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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
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Anne Bauer dans « Les Echos » du 23 janvier 2012
Article intitulé : Chaque Européen gaspille 179 kilos de nourriture par an
« Chaque citoyen européen jetterait l'équivalent de 179 kilos de nourriture saine par an, soit près de la moitié des denrées disponibles. Ce gaspillage pose aussi question face aux 70 millions d'Européens qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Une situation absurde alors que les associations caritatives et une majorité d'Etats ont dû lutter pied à pied pour maintenir le programme européen d'aide alimentaire aux plus démunis. »
Dans « Trends.be avec Belga » du 3 janvier 2012
Article intitulé : Spéculation : le coût de la nourriture a augmenté de plus d'un tiers en 2011
« Les faibles stocks alimentaires créent les conditions pour la spéculation" sur les prix des produits alimentaires, a estimé le nouveau patron de la FAO, plaidant pour un renforcement de la production agricole et une augmentation des stocks. L'agence avait alors prévu un maintien des prix à un niveau élevé en 2012 et souligné que le coût de la nourriture avait augmenté de plus d'un tiers au cours de l'année passée dans les pays les plus pauvres. »
Olivier Mirguet, propos de Jean Ziegler, dans « La Tribune » du 21 décembre 2011
Article intitulé : « Aujourd'hui, les mécanismes de la faim sont créés par la main de l'homme »
« L'humanité perd chaque année 1% de sa substance, soit 70 millions de morts, dont la moitié est causée par la faim. La fatalité ou le mécanisme de nécessité défendus par Malthus et repris par les gouvernements colonialistes ne sont plus acceptables. Aujourd'hui, les mécanismes de la faim sont créés par la main de l'homme. Après la crise en 2007 et 2008, les hedge funds ont migré de la finance vers l'alimentation. Goldman Sachs et d'autres créent des produits structurés sur les produits de l'agriculture. En dix-huit mois, le prix du maïs a augmenté de 93%, celui du riz a augmenté de 104%, et le cours du blé a doublé. Dans le même temps, l'Exchange Certificate on Rice émis par l'Union de Banques Suisses a rapporté 37% de gains nets, en toute légalité. Seulement 2% des contrats à terme sur des matières alimentaires aboutissent à des livraisons de marchandises. Le reste, c'est de la pure spéculation. Les ennemis du droit à l'alimentation l'ont emporté. Les trusts de l'agroalimentaire, comme Cargill qui contrôle 26,8% du blé mondial, ont fait alliance avec les cavaliers de l'apocalypse, le FMI, l'OMC et la Banque mondiale. Sur le riz, le blé et le maïs, on peut dès demain interdire les spéculations sur les contrats à terme ! Techniquement, c'est très simple. Pour remplir un réservoir de 50 litres dans une voiture au bioéthanol, on doit brûler 352 kilogrammes de maïs. Au Mexique ou en Zambie, une telle quantité permettrait de nourrir un enfant pendant une année. Il faut révoquer la directive européenne qui prévoit d'intégrer 10% de carburant d'origine végétale dans les consommations de l'Union en 2020, arrêter la production de ces combustibles. »
Gilles Toussaint, entretien de Jean Ziegler, ancien rapporteur des Nations unies et professeur honoraire à l’université de Genève, dans « La Libre Belgique » du 15 octobre 2011 et dans « La Croix » du 18 novembre 2011
Article intitulé : Jean Ziegler: "L’ordre cannibale du monde
« Jean Ziegler était de passage à Bruxelles, ce vendredi, pour la promotion de son dernier ouvrage "Destruction massive - Géopolitique de la faim" (Editions du Seuil) dans lequel l’ex-Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation livre une analyse sans concession des racines de la faim dans le monde. Entretien à bâtons rompus. Aujourd’hui, une dizaine de sociétés contrôlent le commerce alimentaire dans le monde. La faim dans le monde, c’est le scandale de notre temps. Trente-cinq millions de personnes meurent chaque année de la faim ou de ses suites immédiates. Au moment où nous parlons, toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d’un milliard de personnes sont en permanence gravement sous-alimentées et la situation est de plus en plus catastrophique. Ceci sur une planète où l’agriculture pourrait nourrir normalement 12 milliards d’êtres humains. Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné. Il y a de plus en plus de gens qui comprennent que la faim est faite de mains d’hommes, que nous vivons sous un ordre cannibale du monde maintenu par les sociétés multinationales et leurs organisations mercenaires que sont le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce* et la Banque mondiale. Je crois que nous sommes proche de l’insurrection des consciences. Au sortir de la guerre, il y a donc eu un réveil politique qui s’est traduit par la reconnaissance du droit à l’alimentation dans la Déclaration universelle des droits de l’homme; la création de la Food and Agriculture Organization (FAO) et celle du Programme alimentaire mondial (Pam). Mais aujourd’hui, l’obscurantisme néolibéral revient à la naturalité des lois économiques où c’est le marché qui décide. Depuis le crash financier de 2008, les fonds souverains, les hedge funds et les grandes banques se rabattent sur les bourses des matières agricoles et font flamber les prix. A Genève, qui est la caverne d’Ali Baba de ces spéculateurs, si vous vous rendez à la banque UBS, on vous propose d’investir dans des certificats sur le riz garantissant 37 % de plus-value ! Tout cela de manière tout à fait légale, même si c’est moralement inacceptable. Ces spéculateurs devraient être traduits devant un tribunal pour crime contre l’Humanité ! Alors que les Etats se sont mobilisés pour sauver les banques à grands renforts de milliards, le Pam a perdu la moitié de son financement en 2008. Aujourd’hui, en Afrique orientale, 12,4 millions de personnes sont au bord de l’effondrement à cause de la faim. Les camps de réfugiés de l’Onu refusent des centaines de familles tous les matins faute de moyens. Et les spéculateurs sont deux fois responsables. En effet, non seulement le Pam a perdu la moitié de son budget, mais il doit acheter 85 % de la nourriture qu’il distribue sur le marché mondial où les prix ont explosé en raison des activités spéculatives. L’année dernière, 41 millions d’hectares de terres arables ont été accaparés par des fonds d’investissements et des multinationales uniquement en Afrique. Avec pour résultat, l’expulsion des petits paysans. Ce qu’il faut dénoncer, c’est le rôle de la Banque mondiale, mais aussi celui de la Banque européenne d’investissements et de la Banque africaine de développement, qui financent ces vols de terre. D’autre part, les pays dominateurs sont aussi des démocraties, même si leurs valeurs démocratiques s’arrêtent à leurs frontières pour céder la place à la loi des multinationales. Or, il n’y a pas d’impuissance des démocraties. N’importe lequel de ces mécanismes peut être brisé démocratiquement par la volonté des opinions publiques. On pourrait tout de suite voter le désendettement total des pays les plus pauvres. On peut aussi décider que seuls les vrais acteurs peuvent participer aux marchés des matières premières agricoles, ceux qui délivrent des marchandises. La faim peut facilement, démocratiquement et pacifiquement être éliminée en un court laps de temps. » « Depuis la crise financière de 2008, les grands fonds d’investissement se sont repositionnés sur les Bourses de matières premières principalement agricoles et font des profits spéculatifs astronomiques sur le dos des affamés. La tonne de blé meunier est à 266 euros maintenant, elle était à 110 euros l’année dernière ; le maïs a augmenté de 93%... Entre 2006 et 2010, les capitaux engagés sur les Bourses de matières premières agricoles ont augmenté de 2 300% ! » Je ne peux m’empêcher de rajouter « Et combien de morts en plus ? »
Commentaire : Comment garder son calme en lisant cet article ? La dernière guerre a fait 65 000 000 de morts (militaires et civils) sur plusieurs continents. Aujourd’hui, nous faisons pire en toute « légalité », dans le « respect » des normes internationales et bancaires le tout encadré par les organismes de régulation et de supervision. Et si, en tant que client ou que conseil nous refusions de participer à cette « shoah » ? Ah oui, j’oubliais les politiques veulent supprimer du langage ce terme qui qualifie leurs crimes. Le blanchiment n’est plus uniquement bancaire, il est devenu « mémoriel ». En annexe, je propose aux professionnels le document « Humanity Invest » à communiquer à leurs clients et dans l’idéal à leur faire remplir. Cela va vite, il n’y a que cinq réponses à donner (oui ou non). Naturellement, les particuliers peuvent remettre ce document à leur conseiller.
POUR L’INSTANT, REFUSEZ TOUT INVESTISSEMENT SUR LES MATIERES PREMIERES. DANS, L’INVERSE VOUS ACCEPTERIEZ DE FINANCER LA DESTRUCTION D’ETRES HUMAINS.
SI VOUS ETES UN ADEPTE DES FONDS STRUCTURES, DEMANDEZ UNE GARANTIE QUE VOS CAPITAUX NE SOIENT PAS UTILISES DIRECTEMENT OU INDIRECTEMANT DANS L’INVESTISSEMENT SUR LES MATIERES PREMIERES. DANS, L’INVERSE VOUS ACCEPTERIEZ DE FINANCER LA DESTRUCTION D’ETRES HUMAINS.
