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FINANCIARISATION ET FINANCIERS

Valérie Pilcer, membre du comité de PRMIA, Professionnal Risk Managers International Association, dans « La Tribune » du 8 mars 2011 :
Article intitulé : Mais à quoi servent les modèles des banques ?


« Toute la finance de marché est basée sur des modèles mathématiques qui permettent, à partir de produits simples et liquides, de créer des produits sur mesure. Les modèles sont toujours calibrés pour répliquer les phénomènes passés de manière statistique. Les modèles complexes appliqués aux risques ne mesurent que les risques déjà identifiés. La crise a mis en lumière certaines carences de ces modèles : ils n'intégraient pas jusqu'à présent la liquidité des sous-jacents, fondement des méthodes de pricing et de gestion, ni le risque de changement de rating reflétant la dégradation de la santé financière des entreprises au cours du temps... Aujourd'hui, la réglementation incite à sophistiquer les modèles de risques pour tout capter et demande aux intervenants d'ajuster le montant de fonds propres associés. On rentre alors dans une véritable spirale où des modèles de plus en plus complexes sont mis en place pour affiner les montants mis en face de risques de plus en plus élaborés. Mais ne faut-il pas revenir à la base : calculer un montant de risque qui peut évoluer sans qu'on puisse le limiter ou le couper n'est finalement qu'une vue de l'esprit et un montant de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque. La crise de 2008 a été marquée par l'extinction pure et simple de toute liquidité sur certains marchés. Le régulateur a bien compris l'intérêt des modèles pour renforcer la sécurité du système financier. Mais il faut garder à l'esprit les enseignements de la crise : les résultats des modèles doivent toujours être analysés en regard des hypothèses de marché. Il faut donc s'interroger sur la fonction même des modèles : sont-ils des outils d'aide à la décision et peuvent-ils être utilisés pour réduire les expositions ? Ce n'est qu'à cette condition que la sophistication des calculs réglementaires pourra engendrer un cercle vertueux et une vraie dynamique de maîtrise des risques. »

Commentaire : Cet article (qu’il faut lire, comme tous les autres, dans sa totalité) est très intéressant car riche d’enseignements. En début d’article, l’auteur vante les « modèles mathématiques qui permettent, à partir de produits simples et liquides, de créer des produits sur mesure » avant d’expliquer  que « Les modèles complexes appliqués aux risques ne mesurent que les risques déjà identifiés (et pour cause)» et de poursuivre en stipulant que « La crise a mis en lumière certaines carences de ces modèles : ils n'intégraient pas jusqu'à présent la liquidité des sous-jacents » et de proposer de « calculer un montant de risque » en reconnaissant que ce « n'est finalement qu'une vue de l'esprit » et que « le montant de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». En clair, l’auteur explique, à juste titre, que les modèles mathématiques financiers ne prennent pas en compte le fait que les titres qu’ils utilisent comme sous-jacents (titres sur lesquels ils parient) ne soient pas liquides et que de ce fait le système de garantie mis en place « de fonds propres ainsi calculé sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». Avant de rappeler que « la crise de 2008 a été marquée par l'extinction pure et simple de toute liquidité sur certains marchés. » En fait, le régulateur, sachant que nous sommes dans un système de risque croissant, met en place un système de garantie financière (fonds propres) censé minimiser les effets financiers d’un krach tout en sachant que le montant demandé « sera rarement en rapport avec la nature réelle du risque ». Cet article démontre qu’il est grand temps de refuser de souscrire ou de conseiller les produits qui utilisent abusivement  les modèles mathématiques. Pour rappel, les mathématiques ne sont opérationnelles que si l’axiome (hypothèse) de base est permanent (1+1=2). Dans le monde financier, cet axiome de base n’existe pas. La finance n’est que la résultante d’un comportement sociologique, comportement qui est tout sauf prédictif. Il est urgent de mettre fin à l’utilisation abusive des produits dérivés (financiarisation) afin que les capitaux reviennent alimenter le marché de cotation des entreprises et non plus le marché des paris (PMB, pari mutuel boursier) qui ne vit que sur les variations artificielles (car réalisées sur peu de volume) des cotations boursières de ces entreprises. Madame Amor a appelé sa société « Epargne en conscience » n’est-ce pas notre devoir de citoyen d’appliquer ce postulat tant à titre privé qu’au titre des conseils que nous sommes appelés à donner (pour les professionnels de la finance) ?

François Vidal dans "Les Echos" du 1 juin 2010 en page 14 :
Article intitulé : Ames sensibles, s’abstenir !

« Partout dans le monde, les performances boursières ont enregistré des chutes record dans un climat empreint d'une grande volatilité. Les montagnes russes sont de retour.  Ce phénomène (krach éclair de Wall Street le 6 mai, lorsque l'indice Dow Jones a cédé plus de 700 points en vingt minutes à peine avant de se reprendre tout aussi brutalement) sans précédent a mis au jour le rôle prépondérant joué désormais par les opérations de trading automatisé. Ces programmes informatiques censés tirer parti d'anomalies de marché sans reposer sur aucune réalité économique représentent aujourd'hui les deux tiers des volumes de transactions de la Bourse de Wall Street. Du coup, les investisseurs traditionnels, institutionnels ou particuliers, qui n'ont pas vraiment repris pied sur les places boursières depuis le krach post-Lehman, peuvent légitimement se demander s'ils ont toujours leur place sur ces marchés actions. » 

Jacques Attali dans « Le Nouvel Observateur » du 20 mai 2010 en page 74 :


