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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
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- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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FRANCE
André Babeau, économiste, dans « Le Figaro » du 6 février 2012
Article intitulé : Pouvoir d’achat : il faudra patienter
« Pendant des décennies, l’amélioration de notre niveau de vie a beaucoup dépendu de l’augmentation des prestations sociales : 25 % de l’ensemble de nos ressources en 1970, près de 40 % en 2010. Depuis longtemps, nous vivons à crédit, via nos déficits publics. Au cours des dernières décennies, la croissance du niveau de vie des Français a fortement décéléré. Pendant les trente glorieuses, ils avaient le sentiment qu’il augmentait régulièrement, ce que confirment nos comptes nationaux : entre 3,5 % et 4 % de croissance par an, débarrassée de l’inflation. À partir de 1980, les choses commencent à se gâter, la croissance n’est plus comprise qu’entre 1 % et 2 %. Mais c’est au cours de la décennie 2000-2010, et spécialement au moment du passage à l’euro, qu’est apparu le divorce entre la progression mesurée du niveau de vie encore supérieure à 1 % et l’impression de stagnation et même de recul que ressentent les Français. La croissance potentielle de l’économie de notre pays est à présent modeste, sans doute comprise entre 1 % et 1,5 % par an. Mais il faut en retrancher d’abord l’augmentation de la population, encore de l’ordre de 0,5 %. Les revenus monétaires par tête ne croîtraient dès lors en valeur réelle qu’à un rythme annuel de 0,5 % à 1 %. L’augmentation des prélèvements obligatoires pourrait, de son côté, ralentir cette allure. Si, en outre, on fait entrer dans le niveau de vie des Français ces consommations importantes financées par le secteur public (dépenses de santé ou d’éducation), la progression devrait encore être plus faible : les frais d’inscription dans les universités pourraient, par exemple, augmenter et les taux de remboursement des dépenses maladie à nouveau régresser. La reprise de l’augmentation du niveau de vie des Français ne peut maintenant provenir que d’un nouveau dynamisme des revenus d’activité. Les prestations sociales ont fini de jouer leur rôle de locomotive. Les revenus du patrimoine, quant à eux, sont minoritaires et n’ont guère de possibilité de rebond. Tout repose donc sur l’augmentation de la proportion d’actifs employés dans notre économie, tout spécialement pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Si les bonnes décisions sont prises, on voit le cercle vertueux qui pourrait s’enclencher : grâce à l’amélioration de notre compétitivité, la hausse de l’investissement dans des secteurs bien choisis permet de réduire le taux de chômage et la croissance de la production et des revenus facilite le désendettement public.
Commentaire : Cet article ne traite pas du détournement des fonds du système économique via des produits financiers pernicieux (produits dérivés), du scandale de la paupérisation Humaine et immobilière (défiscalisation, urbanisme, etc…), de la déstabilisation boursière due au système de cotation et aux décisions des régulateurs et superviseurs etc… C’est bien dommage que ces notions soient oubliées. Cela enlève une grande partie de l’intérêt et de la pertinence des propos tenus. Sus à l’image de la France sous assistance des aides sociales et autres vues réductrices et simplistes. D’un côté, on sort ces propos usités et de l’autre on ne cesse de louer la qualité de vie française. Il est vrai que les économistes ne sont ni des financiers, ni des sociologues et qu’ils doivent construire ex-post un film qui explique la « réalité » du moment pour vendre leur « sauce ». Pour rappel, une grande partie de l’endettement des Etats (si ce n’est la totalité dans certains cas) est due au scandale que ces derniers doivent payer un intérêt sur les capitaux qu’ils empruntent alors que c’est eux (nous les citoyens) qui relèvent les banques de leurs erreurs et de leurs détournements. « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles. » Il est grand temps, pour nous les citoyens (conseillers financiers et investisseurs), de redonner du cœur à notre argent en investissant dans l’économie réelle. Seule, elle est garante de futur pour nous et nos enfants. Le fait que nos actes soient dictés par des paroles à nos oreilles fait oublier que ces paroles peuvent être (et sont aujourd’hui) spoliatrices et destructrices (dérivés, matières premières, défiscalisation organisées et maîtrisées par les lobbies, accélération d’endettement des Etats aux profits de certains groupes ou familles, remise en cause de l’aide aux plus pauvres etc…). N’oubliez pas : « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles ».
Dans « Challenges » du 4 février 2012
Article intitulé : Regards
« Le patrimoine net de la population française atteint 510% du PIB, contre 590% en Italie, et 320% en Allemagne »
« 9% des millionnaires de la planète se trouvent en France. »
Gérard Courtois dans « Le Monde » du 2 février 2012
Article intitulé : Les Français estiment que l'éthique recule en politique
« Le constat n'est pas brillant : une large majorité de Français ne sont pas convaincus de la moralité des hommes et des femmes politiques. Tel est l'enseignement le plus saisissant du sondage réalisé par Ipsos et Logica Business Consulting pour Le Monde et l'association Lire la société, à l'occasion de la Journée du livre politique, organisée avec l'Assemblée nationale, samedi 4 février. Il ne se trouve, en effet, que 22 % des personnes interrogées pour considérer que tous les politiques ou la plupart d'entre eux respectent les grandes règles de la morale ; cette confiance est notamment partagée par les cadres (34 %) et les plus diplômés (30 %). En revanche, un pourcentage équivalent (20 %) estime qu'aucune femme ou aucun homme politique respecte ces grandes règles morales ; cette défiance totale est particulièrement marquée chez les ouvriers (28 %), les sympathisants du Front national (28 %), les inactifs (32 %) et les personnes sans diplôme (35 %). Entre le groupe des "tous honnêtes" et celui des "tous pourris", la grande majorité des sondés (57 %) estime que "seuls certaines femmes et certains hommes politiques" respectent les grandes règles de l'éthique personnelle et publique. On ne saurait être plus dubitatif ou critique. Le constat est d'autant plus sévère qu'une majorité des sondés estime que la situation s'est dégradée depuis vingt ans. Plus inquiétant encore, près de trois Français sur cinq (58 %) et les deux tiers des sympathisants de gauche jugent que les gouvernants et les élus confondent leurs intérêts personnels et leurs responsabilités publiques davantage aujourd'hui qu'il y a vingt ans. 7 % seulement estiment que cette confusion a reculé. Enfin, les Français interrogés par Ipsos considèrent également que les hommes et femmes politiques sont de moins en moins sincères. La moitié exactement le pensent (et jusqu'à 56 % chez les sympathisants du FN et 60 % des non diplômés), contre 39 % pour qui les choses n'ont pas changé dans ce domaine et 9 % seulement pour qui elles se sont améliorées. Là encore, les responsables politiques payent clairement le prix des promesses non tenues et des engagements oubliés. »
Olivier Auguste dans « Le Figaro » du 2 février 2012
Article intitulé : Compétitivité: attention aux approches caricaturales
«Des approches simplistes - voire caricaturales - de la compétitivité se sont développées: pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme. Résultat: des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l'action économiques.» De qui, ces quelques lignes assénées sans détour? Elles sont cosignées (par ordre alphabétique…) par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGPME, le Medef et l'UPA. Les syndicats signataires de ce rapport, intitulé «Approche de la compétitivité française», ont pris sur eux pour reconnaître qu'il fallait «repenser l'assiette du financement de la protection sociale» afin d'alléger le coût du travail. Le patronat, de son côté, a concédé dans ce rapport que le coût du travail n'était pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité. Non plus que la durée hebdomadaire du travail (les 35 heures ne sont même pas mentionnées dans le rapport!). Il note, parmi les facteurs de compétitivité, la qualité des infrastructures, l'équipement en nouvelles technologies ou encore… l'organisation du travail et le management qui, s'ils permettent de limiter stress et usure physique, réduisent l'absentéisme. On se prend en tout cas à rêver que syndicats et patronat aillent, main dans la main, rappeler leur diagnostic partagé aux candidats. »
Commentaire : En période de forte crise, certaines vérités et réalités imposent d’opter pour la coopération au détriment de la collaboration à certains dogmes et certaines allégeances. En cela, la crise est « rénovatrice » et « libératrice ».
Propos de Denis Kessler recueillis par Nicolas Barré, Henri Gibier, Laurent Thévenin et François Vidal, dans « Les Echos » du 23 janvier 2012
Article intitulé : Notre modèle social n'est pas tenable
« La note de crédit de la France vient d'être dégradée par Standard & Poor's, est-ce un cataclysme ou un non-événement ? Les marchés n'y ont pas accordé une grande importance. Le pire de la crise est-il passé ? Dans toute maladie, il y a des périodes de rémission où les indicateurs s'améliorent. Cette dégradation est intervenue alors que la BCE procédait à une injection massive de liquidités dans le système financier, ce qui a minimisé ses effets immédiats. Cette piqûre fait du bien au malade, mais ne l'a pas pour autant soigné. Pour revenir à un niveau acceptable d'endettement, il faut réduire la dette d'un montant de 1,5 année de PIB. C'est considérable et ne se fera pas en un jour. Nous entrons dans l'ère du désendettement généralisé. Tous les acteurs économiques, sans exception, vont être concernés. Cela prendra du temps et sera pénible. C'est d'abord le résultat d'un recours excessif à la dette pendant des années. Les politiques monétaires menées de 2000 à 2007 ont facilité cette explosion du crédit. Malheureusement, une très large partie de cet endettement ne s'est pas traduit par des investissements productifs, qui auraient généré les cash-flows permettant son remboursement sans problème. La Grèce est couverte de piscines, pas d'usines ! C'est ensuite le résultat des erreurs commises pour gérer la crise à partir de 2007. Nous avons alors cru que nous étions face à une crise conjoncturelle classique que l'on pouvait traiter avec une réponse keynésienne, c'est-à-dire en soutenant l'activité grâce au déficit budgétaire et à l'augmentation des dépenses publiques et sociales. Dans le cas de la France, tout le monde sait désormais que la dette a augmenté de plus de 500 milliards au cours des cinq dernières années. On sait moins que, au cours de la même période, les dépenses publiques en France ont progressé de plus de 15 % ! Enfin, les nouvelles normes prudentielles dans le monde financier vont accélérer et amplifier le phénomène de désendettement. Elles vont se traduire par une contraction de l'offre de crédit et son renchérissement. Quant aux assureurs, ils sont dissuadés d'investir dans les actions et les placements en obligations d'entreprise se traduisent par une charge en capital que ne subissent pas les placements en bons du Trésor. Tout cela va limiter la croissance et compliquer les stratégies de désendettement. »
Olivier Nomblot, point de vue d’Olivier Babeau, professeur à l’université Paris XIII, dans « Les Echos » du 18 janvier 2012
Article intitulé : Produire en France, oui mais avec l’étranger
« Qu’il faille promouvoir la production en France, car elle crée des emplois et nourrit nos trop faibles exportations, c’est une évidence. Toutes les mesures qui pourront favoriser une activité économique sur notre territoire doivent être encouragées. Aucun gouvernement n’a jamais pensé ou déclaré le contraire. En revanche, il existe en réalité un vrai débat concernant la façon dont ce « produire en France » est conçu. Certains courants politiques pourraient souhaiter privilégier une interprétation étroite de ce principe, assimilant « produire en France » à « produire Français ». Le corollaire du « produire en France » serait alors non seulement l’édification de barrières à l’entrée des produits étrangers, mais aussi le refus des capitaux étrangers, accusés de vouloir « acheter la France ». La seule interprétation qui vaille du « produire en France » est tout sauf protectionniste : car s’il faut produire en France, le marché français ne peut à lui seul absorber la production française. La France a besoin des marchés étrangers pour se développer : mentionnons simplement les deux fleurons français que sont l’électricité et l’aéronautique. Ensuite, le réalisme économique impose que les capitaux nécessaires à la production ne ne soient pas seulement français. La France était en 2010 le 4e pays d’accueil des investissements directs étrangers. Ce sont plus de 57 milliards de dollars qui ont été investis par des étrangers dans des activités de production nationales créatrices d’emplois pour cette seule année. Comment nier que la Toyota Yaris, produite à Valenciennes, est par exemple parfaitement française ? Pourquoi s’offusquer ou s’effrayer lorsque des investisseurs qatarens achètent un club de football, investissent dans Suez et Veolia ou achètent des Airbus ? La tout récente affaire de l’arrivée fracassante d’Al-Jazeera sur le marché des droits du football est d’ailleurs très emblématique de la position assez contradictoire que certains peuvent avoir face aux investisseurs étrangers. En décidant d’investir en France sur les droits de diffusion des matches de la Ligue 1 et de Ligue des champions aux dépens de Canal +, le Qatar crée de la richesse, en France, là où il n’y en avait plus. Il crée des emplois et dynamise la concurrence là où toutes les entreprises françaises ont renoncé – rachetées par Canal Plus ou éliminées par elle d’ailleurs. Une fois la chaîne qatarienne lancée, les mêmes qui dénoncent pour de mauvaises raisons cet investissement verront qu’il contribuera sans doute à baisser le prix de la télévision payante en France. L’importance des investissements étrangers est le signe rassurant de notre attractivité en même temps qu’un précieux adjuvant à la vigueur future de notre tissu économique national. La mondialisation est bien une compétition, mais en réalité pour les Etats une compétition de modèles – réglementaires, fiscaux, sociaux. Un investisseur étranger vient en France parce qu’il juge que notre pays offre des atouts : infrastructure, sécurité, marché national important. L’enjeu des réformes à venir sera précisément d’adapter ce modèle afin qu’il soit plus attractif que jamais. »
Frédéric Vuillod dans « Les Echos » du 18 janvier 2012
Article intitulé : Les secteurs qui vont créer des emplois d’ici cinq ans
« La France compte déjà 15 millions d’emplois dans le secteur marchand et 783.000 emplois supplémentaires seront créés d’ici à 2016, d’après le Centre d’Analyse Stratégique. C’est le secteur du nettoyage qui embauchera le plus, suivi du conseil, des services domestiques, des activités culturelles, de la construction et de la distribution. Viennent ensuite la finance, l’assurance, l’immobilier, les transports ou l’hôtellerie-restauration. »
Commentaire : Et les banques licencient tout comme les assureurs…Rebelote, ce qui s’est passé mi-90 se répète.
Guillaume Guichard dans « Le Figaro » du 14 janvier 2012
Article intitulé : Les quatre conséquences de la perte du AAA français
« C’est sans doute la conséquence la plus grave déclenchée par la perte du AAA : le Fonds européen de stabilité financière, dont la note AAA dépend de celle des pays qui le soutiennent, devrait également être revu à la baisse. Conséquence, le taux d’intérêt alors exigé par les investisseurs grimperait. Cela renchérirait le coût des plans d’aide à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande sous la perfusion du mécanisme européen. Et mettrait en péril le fragile mur anticrise de la zone euro. Effet domino sur les collectivités locales La sanction de Standard & Poor’s provoquerait un effet domino, explique Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation : « La note du pays sert de référence nationale. Si elle est abaissée, toutes celles des entreprises, des banques et surtout des collectivités locales seront remises en cause. Parmi ces dernières, celles dotées d’un AAA, comme la Ville de Paris ou la région Ile-deFrance, seront automatiquement dégradées. » Les collectivités dépendant en grande partie des transferts financiers de l’état (via l’allocation globale de fonctionnement), elles ne peuvent pas bénéficier d’une meilleure note que lui. Or, une fois leur note dégradée, elles devraient faire face à des créanciers plus méfiants, qui leur réclameraient des taux d’intérêt plus élevés. Les établissements pourraient en effet durcir l’accès au crédit et augmenter les taux d’intérêt. « La banque empruntant plus cher sur les marchés, on peut supposer qu’elle répercute cette hausse sur ses clients », reconnaît l’économiste d’une grande banque française. « Toutefois, au vu de la concurrence actuelle, elles pourraient choisir de réduire plutôt leur marge pour conserver leurs parts de marché. » D’autre part, « dans le contexte actuel de resserrement du crédit par les banques, l’impact supplémentaire d’une baisse de la note pourrait passer presque inaperçu », relativise l’économiste Alexandre Delaigue. Les conséquences d’une perte du AAA de la France dépendent aussi et surtout de la réaction des marchés. Si, comme beaucoup le suggèrent, les taux pratiqués actuellement sous-entendent déjà une France dotée de la note inférieure, alors il faut s’attendre à peu de changement. La Nouvelle-zélande, par exemple, a perdu son AAA le 30 septembre. En réaction, le coût du crédit a flambé. Avant de retomber à des niveaux plus bas qu’avant la sanction des agences de notation. »
Geneviève Azam, économiste, Etienne Balibar, philosophe, Thomas Coutrot, économiste, Dominique Méda, sociologue, dans « Le Monde » du 14 janvier 2012
Article intitulé : Contre le discours dominant sur la dette publique
« Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, " vit depuis plus de trente ans à crédit ". Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur " La dépense publique et son évolution ", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000. Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n'épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers - ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts - se montent à 50 milliards d'euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés. Une idée a servi de clé de voûte à l'architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d'un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s'entraider financièrement... : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. »
Jean-Françis Pécresse dans « Les Echos » du 10 janvier 2012
Article intitulé : Les grands groupes prennent les PME pour leurs banquiers
« Ils ont beau faire des profits, les grands groupes sont de mauvais payeurs. Régler ses fournisseurs en retard : ce travers n’est pas nouveau ; il s’était atténué en 2009-2010, mais il est reparti de plus belle en 2011, au point de devenir insoutenable économiquement et moralement. Le phénomène met en danger la santé financière de milliers de PME. La Banque de France livre, dans son dernier bulletin, celui du quatrième trimestre 2011, des éléments éloquents. En 2010, seules 39 % des grandes entreprises ont réglé leurs fournisseurs en moyenne dans le délai des 60 jours – une proportion en recul par rapport à 2009. Et 15 % ont payé à plus de 90 jours...Bien sûr, jusqu’au 31 décembre, une quarantaine d’accords dérogatoires mis en place après la LME permettaient à des branches entières d’échapper à ces nouvelles contraintes, mais ils ne couvraient que 20 % de l’économie. Surtout, l’attitude de ces grands groupes est d’autant moins compréhensible que, eux, se font payer dans les temps : près des deux tiers (63 %, selon la Banque de France) sont honorés par leurs clients à 60 jours maximum. Pour Olivier Duha, président de Croissance plus, ce travers est« structurel »avant d’être« conjoncturel ». Rien de tel en Allemagne, dont la compétitivité repose sur la bonne santé de ses entreprises de taille intermédiaire. Ce n’est pas faute, pour Jean-Claude Vollot, de dénoncer « un cynisme absolu » des grands groupes, « une stratégie délibérée de leurs directeurs financiers », dont les trésoreries sont pourtant très excédentaires. De fait, tous les moyens sont bons pour retarder le paiement : invoquer une facture non reçue, non conforme aux procédures « maison », différer l’envoi du bon de commande en bonne et due forme, qui, seul, déclenche le délai de paiement... Autre procédé utilisé : faire transiter la commande par une filiale étrangère, de manière à échapper à la législation française. Le préjudice financier est lourd. Selon les données de la Banque de France, les grandes entreprises dont les délais excèdent soixante jours avaient, en 2010, 45 milliards d’euros de dettes fournisseurs. Un montant six à sept fois plus élevé que celui de leurs emprunts bancaires à court terme. Malgré elles, les entreprises, petites, moyennes ou intermédiaires, sont devenues, de loin, les premiers financiers de la trésorerie des grands groupes. Selon la Banque de France, si toutes les créances clients et dettes fournisseurs des entreprises, des ménages et de l’Etat étaient ramenées à 60 jours, comme la loi l’exige, ce sont 11 milliards d’euros – le solde – que les grandes entreprises devraient remettre en circulation dans l’économie. Les seules PME, créatrices d’emploi, récupéreraient alors 10 milliards d’euros. Comme le retard moyen est de 12 jours, chaque jour de retard coûte donc pas loin de 1 milliard d’euros à l’économie française. »
François Vidal dans « Les Echos » du 10 janvier 2012
Article intitulé : Obsession sécuritaire
« Quand des professionnels préfèrent laisser s’éroder leur cash plutôt que d’encourir un risque même minime de perte sur leur capital, il serait mal venu de moquer la retenue de monsieur Tout-le-Monde. C’est là tout le paradoxe de la situation. En plébiscitant les livrets d’épargne, à commencer par le Livret A, le premier d’entre eux, les Français contribuent efficacement au financement de l’économie du pays. D’abord, ils donnent un ballon d’oxygène bienvenu à des banques en mal de financement. Ce qui n’est pas sans effet sur la distribution de crédit. Surtout, dans la mesure où près des deux tiers des fonds déposés sur le Livret A atterrissent à la Caisse des Dépôts, ils fournissent des munitions à l’un des principaux dispositifs anticrise de l’Etat, les fonds d’épargne. Résultat, ces fonds, devenus les véhicules à tout faire de la puissance publique (financement du logement social, des collectivités locales, des infrastructures, des PME…), sont aujourd’hui l’un des derniers lieux où la transformation de l’épargne court terme en financement long terme n’est pas grippée. »
Commentaire : Je ne suis pas d’accord avec la vue idyllique de l’utilisation des fonds du livret A. L’histoire et les réalités du taux de productivité de ces fonds sont sans appel. Je pense que Monsieur Vidal oublie que la bourse avec le système de cotation actuel peut créer un effet de levier de prêt de 99%. En effet, le système actuel répercutant la hausse ou la baisse réalisée sur un petit nombre de titres à l’ensemble des titres crée de facto un effet multiplicateur. Cet effet multiplicateur est appelé indice de création de valeur comptable lorsque les cours sont à la hausse, et indice de destruction comptable lorsque les cours sont à la baisse. Dans la situation actuelle, il est aisé de mettre en place une dynamique de hausse régulière des indices. Cette dynamique en redonnant confiance, stabiliserait et relancerait la situation SOCIOlogique, ECOnomiue, POlitique et FInancière. Reste à trouver le politique qui acceptera de sortir de l’idiotie des croyances et des dogmatismes actuels. La crise n’est ni économique, ni financière, elle est politique. Voir en pièce jointe le Fonds de stabilisation boursier.
