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      Revue de presse

        SOCIOECOPOFI

        4 au 6 février 2012

                                                               REVUE DE PRESSE DU 4 AU 6 FEVRIER 2012

                                                                        CAC 40 du 3 février 2012:
        1,52% ou 0,0109% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,28) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,28 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                   BANQUE

Christian Lejoux dans « La Tribune » du 3 février 2012

Article intitulé : Douze banques dans le collimateur des autorités suisses

 « La Commission de la concurrence suisse vient d'ouvrir une enquête, au sujet d'un possible cartel, qui aurait manipulé les taux interbancaires Libor (London Interbank Offered rate) et Tibor (Tokyo Bank Offered Rate), ainsi que le commerce sur dérivés. La "Comco" n'a pas eu à se donner beaucoup de mal pour soulever ce lièvre puisque, de son  propre aveu, elle a eu connaissance de ces éventuels agissements grâce à une "auto-dénonciation." Douze banques européennes, américaines et japonaises figurent dans le collimateur de la Commission de la concurrence. Parmi celles-ci figure une française : la Société générale. Les autres établissements soupçonnés sont suisses (UBS, Credit Suisse), américains (Citigroup, JP Morgan Chase), britanniques (HSBC, Royal Bank of Scotland), japonais (Bank of Tokyo-Mitsubushi, Mizuho Financial Group, Sumitomo Mitsui Banking Corporation) et néerlandais (Rabobank). Concrètement, des traders de ces établissements se seraient mis d'accord pour diminuer les taux auxquels les banques se prêtent de l'argent entre elles. Ils se seraient également entendus sur les différences entre les cours d'achat et de vente de produits sur dérivés, afin de les vendre à des conditions désavantageuses pour les acquéreurs. En décembre, déjà, les autorités japonaises avaient ordonné la suspension temporaire des activités des filiales de négoce nippones de Citigroup et d'UBS, au motif de manipulations des taux interbancaires. Et la "Comco" a indiqué qu'elle était en contact avec le département américain de la Justice et les autorités européennes de la concurrence, qui nourrissent elles aussi des soupçons de cartel sur les taux interbancaires.


Commentaire : En attendant de savoir si cette information est exacte, je préfère limiter mon commentaire à : Ahurissant !

Anne Drif dans « Les Echos » du 6 février 2012

Article intitulé : Des Etats-Unis au Japon, l’affaire de la manipulation du Libor s’étend encore
« Nouveau volet dans l’affaire de collusion d’intérêts sur la fixation du Libor, l’indice interbancaire en dollars qui sert de référence aux taux de 350.000 milliards de dollars de produits financiers. Des Etats-Unis au Japon et à la Grande-Bretagne, le dossier s’élargit à la Suisse. Le gendarme helvétique a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête sur des collusions d’intérêts entre les équipes de trading de dérivés sur le Libor et son équivalent japonais, le Tibor. Douze établissements sont mis en cause, dont  UBS  ,  Credit Suisse  ,  Deutsche Bank  ,  Citigroup  ,  HSBC  ,  JP Morgan  ,  Mizuho  ,  RBS  , ainsi que la  Société Générale  . UBS est déjà sous les feux du régulateur américain, de même que Citigroup. Les enquêtes ont été déclenchées par des soupçons de sous-valorisation de l’indice en dollars au printemps 2008. Les analystes estimaient alors qu’il était valorisé de 20 à 30 points de base en dessous du coût réel de liquidité en dollars des banques. La première semaine d’avril, le taux est même passé en dessous du taux sans risque de la Réserve fédérale américaine. Les banques participant à l’indice craignent d’afficher des taux de refinancement trop élevés révélant leurs difficultés, alors que l’accès à la liquidité dollars pousse les banques fédérales à intervenir. Une sous-évaluation qui pénalise en revanche les autres banques qui assument un coût réel beaucoup plus élevé et ne peuvent le répercuter dans les contrats. Depuis, le doute a aussi été jeté sur l’indice interbancaire en euros, l’Euribor, conduisant la Commission européenne à perquisitionner dans un panel de banques. Dans les deux cas, les gendarmes ont été alertés par les dénonciations d’une banque, en échange de plus de clémence. Les banques continentales européennes, alliées à des banques chinoises, doivent lancer, mi-février, leur nouvel indice dollars concurrent du Libor. Après six mois de test, le niveau de cotation de l’indice s’avère beaucoup plus« pertinent », indique-t-on. Autrement dit à un taux beaucoup plus élevé que celui du Libor. »


                                                                                   EUROPE

Dans « Boursorama » du 5 février 2012

Article intitulé : Dette grecque : J. Ackermann, patron du lobby bancaire, se rend en Grèce
 « Le président de l'Institut de la finance internationale (IIF) Josef Ackermann, lobby qui représente les banques dans les difficiles négociations sur l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce, a annoncé samedi qu'il se rendait sur place dans la soirée. "Le secteur privé est extrêmement généreux en offrant maintenant une perte de plus de 70% (et) je peux seulement appeler les autres parties (les investisseurs institutionnels, ndlr) à faire de même", a déclaré Joseph Ackermann, également patron de Deutsche Bank, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich. Une partie des obligations grecques qui ne sont pas détenues par les banques se trouvent dans les coffres de la Banque centrale européenne (BCE), pressée de participer à son effacement partiel, ce qu'elle refuse. "Nous sommes dans une situation où soit l'on construit, soit l'on détruit, et la Grèce joue un rôle très important", a dit M. Ackermann, précisant qu'il s'envolait "dès ce soir" pour ce pays. "Si nous trouvons une solution dans les quelques jours qui viennent, je crois que nous serons sur la bonne voie", a-t-il ajouté. Lors de la même conférence à Munich, le chef de gouvernement italien Mario Monti a jugé que l'Europe n'était plus "en pleine crise", mais "sur la voie d'une solution". "Rétrospectivement, ce que nous avons vu ces dernières années, c'est que le couronnement de l'intégration européenne, l'euro, a en réalité à cause de la crise de l'euro, ramené dans le paysage européen des idées fausses et des préjugés". »


                                                                                   CHINE

Alexandre Adler dans « Le Figaro » du 4 février 2012

Article intitulé : Une Chine peut en cacher une autre
« La Chine est-elle en train de devenir la puissance hégémonique mondiale, en lieu et place des États-Unis ? Ne répondons pas trop vite, ni par oui, ni par non, à cette interrogation devenue lancinante. Sans aucun doute, tous ceux qui connaissent la Chine de l’intérieur savent parfaitement à quelles difficultés considérables celle-ci continue de se heurter. Citons, dans le désordre, l’existence d’une population rurale encore presque majoritaire, un vieillissement très rapide de la population active et une productivité encore insuffisante, qui est pour beaucoup dans l’envol mondial du prix des matières premières. Mais précisément, dans les épreuves répétées et qui sont loin d’être terminées, la Chine a déjà su développer quatre atouts principaux. Le premier atout, contrairement aux préjugés les plus ancrés sur le caractère autocentré et exclusif de l’identité chinoise, c’est le triomphe du cosmopolitisme des dirigeants actuels et surtout futurs de la République populaire. Il faut, en effet, bien comprendre que si Deng Xiaoping a rétabli une sorte d’examens mandarinaux pour reconstituer, à pas de géant, une élite scientifique et intellectuelle, ces examens ont d’abord et prioritairement donné accès à des formations à l’étranger, en particulier aux États-Unis. Déjà, la génération précédente avait eu accès à la modernité à travers diverses expériences soviétiques qui lui avaient fourni d’importants points de repère. À cela s’ajoute l’injection nullement négligeable des cultures d’entreprise et juridiques purement britanniques en provenance de Hongkong et de Singapour. L’insertion progressive de Taïwan à la vie globale de la nation introduit enfin une culture purement américaine ; mais indigénisée. Paradoxalement, cette ouverture cosmopolite s’accompagne de son contraire dialectique que François Jullien aura particulièrement bien isolé en décrivant la réticence permanente à l’universalisation de la pensée chinoise. Spontanément, en effet, les Chinois acceptent la complémentarité de conceptions du monde bien distinctes, où la philosophie confucéenne, hégémonique, peut faire assez bon ménage avec le christianisme, le communisme, le bouddhisme et le taoïsme. De la même façon, les Chinois dans le monde ne cherchent pas systématiquement le prosélytisme. En revanche, un consensus très large est porté sans doute par l’effort considérable d’abstraction et de mémorisation que représente l’apprentissage à un âge très jeune de plus de 9 000 caractères d’écriture. Celui-ci conduit, dès l’adolescence, à une magnification des mathématiques et des sciences de l’ingénieur, dont on retrouve l’ombre portée dans toutes les cultures affines, au Vietnam ou en Corée, et jusque sur les campus des universités américaines. Enfin, la nouvelle culture des milieux dirigeants chinois conduit naturellement à une dévaluation particulièrement bienvenue de l’ego. Une Europe qui renoncerait à l’égolâtrie de ses cultures nationales au profit d’une direction collective, fondée sur le double culte du primat de la science et de l’héroïsme de la Résistance, aurait beaucoup appris de la Chine, autant qu’elle sut apprendre, à l’époque du plan Marshall, de l’esprit productiviste, égalitaire et fair-play de l’Amérique rooseveltienne. »


                                                                                              CHOMAGE

Dans « Challenges » du 4 février 2012

Article intitulé : Regards  
« Huit pays de l’Union européenne ont un taux de chômage des jeunes supérieur à 30% : Espagne, Grès, Irlande, Lettonie, Lituanie, Portugal et Slovaquie »


Commentaire : Personnellement, je pense que ce chiffre ne reflète pas la réalité. Plusieurs pays se sont fait une « spécialité » du « masquage » du nombre de sans emploi

                                                                                          FRANCE

André Babeau, économiste, dans « Le Figaro » du 6 février 2012

Article intitulé : Pouvoir d’achat : il faudra patienter
«  Pendant des décennies, l’amélioration de notre niveau de vie a beaucoup dépendu de l’augmentation des prestations sociales : 25 % de l’ensemble de nos ressources en 1970, près de 40 % en 2010. Depuis longtemps, nous vivons à crédit, via nos déficits publics. Au cours des dernières décennies, la croissance du niveau de vie des Français a fortement décéléré. Pendant les trente glorieuses, ils avaient le sentiment qu’il augmentait régulièrement, ce que confirment nos comptes nationaux : entre 3,5 % et 4 % de croissance par an, débarrassée de l’inflation. À partir de 1980, les choses commencent à se gâter, la croissance n’est plus comprise qu’entre 1 % et 2 %. Mais c’est au cours de la décennie 2000-2010, et spécialement au moment du passage à l’euro, qu’est apparu le divorce entre la progression mesurée du niveau de vie encore supérieure à 1 % et l’impression de stagnation et même de recul que ressentent les Français. La croissance potentielle de l’économie de notre pays est à présent modeste, sans doute comprise entre 1 % et 1,5 % par an. Mais il faut en retrancher d’abord l’augmentation de la population, encore de l’ordre de 0,5 %. Les revenus monétaires par tête ne croîtraient dès lors en valeur réelle qu’à un rythme annuel de 0,5 % à 1 %. L’augmentation des prélèvements obligatoires pourrait, de son côté, ralentir cette allure. Si, en outre, on fait entrer dans le niveau de vie des Français ces consommations importantes financées par le secteur public (dépenses de santé ou d’éducation), la progression devrait encore être plus faible : les frais d’inscription dans les universités pourraient, par exemple, augmenter et les taux de remboursement des dépenses maladie à nouveau régresser. La reprise de l’augmentation du niveau de vie des Français ne peut maintenant provenir que d’un nouveau dynamisme des revenus d’activité. Les prestations sociales ont fini de jouer leur rôle de locomotive. Les revenus du patrimoine, quant à eux, sont minoritaires et n’ont guère de possibilité de rebond. Tout repose donc sur l’augmentation de la proportion d’actifs employés dans notre économie, tout spécialement pour les moins de 25 ans et les plus de 55 ans. Si les bonnes décisions sont prises, on voit le cercle vertueux qui pourrait s’enclencher : grâce à l’amélioration de notre compétitivité, la hausse de l’investissement dans des secteurs bien choisis permet de réduire le taux de chômage et la croissance de la production et des revenus facilite le désendettement public. 


Commentaire : Cet article ne traite pas du détournement des fonds du système économique via des produits financiers pernicieux (produits dérivés), du scandale de la paupérisation Humaine et immobilière (défiscalisation, urbanisme, etc…), de la déstabilisation boursière due au système de cotation et aux décisions des régulateurs et superviseurs etc… C’est bien dommage que ces notions soient oubliées. Cela enlève une grande partie de l’intérêt et de la pertinence des propos tenus. Sus à l’image de la France sous assistance des aides sociales et autres vues réductrices et simplistes. D’un côté, on sort ces propos usités et de l’autre on ne cesse de louer la qualité de vie française. Il est vrai que les économistes ne sont ni des financiers, ni des sociologues et qu’ils doivent construire ex-post un film qui explique la « réalité » du moment pour vendre leur « sauce ». Pour rappel, une grande partie de l’endettement des Etats (si ce n’est la totalité dans certains cas) est due au scandale que ces derniers doivent payer un intérêt sur les capitaux qu’ils empruntent alors que c’est eux (nous les citoyens) qui relèvent les banques de leurs erreurs et de leurs détournements. « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles. » Il est grand temps, pour nous les citoyens (conseillers financiers et investisseurs), de redonner du cœur à notre argent en investissant dans l’économie réelle. Seule, elle est garante de futur pour nous et nos enfants.  Le fait que nos actes soient dictés par des paroles à nos oreilles fait oublier que ces paroles peuvent être (et sont aujourd’hui) spoliatrices et destructrices (dérivés, matières premières, défiscalisation organisées et maîtrisées par les lobbies, accélération d’endettement des Etats aux profits de certains groupes ou familles, remise en cause de l’aide aux plus pauvres etc…). N’oubliez pas : « Le cœur parle au cœur et les paroles aux oreilles ».

Dans « Challenges » du 4 février 2012

Article intitulé : Regards  
« Le patrimoine net de la population française atteint 510% du PIB, contre 590% en Italie, et 320% en Allemagne »
«  9% des millionnaires de la planète se trouvent en France. »

                                                              REVUE DE PRESSE DU 2 FEVRIER 2012

                                                                         CAC 40 du 2 février 2012:
         0,27% ou 0,0016% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,40) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,40 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                               BOURSE

Gilles Coville dans « Les Echos » du 2 février 2012

Article intitulé : Le mois de la médiocrité  
«  Les quarante plus fortes hausses de la Bourse de Paris depuis début janvier confèrent pour le moment une qualité assez douteuse au « rally » général qui s’y produit. Elles sont emmenées par Technicolor qui ne vaut encore que 2 euros par action et 500 millions au total après avoir doublé en un mois. Derrière lui se presse un gros peloton de ce que les anglais appellent des « penny stocks » et de très petites capitalisations qui font surtout les délices des boursicoteurs individuels. A l’inverse, les plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés de taille intermédiaire, bien identifiées, dotées de modèle économique solide, telles que Virbac (pharmacie vétérinaire), Eutelsat (satellites), Iliad (téléphonie), Orpea (résidences médicales) ou Edenred (services prépayés). Les investisseurs se tournent mécaniquement vers ce qu’ils ont le plus négligé ou vendu l’an dernier : les petites valeurs plutôt que le CAC 40, les secteurs en effervescence tels que la technologie au détriment des plus matures tels que la santé. La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Excepté les éternels retardataires (Carrefour et EDF) et les victimes du récent effet Free (France Télécom, Bouygues et Vivendi), les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! Sous son humeur acheteuse de janvier, le marché a surtout tourné en rond. Rien ne l’illustre mieux que les volumes d’échanges qui n’ont pas vraiment grossi avec le rebond des indices."


Commentaire : Cet article est très intéressant car il énonce et démontre des réalités qui prouvent combien l’amalgame entre Bourse des valeurs (marché où l’on s’échange un volume donné à un prix donné) et Bourse de la valeur (Bourse qui déterminerait une véritable valeur pour tous les porteurs de parts) est inexacte et suicidaire en termes SOCIOECOnomique, POlitique et FInancier. Il est écrit « « penny stocks » et de très petites capitalisations qui font surtout les délices des boursicoteurs individuels » Cette notion de boursicoteurs individuels est très importante car se sont les seuls (avec les comptes titres et les OPCVM qui gèrent dans le respect des volumes) qui, par un échange de volume à un prix, donnent une valeur à leurs gains…ou les pertes. Pour les autres, ils ne font qu’extrapoler à tort des cours réalisés dans le cadre d’un échange de faible volume à l’ensemble des titres qu’ils ont en portefeuille. Cette situation en dehors d’être illogique et aberrante (ce qui commence, enfin, à être reconnu par certains professionnels) relève de l’abus de confiance et de l’escroquerie intellectuelle et financière. Cet article marque également la dichotomie entre la spéculation court terme et l’investissement moyen long terme. L’ambiguïté de l’amalgame entre bourse des valeurs et bourse de la valeur est encore mise en exergue lorsque Monsieur Coville écrit « les plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés de taille intermédiaire, bien identifiées, dotées de modèle économique solide, telles que Virbac (pharmacie vétérinaire), Eutelsat (satellites), Iliad (téléphonie), Orpea (résidences médicales) ou Edenred (services prépayés). La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! ». Dans les faits, c’est parce que les spéculateurs ont choisi de « travailler » (achat/vente) des titres de petits prix et de délaisser les autres valeurs qu’avec ce système de cotation stupide, il est écrit « plus fortes baisses réunissent nombre de sociétés dotées de modèle économique solide, La défiance à l’égard de la qualité est très visible au sein du CAC 40. Les baisses ou les plus faibles hausses concernent des noms aussi peu inquiétants que Danone, Sanofi, Air Liquide, Essilor, L’Oréal, Pernod Ricard ou Technip ! ». Il devient impératif, pour éviter ces raccourcis fallacieux (mais tout à fait compréhensible dans le mode de pensée actuel), de doubler l’information de la variation boursière du jour, d’une variation prenant en compte la faiblesse des volumes. Pour rappel, plus de 99% des hausses ou des baisses annoncées aux porteurs de parts sont issues du système comptable qui « oublie » l’importance des volumes. Voir : www.agencedecotationisr.com   Petit à petit le « big bang » financier va s’imposer.

                                                                                   CHOMAGE

Bernard Zimmern, président de la fondation Ifrap, dans « Le Figaro », du 1 février 2012

Article intitulé : Chômage : finissons-en avec les petits boulots !
« Face à l'aggravation du chômage, résultat d'un manque de création d'emplois par l'économie française qui dure depuis plus de trente ans, et à propos duquel l'OCDE a publié de multiples alertes, c'est d'une politique à long terme dont nous avons besoin, pas de quelques rustines. L'emploi est avant tout le fait des entreprises privées, qui représentent un peu plus de 75 % des postes. Et la France n'est pas la première à découvrir que ce sont des très petites entreprises que dépend l'emploi, et non des grandes entreprises qui, en moyenne, en perdent. Nos stratégies à long terme ont été tragiquement absentes, d'une part parce que les instituts chargés de mesurer l'état de l'économie française, notamment l'Insee, n'ont pas rempli leur rôle ; d'autre part parce que notre haute administration, notamment fiscale, a tout fait pour éviter le repeuplement de nos entreprises. Nos gouvernants se sont contentés de multiplier les petits boulots qui permettent aujourd'hui de publier encore des statistiques du chômage avec un taux inférieur, de peu, à 10 %, même si le taux de personnes à la recherche d'un emploi parce qu'elles sont employées seulement quelques heures par mois est autour de 17 % de la population active. L'Insee comme le gouvernement s'obstinent à ne publier que des chiffres où le néophyte est incapable de voir que nos créations d'entreprises sont un désastre. Ils se gargarisent des cinq à six cent mille créations d'entreprises en 2010 qui font de la France le pays le plus prolifique d'Europe, sans mentionner que la plupart sont vides d'emplois. Nous créons depuis plus de dix ans moitié moins d'entreprises comptant au moins un salarié que les Allemands ou les Anglais, et trois fois moins d'emplois nouveaux que les Allemands (105.000 par an contre 315.000 en Allemagne). Contrairement à un mythe fort répandu, nous ne manquons pas de PME ou de grandes entreprises, nous avons tout simplement moitié moins d'entreprises de plus de dix salariés que nos voisins nordiques. C'est toute notre chaîne d'entreprises au-dessus de 10 salariés qui est frappée de nanisme. Ensuite, les comparaisons montrent que les créations d'emplois ont essentiellement eu lieu en France dans des petits boulots, notamment les services à la personne, à près de 80 % depuis 2005. Or ce secteur représente moins de 5 % des créations d'emplois en Allemagne où la croissance de l'emploi a eu lieu dans des secteurs comme l'industrie manufacturière. Ce résultat était-il inattendu? Ce n'est pas seulement depuis 2002, avec notamment la SARL à 1 euro de Renaud Dutreil, ou avec l'autoentrepreneur (en 2007), que les gouvernements encouragent la création d'entreprises de petits boulots.  Mais imaginer qu'il faille pousser ceux qui ont de l'argent à le mettre dans des créations d'entreprises à fort potentiel de croissance se heurte au mur anticapitaliste de Bercy. Le rendement d'une incitation fiscale à investir dans la création d'entreprise est, dès la première année, largement supérieur à son coût pour le budget. Pourtant, la politique de Bercy depuis quarante ans a toujours été de limiter ces déductions à des niveaux ridicules. Ce qui fait le bonheur des fonds communs de placement, mais interdit les investissements directs, qui seuls sont économiquement efficaces pour créer des entreprises à forte croissance avec un capital social de 100.000 à 1 million d'euros. L'emploi et le chômage n'évolueront que si la France prend conscience du fait que créer les entreprises de croissance dont nous avons impérativement besoin nécessite une politique d'encouragement fiscal qui ne peut pas être une politique de petits bras et de petits boulots. »


Commentaire : Que dire de plus ? Si ce n’est un constat de plus du manque de vision et de réflexion structurée. Quant à l’utilisation de l’Insee… Les instances professionnelles type OCDE existent. Seul problème, la compétence n’est pas sujette à la dépendance aux idées toutes faites, aux lobbies et aux réseaux.  A ce titre, on ne peut l’éliminer mais on peut l’ignorer. La France est malade de ses réseaux, sous-réseaux etc… Trop souvent, les réseaux ne reposent que sur le principe détourné de la bande velcro, à savoir : des éléments faibles qui se regroupent pour asseoir ensemble leur existence sur le principe de la nuisance, via une collaboration « protectrice » partagée, aux réalités et aux idées nouvelles. Naturellement et heureusement, cette vision des réseaux n’est pas une généralité.


                                                                               ECONOMIE

Christian Stoffaës, professeur à l’université de paris II Panthéon-Assas dans « Les Echos » du 2 février 2012

Article intitulé : La dette sonne la fin du monétarisme.
« La dette publique atteint un niveau d’alerte rouge, analogue à celui des dettes de guerre – circonstances où les Etats dépensent toutes leurs ressources pour le salut de la nation : en 1918, en 1945 aussi, la dette dépassait le produit intérieur brut. En 2012, les Etats-Unis en sont à 100 % ; la France à 85 % ; les pays impécunieux d’Europe – les Gipsis (populations persécutées, appellation certes moins déshonorante que PIGS…) ; même la vertueuse Allemagne à 75 %. Pour imposer la stabilité des prix, le monétarisme imposa l’indépendance des banques centrales, mandatées pour soustraire la création de crédits aux pressions de la fatale spirale salaires-prix, du corporatisme revendicatif et des « politiciens » à leurs yeux nécessairement dépensiers, démagogiques, inflationnistes. La question est comment en est-on arrivé là puisque la politique monétariste avait précisément pour but de contrôler tout dérapage de la masse monétaire, c’est-à-dire de la création de crédits ? La crise n’est pas seule responsable. La fatale spirale s’est enclenchée bien avant que les « bailouts » bancaires, stimulus et autres plans de relance ne viennent gonfler la dette publique : + 25 points depuis le krach – mais déjà 30 % du PIB dans les années 1980 ; 60 % dans les années 1990. En 1981, après la grave récession des chocs pétroliers, la dette française n’atteignait que 20 %. Car le monétarisme a aussi engendré la dérégulation financière – c’est-à-dire la prohibition de toute intervention de l’Etat susceptible de déranger les équilibres du libre marché concurrentiel et globalisé. La théorie des « marchés efficients » portait en germe l’euphorie spéculative et la crise des « subprimes » : la projection sur les marchés de capitaux des immenses ressources des banques de dépôt, la titrisation ; la dissimulation du risque derrière les « innovations financières », les produits dérivés d’assurance – les CDS – qui en réalité n’assuraient rien et permettaient aux spéculateurs de faire semblant de croire qu’ils étaient assurés. C’est-à-dire l’« aléa moral » – formulé en termes simples : « ma dette c’est votre problème », l’encouragement à spéculer sans couverture : donc l’insolvabilité des banquiers devenus spéculateurs, l’inéluctable krach, le sauvetage des déposants au bord de la spoliation et de la panique, le mistigri de la dette privée transférée sur la dette publique. D’une certaine manière le monétarisme est victime d’avoir trop bien réussi, ayant maintenu des taux d’intérêt bas sur très longue période et engendré un esprit de facilité, en facteur commun de toutes les vagues spéculatives. La stabilité monétaire retrouvée a créé un climat favorable à l’endettement, faisant oublier qu’il faudrait rembourser : l’endettement des ménages et des banques a explosé au cours des années 2000 jusqu’à ce que le krach de 2008 engendre le désendettement accéléré et provoque la nécessité pour l’Etat de se substituer en laissant déraper la dette publique. Du côté de l’Europe c’est l’euphorie de l’euro facile, sans prix à payer qui a engendré la facilité, les flux de capitaux à bon marché vers les périphéries impécunieuses, la spéculation immobilière, le sentiment que la rigueur est d’un autre temps. On a confié aux banques centrales le mandat d’assurer la stabilité monétaire : on avait oublié que la stabilité financière fait aussi partie de leur mission historique : c’est la question du jour – prêteur en dernier ressort ; planche à billets ; dettes souveraines ; sauvetage de la Grèce (en attendant le Portugal, l’Espagne ?). »


                                                                                       FRANCE

Gérard Courtois dans « Le Monde » du 2 février 2012

Article intitulé : Les Français estiment que l'éthique recule en politique
« Le constat n'est pas brillant : une large majorité de Français ne sont pas convaincus de la moralité des hommes et des femmes politiques. Tel est l'enseignement le plus saisissant du sondage réalisé par Ipsos et Logica Business Consulting pour Le Monde et l'association Lire la société, à l'occasion de la Journée du livre politique, organisée avec l'Assemblée nationale, samedi 4 février. Il ne se trouve, en effet, que 22 % des personnes interrogées pour considérer que tous les politiques ou la plupart d'entre eux respectent les grandes règles de la morale ; cette confiance est notamment partagée par les cadres (34 %) et les plus diplômés (30 %). En revanche, un pourcentage équivalent (20 %) estime qu'aucune femme ou aucun homme politique respecte ces grandes règles morales ; cette défiance totale est particulièrement marquée chez les ouvriers (28 %), les sympathisants du Front national (28 %), les inactifs (32 %) et les personnes sans diplôme (35 %). Entre le groupe des "tous honnêtes" et celui des "tous pourris", la grande majorité des sondés (57 %) estime que "seuls certaines femmes et certains hommes politiques" respectent les grandes règles de l'éthique personnelle et publique. On ne saurait être plus dubitatif ou critique. Le constat est d'autant plus sévère qu'une majorité des sondés estime que la situation s'est dégradée depuis vingt ans. Plus inquiétant encore, près de trois Français sur cinq (58 %) et les deux tiers des sympathisants de gauche jugent que les gouvernants et les élus confondent leurs intérêts personnels et leurs responsabilités publiques davantage aujourd'hui qu'il y a vingt ans. 7 % seulement estiment que cette confusion a reculé. Enfin, les Français interrogés par Ipsos considèrent également que les hommes et femmes politiques sont de moins en moins sincères. La moitié exactement le pensent (et jusqu'à 56 % chez les sympathisants du FN et 60 % des non diplômés), contre 39 % pour qui les choses n'ont pas changé dans ce domaine et 9 % seulement pour qui elles se sont améliorées. Là encore, les responsables politiques payent clairement le prix des promesses non tenues et des engagements oubliés. »

Olivier Auguste dans « Le Figaro » du 2 février 2012

Article intitulé : Compétitivité: attention aux approches caricaturales
 «Des approches simplistes - voire caricaturales - de la compétitivité se sont développées: pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme. Résultat: des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l'action économiques.» De qui, ces quelques lignes assénées sans détour? Elles sont cosignées (par ordre alphabétique…) par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGPME, le Medef et l'UPA. Les syndicats signataires de ce rapport, intitulé «Approche de la compétitivité française», ont pris sur eux pour reconnaître qu'il fallait «repenser l'assiette du financement de la protection sociale» afin d'alléger le coût du travail. Le patronat, de son côté, a concédé dans ce rapport que le coût du travail n'était pas l'alpha et l'oméga de la compétitivité. Non plus que la durée hebdomadaire du travail (les 35 heures ne sont même pas mentionnées dans le rapport!). Il note, parmi les facteurs de compétitivité, la qualité des infrastructures, l'équipement en nouvelles technologies ou encore… l'organisation du travail et le management qui, s'ils permettent de limiter stress et usure physique, réduisent l'absentéisme. On se prend en tout cas à rêver que syndicats et patronat aillent, main dans la main, rappeler leur diagnostic partagé aux candidats. »


Commentaire : En période de forte crise, certaines vérités et réalités imposent d’opter pour la coopération au détriment de la collaboration à certains dogmes et certaines allégeances. En cela, la crise est « rénovatrice » et « libératrice ».


                                                             TECHNIQUE PATRIMONIALE
(article pour les professionnels)

François Le Brun dans « Les Echos » du 2 février 2012

Article intitulé : Le charme discret de la fiducie  
« Un entrepreneur a toujours besoin de rassurer son banquier, ses créanciers, ses clients et fournisseurs, voire l’éventuel repreneur de sa société. De même, il est sans cesse à la recherche de liquidités ou d’une meilleure visibilité… Or, souvent, il ignore que toutes ses interrogations trouveraient leur réponse dans une seule et même solution juridique : la fiducie, autrement dit, le trust à la française. Eh oui ! celui-là même qui sentait le soufre jusqu’à une époque récente, le voici adoubé par le Code civil depuis 2007, à l’article 2011. Nathalie Gilly, directrice des services bancaires à la Caisse des Dépôts et présidente de la commission fiducie à Paris Europlace détaille les avantages de ce principe juridique encore hermétique 1 Un instrument de garantie « C’est un contrat par lequel un patrimoine est transféré », explique-t-elle. Cette translation d’argent, de biens immobiliers ou de titres boursiers doit être justifiée par un motif. Il est défini par les trois personnages qui composent habituellement une fiducie : le fiduciaire, le constituant et le bénéficiaire .Le premier réceptionne le patrimoine et le loge dans un compartiment spécifique. Le plus souvent, c’est une banque qui tient ce rôle, ou bien une société de gestion agréée par l’AMF. Ensuite, le constituant est celui qui apporte une partie de ses biens à la fiducie. Enfin, le bénéficiaire est celui qui perçoit les revenus du patrimoine logé dans la fiducie. Par exemple, si c’est un immeuble de rapport, ce sont les loyers. Dans bien des cas, le bénéficiaire peut être le constituant. Le plus souvent, une fiducie est créée pour cautionner une dette, à la façon d’une hypothèque. Mais elle peut aussi servir de garantie de passif. Ainsi, selon Nathalie Gilly, elle est idéale dans une reprise de société. Une partie du produit de la vente est sanctuarisée. De sorte que, si le repreneur n’est pas satisfait de son acquisition, il sait qu’il peut actionner cette réserve et cela le rassure. Résultat, la transaction est conclue plus vite. Pour le vendeur, c’est aussi tout bénéfice, car si tout se passe finalement bien, il récupère les fonds à l’issue du contrat de fiducie, dont la durée aura été librement déterminée C’est une des applications possibles. Mais il y en a tant d’autres ! 2 Un moyen de rassurer les clients Jean-Pierre Charlet, directeur juridique de Gemalto était confronté à un problème de marketing et de conflit d’intérêts. Son employeur avait racheté une société de son univers, Trusted Logic, dont une filiale, Trusted Labs, est spécialisée dans la certification sécuritaire. Dans les faits, elle agit comme une agence de notation de la sûreté des systèmes installés notamment par les banques. Du coup, Gemalto risquait de se retrouver en position de juger ses propres clients ! En outre, la réputation d’indépendance de Trusted Labs pouvait s’en trouver entachée. La solution a consisté à loger la filiale dans une fiducie. Elle a donc été confiée temporairement à une société de gestion, Equitis, le temps de voir comment réagissaient les clients. Le constituant Gemalto a fixé ses conditions : pas question que sa filiale se dévalorise ou agisse à l’encontre des intérêts de la maison mère. Le fiduciaire a présenté ses tarifs.Finalement, l’accord a été facilement finalisé, d’autant plus que,« sur le plan juridique et fiscal, le transfert a été très simple »,comme l’explique Jean-Pierre Charlet. Aufinal, Gemalto conserve le contrôlede sa filiale, mais, aux yeux des clients, celle-ci est extériorisée. 3 Une façon de donner du temps au temps De son côté, Pierre-Ange Le Pogam voyait s’achever une amitié de trente ans avec le cinéaste Luc Besson. Une nouvelle aventure de producteur indépendant s’ouvrait devant lui. Mais encore fallait-il clarifier les faits. Aussi, pour bien montrer qu’il n’avait plus de liens avec son ancien associé, il était bien décidé à céder sa participation dans Europacorp. Sauf qu’à ce moment-là les cours de l’action étaient au plus bas. Il a logé ses titres dans une fiducie. A charge pour son gérant de remettre les actions sur le marché dès que le cours atteindrait un certain montant, préalablement déterminé. En l’espèce, la fiducie a permis de donner du temps au temps. »

                                                                REVUE DE PRESSE DU 1 FEVRIER 2012

                                                                       CAC 40 du 31 janvier 2012:
        1,01% ou 0,0054% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,46) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,46 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                BOURSE

Dans « H 24 », source Europerformance, du 31 janvier 2012

Article intitulé : En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire...
« La gestion collective a connu en 2011 un exercice particulièrement difficile avec un encours des fonds de droit français commercialisés ramené à 726,5 milliards d’euros, soit un très net recul annuel de -14%. Aussi bien les OPCVM de court terme que les OPCVM de long terme ont enregistré une baisse significative de leur encours : réduction de 30,8 milliards d’euros pour les fonds de Trésorerie (-8,9%), de 13,8 milliards d’euros pour les fonds Obligations (-18,1%), de 43,8 milliards d’euros pour les fonds Actions (-20,9%), de 19 milliards d’euros pour les fonds Diversifiés (-13,9%), de 8,5 milliards d’euros pour les fonds Garantis (-12,4%), de 1,8 milliard d’euros pour les OPCVM de fonds Alternatifs (- 23,9%). Sur l’année, 118 milliards d’euros ont été perdus par la gestion collective qui atteint son plus bas niveau d’encours depuis le départ, à l’été 2007, d’une crise d’abord circonscrite aux crédits subprimes américains et dont la portée systémique n’a eu de cesse de s’accroître, particulièrement en 2011. En 2011, la gestion collective enregistre la plus importante décollecte de son histoire avec -82,1 milliards d’euros de rachats de parts d’OPCVM. Cette décollecte, la 4ème au cours des 5 dernières années, est autrement significative puisque pour la 1ère fois toutes les classes d’actifs ont été simultanément touchées par les retraits. Seules des classes d’actifs très spécialisées ou des zones géographiques bien précises ont attiré des flux d’investissement : les fonds à Capital Garanti, les fonds Obligations Haut Rendement, les fonds sur Actions du Nord de l’Europe. Cette année, les mouvements de collecte ont favorisé certains assureurs tandis que les grands réseaux bancaires ont continué d’enregistrer des retraits, aussi bien sur leur gamme de fonds peu risqués que sur leur offre de fonds risqués. Les résultats des banques privées, avec le transfert d’une partie de la collecte depuis des actifs à risques vers des supports de Trésorerie, marquent leur réactivité aux conditions de marché. En Europe, l’année a été marquée par d’importants rachats, notamment au 2nd semestre, sur les OPCVM de long terme. Face à cette décollecte, les marchés de fonds de droit irlandais, britannique et luxembourgeois, ont affiché une forte résistance. Alors que le nombre de produits français ouverts à la commercialisation décroît depuis 2 ans (environ -5%), les demandes d’autorisation de commercialisation en France pour les produits étrangers continuent d’être soutenues (+10%). »


                                                                                  CHOMAGE

Bernard Zimmern, président de la fondation Ifrap, dans « Le Figaro », du 1 février 2012

Article intitulé : Chômage : finissons-en avec les petits boulots !
« Face à l'aggravation du chômage, résultat d'un manque de création d'emplois par l'économie française qui dure depuis plus de trente ans, et à propos duquel l'OCDE a publié de multiples alertes, c'est d'une politique à long terme dont nous avons besoin, pas de quelques rustines. L'emploi est avant tout le fait des entreprises privées, qui représentent un peu plus de 75 % des postes. Et la France n'est pas la première à découvrir que ce sont des très petites entreprises que dépend l'emploi, et non des grandes entreprises qui, en moyenne, en perdent. Nos stratégies à long terme ont été tragiquement absentes, d'une part parce que les instituts chargés de mesurer l'état de l'économie française, notamment l'Insee, n'ont pas rempli leur rôle ; d'autre part parce que notre haute administration, notamment fiscale, a tout fait pour éviter le repeuplement de nos entreprises. Nos gouvernants se sont contentés de multiplier les petits boulots qui permettent aujourd'hui de publier encore des statistiques du chômage avec un taux inférieur, de peu, à 10 %, même si le taux de personnes à la recherche d'un emploi parce qu'elles sont employées seulement quelques heures par mois est autour de 17 % de la population active. L'Insee comme le gouvernement s'obstinent à ne publier que des chiffres où le néophyte est incapable de voir que nos créations d'entreprises sont un désastre. Ils se gargarisent des cinq à six cent mille créations d'entreprises en 2010 qui font de la France le pays le plus prolifique d'Europe, sans mentionner que la plupart sont vides d'emplois. Nous créons depuis plus de dix ans moitié moins d'entreprises comptant au moins un salarié que les Allemands ou les Anglais, et trois fois moins d'emplois nouveaux que les Allemands (105.000 par an contre 315.000 en Allemagne). Contrairement à un mythe fort répandu, nous ne manquons pas de PME ou de grandes entreprises, nous avons tout simplement moitié moins d'entreprises de plus de dix salariés que nos voisins nordiques. C'est toute notre chaîne d'entreprises au-dessus de 10 salariés qui est frappée de nanisme. Ensuite, les comparaisons montrent que les créations d'emplois ont essentiellement eu lieu en France dans des petits boulots, notamment les services à la personne, à près de 80 % depuis 2005. Or ce secteur représente moins de 5 % des créations d'emplois en Allemagne où la croissance de l'emploi a eu lieu dans des secteurs comme l'industrie manufacturière. Ce résultat était-il inattendu? Ce n'est pas seulement depuis 2002, avec notamment la SARL à 1 euro de Renaud Dutreil, ou avec l'autoentrepreneur (en 2007), que les gouvernements encouragent la création d'entreprises de petits boulots.  Mais imaginer qu'il faille pousser ceux qui ont de l'argent à le mettre dans des créations d'entreprises à fort potentiel de croissance se heurte au mur anticapitaliste de Bercy. Le rendement d'une incitation fiscale à investir dans la création d'entreprise est, dès la première année, largement supérieur à son coût pour le budget. Pourtant, la politique de Bercy depuis quarante ans a toujours été de limiter ces déductions à des niveaux ridicules. Ce qui fait le bonheur des fonds communs de placement, mais interdit les investissements directs, qui seuls sont économiquement efficaces pour créer des entreprises à forte croissance avec un capital social de 100.000 à 1 million d'euros. L'emploi et le chômage n'évolueront que si la France prend conscience du fait que créer les entreprises de croissance dont nous avons impérativement besoin nécessite une politique d'encouragement fiscal qui ne peut pas être une politique de petits bras et de petits boulots.