Article : Il faut un plan anti-catastrophe.
« Il y a deux composantes dans les marchés. La première, ce sont les gens qui prêtent de l’argent, et qui vérifient à tout moment qu’on peut les rembourser. Ils « spéculent » sur la capacité à payer. C’est légitime. La seconde, ce sont les gens de marché qui font des paris à la hausse ou à la baisse sur une devise, une Bourse. C’est du casino et cela devrait être interdit à l’échelle mondiale. »

« Le Monde » du 17 mai 2010 en page 30 :


Article intitulé : Un fonds du Kansas soupçonné d’être à l’origine du minikrach à Wall Street.
 « Ce qui s’est produit est seulement un petit exemple de la façon dont les choses peuvent s’enchaîner ou dont la technologie peut interagir avec la panique du marché », a déclaré le patron de la réserve fédérale américaine (Fed). «  Il n’y a pas de possibilité d’éliminer les crises financières, même les plus graves, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’occasion importante de réduire les risques », a-t-il conclu. »

Christèle Fradin dans « La Tribune » du 10 mai 2010 en page 25 :


Article intitulé : Le dérapage de Wall Street mobilise les autorités.
« Le Down Jones a perdu (le jeudi 6 mai) jusqu’à 9,2% avant de se reprendre violemment. Erreur humaine ? Problème de gestion des carnets d’ordres ? Difficile çà dire. Pour le sénateur américain Ted Kaufman, l’emballement qui a bien failli tourner au krach jeudi dernier à Wall Street constitue un argument de plus en faveur d’une revue des pratiques de marché. « La bataille des algorithmes (programmes informatiques de traitement des ordres) -  qui n’est ni comprise ni même transparente pour la Securities & Exchange Commission – doit tout simplement être revue en profondeur et rapidement intégrée dans un cadre de régulation sérieux », Le trading algorithmique et la négociation à haute fréquence représente aujourd’hui 60% des échanges aux Etats-Unis. » 

Eric Le Boucher dans "Les Echos" du 2 avril 2010 en page 17 :
Article intitulé : Un monde de fer.

« On sait ce qu’il est advenu de la finance : elle a retrouvé son rôle d’avant et tous ses profits. Et si on s’oriente quand même vers une régulation plus serrée, la volonté de remettre le génie dans la bouteille a disparu, personne ne prétend plus être en mesure d’empêcher de nouvelles bulles. Les sidérurgistes vont logiquement devoir « se couvrir » de la fluctuation des cours du minerai. Les marchés financiers de dérivés que l’on voulait limiter voient au contraire s’ouvrir tout un nouveau filon de constructions spéculatives. La volatilité des cours, que l’on voulait calmer, se trouve à nouveau encouragée. L’Opep, l’OCDE et l’Agence internationale de l’énergie viennent de se réunir à Mexico pour tenter de trouver les moyens de reprendre le contrôle des prix du pétrole. Sans grand espoir en vérité, puisque les échanges de brut papier sont 35 fois supérieurs au commerce de brut réel, comme l’a calculé le professeur Jean-Marie Chevalier. Les gouvernements  publics ont évité les errements des années 1930. Les grandes entreprises vont-elles nous y plonger ?»

Michel Rocard dans « Le Nouvel Observateur » du 1 avril 2010 en page 40 :
Article intitulé : Plus loin avec la gauche.
« Il n’y a aucune utilité ni économique ni sociale à ce que circulent des produits dérivés détachés de tout contrat économique réel. De manière analogue, la titrisation de créances douteuses mélangées à des créances saines relevait, elle, du vol qualifié. Les chômeurs, les travailleurs précaires et les pauvres (c’est-à-dire des adultes valides exclus du marché du travail) représentent le quart de la population dans tous les pays développés. La raison majeure de cette évolution est le changement progressif de structure de l’actionnariat. Faible et inorganisé, il pesait peu pendant les Trente glorieuses. Mais, entre 1070 et 1990, il s’est puissamment organisé sous la forme d’abord des fonds de pension, puis celle des fonds d’investissement et des fonds d’arbitrage ou Hedge funds. C’est cet affaiblissement économique majeur du quart de nos populations qui explique l’affaiblissement de la consommation, clé de la baisse générale du rythme de croissance depuis vingt ans.  Renforcées par le sauvetage et par la disparition de beaucoup de leurs collègues, les banques restantes sont redevenues florissantes et sont en train de gagner la bataille contre toute réforme significative du système. Elles repartent « come avant ». Bulles et spéculations démesurées vont revenir, comme en atteste la rémunération des traders, qui a là une signification annonciatrice. Les chocs de la finance continueront donc à frapper des économies de plus en plus anémiées. »

Alain Supiot, professeur de droit, fondateur de l’Institut d’études avancées de Nantes dans « La Croix » du 26 mars 2010 en page 11 :

Article intitulé : Il n’a pas d’évaluation sans référence à des valeurs.

« La culture juridique conduit à préférer toujours les solutions pacifiques et les évolutions réfléchies aux crises violentes. Un droit qui fonctionne correctement est capable de métaboliser les ressources de la violence. Cela suppose un art des limites incompatibles avec l’aspect illimité de la circulation des capitaux et des marchandises. Au lieu de retenir des années trente le fait qu’il faut maintenir le libre-échange, on ferait mieux d’en retenir le fait qu’une paupérisation de masse ajoutée à des campagnes xénophobes peut produire des résultats catastrophiques. »

Daniel Cohen, professeur à l’Ecole normale supérieure, dans « La Croix » du 24 mars 2010 en page 23 :

Article intitulé : Il y a un risque que cette crise n’ait servi à rien.