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 9 janvier 2012
Article intitulé : Le déficit de confiance, voilà le problème
« La situation actuelle en France est paradoxale. Certes, le paysage économique est mauvais. En termes de croissance, de dettes, de déficit, de chômage. Mais la France est plus déprimée que la plupart des pays dans le monde en général et en Europe en particulier avec une position qui n'est pourtant pas dramatique. Nous sommes loin des 22 % de chômage espagnol, des 200 % de déficit japonais, des taux de décroissance grecs ou italiens. Prenons le cas des États-Unis. Objectivement, leur situation économique est catastrophique, leurs fondamentaux déplorables et, pourtant, depuis quelques mois, et encore pour quelques mois, la machine recommence à tourner. Et la surprise vient de la consommation des ménages. Avec un taux de chômage historiquement élevé et des revenus qui ne progressent pas, les ménages dépensent plus. Comment ? En puisant dans leur épargne. Rappelons que les ménages américains avaient un taux d'épargne NÉGATIF de 3,5 % avant la crise. Depuis trois ans, ils ont découvert l'épargne et, en particulier, l'épargne de précaution. Leur taux d'épargne a progressé de près de 10 %, pour atteindre les + 6 %. Un taux médiocre dans l'absolu mais exceptionnel pour les États-Unis. Or, depuis quelques mois, ce taux d'épargne chute. Il a atteint les 3,5 % à la fin de l'année 2011. Les ménages américains ont repris un peu confiance et éprouvent moins le besoin de maintenir autant d'épargne de précaution. Il est trop tôt pour savoir si ce regain de confiance est réaliste mais, pour l'instant, il alimente une reprise de l'économie. En France, nous sommes dans la situation inverse. Les ménages français ne consomment plus. Et, pendant ce temps, l'épargne explose. Notre taux d'épargne est proche de 17 %, un record mondial, deux fois plus que les "fourmis" japonaises. Un simple retour à un taux d'épargne "normal" procurerait à l'économie française une formidable bouffée d'oxygène. Mais les Français ne sont pas prêts à prendre le risque de puiser dans leur bas de laine. Le principal problème de la France n'est ni sa dette ni son déficit budgétaire, c'est le déficit de confiance, un déficit justifié. »
Commentaire : Déficit de confiance ajouté au fait que l’on détourne les capitaux vers des livrets « libérateurs » en termes comptables pour les banques mais destructeurs en termes économiques pour les Peuples.
Dans « Les Echos » du 10 janvier 2012
Article intitulé : Epargne : la grande peur de la Bourse
« Entre les Français et la Bourse, le divorce est consommé. La méfiance à l’égard des actions atteint des sommets, selon le 15e baromètre TNS Sofres réalisé pour La Banque Postale et « Les Echos ». Avec la chute quasi ininterrompue des indices depuis l’été dernier sur fond d’inquiétudes sur les dettes souveraines, les particuliers se détournent en masse des marchés. Seuls 9 % des Français estiment qu’il s’agit d’un « bon moment » pour placer une partie de son épargne en Bourse, du jamais-vu depuis le lancement de cette enquête en 2004 ! 93 % des sondés jugent les actions risquées et 82 % ont la même opinion sur les obligations, des proportions qui, là aussi, atteignent des sommets. Mais la méfiance s’étend aussi à d’autres produits financiers : l’assurance-vie a de moins en moins la cote auprès des Français, au profit des livrets. L’assurance-vie a ainsi subi une décollecte cumulée de 6,4 milliards d’euros entre septembre et novembre 2011. Les sondés s’interrogent sur la solidité de leur banque : presque un tiers des sondés se disent inquiets »
Commentaire : Il est urgent de faire revenir les fonds sur les marchés boursiers et sur l’économie réelle. Sans cela, nous nous exposons au risque de franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. Là, l’afflux d’ordre de vente provoquera le vrai krach boursier, à savoir : le krach de liquidité. Krach de liquidité = krach SOCIOECOPOFI (SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier)
Dans « Le Dauphiné Libéré » du 31 décembre 2011
Article intitulé : Nos communes passées à la loupe
« À quoi ressemblent les 36 682 communes françaises ? L’Insee a tiré leur portrait. Il en ressort qu’une commune sur deux compte moins de 426 habitants et les trois quarts ont moins de 1 000 habitants. Toutefois elles n’abritent que 15 % de la population. De l’autre côté, les 200 plus grandes communes du pays concentrent à elles seules plus du quart de la population, précise l’Institut national de la statistique et des études économiques. Dans le détail, 12 101 communes comptent moins de 250 habitants, soit 3 % seulement de la population. À l’inverse, 939 communes abritent 49 % de la population. En moyenne, il y a en France 1 750 habitants par commune, contre 4 100 dans l’Europe des 27. Mais, dans l’Hexagone, l’Insee recense de fortes différences entre les régions. Ainsi, en Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Midi-Pyrénées et Corse, plus de la moitié des communes ont moins de 250 habitants. Les communes sont également plutôt petites en Picardie, en Bourgogne et en Basse-Normandie. À l’inverse, les toutes petites communes représentent moins de 10 % des communes d’Ile-de-France, de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, d’Alsace et des Départements d’Outre-Mer. Selon l’Insee, les régions de métropole où la taille moyenne des communes est la plus élevée sont l’Ile-de-France (9 000 habitants) et Provence-Alpes Côte d’Azur (5 000), suivies du Nord-Pas-de-Calais (2 600), de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire. En dix ans, la France a gagné 4,2 millions d’habitants, soit une croissance de 7 %. En métropole, ce sont les régions du sud et de l’ouest qui ont le plus progressé, notamment le Languedoc-Roussillon (+14%) et Midi-Pyrénées (+12%). »
Commentaire : Pourquoi continuer la densification et le parcage de la population du fait de décisions urbanistiques et de développements inappropriés ? Et si une grande partie de la délinquance était issue de la politique urbanistique ? Que dire de la pollution, de l’appauvrissement à tout point de vue etc… Et si nous profitions des possibilités de croissance offertes par la revitalisation des communes ?
Cécile Crouzel dans « Le Figaro » du 2 janvier 2012
Article intitulé : Les dépenses publiques sont d'abord des dépenses sociales
« Faut-il tailler dans les dépenses publiques en France ou les maintenir au niveau actuel? La question ne manquera pas d'alimenter la campagne présidentielle. En ces temps de chasse aux déficits, aucun candidat ne pourra ignorer l'enjeu crucial des dépenses publiques. Car leur montant est considérable: en 2010, elles ont frôlé les 1100 milliards d'euros et ont absorbé 56,6% de la richesse nationale, selon le rapport publié sur le sujet par le ministère du Budget. En Europe, seuls le Danemark (58,2%) et l'Irlande (67% à cause du sauvetage des banques) ont fait mieux. En Allemagne, les dépenses publiques représentent 46,6% du PIB seulement. L'analyse des dépenses révèle toutefois le défi qui attend les partisans des coupes. En effet, en France, la protection sociale représente 41,4% des dépenses publiques. Dit autrement, ce qui coûte aux finances publiques, ce sont d'abord les pensions de retraite, les remboursements de maladie, les allocations familiales, les allocations chômage, le RSA et toutes les aides sociales, qu'elles soient versées par l'État, les collectivités locales ou la Sécu et ses satellites. La santé, avec 14,8% des dépenses publiques, vient juste après. La dernière réforme des retraites ne permettra un retour à l'équilibre qu'en 2018, malgré la fin de l'emblématique «retraite à 60 ans»… Rien d'étonnant donc que les dépenses publiques continuent de progresser, même si le rythme est moins élevé: + 0,7% en 2011 et + 0,9% en 2012, contre une moyenne de 2,6% de 1978 à 2008. Et ce malgré les efforts effectués par l'État. Le gouvernement a décidé de ne pas remplacer un départ à la retraite d'un fonctionnaire sur deux et a réformé l'administration (refonte de la carte judiciaire, militaire, dématérialisation de procédures, etc.). Le résultat n'est pas nul. Pour la première fois depuis 1945, les dépenses de l'État, hors charges de la dette et pension, ont baissé en 2011. Elles suivront la même pente en 2012, tandis que la masse salariale (80 milliards) reculera elle aussi. Mais d'une part, les dépenses totales sont toujours en hausse et, d'autre part, l'État ne représentant que 27% des dépenses publiques. »
Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, propos recueillis par Laura Fort, dans « La Tribune » du 30 décembre 2011
Article intitulé : Les mutuelles devraient plutôt rembourser les soins que payer des taxes ! »
« Le gouvernement a voté le relèvement de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) de 3,5 % à 7 %. Sera-t-elle répercutée en totalité sur les assurés ? Globalement, oui. Cependant, la situation est différente selon les mutuelles. Celles qui peuvent encore puiser dans leurs réserves pourront étaler leurs augmentations de tarifs dans le temps. La plupart des observateurs estiment la moyenne de l'augmentation des tarifs des complémentaires santé entre 6 % et 7 % en 2012. Les politiques n'ont pas compris que le coût d'une mutuelle est devenu tel que les phénomènes de renoncement à l'assurance complémentaire ou de choix de garanties moins protectrices sont en train d'augmenter. Certes, l'État va trouver, par l'augmentation de cette taxe, 2 milliards d'euros de recettes, mais cela aura un coût social et politique élevé. Il vaudrait mieux que les mutuelles remboursent les dépenses de santé plutôt qu'elles paient des taxes ! Aujourd'hui les dépassements d'honoraires s'élèvent à 2.5 milliards d'euros. Et nous sommes dans une situation où le nombre de professionnels pratiquant des dépassements augmente, tout comme leur montant. Il y a donc un décrochage entre le montant des remboursements de la Sécurité sociale et les prix effectivement pratiqués. Il est indispensable de revenir sur cette mesure, quitte à ce que les mutuelles utilisent plutôt les 2 milliards de recettes de la taxe pour améliorer le montant des honoraires remboursés. En 2011, il y a eu une augmentation sensible du renoncement aux soins ou des soins différés. Le taux réel de renoncement tourne autour de 20 % de la population française. Et les personnes qui y renoncent sont celles qui sont déjà en difficulté : les personnes en rupture dans leur parcours professionnel, les personnes âgées ou les jeunes qui ont du mal à s'insérer dans la vie professionnelle. »
Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » du 23 décembre 2011
Article intitulé : Où va l'argent...
« Mais où est donc passé le bas de laine des Français ? Sûrement pas en placements actions, la Bourse de Paris enregistrant, avec celle de Milan, la pire performance de toutes les places européennes depuis le début de l'année. Pas davantage en assurance-vie, la Fédération française des sociétés d'assurances venant d'officialiser un troisième mois consécutif de décollecte sur ce placement. Mouvement inédit depuis la première crise de 2008. Les Sicav, produits réputés pour mutualiser les risques de leurs souscripteurs, ne sont pas plus prisées puisque leurs encours sont tout autant en berne. Cerise sur le gâteau : même la collecte du livret A, le chouchou des Français, accuse un retrait en novembre. Si les Français ne placent plus leur argent dans la Bourse ou les produits d'épargne pourtant sûrs, c'est d'abord parce qu'ils sont aujourd'hui en manque de repère et qu'ils redoutent le pire pour leurs économies, à commencer par celles placées en obligations de la zone euro, comme c'est le cas à travers les contrats d'assurance-vie. D'où leur réaction épidermique. Manifestement, la pierre et les placements immobiliers ont encore la préférence. Mais plus de façon aussi massive qu'avant, les prix ayant atteint de tels sommets que ces investissements sont aujourd'hui réservés à ceux qui peuvent se permettre de revendre un bien pour en acquérir un autre. Preuve de la défiance généralisée : il semble que bon nombre de Français retirent tout simplement leur argent de leurs placements d'épargne pour... le conserver chez eux en attendant des jours meilleurs. Le cafouillage politique autour du sort de la zone euro n'a pas fini de déboussoler la machine économique. »
Jean-Francis Pécresse dans « La Tribune » du 23 décembre 2011
Article intitulé : Vite, une « règle d’or » pour la Sécu
« Quels que soient l’imagination des hauts fonctionnaires du Budget ou des Affaires sociales pour trouver de nouvelles ressources, quels que soient les louables efforts faits pour élargir la base des prélèvements sociaux, la réforme du financement social ne sera jamais qu’un pis-aller. Voilà plus de quinze ans que cela a été fort bien expliqué, dans un rapport sur le sujet remis en 1995 à Alain Juppé par Jean-Baptiste de Foucauld alors commissaire au Plan : « Il n’existe pas d’assiette miracle qui, à elle seule, permettrait de garantir l’équilibre financier du système de protection sociale. En effet, sur le moyen/long terme, toutes les assiettes évoluent de façon sensiblement parallèle à notre richesse nationale. Il serait donc vain d’espérer pérenniser le système si le rythme de croissance des dépenses sociales devait évoluer plus vite que le PIB. » Voilà qui n’interdit pas, naturellement, de chercher des modes de prélèvement moins défavorables – et pourquoi pas même, favorables– à la compétitivité de nos entreprises. Pour avoir la moindre chance de succès, a fortiori quand les fruits du travail sont appelés à manquer, cette stratégie ne peut que privilégier l’ajustement par de moindres dépenses. Calibrer les prestations en fonction des ressources disponibles, voilà l’essence même d’un système de redistribution. Le premier devoir d’un modèle social est de ne pas distribuer plus que ce dont il dispose. Les droits y sont acquis dans la seule mesure où ils peuvent être financés. Autant un Etat peut s’affranchir, de temps à autre, de cette « règle d’or » pour investir – pas pour payer ses fonctionnaires comme chez nous –, autant la Sécurité sociale ne devrait jamais y déroger. Là plus vite qu’ailleurs, l’équilibre doit très vite redevenir la règle. »
Commentaire : En dehors des abus (naturellement), je pense qu’il faut accepter et intégrer, dès maintenant, que le système de protection sociale n’a pas pour objet d’être équilibré ni bénéficiaire. Comme l’indique cet article, il serait « vain d’espérer pérenniser le système si le rythme de croissance des dépenses sociales devait évoluer plus vite que le PIB ». Comment avec le vieillissement de la population, et un système financier vivant sur la paupérisation du plus grand nombre (quitte à s’autodétruire), croire que l’on peut modifier la tendance déficitaire. En fait, on peut le faire. Mais là-aussi, ce serait au prix d’une paupérisation, à savoir la paupérisation « médicale ». Je terminerais en vous proposant la réflexion suivante : et si dorénavant, nous envisagions l’économie non plus comme de multiples systèmes « mathématiques » devant chacun être à l’équilibre, en faveur d’une approche « physique « tenant compte du fait que le déficit de l’un assure la croissance de l’autre ? Souvenez-vous du principe des éprouvettes. Je pense qu’il est indéniable que l’on peut reconnaître que les dépenses médicales font « tourner » l’économie et qu’à ce titre elles ne peuvent être considérées que comme un déficit. Peut-être faudrait-il revoir certains systèmes de remboursements qui favorisent une surconsommation et des prix n’ayant plus aucune cohérence avec la réalité. Sauf à exporter la fabrication dans des contrées où l’Etre Humain n’est pas la première des préoccupations. Ex : Le lobby de l’optique qui a réussi à transformer, et à faire payer par la collectivité, un marché médical, en un marché du look. Avant de vouloir pratiquer la paupérisation médicale, organisons la paupérisation du « business médicalisé ». Et si nous parlions du dentaire ? Etc… « Dynamique » physique ou « Paupérisation » médicale mathématique ? Souvenez-vous de l’article d’André Orléan d’hier : « Nous sommes aujourd'hui dans une situation proche de l'entre-deux-guerres quand les pays menaient des politiques déflationnistes pour sauver leurs stocks d'or et leur parité, ce qui a conduit au chômage de masse » Ou quand les mathématiques abusées par des raisonnements absurdes mènent à la guerre.
« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé » John F.Kennedy
Eric le Boucher dans « La Tribune » du 23 décembre 2011
Article intitulé : Patriotisme démagogique
« Dans le catalogue des produits made in France, ce qui s’est fait de mieux cette semaine a été la démagogie. Nos responsables politiques ont un savoir-faire unique au monde pour transformer les débats les plus sérieux en slogans de bistrot. Sur le fond, l’issue est vite connue car elle est toujours la même : la France a perdu son industrie parce qu’elle n’est plus la France, il faut rétablir au plus vite protectionnisme et étatisme. « Il faut tourner la page du libre-échange. » Rien ne prouve que les Français ont véritablement intérêt à freiner la concurrence, tout pousse même à penser le contraire. En outre, la politique commerciale et douanière ne dépend plus de la France mais de l’Union européenne et nos partenaires continuent de croire en l’ouverture. »
« Une erreur ne devient pas une vérité parce que tout le monde y croit. » Raymond Aron
Dans « Challenges » du 15 décembre 2011
Article intitulé : Regards
« En France, seuls 8% des salariés sont syndiqués, contre 40% en Italie et 80% au Danemark.’ »
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 16 décembre 2011
Article intitulé : Croissance zéro
« La France est en récession. A en croire les prévisions publiées hier soir par l’institut de la statistique, sa production recule en cette fin d’année, devrait continuer à baisser début 2012 et reviendra sur une pente à peine positive au printemps. Ses moteurs, qui ne tournaient pas vite jusqu’à l’été dernier, ont été étouffés ces derniers mois par la crise de la zone euro. Le scénario est clair. Fragilisés, les banquiers rechignent à prêter. Les entreprises ont donc des problèmes de financement, comme l’indiquent une série de signaux (allongement des délais de paiement signalés par les entrepreneurs de Croissance Plus, tensions relevées par les trésoriers des grandes entreprises, etc.). Echaudés par la panne de 2008, les chefs d’entreprise serrent les boulons. Ils maintiennent les stocks au minimum, taillent dans les investissements qui constituaient auparavant le moteur le plus tonique de l’activité et compriment les effectifs. L’emploi aura diminué sur la seconde moitié de l’année alors que les experts de l’Insee prévoyaient une hausse il y a deux mois. Les consommateurs ont un pouvoir d’achat qui monte un peu, mais la dureté des temps et la perspective de hausses d’impôt les poussent à épargner davantage. C’est la perspective de la stagnation qui va bientôt faire perdre à l’Etat français sa notation AAA. Et c’est elle qui inquiète les investisseurs, car elle sape la capacité du pays à honorer ses dettes. Au Royaume-Uni et dans une moindre mesure en Italie, les gouvernements ont récemment annoncé à la fois un renforcement de la rigueur budgétaire et des décisions pour soutenir l’activité. Pas seulement des crédits d’impôt ou des investissements, mais aussi des ouvertures de marchés protégés. Jusqu’à présent, la France n’a pas su prendre cette voie. »
Dans « Boursorama » du 16 décembre 2011
Article intitulé : Le patrimoine des ménages français dépasse son niveau d'avant la crise
« Presque insensible à la crise, le patrimoine des ménages français, dopé par la flambée de l'immobilier, a fortement progressé en 2010. Selon une étude publiée vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le patrimoine des ménages, qui représente près de 80% du patrimoine économique national, a bondi de 9,1% l'an dernier après un léger trou d'air de deux ans. A 10.203 milliards d'euros fin 2010, il dépasse son niveau de 2007, avant la crise économique. C'est essentiellement la flambée du prix de l'immobilier qui explique cette embellie. Ainsi, "le patrimoine non financier des ménages, composé essentiellement d'actifs immobiliers, se redresse sensiblement", de 10,5% après un recul de 2,5% en 2009, explique l'institut. A la fin 2010, il était de 7.463 milliards d'euros. La croissance du patrimoine financier des ménages, elle, "fléchit mais demeure soutenue", avec une hausse de 5,5% après un bond de 10,1% en 2009. Il atteint 2.740 milliards fin 2010, avec l'assurance-vie qui reste le placement préféré des Français. "Le bond du patrimoine est un peu fictif, car il est dû au logement qui a mieux tenu en France qu'ailleurs", souligne Christian Saint-Etienne, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Il relève aussi qu'il s'agit de chiffres de 2010, lorsque la Bourse de Paris avait repris des couleurs après la crise financière, qui ne prennent donc pas en compte "le choc de cet été". "Mais globalement, cela confirme que la France reste un pays riche, avec un bel immobilier et de belles terres", dit-il. "Au-delà de la crise, on vit dans une période historique de très grande prospérité patrimoniale", renchérit Thomas Piketty, de l'Ecole d'économie de Paris. Ce spécialiste des hauts revenus estime même qu'"il faut remonter un siècle en arrière, à la Belle époque, pour trouver un tel rapport entre les revenus et le patrimoine" »
Commentaire : De nouveau la richesse détaillée n’est pas ou peu utilisées comme moteur de l’économie. On a de l’essence mais au lieu d’être dans le réservoir de la voiture et de servir à faire rouler cette dernière, elle dans un jerrican dans le coffre de peur de la perdre en l’utilisant. Pendant ce temps, les possesseurs du jerrican qui comptabilisent la valeur de ce « trésor » oublient que la voiture qu’il n’utilise pas, d’une valeur nettement plus grande que leur jerrican, se détériore en ne fonctionnant pas, n’assume pas son rôle économique et qu’une partie de l’essence du jerrican s’évapore et se transforme en dépôt avec le temps. Prospérité des jerricans ou prospérité des voitures qui fonctionnent ?
