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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
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- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Karl De Meyer dans « Les Echos » du 31 janvier 2012
Article intitulé : Terres rares : l’alliance des industriels allemands
« L’industrie allemande, soucieuse de son approvisionnement futur, a annoncé hier, via sa fédération, le BDI, la création d’une entreprise baptisée Alliance pour la sécurisation des matières premières. Les fondateurs sont douze grandes entreprises allemandes, parmi lesquelles des géants de la chimie (BASF, Bayer, Wacker Chemie), de l’automobile (BMW, Daimler), de la sidérurgie (ThyssenKrupp, Stahl-Holding-Saar) ou encore Bosch. Elles ont été conseillées par les cabinets Boston Consulting Group, Egon Zehnder, Hogan Lovells et PricewaterhouseCoopers. Le but de l’initiative est de repérer très en amont les projets d’exploration à l’étude dans le monde, d’y participer, d’évaluer les gisements et éventuellement d’offrir aux entreprises membres des participations à leur exploitation. Il s’agit pour les membres de s’assurer un approvisionnement suffisant en matières premières et notamment en terres rares, ces composants indispensables à l’industrie, notamment high-tech. Les industriels allemands s’estiment en retard par rapport à leurs concurrents chinois, qui ont déjà mis la main sur de nombreux gisements en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud. Selon un sondage publié mi-janvier par la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, la moitié des sociétés interrogées estiment leur approvisionnement en matières premières« critique ». L’initiative s’inscrit dans le plan du gouvernement, qui a fait du sujet une de ses priorités. La chancelière Merkel a signé l’an dernier des contrats avec la Mongolie, qui possède des gisements gigantesques, et la Russie, par exemple. L’Alliance est ouverte à d’autres acteurs, qu’ils soient issus de l’industrie ou de la finance. Elle est dirigée par Dierk Paskert, cinquante ans, qui vient d’E.ON Energie. »
Commentaire : Brillante idée.
Dans « La Tribune » du 21 janvier 2012
Article intitulé : Les prix agricoles baissent, ceux de la consommation... montent
« En 2011, les prix à la consommation ont progressé en moyenne de 2,1 % en France, a annoncé l'Insee jeudi. Le renchérissement des prix de l'alimentaire a été important (+ 2,4 %). Le café a gagné 10,3 %, les huiles et margarines, 5,0 %, les produits à base de sucre, 2,7 %, ceux à base de pain, 2,4 %, le lait et la crème, 3,4 %, etc. Pourtant, pour cette même année, la FAO signale la « forte baisse des cours internationaux des céréales, du sucre et des huiles dues à des récoltes exceptionnelles ». Entre janvier 2011 et janvier 2012, les prix du blé ont diminué de 22 %, ceux du sucre roux à New York ont perdu 30 %, rappelle Agritel, cabinet de conseil en gestion du risque prix pour le secteur agro-industriel. Baisse des matières premières et hausse des prix dans les rayons : cette contradiction a le don d'agacer le consommateur, qui y voit la propension de l'industrie et des distributeurs à s'octroyer de confortables marges. La baisse des prix en 2011 n'est qu'un tableau d'ensemble. « Les marchés ont grimpé entre janvier et juin puis sont redescendus tout aussi violemment à partir de l'été, souligne Michel Portier, gérant d'Agritel. En raison du délai de répercussion au consommateur ? il faut trois mois pour faire un poulet, dix-huit pour un steak ?, la baisse des cours du second semestre 2011 ne se transmettra aux prix aux consommateurs qu'au premier semestre 2012. Par ailleurs « le facteur dominant de la hausse de l'alimentation est la hausse de l'énergie, rappelle Michel Portier. Le prix du blé ne représente que 5 % à 6 % du prix de la baguette. L'électricité et le fioul pèsent financièrement dans la fabrication et, plus indirectement, la hausse du pétrole est une source d'inflation que l'ensemble des acteurs économiques répercutent sur les prix. »
Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 13 janvier 2012
Article intitulé : Maïs, blé, soja : de nouvelles surprises sur les stocks font tanguer les cours
« L’Usda publiait hier son rapport mensuel d’offre et de demande estimées des principaux pays du monde pour la fin de campagne, et son rapport trimestriel sur l’état des stocks américains réels, cette fois-ci au 1er décembre. Or il n’a pas révisé à la baisse le niveau des stocks de maïs comme les marchés s’y attendaient. Il a, au contraire, relevé les disponibilités mondiales estimées au 30 septembre de 1 million de tonnes, à 128,1 millions, et revu à la hausse le niveau des stocks américains réels à 244,9 millions, alors que le consensus de marché tablait sur des niveaux de 238,5 millions. L’abondance des stocks a pesé sur les cours. Les prix du contrat de blé ont baissé de plus de 6 % à l’ouverture des marchés de Chicago, à 6,47 dollars le boisseau. Sur le soja, les changements ont également été importants ce mois-ci. L’offre augmente, la demande diminue. Dans le même sens, le stock trimestriel américain ressort à 64,5 millions de tonnes contre 63,2 millions attendus. Les prix étaient en baisse, suivant les tendances de céréales mais dans des proportions moindres. »
Emmanuelle Réju dans « La Croix » du 3 janvier 2012
Article intitulé : La maison du futur sera pleine d’énergie
« A l’avenir, les maisons produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront. Les chercheurs du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ont mis au point un système prometteur de stockage de l’énergie photovoltaïque. Chauffer une maison de 100 m2 avec une petite résistance de 1kW ? « Désormais, on sait faire », assure Olivier Fléchon, chercheur au CEA. A l’avenir, ou peut même imaginer que les bâtiments produiront l’électricité nécessaire …aux automobiles. » »
Pierre Cochez dans « La Croix » du 2 janvier 2012
Article intitulé : Pourquoi le prix du bail de brut ne naisse-t-il pas ?
« La géopolitique n’explique pas toute la hausse à la pompe. L’association UFC-Que choisir a dénoncé une envolée de 30% en sept ans des marges brutes des stations-service.»
François Luguenot, responsable des marchés chez Union InVivo, dans « Les Echos » du 22 décembre 2011
Article intitulé : L’agriculture, un bien commun de l'humanité
« Au IVe siècle, Libanios, qui enseignait la rhétorique en Grèce, écrivait :« Dieu n’a pas accordé toutes choses à toutes les parties de la terre, mais il a distribué ses dons à différents pays, afin que les hommes, ayant besoin les uns des autres, entretinssent société ensemble. Ainsi, a-t-il suscité le négoce comme un moyen facile à tout le monde de jouir en commun de toutes choses, en quelque endroit de la terre qu’elles naissent. » L’Amérique et l’Europe sont dotées à la fois de terres de grande qualité et d’une pluviométrie régulière et abondante que des hommes savants ont su mettre en valeur afin de produire bien et beaucoup. L’Asie, à force de travail, de volontarisme politique, réussit pour l’heure à couvrir ses besoins. En revanche, le bassin méditerranéen, où le blé a été originellement isolé et sélectionné, ne dispose aujourd’hui ni des terres ni de l’eau qui lui permettent de subvenir à ses besoins alimentaires. La croissance démographique et le réchauffement climatique vont amplifier ces déséquilibres. Au reste, l’irrégularité interannuelle du rendement mondial moyen des céréales est statistiquement inférieure à celle de chaque zone prise isolément : les déceptions, voire les catastrophes, ici sont compensées par de bons résultats ailleurs. Le commerce agricole consiste à transférer des quantités de régions favorisées vers celles qui le sont moins. Quel choix a-t-elle sinon de produire davantage pour mieux répondre à l’attente de ses clients européens ainsi que pour contribuer à la sécurité alimentaire de la Méditerranée ? Quel choix a-t-elle sinon d’adopter des procédés respectueux de l’environnement afin de mieux assurer l’avenir ? Pourtant, il serait naïf et irresponsable de ne mobiliser que nos forces domestiques en omettant de contribuer au développement de la grande Afrique. Il s’agit de favoriser un développement et non d’imposer un modèle. Dans de nombreux pays, la population agricole reste l’épine dorsale de la cohésion sociale ; sa désagrégation due à l’impossibilité de vivre de son travail cause des dommages tragiques. L’agriculture est donc bien autre chose qu’un terrain de jeux pour opérateurs sans scrupules. Que les variations de prix constituent un précieux indicateur des tensions qu’il convient de gérer, nul n’en disconvient. Mais que des événements imprévisibles soient un tremplin pour quelques opérateurs qui n’y voient qu’une source de gains brutaux, voilà qui ne peut que scandaliser les populations des pays développés et riches comme celles des trop nombreuses régions du monde où s’alimenter est la préoccupation principale de chaque jour qui se lève. Les outils tels que les marchés à terme sont certes des éléments essentiels de la gestion du risque par tous les acteurs des filières agricoles. Mais le commerce des produits alimentaires contient une dimension éthique qui interdit qu’ils soient considérés comme une classe d’actifs financiers parmi tant d’autres. François Luguenot est responsable de l’analyse des marchéschez Union InVivo. »
Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 16 novembre 2011
Article intitulé : Coup d’arrêt brutal à l’envolée du prix des terres rares
« Les cours des différents éléments composant ce groupe de 17 métaux, essentiellement le cérium et le lanthane et très utilisés dans les hautes technologies, auraient reculé en moyenne de plus de 20 % depuis leur plus haut de juillet. « D’une manière incompréhensible, sur un marché où les acteurs sont très peu nombreux, des spéculateurs ont réussi à stocker des terres rares. Quand les marchés se sont effondrés, ils ont vendu ce qu’ils avaient accumulé pour prendre leur profit. En face, la demande n’était pas suffisante pour éviter le choc », explique Dominique Casaï, fondateur d’Uram. Pour ce gérant d’UR Beyond Carbon Metals, cette baisse est salutaire. Cela dit, les prix, malgré cette baisse, restent encore élevés – ils sont 650 % plus haut que durant le troisième trimestre 2010 –, et les spécialistes sont convaincus qu’à long terme, ils vont le rester. La Chine a beaucoup œuvré pour que la baisse des cours soit limitée. »
Brice Pedroletti dans « Le Monde » du 22 octobre 2011
Article intitulé : « Un froid si terrible " sur la société chinoise
« Une petite fille en pantalon rouge se dandine sur une portion d'allée couverte. En quelques secondes, c'est le drame. Une camionnette la renverse et passe sur son corps avec sa roue avant droite. Le chauffeur s'arrête un instant. Puis repart, écrasant une nouvelle fois la fillette avec sa roue arrière. Un passant déambule sans prêter attention à Yueyue qui gît à terre. Survient un homme à Mobylette qui contourne l'enfant. Une troisième personne jette un regard sans s'arrêter. Puis une deuxième camionnette apparaît. Elle roule sur les jambes de l'enfant - essieu avant, essieu arrière. Défileront devant l'enfant blessée un cycliste encapuchonné et dégoulinant de pluie, à la monture chargée de longues tiges. Un triporteur pressé dont la benne est remplie de cartons vides. Une dame trottinant avec sa fillette. Un motocycliste qui s'arrête, perplexe, et se retourne même vers Yueyue. Ainsi de suite jusqu'à la... dix-neuvième personne. Une petite dame sèche comme un coup de trique. Elle s'appelle Chen Xianmei et sera ensuite fêtée par les médias et couverte de récompenses. Mais, pour l'instant, ce n'est qu'une récupératrice de métaux qui arpente les allées du marché en quête d'un bout de ferraille. Quand elle voit la petite fille par terre, elle pose son baluchon et prend le corps mou comme une chiffe, le déplace sur le côté. Appelle à l'aide. La mère accourt, soulève sa fillette inanimée. La vidéo, capturée par une caméra de sécurité, a fait le tour des télés chinoises depuis mardi, et gagné les réseaux en ligne du monde entier. Vendredi 21 octobre, Yueyue est morte des suites de ses blessures. »
Commentaire : J’ai choisi de reprendre un extrait de cet écrit car lorsque l’on investit sur les matières premières (produits dérivés spéculatifs), je pense que l’on accepte à la fois la place du chauffeur et celle des personnes qui regardent sans rien dire et faire. Mon propos peut être critiquable, mais je pense qu’il vaut la peine d’y réfléchir. Notre profession ne peut avoir comme exemple que la dix-neuvième personne.
