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Jean-Marie Muller, philosophe, dans « La Croix » daté du 24 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : Prôner la non-violence aux oppresseurs ?
« Pourquoi est-ce toujours aux opprimés que l’on conseille la non-violence ? Ne faudrait-il pas d’abord la prôner aux oppresseurs L’oppresseur porte la responsabilité première, primordiale, de la violence. »
Sophie Péters dans « La Tribune » du 9 juin 2010 en page 20 :
Article intitulé : Lettre ouverte aux perfectionnistes.
« La perfection est séduisante, le perfectionnisme tyrannique. A tel point que tous les perfectionnistes, n'arrivant jamais à être à la hauteur, traversent plus ou moins vaillamment des épisodes de profonds découragements. Nos exigences au lieu de nous soutenir nous fragilisent. Elles ne reconnaissent pas nos succès, partant du fait que ne pas réussir à 100 % c'est rater ! Aux perfectionnistes, il n'est pas donné de savoir relativiser, de prendre la vie sans gravité, de ne garder que des demi-succès et de savoir apprendre des défaites salvatrices. Bref, de voir la vie en couleurs. Epuisé dans sa quête obsessionnelle le « parfait en tout » est un candidat idéal pour le « burn out »... Or, comme le croit tout perfectionniste qui se respecte, renoncer à cette quête n'aboutit ni au laxisme ni à la médiocrité. Juste à apprendre à bien faire... à faire de son mieux. Pour être plus humain tout simplement. Et surtout plus souple, en bonne posture pour faire face aux chocs de l'époque. Nous sommes un entre-deux, mélange subtil de ce que nous savons réussir et rater. Alors gardons à l'esprit ce magnifique poème de Rudyard Kipling : « Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front... tu seras un homme mon fils. » « Oser, c'est perdre pied momentanément. Ne pas oser, c'est se perdre soi-même », Kierkegaard, philosophe. »
Elizabeth Badinter, philosophe, dans « Le Nouvel Economiste» du 3 novembre 2009 page 10 :
« On est perpétuellement dans l’instant alors que toute réflexion requiert du temps et aussi du doute. Or regardez les politiques, les journalistes, les gens amenés à s’exprimer publiquement : jamais personne ne les entend dire : « je ne sais pas » ni même, « donnez-moi le temps d’y réfléchir ». En encourageant cette instantanéité, Internet produit cet effet paradoxal : il nous ouvre l’univers, il nous permet de gagner l’espace, mais il est en train de nous faire perdre le temps et par là aussi de nous couper de l’histoire. Cette extension de l’espace au détriment de la profondeur de l’histoire nous a coupé de la conscience du passé, laquelle est pourtant absolument indispensable à la construction d’une société. Le politiquement correct est une forme de nivellement effrayante ; l’annihilation de la réflexion personnelle. La nécessité du consensus, de penser comme tout le monde est de plus en plus impérieuse, au point que la chose la plus difficile aujourd’hui, consiste à dire « non » et à être minoritaire. »