Marc Fiorentini dans « La Tribune » du 12 décembre 2011
Article intitulé : Le AAA des ménages français
« La France va perdre son triple A. Cessons d'en faire une obsession. Cessons de dramatiser la perte de cette notation qui fait la « une » de l'actualité alors qu'elle était encore totalement inconnue du grand public il y a un an. Cessons également de donner une importance aux agences de notation qu'elles n'ont pas. Comme certains grands chefs ont rendu leurs étoiles au « Guide Michelin » pour se libérer d'un diktat épuisant et voué à l'échec économique et financier. Mais si la France ne mérite plus son triple A, les ménages français, eux, le méritent largement. La France n'a pas de pétrole... mais elle a de l'épargne ! Il faut le dire et le répéter. Les ménages français ont une épargne absolument gigantesque. Le patrimoine des Français dépasse les 10.000 milliards d'euros. Il couvre quatre fois la dette de la France. Et alors que l'État s'enfonce progressivement et gère dramatiquement ses finances depuis trente ans, les ménages français continuent à épargner. Comme les derniers chiffres de l'Insee l'ont montré, la répartition du patrimoine n'est pas égalitaire. Pourquoi la France ne coule-t-elle pas malgré une gestion désastreuse des finances publiques, un clientélisme qui justifie tous les dérapages de dépenses de l'État et des collectivités locales, un système social qui ne correspond plus aux moyens du pays ? Grâce à l'épargne des Français. Ce n'est pas l'État qui garantit les banques de fait. Ce sont les ménages français qui apportent une garantie de fait à l'État qui va lui-même apporter une garantie de fait aux banques. Mais la France doit aussi réfléchir à l'utilisation de cette arme puissante qu'est l'épargne des ménages pour l'orienter vers le financement de la croissance et la détourner du comblement des déficits publics. »
Commentaire : Je partage cet écrit. Cependant, il faut le tempérer en fonction des failles des règles de valorisations boursières, de la volatilité des prix immobiliers (krach), des retournements démographiques et de la pauvreté qui frappent de plus en plus un très grand nombre de Français et d’Européens. Les chiffres ne suffisent plus, il est devenu impératif de vérifier leur faisabilité en terme de liquidité. Nous ne pouvons plus omettre cela. Imaginez ce que pourrait donner une partie de ces montants mis sur les marchés avec l’effet de création comptable expliqué en début de document et jumelé à une maîtrise des baisses…Tel et l’objectif du fonds Objectif 2016 qui serait le premier fonds de stabilisation boursier. Seul problème, la doctrine de pensée actuelle n’a pas prévu ce cas.
Clarissa Jay avec Jean-Christophe Chanut dans « La Tribune » du 7 septembre 2011
Article intitulé : La France sanctionnée sur sa gestion de la crise
« « Ce que sanctionne S&P, c'est la trajectoire de croissance à moyen terme. Les plans de rigueur ne peuvent pas être une politique économique », estime Éric Heyer, économiste à l'OFCE, qui table sur un recul du PIB de 0,2 % en 2012, ce qui implique un déficit public ramené à 5,3 % du PIB. Bien loin donc des 4,5 % visés par le gouvernement, malgré les 17,4 milliards d'euros d'économies prévus par ses deux plans de rigueur. Alors, quelle stratégie adopter sans tuer la croissance ? Fitch, qui soutient le AAA de la France, estime ainsi que la « capacité du pays à absorber d'autres chocs est largement épuisée ». Pour Nicolas Bouzou, du cabinet Astérès, « il faut non plus aligner les plans de rigueur mais prendre des mesures quant à la solvabilisation de notre État, comme en Italie ». Ce qui implique de prendre des mesures structurelles. »
Dans « Le Monde » du 5 décembre 2011
Article intitulé : Crise : ces Français qui renoncent à l’héritage de parents trop endettés.
« De plus en plus de Français renoncent à leur héritage. Le nombre a augmenté de 33,5% depuis 2004. En cause, l’endettement croissant des personnes âgées, parfois contraintes de vivre à crédit. »
Commentaire : Seule la socio-économie peut apporter une réponse à cette situation totalement aberrante.
Sophie Péters, propos de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, dans « La Tribune » du 1 décembre 2011
Article intitulé : « Apaiser les angoisses des marchés, c'est bien, apaiser les angoisses du peuple, c'est mieux »
« L'an passé, alors que vous étiez médiateur de la République, vous aviez noté que les « ressorts citoyens étaient usés par les comportements politiciens ». Alors que débute la campagne présidentielle, votre regard a-t-il évolué ? Le paradoxe français qui consiste à dire : « Avez vous confiance en la France ? Non, avez-vous confiance en vous-même ? Oui », est plus prégnant que jamais. Le discrédit de la parole publique, la perte de confiance dans toutes celles et ceux qui exercent des autorités, est un facteur extrêmement préoccupant. Apaiser l'angoisse des marchés, c'est bien. Apaiser l'angoisse du peuple, c'est mieux. J'ai été marqué l'an passé par le témoignage d'un homme que j'avais glissé dans mon rapport et qui disait : « Lorsque le système nous met dans cette situation, nous n'avons plus que deux solutions : nous détruire ou détruire le système. » Si demain les politiques n'arrivent pas à imposer une régulation et concilier rentabilité, respect de l'environnement et protection des hommes, les Français se révolteront. »
Commentaire : Il est à noter que depuis plusieurs mois la notion de nation n’apparaît plus que rarement. La notion de Peuple est mise en avant. Et si nous allions vers l’Europe des Peuples et non plus l’Europe des Nations ?
FRANÇAIS, INVESTISSEZ …
DANS LE FONDS « OBJECTIF 2016 »
« Comment financer la dette publique française, aujourd’hui détenue à 70% par l’étranger, tout en rassurant l’épargnant, inquiet de la perte de valeur de son patrimoine ?» A cette question, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, répond : « Tout simplement, en faisant financer la première par les seconds » et de « proposer des bons du Trésor » ou un emprunt d’Etat comme solution. A juste titre, il rappelle que « le patrimoine financier (hors immobilier) des ménages ajouté à celui de l’Etat (toujours hors immobilier) se chiffre pour la maison France (hors entreprises) à 4 650 milliards. Contre une dette des ménages de 1 300 milliards, dont les trois quarts de crédits immobiliers et de l’Etat de 1 600 milliards.
Cette solution qui consiste à transférer un flux d’épargne vers l’État via les bons du Trésor ou un emprunt d’Etat est naturellement opérationnelle. Cependant, je pense que le contexte actuel de crise financière et comptable impose une dynamique plus proactive.
Pourquoi l’État, en collaboration avec les professionnels de la gestion, n’utiliserait-il pas les techniques financières employées par certaines banques ou certains Hedge Funds ?
Pourquoi ne pas créer un fonds commun de placement (FCP) dénommé « Objectif 2016 » qui aurait pour vocation de collecter des capitaux, auprès de tous les intervenants économiques et financiers, et qui seraient gérés sur l’ensemble des titres du CAC 40 selon le principe d’un contrat de liquidité ? Le but étant de créer une dynamique haussière régulière. Dans les faits, le FCP se porterait acquéreur de titres afin de soutenir les cours pendant les excès de faiblesse du marché et vendeur pendant les périodes trop fortement haussières.
Seul le retour d’un horizon haussier des marchés et une volatilité « raisonnable » voire « raisonnée », pourront être les déclencheurs sociologiques de la confiance retrouvée et donc de la reprise économique via la consommation.
Tel est le défi du FCP « Objectif 2016 ».
Obtenir une revalorisation des titres boursiers qui, en augmentant la richesse, aidera à renforcer la confiance et la consommation. Comment l’Etat peut-il optimiser ce fonds pour améliorer sa situation financière ? Ce fonds, piloté pour une progression « raisonnée » du marché, pourra être le support d’opérations à effet de levier. Opérations réalisées par l’État ou une institution para-étatique pour accentuer son pouvoir financier, démultiplier ses ressources et accélérer rapidement son retour à « l’équilibre ». La configuration spécifique du fonds « Objectif 2016 » permet à l’État de donner une garantie sur le capital au terme de son horizon de placement ainsi qu’une exonération fiscale pour un montant déterminé au terme de l’opération.
Dom Helder Camara : « Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve ; quant on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. L’utopie partagée est le ressort de l’histoire ».
Que choisissons-nous l’utopie partagée ou le marasme imposé ?
Avis aux politiques !
Frédéric Gonand, professeur associé d’économie à l’université Paris Dauphine’ dans « La Tribune » du 23 novembre 2011
Article intitulé : Les dirigeants de PME gardent un moral solide... pour l'instant
« La crise ? Quelle crise ? Alors que les autres indicateurs conjoncturels comme la production industrielle et la consommation des ménages témoignent d'un ralentissement de l'activité, le baromètre « La Tribune-LCL » mesurant le moral des dirigeants de PME progresse de trois points en novembre. À 102, il se situe deux points au-dessus de sa moyenne de longue période. Comme en octobre, c'est la solidité de la demande qui constitue le principal facteur de hausse de l'indicateur synthétique. En nette hausse, le sentiment porté par les entrepreneurs vis-à-vis des efforts du gouvernement en leur faveur participe à cette deuxième hausse consécutive du baromètre. Dans ce contexte, les créations d'emplois sont soutenues. « On est à des niveaux qu'on n'avait pas connu depuis début 2008 ! », observe Yves Fradier chez Ipsos. Dans une moindre mesure, l'investissement est aussi dynamique. « La hausse des indicateurs de production et d'investissement est relativement surprenante compte tenu des autres enquêtes de conjoncture et d'un contexte économique très incertain. Elle laisserait espérer un ralentissement moins marqué de l'activité qu'attendu », estime Werner Perdrizet chez LCL. Toutefois, le tableau n'est pas totalement idyllique. Si le jugement des dirigeants sur la trésorerie de leur entreprise s'améliore, celle-ci n'est pas assez conséquente pour leur permettre d'autofinancer leurs investissements. Seuls quatre entrepreneurs sur dix ont une capacité financière suffisante pour se passer des banques ou des marchés financiers. Toute augmentation de charges serait donc malvenue. On comprend pourquoi 70 % des dirigeants interrogés par latribune.fr s'opposent à l'abandon du nucléaire qui, selon le gouvernement, provoquerait un bond de 40 % du prix de l'électricité ! »
Commentaire : La crise est avant tout et surtout politique.
M. VT dans « Le Figaro » du 24 novembre 2011
Article intitulé : La concentration des richesses s’est accrue depuis 2004, selon l’insee
« En matière de patrimoine, la France fait le grand écart. Dans une étude publiée hier, l’insee confirme que la richesse est très concentrée. Début 2010, la moitié des ménages vivant en France déclarent posséder plus de 150 200 euros de patrimoine. Ils détiennent ainsi 93 % des avoirs (financiers, immobiliers et professionnels, bijoux, oeuvres d’art, etc.). Parmi eux, les 10 % de ménages les mieux dotés possédaient au minimum 552 300 euros d’actifs, alors que les 10 % les plus modestes se contentent au maximum de 2 700 euros - soit 205 fois moins. « Entre 2004 et 2010, les inégalités de patrimoine se sont accrues, le rapport entre le patrimoine moyen des 10 % de ménages les mieux dotés et celui des 50 % les moins dotés ayant augmenté de près de 10 % », constate l’insee. En 2010, le patrimoine des ménages est principalement constitué de biens immobiliers (62 %), souligne l’étude de l’insee. En France, six ménages sur dix sont propriétaires de leur résidence principale ou accédants à la propriété. Mais, là encore, les inégalités sont importantes : seuls 22 % des ménages, au sein de la moitié des Français les moins riches, sont propriétaires de leur logement, contre la quasi-totalité des 10 % des ménages les mieux dotés. À une nuance près : un tiers des ménages propriétaires doivent encore rembourser des emprunts. Si l’on tient compte des sommes que les Français doivent rembourser (pour obtenir le patrimoine net), les inégalités entre propriétaires et non-propriétaires se réduisent, mais chez les jeunes uniquement - les plus âgés ayant terminé de rembourser. »
Corinne Lepage dans « La Tribune » du 18 novembre 2011
Article intitulé : Réduire la dette sans brader notre patrimoine
« Le sujet de la dette publique a envahi le débat politique. La course à l'échalote des mesures de rigueur est engagée dans le but de réduire les déficits et d'éviter à la France de perdre son AAA. Cependant, la question des déficits publics, et surtout des réponses à y apporter, paraît doublement mal posée. D'une part, la question n'est pas tant celle de la dette que celle de l'évolution du patrimoine des Français. La question de la dette doit s'apprécier aussi en fonction de l'évolution du patrimoine global de l'État et des Français. Or, nous avons réalisé l'exploit de brader une partie de notre patrimoine sans nous désendetter. Malgré les rapports successifs de la Cour des comptes, notre patrimoine mobilier, immobilier, culturel, naturel, immatériel fait l'objet de dilapidation, dans des circonstances qui mériteraient une enquête pénale, bien souvent réclamée en vain par la Cour des comptes. Nous y perdons des biens rares qui font l'objet de plus-values considérables pour les acheteurs, et moins de 15 % de ces sommes sont affectées à la réduction de la dette. D'autre part, il faut cesser de s'attaquer aux effets, pour viser les causes. Certes, il faut mettre un terme à la situation actuelle. Mais celle-ci est le résultat de politiques délibérées d'accroissement de la dette et de réduction des recettes publiques, contrairement à la communication publique qui en a été faite : augmentation massive des dépenses fiscales, défiscalisation de fait des multinationales d'origine française (moins de 2 milliards d'euros d'impôts payés par les 36 entreprises privées du CAC 40, ayant pourtant réalisé 72 milliards d'euros de bénéfices avant impôts), manque à gagner de près de 6 milliards d'euros lors du renflouement des banques, coût des sommes payées par les contribuables pour éviter que la responsabilité financière des auteurs des catastrophes sanitaires ne soit engagée (plus de 20 milliards d'euros pour l'amiante et d'ores et déjà plus de 1,2 milliard pour le Mediator). Sans parler des scandales Crédit Lyonnais-Tapie (20 milliards d'euros) ou frégates de Taïwan (près de 700 millions d'euros). Il va de soi que tant que les décideurs politiques préféreront dépenser l'argent public plutôt que de laisser la justice faire son travail et condamner ceux qui doivent l'être, le tonneau des Danaïdes sera toujours percé. »
Dans « Les Echos » du 10 octobre 2011
Article intitulé : Le déficit budgétaire de l’Etat en net recul sur un an en août
« Le déficit budgétaire de l’Etat a reculé d’une vingtaine de milliards d’euros fin août par rapport à l’année 2010, à 102,8 milliards, selon les données publiées vendredi par le ministère du Budget. Cette évolution est marquée notamment par une dégradation de 10,3 milliards du solde des comptes spéciaux, liée principalement aux décaissements du prêt à la Grèce, explique le ministère. Grâce à une baisse des dépenses et, dans une moindre mesure, à une hausse des recettes, le solde du budget général s’est parallèlement amélioré de 29,6 milliards d’euros, une évolution qui lui permet d’être« en ligne avec l’objectif de l’exercice 2011 », selon Bercy. »
Sandrine Trouvelot dans « Capital » d’octobre 2011
Article intitulé : Le véritable visage de la richesse en France
Revenu mensuel disponible des ménages en 2008, y compris les transferts sociaux : 10% des ménages vivent avec moins de 1072 euros par mois, 20% avec moins de 1381 euros, 30% avec moins de 1689 euros, 40% avec moins de 2023 euros, 50% avec moins de 2381 euros, 60% avec moins de 2789 euros, 70% avec moins de 3257 euros, 80% avec moins de 3793 euros. Seuls 10% des ménages vivent avec plus de 4957 euros.
Patrimoine brut (hors endettement) : 10% de moins de 867 euros, 20% de moins de 3 870 euros, 30% de moins de 15 194 euros, 40% de moins de 52 142 euros, 50% de moins de 98 029 euros, 60% de moins de 133 241 euros, 70% de moins de 177 522 euros, 80% de moins de 382 111 euros. Seuls 10% des ménages possèdent un patrimoine de plus de 569 307 euros.
Leïla de Comarmond dans « Les Echos » du 30 septembre 2011
Article intitulé : Plus d’un salarié sur dix est rémunéré au SMIC
« Entre les smicards et ceux qui ont été rattrapés par la hausse légale de 1,6 % du SMIC horaire (à 9 euros le 1er janvier dernier), ce sont 10,6 % des salariés du secteur concurrentiel, hors apprentis et intérimaires, qui étaient rémunérés au niveau du salaire minimum début 2011. La proportion de personnes au SMIC a augmenté de 0,8 point par rapport à 2010. Il est vrai que l’an dernier avait été exceptionnel, puisque la proportion de salariés du privé rémunérés au salaire minimum était revenue en deçà de 10 % pour la première fois depuis 1994. En novembre 2010, à peine plus d’un salarié sur dix travaillait dans une branche dont les minima de branche commençaient en dessous du SMIC. En mai, ils étaient plus de un sur quatre (« Les Echos » du 14 juin). Dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, plus d’un salarié sur trois est rémunéré au minimum légal. Dans un secteur comme la construction, la Dares ne recense que 7,9 % de smicards. On trouve aussi parmi les activités moins concernées la production et la distribution d’eau (3,5 % de smicards), riche en emplois non qualifiés, mais à la politique salariale dynamique pour attirer la main-d’œuvre. Mais c’est la production et la distribution d’énergie qui comptent le moins de salariés au SMIC : 0,5 %. »
Commentaire : Et dire qu’il y a des personnes qui sont contre le smic. Dans le type d’économie et de rapport humain actuel, quel serait le salaire des personnes qui sont au smic? Qui assurerait la pérennité économique de la consommation ? L’investissement ne peut être productif que s’il y a un pouvoir d’achat. Vu le nombre de « délaissés », il est vrai qu’une révolution ou qu’une guerre forcerait le redémarrage économique. En fait, nous retournerions aux schémas anciens ou tous les 30 ans ou 40 ans, on cassait tout pour recommencer…Et si nous prenions exemple sur la Suisse ? Le smic est deux fois plus élevé qu’en France, il y a de la consommation et le plein emploi. Et pourtant ! La Suisse n’a pas les atouts de la France dans le système économique mondial. Il est vrai qu’il n’y a pas de niches fiscales qui créent de l’inflation et qui détruisent du pouvoir d’achat.
Alain Perez dans « Les Echos » du 30 septembre 2011
Article intitulé : De plus en plus de Français renoncent à certains soins
« Les chiffres présentés ce matin à l’ouverture de la convention sur la santé CHAM 2011, qui se tient à Chamonix, vont faire sursauter les responsables de la santé publique. Selon le sondage réalisé en juin 2011 pour le compte d’Europ Assistance et du Cercle Santé, 29 % des Français interrogés disent avoir reporté des soins médicaux ou renoncé à ceux-ci en raison de difficultés financières au cours de l’année écoulée. Ce taux est un des plus élevé d’Europe : seule la Pologne fait moins bien (36 %). En outre, en France, le ratio ne cesse de progresser : 11 % en 2009, 23 % en 2010. Dans les trois quarts des cas, ces renoncements ou reports concernent des soins dentaires, 12 % s’appliquent à des soins courants et 6 % concernent l’achat de médicaments. L’Italie connaît une forte proportion d’exclus de la santé (19 %), alors que ce taux se stabilise en Allemagne (15 %) et connaît une baisse étonnante en Grande-Bretagne (6 %). « Ces renoncements concernent surtout des soins mal remboursés », nuance Martin Vial, directeur général du groupe Europ Assistance. Aux Etats-Unis, un quart des Américains interrogés et les deux tiers de la population non couverte par une assurance se soignent mal faute de ressources. Cette enquête réalisée auprès de 5.500 personnes réparties dans 10 pays révèle également comment les habitants évaluent leur système de santé. En France, 51 % des citoyens estiment que l’égalité dans l’accès aux soins n’est pas garantie, contre 61 % aux Etats Unis et 67 % en Allemagne. »
Dans « Boursorama » du 22 septembre 2011
Article intitulé : Livret A : plus forte collecte depuis 7 mois en août, le record annuel en vue
« La différence entre les dépôts et les retraits sur le Livret A a atteint en août son plus haut niveau depuis sept mois, à 2,90 milliards d'euros, selon des chiffres publiés mercredi par la Caisse des dépôts (CDC), cette accélération laissant entrevoir la possibilité d'une année record. Depuis le début de l'année, le total des sommes déposées sur le Livret A a progressé de 15,04 milliards et atteignait 210,4 milliards fin août. S'il poursuit sur ce rythme, le Livret A pourrait enregistrer en 2011 le meilleur millésime de son histoire. Le record a été établi en 2008, avec une collecte nette de 18,7 milliards sur l'année, l'année 2009 arrivant immédiatement derrière avec 16,5 milliards. Le taux du Livret A a été revu à la hausse début août, passant de 2% à 2,25%. »
Commentaire : Du délire complet ! Les règles comptables font exploser le système et, au lieu de combattre ce sabordement, on l’amplifie. Quand va-t-on expliquer que le Livret A ne crée rien.
Marc Angrand, édité par Gilles Tequesser, dans « Boursorama » du 21 septembre 2011
Article intitulé : Les embauches toujours à la hausse en août en France :
« L'aggravation de la crise de la dette, le ralentissement de la croissance économique et les turbulences sur les marchés n'ont pas encore affecté la bonne tenue des embauches en France, montre mercredi le dernier baromètre économique de l'Acoss, la caisse nationale des Urssaf. L'organisme a recensé 648.000 déclarations d'embauche de plus d'un mois hors intérim en août, un chiffre en hausse de 4,6% sur un mois et de 10,6% sur un an. "Cette croissance de l'emploi est le fait des secteurs hors intérim, précise l'Acoss, l'emploi intérimaire connaissant depuis trois mois un retournement à la baisse, après le vif dynamisme des deux dernières années." Conséquence de cette évolution favorable, la masse salariale a augmenté de 0,9% au deuxième trimestre après +2,0% au premier, et elle progresse de 3,8% sur un an. Fin août, l'Acoss avait confirmé prévoir une croissance de 3,4% de la masse salariale sur l'ensemble de 2011. »
Commentaire : La situation de peur actuelle n’est ni issue de la finance ni de l’économie. Elle vient de dogmatismes comptables et politiques qui, pour corriger les excès d’hier (mis en place par les mêmes comptables et politiques), sombrent dans la débilité du laver « plus blanc que blanc » à une échéance fixe. Quand va-t-on mettre fin à ce cercle vicieux qui, en créant des peurs irraisonnées et irraisonnables, met en place des situations financières délicates. L’économie va bien, la finance aussi. La maladie est comptable.