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 14 octobre 2011 « Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète »
Florence Autret dans « La Tribune » du 15 juin 2011 « Il s'échange chaque année à la Bourse de Chicago quarante-six fois la production annuelle mondiale de blé. Ces chiffres condamnent le système ». « Il n'est pas normal que l'on puisse acheter 15 % de la production mondiale de cacao et la revendre ensuite avec une plus-value sans avoir déboursé un centime », a-t-il dit. »
Dans « Boursorama » du 20 février 2011 : « M. Zoellick. La hausse continue des prix des denrées alimentaires, nourrie par la flambée des cours des matières premières agricoles, est une des causes des bouleversements en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La hausse des prix alimentaires a fait tomber entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale. Le seuil de l'extrême pauvreté est défini par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. D'après les dernières estimations en date de la Banque mondiale, 1,2 milliard de personnes dans le monde sont sous ce seuil. »
Dans « Boursorama » du 1er février 2011 : « "La hausse des prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques d'une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer", a déclaré M. Lamy, à l'ouverture d'une conférence de deux jours organisée par l'ONU sur la volatilité des marchés agricoles. » Monsieur Lamy qui déclarait lors de la dernière crise en 2008 :
Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) répondant à une interview dans « Les Echos » du 13 mai 2008 : Question posée : Le monde connaît une grave crise alimentaire. Comprenez-vous que des pays comme l’Argentine, la Chine ou l’Inde restreignent leurs exportations ? Réponse : En tant qu’économiste, j’estime qu’assécher l’offre va dans le mauvais sens. En tant qu’homme politique, je comprends. Les économistes voient cela globalement ; les politiques pensent à leur prochain mandat….
Commentaire : Bien qu’ayant le plus profond respect pour le travail et la personne de Monsieur Lamy (homme courageux, honnête et on ne peut plus tenace), je ne peux que m’étonner du pragmatisme de cette réponse. Comment analyser un assèchement de l’offre en terme uniquement économique et politique alors que nous parlons d’un meurtre de millions de personnes par « assèchement » dû à un manque d’eau et de nourriture ?
Allons-nous encore tolérer longtemps que l’on affame et que l’on tue au nom du gain financier des millions de personnes chaque année ? Non, l’économie de marché n’a jamais consisté à parquer les êtres humains en fonction de leur place dans le jeu financier. Il est temps de mettre fin à ce triage qui consiste à affamer et à faire mourir les Etres Humains qui ne rentrent pas dans le moule des stratégies financières. Hier, Hitler dans sa folie furieuse cachait ses camps de la mort. Aujourd’hui, les financiers et les lobbies les laissent à ciel ouvert. C’est tellement visible que cela en devient plus « acceptable » puisque tout le monde est complice. Ah la transparence…. Point d’idéologie et de folie raciste, xénophobe, antisémite ou autre ignominie. Tout le monde est le bienvenu dans l’idéologie de la finance reine. Tous, sans exception et sans condition aucune….. si ce n’est la plus parfaite insensibilité, le plus parfait silence (naturellement, lorsqu’il est dûment monnayé) et le tout sans aucun remords.
Et pourtant, comme le rappel Paul Fabra dans « Les Echos du 12 avril 2008 » :
« ….Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté de grands marchés du blé, soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissements en financent le stockage (accaparement). »
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 14 octobre 2011
Article intitulé : Quand les spéculateurs ne savent plus quoi faire de leurs matières premières
« Il n'y aura peut-être plus de pétrole dans trente ans mais aujourd'hui les cuves sont pleines. Il n'y a pas non plus de pénurie d'or ou d'argent. Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète. Il y a un mois, Goldman Sachs a conseillé à ses clients de prendre leurs profits en se mettant à la vente sur les matières premières. Voici quelques jours, Morgan Stanley a répliqué en conseillant, au contraire, à ses clients de profiter de la baisse actuelle pour se remettre à acheter massivement. Du coup, chaque jour, on assiste à des "swings" de 3 ou 4 % sur toutes les matières premières. Un jour, un point pour Goldman Sachs, le lendemain Morgan Stanley égalise, le surlendemain c'est Goldman qui reprend l'avantage. En attendant, Glencore aura fait quelques milliardaires, un G8 ou un G20 aura sûrement encore fait des déclarations qu'il n'appliquera jamais, le prix de l'essence aura atteint de nouveaux records même si le cours du pétrole baisse et quelques milliers d'enfants seront morts de malnutrition. Vive la spéculation sur les matières premières... »
Commentaire : La Bourse n’est plus seulement un lieu d’échange, elle est devenue, en priorité, un lieu de mensonge et de combat d’égo servant à enrichir certains, au détriment des autres. La comptabilité, en transformant le réel en valorisation virtuelle, a détourné les capitaux destinés à l’économie, et donc aux Etres Humains, vers les jeux du cirque de la virtualité comptable et financière. Les décisions étatiques n’ont plus aucun lien avec le réel puisqu’elles sont prises dans le cadre de la gestion du monde (jeu) virtuel comptable. Monde virtuel comptable qui n’a plus de réel que les honoraires, les commissions prélevées par les organisateurs et ceux qui les couvrent. Pour le reste, trop souvent, il ne reste qu’un champ de bataille constitué de famine et d’indignés. « Coup de gueule » du 23 avril 2008 http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/coup-de-gueule.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
Apporter de la liquidité et non valoriser artificiellement des mouvements financiers, tel est le rôle du marché Boursier.
L.Boi dans « Les Echos » du 17 octobre 2011
Article intitulé : Les taux de fret au plus haut de l’année
« Alors que les craintes d’un ralentissement économique pèsent lourdement sur les marchés, le Baltic Dry Index est au plus haut de l’année, à 2.155 points, en croissance de 72 % sur deux mois et en progression de 106 % par rapport au point bas de février. Cette situation peut sembler paradoxale. Cet indice du coût du transport maritime transocéanique des matières premières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.), qui fait la moyenne des prix pratiqués sur 24 routes mondiales, est considéré comme l’un des indicateurs de tendance les plus fiables de la conjoncture industrielle mondiale. Mais depuis la crise financière de 2008, la corrélation est bien moins évidente que par le passé. La hausse de l’indice Baltic Dry est à relativiser car l’indice est encore très bas. S’il a renoué avec ses niveaux de début 2009 et de 2003, il reste très inférieur aux pics de 2008. Il valait alors 12.000 points »
Laurence Tubiana dans « La Tribune » du 5 octobre 2011
Article intitulé : 500 milliards de dollars de subventions à la consommation d'énergies fossiles dans le monde
« En 2010, 495 milliards de dollars ont été consacrés au soutien aux énergies fossiles, gaz, charbon et pétrole confondus de par le monde, selon une étude présentée hier par l'OCDE et l'Agence Internationale de l'Énergie. « Nous nous sommes aperçus que, dans les pays de l'OCDE, on subventionne encore plus le pétrole que l'agriculture ! », s'exclame Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE. Son organisation a publié hier, pour la première fois, un aperçu approfondi des subventions des pays les plus riches. Déguisé sous forme d'allègements de taxes, souvent décentralisé au niveau local, le soutien à la consommation d'énergie fossile se cache derrière 250 mécanismes différents. Dans le discours, les dirigeants du G20 se sont engagés, en 2009, à réduire ces subventions qui encouragent le gaspillage d'énergie, et réduisent la compétitivité des énergies renouvelables. En France, le soutien à la consommation d'énergies fossiles représente 2,2 milliards d'euros. Entre les taxis, le transport public, l'aviation domestique, l'agriculture ou la pêche, toute une frange de l'économie paie son carburant moitié moins cher. « Nous en avions l'intuition, mais nos calculs le vérifient : au niveau mondial, seulement 8 % des subventions ont bénéficié aux plus pauvres. « Si ces subventions étaient éliminées, la consommation de pétrole pourrait chuter de 3,7 millions de baril par jour » sur 80 millions, assure Fatih Birol. En terme de réchauffement climatique, l'économie de CO2 serait encore plus importante. « Sans subvention, les émissions de CO2 pourraient chuter de 6 % d'ici 2020 », assure Maria van der Hoeven. »
L. BOI dans « Les Echos » du 4 octobre 2011
Article intitulé : Cuivre, aluminium : la chute des cours des métaux s’accélère
« L’envolée des métaux a connu un coup d’arrêt brutal dès le mois de mai, qui s’accélère désormais avec la vigueur du dollar et les risques de ralentissement de l’économie mondiale. La publication de statistiques américaines décevantes ont en effet suffi à rappeler aux investisseurs – essentiellement des fonds spéculatifs – que, sans la relance publique, l’économie américaine risquait de ralentir. Depuis cet été, avec la crise de la dette en Europe comme aux Etats-Unis, les investisseurs ne savent plus trop de quelle ampleur pourrait être la correction. Selon l’institut CRU, pour compenser une baisse de la consommation de cuivre de 10 % dans les autres pays, la demande chinoise, qui représente plus de 40 % du total, devrait augmenter de 16 %, et celle d’aluminium de 14 %. Des croissances qui semblent bien trop élevées. La vraie purge interviendra plus tard, quand les taux américains remonteront. L’exécutif américain cherchera à retarder le plus possible ce moment, en tout cas après l’élection. Les spéculateurs seront alors bien moins attirés par les matières premières si l’argent n’est plus gratuit », rapporte Georges Pichon, consultant pour ABS Alloys and Metals. »
Aline Robert dans « La Tribune » du 28 juillet 2011
Article intitulé : Le LME s'interroge sur la transparence de ses entrepôts gérés par des financiers
« Sous le feu des critiques des acheteurs, le London Metal Exchange a lancé mardi une consultation sur la gestion de ses entrepôts. Soit quelque 600 lieux de par le monde, qui vont de l'énorme hangar au petit garage, et où sont disposées des centaines de milliers de tonnes de métaux attendant d'être livrés à leurs consommateurs : constructeurs de voitures, de machines, aciéristes, et autres spécialistes du bâtiment. La gestion de ces réserves fait polémique depuis la prise de contrôle d'une majorité d'entre eux, depuis 18 mois, par des acteurs financiers. Soit JP Morgan, Goldman Sachs, Trafigura et Glencore, qui détiennent respectivement Henry Bath, Metro International, NEMS et Pacorini. Un mouvement de consolidation dont l'impact s'avère majeur à Rotterdam, Londres, Detroit, Baltimore ou Chicago, les principales localisations des entrepôts de métaux, historiquement installés au plus près de l'industrie. Les entrepôts y poussent comme des champignons tant le business est rentable : depuis un an, leur nombre a cru de plus de 10 %. Par rapport aux autres intervenants, les actionnaires des entrepôts bénéficient d'une information privilégiée sur qui détient quoi, et à quel endroit. Une source de conflit d'intérêt selon des députés britanniques, qui ont déjà saisi l'Office of Fair Trading sur le sujet. Pour un trader d'aluminium, les aberrations de marché se multiplient depuis que la finance a mis son nez dans les entrepôts. « Les marchés du plomb et de l'aluminium affichent cette année une faible disponibilité physique, c'est-à-dire qu'il faut payer une prime importante pour mettre la main dessus, alors que les stocks sont historiquement élevés. C'est absurde !» estime-t-il. Plutôt que de vendre leur métal à un acheteur physique, ce qui fait baisser le taux d'occupation des entrepôts, les pros des matières premières ont plus intérêt à en bourrer leurs hangars et à les « louer » à des fonds qui placent de l'argent sur les métaux. Un business model qui bénéficie aussi au LME, à qui les entrepôts paient chaque jour des frais par tonne de métal détenue, mais qui détourne les stocks de leur consommateur final. »
Commentaire : Ahurissant ! Un lien vers un article écrit en 2009 http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
Yann Rousseau dans « Les Echos » du 5 juillet 2011
Article intitulé : Le Japon découvre d’immenses gisements de terres rares au fond du Pacifique
« A plus de 3.000 mètres au fond de l’océan Pacifique, des scientifiques japonais ont fait une découverte qui pourrait potentiellement bouleverser le marché mondial des terres rares, aujourd’hui contrôlé à plus de 90 % par la Chine. Hier, Yasuhiro Kato, un chercheur de l’université de Tokyo, a confirmé pour la première fois, dans une étude publiée par le journal « Nature Geoscience », que son équipe d’experts avait réussi à identifier l’an dernier dans des boues prélevées au fond de l’océan Pacifique de gigantesques quantités de gadolinium, lutetium, terbium et autre dysprosium, qui sont des éléments clefs de la production d’écrans plats, d’iPad, de voitures hybrides ou d’éoliennes. Après avoir multiplié les analyses sur 78 sites, situés entre 3.000 et 6.000 mètres de profondeur dans des eaux internationales autour d’Hawaii et à l’est de Tahiti, les chercheurs japonais estiment que le sous-sol du Pacifique contiendrait potentiellement des réserves de terres rares 1.000 fois supérieures à celles actuellement recensées dans le monde. Avant de lancer une quelconque exploitation dans les eaux internationales, l’équipe japonaise rappelle encore que les chercheurs devront obtenir l’aval de l’Autorité internationale des fonds marins, dépendante de l’ONU. »
Séverin Husson dans « La Croix » du 27 juin 2011
Article intitulé : Pourquoi les Etats sont-ils réticents à communiquer sur leurs stocks de céréales ?
