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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
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- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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Didier Burg dans « Les Echos » du 9 janvier 2012
Article intitulé : Des millions de Néerlandais vont être privés d'une partie de leur retraite
« Les lendemains vont déchanter pour des millions de futurs retraités néerlandais. Brisant un tabou que les fonds de pension voyaient comme une extrémité impensable, une baisse du montant des allocations retraite est quasiment inéluctable aux Pays-Bas. Une situation qui ne s'était pas produite depuis soixante ans. « L'aggravation de la crise financière en 2011 va vraisemblablement obliger un grand nombre de fonds de pension à annoncer une réduction des retraites servies à leurs adhérents », a déclaré sans ambages Klaas Knot, le président de la banque centrale néerlandaise, organisme de tutelle et de contrôle des fonds de pension. Propre à créer un vent de panique dans l'opinion publique, l'institut d'émission néerlandais a même fixé un plafond aux baisses de ces prestations qui ne pourront, dans un premier temps, excéder 7 % des allocations initialement prévues. De fait, sur les 450 fonds de pension que compte le royaume batave, 125 d'entre eux, auxquels sont affiliés 8 millions d'actifs néerlandais, devraient passer à l'acte dès avril 2013, précise la banque centrale. Toutefois, indique la banque centrale, les retraites servies ne devraient être, en moyenne, rognées que de 2,5 %, soit bien en deçà du plafond maximal de 7 %. « Une décision d'autoriser des baisses plus importantes sera prise début 2013 », a cependant déjà indiqué l'institut d'émission. »
Commentaire : Vive la retraite par répartition !
Virginie Malingre dans « Le Monde » du 3 juin 2011
Article intitulé : Des milliers de Britanniques menacés par la crise d'un groupe de maisons de retraites
« On croyait le principe " too big to fail " réservé au secteur financier. Voilà qu'en Grande-Bretagne, la question se pose de savoir si l'adage ne devrait pas aussi valoir pour les maisons de retraite. Mercredi 1er juin, le groupe Southern Cross, premier opérateur privé du secteur, a unilatéralement décidé de ne payer que 70 % de ses loyers pour la période qui court jusqu'au 30 septembre. Il prend ainsi le risque de se voir attaquer en justice par des propriétaires lésés et de devoir déposer le bilan. Southern Cross, c'est 750 maisons de retraite et 44 000 salariés, mais c'est surtout 31 000 clients, des hommes et des femmes âgés qui ne sont généralement plus autonomes et qui risquent de perdre leur toit dans cette affaire. " Ce ne sont pas des usines qui sont menacées de fermeture, mais une part essentielle du tissu social de nos villes ", s'est alarmé Paul Kenny, secrétaire général du syndicat GMB. C'est d'abord à sa stratégie aventureuse que l'entreprise doit s'en prendre. Après avoir racheté tous azimuts des concurrents et vendu son patrimoine immobilier - sous la férule du fonds d'investissement Blackstone, avant que celui-ci décide d'empocher ses profits en introduisant Southern Cross en Bourse en 2006 -, elle s'est retrouvée à payer des loyers extravagants qui l'ont empêchée d'investir ces dernières années et auxquels elle ne peut désormais plus faire face. »
Commentaire : Tout n’est pas privatisable, tout ne doit pas être permis aux fonds d’investissement. La finance sans la socio-économie s’autodétruit. N’oubliez pas ! Les guerres ont toujours été des guerres financières. Même si par la suite elles ont été déguisées en guerre de religion ou autre.
