi Barroux dans « Le Monde » du 3 décembre 2009 :
Propos de Jacques Delors « Les limites de l’Europe sociale datent d’avant la crise. L’échec principal date de 1993 quand les gouvernements n’ont pas appliqué les prescriptions du Livre blanc sur la croissance, la compétitivité et l’emploi. Le texte était prédictif puisqu’il abordait les questions d’environnement, d’organisation urbaine, donnant des orientations pour les politiques nationales et européennes. »