Commentaire : Que dire de plus ? Si ce n’est un constat de plus du manque de vision et de réflexion structurée. Quant à l’utilisation de l’Insee… Les instances professionnelles type OCDE existent. Seul problème, la compétence n’est pas sujette à la dépendance aux idées toutes faites, aux lobbies et aux réseaux.  A ce titre, on ne peut l’éliminer mais on peut l’ignorer. La France est malade de ses réseaux, sous-réseaux etc… Trop souvent, les réseaux ne reposent que sur le principe détourné de la bande velcro, à savoir : des éléments faibles qui se regroupent pour asseoir ensemble leur existence sur le principe de la nuisance, via une collaboration « protectrice » partagée, aux réalités et aux idées nouvelles. Naturellement et heureusement, cette vision des réseaux n’est pas une généralité.


                                                                                              DROIT

Nathalie Guibert dans « Le Monde » du 1 février 2012

Article intitulé : L'armée craint une judiciarisation des actions de guerre

« La cour d'appel de Paris a décidé qu'une enquête pouvait être ouverte sur la tuerie d'Uzbin Pour les proches des soldats tués dans l'embuscade d'Uzbin, le 18 août 2008, en Afghanistan, c'est un soulagement, l'espoir d'en savoir plus sur la tragédie la plus meurtrière pour l'armée française dans ce conflit. Pour les militaires, c'est un nouveau drame. En décidant, lundi 30 janvier, qu'une enquête judiciaire pouvait s'ouvrir pour " mise en danger de la vie d'autrui ", la cour d'appel de Paris a ouvert une brèche : elle autorise un regard civil au coeur de l'acte de guerre, qui évalue le risque au combat. Pour l'état-major, c'est le signal d'une " judiciarisation " de l'action militaire, frein à sa vocation même. La " judiciarisation " reste relative. Quelque 2 000 dossiers concernant des militaires (auteurs et victimes) en opérations extérieures sont portés chaque année devant la justice. Hors ces opérations, 200 plaintes visent l'armée. Des nombres stables. »

Commentaire : Et si la Cour d’appel de Paris ouvrait une brèche dans l’utilisation des investissements sur les matières premières pour « mise en danger de la vie d’autrui » ? Pour rappel, 35 millions de morts par an du fait de la spéculation sur les matières premières. Les morts de la famine n’étaient pas des militaires. Militaires, pour qui j’ai le plus grand respect, mais qui sont trop souvent devenus des « outils » de guerres politiques et politiciennes.

                                                                                    ECONOMIE

Marie Bellan dans « Les Echos», du 1 février 2012

Article intitulé : Consommation : la fin d’un mythe  
« Cette consommation a baissé l’an dernier pour la troisième fois en quatre ans. Et, comme elle constitue le moteur essentiel de la croissance, son recul condamnerait l’économie française aux enfers de la récession éternelle. Seule une bonne vieille relance budgétaire du pouvoir d’achat serait donc à même de nous sauver. En réalité, toutes les étapes de ce raisonnement sont fausses. D’abord, la baisse de 0,5 % en 2011 communiquée hier porte seulement sur la consommation des ménages en produits (alimentation, énergie, produits industriels). Même si l’Insee a doublé le champ de cet indicateur l’an dernier, un effort rarement souligné, il n’y a pas intégré les services, qui pèsent autant que les biens. Au total, il est vraisemblable que les Français ont encore un peu accru leurs achats l’an dernier. Ensuite, la consommation a contribué à la moitié de la croissance française au cours du dernier demi-siècle. Si c’est bien le premier moteur de l’activité, ce n’est pas le seul. Et la hausse de la consommation de produits industriels profite de plus en plus aux industriels étrangers. Quand les Français ont un peu plus d’argent, ils se ruent sur les télévisions ou les téléphones mobiles et ce sont des usines coréennes ou chinoises qui en profitent. Enfin, une relance du pouvoir d’achat irait directement dans le bas de laine, car les Français sont profondément inquiets. D’une part, ils sentent la montée du chômage, qui frappe chaque jour 1.000 actifs de plus depuis maintenant quatre mois, avec une régularité terrifiante. D’autre part, ils ont des craintes sur les comptes publics. Dans la décennie qui a précédé la crise (1997-2007), la consommation a contribué non à la moitié de la croissance mais aux deux tiers, un alourdissement rendu possible par un endettement accru de l’Etat et, plus encore, des particuliers. Puis la crise financière a été amortie par une envolée de la dette publique. Il n’est désormais plus possible de continuer. »


                                                                                             ETATS-UNIS

Sylvain Cypel dans « Le Monde » du 1 février 2012

Article intitulé : En 2006, pour la Fed, rien à signaler
« Comme aiment répéter les financiers, pour mieux s'en persuader : " Voyons, mais personne n'avait rien vu venir ! " Dans le cas présent, l'exercice est cependant très révélateur, puisqu'il porte sur ceux dont le métier est, précisément, de " voir venir ". De quoi s'agit-il ? La Réserve fédérale américaine (Fed) a divulgué, à la mi-janvier, comme c'est son devoir après cinq ans, les débats internes, en 2006, de sa plus haute instance, le Comité de politique monétaire (FOMC, qui réunit gouverneurs et présidents de ses banques régionales). Le rapport fait 1 200 pages et s'il fallait conférer une note aux dirigeants de cette très digne instance, nul doute qu'à sa lecture on leur attribuerait facilement un 0/20. Car, à la veille de l'explosion de la bulle financière des emprunts subprimes, qui a engendré la plus grave crise mondiale, financière puis économique depuis quatre-vingts ans, ceux-ci se montrent incapables de saisir la portée d'événements qui s'affichent pourtant sous leurs yeux. Or qu'observe-t-on dès ce moment aux Etats-Unis ? Depuis la fin de l'année précédente, la valeur des appartements et locaux, après une croissance délirante - plus 50 % en trois ans ! - a commencé de tanguer. Mais les dirigeants de la Fed, à aucun moment, ne s'en émeuvent. Au contraire, l'immobilier " atterrit en douceur ", analyse Ben Bernanke, son nouveau président, qui juge, en mars, " improbable que la croissance déraille à cause du marché immobilier ". D'autres vont jusqu'à se réjouir : l'immobilier est entré dans " un sain processus d'ajustement ", assure, en juin, M. Geithner. Mieux, pour la gouverneure Susan Bies, sa chute, en dirigeant les flux monétaires " vers d'autres secteurs ", assurera une " croissance plus vivace encore "... En septembre, M. Geithner ne voit toujours " aucun signe troublant de dommage collatéral " lié aux difficultés immobilières. D'ailleurs, il n'en " attend pas à l'avenir ". Les flux du crédit, avait-il pronostiqué en mars, " suggèrent que la confiance reste considérable dans les perspectives de croissance ". Il n'a toujours pas changé d'avis en décembre 2006 : " L'expansion va se poursuivre ", annonce-t-il (dès janvier 2007, le chômage commence d'enfler). Lors de l'ultime réunion annuelle, le 12 décembre, le marasme immobilier croissant, le rythme exponentiel de l'augmentation des emprunteurs insolvables sont encore perçus par le FOMC comme une " correction " d'errements passés. Juste avant, le gouverneur Kevin Warsh expliquait que " les marchés des capitaux sont aujourd'hui plus bénéficiaires et plus robustes que jamais ". Au fond, rien n'est plus important. Là réside sans doute la clé de l'énigme. Pourquoi cette cécité fatale ? La Fed dispose aux Etats-Unis du personnel le plus nombreux, des ordinateurs les plus puissants pour mouliner les données statistiques, des analystes les mieux formés. Ses dirigeants savent alors que le taux d'emprunteurs insolvables croît rapidement ; ils voient que la valeur du bâti s'affaiblit chroniquement. Ils constatent que les créations d'emplois commencent à décliner. Pourtant, et c'est l'aspect le plus fascinant de ce rapport, ils n'établissent pas de lien entre les signaux qui s'accumulent en provenance de l'économie réelle et leurs conséquences potentielles pour la finance. »


Commentaire : Cette situation de cécité a-t-elle changée ?


                                                                                             IMMOBILIER

Marie Bellan dans « Les Echos», du 1 février 2012

Article intitulé : Logement : la Fondation Abbé Pierre est alarmiste  
« Dans son 17e rapport annuel sur le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre est alarmiste comme jamais. « Il y a dix-sept ans, le mal-logement existait déjà, bien sûr, mais nous n’aurions jamais envisagé qu’il puisse prendre l’ampleur qu’il connaît aujourd’hui », s’inquiétait Patrick Doutreligne, délégué général de l’association, voilà quelques jours, lors de la présentation du rapport publié aujourd’hui. « La crise économique a eu un rôle d’accélérateur. Le mal-logement s’est aujourd’hui enraciné et il touche des catégories de plus en plus variées », complétait Christophe Deltombe, directeur des études de la fondation. Selon l’association, 700.000 personnes sont aujourd’hui privées de domicile personnel. Un constat qui fait dire à la fondation que« le logement est devenu une machine à exclure »et que« les politiques menées en la matière depuis dix ans n’ont fait que creuser les inégalités existantes ».


Commentaire : Je vous rappelle qu’Habitat et Humanisme, indépendamment de lutter contre la pauvreté (j’ose à peine l’écrire tant cela fait looser à notre époque), permet d’investir dans des biens immobiliers NON SURCOTES et à ce titre être un des meilleurs outils dans la recherche de plus-value à terme et de rentabilité immédiate. De plus en plus, les investisseurs vont reprendre conscience qu’un bien immobilier « bien acheté » est un bien immobilier qui offre à la fois une rentabilité immédiate et un espoir de plus-value future dus à son emplacement et à son entretien (les biens Habitat et Humanisme sont entretenus et bénéficient d’un très bon emplacement). Trop souvent, en période de hausse immobilière, les investisseurs, en ne basant leur raisonnement que sur la hausse immobilière « future », se transforment en « marchand de biens » …qui ne vendent pas. De ce fait, ils se condamnent à subir le krach. C’est bien l’emplacement, le rendement immédiat et l’entretien qui donnent la crédibilité de la plus value future. Ceux qui ont oublié ces  réalités, en plus d’avoir perdu de la rentabilité, perdront du capital lorsque le marché corrigera ses excès.
Pour information sur les programmes Habitat et Humanisme : Josette Amor au 06 13 24 73 58 ou directement chez Habitat et Humanisme Tel : 04 72 27 42 58 - Fax: 04 78 23 82 53


                                                                REVUE DE PRESSE DU 31 JANVIER 2012                                                        

                                                                      CAC 40 du 30 janvier 2012:
 -1,60% ou -0,0094% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,27) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de destruction comptable de valeur © calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,27 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                             BOURSE

Philippe Escande dans « Les Echos » du 31 janvier 2012

Article intitulé : PME : la vie sans la Bourse  
« Difficile aujourd’hui de croiser une entreprise petite ou moyenne qui trouve un mot aimable envers les marchés financiers. Et si une entreprise cotée sur six reconnaît ouvertement chercher une voie de sortie, bien plus en rêvent secrètement. Il faut dire que, comme le souligne l’un de nos patrons interrogés, multiplier son chiffre d’affaires par trois en cinq ans et voir dans le même temps sa valorisation boursière divisée par trois, ne porte pas particulièrement à l’enthousiasme. Le cercle vicieux est enclenché : la chute sans fin des volumes traités désintéresse une communauté financière qui fond à vue d’œil. Si l’on en croit le secrétaire général de la Société française des analystes financiers, moins de 20 % des PME cotées sur Alternext seraient encore suivies par un analyste. Pour les autres c’est désormais le règne de l’irrationnel, des montagnes russes et des sueurs froides. Et s’il n’y avait que la conjoncture ! Il faut compter aussi sur les centaines de pages d’informations à fournir aux autorités, les tracasseries administratives et, cerise sur le gâteau, la crainte de se voir attaqué par un fonds vautour spécialiste du chantage au retrait de cote. C’est donc entendu, la Bourse, comme la finance en général, tue la « vraie » économie. Supprimons-la, ou réservons-la à l’élite du CAC 40. Mais que resterait-il alors pour aider ces si précieuses et courtisées PME à grandir et à créer des emplois ? Les banques aimeraient bien, mais les nouvelles règles de prudence (Bâle III) leur imposent de moins prêter pour préserver leurs fonds propres. Les assurances ? Même motif, même punition. Les grandes familles ? Un jour, peut-être, s’apercevra-t-on que la Bourse, instrument de transparence, d’indépendance et de croissance est indispensable à une économie moderne et que, au lieu de la mépriser, il serait plus utile d’en améliorer le fonctionnement. »


Commentaire : Tout est dit !


Amid Faljaoui dans « www.trends.be » du 26 janvier 2012

Article intitulé : Et si les marchés financiers avaient tort ?
« Dire que les marchés financiers ont tort, c’est dire que, contrairement à ce qu’on écrit et dit depuis 30 ou 40 ans, les marchés financiers ne sont pas efficients. En entendant cela, certains professeurs de finance risquent d’avaler de travers leur petit déjeuner. Pourtant, c’est ce qu’ose dire et surtout démontrer André Orléan, directeur de recherche au CNRS en France. Il vient de publier un livre, L’Empire de la valeur, qui affirme en gros que nos gouvernants politiques ont faux sur toute la ligne en accordant trop d’importance à la finance. Pour lui, la solution de la crise de la dette passe d’abord par la «définanciarisation» de nos économies. La thèse de cet économiste tient en une phrase : les prix sur lesquels reposent les marchés financiers sont tronqués, pour ne pas dire totalement faux !  Voilà pourquoi, nous dit André Orléan, les marchés financiers sont si volatils, donnent naissance à des bulles et déstabilisent l’économie réelle. Autrement dit, les prix fixés par les marchés financiers sont faux. Conclusion d’André Orléan : les marchés financiers sont inefficients, contrairement à tout ce qu’on nous répète depuis les années 1970. Reste à savoir par quoi les remplacer. Mais ça, c’est une autre histoire. »

Commentaire : Même la Belgique s’y met ! Monsieur André Orléan étant un expert auprès de l’AMF, je ne doute plus que nos thèses avancent. Si les prix financiers sont faux, que valent toutes les statistiques et les raisonnements qui ont pour base ces « faux » prix financiers ? Quid de la validité des certifications des commissaires aux comptes ? Quid des frais et honoraires prélevés sur ces fausses valeurs ? Quand va-t-on reconnaître qu’il faut doubler l’information de la spéculation du jour par une information prenant en compte les volumes échangés ? Quand va-t-on obliger les OPCVM à communiquer leur variation socialement responsable ? Quand va-t-on cesser l’abus de confiance et l’escroquerie issus de ces faux prix ? Etc…

                                                                                CHOMAGE

Johannes Hahn, commissaire européen à la politique régionale, dans « La Tribune » du 27 janvier 2012

Article intitulé : Si chaque PME-PMI recrute une personne, c’est la fin du chômage  

« Il suffirait que chaque PME-PMI recrute un chômeur, ce qui n’est pas irréaliste, et le problème du chômage est résolu… Si l’on mise plutôt sur les 500 grands groupes européens, il faudrait que ces grandes firmes recrutent chacune 46 000 personnes, ce qui, pour le coup, est illusoire. »»

                                                                                 ECONOMIE

Claire Gatinois, Clément Lacombe, propos de Paul Krugman, prix Nobel d’économie, dans « Le Monde » du 30 janvier 2012

Article intitulé : " L'inflation n'est pas le problème, c'est la solution "
« Si on met de côté les blocages politiques, oui, l'Europe a besoin d'une politique monétaire très agressive. Plus agressive encore que celle des Etats-Unis. Il n'y a pas d'autre moyen de faire les ajustements nécessaires. La BCE devrait racheter plus de dettes d'Etat mais aussi favoriser davantage l'expansion monétaire. L'inflation n'est pas le problème, c'est la solution. Pour restaurer la compétitivité en Europe, il faudrait que, disons d'ici les cinq prochaines années, les salaires baissent, dans les pays européens moins compétitifs, de 20 % par rapport à l'Allemagne. Avec un peu d'inflation, cet ajustement est plus facile à réaliser - en laissant filer les prix sans faire grimper les salaires en conséquence - . Au final, le problème est celui d'un déséquilibre des balances des paiements. Mais, si on prend l'exemple de l'Espagne, les salaires espagnols n'ont pas toujours été au-dessus de la moyenne. C'est un phénomène récent. Après la création de l'euro, il y a eu des afflux massifs de capitaux dans les pays dits à la périphérie de l'Europe qui ont provoqué une bulle du crédit. L'Allemagne croit que la rectitude et la discipline budgétaires sont la solution. Elle a tort. Leur histoire les pousse à proposer un mauvais remède. Les Allemands étaient en mauvaise posture à la fin des années 1990. Alors ils regardent ce qu'ils ont fait, comment ils sont parvenus à redresser leur économie et transformer des déficits en excédents commerciaux. Ils pensent appliquer leurs solutions à la zone euro. Mais, si tel était le cas, il faudrait trouver une autre planète pour exporter les produits de l'Europe ! Au regard de l'Histoire, les petits réflexes protectionnistes ne sont pas un problème majeur. On essaie parfois de faire un parallèle avec la Grande Dépression. Cela n'a rien à voir. Il n'y a pas de barrière importante érigée contre le libre commerce. » 


                                                                               IMMOBILIER

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 31 janvier 2012

Article intitulé : Un peu d’économie, monsieur le président !
« Prenons la première mesure : les droits à construire 30 % de logements supplémentaires sur un terrain, pour accroître le pouvoir d’achat. Or si on peut construire quatre maisons sur un terrain et non plus trois, le promoteur pourra l’acheter plus cher et le propriétaire du terrain pourra donc le vendre plus cher. Ce n’est pas le prix du logement qui va baisser, mais le prix du terrain qui va monter. En bref, vous négligez l’effet-prix de votre mesure. La même erreur qui caractérise votre deuxième mesure : l’allégement des charges sociales compensé par une hausse de la TVA, de 19,6 à 21,2 %. Le raisonnement est ici plus compliqué, car la mesure va dans le bon sens. Votre pays prélève des charges sociales plus lourdes d’un tiers que la moyenne de vos voisins. Ces coûts salariaux handicapent des entreprises trop sensibles au prix de vente. Et même à 21,2 %, votre taux ne serait pas élevé au regard de votre dépense publique. Si vous aviez la même structure fiscale que l’Allemagne, où la TVA est à 19 %, son taux serait de 23,6 % (le poids de la dépense publique en France étant un quart plus élevé qu’en Allemagne, le taux de TVA devrait aussi être plus élevé d’un quart). Le problème est ailleurs, dans la « dégressivité de l’allégement », comme on dit en jargon. Soucieux de limiter la dépense, vos experts ont limité l’impact de la mesure. Elle exercera son effet maximal pour les salariés payés 2,1 fois le salaire minimum, le SMIC. Le message envoyé aux entreprises est clair : n’employez pas de salariés payés davantage. Elles vont en tenir compte, comme le montre l’expérience. Les allégements de charges autour du SMIC, instaurés depuis les années 1990, ont poussé les entreprises à embaucher davantage de salariés peu qualifiés… puis à ne pas les augmenter. Est ainsi apparue une trappe à pauvreté, toutefois compensée par une baisse du chômage des moins qualifiés. Votre mesure n’aura pas un effet si positif sur l’emploi, car elle ne réduira pas le coût d’un salarié payé au SMIC, qui constituait (et constitue encore, même après les allégements déjà réalisés) une barrière à l’embauche pour nombre d’entreprises. En revanche, elle va élargir la trappe à pauvreté. Votre troisième mesure est plus intéressante. Les accords sur le temps de travail négociés en entreprise s’appliqueront à tous s’ils sont signés par les syndicats (sauf si des centrales représentant plus de la moitié des salariés s’y opposent), sans avoir besoin de l’acceptation individuelle de chaque salarié comme c’est le cas aujourd’hui. Cette mesure ouvre l’espace à de vraies négociations en profondeur à l’échelon de l’établissement, qui constitue le bon niveau dans une économie où l’organisation de la production est de moins en moins homogène d’un endroit à l’autre. Elle permettra ainsi de tirer enfin les marrons du feu des 35 heures. »


Dans « Mieux vivre votre argent » de février 2012

Article intitulé : 3360 euros
« 3360 euros Le budget logement moyen des Français chaque année. Ce chiffre n’inclut pas la mensualité de crédit ou le loyer, mais les charges, les dépenses de travaux, de chauffage et d’impôts. Les propriétaires déclarent un budget plus élevé, 4 044 euros par an, contre 2 072 euros pour les locataires. »


                                                                                        TERRES RARES

Karl De Meyer dans « Les Echos » du 31 janvier 2012

Article intitulé : Terres rares : l’alliance   des industriels allemands  
« L’industrie allemande, soucieuse de son approvisionnement futur, a annoncé hier, via sa fédération, le BDI, la création d’une entreprise baptisée Alliance pour la sécurisation des matières premières. Les fondateurs sont douze grandes entreprises allemandes, parmi lesquelles des géants de la chimie (BASF, Bayer, Wacker Chemie), de l’automobile (BMW, Daimler), de la sidérurgie (ThyssenKrupp, Stahl-Holding-Saar) ou encore Bosch. Elles ont été conseillées par les cabinets Boston Consulting Group, Egon Zehnder, Hogan Lovells et PricewaterhouseCoopers. Le but de l’initiative est de repérer très en amont les projets d’exploration à l’étude dans le monde, d’y participer, d’évaluer les gisements et éventuellement d’offrir aux entreprises membres des participations à leur exploitation. Il s’agit pour les membres de s’assurer un approvisionnement suffisant en matières premières et notamment en terres rares, ces composants indispensables à l’industrie, notamment high-tech. Les industriels allemands s’estiment en retard par rapport à leurs concurrents chinois, qui ont déjà mis la main sur de nombreux gisements en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud. Selon un sondage publié mi-janvier par la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, la moitié des sociétés interrogées estiment leur approvisionnement en matières premières« critique ». L’initiative s’inscrit dans le plan du gouvernement, qui a fait du sujet une de ses priorités. La chancelière Merkel a signé l’an dernier des contrats avec la Mongolie, qui possède des gisements gigantesques, et la Russie, par exemple. L’Alliance est ouverte à d’autres acteurs, qu’ils soient issus de l’industrie ou de la finance. Elle est dirigée par Dierk Paskert, cinquante ans, qui vient d’E.ON Energie. »


Commentaire : Brillante idée.

                                                          REVUE DE PRESSE DU 26 AU 30 JANVIER 2012

                                                                                  BANQUE

Alain Lallemand, propos de Hervé de Carmoy, administrateur délégué de la Générale de Belgique, dans « Le Soir », journal Belge, du 27 janvier 2012

Article intitulé : La démocratie doit abattre les rentiers de la finance  

« Il faut revenir à la sobriété de la finance. La finance doit être entièrement soumise aux besoins de l’industrie et du pays. La finance-reine, il faut en sortir. Qui peut changer cette espèce de rente de la finance ? La démocratie. C’est le rôle de la démocratie d’abattre les rentiers. »

Commentaire : Faut-il que les dérives politico/financières soient allées beaucoup trop loin pour que des mots aussi forts soient prononcés par des dignitaires du système actuel. Après l’indignation discrète, la résistance ? Pour ma part, je pense que le propos n’est pas maîtrisé. Ce n’est pas les rentiers qu’il faut abattre mais bien la financiarisation et l’ensemble des institutions qui l’ont mis en place. Pour cela, rien de plus simple. Les solutions, nous les connaissons, par contre la volonté …

Charles-Henri Filippi, banquier, dans « Le Monde » du 28 janvier 2012

Article intitulé : Ne confondons pas banques et marchés !
 « Sans surprise, les candidats à l'élection présidentielle ont donc déclaré la mise au pas la " finance " comme enjeu-clé de l'élection présidentielle. Il y a, dans leurs propos, un reflet de l'indignation de l'opinion contre la dérive générale vers une société de marché financier qui laisse envahir le champ économique et social par " l'esthétique quantitative de l'argent " et permet, contrairement aux fondements du libéralisme même, de fabriquer du profit sans que celui-ci soit l'expression d'une création de valeur utile au progrès. Sous cette appellation générique de " finance ", une fâcheuse confusion entre les banques et les marchés financiers, à laquelle beaucoup se laissent prendre depuis le début de la crise, et qui, paradoxalement, conduit à la fois à l'aggravation de nos difficultés et à une emprise accrue des marchés sur la conduite des affaires publiques. De la même manière, alors que la comptabilité des banques était hier sous étroit contrôle public, la privatisation des normes comptables, entre les mains de l'International Accounting Standards Board (IASB), a établi le prix fixé par le marché financier comme expression de la juste valeur, et donc désigné le marché lui-même comme arbitre permanent de la qualité et de la solvabilité des bilans bancaires : pendant que les régulateurs discutent âprement du dernier centime de fonds propres à exiger des banques, c'est par milliards que le marché, chaque jour, peut déplacer leurs besoins de capitaux. On a pu mesurer à l'issue de l'accord européen du 26 octobre 2011 les conséquences adverses de cette vassalisation par les marchés de la régulation publique. L'Autorité bancaire européenne avait alors fait accepter par les gouvernements que, pour la fixation des besoins de recapitalisation des banques, les obligations d'Etat qu'elles détenaient devraient être valorisées à leur prix de marché. Il en était alors résulté une cession immédiate par les banques, inquiètes de ce nouveau facteur d'incertitude, d'une part significative de leurs portefeuilles souverains. Cela s'était traduit aussitôt par une tension accrue sur le coût des dettes publiques, évidemment préjudiciable aux intérêts et à la stabilité de la zone euro. De la même manière, la renégociation de la dette grecque a été handicapée par la concession aux normateurs privés du privilège de décider aussi bien ce qu'est un " cas de défaut " que les conséquences comptables qu'il convient d'en tirer. Ainsi soumis à des règles sur lesquelles ils n'avaient aucune prise, les régulateurs publics ont initialement tenté, pour éviter des conséquences trop lourdes sur le système bancaire, de faire échapper celui-ci à toute contribution à la restructuration de la dette grecque. Débutant ainsi très loin de toute issue réaliste, la négociation n'en a été que plus lente et plus contentieuse, faisant notamment craindre à l'Allemagne d'être appelée à ainsi devenir le garant en dernier ressort de toutes les dettes de la zone euro. Cela n'a pu que renforcer la rigidité globale de sa position vis-à-vis de la crise des dettes souveraines. Ainsi, paradoxalement, tel qu'elle est menée, l'accentuation de la régulation publique provoque au même moment une accentuation de l'étau du marché sur les Etats comme sur les banques : elle met les premiers dans l'obligation d'une rigueur accrue et les secondes dans celle de resserrer le crédit, amplifiant ainsi les risques de récession. Les marchés financiers n'ont pas de visage, mais les banquiers en ont un, ce qui fait d'eux, même lorsqu'ils ont compris les leçons de la crise, des adversaires plus faciles à identifier et à prétendre combattre. Il faut pourtant essayer d'éviter les intuitions trompeuses et les excès de langage, tant le moment va vite venir de nouer entre les gouvernements et les banques un pacte visant, dans l'intérêt commun, à échapper à l'arbitraire des marchés pour mieux financer l'économie. »

                                                                                      BOURSE

Marina Alcaraz dans « Les Echos » du 30 janvier 2012

Article intitulé : Les cessions de gros blocs d’actions   se multiplient en Europe  
« Les cessions de blocs d’actions ont repris de plus belle en ce début d’année. Au total, les transactions accélérées (dites « accelerated bookbuildings » ou « bought deals ») ont représenté plus de 3,1 milliards d’euros en Europe, en ce début d’année, selon Dealogic. Et la tendance devrait continuer de l’avis des banquiers d’affaires. Avant que ne débute la période de confidentialité obligatoire, qui entoure la publication des résultats des entreprises cotées, des sociétés pourraient profiter de la relative bonne orientation des Bourses pour réaliser des placements de blocs. « C’est un marché de ’fenêtres’ : des entreprises préparent les opérations en amont et se lancent dès que le moment est opportun, souligne Damien Girault-Husson, responsable marché primaire chez Credit Suisse, à Paris. Le climat d’incertitudes est paradoxalement favorable à ce type d’opérations, où la prise de risque est minimisée par le temps court. » Les candidats potentiels ?« On retrouve principalement trois profils types dans les opérations de blocs : la cession de participations résiduelles des fonds de sociétés introduites en Bourse ces dernières années à l’image de l’opération de Brenntag cette année ou celle de Legrand en 2011 ; les sociétés qui veulent se désendetter en cédant un actif non stratégique, mais aussi celles qui augmentent leurs fonds propres », explique Laurent Morel, responsable marché primaire actions à la Société Générale. Les banques et assurances qui ont des participations importantes dans certaines sociétés cotées pourraient également les revendre par ce biais. La décote moyenne consentie par les cédants – entre 4 à 7 % sur les derniers placements – est certes beaucoup plus importante que dans les années fastes 2005-2006-2007, mais apparaît toutefois beaucoup plus faible que celle des augmentations de capital avec droits préférentiels classiques, qui durent plus de temps. Bon nombre de placements se font avec une garantie de cours des banques qui réalisent l’opération.


Commentaire : L’existence des blocs est le constat de l’illiquidité des marchés et de la fausse valorisation appliquée par celui-ci. Ce système de détournement du marché doit être abandonné. En effet, si nous persistons dans cette voie, la dernière crise a montré que les marchés financiers n’étaient pas à l’abri d’un tsunami provoqué par un afflux des ventes qui ne trouvant plus contrepartie sur le marché des blocs pourrait arriver sur le marché « normal ».

Arthur Dethomas, avocat, dans « Les Echos » du 30 janvier 2012

Article intitulé : Nouvelles incertitudes pour les sociétés de gestion  
« Alors que le 23 janvier s’ouvrait à Houston le procès d’Allen Stanford, surnommé le « petit Madoff », pour une escroquerie estimée à 7 milliards de dollars, les sociétés de gestion françaises s’apprêtent-elles à traverser une nouvelle zone de turbulences ?C’est ce que pourraient annoncer deux décisions de l’AMF du 21 octobre 2011 (Alternative Leaders France et EIM) qui ont sanctionné deux sociétés de gestion pour avoir manqué à leur obligation de« diligence et de professionnalisme dans le contrôle des risques » à l’occasion d’investissements dans plusieurs « hedge funds » dont la gestion avait été confiée à la société de Bernard Madoff, BMIS. Les sociétés de gestion n’avaient pu accéder ni aux locaux, ni aux équipes, ni aux modèles économiques de la société de Madoff. Dans ces conditions, l’AMF a considéré que ces sociétés de gestion n’avaient pas disposé« des éléments susceptibles de constituer le support fiable de [leurs] décisions [d’investissement] » et que les risques liés n’avaient pas été contrôlés avec diligence et professionnalisme. Selon l’AMF, ce manque de transparence aurait dû les dissuader de conserver leurs investissements dans les « hedge funds » gérés par Madoff. La réglementation française impose en effet aux sociétés de gestion de contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds. » 


Commentaire : La position de l’AMF est des plus ambiguës. Si son sceau ne suffit plus pour attester de la qualité juridique des produits, vers qui se tourner ? Que devient le rôle de l’AMF dans les produits financiers ? etc… Accéder aux locaux ne sert à rien, accéder aux équipes est effectivement un minimum. Mais comment les gérants peuvent-ils gérer s’ils doivent être en permanence disponibles ? Je propose à l’AMF qu’elle autorise tous les professionnels à avoir accès à tous ses services et à toutes les personnes qui travaillent pour elle.  Quant aux modèles économiques l’AMF évoqués dans l’article ? Qui dit modèle dit comportement moutonnier. Lors de la dernière crise l’AMF a dû reconnaître les failles des modèles quand ce n’était pas leur rôle accélérateur. Pour rappel, une très grande partie des modèles actuels (si ce n’est pas tous), sont litigieux par le fait qu’ils soient bâtis sur des cours illiquides et des variations boursières relevant pour près de 99% de l’application de normes comptables obsolètes. Le gérant doit redevenir un gérant de volume et non un gérant de valorisation fictive. Sur ce point, l’AMF reste silencieuse mais, à n’en pas douter, elle saura se retourner contre les professionnels en cas de besoin. Cela fait maintenant plusieurs années que j’attire votre attention sur les risques et sur les « détournements » juridiques. Aujourd’hui, il faut des coupables, coûte que coûte, pour expier les failles du système. Les coupables sont systématiquement les professionnels, quitte à fabriquer des preuves ou à retirer des pièces des dossiers. Il est écrit « contrôler les risques liés à leurs investissements dans des fonds sous-jacents, tant lors de la sélection que du suivi des fonds » C’est parce que cette obligation incombe également aux CGPI, CIF et autres professionnels qu’il est primordial d’analyser en terme de liquidité et de valorisation les OPCVM commercialisés. Pour vous, les clients lecteurs de cette revue de presse, il devient impératif de ne plus se contenter de souscrire des OPCVM (SICAV, FCP…) en prenant comme critère de décision les performances passées ou soit disant actuelles qui relèvent plus de la prestidigitation que de la réalisation ou des explications commerciales simplistes. Les faits sont là pour le prouver. Il est grand temps de comprendre qu’en adhérant au dictat « financier » de la performance du jour, on contribue à la fabrication des performances virtuelles issues du comportement moutonnier en défaveur d’investissements producteurs de richesses SOCIOlogiques, ECOnomiques, POlitiques et FInancières. N’oubliez pas « Les biens pensants sont rarement les biens faisants » et « Même un miroir peut inverser la réalité dans certains cas. » Demandez le tableau de bord ISR de l’OPCVM (SICAV ou FCO) que vous désirez vendre ou acheter. Cessons de mettre à mal nos économies et nos enfants au chômage par le détournement des actifs financiers vers la finance virtuelle. La finance doit être Humaine sans cela le passé est là pour nous rappeler que la guerre débute toujours par la mise à l’index d’un groupe, d’une religion …Le moment est-il plus venu d’abattre les rentiers que de combattre par l’affectation de nos fonds la financiarisation ? Et si nous suivions l’enseignement du « Livre des Sagesses » : « La réflexion te gardera, la raison te protégera. »


Isabelle Couet dans « Les Echos » du 30 janvier 2012

Article intitulé : Les craintes sur les CDS grecs sont infondées, selon l’Isda  
« En visite à Paris, les représentants de l’Isda, l’association internationale des swaps et dérivés, cherchent à désamorcer les inquiétudes autour des CDS grecs, ces contrats d’assurance censés protéger les détenteurs de dette hellénique. « L’encours total (net) de CDS sur la Grèce s’élève à seulement 3,2 milliards de dollars, explique Robert Pickel, le directeur de l’Isda. Le risque agrégé est donc réduit. » Et de rappeler que la situation est très différente de celle de 2008, lors de la faillite de Lehman Brothers. « A cette époque, les encours de CDS n’étaient pas dévoilés, c’est pourquoi il y a eu un mouvement de panique. » Mouvement qui, d’après l’Isda, aurait été évité si l’on avait su que les CDS sur Lehman Brothers ne représentaient que 5 à 6 milliards en net. Concernant la Grèce et les risques pour la zone euro, des éléments d’incertitude demeurent : on ne sait pas à ce jour qui sont les gros vendeurs de CDS grecs, ni les montants qu’ils pourraient individuellement être obligés de débourser pour dédommager les « assurés ». L’Isda laisse entendre qu’aucun intervenant n’a de positions extrêmes et que les vendeurs ont pris des précautions (ils se sont couverts). Les derniers chiffres fournis par l’autorité bancaire européenne (EBA) révèlent cependant des déséquilibres entre établissements européens : ainsi en septembre, UniCredit était vendeur (net) à hauteur de 299 millions de dollars, tandis qu’HSBC était acheteur (net) de CDS pour 243 millions. En revanche, aucune donnée sur les acteurs non-Européens – qui occupent une part importante du marché – n’a filtré. En cas d’échec des négociations entre Athènes et ses créanciers, ce sera la première fois qu’un comité de l’Isda se prononce sur la faillite d’un Etat. Les dirigeants européens semblent accorder plus d’importance à cet événement qu’au verdict des agences de notation, qui même en cas de succès des discussions décréteront un défaut. Le comité de l’Isda – composé des principaux acteurs du marché des CDS – forgera son jugement sur un critère précis :« les contrats de CDS seront dénoués si les nouvelles conditions s’appliquent à tous les détenteurs de dette grecque ».Autrement dit, si une majorité de créanciers impose une restructuration à tous (via des clauses d’action collective) ou si la Grèce n’honore pas une échéance. Mais si Athènes s’entend sur une décote avec une partie de ses créanciers, les « assurances » ne fonctionneront pas. Ce qui fait dire à certains que le marché des CDS souverains est mort puisqu’il ne protège pas d’un défaut…« Un investisseur qui a acheté un CDS peut toujours en vendre s’il veut récupérer du cash », répond l’Isda, qui assure qu’il y a encore des échanges dans le marché. Robert Pickel ajoute que les CDS restent un outil de référence – plus pertinent que les notes des agences de rating – pour mesurer l’appétit pour le risque. Pour preuve : même le FMI et la Banque des règlements internationaux s’en servent comme tel.