« La question de l’interprétation à donner à cette crise est centrale. Une période ouverte dans les années 80 avec Ronald Reagan est-elle en train de se clore, et l’on reviendra alors à une figure en miroir de ce qui s’est passé dans les années 50-60 avec un Etat plus présent, une société plus sobre etc.. ? Ou bien, au contraire, cette crise ne serait pas la maladie sénile du reaganisme mais une maladie infantile d’un supercycle, celui de la mondialisation qui couvrirait tout le siècle ? Personnellement, même si je le déplore, je suis tenté par la seconde hypothèse. Nous sommes face à une mondialisation financière qui a jeté ses filets partout, qui ne se pense pas elle-même et qui ne prend pas la mesure des risques qu’elle se fait courir. »

Grégoire Allix dans « Le Monde » du 24 mars 2010 en page 4 :

Article intitulé : L’ONU s’alarme de la fracture sociale dans les villes.

« L’heure est grave, alerte l’ONU-Habitat : alors que la moitié de la planète vit déjà en ville et que la population urbaine des pays en développement devrait plus que doubler d’ici à 2050, passant de 2,5 à 5,3 milliards d’habitants, l’urbanisation est devenue une machine à créer de l’exclusion et de l’inégalité. La majorité de la population urbaine est empêchée de satisfaire ses besoins élémentaires pendant qu’une minorité bénéficie du progrès économique et social détail le rapport l’Etat des villes du monde 2010-2011. « Il n’y a pas de place pour la complaisance », a martelé Madame Tibaijuka, qui a dénoncé « l’apathie » de nombreux gouvernements : « Beaucoup de gens tirent profit de l’existence des bidonvilles ; les résorber demande une forte volonté politique. » Face cet échec et à une urbanisation qui, de taudis informels en lotissements sécurisés, a perdu tout lien avec l’idée même de ville, l’ONU-Habitat appelle à reconaître un véritable « droit à la ville »


Rémi Barroux dans « Le Monde » du 24 mars 2010 en page 13 :


Article intitulé : Chômeurs en fin de droits : l’épreuve de force continue entre le gouvernement et les syndicats.
« Aucune proposition concrète pour les quelques 360 000 chômeurs qui arriveront en fin d’indemnisation cette année et ne disposeront plus d’aucun revenu. »

Jean-Michel Naulot, membre du collège de l’Autorité des marchés financiers, dans « Le Monde » du 20 mars 2010 en page 21 :
Article intitulé : Face à la spéculation, accélérons les réformes.
« C’est l’ensemble des marchés de dérivés qu’il faut donc réglementer, des marchés dont l’encours, multiplié par six en dix ans, atteint dix fois le produit intérieur brut mondial. Les secousses récentes sont là pour nous rappeler qu’il est nécessaire d’accélérer et de protéger les Etats et les acteurs économiques contre les excès d’une spéculation qui mine le système financier. »

A. De T. dans « Le Monde » du 17 mars 2010 en page 5 : 

Article intitulé : 1992 : les spéculateurs mettent en péril le système monétaire européen.

 « Dans « La vérité sur la crise financière (Denoël, septembre 2008) » M. Soros écrit aussi : « L’idée que la gestion du risque puisse être laissée aux mains des acteurs eux-mêmes est une aberration. Il existe des risques systémiques qu’il appartient aux autorités de régulation de gérer, et elles doivent disposer, pour ce faire, de l’information adéquate. Les acteurs, y compris les hedge funds, les fonds souverains et les autres entités non régulées, doivent la leur fournir, quoi qu’il leur en coûte en argent et en confort. Ce coût est insignifiant au regard d’un effondrement du système. »

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 17 mars 2010 en page 14 :

Article intitulé : Cette finance qui résiste à la réforme.
 « La crise financière s’éloigne dans le rétroviseur. Et, avec elle, s’éloigne la capacité des gouvernants à changer les règles du jeu de la finance privée pour éviter que les mêmes causes ne finissent par produire les mêmes effets. A Pittsburgh, il y a à peine six mois, et à Londres, il y a douze mois, les dirigeants du G20 avaient pourtant pris des engagements majeurs. Depuis, ils ont mis en chantier des réformes essentielles en, élargissant la surveillance des acteurs de la finance. Mais les textes sont de plus en plus souvent édulcorés ou repoussés, ou les deux à la fois. »

Anne Rodier, propos recueillis de Jean de Maillard, magistrat, auteur de « L’Arnaque. La finance au-dessus des lois et des règles, dans « Le Monde » du 17 mars 2010 en page 5 :


Article intitulé : La sortie de crise passe par une reprise en main du système financier.
 « Le problème n'est pas juridique en tant que tel, il est de repenser complètement l'ordre financier international. La sortie de crise doit tout d'abord passer par une reprise en main du système financier qui a échappé au contrôle des Etats. Ceux-ci ont permis depuis 1971 l'affaiblissement des mécanismes de supervision. Ils ont accepté et souhaité le transfert de leurs prérogatives aux marchés financiers et se sont rendus eux-mêmes impuissants. Or, à cause de cela, la fraude est devenue une variable d'ajustement et un mode de gestion de l'économie et de la finance. Nous avons atteint le stade de la finance "Ponzi" (du nom de l'escroc américain qui avait mis au point une pyramide en rémunérant les investisseurs avec l'argent des nouveaux entrants). Le système financier mondialisé n'est pas fondamentalement différent de celui d'un Bernard Madoff. Sauf que ce dernier était un artisan qui travaillait pour son compte... Une bonne partie de la remontée des cours de Bourse depuis mars 2009 est artificielle et résulte de transgressions des règles normales. Mais, les professionnels n'ont aucun intérêt à le dire et les politiques qui pourraient éventuellement y remédier se gardent bien de faire quelque chose. Les Etats doivent récupérer leur capacité de régulation, ce qui ne se fait qu'au travers du droit... Mais les vraies questions à poser sont le manque de visibilité de la finance de marché, ainsi que sa nuisance économique, voire politique. »

Jean Daniel dans « Le Nouvel Observateur » du 11 mars en page 7 :
Article intitulé : Le rêve d’un président.
 « Il y a désormais une saine compétition entre tous les hommes politiques et tous les penseurs pour dénoncer un capitalisme suspect de s’être financiarisé au point de provoquer une crise mondiale. Quel est le vainqueur de cette compétition ? Je vais faire une citation pour vous mettre sur la voie : « La mondialisation a dérapé à partir du moment où il était admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune autre raison ne lui était opposable. (…)Elle a engendré un monde où tout était donné au capital financier et presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier, atteignant des proportions déraisonnables, engendraient un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l’argent des autres, de gagner facilement, rapidement, sans effort, et trop souvent sans une création de richesse ou d’emploi. » De qui donc est cette terrible dénonciation ? De Nicolas Sarkozy dans son discours inaugural au Forum de Davos, le 28 janvier. »


Jacques Julliard dans « Le Nouvel Observateur » du 11 mars 2010 en page 48 :
Article intitulé : Nous sommes en guerre.
 « La guerre que mène le capitalisme financier à la société civilisée est une guerre sans merci. Depuis 2008, nous n’en pouvons douter. Et les derniers épisodes connus – Goldman Sachs contre l’Etat grec ; Georges Soros, le philanthrope bien connu, et ses complices contre l’euro et désormais contre la livre – sont la preuve qu’il n’y aura que l’un ou l’autre – ce capitalisme là ou la civilisation. Nous savons depuis Kant que l’économie politique est une science sans entrailles ; mais de là à s’affranchir de toutes les règles de la morale ordinaire et à mettre en danger les institutions sur lesquelles reposent la Paix et la prospérité des nations, il y a un pas, celui qui sépare l’amoralité ordinaire de l’immoralité délinquante. C’est Nicolas Sarkozy et non Martine Aubry qui affirme : « En mettant la liberté du commerce au-dessus de tout, on a affaibli la démocratie, parce que les citoyens attendent  de la démocratie qu’elle les protège. » ; « Dans les statistiques, on voyait les revenus qui augmentaient mais, dans la vie, les gens voyaient les inégalités qui se creusaient. » D’où vient cet écart ? Du fait que tout gouvernement, de droite comme de gauche, est tenu d’assurer la sécurité des citoyens et la justice sociale : c’est son cahier des charges, tandis que la finance a donné pour seule instruction à son logiciel de lui permettre de croître et de multiplier. Or la puissance de celle-ci est devenue telle que les gouvernements sont désormais impuissants à son égard. »



Alain Touraine, sociologue, directeur d’études à l’EHSS, dans « Le Figaro » du 1er mars 2010 en page 18 :
Article intitulé : La crise et la double mort du social.
 « Une crise est beaucoup plus qu’une panne de secteur économique. Le système financier a créé des circuits coupés de la vie économique et celle-ci a subi les effets de cette crise, qui est devenue avant tout sociale par l’augmentation du chômage. Dans le cas présent, il s’est formé un deuxième système financier gigantesque qui n’a plus aucun rapport avec l’économie, qui n’a aucune fonction sociale sinon l’enrichissement de ceux qui le mènent. Et lorsque le financier se sépare de l’économique, l’ensemble du système social se casse, se fragmente. Résultat : nous sommes dans une situation qui ne peut être réglée, améliorée que si on recompose un système social. L’économie n’appartient plus à la société. Elle est devenue hors d’atteinte d’acteurs sociaux ou politiques. »


Alain Gauvin, avocat, Lefevre Pelletier & Associés dans « La Tribune » du 24 février 2010 en page 12 :
Article intitulé : L’Etat schizophrène, promoteur de la spéculation.
« Depuis trois ans, l’objet de toutes les tromperies porte sur la spéculation. Pas un politique, en France, ne la fustige, sans d’ailleurs expliquer ce en quoi elle consiste et son utilité. Mais les Français, ceux qui ne sont pas au fait de ce qui se passe dans la sphère financière, savent-ils que les pouvoirs publics soutiennent, pour ne pas dire promeuvent, ceux qui jouent, ceux qui se livrent à des paris financiers ? La loi les protège même contre toute attaque judiciaire. Les pouvoirs publics craignent que les produits dérivés soient requalifiés juridiquement en paris, ce qui serait la mort des marchés à terme. Pourtant, si les produits dérivés étaient toujours économiquement justifiés, ce risque n’existerait pas. Les pouvoirs publics doivent d’urgence, se soigner de cette schizophrénie : fustigeant la spéculation en public, ils l’enfantent en coulisses.»

Yves Bordenave dans « Le Monde » du 24 février 2010 en page 10 :

Article intitulé : Le malaise des adjoints de sécurité illustre les craintes de précarisation dans la police.

« Les adjoints de sécurité ont du vague à l’âme. Recrutés « sans condition de diplôme » pour cinq ans par la police nationale afin d’effectuer « un premier pas vers le métier de policier » - comme c’est écrit dans les annonces -, ces apprentis gardiens de la paix revêtus de l’uniforme réglementaire et armés comme leurs collègues, sont aujourd’hui en proie à la précarité. »

AFP dans « Les Echos » du 24 février 2010 en page 6 :

Article intitulé : 76 000 affaires transmises au médiateur en 2009.

Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République « « Je sens une société en tension et en usure psychique » « Avant, on était crevé au boulot, maintenant on est usé dans sa vie, on est tendu tout le temps ». Le rapport publié hier, insiste sur la nécessité pour les politiques de donner une voix à « la France des invisibles ». »

Marie Bellan dans « La Tribune » du 24 février 2010 en page 2 :

Article intitulé : Le médiateur de la République dénonce l’inflation législative.

Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République « « Des difficultés d’application des textes, voire génère des situations d’iniquités », et pose un problème d’accès effectifs aux droits. »

Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » du 22 février 2010 en page 17 :

Article intitulé : Où est passé notre modèle social ?

« Et si nos politiques pensaient à la prochaine génération, plutôt qu’à la prochaine élection, ils constateraient que la question posée par ce système de retraites tient d’abord à l’incapacité de notre économie à maintenir des emplois, au-delà simplement de l’âge de 55 ans. Comment expliquer que 56% des Français (selon un sondage CSA réalisé en novembre dernier) estiment qu’il leur est possible de se retrouver SDF du jour au lendemain ? Il y a deux ans, ce chiffre était de 46%. Dans un cas comme dans l’autre, ce sentiment de précarité potentielle est stupéfiant. Comment est-ce possible que plus de la moitié de nos concitoyens se voient « sous un pont » alors que la France est le seul Etat qui consacre encore 36 à 37% de sa richesse à ce que l’on appelle « les transferts sociaux », soit cinq points de plus que les Etats du nord de l’Europe ? Notre pays est aussi celui où le sentiment de précarité au travail est le plus élevé au monde, avec un taux de 79% ! 100 000 salariés en contrat à durée indéterminée vivent aujourd’hui dans leur voiture, une caravane ou une cabane en bois de Meudon, n’est pas digne d’un pays qui se targue de son modèle social. A commencer par ce million de chômeurs qui va se retrouver cette année en fin de droits. Puisse « Le Quai de Ouistreham » livre de Florence Aubenas, ouvrir les yeux des experts qui restent en pâmoison devant le pacte social français. Vite ! Avant que la célèbre prophétie de Lincoln se réalise : « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. »

Christophe Tricaud dans « La Tribune » du 18 février 2008 en page 26 :
Article intitulé : Le Napoléon à 1.000 balles.
« Le porte-parole de Georges Soros est resté coi à l’annonce du doublement de la participation des fonds gérés par le multimilliardaire dans le principal fonds coté répliquant les cours de l’or. Le silence de Soros tranche avec sa prise de position récente dans l’enceinte de Davos lorsqu’il qualifiait l’or d’  « ultime bulle ». Les journalistes ne devraient  pas prendre au pied de la lettre les propos de gérants de hedge funds qui ne sont pas de simples observateurs mais des acteurs… qui font parfois le contraire de ce qu’il disent ! »

Denis Peiron dans « La Croix » du 18 février 2010 en page 2 :

Article intitulé : Des aînés de plus en plus exposés à la précarité.

« Longtemps, elles sont restées « invisibles ». Les personnes âgées, par fierté, préféraient souffrir en silence ou, tout simplement, ne ressentaient pas le besoin de pousser la porte des organisations caritatives. Mais à en croire Didier Piard, le directeur de l’action sociale à la Croix-Rouge « quelque chose a craqué ». Les retraités représentent 15% des personnes venant solliciter une aide alimentaire ou un soutien financier pour régler un loyer, une facture d’électricité ou de gaz. Cette année-là (2007), 8,8% des femmes âgées de 60 à 74 ans vivaient au-dessous du seuil de pauvreté (60% du revenu médian, soit 908 euros pour une personne seule), contre 8,3% pour les hommes au-delà du même âge. Au-delà de 75 ans, ces chiffres grimpent à 14,3% pour les femmes et 8,9% pour les hommes. « La pauvreté des personnes âgées est bien moindre que celle des jeunes » relève néanmoins Didier Gélot, directeur général de l’Observatoire national de la pauvreté et l’exclusion sociale. »

P. DE G. (à New York) et G. M. dans « Les Echos » du 15 février 2010 en page 28 :

Article intitulé : Goldman Sachs mis en cause pour son rôle dans le crise grecque.

« Après le « Spiegel », c’est au tour du « New York Times » de mettre en cause le rôle de Goldman Sachs dans la présentation « créative » des comptes de la Grèce qui aurait contribué à « camoufler » l’ampleur de sa dette. Selon le « New York Times », un montage élaboré par Goldman Sachs en 2001, à travers des swaps de devises, aurait notamment permis au gouvernement grec, juste après l’adhésion d’Athènes à l’Union monétaire, d’emprunter plusieurs milliards en « dissimulant la transaction aux yeux du public ». Ce schéma aurait aidé la Grèce à respecter les règles imposées par Bruxelles en matière de déficit tout en continuant de vivre au-dessus de ses moyens. Le gouvernement grec soupçonne désormais Goldman Sachs d’avoir massivement investi en « crédit default swaps » (CDS), en pariant sur un défaut de paiement d’Athènes. »

Philippe Boulet-Gercourt et service économie dans « Le Nouvel Observateur » du 11 février 2010 en page 61 :

Article intitulé : Une crise pour rien ?

