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volatilite


Thierry Bisaga dans « La Tribune » du 28 novembre 2011

Article intitulé : Produits d'investissement : tirer parti de la volatilité
« La volatilité d'un actif financier ou d'un marché est sa propension à fluctuer. En d'autres termes, plus les indices boursiers font preuve de nervosité, plus la volatilité, exprimée en pourcentage, est élevée et, à mesure que le calme revient, la volatilité se réduit. Il s'agit d'une mesure utile pour estimer le risque associé à un actif financier. En période normale, les marchés d'action affichent une volatilité de 20 %. Dans le contexte actuel de crise, le niveau de volatilité est plus proche de 40 %. Certains produits financiers permettent aujourd'hui de se positionner sur cette mesure. Pour cela, ils s'appuient notamment sur le VIX, un indice que les professionnels appellent « indice de la peur ». Comme évoqué, sa spécificité est qu'il s'affiche en hausse lorsque les indices comme le CAC40 baissent et vice versa. Cette spécificité du VIX n'a pas échappé aux gérants qui y trouvent une source d'inspiration. Certains, comme Brice Perin, chez Acropole Gestion avec Acropole Vol Opportunité, utilisent des produits dérivés pour miser sur la hausse et la baisse de la volatilité dans le cadre de stratégies sophistiquées. D'autres l'utilisent pour définir leur allocation d'actifs : toute hausse de la volatilité implique une baisse de la part du portefeuille allouée aux actions et, inversement, tout recul de la volatilité implique, pour le gérant, un retour à une stratégie plus agressive. » 


Commentaire : Il n’y a pas de « période normale ». Pour rappel, la volatilité est créée par le système de cotation (il suffit d’un faible volume échangé pour que l’on applique à l’ensemble des titres la hausse ou la baisse) et est volontairement alimentée par les soubresauts politiques issus des lobbies. Tant que les investisseurs acceptent que leur épargne alimente cette usine de destruction massive basée sur la volatilité artificielle, les Etats et eux-mêmes (les investisseurs et leurs familles) seront en difficulté. C’est parce que compter sur une modification de la législation est illusoire (tant que nous sommes dans ce système politique de corruption active et passive), que je vous propose de faire remplir, si vous êtes un conseiller, ou de remplir vous-mêmes, si vous êtes un client, le document Humanity Invest qui est en pièce attachée avant de réaliser toutes opérations financières d’investissement. Forcez vos conseillers et vos banquiers à ne pas détourner votre épargne de l’économie réelle.

Florent Barrioz dans « Action Future » de mai 2011 :
Article intitulé : Un volume, des volumes.

« Avant 2007, obtenir le volume d’une action cotée en Bourse était simple ; il suffisait de prendre l’information issue de la Bourse de Paris, Euronext, devenue depuis NYSE Euronext après sa fusion avec la Bourse américaine. Depuis 2007, l’arrivée de la directive MIF (Marché d’Instruments Financiers) qui a mis fin au monopole des Bourses traditionnelles, a complètement changé la donne. L’arrivée de systèmes multilatéraux de négociations (MTF, en anglais, pour Multilateral Trade Facilities) a multiplié les pôles d’exécutions. On estime que les MTF représenteraient 30% des transactions du marché européen. Si le prix d’une action cotée sur ces différents systèmes est quasi identique du fait des arbitrages, il en va différemment des échanges de transactions répartis selon les parts de marché de chacun. Le volume est maintenant devenu une information parcellaire… Au point que l’on peut s’interroger sur la pertinence des indicateurs techniques utilisant les volumes dans leurs modes de calculs, dans la mesure où ces derniers ne représentent qu’une part de volumes globaux effectivement négociés. Comment juger de l’évolution d’un volume lorsqu’il est en hausse sur une place de négociation et en baisse sur une autre ? Comment intégrer les variations de volumes résultant non pas d’une évolution de l’activité mais du seul transfert de flux d’une plateforme de négociation à l’autre ? Pour autant, une part croissante de cette information échappera à cette comptabilisation, celles des dark pools, des systèmes de négociations alternatifs, dont les titres sont échangés anonymement et sans qu’aucune information chiffrée ne soit disponible. Une situation aberrante que les régulateurs doivent faire évoluer pour garantir une règle essentielle du fonctionnement des Bouses, celle de la transparence des transactions. »

Commentaire : Depuis plusieurs années maintenant, j’insiste pour que l’on cesse de communiquer des cours boursiers déconnectés de tout volume échangé. A quoi sert-il de dire qu’un titre à « monté » ou « baissé » si les volumes ayant aboutit à ce constat sont faibles ? Cet article met bien en évidence la responsabilité des régulateurs dans la situation actuelle et dans l’obligation qu’il y a de revenir à la transparence des transactions et des cotations… donc des cours corrigés des volumes.