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 19 septembre 2011
Article intitulé : Français, votre argent intéresse plus que jamais les banques et l’état
« Existe-t-il en effet moyen plus commode de consolider son bilan que de faire appel à l’épargne des Français ? Le Crédit agricole et le Crédit mutuel, entre autres, ont renforcé leurs campagnes publicitaires en faveur du PEL, le plan d’épargne logement nouvelle manière : ces dépôts sont considérés par le désormais célèbre Comité de Bâle – en charge de définir les normes prudentielles – comme des quasi-fonds propres pour les établissements financiers. Les banques ne sont pas les seules à lorgner le bas de laine tricolore. L’État, on le sait, a une soif inextinguible d’argent. La tentation est grande d’y puiser lui aussi. Jérôme Chartier, le député du Val-d’Oise, vient de proposer que les particuliers aient la possibilité de souscrire en direct aux obligations de l’État, les obligations assimilables du Trésor (OAT). Les Français sont souvent présentés comme un peuple de fourmis doté du sens de l’économie, mais c’est en grande partie une illusion. Leur patrimoine financier est certes évalué par la Banque de France à 3 643 milliards d’euros (au 31 décembre 2010), plus de deux fois le montant de la dette publique. Mieux, l’an dernier les ménages ont «mis de l’argent à gauche » à hauteur de 207 milliards d’euros, selon l’Insee (l’épargne est la différence entre le revenu disponible, après impôts, et ce qui est dépensé pour la consommation). Le taux d’épargne brut des particuliers est ainsi l’un des plus élevés au monde (15,1 % de leurs revenus) alors que l’État et les autres administrations ont accusé au même moment un déficit global de 136,5 milliards de francs (en 2010). Le contraste est frappant. Quand on additionne les surplus des particuliers, les déficits du secteur public et les besoins de financement des entreprises, la Maison France accuse un déficit externe de 42 milliards d’euros (en 2010). Et depuis neuf ans, le pays ne cesse d’être dans le rouge. »
Commentaire : Le déficit externe est largement inférieur aux niches fiscales. Le problème n’est pas un manque financier mais l’affectation « politique » des fonds.
Christine Kerdellant dans « L’Express » du 14 septembre 2011
Article intitulé : Budget de l’Etat : comment nous avons perdu le sens des réalités.
« Guy Abeille, jeune chargé de mission à la direction du Budget, et son chef de bureau, Roland de Villepin (cousin de Dominique), se voient chargés par François Mitterrand d'inventer une règle simple, utilisable dans ses discours, destinée à lui permettre de résister aux ardeurs budgétivores de ses ministres fraîchement nommés. Après réflexion, le tandem propose d'exprimer le déficit du budget non plus en valeur absolue ni en pourcentage des recettes ou des dépenses de l'Etat, mais en part du PIB. Abeille et Villepin instituent même une "norme" maximale : 3 % de la production nationale (à l'époque, notre déficit est proche de 2 %). Abeille a avoué depuis, dans une lettre-confession au quotidien La Tribune, que le critère de 3 % du PIB "ne mesurait rien", n'avait d'autre fondement que les "circonstances", et qu'il ne reposait "sur aucune argumentation économique solide". Pourtant, onze ans plus tard, ce ratio est devenu le critère de Maastricht, pilier fondateur de l'Europe économique ! Un chiffre assassin, à plus d'un titre. D'abord, parce qu'il nous a fait perdre de vue l'ampleur réelle du déficit : 5,7 % du PIB pour 2011, c'est abstrait ; 95 milliards d'euros en valeur absolue, c'est déjà moins négligeable. Mais, rapporté aux recettes de l'Etat, qui ne dépassent pas 200 milliards, ce découvert représente presque 50 % de nos recettes ! Et là, on s'étrangle. La France est semblable à un salarié qui gagnerait 3 000 euros mensuels, en dépenserait moitié plus et s'endetterait chaque mois de 1 425 euros supplémentaires pour combler son trou béant. Ce n'est pas tout. Le critère de Maastricht est dangereux parce qu'il a peu à peu dérivé : de plafond, il est devenu plancher. On ne parle désormais que de revenir à 3 %, et non de retrouver l'équilibre ! Or, au-delà de 0 %, nous continuons d'alourdir notre dette. Enfin, cette norme est un arbre qui cache la forêt. Parce que le montant du déficit comparé aux recettes n'est plus une référence, nous nous trompons d'échelle : nous pinaillons sur des dizaines de millions d'euros, quand c'est en dizaines de milliards qu'il faudrait raisonner. Pour trouver 11 milliards d'amélioration du budget l'an prochain, un tableau de 30 lignes a été nécessaire ! Pis, sur ces 11 milliards, 10 seront des suppléments de ressources, 1 seul des économies sur les charges de l'Etat... »
Juliette Garnier dans « Les Echos » du 9 septembre 2011
Article intitulé : Trois Français sur quatre font leur shopping en ligne
« Les derniers chiffres du e-commerce ont effectivement de quoi donner le sourire. Les Français ont dépensé 17,5 milliards d'euros sur internet au cours du premier semestre 2011. Soit 20 % de plus qu'au premier semestre 2010. Cette progression est certes inférieure de quatre points au 24% enregistré sur l'année 2010 dans son ensemble. « Mais, en France, la consommation n'a progressé que de 2,2 % sur la même période », relève Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Le marché devrait, selon lui, conserver ce rythme de croissance au second semestre. La FEVAD estime que le e-commerce devrait franchir la barre des 37 milliards d'euros à la fin de cette année. Et pour cause, dès qu'ils sont connectés au haut-débit, les Français dépensent en ligne : 77 % des internautes sont des cyber-acheteurs. L'exemple des seniors le démontre un peu plus : derniers convertis au web, les plus de 65 ans deviennent accros. « Les deux-tiers d'entre eux achètent en ligne. Soit 40 % de plus qu'il y a un an », explique Bertrand Krug, directeur du département des Netratings chez Médiamétrie. »
Pierre de Lauzun, délégué général de l’association française des marchés financiers dans « Le Figaro » du 12 septembre 2011
Article intitulé : Pour en finir avec la dette
« Les arbitrages que nous repoussons depuis trente ans en Europe doivent être faits maintenant, au pire moment. En 1978, la dette publique française représentait 72,8 milliards d’euros et 21,2 % du PNB. Au premier trimestre 2011, elle était montée au niveau ahurissant de 1 646,1 milliards d’euros et 84,5 % du PNB. En moyenne, de 1978 à 2006, cette dette s’est accrue annuellement de 10 %. Si nous en sommes là, c’est parce que nous avons accepté la facilité collective du déficit et donc du recours à la dette. C’est évidemment autrement plus simple qu’arbitrer entre réduction des dépenses et hausse des impôts. Pas un très bon signe du fonctionnement de nos démocraties, d’ailleurs. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 12 septembre 2011
Article intitulé : Les Français préfèrent les hausses d’impôts aux réductions de dépenses...
« Pour Bercy, la référence est l’Allemagne, dont les dépenses collectives n’absorbent que 46,6 % de la richesse nationale. Et cette différence de 10 % du PIB s’explique pour plus de la moitié par les dépenses de personnel. À peine 10 % de l’effort proposé pour réduire le déficit porteront sur des économies dans les dépenses publiques, les neuf dixièmes prenant la forme d’augmentations d’impôts. Car il faut bien appeler un chat un chat : la diminution de certaines niches fiscales, quelle qu’en soit la légitimité, revient bel et bien à alourdir le poids global des taxes et des cotisations sociales. Cet arbitrage n’a pas manqué d’étonner. La France détient déjà pratiquement le record mondial de la dépense publique, qui représente 56,6 % de son PIB (produit intérieur brut) en 2010, selon l’Insee. Seuls le Danemark et l’Irlande nous surpassent, cette dernière ayant dû procéder au sauvetage exceptionnel de ses banques. L’Hexagone se distingue tout autant par l’importance de ses impôts et de ses cotisations sociales ; elles ont absorbé l’an dernier 42,5 % de la richesse nationale produite. L’écart entre les deux - 56,6 % pour les dépenses et 42,5 % pour les recettes - s’explique par le déficit, quelque 7,1 % du PIB en 2010, mais pas seulement. « La France est une URSS qui a réussi », considérait dans les années 1990 l’économiste Jacques Lesourne. La formule est toujours vraie, même si la « réussite » peut paraître de plus en plus relative. Et à force de remonter les prélèvements obligatoires, ces derniers franchiront-ils la barre des 50 % du PIB ? La France compte 5,3 millions de fonctionnaires, alors qu’ils ne sont que 4,7 millions outre-Rhin, pourtant plus peuplée. À « degré de fonctionnarisation » égal, les agents français ne devraient être que 3,5 millions. »
Juliette Garnier dans « Les Echos » du 9 septembre 2011
Article intitulé : Trois Français sur quatre font leur shopping en ligne
« Les derniers chiffres du e-commerce ont effectivement de quoi donner le sourire. Les Français ont dépensé 17,5 milliards d'euros sur internet au cours du premier semestre 2011. Soit 20 % de plus qu'au premier semestre 2010. Cette progression est certes inférieure de quatre points au 24% enregistré sur l'année 2010 dans son ensemble. « Mais, en France, la consommation n'a progressé que de 2,2 % sur la même période », relève Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Le marché devrait, selon lui, conserver ce rythme de croissance au second semestre. La FEVAD estime que le e-commerce devrait franchir la barre des 37 milliards d'euros à la fin de cette année. Et pour cause, dès qu'ils sont connectés au haut-débit, les Français dépensent en ligne : 77 % des internautes sont des cyber-acheteurs. L'exemple des seniors le démontre un peu plus : derniers convertis au web, les plus de 65 ans deviennent accros. « Les deux-tiers d'entre eux achètent en ligne. Soit 40 % de plus qu'il y a un an », explique Bertrand Krug, directeur du département des Netratings chez Médiamétrie. »
Dominique Seux dans « Les Echos » du 7 septembre 2011
Article intitulé : Enfin une bonne nouvelle !
« Elle va tellement à rebours du climat sombre et presque désespéré de la rentrée qu’il faut probablement s’excuser trois fois avant de prendre les lecteurs par surprise en lâchant une information optimiste… Cette information, c’est la hausse des rémunérations dans les entreprises. Selon les traditionnelles prévisions du mois de septembre du cabinet Aon Hewitt, les enveloppes salariales grossiraient de 2,8 % cette année et de 3 % en 2012. Des chiffres un peu plus élevés que les années précédentes et, en tout cas, proches de ce que l’on constatait avant la crise. Déjà, la semaine dernière, une étude de l’Insee avait attiré l’attention. Elle révélait que les niveaux de vie des Français dans leur ensemble (salaires, revenus du capital, prestations sociales, etc.) avaient progressé en 2009. Si cette évolution s’était accompagnée d’une poussée logique du taux de pauvreté liée à l’envol du chômage, l’élément le plus remarquable était ailleurs et a été peu remarqué : le pouvoir d’achat au sens large a fait mieux que se maintenir pendant la récession la plus profonde qu’aient connue les pays développés depuis soixante ans. Les entreprises ont « tenu » pendant la crise et elles ne vont pas si mal que cela. L’économie réelle tourne, avant d’être peut-être rattrapée par le scepticisme ambiant. »
Xavier Fontanet, président d’essilor International, dans « La Tribune » du 2 septembre 2011
Article intitulé : La mondialisation touche aussi la sphère publique
« La sphère publique française contrôle officiellement plus de 56 % de la richesse nationale produite chaque année. Cela fait pratiquement dix points de plus que la moyenne des autres pays de l’OCDE, notamment l’Allemagne, notre référence actuelle, dont la sphère publique consomme 9 % de PIB en moins, à périmètre à peu près égal, (soit 160 à 180 milliards d’euros par an !). Rappelons que notre déficit sera autour de 140 milliards cette année. Au décès de Georges Pompidou, en 1973, la situation était très différente, le poids de l’État dans le PIB n’était que de 27 % et la dette quasiment nulle : l’État étant en équilibre financier l’épargne des ménages allait directement aux entreprises. Nous étions alors en 7e position du PIB par tête alors que nous sommes 30e aujourd’hui. Pour tous, 1973 évoque la première crise pétrolière et suggère un basculement de l’économie à cause du pétrole cher. Et si le véritable basculement était en fait celui de la montée de l’État dans l’économie ? Un État qui y a vu l’opportunité de faire grandir son territoire et son influence. Ne cessant d’augmenter les impôts d’un côté tout en créant à tour de bras des niches fiscales afin de satisfaire les élus de tous bords ; élus dont la France a la plus forte densité au monde ! Puis vint la construction des régions ; coïncidant avec celle de l’Europe qui amena deux strates supplémentaires coûtant environ 200 milliards d’euros par an (10 % du PIB). L’État est devenu subrepticement le concurrent des entreprises dans la collecte de l’épargne à travers diverses sortes de « papiers », jugés d’évidence plus sûrs que les actions : « un État, contrairement à une entreprise, ne meurt pas ». Le public craignant la mondialisation s’est jeté sur les valeurs d’État et l’immobilier au point de créer une bulle qui empêche aujourd’hui nos enfants de se loger. Les vicissitudes grecques ont le mérite, au-delà des dérèglements de la finance, de nous faire comprendre que ce n’est pas la crise qui crée la dette de l’État mais que la dette de l’État contribue puissamment à la crise. La crise n’est plus la défiance des marchés mais les doutes que les politiques prennent les bonnes décisions. Il faut que l’État fasse avec 20 % de moins, soit environ 200 milliards. Une performance que le Canada a réalisée en six ans, dans les années 1990, sans heurts ni drame social et que nous devrions pouvoir accomplir nous aussi. Une telle baisse permettrait de retrouver un excédent et de rembourser la dette en trente ans ; le temps qu’elle a pris à se constituer »
Dans « WanSquare » du 25 août 2011
Article intitulé : La France plus risquée que ses entreprises
« Dix huit sociétés du Cac 40 ont désormais des primes de risque inférieures à celles de l'Hexagone. »
Gérard Courtois dans « Le Monde » du 22 août 2011
Article intitulé : La " règle d'or ", ou les rois de l'esbroufe
« En 2007, la dette de la France représentait 63,8 % du PIB ; elle dépassera 86 % en 2011. Soit pas loin de 500 milliards d'euros supplémentaires en quarante-huit mois, et une dette globale dont la seule charge des intérêts absorbe la quasi-totalité de l'impôt sur le revenu. Comme le souligne la Cour des comptes, dans son rapport, fin juin, sur la situation des finances publiques : " La crise explique, au plus, 38 % du déficit, qui est surtout de nature structurelle et résulte largement de mesures discrétionnaires. " C'est une façon pudique de qualifier les avantages fiscaux - les fameuses " niches " - consentis ces dernières années. Soit, depuis quatre ans, de l'ordre de 22 milliards de " cadeaux " fiscaux, entièrement financés par l'emprunt ! »
Philippe Le Cœur avec Frédéric Le Maître dans « Le Monde » du 19 août 2011
Article intitulé : La France boude les milliards que lui propose la Suisse
« Sommée de renoncer à son fameux secret bancaire, la Suisse a trouvé une échappatoire : l'accord Rubik qui rétrocède des impôts aux pays signataires, sans dévoiler les noms des fraudeurs. L'Allemagne a déjà mordu à l'hameçon et c'est imminent pour la Grande-Bretagne. La Grèce et l'Italie suivront. La France résiste, au nom de la " transparence " et de la répression, alors que les avoirs français dans les banques suisses sont estimés à près de 80 milliards d'euros. »
Commentaire : Combien de temps le France va-t-elle résister ? En détournant la notion de « blanchiment » pour lutter contre « la fraude fiscale » les pays se sont fourvoyés. Trop souvent, ils oublient que le citoyen qui met son argent dans certaines zones, n’est pas plus délinquant que les Etats qui utilisent des structures off-shores quand cela les arrange ou les autorités de régulation d’intégrer en son sein un ou des spécialistes de certaines techniques et de certains lieux. Le citoyen qui met son argent dans certaines zones se protège et protège sa famille. L’histoire a montré qu’avec une récurrence historique certains pays sont des zones à très hauts risques pour leur population. N’oublions pas qu’avant l’avènement de l’Europe, nous étions en guerre tous les 30 ou 40 ans et que si nous refusions de collaborer, nos biens étaient volés et nos vies détruites. L’Europe a été créée pour le « Plus jamais ça ». Je propose à ceux qui sont contre l’Europe de se souvenir que l’Europe est avant tout un instrument de Paix. Paix qui n’a jamais été garantie par nos pays…bien au contraire. La Paix a été gagnée par les Peuples, les pays ont été sauvés par les Peuples et non par les autorités politiques et les collabos. Les Peuples doivent retrouver une certaine liberté d’action en dehors des schémas habituels qui s’avèrent aujourd’hui à « bout de course », quand ce n’est pas « pourri ». Quant on lit les rapports de la Cours des comptes, comment ne pas réfléchir à la question suivante : à partir de quel niveau la fiscalité ne devient-elle pas du vol ? Investir son argent dans l’économie réelle via un pays « sécurisé » ou investir son argent dans l’économie virtuelle via des niches fiscales nationales, quelle action est la meilleure pour les Peuples ? Vive l’Europe des Peuples.
Marc Ferro dans « Le Point » du 30 juin 2011
Article intitulé : Les historiens ne sont pas écoutés par les politiques.
« Quelqu’un comme jacques Marseille a bien expliqué les dérapages de la vie économique, les gaspillages de l’Etat, les jeux des pression entre les différents lobbys. Mais la parole des historiens n’est pas écoutée par les politiques. Quand j’ai fait des conférences lors de campagnes présidentielles, il n’y avait personne, quand je les fais en mon nom propre, les salles sont pleines. »
Commentaire : Que ces propos sont bien dommage car l’histoire, la géographie, la sociologie constituent la base de la politique et de l’économie. Qu’un historien comme Marc Ferro ne soit pas reconnu lorsqu’il intervient lors de campagnes présidentielles prouvent bien l’état de déliquescence de notre perception des « politiques ».
Favilla dans « Les Echos » du 30 juin 2011
Article intitulé : Le Dr Churchill est demandé
« Le rapport que la Cour des comptes vient de publier sur la situation des finances publiques françaises. Malgré les premiers efforts (les dépenses publiques n’ont progressé que de 0,6 % en volume l’an dernier, contre 2,4 % par an au cours de la décennie précédente), le déficit public a atteint 7,1 % du PIB en 2010, soit plus du double du fameux critère de Maastricht qui qualifiait les candidats à l’euro au cours de la décennie 1990. La seule charge des intérêts de la dette coûte aujourd’hui environ 50 milliards d’euros, soit l’équivalent des dépenses militaires ou les deux tiers des dépenses de l’enseignement scolaire. Et encore doit-on s’estimer heureux que les taux d’intérêt demeurent – mais pour combien de temps ? – historiquement bas. Nos comptables nationaux estiment que sur les 7,1 % en cause, seul 1,9 % est un effet direct de la conjoncture économique. Le reste relève du déficit « structurel », autrement dit, soit des dépenses excessives en regard du potentiel de croissance, soit des réductions volontaires et non pas subies d’impôts et cotisations. Ce dernier point apparaît particulièrement sensible lorsque l’on découvre que le cadeau de TVA fait aux cafés-restaurants représente huit fois l’effort si méritoire de non-remplacement d’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique. »
Laurent Thévenin dans « Les Echos » du 16 juin 2011
Article intitulé : Le FMI relève ses prévisions de croissance pour la France
« A l’instar de l’OCDE, le FMI prend donc acte d’un début d’année en fanfare et se rapproche des prévisions du gouvernement (2 % en 2011 et 2,25 % en 2012).Dans ce contexte, le FMI juge que l’engagement de la France de ramener le déficit public à 3 % de PIB en 2013 « représente un juste équilibre entre rapidité et soutenabilité ».