« Cette question a animé une bonne partie des discussions des ministres de l'agriculture du G20, réunis la semaine dernière à Paris pour signer un texte visant à lutter contre la volatilité des prix. Benoît Labouille, directeur général d'Offre et demande agricole, société spécialisée dans la gestion du prix des matières premières agricoles. La Chine importe près de 60 millions de tonnes de soja, pour une consommation intérieure de 70 millions. Donner avec précision l'état de ses stocks risquerait de faire évoluer les cours brutalement. Les acheteurs préfèrent donc “bluffer” avant de passer commande. L'Algérie clame tous les ans que sa récolte de blé est bonne, puis achète sur le marché mondial parfois à peine quinze jours après cette annonce. » Gautier Le Molgat, de la société Agritel, apporte un autre élément : « La Chine détient environ la moitié des stocks mondiaux de blé. En cas de nouvelles émeutes de la faim, elle risque de subir la pression de la communauté internationale pour en libérer une partie si cette information devient officielle. » On le voit, même si la collecte d'information promise se met en place, le marché réagira aux annonces… Selon Benoît Labouille, « seule l'augmentation des capacités de stockage aurait été efficace » pour limiter la volatilité des prix. Les ministres de l'agriculture sont pourtant restés extrêmement prudents sur ce point. Le texte prévoit la constitution de réserves d'urgence, destinées à prévenir une catastrophe humanitaire, mais pas la mise en place de stock de régulation pour lisser les cours mondiaux. D'abord, parce que cela coûte très cher, comme l'a montré l'expérience malheureuse de la PAC jusqu'en 1992. Ensuite parce que cela demeure très compliqué à mettre en œuvre. Qui financerait la construction des capacités de stockage ? Où seraient-elles positionnées ? Qui pourrait décider de libérer les réserves ? Enfin, cette pratique apparaît contraire aux règles de l'OMC.»
Commentaire : Pour les personnes qui ont suivi la conférence SOCIOECOPOFI, vous noterez de nouveau la concordance des cycles 1992/2008.
E L.C dans « Le Figaro » du 22 juin 2011
Article intitulé : Seul le stockage public pourra arrêter la volatilité
« « Si la réduction des gaz à effet de serre est compréhensible, l’utilisation de ces carburants “verts” aux dépens de cultures alimentaires l’est beaucoup moins » , soulignent les ONG qui ont participé aux discussions préparatoires du G20 comme Oxfam France. Les cours des matières premières agricoles n’ont été aussi volatiles depuis l’arrivée en masse des fonds internationaux qui se sont rués sur ce type d’investissements au lendemain de la crise financière de 2008. Le blé au plus haut il y a trois ans a fortement reculé en 2009 et 2010, deux années de production record. Il y a un an, il valait 120 euros la tonne. Mais depuis, il a doublé. Plusieurs facteurs, dont trois principaux, expliquent le yo-yo des denrées de bases. Tout d’abord l’aléa climatique. Une illustration : la sécheresse exceptionnelle russe de l’été passé. Elle a sérieusement endommagé les moissons et privé le marché international de 20 millions de tonnes de blé suite au moratoire annoncé par Moscou le 5 août dernier. Les cours sont alors partis en flèche, flirtant avec les plus hauts historiques de 2007. « Il y a six fois plus d’incidents climatiques qu’il y a cinquante ans, ment augmenté en moins de dix ans. « En 2010, 130 millions de tonnes de maïs ont été destinées aux biofiouls aux États-Unis, soit 5 fois plus qu’en 2002 », remarque Benoît Labouille, directeur général d’Offre et demande agricole, société spécialisée dans la gestion du prix des matières premières agricoles. « Ce sont désormais près de 40 % des productions de maïs aux ÉtatsUnis qui ont été dédiées l’an dernier à la production d’agrocarburants, limitant l’offre en maïs du premier exportateur mondial sur les marchés, accentuant la hausse des cours » , déplore Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. « Au Brésil, c’est l’utilisation de la canne à sucre comme carburant automobile qui a poussé au sommet, depuis 30 ans, les cours du sucre », constate Romario Rossetto du syndicat Via Campesina. C’est pour ne pas froisser le Brésil et les ÉtatsUnis que Paris a décidé d’écarter le sujet du menu du G20. La troisième source de volatilité remonte, elle, à 1992 et la réforme de la politique agricole commune (PAC) qui a acté la disparition des stocks d’intervention. « C’est l’élément de base de la volatilité, assure Benoît Labouille. Seul le stockage public pourra arrêter la volatilité. » Un point de vue partagé par son confrère Michel Portier. « Une politique agricole publique volontariste constituant des capacités de stockage pourra freiner la fluctuation des cours », commente ce dernier. Sur ce point-là aussi, le G20 a fait l’impasse »
Florence Autret dans « La Tribune » du 15 juin 2011
Article intitulé : Pour Sarkozy, la spéculation sur les matières premières s'assimile à une « mafia »
« Nicolas Sarkozy s'est livré à une attaque en règle contre le fonctionnement des marchés de matières premières, énergétiques comme alimentaires. Il a stigmatisé leur volatilité qui « prospère sur l'opacité ». « Il s'échange chaque année à la Bourse de Chicago quarante-six fois la production annuelle mondiale de blé. Ces chiffres condamnent le système ». « Il ne s'agit pas d'interdire la financiarisation des marchés de matières premières mais d'exiger que la formation des prix fonctionne correctement », a tempéré le président. « Il n'est pas normal que l'on puisse acheter 15 % de la production mondiale de cacao et la revendre ensuite avec une plus-value sans avoir déboursé un centime », a-t-il dit. »
Laurence Boisseau, propos de Philippe Chalmin, dans « Les Echos » du 15 juin 2011
Article intitulé : Quel rôle les négociants en matières premières jouent-ils dans l'évolution des prix ?
« Beaucoup considèrent que les négociants sont capables de manipuler les cours. C'est une idée reçue. Sans doute parce que certains, suite à des affaires, n'ont pas bonne réputation ; et sans doute aussi parce que réussir à construire un empire à partir de rien ne peut que susciter la suspicion. Or, la logique d'un trader est tout sauf de spéculer. Un trader fait son argent sur l'ensemble d'une transaction physique, en arbitrant entre les différentes zones géographiques et entre les produits, et aussi, sur la couverture des risques. Tout le paradoxe de son « business model », c'est qu'il gagne sa vie en spéculant (en anticipant l'évolution des prix, ou des besoins) tout en ne spéculant jamais. Simplement, il ne faut pas confondre un négociant de matières premières avec des fonds comme Armajaro, qui ont provoqué des « squeeze » (mainmise sur les stocks, NDLR) sur le cacao. »
Fabrice Nodé-Langlois dans « Le Figaro » du 10 juin 2011
Article intitulé : L'Opep n'est plus un cartel mais nuit encore
« À son origine, il y a un demi-siècle, l'unité de l'Opep faisait sa force et flamber les prix de l'or noir. Aujourd'hui, à l'inverse, ce sont ses divisions qui font grimper le cours du baril. Mercredi, à Vienne, siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'Arabie saoudite n'est pas parvenue à convaincre un front mené par l'Iran d'augmenter les volumes pompés par les douze États membres. L'organisation conserve le pouvoir d'un cartel dans la mesure où ses États membres contrôlent 40% de la production mondiale, et 75% des réserves prouvées. Si le marché du pétrole était libre, observe Eduardo Lopez, spécialiste du secteur à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), on exploiterait en priorité les abondantes ressources du Moyen-Orient, moins coûteuses que le pétrole en mer ou les sables bitumineux polluants du Canada. En réalité, au sein de l'Opep, un seul pays compte vraiment, parce qu'il fournit le tiers de la production: l'Arabie saoudite. Or, contrairement à l'Iran ou au Venezuela, qui privilégient les recettes immédiates très juteuses de chaque baril, vendu plus de 100 dollars, l'Arabie ne veut pas laisser exploser le cours vers des sommets susceptibles de faire replonger en récession ses clients occidentaux surendettés. Le royaume saoudien est le seul, avec les Émirats arabes unis, à garder sous le pied des capacités disponibles de pompage, à hauteur de près de 4 millions de barils par jour, soit plus du double de la production libyenne, mise hors jeu pour cause de guerre civile. Nombre d'analystes s'attendent à ce que Riyad ouvre un peu plus les vannes dans les prochains jours pour détendre des marchés très nerveux. L'offre de pétrole ne manque pas, répètent les experts, mais l'incertitude politique qui prévaut dans tout le Moyen-Orient tend la situation. »
François Luguenot, responsable de l’analyse des marchés chez Union In Vivo, dans « Le Monde » du 7 juin 2011
Article intitulé : Pourquoi le monde a besoin de prix agricoles élevés
« Pendant des décennies, les politiques agricoles des pays de l’OCDE ont été accusées de maintenir des prix artificiellement et toxiquement bas, pour les céréales en particulier, et, partant, de nuire aux pays en voie de développement. Les défenseurs de cette posture, ou du moins ceux qui ont pris leur suite, se récrient aujourd’hui devant les effets dévastateurs des envolées de prix des matières premières agricoles. De quoi s’agit-il ? Depuis le début des années 1980, la planète consomme davantage de céréales qu’elle n’en produit. La tendance est tenace et n’a pu se maintenir qu’en puisant dans les stocks accumulés au cours des années 1960 et 1970, c’est-à-dire en vivant sur les bénéfices accumulés de la révolution verte. Pour les tenants des marchés parfaits, il y a quelque surprise à l’absence de toute réaction des prix pendant plus de vingt ans. C’est oublier qu’un marché n’est jamais que la réunion d’opérateurs qui ne réagissent qu’à ce dont ils prennent conscience : tant que l’idée de pénurie potentielle n’existe plus, nul ne voit la nécessité d’une augmentation des prix. Or cette situation a effectivement conduit à des dégâts profonds dans les économies agricoles, aussi bien dans les pays de l’OCDE que dans les pays en développement. Dans ces derniers, l’agriculture est confrontée à des prix bas qui rendent la survie économique de nombreuses exploitations impossible ; les agriculteurs vont s’entasser dans des métropoles déjà surpeuplées, accroissant ainsi les besoins d’importation du pays. Ce sont des compétences qui disparaissent, des terres qui ne sont plus exploitées, des structures sociales qui se désagrègent : aujourd’hui, la majorité des « pauvres » sur la planète est composée d’agriculteurs ou de gens chassés des terres qu’ils exploitaient, entraînant avec eux des populations rurales qu’ils contribuaient à faire vivre. Mais il ne faudrait pas imaginer que ces prix chroniquement déprimés n’ont affecté que les pays d’Afrique : au printemps 2010, nombre d’exploitations européennes étaient au bord du gouffre après deux années de prix à la baisse. C’est un vaste mouvement de désinvestissement qui a affecté le secteur agricole mondial depuis vingt ans alors qu’il apparaît clairement que l’enjeu majeur des quarante prochaines années est alimentaire : la population mondiale n’atteindra entre 8 et 11 milliards d’individus vers 2050 que si nous nous donnons les moyens de les nourrir. Les décisions d’investissements agricoles se prennent pour dix ou vingt ans ; il importe donc que leur rentabilité justifie la prise des risques inhérents à cette activité. Non moins importante est la dimension géographique de l’activité agricole, qui ne se délocalise pas ! Le prix des denrées alimentaires n’est pas nécessairement la cause majeure de l’érosion du pouvoir d’achat des ménages : dans les pays développés, l’alimentation n’est plus le poste principal du budget des ménages, et de loin ! Et dans de nombreux pays en développement, l’Etat subventionne le prix de denrées de base comme le pain – ce qui ne signifie pas que ce soit une méthode idéale. On l’a compris, une hausse durable des prix agricoles est une condition sine qua non du développement agricole et, partant, de la sécurisation des besoins alimentaires mondiaux. »
Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 7 juin 2011
Article intitulé : L'arrivée de nouveaux produits financiers fait flamber les prix du rhodium
« Pour le rhodium, c'est une vraie révolution. En lançant, le 24 mai, deux nouveaux outils d'investissement, deux ETC (« exchange traded commodities », ces fonds cotés en continu), l'un libellé en dollars, l'autre en euros, Deutsche Bank vient d'ouvrir aux investisseurs financiers un marché jusqu'alors réservé aux professionnels. En une semaine, du 24 mai au 1 er juin, les prix du métal se sont envolés de 20 %, de 1.950 dollars l'once à 2.350 dollars. Depuis, ils sont un peu redescendus à 2.175 dollars et restent encore inférieurs au cours de juin 2010 (3.400 dollars) et aux plus hauts de février 2011 (2.500 dollars). Le tremblement de terre au Japon a fortement ralenti la croissance de l'industrie automobile et donc les importations de ce métal rare. Le rôle de ces nouveaux ETC est d'ores et déjà contesté, comme peut l'être celui des ETC adossés à d'autres métaux. Mais, dans ce cas particulier, les conséquences en termes de demande et de prix sur le marché risquent d'être bien plus lourdes, à eux seuls, les deux fonds lancés par la Deutsche Bank ont le droit d'amasser ensemble 200.000 onces, soit un quart de la production mondiale. Le risque d'assécher le marché est donc assez grand. Sur les cours, aussi, ces ETC peuvent avoir une influence notable, d'autant que les prix du rhodium sont déjà très volatils. Sur les six premiers mois de l'année, 600 dollars séparent le cours le plus haut du plus bas, contre seulement 230 dollars pour le platine et 175 pour le palladium. »
