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Christèle Fradin dans « La Tribune » daté du 30 juillet 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les régulateurs prônent davantage de transparence sur les marchés.
" Les banques ont lancé leur propre moteur de confrontation des ordres, en dehors de tout statut prévu par la directive. Cela parfois en toute transparence des intérêts à l'achat et à la vente, mais parfois en toute opacité. MIF a prévu des obligations en matière de transparence pour compenser les effets de cette concurrence nouvelle. La directive a aussi prévu des exemptions, notamment pour éviter à des gérants institutionnels d'avoir à subir un impact de marché provoqué par un ordre important. Mais elles sont aussi utilisées pour de petits ordres ! »
R.R dans « Les Echos » du 28 juillet 2010 en page 24 :
Article intitulé : Bâle 3 : les marchés saluent un assouplissement des règles.
« En décembre, deux ratios étaient à l’étude pour mesurer la résistance des banques en cas de retraits massifs d’argent, l’un pendant trente jours, l’autre pendant un an. Ils sont tous les deux maintenus mais leur calibrage a été nettement modifié. Les hypothèses de fuite des dépôts sont moins dures et les actifs éligibles au calcul du ratio de liquidité ont été élargis. Il ne devrait pas en outre être appliqué avant 2018. »
Commentaire : Ne pas, ou peu, tenir compte de la possibilité du franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses qui verrait une demande massive de retraits du jour au lendemain est totalement aberrant. La dernière crise est-elle déjà oubliée ! On le dirait. Place aux négociations dont les « Gogols » sont les épargnants. Pour rappel, la dernière crise n’a pas été une crise boursière, il n’y a pas eu d’augmentation significative des volumes. Elle n’a été qu’une crise du système de cotation qui est obsolète. Mais demain quand les investisseurs décideront de vendre en même temps par lassitude ? Comment l’Etat fera-t-il face ?
Virginie Robert dans « Les Echos » du 20 mai 2010 en page 33 :
Article : Krach-éclair à Wall Street : des coupe-circuits sont testés.
« Le « flash crash » (krach-éclair) du 6 mai dernier, ces quelques minutes pendant lesquelles Wall Street a plongé et effacé jusqu’à près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. La SEC propose d’instaurer de nouveaux coupe-circuits, qui se superposeraient à ceux existants. Les transactions sur un titre intégré à l’indice S&P 500 seraient arrêtées pour cinq minutes si celui-ci faisait l’objet d’un changement de prix supérieur à 10% lors des cinq minutes précédentes. « Je pense que l’instauration de coupe-circuits pour des titres individuels à travers toutes les places de marché limitera la volatilité. Cela va aussi accroître la transparence du marché et améliorer la protection des investisseurs », a souligné Mary Shapiro de la SEC. Le rapport de la SEC – qui écarte pour l’instant toute preuve d’erreur humaine, de piratage informatique ou d’activité terroriste – s’oriente vers un manque de liquidités sur le marché. »
Martin Wolf dans « Le Monde » du 27 avril 2010 en page 2 :
Article intitulé : Dire aux banquiers qu’il faut cesser de prendre des risques inconsidérés ne suffit pas. On doit faire en sorte qu’ils en aient peur. Stopper la machine infernale.
« Plus nous prenons conscience des risques que fait courir à l’économie mondiale le fonctionnement de notre système financier, plus il apparaît évident que le radicalisme est l’option la plus sûre pour mener à bien une réforme de son fonctionnement. L’aspect le plus dangereux réside dans l’obligation faite aux autorités de laisser gonfler une nouvelle série de bulles de crédit afin d’enrayer l’impact dévastateur de l’implosion des précédentes. Engorgés comme il l’est, l’actuel système financier génère-t-il des gains qui justifient ces coûts pour l’économie réelle ? S’ils sont des serviteurs précieux de l’économie, les systèmes financiers font de biens piètres maîtres. Même l’argument souvent avancé selon lequel une plus grande liquidité du marché est préférable à une moindre liquidité n’est pas irréfutable, car cette liquidité exacerbe la « négligence rationnelle ». »
Noël Amenc, professeur de finance et directeur de l’Edhec-Risk Institute, propos recueillis par Thierry Serrouya, dans « La Tribune » du 19 avril 2010 en page 26 :
Article intitulé : Le marché secondaire des fonds fermés doit s’organiser.
« La crise a mis en lumière des différences entre la liquidité des fonds et celle des sous-jacents qui les composent, notamment pour des produits investis dans des stratégies ou classes d’actifs peu liquide. Avec comme conséquence, la difficulté d’une bonne gestion de l’actif et du passif que les fonds ouverts sont censés proposer. Il semble important de rappeler qu’une des règles de base de la gestion des risques d’un organisme de placement collectif (OPC) est constituée par la bonne adéquation entre sa stratégie d’allocation d’actifs et son passif, notamment en matière de durée de détention ou plus généralement de liquidité. Il est clair qu’en considérant qu’une meilleure protection des épargnants européens passait nécessairement par des fonds ouverts dont on renforçait les règles et l’exigence de liquidité, les régulateurs et la Commission européenne ont une lourde responsabilité dans la crise de liquidité de nombreux produits financiers. »
Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 22 mars 2010 en page 12 :
Article intitulé : Quand Alan Greenspan redécouvre les vertus de l’Etat.