F.G dans « La Tribune » du 15 juin 2011
Article intitulé : Délocalisations : ces équipementiers qui déchantent
« Refusant de citer des noms, François Lepinoy assure néanmoins que « certaines entreprises ont été contraintes de fermer des sites pour les relocaliser en Europe. Beaucoup ont investi et en sont revenus ». L'exploitation des sites dans certains pays est trop chère. Les pertes deviennent insupportables. « Il est plus coûteux de produire en Chine qu'en Europe ». Ce que confirme un patron d'un grand équipementier français. Quant au Mexique, « c'est une erreur d'y produire des pièces destinées aux clients européens ». Pour plusieurs observateurs, ces critiques concernent moins les pays d'Afrique du Nord comme la Tunisie ou le Maroc. Pour autant, faire machine arrière s'avère très compliqué pour les équipementiers français. Pourtant, les grands maîtres d'oeuvre, comme Airbus, Eurocopter, Dassault, Safran ou Thales, les poussent à les suivre dans les pays à bas coûts ou en zone dollars. Ceci dans le but de se rapprocher de certains gros marchés et de compenser la faiblesse du dollar par rapport à l'euro. « Si la parité euro-dollar reste la même, elle peut mettre en péril toute la filière aéronautique européenne », rappelle François Lepinoy. »
Dans « Boursorama » du 9 juin 2011
Article intitulé : France : près de 60.000 emplois dans le trimestre, un plus haut depuis la crise
« Les entreprises du secteur marchand en France ont créé au premier trimestre 2011 un volume d'emplois record depuis 2007, près de 60.000 selon l'Insee, sans toutefois effacer les stigmates de la crise, ni garantir une baisse significative du chômage dans l'année, soulignent les économistes. 58.200 nouveaux emplois dans le secteur marchand, cela n'avait plus été vu depuis les 64.000 du troisième trimestre 2007 recensés par l'Insee, juste avant la plongée en 2008 dans le marasme économique et ses destructions massives d'emploi - jusqu'à la timide reprise de fin 2009. Qui plus est, la hausse de 0,4% de l'emploi a été portée par l'emploi hors intérim, où les créations ont été "deux fois plus fortes que le trimestre précédent" (52.300 nouveaux postes contre 25.700 au quatrième trimestre 2010), souligne l'Insee. Et pour la première fois en dix ans, l'industrie n'a pas perdu d'emplois sur le trimestre. Sur un an, l'emploi salarié dans les secteurs principalement marchands a progressé de 1,1% (+181.700 emplois), selon la même source. "Ce sont de bons chiffres par rapport à l'année dernière, cohérents avec ceux de la croissance économique et les différentes prévisions", a commenté pour l'AFP Marie-Claire Carrère-Gée, la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, organisme placé auprès du Premier ministre. »
Philippe Manière dans « L’Express » du 7 juin 2011
Article intitulé : Douce France, paradis…des héritiers
« Nous avons les milliardaires les plus âgés du monde et plus des deux tiers d’entre eux doivent leur fortune à leurs parents. »
Dominique Gallois et Isabelle Rey-Lefebvre dans « Le Monde » du 7 juin 2011
Article intitulé : L'épargne longue n'est pas l'ennemie de la croissance
« Les années 2000 ont été celles de l'exubérance du crédit. Banquiers et dirigeants exhortaient donc les citoyens à s'endetter et les Français se sont laissés convaincre. Au cours de la décennie passée, ils ont souscrit massivement des crédits, surtout immobiliers - qui ont entretenu la flambée des prix des logements...La crise n'a pas ralenti le rythme de cet endettement, au contraire. La dette des Français est ainsi passée de 53,2 % du revenu disponible, en 2000, à 78,9 % fin 2010. Les Espagnols font pire, avec 126 % de leur revenu disponible, les Britanniques 140 % et les Américains 147,9 % ! Les politiques fiscales ont aggravé l'endettement, en autorisant, par exemple, à déduire les intérêts d'emprunt des revenus des entreprises comme des particuliers ; elles ont provoqué dérives et excès. En France, les scandales de la défiscalisation de l'investissement locatif dans des résidences de tourisme ou les immeubles Robien-Scellier sont une conséquence de la distribution aveugle de crédits : selon l'UFC-Que choisir, sur 500 000 logements ainsi financés, 100 000, soit 20 %, ne se louent pas facilement et mettent leurs propriétaires en difficulté financière. Aujourd'hui, le discours dominant change. Economistes et banquiers redécouvrent la vertu de l'épargne, les économies des uns permettant le crédit aux autres sans recourir au marché interbancaire. Les banquiers y sont, en réalité, contraints, puisque les exigences des normes dites Bâle 3 leur imposent de renforcer leurs fonds propres et leurs liquidités. Dommage que ces incitations arrivent au plus mauvais moment, quand bon nombre de Français n'ont plus les moyens d'épargner et puisent plutôt dans leurs économies. Selon un sondage Ipsos Logica, réalisé en mars pour le compte de la Fédération française des sociétés d'assurances, près d'une personne interrogée sur deux (49 %) se déclare incapable d'économiser le moindre sou. L'immobilier, valeur refuge un peu stérile pour l'économie, car le renchérissement des logements existants ne stimule ni l'activité ni la croissance. »
A.G-V dans « La Tribune » du 8 juin 2011
Article intitulé : Prime à la casse et bonus : une aubaine pour les voitures importées
« La prime à la casse et le bonus-malus ont « coûté 2,2 milliars d'euros » à l'État français, donc au contribuable, affirme le consultant PriceWaterhouseCoopers (PWC). Le dispositif s'est révélé « plus vertueux » pour l'industrie d'outre-Rhin que pour l'économie française ! En effet, l'étude assure que, pour les dix véhicules les plus vendus en Allemagne, seules « 24 % des immatriculations sont générées par des modèles fabriqués à l'étranger ». En France, malheureusement, « 55 % » des ventes des dix modèles les plus populaires sont le fait de véhicules produits hors de l'Hexagone. Résultat : « la production diminue en France » tandis qu'elle « s'est accrue en Allemagne de 540.000 unités entre 2000 et 2009 ». Les primes « ont accentué la détérioration de la balance commerciale française ». Le bilan est donc « mitigé », même si les aides ont eu une incidence positive sur les recettes de TVA ou le maintien de l'activité des sous-traitants. »
Commentaire : Cet article oublie de mentionner la déstabilisation actuelle des ventes en France. Déstabilisation qui fait casser les prix à des valeurs inconnues jusqu’ici et remettant en cause la survie des unités de production en France.
Hervé Novelli dans « Le Figaro » du 7 juin 2011
Article intitulé : Justice sociale et mondialisation
« Depuis des décennies, nous avons vécu en France dans une économie partiellement ouverte au sein de laquelle les gouvernements successifs pouvaient faire le choix d’un modèle redistributif en guise de politique de justice sociale. Résultat : la France est le seul pays de la zone euro où le PIB augmente aujourd’hui moins vite que le revenu distribué ! Les prestations sociales sont passées de 370 milliards à 580 milliards d’euros entre 1997 et 2010, soit une augmentation de 50 %… À tel point que la France est devenue, depuis 2007, championne du monde dans le poids des dépenses sociales dans le PIB, dépassant la barre des 30 % contre 20 % en 1980. Cet envol est bien sûr lié à des évolutions de la société – le vieillissement de la population notamment -, mais il reflète surtout une certaine conception de la justice sociale, celle de l’égalitarisme et de la redistribution. Au nom de grands principes moraux, on a pensé pendant des années que la justice sociale passait par l’empilement successif d’aides et d’allocations. Une justice sociale fondée uniquement sur la théorie de la distribution tous azimuts est devenue totalement inappropriée dans le contexte de mondialisation. Celle-ci rend caduque cette politique car elle agit en révélateur de nos faiblesses structurelles : déficits publics, perte de compétitivité et, pire encore, ghettoïsation des ayants droit sociaux, victimes du système censé les aider. Je propose tout d’abord que nous adoptions collectivement un modèl plus réactif qui aide beaucoup quand ça va mal et un peu moins quand ça va mieux. »
Valérie Segond dans « La Tribune » du 1 juin 2011
Article intitulé : Cessons de subventionner la consommation !
« Quand les destructions d'emplois dégonflent la masse salariale, les amortisseurs automatiques (allocations) ou politiques (baisse de l'IR) viennent soutenir les dépenses. L'histoire de la prime à la casse illustre à merveille la longue tradition française de subvention de la consommation : de la TVA réduite à la prime à la casse, en passant par les aides au plein d'essence, mais aussi au gaz ou à l'électricité, les Ticket-Restaurant, les prises en charge des frais de transport, les chèques-vacances, etc., rien n'est trop cher pour engraisser la vache sacrée. Si la consommation ainsi subventionnée n'a pas été mesurée par l'Insee, on sait que la consommation socialisée des Français, celle qui est prise en charge par les multiples administrations, n'a cessé d'augmenter : elle ne pèse pas moins de 24 % de leur « consommation effective », contre 19 % en 1970. Or les effets posthumes dévastateurs de la prime à la casse, comme hier de la « balladurette » ou de la « juppette », montrent que ce modèle n'est pas durable. Car ces subventions, qui ont toujours été obtenues par un chantage à l'emploi des professionnels, dévoient les marchés, faussent leur analyse et bloquent les inévitables ajustements. Sans oublier qu'elles donnent aux responsables politiques l'illusion d'agir pour le bien de tous, sans en mesurer le prix, au lieu de tout faire pour créer les conditions d'une offre véritablement compétitive. »
Dans « Alternatives Economiques » juin 2011
Article intitulé ; Le scandale des heures sup reprend de plus belle
« Les affaires ont repris du côté des heures supplémentaires subventionnées à coups d’exonérations sociales et fiscales massives depuis le « paquet fiscal » de 2007. Bien qu’il manque encore 375 000 emplois par rapport au premier trimestre 2008 dans le secteur marchand, les salariés qui ont conservé leur poste ont effectué 1,5 million d’heures supplémentaires de plus qu’il y a trois ans …Les 174 millions d’heures supplémentaires totalisées au cours du seul premier trimestre représentant l’équivalent de 382 000 emplois à temps plein. Autrement dit, si on en avait effectué la moitié seulement, on aurait pu combler déjà la moitié du retard pour revenir au niveau d’emploi d’avant la crise. Avec la disparition annoncée du bouclier fiscal, il est regrettable que la seule mesure qui subsiste, celle sur les heures sup défiscalisées, soit aussi la plus nocive pour l’emploi. »
Cyrille Pluyette dans « Le Monde » du 28 mai 2011
Article intitulé : La guerre des prix fait rage dans l’automobile
« Après avoir réussi à démultiplier en fin d’année dernière « l’effet d’aubaine » de la fin de la prime à la casse par des promotions extrêmement alléchantes, les constructeurs cassent à nouveau les prix. Mais cette fois, il s’agit d’une stratégie défensive, les marques cherchant à juguler la chute de la demande, quelques mois après l’arrêt de l’incitation gouvernementale. La Clio proposée à 7 990 eurospar rapport au tarif catalogue de 14 100 euros. Citroën C3 à 8 990 euros (-32 %) ou une C4 Picasso à 15 990 euros (-30 %). Pour sa part, Peugeot abandonne sa 206 + à 8 990 euros et sa 207 à 10 390 euros, soit plus de 19 % d’économie. Fiat Panda est passé de 9 700 à 7 000 euros : une économie de 28 %. Et la Punto est affichée à 10 000 euros (-23 %). Les discounts sur la Polo et la Golf peuvent s’élever à 23 % sur des versions de base, et entre 26 et 29 % sur des modèles plus équipés. BMW, pourtant peu coutumier du fait, fait un geste significatif : en accordant 4 200 euros de réduction sur sa Série 1. Cette chute des prix est la conséquence de deux années de prime à la casse. »
Commentaire : Voici ce que j’écrivais dans une précédente revue de presse : « Croissance économique d’autant plus sujette à caution qu’elle aura été déstabilisée par la concentration d’une demande (qui théoriquement aurait dû être régulière dans la durée) sur un laps de temps très court. Ce fait engendre des investissements moyen/long terme de la part des entreprises pour répondre à une demande « boostée » court terme. ». Quels dégâts ! Pour l’Etat, pour les citoyens, pour les constructeurs qui voient, non seulement, leur entreprise fragilisée mais également la crédibilité de leur prix mise en question pour le futur, pour les actionnaires « réels » qui ont investi sur les titres vifs. Encore une fois, l’Etat doit éviter (interdire) tout « booster » de commercialisation. Ces « boosters » ne créent pas de consommation. Bien au contraire, en déstabilisant cette dernière en faveur d’une augmentation court terme d’une consommation qui aurait dû se faire dans la durée, ils déstabilisent l’ensemble du circuit économique (prix, pouvoir d’achat, pérennité de l’emploi, statistique etc…) Là où il y a quelques mois tous les commentateurs devisaient sur le futur de l’automobile avec la reprise des embauches et la réouverture d’usine, je passais pour un pessimiste lorsque j’expliquais que cette reprise « feu de paille » allait déstabiliser tout le secteur.
Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, dans « Les Echos » du 25 mai 2011
Article intitulé : Couper la dette française en deux
« Même si une dette publique est modérée aujourd’hui, il suffit que les investisseurs anticipent qu’elle ne le sera pas demain pour que les taux s’envolent. C’est par exemple ce qui se passe en Espagne. Pour lutter contre ce danger, je propose la transformation de la dette souveraine de la France en deux parties : senior et junior. La dette souveraine senior irait jusqu’à 60 % du PIB. Ceux qui investiront dans cette dette n’auront plus à craindre l’accroissement de la dette publique totale à l’avenir. Le reste de la dette souveraine serait junior et incorporerait des clauses d’actions collective ; elle concentrerait tout le risque souverain de la France. Les taux sur la dette junior deviendraient la mesure de la crédibilité de notre politique budgétaire. La dette publique française est divisée en trois : dette souveraine (celle émise par le Trésor, 65 % du PIB en 2010), dette de la Sécurité sociale (Cades, 9 % du PIB), qui bénéficie d’une garantie implicite (mais pas officielle) du Trésor, dettes des collectivités locales (non garanties par l’Etat, 9 % du PIB). Ma suggestion est de diviser la dette souveraine de la France en deux, à partir de 2013. Une première partie, jusqu’à 60 % du PIB, serait senior (remboursée avant toute autre dette). Cette dette senior serait de la meilleure qualité possible. Elle offrirait le maximum de sûreté et de liquidité, serait toujours notée AAA et serait plébiscitée par les grands investisseurs internationaux qui recherchent sûreté et liquidité. Le reste de la dette souveraine (5 % du PIB aujourd’hui) serait junior (remboursée seulement après la dette senior). Elle serait probablement détenue par les investisseurs domestiques. Cette dette junior concentrerait l’ensemble du risque souverain de la France. Si d’aventure, la dette souveraine devait passer de 65 % à 80 % du PIB, seuls les détenteurs de dette junior seraient affectés. »
Commentaire : La première phrase est symptomatique de la situation actuelle. Il suffit que les investisseurs pensent pour que les taux s’envolent. Pas besoin de fait concret, il suffit d’une croyance pour que l’on assomme un pays et sa population. Les Etats, en ayant acceptés de devenir les vassaux des financiers, sont « tombés » sous leur dépendance. Ce jeu est un jeu dangereux car l’histoire a montré que seul un soulèvement de la population pouvait inverser la situation. Pendant combien de temps les Espagnols vont-ils accepter de se faire exproprier de leurs habitations (300 000 personnes) alors qu’il y a un millions de biens immobiliers libres (et quasiment à l’abandon) sur le marché ? A la rue au pied d’immeubles vides au 21ème siècle !
Dans « Challenges » du 19 mai 2011
Article intitulé : Regards
« En 2010, les 1 746 radars fixes ont consigné 11 069 317 messages d’infraction débouchant sur 4,6 millions de PV. »
L. D C. Dans « Les Echos » du 20 mai 2011
Article intitulé : Les embauches dépassent le niveau d’avant la crise
« Le dynamisme de l’emploi ne s’est pas démenti en avril, selon l’Acoss, qui chapeaute les Urssaf. Ces dernières ont reçu 669.000 déclarations d’embauche de plus d’un mois hors intérim« dépassant ainsi les niveaux d’avant la crise », selon les statistiques qu’elle a publiées hier. Une progression toujours tirée par l’intérim, à + 3,7 % sur le trimestre et + 19,2 % sur l’année. »
Commentaire : Attention, ce n’est que « franchir le seuil de la pauvreté ».
Alain Madelin dans « La Tribune » du 16 mai 2011 :
Article intitulé : La fin du Père Noël et le retour de Robin des bois
« Si avec une croissance molle de 1 %, le revenu des Français double tous les 72 ans, il double en 18 ans avec une croissance de 4 %. Aucune politique de redistribution ne saurait être aussi efficace que ces 2 % ou 3 % de croissance supplémentaire. C'est dire qu'une bonne politique sociale, c'est d'abord une bonne politique économique. Et aussi une bonne politique fiscale bien sûr. Et là, les bonnes intentions ne font pas une bonne politique. Une politique redistributive destinée à corriger les inégalités peut être très largement contre-productive socialement car le gâteau de la richesse ne sort pas tout cuit du four de la croissance, prêt à être découpé. Sa taille dépend de la façon dont il sera partagé. On a redécouvert avec les minima sociaux l'importance du calcul marginal et l'effet désincitatif des allocations sociales dont la perte en cas de reprise partielle du travail (faute d'un correctif du type RSA) peut diminuer considérablement le bénéfice net de l'heure travaillée. Il en va de même à l'autre extrémité de l'échelle des revenus. Un prélèvement marginal sur les revenus du travail de 70 % (par le cumul des prélèvements fiscaux et sociaux), comme c'est le cas aujourd'hui, pèse sur le rendement économique et social de notre économie car la croissance se fait par nature à la marge. Les Français d'ailleurs valident cette approche. Le livre-enquête « les Français face aux inégalités et à la justice sociale », récemment publié sous la direction de Michel Forsé et Olivier Galland, montre qu'une immense majorité d'entre eux (85 %) accepte les inégalités de revenus et de fortune si celles-ci sont le prix à payer de l'efficacité économique. Mais cette acceptation porte une exigence : que la société soit organisée de façon à offrir le maximum de chances à ceux qui sont en bas de l'échelle sociale. »
Claudine Proust dans « Le Parisien » du 12 mai 2011 :
Article intitulé : Luc Chatel veut repêcher les décrocheurs
« Chaque année, 180 000 élèves disparaissent des tablettes. Depuis plusieurs années, il est admis qu’environ 150 000 jeunes disparaîtraient du système, passé l’âge de scolarité obligatoire, sans aucun bagage à faire valoir. Entre juin 2010 et mars de cette année, 252 000 jeunes de plus de16 an sont disparu des établissements de l’Education nationale sans diplôme. On n’en retrouve que 72 000 dans les missions locales, ce qui signifie que l’on a 180 000 perdus de vue. »
Dans « Le Parisien » du 12 mai 2011 :
Article intitulé : Les Français qui s’acquittent de l’impôt et ce qu’ils payent.
« Leur revenu fiscal de référence est inférieur à 9 400 euros : 9 millions de foyers fiscaux, seuls 0,7 % d’entre eux sont imposables.
Leur revenu fiscal de référence se situe entre 9 401 et 15 000 euros : 7,2 millions de foyers fiscaux, 33,5 % d’entre eux sont imposables.
Leur revenu fiscal de référence se situe entre 15 001 et 28 750 euros : 11,3 millions de foyers fiscaux, 76 % d’entre eux sont imposables.
Leur revenu fiscal de référence se situe entre 28 751 et 97 500 euros : 8,2 millions de foyers fiscaux, 96 % d’entre eux sont imposables.
Leur revenu fiscal de référence est supérieur à 97 500 euros : 580 000 de foyers fiscaux, 98 % d’entre eux sont imposables. »
Marie Visot dans « Le Figaro » du 28 avril 2011 :
Article intitulé : Un Français sur deux vit avec au moins 1 580 € par mois
« Entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie ont peu évolué, indique une étude que l’Insee publie aujourd’hui. Mais sous cette apparente stabilité se cache un double mouvement. Jusqu’en 2004, les écarts de niveau de vie se sont réduits, grâce à une amélioration de la situation des plus modestes. Ensuite, les inégalités ont eu « plutôt tendance à augmenter », en raison d’un enrichissement supplémentaire des plus aisés. Et ce, note l’étude de l’institut de statistiques, en lien avec « une forte progression des revenus, en particulier des revenus du patrimoine, qui sont fortement concentrés » chez ces personnes. Ainsi, les revenus du patrimoine des 10 % de Français les plus riches ont augmenté de 11 % par an entre 2004 et 2008. Le niveau de vie médian (celui qui partage la population en deux groupes aussi nombreux) s’élevait à 18 990 euros par an, soit 1 580 euros par mois. En 2008 toujours, 7,8 millions de personnes, soit 13 % de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté - qui se situe à 60 % du niveau de vie médian (soit 949 € par mois ou 2 000 € pour un couple avec deux enfants). C’est 1,5 point de mieux que douze ans plus tôt. Mais cette proportion de ménages qui a du mal à faire face à des remboursements d’emprunt, qui se trouve régulièrement à découvert ou encore qui doit puiser dans ses économies pour équilibrer son budget, a surtout reculé sur la période allant de 1997 à 2001, marquée par une forte croissance et une baisse du chômage. Elle stagne depuis. Le taux de pauvreté des personnes qui travaillent s’élevait à 7,4 % en 2008, un niveau « nettement plus faible » qu’en 1996, où il atteignait 9,2 %. »
Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI.