Dans « Boursorama » du 3 juin 2011
Article intitulé : Chine : restructurations dans le secteur des terres rares
« Le plus gros producteur chinois de terres rares va reprendre ces rivaux dans la région de Mongolie intérieure, a annoncé le gouvernement régional au moment où la Chine resserre son contrôle sur la production de ce groupe de minéraux essentiels à la haute technologie. Le groupe public Baotou Iron and Steel va acquérir quatre compagnies de la région et versera des compensations à 22 autres appelées à fermer, aux termes d'un plan de restructuration du secteur annoncé cette semaine et dont le quotidien China Daily se fait l'écho vendredi. Neuf autres acteurs opérant sans licence vont être fermés sans compensation, a annoncé le gouvernement de Mongolie intérieure dans un communiqué mercredi, dans le cadre de cette réorganisation devant être bouclée fin juin. La Chine produit environ 95% des terres rares dans le monde -- un groupe de 17 éléments minéraux nécessaires à la fabrication de très nombreux produits de haute technologie, des iPods aux éoliennes en passant par les piles pour véhicules électriques ou les missiles. Selon la presse, 87% des réserves chinoises se trouvent à Baotou, qui fournit environ la moitié des exportations de terres rares du pays. Le gouvernement régional avait demandé le mois dernier à Baotou Iron and Steel de mettre sur pied "le plus rapidement possible" une société pour gérer une bourse d'échange pour les terres rares. Pékin resserre de plus en plus le contrôle sur ces éléments minéraux stratégiques dont il a restreint les exportations, faisant monter les prix et provoquant des protestations de la part de plusieurs de ses principaux partenaires économiques, notamment du Japon.»
Stéphanie Salti dans « AGEFI » du 25 mai 2011
Article intitulé : Le marché physique des métaux sous l’œil des autorités britanniques
« Hier, une commission parlementaire britannique a annoncé qu’elle avait porté à l’attention des autorités de la concurrence - l’Office of Fair Trading (OFT) - des anomalies constatées sur les activités de trading physique d’acteurs dominants du LME (London Metal Exchange). La commission parlementaire a déclaré avoir été alertée par le MMTA (Minor Metals Trade Association) une association dédiée aux métaux mineurs, qui a signalé qu’une société, agissant par l’intermédiaire d’une filiale, pouvait avoir des comportements anti-concurrentiels. La commission parlementaire a indiqué dans son rapport que quatre gros courtiers présents sur le LME possèdent des entrepôts, en citant nommément JPMorgan et sa filiale, les entrepôts Henry Bath. Le rapport est également allé plus loin en rappelant les rumeurs de marché qui rapportaient que la banque américaine détenait à un moment 50% des stocks de métal sur le LME. En décembre dernier, la bourse des métaux avait observé qu’un seul acteur détenait entre 50 et 80% des certificats de cuivre, faisant naître de gros soupçons sur JPMorgan. Les autres acteurs dominants du LME, que le rapport ne cite pas, sont la banque américaine Goldman Sachs, qui possède Metro, tandis que Trafigura contrôle NEMS, et que Glencore, qui vient de s’introduire sur le LSE, détient Pacorini comme Goldman Sachs n’ont pas souhaité commenter les allégations du rapport parlementaire. »
Aline Robert dans « La Tribune » du 23 mai 2011
Article intitulé : Les poussées de fièvre se multiplient sur le marché du blé
« La semaine dernière, le blé a grimpé pendant quatre séances, gagnant jusqu'à plus de 4,5 % mercredi. Et reculé de 0,51 % vendredi à 242,50 euros la tonne sur le marché à terme. Des variations rarissimes pour une céréale. En deux mois, la tonne de blé a grimpé de 30 % à Paris, où le contrat est en passe de franchir tous les records. Sous les projecteurs depuis la sécheresse en Russie l'été dernier, le contrat est devenu un lieu de spéculation intense. En volumes traités, il dépasse désormais tous les autres contrats sur les matières premières en Europe : ceux du café, du cacao et du sucre à Londres, et bien sûr les autres céréales parisiennes, colza et maïs. Les variations exponentielles des cours ont été attisées la semaine dernière par l'alerte sur la sécheresse donnée en France, ainsi que l'état inquiétant des champs de blé. Selon la société de conseil Agritel, la récolte française de blé devrait ressortir à 31,65 millions de tonnes, contre 35,7 millions de tonnes en 2010. Les surfaces emblavées étant en hausse, le recul de la production s'expliquerait par un recul des rendements de 13 %. Un recul qui ne devrait pas poser problème au niveau mondial, puisque les spécialistes anticipent un retour aux exportations de la Russie et de l'Ukraine. Si la récolte semble peut-être moins risquée que les cours ne pourraient le laisser croire, les variations de prix subites posent clairement problème aux agriculteurs qui spéculent. Ce qui a été le cas d'une coopérative de Poitou Charentes, Centre Ouest Céréales, regroupant 1.400 adhérents, qui produisent 600.000 tonnes de céréales par an. »
Olivier Lamotte et Thomas Porcher, professeurs à l’ESG MS, dans « La Tribune » du 19 mai 2011 :
Article intitulé : Pourquoi l'essence est plus chère qu'en 2008 avec un prix du pétrole plus bas
« L'origine de cette flambée des prix des carburants paraît évidente : la hausse du prix du pétrole. Et pourtant, le prix du baril est aujourd'hui à 113 dollars contre 148 dollars en 2008 alors que le prix moyen du super 95 est aujourd'hui de 1,5469 euro le litre contre 1,4902 euro le litre en juillet 2008, le dernier record. Comment peut-on expliquer cette flambée des carburants alors même que le prix du baril est loin de son niveau de 2008 ? La différence de prix du carburant entre 2008 et 2011 provient pour une bonne partie de la différence de coûts d'exploitation des gisements : une production identique de barils de pétrole ne nécessite pas les mêmes coûts selon les gisements. Depuis 2009, avec l'augmentation de la demande mondiale de pétrole tirée par la Chine et prévue à 88,8 millions de barils/jour en 2011 contre 87,4 en 2010, les compagnies pétrolières mettent en production des gisements dans des zones de plus en plus difficiles d'accès, produisant souvent un pétrole de mauvaise qualité et nécessitant des coûts de transformation élevés. Les coûts d'extraction augmentent et pour assurer une rentabilité à ces gisements, les compagnies reportent la hausse des coûts sur le prix des carburants. D'où les certitudes de Christophe de Margerie, PDG de Total, sur la hausse inéluctable des prix des carburants. »
Laurence Boisseau, propos de Philippe Chalmin professeur d’économie à Paris-Dauphine dans « Les Echos » du 17 mai 2011 :
Article intitulé : Ceux qui produisent les matières premières ne sont pas heureux
« Philippe Chalmin en est convaincu : « Les matières premières n’ont jamais été dans l’histoire un facteur de développement économique. » Cette conviction est tellement ancrée que l’artisan du « CyclOpe » en a fait le titre de son rapport : « Le printemps des peuples et la malédiction des matières premières ». « Entre 1848 et 2011, la comparaison est fascinante. En 1848, en l’espace de six mois, la plupart des régimes européens ont chuté. L’année d’avant avaient eu lieu des émeutes de la faim, les récoltes avaient été mauvaises et le prix de l’hectolitre de blé avait triplé. On retrouve aujourd’hui la même effervescence qu’alors avec les émeutes de la vie chère. Le printemps arabe correspond à un choc géopolitique important indirectement lié aux tensions sur les matières premières et à la malédiction des matières premières. Les peuples qui produisent les matières premières ne sont pas heureux. L’argent corrompt les âmes, les cœurs. La chute des dictatures liées au terrorisme islamiste résulte en partie de la malédiction du pétrole, qui a entraîné la folie des hommes, de Saddam Hussein à Kadhafi », explique-t-il En 1986, les marchés des matières premières étaient au plus bas suite au contre-choc pétrolier et à l’effondrement des deux accords internationaux de stabilisation, l’un sur le café, l’autre sur l’étain, qui avait d’ailleurs entraîné la crise du London Metal Exchange (LME).« Vingt-cinq ans plus tard, en avril 2011, les marchés ont atteint le point le plus haut en valeur courante de toute l’histoire et un record depuis le choc des années 1970 en valeur constante », constate Philippe Chalmin.« Ce quart de siècle a été marqué par une longue période de déprime. De 1986 à 2003-2004, le thème des matières premières était passé au second plan, alors que c’était un des grands sujets de la fin des années 1970. A partir du XXIe siècle, la montée de la Chine et l’émergence d’une nouvelle demande ont remis les matières premières sur le devant de la scène, alors même qu’elles vivent un choc tel qu’on en a connu tous les vingt-cinq-trente ans au XXe siècle. La grande mutation structurelle, c’est la généralisation de l’instabilité. Alors qu’à la fin des années 1980, le pétrole était à peine une commodité, qu’il y avait des accords de stabilisation, que les marchés monétaires étaient encore encadrés, que de nombreux produits étaient encore régulés, comme l’électricité, le gaz naturel, aujourd’hui, tout est instable : les monnaies, les commodités, et ceci dans un espace géographique qui s’est totalement élargi », conclut-il. »
Dans "Boursorama" du 12 mai 2011
Article intitulé : La Bourse de Paris sous les 4.000 points, le secteur pétrolier souffre
« L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a revu pour la première fois de l'année en baisse, de 190.000 barils par jour, sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2011, en raison des prix élevés et d'une croissance moins forte dans les pays riches. La forte hausse des stocks de pétrole et d'essence aux Etats-Unis, plus de trois fois supérieure à ce qu'anticipaient les analystes, avaient déjà inquiété les investisseurs conduisant à une forte correction du prix du baril mercredi. »
Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 6 mai 2011 :
Article intitulé : Le monde d'après
« Après une année 2010 de hausse ininterrompue, le consensus en 2011 était parfait : les matières premières ne pouvaient que continuer à flamber. Les fonds spéculatifs, les hedge funds, ont continué à accumuler des réserves impressionnantes de contrats à terme sur les matières premières et 2011 aurait dû ressembler à 2010. Mais, depuis quelques semaines, on assiste à des mouvements d'une violence spectaculaire sur ces marchés. Le coton et le sucre ont chuté de plus de 25 % par rapport à leurs records, le pétrole et l'or se sont légèrement repliés mais l'argent, la matière première favorite des spéculateurs depuis un an, a perdu plus de 20 % en un mois. Et le doute s'est installé. Il faut dire tout d'abord, malgré les grands débats pompeux sur le thème de savoir si la spéculation a un rôle majeur dans la hausse des matières premières (comment peut-on encore sérieusement se poser la question ?), que les cours sont absurdes par rapport à l'offre et la demande sur les marchés physiques. Il n'y aura peut-être plus de pétrole dans trente ans mais aujourd'hui les cuves sont pleines. Il n'y a pas non plus de pénurie d'or ou d'argent. Et sur les matières premières alimentaires, ce sont les grandes banques, les hedge funds et les firmes spécialisées de trading qui gagnent des fortunes en s'amusant à rendre impossible le droit à un repas par jour pour les centaines de millions de défavorisés de la planète. Cette indécence atteint des sommets quand on voit les chiffres faramineux de profit de Glencore qui s'introduit en Bourse en ce moment et qui va permettre, grâce à son activité sur les matières premières, à son président de « peser » 10 milliards de dollars et d'entrer directement dans le top 100 des fortunes dans le classement de « Forbes ». En attendant, Glencore aura fait quelques milliardaires, un G8 ou un G20 aura sûrement encore fait des déclarations qu'il n'appliquera jamais, le prix de l'essence aura atteint de nouveaux records même si le cours du pétrole baisse et quelques milliers d'enfants seront morts de malnutrition. Vive la spéculation sur les matières premières... »
Commentaire : Deux écrits sur ce thème :
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/finance/comprendre-les-hedge-funds.php
http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/divers/financiarisation---bourse.php
Isabelle Lesniak dans « Enjeux Les Echos » d’avril 2011 :
Article intitulé : Bulle alimentaire, à qui la faute ?