« L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laisser-faire, c’est fini (…) Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité » Olivier Besancenot ? Joseph Stiglitz ? Non : Nicolas Sarkozy, à Toulon le 25 septembre 2008 ! Et le président de poursuivre : « Comment admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis, emmenant tout le système financier à la faillite ? L’impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires,les clients et les salariés les plus modestes, en exonérant les principaux responsables. Qui pourrait accepter une telle injustice ? » Un beau discours, vraiment… « Les banques ne jouent pas le jeu, juge Muriel Nahmias, du cabinet de conseil Bfinance. Le crédit est ainsi en train de diminuer dans le financement des groupes. Pour Pernod Ricard ou Lafarge, il constituera moins de la moitié des financements. » Les citoyens ordinaires ne sont pas mieux lotis. « Les banques font payer à leurs clients leurs erreurs et les pertes enregistrées pendant la crise, explique Serge Maître, secrétaire général de l’Afub (Association française des Usagers des Banques). Elles cherchent à reconstituer leurs marges sur le dos des consommateurs. » »

Régis Arnaud dans « La Tribune » du 10 février 2010 en page 27 :

Article intitulé : Les hedge funds, nouvelle marotte des Japonais.

« Faute de gagner de l’argent sur les actions et les obligations sur les actions et les obligations, les ménages se tournent vers la gestion alternative. Hedge funds n’est plus un gros mot au Japon. Les Japonais ont épuisé les recttes classiques de l’investissement. Ils se tournent vers des acteurs plus « sulfureux », comme les hedge funds.  « Il faut être court-termiste, liquide et transparent pour réussir avec les Japonais » explique Frédéric Eechaute, analyste vétéran de la place financière de Tokyo. « Banques et coutiers recueillent une commission moyenne de 6% la première année sur leurs frais d’ouverture de dossier, à quoi il faut ajouter les frais de gestion d’environ 2%. Bref, si vous gagnez moins de 10% par an, vous perdez de l’argent ! » relève Laurent Halmos, analyste et écrivain spécialisé sur les petites valeurs japonaises. »

Patrick Saint-Paul, correspondant à Berlin, dans « Le Figaro » du 10 février 2010 en page 20 :

Article intitulé : L’Allemagne devra relever ses aides sociales.

« Les juges de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe qui veille à la protection des droits fondamentaux ont estimé d’un un jugement quasi « révolutionnaire » que le système Hartz IV d’allocations sociales aux plus démunis était insuffisant. Le système en vigueur « est incompatible avec l’article 1, paragraphe 1, de la Loi fondamentale » qui garantit « le droit à une existence digne », a déclaré le président de la Cour, Hans-Jürgen Papier.  C’est pourquoi « les règles en vigueur ne suffisent pas au regard de la Constitution. Ces règles sont inconstitutionnelles. » La cour de Karlsruhe a jugé qu’il incombe à l’Etat de garantir à chacun « un minimum de participation à la vie sociale et culturelle » du pays. »

Marc Fiorentino, stratège d’Allofinance.com, dans « La Tribune » du 1er février 2010 page 12 :

Article intitulé : Les entreprises plus sûres que les Etats ?

« Les finances des Etats sont malheureusement gérées par des politiques et pas par des entrepreneurs, des politiques qui sont toujours entre deux élections et qui s’appuient souvent sur des oligarchies incompétentes. »

Gabriel Marc, ancien président du CCFD, dans "La Croix" du 19 janvier 2010 en page 27 :
Article intitulé : Le mépris des pauvres.

" Pourvu des liquidités reçues, le système, juste un peu dégraissé, reprend goût à ses anciennes pratiques. Plutôt que d'engager ses ressources rétablies pour financer l'investissement à long terme, il préfère le rendement immédiat du marché spéculatif pour se refaire du gras. Tant mieux pour les gagnants du jeu. Tant pis pour les autres : le chômage devient endémique, les salaires sont bloqués, sauf pour une minorité qui se les attribue jusqu'à l'invraisemblance, et les peuples de la pauvreté tirent la langue. La troisième crise est latente. C'est la crise alimentaire. Une personne sur cinq dans l'humanité ne mange pas à sa faim, ne dispose pas des calories nécessaires au maintien de son corps. Jusqu'à quand les peuples vont-ils courber l'échine sans rien dire face à l'arrogance des élités ?"


Aline Robert dans « La Tribune » du 11 janvier 2010 :
Article intitulé : La spéculation sur le pétrole dans le collimateur.
« Faut-il limiter la taille des positions autorisées sur le pétrole ? Le pétrole qui vient de bondir de 18% en trois semaines à 83 dollars vendredi soir. Un rebond précoce, qui risque de surcroît de peser sur la dynamique d’une éventuelle reprise. Les positions devraient être limitées, comme sur les matières premières agricoles, en pourcentage. Le problème, c’est que les principales banques présentes sur les matières premières obtiennent des exemptions. « Dans ces conditions l’évolution de la réglementation est peu efficace » assure un expert. En 2009, les fonds adossés à des matières premières ETF ont exercé un fort attrait auprès des investisseurs : les capitaux qui y ont été investis ont doublé, pour atteindre 30,1 milliards contre 13,4 milliards en 2008.  Sur l’énergie, deux fonds indépendants ont attiré l’attention du régulateur. Deux ETF qui ont détenu jusqu’à plus de la moitié des contrats sur le gaz ou le pétrole. »

Hélène Rey dans « Les Echos » du 6 janvier 2010 page 15 :
«  Le vrai déterminant de la croissance serait le système juridique et non les banques. Comment peut-on alors estimer le véritable effet des banques sur l’économie ? L’effet positif des banques passe par une meilleure allocation du capital vers les entreprises les plus productives. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Les banques allouent une partie grandissante de leur capital à l’investissement dans les actifs financiers. L’innovation financière, qui va bien au-delà du rôle traditionnel des banques consistant à investir l’épargne dans les entreprises productives a-t-elle  contribué à renforcer la croissance ? L’essor des produits dérivés ou structurés a été vertigineux. Les périodes où la réglementation bancaire a été la plus importante où la sophistication des marchés financiers a été la plus élevée et les salaires des banquiers les plus disproportionnés par rapport au salaire moyen sont les années 1920 et les années 2000. Ces périodes ont été suivies par l’implosion de l’économie. Corrélation n’implique pas causalité. Mais les régulateurs devraient s’interroger sur la valeur sociale de la majeure partie des innovations financières des dix dernières années. Paul Volcker, ancien patron de la Réserve fédérale : « La seule innovation financière des vingt-cinq dernières années dont l’utilité sociale est incontestable est le distributeur automatique de billets ». »

Anne Rodier et Adrien de Tricornot dans "Le Monde Economie" du 19 janvier 2010 en page 1 :
Article intitulé : Un million de chômeurs en fin de droits en 2010.