« Durant son mandat, M. Greenspan jugeait que les marchés financiers "s'autorégulaient" bien mieux que ne le ferait n'importe quelle intervention publique. L'ex-maître à penser est peu enclin à assumer sa part...Pourtant, M. Greenspan, 84 ans, suggère qu'il est du rôle de l'Etat de maintenir la taille des établissements financiers dans des dimensions permettant d'éviter les "vastes et inhabituels risques systémiques" que constituerait leur manque soudain de liquidités. Il souhaite aussi que l'Etat puisse démanteler des établissements devenus "trop gros pour échouer" qui mettent en péril le système. Pour autant, "tant que la société ne choisit pas d'abandonner les marchés dynamiques pour une forme quelconque de planification centralisée", l'ex-gourou de la finance reste sceptique sur la capacité d'aucune régulation d'enrayer les crises, inhérentes au capitalisme. Mais il estime que, bien menée, elle peut aider les pouvoirs publics à s'y confronter mieux et plus vite. »
Anne Michel, service économie, dans « Le Monde » du 18 mars 2010 en page 2 :
Article intitulé : Les Etats en quête de remèdes contre la spéculation.
« Dans un contexte de libéralisation des marchés, il n’est pas possible d’empêcher les mouvements spéculatifs. Ceux-ci sont constitutifs du fonctionnement des marchés, et parfois même utiles. La spéculation n’est pas scandaleuse lorsqu’elle consiste à prendre un pari sur l’avenir, en achetant une action dans l’espoir que son prix augmente. La spéculation devient dangereuse lorsque, sur un marché donné, les transactions s’envolent, déconnectées des flux réels. Ces mouvements exubérants aboutissent à des bulles et à des krachs, qui déstabilisent l’économie réelle. La liquidité est alors totalement artificielle, et peut disparaître du jour au lendemain. Plusieurs pistes devraient être explorées concomitamment, à commencer par l’adoption de règles de marché efficaces. A défaut, la prochaine crise pourrait partir des dérivés, cette boite noire de la finance mondiale.»
Anne Michel dans « Le Monde » du 12 mars 2010 en page 13 :
Article intitulé : Michel Pébereau : « Rien ne sera plus comme avant »
« Certains régulateurs ont failli à leur mission. Pour qu’on ait abouti à un risque de crise systémique et une récession mondiale, à partir du simple éclatement d’une bulle immobilière aux Etats-Unis, il faut qu’il y ait eu des responsables qui aient dérapés à plusieurs niveaux. Les défaillances les plus graves se sont produites aux Etats-Unis. Il y a quatre niveaux de responsabilité : la politique monétaire américaine de facilité, source de surendettement, et les déséquilibres structurels des paiements internationaux courants, dont le déficit des Etats-Unis ; l’illusion du tout-marché, entretenue par les normes comptables internationales, qui a conduit à s’imaginer qu’il y avait un marché, donc une liquidité, pour tout actif financier, même le plus baroque ; les imprudences d’établissements financiers qui ont pris des risques mortels de solvabilité ou de liquidité ; enfin, certains régulateurs ont failli à leur mission. Il faut s’assurer que les banques se sont dotées de systèmes adaptés pour maîtriser les risques de liquidité, sans les empêcher de faire leur métier, qui est pour une part de transformer de l’épargne à court terme en crédits plus longs. »
Benjamin Jullien dans « La Tribune » du 22 octobre 2009 :
« Le rapport de Didier Marteau, directeur chez AON et professeur à ESCP Europe, remis à Christine Lagarde propose de créer un régulateur comptable européen qui pourrait suspendre l’application de la valeur de marché lorsque la liquidité fait défaut, pour éviter que des valeurs déprimées ne contaminent le bilan et les résultats des institutions financières. Il ébauche même une démarche pour identifier ces situations en décomposant les primes de liquidité. »
Julien Coulouarn et Saad Benlamine de Natixis dans « Gestion de fortune » d’octobre 2009 en page 92 :
« Un marché liquide permet d’acheter ou de vendre un actif rapidement sans écart de prix important. La liquidité, facteur d’investissement relégué au dernier plan pendant des années de bull market, est redevenue un point central pour toute décision d’investissement. Cette décollecte a ainsi engendré des ventes forcées et amplifié la chute des marchés, parfois bien au-delà des fondamentaux. «
Georges Paugey, Directeur général du Crédit Agricole, dans « Les Echos » du 28 septembre 2009 :
« Le risque systémique était totalement sous-estimé avant la crise financière, comme beaucoup d’autres risques, tels que la liquidité »
André Lévy-Lang, ancien président du directoire du groupe Paribas et professeur associé émérite à Paris Dauphine, dans « Les Echos » du 25 septembre 2009 :
