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Raisonner en flux comptables ou en dynamique financière ?
8 décembre 2010
Et si l'évaluation des SICAV et FCP était fausse ?
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Chers lecteurs,
J’ai décidé de mettre momentanément fin à mes écrits pour cause de vacances.
Je dois vous avouer que je suis décontenancé par la violence des propos tenus sur le net, ainsi que par les insultes qui s’échangent dans les réponses.
Jamais, je n’ai connu autant d’écrits violents.
Qu’a-t-il bien pu se passer ces dernières années pour que la Nouvelle Calédonie en arrive à cette situation ?
On se croirait en Europe continentale.
Que se passerait-il si cette violence n’était plus canalisée ?
Je ne suis pas Français.
Je n’ai ni la culture ni les mêmes rapports à la vie qu’un Français.
Je ne suis pas Calédonien.
Je n’ai ni la culture ni les mêmes rapports à la vie qu’un Calédonien.
A quelques années près, j’ai la même expérience Humaine de ces deux pays.
J’ai la chance d’habiter à Annecy en Haute-Savoie.
J’ai la chance de connaître la Nouvelle-Calédonie.
Il n’en reste pas moins que, même si je suis Européen car j’ai aussi la chance d’être Belge, culturellement je suis un étranger en France et en Nouvelle Calédonie.
C’est au titre d’étranger que je vous propose de réfléchir aux interrogations que je me pose.
Je suis conscient que chacun aura ses réponses.
L’essentiel n’est-il pas dans le chemin de réflexion plutôt que dans ses certitudes d’un jour que l’on appelle « réponse » ?
Je vous souhaite une bonne aventure sur le chemin de la réflexion Humaine.
Souvenons-nous de la devise de Jean-Paul II « Un seul cœur, une seule âme ».
Amitiés
Christian Piré
PS : Je tiens à remercier Franck et Caledosphere.
Avant hier, le passé de la Calédonie a vu le rapprochement de deux peuples. Hier, à ces deux peuples se sont rajoutés d’autres peuples. De cela est né une réalité Humaine et juridique.
Depuis quelques années, cette réalité Humaine se voit à nouveau obligée de s’adapter à des nouveaux arrivants.
Nouveaux arrivants en quête, pour certains, d’une reconnaissance et, pour d’autres, d’une identité.
La reconnaissance de l’Etre Humain et de son travail doit aller de soit. Mais l’identité ?
Si l’évidence est que chacun doit accepter l’autre, il en est une autre c’est que les nouveaux arrivants doivent accepter et respecter la culture de la terre (du pays) qui les accueille.
Sauf erreur de ma part, être de même nationalité n’a jamais impliqué être de même culture.
L’apport dans la culture de ces nouveaux arrivants ne se fera qu’avec le temps et leur descendance.
S’il est évident que l’Avenir tiendra compte de l’apport de toutes les cultures. Il est évident que si les nouveaux arrivants veulent à tout prix imposer leur culture et leur mode de vie cela risquera de s’apparenter à un viol culturel.
Lorsque je lis les échanges sur le net, je constate bien souvent que d’un côté on parle de culture et respect des coutumes et de l’autre d’élément moteur dans l’économie et la finance.
On ne peut ni couper les racines de la culture ni vouloir changer les réalités.
C’est la maturation du temps qui guidera l’évolution et l’Avenir.
C’est bien sur les bases de l’histoire que l’on crée l’Avenir.
Les nouveaux arrivants feront un jour partie de l’histoire et, à ce titre, de l’Avenir.
C’est avec le temps et dans l’Avenir que notre descendance s’apercevra que la racine historique a été renforcée par les nouveaux arrivants.
C’est à ce moment-là que la culture ancienne, en reconnaissant les apports réalisés, avalisera le renforcement de l’évolution culturelle.
Vouloir imposer ce « renforcement », c’est « déformer » la racine. L’homme ne peut forcer le travail du temps.