« La FAO et l’OCDE ne croient pas en une « bulle des matières premières » générée par la spéculation, depuis que les chercheurs Scott Irwin et Dwight Sanders ont publié ce qui est - à l’heure actuelle - l’étude la plus convaincante sur le « tsunami alimentaire » de 2007-2008. Leur analyse de l’évolution de certains produits à l’époque est frappante. En effet, les prix du riz, qui ne fait guère l’objet de transaction sur le marché à terme, a augmenté de 74% entre mars 2007 et mars 2008. Le lait – qui n’entre pas dans le « panier » des fonds indiciels gérant les portefeuilles d’actifs pour leurs clients – a, lui aussi, flambé alors que la viande, qui en fait partie, est restée stable. Ce qui brouille les cartes, c’est que la flambée des prix agricoles intervient en même temps que l’arrivée massive sur les marchés agricoles d’acteurs financiers non traditionnels, soucieux de diversifier leurs portefeuilles. Selon les statistiques de Goldamn Sachs et de la Commodity Futures Trading Commission – l’agence fédérale américaine chargée de la régulation des Bourses où s’échangent les matières premières – les positions des hedge funds, fonds indexés et fonds de pension sur les produits de base sont passées de 13 milliards de dollars en 2003 à 260 milliards en 2008. Dans la période, le prix des 25 produits de base inclus dans les indices suivis par les investisseurs a progressé en moyenne de 183%. « Selon nos recherches préliminaires, l’augmentation de la volatilité des prix sur les marchés à terme des produits agricoles ne découle pas d’un surcroît d’activité dans ce domaine. Il est plus probable, à l’inverse, que des prix élevés aient attiré les spéculateurs », confirme Carmel Cahill, conseillère principale de l’OCDE. »
Commentaire : Ne croyez-vous qu’il serait intéressant de vérifier que nos investissements ne soient pas sur des positions néfastes en termes de prix agricoles ?
Laurence Boisseau dans « Les Echos » daté du 6 avril 2011 :
Article intitulé : Volatilité des prix agricoles : la spéculation n’explique pas tout
« S’il y a inculpation, c’est qu’il y a indéniablement une forte suspicion. Nés tardivement en Europe en 1993, les marchés à terme de matières premières se sont fortement développés depuis. « Entre 2003 et 2008, les investissements effectués par les investisseurs institutionnels sur les marchés de produits de base sont passés de 13 à 200 milliards d’euros. Si la crise financière est venue interrompre cette tendance à la hausse, les positions financières ont été, en 2010, proches des niveaux record de 2008, voire les ont dépassés sur certains marchés », a indiqué l’Union européenne. Entre les prix des contrats de dérivés sur matières premières et les prix des produits de base, il y a un lien automatique, ne serait-ce que parce que la valeur des premiers dépend de la valeur du sous-jacent auquel ils se rapportent. Mais comprendre de quelle manière ces marchés interagissent entre eux est très difficile. L’influence des investisseurs financiers ne joue qu’un rôle secondaire sur les cours des produits de base par rapport à des facteurs primordiaux comme l’offre et la demande…Depuis plusieurs années, le déséquilibre entre la production et la consommation a entraîné une baisse des stocks sur l’ensemble des matières agricoles. Les aléas climatiques, aussi, jouent un rôle primordial, en pesant lourdement sur les récoltes. A ces tendances s’ajoute le démantèlement des politiques publiques, notamment européennes, qui avaient permis la stabilisation des marchés agricoles. « La baisse du niveau de ces subventions, fruit de longues négociations internationales, a provoqué une libéralisation des prix agricoles, voulue et assumée », indiquait la semaine dernière Paris Europlace dans un rapport destiné à produire des conclusions représentatives des acteurs de la place de Paris. Le développement croissant des biocarburants aussi pousse les prix à la hausse aux Etats-Unis et en Europe. Plus de 10 % de la récolte mondiale de maïs et jusqu’à 35 % pour la canne à sucre sont utilisés pour produire du carburant vert. Enfin, le manque de transparence sur le marché physique – notamment en Chine – sème le doute chez les opérateurs, qui, en tentant d’anticiper les réactions des uns et des autres, « fabriquent » un prix finalement non révélateur de la juste valeur financière du marché. Si certains produits négociés de gré à gré ne font que refléter des contrats à terme, d’autres en revanche ont des caractéristiques bien précises, nécessitant un contrat spécifique. Enfin, il est possible, sur le marché physique, par une meilleure coordination internationale, d’éviter des fluctuations élevées de prix. Le blé n’aurait pas monté si vite, l’été dernier, si la Russie n’avait pas décrété de manière unilatérale un embargo sur ses exportations de blé. Si, avant l’annonce de la Russie, d’autres Etats comme les Etats-Unis ou la France avaient déclaré être prêts à prendre le relais en termes d’approvisionnement et rassuré le marché sur l’absence de pénurie, les cours auraient sans doute moins flambé. »
Olivier Hensgen dans « La Tribune » du 31 mars 2011 :
Article intitulé : L'État se dote d'un comité des métaux stratégiques, sans moyens d'action
« La France vient de passer à la vitesse supérieure sur ses réflexions concernant cet enjeu d'importance. Le Comité des métaux stratégiques (Comes) a été officiellement installé mercredi. Ce comité, qui regroupe services de l'État, organismes publics (BRGM, Ifremer...), fédération diverses et industriels doit définir « une grande stratégie pour les matières premières », a expliqué le ministre. Dans le détail : améliorer la connaissance des besoins des industriels en métaux stratégiques, identifier les ressources les plus critiques, relancer la prospection minière, accélérer la réalisation de projets de recyclage, accroître les efforts de recherche et développement, développer des coopérations. « La bonne nouvelle, c'est que l'État s'intéresse à ce sujet. Je pense que c'est une problématique pour les quinze prochaines années et qu'il faut l'aborder dès maintenant », souligne un participant. La question de l'accès aux métaux stratégiques est en effet d'actualité. Une efficace piqûre de rappel est venue l'an dernier de la décision de la Chine, qui produit 95 % des terres rares dans le monde, de réduire ses exportations. Les terres rares, un ensemble de 17 métaux, sont utilisées dans des applications industrielles allant des éoliennes à la médecine en passant par la défense ou les véhicules électriques. D'ailleurs, la France ne fait qu'emboîter le pas de son voisin allemand, qui s'est dotée fin 2010 d'une agence des matières premières. Plus récemment, l'Union européenne (UE) a publié une liste de 14 « matières critiques ». Des accès à des financements ne sont pas non prévus dans ce comité, sinon pour des sujets de recyclage dans le cadre d'appels à projet de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). « Comme pour toute instance qui se met en place, et qui ne doit se réunir que deux fois par an, on peut s'interroger sur son utilité s'il n'existe pas de programme d'actions. Il faut qu'existe une véritable volonté politique, par exemple des accords de coopération entre industriels et institutions, des partenariats publics privés, des programmes orientés sur le recyclage dans le cadre des investissements d'avenir » souligne un participant. Un autre résume : « Il va se poser assez rapidement la question de savoir quels sont les moyens d'actions concrets du Comes. Une fois qu'on est alerté, on fait quoi ? »
Rémy Janin dans « La Tribune » du 12 mars 2011 :
Article intitulé : L'abondance d'ampoules transformée en terres rares
« Un procédé nouveau de recyclage des ampoules va permettre la récupération d’environ 17 tonnes de terres rares. Le chimiste Rhodia, accompagné dans cette recherche par l'organisme de collecte et de recyclage des lampes usagées Récylum, est en train de finaliser un procédé de recyclage des terres rares contenues dans les lampes, comme l'yttrium, le terbium, l'europium... Le dispositif devrait être opérationnel « début 2012 » indique Hervé Grimaud, directeur général de Récylum. Les terres rares, également appelées lanthanides, forment en effet une famille de 17 métaux qui occupent une place de plus en plus importante dans nos process industriels de pointe et particulièrement dans les technologies vertes. Leurs gisements sont de plus concentrés principalement en Chine (51 % des réserves), en ex-URSS (20 %), en Amérique du nord (12 %) et du Sud et en Australie. La Chine assure actuellement plus de 95 % de la production mondiale, qui s'est élevée à 125.000 tonnes en 2010. Dans ce contexte, le procédé en cours d'élaboration représente une formidable opportunité puisqu'il permet une réutilisation des matériaux rares contenus dans les lampes. »
Pierre de Lauzun dans « Les Echos » du 9 mars 2011 :
Article intitulé : Matières premières, la nécessaire régulation
« Les matières premières étant des ressources rares, à gérer au mieux, leur prix ne peut que monter sur la longue durée. Les prix fluctuent de manière aberrante. Les émeutes de la faim, attisées par la spéculation, se développent. Encore faut-il voir de quoi on parle. Les matières premières, même renouvelables comme les produits agricoles, ne sont pas inépuisables. Notre époque a pris conscience d’un impératif vital : le développement durable. Les matières premières étant des ressources rares, à gérer au mieux, leur prix ne peut que monter sur la longue durée. Le pétrole vient le rappeler à intervalles réguliers ; mais on estime que la production agricole doit croître d’environ 70% d’ici à 2050 pour satisfaire les besoins mondiaux. La hausse des prix s’avère alors une incitation indispensable au développement de la production et à une meilleure gestion de la ressource ; elle seule rend rentables des techniques coûteuses mais indispensables. Faut-il se résigner ? Non. Il suffit de les réguler, et voilà ramené l’ordre ? Observons qu’un marché particulièrement volatile comme celui du riz n’est quasiment pas financiarisé. Beaucoup de besoins de couverture exprimés par des acteurs industriels ou agricoles, ne seraient pas satisfaits, faute de contreparties. La hausse des prix du blé n’aurait sans doute pas eu lieu cet été si, face aux inquiétudes nées des incendies russes, on avait eu une connaissance suffisante des prévisions de production des autres zones géographiques et de l’état des stocks. Connaître le niveau de l’offre et de la demande agricoles en Chine est décisif pour l’appréciation des équilibres mondiaux ; on en est loin. »
Didier Lucas, directeur de l’Institut Choiseul, dans « Les Echos » du 21 février 2011 :
Article intitulé : Le krach agricole mondial : chronique d’un désastre annoncé
« En 2008, nous découvrions avec stupeur et indignation les errements d’acteurs sans scrupules dont les malversations ont plongé la planète dans une crise économique de grande ampleur. Tout a été dit ou presque sur l’avidité de certaines banques, la complaisance de quelques assureurs et l’obligeance d’agences de notation. Au-delà de ces comportements coupables, il ressort que ces dérives n’auraient jamais été rendues possibles si les autorités américaines de régulation avaient rempli leurs missions. Demain, nous assisterons à la généralisation des émeutes de la faim. Des crises diplomatiques internationales de haute intensité se profilent déjà, et ce sera la désolation pour les pays les plus fragiles si nous ne tirons pas d’enseignements de l’histoire récente. Le monde agricole est en ébullition et le krach est inévitable si nous ne changeons pas de posture. Le mythe de la sécurité alimentaire mondiale vole en éclats car les Etats sont incapables de résoudre la problématique de la trop forte volatilité des prix. En réalité, les marchés agricoles à terme font l’objet de spéculations sans précédent engendrant ainsi une financiarisation des échanges qui s’affranchit en toute impunité des réalités économiques et sociales. Sur 20 transactions, 19 sont désormais strictement financières. Une seule se traduit par une livraison physique. Ajoutons à cela la raréfaction mondiale des terres à la suite de la prédation de grands fonds d’investissement et nous obtenons un cocktail mortel. »
