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Sabine Syfuss-Arnaud dans « Challenges » du 4 mars 2010 en page 70 :
Article intitulé : La vérité sur…les liens entre l’OMS et les labos.
« L’année 2000 restera marquée du sceau de la psychose avec la peur croissante d’une épidémie de grippe dite « A », « porcine » ou « H1N1 ». 90 millions de vaccins en France. Le 29 décembre, stupeur, Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, avouait à quelques journaux curieux, ne pas être encore vaccinée. Sur le site de l’OMS, on peut trouver, en cherchant bien, la fameuse déclaration d’intérêt des trois membres du Sage, les plus impliqués. L’un est consultant chez Novartis, les deus autres ont reçu des financements pour leurs recherches, l’un de Merck, l’autre de Baxter, GSK et Sanofi, soit, au total, les cinq laboratoires en première ligne pour le vaccin contre la grippe A. Commentaire du chercheur français Yves Charpak, qui fut conseiller à l’OMS pendant sept ans : « L’experts qui n’a jamais travaillé avec l’industrie n’existe pas. Le vrai garde-fou, c’est que beaucoup de scientifiques travaillent avec tellement d’intérêts en même temps, que ceux-ci s’annulent. » Toutefois, estime le Français, l’organisation aurait pu s’entourer de chercheurs « tout aussi compétents, mais avec davantage de recul, moins directement impliqués ». L’Allemand Wolfgang Wodarg, très remonté contre « l’alarmisme » de l’OMS. « J’ai été frappé de voir la panique orchestrée après le passage de le grippe à Mexico. Il n’y a eu que 1 000 morts pour une vielle de 18 millions d’habitants. » D’ailleurs, peu après, en mai, l’organisation changeait la définition de la pandémie, lui enlevant le critère de morbidité (le nombre élevé de décès) et la cantonnant au critère de propagation (le nombre de pays touchés). Il faut aussi souligné que l’OMS a travaillé avec la bénédiction des Etats membres. « Aujourd’hui, on a tendance à minimiser la panique du printemps dernier, poursuite le diplomate. S’il y a eu pression sur l’organisation, c’est moins celles des laboratoires que celle des Etats, tétanisés par le principe précaution. »