                                                                                   ECONOMIE

Jacques Duchateau dans « L’Avenir », journal Belge, du 27 janvier 2012

Article intitulé : Spleen à Davos
« Nous avons échoué à retenir les leçons de la crise de 2009. Une transformation mondiale doit avoir lieu d’urgence et cela doit commencer en rétablissant une forme de responsabilité sociale », a déclaré Klaus Schwab, cette semaine. Pourtant, Klaus Schwab n’est autre que le fondateur et président du Forum économique de Davos, le même qui, en décembre dernier, avait proclamé : « Le monde est en état de burn out, en épuisement total » Un autre participant, l’Américain Rubenstein, directeur du fonds d’investissement Carlyle, n’a-t-il pas prédit « la mort du capitalisme occidental dans trois ou quatre ans, plombé par la dette et les déficits, si rien n’est entrepris pour redresser la barre » ? Bien que les organisations de défense des travailleurs et de tous les laissés-pour-compte n’aient pas le monopole de la critique. Mais ce qui est gênant, dans ce genre de propos, c’est le fait qu’ils émanent d’éminents responsables économiques et politiques ayant imposé la mondialisation et l’ultralibéralisme comme l’unique modèle performant, pour la terre entière, depuis deux décennies. Et, aussi, que ces dirigeants continuent à exiger la plus stricte orthodoxie financière, sans la moindre alternative, pour apurer des dettes qu’ils ont eux-mêmes engendrées. Mais en reconnaissant, malgré tout, qu’ils se sont royalement plantés » !


Commentaire : Nous retrouvons les cycles SOCIOECOPOFI. Reste à faire passer les idées SOCIOECOPOFI !


                                                                                      TITRISATION

Anne drif dans « Les Echos » du 26 janvier 2012

Article intitulé : Très contestée, la titrisation redevient incontournable  
« Les régulateurs voulaient l’éradiquer après la crise des produits « toxiques » immobiliers américains. Mais la titrisation, ou ce que les spécialistes sont désormais contraints d’évoquer sous le terme plus politiquement correct de « monétisation », est redevenue indispensable au financement de l’économie. Indispensable d’abord pour les banques, qui doivent trouver de la liquidité au jour le jour et peuvent utiliser cet outil comme garantie pour emprunter auprès de la BCE. « Obtenir du financement reste assez compliqué pour les banques. Le marché du financement en blanc est quasi fermé à cause des taux prohibitifs, expliquait Didier Harnois, responsable de la gestion des collatéraux à la Société Générale, aux Rencontres des Marchés de la dette et du change, la semaine dernière. La seule solution est de proposer un risque qui ne soit pas seulement lié à un nom bancaire, mais mélangé à celui d’un portefeuille de prêts. » Le refinancement sur les marchés via des obligations garanties par des prêts immobiliers (« covered bonds ») étant limité, la titrisation s’est révélée comme un mode d’accès à la liquidité essentielle pour les banques. C’est elle qui les a sauvé d’une nouvelle crise de liquidité, en leur donnant accès au refinancement de la BCE.La titrisation est devenue si incontournable que la présidence danoise de l’Union européenne compte élargir les réserves de liquidité, à d’autres produits titrisés (crédits immobiliers, etc.). Les contraintes de Bâle poussent aussi les banques à offrir de la titrisation aux entreprises plutôt que du crédit. Rexel a ainsi conclu un nouveau programme de titrisation de 500 millions d’euros en décembre dernier. « Apporter des lignes de liquidité par le biais de ces montages coûte moins cher aux banques que de prêter directement aux entreprises car les lignes ne sont pas tirées et pèsent donc plus faiblement sur le capital réglementaire de la banque, relève Frédérick Lacroix. En effet, selon l’approche standard, alors qu’un crédit classique à une société notée entre BBB et B va être pondéré de 100 % à 150 %, ces lignes de liquidité ne sont prises en compte dans le calcul du ratio de fonds propres que pour 50 %. » Les entreprises ont aussi plus besoin de la titrisation aujourd’hui que par le passé. « Nous employons la titrisation pour alléger les bilans. Face aux difficultés de financement, les entreprises l’utilisent pour diversifier leurs ressources », a corroboré Philippe Messager, le directeur des financements d’EDF et président de l’AFTE à ces rencontres. »


Commentaire : Ahurissant ! Et dire que nous sommes harcelés par les mêmes instances qui hier, devaient avouer leurs manquements et qui aujourd’hui replongent dans la fumisterie financière. Pour reprendre le propos guerrier de Monsieur Hervé de Carmoy en début de revue de presse : Qui doit-on abattre ? Les rentiers ou plutôt combattre les représentants de certaines institutions étatiques ? De nouveau, « La réflexion te gardera, la raison te protégera. »

                                                                   REVUE DE PRESSE DU 25 JANVIER 2012

                                                                            CAC 40 du 24 janvier 2012:
   -0,47% ou -0,0030% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,36) voir site : www.agencedecotationisr.com

 *L’indice de destruction comptable de valeur © calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,36 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                  PROCHAINE REVUE DE PRESSSE MARDI PROCHAIN

                                                                              BOURSE

Gilles Coville dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : Double peine, double jeu  
« En Bourse, ce début 2012 semble répéter 2011 : les risques systémiques s’éloignent, la volatilité s’atténue, les tentations d’achat remontent. Mais, énorme différence, alors que le  dollar était en fort repli vis-à-vis du reste du monde sous la pression des liquidités distribuées par la Fed, c’est le pouvoir d’achat déclinant de l’euro face à de nombreuses devises qui structure désormais le paysage. Certains, tel Edouard Carmignac, grand pourfendeur de Jean-Claude Trichet, en datent l’heureux avènement de la présence à la tête de la BCE de Mario Draghi. Et parient qu’il continuera sur sa lancée, avec de nouvelles baisses de ses taux, d’autres injections de liquidités dans les banques, puis, ultimement, un rôle de prêteur de dernier ressort aux Etats membres. Autant d’accommodements monétaires qui dilueront la force de l’euro et le placeront dans un double jeu de forces. Certains capitaux chercheront ailleurs un gain local et une prime de change : 2012 semble bien partie pour un grand retour vers les places émergentes. Mais un euro plus compétitif reste la meilleure chance de remettre d’aplomb la zone et d’y faire revenir les investisseurs qui s’en méfient le plus. »


                                                                                  ECONOMIE

Jean-Louis Beffa, président d’honneur de Saint Gobain, propos recueillis par Nicolas Barré, Henri Gibier et Pascal Pogam, dans « La Tribune » du 25 janvier 2012

Article intitulé : « rien ne peut remplacer l’industrie »  

«  A la faveur de la mondialisation, et souvent poussées par la logique libérale, nombre d’entreprises se sont développées hors de leurs frontières et ont cessé de se préoccuper de leur pays d’origine. Elles ont beaucoup d’argent, mais elles n’y investissent pas. Parce que ce n’est pas ce qui leur assure la meilleure rentabilité. Ce décalage croissant entre les intérêts des entreprises et les intérêts nationaux crée inévitablement de l’incompréhension, parfois de la colère. On rejoint là, dans une certaine mesure, les messages véhiculés par le mouvement des « Indignés »… Car, à leur façon, les jeunes Espagnols réunis il y a quelques mois à Madrid ne disaient pas autre chose : « Nous avons de grandes entreprises, mais nous sommes au chômage ! » Peut-on dire qu’un tel système fonctionne ? Je pense que non. Il existe un système alternatif au modèle libéral-financier. Un modèle qui ne donne pas la priorité absolue à l’actionnariat et à la rentabilité immédiate, qui veille à ce que les intérêts des entreprises rejoignent ceux des travailleurs et du reste de la société : c’est le modèle « commercial-industriel », dans lequel l’Etat joue effectivement un rôle central, et qui se décline sous différentes formes en Allemagne, au Japon, en Chine et en Corée. Quelles en sont les caractéristiques ? On trouve pratiquement toujours derrière ce modèle industriel et commercial un pacte national et social, avec un point commun : un soutien absolu aux capacités exportatrices du pays. Quelles que soient les spécificités locales, la priorité reste la même : vendre plus au monde extérieur qu’on ne lui achète. Quelle place occupent les activités de services dans cette logique ? Les services n’ont pas d’effet fondamental sur le solde du commerce extérieur. Certains soutiennent que la désindustrialisation est un processus inéluctable, que, comme l’agriculture en son temps, l’industrie a amorcé son déclin et va être remplacée par les services. Je ne pense pas que ce soit la solution. Ce genre d’activités ne suffit jamais à résorber un déficit commercial. Même lorsque les services représentent une part de l’activité très importante – je pense à l’Inde, avec les services informatiques, aux Etats Unis, qui tirent pas mal de redevances de leur système d’innovation, à l’Angleterre, avec les services financiers. Les services créent des emplois. Mais l’expérience montre que ce sont souvent des emplois à faible valeur ajoutée. Lorsqu’une économie remplace des emplois industriels – qui, eux, produisent beaucoup de valeur ajoutée – par des emplois de services, cela entraîne mécaniquement une baisse de la richesse produite, pour un même niveau d’emploi. Donc une baisse du niveau de vie. Rien ne peut remplacer l’industrie. Comment se fait-il que les constructeurs allemands tiennent mieux les positions que nous ? Parviennent à préserver leurs usines en Allemagne ? La réponse a été à chaque fois la même : quand ont été discutées à Bruxelles les nouvelles normes environnementales appliquées au secteur, il y a eu deux attitudes : côté allemand, le gouvernement a dit d’emblée à ses industriels : « Maintenez vos usines sur le sol allemand, nous vous aiderons à les moderniser, et nous nous battrons de toutes nos forces pour que les spécificités de l’Allemagne, concernant les grosses voitures, notamment, soient défendues dans les négociations à venir » ; rien de comparable n’a été fait par le gouvernement français au moment du Grenelle ou avant, pour défendre les constructeurs nationaux. Quand je dis que cela reflète les travers du modèle libéral-financier, c’est que, en France, l’Etat n’est plus imprégné des intérêts de son industrie. Nos responsables écoutent les ONG, les autorités de régulation, parce que, politiquement, c’est plus sympathique. A trop se préoccuper du consommateur, l’Etat en a oublié les intérêts de ses producteurs.

Dans « Boursorama » du 24 janvier 2012
Article intitulé : Le problème des Européens selon la Banque mondiale : ils travaillent trop peu
 « La Banque mondiale a publié mardi une longue étude indiquant que l'un des principaux problèmes économiques des Européens était qu'ils travaillaient trop peu, ce qui leur pose des problèmes de compétitivité. "Le modèle du travail de l'Europe est marqué par une sécurité sans équivalent pour ceux qui ont un emploi, des prestations relativement généreuses pour ceux qui n'en ont pas, et la facilité à obtenir une retraite", a affirmé l'institution de Washington dans cette étude. " Ce modèle rend l'Europe non compétitive. Pour le régler le problème, la plupart des pays en Europe doivent augmenter le taux d'activité et rendre plus facile pour les jeunes d'obtenir un emploi", a-t-elle ajouté, dans cette étude intitulée "Restaurer le lustre du modèle économique européen". "Dans les années 1970, les Français avaient les plus longues heures de travail des pays développés. En 2000, ils travaillaient environ 300 heures de moins par an (un mois et demi) que les Américains", ont avancé les auteurs. Selon eux, "la vitesse à laquelle ont baissé les heures travaillées en France, en Italie et en Espagne depuis 1995 suscite des inquiétudes quand on la juxtapose aux gains modestes de productivité du facteur travail ces deux dernières décennies". Les chiffres montrent que les Européens ont eu notamment tendance à entrer sur le marché du travail de plus en plus tard et surtout prendre leur retraite de plus en plus tôt. La Banque mondiale a aussi critiqué la réforme des 35 heures en France, inefficace selon elle pour abaisser le chômage et sources de complications juridiques depuis qu'elle a été amendée. "L'Europe doit rendre sa population active plus productive et attirer des travailleurs plus productifs de l'étranger" au moment où elle "est en train de vieillir et sa population active de diminuer". Or aujourd'hui "les immigrants en Europe sont pour la plupart non qualifiés.»


Commentaire : Personnellement, je trouve cet écrit délirant et stupide. Comment un des organes internationaux de la Paix peut-il écrire cela ? Ils prônent ce qu’ils n’appliquent pas eux-mêmes ; Eux qui ont des statuts hyper privilégiés à tout point de vue. Il est écrit "Le modèle du travail de l'Europe est marqué par une sécurité sans équivalent pour ceux qui ont un emploi, des prestations relativement généreuses pour ceux qui n'en ont pas, et la facilité à obtenir une retraite", a affirmé l'institution de Washington dans cette étude. " Ce modèle rend l'Europe non compétitive ». Compétitive par rapport à qui, à quoi ? Non compétitive par rapport aux peuples du tiers monde qui, accédant petit à petit à la démocratique, se débattent avec des salaires « minables » afin de préserver les intérêts financiers de certains groupes, familles ou personnes. Non-compétitive par rapport aux Etats-Unis où les gens ne sont considérés que comme un moyen ? « Moyen » qui utilise l’endettement et/ou les poursuites juridiques comme un loto pour palier aux failles de leurs systèmes etc... Avec ce type de propos, comment éviter la violence future ? Que ces fonctionnaires se souviennent que la liberté qu’ils bafouent et qu’ils détournent, ils la doivent aux Peuples. Honte sur ces personnes. Le problème, c’est eux ! 


                                                                                 ETATS-UNIS

Isabelle Croizard dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : La Réserve fédérale américaine en marche vers une plus grande transparence
« L'année 2011 avait été un riche millésime : la Réserve fédérale américaine avait pris la décision de publier des prévisions de croissance et d'inflation trimestrielles et d'organiser quatre conférences de presse par an à l'issue de la moitié de ses huit conseils annuels. La Fed pourrait franchir un nouveau pas vers davantage de transparence, en annonçant l'adoption d'un objectif chiffré d'inflation. Une telle décision rapprocherait la politique monétaire américaine de celle des autres grandes banques centrales. À commencer par la Banque d'Angleterre qui est chargée de faire respecter dans ses décisions de politique monétaire un objectif d'inflation de 2 % en glissement annuel fixé par le gouvernement, ou de la Banque centrale européenne dont l'objectif de 2 % maximum de hausse des prix a toujours eu une incidence majeure sur la fixation de ses taux d'intérêt. Dont les deux dernières décisions prises par Jean-Claude Trichet, qui avait relevé les taux en avril et juillet pour tenter de juguler l'inflation. La fixation d'un objectif d'inflation empêcherait la Fed de laisser filer les prix pour faire reculer le chômage ou alléger le fardeau de la dette publique. En outre, elle permettrait de guider les marchés sur l'évolution prévisible des taux, plutôt que d'enfermer la Fed dans un discours qui prend des allures de carcan. Depuis août dernier par exemple, elle s'est engagée à maintenir les taux à un niveau exceptionnellement bas au moins jusqu'à mi 2013. Cette démarche a néanmoins des détracteurs, notamment parmi les élus démocrates du Congrès, qui craignent de voir la banque centrale privilégier la maîtrise des prix aux dépens du plein-emploi, l'autre pilier de son mandat. Un argument que Ben Bernanke réfute d'un revers de manche. « Les discussions sur les objectifs d'inflation dans les médias américains me rappellent la vision qu'ont les Américains du système métrique: il ne savent pas vraiment de quoi il s'agit, mais ils le trouvent incompréhensible et peut-être légèrement subversif », avait-il ainsi déclaré en 2003. » 


Commentaire : La finance prend le dessus sur l’emploi et le « parapluie » militaire. Comment vont-ils rester les garants d’une certaine stabilité mondiale avec ce système ? Alors que nous sommes en passe de réussir la mise en place de la Paix mondiale, nous cassons cette construction planétaire en faveur d’une vue financière simpliste et stupide. Que sommes-nous en train de faire de la liberté que l’on nous a léguée ? 


                                                                                       EUROPE

Robart Jules dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : Le compte à rebours reprend pour éviter un défaut de la Grèce
« Depuis plusieurs jours, Athènes annonce un accord imminent avec les détenteurs privés d'obligations grecques mais les négociations se poursuivent. De son côté, l'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les intérêts des créanciers privés dans la discussion, a réaffirmé mardi par la voix de son directeur, Charles Dallara, qu'il refusait d'aller au-delà de 50 % de décote sur une base « volontaire », selon l'accord conclu fin octobre. Autrement dit, au-delà de ce niveau, cela serait considéré comme un défaut. En retour, le FMI et l'Europe refusent à consentir un coupon supérieur à 4 % pour les nouvelles obligations. Cet accord est d'autant plus impérieux qu'il est une des conditions au deuxième plan d'aide du FMI et de l'Europe de 130 milliards d'euros dont la république hellénique a impérativement besoin. Le 20 mars, Athènes doit honorer un remboursement de 14,4 milliards d'euros de créances. En outre, lundi, le ministre de l'Économie grec, Evangélos Vénizelos, s'est fait rappeler à l'ordre par ses homologues de la zone euro sur le rythme d'application des mesures contenues dans le premier plan d'aide. Le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a exigé du gouvernement grec qu'il établisse aussi « les principaux paramètres d'un nouveau programme d'ajustement ambitieux » avec les bailleurs de fonds (UE et FMI), dont le premier programme de soutien en mai 2010, combinant prêts de 110 milliards d'euros et cure de rigueur, a échoué à sortir le pays d'affaire. Preuve de ses doutes sur la Grèce, l'Eurogroupe a d'ailleurs demandé lundi une réactualisation d'une étude sur la viabilité de la dette grecque conclue fin 2011 par la troïka. »

                                                                                  IMMOBILIER

Matthieu Quiret dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : La construction face à sa révolution thermique  
« A peine appliquée, la nouvelle réglementation thermique RT 2012 bouscule le bâtiment, sa cible, mais aussi l’industrie..« Il s’agit de réaliser, en seulement deux ans, un ’saut énergétique’ plus important que celui réalisé ces trente dernières années », fait valoir l’Etat. En moyenne, les bâtiments neufs doivent être trois fois plus efficaces que la génération précédente. Trois coefficients encadrent désormais la conception. Le premier pousse au bioclimatisme, c’est- à-dire l’optimisation du bâti et son intégration dans l’environnement. Traduire : forte isolation, exploitation des apports solaires par du vitrage au sud, ombrages en été, ventilation naturelle, etc. Le second coefficient impose, pour la première fois, une consommation maximale d’énergie primaire par mètre carré, modulé selon l’usage du bâtiment, sa région, etc. Reste aussi à en mesurer l’impact sur les coûts. « Une étude sur les maisons BBC a montré que le surcoût initial de 15 % est presque nul aujourd’hui », rappelle Joël Vormus du Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER). 


                                                                            LOBBY

The Economist, traduit par Rachel Bouyssou, dans « Alternatives économiques » du 25 janvier 2012

Article intitulé : Rerégulées, mais indomptées  

« Il ne fait aujourd’hui guère de doute que la défaillance réglementaire a contribué à la crise financière de 2007/2008 et notamment à l’effondrement du marché hypothécaire américain en 2007. Le secteur financier a-t-il réussi à neutraliser des mesures qui auraient permis d’encadrer au moment opportun certaines des pratiques dans les subprimes et prévenir l’éclatement de la crise ? Il existait clairement un lien entre les dépenses de lobbying et le vote des parlementaires sur les grands projets de loi examinés avant la crise. Plus les pressions exercées étaient intenses, plus les élus tendaient à voter en faveur de la déréglementation. On peut ainsi affirmer aujourd’hui que le lobbying et les réseaux de relations ont fortement contribué à façonner la réglementation financière aux Etats-Unis. »

Commentaire : Si ce n’était qu’aux Etats-Unis…Comment expliquer la persistance du système de cotation des OPCVM qui, indépendamment de donner une fausse information, fait courir un risque systémique d’illiquidité très important.

Jacques Secondi, Le nouvel Economiste, dans « Alternatives économiques » du 25 janvier 2012

Article intitulé : « Bank run », le retour ?  

«  Un bank run (ruée ou panique bancaire) est un phénomène, souvent auto-réalisateur, qui se produit lorsqu’un grand nombre de clients d’une banque, craignant que celle-ci ne fasse faillite, se ruent aux guichets pour retirer leurs dépôts ; dans une telle situation, et en l’absence de soutien, la banque court en effet le risque de devenir insolvable car elle ne peut pas faire face à toutes les demandes de retrait. La crise financière de 2007/2008 a été marquée par ce type d’événement avec la faillite de l’américaine Bear Stearns ou de la britannique Northern Rock. Une panique étant un phénomène irrationnel, les garanties publiques ne sont souvent pas suffisantes. Au pire l’Etat peut recourir à l’arme de la coercition en interdisant les rassemblements devant les établissements bancaires ou en gelant les avoirs privés – avec le risque d’aggraver encore davantage la perte de confiance des clients. »

Commentaire : Le bank run est appelé en français le franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. Les paniques bancaires décrites ci-dessus ont été exceptionnelles. Heureusement ! Par contre, la presse (hormis quelques articles) se fait peu l’écho des conséquences du franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses pour les OPCVM. Les variations des cours des OPCVM étant amplifiées à hauteur de 99% par le système comptable cela accélère d’autant plus vite les conséquences du franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. En clair, le jour où ce seuil sera franchi les conséquences seront d’un effet inconnu (voire inimaginable) à ce jour. Tout le monde le sait mais tout le monde s’accorde à dire que cela n’arrivera pas…c’est oublier un peu vite la fermeture de certains fonds et la chute de certaines sociétés de gestion de portefeuille suite à de « simples » retraits. Le contrôle de la liquidité des lignes d’investissement doit devenir OBLIGATOIRE.

Joël Cossardeaux dans « Les Echos » du 25 janvier 2012

Article intitulé : La Cour des comptes   tire sur les biocarburants  
« Les biocarburants ? Une aubaine pour les industriels issus du monde agricole qui ont bénéficié d’une rente de situation. Mais une mauvaise affaire pour les consommateurs. Des bienfaits pour l’environnement discutés. Et un impact très limité sur l’indépendance énergétique et les émissions de gaz à effet de serre. La filière des biocarburants ou plutôt les filières, car elles sont deux – celle du biodiesel additionné au gazole et celle du bio-éthanol incorporé dans l’essence – en prennent pour leur grade dans le rapport rendu public hier par la Cour des comptes. Le plan de soutien lancé entre 2005 -2010 n’en a pas moins atteint son premier but. Une série d’usines sont sorties de terre et la France dispose aujourd’hui d’un« appareil agro-industriel de taille européenne », notent les juges financiers. En matière agricole, l’objectif de mettre fin à la jachère« a été atteint » et la filière éthanol a été« salutaire pour la betterave », en lui offrant un nouveau débouché. L’impact sur les filières d’élevage à travers les coproduits (tourteaux de colza) est« important »et le bilan énergétique« positif ». Ce dernier bute toutefois sur l’impossibilité d’augmenter rapidement les taux d’incorporation. Les investissements ont été massifs. Mais les 1,5 milliard d’euros que les professionnels ont consacré à la construction des deux filières restent très inférieurs aux 2,65 milliards d’euros de« dépense fiscale cumulée »opérée en leur faveur. Un pactole exclusivement fourni par la« réduction significative »de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) accordée pour six ans aux détenteurs de licences de production. Le rapport n’hésite pas à pointer la « rente de situation » et l’« effet d’aubaine » de 500 millions d’euros, dont a bénéficié Sofiproteol, principal producteur national de biodiesel, présidé par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin. Les 2,65 milliards de baisse de TIC ont été « essentiellement supportés par les consommateurs », observe le rapport. Des consommateurs que le moindre rendement énergétique des biocarburants contraint à passer plus souvent à la pompe. Pour le plus grand bonheur de l’Etat, dont les recettes« ont mécaniquement augmenté de 1 milliard d’euros pour le bioéthanol et de 0,5 milliard pour le diesel ». S’y ajoutent quelque 330 millions perçus au titre de la TGAP. Cette taxe générale sur les activités polluantes est plus pénalisante quand les distributeurs ne réalisent pas les objectifs d’incorporation de biodiesel ou de bioéthanol dans les carburants. Mais, là encore, les consommateurs en font les frais car cette majoration de TGAP leur est répercutée. Une situation« anormale »pour les magistrats de la rue Cambon, qui jugent irréalistes les objectifs nationaux d’incorporation et en préconisent le« réajustement ». Au total, le surcoût pour les consommateurs s’élève à près de 3 milliards d’euros, quand la facture pour l’Etat, elle, « n’aura pas dépassé 820 millions d’euros ». Et le dispositif contribuera à remplir les caisses de l’Etat à l’avenir, estime la Cour en tirant d’autres leçons de ce plan Biocarburant. « En l’absence de certitudes sur la question de la concurrence entre cultures destinées aux biocarburants et à l’alimentation humaine ou animale », les auteurs du rapport s’en remettent au principe de précaution. Ils recommandent« l’arrêt des subventions soutenant la production de biocarburants ». »

                                                              REVUE DE PRESSE DU 24 JANVIER 2012

                                                                   CAC 40 du 23 janvier 2012:
      0,51% ou 0,0032% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,37) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de création comptable de valeur © calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,37 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                      ALLEMAGNE

Favilla dans « Les Echos » du 24 janvier 2012

Article intitulé : L’Allemagne en clair-obscur  
« Pour la première fois depuis longtemps, son commerce extérieur devrait apporter une contribution négative à sa croissance. La raison n’en est pas l’affaiblissement de sa compétitivité industrielle, toujours remarquable, mais l’évolution des demandes : la demande intérieure y a été encouragée par une certaine hausse – légitime – des salaires, alors que la demande extérieure a épousé le ralentissement général, et principalement en Europe. Or celle-ci absorbe environ 60 % de ses exportations. Les responsables allemands en tirent la sage conclusion que« ce qui est bon pour l’Europe est bon pour l’Allemagne », salutaire reconnaissance de l’interdépendance de nos économies. Ce mouvement conjoncturel confirme d’ailleurs l’élasticité de l’économie d’outre-Rhin à son environnement, ce qu’avait paru occulter l’enchaînement de ses succès. Ainsi la croissance allemande cumulée, sur une base 100 en 2008 (début de la crise), s’établira à environ 102 en 2012 (prévision), à peu près exactement comme celle de la France à la même date. Mais on aura entre-temps, chez nous, envié ses hauts en passant sur ses bas, éternel pessimisme national…Relativiser ainsi les atouts allemands ne vise pas à les contester. »


                                                                                      BOURSE

Nessim Aït-kacimi dans « Les Echos » du 24 janvier 2012

Article intitulé : Les traders haute fréquence sont devenus un maillon essentiel des marchés des changes  
« Les traders haute fréquence (THF) ont effectué une entrée fracassante dans l’écosystème des marchés des changes, au point d’en être devenus aujourd’hui une pièce essentielle. C’est ce que confirme une récente étude de la plate-forme de transactions au comptant EBS, où les grandes banques et institutions financières traitent les devises, pour un montant quotidien moyen de 160 milliards de dollars en 2011 (1).Ainsi, entre mai et octobre, les THF s’emparent de l’écrasante majorité des ordres passés. Beaucoup d’ordres sont annulés avant d’être exécutés, du fait de leur très grande vitesse, ce qui constitue la valeur ajoutée et marque de fabrique de ces intervenants. Sur l’euro-dollar, les THF réalisent 29 % des ordres quotidiens. Les « ultra » (les plus rapides des THF, pouvant réaliser jusqu’à 15.000 ordres par jour) en font 61,6 % et les automates des banques 5,7 %. De telle sorte que les « humains » représentent à peine 4 % des transactions. La part des « humains » est encore plus réduite sur d’autres paires de monnaies comme l’euro contre yen (1 %) ou l’euro-franc suisse (2,1 %). En nombre d’intervenants, les opérateurs « en chair et en os » sont encore majoritaires. Ainsi, ils représentent les trois quarts des acteurs sur l’euro-dollar, le quart restant est composé des automates, ceux des banques (6 % du total) ou les traders haute fréquence. Selon les paires de monnaies, les automates représentent entre 20 % et 40 % des intervenants, avec aux deux extrêmes du spectre le dollar contre franc suisse (39,1 %) et l’euro-franc suisse (21,5 %). A l’échelon mondial et toutes plates-formes confondues, les THF représentent de 25 % à 30 % des montants traités chaque jour, selon la Banque des règlements internationaux. Lors d’épisodes particuliers, comme les interventions des banques centrales, ils sont parfois très actifs. Les ultra THF ont fourni de la liquidité, mais pas à certains moments. Notamment juste au début de l’intervention, peut-être pour laisser le temps à leurs concepteurs d’adapter leurs « machines » à la nouvelle donne du jour. Les plus lents des automates, ceux des banques notamment, ont bien compris qu’ils pouvaient perdre pas mal d’argent à cette occasion. Ils ont donc augmenté la taille de leur fourchette « achat-vente », l’écart entre les cours auxquels ils vendent et achètent du dollar-yen. »

Jack Dion, à propos du livre d’Isabelle Pivert «  La création de valeur pour l’actionnaire ou la destruction de l’idée démocratique », dans « Marianne » du 11 novembre 2011

Article intitulé : Un concept financier qui tient du hold-up
« La création de valeur pour l’actionnaire est une notion inventée par les banques d’affaires anglo-saxonnes, dans les années 80, afin de franchir un nouveau palier dans la course effrénée à la rentabilité financière. Ainsi aboutira-t-on à ces retours sur investissement financiers atteignant des taux déments de 15%, générateurs de prélèvements massifs sur la « valeur ajoutée » (la vraie, celle qui correspond à la richesse produite). D’où la crise. Plus rien n’échappe à la logique de ce que l’auteur appelle l’ « emprise totalitaire d’un concept financier ». Désormais, l’entreprise est conçue uniquement comme un instrument destiné à produire du cash au profit de l’élite des affaires. »

                                                          REVUE DE PRESSE DU 21 AU 23 JANVIER 2012

                                                                     CAC 40 du 20 janvier 2012:
  -0,22% ou -0,0018% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,18) voir site : www.agencedecotationisr.com

*L’indice de destruction comptable de valeur © calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,18 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                                ALLEMAGNE

Laura Berny dans « Les Echos » du 23 janvier 2012

Article intitulé : La France et l'Allemagne prônent un assouplissement de Bâle III
« L'initiative risque de faire des vagues. La France et l'Allemagne souhaitent un assouplissement de certaines règles applicables aux banques dans le cadre de Bâle III. En vue d'éviter un resserrement brutal du financement à l'économie, connu sous le nom de « credit crunch », François Baroin, ministre des Finances, et Wolfgang Schäuble, son homologue allemand, vont appeler aujourd'hui, selon le « Financial Times », à des aménagements du futur cadre réglementaire, en particulier pour le traitement prudentiel des banques détenant des compagnies d'assurances. L'initiative franco-allemande risque de contrarier les marchés alors que les banques sont appelées par le régulateur européen à renforcer plus vite que prévu leurs fonds propres et que plusieurs pays, dont la Suisse, cherchent même encore à rehausser ces exigences. »


Commentaire : Et dire que leur ancienne position a mis nos économies en péril et quantité de gens au chômage… quand ce n’est pas à la rue !


                                                                          ASSURANCE-VIE

Dans « L’Agefi » du 20 janvier 2012

Article intitulé : La Cour des Comptes rend un rapport sévère sur la fiscalité patrimoniale de l'assurance vie

« La Cour a procédé au cours de l'année 2011 à l'évaluation de la politique publique en faveur de l'assurance-vie. Son rapport publié jeudi 19 janvier égratigne le placement favori des conseillers en gestion de patrimoine en affirmant qu'il poursuit des objectifs imprécis et mal hiérarchisés, notamment au regard du financement de l'économie. La Cour estime ainsi que la fiscalité allégée concernant les revenus des contrats d'assurance-vie constitue une dépense fiscale dont le coût, estimé par l'Etat à 1 milliard d'euros, va très vraisemblablement augmenter à moyen terme alors que l'impôt prélevé chaque année ne dépasse pas 400 millions. La Cour relève par ailleurs que les modalités fiscales de la transmission des capitaux n'ont pas de lien avec les objectifs de la politique publique tels qu'ils sont formulés. Les avantages ainsi consentis ne sont pas comptabilisés en dépense fiscale et leur coût n'est pas chiffré. Pour la Cour des comptes, la définition de la durée des contrats qui conditionne le bénéfice de l'avantage fiscal n'est pas efficace dans la mesure où elle ne tient pas compte de l'historique des versements. Le barème fiscal des rentes viagères, inchangé depuis 1963, est obsolète et n'incite pas à opter pour un dénouement en rente des contrats d'assurance-vie. Enfin, en matière de transmission, la fiscalité de l'assurance-vie consent un avantage substantiel pour les successions hors la ligne directe et conjoint survivant. Dans le cas de patrimoines importants, les conditions spécifiques de taxation sont très inférieures aux droits de mutation à titre gratuit après abattement.
Sur la contribution de l'assurance au financement de l'économie, le rapport avance qu'il doit être relativisé et met en avant que la part de la dette de l'Etat détenue par le secteur a sensiblement diminué (40 % en 1999). Au regard de l'environnement économique et réglementaire (Bâle 3 et Solvabilité II), la Cour des comptes indique que les objectifs de la politique de l'épargne en assurance-vie doivent être reformulés avec la fixation d'un principe central ciblé sur « l'intérêt de l'épargnant à la détention longue de son épargne ». » 


                                                                                  BELGIQUE

Dans « Trends.be » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Une maison coûte 227.691 euros en Belgique
« Le prix moyen des maisons en Belgique a augmenté de 5,8 % fin 2011. Une maison d’habitation se négocie désormais autour de 227.691 euros. Le prix moyen des maisons en Belgique a augmenté de 5,8 % au quatrième trimestre de 2011 par rapport au précédent trimestre. Une maison d’habitation moyenne revient désormais à 227.691 euros, contre 215.255 euros au troisième trimestre. Des chiffres qui n’englobent toutefois pas les prix des villas, maisons de maître et maisons de rapport. En comparant les prix moyens pratiqués sur l’ensemble de 2011 avec ceux de 2010, les notaires constatent une augmentation de 10,7 % pour la Belgique, avec 214.480 euros contre 193.714 euros l’an dernier. Les régions du pays évoluent dans les mêmes proportions. En Flandre, le prix moyen en 2011 était de 229.374 euros (+ 8,4 %). Dans le sud du pays, le prix moyen s’élève à 165.066 euros (+ 12,6 %). A Bruxelles, une maison d’habitation s’est, en moyenne, vendue à 364.982 euros (+ 8,1 %). Au niveau des provinces, on note des progressions entre 5 % et 11%. Mais le Brabant wallon voit le prix moyen de ses maisons évoluer plus fortement, avec 17,8 % de progression. »


Commentaire : Des prix qui peuvent laisser certains rêveurs. Qui pourrait imaginer une maison dans Paris à 364 982 euros. Pour rappel, le nombre d’habitants au km2 en Belgique est de  359,94 et en France de 94. 70% des Belges sont propriétaires contre 58% en France et une moyenne de 65% en Europe. Je persiste à penser que le problème en France est la concentration organisée de la population sur certaines zones. Concentration est due à une logique d’organisation commerciale déstabilisatrice. Il faut dire que les plus gros « contributeurs financiers », à quantité de niveaux, sont les grandes surfaces. Et pourtant, quel réseau routier ! Quelle couverture aérienne (aéroport et aérodrome) ! Quel réseau fluvial ! Et pour couronner le tout, la France est frontière avec 6 pays (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Luxembourg, Suisse). 


                                                                                           BOURSE

Gilles Coville dans « L’Echos » du 23 janvier 2012

Article intitulé : Les mains courtes
« Voilà cinq semaines que le CAC 40 évolue au-dessus des 3.000 points. Sympathique, si l'on oublie que la première fois que l'indice parisien a franchi ce seuil remonte à près de quinze ans, fin juillet 1997 ! Ce fut le début d'une longue poussée haussière, achevée par l'éclatement de la bulle technologique à l'automne 2000. Il y en eut deux autres, de mars 2003 à l'été 2007, puis de mars 2009 à avril 2010. Les phases de rebonds sur « fonds de piscine » sont ainsi de plus en plus brèves. L'actuelle se fait en outre avec peu de munitions : les volumes moyens sont de 30 % inférieurs à ceux d'il y a un an. Tant que cet indicateur ne s'installe pas au-delà des 4 milliards par jour, tout rally haussier sera fragile. Les accès de volatilité découragent les épargnants individuels qui vident leurs sicav spécialisées. Les incohérences de l'Europe refroidissent les investisseurs étrangers. Les acheteurs qui font surtout défaut à l'animation du marché sont les sociétés elles-mêmes qui, en dépit de leurs trésors de guerre accumulés, ont rarement initié des opérations de fusions et acquisitions d'aussi faible envergure. 


Commentaire : Nous retrouvons la logique SOCIOECOPOFI ainsi qu’une évocation des volumes. Les temps changent. Cependant, je marque mon étonnement lorsque Monsieur Coville écrit que 4 milliards est un indicateur. 4 milliards reste un montant bien trop faible pour justifier une quelconque crédibilité à un cours ou une situation boursière. 


Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin dans « La Tribune » du 23 janvier 2012

Article intitulé : « Nous voulons une formation des prix honnête et équitable »

« Le numéro deux de l'Amafi s'inquiète des risques d'une taxe sur les transactions lancée unilatéralement par la France, alors qu'on devrait s'intéresser aux produits financiers « dangereux », tels les CDS, ainsi qu'au problématique trading à haute fréquence.. On parle éventuellement, pour prendre les devants, d'une forme de retour à l'impôt de Bourse...Cela nous choque presque encore plus. Fiscalement plus facile à faire, ce serait une mesure destructrice pour le marché des actions qui, par excellence, met la finance au service de l'industrie. S'il y a un problème financier dans ce pays, c'est bien celui de l'investissement en actions. La grande majorité des titres cotés est aujourd'hui détenue par des étrangers. Nous n'avons pas de fonds de pension. Et les normes prudentielles de Bâle ou Solvabilité II limiteront les investissements en actions des banques et des assureurs. Dans ce contexte, nous devrions avoir un plan Marshall pour les actions. Au lieu de cela, c'est notre propre aviation qui nous pilonne. Si l'on n'est pas content des marchés, si l'on veut les assainir, c'est sur les directives européennes, et d'abord Marchés d'instruments financiers (MIF), qu'il faut agir. Rappelons que les questions de fonctionnement des marchés ne nécessitent qu'une décision à la majorité qualifiée. Les questions de fiscalité, elles, se prennent à l'unanimité. Il serait déjà bon de réfléchir sur le sort... à donner à plusieurs produits financiers qui me paraissent discutables, voire dangereux. Comme les CDS [Credit Default Swap], dont le statut juridique n'est même pas clarifié. De même, serait-il utile de définir quel développement réserver au trading à haute fréquence, qui est loin de faire l'unanimité au sein de la profession. Évolutions qu'il aurait été bon d'aborder à l'occasion de la révision de la MIF, mais qui n'y sont pas vraiment traitées. Lacune d'autant plus regrettable que les marchés actions sont de plus en plus opaques en raison de la multiplication des plates-formes alternatives. Et pourtant, nous avons toujours la même demande : nous voulons un marché transparent, avec une formation des prix honnête et équitable. Ce qui suppose des règles publiques efficaces. »
 
                                                                                     ECONOMIE

André Orléan, économiste « atterré »  propos recueillis par Frédéric Joignot, dans « Le Monde » du 21 janvier 2012

Article intitulé : Le marché gouverne "
« La politique ne se fait pas à la corbeille ", lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L'économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd'hui assujetti aux décisions des marchés financiers. Qui gouverne en Europe ?  Dans la zone euro, c'est le marché. Le pouvoir politique se conforme à ses priorités et craint ses évaluations. Historiquement, la primauté du politique, c'est-à-dire sa capacité à encadrer les intérêts financiers, a eu comme instrument essentiel la banque centrale. Il ne faut pas perdre de vue cette réalité : c'est par le biais de la puissance monétaire qu'il a été possible de faire prévaloir l'intérêt collectif. Mais cela suppose que la banque centrale soit placée sous l'autorité du pouvoir politique. C'est ce qu'on constate dans les grandes démocraties. Cependant cette architecture, qui a fait ses preuves, n'a pas été adoptée par la zone euro. Une Banque centrale européenne (BCE) coupée du politique est une très mauvaise chose. Elle est, en elle-même, l'expression d'une crise très profonde de la démocratie européenne, de son impuissance congénitale. D'ailleurs, il serait plus exact de dire que l'autonomie radicale de la banque centrale, plus que le résultat d'une doctrine, est la conséquence du fait qu'il n'existe pas de facto de souveraineté européenne. Quand on entend que " les marchés imposent leurs vues ", de quels marchés est-il question ? Quand on dit " les marchés ", on ne dit pas l'économie de marché, ni les marchés de biens. On parle des marchés financiers. On en parle comme s'ils résumaient toute l'économie, et qu'ils étaient rationnels et stables. S'ils étaient aptes à produire des estimations correctes des valeurs et des prix, leur rôle serait utile. Le problème vient du fait qu'il n'en est rien. Ils sont, de ce point de vue, très différents des marchés de biens. Ceux-ci traitent de marchandises réelles, ayant une utilité que les consommateurs peuvent juger, alors que les marchés financiers reposent sur des paris subjectifs, spéculatifs. Ce sont des marchés de promesses. On y vend et achète des anticipations. Leur logique est d'une nature mimétique : chaque investisseur se positionne en fonction de ce que les autres vont faire. Ils ressemblent fortement à ces médias qui cherchent à découvrir non les informations importantes mais celles susceptibles d'être appréciées par le public. Or la théorie libérale veut nous faire croire que les marchés financiers donnent des valeurs pertinentes, des prix objectifs, et qu'au final l'autorégulation va l'emporter. C'est ainsi que la financiarisation a été vendue aux populations. Cette construction a été démentie par les crises qui se succèdent, depuis 1987 jusqu'au tsunami financier de 2007 et à la crise d'aujourd'hui. On ne peut se fier aux prix financiers, que ce soit un taux d'intérêt, un taux de change ou le prix d'une action. Dans les capitalismes qui l'ont précédée, qu'ils soient " fordien ", " rhénan ", " managérial " ou autre, le contrôle des entreprises était soit dans les mains de leur propriétaire, soit, lorsque le capital était trop dilué, dans les mains des directions d'entreprise. Il s'ensuivait une forte diversité des points de vue et des évaluations. Dans ces capitalismes, seul le " flottant " était laissé au marché, le reste était géré au sein d'institutions spécifiques, que ce soient des familles, des banques, à la manière du capitalisme rhénan, ou l'Etat, comme dans le cas français. A partir des années 1980, on a liquidé progressivement les blocs de contrôle, jugés trop coûteux, et parce que les jeux du marché faisaient apparaître de fortes opportunités de profit. Ce faisant a émergé une forme nouvelle de capitalisme, financiarisée, où la diversité des points de vue est bien moins marquée car le marché y constitue le coeur des évaluations économiques. La BCE a les moyens d'intervenir pour racheter de la dette. Mais dès qu'il s'agit de soutenir les Etats en difficulté, nos dirigeants et économistes protestent : " Cela va faire de l'inflation, nous allons plomber les actifs de la BCE. " Lorsqu'il s'agit des banques, on ne parle plus des risques inflationnistes ou de solvabilité... On met les Etats endettés entre les mains des marchés financiers, qui vont fixer à leur guise le prix de leur aide : actuellement, pour dix ans, 6,5 % pour l'Italie et 5 % pour l'Espagne. Les pays du Sud européen sont condamnés à consacrer une part considérable de leurs recettes budgétaires au remboursement de leur dette, produisant une réduction drastique des dépenses publiques, dramatique pour leur population. On confond crise de solvabilité et crise de liquidités. L'Italie a des dettes importantes mais elle reste solvable. Il est stupide et dangereux de laisser ce pays payer des intérêts élevés. Si la BCE rachetait de la dette publique, les taux d'intérêt se détendraient immédiatement. On pourrait alors aborder les questions fondamentales, sociales, écologiques, sans oublier la croissance. Mais nous sommes paralysés par l'intransigeance allemande. Nous sommes dans une situation proche de l'entre-deux-guerres, quand déjà les pays européens menaient des politiques déflationnistes, ce qui a conduit au chômage de masse. Il en est ainsi parce que l'Europe reste très marquée par son adhésion au capitalisme financiarisé. »


                                                                                  EUROPE

Lefteris Papadimas dans « La Tribune » du 23 janvier 2012

Article intitulé : Les créanciers privés prêts à perdre 70% sur la dette grecque

« Le représentant des créanciers privés de la Grèce a déclaré dimanche que ces derniers avaient atteint les limites des pertes qu'ils étaient prêts à concéder dans le cadre d'un échange de dette "volontaire", ajoutant que la balle était désormais dans le camp des bailleurs de fonds internationaux d'Athènes. Des sources proches des pourparlers ont rapporté ce week-end qu'Athènes et ses créanciers obligataires se rapprochaient d'un accord mais que de nombreux détails devaient encore être réglés. Selon elles, les discussions s'orientent vers une perte de 65 à 70% pour les investisseurs privés. »

Commentaire : A priori, ce qui a mis à feu et à sang hier n’est plus à la mode. Le problème grec a servi aux politiciens de prétexte pour exprimer leur égo. Quel gâchis !

                                                                                     FAIM

Anne Bauer dans « Les Echos » du 23 janvier 2012

Article intitulé : Chaque Européen gaspille 179 kilos de nourriture par an
« Chaque citoyen européen jetterait l'équivalent de 179 kilos de nourriture saine par an, soit près de la moitié des denrées disponibles. Ce gaspillage pose aussi question face aux 70 millions d'Européens qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Une situation absurde alors que les associations caritatives et une majorité d'Etats ont dû lutter pied à pied pour maintenir le programme européen d'aide alimentaire aux plus démunis. » 


                                                                                         FRANCE

Propos de Denis Kessler recueillis par Nicolas Barré, Henri Gibier, Laurent Thévenin et François Vidal, dans « Les Echos » du 23 janvier 2012

Article intitulé : Notre modèle social n'est pas tenable

« La note de crédit de la France vient d'être dégradée par Standard & Poor's, est-ce un cataclysme ou un non-événement ? Les marchés n'y ont pas accordé une grande importance. Le pire de la crise est-il passé ? Dans toute maladie, il y a des périodes de rémission où les indicateurs s'améliorent. Cette dégradation est intervenue alors que la BCE procédait à une injection massive de liquidités dans le système financier, ce qui a minimisé ses effets immédiats. Cette piqûre fait du bien au malade, mais ne l'a pas pour autant soigné. Pour revenir à un niveau acceptable d'endettement, il faut réduire la dette d'un montant de 1,5 année de PIB. C'est considérable et ne se fera pas en un jour. Nous entrons dans l'ère du désendettement généralisé. Tous les acteurs économiques, sans exception, vont être concernés. Cela prendra du temps et sera pénible. C'est d'abord le résultat d'un recours excessif à la dette pendant des années. Les politiques monétaires menées de 2000 à 2007 ont facilité cette explosion du crédit. Malheureusement, une très large partie de cet endettement ne s'est pas traduit par des investissements productifs, qui auraient généré les cash-flows permettant son remboursement sans problème. La Grèce est couverte de piscines, pas d'usines ! C'est ensuite le résultat des erreurs commises pour gérer la crise à partir de 2007. Nous avons alors cru que nous étions face à une crise conjoncturelle classique que l'on pouvait traiter avec une réponse keynésienne, c'est-à-dire en soutenant l'activité grâce au déficit budgétaire et à l'augmentation des dépenses publiques et sociales. Dans le cas de la France, tout le monde sait désormais que la dette a augmenté de plus de 500 milliards au cours des cinq dernières années. On sait moins que, au cours de la même période, les dépenses publiques en France ont progressé de plus de 15 % ! Enfin, les nouvelles normes prudentielles dans le monde financier vont accélérer et amplifier le phénomène de désendettement. Elles vont se traduire par une contraction de l'offre de crédit et son renchérissement. Quant aux assureurs, ils sont dissuadés d'investir dans les actions et les placements en obligations d'entreprise se traduisent par une charge en capital que ne subissent pas les placements en bons du Trésor. Tout cela va limiter la croissance et compliquer les stratégies de désendettement. »

                                                                                  MATIERES PREMIERES

Dans « La Tribune » du 21 janvier 2012

Article intitulé : Les prix agricoles baissent, ceux de la consommation... montent
« En 2011, les prix à la consommation ont progressé en moyenne de 2,1 % en France, a annoncé l'Insee jeudi. Le renchérissement des prix de l'alimentaire a été important (+ 2,4 %). Le café a gagné 10,3 %, les huiles et margarines, 5,0 %, les produits à base de sucre, 2,7 %, ceux à base de pain, 2,4 %, le lait et la crème, 3,4 %, etc. Pourtant, pour cette même année, la FAO signale la « forte baisse des cours internationaux des céréales, du sucre et des huiles dues à des récoltes exceptionnelles ». Entre janvier 2011 et janvier 2012, les prix du blé ont diminué de 22 %, ceux du sucre roux à New York ont perdu 30 %, rappelle Agritel, cabinet de conseil en gestion du risque prix pour le secteur agro-industriel. Baisse des matières premières et hausse des prix dans les rayons : cette contradiction a le don d'agacer le consommateur, qui y voit la propension de l'industrie et des distributeurs à s'octroyer de confortables marges. La baisse des prix en 2011 n'est qu'un tableau d'ensemble. « Les marchés ont grimpé entre janvier et juin puis sont redescendus tout aussi violemment à partir de l'été, souligne Michel Portier, gérant d'Agritel. En raison du délai de répercussion au consommateur ? il faut trois mois pour faire un poulet, dix-huit pour un steak ?, la baisse des cours du second semestre 2011 ne se transmettra aux prix aux consommateurs qu'au premier semestre 2012. Par ailleurs « le facteur dominant de la hausse de l'alimentation est la hausse de l'énergie, rappelle Michel Portier. Le prix du blé ne représente que 5 % à 6 % du prix de la baguette. L'électricité et le fioul pèsent financièrement dans la fabrication et, plus indirectement, la hausse du pétrole est une source d'inflation que l'ensemble des acteurs économiques répercutent sur les prix. »

                                                              REVUE DE PRESSE DU 20 JANVIER 2012

                                                                      CAC 40 du 19 janvier 2012:
       1,96% ou 0,018% (indice de création comptable de valeur ©* de 99,08) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur © » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,08 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?


                                                                            POUR INFORMATION


http://www.regards-citoyens.com/article-appel-europeen-contre-la-dictature-financiere-93755686.html


                                                                                      BOURSE

Dans « L’Agefi » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Demande plus forte que prévu pour l’adjudication espagnole

«  L'Espagne a emprunté jeudi 6,6 milliards d'euros sur des échéances allant jusqu'à 10 ans, attirant une demande plus forte que prévu à l'occasion de l'un des premiers vrais tests de l'appétit des investisseurs pour la dette souveraine de la zone euro en 2012. »


Commentaire : Le vent aurait-il tourné en faveur de plus de raison et de logique ? 


                                                                                   ECONOMIE

Robert Shiller, professeur à l’université de Yale, dans « La Tribune » du 20 janvier 2012

Article intitulé : L'austérité, rarement bonne pour la croissance
« En 1724, Bernard Mandeville, le philosophe et satiriste britannique d'origine hollandaise, décrit une société prospère (une ruche d'abeilles) qui, choisissant soudain de faire de l'austérité une vertu, renonce à toute dépense excessive et à toute consommation à outrance. Qu'arriva-t-il ? « Le prix de la terre et des bâtiments tomba. Les palais enchantés dont les murs, semblables à ceux de Thèbes, avaient été élevés par la musique furent abandonnés... L'architecture fut entièrement délaissée... Les artisans ne trouvèrent plus personne qui voulut les employer... Ceux qui restèrent vivaient chétivement. On n'était plus à se demander comment dépenser, mais comment vivre... » Cela rappelle la situation de beaucoup de pays développés après les plans d'austérité décidés pour faire face à la crise financière. Il n'existe pas de théorie qui permette de prédire comment une population va réagir à l'austérité. Il n'y a donc d'autre choix que de considérer l'Histoire. Or les éléments réunis par Guajardo et ses collègues montrent que lorsqu'un État choisit délibérément de s'engager dans une politique d'austérité, la période qui suit est difficile. Les décideurs politiques ne peuvent se permettre d'attendre des années pour une réponse définitive qui ne viendra peut-être jamais. Mais à considérer les éléments dont nous disposons, il est probable que l'austérité, que ce soit en Europe ou ailleurs, ne donnera pas les résultats espérés. »


                                                                                               IMMOBILIER

Myriam Chauvot dans « Les Echos » du 20 janvier 2012

Article intitulé : Les promoteurs misent sur les logements neufs low cost  
« Pour les promoteurs de logements neufs, la réduction des aides à l’accession à la propriété et le rabot de l’avantage fiscal Scellier début 2012 changent la donne. Et du coup, leur offre évolue. Objectif : compenser pour les investisseurs le moindre attrait du  Scellier et éviter la désolvabilisation des acheteurs d’un premier bien  (primo-accédants).Ainsi, Kaufman & Broad, qui a connu une bonne année 2011 avec une amélioration de la marge et un résultat net passé de 18 à 48 millions d’euros, lance« au premier semestre 2012 en direction des premiers acheteurs un nouveau concept d’appartement 25 % moins cher qu’un produit classique »,indique son dirigeant Guy Nafilyan. Le promoteur économisera sur la construction avec, par exemple, des parkings extérieurs plutôt qu’en sous-sol, des implantations en périphérie des villes (en 3e couronne pour l’Ile-de-France) et commercialisera ces biens sur Internet. Bilan : moins de 3.000 euros le m2en Ile-de-France et 2.500 à 2.600 euros en régions. « Dés 2011, Nexity a lancé de son côté « Access Design », un appartement à bas coût, à ossature en bois donc« livrable en six à douze mois contre ving-quatre mois pour un logement classique », commente Bruno Corinti, responsable commercial pour valoir au final « 250 à 300 euros de moins, soit 18.000 de moins pour un T3 de 60 m2, ce qui peut faire toute la différence pour un primo-accédant ».  Nexity  espère faire progresser de 5 % à 6 % ses ventes sur cette clientèle en 2012, tout en s'attendant à un recul de 10 % de ses ventes totales. Sans cette offre low cost, la baisse serait donc encore plus forte. A destination des investisseurs,« pour compenser la baisse des ventes de Scellier, dont la réduction d’impôt tombe à 13 %, nous développons une offre de résidences étudiantes et seniors, qui cumulent l’avantage fiscal Censi-Bouvard de 11 % avec la récupération de la TVA », poursuit Guy Nafilyan. Les résidences permettent de se faire rembourser la TVA sur l’achat du bien.  Kaufman & Broad  espère que ce créneau représentera 20 % de ses ventes contre 9 % l’an dernier. Il songe à acquérir un gestionnaire de résidences. De même Nexity,« développe depuis deux ans une offre de résidences seniors, avec 1.100 logements seniors vendus l’an dernier contre 880 en 2010 », souligne Bruno Corinti . Avec en plus 700 ventes de logements étudiants, cela a évité aux ventes aux investisseurs de baisser plus que de 6 % à 7 % l’an dernier, malgré le net recul du Scellier. Pour autant, indique François Bertière, président de Bouygues Immobilier« une ruée sur le Scellier fin 2012 est possible car 13 % de réduction d’impôt, cela reste très intéressant, plus que le Besson et le Périssol en leur temps  ! »Mais même ainsi,« le marché verra probablement ses ventes baisser de 5 % à 10 % en 2012 », estime Guy Nafilyan. Quant aux prix,« nous faisons l’hypothèse d’une stabilisation voire d’une baisse allant jusqu’à 10 % selon les endroits », indique Herné Manet, responsable de la promotion  immobilière chez Icade.Bouygues Immobiliers’attend à une pression à la baisse de 3 % à 5 % des prix . »


Commentaire : Si je comprends bien, nous passons de l’ère de la déstabilisation des prix due aux aides fiscales (bulle immobilière) à une accentuation de la déstabilisation sociologique (parkings extérieurs plutôt qu’en sous-sol, des implantations en périphérie des villes (en 3e couronne pour l’Ile-de-France)). Bonjour la pollution, bonjour le temps de transport, bonjour les conditions de transport etc…  Pour rappel, le principe de la défiscalisation est de reporter sur l’ensemble des citoyens les charges d’une minorité. Il n’y a pas d’offres low cost, il y a simplement obligation de passer d’un marché dopé à la défiscalisation à un marché normal, c’est-à-dire cohérent avec le pouvoir d’achat réel et adapté aux bailleurs et aux locataires. La solution au problème immobilier n’est pas d’offrir des aides fiscales déstabilisatrices mais bien de mettre en place une fiscalité à géométrie variable incitative et protectrice pour le bailleur. Dans le lien suivant, je fais une proposition qui protège les bailleurs, les locataires et qui est à résultat positif pour l’Etat. http://immowebpartner.fr/conseils-immobilier/l%E2%80%99immobilier-et-la-defiscalisation-23/ Avis aux politiques qui veulent réfléchir en dehors des dogmatismes dictés par certains « conseillers ». « Conseillers » trop souvent rémunérés par « l’extérieur » et conseillés eux-mêmes par l’extérieur. Je sais que cette revue de presse est lue par des ministres, députés, sénateurs de tout bord, ce qui m’honore. Qui d’entre-vous va prendre la décision d’oser bouger ? Je vous rappelle que le premier qui bouge n’a pas de concurrence et peut bénéficier pleinement des fruits de son action. Cela peut être intéressant dans la situation actuelle. La suite de l’article montre bien que le marché immobilier est devenu une foire à la défiscalisation donc à l’endettement de l’Etat et à la déstabilisation des prix « pour compenser la baisse des ventes de Scellier, dont la réduction d’impôt tombe à 13 %, nous développons une offre de résidences étudiantes et seniors, qui cumulent l’avantage fiscal Censi-Bouvard de 11 % avec la récupération de la TVA ». D’un côté, récupération de TVA sur de la déstabilisation et de TVA sociale. Cherchez l’erreur !


Myriam Chauvot dans « Les Echos » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Peu de pistes pour doper le logement à coût nul
« Mais au-delà des effets d'annonce, le gouvernement peine à trouver des idées neuves pour construire davantage de logements à budget public constant. Lundi soir, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu a appelé les principaux promoteurs (Bouygues, Nexity, Kaufman & Broad...) et leur fédération pour recueillir leurs propositions, à la condition qu'elles aient un coût nul pour l'Etat. Résultat des courses : de l'aveu même des professionnels, les idées ne sont pas nombreuses d'autant qu'il faut qu'elles aient un effet dès 2012. Objectif : contrer la chute prévisible des mises en chantier de logements cette année. Il faut des mesures pouvant passer par décret et non par des lois. Pour construire plus et moins cher, l'une des idées évoquées côté promoteurs consiste à modifier les règles d'appel d'offres sur les terrains de l'Etat. Il s'agirait de remplacer les appels d'offres traditionnels menant à des surenchères sur le prix du foncier par des « appels à projets », où le foncier serait donc attribué à un prix plus bas et assorti de davantage de droits à construire (se traduisant par des constructions plus hautes, plus denses). En contrepartie, le promoteur s'engagerait à produire un certain nombre de logements à prix « maîtrisé », donc plus bas que le prix du marché éventuellement. Mais on voit mal l'Etat renoncer à des recettes de vente de terrain. » 


Commentaire : Constructions plus hautes, plus denses, manque de réflexion globale dans le plan d’urbanisme = instabilités sociologiques. Nous ne manquons pas de biens immobiliers, nous manquons de bailleurs ! Il faut adapter la fiscalité, apporter aux bailleurs une rentabilité et une sécurité face à des locataires malveillants pour que les millions de m2 non occupés le soient.

                                                                                           HISTOIRE

Dans « www.atlantico.fr » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Comment l'industrie financière a réussi son OPA idéologique sur le reste de l'économie

« L’idée de permettre au système financier de s'affranchir des règles de fonctionnement fixées par le pouvoir politique agite les milieux financiers depuis déjà des décennies. La City londonienne, conjointement avec les actionnaires de la Bank of New York furent ainsi les véritables inspirateurs de la nouvelle Banque Centrale des États-Unis (ou Fed) en 1913, dont la loi de 1973 s’inspira elle-même. En effet, à partir de 1913, même si la Fed pouvait -à son initiative- acheter directement de la dette à l’émission de l’État fédéral – contrairement à la future Banque centrale européenne – l’État fédéral américain, lui, devait passer par le système privé des banques de marché pour faire cette opération. La Fed ne peut prêter à des taux nuls directement à l’État comme elle le fait actuellement pour les banques privées. Dans cette organisation des banques centrales indépendantes, les Etats se trouvent de fait contraints de convaincre les banques privées de leurs bonnes politiques budgétaires tandis que les banques ont toute latitude pour fixer leurs taux d’intérêt en fonction de leur appétence pour les dettes souveraines. Pendant les décennies de forte croissance américaine et ouest-européenne ayant suivi la deuxième guerre mondiale, ce nouveau dogme de l'indépendance des banques centrales construit sur une vision d'un monde politique trop souvent enclin au laxisme budgétaire fit le tour du monde occidental libéral. Le prestige de la Fed et le magistère exercé par le leader américain dans le contexte de la guerre froide y contribuèrent grandement, mais la promotion de ce nouveau système de régulation de la création monétaire fut également l'objet d’un lobbying intensif. C’est là une évolution qui coïncide avec la mondialisation économique et financière. En effet, parallèlement à la nécessité de passer par le système privé pour financer les États, les grandes institutions financières nord-américaines, via leurs think-tanks, poussèrent à l'émergence d'un marché mondial totalement ouvert et non régulé. Si les années 70 virent l'extension progressive à travers l'Europe de ce système empêchant les Etats de se financer directement auprès de leurs banques centrales, les années 80 furent celles de la déréglementation financière. Sur le vieux continent, le projet européen se trouva profondément bouleversé par cette dynamique libérale qui boostait les économies anglo-saxonnes. Progressivement, l'idée de supprimer les frontières au profit d'un grand marché ouvert mondial s'imposa. En mettant en concurrence l'ouvrier occidental avec l'ouvrier chinois et en laissant les capitaux librement circuler, ce système contribua au creusement structurel des déficits commerciaux occidentaux au profit des pays émergents.  Ce système n’est toutefois pas perdant pour tout le monde ! Les multinationales ont en effet immédiatement perçu l’opportunité qu’il représentait pour elles. Il est en effet pour le moins intéressant, pour la rentabilité de leur capital (et les bonus de leurs dirigeants…) de pouvoir produire au coût chinois et de vendre aux riches consommateurs occidentaux tout en échappant à l’imposition fiscale grâce aux paradis fiscaux ! Avec la concurrence fiscale et les délocalisations, la dette a donc mécaniquement augmenté. Ce système aboutit au renforcement de l’emprise de l'industrie financière à mesure qu’il provoque les difficultés économiques et sociales des pays qui l’ont adopté. A mesure que le système mis en place par les milieux financiers démontre sa capacité à se révéler nocif pour la société, il renforce simultanément l’emprise de ces mêmes milieux financiers et leur capacité à imposer leurs orientations aux décideurs politiques, aux véritables entrepreneurs et, in fine, à l’ensemble de la société. Cette alliance objective de l'industrie financière et des multinationales -quels que soient leurs secteurs d'activité- permit également de développer – via le sponsoring, le financement de travaux de recherche et la prise de contrôle de nombreux médias – tout un corpus théorique vantant « la mondialisation heureuse » et les bienfaits de « la main invisible du marché autorégulateur ». La réalité, comme nous le constatons aujourd’hui, a contredit ces attentes théoriques dans un certain nombre de domaines. Mais qu’importe ! L’avantage d’une théorie est de pouvoir se prétendre scientifique aussi longtemps qu’elle ne s’est pas fracassée sur le mur de la réalité. Dans les années 1990, à la suite des déficits croissant des États-Unis et de l’explosion de plusieurs scandales financiers majeurs, on s’empressa d’en profiter pour augmenter encore la « cohérence » du système en instaurant encore davantage de dérégulation. Il en est ainsi des normes comptables IFRS qui, dans les années 2000, ont mis encore plus l’économie sous l’emprise du marché et donc de l'industrie financière. Elles ont notamment permis de « fabriquer », avec le « mark to market », la valeur des actifs selon la valeur financière en ne tenant, pour ainsi dire, plus compte de la valeur d’un actif dans sa durée économique. Elles ont de la sorte accru le pouvoir des opérateurs financiers par leur capacité à fabriquer la valeur d’un bien. Dans le même temps, afin de bien maîtriser cette valeur devenue en grande partie une valeur subjective, pour faire taire les rumeurs sur les valeurs (ou bien pour être à l’origine de celles-ci…) le système financier a pu bénéficier du développement de nombreux médias mettant en avant l’information économique et financière. Les chroniques boursières se sont imposées en fin de journaux télé ou radio comme compagnons incontournable des bulletins météos. Quant aux agences de notation indépendantes, elles ont connu leur essor grâce aux notations commandées par… le système financier pour compenser la plus grande opacité introduite par la dérégulation. Qui paie peut faire pression ! Par ces mesures, l'industrie financière occidentale est ainsi parvenue à imposer son pouvoir sur d'autres secteurs économiques en maîtrisant quasi totalement, l'un des nerfs névralgiques de la guerre : l’évaluation économique de la réalité. Ses normes et ses informations finissent par créer, de fait, par l’appréhension de la réalité, une partie non négligeable de la « réalité » économique elle-même. Dire que la catastrophe va arriver, c’est rendre la catastrophe effective. Dire que tel pays est insolvable le rendra tel en raison de la croissance immédiate du taux d’intérêt de sa dette. Dire que telle banque concurrente court à la faillite l’y accule en raison de la chute du cours de ses actions et de l’augmentation du coût de son financement… De la sorte, le système financier a littéralement enfermé techniquement les États occidentaux dans l’endettement. Là-dessus, les chiffres parlent d'eux-mêmes mieux que tout :  aujourd’hui, en France, sur les 1700 milliards de dettes publiques, l’intérêt payé de la dette est de 1454 milliards et cet intérêt payé équivaut à lui seul à la dette avant la crise de 2008 ! »

Commentaire : J’espère que vous aurez « apprécié ».

                                                              REVUE DE PRESSE DU 19 JANVIER 2012

                                                                       CAC 40 du 18 janvier 2012:
   -0,16% ou -0,00001% (indice de destruction comptable de valeur ©* de 99,99) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,99 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                           AGENCE DE NOTATION

André Grjebine, directeur de recherche à Science Po, Francesco Saraceno, économiste à l’OFCE, dans « Le Monde » du 19 janvier 2012

Article intitulé : La rigueur ne suffit pas. Le diagnostic de S&P est bien mal interprété
« On peut bien entendu s'interroger sur la légitimité de la place acquise par les agences de notation dans l'économie internationale. Mais, tant qu'à faire, si on doit prendre en compte leur message, autant se déterminer par rapport à ce qu'elles disent vraiment et non par rapport à l'orthodoxie économique qu'on leur prête, parfois à tort. La puissance de celle-ci est pourtant si grande que bien des commentateurs continuent à discourir sur la décision de Standard & Poor's (S&P) de dégrader la note de la France et d'autres pays européens en l'attribuant à une politique de rigueur qui aurait été jugée insuffisante. En réalité, l'agence de notation justifie la dégradation qu'elle vient de décider par des arguments qui sont à l'opposé de cette orthodoxie. L'agence critique ainsi l'accord entre dirigeants européens, tel qu'il est ressorti du sommet européen du 9 décembre 2011 et des déclarations qui l'ont suivi, en lui reprochant de n'avoir en vue qu'un seul aspect de la crise, " celle-ci étant censée découler de la prodigalité budgétaire des pays périphériques de la zone euro. Selon nous, cependant, les problèmes financiers de la zone euro sont tout autant une conséquence des déséquilibres extérieurs croissants et de la divergence de compétitivité entre le noyau de l'UEM et la soi-disant périphérie. De ce fait, un processus de réformes basé sur le seul pilier de l'austérité budgétaire risque de s'avérer autodestructeur, l'inquiétude des consommateurs quant à leur emploi et leurs revenus réduisant la demande intérieure et celle-ci conduisant à une baisse des recettes fiscales ". En vertu de quoi, S&P estime que le principal risque qui peut affecter les Etats européens peut provenir d'une détérioration des situations budgétaires de certains d'entre eux " par suite d'un environnement macroéconomique plus récessionniste ". De ce fait, S&P n'exclut pas une nouvelle dégradation, dans l'année qui vient, de la notation de pays de la zone euro. Dès lors, s'ils prennent en compte l'exposé des motifs de l'agence de notation, les pays européens devraient mettre en oeuvre des politiques économiques susceptibles à la fois de soutenir la croissance et de faciliter ainsi le remboursement des dettes publiques et de rééquilibrer les balances courantes entre pays de la zone euro. L'effort de redressement budgétaire imposé aux pays de la périphérie devrait, par ailleurs, être étalé sur une période assez longue pour que ses effets récessifs soient minimisés. »


Commentaire : En clair, ne pratiquez par l’austérité sur la pauvreté et reportez dans le temps votre objectif. A quand la notation de nos politiques par les agences de notation ?


                                                                             POUR INFORMATION
                 http://www.regards-citoyens.com/article-appel-europeen-contre-la-dictature-financiere-93755686.html

                                                                                ALLEMAGNE

Dans « La Tribune » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Comment l'Allemagne a évité le chômage par le « Kurzarbeit »
« Une des clés du « miracle de l'emploi » allemand a été la bonne résistance du marché du travail pendant la très profonde crise de 2009 où le PIB avait chuté de 5,1 %. Cette résistance a été en grande partie expliquée par les mesures de chômage partiel (« Kurzarbeit ») qui ont permis de réduire le temps de travail sans augmenter le chômage. Au même moment, la France s'est entêtée dans les subventions aux heures supplémentaires, favorisant les réductions d'effectifs. Résultat : avec une réduction du PIB deux fois moins forte, la France a connu une envolée du chômage. En Allemagne, il est normalement possible pour une entreprise de prendre des mesures de chômage partiel pendant 6 mois pour des raisons conjoncturelles lors d'une « baisse temporaire, considérable et inévitable de l'activité causée par des raisons économiques ». Dans ce cas, l'agence fédérale de l'emploi (BA) paie 60 % à 67 % des salaires. Les entreprises ne peuvent y avoir recours que lorsque les autres mesures de réductions du temps de travail ont été épuisées, notamment les comptes épargne temps et la suppression des heures supplémentaires. »


Commentaire : D’un côté le pragmatisme Allemand, de l’autre, le dogmatisme politique Français. Le temps de travail est la variable d’ajustement.


                                                                                              BOURSE

Frédéric Pltier, avocat, Viguié Schmidt Peltier Juvigny, expert du Club des juristes dans « Les Echos » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Le marché ne doit plus faire la loi  
 « Les prolongations de la crise financière en 2012 auront-elles pour conséquence une remise en cause du recours à la valeur de marché comme référentiel comptable dans les comptes des entreprises ? Les implications juridiques de cette question sont telles qu’elle ne restera pas cantonnée au pré carré des hommes du chiffre, familiers des normes IFRS et IAS 39. L’adoption du référentiel comptable IFRS venu des Etats-Unis a en effet révolutionné le principe de l’image fidèle des comptes dans sa conception traditionnelle en droit français. Il impose que les actifs et passifs financiers au bilan des sociétés doivent apparaître à leur valeur de marché. Les cours des actifs financiers devenant alors de plus en plus volatils avec la crise, il en est résulté une étourdissante valse des bilans. Ce faisant, les comptes des sociétés se sont peu à peu éloignés de leur fonction originelle d’évaluation de la santé de la société et de sa capacité à mener et à poursuivre ses affaires. Ils sont devenus des instruments d’évaluation intrinsèque des sociétés, non sans conséquence pour les personnes intervenant dans leur élaboration et leur certification. Le choix d’une valeur de marché est en effet devenu un véritable enjeu de responsabilité. »


Commentaire : Enfin ! D’autres et notamment des avocats commencent à écrire sur la stupidité et la dangerosité des normes comptables. Je propose qu’un thésard prenne comme sujet « Le nombre de chômeurs du à l’application des normes comptables ». Je pense qu’il devrait avoir une très bonne note…ne fut ce que pour le choix du sujet.


                                                                                          COMPTABILITE

Mathais Thépot dans « La Tribune » du 19 janvier 2012

Article intitulé : Bâle III impose cinq fois plus de fonds propres aux activités de marché
« Près de 5.500 suppressions de postes ont été annoncées par les banques françaises récemment, principalement dans les activités de marché des banques de financement et d'investissement (BFI). Pour expliquer cette hécatombe, les contraintes imposées par les futures normes bancaires de Bâle III qui s'appliqueront progressivement d'ici la fin de la décennie, sont mises en avant. En moyenne, la mesure du risque des activités de marché des banques est en effet quatre fois plus pointue sous Bâle III que sous Bâle II, selon l'étude du cabinet Sia Conseil. Il faut dire que « le risque de marché était insuffisamment pris en compte dans le cadre de Bâle II », estime Thomas Rocafull, directeur services financiers chez Sia Conseil. Pour compenser d'éventuelles pertes liées à ces actifs dits risqués, Bâle III impose en moyenne 5,5 fois plus de fonds propres aux activités de marché des BFI que sous Bâle II, selon l'étude. Les banques ont donc deux options : diminuer les activités de marché les plus risquées ou augmenter leurs fonds propres. Mais cette dernière solution semble difficilement réalisable au vu du contexte économique et financier hostile. « Les levées de capitaux sont aujourd'hui très incertaines pour les banques de financement et d'investissement, en raison de la crise des dettes souveraines et des risques persistants de liquidité », indique Sia Conseil. Pis encore, les investisseurs, ne constatant pas de mise en conformité rapide avec Bâle III, rechignent à venir apporter leurs capitaux aux banques. Un cercle vicieux s'enclenche. Les banques sont donc contraintes, faute de capitaux, de réduire le risque de leurs activités de marché.
Commentaire : Que l’on vire tous les acteurs de Bâle II et qu’on leur demande des comptes comme à des chefs d’entreprise. A cette occasion, je propose qu’il y ait une enquête sur l’action des lobbies. Il est grand temps d’assimiler en terme de responsabilité les acteurs des normes internationales et les hauts fonctionnaires aux chefs d’entreprises.