Dans « Boursorama » du 20 février 2011 :
Article intitulé : Les prix alimentaires proches de "la cote d'alerte", estime la Banque mondiale :
« "J'ai dit que nous avons atteint la cote d'alerte", a déclaré à la presse M. Zoellick, qui rapportait les propos qu'il avait tenus devant les grands argentiers de la planète. Il a appelé les dirigeants du G20 à "considérer l'alimentation comme une priorité numéro un en 2011". La hausse des prix des produits alimentaires va encourager une hausse de l'offre agricole, mais dans les deux prochaines années "il pourrait aussi y avoir une masse de troubles, les gouvernements pourraient tomber et les sociétés basculer dans le désordre", a affirmé M. Zoellick. La hausse continue des prix des denrées alimentaires, nourrie par la flambée des cours des matières premières agricoles, est une des causes des bouleversements en cours au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La hausse des prix alimentaires a fait tomber entre juin et décembre 44 millions de personnes dans le monde sous le seuil de l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale. Le seuil de l'extrême pauvreté est défini par des dépenses de 1,25 dollar par jour et par personne. D'après les dernières estimations en date de la Banque mondiale, 1,2 milliard de personnes dans le monde sont sous ce seuil. »
Dans « Boursorama » du 1er février 2011 :
Article intitulé : Le prix des aliments provoque des troubles "difficilement imaginables" selon l'OMC
« "La hausse des prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques d'une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer", a déclaré M. Lamy, à l'ouverture d'une conférence de deux jours organisée par l'ONU sur la volatilité des marchés agricoles. Il n'a toutefois pas fait d'allusion directe à la situation en Tunisie et en Egypte, mais a expliqué que cette hausse des prix était une "préoccupation très grande dans le monde". M. Lamy a indiqué que l'augmentation des prix cette année serait "très prononcée" pour le "pétrole brut, le cuivre, l'or, le blé et les graines de soja". Il a souligné le rôle joué, comme en 2008, par la spéculation dans le secteur des produits agricoles. Mais il y a des "caractéristiques différentes dans le bond actuel", a-t-il dit, notamment les "événements météorologiques au Pakistan et en Russie", deux pays qui ont respectivement connu des inondations et des sécheresses.»
Pierre Le Hir dans « Le Monde » du 29 janvier 2011 :
Article intitulé : A Alicante, la révolution du " pétrole bleu ". La première usine au monde de biocarburant extrait d'algues annonce un faible prix de revient par baril
« Du phytoplancton, de l'énergie solaire et du gaz carbonique : tel est le cocktail dont est composé le " pétrole bleu " - la marque est déposée - qui, dans quelques semaines, devrait couler à jet continu sur le site. Une première mondiale. Des bioréacteurs, dans lesquels des algues microscopiques, cent fois plus petites qu'un grain de sable, baignent, en très forte concentration, dans de l'eau enrichie en nitrates et en phosphates, brassée par un mélange d'air et de CO2 récupéré dans les fumées de la cimenterie. " Une fois raffiné, ce fuel léger donnera de l'essence, pour les voitures, du kérosène, pour les avions, ou tout autre produit dérivé du pétrole, comme des plastiques ou des engrais. Plutôt que de pétrole, les responsables de BFS préfèrent pourtant parler de " dépollution " et de " valorisation du CO2 ". La production d'un baril (159 litres) de biopétrole, annonce le fondateur et président de l'entreprise, Bernard Stroïazzo-Mougin, absorbe près de 2,2 tonnes de dioxyde de carbone. La combustion des moteurs des voitures ou des avions - à laquelle s'ajoute le processus de fabrication lui-même -, en relâchera 1,2 tonne dans l'atmosphère. Bilan environnemental : près d'une tonne de CO2 neutralisée par baril. L'un de ces sous-produits est en réalité la clé de la rentabilité économique du procédé. Sur la totalité de la biomasse algale obtenue en réacteur, 3 % sont transformés en acides gras essentiels de type oméga 3, dont la tonne se vend autour de 100 000 euros. C'est ce qui permet à BSF d'afficher un prix de revient de 30 dollars (un peu plus de 20 euros) par baril de biopétrole, défiant toute concurrence. »
Marc Roche dans « Le Monde » en date du 25 janvier 2011 :
Article intitulé : Qui spécule sur les matières premières ? Comment les traders agissent-ils sur ces marchés ? Est-il possible de prévenir la volatilité des cours ?
« " Une des fonctions principales du trader est d'acheminer les matières physiques, bien réelles et tangibles, entre pays producteurs et consommateurs en affrétant par exemple des navires ou en louant des capacités de stockage ", dit Jacques-Olivier Thomann, banquier hors pair. A les écouter, les opérations de trading, pourtant très rentables, sur matières premières ne pèsent guère sur les cours. " Que le prix du pétrole monte ou descende n'a pas d'impact sur notre performance puisque nous sommes dans le négoce de marchandises tangibles, pas dans l'ingénierie financière. Nous sommes des industriels qui tirent les profits des arbitrages géographiques, techniques et dans le temps qui existent naturellement sur les marchés physiques ", insiste Pierre Lorinet, directeur financier de Trafigura. Certes, le négociant doit, entre son achat et sa revente, se protéger d'une baisse éventuelle des prix. Il peut s'écouler plusieurs semaines entre la prise de possession et la livraison des produits sur les marchés de consommation. Pour ce faire, le négociant vend des contrats à terme (futures) sur les marchés organisés de Londres ou de New York. " On est dans l'économie réelle, c'est une activité noble qui n'est pas superficielle " : Jacques-Olivier Thomann n'admet pas qu'on confonde sa profession avec les agissements des spéculateurs. Acheter des barils, en vendre, profiter de la différence des cours au jour le jour et des crises de production n'est pas la devise de ses 400 jeunes collaborateurs. " Au départ, les contrats à terme étaient des outils. Aujourd'hui, ces instruments sont devenus des actifs. C'est une hérésie " : Daniel Jaeggi, cofondateur de la firme Mercuria de trading énergétique, se présente comme un entrepreneur pionnier des marchés émergents, pas comme un financier. La grande majorité des négociants sont des entités privées, qui échappent à l'attention des analystes. L'absence de régulation dans un environnement hyperconcurrentiel encourage l'opacité des transactions. »
Jean-Marc Daniel, professeur à l’Escp Europe, dans « La Tribune » en date du 24 janvier 2011 :
Article intitulé : Le nouveau slogan de Bercy : construire plus pour se loger mieux
« En 1974 très exactement. Raymond Barre, qui vient de quitter la Commission européenne, commente l'actualité. L'audace de Raymond Barre est alors de lier les deux problèmes. Il annonce en effet que, si on laisse le marché fixer librement les cours de l'or, il y aura un rapport fixe entre le prix de l'once et celui du baril de pétrole. Pour Barre, tendanciellement l'once d'or coûtera l'équivalent de 10 barils. Et, de fait, lorsqu'il intervient à Harvard sur le sujet en 1981, ce que certains se mettent à appeler la loi de Raymond Barre - c'est-à-dire l'évolution parallèle des cours de l'or et du pétrole - s'est globalement vérifié. La position de Barre est que l'inflation n'est pas due à la hausse du cours des matières premières mais que la hausse du cours des matières premières est due à l'inflation. Qu'il nous soit permis de dire qu'il avait raison. Les prix montent parce qu'il y a trop de monnaie en circulation. Dans les années 1970, quand Raymond Barre s'exprimait, l'excès de monnaie en circulation avait dans un premier temps enclenché une boucle prix-salaires avant de dégénérer en hausse du cours général des matières premières. Aujourd'hui, l'enchaînement est identique. Seule différence, la boucle prix-salaires se concentre dans les pays émergents. Phénomène d'ailleurs prévisible. Cette inflation dans les pays émergents a même un nom en théorie économique : cela s'appelle l'effet Balassa Samuelson. Derrière ce terme savant, il y a le fait que les pays dont le développement économique est inférieur à celui du pays dominant, à savoir en l'occurrence les États-Unis, ont des prix et des salaires largement inférieurs à ceux du pays dominant en question. Au fur et à mesure que leur efficacité économique et donc leur type de production se rapprochent de ceux des États-Unis, leurs prix et leurs salaires vont vers des niveaux américains. À cette boucle prix-salaires « Balassa Samuelson » vient s'ajouter une hausse du cours des matières premières. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Si la Réserve fédérale ne change pas sa politique, le prix du pétrole va continuer à monter - jusqu'à 130 dollars, soit un dixième du prix de l'once d'or- , mais aussi le prix du blé avec le risque d'émeutes de la faim... En revanche, un changement d'attitude de la Réserve fédérale, comme à l'époque de Volcker, au début des années 1980, nous donnera un contre-choc pétrolier et une baisse sensible du prix de l'or. »
Valérie Riochet dans « L’Agefi Hebdo » en date du 13 janvier 2011 :
Article intitulé : Ventes forcées, les nouvelles opportunités de l'immobilier
« Problème de refinancement et effondrement des valeurs obligent certaines banques et investisseurs à récupérer les immeubles sous-jacents, afin de les vendre. Le malheur des uns, comme souvent, fait le bonheur des autres. Ces autres, ce sont les investisseurs en immobilier, en mal d’actifs. Depuis trois ans au moins, le marché de l’investissement est en berne, avec un total estimé aux alentours de 11 milliards d’euros injectés en immobilier d’entreprise en 2010. Une situation qui s’explique par d’importants décrochages des valeurs et l’arrivée à échéance de prêts contractés entre 2005 et 2008, une période de fort levier ». Un effet ciseau qui pourrait amener la vente pure et simple des immeubles. A l’échéance de la dette, les établissements bancaires ont le choix entre différentes stratégies. « S’il s’agit d’un seul prêteur, il peut jouer les extensions et proroger la durée du crédit en cas, par exemple, de revenus locatifs suffisants, illustre David Lacaze, avocat associé chez Paul Hastings, en charge du département immobilier. En revanche, si le risque est partagé dans le cadre d’une syndication ou d’une titrisation sous participation, certains des créanciers, en fonction de leur rang, n’auront pas intérêt à proroger le prêt dans la mesure où les créanciers seniors n’ont pas de risque de pertes, celles-ci étant supportées par les créanciers juniors. » Résultat, l’immeuble pourrait être récupéré et cédé, à la condition que les intérêts ne soient plus versés par les propriétaires. « Néanmoins, dans le cas d’un refinancement, on observe plutôt le souhait de la banque affectée par des problèmes de liquidités par exemple d’être simplement remplacée par un autre établissement », tempère Jacques Prost. Autre possibilité : la cession de la créance moyennant une décote « auprès d’investisseurs opportunistes qui revendraient alors le bien sous-jacent par l’intermédiaire d’un administrateur judiciaire ou à l’issue de la période de création de valeur », poursuit Philippe Deloffre, directeur Emea Debt Advisory chez CB Richard Ellis. D’autres observateurs vont plus loin en anticipant que certains établissements ou véhicules de titrisation « prendront le risque de ventes forcées des sous-jacents afin de financer leurs coûts de sortie », présage Philippe Deloffre. »