ET SI LE TEMPS ETAIT VENU DE DEVENIR DES « RESISTANTS » FINANCIERS ?
AVOUEZ QUE CE CHOIX EST NETTEMENT MOINS RISQUE QUE CELUI DES PERSONNES QUI ONT DONNE LEUR VIE POUR NOTRE LIBERTE.
J’écrivais en décembre 2009 dans l’article : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
« Hier, Hitler dans sa folie furieuse cachait ses camps de la mort. Aujourd’hui, les financiers et les lobbies les laissent à ciel ouvert. C’est tellement visible que cela en devient plus « acceptable » puisque tout le monde est complice. Ah la transparence…. Point d’idéologie et de folie raciste, xénophobe, antisémite ou autre ignominie. Tout le monde est le bienvenu dans l’idéologie de la finance reine. Tous, sans exception et sans condition aucune….. si ce n’est la plus parfaite insensibilité, le plus parfait silence (naturellement, lorsqu’il est dûment monnayé) et le tout sans aucun remords. Dormez braves gens, les pauvres crèvent en silence pendant que vous, vous êtes obnubilés par votre look et votre forme (ou vos formes). Les plus zélés des soldats financiers reçoivent même des bonus. Hier des médailles, aujourd’hui des bonus. Bonus oui……. mais fiscalisés. Il y a peu un « grand » banquier a affirmé dans la presse que les banquiers n’avaient rien coûtés à l’Etat lors de la dernière crise. Et le fait d’avoir adapté (magouillé) les règles comptables pour limiter les aspects destructeurs de leurs aveuglements et de leurs détournements ? Et les millions de chômeurs ? Et la famine ?
Et…. » Entre temps cette banque a du être aidée et a été prise dans des opérations de blanchiment…mais son président à été nommé stratège de l’année en 2009, meilleur dirigeant bancaire européen en 2010 avec la légion d’honneur en prime (vous avez bien lu) et compte parmi les plus gros revenus. Cherchez l’erreur !
*Je vous propose également un écrit du 23 avril 2008 http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/coup-de-gueule.php
dans lequel vous retrouverez notamment : Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) répondant à une interview dans « Les Echos » du 13 mai 2008 : Question posée : Le monde connaît une grave crise alimentaire. Comprenez-vous que des pays comme l’Argentine, la Chine ou l’Inde restreignent leurs exportations ? Réponse : En tant qu’économiste, j’estime qu’assécher l’offre va dans le mauvais sens. En tant qu’homme politique, je comprends. Les économistes voient cela globalement ; les politiques pensent à leur prochain mandat….
Patrick Herter dans « Les Echos » du 28 juillet 2011
Article intitulé : Combien valent 2 millions d’enfants ?
Frappés par la plus grande sécheresse depuis soixante ans, 12 millions d’être humains dont 2 millions d’enfants sont menacés de mort dans les pays de la corne de l’Afrique. Les besoins nécessaires pour empêcher le carnage ont été évalués à 1,1 milliard d’euros par l’Organisation des nations unies. Or, l’ONU ne parvient pas à réunir la somme…Ce constat et la (non) réponse des Etats les plus riches, dont les dirigeants visitent l’horreur des camps de réfugiés puis se réunissent pour en parler à Rome avec des trémolos dans la voix mais rechignent à réagir à la mesure de la catastrophe, appellent d’urgence à la prise de conscience et à la dénonciation, une fois de plus, de l’inacceptable financiarisation d’un monde soumis au diktat des marchés. Alors que les pays de l’Union européenne viennent d’organiser pour 160 milliards d’euros le deuxième sauvetage de la Grèce en quelques mois, que la France alourdira pour l’occasion sa dette de 15 milliards d’euros supplémentaires d’ici à 2014, que les Etats-Unis anticipent l’élection présidentielle de 2012 en jouant à se faire peur autour d’une dette de plus de 14.000 milliards de dollars, que les nouveaux pays riches tels que la Chine croulent sous les excédents commerciaux… l’ONU ne parvient pas à réunir 1,1 milliard d’euros pour sauver de la famine 2 millions d’enfants ! Combien valent ces enfants qui ne sont ni des consommateurs, contributeurs aux profits des entreprises internationales cotées en Bourse, ni des épargnants fournisseurs de liquidités pour les banques soumises aux nouvelles contraintes règlementaires de Bâle III, ni des fournisseurs de matières premières d’importance stratégique pour les Etats et les entreprises industrielles et pétrolières, ni des révolutionnaires en marche pour renverser quelques oligarchies politiques alliées de l’Occident ? Combien valent ces 2 millions d’enfants qui meurent dans la compassion des discours et l’inaction des puissants ? Combien valent-ils, ces enfants en détresse ? Dix millions d’euros : c’est le montant de la contribution de la France à ce jour. Nous pouvons avoir honte. »
