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urbanisation

 

Sylvain Allemand dans « L’Economie politique » de janvier, février mars 2012
Article intitulé : Shrinking cities : une chance pour la ville de demain
« En 2008, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la proportion de la population urbaine mondiale a franchi la barre symbolique des 50% : un terrien sur deux vit dans une ville, tout au moins dans un territoire urbanisé. Et cette tendance devrait se poursuivre sous l’effet de l’urbanisation à marche forcée des pays émergents. Dans les pays anciennement industrialisés, la proportion s’élève déjà à plus de 75%. Mais à force de focaliser l’attention sur cette urbanisation, une autre tendance est passée inaperçue : le déclin démographique des grands villes. Un phénomène classique mais qui a pris au cours de ces dernières décennies une ampleur sans précédent. »

Nathaniel Herzberg dans « Le Monde » du 25 février 2012
Article intitulé : Le paysage français, grand oublié des politiques d'urbanisation
« Martingale immobilière propre à satisfaire tout le monde ? Avant d'être adopté le 22 février par l'Assemblée nationale, le projet de loi a déclenché l'hostilité d'une grande partie du secteur. Surtout, la loi semble passer sous silence un des aspects essentiels de la construction en France : le paysage. Si les années 1950 à 1970 ont été celles des grands ensembles, les trois dernières décennies ont vu le triomphe de la maison individuelle, qui représente aujourd'hui les deux tiers de la production de logements en France. Les tours et les barres des cités abîmaient les paysages du val de Seine ou les hauteurs marseillaises. Dorénavant, lotissements et maisons isolées colonisent, partout en France, vallées et coteaux, plaines et forêts. Les identités des communes s'effacent, leurs contours se floutent. Les enseignes commerciales défigurent les entrées des villes. Ce n'est plus la campagne, ça ne sera jamais la ville. Néant urbain ou néant rural, au choix. Benoist Apparu, ministre délégué au logement, a une réponse assez simple : "Nous ne voulons plus consommer d'espace naturel, nous ne pouvons pas continuer à consommer de l'espace agricole et il nous faut construire davantage de logements, donc il faut densifier." Densifier : le grand mot est lâché. Il y a dix ans, le terme aurait fait hurler le pays à l'unisson. A l'exception de quelques urbanistes, chacun réclamait "de l'air". Créer des espaces verts dans les villes, abattre des tours dans les banlieues, fluidifier la circulation pour rapprocher les périphéries du centre, étendre les bourgs...  "Aujourd'hui, chacun constate les ravages du paradoxe français qui veut que l'on consomme plus d'espace que tous nos voisins mais que l'on manque toujours cruellement de logements, explique le paysagiste Bertrand Folléa. On "artificialise" 60 000 à 70 000 hectares chaque année, essentiellement des terres agricoles. Cela correspond à un département français tous les sept à dix ans. Par comparaison, l'Allemagne consomme 20 000 à 30 000 hectares. Les Français voulaient des maisons individuelles ? On a fait le choix de l'étalement urbain, en oubliant que l'espace était une ressource non renouvelable." "On a voulu démocratiser le modèle bourgeois sans voir qu'en changeant d'échelle, on changeait de modèle." Puis la poursuite d'une organisation urbaine héritée du Moyen Age. "Des centre-villages très denses, très lisibles, et autour les terres agricoles qui nourrissaient les hommes. Quand l'agriculture est devenue moins essentielle, on a construit sur ces terrains de façon peu dense..." Un paysage réaménagé pour et par la voiture. Avec d'abord le réseau routier. Ce maillage de voies rapides qui, selon Charles Pasqua, ministre de l'aménagement du territoire entre 1986 et 1988, allait mettre "tout à moins de vingt minutes d'une autoroute". Puis la maison individuelle, qui depuis trente ans représente les deux tiers des logements construits. " Les grands ensembles avaient échoué, mais les maires avaient besoin de sauver les écoles et les services. Alors on a construit des lotissements, des sortes de grands ensembles à plat, monofonctionnels. Les parents conduisent leurs enfants à l'école en voiture, la prennent pour aller chercher le pain. C'est anti-écologique au possible, mais on est près de la nature... Tout ça avec la bénédiction des pouvoirs publics qui voulaient se désengager du logement collectif." Troisième maillon de la chaîne, la grande distribution. Les terrains étaient bon marché, le bassin de population avait crû : "Les grandes enseignes ont saisi l'occasion, nourries par une conviction venue des Etats-Unis : no parking, no business. Et ils ont calibré le parking pour le samedi après-midi de Noël. Avec les rocades de contournement, la grande surface est effectivement accessible de partout. On tue ainsi les centres-bourgs, on défigure les entrées des villes, on pousse à la construction de nouvelles maisons qui attireront de nouvelles grandes surfaces. Un cercle vicieux mais qui satisfait beaucoup de monde.  Plutôt que céder à la mode de la destruction pure et simple de tours ou de barres, urbanistes et architectes proposent de les remplacer par des unités plus petites, d'y adjoindre des commerces, d'y ramener des professions libérales. Rennes, Grenoble ou Strasbourg ont emprunté ce chemin. Densifier en déqualifiant des voies rapides en villes pour libérer du foncier, ou en profitant de nouvelles techniques plus sûres pour construire en zone inondable. "Mais rien n'est simple, avertit David Mangin. Le hangar que vous voulez détruire pour créer des logements peut cacher la seule entreprise innovante de la ville. Ce sont toujours des opérations complexes, délicates, longues, qui imposent de négocier." »