Dans « Boursorama » en date du 11 janvier 2011 :
Article intitulé : Hausse des prix : début d'une crise alimentaire mondiale similaire à celle de 2008
« Le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'Onu s'est alarmé de la hausse des prix des denrées dans le monde, en diagnostiquant "le début d'une crise alimentaire similaire à celle de 2008", dans un entretien au quotidien économique Les Echos publié mardi. "Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l'écart entre la réalité de ces stocks et l'évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd'hui le début d'une crise alimentaire similaire à celle de 2008", s'inquiète Olivier de Schutter. L'explosion des prix alimentaires en 2008 avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde. L'indice mesurant les évolutions de prix d'un panier de céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre est au plus haut depuis sa création en 1990. "Aujourd'hui comme en 2008, il n'y a pas de problème de pénurie. "Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera producteurs et consommateurs contre des prix très volatils", avance Olivier de Schutter. Il appelle également à imposer davantage de transparence sur les opérations de gré à gré sur les marchés des dérivés où, selon lui, "92% des opérations se déroulent dans l'opacité. »
Marie-Christine Corbier dans « Les Echos » en date du 11 janvier 2011 :
Article intitulé : La crise alimentaire est devant nous
« Alors que le renchérissement des denrées alimentaires explique en partie les émeutes en Algérie et en Tunisie, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation s’inquiète de la volatilité des prix des matières premières agricoles. « Nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », prévient Olivier De Schutter. Pour qui près de 80 pays sont déjà en situation de« déficit alimentaire ». Pour améliorer les choses, ce spécialiste international souhaite mieux encadrer les marchés dérivés et prône une meilleure gestion des stocks. »
Eric De La Chesnais dans « Le Figaro » en date du 7 janvier 2011 :
Article intitulé : Les prix alimentaires mondiaux au plus haut depuis 2008
L'ONU, via sa branche spécialisée, la FAO, redoute des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres. Nouveau record pour l'indice des prix alimentaires de la FAO. Chaque mois l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mesure les variations des prix d'un panier de 55 produits dont les céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre… Pour le mois de décembre, cet indice réalisé à l'échelle mondiale s'établit à 214,7 points, soit une hausse de 4,22 %. Il se situe désormais au-dessus de son précédent record de 213,5 points de juin 2008, année des émeutes de la faim dans plusieurs pays en développement. «Les prix ont été dopés par le renchérissement du sucre, des céréales et des oléagineux », souligne Abdolreza Abbassian, économiste à la FAO. Mais ce qui inquiète le plus la FAO, c'est la durée du phénomène. «Cela fait le sixième mois consécutif que notre indice augmente, remarque Abdolreza Abbassian. Toutefois, contrairement à 2008, les prix du pétrole sont nettement plus bas et les récoltes ont été suffisantes dans bon nombre de pays, comme en Afrique centrale et de l'Est», ajoute l'économiste. En Tanzanie, par exemple, la production de maïs est largement autosuffisante. Au Niger, le pays annonce la meilleure récolte de céréales depuis vingt ans. «Il y a six fois plus d'incidents climatiques qu'il y a cinquante ans », remarque Michel Portier, directeur de la société de conseil spécialisé Agritel. «Cela crée une extrême tension sur les marchés», observe Olivier Duval, d'Offre et demande agricole.
Commentaire : Extrait d’un article que j’ai écrit il y a plusieurs années :
Mathieu Laine dans « Le Figaro » du 27 novembre 2009 : « L’élimination de la faim de la surface de la terre nécessiterait, selon le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, 44 milliards de dollars par an d’aides publiques à investir dans les infrastructures, les technologies et les intrants modernes. Cette somme est, dit-il, modeste au regard des 1 340 milliards de dollars dépensés dans l’armement… »
Mon avis : Comment dire après cela qu’on lutte contre la pauvreté ?
Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) répondant à une interview dans « Les Echos » du 13 mai 2008 : Question posée : Le monde connaît une grave crise alimentaire. Comprenez-vous que des pays comme l’Argentine, la Chine ou l’Inde restreignent leurs exportations ?
Réponse : En tant qu’économiste, j’estime qu’assécher l’offre va dans le mauvais sens. En tant qu’homme politique, je comprends. Les économistes voient cela globalement ; les politiques pensent à leur prochain mandat….
Mon avis : Bien qu’ayant le plus profond respect pour le travail et la personne de Monsieur Lamy (homme courageux, honnête et on ne peut plus tenace), je ne peux que m’étonner du pragmatisme de cette réponse. Comment analyser un assèchement de l’offre en termes uniquement économique et politique alors que nous parlons d’un meurtre de millions de personnes par « assèchement » dû à un manque d’eau et de nourriture ?
Allons-nous encore tolérer longtemps que l’on affame et que l’on tue au nom du gain financier des millions de personnes chaque année ?
Non, l’économie de marché n’a jamais consisté à parquer les êtres humains en fonction de leur place dans le jeu financier. Il est temps de mettre fin à ce triage qui consiste à affamer et à faire mourir les Etres Humains qui ne rentrent pas dans le moule des stratégies financières. Hier, Hitler dans sa folie furieuse cachait ses camps de la mort. Aujourd’hui, les financiers et les lobbies les laissent à ciel ouvert. C’est tellement visible que cela en devient plus « acceptable » puisque tout le monde est complice. Ah la transparence…. Point d’idéologie et de folie raciste, xénophobe, antisémite ou autre ignominie. Tout le monde est le bienvenu dans l’idéologie de la finance reine. Tous, sans exception et sans condition aucune….. si ce n’est la plus parfaite insensibilité, le plus parfait silence (naturellement, lorsqu’il est dûment monnayé) et le tout sans aucun remords.
Avant juin 2008 et ses émeutes de la faim : Paul Fabra dans « Les Echos du 12 avril 2008 » : « ….Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté de grands marchés du blé, soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissements en financent le stockage (accaparement). »
Aline Robert dans « La Tribune » en date du 15 décembre 2010 en page 25 :
Article intitulé : La spéculation sur les matières premières atteint des sommets
« La spéculation n’a jamais été aussi intense sur les matières premières cotées aux Etats-Unis. Les intervenants sur les marchés à terme sont classés par grande famille. On retrouve à côté les producteurs et les industriels, qui interviennent sur les marchés pour couvrir leur risque de prix, et de l’autre les opérateurs non-commerciaux : hedge funds ou fonds de pension, par exemple. Leur poids croissant est souvent montré du doigt par les politiques et régulateurs. « Sans eux, il n’y aurait pas eu de pétrole à 147 dollars ; mais il n’y aurait pas non plus de liquidités dans le marché pour que les producteurs puissent se couvrir », constate un expert du secteur. »
Commentaire : Le dernier argument est totalement hors propos car de la spéculation « débridée » naît une accélération des déséquilibres. De ces déséquilibres, un besoin de couverture accru qui lui-même accélère la déstabilisation et détruit ainsi mécaniquement « l’intensité » de la couverture. Nous ne parlerons pas de la déstabilisation géo-politique et des famines créées."
Aline Robert dans « La Tribune » du 8 décembre 2010 en page 26 :
Article intitulé : Manipulez, il n’y a rien à voir sur le cuivre
« Si un seul acteur détenait plus de la moitié des stocks de blé de la première place de marché mondiale, ce serait la panique. Sur le cuivre, la concentration de plus de la moitié des stocks du London Metal Exchange aux mains d’un seul intermédiaire, à priori JP Morgan selon le « Daily Telegraph », ne préoccupe que le microcosme des métaux de base…ce qui s’appelle de la manipulation. »
Muriel Motte dans « Les Echos » daté du 8 décembre 2010 :
Article intitulé : Métal conducteur d’inflation
« Or, cuivre, argent, pétrole, les cours s’emballent à nouveau. Une fébrilité que la Commission européenne et la présidence française du G20 veulent calmer en matant la spéculation qui règne sur les marchés des « commodities ». Mais chacun sait que les fonds d’arbitrage et les ETF, ces fonds indiciels cotés, ne sont pas seuls en cause. Les matières premières grimpent lorsque les craintes d’inflation ressurgissent car les actifs réels protègent mieux l’investisseur que les autres contre un dérapage des prix. L’inflation redoutée a deux origines possibles : d’une part la politique monétaire inédite menée par les Etats-Unis, dont le président de la Banque centrale admet lui-même qu’il ne peut préjuger du résultat sur l’économie réelle. D’autre part, l’appétit des pays émergents dont la croissance et l’élévation du niveau de vie déséquilibrent le jeu de l’offre et de la demande. La production de cuivre progressera de 2,6 % en 2011 alors que la demande mondiale croîtra de 4,2 % avertit Barclays Capital. Malheureusement, acheter des matières premières industrielles et agricoles pour se protéger de l’inflation provoque immédiatement, on le voit aujourd’hui, une accélération dangereuse des prix dans les pays émergents les plus sensibles à ces produits. »
Jean-Jacques Ohana et Steve Ohana dans « La Tribune » daté du 30 novembre 2010 en page 36 :
Article intitulé : Matières premières : l’urgence de la régulation
« Dans ce contexte deux urgences s’imposent aux régulateurs. La première est de décrypter le rôle exact joué par les spéculateurs dans la formation des prix. La seconde est de mettre en place de nouvelles règles du jeu permettant de stabiliser les marchés. On estime que les investisseurs indiciels détiennent aujourd’hui environ 25 % des positions ouvertes sur les marchés dérivés organisés. Investissant massivement dans les phases de hausse, liquidant brusquement leurs positions dans les périodes baissières, ils ont connecté les matières premières au cycle global de liquidité, dont elles avaient été jusqu’alors relativement isolées. La situation depuis la chute de Lehman est devenue caricaturale jusqu’à l’absurde. Les investisseurs oscillent entre un mode d’euphorie, où ils spéculent sur les matières premières, les devises émergentes et les actions contre le dollar, et un mode de panique, où ils dénouent en catastrophe toutes leurs positions. »
Tan Le Quang dans « L’AGEFI » daté du 9 novembre 2010 :
Article intitulé : Les ETP sur métaux industriels dans le collimateur de la FSA
« L’Autorité des marchés britannique a reçu une plainte de plusieurs traders sur métaux et d’autres experts sur les projets de lancement d’ETP. regarder les problèmes que cette plainte soulève», indique la FSA. Le lancement des produits aurait un effet à la fois sur les prix mais aussi sur les stocks, alors que la demande industrielle pour certains métaux est déjà très élevée. Deutsche Bank a récemment calculé dans une étude que si 2% de la demande annuelle mondiale sur le plomb passait par ces ETP, ces derniers devraient héberger 89% des stocks de plomb. En cas de liquidation d’un ETP, l’afflux sur le marché serait tout aussi déstabilisant. »
Laurence Boisseau dans « Les Echos » daté du 9 novembre 2010 :
Article intitulé : Accès aux terres rares : le patronat tire la sonnette d’alarme.