On se renforce lorsqu’il y a acceptation.
On se détruit lorsqu’il y a opposition.
A chaque fois que l’on a voulu s’imposer face au travail du temps, le temps est revenu comme un boomerang. Au prix de combien de souffrances ?
Souvenez-vous de Vaclav Havel (texte complet en fin de document) :
J'avais voulu faire avancer l'histoire de la même manière qu'un enfant tire sur une plante pour la faire pousser plus vite. On ne peut duper une plante, pas plus qu'on ne peut duper l'histoire. Mais on peut l'arroser patiemment tous les jours, avec compréhension, avec humilité certes, mais aussi avec amour. "
Tout ce qui existait hier n’était pas bien, tout ce que les nouveaux arrivants apportent n’est pas bien.
C’est en respectant le temps et la racine centrale de l’histoire de la Calédonie que les autres cultures pourront alimenter de leurs richesses l’Avenir de la Nouvelle-Calédonie.
Dans l’inverse, il n’y aura que des futurs porteurs de ressentiments qui aboutiront à des divisions et à des conflits. Peut-être même à une partition Nord/Sud.
Dans tous les cas, c’est la démographie qui l’emportera sur nous. L’Avenir sera fait de plusieurs futurs générationnels.
L’Avenir appartient non pas à notre génération mais à nos enfants, nos petits-enfants, nos arrières petits-enfants...
A nous de savoir ce que nous voulons léguer, la dispute, la discorde, les préjugés ..ou l’Avenir.
Ci-dessous deux textes qui pourront, je le pense, jalonner votre (notre) réflexion.
Amitiés
Christian Piré
Dans un discours prononcé à Oslo, le 28 août 1990, Vaclav Havel, alors président de la Tchécoslovaquie, explicite le parcours qui conduit à la haine collective. Quelques phrases, concises, précises, qui préfigurent beaucoup...
"Les peuples d’Europe occidentale (…) ont l’impression justifiée d’avoir subi un préjudice historique. Le sentiment hypertrophié d’avoir été lésé, caractéristique de la haine, y trouve donc logiquement un terrain favorable. Le système totalitaire, qui a régné pendant longtemps dans ces pays, avait tendance à tout uniformiser, à tout rendre identique et, de ce fait, pendant des décennies, il a réprimé toute expression d’autonomie ou, pourrait-on dire, tout « particularisme » des nations soumises. (…) Comment s’étonner donc que, au moment de leur libération, ces peuples aient perçu leurs différences respectives d’une manières aiguë ? Et comment ne pas s’étonner de cette différence, invisible durant des années, jamais vécue et jamais mentalement assimilée ? Débarrassés de notre uniforme et de nos masques, nous nous regardons pour la première fois mutuellement dans les yeux ; Et cette sorte de choc de notre « différence » qui se produit, peut favoriser l’apparition d’un rejet collectif, capable de se transformer, sans certaines conditions, en haine collective."
("L’Amour et la vérité doivent triompher de la haine et du mensonge", Vaclav Havel, éditions de l’Aube, 2007, p. 69).
Réception solennelle dans l'hémicycle du Sénat
de Son Excellence M. Vaclav HAVEL,
Président de la République tchèque
" Il ne suffit pas -disiez-vous- d'imposer au monde ses propres paroles, il faut aussi le comprendre. Il ne faut pas compter uniquement sur le calendrier que nous avons fixé à notre action sur le monde, mais il faut honorer un calendrier infiniment plus complexe, celui que le monde s'impose et qui est partie intégrante des milliers de calendriers autonomes régissant une multitude infinie de phénomènes naturels, historiques et humains. J'avais voulu -disiez-vous- faire avancer l'histoire de la même manière qu'un enfant tire sur une plante pour la faire pousser plus vite. On ne peut duper une plante, pas plus qu'on ne peut duper l'histoire. Mais on peut l'arroser. Patiemment tous les jours. Avec compréhension, avec humilité certes, mais aussi avec amour. "