Gaëtan de Capèle dans « Le Figaro » du 28 avril 2011 :
Article intitulé : Chut ! La France va mieux
« Dans tout autre pays que la France, pareille nouvelle soulèverait ne serait-ce qu’un léger vent d’optimisme. En mars, le nombre de demandeurs d’emploi a fortement reculé, de 21 100 personnes exactement, soit une troisième baisse en trois mois. Cela ne s’était plus produit depuis début 2008, année maudite qui vit le monde basculer dans la pire crise économique de l’histoire contemporaine. Après trois ans de cauchemar, la France commence indiscutablement à sortir la tête de l’eau. La reprise s’installe, s’affermit même, et nous nous trouvons tout proches du moment tant attendu où la courbe du chômage va enfin s’inverser. »
S.R dans « La Tribune » du 28 avril 2011 :
Article intitulé : Les seniors de plus en plus touchés par le surendettement
« Les crédits renouvelables sont recensés dans 82 % des dossiers pour un encours moyen de 17.000 euros. La dernière étude typologique de la Banque de France le confirme : les seniors sont de plus en plus touchés par le surendettement. En 2001, la proportion de surendettés âgés de plus de 55 ans était de 13 %. Elle a atteint 23 % en 2010. Dans le même temps, la part des personnes âgées de plus de 65 ans concernées est passée de 4 à 8 %. Globalement, le profil type de l'individu surendetté évolue peu. À 65 %, il s'agit d'une personne seule et n'ayant pas de personne à charge (à 53 % contre 42 % en 2001). 54 % des surendettés sont âgés de 35 à 54 ans. 80 % d'entre eux sont locataires (75 % en 2001). L'étude des dossiers de surendettement acceptés par la Banque de France montre que ces derniers (les chômeurs) font toujours la part belle aux crédits à la consommation. Ceux-ci sont en effet présents dans 91 % des dossiers - 82 % pour les crédits renouvelables - pour un endettement moyen de 23.670 euros. Plusieurs mesures d'encadrement du crédit renouvelable entreront en vigueur le 1er mai prochain dans le cadre de la loi Lagarde. »
Jean-Francis Pégresse dans « Les Echos » du 28 avril 2011 :
Article intitulé : Un mal français en reflux
« Il existe deux manières d’interpréter les chiffres du chômage de mars publiés hier, mais l’une et l’autre ne sont pas également honorables. Que ce soit par ignorance de la loi statistique ou par volonté délibérée de s’en affranchir, la première lecture consiste à retenir la stabilité du total des demandeurs d’e ploi. Or, parmi ces 4 millions de Français fréquentant Pôle emploi, bon nombre – 1,4 million – ne sont pas des chômeurs mais des salariés en quête d’un meilleur travail : la moitié d’entre eux sont même occupés plus d’un mi-temps. Assimiler toutes les demandes d’emploi à du chômage, pour en conclure que le celui-ci ne recule pas, voilà une déformation de la réalité pratiquée par ceux qui trouvent un intérêt militant à noircir le tableau socio-économique de la France. Avec 21.000 chômeurs de moins le mois dernier, le double depuis le début de l’année, la moitié du terrain perdu en 2010 a déjà été regagnée. Trois bons chiffres en trois mois, voilà qui ne s’était plus vu depuis le début de la crise. »
Yves de Kerdrel dans « Le Figaro » du 26 avril 2011 :
Article intitulé : On ne meurt pas de ses dettes, mais de ne plus pouvoir en faire »
« Pour les marchés et les investisseurs qui financent notre déficit public, l’avis des agences de notation est plus important que la parole des hommes politiques. À l’heure actuelle, bien que la dette française soit plus importante que la dette américaine, en proportion de la richesse respective de chaque pays, notre triple A n’est pas menacé. Il reste que nous aurions tort de ne pas prendre pour nous l’avertissement envoyé aux Américains. L’argent va coûter de plus en plus cher, pour les Américains, mais aussi, pour nous Européens. C’est dire s’il est urgent de considérer avec intérêt le plan de transformation d’une partie de notre dette en « bons d’épargne » vendus aux Français, comme le suggère l’Institut Montaigne. Le but de la manoeuvre est simple. Primo, il s’agit de permettre aux politiques de retrouver des marges de manoeuvre pour investir dans des projets d’avenir plutôt que de consacrer chaque année 55 milliards d’euros à payer les intérêts de notre passif. Secundo, il s’agit de replacer notre dette dans les comptes des Français plutôt que dans la main invisible du marché. Avant de recevoir, nous aussi, un coup de règle sur les doigts. Et donc, avant qu’il ne soit trop tard. Car comme l’écrivait Céline : « On ne meurt pas de ses dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. »
Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne dans « Le Revenu » de mai 2011 :
Article intitulé : Les pays doivent être moins libres d’émettre de la dette
« Les seuls intérêts de la dette, à 42,5 milliards d’euros étaient à l’origine de 29 % du déficit budgétaire en 2010 ! »
Dans « Challenges » du 14 avril 2011 :
D’ici à 2035, la population des plus de 60 ans augmentera de 60%, en France, à 21 millions. La population active, elle, progressera de 0,2%.
10 800 milliards d’euros : c’est le montant du patrimoine des ménages français, dont les deux tiers sont composés d’actifs non financiers.
Le nombre d’entreprises exportatrices a baissé de 15% en France ces 10 dernières années. Et augmentera de 20% en Allemagne.
Dans « Le Monde » du 29 mars 2011 :
Article intitulé : La moitié de l’industrie française dépend du Japon
« Disques durs, capteurs pour appareils photo numériques, transistors fins, batteries pour PC… « 20 % de la production électronique mondiale vient du Japon, et même 70 % pour au moins trente secteurs technologiques », a précisé Éric Besson. Le Japon ayant jalousement conservé sur son sol la production des biens les plus sensibles. Or, plus de deux semaines après le séisme, il est toujours impossible de savoir quelle en est la portée précise sur l’industrie nippone. Pour l’heure, aucune rupture d’approvisionnement n’est à déplorer - les produits sont pour la plupart à bord de bateaux partis du Japon avant le séisme, des pénuries sont à craindre dès la fin avril. Tout dépend en fait de l’évolution de la situation dans l’Archipel. Une donnée que personne ne maîtrise. Or, des pans entiers de l’industrie française sont potentiellement concernés. »
Dans « La Tribune » du 29 mars 2011 :
Article intitulé : Les investissements étrangers créateurs d'emplois décollent
« Après trois ans de stagnation, de 2007 à 2009, l'Afii a en effet recensé 782 projets d'investissements étrangers créateurs d'emplois (à distinguer des IDE, les investissements directs étrangers) : c'est 22 % de plus qu'en 2009 et « le meilleur chiffre depuis quinze ans », a souligné la ministre. Si le nombre de projets augmente, la taille moyenne des projets, elle, est en baisse, en raison notamment de la part croissante des projets dans l'énergie et le recyclage, qui génèrent 24 emplois en moyenne, contre 38 dans l'industrie manufacturière. »
Dans « La Tribune » du 29 mars 2011 :
Article intitulé : L'économie sociale pèse à elle seule 10 % des emplois salariés
« Peu connu du grand public, c'est pourtant un secteur qui pèse lourd dans l'économie française. En 2008, l'économie sociale qui regroupe les coopératives, les mutuelles, les associations et les fondations emploie 9,9 % de l'ensemble des salariés en France, indique une étude de l'Insee parue mardi. Constitué d'une myriade de petites structures, le « tiers secteur » regroupe aussi de grandes entreprises dont l'effectif dépasse les 5.000 salariés, tous établissements confondus, comme la Caisse d'Épargne d'Île-de-France, la Macif, la Maif, la Croix-Rouge française ou l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Leur point commun ? Une gestion démocratique répondant au principe « un homme, une voix », la recherche d'un projet collectif ou encore le refus d'une appropriation individuelle des excédents. »
Olivier Nomblot, Philippe Escande dans « Les Echos » du 2 mars 2011 :
Article intitulé : De la féodalité à l’indépendance
« En matière nucléaire comme en football, la discipline n’est pas la principale force de nos armées. Tout le monde veut être chef. L’équipe de France du nucléaire ne déroge pas à la règle. Et voilà qu’apparaît un nouveau prétendant au titre de meneur de jeu, l’ingénieriste. Bien sûr, en France, cette assertion pourrait faire sourire nos deux puissants leaders qui ont toujours tenu ces entreprises souvent modestes comme de simples sociétés d’intérim pourvoyeuses d’ingénieurs à la demande. Mais à l’étranger, notamment en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis, ces entreprises tiennent le haut du pavé pas l’exploitant, ni le constructeur de chaudières. Car la vie n’est pas toujours rose à l’ombre des princes du CAC 40. Un industriel qui sélectionne ses fournisseurs et leur demande en cadeau de bienvenue une caution de plusieurs millions d’euros. Un autre qui exige des clauses de responsabilité illimitées. Certains qui volent même les plans et les idées. Des histoires du même genre, le rapport de Jean-Claude Volot, le médiateur de la sous-traitance en contient des wagons entiers (« Les Echos » du 24 février 2011), comme celui, sur l’ingénierie d’Emmanuel Sartorius qui recense une douzaine de ces pratiques, pour la plupart illégales. « C’est le règne de la terreur » assure l’auteur. « Au départ, dans les années 1960, tout allait bien, se souvient Dominique Louis, le patron d’Assystem. On était des seigneurs, des experts qui arrivaient en renfort pour tester et démarrer un haut-fourneau, un laminoir ou une centrale électrique. Les prix étaient discutés entre ingénieurs, sans grand litige. » Puis, à partir des années 1980, est arrivée la pression au rendement ainsi que le durcissement des lois sociales, et donc la vogue de l’externalisation des taches pour réduire les coûts fixes de personnel. La profession a pris son essor mais, chez le client, le pouvoir est passé des ingénieurs aux acheteurs qui ont importé les méthodes de la grande distribution, avec pour seul critère le prix. Est arrivé le règne du TJM, le taux journalier moyen, devenu l’étalon. »
Dans « Les Echos » du 28 février 2011 :
Article intitulé : Dominique de Villepin propose un revenu citoyen de 850 euros
« Revenu citoyen fixé autour de 850 euros, pour tous les Français ayant des revenus inférieurs au revenu médian, c’est-à-dire 1 500 euros, qui serait versé de façon dégressive jusqu’à ce niveau de revenus.»
Jean-Baptiste François dans « La Croix » du 21 février 2011 :
Article intitulé : Le collectif Jeudi noir affaibli par le poids des condamnations
« La médiatisation de leur action leur a permis de défendre leurs revendications : les réquisitions des surfaces vides et le plafonnement des loyers pour répondre aux problèmes de logement. La note de leur engagement, en revanche, commence à devenir salée. « Nous jouons avec la légalité, nous le savons, souligne Maxime, ancien habitant de la place des Vosges. Parfois, on se dit que la démarche est un peu suicidaire. « Mes économies, ma bourse d’étudiant, tout m’a été saisi. Je ne peux pas trouver un emploi, vu que mes revenus seront prélevés. » Jean-Marc, militant »
Dans « Marianne » du 21 février 2011 :
Article intitulé : Salaires : êtes-vous DSK ou Trichet ?
« En France, plus de 6 millions de personnes, un quart des salariés, gagnent moins de 750 euros (par mois). Dans cette situation-là, il y a une sorte de mécanique négative qui se met en marche et c'est contre ça qu'il faut lutter. Ce n'est pas le cas ailleurs, ce problème européen est particulier à l'Europe. Sans aller jusqu’à un changement radical de doctrine, le FMI multiplie les « papiers » favorables à une relance de la demande. Dans une récente note, Romain Rancière, économiste et co-auteur de « Endettement et inégalités, montre ainsi que les périodes 1920-1929 et 1983-2008 correspondent à une forte augmentation de la part des revenus des riches et de l’endettement du reste de la population conduisant au déclenchement d’une crise financière. On peut ainsi y lire que : « de longues périodes d'inégalité dans les revenus conduisent à une importante stimulation de l'emprunt auprès des riches, ce qui augmente le risque de survenance de crises majeures ». Et de conclure : « une crise financière ne purge que partiellement le problème. Seule la restauration du pouvoir de négociation du groupe à faible revenu est plus efficace », autrement dit, une hausse des salaires. « Restaurer l'égalité par la redistribution des riches vers les pauvres ne satisferait pas seulement les Robin des Bois du monde, mais pourrait sauver l'économie globale d'une autre crise majeure », concluent les deux auteurs. »
Commentaire : Sans, si ce n’est qu’Alfred Grosser écrivait déjà dans « La Croix » du 23 décembre 2009 page 26 :
« …Regardez la « clientèle » sans cesse accrue du Secours catholique ou des Restos du coeur ou considérez ce que signifie le nombre de six millions de Français vivant au-dessous du niveau de pauvreté… »
Denis Fougère, directeur de recherche en économie du travail au CNRS, propos recueillis par Pauline Turuban dans « Le Monde » du 21 février 2011 :
Article intitulé : Le CDD n'est plus une période probatoire, mais une variable d'ajustement
« Dans les années 1980 et 1990, ce n'était plus seulement des individus qui passaient par l'étape du contrat à durée déterminée (CDD), mais des personnes qui alternaient, pendant plusieurs années, périodes de chômage et périodes de CDD en ne parvenant pas à décrocher un contrat à durée indéterminée (CDI). Leur proportion a quasiment quadruplé, passant de 2 % à 3 % de la population active en 1982 à près de 10 % vingt ans plus tard. Et elle n'a pas diminué. On est aujourd'hui dans une situation de dualisme du marché du travail : une majorité de salariés vit dans une relative protection, et un " noyau dur " croissant vit la précarisation. On peut désormais craindre que de plus en plus d'individus n'accéderont pas, au cours de leur vie professionnelle, à un emploi stable. On constate que la possibilité pour les employeurs de recourir massivement aux CDD peut favoriser la précarité. Les entreprises n'utilisent pas les contrats temporaires comme une période probatoire mais comme une variable d'ajustement, sans pérenniser les gens dans l'emploi. C'est un calcul de très court terme car elles ne peuvent pas construire durablement leur main-d'oeuvre. Dans l'Hexagone, près de cinq embauches sur six se font ainsi sur un emploi dit précaire. Les personnes en contrat temporaire ont du mal à faire valoir cette expérience professionnelle. Elles ne peuvent souvent pas acquérir de droits à l'allocation-chômage, ou alors des droits courts, qui ne leur permettent pas de chercher efficacement un emploi bien rémunéré. »
Gaël Giraud, jésuite, CNRS, Ceras, Ecole d’économie de Paris, ESCP-Europe, dans « La Croix » du 21 février 2011 :
Article intitulé : Révolutions démocratiques : 1. La Tunisie
« La Tunisie était en plein essor économique (5 % de croissance annuelle de 2000 à 2008) et venait de mettre en œuvre un accord de libre échange avec l’Union européenne. Considérée comme l’économie la plus compétitive d’Afrique, elle représentait sûrement l’une des plus dynamiques de l’aire sud-méditerranéenne. Moins de 5 % de sa population vit en dessous du seuil relatif de pauvreté, témoignant du décollage « réussi » de sa classe moyenne. Le « pacte » implicite passé entre le clan Ben Ali et la population tunisienne était, en somme, le suivant : échangeons la liberté politique contre le bien-être matériel. Le « contrat » implicite du régime tunisien était surtout voué à l’échec parce que la promesse de prospérité économique, même quand elle est tenue, ne peut durablement servir de compensation à l’absence de démocratie. En un sens, le « pacte » Ben Ali, c’est celui sur lequel le Grand Inquisiteur de Dostoïevski fonde son cynisme : « Ils finiront par jeter leur liberté à nos pieds en nous disant : “Asservissez-nous, mais nourrissez-nous.” Ils comprendront eux-mêmes que la liberté n’est pas compatible avec le pain terrestre et ne leur permet pas d’en avoir chacun à suffisance, car jamais ils ne parviendront à le partager équitablement. » Et l’Union européenne ? Elle pourrait bien avoir été construite en partie, malgré tout, sur un non-dit qui, mutatis mutandis, n’est pas si éloigné de celui du Grand Inquisiteur. La construction d’un Marché unique sans souveraineté politique, tout comme l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) – institution qui n’a aucun mandat démocratique –, n’ont de sens que si l’on fait le pari que la prospérité économique en compensera le déficit démocratique. Les inégalités sociales se creusent de façon inédite depuis un demi-siècle ; près de 15 % de la population de l’Union vit en dessous du seuil relatif de pauvreté ; les classes moyennes allemandes, en dépit de l’apparent succès de leur industrie, ont vu leur pouvoir d’achat diminuer depuis quinze ans… L’Union ne pourra pas éternellement reporter sine die sa construction politique. Et cette dernière ne passe pas par l’inscription dans une Constitution de l’austérité budgétaire. Ce serait figer dans le droit les exigences des marchés financiers, lesquels n’ont aucune légitimité démocratique non plus ! Après la monnaie, ce serait ôter au politique son deuxième instrument économique : l’outil budgétaire. Il ne nous sera peut-être pas facile de réviser nos traités pour construire ensemble une Union démocratique. Mais qui, en décembre dernier, eût parié que Ben Ali quitterait la scène politique le 14 janvier ? Et Moubarak, le 11 février ? »
Commentaire : Dans un article écrit en décembre 2009, j’écrivais : « À vous de choisir Messieurs les politiciens, Si vous doutiez encore du chemin à prendre, je vous propose quelques sujets de réflexion. Que deviendra notre jeunesse lorsque leur vie ne sera faite que de chômage ou de boulots mal payés (en fait, c’est déjà le cas pour la plupart) ?
Que leurs parents leur auront transmis tout ce qu’ils avaient à leur transmettre ?
Et si un jour les pauvres et les mal-logés se rebellaient contre leur situation ? Souvenons-nous des propos de Gandhi : « Si quelques milliers de Britanniques peuvent imposer leur domination à quelques millions d’Indiens, ce n’est pas grâce à la capacité de violence des Britanniques, mais plutôt à la résignation, à la complicité, à la coopération des Indiens. Les opprimés deviennent coresponsables de l’oppression qu’ils subissent dans la mesure où ils s’en accommodent et obéissent à ses lois. » Et si un jour les mal-logés, les SDF, les « nouveaux pauvres » (ceux qui travaillent mais qui ne gagnent pas assez pour vivre « normalement ») infirmaient volontairement les propos de Gandhi sur la résignation. Et si un jour leur « apathie », contre leur état et contre l’acceptation de leur situation, se transformait en rejet de leurs conditions de vie autrement qu’en se rebellant lors de match de foot ou dans la rue pour des raisons stupides ? Et si tous ceux qui souffrent de la faim ne se « contentaient » plus d’aller aux Restos du coeur, à la Soupe populaire….mais se présentaient devant les cantines administratives de l’Etat et demandaient à faire appliquer les droits de l’Homme ?
