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Philippe Delmas, consultant, dans « Le Nouvel Economiste » du 5 mars 2010 en page 8 :
Article intitulé : Du mensonge comme stratégie industrielle.
« Depuis vingt ans, la plupart des grands programmes industriels enfoncent allégrement leur plafond de budget. Qu’ils soient civils ou militaires, publics ou privés, européens, américains ou asiatiques ne fait pas de différence. L’unité de compte du dépassement étant le milliard d’euros, il y a matière à perplexité. Qui passe à l’ébahissement lorsqu’est considéré le peu de conséquence qui en résulte le plus souvent et notamment de mémoire. Pire, cet état de chose semble devenir la norme et chaque cas de relativiser un peu plus le suivant. Une évaluation initiale réaliste rendrait beaucoup de ces programmes indéfendables face aux normes financières. Les « business plan » des grands programmes répondent à des canons d’orthodoxie financière rigoureux. L’industriel convaincu de son projet mais moins de son devis doit faire entrer celui-ci dans les canons et compter sur sa capacité à se débrouiller ensuite. Le conformisme politique et financier est donc une cause fondamentale de cette stratégie du mensonge. »
Michèle Bebonneuil, inspectrice des finances, membre du Conseil d’analyse économique (CAE), dans « La Tribune » du 4 mars en page 13 :
Article intitulé : Au-delà de l’industrie…un nouveau cycle de croissance.
« Les biens sont un élément trop important de la satisfaction de nos besoins pour en abandonner la production à d’autres pays. Il faut évidemment sauver l’industrie, mais pour pouvoir le faire, il faut la placer dans un cadre nouveau. Il est en effet désormais possible d’organiser efficacement la mise à disposition temporaire des biens et des personnes sur tous nos lieux de vie, ce que les technologies précédentes avaient été incapables de faire. Un nouveau cycle de croissance s’ouvre. Il nous invite à passer d’une économie de « l’avoir plus » à une économie de « l’être mieux ». Le positionnement de l’industrie est très différent de celui auquel nous étions habitués. Autrefois, les technologies qui savaient décupler chaque année davantage les capacités physiques des hommes permettaient de produire davantage de biens par heure de travail. Alors le bien était premier car il était seul productif. Les services ne pouvaient pas dégager de gains de productivité : il n’était pas question de faire manger une personne dépendante plus vite chaque année ou d’apprendre à lire à nos enfants plus vite. Il fallait en quelque sorte mériter les services en produisant d’abord des biens. Cette hiérarchisation est en train de disparaître car les services deviennent productifs comme les biens. Au fur et à mesure que les biens et les personnes pourront être mis à disposition temporaire sur tous les lieux de vie de façon également productive, cette séparation paraîtra artificielle. Alors ne boudons pas le service car il est sans doute la meilleure façon de sauver les biens en les mettant à disposition temporaire sur les lieux de vie. Pour sauver l’industrie, il faut la dépasser. »