Commentaire : Article écrit en 2008 http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/coup-de-gueule.php
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 6 mai 2011 :
Article intitulé : Le monde d'après
« Après une année 2010 de hausse ininterrompue, le consensus en 2011 était parfait : les matières premières ne pouvaient que continuer à flamber. Les fonds spéculatifs, les hedge funds, ont continué à accumuler des réserves impressionnantes de contrats à terme sur les matières premières et 2011 aurait dû ressembler à 2010. Mais, depuis quelques semaines, on assiste à des mouvements d'une violence spectaculaire sur ces marchés. Le coton et le sucre ont chuté de plus de 25 % par rapport à leurs records, le pétrole et l'or se sont légèrement repliés mais l'argent, la matière première favorite des spéculateurs depuis un an, a perdu plus de 20 % en un mois. Et le doute s'est installé. Il faut dire tout d'abord, malgré les grands débats pompeux sur le thème de savoir si la spéculation a un rôle majeur dans la hausse des matières premières (comment peut-on encore sérieusement se poser la question ?), que les cours sont absurdes par rapport à l'offre et la demande sur les marchés physiques. Il n'y aura peut-être plus de pétrole dans trente ans mais aujourd'hui les cuves sont pleines. Il n'y a pas non plus de pénurie d'or ou d'argent. Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète. Cette indécence atteint des sommets quand on voit les chiffres faramineux de profit de Glencore qui s'introduit en Bourse en ce moment et qui va permettre, grâce à son activité sur les matières premières, à son président de « peser » 10 milliards de dollars et d'entrer directement dans le top 100 des fortunes dans le classement de « Forbes ». En attendant, Glencore aura fait quelques milliardaires, un G8 ou un G20 aura sûrement encore fait des déclarations qu'il n'appliquera jamais, le prix de l'essence aura atteint de nouveaux records même si le cours du pétrole baisse et quelques milliers d'enfants seront morts de malnutrition. Vive la spéculation sur les matières premières... »
Commentaire : Deux écrits sur ce thème :
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/comprendre-les-hedge-funds.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
Gaël Vautrin dans « La Tribune » du 15 avril 2011 :
Article intitulé : Nourriture et emplois, questions d'urgence pour le FMI et la Banque mondiale :
« Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale sont allés au plus simple jeudi en demandant au G20, qui se retrouvait à Washington, de se concentrer sur deux questions d'urgence: nourrir le monde et créer des emplois. Ne comptez pas sur l'idée que la croissance sera suffisante. Nous avons besoin de plus que de la croissance, nous avons besoin de politiques actives", a déclaré M. Strauss-Kahn lors de sa conférence de presse. "Je ne suis pas sûr d'être d'accord [...] avec l'idée que nous sommes dans une période d'après-crise. Nous sommes toujours en crise. Et les retombées de cette crise sont toujours très fortes", a souligné le directeur du FMI. Après les révoltes qui ont éclaté dans les pays arabes depuis janvier, le FMI a beaucoup insisté sur la lutte contre le chômage et les inégalités, qui étaient une question qu'il traitait rarement. La Banque mondiale s'est fixé de son côté comme priorité de répondre à la hausse des prix de l'alimentation, proches aujourd'hui de leurs records de 2008. "Nous sommes dans la zone dangereuse, parce que les prix ont déjà augmenté, et que les stocks pour beaucoup de matières premières sont relativement bas", a expliqué son président Robert Zoellick. Selon son institution, 935 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique. »
Dans « Challenges », source The Economist, du 10 mars 2011 :
Article intitulé : Halte à la faim dans le monde !