Jean-Paul Pollin, professeur à l’université d’Orleans dans « La Tribune » du 8 février 2011 :

Article intitulé : Il faudrait corriger l'horizon d'investissement des investisseurs institutionnels et renforcer la régulation des fonds systémiques.

« Trois facteurs principaux expliquent l'excessive volatilité des marchés financiers. D'abord, l'irrationalité des comportements. De nombreux travaux d'économie expérimentale ont montré que la façon dont les individus forment leurs anticipations et décident en situation d'incertitude diffère beaucoup des hypothèses retenues par la théorie financière. On observe qu'ils extrapolent indûment des séries d'événements trop courtes, leur sentiment est influencé par le contexte ou la présentation qu'on leur en donne, ils évaluent mal les probabilités, ils sont réticents à « prendre leurs pertes »...Cette irrationalité ne suffit pas cependant à rendre compte de « l'inefficience » des marchés. Car il existe des arbitragistes et des spéculateurs dont la fonction consiste, en principe, à tirer parti des anomalies observées. Le problème est que leur horizon se trouve limité pour diverses raisons : garanties requises, contrôle des résultats, contraintes de liquidité. De sorte qu'ils sont conduits à se comporter de façon trop court-termiste. Ainsi, ils ont tendance à coller aux évolutions moyennes ou à se réfugier dans des comportements mimétiques. Ou plus encore, ils cherchent à profiter des évolutions de prix à court terme plutôt qu'à parier sur les écarts aux « fondamentaux ». Ce faisant, ils alimentent les déséquilibres de prix au lieu de les réduire. Enfin, la crise a montré que ces déséquilibres temporaires étaient amplifiés par le comportement des intermédiaires de marché (banques de financement et d'investissement, brokers-dealers, hedge funds). Plus précisément, c'est l'évolution procyclique de leur levier, c'est-à-dire le rapport qu'ils établissent entre leurs actifs et leurs fonds propres, qui est à l'origine de ce mécanisme. Un accroissement de leurs capitaux propres, résultant d'une hausse des prix d'actifs, les incite à augmenter leur demande de titres pour employer cet accroissement de leur richesse ainsi que l'endettement supplémentaire qu'implique l'élévation voulue du levier. La hausse des prix nourrit ainsi la hausse, et naturellement le mécanisme s'inverse en cas de choc négatif. Comment réduire la volatilité ? En ce qui concerne les biais de comportements, l'idée serait de corriger l'horizon des investisseurs institutionnels en renforçant leur gouvernance et en enrichissant les contrôles de leurs performances pour garantir une adéquation entre leur gestion et les objectifs qu'ils se donnent ; notamment pour s'assurer que la rotation du portefeuille s'accorde avec l'horizon de placement déclaré. Par ailleurs, il faut que les fonds systémiques soient soumis à une régulation prenant en compte les externalités, c'est-à-dire les mouvements erratiques de marché, que provoquent certains mouvements de leurs portefeuilles. Concernant la procyclicité du comportement de levier des intermédiaires de marché, on rejoint une question bien identifiée dans les accords de Bâle III et qui a fait l'objet d'une proposition visant à lisser dans le temps les exigences de fonds propres bancaires. Des suggestions ont aussi été faites pour réduire la variabilité des marges requises et des « haircuts » pratiqués sur certaines transactions. Mais les mesures les plus efficaces consisteraient à fixer un niveau maximal pour le levier des institutions concernées et à limiter leur risque de liquidité. Dans tous les cas, il s'agit de recourir à des instruments micro ou macroprudentiels. Car, contrairement à certaines idées à la mode, ce n'est pas la politique monétaire qui est en cause. Dans le passé récent, ce sont les mouvements de prix d'actifs qui ont stimulé la création (ou la destruction) de liquidité, et non des erreurs de politique monétaire. Au demeurant, les banques centrales ne disposent pas aujourd'hui des moyens de contrôler les bulles financières. C'est pourquoi leurs instruments doivent rester prioritairement affectés aux objectifs traditionnels de régulation macroéconomique. »

 



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