" Si rien n'est fait, 600 000 d'entre eux n'auront aucune aide de l'Etat. Les syndicats dénoncent un risque de paupérisation."

Joseph Stiglitz dans « Enjeux Les Echos » janvier 2010 page 20 :

« Nous sommes habitués à ce que l’Etat transfère l’argent des riches vers les pauvres. Ici, c’est l’argent des pauvres et des classes moyennes qui a été donné aux riches. Les contribuables déjà lourdement taxés ont vu leur argent – destiné en principe à aider les banques à consentir des crédits pour relancer l’économie – servir à verser d’énormes primes et dividendes. Le sauvetage des banques a mis en lumière l’hypocrisie ambiante. Tous ceux qui prêchaient la modération budgétaire quand il s’agissait de petits programmes sociaux destinés aux pauvres ont réclamé le plus grand programme d’aide qui ait jamais existé. Ceux qui vantaient la transparence des marchés ont créé un système financier si opaque que les banques elles-mêmes peinent à comprendre leur propre bilan. Par ailleurs, quand l’information est imparfaite, il arrive souvent que les marchés ne fonctionnent pas correctement. Or l’imperfection de l’information joue un rôle central dans les opérations financières et les événements extérieurs se propagent à l’ensemble des acteurs. L’innovation avait pour but de perfectionner l’exploitation des personnes les moins éduquées et de contourner les règles et les normes comptables conçues pour rendre les marchés plus efficaces et plus stables. »


Georges Soros dans « Enjeux Les Echos » janvier 2010 page 24 :

« On ne peut pas redémarrer un système qui a calé ; nous devons inventer un système de régulation qui n’a jamais existé. A l’heure actuelle, le système financier de chaque pays est soutenu et encouragé par son propre gouvernement. Mais les gouvernements se concentrent surtout sur leur propre économie. Ce qui donne lieu à des politiques que l’on pourrait qualifier de protectionnisme financier ; un protectionnisme financier qui perturbe et qui peut même détruire les marchés financiers mondiaux. »


Xavier Harel dans « La Tribune » du 13 janvier 2010 :

Article intitulé : Le FMI accuse le lobbying des organismes de crédit hypothécaire.

«  Une étude du FMI accuse le lobbying des institutions financières d’être en partie responsable de la crise financière. Fin 2007, le « Wall Sreet Journal » relevait que deux des principaux organismes de prêts hypothécaires avaient consacré 20,5 millions et 8,7 millions de dollars en donations politiques et en activité de lobbying de 2002 à 2006. Objectif ? Bloquer un projet de loi contre les pratiques prédatrices des banques, devant notamment déboucher sur la création d’une agence de protection des consommateurs de services financiers. « Pour une poignée de dollars : lobbying et crise financière ». Le FMI a constaté que les organismes financiers ont dépensé 475 millions de dollars entre 1999 et 2006 pour convaincre le législateur d’amender en leur faveur la législation sur les prêts hypothécaires ou la titrisation. »


Valérie Demon dans « La Croix » du 8 janvier 2010 :

Article intitulé : L’Europe fait l’union contre la pauvreté.

« L’Union européenne et les Etats membres lancent pour 2010 l’Année de luette contre l’exclusion sociale. Il y a urgence, car 79 millions d’Européens vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté. »


Catherine Chatignoux et Richard Hiault dans « Les Echos » du 8 janvier 2010 en page 7 :

Article intitulé : Crise la résistance contre le retour du « business as usual » donne de la voix.

« Nicolas Sarkosy n’a pas mâché ses mots et a réitéré son message « Il faut changer nos idées et nos comportements », « Ce n’est pas parce que la croissance redémarre qu’il faut arrêter de penser à l’avenir », « La crise que nous avons connue n’est pas un accident conjoncturel. Elle est structurelle et systémique » : le président de l’OFCE, Jean-Paul Fitoussi « Tant que la crise n’a pas été comprise, elle n’est pas finie. Nous nous dirigeons tout droit vers le « business as usual », a-t-il souligné. En clair, les acteurs reprennent leurs anciennes habitudes. « Aujourd’hui, l’ingratitude se fait arrogante ». Les agences de notation, incapables de prévenir la crise et responsables en partie de son déclenchement, redoublent aujourd’hui leur surveillance sur la dette des Etats au risque de générer une nouvelle tempête financière sur les marchés. Bozibar Djelic, ministre des Affaires européennes de Serbie « Tout se passe comme si l’Occident n’avait rien trouvé d’autre que l’endettement pour soutenir l’activité », « Il faudrait que chacun apprenne à vivre selon ses moyens », « La puissance du lobby financier reste très forte, on l’a vu dans le traitement de la crise financières, et il faudrait, selon moi, briser les liens entre la haute fonction publique et les milieux financiers »

Bloc-notes de la rédaction de l’AGEFI Hebdo du 7 janvier 2010 page 46 :