Nicolas César dans « La Croix » en date du 27 décembre 2010 :
Article intitulé : Les territoires ruraux, terreaux d’innovation 

 « Aujourd’hui, les campagnes ne sont plus ces terres d’exode dont on prédisait la fin il y a trente ans. Ce sont des terres vivantes où l’on vient chercher de l’espace, du calme, de l’air, un autre mode de vie », se réjouissait il y a quelques jours Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, lors de sa venue au colloque du Réseau rural français, qui s’est tenu à Agen (Lot-et-Garonne). En effet, depuis une dizaine d’années, les espaces ruraux se repeuplent. Mais « les exigences des néoruraux sont les mêmes qu’en ville. Ils veulent des services à proximité, des écoles, des médecins… », souligne Patrick Falcone, sous-directeur du développement rural au ministère. Internet haut débit… les campagnes ne veulent rien à avoir à envier aux villes et « la ruralité, c’est la modernité », peut affirmer Bruno Le Maire. Les prévisions de l’Insee montrent que les territoires ruraux sont sur la bonne voie. D’ici à 2040, les régions Limousin et Auvergne devraient voir leur population augmenter respectivement de 10,2 % et de 8,1 %, et progresser au même rythme que l’Île-de-France dans les prochaines années. Doucement, mais sûrement, c’est une véritable révolution qui est en marche dans les campagnes. Les prévisions de l’Insee montrent que les territoires ruraux sont sur la bonne voie. »

Jean-Pierre Robin dans « Le Figaro » daté du 30 août 2010 en page 23 :
Article intitulé : L’Allemagne et la Chine, les deux usines du monde concurrentes et complices.
«  La France urbaine est dominée par ses hangars commerciaux criards, construits de façon anarchique à la périphérie, quand l’Allemagne maintient une production manufacturière au centre des bourgs. Dans l’hexagone, les activités commerciales font jeu égal avec l’industrie. La contribution du commerce à la « richesse nationale » s’est élevée à 172,3 milliards d’euros, quand la valeur ajoutée dégagée par les secteurs de l’industrie  manufacturière (hors énergie) atteignait à peine 182,2 milliards d’euros. Les Français gagnent désormais autant d’argent en distribuant des produits qu’en en fabriquant. Une première depuis la révolution industrielle du XIX siècle. En Allemagne, l’industrie pèse deux fois plus lourd et contribue à 22,2% du PIB. Anne Marie Idrac, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, se félicite que les entreprises françaises « exportent un milliard d’euros par jour » mais le « made in Germany » se déverse sur le monde au rythme de 2,5 milliards. Au premier semestre 2010, les exportations de produits allemands en Chine ont bondi de 56%, atteignant 25,2 milliards d’euro (à comparer aux 5,5 milliards d’euros pour le «made in France ». «  La Chine représente en quelque sorte l’établi du monde et les Allemands livrent les outils », selon la formule des chercheurs de l’IFRI. »

Dans « Challenges » du 1 juillet 2010 en page 9 :
« 30% du trafic automobile dans les villes est généré par des conducteurs cherchant une place de stationnement. »

Grégoire Allix dans « Le Monde » du 24 mars 2010 en page 4 :
Article intitulé : L’ONU s’alarme de la fracture sociale dans les villes.
« L’heure est grave, alerte l’ONU-Habitat : alors que la moitié de la planète vit déjà en ville et que la population urbaine des pays en développement devrait plus que doubler d’ici à 2050, passant de 2,5 à 5,3 milliards d’habitants, l’urbanisation est devenue une machine à créer de l’exclusion et de l’inégalité. La majorité de la population urbaine est empêchée de satisfaire ses besoins élémentaires pendant qu’une minorité bénéficie du progrès économique et social détail le rapport l’Etat des villes du monde 2010-2011. « Il n’y a pas de place pour la complaisance », a martelé Madame Tibaijuka, qui a dénoncé « l’apathie » de nombreux gouvernements : « Beaucoup de gens tirent profit de l’existence des bidonvilles ; les résorber demande une forte volonté politique. » Face cet échec et à une urbanisation qui, de taudis informels en lotissements sécurisés, a perdu tout lien avec l’idée même de ville, l’ONU-Habitat appelle à reconaître un véritable « droit à la ville »

Mattea Battaglia dans « Le Monde magazine » du 20 mars 2010 en page 12 :
Article intitulé : L’explosion des villes.
« En 2008 : le nombre de citadins a dépassé celui des habitants des campagnes. Le taux d’urbanisation, frôlant 30% en 1950, a atteint 50% ! Premiers concernés, les pays en développement, qui absorbent chaque mois 5 millions de nouveaux urbains, contre 500 000 dans les pays développés. L’Asie accueille déjà la moitié des citadins du monde. C’est en Afrique que l’explosion est la plus violente sans règles ni planification. »



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