                                                                                HISTOIRE

Jean-Luc Schffhauser dans « www.atlantico.fr » du 18 janvier 2012

Article intitulé : Mais pourquoi avait-on voté en 1973 cette loi imposant à l'Etat de passer par les banques privées ou les marchés pour financer sa dette ?
« Comment sommes-nous passés, d’une société où, malgré toutes les imperfections humaines et sociales, l’économie travaillait pour l’homme, à une société où l’homme travaille pour l’économie et l’économie pour la finance ? Au centre de ce changement de nature, il y a, en France, la loi du 3 janvier 1973. Cette loi à peu près inconnue du grand public a en effet bouleversé l’organisation de la finance, et ses rapports avec l’État, garant de l’intérêt général. En effet, cette loi, directement inspirée du système américain de la FED (réserve fédérale américaine), interdit à la Banque centrale de faire des avances au Trésor. Dit autrement, de prêter directement à l’État de l’argent à taux zéro ou à un taux équivalent à celui qui prévaut lorsque la Banque centrale prête de l’argent aux banques. Dès lors, en vertu de cette loi, l’État est obligé de passer par le système des banques privées pour financer son endettement. Cette loi constitue en elle-même un véritable défi à la souveraineté étatique, puisqu’elle interdit au Souverain - l’État démocratique étant l’aboutissement politique et juridique du Peuple souverain - de se donner l’argent dont il est pourtant le seul garant et seul émetteur de monnaie de base. Et elle l’oblige, pour emprunter, à passer par des tiers privés (les banques) qui lui prêtent l’argent dont il est cependant le fournisseur en dernier ressort ! Une situation déjà ubuesque en elle-même, mais qui s’est encore aggravée depuis, puisque, en volant au secours des institutions financières lors de la crise de 2008, l’État est également devenu le fournisseur en premier ressort de ces mêmes institutions qui aujourd’hui lui reprochent son endettement, et lui appliquent en conséquence des taux usuraires… Il est tout à fait permis de croire à la bonne foi du législateur. Dans l’esprit de celui-ci et des hauts fonctionnaires de l'époque, il s’agissait avant tout, après la période de reconstruction de la France de l’après-guerre, d'instituer un garde-fou afin de préserver le pays des abus passés faits sur les épargnants et les rentiers par l’inflation et les dévaluations. Car en l'absence de limitation légale au pouvoir arbitraire de l'Etat de créer de la monnaie, l'équilibre du système repose uniquement sur la volonté des gouvernements de s'imposer une discipline budgétaire. Sans cette discipline, et s'il devient systématique, le financement des déficits par simple émission monétaire est un mauvais coup porté au reste de l'économie puisque cet argent "créé" l'est sans contrepartie réelle. En 1973, près de 30 années "d'abus" étatiques en matière de création monétaire viennent de s'écouler dans le cadre de la remise à flot de l'économie française suite aux destructions de la deuxième guerre mondiale. La France étant désormais reconstruite, il n’était plus aussi nécessaire de laisser persister des mécanismes qui s'étaient avérés bénéfiques pour le financement de dépenses d’investissements structurels. D'autant qu'en plus de ces investissements lourds, ces mécanismes de création monétaire "facile" avaient souvent été utilisés pour financer le fonctionnement courant de l'Etat. Aux yeux des hauts fonctionnaires ou des législateurs de l'époque, il était à la fois utile d'encadrer les potentielles dérives de l'Etat en la matière et souhaitable de sortir d'une ère d'économie administrée. Reste que ces bonnes intentions finirent par faire aussi le jeu du monde de la finance, celui-ci voyant bien l’intérêt qu’il pouvait retirer d’un système dans lequel l’État doit obligatoirement passer par lui pour emprunter. De ce point de vue, la loi de décembre 1973 fut également le fruit d'un habile lobbying bancaire visant à consolider ces "bonnes dispositions" politiques afin de "neutraliser" ceux qui auraient pu remettre en question l'argument d'un Etat trop dépensier et prompt à faire tourner la planche à billets pour continuer à s'endetter dans la mesure où en 1973, l'État français n'était quasiment pas endetté.  Contrairement à ce qu’escomptaient certains, la loi de 1973 n’aura donc pas rempli son rôle de garde-fou budgétaire : l’endettement public s’est poursuivi. Et - circonstance aggravante - il a été contracté auprès de créanciers financiers privés pratiquant des rentes sur la dette. Tant et si bien que l’État est progressivement devenu l’otage d’un système financier privé.De la sorte, avec la loi de 1973, la France changeait en réalité de monde en mettant à mort le système qui pourtant avait permis sa reconstruction et son renouveau industriel. Il faut en effet en être bien conscient : sans les avances gratuites du Trésor, l’inflation et les dévaluations, la France d’après-guerre n’aurait pas pu se reconstruire. Si la France avait choisi la finance et le remboursement des dettes, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, elle ne se serait jamais relevée, car elle aurait croulé sous le poids du passé. Entre 1990 et 2001, 34 pays vont abandonner leur capacité à faire financer les excédents de dépenses publiques par leurs banques centrales pour la confier à l'industrie de la finance privée. Pour le plus grand profit de celle-ci : comme l’endettement public et privé a été croissant comme jamais, le bilan des banques privées dépasse désormais de plusieurs multiples le PIB des États. Il représente ainsi trois fois le PIB de la zone euro, rien que pour les banques travaillant au sein de la zone monétaire européenne unifiée. Rien que de très logique, puisque le système privé financier a fait de la dette - et en particulier de l’endettement public - son métier, avec une efficacité redoutable. Désormais, cette logique est comme on le sait inscrite dans le marbre des Traités européens qui interdisent à la Banque centrale européenne de procéder à des avances au bénéfice des États, au même taux qu’elle prête pourtant aux banques. Les États perdent donc leur capacité d’utiliser la monnaie pour soutenir leur développement économique : rien n'est possible sans le soutien des banques privées ou des marchés, même pour investir de manière rentable dans le long terme. Cette rigueur a toutefois ses limites : il est en effet permis à la BCE, par la force des choses, de fausser le marché en achetant indirectement la dette aux banques et au système financier comme elle l’a fait pour un montant de 200 milliards d’euros, via une forme de monétisation. L’on découvre alors que la BCE s’autorise à créer de la monnaie à partir de rien, mais seulement pour sauver les banques et le système financier, tout en s’interdisant la même technique pour sauver les États… Il ne peut y avoir deux souverains ; Ou bien l’État met sous contrôle la finance ou bien la finance met l’État sous son contrôle. Soit c’est le peuple qui est le souverain (via ses élus), soit c’est le système financier (agences de notation, banques, institutions financières) qui est le souverain, dictant au peuple et à ses élus, la politique à suivre. Et comme conséquence, un pouvoir qu’on ne peut plus sanctionner, puisqu’il n’est pas élu et n’a même pas de "visage". La dépossession progressive de toute latitude monétaire des États ne pose donc pas seulement un problème économique. Elle représente aussi un effroyable déni de démocratie, la volonté et les intérêts des acteurs de la finance primant de facto sur ceux des peuples. »


Commentaire : J’espère que vous aurez « apprécié ».


                                                                             MATIERES PREMIERES

L. Boi dans « Les Echos » du 19 janvier 2012

Article intitulé : En chute libre, les taux de fret tombent   au plus bas depuis trois ans  
« Le Baltic Dry Index, qui mesure l’évolution du coût du transport maritime pour le vrac sec sur 24 routes maritimes différentes, est en train de couler. Pour la première fois depuis trois ans, il est tombé sous les 1.000 points, renouant avec les plus bas historiques de 2002 et de fin 2008, et très loin des 12.000 points franchis en juin 2008. Depuis le 15 décembre, il est en chute en libre de 48 % ; et de 55 % depuis ses plus hauts annuels en octobre dernier, à 2.173 points. Avant la crise financière de 2008, l’effondrement de cet indice,  considéré alors comme l’un des indicateurs de tendance les plus fiables de la conjoncture industrielle mondiale, aurait été perçu comme annonçant une récession économique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La chute de l’indice est d’abord le reflet de causes propres au secteur du transport maritime. L’offre de vaisseaux a beaucoup augmenté après 2007-2008. Aujourd’hui, elle semble trop importante pour répondre à une demande qui s’est réduite en raison d’un contexte économique délicat et incertain. Mais le repli du BDI est aussi la conséquence d’une baisse des cargaisons provoquée par des conditions climatiques défavorables. Enfin, l’indice pâtit aussi d’un ralentissement de la demande chinoise. L’ex-empire du Milieu a constitué des stocks importants de charbon et de minerai de fer avant Noël (début janvier, ces derniers s’élevaient à 97 millions de tonnes, soit l’équivalent d’un mois et demi d’importations). Et la proximité du nouvel an chinois, le 23 janvier prochain a ralenti l’activité, et donc les besoins de la sidérurgie. »

                                                              REVUE DE PRESSE DU 18 JANVIER 2012

                                                                    CAC 40 du 17 janvier 2012:
         1,40% ou 0,008% (indice de création comptable de valeur* de 99,42) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,42 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                            AMF/REGULATEUR

Christèle Fradin dans « La Tribune » du 18 janvier 2012

Article intitulé : L'AMF veut la transparence sur les dérivés échangés de gré à gré
« Le régulateur français a décidé d'étendre le dispositif existant de déclaration des transactions aux produits dérivés échangés hors marché. Cette obligation, qui valait jusqu'alors pour les seuls échanges réalisés sur les marchés réglementés ou organisés, s'applique à l'ensemble des prestataires de services d'investissement en France et aux succursales hexagonales d'intermédiaires agréés dans l'espace économique européen. Exception faite des sociétés de gestion. Pour autant, tous les échanges sur dérivés ne seront pas photographiés par l'AMF. L'obligation de transparence porte sur les dérivés actions ou de crédit ayant un sous-jacent unique. »


Commentaire : Sauf erreur, lorsque l’on veut éteindre un feu, on ne laisse pas de porte ouverte. Porte ouverte qui attise le feu. Pourquoi gesticuler et non agir ? Quels sont les blocages ?


                                                                                         BOURSE

Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » du 18 janvier 2012

Article intitulé : Les transactions OTC en inexorable croissance
« Les Bourses traditionnelles s'inquiètent beaucoup de la fragmentation des transactions. Fragmentation issue de la multiplication à vitesse stratosphérique des plates-formes de négociation alternatives. Lesquelles favorisent le développement des transactions OTC (over the counter), dites de gré à gré ne passant pas par des marchés réglementés ou organisés. Ces transactions ne cessent de grossir au fil des mois. A tel enseigne qu'en décembre dernier, elles ont représenté 61% de toutes les transactions enregistrées chez Nyse-Euronext. De la même manière, il est édifiant de constater que, selon les données avancées par cette même entreprise de marché, les transactions réalisées par le tandem Nyse-Euronext/Deutsche Börse sur les produits dérivés totalisent 90% des marchés réglementés européens. Si l'on se place à l'échelle mondiale et surtout si l'on y inclut les transactions de gré à gré, le poids des deux candidats au mariage tombe à ...3%. Cette explosion des transactions OTC en Europe est paradoxalement le fait de l'entreprise de marché américano-européenne puisqu'elle est notamment due au développement des ETF (exchange traded funds), ces fonds indiciels qui font les choux gras des grands intermédiaires, lesquels préfèrent traiter directement avec des courtiers spécialisés de manière à mieux maîtriser et coordonner les ordres et ainsi faire profiter de meilleurs prix à leurs clients. Car l'avantage des transactions OTC réside essentiellement dans les prix demandés, très largement inférieurs à ceux des places traditionnelles. » 


Commentaire : D’un côté, les professionnels soumis à des règlements de comptes, à des chantages à la réputation et à leur portefeuille (déclaration AMF), à des réglementations stupides (mais rémunératrice pour les différents contrôleurs imposés, directement ou indirectement, par les régulateurs) et à des systèmes de cotation débiles. De l’autre, des professionnels libres de faire ce qu’ils veulent y compris dans les cotations (ce qui est ahurissant). Le summum : nous retrouvons ces mêmes professionnels sur les mêmes marchés avec les mêmes agréments. Les Etats ne sont pas malades du fait de l’économie. Les Etats sont malades du fait des décisions prises par certaines de leurs instances. Instances incompétentes, vérolées et corrompues. Seul problème, les Etats ont donné tous les droits à ces instances. Une des possibilités de susciter le changement est d’imposer une information claire, nette et précise, tant sur l’utilisation des fonds que sur la variation boursière. C’est pour cela que je propose que tous les OPCVM communiquent leur tableau de bord ISR (exemple en pièce attachée) et que la variation de la spéculation du jour (cours de bourse actuel) des indices et des cours soit doublée de la publication de la variation socialement responsable tenant compte des volumes échangés. Pour rappel, plus de 99% de la variation des cours est due à l’application de règles comptables stupides…pas pour tout le monde, puisque les marchés dérivés n’existent que par la volatilité créée par ces règles. D’un côté, les professionnels comme Monsieur Haas, président de l’Autorité des Normes Comptables, de l’autre des instances étatiques qui ne tiennent aucunement compte de la réalité. Pourquoi ou combien ?
Commentaire revue de presse du 7 janvier 2012 : Les Big Four financent l’IASB qui est en charge de définir les normes comptables internationales que les Big Four (entre autres) devront utiliser et appliquer. Comme par hasard, les normes IASB conviennent parfaitement au business des Big Four. Ces mêmes Big Four (notamment) appliquent, utilisent, détournent à titre privé et au détriment de pays (cas de la Grèce entre autres) ces mêmes normes. Pour « améliorer» ce schéma, il faut savoir que l’IASB (appelée loup dans l’article ci-dessus) est constituée par les régulateurs boursiers mondiaux et que ces derniers imposent quasiment les Big Four aux sociétés financières qui sont sous leur dictat. Eh oui ! Ceux-là mêmes qui sont censés protéger les épargnants et les Etats sont financés par les Big Four (entre autres) qui déstabilisent et détournent le système comptable à leur profit. Et dire que les organismes de régulation (loup, dans l’article) qui constituent l’IASB ne cessent de prôner la transparence et d’imposer aux chefs d’entreprise de multiples charges financières (commissaires aux comptes notamment) pour éviter les conflits d’intérêt. Cerise sur le gâteau, nous retrouvons les commissaires aux comptes dans les commissions consultatives permanentes des instances de régulation (AMF), qui ont pour rôle d’éclairer les décisions susceptibles d’avoir un impact sur les épargnants et sur les professionnels des domaines concernés. En synthèse, les systèmes comptables qui fabriquent « artificiellement » les cours et la volatilité boursière (impératifs aux produits dérivés et autres) et qui déstabilisent les marchés boursiers et les Etats, sont sous la tutelle des personnes censées réguler ces mêmes marchés boursiers, qui elles-mêmes sont sous la dépendance des Big Fours et des utilisateurs des produits dérivés. Cherchez l’erreur ou plutôt cherchez les corrompus ? Je terminerais en rappelant que l’idiotie de ce système comptable entre copains est décriée par Monsieur Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (excusez du peu)
Jérôme Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) dans « La Tribune » du 16 septembre 2011 : « La référence au marché est a priori logique, pour des instruments financiers, mais peut-elle être automatique et exclusive, comme l’IASB semble le recommander alors que la norme IAS 39 prévoit de s’en écarter quand les circonstances le justifient (et la crise a livré des enseignements forts sur l’efficience des marchés) ? N’est-il pas indispensable de refléter, par exemple, un prix conclu publiquement entre toutes les parties prenantes ? Est-ce une bonne pratique comptable que de se contenter d’enregistrer la volatilité des prix, donc des pertes et des profits purement artificiels, pendant qu’aucun titre n’est acheté ni vendu ? Quelle est l’« utilité sociale » des comptes, s’ils sont un reflet mécanique d’opinions de marché, dont la volatilité se diffuse à toute l’économie de façon « procyclique », au lieu de représenter la stratégie et la performance économiques de chaque entreprise ?
Claude Bébéar et Edouard Tétreau dans « Le Figaro » du 12 août 2011 : « Nous avons laissé se mettre en place un système dont bénéficie une poignée de profiteurs de crise : les traders, les marchands de volatilité, les spéculateurs. Un système qui, dans le même temps, décourage l’investissement de long terme, industriel et non financier, seul garant de la prospérité durable pour le plus grand nombre. Ce système empêche les banques et les compagnies d’assurances de détenir des actions d’entreprises en grande quantité, et sur le long terme. Avec ces règles, dans un pays comme la France, il n’y aura bientôt plus que la Caisse des dépôts et quelques familles françaises pour investir durablement nos entreprises, et donc créer des emplois chez nous. Que faire ? Trois choses très simples : 1. Ce n’est pas à un aréopage de lobbys de décider de nos normes comptables et prudentielles, mais aux États se concertant entre eux. L’IASB, l’ISDA (lobby professionnel du marché des dérivés), et les comités Théodule de Bâle et de Solvency 2, ont produit des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés. Corruption, lobbies, incompétence (voir propos de Monsieur Jouyet sur l’AMF)…Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 : « Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. »
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse                                                                        

                                                                                                 ECONOMIE

Philippe Escande dans « Les Echos » du 18 janvier 2012

Article intitulé : Free  ou les deux règles d’or du low cost    
« Quand la bombe éclatera, c’est-à-dire si Free parvient en peu de temps à séduire 3, 5 voire 10 millions de clients, les conséquences promettent d’être dévastatrices. Un analyste du courtier Raymond James en dresse la liste : des revenus en chute de 30 % d’ici à 2015 chez tous les concurrents, une chute des profits qui pourrait atteindre les 40 %, des plans de restructuration en cascade, un abandon des subventions aux mobiles, voire une reprise des grandes fusions, du type France Télécom-Deutsche Telekom et pourquoi pas un éclatement de Vivendi ! L’équation se résumerait ainsi : je vends deux fois moins cher car je suis deux fois plus productif. C’est ce que l’on appelle, de façon un peu rapide, l’effet low cost. Et puis les compagnies aériennes  connaissent par cœur le phénomène. La grande restructuration annoncée la semaine dernière par Air France est aussi en bonne partie la conséquence de l’attaque de ses concurrents easyJet et Ryanair sur son trafic européen. Et, curieusement, les ratios sont proches. Le chiffre d’affaires par employé d’easyJet (7.360 personnes, 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires) est environ deux fois plus élevé que celui d’Air France KLM (100.000 personnes, 24 milliards de chiffre d’affaires). Derniers arrivés sur leurs marchés, ils jouent sur les deux atouts clefs que leur apporte leur jeunesse : une offre totalement repensée et une organisation bien plus efficace. Tous surfent donc sur la banalisation d’un objet de consommation au moment même où il cesse d’être un produit de luxe pour devenir un produit de masse. L’organisation est naturellement un cadeau de la jeunesse. Elle consiste à se concentrer sur les emplois en relation directe avec le produit et à réduire au maximum les hiérarchies et le formalisme. Les services support et marketing sont extrêmement réduits. Côté commercial, l’usage de l’Internet est généralisé. L’avantage compétitif des low cost va-t-il s’émousser dans le temps, à la faveur de leur embourgeoisement progressif et de leur expansion ? Ce sera le cas pour certains, tant la bureaucratie est une tendance naturelle des organisations humaines. Plus elles grandissent, plus elles se protègent, délaissent le client au profit des luttes internes. Pourtant, la culture Southwest demeure, quarante ans après, en dépit de sa taille (numéro un en trafic aux Etats-Unis), et l’entreprise est régulièrement honorée par la presse anglo-saxonne pour être celle« où il fait bon travailler ».Peut-on en dire autant de France Télécom ? Les low cost sont donc des agents de changement, de bouleversements darwiniens. Ils le sont d’autant plus qu’ils sont vite imités et parfois dépassés par de plus jeunes. Condamnés à innover en permanence s’ils veulent survivre et prospérer dans le monde instable qu’ils ont contribué à créer. » 


Commentaire : Comment bâtir une économie globale viable sociologiquement (humainement) si le principe low cost se généralise à tous les biens et services ? Le low cost n’existe que sur les failles des systèmes anciens, systèmes anciens qui « assuraient » une certaine « redistribution ». A contrario, je pense que  les low cost assurent une concentration des profits au détriment de la redistribution. Les low cost relèvent du principe économique de la main invisible (ce qui est normal puisque nous sommes dans ce cycle). Mais ne va-t-on pas vers un capitalisme qui s’autodétruit par ses excès à l’heure où nous entrons avec 2012 dans le cycle de surchauffe (cycle de Marx) ?

                                                                                           ENERGIE

Dans « Boursorama » du 17 janvier 2012

Article intitulé : Le prix de l'électricité pourrait grimper de 30% d'ici à 2016 :

« "Si l'on cumule (tous les facteurs d'augmentation, ndlr), vous avez une évolution du prix de l'électricité tout compris de l'ordre de 30% d'ici 2016 si on applique sans la changer la législation actuelle", par rapport au prix de marché de 2012, a estimé M. de Ladoucette, qui s'exprimait lors d'un colloque organisé à Paris par le club "Energie et développement". » 


                                                                                         FRANCE

Olivier Nomblot, point de vue d’Olivier Babeau, professeur à l’université Paris XIII, dans « Les Echos » du 18 janvier 2012

Article intitulé : Produire en France,   oui mais avec l’étranger  
« Qu’il faille promouvoir la production en France, car elle crée des emplois et nourrit nos trop faibles exportations, c’est une évidence. Toutes les mesures qui pourront favoriser une activité économique sur notre territoire doivent être encouragées. Aucun gouvernement n’a jamais pensé ou déclaré le contraire. En revanche, il existe en réalité un vrai débat concernant la façon dont ce « produire en France » est conçu. Certains courants politiques pourraient souhaiter privilégier une interprétation étroite de ce principe, assimilant « produire en France » à « produire Français ». Le corollaire du « produire en France » serait alors non seulement l’édification de barrières à l’entrée des produits étrangers, mais aussi le refus des capitaux étrangers, accusés de vouloir « acheter la France ». La seule interprétation qui vaille du « produire en France » est tout sauf protectionniste : car s’il faut produire en France, le marché français ne peut à lui seul absorber la production française. La France a besoin des marchés étrangers pour se développer : mentionnons simplement les deux fleurons français que sont l’électricité et l’aéronautique. Ensuite, le réalisme économique impose que les capitaux nécessaires à la production ne ne soient pas seulement français. La France était en 2010 le 4e pays d’accueil des investissements directs étrangers. Ce sont plus de 57 milliards de dollars qui ont été investis par des étrangers dans des activités de production nationales créatrices d’emplois pour cette seule année. Comment nier que la Toyota Yaris, produite à Valenciennes, est par exemple parfaitement française ? Pourquoi s’offusquer ou s’effrayer lorsque des investisseurs qatarens achètent un club de football, investissent dans Suez et Veolia ou achètent des Airbus ? La tout récente affaire de l’arrivée fracassante d’Al-Jazeera sur le marché des droits du football est d’ailleurs très emblématique de la position assez  contradictoire que certains peuvent avoir face aux investisseurs étrangers. En décidant d’investir en France sur les droits de diffusion des matches de la Ligue 1 et de Ligue des champions aux dépens de Canal +, le Qatar crée de la richesse, en France, là où il n’y en avait plus. Il crée des emplois et dynamise la concurrence là où toutes les entreprises françaises ont renoncé – rachetées par Canal Plus ou éliminées par elle d’ailleurs. Une fois la chaîne qatarienne lancée, les mêmes qui dénoncent pour de mauvaises raisons cet investissement verront qu’il contribuera sans doute à baisser le prix de la télévision payante en France. L’importance des investissements étrangers est le signe rassurant de notre attractivité en même temps qu’un précieux adjuvant à la vigueur future de notre tissu économique national. La mondialisation est bien une compétition, mais en réalité pour les Etats une compétition de modèles – réglementaires, fiscaux, sociaux. Un investisseur étranger vient en France parce qu’il juge que notre pays offre des atouts : infrastructure, sécurité, marché national important. L’enjeu des réformes à venir sera précisément d’adapter ce modèle afin qu’il soit plus attractif que jamais. » 


Frédéric Vuillod dans « Les Echos » du 18 janvier 2012 


Article intitulé : Les secteurs qui vont créer des emplois d’ici cinq ans
« La France compte déjà 15 millions d’emplois dans le secteur marchand et 783.000 emplois supplémentaires seront créés d’ici à 2016, d’après le Centre d’Analyse Stratégique. C’est le secteur du nettoyage qui embauchera le plus, suivi du conseil, des services domestiques, des activités culturelles, de la construction et de la distribution. Viennent ensuite la finance, l’assurance, l’immobilier, les transports ou l’hôtellerie-restauration. »


Commentaire : Et les banques licencient tout comme les assureurs…Rebelote, ce qui s’est passé mi-90 se répète.

                                                              REVUE DE PRESSE DU 17 JANVIER 2012

                                                                      CAC 40 du 16 janvier 2012:
        0,89% ou 0,0033% (indice de création comptable de valeur* de 99,62) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,62 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                  EUROPE

Stéphane Le Page dans « Les Echos » du 16 janvier 2012

Article intitulé : Les PME ont créé 85% de l'emploi dans l'UE entre 2002 et 2010 :
« L'emploi dans l'Union européenne est tiré par les petites et moyennes entreprises, qui y ont assuré 85% de la création nette d'emplois entre 2002 et 2010, mais qui sont plus vulnérables à la crise que les grandes, selon des chiffres publiés lundi par la Commission européenne. La Commission souligne que la part des PME dans la création d'emplois est nettement supérieure à leur part dans l'emploi total, qui est de 67%. Au sein des PME, ce sont les entreprises de moins de 10 personnes qui créent le plus d'emplois nets. Ce sont aussi les entreprises les plus jeunes (moins de cinq ans) qui sont les plus dynamiques en matière de création d'emplois, en particulier dans le secteur des services aux entreprises. »

                                                         REVUE DE PRESSE DU 14 AU 16 JANVIER 2012

                                                                       CAC 40 du 13 janvier 2012:
     -0,11% ou -0,0007% (indice de destruction comptable de valeur* de 99,36) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,36 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                                   BOURSE

Stéphane Le Page dans « Les Echos » du 16 janvier 2012

Article intitulé : Comment Solvabilité II redéfinit les relations entre les investisseurs et leurs gérants  
« Les gérants doivent pouvoir expliquer comment ils comptent générer des rendements à un horizon le plus prévisible possible, c’est-à-dire entre deux et trois ans », signale Jean-François Bay, directeur général de Morningstar France. Le contrat entre l’institutionnel et la société de gestion change aussi. « Les investisseurs institutionnels suivent au plus près les résultats des gérants et ne peuvent aujourd’hui tolérer qu’une performance se situe au-dessous des objectifs. Nous sommes passés d’une obligation de moyens à une obligation de résultats », note-t-il. »


Commentaire : Comment croire que les gérants peuvent expliquer la façon de générer des rendements à échéance de deux et trois ans ? Cette crise n’a-t-elle donc rien appris aux rédacteurs des normes comptables, principaux acteurs du dernier krach. Et les investisseurs institutionnels ? Toujours aussi aveugles ? Ces derniers « ne peuvent tolérer qu’une performance se situe au-dessous des objectifs ». Ils reviennent avec leur comportement d’hier. Les performances vont de nouveau être créées artificiellement et comptablement en créant les fondations du prochain krach. Ce krach, comme déjà écrit, sera le krach de surchauffe. Il verra, sauf changement du système de cotation, des indices progresser à des valeurs inconnues jusqu’alors...avant de sombrer à des valeurs inconnues jusqu’ici. Là, nous risquons de connaitre un véritable krach boursier dû au franchissement du seuil sociologique des baisses et à des retraits massifs. En attendant, retour à la débilité comptable et à la fabrication « maison » des performances. Les mêmes qui imposent d’appliquer des normes sur fonds propres, censées apporter une certaine sécurité, imposent aux systèmes des comportements dont le risque relève de la roulette russe. Roulette russe élevée à la puissance de l’idiotie du moment. D’un côté, les rédacteurs des normes comptables espèrent, par la mise en place de normes absurdes, se dédouaner de leurs erreurs et de leurs responsabilités et de l’autre côté, ils recommencent à appliquer leurs dogmatismes anciens. Fous ou fous à lier ? Il est peut-être temps de ne plus assimiler la comptabilité, qui ne reflète que les tares de certains hommes et leurs arrangements personnels, aux mathématiques. Les mathématiques sont un des « langages » ou un des « outils » de l’Universel. A ce titre, elles ne sont qu’humaines dans leur découverte et leur application. Il est grand temps de réfléchir en termes de physique économique (socio-économie) et de traduire les actions mathématiques à entreprendre en termes financiers. Les règles comptables ne doivent plus être décidées par des instances comptables.


Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 16 janvier 2012

Article intitulé : Le consensus a toujours tort
« Trop, c'est trop non ? Placer de l'argent à des taux négatifs, empiler des centaines de milliards d'euros sur des comptes courants, des comptes à terme ou des livrets A. Avoir peur même de l'assurance-vie en fonds euros. Il ne reste plus qu'à stocker de l'eau, du riz, des pâtes, des conserves et se planquer dans un bunker pour être prêt pour l'apocalypse du calendrier Maya. Alors, c'est simple. Le consensus a tort. Il a toujours tort. Les mauvaises nouvelles sont dans les cours actuels. Il y aura de la volatilité, des à-coups, des plongeons. Mais je ne crois pas à la fin du monde. Personne ne veut d'actions européennes ? Je pense qu'il faut commencer à en acheter. À petites doses homéopathiques. En privilégiant les éternelles valeurs de rendements, et la liste des valeurs du CAC qui servent des taux d'intérêt de 7 à 10 % est longue. Personne ne croit à l'euro ? Je pense qu'il faut commencer à en acheter un peu. Il peut baisser certes, de 5 %, mais il a, si on se rend compte que l'Allemagne ne peut pas vivre sans les pays de la zone euro, un potentiel de hausse de 10 à 15 %. Tout le monde veut des emprunts d'État américains. Je pense qu'il faut au contraire commencer à les vendre. Prêter aux États-Unis à 10 ans à 1,90 %, c'est aussi absurde que de prêter en 2007 de l'argent à des Américains qui n'avaient pas de travail pour qu'ils s'achètent un bien immobilier et on sait comment cela s'est terminé. On prête de l'argent à des taux négatifs ou très bas à l'État allemand ? Je préfère prêter de l'argent à Mario Monti à 7 %. La perte du triple A français est peut-être l'opportunité qu'on attendait... »


Dans « Le nouvel Economiste » du 12 au 18 janvier 2012

Article intitulé : 700 000 Mds de dollars

« C’est la valeur des marchés de dérivés au premier semestre de 2011 selon la Banque des règlements internationaux. Le montant de ces transactions représente près de dix fois la valeur de la production de biens et services de l’ensemble de la planète (avec un PIB mondial estimé autour de 65 000 milliards de dollars en 2011). »

Commentaire : Les marchés dérivés valent dix fois la valeur de la production de biens et services de l’ensemble de la planète. Ces données, certes intéressantes, ne nous disent pas à combien est estimé le risque systémique et quelles sont les solutions qui vont être mises en place pour éviter le krach de surchauffe futur construit par le maintien de la virtualité du système actuel et l’arrivée, tôt ou tard, d’un afflux financier d’une ampleur inconnue. Peut-être que le risque systémique est incalculable faute de traçabilité des opérations…Encore plus qu’hier, il est devenu impératif de n’investir que dans l’économie réelle et dans le respect des volumes.

                                                                                           CHINE

Dans « L’Express » du 20 janvier 2012

Article intitulé : Bulle de Chine

« Selon HomeLink China, une agence spécialisée, les prix des appartements neufs à Pékin auraient chuté de 35% pendant le seul mois de novembre 2011. A Shanghai, Wenzhou et dans d’autres villes, la tendance est la même. L’impact s’annonce important : les administrations locales, endettées par la construction de grands projets d’infrastructure, ont toujours compté sur les ventes de terrains pour remplir leurs caisses. »

Philippe Delmas dans « Le nouvel Economiste » du 12 au 18 janvier 2012

Article intitulé : Le doute chinois

«  Un système financier « informel » a été mis en place par les banques, qui prête aux collectivités et société insolvables à des taux usuraires pouvant dépasser 30%. Ces créances sont titrisées et « packagées » comme aux plus belles heures de l’immobilier américain. »

                                                                                        DIVERS

Dans « Challenges » du 13 janvier 2012

Article intitulé : Regards

« 1% des utilisateurs de mobile dans le monde génèrent 50% du trafic, et 10% des utilisateurs génèrent 90% du trafic. »  
« Dans 30 ans, il y aura davantage de Français que d’Allemands, et davantage de Turcs que de Russes. »
« Le secteur aérien a enregistré 25 accidents mortels l’an dernier, soit 1 accident pour 1,52 million de vols, le meilleur résultat de son histoire. »
« La Chine consomme 10% d’énergie de plus que les Etats-Unis et émet 40% de gaz à effet de serre en plus. »
« Facebook est à l’origine de 33% des divorces au Royaume-Uni. »
« Les Etats-Unis produisent 25% de biens et services de plus qu’en 1999 avec le même nombre de travailleurs. »

                                                                             ECONOMIE

Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du FMI, dans « Les Echos » du 16 janvier 2012

Article intitulé : Repenser les buts de la croissance  
« Est-il raisonnable de considérer la croissance économique comme l’objectif principal des sociétés ? Les plus critiques ont proposé des mesures plus larges du bien-être national comme l’indice de développement humain des Nations unies et plus récemment celui de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social en France, sous la direction de Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi. Mais il y a un problème plus profond encore que l’étroitesse du champ couvert par l’analyse statistique : c’est l’échec de la théorie de la croissance à penser que l’être humain est une créature fondamentalement sociale. L’homme évalue son bien-être d’après ce qu’il voit autour de lui et non pas par rapport à une norme. L’économiste Richard Easterlin a fait remarquer que les enquêtes sur « le bonheur » révèlent étonnamment peu d’évolution dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, en dépit d’une croissance significative des revenus. Naturellement, les pays considèrent la croissance à long terme comme une partie intégrante de leur sécurité nationale et de leur statut mondial. Les pays fortement endettés, soit la plupart des économies avancées, ont besoin de la croissance pour s’en sortir. Mais à long terme se concentrer sur la croissance est insuffisant. Dans une période de grande incertitude économique, il peut sembler inadéquat de remettre en cause l’impératif de croissance. Mais, d’un autre côté, peut-être qu’une crise est exactement l’occasion de repenser les buts à plus long terme de la politique économique mondiale. » 


                                                                                      FRANCE

Guillaume Guichard dans « Le Figaro » du 14 janvier 2012

Article intitulé : Les quatre conséquences de la perte du AAA français

« C’est sans doute la conséquence la plus grave déclenchée par la perte du AAA : le Fonds européen de stabilité financière, dont la note AAA dépend de celle des pays qui le soutiennent, devrait également être revu à la baisse. Conséquence, le taux d’intérêt alors exigé par les investisseurs grimperait. Cela renchérirait le coût des plans d’aide à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande sous la perfusion du mécanisme européen. Et mettrait en péril le fragile mur anticrise de la zone euro.  Effet domino sur les collectivités locales La sanction de Standard & Poor’s provoquerait un effet domino, explique Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation : « La note du pays sert de référence nationale. Si elle est abaissée, toutes celles des entreprises, des banques et surtout des collectivités locales seront remises en cause. Parmi ces dernières, celles dotées d’un AAA, comme la Ville de Paris ou la région Ile-deFrance, seront automatiquement dégradées. » Les collectivités dépendant en grande partie des transferts financiers de l’état (via l’allocation globale de fonctionnement), elles ne peuvent pas bénéficier d’une meilleure note que lui. Or, une fois leur note dégradée, elles devraient faire face à des créanciers plus méfiants, qui leur réclameraient des taux d’intérêt plus élevés. Les établissements pourraient en effet durcir l’accès au crédit et augmenter les taux d’intérêt. « La banque empruntant plus cher sur les marchés, on peut supposer qu’elle répercute cette hausse sur ses clients », reconnaît l’économiste d’une grande banque française. « Toutefois, au vu de la concurrence actuelle, elles pourraient choisir de réduire plutôt leur marge pour conserver leurs parts de marché. » D’autre part, « dans le contexte actuel de resserrement du crédit par les banques, l’impact supplémentaire d’une baisse de la note pourrait passer presque inaperçu », relativise l’économiste Alexandre Delaigue. Les conséquences d’une perte du AAA de la France dépendent aussi et surtout de la réaction des marchés. Si, comme beaucoup le suggèrent, les taux pratiqués actuellement sous-entendent déjà une France dotée de la note inférieure, alors il faut s’attendre à peu de changement. La Nouvelle-zélande, par exemple, a perdu son AAA le 30 septembre. En réaction, le coût du crédit a flambé. Avant de retomber à des niveaux plus bas qu’avant la sanction des agences de notation. »


Geneviève Azam, économiste, Etienne Balibar, philosophe,  Thomas Coutrot, économiste, Dominique Méda, sociologue, dans « Le Monde » du 14 janvier 2012

Article intitulé : Contre le discours dominant sur la dette publique
 « Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, " vit depuis plus de trente ans à crédit ". Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur " La dépense publique et son évolution ", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000. Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n'épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers - ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts - se montent à 50 milliards d'euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés. Une idée a servi de clé de voûte à l'architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d'un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s'entraider financièrement... : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. »

                                                                REVUE DE PRESSE DU 13 JANVIER 2012

                                                                          CAC 40 du 12 janvier 2012:
-0,15% ou -0,010% (indice de destruction comptable de valeur* de 99,39) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,39 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                               BOURSE

Gilles Coville dans « Les Echos » du 13 janvier 2012

Article intitulé : Le fossé transatlantique  
« Les Européens ne sont pas rancuniers. Alors que les capitaux américains ont fui en masse la zone euro, stratèges et gérants sont, de ce côté-ci de l’Atlantique, presque unanimes à placer les Etats-Unis en tête de leur allocation d’actifs pour 2012. Depuis octobre, les sicav françaises investies en actions américaines sont les seules dont les capitaux sous gestion augmentent. Le paradoxe va loin. La plupart des continentaux ne croient pas au scénario catastrophe d’une implosion de l’euro qu’attendent les Anglo-Saxons d’un jour à l’autre. Ils devraient logiquement se placer en face, car toute amélioration, même légère, de la situation en Europe exercera un puissant levier sur la valorisation de ses marchés. Mais ce n’est pas ce que les clients des sociétés de gestion ont envie d’entendre. Tant que la Grèce ne sera pas vraiment sortie d’affaire et son sauvetage perçu comme un cas unique plutôt que le premier d’une série, les réflexes de précaution l’emporteront. Enfin, après les déceptions de 2011 sur la plupart des Bourses émergentes, l’Amérique fait d’autant plus figure de refuge que son horizon vient de se dégager. « Le consommateur y donne de nouveau signe de vie », résumait, devant des centaines de professionnels réunis par Ofiam, Peter Tanous, président Lynx Investment Advisory. L’expert souligne aussi que l’obligation à 30 ans du Trésor américain bat l’indice S&P 500 sur tous les délais de détention, de 1 an à 30 ans, signe d’une sous-évaluation historique des actions. Wall Street a confiance dans « Corporate America », qui déborde de cash à distribuer ou à investir et peut même espérer améliorer encore ses marges. »


Commentaire : L’argent va où a été choisie la relance par la consommation. Cela s’est fait au détriment de l’Europe qui a choisi d’appliquer des raisonnements comptables déconnectés de toutes réalités humaines pour s’affranchir de ses erreurs. Socio-économie contre économie mathématique ! Il faut expliquer aux citoyens que le seul moteur de l’économie c’est eux, c’est nous. A eux, à nous, de consommer intelligent ; à eux, à nous, de préférer l’épargne constructive sociologiquement et économiquement. A eux, à nous, de rejeter l’épargne qui détruit et qui paupérise. Il est impératif que les capitaux reviennent dans l’économie réelle.