« Sans libre accès aux terres rares, les efforts mondiaux contre le réchauffement climatique, pour l'innovation et la croissance mondiale seront fortement compromis. » D'abord, parce que ce groupe de 17 métaux possèdent des propriétés uniques, notamment en électromagnétisme, qui les rendent utiles dans de nombreuses applications (fabrication de missiles, de produits électroniques de grande consommation, conception de produits issus de la technologie verte, comme les batteries pour les voitures électriques). Ensuite, parce que dépendre d'un fournisseur unique, la Chine, qui contrôle 97 % de la production et décide, selon son bon vouloir et selon sa propre consommation, combien de kilogrammes de ces métaux seront livrés ou non aux pays tiers n'a rien de confortable. D'autant qu'au cours des trois dernières années, la Chine n'a cessé d'abaisser ses quotas d'exportation et a même bloqué en septembre dernier ses ventes vers le Japon, gros consommateur pour l'électronique. Ce qui a provoqué une véritable flambée des prix : entre janvier et août 2010, le samarium s'est envolé de 700 % par exemple. Diversifier les sources d'approvisionnement est plus qu'envisageable. « Si la Chine détient la moitié des réserves en terres rares, ces métaux sont également présents en Amérique du Nord, dans les ex-pays de l'Union soviétique, en Australie et au Brésil. A brève échéance, au moins deux sociétés devraient faire leur entrée en scène : l'américain Molycorp Minerals, qui a racheté la mine de Mountain Pass et qui souhaite la rouvrir prochainement, et Lynas Corp. qui a prévu d'exploiter le Mount Weld, un gisement de terres rares dans l'Ouest australien » D'ici à 2015, la production de terres rares pourrait avoir un tout autre profil. D'autant que consommateurs et politiques ont tous deux envie que de tels projets se développent et prospèrent. »
Michel Portier dans « Le Figaro » daté du 1er octobre 2010 en page 16 :
Article intitulé : Céréales : haro sur la spéculation ?
« Il est trop facile d’incriminer la spéculation, alors que le phénomène actuel n’est que la conséquence de la politique menée par nos responsables nationaux et européens qui ont décidé de démembrer les outils de stabilisation des marchés de la politique agricole commune (PAC). Quoi qu’on en pense, la spéculation joue un rôle majeur dans notre économie. Ainsi, la hausse des cours, liées en grande partie à un déséquilibre à l’export, permet aux investisseurs du monde non agricole d’investir dans notre secteur. Nous avons besoin des capitaux extérieurs et de nouveaux acteurs qui croient aux matières premières agricoles, y investissent et permettent ainsi d’accroître l’offre. La spéculation permet aussi d’afficher au monde entier les déséquilibres en cours. Qui sont les spéculateurs ? Il s’agit en premier lieu des producteurs, des organismes stockeurs, des industriels, bref, de tous les acteurs économiques de la filière. En effet, faut-il interdire à des agriculteurs de stocker leur récolte pour la vendre à un meilleur prix plus tard ? Faut-il limiter les achats des utilisateurs qui souhaitent se couvrir face à une diminution de l’offre et un déséquilibre des marchés ? A trop vouloir en faire, nous risquons d’accentuer encore plus de déséquilibres et de provoquer cette fois-ci de véritables émeutes de la faim. Pourquoi ne pas rendre flexible la capacité d’utilisation de nos usines d’éthanol en fonction des équilibres de bilan ? Il pourrait être judicieux de soutenir la demande lorsque les prix sont bas l’offre abondante, en utilisant à 100% la capacité de nos usines. Cela aurait l’avantage de réduire l’émission de gaz à effets de serre et de soutenir les prix par un accroissement de la demande. A l’inverse, en cas de flambée des prix et de réduction de l’offre, pourquoi ne pas réduire la production d’éthanol et mettre en sommeil nos usines ? »
Philippe Mesmer dans « Le Monde » daté du 25 septembre 2010 en page 12 :
Article intitulé : Les « terres rares » au cœur d’un contentieux commercial entre la Chine et le Japon.
« La situation quasi monopolistiques de la Chine incite les groupes nippons à trouver de nouveaux fournisseurs. D’ores et déjà, les groupes japonais subissent une forte hausse des prix des terres rares. Cela pourrait les inciter à délocaliser leur production en Chine et donner raison à ceux qui voient dans la politique de Pékin une stratégie pour s’approprier une plus grande partie de la valeur ajoutée et pour attirer sur son sol des sociétés maîtrisant les technologies de pointe. »
E.B. dans « Le Figaro » daté du 6 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : Les géants miniers renouent avec les profits en or.
« La hausse des matières premières les incite à relancer leurs investissements. « Ce résultat est incroyable », Jan Du Plessis, président de Rio Tinto » »
Aline Robert dans « La Tribune » daté du 2 août 2010 en page 19 :
Article intitulé : La Cnuced dénonce la volatilité des prix du minerai de fer.
« Le nouveau mode de fixation des prix est jugé peu transparent. L'évolution de l'industrie chinoise, première consommatrice, concourt à la volatilité des prix.
Depuis que leur mode de fixation n'est plus annuel mais trimestriel, soit depuis fin 2009, les prix du minerai sont passés de 100 à 180 dollars la tonne, avant de rechuter. Pour la Cnuced, qui s'associe au point de vue des consommateurs, ce « nouveau système de fixation des prix apporte de l'incertitude au marché du minerai et en réduit la transparence ». « L'essentiel des échanges de minerai de fer se fait aujourd'hui hors marché, le prix du marché au comptant (chinois) est déterminé par seulement quelques contrats », note Lisa Fey à la Deutsche Bank. La Chine ferme des capacités de production de minerai de fer et d'acier pour améliorer l'efficacité de son industrie lourde. Natixis anticipe d'ailleurs un recul des prix de l'acier dès 2011. »
Christine Lejoux dans « La Tribune » du 26 juillet 2010 en page 13 :
Article intitulé : La pénurie des composants fait rage.
« « La demande des clients excède parfois nos propres capacités de production et celles du secteur tout entier », reconnaît Alain Dutheil, directeur général du fabriquant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics. « La reprise de la demande, depuis la fin du premier semestre 2009, est très forte, ce qui n’était absolument pas prévu. » »
Fabrice Nodé-Langlois dans « Le Figaro » du 19 juin 2010 en page 22 :
Article intitulé : L’Europe s’inquiète de l’accès aux métaux rares.
« La Commission européenne a publié un rapport qui s’inquiète de pénuries à venir pour quatorze de ces éléments qualifiés de « critiques ». Hasard de la géologie, la chine, devenue elle-même gros consommateur de ces métaux rares, en concentre dans son sous-sol la plus grande partie. Pékin contrôle ainsi 95% de la production mondiale de terres rares (une famille de métaux employés dans les moteurs hybrides, les lampes LED ou les nanotechnologies), 87% de l’antimoine (semi-conducteurs), ou encore 84% du tungstène (superalliages, électrodes.) »
Aline Robert dans « La Tribune » du 18 juin 2010 en page 38 :
Article intitulé : Les matières premières sont appelées à redécoller.
« Plus 53 % ! Le rythme de la production de voitures en Chine depuis le début de l'année, est en soi un message fort pour les matières premières. David Wilson, analyste sur les métaux à la Société Générale, est d'ailleurs persuadé que 2010 sera l'année du redécollage de la demande des métaux de base. « La production d'acier inoxydable progresse à une vitesse incroyable » constate le spécialiste, soit + 40 % au premier trimestre : du jamais vu. Une forte corrélation unit la consommation de nickel et la fabrication d'acier. La demande de cuivre est par ailleurs très stimulée par la croissance de l'immobilier chinois, surtout par celle des bâtiments bon marché, qui ne sont pas concernés par la bulle immobilière actuelle qui frappe le centre des grandes villes chinoises. Pour l'énergie, les prévisions de la banque font ressortir un baril de pétrole à plus de 100 dollars dès l'année prochaine. « Chaque fois que les stocks rejoignent leur niveau moyen sur 5 ans, on assiste à un regain des cours ; et c'est ce qui est en train de se produire » estime Michael Wittner. Le spécialiste du pétrole de la banque française cite également la production supérieure aux quotas mais très stable des pays de l'Opep, ainsi qu'une demande toujours en hausse dans les pays émergents. Et l'effet BP doit également être pris en considération. La marée noire renforce l'idée d'un retour à des niveaux de prix systématiquement supérieurs aux 100 dollars à partir de 2012. »
« Le figaro » du 16 juin 2010 en page 17 :
Article intitulé : Les prix agricoles pourraient s’envoler.
« Les experts de la FAO et de l’OCDE indiquent « Les cours moyens du blé et des céréales secondaires sur les dix prochaines années seront de 15 à 40% supérieurs, en termes réels (corrigés de l’inflation), à leur moyenne de la période 1997-2006, les produits laitiers devraient être plus élevés de 16 à 45% en moyenne. »»
"Le Figaro" du 31 mai 2010 en page 21 :
Article intitulé : Matières premières : la nouvelle bulle qui menace.
« Le président du directoire du géant de l’acier ThyssenKrupp appelle à une action rapide pour réguler les produits dérivés dans ce secteur, menacé d’une « bulle » dont la dimension « pourrait être encore plus importante que dans le cas de l’immobilier américain, il y a deux ans ». Ekkehard Schulz, dans le magazine Spiegel, affirme avoir des preuves que des opérateurs sont en train de s’organiser pour faire monter artificiellement les prix du minerai de fer. « Si nous ne sommes pas prêts à mener des actions déterminantes contre les spéculateurs sur les matières premières, ils vont devenir une grave menace pour l’ensemble du secteur de l’acier et pour l’économie mondiale. » »
Marjorie Berthouille dans "La Tribune" du 31 mars 2010 :
Article intitulé : Changement historique dans le calcul du prix du minerai de fer.
" Les contrats annuels de livraison de minerai de fer, qui assuraient aux aciéristes des prix relativement faibles, sont sans doute terminés. En signant hier un accord avec le brésilien Vale, les japonais Nippon Steel et Sumitomo ont a priori mis un terme à un système vieux de 40 ans. Les aciéristes ont en effet accepté une hausse de 90 % des prix par rapport à l'année dernière, à 110 dollars la tonne. Mais ils auraient également accepté une part de contrat à prix variable, En attendant, le premier groupe à extraire du minerai, Vale, peut imposer ses prix. Selon le journal brésilien « Valor Economico », le groupe a envoyé à ses clients la nouvelle équation : le minerai brésilien se vendra, cette année, au prix de l'indice calculé par Platts pour le minerai concentré à 62 % de fer, auquel il faudra ajouter près de 20 dollars de frais de transport. Pour Deutsche Bank, cette formule pourrait toutefois rencontrer rapidement ses limites. L'indice calculé par Platts s'appuie sur quelques échanges, et il suffirait donc de peu d'opérations pour l'influencer à la hausse ou à la baisse. Le groupe brésilien proposerait également un prix de fret fixe, alors qu'ils ont beaucoup varié ces dernières années."