Et si tous les mal-logés et les SDF de France montaient sur Paris ? Pour rappel, ils sont plusieurs millions en France. Et si tous les mal-logés et les SDF Européens montaient à Bruxelles ? Non………. impossible Bruxelles serait trop petit. Et si tous les mal-logés et les SDF Européens « envahissaient » la Belgique ? »
Jean-Marie Chevalier et Jean-Hervé Lorenzi dans « Les Echos » du 17 février 2011 :
Article intitulé : Le retour de l’optimisme
« Une brise démocratique, peut-être contagieuse, souffle dans une partie du monde et, en France, un certain nombre de faits donnent le sentiment que nous sommes en train de sortir d’une fatalité « décliniste » entretenue par quelques grands clercs. Il commence à se murmurer que nous avons les moyens éventuels de nous retrouver sur une trajectoire de croissance satisfaisante. Retenons quelques signes à la fois positifs et significatifs : le taux de natalité exceptionnel, un chiffre impressionnant de création d’entreprises pour 2010, la formidable dynamique innovatrice de certains de nos territoires. C’est aussi, sous un autre angle, ce que soulignait Alain Duhamel dans une chronique radiophonique à propos du million de visiteurs pour l’exposition Monet. Comment peut-on imaginer qu’un pays soit en déclin lorsque les gens font plusieurs heures de queue dans la nuit pour l’amour de l’art ? C’est vrai que nous n’étions pas adaptés à la quinzaine d’années qui vient de s’écouler, à cette période de bouleversement de l’économie mondiale. Nous avons eu le tort d’y voir plus de menaces que d’opportunités, à l’inverse de nos voisins allemands. Or, nous avons deux atouts majeurs : notre épargne et notre jeunesse. L’épargne est là, mais il faut la mobiliser et l’orienter dans une perspective de long terme vers les secteurs porteurs d’avenir, ceux qui correspondent à nos vrais avantages comparatifs, ceux qui peuvent se valoriser sur les marchés internationaux, en Asie notamment. Deux à trois millions d’emplois peuvent être créés dans les dix ans qui viennent. Cette réorientation de l’épargne est l’enjeu principal d’une réforme fiscale globale, prioritaire en 2012, quelle que soit l’issue des élections. »
Clarisse Jay dans « La Tribune » du 2 février 2011 :
Article intitulé : Quelque 5.500 jeunes vont tester le revenu d'autonomie
« Ils seront « 5.500 jeunes volontaires au plus » à expérimenter prochainement le Revenu contractualisé d'autonomie (RCA), selon le décret d'application publié ce mardi. Annoncé en septembre dernier par l'ancien ministre de la Jeunesse Marc-Philippe Daubresse dans le cadre du second volet du plan « Agir pour la jeunesse » (lire « La Tribune » du 28 septembre 2010), cette nouvelle aide vise à « redonner confiance aux jeunes ». Le principe est de mettre l'accent sur « la question des ressources des jeunes en recherche d'emploi, et sur celle de leur accompagnement socio-professionnel ». L'expérimentation, d'un coût de 20 millions d'euros (elle est financée dans le cadre du fonds d'expérimentation pour la jeunesse), « a pour objet de mesurer les effets de l'allocation d'un revenu garanti, pendant une durée déterminée, sur le parcours d'insertion professionnelle d'un jeune ». En d'autres termes, il s'agit de savoir si cette allocation d'autonomie peut réellement jouer un rôle de stimulus sans pour autant inciter à l'assistanat. »
D.P dans « Les Echos » daté du 31 janvier 2011
Article intitulé : Le cumul d’activités publique et privée facilité
« Au service de l’Etat… et d’eux-mêmes. Les fonctionnaires qui veulent arrondir leurs fins de mois en se lançant dans le dépannage informatique, les travaux d’intérieur, l’animation ou la vente de leurs créations artistiques peuvent désormais le faire. Jusqu’ici, les fonctionnaires pouvaient essentiellement exercer, en plus de leur métier, une activité d’expertise, d’enseignant ou de conjoint collaborateur. Le décret élargit cette liste des activités dites « accessoires » aux« activités à caractère sportif ou culturel » (encadrement, animation, etc.), à la« vente de biens fabriqués personnellement par l’agent » (peintures, bijoux, etc.) et surtout à tous les« services à la personne ».Dans ces deux derniers cas, précise le décret rédigé par Bercy et Matignon, ces activités pourront être exercées sous le seul régime de l’autoentreprise (lire ci-contre). Pour les autres, l’agent peut prendre le régime d’activité de son choix. »
Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » en date du 19 janvier 2011 :
Article intitulé : Les enfants de la confiance
« L’an dernier, ses femmes ont accouché de 828.000 bébés. C’est le nombre le plus élevé depuis trente ans, bien plus proche du pic du baby-boom (878.000 en 1964) que du creux des années grises (711.000 en 1994). Un seuil symbolique a même été franchi : pour la première fois depuis 1974, les femmes ont en moyenne deux enfants (selon l’indicateur conjoncturel de fécondité). Dans une génération, la France sera plus peuplée que l’Allemagne, où la population décline depuis déjà sept ans. Cette énergie vitale de la France s’explique par trois raisons majeures. Ces dernières décennies, les femmes ont été de plus en plus nombreuses à occuper un emploi. Nombre d’entre elles ont décidé en conséquence d’avoir des enfants plus tard. L’âge moyen à l’accouchement a dépassé les 30 ans l’an dernier. La deuxième raison, elle, est politique. L’Etat continue d’encourager la natalité par toute une série de mesures, des allocations familiales aux crèches en passant par des réductions d’impôt. La troisième source de notre énergie démographique est plus profonde : Les jeunes Français sont à la fois parmi les plus pessimistes sur la situation de leur pays (25 % de satisfaits), les plus inquiets de la mondialisation (seulement 52 % la considèrent comme une opportunité) et les plus enclins à fonder une famille (47 %) et à avoir des enfants (60 %). Dans un univers vécu comme hostile, on se replie sur le cocon familial. Il y a donc dans ce « natalisme » français le meilleur et le pire, l’espoir et la crainte. »
Dominique Nora, entretien avec Eric Verhaeghe, lycée Henri IV et énarque, dans « Le Nouvel Observateur » en date du 14 janvier 2011 :
Article intitulé : Un énarque accuse les élites
« « L’Etat français n’est plus un recours puisqu’il est lui-même devenu l’instrument de prédation d’une « aristocratie » politico-administrative qui a perdu le sens de l’intérêt public. » « La vague des privatisations que la France a connue à partir des années 1980 a permis à une noblesse d’Etat d’accaparer la direction des grandes entreprises » « Sous couvert de mener de grandes réformes économiques libérales, une aristocratie a dévoyé notre régime démocratique et l’a capté à son profit » « Très largement pour préserver les taux de profit de cette aristocratie, les sociétés industrielles ont laissé se développer de nouvelles catégories de miséreux, qui représentent une part croissante de la population. ». »
Augustin Landier, professeur de finance à la Toulouse School of Economics, et David Thesmar, professeur à HEC, dans « Les Echos » en date du 13 janvier 2011 :
Article intitulé : Eloge du technocrate
« Plus que jamais, la politique semble se résumer à l'art de la petite phrase. Il est dur de ne pas penser que la pratique politique relève davantage du verbe que de l'action, et du buzz plus que de l'analyse. Les technocrates comprennent les relations de cause à effet dans l'économie, suivent ce qui se fait dans d'autres pays et lisent les études des think tanks : ils sont les concepteurs des réformes et misent leur carrière sur la connaissance technique. Le métier des hommes politiques est de vendre à l'opinion des cocktails de politiques publiques choisies parmi les propositions de l'administration. Comme tout vendeur, l'homme politique doit avant tout exceller dans l'art de différencier son produit et celui de décrier l'offre de ses concurrents. Si l'on veut prendre une analogie avec le monde de l'entreprise, les fonctionnaires font la recherche-développement et l'ingénierie, alors que les hommes politiques occupent les postes de vente et de marketing. La figure du ministre expert est en fait un fantasme dangereux : on ne demande pas au vendeur de voiture d'en réparer le moteur. Le citoyen n'est du reste pas dupe. Il ne cherche pas à faire passer au candidat des quizz techniques mais s'interroge avant tout sur sa psychologie. En feuilletant les magazines people, l'électeur veut savoir pour quel genre de personnalité il va voter. Il cherche un candidat partageant ses valeurs et ses préférences, tout comme on préfère que nos courses soient faites par quelqu'un ayant à peu près nos goûts. Il cherche aussi à se faire une idée de la capacité du futur élu à résister aux pressions et à savoir s'entourer. Le programme détaillé du parti importe bien moins. Il faut s'y résoudre et même s'en féliciter : la politique, c'est avant tout de la communication. Quant aux commentateurs qui veulent parler contenu plus packaging, peut-être devraient-ils s'adresser plus souvent aux « ingénieurs » de l'Etat plutôt qu'à ses commerciaux. A l'instar d'une économie qui valorise moins la technique que la célébrité, notre démocratie est moins menacée par la désertion de la carrière politique que par la désaffection croissante des élites pour les métiers de coulisse relativement mal rémunérés de la haute fonction publique. »
Dans Boursorama en date du 4 janvier 2011 :
Article intitulé : La France pointée du doigt pour espionnage industriel en Europe :
« La France est "l'Empire du Mal" en matière de vol de technologies et les effets de sa politique d'espionnage industriel seraient plus néfastes que celle de pays comme la Russie ou la Chine, selon le dirigeant d'un groupe allemand cité par une note diplomatique obtenue par WikiLeaks. S'épanchant abondamment sur son mépris pour les Français, Smutny a dit que l'espionnage industriel français est tellement étendu que, dans leur totalité, les dégâts infligés à l'économie allemande sont plus importants que les dégâts provoqués par la Chine ou la Russie", poursuit le télégramme. »
Dans « La Tribune » en date du 30 décembre 2010 :
Article intitulé : Fonctionnaires : le plan antiprécarité du gouvernement
« Alors que le nombre d’agents non titulaires a vivement progressé dans la fonction publique, Georges Tron dévoile dans une interview le « plan d’action » du gouvernement pour« mettre fin rapidement aux abus » des employeurs : Etat, hôpitaux, collectivités locales. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique indique que les conditions de passage de CDD en CDI vont être assouplies, et que des concours spécifiques, sans condition de diplôme, vont être ouverts pour faciliter les titularisations. Des « contrats de projet » vont aussi être créés et une convention va être passée avec Pôle emploi pour améliorer l’indemnisation du chômage. »
Irène Inchauspé Dans « Challenges » en date du 16 décembre 2010 :
Article intitulé : L’Etat n’a rien gagné à sauver les banques
« Bonne nouvelle pour le contribuable américain. Le sauvetage de Citigroup, dans lequel il avait injecté 45 milliards de dollars, lui a rapporté 12 milliards (cession de titres, dividendes, intérêts). « L'Etat a pris un risque en ne vendant pas plus tôt ses actions, juge le Wall Street Journal. Mais, au final, l'opération est réussie. » Les contribuables français, eux, n'ont pas eu cette chance. « Bercy s'est privé d'une plus-value potentielle de 86 % en choisissant des actions préférentielles et non ordinaires pour soutenir BNP Paribas, note Christophe Nijdam, à AlphaValue. L'Etat est en revanche assis sur une moins-value latente de 70 %, ayant choisi des actions ordinaires pour sauver Dexia. »
En entrant au capital de BNP Paribas au moyen d'actions de préférence, titres dont la valeur ne suit pas le cours, l'Etat n'a pu percevoir que des intérêts sur son placement. « Si on compare le cours lors de l'achat des titres et celui d'aujourd'hui, le manque à gagner s'élève à 4,4 milliards », calcule Christophe Nijdam. Pour Dexia, l'Etat et la Caisse des dépôts ont bien opté pour des actions ordinaires. Mais le prix retenu pour l'augmentation de capital du 30 septembre 2008, 9,90 euros par action, était nettement supérieur à celui du cours (7,20 euros). Ce qui permettait aux actionnaires belges d'éviter une trop forte dilution. Mais à un tel tarif, le retour sur investissement est hasardeux. Après un plus haut à 6,80 euros en octobre 2009, l'action Dexia a lourdement rechuté pour s'échanger à 3 euros. De quoi effacer le bénéfice net de 2 milliards qu'aurait engrangé l'Etat, dixit la ministre Christine Largarde, via les intérêts perçus sur le soutien public aux banques. La Cour des comptes a publié en mai un rapport mitigé sur le sujet. « Si les concours publics aux banques ont généré des recettes ponctuelles, ils engendrent aussi des coûts et des dépenses permanents », indique-t-elle. Car l'Etat n'a pas ménagé son aide pour que les banques soutiennent les PME. Des dotations ont été allouées à Oséo. Les banques ont aussi eu l'autorisation de gérer une partie des ressources du livret A, mesure qui va faire perdre à l'Etat, « chaque année et sur vingt-cinq ans, 125 millions », note la Cour des comptes. Au total, les mesures adoptées ont fait gonfler le budget de l'Etat de 11,8 milliards d'euros. Le solde, soit 9,5 milliards, a été financé par endettement, ce qui représente un coût supplémentaire de 350 millions d'euros par an. »
Leïla de Comarmond dans « Les Echos » en date du 27 décembre 2010 en page 4 :
Article intitulé : Le coup de frein sur les emplois aidés accentue la remontée du chômage en novembre
« Après avoir baissé en octobre, le chômage a de nouveau augmenté le mois dernier. Les jeunes n’ont cette fois-ci pas été épargnés. Fin novembre, la France métropolitaine comptait 4.272.200 chômeurs dont 2.698.100 n’ayant pas du tout travaillé. »
Nicolas César dans « La Croix » en date du 27 décembre 2010 :
Article intitulé : Les territoires ruraux, terreaux d’innovation
« Aujourd’hui, les campagnes ne sont plus ces terres d’exode dont on prédisait la fin il y a trente ans. Ce sont des terres vivantes où l’on vient chercher de l’espace, du calme, de l’air, un autre mode de vie », se réjouissait il y a quelques jours Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, lors de sa venue au colloque du Réseau rural français, qui s’est tenu à Agen (Lot-et-Garonne). En effet, depuis une dizaine d’années, les espaces ruraux se repeuplent. Mais « les exigences des néoruraux sont les mêmes qu’en ville. Ils veulent des services à proximité, des écoles, des médecins… », souligne Patrick Falcone, sous-directeur du développement rural au ministère. Internet haut débit… les campagnes ne veulent rien à avoir à envier aux villes et « la ruralité, c’est la modernité », peut affirmer Bruno Le Maire. Les prévisions de l’Insee montrent que les territoires ruraux sont sur la bonne voie. D’ici à 2040, les régions Limousin et Auvergne devraient voir leur population augmenter respectivement de 10,2 % et de 8,1 %, et progresser au même rythme que l’Île-de-France dans les prochaines années. Doucement, mais sûrement, c’est une véritable révolution qui est en marche dans les campagnes. Les prévisions de l’Insee montrent que les territoires ruraux sont sur la bonne voie. »
Claude Le Pen, professeur à l’université Paris-Dauphine, dans « Les Echos » daté du 8 décembre 2010 :
Article intitulé : Sécurité sociale : pour en finir avec le pessimisme
« Les Français semblent inquiets d’une politique de santé qui serait orientée vers des économies financières à court terme au détriment de l’accès aux soins et de la qualité de la médecine. Examinons les choses calmement. Le système de santé est-il menacé de pénurie financière ? Non. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011 y injecte 5 milliards d’euros publics en 2011 alors que le budget de l’Etat ne croîtra que de 1 milliard sous le seul effet de la charge de la dette et des pensions ! Les ménages supportent-ils une part importante des coûts de santé ? Non. Le « reste à charge » des ménages – ce que nous payons directement de notre poche – est en France le plus bas d’Europe, pays scandinaves compris : 9,4 % de la dépense totale. Par rapport aux autres pays, nous avons un haut degré de socialisation publique des dépenses et un faible taux de participation directe des ménages ! Les complémentaires santé nous coûtent-elles de plus en plus cher ? Oui, mais c’est normal, car nous dépensons plus. Sur les cinq dernières années, leurs dé penses ont augmenté de 5 milliards environ. Mais seuls 20 % provenaient des transferts des régimes obligatoires. L’essentiel était dû à l’augmentation des prestations. Et les complémentaires n’ont pas la possibilité de se financer par la dette. Sommes-nous inégaux devant la Sécu ? Non, même s’il est exact que les taux de prise en charge tendent à se différencier : 9 millions de personnes en affection de longue durée (ALD) bénéficient d’un remboursement entre 85 % et 98 % selon le type de soins, alors que le taux des assurés non ALD ne dépasse pas 55 % pour les soins courants. D’où des inquiétudes : avons-nous une Sécu « à deux vitesses » ? La Sécurité sociale croule-t-elle sous le déficit et la dette ? Oui et non ! Si « abyssal » que soit le déficit de l’assurance-maladie, ce dernier est toujours resté « à portée » de 0,5 ou 1 point de CSG (environ 11 milliards). Il existe une disproportion entre la focalisation sur la protection sociale et son poids réel dans les déficits et la dette publics. Pourquoi le legs de 200 milliards d’euros de dettes au titre de la Sécu serait-il plus problématique que celui de 1.400 milliards au titre des autres dépenses publiques ? »
Edwige Antier dans « Le Figaro » daté du 19 novembre 2010 en page 18 :
Article intitulé : Que faisons-nous de nos enfants ?
« Un enfant sur quarante dans notre pays est confié à la protection de l’enfance et la moitié d’entre eux sont placés hors de leurs famille. Nos enfants sont malmenés par les rythmes de vie parentaux, scolaires, un environnement aux images violentes… les rendant agressifs et difficiles à canaliser pour les parents»
Frédéric Schaeffer dans « Les Echos » daté du 9 novembre 2010 :
Article intitulé : Pascal Le Merrer : « Les Français ont un rapport difficile avec l’économie. »
« Peu satisfaits de leur niveau de connaissance en économie, les Français sont visiblement désireux de l'améliorer. En témoigne le succès croissant des Journées de l'économie, dont s'ouvre aujourd'hui à Lyon la troisième édition. Quelque 6.000 participants se sont inscrits aux trois jours de conférences et débats, dont l'objectif est de rendre plus accessible l'analyse des grands sujets économiques. Selon un sondage TNS Sofres, deux tiers des Français disent n'avoir pas eu de formation économique durant leur scolarité et seul un sur dix lit la presse économique. Les connaissances en la matière sont donc lacunaires : les Français obtiennent une note moyenne de 8,3/20 au petit quizz mis en place par le Conseil pour la diffusion économique (Codice). Il ne faut pas s'étonner ensuite que les Français entretiennent des rapports difficiles avec cette matière. On le constate dès que l'on parle de réformes, où le débat se situe immédiatement sur le terrain politique. »
Marie Verdier dans « La Croix » daté du 27 octobre 2010 en page 9 :
Article intitulé : Dans le monde, la corruption ne faiblit pas.
« Selon le rapport 2010 de l’ONG Transparency International, rendu public hier à Berlin, la bonne gouvernance n’est guère de ce monde. Près des trois quarts des pays sont perçus comme gravement corrompus. Avec un indice de 6,8 (sur dix), la France est doublée par 24 pays de la planète, dont dix de l’UE. La France avait été classée 19e en 2007, 23e en 2008, 24e en 2009 et est classée 25e en 2010. Le trio de tête. Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Ensuite la Finlande, la Suède, le Canada, les Pays-Bas, l’Australie, la Suisse, la Norvège, l’Islande, le Luxembourg, Hong Kong, l’Irlande, l’Allemagne, l’Autriche, le Japon, le Qatar, le Royaume-Uni, le Chili, la Belgique, les Etats-Unis, l’Uruguay et la France. »
Sébastien Soriano dans « Le Figaro » daté du 11 octobre 2010 en page 23 :
Article intitulé : Le déficit atteint 122,1 milliards.
« La France vise l’équilibre des comptes en 2016. »
Commentaire : Nous retrouvons la fin du cycle SOCIOECOPOFI de surchauffe de 2016.
Pierre Bienvault dans « La Croix » daté du 29 septembre 2010 en page 11 :
Article intitulé : En 2008, neuf millions de Français se sont privés de soins par manque d’argent.
« En 2008, neuf millions de personnes en France ont renoncé à des soins pour des raisons budgétaires, soit 20% de plus qu’en 2004. « Certains foyers doivent aujourd’hui consacrer 15% de leur budget à se soigner, soit autant que ce que les ménages consacrent habituellement à se nourrir. », ajoute UFC-Que choisir. »
Dans « La Tribune» daté du 29 septembre 2010 en page 8 :
Article intitulé : La valeur du patrimoine économique national s’est repliée en 2009.
« La valeur économique du patrimoine national, selon la Banque de France, s’établit à 12 115 milliards d’euros. La diminution prononcée de la valeur du patrimoine non financier, essentiellement due au recul des prix des actifs immobiliers, n’a pas été compensée par le redressement du patrimoine financier. »
Anne-Hélène Pommier dans « Le Figaro» daté du 28 septembre 2010 en page 19 :
Article intitulé : Près de 8 millions de personnes pauvres en France
« Selon une étude de l'Insee, 13% de la population française disposent de moins de 949 euros par mois pour vivre. La moitié des Français bénéficie de moins de 19.000 euros par an. Selon l'Enquête revenus fiscaux et sociaux (ERFS) publiée ce mardi par l'Insee, l'institut français des statistiques, 13% de la population vivait au dessous du seuil de pauvreté en 2008. Soit un peu plus de 7,8 millions de personnes, dont 1,6 million (30%) de famille monoparentale.
S'il reste considérable, ce chiffre s'inscrit pourtant en léger recul par rapport à l'année précédente: 13,4% des Français avaient des revenus inférieurs au seuil de pauvreté en 2007. C'est-à-dire plus de 8 millions de personnes.
Ce petit reflux s'explique en partie par la prise en compte de données fiscales pour attribuer les allocations aux Français. Selon l'Insee, du fait de cette modification, le nombre de bénéficiaires d'aides sous condition de ressources a progressé, d'où le recul. 50% des Français gagnent mois de 1580 euros »
« La Tribune » daté du 21 septembre 2010 en page 4 :
Article intitulé : Un jeune sur deux angoissé par son avenir.
« Un jeune sur deux se dit angoissé et plus d’un sur trois en colère quand il pense à son avenir, selon le baromètre annuel Ipsos pour le Secours Populaire. L’étude montre aussi que l’ensemble de la population vit dans la crainte de la pauvreté. Le président du secours Populaire Julien Laupêtre évoquant un « raz de marée de la misère ». »
Sophie Gherardi dans « La Tribune » du 20 juillet 2010 en page 9 :
Article intitulé : La France, sans atout ou tout atout ?
« Nous sommes bien un pays en déclin, désindustrialisé, bureaucratique, criblé de dettes et bourré de calmants, accablé d'impôts mais chroniquement désargenté, en proie à la gabegie, aux corporatismes, aux grèves, aux je-m'en-foutismes... j'en oublie sans doute. Comment expliquer alors que les investissements internationaux fassent de la France leur troisième destination préférée au monde, et la première en Europe ? Les investisseurs ne sont pas des touristes de passage : quand ils viennent en France, y construisent des laboratoires ou des usines, y développent des forces de vente, ce n'est pas pour la beauté des paysages ou l'excellence des vins, c'est parce que chaque euro dépensé y rapporte plus qu'il ne le ferait ailleurs. Si nous nous en tirons bien en travaillant moins longtemps chaque année et au cours de notre vie, alors à quoi cela sert-il de trimer comme le font Britanniques et Américains ? »
« Le Monde» du 15 juillet 2010 en page 2 :
Article intitulé : Jeux en ligne.
« 83 millions d’euros de paris sportifs depuis l’ouverture du marché le 8 juin. »
Cécile Crouzel dans « Le Figaro» du 9 juillet 2010 en page 19 :
Article intitulé : Le patrimoine de la France stagne.
« Mais, à 12 115 milliards d’euros, ce « patrimoine économique national » reste conséquent : il représente 7,4 années de production du pays. Les Français ont continué à remplir leurs contrats d’assurance-vie, dont l’encours a encore progressé de 9% pour atteindre 1 485 milliards. Les ménages s’endettent moins vite. Au bout du compte, leur endettement – 1 234 milliards d’euros – reste très inférieur à leurs actifs – 10 600 milliards. Et leur patrimoine net représente encore plus de 7 années de revenus. La dette publique a atteint 1 489 milliards d’euros soit 78% du PIB. Pour l’instant, le solde entre les biens détenus par la sphère publique et ce passif reste positif de 417 milliards. Notamment parce que l’Etat, la Sécu et les collectivités ont un patrimoine immobilier gigantesque, de 1 245 milliards d’euros. »
Fabien Piliu dans « La Tribune » du 30 juin 2010 en page 6 :
Article intitulé : Le tout petit moral des Français fragilise les espoirs de reprise.
« La confiance des ménages a reculé en juin pour le sixième mois consécutif. Cigales ils étaient, fourmis ils deviennent. Les performances des Bleus en Afrique du Sud n'auront rien arrangé... « Cette crainte est liée au débat sur la rigueur, débat qui couvre d'ailleurs celui des retraites. A ce titre, cette baisse de moral confirme que le débat a été globalement mal posé », estime Nicolas Bouzou chez Asteres. L'idée selon laquelle il faut choisir entre croissance et rigueur serait particulièrement anxiogène pour les ménages, selon l'économiste.
Ce n'est malheureusement pas tout. Alors que la montée du taux de chômage semble terminée, que les destructions et les créations de postes dans le secteur marchand s'équilibrent à peu près, les ménages craignent toujours de perdre leur emploi. Résultat, ils devraient restreindre leur consommation et s'attacher à gonfler encore un peu plus leur épargne de précaution. Pour mémoire, l'encours d'assurance-vie en France a bondi de 10% en 2010 pour s'établir à 1.234 milliards d'euros ! Une mauvaise nouvelle pour la croissance. « Pour 2010, il faudra donc tirer une croix sur une contribution digne de ce nom de la consommation à la croissance. C'est dommage, puisque cette composante a assuré à elle seule entre 50 % et 100 % de l'expansion économique de la France depuis près d'une décennie », regrette Alexander Law chez Xerfi. »
Commentaire : Souvenez-vous de ce qui est expliqué en conférence.
Quand les Mairies vont-elles expliquer l’économie et la finance à leurs administrés pour qu’ils comprennent que tout dépend d’eux et de leur consommation ?
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 28 juin 2010 en page 28 :
Article intitulé : La rigueur des finances publiques n’est pas l’ennemie de la croissance
« Les ministres n’expliquent pas, ou peu, la dynamique positive que pourrait enclencher la maîtrise des comptes. Christine Lagarde le dit fugitivement dans ses interviews : « La réforme des retraites aura un effet considérable sur les finances publiques : -0,5% (du PIB) sur le déficit dès 2013 et + 0,3% par an sur la croissance. ». Bercy mise sur une baisse du taux d’épargne des ménages pour justifier sa prévision de croissance de 2,5% à partir de 2011. Les réductions de dépenses publiques plutôt que de relever les impôts. »
Henri de Bodinat, président de Time Equity Partners, dans « Les Echos » du 22 juin 2010 en page 17 :
Article intitulé : Pour un protectionnisme intelligent..