                                                                             MATIERES PREMIERES

Laurence Boisseau dans « Les Echos » du 13 janvier 2012

Article intitulé : Maïs, blé, soja : de nouvelles surprises sur les stocks font tanguer les cours  
« L’Usda publiait hier son rapport mensuel d’offre et de demande estimées des principaux pays du monde pour la fin de campagne, et son rapport trimestriel sur l’état des stocks américains réels, cette fois-ci au 1er décembre. Or il n’a pas révisé à la baisse le niveau des stocks de maïs comme les marchés s’y attendaient. Il a, au contraire, relevé les disponibilités mondiales estimées au 30 septembre de 1 million de tonnes, à 128,1 millions, et revu à la hausse le niveau des stocks américains réels à 244,9 millions, alors que le consensus de marché tablait sur des niveaux de 238,5 millions. L’abondance des stocks a pesé sur les cours. Les prix du contrat de blé ont baissé de plus de 6 % à l’ouverture des marchés de Chicago, à 6,47 dollars le boisseau. Sur le soja, les changements ont également été importants ce mois-ci. L’offre augmente, la demande diminue. Dans le même sens, le stock trimestriel américain ressort à 64,5 millions de tonnes contre 63,2 millions attendus. Les prix étaient en baisse, suivant les tendances de céréales mais dans des proportions moindres. »

                                                           REVUE DE PRESSE DU 12 JANVIER 2012

                                                                 CAC 40 du 11 janvier 2012:
      -0,19% ou -0,0013% (indice de destruction comptable de valeur* de 99,31) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,31 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                                 ALLEMAGNE

Jean-Marc Vittori dans « Les Echos » du 12 janvier 2012

Article intitulé : Au pays des bonnes surprises  
« L’an dernier, l’Allemagne a dessiné le carré magique de l’économie. Une production en croissance de 3 %, un taux de chômage inférieur à 6 %, un budget déficitaire d’à peine 1 % du PIB et un excédent commercial de plus de 160 milliards d’euros qui aboutit à un excédent courant de 5 % du PIB. La France n’a jamais connu un tel surplus commercial et il faut remonter à… 1974 pour trouver un niveau aussi favorable sur le trio des autres indicateurs. L’explication de la performance saute aux yeux quand on regarde les différentes courbes des pays sur une décennie : les entreprises allemandes ont serré fortement les salaires. Le coût salarial par unité produite, l’indicateur fétiche de Jean-Claude Trichet quand il officiait dans la haute administration française, n’a presque pas augmenté chez elles alors qu’il a gagné 20 % en France et dans le reste de l’Europe. Cet effort s’insère dans toute une stratégie de compétitivité qui va de l’innovation jusqu’aux délocalisations en passant par des avancées spectaculaires sur des marchés aussi différents que les produits laitiers, la papeterie ou l’habillement. Et les investisseurs prêtent à 10 ans à l’Etat allemand à un taux ridiculement faible, moins de 2 %, parce qu’ils fuient des pays tels que l’Italie. Comme l’Europe est loin d’avoir réglé ses problèmes, l’Allemagne va continuer d’emprunter pas cher et d’annoncer de bonnes surprises. Sa réussite n’est donc pas un modèle : si tous les pays suivaient son exemple, la magie ne marcherait plus. il faut sûrement s’en inspirer, certainement pas la copier. »


Commentaire : Et si une partie du problème venait du fait que les Français en augmentant leur taux d’épargne paupérisaient le système économique ? D’un côté, malgré la crise, tout est fait pour maintenir le pouvoir d’achat et de l’autre ce pourvoir d’achat est détourné en pouvoir d’épargne. Epargne affectée à des produits ayant peu, voire pas de productivité économique, quand ce n’est pas, dans le cas de l’immobilier, participer à une déstabilisation économique. Faut-il systématiquement en passer par une paupérisation salariale pour faire en sorte que l’épargne sorte de sa léthargie et alimente enfin, la consommation en lieu et place des aides de l’Etat qui augmentent le déficit ? Ce que ne dit pas cet article, c’est que quantité d’Allemands ont accepté des conditions de vie délirantes et que les bases de calcul ne sont pas les mêmes entre pays. Comparaison n’est pas raison ! La vraie solution est le pouvoir d’achat utilisé et non paupérisé. L’économie financière n’existe que par la socio-économie. L’économie ne relève pas de formules mathématiques. L’économie est la résultante d’une dynamique (ou d’une absence de dynamique) Humaine. Quand allons-nous enfin travailler cette dynamique en lieu et place d’une affectation financière décidée entre différents acteurs représentant des lobbies ou des dogmatismes du moment ?


                                                                                   ETATS-UNIS

Virginie Robert dans « Les Echos » du 12 janvier 2012

Article intitulé :   La Fed dégage de très importants profits de son portefeuille de titres  
« Toute la politique de soutien à l’économie mise en place par la Réserve fédérale depuis 2008 – avec le rachat massif d’emprunts d’Etat et de produits structurés liés à l’immobilier garantis par les agences hypothécaires – s’est avérée très bénéfique pour le Trésor américain. Comme l’exige la loi, la Fed va verser 76,9 milliards de dollars dans les caisses du Trésor, provenant des profits annuels qu’elle a réalisés (un total de 78,9 milliards de dollars), notamment grâce aux intérêts perçus sur un portefeuille qui atteint maintenant 2.900 milliards de dollars, selon les résultats préliminaires publiés mardi soir. D’autres profits résultent de la vente d’emprunts d’Etat (2,3 milliards de dollars) ou d’opérations sur les taux de change (152 millions de dollars). Le millésime 2011 n’atteint pourtant pas le record de 2010 (79,3 milliards de dollars versés pour un bénéfice de 81,7 milliards) car certaines sources de profits se sont taries, comme celles provenant de l’assureur AIG par exemple, qui a fini de rembourser ce qu’il devait après son sauvetage en 2008. Elle a fait en tout cas beaucoup mieux que toute l’industrie des fonds alternatifs, qui devrait afficher des performances négatives en 2011. 


                                                                                 IMMOBILIER

Laurence Boccara dans « Les Echos » du 12 janvier 2012

Article intitulé :   Ces entreprises qui aident leurs salariés à trouver un logement  
« Quelque 70 % des actifs seraient prêts à refuser une opportunité professionnelle si cela les obligeait à un surcoût en dépenses de logement. » C’est l’un des résultats marquants d’une étude du Credoc réalisée en juin pour le compte du Medef (1). Ce rapport souligne que « le coût du logement entrave de plus en plus le recrutement, la mobilité professionnelle et même le retour à l’emploi ». Le Credoc estime ainsi que, au cours des cinq dernières années, 500.000 personnes en recherche d’emploi (soit 11 % des chômeurs) ont effectivement renoncé à une proposition d’embauche pour ce motif. Face à l’inefficacité du dispositif traditionnel, des multinationales comme des PME engagent de plus en plus d’actions pour faciliter l’accès au logement de leurs salariés locataires et propriétaires sous la forme d’une aide financière à l’acquisition, de réservations de logements sociaux en direct ou encore par la prise en charge de la garantie des risques locatifs (GRL). Autant de solutions innovantes, encore trop peu nombreuses pour résoudre une équation emploi logement de plus en plus complexe. »


                                                                                         35 H

Isabelle Moreau dans « La Tribune » du 12 janvier 2012

Article intitulé :   Les salariés français sont ceux qui travaillent le moins en Europe
« L'étude de l'Institut Coe-Rexecode, dévoilée ce mercredi, comparant la durée effective de travail entre la France et les pays européens arrive à point nommé. Celle-ci montre, sur la base de statistiques fournies par Eurostat, que la durée effective de travail des salariés français à temps plein est la plus faible de l'Union européenne, la Roumanie étant le pays où l'on travaille le plus, tandis que l'Allemagne se situe à la 15ème place. En 2010, précise l'étude, « les salariés français ont travaillé 1.679 heures, soit 224 heures de moins que l'Allemagne, 134 heures de moins que l'Italie et 177 heures de moins que le Royaume-Uni ». Et « en dix ans, soit entre 1999 et 2010, la durée de travail des salariés français à temps plein est passée de 1.950 heures à 1.679 heures, soit une baisse de 14 %, alors que cette baisse était de 6 % en Allemagne », souligne Michel Didier, président de Coe-Rexecode. Qui ajoute, « tous les pays européens ont baissé la durée du travail, mais en France, on a ajouté les 35 heures à la baisse tendancielle. Sur les 14 % de baisse de la durée de travail observée ces dix dernières années, 9 points sont dus au passage de 39 à 35 heures ». À l'inverse des salariés à temps plein, les travailleurs indépendants français ont, eux, une durée moyenne de travail parmi les plus importantes d'Europe. L'étude montre également qu'en France 18 % des salariés travaillent à temps partiel, contre 26,2 % en Allemagne. Et conclut que « dans un contexte de démographie déclinante, l'Allemagne a réussi son « partage du travail » qui s'est opéré, non par des mesures de baisse provoquée de la durée du travail, mais par un développement du travail à temps partiel ».».

                                                            REVUE DE PRESSE DU 11 JANVIER 2012

                                                                   CAC 40 du 10 janvier 2012:
          2,66% ou 0,016% (indice de création comptable de valeur* de 99,39) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,39 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                            ALLEMAGNE

Dans « Trends.be avec Belga » du 9 janvier 2012

Article intitulé : L'Allemagne payée pour… emprunter !
« Emprunter ne coûte plus rien à l’Allemagne. Au contraire, les investisseurs paient une prime pour acquérir ses titres. D’où le rendement moyen négatif de - 0,0122 %. L'Allemagne s'est endettée lundi pour la première fois à taux négatif à court terme, a annoncé lundi l'Agence financière du pays. Signe de la soif de sécurité des investisseurs qui choisissent d'encourir des pertes pour investir en titres allemands. «C'est la première fois qu'un placement sur le marché monétaire se solde par un rendement négatif», a commenté un porte-parole de l'Agence financière. »


                                                                                     FAIM

Dans « Trends.be avec Belga » du 3 janvier 2012

Article intitulé : Spéculation : le coût de la nourriture a augmenté de plus d'un tiers en 2011

« Les faibles stocks alimentaires créent les conditions pour la spéculation" sur les prix des produits alimentaires, a estimé le nouveau patron de la FAO, plaidant pour un renforcement de la production agricole et une augmentation des stocks. L'agence avait alors prévu un maintien des prix à un niveau élevé en 2012 et souligné que le coût de la nourriture avait augmenté de plus d'un tiers au cours de l'année passée dans les pays les plus pauvres. »

                                                                                    FRANCE

Jean-Françis Pécresse dans « Les Echos » du 10 janvier 2012

Article intitulé : Les grands groupes prennent les PME pour leurs banquiers  
« Ils ont beau faire des profits, les grands groupes sont de mauvais payeurs. Régler ses fournisseurs en retard : ce travers n’est pas nouveau ; il s’était atténué en 2009-2010, mais il est reparti de plus belle en 2011, au point de devenir insoutenable économiquement et moralement. Le phénomène met en danger la santé financière de milliers de PME. La Banque de France livre, dans son dernier bulletin, celui du quatrième trimestre 2011, des éléments éloquents. En 2010, seules 39 % des grandes entreprises ont réglé leurs fournisseurs en moyenne dans le délai des 60 jours – une proportion en recul par rapport à 2009. Et 15 % ont payé à plus de 90 jours...Bien sûr, jusqu’au 31 décembre, une quarantaine d’accords dérogatoires mis en place après la LME permettaient à des branches entières d’échapper à ces nouvelles contraintes, mais ils ne couvraient que 20 % de l’économie. Surtout, l’attitude de ces grands groupes est d’autant moins compréhensible que, eux, se font payer dans les temps : près des deux tiers (63 %, selon la Banque de France) sont honorés par leurs clients à 60 jours maximum. Pour Olivier Duha, président de Croissance plus, ce travers est« structurel »avant d’être« conjoncturel ». Rien de tel en Allemagne, dont la compétitivité repose sur la bonne santé de ses entreprises de taille intermédiaire. Ce n’est pas faute, pour Jean-Claude Vollot, de dénoncer « un cynisme absolu » des grands groupes, « une stratégie délibérée de leurs directeurs financiers », dont les trésoreries sont pourtant très excédentaires. De fait, tous les moyens sont bons pour retarder le paiement : invoquer une facture non reçue, non conforme aux procédures « maison », différer l’envoi du bon de commande en bonne et due forme, qui, seul, déclenche le délai de paiement... Autre procédé utilisé : faire transiter la commande par une filiale étrangère, de manière à échapper à la législation française. Le préjudice financier est lourd. Selon les données de la Banque de France, les grandes entreprises dont les délais excèdent soixante jours avaient, en 2010, 45 milliards d’euros de dettes fournisseurs. Un montant six à sept fois plus élevé que celui de leurs emprunts bancaires à court terme. Malgré elles, les entreprises, petites, moyennes ou intermédiaires, sont devenues, de loin, les premiers financiers de la trésorerie des grands groupes. Selon la Banque de France, si toutes les créances clients et dettes fournisseurs des entreprises, des ménages et de l’Etat étaient ramenées à 60 jours, comme la loi l’exige, ce sont 11 milliards d’euros – le solde – que les grandes entreprises devraient remettre en circulation dans l’économie. Les seules PME, créatrices d’emploi, récupéreraient alors 10 milliards d’euros. Comme le retard moyen est de 12 jours, chaque jour de retard coûte donc pas loin de 1 milliard d’euros à l’économie française. »


                                                                                            LOBBY

Jean-Michel Bezat dans « Le Monde » du 11 janvier 2012

Article intitulé : L'" amendement Lacq " qui soulage Total
 « Le mouvement France nature environnement (FNE) s'est rendu compte, début janvier, qu'un amendement glissé dans la loi de finances 2012 exonérait Total de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), même s'il injecte de l'eau contenant des produits chimiques dans le bassin industriel de Lacq-Mourenx (Pyrénées-Atlantiques). Les douanes, qui collectent la TGAP, avaient obtenu du tribunal de Paris, le 8 avril 2011, le versement à l'Etat par la compagnie pétrolière de 4,43 millions d'euros. " Le gouvernement et les députés viennent d'effacer par l'article 22 de la loi de finances cette jolie dette, qui aurait pourtant abondé de façon utile le budget de l'Etat en ces temps de crise ", a protesté Bruno Genty, le président de FNE. Il semble que Total n'aura pas à payer, ni pour le passé ni à l'avenir. " C'est une entorse au principe pollueur-payeur ", dénonce Marc Sénant, chargé des risques industriels au sein de l'association, pour qui il ne fait aucun doute - jugement du tribunal de Paris à l'appui - qu'une partie des liquides injectés dans le réservoir de gaz de Lacq désormais vide, à 4 500 mètres de profondeur, contiennent des polluants. Les défenseurs de l'environnement voient dans cet amendement " scélérat " la main des puissants lobbyistes de Total. »

                                                                                35 H

Philippe Bas, secrétaire général de l’Elysée, dans « Le Monde » du 11 janvier 2012

Article intitulé : Le partage du travail n'est plus tabou à droite. Il est urgent d'employer plus pour chômer moins
« Depuis 2007, date à laquelle il avait atteint son plus bas niveau depuis un quart de siècle, le chômage a augmenté de 25 %. Il frappe par priorité les jeunes (un sur cinq), les adultes sans qualification (deux sur cinq) et les travailleurs âgés (trois sur cinq). Or, jamais la situation démographique n'a été plus favorable à l'emploi : il n'y a chaque année que 50 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail, contre 200 000 en moyenne entre 1999 et 2007 ! Sans le secours de la démographie, c'est donc plus d'un million de chômeurs supplémentaires que nous aurions eus au lieu de 600 000 ! C'est dire la gravité de la situation. La politique de l'emploi doit être repensée sans dogmatisme ni tabou. Le partage du travail ne doit plus être un tabou idéologique. Mieux vaut un bon accord de partage du travail que des licenciements ! Par ailleurs, il est paradoxal que le volume des heures supplémentaires augmente fortement en 2011 tandis que le chômage s'accroît : les entreprises paient ainsi une partie des salaires à compte d'Etat. La politique de l'emploi n'est pas affaire de théories. Dans le même esprit, avec une partie des moyens ainsi dégagés, sachons encourager le travail à temps partiel choisi. Dans bien des cas, le choix actuel n'est pas entre le temps partiel et l'emploi à temps plein, mais entre le temps partiel et le chômage. Dans le monde de l'économie numérique et du développement durable, la référence à la seule durée du travail perd de sa pertinence. La priorité au revenu doit se transformer en priorité à l'emploi, le sophistiqué " travailler plus pour gagner plus " en un basique " employer plus pour chômer moins ". »

                                                             REVUE DE PRESSE DU 10 JANVIER 2012

                                                                       CAC 40 du 9 janvier 2012:
     -0,31% ou -0,0013% (indice de destruction comptable de valeur* de 99,58) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,58 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                                      BANQUE

Séverine Sollier dans « La Tribune » du 9 janvier 2012

Article intitulé : Record battu ! Les banques placent 463 milliards d'euros de liquidités auprès de la BCE
« A chaque jour son record ! Les banques de la zone euro ont déposé 463,565 milliards d'euros au cours du week-end auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Le précédent record remontait à la fin de semaine dernière : les banques avaient stocké pour 455 milliards d'euros auprès de la BCE entre jeudi et vendredi. Les banques ont en effet les poches pleines de liquidités depuis que la BCE a procédé à une opération inédite de refinancement en accordant 489 milliards d'euros de prêts à trois ans à 1%, le 21 décembre. Avec cette manne, elles peuvent rembourser leurs propres échéances ou souscrire aux emprunts d'Etat comme elles l'ont fait par exemple pour les bons du Trésor italiens fin décembre. Mais pour le surplus, comme elles ne veulent pas prendre le risque de se prêter en elles, les banques préfèrent placer leur argent... auprès de la BCE qui pourtant ne les rémunère qu'à 0,25%. Elles préfèrent donc être perdantes mais rester méfiantes vis à vis de leurs consoeurs et concurrentes, ce qui montre que le marché interbancaire n'est toujours pas revenu à son fonctionnement d'avant la crise de 2008. La poursuite de la crise de la zone euro combinée aux nouvelles exigences de Bâle III explique en partie cette situation. L'autre explication tient à un changement des pratiques des banques  qui ont modifié la gestion de leurs liquidités depuis la crise précédente provoquée par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en octobre 2008. »


Commentaire : Situation des plus aberrantes. Si les banques préfèrent perdre de l’argent (elles empruntent à 1% et place à 0,25%, pourquoi ne pas augmenter très fortement les sommes qu’elles empruntent afin de « pomper » la partie des bénéfices qu’elles détournent de l’économie réelle via les produits dérivés ? Naturellement, cette question n’a comme objectif que de prouver l’absurdité de la situation actuelle.

Eric Treguier dans « Challenges » du 5 janvier 2012

Article intitulé : Pourquoi les banques préfèrent les livrets à l’assurance-vie
 « La collecte de l’assurance-vie s’effondre. A cause de la baisse de ses rendements, passés de 6% il y a dix ans à moins de 3%, ce qui est à peine mieux que les 2,25% défiscalisés du livret A. Les banques ne sont pas étrangères au phénomène. Elles détiennent 60 % du marché de ce placement qui, pour elles, présente un gros handicap: il n’est pas comptabilisé dans leurs bilans. Or les nouvelles normes réglementaires les obligent à mobiliser davantage de fonds propres pour un même volume d’affaires. Elles ont donc réorienté l’épargne de leurs clients vers des produits qui renforcent leur bilan: les livrets et les comptes à terme. Leur encours (environ 2.000 milliards d’euros) a augmenté de plus de 100 milliards entre janvier et octobre 2011. A la Caisse d’Epargne, l’activité assurance-vie a baissé de 18% sur les neuf premiers mois de 2011, et la collecte en épargne crû de plus de 10%. »


Commentaire : De nouveau, nous retrouvons les dégâts de règles comptables stupides. Détournement des capitaux de l’économie réelle en faveur d’une utilisation plus qu’aléatoire via les livrets et nous avons là une des grandes causes de la situation boursière actuelle et de l’appauvrissement du système dans sa globalité. 


François Vidal dans « Les Echos » du 10 janvier 2012

Article intitulé : Obsession sécuritaire  

« Quand des professionnels préfèrent laisser s’éroder leur cash plutôt que d’encourir un risque même minime de perte sur leur capital, il serait mal venu de moquer la retenue de monsieur Tout-le-Monde. C’est là tout le paradoxe de la situation. En plébiscitant les livrets d’épargne, à commencer par le Livret A, le premier d’entre eux, les Français contribuent efficacement au financement de l’économie du pays. D’abord, ils donnent un ballon d’oxygène bienvenu à des banques en mal de financement. Ce qui n’est pas sans effet sur la distribution de crédit. Surtout, dans la mesure où près des deux tiers des fonds déposés sur le Livret A atterrissent à la Caisse des Dépôts, ils fournissent des munitions à l’un des principaux dispositifs anticrise de l’Etat, les fonds d’épargne. Résultat, ces fonds, devenus les véhicules à tout faire de la puissance publique (financement du logement social, des collectivités locales, des infrastructures, des PME…), sont aujourd’hui l’un des derniers lieux où la transformation de l’épargne court terme en financement long terme n’est pas grippée. »

Commentaire : Je ne suis pas d’accord avec la vue idyllique de l’utilisation des fonds du livret A. L’histoire et les réalités du taux de productivité de ces fonds sont sans appel. Je pense que Monsieur Vidal oublie que la bourse avec le système de cotation actuel peut créer un effet de levier de prêt de 99%. En effet, le système actuel répercutant la hausse ou la baisse réalisée sur un petit nombre de titres à l’ensemble des titres crée de facto un effet multiplicateur. Cet effet multiplicateur est appelé indice de création de valeur comptable lorsque les cours sont à la hausse, et indice de destruction comptable lorsque les cours sont à la baisse. Dans la situation actuelle, il est aisé de mettre en place une dynamique de hausse régulière des indices. Cette dynamique en redonnant confiance, stabiliserait et relancerait la situation SOCIOlogique, ECOnomiue, POlitique et FInancière. Reste à trouver le politique qui acceptera de sortir de l’idiotie des croyances et des dogmatismes actuels. La crise n’est ni économique, ni financière, elle est politique. Voir en pièce jointe le Fonds de stabilisation boursier.


                                                                                BOURSE

Marc Fiorentino dans « La Tribune » du 9 janvier 2012

Article intitulé : Le déficit de confiance, voilà le problème
« La situation actuelle en France est paradoxale. Certes, le paysage économique est mauvais. En termes de croissance, de dettes, de déficit, de chômage. Mais la France est plus déprimée que la plupart des pays dans le monde en général et en Europe en particulier avec une position qui n'est pourtant pas dramatique. Nous sommes loin des 22 % de chômage espagnol, des 200 % de déficit japonais, des taux de décroissance grecs ou italiens. Prenons le cas des États-Unis. Objectivement, leur situation économique est catastrophique, leurs fondamentaux déplorables et, pourtant, depuis quelques mois, et encore pour quelques mois, la machine recommence à tourner. Et la surprise vient de la consommation des ménages. Avec un taux de chômage historiquement élevé et des revenus qui ne progressent pas, les ménages dépensent plus. Comment ? En puisant dans leur épargne. Rappelons que les ménages américains avaient un taux d'épargne NÉGATIF de 3,5 % avant la crise. Depuis trois ans, ils ont découvert l'épargne et, en particulier, l'épargne de précaution. Leur taux d'épargne a progressé de près de 10 %, pour atteindre les + 6 %. Un taux médiocre dans l'absolu mais exceptionnel pour les États-Unis. Or, depuis quelques mois, ce taux d'épargne chute. Il a atteint les 3,5 % à la fin de l'année 2011. Les ménages américains ont repris un peu confiance et éprouvent moins le besoin de maintenir autant d'épargne de précaution. Il est trop tôt pour savoir si ce regain de confiance est réaliste mais, pour l'instant, il alimente une reprise de l'économie. En France, nous sommes dans la situation inverse. Les ménages français ne consomment plus. Et, pendant ce temps, l'épargne explose. Notre taux d'épargne est proche de 17 %, un record mondial, deux fois plus que les "fourmis" japonaises. Un simple retour à un taux d'épargne "normal" procurerait à l'économie française une formidable bouffée d'oxygène. Mais les Français ne sont pas prêts à prendre le risque de puiser dans leur bas de laine. Le principal problème de la France n'est ni sa dette ni son déficit budgétaire, c'est le déficit de confiance, un déficit justifié. »


Commentaire : Déficit de confiance ajouté au fait que l’on détourne les capitaux vers des livrets « libérateurs » en termes comptables pour les banques mais destructeurs en termes économiques pour les Peuples.


Dans « Les Echos » du 10 janvier 2012

Article intitulé : Epargne : la grande   peur de   la Bourse  
« Entre les Français et la Bourse, le divorce est consommé. La méfiance à l’égard des actions atteint des sommets, selon le 15e baromètre TNS Sofres réalisé pour La Banque  Postale et « Les Echos ». Avec la chute quasi ininterrompue des indices depuis l’été dernier sur fond d’inquiétudes sur les dettes souveraines, les particuliers se détournent en masse des marchés. Seuls 9 % des Français estiment qu’il s’agit d’un « bon moment » pour placer une partie de son épargne en Bourse, du jamais-vu depuis le lancement de cette enquête en 2004 ! 93 % des sondés jugent les actions risquées et 82 % ont la même opinion sur les obligations, des proportions qui, là aussi, atteignent des sommets. Mais la méfiance s’étend aussi à d’autres produits financiers : l’assurance-vie a de moins en moins la cote auprès des Français, au profit des livrets. L’assurance-vie a ainsi subi une décollecte cumulée de 6,4 milliards d’euros entre septembre et novembre 2011. Les sondés s’interrogent sur la solidité de leur banque : presque un tiers des sondés se disent inquiets »


Commentaire : Il est urgent de faire revenir les fonds sur les marchés boursiers et sur l’économie réelle. Sans cela, nous nous exposons au risque de franchissement du seuil sociologique d’acceptation des baisses. Là, l’afflux d’ordre de vente provoquera le vrai krach boursier, à savoir : le krach de liquidité. Krach de liquidité = krach SOCIOECOPOFI (SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancier)


                                                                                       EUROPE

Laurence Boone, Raoul Salomon dans « Le Monde » du 10 janvier 2012

Article intitulé : L'Europe doit soutenir sa Banque centrale
« En ce moment, le monde a besoin de plus d'historiens et de moins d'économistes. Difficile de ne pas faire de comparaison avec la grande crise de 1929 : une grave crise financière qui se propage au monde réel, une absence de coordination globale, un manque de leadership politique... Au début des années 1930, alors que les déficits se creusaient et que la récession s'aggravait après la crise financière, les pays n'arrivaient pas à se coordonner : la rigueur budgétaire s'imposait et les pays s'accrochaient à maintenir leur parité or, avec les conséquences que nous connaissons. L'histoire se répète : l'activité se grippe dans la zone euro sous l'effet d'ajustements budgétaires drastiques et non coordonnés sans que la politique monétaire unique déploie toutes ses armes. Pourtant, si les pays de la zone euro soutenaient la Banque centrale européenne (BCE), elle pourrait mettre en place une politique monétaire plus accommodante, à l'image de ses consoeurs britannique et américaine. Si un Trésor unique, responsable d'une politique budgétaire coordonnée et optimale à travers la zone émergeait, la BCE aurait moins de difficultés à procéder à son tour à une politique qui soutiendrait les économies et leurs efforts d'ajustement. En se souvenant d'un certain nombre d'erreurs du passé, les banques centrales anglo-saxonnes ont mis en oeuvre des politiques non conventionnelles. Partant du principe que la dette souveraine est la référence à la plupart des taux d'intérêt affectant l'économie réelle, ces banques ont décidé de stabiliser les taux à des niveaux très bas en rachetant de la dette souveraine. Au Royaume-Uni, une stratégie d'ajustement budgétaire assumée a été mise en place en parallèle. En Europe, la situation est confuse. Alors que la BCE ne cesse d'assurer qu'elle ne rachètera pas la dette des Etats en difficulté, son bilan ne cesse de s'alourdir avec la provision de liquidités fournies aux banques, sans limites et à taux dérisoires. Il y a une différence majeure entre ce programme européen et celui de ses consoeurs anglo-saxonnes : la BCE prête énormément de liquidités, mais rachète peu. Cela a deux conséquences importantes : d'une part, le bilan des banques n'est pas nettoyé - contrairement à celui des banques américaines, que la Fed a délestées d'un grand montant de dettes toxiques ; d'autre part, les banques devront rembourser ces liquidités à échéances variant entre six mois et trois ans. Les conséquences (négatives) sur l'activité réelle sont non négligeables. Certes, on aide les banques à se refinancer. Mais en ne les aidant pas à assainir leurs bilans, les banques ne vont pas se remettre à prêter aux consommateurs et aux entreprises, ou timidement. D'autant que les banques doivent augmenter leur ratio de capital d'ici à fin juin. L'activité économique va en pâtir. En outre, on maintient la chimère dangereuse que l'argent prêté par la BCE aux banques pourrait leur permettre de continuer à financer les dettes souveraines. Mais si l'argent de la BCE s'investit dans la dette souveraine, elle ne va pas dans l'économie réelle, ce qui prive un peu plus cette dernière de financement. On est donc en train d'adopter une stratégie qui va à l'inverse de ce qu'il faudrait faire : il faudrait mettre en place une politique budgétaire européenne, qui répartirait l'effort d'ajustement entre les différents pays de la zone euro, afin que les pays qui ajustent bénéficient du soutien de la demande des pays qui n'ont pas besoin d'ajuster (Allemagne) autant ou au même rythme (France). »


Paul Jorion, économiste et anthropologue, dans « Le Monde » du 10 janvier 2012

Article intitulé : La règle d'or, cette blague de potache
« Certaines notions élémentaires du calcul économique semblent curieusement étrangères aux dirigeants des nations qui constituent la zone euro. Cela les conduit à éroder les principes démocratiques et à précipiter la fin de la monnaie commune. L'instrument pousse-au-crime est le pacte de stabilité et de croissance européen, qui exprime déficit annuel et dette souveraine en termes de points du produit intérieur brut (PIB) et leur fixe des seuils : 3 % maximum pour le déficit, 60 % pour la dette cumulée. Or le principe du pacte, et de la " règle d'or " que l'on en tire, recèle une erreur grossière. Qu'est-ce qu'un budget équilibré ? Un budget où les dépenses n'excèdent pas les recettes. Pourquoi ne pas exprimer alors la santé d'un budget national en ces termes-là ? 102 % de dépenses par rapport aux recettes : le pays connaît un déficit de 2 % ; 97 %, et il s'agit au contraire d'un excédent de 3 %. Pourquoi a-t-on inventé l'artifice absurde de comparer les dépenses d'une nation à son PIB plutôt qu'avec ses recettes ? Ecoutons ce que dit de son origine Guy Abeille, haut fonctionnaire chargé de mission à la direction du budget du ministère des finances, et concepteur de l'indice (Guy Abeille, " Pourquoi le déficit à 3 % du PIB est une invention 100 % française ", La Tribune, 1er octobre 2010) : " La bouée tous usages pour sauvetage du macro-économiste en mal de référence, c'est le PIB : tout commence et tout s'achève avec le PIB, tout ce qui est un peu gros semble pouvoir lui être raisonnablement rapporté. Donc, ce sera le ratio déficit sur PIB. Simple, élémentaire même, confirmerait un détective fameux. Avec du déficit sur PIB, on croit tout de suite voir quelque chose de clair. " Et M. Abeille d'ajouter, à propos du seuil de 3 % qu'il proposa pour le déficit annuel en points de PIB : " C'est bien, 3 %. (...) 1 % serait maigre, et de toute façon insoutenable. (...) 2 % du PIB aurait quelque chose de plat, et presque de fabriqué. Tandis que 3 est un chiffre solide ; il a derrière lui d'illustres précédents (dont certains qu'on vénère). " La formule de la règle d'or implique qu'aussitôt que le coupon moyen de la dette souveraine d'une nation dépasse le taux de croissance de son économie, le rapport dette/PIB se dégrade inéluctablement. Or les politiques d'austérité mal avisées des dirigeants européens ont un impact négatif sur la croissance, augmentant le risque de dégradation de la notation de la dette souveraine de leur pays, et provoquant l'effet de ciseaux redouté, puisque d'un côté le taux de croissance baisse, tandis que, de leur côté, les taux exigés par le marché des capitaux pour la dette émise montent.La règle d'or censée garantir aux Etats un budget équilibré, que l'Allemagne a eu la naïveté d'inscrire dans sa Constitution et tente d'imposer aujourd'hui à ses partenaires européens, n'est - on l'a vu - rien d'autre qu'une blague de potache. C'est en son nom pourtant que l'on malmène aujourd'hui la démocratie en Europe et qu'on assassine sa monnaie commune. »


Romain Renier dans « La Tribune » du 9 janvier 2012 


Article intitulé : Pourquoi la BCE ne prête pas aux États aux mêmes taux qu'aux banques...
« Du point de vue des traités, « il n'existe aucune barrière juridique à un prêt de la BCE à un établissement public de crédit », explique un fonctionnaire de la BCE. Libre à ces établissements de fixer leurs propres taux et de prêter aux États. Seule condition, ne pas pratiquer des taux moins élevés que ceux auxquels ils ont emprunté. Mais l'idée est rejetée d'emblée. « Il faut respecter l'esprit des traités », explique-t-on à Francfort, faisant écho aux propos tenus récemment par Mario Draghi. On préfère en appeler à la responsabilisation des États et on insiste sur les efforts qui doivent être accomplis. « L'austérité est douloureuse, mais elle est la seule solution viable sur le long terme », ajoute le membre de l'institution qui cite l'Allemagne en exemple. »


Commentaire : Où quand l’esprit des technocrates prend le dessus sur la réalité. 


Claude Bébéar, Réné Ricol dans « Les Echos » du 6 janvier 2012
Article intitulé : Pour une régulation raisonnable des activités de crédit
« La régulation prudentielle est fondée depuis plusieurs décennies sur quelques principes simples. En particulier, une distinction fondamentale existe normalement entre les activités de marché, d'une part, et les activités de crédit, d'autre part.  Les premières sont gérées au quotidien en fonction des fluctuations des marchés financiers. Dès lors, les variations de juste valeur impactent nécessairement les résultats et les fonds propres prudentiels. Cette application de la juste valeur ne fait pratiquement aucun débat, si ce n'est en ce qui concerne son mode de détermination. Le haut degré de liquidité des marchés conduit à considérer que les résultats latents, profits ou pertes, peuvent être appréhendés au sein des fonds propres prudentiels. L'approche comptable est nécessairement court-termiste, puisqu'il n'y a pas d'intention de gestion de porter l'instrument jusqu'à son terme.  Il en va tout autrement des activités de crédit, qui représentent plus des trois quarts des risques portés par les banques françaises. L'intention de gestion est, en premier lieu, de laisser le temps faire son oeuvre, afin de percevoir dans la durée les fruits du crédit sous la forme d'une marge d'intermédiation. Le risque principal, celui du défaut du débiteur, est évalué par la direction de l'établissement. Le tempo n'est pas celui, instantané, des marchés financiers, mais celui, pluriannuel, des cycles économiques. Il y a dans tout cela assez peu de place pour la juste valeur. »


Commentaire : Je ne serai jamais comptable.

                                                          REVUE DE PRESSE DU 5 AU 9 JANVIER 2012

                                                                    CAC 40 du 6 janvier 2012:
      -0,24% ou -0,0010% (indice de destruction comptable de valeur* de 99,58) voir site : www.agencedecotationisr.com

      *« L’indice de destruction comptable de valeur » calcule le pourcentage de la baisse du cours due uniquement à la        méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la baisse de 99,58 % ! Baisse boursière ou baisse comptable ?

                                                                                 BOURSE

Pascale Besses-Boumard et Christèle Fradin dans « La Tribune » du 26 décembre 2012

Article intitulé : Le Matif. La folle histoire d’un marché à terme.

« « Le cadre juridique permettant la création d’un marché à terme digne de ce nom n’existait pas. Depuis 1936, les marchés à terme d’instruments financiers étaient interdits pour empêcher les vils spéculateurs d’affamer le petit peuple », relate Gérad Pfauwadel (alors, en 1985, sous-directeur au Trésor) ; Il fallait donc passer par une loi de modernisation, permettant de lever l’exception de jeu. Celle-ci sera adoptée le 11 juillet 1985. « Ce marché était primordial pour la gestion de la dette publique et l’accès à une réelle liquidité », ajoute Pierre Fleuriot, chargé de mission auprès de la COB à cette époque. Gérard de la Martinière « Courant 1985, l'International Commodities Clearing House [la future London Clearing House], contactée pour obtenir un logiciel informatique de compensation, nous avait proposé les logiciels utilisés par un petit marché, celui de la laine en Nouvelle-Zélande ». »


Commentaire : Il est des articles que je mets du temps à commenter tant ils me révulsent. J’ai choisi de reprendre un extrait de cet article pour vous prouver la légèreté et l’aveuglement des personnes qui ont pris et qui prennent encore des décisions dans le monde dit « financier ». Il est écrit « Depuis 1936, les marchés à terme d’instruments financiers étaient interdits pour empêcher les vils spéculateurs d’affamer le petit peuple ». En dehors du dédain de cette phrase, qui en dit long sur l’attitude du fonctionnaire qui s’exprime (qui lui, n’a pas de problème de revenus, de chômage et encore moins de responsabilité) sur « le petit peuple » affamé, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Pour rappel, le rapport Jean Ziegler, ancien rapporteur des Nations Unies et professeur honoraire à l’université de Genève, relève que chaque année 35 000 000 millions de personnes meurent de « famine financière ».  http://www.socioecopofi.com/pages/comprendre-notre-economie/revue-de-presse/faim.php» Il est écrit « Ce marché était primordial pour la gestion de la dette publique et l’accès à une réelle liquidité » Ces paroles sont d’autant plus choquantes au moment où les Etats sont appelés à couvrir les « errements » des financiers et la résultante des fautes et des manquements des autorités de régulation et de supervision. Nous découvrons tous les jours les failles du système bancaire et financier mises en place qui, en ne reposant que sur des valorisations virtuelles (sans aucune liquidité), n’est qu’une poudrière. Pendant ce temps là, les décideurs d’hier, malgré les évidences et la situation actuelle, sont toujours aussi aveugles quant à leurs manquements, à leurs vilénies et à leur pusillanimité. Réelle liquidité ? Comment oser dire cela dans la situation actuelle ? Comme il est écrit, les marchés à terme ont été détournés volontairement en terrain de jeu. Ce jeu qui fait des dizaines de millions de  morts par an et qui met les Etats exsangues, n’empêche pas les banques relevées ou en faillite de se distribuer des bonus ou des primes. Dans www.trends.be du 6 janvier 2012 « Dexia SA : jusqu'à 45.000 euros de prime pour 2011 ! Malgré l'année catastrophique, le soutien de l'Etat et une perte probable de 10 milliards d'euros, le personnel belge de Dexia Holding SA s'est vu octroyer des primes, allant jusqu’à 45.000 euros, au titre de l'année 2011, lit-on ce vendredi dans l'Echo et De Tijd ». Denier point, à priori, la « légèreté » des logiciels étaient déjà présente à cette époque là « Courant 1985, l'International Commodities Clearing House [la future London Clearing House], contactée pour obtenir un logiciel informatique de compensation, nous avait proposé les logiciels utilisés par un petit marché, celui de la laine en Nouvelle-Zélande ». Se taire jusqu’à où, jusqu’à quand ?