« L’Assemblée nationale vient de publier une liste d’une trentaine de représentants de groupes de pression (lobbyistes) - organisations, institutions -, autorisés à accéder au palis Bourbon quotidiennement. Curieusement, aucun organisme ou entreprise du secteur de la banque n’a opté pour cet enregistrement à l’Assemblée. S’ils ne demandent pas à bénéficier d’accès privilégiés, c’est qu’ils n’en ont pas besoin, fait valoir une spécialiste du  lobbying français dans la livraison de décembre de la Revue parlementaire. De deux choses l’une. Ou les banques ont raté le coche et l’heure de l’inscription, ou elle disposent de suffisamment de représentants dans les rangs des députés pour se dispenser d’un lobbying légalisé et réglementé. »


La revue « Challenges » du 3 décembre 2009 reprend un article de « The Economist » en page 47 :

« En 1974, le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger avait assuré qu’aucun enfant n’irait se coucher la faim au ventre dès la décennie suivante. Vaine promesse ! Trente-cinq ans plus tard, près d’1 milliard de personnes souffrent de la faim. Et la situation risque d’empirer. Aucun des problèmes qui ont provoqué la flambée des prix des matières premières et les graves pénuries alimentaires de 2007–2008 n’a rien résolu. »

Nicolas Barré dans « Les Echos » du 2 décembre 2009 page 28 :


Propos de Lord Turner, président de la Financial Services Authority (FSA), l’autorité de surveillance des marchés britanniques : « Nous baignons toujours dans l’aveuglement collectif. C’est hallucinant, nous n’avons retenu aucune leçon ! Si on avait tenu compte du marché des CDS pour évaluer les risques du système financier, on en aurait conclu au printemps 2007 que le monde avait atteint un niveau de risque historiquement bas. Or on sait aujourd’hui que la fragilité du système était au contraire maximale !... Analyse, il est vrai édifiante, du Fonds monétaire international en avril 2006 à propos des bienfaits de l’innovation financière, en l’occurrence des « subprimes » : « la dispersion du risque de crédit par les banques en direction d’un groupe plus large et plus diversifié d’investisseurs a permis aux banques, plutôt que de conserver ces risques dans leur bilan, de rendre le système financier plus résistant. » Le FMI en concluait que « les banques commerciales sont désormais moins vulnérables aux chocs économiques et de crédit ». Lord Turner avait horrifié la City en juin dernier en évoquant un secteur financier « hypertrophié ». Toutes les activités de « trading » ont-elles une justification économique ou comportent-elles une part de « rente » prélevée sur l’économie réelle ? « Depuis la crise, cette question n’est plus considérée comme illégitime » Constate-t-il. La valeur des dérivés de crédit a été multipliée par 20 depuis 1995, passant de 18.000 à 400.000 milliards de dollars alors que la valeur du PIB mondial a été multipliée par 3. Les transactions de change représentent 50 fois les échanges mondiaux. »


Gaël Giraud, jésuite, Ceras, Ecole d’économie de Paris dans « La Croix » du 1er décembre 2009 page 23 :

« En 2009, beaucoup de banques d’investissement occidentales semblent avoir renoué avec la bonne santé financière. BNP Paribas aurait ainsi provisionné un milliard d’euros pour récompenser ses traders en février prochain. Goldman Sachs, 11,4 milliards de dollars. Pourtant, une large part des bénéfices affichés par les banques est fictive. Elle résulte d’une opération comptable qui masque l’étendue du désastre provoqué par le krach des subprimes. A l’automne 2008, en effet, le régulateur a consenti aux banques prises de panique une dérogation les autorisant à ne plus comptabiliser leurs « actifs toxiques » sur la base de leur valeur de marché – laquelle était devenue nulle. Ce régime d’exception constitue une entorse aux normes comptables internationales européennes IFRS destinées à éviter la répétition de 1929. Les bénéfices bancaires reposent donc sur des bilans largement suspects où beaucoup d’actifs toxiques sont valorisés d’une manière qui échappe à la « vérité du marché ». Quant à la partie non fictive des profits bancaires, elle provient de l’octroi de prêts à taux élevés d’un argent que les banques empruntent à bas taux aux banques centrales : une stratégie dont l’économie réelle est la perdante comme en témoigne la croissance du chômage »

Emmanuel Faber, directeur général délégué du groupe Danone, dans « la Croix » du 20 novembre 2009 page 13 :

« L’économie et le social ne sont pas séparés. Seul l’humain existe. Le grec oikosnomia ne dit pas autre chose, qui se traduit par : l’administration du lieu de vie, l’art de vivre ensemble. Toute relation aux autres est économique. Serait-il donc iconoclaste de rappeler qu’une entreprise n’existe que parce qu’elle a une utilité sociale ou, plus largement, sociétale ? Si, au nom du profit, elle satisfait insuffisamment ses salariés, ses clients, ou ses fournisseurs, elle est vouée tôt ou tard à l’échec. On peut aller jusqu’à dire que sa valeur est donc fonction du profit qu’elle consent à ne pas réaliser, dans le but de partager avec ses parties prenantes, car elle crée alors des relations d’interdépendance qui la pérennisent. Est-il concevable de laisser à la seule main invisible, force aveugle de l’intérêt personnel des plus habiles ou cupides d’entre nous, la responsabilité collatérale de tirer hors de la pauvreté les trois quarts de l’humanité, pour l’instant laissés pour compte dans l’économie de marché ? » 

Claude Askolovitch dans « Le journal du dimanche » du 13 septembre 2009 :
« Sarkozy se veut défenseur de la norme et de la décence. Il choisit les mots les plus âpres quand il évoque ces grands financiers qui l’applaudissent quand il refuse d’augmenter le smic, mais organisent des gabegies dans les banques et la fortune indue des traders »






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