« Les gouvernements occidentaux ont tenté désespérément de surmonter la récession de 2009 en utilisant simultanément l'arme du déficit (Keynes) et celle de la création monétaire (Friedman). Les déficits ont été stupéfiants, montant jusqu'à 8-10 % du PNB en Grèce, en Espagne, en Angleterre et en France. La création monétaire a roulé à tombeau ouvert, les banques centrales prêtant de façon quasi illimitée à des taux voisins de zéro.
Cet effort monumental a peut-être évité la récession, mais la croissance reste en panne. Avec une conséquence dramatique : l'endettement colossal résultant des déficits ne pouvant se résorber par la croissance, il ne peut l'être que par la réduction des dépenses publiques et la hausse des impôts. Cette rigueur, en étouffant une croissance déjà molle, pourrait déclencher un cercle vicieux dramatique dont la perspective panique les Bourses depuis quelques semaines.
L'erreur des Etats est d'avoir oublié, dans leur frénétique fuite en avant, deux nouveautés qui font patiner les politiques budgétaires et monétaires : la globalisation de l'économie mondiale et la stratégie des multinationales.
La mondialisation, permise par un libre-échange exacerbé et la baisse des coûts de transport et d'information, met en concurrence tous les pays du monde pour la production de biens ou de services. Elle a été instrumentalisée par certains pays comme la Chine pour se doter d'un avantage absolu et d'excédents commerciaux structurels. Depuis dix ans, pour 1 euro vendu à la Chine, nous lui achetons 3 euros. La Chine a ainsi aspiré notre industrie et nos versements sans rien donner en échange. La croissance chinoise cannibalise d'autant plus la nôtre qu'elle a pour effet secondaire de faire grimper au ciel le prix des matières premières, facteur aggravant de stagnation.
Résultat : quand nous injectons des revenus ou des liquidités en Europe ou aux Etats-Unis, nous créons de la croissance et des emplois… en Asie, et spécialement en Chine. Keynes et Friedman ont toujours raison, mais au niveau mondial. Les déficits budgétaires et le laxisme monétaire des uns créent des emplois chez les autres… L'Occident est devenu le dindon de la mondialisation. »
Marc Landré dans « Le Figaro » du 22 juin 2010 en page 21 :
Article intitulé : Le nombre de bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active semble enfin décoller.
« Le nombre de bénéficiaire est reparti à la hausse en avril, à 1,777 million de foyers allocataires, soit une progression de 1,06%. En 11 mois, le nombre de bénéficiaire a augmenté de 51,5% même s’il reste éloigné de l’objectif à l’origine affiché par Martin Hirsch : un tiers de la « population cible » en bénéficie réellement aujourd’hui. « Beaucoup de personnes ont tardé à demander le RSA activité parce qu’elles ne savaient pas qu’elles y avaient droit, parce qu’elles ne voulaient pas se sentir stigmatisées» explique Marc-Philippe Daubresse. »
Natacha Polony dans « Le Figaro » du 14 juin 2010 en page 8 :
Article intitulé : La commission Attali s’inquiète des retards en mathématiques.
" Une étude de la Direction de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’Education nationale a comparé des élèves de CM2 à vingt ans de distance, promotion 1987 et promotion 2007 : le score moyen en mathématique a baissé de sorte que 80% des élèves de 2007 ont un score inférieur au score de l’élève moyen de 1987 ; ils sont 32% à se situer au niveau dès 10% les plus mauvais de 1987, et seulement 4% à atteindre le niveau des 10% les meilleurs de 1987. « Aujourd’hui, un élève qui n’a pas mention bien à son bac S n’a pas un niveau correct en mathématique. »"
Gérard Dussillol, responsable du groupe de réflexion finances de l’Institut Thomas More, dans « La Tribune » du 9 juin 2010 en page 12 :
Article intitulé : Finances publiques : vous avez dit mesures « justes » ?
« Sans voir que la solution vraiment « juste » est ailleurs : le service public français est-il de bien meilleure qualité que son homologue allemand, bien qu'il nous coûte 100 milliards d'euros de plus chaque année ? Est-il « juste » d'avoir encore cinq échelons administratifs contre trois en Allemagne, avec tout ce que cela coûte en élus, emplois, frais de fonctionnement, clientélisme, bâtiments et en temps perdu ? Qu'est-ce que cela apporte réellement aux Français ? Est-il « juste » que les salariés de certaines entreprises publiques partent en retraite à 55 voire 53 ans ? Est-il « juste » que les taux de retraite des fonctionnaires soient très supérieurs à ceux du privé ? Tout le monde sait bien tout cela, à commencer par les jeunes qui à 60 % veulent devenir fonctionnaires. Mais on continue à ne pas se poser de questions et à croire que moins de services publics, c'est forcément de moins bons services. Le résultat est, que en France, le travail est surfiscalisé par rapport à l'Allemagne : pour 100 de salaire net avant impôt sur le revenu, un salarié français coûte 20 % plus cher à son entreprise qu'en Allemagne - de là, perte de compétitivité, pertes d'emplois, donc nécessité de lever plus d'impôts pour financer la protection sociale, etc.
Depuis trente ans, le secteur privé a fait des efforts d'adaptation et de productivité colossaux. Peut-on en dire autant de la fonction publique ? L'Allemagne qui, sous un gouvernement de gauche, a déjà fait sa réforme, admet de plus en plus mal que nous continuions à donner des leçons à tout le monde, dans une situation économique et sociale que personne ne nous envie. Alors ce qui serait vraiment « juste », ne serait-ce pas que la fonction publique comprenne qu'elle a été largement surprotégée depuis trente ans et que c'est maintenant son tour d'assumer les efforts nécessaires ? Qu'on y réfléchisse : peu de pays ont encore de tels gisements de productivité. Les exploiter, c'est s'ouvrir la voie à une baisse sensible de nos déficits, réduire le coût du travail, tout en stimulant notre compétitivité et notre croissance. C'est enfin restaurer notre crédibilité, raffermir nos liens avec l'Allemagne, et nous permettre de peser ensemble sur la nécessaire réforme européenne et les énormes chantiers en cours concernant la reconstruction d'un ordre monétaire et financier. Cette crise est l'opportunité d'un électrochoc, ne la laissons pas passer ! Et peut-être un jour dirons-nous merci à la Grèce et à madame Merkel. »
Louis Chauvel, sociologue, professeur à Science Po dans "Le Monde" du 27 mai 2010 en page 18 :
Article intitulé : Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse.
"Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l'avenir de "notre retraite". Peu importe l'horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d'argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens. La discipline gouvernementale à droite et le bon sens politique à gauche font taire ces voix isolées qui tendent à rappeler, brisant ainsi un tabou, que les jeunes seniors auraient les moyens de contribuer à notre avenir, eux qui ont plus que profité du passé des "trente glorieuses" dans leur jeunesse et qui, souvent, leur a mis le pied à l'étrier. La réalité est que jamais le taux de pauvreté des seniors n'a été aussi bas par rapport à une jeunesse paupérisée. Jamais leur revenu moyen n'a dépassé si nettement celui des générations de travailleurs, jamais leur patrimoine net moyen accumulé n'a été aussi élevé, comparé à celui des nouvelles générations. Jamais le taux de propriété ne les a mieux protégés de la crise du logement vécue par les jeunes. Jamais ils ne sont partis plus longtemps en vacances, aussi, alors que, depuis 1979, cette pratique a régressé chez les adultes d'âge actif. Les jeunes seniors de 2020 seront la variable d'ajustement des problèmes de retraite, comme les jeunes chômeurs et précaires sont celle du monde du travail. Ni les uns ni les autres, par pragmatisme électoraliste sans doute, n'ont intérêt à heurter les sensibilités d'une population de retraités qui n'ont jamais été aussi actifs politiquement. Mais l'injustice suscite l'injustice, avec l'émergence de générations doublement sacrifiées, dans leur jeunesse d'abord, puis dans leur séniorité ensuite. C'est écrit, pour 2025. »
Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » du 25 mai 2010 en page 27 :
Article intitulé : L’Etat français finance plus des deux tiers de sa dette à l’étranger.
« En pleine crise de la dette souveraine, l’Etat français n’a jamais trouvé de l’argent aussi bon marché. « Et pourtant, les finances publiques de la France sont en réalité plus proches de celles de la Grèce que de l’Allemagne » note The Economiste de ce week-end. La crise des finances publiques en Europe, et notamment en France, apparaît pour le vieux continent comme la réplique de la crise des crédits subprime Outre-Atlantique. L’une et l’autre font intervenir les mêmes ingrédients et les mêmes acteurs, à savoir les délocalisations industrielles, la paupérisation des salariés qui en sont victimes et la morphine du crédit – privé aux Etats-Unis, public en Europe – qui permet d’en atténuer la douleur. Les salaires industriels sont en moyenne de 36 000 euros par an et les revenus de services à la personne de 25 000 euros en France. Les premiers ont disparu en grand nombre et on a essayé de les remplacer par les seconds à coup de subventions publiques. Dans le grand jeu de la mondialisation, les Français ont laissé partir leurs usines et continué de vivre à crédit, avec l’argent des Chinois dix fois moins riches qu’eux. Ce qui s’appelle « vendre son droit d’ainesse pour un pat de lentille. » »
Ghislain De Montalembert dans « Le figaro Magazine » du 10 avril 2010 en page 22 :
Article intitulé : Une fondation au secours du capitalisme.
« Pour 71% des Français, le capitalisme est perçu comme « négatif ». Et 55% pensent que « le marché n’est pas une bonne chose pour eux », tandis que 73% estiment que le système économique actuel bloque l’ascenseur social. Enquête Opinion Way. »
François Bazin dans "Le Nouvel Observateur" du 8 avril 2010 en page 46 :
Article intitulé : La république est en danger !
« Résultats d’un sondage à l’Assemblée Nationale. 55% des gens se sentent de « moins en moins libres » contre 13% « de plus en plus libre ». 67% pensent qu’il y a « de plus en plus d’inégalité » contre 6% « de plus en plus d’égalité ». 60% pensent qu’il y a « de moins en moins de fraternité » contre 8% « de plus en plus de fraternité ». »
Claire Guélaud dans "Le Monde" du 3 avril 2010 en page 10 :
Article intitulé : Depuis 2004, les inégalités se creusent au profit des plus hauts revenus.
" Le nombre des riches a explosé en France de 2004 à 2007, et cette très forte augmentation est allée de pair avec une explosion de leurs revenus. Il confirme ainsi le diagnostic d'une explosion des hauts revenus en France, posé dès l'été 2007 par Camille Landais, à l'époque chercheur à l'école d'économie de Paris. Mais contrairement à cet économiste, qui date à 1998 le début de ce phénomène, l'Insee fait de 2004 une année charnière. "Alors que les revenus d'activité n'ont progressé que de 11 % entre 2004 % et 2007 %, les revenus du patrimoine et les revenus exceptionnels ont connu des progressions beaucoup fortes", de 46 % et de 55 % respectivement, explique l'étude. Cette évolution est d'autant plus frappante qu'elle va de pair avec une stabilité des inégalités de niveau de vie pour 90 % de la population. Le niveau de vie rapporte le revenu disponible d'un ménage – la somme des revenus dont il dispose après paiement des impôts directs – au nombre d'unités de consommation, qui le composent. C'est par le haut que les inégalités se creusent depuis 2004, à travers l'augmentation des niveaux de vie des 5 % les plus aisés, tandis que la proportion de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté (908 euros mensuels) est passée, en un an, de 13,1 % à 13,4 %. Une hausse, non "statistiquement significative", qui porte à 8 millions le nombre de pauvres. La concentration est la règle. Les 10 % les plus riches reçoivent un quart des revenus d'activité déclarés, près des deux tiers des revenus du patrimoine et plus de quatre cinquièmes des revenus exceptionnels, constitués à près de 90 % par des plus-values de valeurs mobilières et à environ 10 % de gains de levée d'option perçus majoritairement par des cadres dirigeants. Au passage, l'Insee note que les revenus des plus riches sont imposés en moyenne à 20 % alors qu'"en appliquant le barème progressif de l'impôt sur le revenu" et les abattements, ils devraient l'être à 36 %. Les niches fiscales leur profitent."
Alain Barluet dans « Le Figaro » du 24 mars 2010 en page 1 :
Article intitulé : Lady Ashton renvoyée en cours de français par Pierre Lellouche.
« Dernière en date des critiques essuyées par lady Ashton, celle de ne pas maîtriser le français. C’est Pierre Lellouche qui lui a vertement conseillé de faire un séjour linguistique en France ! Ce patriotisme linguistique confortera l’image d’un pays arrogant et donneur de leçons, après celles administrées à l’Allemagne par Christine Lagarde. Ne devrait-on pas balayer d’abord devant notre porte quand tant de nos responsables bredouillent à peine l’anglais ? »
Adrien de Tricornot dans « Le Monde » du 24 mars 2010 en page 5 :
Article intitulé : Le coût du travail est plus élevé au Royaume-Uni ou en Allemagne qu’en France.
« Le coût du travail est fréquemment désigné comme un handicap pour le développement de l'emploi industriel en France. Est-ce aussi votre point de vue ? La hausse - plus importante depuis 2000 - du coût du travail français par rapport au coût du travail allemand est systématiquement mise en avant. Mais en réalité, le coût du travail français reste inférieur à celui du travail allemand. En effet, si, en France, les cotisations patronales versées pour une heure de travail sont supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne, le salaire y est inférieur. Au total, le coût d'une heure de travail est donc plus bas en France qu'en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et bien entendu au Danemark, en Suède ou au Luxembourg. Par ailleurs, il ne faut pas limiter la question de la désindustrialisation à celle du coût du travail. La compétitivité passe aussi par l'innovation et le service, qui sont autant d'éléments permettant de rester compétitif sans forcément réduire les avancées sociales. C'est la "compétitivité par le haut". »
Grégoire Allix dans « Le Monde » du 19 mars 2010 en page 5 :
Article intitulé : La France veut interdire l’urbanisation en zone inondable.
« Les constructions en zone inondable, c'est terminé. En visite en Charente-Maritime et en Vendée, mercredi 16 mars, Nicolas Sarkozy a prévenu : "Là où il y a risque mortel, personne ne reviendra y habiter." Si ces directives sont appliquées à la lettre, des centaines de maisons devront être détruites : 150 maisons sont déjà jugées inhabitables en Charente-Maritime et 563 autres en Vendée. 46 communes seulement sur les 864 exposées au risque d'inondation par la mer en sont dotées. Une tempête plus tard, les architectes du Grand Paris à l'origine de cette inspiration, Yves Lion et Roland Castro, n'ont, eux, pas changé d'avis. "Nous savons construire en zone inondable, seulement cela demande de l'attention, or notre époque n'a eu de cesse de s'affranchir de toutes les contraintes", analyse M. Lion. Pour lui, "le comble de la catastrophe, c'est d'avoir imposé n'importe où le modèle de la maison de pêcheur vendéenne, de plain-pied, au nom du pittoresque rural, là où un étage ou des pilotis auraient offert aux habitants la sécurité et une vue sur la mer, et non sur la digue". Roland Castro va plus loin. "Il y a en France une pensée obsessionnelle du risque : à chaque nouveau problème, on invente un règlement, on élargit les PPRI, conçus pour permettre aux préfets de dormir tranquilles." C'est en fonction de la qualité des projets que l'on doit délivrer ou non des permis, estime M. Castro, et non "de pointillés sur une carte". "On n'est plus complètement dans l'approche sécuritaire, les documents de l'Etat intègrent la culture du risque, mais ses services la pratiquent de manière incohérente", estime Helga Scarwell, directrice de l'UFR de géographie et d'aménagement à l'université Lille-I. Cette spécialiste de l'urbanisation en zone inondable souligne que "les permis de construire pour des maisons sur pilotis sont refusés une fois sur deux". Pour la chercheuse, "l'Etat pratique une culture du risque en vase clos : c'est une culture de la négociation entre les élus locaux et les services du préfet, sous la pression du développement économique et démographique. »
Eric Le Boucher dans « Les Echos » du 19 mars 2010 en page 17 :
Article intitulé : Le pays des gens malheureux.
« Ils ont les dépenses sociales les plus élevées du monde, la crise les a, objectivement, moins frappés que les autres, et il n'est question que « d'hésitation entre l'abattement et la colère », de « désillusions », de sentiments de « très grandes difficultés », de « détresse », de « vulnérabilité ». Jean Paul Delevoye, le médiateur de la République, s'alarmait dans les mêmes termes psychologiques dans son rapport remis en février. La société est « en grande tension nerveuse ». Elle est « fatiguée psychiquement ». Pire, elle « se fragmente », elle se disloque au point, note-t-il, que « le chacun pour soi a remplacé le vivre ensemble ». Mais d'où çà vient ? La première explication est élémentaire, elle concerne les sans-travail ou ceux qui ne peuvent, malgré un travail, joindre les deux bouts. Ils sont 15 millions, estime M. Delevoye, à compter chichement pour terminer le mois à 100 euros près. Un Français sur quatre ! C'est énorme. Seuls 20 % des Danois voient dans la mondialisation « une menace pour l'emploi », 38 % des Allemands, 40 % des Italiens et 73 % des Français. Mais d'où ça vient ? Il faut se reporter à Yann Algan et Pierre Cahuc pour avancer dans la compréhension du « mal français ». Les deux économistes avaient décrit « La société de défiance » qu'est la France dans un livre en 2007. 52 % des Français pensent que « de nos jours, on ne peut arriver au sommet sans être corrompu ». « Trouvez-vous injustifiable de réclamer indûment des aides publiques ? » : 89 % des Danois disent « oui, c'est injustifiable », 70 % des Britanniques mais seulement 38 % des Français, bons derniers. Profitez du système ! puisque les autres le font. Du coup, seuls 25 % des Français « font confiance aux autres ». Rappelons que nous sommes le pays qui donne des leçons de « solidarité »… Avant Vichy les Français étaient dans la moyenne européenne, ils faisaient confiance. C'est après qu'ils décrochent. Est-ce la défaite ? La collaboration ? Probablement. Mais aussi la suite. Selon Algan et Cahuc, c'est la forme de notre modèle social, étatiste et corporatiste, construit à la Libération qui est à l'origine profonde du mal français. « Le corporatisme, qui octroie des droits sociaux associés au statut et à la profession de chacun, segmente et opacifie les relations sociales. » « L'étatisme qui réglemente l'ensemble des domaines vide le dialogue social, entrave la concurrence et favorise la corruption. » La France des statuts n'accepte pas le traitement égal de tous. Sortir de la défiance devrait être la ligne de « réformes profondes du modèle social » pour assurer les mêmes droits pour tous. Le bonheur commence quand on cesse d'envier, grincheux, l'herbe de ses voisins. »
Alfred Grosser dans « La Croix » du 23 décembre 2009 page 26 :
« Il y a peut-être pire. Regardez la « clientèle » sans cesse accrue du Secours catholique ou des Restos du cœur ou considérez ce que signifie le nombre de six millions de Français vivant au-dessous du niveau de pauvreté. »
Monsieur Alexis Brézet dans « Le Figaro » du 12 septembre 2009 :
« Il y a le trou effrayant, de la sécurité sociale : 10 milliards d’euros en 2008, 20 milliards en 2009, 30 milliards en 2010 ! Il y a le gouffre, vertigineux, du déficit budgétaire : 130 milliards de déficit attendus en 2009, pour 240 milliards de recettes ! Le précipice abyssal, de la dette publique : 1400 milliards d’euros début 209, 73 % du PIB, bientôt 80 %. La sécurité sociale est en déficit structurel depuis quinze ans. Le seul intérêt de la dette actuelle ponctionne chaque année 3 % du PIB. Il faudrait au bas mot une croissance de 5 % pour remettre à flot nos comptes publics. Quand faudra-t-il poser la question des arrêts maladie abusifs ou celle de la gratuité des hôpitaux pour les étrangers ? Et quand faudra-t-il dire aux fonctionnaires qu’en ces temps d’inflation nulle, leur rémunération ne saurait augmenter chaque année de 3 % ? Aux entreprises, que les exonérations de charges consenties en échange des 35 h n’ont plus raison d’être ? Ou aux ménages, qu’un certain nombre de niches fiscales dont ils font leur miel ne peuvent plus être financées ? »
Jacques Delpla dans « Les Echos » du 15 juillet 2009 :
« Que faire ? Avec une dette à 90 % du PIB, il faut un déficit public de 3,6 % du PIB pour seulement stabiliser la dette à ce niveau ; et un déficit de 1,6 % pour ramener la dette à 60 % du PIB en quinze ans. »
Nouvel Observateur 24/07/09 : Parents solos 1,8 million en France, un cinquième des foyers avec enfants, deux fois et demi de plus que fin des années 1960. 46 % vive,t au-dessous du seuil de pauvreté, un tiers gagnent moins de 1000 €/mois, près de la moitié travaille à temps partiel, 38 % habitent un HLM, un tiers touche les minima sociaux, un cinquième occupe un logement trop petit.
38 % d’enfants pauvres, 46 % en dessous du seuil de pauvreté, 2,9 millions d’enfants de moins de 25 ans concernés. »
Le Monde 5 juillet 2009 : 42 % des jeunes travailleurs de moins de 30 ans reçoivent une aide de leurs parents.
Figaro 2/07/09 : Dépenses de carburant et de fioul = 7,55 % du budget d’un ménage en milieu rural.
Figaro du 6 mai 2009 : selon l’insee, un ménage sur deux dispose d’un revenu inférieur à 2260 euros par mois.
7 900 000 de personnes pauvres (880 euros par mois) soit 13 % de la population.
Figaro du 17 mars 2009 : valeur estimée de la France 12 513 milliards (INSEE).