« Il faut plus de transparence dans les risques pris par la finance, et il faut que la rentabilité des activités financières prenne mieux en compte ces risques. Ces règles cachent des enjeux considérables. Leur mise en oeuvre est le vrai test de la capacité des dirigeants politiques à imposer une nouvelle régulation financière à leurs divers lobbies. Réduire le caractère procyclique des règles de capital, et mieux prendre en compte le risque de liquidité »
André Orléan dans « le Monde » du 19 septembre 2009 page 24 :
« Selon la doctrine (du principe concurrentiel en finance), si la concurrence n’a pas produit les bons prix durant la crise, cela ne serait nullement du à ses limites propres mais au fait que les institutions et réglementations censés l’épauler ont failli. La crise ne viendrait donc pas des marchés eux-mêmes, de leur inefficience intrinsèque, mais de l’extérieur des marchés : des produits opaques, des investissements cupides, des traders avides de bonus, des régulateurs aveugles, des agences de notation paralysées par les conflits d’intérêts, des normes comptables pro-cycliques en auraient perverti le fonctionnement. » ; « Il s’agit de comprendre que la concurrence financière ne produit pas ce qu’elle produit classiquement sur les marchés de marchandises ordinaires, à savoir une autorégulation réussie. C’est un point théorique fondamental. Sur un marché standard l’augmentation du prix produit automatiquement des contre-forces qui font obstacles à la dérive des prix. C’est la fameuse loi de l’offre et de la demande : quand le prix augmente, la demande baisse et l’offre augmente, toutes choses qui font pression à la baisse sur le prix et sont à la racine de l’auto-régulation concurrentielle. Sur le marché des actifs, il en va tout autrement. L’augmentation du prix peut produire une augmentation de la demande ! Il en est ainsi parce que l’augmentation du prix d’un actif engendre un accroissement de son rendement sous forme de plus-value, ce qui le rend plus attractif auprès des investisseurs. Une fois enclenché, ce processus produit de forts désordres puisque, la hausse se nourrissant de la hausse, il s’ensuit une augmentation vertigineuse des prix, ce que l’on appelle une bulle. Or, accroître la transparence ne suffit en rien à enrayer ce processus. Des bulles apparaissent pour des produits parfaitement transparents. La bulle internet nous en fournit une illustration. Aux yeux d’une telle analyse théorique, la régulation financière doit avoir pour objectif stratégique, non pas de promouvoir la transparence, mais de faire en sorte que les instabilités qui sont dans la nature de la finance de marché conservent des tailles maîtrisables sans activer le risque systémique. Pour se faire, il s’agit de s’opposer à leur diffusion. Rappelons que c’est une propagation qui a transformé un accident au départ limité à un segment fort réduit de la finance états-uniénne, les subprimes, en un chaos planétaire, multipliant par mille les pertes encourues. »
Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 :
« Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. Il faut aussi réglementer les agences de notation dont les notes ne sont pas suffisamment transparentes et lisibles. Cela frise parfois la malhonnêteté. »
Monsieur André Orléan (directeur de recherche au CNRS, directeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHSS), membre du laboratoire Paris-Jourdan Sciences économiques) écrit dans la revue « L’économie Politique » n°43 de juillet 2009 :
« C’est l’incapacité des marchés financiers à produire une estimation correcte de la valeur des actifs qui est la cause essentielle des déséquilibres actuels », « il faut revenir sur la primauté absolue accordée à la liquidité financière ».
Comme l’explique Monsieur Paul-Henri de la Porte du Theil, Président de l’AFG dans Le Monde du 18 mai 2009
« Dans la gestion, nous avons focalisé sur le couple rendement-risque en oubliant la liquidité qui semblait aller de soi. L’effet de ciseau entre un passif qui décollecte et un actif illiquide peut être très douloureux ».
Il faut reconnaître à Monsieur Paul-Henri de la Porte du Theil, un grand sens du service de l’état pour assumer une situation qui ne lui est due en rien.
Madame Pauline Hyme et Monsieur David Bourguelle, chercheurs en finance à l’Institut d’administration des entreprises de l’université de Lille, dans « Les Echos » du 29 07 09 :
« La reconnaissance des failles de la liquidité amène in fine à un tout autre remède que celui de la nécessaire transparence des marchés financiers. Leur utilité sociale ne peut aller de pair avec une liquidité boursière pléthorique. Une fois considérés les dégâts qu’elle peut provoquer, l’urgence semble bien plutôt d’en restreindre drastiquement son champ d’action »