                                                                                COMPTABILITE

Marc Roche dans « Le Monde » du 7 janvier 2012

Article intitulé : La condamnation de PwC met en lumière le laxisme et les conflits d'intérêt des commissaires aux comptes
« Considérés comme l'un des principaux maillons de la transparence financière, les commissaires aux comptes chargés du contrôle et de la vérification des bilans sont aujourd'hui sur la sellette. La condamnation, prononcée jeudi 5 janvier, de l'auditeur PricewaterhouseCoopers (PwC) à une amende de 1,4 million de livres (1,69 million d'euros), pour laxisme dans l'examen des opérations de la filiale de courtage britannique de la banque américaine JP Morgan Chase, alimente l'actuelle controverse sur les dysfonctionnements de ces sociétés garantes de la véracité des écritures comptables. Contrôler l'exactitude des écritures, évaluer les perspectives en matière de profits ou de parts de marché, préparer les documents réclamés par les autorités boursières et de supervision réglementaire, régler le volet fiscal : à la fois fastidieuse et essentielle, la feuille de route de l'audit à l'évidence n'est pas toujours respectée. Les auditeurs sont soupçonnés de fermer les yeux sur les agissements fautifs de leurs clients, de ne pas en faire part aux autorités ou de ne rien voir. Ernst & Young a été accusé en décembre 2010 d'avoir couvert les manipulations comptables de Lehman Brothers dont la chute deux ans plus tôt avait déclenché la crise financière. En novembre 2011, le Public Company Accounting Oversight Board, le régulateur comptable américain, a sévèrement critiqué la qualité des contrôles effectués par Deloitte et sa proximité avec les dirigeants des compagnies dont elle audite les comptes. Le même mois, la faillite du courtier américain MF Global a mis en exergue les carences de PwC. Ces affaires ajoutent au discrédit d'une profession couleur muraille qui éprouve des difficultés à tourner la page des faillites frauduleuses en série de la décennie précédente. Du courtier en énergie Enron, qui avait entraîné dans sa chute le numéro un mondial de l'audit, Arthur Andersen, à Worldcom en passant par Tyco, Ahold, Vivendi ou Parmalat, la liste est longue. Ces manquements sont d'autant plus inquiétants que la " bande des Quatre ", comme on appelle les quatre grands cabinets d'audit, représente un risque potentiel majeur pour le système financier. En effet si l'un de ces géants devait faire faillite, un quart des données nécessaires au bon fonctionnement des marchés serait immédiatement gelé. C'est pourquoi le régulateur britannique des marchés, la Financial Services Authority, vient de lancer une vaste enquête sur la situation d'oligopole prévalant dans le métier du chiffre, issu d'un vaste mouvement de concentration répondant à une logique de mondialisation. Aujourd'hui les " Big Four " monopolisent la quasi-totalité des sociétés appartenant à l'indice FTSE 100 des cent plus grandes capitalisations de la Bourse de Londres. Un ticket d'entrée exorbitant empêche les petits et moyens cabinets à se faire une place au soleil. Dans un tel contexte, les conflits d'intérêt sont légions. Les auditeurs par exemple se sont lancés dans le métier de la banque d'affaires, surtout au niveau de la PME, en tirant profit de leur connaissance du tissu industriel. En outre, aux côtés des multinationales, ils financent l'International Accounting Standard Board, l'IASB chargé de définir les normes comptables internationales. Autrement dit, on a confié au loup le soin de veiller sur les moutons... »


Commentaire : Les Big Four financent l’IASB qui est en charge de définir les normes comptables internationales que les Big Four (entre autres) devront utiliser et appliquer. Comme par hasard, les normes IASB conviennent parfaitement au business des Big Four. Ces mêmes Big Four (notamment) appliquent, utilisent, détournent à titre privé et au détriment de pays (cas de la Grèce entre autres) ces mêmes normes. Pour « améliorer» ce schéma, il faut savoir que l’IASB (appelée loup dans l’article ci-dessus) est constituée par les régulateurs boursiers mondiaux et que ces derniers imposent quasiment les Big Four aux sociétés financières qui sont sous leur dictat. Eh oui ! Ceux-là mêmes qui sont censés protéger les épargnants et les Etats sont financés par les Big Four (entre autres) qui déstabilisent et détournent le système comptable à leur profit. Et dire que les organismes de régulation (loup, dans l’article) qui constituent l’IASB ne cessent de prôner la transparence et d’imposer aux chefs d’entreprise de multiples charges financières (commissaires aux comptes notamment) pour éviter les conflits d’intérêt. Cerise sur le gâteau, nous retrouvons les commissaires aux comptes dans les commissions consultatives permanentes des instances de régulation (AMF), qui ont pour rôle d’éclairer les décisions susceptibles d’avoir un impact sur les épargnants et sur les professionnels des domaines concernés.
En synthèse, les systèmes comptables qui fabriquent « artificiellement » les cours et la volatilité boursière (impératifs aux produits dérivés et autres) et qui déstabilisent les marchés boursiers et les Etats, sont sous la tutelle des personnes censées réguler ces mêmes marchés boursiers, qui elles-mêmes sont sous la dépendance des Big Fours et des utilisateurs des produits dérivés. Cherchez l’erreur ou plutôt cherchez les corrompus ?
 Je terminerais en rappelant que l’idiotie de ce système comptable entre copains est décriée par Monsieur Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (excusez du peu)
Jérôme Haas, Président de l’Autorité des Normes Comptables (ANC) dans « La Tribune » du 16 septembre 2011 : « La référence au marché est a priori logique, pour des instruments financiers, mais peut-elle être automatique et exclusive, comme l’IASB semble le recommander alors que la norme IAS 39 prévoit de s’en écarter quand les circonstances le justifient (et la crise a livré des enseignements forts sur l’efficience des marchés) ? N’est-il pas indispensable de refléter, par exemple, un prix conclu publiquement entre toutes les parties prenantes ? Est-ce une bonne pratique comptable que de se contenter d’enregistrer la volatilité des prix, donc des pertes et des profits purement artificiels, pendant qu’aucun titre n’est acheté ni vendu ? Quelle est l’« utilité sociale » des comptes, s’ils sont un reflet mécanique d’opinions de marché, dont la volatilité se diffuse à toute l’économie de façon « procyclique », au lieu de représenter la stratégie et la performance économiques de chaque entreprise ?
Claude Bébéar et Edouard Tétreau dans « Le Figaro » du 12 août 2011 : « Nous avons laissé se mettre en place un système dont bénéficie une poignée de profiteurs de crise : les traders, les marchands de volatilité, les spéculateurs. Un système qui, dans le même temps, décourage l’investissement de long terme, industriel et non financier, seul garant de la prospérité durable pour le plus grand nombre. Ce système empêche les banques et les compagnies d’assurances de détenir des actions d’entreprises en grande quantité, et sur le long terme. Avec ces règles, dans un pays comme la France, il n’y aura bientôt plus que la Caisse des dépôts et quelques familles françaises pour investir durablement nos entreprises, et donc créer des emplois chez nous. Que faire ? Trois choses très simples : 1. Ce n’est pas à un aréopage de lobbys de décider de nos normes comptables et prudentielles, mais aux États se concertant entre eux. L’IASB, l’ISDA (lobby professionnel du marché des dérivés), et les comités Théodule de Bâle et de Solvency 2, ont produit des normes et des réalités de marché trop dangereuses pour nos économies et nos sociétés. Corruption, lobbies, incompétence (voir propos de Monsieur Jouyet sur l’AMF)…Monsieur Claude BEBEAR, président d’honneur d’Axa, dans La Tribune du 25 août 2009 : « Cela n’a aucun sens de comptabiliser dans l’instant une valeur de marché qui ne reflète pas la valeur des actifs. Cela accélère la formation de bulles ou la production de krachs sans donner une image fidèle des entreprises. »
Jean-Paul Gaudal, directeur du département supervision bancaire et comptable à la Fédération Bancaire Française, dans « Confrontation Europe » de juillet/septembre 2010 : « Le concept de « fair value », la « juste valeur » sonne a priori équitable : il correspond à la question ancienne de la valorisation correcte des actifs financiers. Mais en valorisant ces actifs au prix du marché au détriment d’autres méthodes, il a contraint les investisseurs à afficher, en période hausses comme de baisses des cours, des gains ou des pertes comptables injustifiés par rapport aux fondamentaux économiques, ce qui a contribué à accroître la volatilité et à bouleverser le paysage financier. Dès lors que les marchés deviennent illiquides, les évaluations ne font que refléter le pessimisme ou l’optimisme des rares participants, dont le comportement ressort alors de phénomènes de hordes, déclenchant de brutales variations de valeur des actifs, à la hausse comme à la baisse


                                                                                         DROIT

Louis-Marie Grousset, constitutionnaliste, dans « La Croix » du 4 janvier 2012

Article intitulé : Le cumul des mandats ronge la démocratie

« Le cumul de mandats électifs – ce service honorable et momentané que tout citoyen doit à la République – ne repose sur aucun fondement démocratique. Toutes les justifications qui tentent d’en pérenniser l’usage ne sont que de pitoyables contorsions intellectuelles pervertissant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Plus grave : ce cumul trouble en profondeur la perception qu’ont les citoyens des missions qu’ils délèguent aux élus, missions qu’ils croient momentanées et à plein-temps et qui deviennent – de fait- durables et à temps partiel.  Détenir plusieurs mandats, même sans les assurer vraiment, garantirait la clairvoyance des analyses et le réalisme des décisions. Cette sornette n’est pas tenable ! 350 000 personnes suffisent grosso modo, depuis des lustres, à tenir les 500 000 fonctions électives des différents niveaux de notre organisation politico-administrative ! Près de 90% des députés ont plusieurs mandats. Qu’on le veuille ou non, le cumul des mandats et la durée dans une fonction devenue carrière instillent une atmosphère courtisane, dans un empilement de connivences et de prébendes que nul ne distingue plus dans le brouillard des habitudes clientélistes et l’endormissement du simple esprit critique. »


Commentaire : Qu’il est bon de lire certaines vérités de la plume de personnes dont l’intégrité et le niveau de réflexion sur le thème étudié ne peuvent être mis en doute. Il est évident que le système actuel est perverti par des politicards, des fonctionnaires et des juristes de tous bords qui ne sont devenus que de vulgaires pions n’ayant comme objectif que la satisfaction de leur ego et de leur portefeuille. N’est-ce pas de cette mafia politico-administrative-juridique que le pays est malade ? Point positif, de plus en plus de politiciens, de fonctionnaires et de juristes (déclaration du président de la Cour de cassation sur la non indépendance de cette dernière par rapport au politique) commencent à parler et à se « rebeller » contre les mafias tenant leur profession. Il n’est plus rare de voir des ministres tenir des propos libres et personnels (voir dernière revue de presse). Verrait-on, enfin, le retour d’Hommes d’Etat en remplacement des politicards ?

                                                                                       ECONOMIE

Bradford Delong dans « Les Echos » du 9 janvier 2012

Article intitulé : Trop de finance tue la croissance
« En 1950, selon le ministère américain du Commerce, le secteur de la finance et de l'assurance représentait 2,8 % du PIB des Etats-Unis. Par la suite, ce secteur s'est développé pour atteindre 3,8 % du PIB en 1960 et 6 % du PIB en 1990. Aujourd'hui, il en est à 8,4 % et la tendance n'est pas sur le point de s'inverser. Selon Justin Lahart, du « Wall Street Journal », sa part a dépassé en 2010 le pic précédent de 2006. Il estime que la place prise par ce secteur « n'est sûrement pas une mauvaise chose... Le déploiement du capital là où il peut être utilisé au mieux favorise la croissance économique... ». Avec un taux d'intérêt réel standard de 5 % par an pour les flux de trésorerie à risque, détourner une aussi grande part des ressources des biens et services directement utiles n'a de sens que si cela se traduit par une augmentation du taux de croissance de 0,3 % par an ou de 6 % au bout de vingt-cinq ans. Mais à considérer l'expérience des investisseurs en Bourse et dans l'immobilier au cours des vingt dernières années, comment croire que le secteur finance-assurance américain répartit véritablement mieux les risques ? »


Jean-Marc Vittori dans « Enjeux Les Echos » janvier 2012

Article intitulé : La démocratie accro à la dette

« Comme le choc des plaques européennes et adriatique provoqua la formation des Alpes, la rencontre d’une récession brutale et d’intervention massives des Etats a soulevé une montagne de dettes publiques. En France, cet endettement a pratiquement progressé d’un tiers en à peine quatre ans pour atteindre un niveau record en temps de paix. Cette prodigieuse surrection n’aurait jamais eu lieu sans une accumulation de dettes privées qui a généré la secousse tellurique. Difficile de résister à cette offre de crédit abondante et pas chère…Poussés par des politiques incitatives, les Américains ont acheté des maisons par millions. Les prix de l’immobilier ont suivi en Espagne, en Irlande, en France. Dans les années 2000 comme dans les années 20, l’accroissement des inégalités a joué un rôle majeur. « Pour les pauvres et la classe moyenne, le seul moyen de maintenir une consommation élevée avec un revenu stable a été d’emprunter. » « Investisseurs, banquiers, traders ou intermédiaires mais aussi fonctionnaires ne peuvent plus se situer par rapport au temps. Ils deviennent collectivement aveugles sur la survenance d’événements autres que ceux que leurs modèles simplistes leur indiquent. » Les élus sont dans des les mains des groupes de pression qui forgent un climat favorable à leurs intérêts, voire dictent des lois diminuant les recettes de l’Etat ou augmentant ses dépenses. Du côté des recettes, le lobbying des contribuables le plus aisés s’est par exemple révélé d’une redoutable efficacité. En France, le nombre de niches fiscales, qui bénéficient surtout au plus favorisés, a explosé pour atteindre le demi-millier. L’impact de ces allègements sur la croissance n’a pas été prouvé ce jour. En revanche, leur effet négatif sur les comptes de l’Etat n’est pas douteux. La Cour des comptes relève que, « au cours des années 1997 à 2008, les prélèvements obligatoires ont été réduits de 3 points de PIB, alors que les dépenses publiques augmentaient à peu près comme le PIB ». Sans ces décisions politiques, le déficit public serait donc cette année de l’ordre de 1,5% du PIB, un niveau qui n’aurait jamais inquiété les investisseurs… »

Commentaire : Sans adaptation du système de cotation des titres, la prochaine secousse tellurique sera boursière. Là, nous connaitrons un véritable krach boursier.

                                                                                       EUROPE

Catherine Chatignoux dans « Les Echos » du 5 janvier 2012

Article intitulé : Quelle sortie de crise pour la zone euro ?  
« Le moment de vérité approche. Après une année entière consacrée à lutter contre les déficits publics et à mettre en place une gouvernance économique plus cohérente, le verdict des marchés ne va plus tarder. Dès les trois premiers mois de 2012, les pays de la zone euro vont avoir besoin de refinancer la bagatelle de 220 milliards d’euros de dette. Sur toute l’année, l’Italie, à elle seule, va devoir emprunter l’équivalent de 24 % de son PIB, un record absolu en Europe. Les investisseurs vont-ils retrouver des comportements rationnels et se laisser convaincre que les obligations de la zone euro valent bien celles du Royaume-Uni ou des Etats-Unis, dont ils raffolent ? Ou bien vont-ils au contraire resserrer l’étau de leur défiance, exigeant des Etats les plus fragiles des rendements toujours croissants au risque de renchérir encore le coût de leur dette, de faire basculer ces pays dans l’insolvabilité et de pousser dans l’abîme l’ensemble de la zone euro ? En vérité, non seulement la crise n’est pas enrayée mais elle continue de s’aggraver. Premièrement, le sort du soldat grec n’est toujours pas réglé. Les dirigeants de la zone euro ont bien décidé de fournir à Athènes une nouvelle ligne de crédit de 100 milliards d’euros lors du sommet d’octobre, mais le compromis reste pour l’heure suspendu à la négociation de la réduction de moitié de la dette grecque détenue par les banques et les autres créanciers privés. Or, ces débats s’enlisent. Il pourrait être réclamé aux banquiers d’accepter une décote supplémentaire sur leurs créances tant les conditions macroéconomiques se sont dégradées ces derniers mois. Et comme il est impossible d’exiger de la Grèce davantage d’austérité, la seule issue réside dans l’effacement pur et simple d’une part supplémentaire de la dette publique. Les marchés doutent aussi de l’efficacité des pare-feu qui ont été mis en place, laborieusement, par les gouvernements depuis mai 2010. 


                                                                                      IMMOBILIER

Catherine Sabbah dans « Les Echos » du 5 janvier 2012

Article intitulé : Les promoteurs prêts à baisser leurs prix pour assurer leurs ventes en 2012  
« Malgré un bon mois de décembre, les promoteurs commencent l’année fébriles. Tous surveillent leurs ventes comme le lait sur le feu. Comme en 2008, plusieurs font déjà machine arrière, pressentant un cru 2012 pour le moins incertain. A Toulouse, le groupe Altarea Cogedim a renoncé à une opération faute d’un taux de pré commercialisation de 50 %, condition suspensive prudemment inscrite dans la promesse de vente du terrain. Des programmes prévus en deuxième et troisième périphéries des zones les plus chères sont remis en cause. « Tous les promoteurs se préparent à baisser leur production, prévient Marc Pigeon, le président de leur fédération, mais les entreprises cotées ne vont pas l’annoncer tout de suite. » D’autres l’avouent, comme le groupe Les Provinces dont« les moins 20 % ne mettront pas nos sociétés en péril », pense Raymond Leroy-Liberge, son président.« Nous sommes taillés pour construire plus de 10.000 logements par an, répond Bruno Corinti, le directeur de la branche logement du groupe Nexity, il nous faut alimenter la machine. » En cause : la baisse des béquilles traditionnelles de la politique du logement Pour la première fois depuis des années, les promoteurs envisagent de baisser leurs prix de vente et le disent : « Comment pourrions-nous nous plaindre ? La clientèle est toute prête à acheter si nous nous adaptons à son budget, ce n’est pas le cas dans tous les secteurs », analyse Marc Gédoux, le président de Pierre Etoile, un promoteur francilien. « Jusqu’à présent, l’approvisionnement en terrains était le plus difficile, à partir de maintenant, il nous faut penser aussi à l’écoulement de notre production, même si cela suppose de baisser notre marge », lâche Christian de Gournay, président de Cogedim »


                                                                                    RETRAITE

Didier Burg dans « Les Echos » du 9 janvier 2012

Article intitulé : Des millions de Néerlandais vont être privés d'une partie de leur retraite
« Les lendemains vont déchanter pour des millions de futurs retraités néerlandais. Brisant un tabou que les fonds de pension voyaient comme une extrémité impensable, une baisse du montant des allocations retraite est quasiment inéluctable aux Pays-Bas. Une situation qui ne s'était pas produite depuis soixante ans. « L'aggravation de la crise financière en 2011 va vraisemblablement obliger un grand nombre de fonds de pension à annoncer une réduction des retraites servies à leurs adhérents », a déclaré sans ambages Klaas Knot, le président de la banque centrale néerlandaise, organisme de tutelle et de contrôle des fonds de pension.  Propre à créer un vent de panique dans l'opinion publique, l'institut d'émission néerlandais a même fixé un plafond aux baisses de ces prestations qui ne pourront, dans un premier temps, excéder 7 % des allocations initialement prévues. De fait, sur les 450 fonds de pension que compte le royaume batave, 125 d'entre eux, auxquels sont affiliés 8 millions d'actifs néerlandais, devraient passer à l'acte dès avril 2013, précise la banque centrale. Toutefois, indique la banque centrale, les retraites servies ne devraient être, en moyenne, rognées que de 2,5 %, soit bien en deçà du plafond maximal de 7 %. « Une décision d'autoriser des baisses plus importantes sera prise début 2013 », a cependant déjà indiqué l'institut d'émission. » 


Commentaire : Vive la retraite par répartition !

                                                                REVUE DE PRESSE DU 4 JANVIER 2012

                                                                       CAC 40 du 3 janvier 2012:
        0,72% ou 0,0037% (indice de création comptable de valeur* de 99,48) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,48 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                  PROCHAINE REVUE DE PRESSE LUNDI

                                                                                                BANQUE

Anne Drif dans « Les Echos » du 4 janvier 2012

Article intitulé : Liquidités : pourquoi les banques n’ont plus vocation à se prêter entre elles  

« Les banques de la zone euro ont déposé 452 milliards d’euros de liquidités dans les caisses de la Banque centrale le 27 décembre, après avoir demandé à en emprunter 489 milliards cinq jours plus tôt. En France, elles ont sollicité l’Institution à hauteur de 95 milliards en novembre, après 100 milliards en octobre. Ces deux mois, leurs dépôts étaient également à leur pic, à 27 milliards puis 23 milliards. C’est désormais un constat ordinaire depuis la crise de 2008 : la prudence leur interdit de se prêter les unes aux autres. Quels que soient les montants alloués, les mesures  techniques des banquiers centraux ne parviennent pas à restaurer la confiance. L’absence de règlement politique de la crise européenne et ses répercussions sur la viabilité du secteur bancaire empêchent le rétablissement d’un climat de  confiance. A cela s’ajoute la nouvelle réglementation de Bâle en matière de liquidité qui, de fait, pénalise les prêts entre banques. Enfin, l’atrophie du marché interbancaire obéit à une raison plus structurelle. Avec la crise issue de la faillite de Lehman Brothers, les banques ont adopté une gestion au cordeau de leur liquidité, et ont réduit mécaniquement leurs limites de contreparties bancaires les unes vis-à-vis des autres. Un principe de diversification et de saine gestion, que rien ne remettra en cause. Aujourd’hui, constate sans état d’âme un responsable financier de banque,« il n’y a plus d’échange interbancaire. Quand de rares prêts sont accordés, ils le sont pour des raisons politiques, sous l’impulsion de pouvoirs publics demandant à tel établissement parapublic d’injecter de la liquidité dans une place financière en cas de tension. » Mais la souscription massive de liquidités à l’appel d’offres à 3 ans de la BCE a mis les banques à l’abri du besoin. Elles ont donc encore moins de raisons de se solliciter les unes les autres à nouveau. « Le marché est surliquide d’au moins 300 milliards d’euros. C’est le même phénomène observé après la crise de 2008. Il n’y a plus d’échanges interbancaires car il n’y a plus besoin. Aujourd’hui, toutes les banques ont sécurisé leur programme de refinancement 2012 », indique un autre responsable financier. De fait, témoigne un autre, même des banques espagnoles se positionnent comme prêteuses sur les marchés, et les banques italiennes ne sont plus emprunteuses. Même sur l’accès à la liquidité en dollars, le stigma commence à se dissiper, indique un banquier, bien que les fonds monétaires américains restent à l’écart de la zone euro. »


Commentaire : Qui a dit crise économique ? « L’absence de règlement politique de la crise européenne et ses répercussions sur la viabilité du secteur bancaire empêchent le rétablissement d’un climat de  confiance. » Nous vivons bien une crise POLITIQUE. Cette dernière est issue de l’interventionnisme des lobbies, de la dogmatisation de fonctionnaires technocrates et hypocrites (voir les déclarations du Ministre Le Maire ci-dessous) dans la création et la mise en place de la Fédération Européenne.


Dans « Le Point » du 29 décembre 2011 Article intitulé :Le maire sort de ses gonds

La crise a le pouvoir de renverser les convictions, même les mieux ancrées. Exemple le 16 décembre, lors d'un meeting UMP à Evreux organisé par Bruno Le Maire, en présence d'Henri Guaino. Fervent européen, germanophone, partisan de Maastricht et du traité de 2005, le ministre de l'Agriculture n'a pas eu de mots assez durs pour pourfendre les institutions bruxelloises ! De la Commission européenne il dit qu'elle "n'a pas de légitimité démocratique" et qu'elle "ignore les conséquences de ses décisions sur l'emploi". Passe encore qu'elle propose, mais qu'"elle dispose, non !". Le ministre sortait tout juste d'une négociation sur les quotas de pêche avec la rigide commissaire grecque chargée du dossier, qui voulait réduire les quotas."Je me soucie plus de l'avenir des pêcheurs que des poissons", a-t-il insisté, fustigeant ces technocrates qui "prennent une décision dans un bureau de Bruxelles" et qui "n'assument pas leur décision dans les yeux" des Européens. En outre, le ministre a considéré que l'Europe ne défend pas assez ses intérêts économiques "en laissant ses frontières grandes ouvertes et sans contrôle, contrairement à ce que prévoit Schengen". L'exemple, selon lui, est la Chine, qui agit "avec vigueur, voire avec violence". Le coup de gueule est d'autant plus fort qu'il émane d'un spécialiste de la mécanique communautaire, habitué, comme il dit, à"cirer les parquets de Bruxelles"...
Qui a dit crise financière ? « Le marché est surliquide d’au moins 300 milliards d’euros. C’est le même phénomène observé après la crise de 2008. Il n’y a plus d’échanges interbancaires car il n’y a plus besoin »

                                                                                       ENERGIE

Emmanuelle Réju dans « La Croix » du 3 janvier 2012

Article intitulé : La maison du futur sera pleine d’énergie
« A l’avenir, les maisons produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront. Les chercheurs du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives ont mis au point un système prometteur de stockage de l’énergie photovoltaïque. Chauffer une maison de 100 m2 avec une petite résistance de 1kW ? « Désormais, on sait faire », assure Olivier Fléchon, chercheur au CEA. A l’avenir, ou peut même imaginer que les bâtiments produiront l’électricité nécessaire …aux automobiles. » »


                                                                                   IMMOBILIER

Bertille Bayart dans « Le Figaro » du 4 janvier 2012

Article intitulé : Atterrissage en douceur ou fin d’une « bulle » ?
« En économie, les « bulles » ont ceci de particulier que leur existence n’est définitivement avérée qu’après leur éclatement. Pour ce qui concerne le marché immobilier français, qui a atteint son point d’inflexion, le débat n’est pas encore tranché. Tout dépend de la définition que l’on donne au phénomène. Une « bulle » suppose une part d’irrationalité. Mais au regard de quel critère ? À l’aune d’une offre de logements insuffisante et d’un foncier à bâtir souvent rare, les prix pratiqués en France se justifient. Il n’existe pas davantage d’excès si l’on considère le rythme de production des crédits à l’habitat, resté plutôt sage en France contrairement à l’emballement constaté aux États-Unis ou au Royaume-Uni jusqu’en 2007. C’est ce qui permet à la plupart des professionnels de la pierre, en l’occurrence dans leur rôle, de réfuter le terme de « bulle » en France. Mais d’autres paramètres donnent une tout autre vision. La bulle est ainsi bel et bien caractérisée si l’on compare l’évolution des prix à l’achat - qui ont doublé hors inflation en trente ans - à celle des loyers - + 30 % environ sur la même période. Le décalage est du même ordre par rapport aux revenus des ménages (+ 43 %). Les économistes du Conseil d’analyse stratégique, dont les travaux sont destinés à Matignon, en concluaient en avril dernier à l’existence d’une bulle immobilière en France. Que l’on parle de bulle ou de simple haut de cycle, il paraît en tout cas nécessaire de voir la tendance s’inverser. C’est d’ailleurs en partie le sens des réformes fiscales adoptées cet automne par le gouvernement. Le rabotage du PTZ + et du dispositif Scellier a certes pour objectif de réaliser des économies budgétaires. Mais ils doivent aussi concourir à faire baisser les prix. L’enjeu est à la fois social et économique. Il y a urgence à stopper une inflation qui écarte un nombre croissant de ménages de l’accession à la propriété, en particulier dans les zones les plus tendues. La baisse des prix est à cet égard le seul moyen de compenser la hausse des taux de crédits, revenus tout juste sous les 4 % fin 2011. L’autre moyen de le faire - allonger la durée des prêts - n’est guère envisageable dans la situation actuelle des banques.
« Le sujet est aussi celui de l’allocation des ressources du pays, analyse un banquier. Dans le contexte actuel, l’économie gagnerait à voir l’épargne s’orienter davantage vers le financement des entreprises… ou de la dette publique. » Selon les données de la Banque de France, la part du revenu disponible des ménages consacrée à la pierre est désormais supérieure en France à la moyenne européenne, alors qu’elle était inférieure il y a dix ans. Un atterrissage en douceur du marché présenterait donc des avantages. Mais s’il y a eu bulle ces dernières années, alors le risque est grand de la voir exploser. »


                                                                                    OR

L. Boi dans « Les Echos » du 4 janvier 2012

Article intitulé : L’or va tenter d’engranger une douzième année de hausse  
« Onze années consécutives de hausse, c’est beaucoup. Surtout lorsque le gain est  substantiel. Depuis 2000, l’or s’est apprécié de 459 % pendant que le CAC 40 perdait 42 % de sa valeur. En 2011, il a gagné 10 %. Début septembre, il avait grimpé davantage, de 35 % par rapport à janvier. Mais, depuis, le métal jaune a évolué au gré des besoins de liquidité des investisseurs et des espoirs déçus d’assouplissement monétaire américain – la croissance de la masse monétaire des Etats-Unis n’a crû que de 4 % sur le troisième trimestre contre 13 % sur le trimestre précédent. Le prix de l’once  a terminé l’année non loin des 1.600 dollars, contre 1.921 dollars quatre mois auparavant. »


                                                                                      PETROLE

Pierre Cochez dans « La Croix » du 2 janvier 2012

Article intitulé : Pourquoi le prix du bail de brut ne naisse-t-il pas ?  
« La géopolitique n’explique pas toute la hausse à la pompe. L’association UFC-Que choisir a dénoncé une envolée de 30% en sept ans des marges brutes des stations-service


                                                                REVUE DE PRESSE DU 3 JANVIER 2012

                                                                        CAC 40 du 2 janvier 2012:
       1,98% ou 0,0064% (indice de création comptable de valeur* de 99,67) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,67 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                             BOURSE

Mathieu Rosemain dans « Les Echos » du 3 janvier 2012

Article intitulé : Bourses : pourquoi la baisse des volumes devrait se poursuivre  
« Les Bourses mondiales pourraient bien entamer une quatrième année de vaches maigres sur le front des actions, si l’on en croit les chiffres de la World Federation of Exchanges (WFE). C’est bien simple : la valeur des volumes échangés sur les plates-formes et/ou parquets de ses 54 membres a chuté en moyenne de plus de 30 % entre le premier semestre 2008 et les premiers semestres 2009, 2010 et 2011 (elles sont quasiment au même niveau depuis trois ans).En valeur absolue, les volumes sont ainsi passés de 47.300 milliards de dollars de transactions pour le segment des actions entre janvier et juillet 2008 contre seulement 32.200 milliards de dollars sur la même période en 2011. Et la tendance s’est poursuivie sur la seconde moitié de l’année. Hormis au mois d’août – exceptionnellement riche en soubresauts boursiers, annonces et contre-annonces des gouvernements de la zone euro –, le tableau est resté morose. Ainsi, si août 2011 affiche 7.200 milliards de dollars de transactions sur les marchés actions, les mois de septembre et d’octobre ont vite retrouvé les niveaux du début d’année, à environ 5.000 milliards de dollars. Une situation qui stimule la volatilité de nombre de grandes valeurs, en particulier bancaires, et qui sape toute tentative de prévision quant à l’évolution des cours boursiers des indices de référence de part et d’autre de l’Atlantique. Vient ensuite la désaffection des investisseurs individuels. Bien que représentant une part modeste des échanges boursiers comparés aux investisseurs institutionnels et aux grands fonds alternatifs, les petits porteurs alimentent eux aussi les Bourses en liquidités. Or ces liquidités ne cessent de diminuer avec le départ de ces petits investisseurs. Rien qu’en France, ce sont plus de 2 millions d’actionnaires qui ont quitté la Bourse en un peu plus de deux ans, d’après le dernier baromètre semestriel TNS Sofres pour La Banque Postale et « Les Echos » (« Les Echos » du 8 juin). L’évolution des structures de marché, enfin, tend à renforcer la tendance baissière des volumes d’activité sur les marchés actions. La libéralisation du secteur boursier aux Etats-Unis et en Europe a donné naissance à une multitude de plates-formes électroniques alternatives. Celles-ci, à l’instar des « dark pools », peuvent offrir la possibilité aux grands investisseurs d’échanger des blocs de titres à l’abri du regard des marchés réglementés. L’attrait de ces plates-formes est d’autant plus grand que la volatilité est forte sur les marchés actions traditionnels. Sans parler des échanges qui ont lieu bilatéralement, pour échapper, là aussi, à la transparence inhérente au carnet d’ordres. »


Commentaire : Que de justes constatations ! Il est grand temps de travailler à proposer aux investisseurs particuliers un ensemble de produits et de services qui lui redonne confiance dans le moteur de l’économie. L’information actuelle n’est pas opérationnelle. Bien au contraire, en dehors d’ouvrir  la porte à de graves poursuites juridiques, elle déstabilise totalement l’économie. Exemple : il est annoncé une hausse du CAC 40 de 1,98% rien que pour la journée d’hier, si l’on tient compte de la faiblesse volume cette hausse n’est que de 0,0064%. Cherchez l’erreur ! 99,67 % de la hausse des 1,98% annoncés n’est due qu’au système comptable. (www.agencedecotationisr.com)  Système comptable qui en créant la volatilité des cours, crée la peur et la défiance des investisseurs. Comprendre & Investir, en collaboration avec un réseau de  professionnels, va évoluer vers la réalisation d’un ensemble de services et de produits adaptés à cette réalité.

                                                                                         EUROPE

Michel Rocard et Pierre Larrouturou dans « Le Monde » du 3 janvier 2012

Article intitulé : Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?
 « Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont " obligés " de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave. Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? " Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé ", affirmait Roosevelt. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d'impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser. Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu'il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu'il n'y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs...Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu'a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la " vieille dette " de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %. Rien n'empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l'Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l'équilibre si l'Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l'Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ?  La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun. Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession " plus grave que celle de 1930 ", d'après le gouverneur de la Banque d'Angleterre ?


                                                                                           35 heures

Jacques Barthélémy, avocat et Gilbert Cette, professeur associé à l’université de la méditerranée, dans « La Tribune » du 3 janvier 2012

Article intitulé : 35 heures, fantasmes et réalités
Depuis leur mise en oeuvre, les 35 heures font l'objet de critiques péremptoires. Au mépris de la réalité, certains soutiennent que les lois Aubry ont créé un carcan rigide bridant les besoins de flexibilité des entreprises, et sont responsables des difficultés économiques de notre pays. Il nous paraît utile de rappeler quelques faits et réalités. En restant sur le seul aspect quantitatif de la durée du travail, la France, comparée aux autres pays industrialisés, se situe dans une position intermédiaire. La durée annuelle moyenne du travail des employés (1.554 heures en 2009, selon l'OCDE) y est plus longue qu'en Belgique (1.550), Allemagne (1.390)... De même pour la durée hebdomadaire de travail réelle. La condamnation habituelle de rigidités relatives aux 35 heures est peu fondée. Les modalités de répartition et d'aménagement des horaires sont par excellence, depuis l'ordonnance des 39 heures, le domaine de la dérogation. C'est un facteur de gains de productivité, en permettant le remplacement de normes réglementaires par des normes conventionnelles adaptées à chaque contexte. Or, les lois Aubry ont contribué à accroître le champ et l'amplitude de l'autonomie du tissu conventionnel. Un effort de simplification s'y est en outre manifesté, par exemple en unifiant les différentes formes d'annualisation des horaires. Elles ont introduit une approche plus réaliste de la notion de durée du travail, avec par exemple l'instauration de la possibilité du forfait jours pour les cadres, qui correspond davantage qu'un décompte en heures à la réalité de leur temps de travail. Plus de 10 %.des salariés sont actuellement au forfait jours. Les accords 35 heures ont généralement fait un tout indivisible de la réduction à 35 heures de la durée effective du travail, de l'adaptation des normes aux caractéristiques de l'entreprise, de la modération salariale, de l'augmentation des effectifs. Cela explique la réticence de nombreux chefs d'entreprise à remettre à plat tout cela. Il est inexact que les 35 heures ont dégradé la compétitivité. Au demeurant, la dynamique des coûts unitaires du travail a été en France, sur la période de mise en oeuvre des 35 heures, plus modérée que dans la zone euro hors France et hors Allemagne. Elle n'a été plus ralentie en Allemagne que du fait d'une forte modération salariale spécifique à ce pays. Soulignons par ailleurs que l'Allemagne est le pays dans lequel la durée hebdomadaire habituellement travaillée dans le secteur de la métallurgie, axe fort de la compétitivité de ce pays, est la plus faible : 35 heures. Si les effets sur l'emploi de la réduction du temps de travail sont incertains sur le long terme, ils sont généralement positifs à court et moyen terme s'ils n'entraînent pas de dérapage des coûts de production. En témoignent les expériences réussies de nombreuses entreprises, par exemple le sauvetage de Volkswagen en 1993 par le passage aux 29 heures hebdomadaires, ou les dispositifs réglementaires de chômage partiel existants dans de très nombreux pays, dont la France et l'Allemagne. En France, diverses études montrent que les 35 heures auraient eu un effet favorable sur l'emploi d'environ 300.000 à 400.000 postes dans les deux à cinq ans suivant leur mise en œuvre »


Commentaire : Petit exercice mathématique : Sachant que l’on doit produire X et que nous avons un nombre de personnes Y à employer (pour produire et CONSOMMER), pourquoi ne pourrait-on pas en déduire une base de travail horaire informative ? Notre notion du travail doit évoluer.

Commentaire du 13 octobre 2011 : L’histoire montrera que c’est bien la reprise économique, donc la consommation, qui doit dégager les ressources pour assainir la situation des Etats et des bilans. L’inverse, à savoir, favoriser en premier lieu les bilans ne fonctionne pas. Les politiques en cédant aux dogmatismes comptables et financiers se sont trompés. Et pour cause, ce n’est pas en diminuant le pouvoir d’achat, carburant de la consommation donc de la répartition des richesses et de la perception des impôts, que l’on va assainir la situation. Bien au contraire, de beaux bilans comptables, s’ils sont créés en défaveur de l’économie ne seront que l’instigateur de grèves, de révoltes qui finiront pas des Etats et des bilans encore plus déstructurés qu’auparavant. La dernière crise est là pour nous rappeler cette évidence. La seule réalité opérationnelle est la réalité humaine. L’Humain est à la fois le moteur (production) et le carburant (consommation) de l’économie. La comptabilité et le financier ne sont que des résultantes de l’économie Humaine c’est-à-dire la Socio-Economie. Comme nous le rappelaient nos professeurs Hollandais : « Ce n’est pas le port qui fait le commerce mais le commerce qui fait le port » La notion de « travail » doit évoluer. Hier, n’était considéré comme travail que la production. Quelle différence y a-t-il entre conduire une voiture pendant mon temps dit « libre » et fabriquer une voiture pendant mon temps dit « de travail » ? Dans les deux cas mes membres bougent. La grande différence est que dans un cas j’utilise mes membres pour consommer (temps de consommation) donc maintenir du travail à autrui (temps de production) et dans l’autre, j’utilise mes membres pour produire (temps de production) en réponse à une consommation d’autrui (temps de consommation). Le temps de consommation tout comme le temps production doit être considéré comme un temps économique à part entière. Dorénavant, ce facteur de temps de consommation doit être pris en compte comme un facteur économique essentiel. Accepter qu’il y ait une monopolisation du temps de production sur une partie de la population obère le temps de consommation, tant de ceux qui ont du « temps de travail » que de ceux qui n’en n’ont pas. Cette réalité déstabilise l’économie, la comptabilité et le financier. Nous connaissons la masse de biens et services à fournir et le nombre de personnes sur le marché de la production, pourquoi ne pas répartir le temps de production et de consommation sur le plus grand nombre pour que ce plus grand nombre puisse assurer la pérennité du circuit économique et une situation comptable et financière stable ?


