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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
Comprendre :
- la Mondialisation et l'Europe
- les cycles boursiers
- les cycles immobiliers
- l'économie et les cycles financiers
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STEPHANE HESSEL
Stéphane Hessel, propos recueillis par Josyane Savigneau, dans « Le Monde » en date du 15 janvier 2011 :
Article intitulé : L’économie financière est le principal ennemi
« Malheureusement, après la chute du mur de Berlin, s'est ouverte une période où il n'y avait plus qu'une idéologie dominante, contestée uniquement par des fous furieux comme Al-Qaida, et qui a foncé dans plus de compétition, plus de production, plus de profit. C'est ce qui me rend malheureux pour notre Europe, dont les valeurs fondamentales sont des valeurs de démocratie sociale, aujourd'hui menacées par une économie de profit. Individuellement, les Français sont contents d'eux-mêmes. Quand cela ne va pas, ils sont choqués et pensent n'y être pour rien, tandis que les Allemands ou les Anglais se disent qu'ils y sont peut-être pour quelque chose. Mais ce qui est le plus grave actuellement, c'est que personne en France ne respecte plus les dirigeants. L'économie financiarisée est le principal ennemi. Les problèmes nouveaux et graves d'aujourd'hui, plus difficiles à détecter qu'au temps de la guerre, exigent le recours à des valeurs aussi fondamentales qu'à l'époque. Il faut qu'il y ait en Europe suffisamment de parlementaires pour qu'il y ait une majorité qui puisse lutter contre la collusion entre le politique et l'économique, contre les Barroso de ce monde. Oui. Il était légitime de vouloir faucher les OGM. Lorsque quelque chose de légal apparaît comme illégitime, on a toujours le droit de s'y opposer avec véhémence et efficacité. Mais il ne faut pas que ce soit un sentiment personnel, quelque chose qui déplaît, il faut que cela réponde à des valeurs. J'ai applaudi à la création de l'Etat d'Israël, qui reste un Etat démocratique. Mais le comportement d'un certain nombre de gouvernements israéliens à l'égard des Palestiniens et des Arabes israéliens est insupportable. A l'égard du Hamas et du terrorisme, je n'ai aucune indulgence. Mais la légitimité d'une révolte contre une oppression fait qu'on ne peut pas condamner sans comprendre. »
Sabine Syfuss-Arnaud dans « Challenges » en date du 8 janvier 2011 :
Article intitulé : Stéphane Hessel popularise ses indignations
« « L’écart croissant entre riches et pauvres », « la course à la croissance irraisonnée », « la dictature des marchés financiers », la protection sociale qui se délite. « C’est tout le socle des conquêtes de la résistance qui est aujourd’hui bradé ». Pour le compagnon du général de Gaulle à Londres, « la situation actuelle a quelque chose de comparable à celle de l’après-guerre. Mais à l’époque, face à Vichy et au nazisme, les enjeux étaient simples. Aujourd’hui, dans un monde compliqué, il est essentiel de décortiquer les vrais défis ». »
Commentaire : Dans mon article du 3 janvier sur Stéphane Hessel (et dans d’autres), je fais référence au nazisme. Cette référence me vaut parfois des remarques du style « Tu y vas trop fort ». Comme j’aimerais avoir tort !
« Sachez dire non pour être digne de votre liberté. Ne jamais accepter de devenir, petit à petit, de façon insidieuse le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable. »
Et si nous acceptions, via nos choix financiers, de relever le vrai défi de ne plus être le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable ?
Merci Monsieur Hessel, merci Stéphane !
Article du 3 janvier : http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/revue-de-presse/stephane-hessel.php
Thomas Wieder, propos de Stéphane Hessel, dans « Le Monde » en date du 3 janvier 2011 :
Article intitulé : « Indigniez-vous ! », un cri qui porte loin.