M.P dans « Les Echos » du 18 mars 2011 :
Article intitulé : Pour l’OCDE, il faut relever davantage l’âge légal de départ à la retraite
« « Pour la plupart des pays de l’OCDE, la viabilité financière n’est pas garantie si les âges de départ à la retraite ne sont pas augmentés au-delà des dispositions actuelles.» Aujourd’hui, dans les 34 pays membres de l’Organisation, l’âge légal moyen de départ à la retraite est de 63 ans pour les hommes, et de 62 pour les femmes. A l’horizon 2050, il approchera 65 ans pour les deux sexes. La période de la vie passée à la retraite a crû de 13,4 à 16,5 ans en moyenne entre 1960 et 1993. En particulier, les femmes (dont le taux d’activité a considérablement augmenté) ont vu ce laps de temps grimper de 4,8 à 21,6 ans en 33 ans jusqu’en 1993.A l’horizon de 2050, sur la base des projections des démographes des Nations unies, l’écart entre l’espérance de vie et l’âge légal de la retraite va s’élargir : 20,3 ans pour les hommes et 24,5 ans pour les femmes. « Et ce en dépit des relèvements planifiés de l’âge légal de la retraite », souligne l’OCDE.« Seuls cinq pays ont accru l’âge de la retraite dans des proportions suffisantes à stabiliser aussi bien pour les hommes que pour les femmes la durée de la période de vie du retraité dans les quatre décennies à venir. Quatre autres pays ont agi dans ce sens uniquement pour les femmes », détaille l’institution. Voici les pays bons élèves appartenant à la première catégorie : la Hongrie, l’Italie, la Corée du Sud, la Turquie, le Royaume-Uni. Ceux de la seconde liste sont : l’Australie, l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie. Que faire pour coller aux premiers de la classe ?« Pour garder le rythme de la progression anticipée de l’espérance de vie jusqu’en 2050, l’âge effectif de départ à la retraite devrait augmenter à environ 66,5 ans pour les hommes et à près de 66 ans pour les femmes », selon l’OCDE.Une alternative ? L’établissement d’une corrélation automatique entre niveaux des retraites et espérance de vie. Une politique qui a peu de succès. Sept pays l’ont adoptée. »
Anne Bodescot dans « Le Figaro » du 11 mars 2011 :
Article intitulé : Le Fonds de réserve des retraites parie sur les pays émergents
« Le FRR, change de stratégie. La réforme des retraites votée l’an dernier a modifié sa mission, et le contraint à se montrer plus prudent. Initialement, les capitaux qu’il gère (37,5 milliards d’euros aujourd’hui) devaient servir à venir en aide aux régimes de retraite par répartition à partir de 2020 et jusqu’en 2040. Un horizon de placement long qui autorisait une gestion largement tournée vers les actions (45 % du portefeuille en moyenne), dans l’espoir de doper la rentabilité. Mais les pouvoirs publics, attachés à réduire les déficits, ont décidé de le mettre à contribution plus tôt que prévu. Il doit désormais verser chaque année 2,1 milliards d’euros à la Cades, la Caisse d’amortissement de la dette sociale, jusqu’en 2024. Sans oublier le versement du reliquat à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse en 2020. Pour pouvoir honorer ces engagements, même en cas de crise sur les marchés financiers, il a décidé de faire la part plus belle aux placements moins risqués. Comme beaucoup d’autres investisseurs institutionnels, il mise donc désormais davantage sur les obligations. Elles représenteront en moyenne 61,2 % de son portefeuille. Il s’agira, pour moitié, d’emprunts d’État français, pour un quart d’emprunts d’autres grands pays de l’OCDE et, pour le dernier quart, d’obligations d’entreprises de qualité. Mais le FRR croit toujours aux vertus de la diversification et des placements plus offensifs, même s’ils sont plus chahutés. En 2008, la crise financière s’était soldée, pour lui, par une perte de 24 %. L’an dernier, la gestion financière a rapporté 4,2 %, soit un gain net de 1,5 milliard d’euros. Depuis l’origine, la performance est de 3,1 % par an en moyenne, soit 1,6 % de plus que l’inflation. « Un résultat honorable compte tenu de la crise et de la durée plus limitée que prévu des investissements », ajoute Yves Chevalier. Le FRR consacrera donc encore 38,8 % de ses actifs (environ 15 milliards d’euros) à des placements risqués, mais en principe plus rentables. Mais, là aussi, il change de tactique, pour mettre le cap sur les actions et les obligations des pays émergents (Chine…). Il a déjà commencé à réduire le poids des valeurs européennes dans son portefeuille. »