                                                                REVUE DE PRESSE DU 2 JANVIER 2012

                                                                     CAC 40 du 30 décembre 2011:
1,03% ou 0,0026% (indice de création comptable de valeur* de 99,74) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,74 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                  BOURSE

Muriel Motte dans « Les Echos » du 2 janvier 2012

Article intitulé :  2012, « annus   renovationis »  
« Hélas, les inédits 2011 des marchés financiers témoignent encore de la profondeur de la crise, vieille de quatre ans. Jamais depuis la naissance de l’euro en 1999, les banques, plutôt que de se prêter entre elles, n’ont déposé autant d’argent à la BCE au taux sans risque de 0,25 % que la semaine dernière. Jamais l’or n’a valu aussi cher que l’été dernier, et rarement depuis cinquante ans la volatilité n’a été aussi élevée à Wall Street. Quant aux actions européennes délaissées, leur valorisation mesurée par le rapport cours sur valeur d’actif est tombée pour la première fois depuis 1998 en dessous de celle des indices émergents. La liste est longue des comportements adverses au risque qui ont permis aux seules entreprises et pays jugés les plus sûrs de se financer à des taux incroyablement bas l’an dernier. Pour les plus faibles, les marchés de capitaux se sont fermés pendant que les régulateurs bancaires provoquaient, par leurs normes successives et parfois contradictoires, un rationnement du crédit qui est en train de dégénérer en récession sur le Vieux Continent. Aujourd’hui, l’Europe reste à reconstruire, sa monnaie unique à consolider et sa dette à restructurer. Il faut restaurer la confiance, gérer des budgets d’austérité en évitant la déflation, renforcer les banques, composer avec des rendements toujours médiocres sur la plupart des actifs, et avec une conjoncture mondiale affaiblie jusque dans les émergents…Ainsi s’ouvre 2012, dans un pessimisme consensuel face à l’ampleur de la tâche à accomplir. Les stratégistes annoncent beaucoup de volatilité et surtout une montée du risque politique dont les ténors – un certain nombre d’entre eux déjà en campagne – détiendraient les clefs de la sortie de crise, plus que les banques centrales. Les intéressés savent qu’il leur faut se renouveler, changer les vieilles recettes qui n’ont pas fait leurs preuves sous peine de perdre le contrôle de leur avenir personnel mais surtout de celui de leur pays. Souhaitons-leur de l’inspiration et de l’audace. »


Pierre Nothomb, Deminor, dans « L’Echo » Belgique du 28 décembre 2011

Article intitulé : La Bourse, "une mer infestée de requins" pour les particuliers
« Le marché est devenu beaucoup plus dangereux que par le passé pour l'investisseur privé. Et les États, qui sont garants de l'intérêt général, sont dans certains cas impuissants face à certains opérateurs, ce qui représente un vrai danger pour la pérennité de notre système financier, avertit Pierre Nothomb. La Bourse de papa c'est fini ! " Il y a vingt ans, la stratégie de bon père de famille était souvent gagnante. Les gens faisaient du Buy and Hold et si l'entreprise était de qualité, il était rare de perdre sa culotte au final. " Les investisseurs institutionnels ont accès aux analyses, influentes, des grandes banques, parfois la veille de leur publication. " En gérant son portefeuille avec la lecture du journal dans son salon le samedi matin, l'actionnaire se trouve, sans le savoir, en bout de ligne du traitement de l'information. " Par l'intermédiaire de " dark pools ", les grandes banques d'investissement passent quotidiennement un grand nombre de transactions sur une même valeur. Le volume de la transaction n'est pas disponible pour l'investisseur lambda. " Le problème est que si l'investisseur veut construire une position, il ne connaît pas la profondeur du marché pour la valeur qui l'intéresse. Ainsi il ne sera pas au courant s'il existe un énorme ordre de vente, déjà dans la machine, qui pénalisera durablement la valeur de l'action qu'il est en train d'acheter. " La crise des " subprimes " a souligné les lacunes des autorités de contrôle, leur manque de sophistication, de temps et d'équipes pour gérer les gros problèmes qui surviennent sur les marchés financiers. " Cela me fait penser à un mauvais western, dans lequel un village est infesté de cow-boys desperados qui tuent et pillent les habitants. Le shérif, lui, s'est enfermé à clé dans sa cellule, pour être sûr de ne pas être lui-même attaqué. " Dans leurs interventions, les gouvernements ont préféré sauvegarder l'épargne et les créanciers plutôt que les actionnaires. Cela était utile, mais rend impossible pour les banques un refinancement sur le marché au moyen d'augmentations de capital. Ce qui était une position justifiable dans un premier temps risque de condamner certaines banques dans un deuxième temps ". " La criminalité en col blanc à encore de belles années devant elle car la justice n'est pas équipée pour aller aussi vite et de manière aussi sophistiquée que les fraudeurs ", observe Pierre Nothomb, qui rappelle la pression médiatique et politique subie par les magistrats lors du dossier Fortis.» 


                                                                                        CHINE

Marjorie Bertouille dans « La Tribune » du 2 janvier 2012

Article intitulé : Nouveau signe de ralentissement pour l'économie chinoise
« La demande bat de l'aile... aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. C'est le constat sans appel auquel il faut se résoudre en voyant la nouvelle dégradation subie par l'activité manufacturière en Chine. Publié vendredi, l'indice HSBC des directeurs d'achat (PMI) se situe en deçà du plafond fatidique de 50, ce qui traduit pour le mois de décembre une nouvelle contraction de l'activité. À cela rien d'étonnant, la production manufacturière chinoise reste dépendante des exportations vers les États-Unis et l'Europe, deux régions du monde frappées par la crise économique. Cet état de fait transparaît dans les chiffres livrés par les services des douanes : en novembre, les exportations chinoises ont connu leur plus faible croissance en deux ans (+ 13,8 % sur un an contre 15,9 % en octobre). Les importations, elles aussi, ont vu leur rythme de progression ralenti (22 % contre 28,7 % sur la même période). Dans un tel contexte, la Chine pourrait être rapidement contrainte d'appliquer de nouvelles mesures budgétaires et monétaires, d'autant que les pressions inflationnistes se sont nettement émoussées. « La Banque centrale pourrait procéder à la baisse du ratio des réserves obligatoires des banques d'ici le 3 janvier avant l'ouverture des marchés financiers », souligne Li Wei, économiste de la Standard Chartered Bank basé à Shanghaï. Une telle mesure permettrait aux établissements bancaires d'octroyer plus de prêts en vue de soutenir l'économie. La méthode donne déjà des sueurs froides à certains analystes. « La bulle immobilière a été entièrement créée par le gouvernement chinois. Elle aurait dû éclater en 2008, mais Pékin a injecté l'équivalent de 12 % du PIB pour stimuler l'économie, ce qui a permis à la bulle de continuer à gonfler », rappelle Vitaly Katsenelson, responsable d'Investment management Associates. Selon lui, cette bulle est « beaucoup plus importante que les bulles immobilières que les Japonais ou les Américains ont pu connaître : elle implique l'immobilier résidentiel, mais aussi l'immobilier commercial, le secteur de la propriété industrielle et celui de l'infrastructure ».


                                                                                         FRANCE

Dans « Le Dauphiné Libéré » du 31 décembre 2011

Article intitulé : Nos communes passées à la loupe
« À quoi ressemblent les 36 682 communes françaises ? L’Insee a tiré leur portrait. Il en ressort qu’une commune sur deux compte moins de 426 habitants et les trois quarts ont moins de 1 000 habitants. Toutefois elles n’abritent que 15 % de la population. De l’autre côté, les 200 plus grandes communes du pays concentrent à elles seules plus du quart de la population, précise l’Institut national de la statistique et des études économiques. Dans le détail, 12 101 communes comptent moins de 250 habitants, soit 3 % seulement de la population. À l’inverse, 939 communes abritent 49 % de la population. En moyenne, il y a en France 1 750 habitants par commune, contre 4 100 dans l’Europe des 27. Mais, dans l’Hexagone, l’Insee recense de fortes différences entre les régions. Ainsi, en Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Midi-Pyrénées et Corse, plus de la moitié des communes ont moins de 250 habitants. Les communes sont également plutôt petites en Picardie, en Bourgogne et en Basse-Normandie. À l’inverse, les toutes petites communes représentent moins de 10 % des communes d’Ile-de-France, de Bretagne, des Pays-de-la-Loire, d’Alsace et des Départements d’Outre-Mer. Selon l’Insee, les régions de métropole où la taille moyenne des communes est la plus élevée sont l’Ile-de-France (9 000 habitants) et Provence-Alpes Côte d’Azur (5 000), suivies du Nord-Pas-de-Calais (2 600), de la Bretagne et des Pays-de-la-Loire. En dix ans, la France a gagné 4,2 millions d’habitants, soit une croissance de 7 %. En métropole, ce sont les régions du sud et de l’ouest qui ont le plus progressé, notamment le Languedoc-Roussillon (+14%) et Midi-Pyrénées (+12%). »


Commentaire : Pourquoi continuer la densification et le parcage de la population du fait de décisions urbanistiques et de développements inappropriés ? Et si une grande partie de la délinquance était issue de la politique urbanistique ? Que dire de la pollution, de l’appauvrissement à tout point de vue etc… Et si nous profitions des possibilités de croissance offertes par la revitalisation des communes ?


Cécile Crouzel dans « Le Figaro » du 2 janvier 2012 


Article intitulé : Les dépenses publiques sont d'abord des dépenses sociales
 « Faut-il tailler dans les dépenses publiques en France ou les maintenir au niveau actuel? La question ne manquera pas d'alimenter la campagne présidentielle. En ces temps de chasse aux déficits, aucun candidat ne pourra ignorer l'enjeu crucial des dépenses publiques. Car leur montant est considérable: en 2010, elles ont frôlé les 1100 milliards d'euros et ont absorbé 56,6% de la richesse nationale, selon le rapport publié sur le sujet par le ministère du Budget. En Europe, seuls le Danemark (58,2%) et l'Irlande (67% à cause du sauvetage des banques) ont fait mieux. En Allemagne, les dépenses publiques représentent 46,6% du PIB seulement. L'analyse des dépenses révèle toutefois le défi qui attend les partisans des coupes. En effet, en France, la protection sociale représente 41,4% des dépenses publiques. Dit autrement, ce qui coûte aux finances publiques, ce sont d'abord les pensions de retraite, les remboursements de maladie, les allocations familiales, les allocations chômage, le RSA et toutes les aides sociales, qu'elles soient versées par l'État, les collectivités locales ou la Sécu et ses satellites. La santé, avec 14,8% des dépenses publiques, vient juste après. La dernière réforme des retraites ne permettra un retour à l'équilibre qu'en 2018, malgré la fin de l'emblématique «retraite à 60 ans»… Rien d'étonnant donc que les dépenses publiques continuent de progresser, même si le rythme est moins élevé: + 0,7% en 2011 et + 0,9% en 2012, contre une moyenne de 2,6% de 1978 à 2008. Et ce malgré les efforts effectués par l'État. Le gouvernement a décidé de ne pas remplacer un départ à la retraite d'un fonctionnaire sur deux et a réformé l'administration (refonte de la carte judiciaire, militaire, dématérialisation de procédures, etc.). Le résultat n'est pas nul. Pour la première fois depuis 1945, les dépenses de l'État, hors charges de la dette et pension, ont baissé en 2011. Elles suivront la même pente en 2012, tandis que la masse salariale (80 milliards) reculera elle aussi. Mais d'une part, les dépenses totales sont toujours en hausse et, d'autre part, l'État ne représentant que 27% des dépenses publiques. »


                                                                                           POLITIQUE

Dans « www.lescrises.com » du 31 décembre 2011

Article intitulé : Discours de fin de mandat de Dwight Eisenhower 1961
« Voici le fameux discours testament du président Eisenhower sur le “complexe militaro-industriel” – il n’y a plus qu’à remplacer ceci par “complexe banco-financier”.
« Des crises, il y en aura d’autres. Quand on les affronte, qu’elles soient intérieures ou étrangères, grandes ou petites, il y a toujours la tentation de penser qu’une action spectaculaire et coûteuse pourrait être la solution miraculeuse à toutes les difficultés rencontrées […], présentée comme la seule voie pour la route que nous souhaitons suivre. Cependant chaque proposition doit être pesée à la lumière d’une considération plus large : la nécessité de maintenir l’équilibre : équilibre entre les [différents] programmes nationaux et à l’intérieur [de chacun d'entre eux], équilibre entre économie publique et économie privée, équilibre entre le coût et le gain espéré, équilibre entre le nettement nécessaire et le confortablement souhaitable, équilibre entre nos exigences essentielles en tant que nation et les devoirs imposés par la nation à l’individu, équilibre entre les actions du présent et le bien-être futur de la nation. Le jugement sage recherche équilibre et progrès ; son manque amène déséquilibre et anéantissement. […] Mais des menaces nouvelles […] surgissent constamment. Je n’en mentionnerai que deux ici. […] La présence simultanée d’un énorme secteur militaire et d’une vaste industrie de l’armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions — d’ordre politique, économique et même spirituel – perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l’administration fédérale. Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu’elle implique, car ses conséquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d’existence sont en jeu, et jusqu’à la structure même de notre société. Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. […] C’est la tâche de l’homme d’État que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, dans les principes de notre système démocratique – en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre. Un autre facteur de maintien de l’équilibre implique l’élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous – vous et moi, et notre gouvernement – devons éviter la tentation de vivre seulement pour le présent, pillant pour notre propre aisance et confort, les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les biens matériels de nos petits-enfants sans risquer également de dilapider leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour toutes les générations à venir, et non pas qu’elle devienne le fantôme insolvable de demain. »

                                                            REVUE DE PRESSE DU 26 AU 30 DECEMBRE 2011

                                                                     CAC 40 du 29 décembre 2011:
         1,84% ou 0,0052% (indice de création comptable de valeur* de 99,71) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,71 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                       BOURSE

Matthieu Courtecuisse dans « Les Echos » du 30 décembre 2011

Article intitulé : Bientôt la fin du CAC 40 ?  
« La forte chute des capitalisations boursières a mécaniquement entraîné un écrasement et une interpénétration importante des entreprises qui composent les indices CAC 40 et SBF 120. Mais cette chute se combine à un processus de désendettement, qui ne frappe pas uniquement les émetteurs souverains, mais qui touche également les grandes entreprises, et en particulier, certaines sociétés du CAC qui ont bénéficié historiquement d’une prime à l’endettement, grâce à leur coût de financement très bas et à leur accès massif aux émissions obligataires. Le « deleveraging » de l’économie amène à anticiper en 2012 des cessions forcées de filiales de groupes du CAC 40 et parfois du SBF 120. Est-ce une bonne nouvelle pour notre économie ? Certes, ce mouvement se traduirait par une diminution forte de la part de marché de la France dans le Fortune 500. Mais le CAC 40 pourrait sans difficulté accoucher d’un bon millier d’ETI, dont une centaine pourrait être cotées et être valorisées entre 0,5 et 3 milliards d’euros. Avec parfois à la clef un véritable potentiel de développement. Le cas d’Essilor est frappant : le groupe vaut aujourd’hui près de 75 % de son ancien actionnaire de référence dix ans après son indépendance. Pour que ces sociétés restent néanmoins ancrées au territoire français, il faut en parallèle disposer d’un vivier de sociétés de capital-investissement utilisant modérément le levier des LBO, et des marchés financiers adaptés. Le risque existe, sinon, de voir les fonds souverains ou les prises de contrôle par des sociétés non européennes se multiplier, le cas de Dexia BIL illustrant ce phénomène. » 


Dans « H24 » du 25 décembre 2011

Article intitulé :  Marc Tournier, le gérant « Star » de Tocqueville négocie sa sortie...
« ….On n’oublie pas que le fonds Ulysse a très longtemps été un des meilleurs track record de la place de Paris.  Merci à Marc Tournier et merci maintenant à La Banque Postale qui assure "la liquidité" des fonds et la solidité de Tocqueville Finance ».


Commentaire : Enfin ! De plus en plus d’articles parlent de « liquidité ».  Mais de quoi parlent-ils ? Parlent-ils de la liquidité des lignes d’investissement ou est-ce un amalgame entre liquidité des lignes d’investissement et trésorerie ? Pour rappel, la liquidité des lignes d’investissement, est la résultante d’une détention d’un volume de titres cohérent avec les volumes échangés quotidiennement, hebdomadairement ou mensuellement. Comment la banque Postale peut-elle assurer la liquidité lorsque les volumes détenus dépassent très largement les volumes échangés en Bourse ? Est-ce à dire qu’elle se portera contrepartie pour acheter les titres au cours « massacré » par la vente rapide de l’un de ses gestionnaires ?  Je vous engage pour tous les fonds communs de placement qui vous sont proposés à la souscription (ou que vous conseillez), de toujours comparer les volumes détenus par les principales lignes d’investissement de ce fonds avec les volumes traités en Bourse. Cela vous donnera une idée de la faisabilité des performances annoncées. Je vous garantis des surprises voire des sueurs…froides.
 Ex : Données prises dans le dernier reporting en ligne (sauf erreur de ma part) du fonds Ulysse en date du 11 novembre
Actif du fonds : 382 346 005 euros
NRJ Group 4,29% de l’actif net soit 382 346 005*4,29% = 16 402 643 euros
Le cours d’NRJ Group du 26 décembre est de 6,89 euros cela donne en volume détenu 16 402 643/6,89 =2 380 644 titres. Il s’en est échangé le 26 décembre 6 579 !
L’attitude de l’AMF qui a sanctionné ce très grand gérant est incompréhensible. D’un côté, elle sanctionne parce que le gérant a mouvementé un trop grand nombre de titres par rapport à ce qui est échangé quotidiennement mais de l’autre, elle autorise, et elle valide (en occultant l’effet déstabilisateur des volumes), par la mention « les performances du passé ne présagent pas des performances du futur », des performances annoncées irréalisables et irréalisées (sauf pour ceux qui ont vendu) dans les publicités. Pour rappel, ces montants fictifs font l’objet de divers paiements d’honoraires et prélèvements qui relèvent juridiquement de faits graves. Pourquoi l’AMF ne met-elle pas en place son véto sur le système de valorisation actuel à partir d’une certaine quantité de vente ou d’achat ? Les gérants qui travaillent sur les Bourses officielles doivent faire face aux paradoxes, aux incohérences voire aux inepties des réglementations, tandis que les gérants qui travaillent via les dark pools (mis en place par les décisions des autorités de régulation type AMF) peuvent tout faire, tout dire et tout prélever avec le blanc-seing le plus total de ces mêmes autorités, des médias et des professionnels. Cherchez l’erreur !
Comment l’AMF, avec les enseignements de la dernière crise et la reconnaissance de ses erreurs et de ses manquements, peut-elle continuer de valider les performances annoncées lorsqu’il n’y a pas de cohérence entre les volumes détenus et ceux échangés quotidiennement ? Comment l’AMF, qui est censée protéger l’épargnant, peut-elle encore tolérer et couvrir de sa responsabilité la situation actuelle ? Malheureusement, si nous ne faisons rien, la crise de liquidité actuelle touchera tôt ou tard le monde des OPCVM. Ce jour là, tout le monde se dira mais comment a-t-on pu laisser faire cela ? Comment a-t-on pu laisser se bâtir une économie sur des valorisations comptables déconnectées de toute réalité en termes de prix et de valeur ? Alors que nous sommes à l’aube de la reprise SOCIOlogique, ECOnomique, POlitique et FInancière, nous vivons le meilleur moment pour effectuer les changements indispensables à la pérennité du système boursier et économique. Pourquoi ne pas le faire ?


                                                                               ECONOMIE

Emmanuel Todd, démographe, anthropologue, historien, politologue, propos recueillis par Elisabeth Lévy, dans « Le Point » du 13 décembre 2011

Article intitulé : L’État est au service d’une oligarchie liée aux marchés, assure Todd, le “prophète certifié”.
« Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l’échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l’argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir “L’État prédateur”, de James Galbraith). Il suffit d’observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu’ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l’opposition entre les uns et les autres n’a plus aucun sens. La baisse, ou la stagnation, des revenus des gens ordinaires est allée de pair avec la hausse des revenus des 1 % les plus riches et, à l’intérieur de ce petit groupe, des 0,01 % les plus riches. Quant à l’État, il faut reconnaître son ambivalence et s’appuyer sur la partie raisonnable du marxisme pour comprendre ce qui se passe. L’État est à la fois l’incarnation de l’intérêt général et l’expression de la classe dominante. L’État social d’après-guerre, l’État gaulliste, et quoi qu’en ait dit le Parti communiste, agissait surtout au nom de l’intérêt général, il gérait une croissance pour tous. Aujourd’hui, l’État est prioritairement un État de classe. Le capitalisme financier contrôle à nouveau les États. La spécificité de l’oligarchie française, c’est sa proximité avec la haute administration. Ses membres ont souvent étudié dans de grandes écoles – sans forcément être des héritiers -, parlent en général très mal l’anglais, sont incroyablement français dans leurs moeurs et n’en finissent pas de se faire rouler par les vrais patrons, l’oligarchie américaine. La soumission à Standard & Poor’s et Moody’s est une soumission à l’oligarchie américaine. Quant à l’oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s’habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux. Le charme singulier de l’oligarchie chinoise est son étroite intrication avec le Parti communiste. On analyse la dette publique à partir du point de vue d’un emprunteur qui serait coupable d’avoir dépensé sans compter. Les peuples doivent payer parce qu’ils ont vécu à crédit. Or ce ne sont pas les emprunteurs qui sont, fondamentalement, à l’origine de la dette, mais les prêteurs, qui veulent placer leurs excédents financiers. Marx l’avait très bien vu dans “Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte”, les riches adorent la dette publique ! Un État qui s’endette est un État qui, grâce au monopole de la contrainte légale, permet aux riches d’obtenir une sécurité maximale pour leur argent. François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d’une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l’État les ressources dont il s’est lui-même privé. Sans oublier l’auto-interdiction pour l’État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d’une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l’État français. Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d’euros, dont près de 50 milliards d’intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d’argent. Les deux tiers sont d’ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. Je ne peux que me répéter : on a poussé les Grecs à s’endetter afin de pouvoir mieux les étrangler. Regardez votre téléviseur : sans cesse des publicités nous incitent à emprunter. Les banques, pardon, les riches, aiment prêter. Et les usuriers aiment saisir les biens si l’on ne peut rembourser. Privatiser les biens de l’État grec, par exemple. Le monde de l’oligarchie est un monde de pouvoir et de complots. En aidant l’État grec à trafiquer ses comptes, Goldman Sachs s’est comporté en usurier. Maintenant, ce qu’on appelle “aider” les Grecs, c’est les maintenir en état d’être rançonnés. La crise de la zone euro n’a pas été fondamentalement créée par la nonchalance des débiteurs, mais par l’agressivité des prêteurs. Le point de départ de la crise de 2008, c’est l’accaparement par la Chine et d’autres, grâce à leurs bas salaires, d’une part croissante de la production mondiale, qui entraîne, dans les pays riches, une compression des revenus, donc une insuffisance de la demande. Le résultat, c’est que les salaires évoluent à la baisse, alors que le volume de la production mondiale augmente. C’est dans ce contexte que les États-Unis, puissance monétairement dominante, découvrent le mécanisme fou du crédit hypothécaire. Les ménages américains ne s’endettent pas seulement pour acheter une plus grande maison, mais pour continuer à consommer des produits chinois. À l’arrivée, le fameux “retour de l’État” n’est rien d’autre que l’instauration d’un socialisme des riches. L’État doit sauver les riches, nom de code : “les banques”, parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l’a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l’État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n’est pas que l’État est impuissant, mais qu’il est au service de l’oligarchie. Les gouvernements ont fini par comprendre que les politiques de relance ne relançaient que l’économie de la Chine et des pays émergents. Mais ils refusent toujours la moindre mesure de protectionnisme national, sectoriel ou européen. Voilà la triste vérité, nous sommes gouvernés par des imbéciles. Les gens qui sont aux commandes doivent être tenus pour responsables de leurs actes. L’Allemagne a mené une stratégie parfaitement égoïste d’adaptation au libre-échange, en délocalisant hors de la zone euro une partie de la fabrication de ses composants industriels, en pratiquant contre la France, l’Italie et l’Espagne la désinflation compétitive, puis en utilisant la zone euro comme un marché captif où elle a pu dégager ses excédents commerciaux. Cette stratégie commerciale est la poursuite d’une tradition autoritaire et inégalitaire par d’autres moyens. » 


                                                                                  EUROPE

Charles Gave, propos recueillis par Romaric Godin et Robert Jules, dans « La Tribune » du 30 décembre 2011

Article intitulé :  Zone euro : "Nous vivons une tentative de coup d'Etat larvé"
 « Depuis la création de l'euro, je n'ai cessé de dire qu'il s'agissait d'un système bancal qui ne peut fonctionner puisqu'il n'existe pas de mécanisme d'ajustement des différences de productivité des pays membres. Autrefois, ces différences étaient réglées par des dévaluations ponctuelles devenues impossibles. Ce qui ne peut s'ajuster a vocation à exploser. Aux États-Unis, il existe aussi des différences de productivité entre États, mais il y a une volonté de vivre ensemble, ce qui, pour Ernest Renan, constituait une nation, qui conduit à accepter que l'on taxe les plus productifs pour payer les moins productifs. Cette volonté n'existe pas en Europe, qui est une civilisation et non un pays. L'euro est donc une tentative, faite par une classe politique de créer une nation européenne. La crise, pense-t-elle, forcera la création d'un État fédéral, de transferts entre les pays et d'un ministère des Finances. C'est une espèce de coup d'État larvé contre les souverainetés qui est en train d'échouer. Car, comme l'a montré le cas de l'Union soviétique, la technocratie, cela ne marche pas. C'est la liberté qui marche. Depuis soixante ans, coexistent deux idées européennes. La première, celle de De Gasperi, Adenauer, Pie XII et Robert Schumann, voulait recréer l'Europe catholique des XIIe et XIIIe siècles, et voyait dans l'Europe un espace de liberté basé sur le principe de la subsidiarité. En cas de problème entre deux entités, on en appelle à l'échelon supérieur et on crée des instances d'arbitrage. La seconde est celle de Jean Monet et des technocrates français qui ont décidé de créer un État pour faire renaître l'Empire romain afin de s'opposer aux Américains et d'empêcher la domination allemande. Cette vision l'a emporté. Évidemment, la volonté d'augmenter leur pouvoir personnel existe aussi. Ces technocrates pensent que leur rôle est d'assurer le bonheur des peuples malgré eux. Ils ne croient pas à la liberté individuelle. Il suffit d'observer les institutions européennes : il n'y a pas de séparation des pouvoirs. Depuis la présidence Giscard, la France est gouvernée par une classe administrative qui, de droite comme de gauche, est représentative de cette idée technocratique. Les référendums sur Maastricht ou sur la Constitution européenne ont montré que le peuple n'acceptait pas cette dérive. Mais il l'admettait. À présent, les gens se rendent compte que cela ruine le pays. La prochaine étape sera donc de se débarrasser de cette classe administrative. Mais j'ignore comment. Elle signifie d'accepter des hauts fonctionnaires allemands à Bercy qui ordonnent ce que l'on peut dépenser ou pas. La France a un tiers de fonctionnaires de plus que l'Allemagne pour 100 habitants. Le fonctionnaire ne produit rien pour l'exportation. Le défaut de compétitivité française par rapport aux Allemands est donc lié au poids de l'État. Comme la France semble incapable de dégraisser son État, il faudra, en cas de convergence, que les ordres viennent de Berlin. Je viens d'une famille qui a quitté l'Alsace en 1870 pour rester français et je ne perçois pas l'avantage pour la France de devenir un protectorat allemand. Et l'opinion ne l'acceptera pas. Mais la France pourrait ainsi retrouver sa compétitivité...C'est déjà ce que disait le maréchal Pétain, non ? Nombre d'économistes mettent en garde sur les conséquences de la fin de l'euro. Qu'en pensez-vous ? Je ne suis pas très inquiet. Ceux qui vous expliquaient que l'euro allait rendre les femmes plus belles et les oiseaux plus chantants, comme Alain Minc et Jacques Attali, nous expliquent à présent que, si l'on quitte l'euro, ce sera le désastre absolu. Ils se sont trompés. Ils n'ont rien vu, rien compris. Pourquoi leur donner de la crédibilité sur l'après-euro ? C'est comme demander au général Gamelin [chef des forces françaises en 1940, Ndlr] de diriger le débarquement en Normandie. Concrètement : le système bancaire européen est en faillite, le taux de chômage, Allemagne exceptée, est historiquement élevé, la moitié des États européens n'ont plus accès aux marchés financiers dans des conditions normales, la Bourse de Paris n'a pas cessé de reculer depuis la création de l'euro. En 2000, le niveau du CAC était deux fois plus élevé qu'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que l'euro conduit à une mauvaise allocation des capitaux et fait passer l'argent de ceux qui le gagnent à ceux qui ne le gagnent pas. Ceci conduit toujours à un marché vendeur qui, d'ordinaire, ne dure pas plus d'un an et demi. Mais ce marché vendeur dure en Europe depuis dix ans parce que le secteur public, la BCE et les politiques dépensent l'argent du futur pour maintenir une unité qui ne tient pas la route. Le désastre n'est-il pas suffisant pour que l'on passe à autre chose ? On ne peut pas réformer la France ? Les classes politiques grecques ou espagnoles ne voulaient pas non plus faire des réformes. Et puis, quand il n'y a plus eu d'argent et qu'on n'a plus voulu leur en prêter, ils ont été dans l'obligation de se réformer. C'est ce qui se passera en France. Parce que nous ne sommes pas face à une crise économique, mais bien face à une crise d'un État devenu obèse. L'État chinois réalise 30 % du PIB du pays. En France, c'est 55 %. Il faut que notre mur de Berlin tombe, l'État doit sortir des domaines où il n'a rien à faire. Sinon, c'est le FMI qui le fera pour nous. D'après mes calculs, le système français atteindra ses limites en 2013 ou 2014. »


                                                                                  POLITIQUE

Philippe Maystadt, président de la Banque européenne d’investissement, dans « www.trends.be » du 22  décembre 2011

Article intitulé : Les technocrates donneurs de leçons ça m’horripile

« La tentation technocratique me choque. C’est un glissement. On croit que la compétence technique vous donne la capacité de décider. Ce n’est pas vrai ! La politique n’est pas seulement une question technique, elle consiste à trouver le bon chemin entre mille contraintes, en tenant compte de ce que cela signifie pour les gens. Moi, les technocrates froids me font peur. Au moins l’homme politique, lui, doit rendre des comptes devant des électeurs. Jacques Delors estimait que l’on ne pouvait ramener la politique économique à la seule politique budgétaire, il y a aussi l’évolution des coûts salariaux, l’évolution des comptes courants, de l’endettement privé. Il n’a pas été écouté. Le Pacte de stabilité et de croissance est dès lors resté calé sur deux objectifs : le déficit (3% de PIB maximum) et la dette (60% de PIB) et c’est le premier qui domine. Résultat : on n’a vu venir ni la crise irlandaise, ni la crise espagnole, car l’Irlande et l’Espagne étaient de très bons élèves de la classe en matière budgétaire. Mais ils connaissaient aussi un endettement privé énorme. Endettement privé qui est devenu, avec la crise, un endettement public ! Comme les critères se focalisaient uniquement sur le déficit et la dette publique, on est passé à côté. Il y avait une sorte de croyance : si on atteint l’équilibre budgétaire, tous les autres déséquilibres allaient se corriger. »

Commentaire : Quand va-t-on mettre fin à la croyance de la valorisation boursière et aux cotations fictives ? En est-on réduit, au titre de la « normalité », à toujours être des moutons, des commentateurs de l’impossible ou des autruches qui ferment les yeux…jusqu’au jour du « tremblement de terre » ou du « tremblement boursier »

                                                                               SANTE/PAUVRETE

Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, propos recueillis par Laura Fort, dans « La Tribune » du 30 décembre 2011

Article intitulé : Les mutuelles devraient plutôt rembourser les soins que payer des taxes ! »
« Le gouvernement a voté le relèvement de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) de 3,5 % à 7 %. Sera-t-elle répercutée en totalité sur les assurés ? Globalement, oui. Cependant, la situation est différente selon les mutuelles. Celles qui peuvent encore puiser dans leurs réserves pourront étaler leurs augmentations de tarifs dans le temps. La plupart des observateurs estiment la moyenne de l'augmentation des tarifs des complémentaires santé entre 6 % et 7 % en 2012. Les politiques n'ont pas compris que le coût d'une mutuelle est devenu tel que les phénomènes de renoncement à l'assurance complémentaire ou de choix de garanties moins protectrices sont en train d'augmenter. Certes, l'État va trouver, par l'augmentation de cette taxe, 2 milliards d'euros de recettes, mais cela aura un coût social et politique élevé. Il vaudrait mieux que les mutuelles remboursent les dépenses de santé plutôt qu'elles paient des taxes ! Aujourd'hui les dépassements d'honoraires s'élèvent à 2.5 milliards d'euros. Et nous sommes dans une situation où le nombre de professionnels pratiquant des dépassements augmente, tout comme leur montant. Il y a donc un décrochage entre le montant des remboursements de la Sécurité sociale et les prix effectivement pratiqués. Il est indispensable de revenir sur cette mesure, quitte à ce que les mutuelles utilisent plutôt les 2 milliards de recettes de la taxe pour améliorer le montant des honoraires remboursés. En 2011, il y a eu une augmentation sensible du renoncement aux soins ou des soins différés. Le taux réel de renoncement tourne autour de 20 % de la population française. Et les personnes qui y renoncent sont celles qui sont déjà en difficulté : les personnes en rupture dans leur parcours professionnel, les personnes âgées ou les jeunes qui ont du mal à s'insérer dans la vie professionnelle. »

                                                           REVUE DE PRESSE DU 23 DECEMBRE 2011

                                                                    CAC 40 du 22 décembre 2011:
          1,36% ou 0,0055% (indice de création comptable de valeur* de 99,59) voir site : www.agencedecotationisr.com

*« L’indice de création comptable de valeur » calcule le pourcentage de la hausse du cours due uniquement à la méthode de valorisation comptable. Cette dernière en ne prenant pas en compte la faiblesse des volumes échangés a généré une inflation à la hausse de 99,59 % ! Hausse boursière ou hausse comptable ?

                                                                                        BOURSE

Favilla dans « Les Echos » du 23 décembre 2011

Article intitulé : La bagarre déplaît aux marchés  
« Il faut en prendre son parti : en France comme dans tous les pays qui traînent une lourde dette publique, la vie politique se déroule sous l’œil vigilant des marchés, dont la confiance se mesure au baromètre ultrasensible des taux d’intérêt qu’ils exigent des Etats. De quoi dépend cette confiance ? De critères économiques objectifs, mais aussi de la nature du débat public dans les nations débitrices. Les marchés, on le sait, aiment la stabilité : ils apprécient les pays où règne la « culture du compromis », ils se méfient de ceux où la vie politique se déroule sur le mode de l’affrontement radical, où chaque camp cherche à se démarquer à tout prix des initiatives ou des projets du camp adverse. La France appartient, à l’évidence, à la deuxième catégorie. »


Muriel Motte dans « Les Echos » du 23 décembre 2011

Article intitulé : Court terme  
« Elle n’était pas la favorite des stratégistes en début d’année, mais pour celui qui a eu le cœur bien accroché, la dette souveraine espagnole fait actuellement partie des placements gagnants de 2011. Témoin d’une reconquête encore fragile de la  confiance des marchés, le taux à 10 ans a reculé passant de 5,45 % en début d’année à 5,35 % hier. Au coupon versé s’ajoute donc un gain potentiel en capital, inespéré il y a un mois quand la rémunération exigée sur les obligations d’Etat culminait à 6,7 %. Certains liront dans cette détente l’effet Mariano Rajoy, le nouveau chef du gouvernement qui a fait des promesses de réformes et de coupes budgétaires pour 2012. D’autres y verront la patte de la BCE qui offre tous azimuts aux banques des liquidités bon marché afin qu’elles prêtent à l’économie et aux gouvernements. Les optimistes y détecteront la récompense des efforts entrepris pour  restaurer la compétitivité du pays, « mix » de sagesse salariale et de dynamisme entrepreneurial. La Bourse madrilène a d’ailleurs moins souffert en 2011 que ses  grandes voisines et deux valeurs espagnoles, Inditex et Repsol, font partie des quatre plus belles performances annuelles de l’Euro Stoxx 50. Quant aux exportations en volume, un indice 100 au premier trimestre 2008 calculé par Natixis valait 110 fin septembre (97 pour la France). Les plus amers enfin dénonceront, derrière l’apaisement des taux, le prix à payer pour  rassurer les marchés. Le colossal ajustement de la demande interne qui a certes permis de ramener de 10 % à 4,1 % du produit intérieur brut le déficit de la balance courante entre fin 2007 et septembre 2011, mais au prix d’un triplement du taux de  chômage. Autant de lectures d’une même  réalité : l’austérité paie, comme en témoigne l’écart grandissant avec les taux d’intérêt italiens (6,83 % sur la même échéance à 10 ans hier). Mais pour achever de rassurer les  investisseurs, l’Espagne accablée de  chômeurs doit inventer un nouveau modèle de croissance. Le plus dur reste à faire. »


                                                                                         FRANCE

Pascale Besses-Boumard dans « La Tribune » du 23 décembre 2011

Article intitulé : Où va l'argent...
 « Mais où est donc passé le bas de laine des Français ? Sûrement pas en placements actions, la Bourse de Paris enregistrant, avec celle de Milan, la pire performance de toutes les places européennes depuis le début de l'année. Pas davantage en assurance-vie, la Fédération française des sociétés d'assurances venant d'officialiser un troisième mois consécutif de décollecte sur ce placement. Mouvement inédit depuis la première crise de 2008. Les Sicav, produits réputés pour mutualiser les risques de leurs souscripteurs, ne sont pas plus prisées puisque leurs encours sont tout autant en berne. Cerise sur le gâteau : même la collecte du livret A, le chouchou des Français, accuse un retrait en novembre. Si les Français ne placent plus leur argent