![]() |
|
Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
Les mardis de socioecopofi de 10h à 12h et à 19h tous
les premiers mardis de chaque mois et certains samedis sur Annecy.
N'hésitez pas à nous contacter.
Prenez contact avec nous...
islande
Gaël Giraud, jésuite, CNRS, Ceras, Ecole d’économie de Paris, ESCP Europe, dans « La Croix » du 9 mars 2011 :
Article intitulé : Révolution démocratiques : 2. L’Islande
« La voilà ruinée en 2008, à la suite de la faillite généralisée de son système bancaire, lequel avait accumulé une dette extérieure représentant sept fois le PIB du pays ! Les banques nationalisées, le peuple islandais entreprend alors le siège pacifique du palais présidentiel en agitant des casseroles, et chasse la droite du gouvernement. Les élections du printemps 2009 conduisent au pouvoir une coalition formée de sociaux-démocrates, de féministes, d’ex-communistes et du Mouvement des Verts de gauche. Résultat d’autant plus inédit qu’une femme est nommée premier ministre, Johanna Sigurdardottir. Or, la Commission européenne et le FMI exercent une forte pression sur l’Islande pour qu’elle rembourse au moins les 3,5 milliards de dette de la banque en ligne Icesave : ses créanciers sont au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Pression d’autant plus efficace que l’Islande est candidate à l’entrée dans l’Union européenne et qu’une partie du prêt consenti par le FMI à la petite île ruinée est conditionnelle au remboursement des dettes d’Icesave. À plus de 93 %, les Islandais votent contre, en mars 2010. On mesure le contraste avec l’Irlande qui, sous la pression du FMI et de Bruxelles, et sans aucune consultation du peuple irlandais, s’est résignée à rembourser intégralement les dettes de ses banques nationalisées, ruinées elles aussi. Le 27 novembre 2010, une Assemblée constituante est élue à Reykjavik, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales du pays ! 25 constituants ont désormais pour mission de réécrire entièrement la Constitution de 1944, à la lumière de la crise financière de 2008. Leurs travaux viennent de commencer. La révolution islandaise se déroule sans guillotine. La population islandaise ne compte que 320 000 habitants. Comment peut-elle oser défier la logique de tant d’acteurs financiers qui, depuis des années, consiste à privatiser leurs profits et à mutualiser leurs pertes ? C’est que l’Islande croit à la souveraineté du peuple. Quant aux épargnants britanniques et hollandais, lésés par le non remboursement des dettes d’Icesave, pourquoi devraient-ils être remboursés par les chômeurs islandais ? L’exemple islandais confirme aussi qu’un pays peut restructurer une partie de sa dette, et survivre. Aujourd’hui, l’Islande emprunte sur les marchés à 5 %, deux fois moins cher que la Grèce. L’Argentine et la Pologne, en leur temps, ont imposé la restructuration de leur dette: aucune n’a été très longtemps «bannie» des marchés. L’Irlande, l’Espagne peuvent-elles s’inspirer de l’Islande? Le défaut souverain d’un pays européen moins petit que l’Islande provoquerait sans doute un nouveau krach financier. Mais ce chantage est-il acceptable ? »