Commentaire : 61,2% du portefeuille sur des obligations ! Je veux bien que l’Etat ait de nouveau changé « son fusil d’épaule » mais de là à paupériser le fonds à hauteur de 61,2% cela relève de l’absurde dans la situation actuelle des taux, de la situation économique, des marchés financiers, de l’objectif intermédiaire (verser chaque année 2,1 milliards d’euros à la Cades, sans oublier le versement du reliquat à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse en 2020) et final de ce fonds. Enfin, le FRR choisit d’aller soutenir (profiter ou parier sur) la bulle des pays émergents. En ce qui me concerne, je pense que le FRR se trompe depuis le début. Quand nos capitaux vont-ils servir notre économie ? Quand nos capitaux vont-ils être gérés en dehors des dogmes passés, dogmes qui ont conduit nos pays dans des impasses intellectuelles ? J’écris bien des impasses intellectuelles car elles ne relèvent en rien d’impasses opérationnelles et/ou réelles.
Jean-Francis Pécresse dans « Les Echos » en date du 10 janvier 2011 :
Article intitulé : Entreprises : les séparations à l’amiable s’envolent
« Un bond de 31 % en 2010. Après trois ans, le cap des 500.000 ruptures conventionnelles bientôt franchi. Peu de contentieux mais un risque de préretraites déguisées. Le Medef se félicite de ce « succès ». La croissance des inscriptions pour rupture à l’amiable pèse en outre de plus en plus sur les finances du régime d’assurance-chômage. Opposante à l’accord qui a permis la création du dispositif, la CGT évalue à 1,3 milliard d’euros, pour l’année 2010, le coût des allocations liées aux séparations amiables. »
Commentaire : Quel anachronisme, à l’heure où l’on veut augmenter le nombre d’années de cotisation pour la retraite, l’on continue de pratiquer, via les séparations à l’amiable, les pré-retraites. Et pour cause !
A l’heure où l’on parle de travailler plus pour gagner plus, l’on ne veut pas revenir sur les 35H. Et pour cause !
Alors que l’économie devrait « tourner » du fait de la consommation du plus grand nombre, on paupérise ce « plus grand nombre » afin de maintenir un retour financier pour quelques uns. Retour financier d’autant plus éphémère qu’il s’autodétruit à terme par le manque de consommation du « plus grand nombre ».
Certes, depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat issu du travail est remplacé, par la virtualité des hausses boursières et immobilières. Mais, cette virtualité voit ses limites lorsque le manque de pouvoir d’achat issu du travail du plus grand nombre se répercute sur l’immobilier et/ou le financier. Nous passons du krach économique latent (pourvoir d’achat issu du travail remplacé par la valeur virtuelle boursière et/ou immobilière), au krach financier (le faible pouvoir d’achat ne justifie plus les délires boursiers et immobiliers). Certes, l’on peut essayer de sauver momentanément la situation par des taux faibles et une politique fiscale mettant à la charge de l’ensemble une partie des coûts d’acquisition d’une minorité. Mais cette politique ne fait que reporter et aggraver le problème. Ex : Loi Scellier, prime à la casse etc…
Il devient primordial que nous acceptions de changer notre réflexion sur la notion de travail. Quelle différence entre une personne qui utilise son temps (temps de loisir ou temps de retraite) pour consommer, et donc fournir du travail à autrui, et une personne qui utilise son temps (temps de travail) à la réponse de la consommation ? La première travaille à donner du travail (fournisseur de travail) ; la deuxième répond à ce travail demandé (consommateur de travail). Dans les deux cas, la résultante du temps est bien le travail. Le problème n’est pas le temps de travail ou le nombre de retraités. Le problème vient de l’inadaptation de nos raisonnements face aux réalités actuelles et à la notion de « travail ». Nous devons réfléchir à la fin des accélérations des cycles de consommation « boostés » par le crédit, les avantages fiscaux et autres actions de ce type. Inciter à la consommation, oui ; « booster » la consommation en créant une inflation, non. Il faut défiscaliser la consommation de certains biens et services courants (en contrôlant les prix pour éviter l’inflation). Cette action d’incitation en se répercutant sur l’ensemble de la population créera une réelle dynamique de consommation.
La consommation et l’innovation déterminent un travail à fournir. Ce travail doit être réparti sur le plus grand nombre afin de s’assurer une consommation « régulière ». C’est dans cette optique que le temps de travail doit être ajustable et à géométrie variable en fonction des besoins.
Réflexion : Vaut-il mieux gagner beaucoup pendant quelques années et en perdre une grande partie lors des krachs ou gagner moins, mais plus régulièrement, sans que cela ne se fasse au détriment du plus grand nombre ?
Plus grand nombre qui tôt ou tard dira NON à la paupérisation et OUI à des initiatives type « Cantona ».
Michel Aglietta, économiste ; Claude Alphandéry, président du Conseil national de l'insertion par l'activité économique ; Antoine Bozio, économiste (University College de Londres) ; François Chérèque, secrétaire général de la CFDT ; Julia Cage, économiste (université Harvard) ; Denis Clerc, économiste ; Christophe Deltombe, président d'Emmaüs France ; Michel Dreyfus, historien CNRS ; François Dubet, sociologue ; Marie-Thérèse Lanquetin, juriste ; François Legendre, économiste ; Eric Maurin, économiste ; Olivier Mongin, directeur de la revue "Esprit"; Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef de la revue "Esprit" ; Bruno Palier, chercheur, spécialiste des retraites (CNRS-Sciences Po) ; Hélène Perivier, économiste ; Thomas Piketty, économiste (Ecole d'économie de Paris) ; Francois Soulage, président du Secours catholique ; Alain Touraine, sociologue ; Michel Wieviorka, sociologue dans « le Monde » daté du 9 septembre 2010 19 :
Article intitulé : Une autre réforme des retraites est possible !
« Nos systèmes de retraite par répartition sont confrontés aux défis du vieillissement de la population. Leur équilibre financier doit rester une préoccupation majeure des pouvoirs publics comme des partenaires sociaux si nous ne voulons pas ouvrir un boulevard à la retraite par capitalisation. Pour autant, le projet de réforme des retraites proposé dans l'urgence par le gouvernement pour répondre aux exigences de la notation financière et crédibiliser la signature de la France sur le marché de la dette publique, ne garantit pas, à long terme, la pérennité de notre système par répartition. Bien au contraire, il aggrave les injustices. Dans un pays où, depuis plusieurs décennies, les jeunes servent souvent de "variable d'ajustement" comme en témoignent la précarisation et l'appauvrissement d'une grande partie de la jeunesse, la réforme proposée ne rééquilibre pas non plus les rapports entre les générations, ne prévoyant pas de financement au-delà de 2020. Désormais, ceux qui ont commencé à travailler entre 14 ans et 18 ans devront cotiser quarante-trois ou quarante-quatre ans. Or, chaque année, près de 100 000 jeunes commencent à travailler à 18 ans ou moins. Car seule la protection de la collectivité permet les véritables choix. En prenant en compte l'ensemble de la carrière des salariés, le nouveau système se doit de supprimer la pénalisation dont sont aujourd'hui victimes les salariés aux carrières longues et aux faibles progressions salariales. La solidarité nationale pourrait être mise à contribution pour mieux intégrer dans le calcul de retraite les périodes de congé maternité, de chômage ou de formation. En outre, une véritable réforme des retraites ne peut se concevoir isolément d'une vigoureuse politique de l'emploi qui permette le maintien des seniors comme l'accès des femmes et des plus jeunes à des emplois stables."
Didier Burg dans « Les Echos » daté du 20 août 2010 en page 5 :
Article intitulé : Des retraités néerlandais pénalisés par les difficultés de leurs fonds de pension.
« Pour la première fois dans l’histoire économique des Pays-Bas, des fonds de pension s’apprêtent à amputer la retraite de milliers de pensionnés néerlandais. Cette annonce qui a provoqué une onde de choc dans l’opinion, a été faite par le ministre des Affaires sociales et par la Banque centrale néerlandaise. Une quinzaine de fonds de pension vont rogner de 1% à 14% le montant des prestations mensuelles. Il avait été décidé de repousser cette éventualité en 2012, mais l’embellie n’est pas venue. » »
Commentaire : Ce type de situation montre qu’il est IMPERATIF de garder notre système de répartition. Contrairement à ce qui est claironné tous les jours, ce système est totalement viable. A partir du moment où l’économie ne fabrique plus de paupérisation. Paupérisation qui n’est créée que par nos dogmes et non par la réalité ou la compétitivité etc... Imaginez ce que cela pourrait donner en termes de révolte sociologique si cette situation touchait une grande partie des fonds de pension. Imaginez les effets systémiques SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier. Le problème n’est pas les montants distribués mais leur retour dans le circuit économique et financier. Et si nous réfléchissions en termes de dynamique et non plus uniquement de flux ? En mathématique, il y a les mathématiques additionnelles (pour les éléments de base) et les mathématiques combinatoires (pour la réalité), dans nos raisonnements, nous devons cesser de prendre les flux (mathématique additionnelle) comme la réalité et raisonner en dynamique (mathématique combinatoire) SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière.
Valérie Segond dans « La Tribune » du 10 juin 2010 en page 13 :
Article intitulé : Retraites : que serait une réforme pour les jeunes ?
« Et si on profitait de la réforme des retraites, non seulement pour assurer le financement du système, mais aussi pour corriger le déséquilibre entre générations ? Pour stopper net la dégradation continue depuis trente ans de la situation des jeunes adultes par rapport à celle des retraités ? Pourtant, si l'application de la réforme est progressive, c'est bien « les jeunes » de moins de 50 ans, et eux seuls, qui la paieront plein pot. Le rééquilibrage suppose d'abord un alignement de tous les régimes - celui de la fonction publique absorbe 31 % des pensions pour seulement 12 % des retraités -, ensuite un allongement de la durée de cotisation. »
Philippe Bruneau, directeur central de la banque Neuflize OBC, et Frédéric Bonnevay, économiste, dans « La Tribune » du 9 juin 2010 en page 12 :
Article intitulé : Retraites : vers un traitement de choc.
« Le vieillissement des populations et un chômage structurel élevé remettent en cause la pérennité de ces deux systèmes. Une sous-tarification des droits et un bénéfice démographique complaisamment supposé ont longtemps fait loi. Les symptômes de ce mal sont aujourd'hui manifestes : les taux d'actualisation démesurés de nombreux fonds de pension - 8 % dans le cas de Calpers - répondent aux taux de rendement insoutenables des régimes en répartition - besoins de financement proches de 2 % du PIB en France, dès 2020. Les rendements recherchés par les fonds de pension et les fonds de réserve doivent être au moins égaux à leurs taux d'actualisation : si ces taux sont excessifs, seule une prise de risque accrue pourra les justifier. Ces institutions, qui ont massivement investi leurs ressources en obligations (au-delà de 40 % en France en 2008), seront donc contraintes de se tourner vers des actifs plus volatils, dans un vaste mouvement de réallocation, source de déséquilibres. Le creusement des déficits sociaux, comme celui des déficits budgétaires, pose la question de la soutenabilité des politiques publiques. Les remèdes sont connus et leur application, à terme, inévitable : les réformes envisagées finiront par s'imposer à une opinion encore récalcitrante. Pour l'heure, un ajustement à la marge peut encore retarder la faillite. Mais pour éviter une complète déstabilisation des marchés, un traitement de choc est nécessaire. »
Louis Chauvel, sociologue, professeur à Science Po dans "Le Monde" du 27 mai 2010 en page 18 :
Article intitulé : Le débat sur les retraites occulte celui sur l’horizon bouché de la jeunesse.
"Au dernier trimestre 2009, le taux de chômage des jeunes a battu un record historique : 24 %. Mais tout cela semble ne compter pour pas grand-chose par rapport au seul enjeu qui passionne le public : celui de l'avenir de "notre retraite". Peu importe l'horreur économique, si nous pouvons disposer après 60 ans d'argent et de loisir pour oublier les peines de la vie de travailleur, comme 15 millions de nos concitoyens. La discipline gouvernementale à droite et le bon sens politique à gauche font taire ces voix isolées qui tendent à rappeler, brisant ainsi un tabou, que les jeunes seniors auraient les moyens de contribuer à notre avenir, eux qui ont plus que profité du passé des "trente glorieuses" dans leur jeunesse et qui, souvent, leur a mis le pied à l'étrier. La réalité est que jamais le taux de pauvreté des seniors n'a été aussi bas par rapport à une jeunesse paupérisée. Jamais leur revenu moyen n'a dépassé si nettement celui des générations de travailleurs, jamais leur patrimoine net moyen accumulé n'a été aussi élevé, comparé à celui des nouvelles générations. Jamais le taux de propriété ne les a mieux protégés de la crise du logement vécue par les jeunes. Jamais ils ne sont partis plus longtemps en vacances, aussi, alors que, depuis 1979, cette pratique a régressé chez les adultes d'âge actif. Les jeunes seniors de 2020 seront la variable d'ajustement des problèmes de retraite, comme les jeunes chômeurs et précaires sont celle du monde du travail. Ni les uns ni les autres, par pragmatisme électoraliste sans doute, n'ont intérêt à heurter les sensibilités d'une population de retraités qui n'ont jamais été aussi actifs politiquement. Mais l'injustice suscite l'injustice, avec l'émergence de générations doublement sacrifiées, dans leur jeunesse d'abord, puis dans leur séniorité ensuite. C'est écrit, pour 2025. »
Dans « Le Monde » du 10 avril 2010 en page 2 :
Article intitulé : 826 euros la retraite moyenne des femmes en 2008.
«Selon une étude de la Direction des études (DRESS) des ministères sociaux, la retraite moyenne perçue par les femmes en 2008 (retraite de base + retraite complémentaire) – hors pensions de réversion qui sont encore plus faibles -, s’est élevée à 826 euros, et celle des hommes à 1 426 euros. Soit une pension moyenne de 1 122 euros mensuels. Quinze millions de personnes étaient affiliées à un régime de retraite en 2008, soit un nombre qui augmente de 500 000 par an depuis 2006, en raison de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations du baby-boom, nées à partir de 1946. »
Nicolas Marques, chercheur associé à l’Institut économique Molinari, dans "Les Echos" du 7 avril 2010 en page 3 :
Article intitulé : Retraites : cessons d’abuser des générations futures.
« En matière de retraite, tout se négocie, à commencer par ce que l’on peut dire ou ne pas dire. Pas questions de heurter les syndicats ou d’inquiéter inutilement les Français. Les simulations préparées pour le Conseil d’orientation des retraites ne font pas exception à la règle. Deux scénarios seront construits, avec une hypothèse de taux de chômage à 4,5% en 2024 et une moins optimiste, retiendra un chômage de 7% en 2022. Or ces taux de chômage, inférieurs de 4,5% et de 2% au chômage actuellement mesuré, n’ont jamais été atteints depuis des décennies. Il faut en effet remonter à 1978 pour constater un chômage à 4,5% et à 1982 pour un chômage à 7%. Les transferts publics représentent en France 85% des revenus des personnes de plus de soixante-cinq ans, soit un record dans les pays de l’OCDE, en moyenne à 61%. »
Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa dans "La Tribune" du 31 mars 2010 en page 15 :
Article intitulé : Sauvegarder notre système de retraite solidaire.
« C’est près de 100 milliards d’euros qu’il faut trouver à l’horizon de 2050. Et, à plus court terme, environ 30 milliards d’euros en 2020. Et la crise ne facilite pas les recherches de solutions. Sans doute ces chiffres, qui renvoient à des horizons de moyen et long terme, sont-ils affichés dans le but de faire peur et de légitimer des sacrifices à court terme, en oubliant qu’ils reposent sur des projections économiques sur lesquelles pèsent de lourdes incertitudes.»
Yves de Kerdrel dans "Le Figaro" du 30 mars 2010 en page 15 :
Article intitulé : Le débat interdit sur les retraites.
« Un cadre qui commence sa carrière autour de 25 ans sur la base d’un salaire de 40 000 euros peut espérer la terminer – ne serait-ce que par le jeu de l’ancienneté – à 65 ans avec une rémunération de 200 000 euros. Pendant ces quarante années de travail, lui et son employeur vont acquitter des cotisations Agirc-Arrco, qui devraient à terme lui assurer une pension plus décente que celle promise par la Sécurité sociale. On estime à 30 000 euros par an, en moyenne, le montant ainsi libéré à ces organismes. In fine, il recevra, sur les bases actuelles, de la part de ces organismes de retraite complémentaire une pension de 60 000 euros par an, lorsqu’il aura liquidé ses droits.
Imaginons maintenant que ces 30 000 euros de cotisations annuelles (la moitié payée par l’employeur et l’autre par le salarié) aient abondé un fonds de capitalisation, le plus prudent qui existe, par exemple un fonds placé en obligations d’Etat à 4%. Difficile, dans ce cas, de parler de spéculation. Au bout de quarante années de cotisations, il aurait droit – c’est purement mathématique ! – à un capital de 2 850 000 euros. Placé de nouveau à 4%, ce capital assurerait une rente annuelle de 114 000 euros, soit près du double du montant versé par les régimes de retraite complémentaire. Surtout, il permettrait à chacun de bénéficier au terme de sa vie professionnelle d’un capital susceptible d’être transmis à sa veuve ou à ses enfants. Actuellement, il cotise le même montant pour avoir une pension deux fois inférieure et ne pas être propriétaire du capital .»
Michel Godet, professeur au CNAM, titulaire de la chaire de prospective stratégique, membre du CAE, dans « Challenges » du 25 mars 2010 en page 40 :
Article intitulé : L’insupportable inégalité devant la retraite.
« Les fonctionnaires représentent 12% des pensionnés, mais touchent 31% des retraites versées par l’Etat. Et ils en profitent plus longtemps, compte tenu de leur espérance de vie. C’est la conséquence des différents avantages qui perdurent au profit du secteur public. Autre inégalité liée au statut, dans le privé, plus de la moitié des salariés partent en retraite en étant au chômage ;dans le public, où l’emploi est garanti, les derniers mois sont souvent l’occasion d’une dernière promotion. L’espérance de vie varie fortement d’une région à l’autre. A l’exception de l’Ile-de-France, on constate une espérance de vie à la naissance de deux ans plus élevées au sud de la Loire par rapport au nord (l’écart est même de quatre ans avec le Nord-Pas-de-Calais). Si l’on cumule ces différences, tout se passe comme si l’ouvrier du Nord-Pas-de-Calais vivait douze ans de moins qu’un cadre du public de la région PACA. Ces chiffres sont socialement explosifs, c’est sans doute la raison pour laquelle ils ne sont jamais mis en avant. »