« Pour la première fois depuis 1960, les rendements des plus grandes cultures mondiales de blé et de riz augmentent moins vite que la croissance des populations. La faute au réchauffement climatique. Si l’on ne peut pas alimenter convenablement 7 milliards de personnes aujourd’hui, comment espérer en nourrir 9 milliards en 2050 ? Ce n’est pourtant pas impossible. A conditions d’inciter les fermiers des pays pauvres à améliorer leurs rendements, ce qui permettra d’attirer davantage d’investissements. A la différence d’un pays comme le Brésil qui ne cesse d’investir avec succès, les pays occidentaux ont systématiquement coupé dans les crédits des universités et des institutions internationales. Grave erreur ! Car les recherches les plus simples peuvent apporter des avancées énormes, pour un coût très peu élevé. Un milliard de dollars peut engendrer des centaines de milliards de profits tout en prévenant les famines et les émeutes de la faim. »
Jacques Diouf, directeur général de la FAO, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, dans « La Tribune » en date du 26 janvier 2011 :
Article intitulé : Volatilité des prix et crises alimentaires
« L'histoire est-elle un éternel recommencement ? Nous sommes à la veille de ce qui pourrait être une nouvelle crise alimentaire majeure. Les problèmes fondamentaux ont pourtant été identifiés en 1996 et 2002 aux sommets mondiaux de l'alimentation de la FAO. L'attention des plus hautes autorités mondiales a été attirée notamment sur le non-respect des engagements pris. Si les tendances actuelles se maintiennent, l'objectif fixé par les dirigeants de la planète de réduire de moitié le nombre des personnes qui ont faim à l'horizon 2015 ne sera atteint qu'en 2150. Pourtant, aujourd'hui encore, près d'un milliard de personnes souffrent de la faim. Nous devons donc rappeler avec force les conditions d'un approvisionnement suffisant en produits alimentaires d'une population qui ne cesse de croître et qui va nécessiter, au cours des quarante prochaines années, une augmentation de 70 % de la production agricole mondiale et de 100 % dans les pays en développement. Les pays de l'OCDE apportent un équivalent de soutien d'environ 365 milliards de dollars par an à leur agriculture et les subventions ainsi que les protections tarifaires en faveur des biocarburants ont pour conséquence de détourner quelque 120 millions de tonnes de céréales de la consommation humaine vers le secteur des transports. Il y a enfin la spéculation exacerbée par les mesures de libéralisation des marchés à terme des produits agricoles dans un contexte de crise économique et financière. L'insécurité alimentaire va persister avec une succession de crises aux conséquences graves sur les populations les plus démunies. Cela va engendrer l'instabilité politique des pays et menacer la paix ainsi que la sécurité du monde. »
La revue « Challenges » du 3 décembre 2009 reprend un article de « The Economist » en page 47 :
« En 1974, le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger avait assuré qu’aucun enfant n’irait se coucher la faim au ventre dès la décennie suivante. Vaine promesse ! Trente-cinq ans plus tard, près d’1 milliard de personnes souffrent de la faim. Et la situation risque d’empirer. Aucun des problèmes qui ont provoqué la flambée des prix des matières premières et les graves pénuries alimentaires de 2007–2008 n’a rien résolu. »
Mathieu Laine dans « Le Figaro » du 27 novembre 2009 :
« L’élimination de la faim de la surface de la terre nécessiterait, selon le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, 44 milliards de dollars par an d’aides publiques à investir dans les infrastructures, les technologies et les intrants modernes. Cette somme est, dit-il, modeste au regard des 1 340 milliards de dollars dépensés dans l’armement… »
Olivier de Schutter, rapporteur des Nations Unies, dans « Le Monde » du 17 septembre 2009 page 4 :
« La faim, toujours. Et à des niveaux jamais atteints : sous l’effet de la crise économique, la barre du milliard de personnes souffrant de sous-alimentation a été franchie en 2009. Les causes structurelles de la crise alimentaire de 2008 – une brutale hausse des prix liées à des facteurs conjoncturels puis accélérée par la spéculation – restent en place. Il suffit d’une étincelle pour que la hausse des prix redémarre. On n’a pas tiré les leçons de la crise passée. Parmi les nombreuses raisons qui poussent à la spéculation sur la terre, il y a de grands projets de plantations qui sont liés à l’appât que représente le marché des droits à polluer.»
Xavier Harel dans « La Tribune » du 17 septembre 2009 page 6 :
« Alors que la faim touche plus d’un milliard de personnes dans le monde, aucun chef d’Etat ou de gouvernement n’a jugé bon de se rendre au sommet organisé par l’agence onusienne. Seule l’Italie, hôte du sommet, est représentée par son chef de gouvernement, Silvio Berlusconi. La situation est pourtant alarmante. « Aujourd’hui, plus de 17.000 enfants vont mourir de faim, un toutes les cinq secondes, 6 millions par an » a rappelé dès l’ouverture du sommet le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. »