La brochure publiée, en octobre, par une petite maison d'édition, a déjà rencontré près de 500 000 lecteurs
« En quarante ans de vie de libraire, je n'ai jamais vu un tel phénomène ! " Jean-Marie Sevestre, le patron de Sauramps, la grande librairie du centre de Montpellier, n'en revient pas. Depuis le 1er décembre 2010, il a vendu 8 500 exemplaires d'Indignez-vous !, la brochure de Stéphane Hessel (Indigène, 32 p., 3 euros). " C'est de la folie. Le 24 décembre, certains clients en ont acheté cinq ou dix pour les offrir. Je pensais que ça allait se calmer après Noël, mais non : depuis, on en vend encore 400 par jour ! " Le programme, quant à lui, s'articule autour de deux textes. Il s'agit d'abord des mesures adoptées, en 1944, par le Conseil national de la Résistance, qui préconisait " l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale ". Il s'agit ensuite de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), à la rédaction de laquelle Stéphane Hessel a participé comme chef de cabinet d'Henri Laugier, alors secrétaire général adjoint de l'ONU. Hessel, on le voit, brasse large. A l'exception de sa position déjà connue depuis longtemps sur le Proche-Orient, et contre laquelle s'est notamment élevé le politologue Pierre-André Taguieff, les causes qu'il défend, comme les textes auxquels il se réfère, sont on ne peut plus consensuels. Telle est sans doute l'une des clés du succès. Une autre tient à l'auteur : né en Allemagne, en 1917, et installé en France depuis 1924, il est l'incarnation parfaite de " l'homme européen " ; rallié au général de Gaulle, dès 1941, puis déporté à Buchenwald et à Dora, il suscite l'admiration des héros et l'empathie des victimes ; normalien féru de poésie et diplomate rompu aux négociations multilatérales, il cultive une double image de pragmatisme et d'idéalisme, propre à séduire les romantiques et à rassurer les réalistes. Paré de l'aura dont jouissent les derniers témoins de la geste résistante - ce qu'illustre notamment le succès des Mémoires de Daniel Cordier (Alias Caracalla, Gallimard, 2009) -, Hessel bénéficie enfin d'une conjoncture favorable. " Ce livre n'aurait pas eu de sens il y a dix ans, nous explique-t-il de sa voix ronde au timbre inimitable. En 2000, on sortait d'une décennie admirable : après la chute du mur de Berlin, il y a eu cinq grandes conférences mondiales - à Rio sur l'environnement, à Vienne sur les droits de l'homme, à Pékin sur les femmes, à Copenhague sur l'intégration sociale et à New York sur les Objectifs de développement du millénaire - qui nous permettaient d'aborder le XXIe siècle avec confiance. Depuis, on est sur une pente descendante, avec le 11-Septembre, la guerre contre le terrorisme, huit ans de Bush, puis la crise financière, avec, au final, le sentiment qu'aucun gouvernement n'est capable de résoudre les problèmes. " Coïncidant avec le succès du Manifeste des économistes atterrés (Les liens qui libèrent, 70 p., 5,50 euros), un autre petit texte qui se classe au quatrième rang des meilleures ventes en librairie, en décembre, selon Datalib, Indignez-vous ! est, d'après son éditrice, " arrivé à point nommé, en touchant un sentiment de désarroi redoublé par l'adoption de la réforme des retraites ". D'un côté des économistes " atterrés ", de l'autre un vieux sage " indigné " qui attend de sa " toute petite brochure " qu'elle incite " les gens, et surtout les jeunes qui ont tendance à se désengager, à prendre leur destinée en main " : décidément, la colère se vend très bien. Seize mois avant l'élection présidentielle, cela ne constitue sans doute pas un programme de gouvernement. Mais à coup sûr un sérieux avertissement. »
Commentaire : L’équipe de SOCIOECOPOFI et moi-même avons été reçus au domicile de Stéphane Hessel, il y a moins d’un an. Lors de cet entretien qui avait pour objectif de valider les thèses historiques de SOCIOECOPOFI (thèses validées !), nous avons pu, enfin, rencontrer une Homme d’Etat digne de ce nom et non un « politicard étatique ». Que dire de cet Homme qui pourrait comme beaucoup se complaire dans des lâchetés quotidiennes ? Que dire de cet Homme, qui malgré tout ce qu’il a vécu, croit encore en nous ? Ce livre devait être distribué à TOUS les Européens. Ce livre devrait être imposé à nos « politiques » comme référence. Cela changerait de leurs adhésions aux thèses des lobbies et des pensées standardisées expiatrices de toutes responsabilités. Au moins au niveau médiatique ! Ce livre devrait être commenté dans toutes les classes scolaires par des personnes ayant vécu l’humiliation de la délation voire pire. Comment l’Europe qui a été créée pour le « Plus jamais ça » continue-t-elle d’accepter que dans les pays qui la compose soient bafoués les Droits de l’Homme ? Droits les plus élémentaires. Comment des pays qui se disent respectueux des Droits de l’homme peuvent-ils encore tolérer que des administrations appliquent des principes nazis lorsqu’elles s’en prennent à la réputation des personnes ? Hier, l’étoile de David, aujourd’hui, internet et les médias. Comment des pays qui se disent respectueux des Droits de l’homme peuvent-ils fermer les yeux sur les SDF, déporter des étrangers etc…Qu’avons-nous faits de la liberté que nous ont donné une poignée de Femmes et d’Hommes contre la lâcheté de la très grande majorité ?
Madame Lucie Aubrac : « Sachez dire non pour être digne de votre liberté. Ne jamais accepter de devenir, petit à petit, de façon insidieuse le terreau fertile de l’asservissement et de l’acceptation de l’inacceptable. »
Et si nous réapprenions à nos enfants à dire NON ?