Socioecopofi
Humeur

Dernières parutions

Frais variables, réponse à l'Agefi Actif
10 juillet 2009

Emprunt de l'Etat ou Hedge funds
au service de l'Etat

14 juillet 2009  

Qui avait écrit cela dès janvier 2007 ?

Crédit carbone, Financiarisation
Crédit ESG

7 décembre 2009

 

Dernières Nouvelles Formations

Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers

Les vendredis de socioecopofi de 10h à 12h tous
les premiers vendredis de chaque mois et certains samedis sur Annecy et Paris.

N'hésitez pas à nous contacter.
Prenez contact avec nous...

INTERDIT

 

Franck Nouchi dans « Le Monde » du 25 mai 2010 en page 22 :


Article intitulé : Trois fois rien.
« Samedi après-midi, il faisait beau à Paris. Le ciel était d'un bleu limpide. Un vent léger soufflait. Au jardin du Luxembourg, c'était l'été. Le soleil brillait. Les pelouses, celles qui sont dans le prolongement de l'avenue de l'Observatoire, étaient noires de monde. Autour du bassin, pas une chaise, pas un fauteuil inoccupé. L'hiver avait été long, chacun voulait goûter la chaleur du printemps. Dans un clapotis discret, la Fontaine Médicis somnolait. A côté, sur la petite pelouse en pente douce qui longe la rue de Médicis, l'atmosphère était paisible. Les arbres étaient en fleurs. Plusieurs personnes étaient assises sur l'herbe.
D'autres faisaient la sieste. Quelques couples. De jeunes touristes. Une jeune fille jouait de la guitare, doucement, comme si elle voulait simplement accompagner ce petit instant de bonheur. Au bout de quelques minutes, un surveillant du jardin arriva. "Vous devez absolument quitter cet endroit. Il n'est pas autorisé de rester ainsi sur cette pelouse. Vous devez partir. Tout de suite !" Interloqués, certains des touristes présents cherchaient à comprendre. On était si bien. On ne dérangeait personne. Pourquoi partir ? "C'est comme ça. Pelouse interdite. Allez, on y va !" Un à un, chacun se leva. Personne ne souhaitait discuter, contester cet ordre d'évacuation. Les visages en disaient long. Un air de résignation. De lassitude. Cinq minutes plus tard, la pelouse était vide. Le garde avait fait son boulot. Il semblait satisfait. Un jeune Anglais remarquait gentiment qu'à Londres les choses étaient différentes. C'était un samedi après-midi, au jardin du Luxembourg. L'espace d'un instant, on avait cru que, pour une fois, le règlement ne serait pas le règlement. On s'était imaginé que l'ambiance paisible qui régnait dans ce coin du jardin aurait raison des habituels rappels à l'ordre des personnels du Sénat. En sortant, rue de Médicis, il fallait une nouvelle fois supporter ces photos accrochées aux grilles du jardin. Au jardin du Luxembourg, il est non seulement impossible de rester un moment sur une pelouse non habilitée à cet effet, mais en plus, de la rue, il est, en certains endroits, impossible d'en apercevoir la splendeur. Impression de vase clos... Voilà. C'est tout. Une chronique d'humeur. Juste parce qu'il est fort désagréable, lorsque l'on est en train de lire à l'ombre d'un arbre en fleurs, de devoir décamper à cause d'un obscur règlement. Ce n'est rien, me direz-vous et vous aurez raison. Sauf que ces petits riens - l'omniprésence des forces de l'ordre dans les rues en est un autre exemple - finissent, à la longue, par rendre pesant un air qui paraissait si doux. Mesdames et Messieurs les Sénateurs, vous qui avez la charge de ce magnifique jardin, si vous aviez vu la tête des touristes expulsés, ce samedi après-midi, vous n'auriez pas été très fiers, croyez-moi. Rien. Juste trois fois rien. »

Jean-Luc Bengel dans "Gestion de Fortune" de mai 2010 page 6 :

Article intitulé : Edito..interdit.

« Les Français n’ont pas le moral, la consommation est atone, les carnets de commande des industriels demeurent faiblement remplis, les épargnants épargnent, mais n’investissent plus. Bref, rien ne va.
Sauf les contraintes. « Jamais autant que depuis un an nous n’avons senti un tel malaise », confie ce chef d’entreprise d’une société de 120 personnes. « Nos collaborateurs sont démotivés, ils n’ont envie de rien, on s’en rend compte même lorsque l’on aborde avec eux en tête à tête des sujets liés à leur famille, à leur loisirs. Ils craignent pour leur propre avenir, pour celui de leurs enfants. Quant à nous, dirigeants, nous ne sommes pas plus écrasés de charge qu’avant, nous sommes en revanche étouffés par les tracasseries administratives, des réglementations qui, entre celles de nos différents ministères et de Bruxelles, nous donnent le vertige alors que nous devrions plutôt réfléchir à une stratégie de conquête de marchés. Sans parler de la judiciarisation de bon nombre d’affaires qui auparavant se réglaient à l’amiable autour d’une table. » On ne pourra pas s’empêcher de noter que dans le même temps, les interdits se sont multipliés. Sur la route et aux carrefours, nous sommes épiés par des centaines de radars. Et tombent les points et les amendes. Interdiction de boire de l’alcool avant de conduire, deux verres de vin et encore. Les rapports sexuels, soit, ils sont tolérés, mais attention, à condition d’être protégés. Vous venez de jeter une ampoule électrique dans la poubelle ! Qu’avez-vous fait là ? Même chose pour ce sac plastique mis dans la poubelle. Il fallait le déposer dans la jaune, pas dans la verte. Et votre voiture qui consomme huit litres au cent… Ce n’est pas bon pour la planète tout ça… Vous avez un comportement irresponsable. Mais que faites-vous... Vous fumez ? Que dire de plus si ce n’est reconnaître que toutes ces mesures ont permis de diviser par trois le nombre de morts sur les routes, de réduire considérablement les victimes des MST, que la couche d’ozone s’en porte mieux… Mais vivre sous les contraintes permanentes, ce n’est plus vivre. Il reste alors le travail. Mais quand il vient à manquer, que l’horizon s’obscurcit et que les entrepreneurs eux-mêmes doutent, la déprime collective n’est pas loin. Et si on relançait ce slogan fameux de mai 68 : Il est interdit d’interdire. En tout cas, il ne serait pas inutile, en matière de prévention et de répression, que nos gouvernants, comme ils l’exigent de nous, lèvent un peu le pied. Ce serait bon pour le moral. Et donc pour la croissance. » 



socioecopofi.com – Tous droits réservés – L’ensemble du contenu du site socioecopofi.com est protégé par les lois internationales sur les droits d’auteur, les programmes informatiques, les dessins et la protection de la propriété intellectuelle. La copie et la reproduction sont strictement interdites, tant dans la forme, ses idées ou son contenu, totalement ou partiellement, sans un accord écrit de son auteur Christian PIRE. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3°a, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement, réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que « les analyses et reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art. L. 122-4), cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle